Fédération Guadeloupe Nature Environnement

Transcription

Fédération Guadeloupe Nature Environnement
Contribution de Guadeloupe Nature Environnement au projet de
Charte Territoriale du Parc National de Guadeloupe
Fédération Régionale des Citoyens et des Associations Eco-Responsables vers l’Environnement en
Guadeloupe
Créée suite à la volonté d’Acteurs Environnementaux Reconnus en Guadeloupe, engagés dans différents
secteurs d’activités : la Fédération GUADELOUPE NATURE ENVIRONNEMENT est une Plateforme
Régionale d'Engagement entre Citoyens et Associations Éco Responsables. Elle a pour vocation le suivi
technique de dossiers, la mise en œuvre d'actions et de projets, orientés vers l’environnement autour de
différents domaines d’Activités : Biodiversité, Énergie Renouvelables, Agriculture Biologique et Gestion des
Déchets.
Introduction :
Le présent avis portera essentiellement sur les aires optimales d’adhésion et les aires marines adjacentes, le
cœur du parc ayant, hormis l’éducation à l’environnement, peu de rapport avec les activités de notre association.
Un point crucial mis en avant dans le projet de charte a particulièrement retenu notre attention : « La Guadeloupe
n’est pas véritablement économiquement et politiquement intégrée à son environnement ». La proposition
d’extension de l’aire optimale d’adhésion sur 21 communes est une ambition qui mérite d’être saluée et représente
un pas important dans le sens de cette intégration nécessaire de l’archipel à son environnement.
Aller vers de bonnes pratiques Agricoles, Pastorales et Forestières :
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Le développement de l’Agroforesterie :
Une technique de culture agro-écologique permet de réunir sur une même parcelle ces 3 enjeux définis par le
projet de charte : il s’agit de l’Agroforesterie.
L’Agroforesterie est un mode d’exploitation des terres agricoles associant des plantations d'arbres (fruitiers ou de
sylviculture) dans des cultures ou des pâturages. Ce système de culture diversifié, se veut mimétique des systèmes
de forets naturels. La culture sur différentes strates augmente les rendements par unité de surface. Les arbres
permettent de maintenir le sol ainsi que l’humidité et atteignent en profondeur des nutriments que les plantes
associées ne pourraient atteindre seules. Ces nutriments sont ensuite réinjectés dans le système agricole par la perte
des feuilles et le renouvellement des racines.
Nous pensons que le développement d’une zone tampon Agroforestière entre le Cœur du parc et les zones
urbanisées des aires optimales d’adhésion pourrait répondre aux problématiques rencontrées sur l’archipel :
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Passer demain de 20 % des besoins agroalimentaires couverts par la production locale à une véritable
souveraineté alimentaire
Réduire les engrais et pesticides dans les cultures
Renouer le lien entre les guadeloupéens et leur patrimoine naturel
Préserver les paysages et relancer la sylviculture
Maintenir ou conserver une trame boisée minimum
Nous serions grès de voir apparaitre des projets pilotes en agroforesterie afin de préparer la conversion prochaine
des systèmes monoculturaux intensifs vers des systèmes de génie Agro écologique répondant aux contraintes
économiques, sociales et écologiques de demain.
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Le développement de la filière Agriculture Biologique :
La pollution des eaux et des sols, ainsi que la perte de Biodiversité peuvent être évités en développant une
agriculture sans intrants chimiques. Pour les communes de la zone optimale d’adhésion, il parait obligatoire, afin de
préserver les milieux terrestres, les milieux d’eau douce comme les milieux marins (ruissellement, eutrophisation…)
de développer ce type de cultures.
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La recherche et la culture de plantes médicinales et compléments alimentaires locaux :
Un développement endogène de l’économie basé sur des ressources locales s’appuie sur le développement de
filières et de moyens de transformation locaux à forte valeur ajoutée. La pharmacopée indigène et introduite recèle
cette valeur ajoutée et doit être plus étudiée et mise en valeur. Par des processus de transformation simples
(séchage, production d’huiles essentielles..) le patrimoine naturel de l’archipel peut permettre le développement
économique de cette filière en AB et contribuer au mieux-être des guadeloupéen ainsi que valoriser la culture
créole.
Pour ces deux derniers points nous serions grès de voir s’organiser des espaces de réflexion, au cœur desquels :
acteurs politiques (des communes adhérentes), agriculteurs en volonté de conversion ou voulant s’installer en AB et
représentants des structures de protection de l’environnement pourraient se rencontrer. Ceci pour permettre un
accompagnement et un accès au foncier simple, ainsi que l’expérimentation par des projets pilote en AB.
Le développement de structures d’insertion professionnelle par l’Agriculture Biologique nous parait aussi être un
projet d’avenir à développer.
Aller vers une mise aux normes des systèmes d’épuration et de traitement des eaux usées :
Pour la protection des milieux d’eau douce et des milieux marins, il est indispensable que le retraitement des
eaux usées devienne une priorité. Il parait en effet difficile d’envisager une quelconque protection de ces milieux
alors que 60% des logements ne sont pas raccordés à un centre de retraitement et que seules 8 des 25 stations de
plus de 2000 équivalents habitants sont actuellement aux normes.
Ce dossier doit constituer une priorité d’action au même titre que la réduction / suppression des engrais
pétrochimiques et produits phytosanitaires qui par ruissèlement se répandent inexorablement dans les
milieux marins. Le projet moteur de réintroduction du Lamentin devra se confronter activement à ce point et être
l’occasion de régulariser cette situation de traitement des eaux usées.
Aller vers une réduction de la part des fossiles dans le bilan énergétique global :
L’adhésion des communes à l’aire optimale est l’occasion de développer massivement le transport en
commun, de réduire les consommations d’énergie ainsi que développer des énergies alternatives.
Chaque habitation par un système solaire thermique, photovoltaïque, de biomasse, de méthanisation,
géothermique et/ou éolien devra demain être capable de produire sa propre énergie voir de produire en surplus
pour le commun. Ceci est envisageable en diversifiant les modes de production énergétique et en adaptant aux
structures individuelles ces moyens de productions (petites éoliennes, fours solaires, chauffes eaux solaires, toilettes
sèches et méthanisation...) à moindre cout.
Aller vers un réemploi et une réduction des déchets :
La Ressourcerie Sociale Kazabrok représente l’avenir du réemploi en Guadeloupe. La réduction des déchets
passe par le réemploi, la réparation et le recyclage. Il faut appuyer le développement de cette ressourcerie avec
plusieurs antennes reparties sur le territoire qui seraient autant de points de collecte, de vente et de réinsertion
professionnelle par l’économie sociale et solidaire.
Ceci permettra de plus de réduire les dépôts d’ordures « à la sauvage » en bord de route.
Conclusion :
Le projet de charte est suivi avec beaucoup d’attention par Guadeloupe Nature Environnement, qui
souhaite être réellement impliqué et consulté dans la réflexion et la mise en place des projets à venir. Nous notons
que c’est un projet complet qui traite de l’ensemble des enjeux d’avenir pour l’archipel. Nous serons attentifs à la
continuité de ce projet duquel nous sommes acteurs par définition et espérons que son application concrète sera un
moteur de conversion vers un avenir Agro écologique et de préservation in situ de l’environnement et des richesses
patrimoniales.
Kevin CLAUDEL
Chargé de mission en Agriculture Biologique et Biodiversité : 0690 90 08 69
[email protected]
Nicola COPPA
Président GUADELOUPE NATURE ENVIRONNEMENT : 0690 65 07 45
[email protected]
Blog : www.gwadecologie.info
Page Facebook : http://www.facebook.com/guadeloupe.nature.environnement?fref=ts