Nantes-2014-MAUDOT-Traumatologie
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Nantes-2014-MAUDOT-Traumatologie
Institut Régional de Formation aux Métiers de Rééducation et Réadaptation Des Pays de la Loire 54, Rue de la Baugerie 44230 St Sébastien sur Loire Roller agressif : Traumatismes du rider et place du masseur kinésithérapeute dans la prévention Maudot Bénédict Travail Ecrit de Fin d’Etudes En vue de l’obtention du Diplôme d’Etat de Masseur-Kinésithérapeute Année scolaire : 2013-2014 REGION DES PAYS DE LA LOIRE Remerciements Mes plus sincères remerciements à : Fabrice Cercleron, mon directeur de travail écrit, pour m’avoir conseillé et soutenu tout au long de mon parcours. Tous les riders qui ont participé à cette étude. Sylvie Voyer-Moisan pour sa disponibilité et son aide dans mes recherches bibliographiques. Erin Kim pour ses conseils de traduction. Ma famille pour leur soutien et à ma mère pour son aide. Résumé Le roller agressif est un sport né à la fin des années 1980 qui a atteint son apogée au début des années 2000. Apres une perte de vitesse ces 10 dernières années, il refait progressivement surface grâce à sa médiatisation sur internet et notamment via les réseaux sociaux. Le manque de bibliographie scientifique, associé au vécu personnel de pratiquant de cette discipline, ont servi le point de départ à ce travail. Dans le but d’appréhender au mieux ce que pourrait apporter la masso-kinésithérapie dans ce sport, sa traumatologie a été étudiée ainsi que le comportement des riders dans leur pratique quotidienne. Ceci a permis de définir un profil type de pratiquant ainsi qu’un profil type de blessures potentielles. Les résultats de l’étude ont ensuite été mis en relation avec le décret de compétence masso-kinésithérapique, à la suite de quoi figurent des rappels en matière de prévention : délai de cicatrisation, effets de l’échauffement, intérêt de la préparation physique, importance des apports hydriques. En conclusion, le masseur-kinésithérapeute semble avoir toute sa place dans l’encadrement et le suivi de ce sport et de ceux qui le pratiquent. Mots clés - Prévention Roller agressif Rôle du masseur-kinésithérapeute Traumatologie Abstract Aggressive skating is a sport that emerged in the late 1980s and reached its peak in the early 2000s. After a loss of momentum in the last ten years, it gradually resurfaced thanks to media coverage on the Internet and especially through social networks. The lack of scientific literature on aggressive skating and personal experience of practicing the sport has led us to carry out this work. In order to understand the best possible way to bring physiotherapy into this sport, we studied its traumatology as well as the riders’ behavior in their daily practice. This enabled the definition of a standard profile of the skater as well as a standard profile of the potential injuries. We then compared the results of our study with the physiotherapic decree of expertise, and made suggestions regarding prevention: time for healing, effects of heating, advantage of physical preparation and importance of water intake. In conclusion, the masseur-physiotherapist seems to have a place in supervision and monitoring of the sport and those who practice it. Keywords - Aggressiv skating Traumatology Physiothérapist’s role Prevention Sommaire I. Introduction ........................................................................................................................ 1 A. Présentation de la discipline ........................................................................................ 1 1. Terminologie ............................................................................................................ 1 2. Différents type de pratiques ..................................................................................... 1 3. Histoire de la discipline ........................................................................................... 2 4. Economie ................................................................................................................. 3 5. Aujourd’hui en France ............................................................................................. 3 B. Questionnement initial ................................................................................................. 4 C. Problématique et hypothèse de travail ......................................................................... 4 Présentation de l’étude ....................................................................................................... 5 II. A. Introduction ................................................................................................................. 5 B. Matériel et méthodes ................................................................................................... 5 1. Population étudiée .................................................................................................... 5 2. Protocole de l’étude ................................................................................................. 6 3. Matériel de l’enquête ............................................................................................... 6 Analyse des résultats de l’étude. .................................................................................. 7 C. 1. Discussion sur l’étude ................................................................................................ 14 D. 1. Méthodologie ......................................................................................................... 14 2. Résultats ................................................................................................................. 15 Conclusion de l’étude ................................................................................................ 18 E. III. Quels apport masso-kinésithérapique pour la discipline ? ............................................ 19 A. Etude du décret de compétence masso-kinésithérapique........................................... 19 B. Rappel des délais de consolidation ............................................................................ 21 1. Peau ........................................................................................................................ 21 2. Muscle .................................................................................................................... 21 3. Ligaments ............................................................................................................... 23 4. Os ........................................................................................................................... 24 C. Effets échauffements ................................................................................................. 24 D. Préparation physique ................................................................................................. 26 E. Apports hydriques...................................................................................................... 27 IV. V. Analyse descriptive .................................................................................................. 7 Discussion ..................................................................................................................... 28 Conclusion ........................................................................................................................ 29 I. Introduction Pratiquant le roller agressif depuis plusieurs années, les aléas de ma pratique sportive et les blessures m’ont amené à entrer en contact avec des médecins, des chirurgiens et des masseurs-kinésithérapeutes. En tant qu’étudiant en école de masso-kinésithérapie, je me suis naturellement posé la question de savoir ce que ma formation initiale pourrait m’apporter dans la pratique de mon sport au quotidien, et à l’ensemble des riders en général. Mon questionnement m’a amené à effectuer des recherches sur ce sport jeune et méconnu, dans la littérature scientifique, populaire, sur internet, etc. Et j’ai constaté que la littérature est quasi inexistante sur le sujet : il n’existe pratiquement aucun article, mémoire, étude, sur la traumatologie du roller agressif, ni de guide de bonnes pratiques s’appuyant sur des connaissances scientifiques. La réalisation de ce travail de fin d’étude m’a donc paru être l’opportunité idéale pour allier ma pratique sportive et ma future pratique professionnelle, dans le but d’amorcer un travail épidémiologique et préventif sur ce sport méconnu, très traumatisant et dont l’encadrement des pratiquants au quotidien est actuellement dérisoire. A. Présentation de la discipline 1. Terminologie Comme tous les sports, le roller agressif possède son propre langage (composé de beaucoup d’anglicismes) qu’il paraît nécessaire de décrire ici, puisque ces termes seront utilisés dans la suite du travail : - Les pratiquants de la discipline sont appelés communément « riders », qui pratiquent leur sport lors de « sessions » avec d’autres riders avec qui ils peuvent former un « crew » (« équipe » en français). - Le rider réalise des « tricks » (synonyme de « figure » en français) lors de son « run » (« passage » en français). Une série de tricks enchaînés est appelée « ligne ». 2. Différents type de pratiques Le roller agressif est une forme de pratique du roller en ligne, dont la forme des patins inspire de celle des patins de hockey. Afin de permettre la réalisation des figures propres au sport et de résister aux nombreux impacts et contraintes de la pratique, les patins ont été élargis, renforcés et alourdis ; les roues sont devenues plus petites et plus larges que sur des patins classiques pour permettre une meilleur mobilité et abaisser le centre de gravité du patin. Le roller agressif se pratique dans différents environnements donnant leurs noms aux différents types de pratique (annexe n°1) : - Le Street : Comme son nom l’indique, se pratique dans la rue. Le rider se sert de la ville et du mobilier urbain comme terrain de jeu ; cette pratique est essentiellement composée de « slides » et de « gap ». 1 - - - - Le Park : Pratique la plus polyvalente du roller agressif, le Park se pratique dans un Skate park sur les « modules » présents qui recréent un mobilier urbain adapté à la pratique, ainsi que des infrastructures crées spécialement pour la pratique du roller/skate/bmx (comme par exemple : la rampe, les quarters, les fun box, etc.) Half-pipe : appelé rampe en France, est une structure se présentant sous la forme d’un demi tube, construit en bois, métal ou béton constitué de deux murs se rejoignant à leur base et dont le sommet est équipé d’un « copping » : barre de fer ronde permettant de réaliser des slides. Bowl : à l’origine pratiqué dans les piscines vides durant la sécheresse en Californie, des bowls ont ensuite été intégrés dans les skateparks permettant ainsi aux riders de réaliser des lignes différentes que dans une rampe classique. Méga rampe/big air : Module géant équipé d’une piste descendante pour la prise d’élan, d’un tremplin suivi d’un plat et d’une descente pour la réception. La réception est généralement suivi d’un carter (demi rampe) ou d’un air bag permettant au rider de s’arrêter. 3. Histoire de la discipline Le roller agressif est une des évolutions du roller en ligne. Il trouve son origine à la fin des années 1980 aux Etats-Unis, où des hockeyeurs du Minnesota, voulant pouvoir s’entraîner en été, avaient adapté des roues sur un patin à glace pour s’entraîner hors de la glace. Le premier patin « agressif » a été commercialisé par la marque Rollerblade en 1988. (1) Face à l’engouement de plus en plus important du public pour la discipline alors complètement en marge de tous les règlements et de toutes les institutions sportives du moment, il fut créé en 1994 aux Etats-Unis l’ASA « The Aggressive Skaters Association » avec pour but d’établir des règles qui régiraient les compétitions et le matériel utilisé lors de celles-ci. (1) Parallèlement à cela, en France fut créé la commission Freestyle au sein de la Fédération française de roller, qui accueilli par la suite différentes spécialités : le Street en 1994, la Rampe en 1997 et le Bowl en 2003. (2) Le sport atteint son apogée de popularité à la fin des années 90 début 2000 : avec sa présence au premier X Games aux USA en 1995, le premier open de Street en France en 1997, le premier Championnat de France en 1999 et la création de deux jeux vidéo en 2002. La perte d’engouement pour le sport au milieu des années 2000 provoqua sont retrait des XGames en 2005, et l’arrêt de la production de patins agressifs par de nombreuses marques (Senate, Seba, Salomon…) ainsi que la diminution considérable du nombre de rider. Après plusieurs années passé dans l’ombre, un groupe de propriétaires de marques et de légendes du sport : Brian Shima, Jon Julio et Kato Mateu supportés par les plus grandes marques décidèrent de créer les WRS « The World Rolling Series » ; dans le but de rassembler les meilleurs riders, les meilleurs organisateurs d’évènements, distributeurs et skate-park afin de créer une communauté plus soudée, avec un impact médiatique plus important, et d’établir un standard plus élevé du roller agressif. Le circuit WRS débuta en 2 2009 avec 10 compétions internationales : en France, aux Pays-Bas, en Espagne, en Australie et aux Etats-Unis. Le WRS comporte aujourd’hui des événements dans plus de 20 pays à travers le monde. (3) La première formation de juge street/bowl/rampe agréée par la Fédération française fut crée en 2008 à Marseille. En 2012, la fédération française de roller, édita son premier règlement Street, mini-rampe, Bowl et rampe (big). (2) 4. Economie Malgré leur perte de vitesse dans les années 2000, les sports extrêmes redeviennent à la mode et le roller agressif avec eux. On voit depuis quelques années de plus en plus de mairies équiper leur ville de skateparks, de plus en plus de riders, et de plus en plus d’associations tenter d’encadrer ce sport au niveau local. En plus d’être un sport à part entière, cette discipline est aussi devenue un style de vie, avec son langage, ses marques de vêtements, ses codes, ses stars, ses lieux historiques, ses communautés et sa manière de penser. Le roller agressif est aujourd’hui moteur de toute une économie : vente de matériel, produits dérivés (dvd, figurines..), vêtements, et est soumis à une médiatisation de plus en plus importante notamment via les réseaux sociaux. (Annexe n°1) 5. Aujourd’hui en France Rattaché à la Fédération française (FF) de roller avec le saut et le slalom sous l’appellation « roller freestyle », le roller agressif n’est toujours pas reconnu comme sport de haut niveau (comme aucunes des disciplines de la catégorie « roller freestyle ») par le ministère de la jeunesse et des sports. Les kinésithérapeutes sont présents sur les stages de préparation et les compétitions internationales des disciplines reconnues de haut niveau (Artistique - Hockey - Rink hockey Course). Pour ces 4 disciplines, la présence d’un médecin n’est assurée que pour les compétitions de référence tel que les Championnats d’Europe ou du Monde. (C’est rarement le cas pour le Patinage artistique discipline où les effectifs sont peu importants et pour laquelle seul le kinésithérapeute assure l’encadrement médical.) Au total, une douzaine de kinésithérapeutes et 5 médecins de la FF de roller interviennent dans cet encadrement. Pour la dernière saison sportive 2012-13, 331 jours d’intervention étaient programmés et ont été réalisés comme suit : - Stages : 141 jours de présence « kiné » - Compétitions : 123 jours de présence « kiné » et 67 jours de présence « médecin » En 2013, la FF de roller rassemblait plus de 55000 licenciés toutes disciplines confondues. 3 La catégorie freestyle de la fédération rassemblait 3850 licenciés en 2013, et la fédération estime à 25% le nombre de licenciés pratiquant le roller agressif (moins de 1000 personnes). Malgré l’augmentation croissante du nombre de licenciés, ainsi que le nombre croissant d’associations de riders, la pratique du roller agressif reste majoritairement autodidacte, et il est actuellement impossible d’évaluer le nombre de riders en France. (4) Non reconnu par le ministère de la jeunesse et de sport comme sport de haut niveau, le roller agressif ne possède donc pas d’encadrement médical ni paramédical, et chaque rider est donc obligé de gérer lui-même son suivi et sa prise en charge en cas de blessure. B. Questionnement initial Aujourd’hui, la recherche de bibliographies sur le roller agressif dans les différentes bases de données scientifiques (pubMed, Sciencedirect, Kinédoc…) montre la rareté des publications scientifiques concernant cette discipline. Cependant, ces mêmes recherches effectuées sur des sites spécialisés, des forums ou communautés sur internet montrent de plus en plus de publications relative à cette discipline, mais basées sur un savoir empirique par des riders tentant d’apporter des réponses à des questions comme : la traumatologie, ou l’intérêt de la préparation physique pour diminuer le risque de blessures et améliorer ses performances. De plus, le roller agressif est une discipline récente qui se pratique majoritairement hors des structures fédérales et associatives. Même si il existe des compétitions au niveau local et qu’un circuit international se développe depuis quelques années, l’encadrement de cette discipline reste dérisoire notamment en ce qui concerne l’aspect médical et para médical. La reprise de l’engouement des jeunes pour les sports à sensations fortes, la création du WRS et la médiatisation de plus en plus importante du roller agressif semblent être des facteurs prédictifs d’une augmentation du nombre de pratiquants, du nombre de blessures, et donc une augmentation des consultations médicales et paramédicales notamment massokinésithérapique. La discipline étant le plus souvent inconnue des professionnels de santé, il nous a semblé pertinent d’étudier le comportement des riders ainsi que les traumatismes auxquels ils sont exposés dans leur pratique. Et ainsi de pouvoir étudier les différents aspects que pourrait apporter la masso-kinésithérapie à cette discipline aussi bien en termes de soins que de prévention. C. Problématique et hypothèse de travail L’objectif de ce travail est donc de répertorier les blessures subies par les pratiquants du roller agressif et d’étudier le comportement des riders. Au vu des résultats de quelques rares études (5) (6) (7) conduites aux Etats-Unis dans les années 90 sur des personnes pratiquant le roller en général (pas de distinction entre les différentes discipline), nous nous attendons à des résultats orientés majoritairement vers une traumatologie du membre supérieur, et notamment du poignet. 4 En décrivant cette discipline, en étudiant ses traumatismes et le comportement des riders, nous espérons pouvoir apporter des réponses aux différents corps médicaux et paramédicaux susceptibles de prendre en charge des riders suite à une blessure. Nous espérons aussi pouvoir proposer des solutions aux praticiens et aux riders eux-mêmes en matière de prévention dans un contexte ou l’encadrement médical et paramédical de la discipline est presque inexistant. La problématique de notre travail sera de savoir, au vu des résultats de l’étude et de recherches bibliographiques, quelles seraient les différentes actions que pourrait avoir un masseur kinésithérapeute auprès de riders (blessés ou non), notamment en matière de prévention. Nous partirons donc sur l’hypothèse suivante : le masseur-kinésithérapeute à un rôle à jouer dans la prévention des blessures liées à la pratique du roller agressif. II. Présentation de l’étude A. Introduction Il existe un vide dans la littérature scientifique en ce qui concerne le roller agressif ; tant sur le plan de la traumatologie que sur le plan de la prévention et de l’étude comportementale des riders dans leur pratique. Cette étude rétrospective a pour objectif de faire un état des lieux de la traumatologie du roller agressif en répertoriant les différentes blessures subies par les riders dans leur pratique quotidienne, d’étudier leur comportement dans cette pratique ainsi que leur suivi médical et masso-kinésithérapique en cas de blessure. L'étude s'adresse à tous les pratiquants du roller agressif s'étant déjà blessés au cours de leur pratique et ayant consultés un service médicalisé suite à cela. L’étude a été réalisée à l’aide d’un questionnaire inspiré de celui utilisé par Flørenes et al. (2009) (8) (9) dans leur travail sur les blessures lors de la coupe du monde de ski et de snowboard. C’est une étude rétrospective qui a pour but de recenser les différentes blessures subies par les riders durant la saison 2012/2013, soit du 01/09/2012 au 30/08/2013. B. Matériel et méthodes 1. Population étudiée - Critères d’inclusion : Tous riders pratiquant le roller agressif professionnel ou amateur ayant subi ou non une ou plusieurs blessures lors de sa pratique dans la période du 01/09/2012 au 30/08/2013. - Critères de non inclusion : Les personnes pratiquant une discipline autre que le roller agressif. 5 Les blessures survenues hors du cadre de la pratique du roller agressif. - Critères d’exclusion : Tout questionnaire mal rempli ou avec des informations hors sujet à celui de l’étude. 2. Protocole de l’étude L’étude s’est déroulée sur la période du 15/09/2013 au 16/10/2013, durant laquelle deux questionnaires identiques (un en français et un en anglais) ont été diffusé sur internet à des riders français et étrangers. Le questionnaire permettait d’évaluer plusieurs paramètres : - relatifs au rider (sexe, âge, comportement dans la pratique, etc.) - relatifs aux blessures (lieu de pratique lors de la blessure, localisation anatomique, etc.) - le suivi médical et paramédical de cette blessure (prise en charge masso kinésithérapique, structure de prise en charge, orientation de la rééducation, etc.) 3. Matériel de l’enquête a. Moyens de diffusion du questionnaire : Le milieu du roller agressif est très petit et difficilement accessible, il existe peu de structures d’encadrement. Cependant différents moyens et acteurs ont été à notre disposition pour la diffusion de nos questionnaires afin de rassembler un maximum de participants : - Les riders eux-mêmes - Le site Google drive©pour la création des questionnaires en ligne et la récupération des données. - Les réseaux sociaux pour la diffusion des questionnaires via des groupes et forums spécialisés (Facebook, rollernews…) - La presse spécialisée (Be mag, ONE…) - Les associations de riders (Roll’school…) Le questionnaire a été disponible en ligne du 15/09/2013 au 16/10/2013. b. Description du questionnaire (cf. Annexe n°2) : Le questionnaire, est un questionnaire en ligne hébergé par Google drive (cf annexe n°2), qui a été créé en s’inspirant de celui utilisé par Flørenes et al. dans leurs différentes études sur la traumatologie des disciplines du ski de haut niveau. (8) (9) Le consentement du rider est indispensable à l’apparition du questionnaire. Ce consentement est demandé après la description détaillée des objectifs de l’étude et des droits des participants. L’accord des parents est demandé pour les participants mineurs. 6 La période de l’année qui nous intéresse est précisée à la fin de la première partie : « Vous êtes-vous blessé pendant la période du 01/09/2012 au 30/08/2013 ? » Si le rider répond « oui » la page descriptive des blessures apparaît, si la réponse est « non » le questionnaire s’arrête là. 1ère Partie : Le profil du rider : Elle est composée de 11 questions permettant d’établir le profil des riders participant à l’étude. Ces questions s’intéressent à l’identité du rider, ainsi qu’au comportement de celui-ci dans sa pratique quotidienne. La question n°6 : « Custom : décrivez dans l’ordre la marque de votre boots, de vos platines, et de vos roues » nous permet de garantir la validité du questionnaire au cas où une personne ne pratiquant pas le roller agressif voudrait participer à l’étude. Après avoir validé la première partie du questionnaire, une nouvelle page apparait, sur laquelle nous avons défini le terme « blessure » pour la suite de l’enquête comme suit : « Une blessure est définie comme tout traumatisme survenu pendant la pratique du roller agressif (uniquement) et ayant entrainé une diminution des capacités physiques du rider ou un arrêt périodique ou définitif de la pratique. » 2ème Partie : Informations sur les blessures : Elle est composée de 14 questions renseignant sur les conditions dans lesquelles a eu lieu la blessure, sur les structures anatomiques atteintes, ainsi que sur le suivi médical du rider après cette blessure. A la fin de cette partie la question de savoir si il y a eu une autre blessure est posée, si la réponse est « oui » une nouvelle page descriptive identique est générée, si la réponse est « non » le questionnaire s’arrête là. c. Encodage des données et outil statistique Les questionnaires remplis ont été récupéré via Google Drive © selon leur date de remplissage et les réponses rassemblées dans un tableau Excel. Le Logiciel Microsoft Office Excel 2007© a été utilisé pour l’analyse statistique des données. C. Analyse des résultats de l’étude. 1. Analyse descriptive a. Participation Au total, 135 personnes ont répondu au questionnaire en ligne : - 2 questionnaires ont été exclus car trop d’informations manquaient ou n’étaient pas cohérentes. - 133 questionnaires ont été validés : 68 en français, 65 en anglais. 7 b. Description de l’échantillon Sexe : La population étudiée est composée de 129 hommes, et 4 femmes. Moyenne d’âge La moyenne d’âge des riders est de 24.6 ans (entre 14 et 39 ans) et la médiane est à 25 ans. 18 ans est l’âge rassemblant le plus de pratiquants. 93.2% des riders sont majeurs. Latéralité : Notre échantillon se compose de 115 droitiers et 18 gauchers. Nombre moyen d’années de pratique : La moyenne du nombre d’années de pratique est de 9,9 ans (entre 1 an et 23 ans de pratique) la médiane est à 10,0 ans. Port des protections : (Cf. tableau n°1) 103 riders déclarent porter des protections : 37 riders déclarent toujours les porter, 66 déclarent en porter parfois, et 30 jamais. Chez les femmes, 50% des rideuses déclarent porter parfois des protections, et 50% en porter systématiquement. Chez les Hommes, 23.3% ne portent jamais de protection, 49.6% parfois, et 27.1% toujours. Type de protection pourcentage protège protège protège Total casque genouillères autres coudières poignets tibias bassin général 32,8% 25,9% 20,1% 16,7% 2,3% 1,7% 0,6% 100,0% Tableau n°1 : récapitulatif du type de protection porté On constate que les protèges poignets sont les protections les plus portées devant le casque (seulement 25.9%) et les genouillères. 8 Comportement dans la pratique du roller agressif : Sur les 133 réponses retenues, un seul rider n’a coché aucun item. Pour les 132 autres, les résultats sont les suivants (Cf. Tableau n°2) : Tableau n°2 : Comportement dans la pratique du roller agressif c. En ce qui concerne les blessures : 63.9% des riders rapportent s’être blessé lors de la saison 2012/2013. Sur tous ces riders, 41.4% rapportent une blessure, 15.8% rapportent deux blessures, 4.5% rapportent 3 blessures, 1.5% rapportent 4 blessures et 0.8% déclarent s’être blessés 5 fois ou plus. On enregistre un total de 128 blessures, avec 7 blessures rapportées par des femmes et 121 par des hommes. On peut ainsi mesurer l’incidence (taux de blessures par an) qui est de 96.2 pour 100 athlètes par an. Rapporté à 1an de pratique (365 jours), l’étude décrit une blessure tous les 2,9 jours. Types de pratiques : On retrouve 59,8% de blessures lors de la pratique en Park, 32.3% de blessures en pratique Street, 5,5% de blessures en Half-pipe et 2.4% de blessures en Bowl. (Annexe n° 3, Tableau n°3) Phases de survenue des blessures : On constate que 56 ,7% surviennent au milieu de la session, 28,3% en fin de session, et 15,0% en début de session. 46,5% d’entre elles ont lieu lors du contact avec le module, 40,9% à la réception, 5.6% au moment de l’impulsion, 3.1% lors de la prise d’élan, 3,1% dans des conditions autres que celles proposées par le questionnaire (dont 2 collisions avec un autre rider), et 0,8% lors de la phase aérienne. (Cf. Annexe n°3, Tableau n°4) 9 Latéralité de la blessure : 58.3% des blessures ont touché le côté droit, et 41.7% le côté gauche du rider. Zones anatomiques lésées : (Cf. Tableau n°5) Tableau n°5 : Zones anatomiques lésées Sur les 127 blessures décrites, 39 correspondent à des atteintes multiples de plusieurs zones anatomiques différentes, et 88 correspondent à une seule zone anatomique. Le membre supérieur est le plus touché, avec 97 atteintes ; le membre inférieur a été touché 82 fois, et l’ensemble tronc/tête 31 fois. Structures anatomiques atteintes : (Cf. Tableau n°6) Tableau n°6 : Répartition des lésions en fonction du nombre total de blessures Le système capsulo-ligamentaire est le plus touché : il est endommagé dans 38.6% des blessures, devant le système osseux atteint dans 30.7% des cas ; le système musculaire lui est concerné dans seulement 22% des lésions. 10 Sévérité des blessures On constate que 30.7% des blessures ont entrainé un arrêt supérieur à 28 jours, 33.9% des blessures ont entrainé un arrêt de pratique entre 8 et 28 jours, 11.8% un arrêt entre 4 et 7 jours et que 10.2 % des blessures ont entrainé un arrêt inférieur à trois jours, 13.4 % n’ont pas entrainé d’arrêt. (Cf. Annexe n°3, Tableau n°7) Reprise du roller après blessure : (Cf. Tableau n°8) Tableau n°8 : Respect des délais prescrits avant reprise 50.4% des riders déclarent avoir respecté les délais de cicatrisation et de reprise conseillés, 33.9% ne les ont pas respecté, 11.8% n’ont pas consulté de médecin, 3.9% ont arrêté définitivement le roller agressif après leur blessure. Prise en charge masso-kinésithérapique : (Cf. Tableau n°9) Tableau n°9 : Prise en charge masso-kinésithérapique 67.7% des riders n’ont pas fait de rééducation après leur accident, 22.0% sont allés voir un kinésithérapeute libéral, 5.5% déclarent s’être pris en charge seul sans kiné, 3.9% être allé en centre de rééducation et 0.8% ont fait de la kiné à l’hôpital. 11 Orientation de la rééducation 64.7% des riders ayant bénéficié d’une prise en charge masso-kinésithérapique post traumatique déclarent que celle-ci était orientée vers la reprise du roller agressif, 35.3% des prises en charge ne l’étaient pas. Comportement post-traumatique : Suite à leur blessure, 50.4% des riders déclarent ne pas avoir modifié leur comportement lors de leur pratique. 32.3% décrivent des changements comme : une augmentation de la vigilance, une prudence plus importante ou un travail d’apprentissage pour limiter la survenue d’un accident du même type. Seulement 13.4% des riders déclarent avoir porté des protections suite à leur blessure, et 3.9% ont arrêté définitivement leur pratique. d. Analyse comparative Afin d’approfondir nos analyses, il nous a semblé intéressant de croiser certaines données. - Croisement des résultats sur le nombre d’années de pratique et la survenue des blessures : On constate que les personnes pratiquant le roller agressif depuis 15 ans sont ceux qui ont le pourcentage de blessures le plus important : ils représentent 11.8% des blessés et 7.5% de la population totale. Les riders les moins touchés sont ceux pratiquants depuis 12 ans qui représentent 10.4% des non-blessés et 3.8% de la population totale. (Cf. Annexe n°3, Tableau n°10) - Croisement des résultats entre l’âge et la survenue des blessures : On constate que la population décrivant le plus de blessures est celle âgée de 18 ans, et que celles en décrivant le moins sont âgées de 26 et 30 ans. (Cf. Annexe n°3, Tableau n°11) - Croisement des résultats entre le port de protection et la survenue de blessure : Le croisement des résultats montre que chez les riders blessés, 17.65% ne portent pas de protections, 52.94% en portent parfois et 29.41% en portent toujours. Le croisement montre aussi que chez les riders non-blessés, 31.25% ne portent pas de protection, 43.75% en portent parfois et 25% en portent toujours. La population blessée malgré les protections (45 parfois, +25 toujours) représente 52.3% de la population totale, les personnes ne portant pas de protections et ne s’étant pas blessées représentent 11.3% de l’échantillon et les personnes blessées ne portant pas de protections représentent 11.3%. (Cf. Annexe n°3, Tableau n° 12) 12 - Croisement des résultats entre le port de protection et le nombre d’années de pratique : Les résultats montrent que les riders pratiquant le roller agressif depuis 12 ans sont ceux qui se protègent le moins. 10 et 15 ans de pratique sont les durées pour lesquelles l’on trouve le plus de riders se protégeant « parfois ». 5 ans de pratique est la durée qui rassemble le plus de rider déclarant porter « toujours » des protections. (Cf. Annexe n°3, Tableau n°13) - Croisement des résultats entre le port de protection et l’âge des riders : On remarque que les riders ne portant « jamais » de protection sont souvent âgés de 21 et 26 ans. Ceux qui en portent « parfois » sont majoritairement âgés de 18 ans, et la population déclarant « toujours » porter des protections est majoritairement représentée par des riders de 20, 29 et 30 ans. (Cf. Annexe n°3, Tableau n°14) Sexe et port de protections : 100% des femmes portent des protections : 50% « parfois », 50% « toujours ». 76.3% des hommes en portent : 49.6% « parfois », 27.1% « toujours » ; 23.3% des hommes n’en portent pas. (Cf. Annexe n°3, Tableau n°15) Protections et types de blessures : (Cf. Tableau n°16) On constate que sur les 127 blessures répertoriées, 101 ont eu lieu sur des régions non protégées. Et 26 blessures concernent des régions sur lesquelles le rider a déclaré porter des protections. nombre de rider portant des protections blessure avec protection blessures sans protection efficacité protection 57 13 7 77,2% genouillères 35 7 21 80% casque 45 4 8 91,1% protèges tibias 29 3 11 89,7% coudières 1 1 15 0% Types de protections protèges poignets Tableau n°16 : blessures avec et sans protection Efficacité protection = (Nombre de rider portant des protections – nombre de blessure avec protection) / (Nombre de rider portant des protections) Notre échantillon ne nous permet pas d’évaluer l’efficacité des coudières. 13 D. Discussion sur l’étude Cette étude a permis d’analyser les traumatismes subis par les pratiquants du roller agressif. L’analyse des questionnaires a fourni des réponses à la fois qualitatives et quantitatives concernant ces traumatismes. La bibliographie scientifique concernant cette discipline étant très pauvre, cette enquête réalisée à l’aide de questionnaires a permis d’apporter des éléments de réponses et de nouvelles données concernant cette discipline méconnue. Elle a aussi permis de dresser un premier état des lieux sur cette discipline en pleine expansion, en matière de traumatologie, de comportement et de suivi médical et paramédical. 1. Méthodologie En ce qui concerne la méthodologie de l’étude, la nature rétrospective de celle-ci présente un biais qu’il est important de rappeler : le biais de rappel. Ce biais est la tendance des athlètes et pratiquants à négliger ou omettre certains traumatismes qu’ils ne prennent pas en compte car ils influencent peu leur pratique. Cette notion est importante à prendre en compte pour discuter de la valeur des résultats obtenus. En ce qui concerne le questionnaire : - Il s’inspire des questions posées par celui de Flørenes et al. (8) lesquelles ont été adaptées et associées à d’autres questions propres au roller agressif afin d’obtenir un questionnaire le plus pertinent possible pour faire notre état des lieux. - Après analyse des résultats, il est apparu que nous n’avions pas demandé aux riders si ils étaient demandeurs de masso-kinésithérapie, ni si ils étaient au courant de ce qu’elle pourrait leur apporter. Si c’était à refaire, ces questions auraient leur place dans le questionnaire. - Contrairement aux questionnaires de Flørenes et al. (8) qui étaient distribués sous forme papier, le nôtre a été diffusé uniquement par internet. - La diffusion par internet du questionnaire a semblé être le moyen le plus adéquat pour collecter le maximum de réponses de la part d’un maximum de participants. La création et la diffusion d’une version anglaise du questionnaire ont été réalisées dans le même objectif. - Contrairement à l’étude de Flørenes et al. (8), dans laquelle il fallait répondre à un questionnaire différent pour chaques blessures, le notre permettait au rider de rassembler toutes les informations concernant leurs blessures sur un seul et même questionnaire. En plus d’être plus pratique pour les participants, l’analyse informatique des résultats s’est révélée plus rapide que si le format avait été sur papier. - L’utilisation de l’outil libre d’accès Google drive© pour créer et collecter les données présente parfois des failles (données manquantes, pertes, doublons…) et à nécessiter de nombreuses sauvegardes régulières. De plus, il ne permet pas de créer un questionnaire parfaitement sur mesure puisque l’arborescence générale des questionnaires Google drive© n’est pas modifiable. 14 - Cette arborescence de base non modifiable a posé un problème en cas de lésions multiples car les riders ne pouvaient pas décrire chaque lésion séparément (localisation, structure anatomique atteinte, etc.), mais indiquaient dans un premier temps toutes les localisations de lésions et ensuite toutes les structures anatomiques atteintes sans que l’on puisse déterminer le type de lésion pour chaque localisation. L’ensemble de ces points nous font dire que l’utilisation d’un questionnaire en ligne est le moyen le plus adapté pour toucher le maximum de riders possible. Cependant, l’utilisation d’un logiciel en libre accès plus puissant que celui utilisé lors de notre étude aurait été pertinente afin de créer des questionnaires parfaitement adaptés, et de faciliter le recueil et l’analyse des données. En ce qui concerne le traitement des données : - L’ajout de plusieurs items notamment en matière de prévention au questionnaire de Flørenes et al. (8) a permis d’enrichir le type de données récoltées, mais a aussi augmenter la quantité de données à traiter. De plus ces données étant quantitative et en deux langues différentes, il a fallu les traduire et les ré-encoder dans un nouveau tableau afin de les traiter. Augmentant donc le temps nécessaire à l’analyse. - Les questionnaires renseignant à la fois sur le « profil » des riders et sur leurs blessures, il a été nécessaire d’analyser les données en deux temps, un premier temps dédié à la population étudiée, et un second temps accordé aux blessures recensées. Une troisième analyse a permis d’établir des liens entre le profil des riders et les blessures. - Les statistiques ont été réalisées à l’aide du logiciel Excel. La variété et la quantité de données récoltées permettant de nombreuses combinaisons d’analyse, des choix ont du être fait afin de donner une vue d’ensemble des comportements et des blessures propre à ce sport. 2. Résultats L’utilisation d’internet et de la version anglaise du questionnaire nous a permis de toucher à la fois les riders français et étrangers (68 réponses en français et 65 en anglais). a. Population Les résultats de l’analyse de notre échantillon (n=133) permettent de définir un profil type de riders : le pratiquant du roller agressif serait donc un homme de 25 ans, droitier, pratiquant le roller agressif depuis 10 ans environ. Il porte le plus souvent des protections notamment des protèges poignets. Il fait attention aux réglages de ses fixations et l’état de ses patins, mais ne s’échauffe pas avant de rider, ne fait pas de préparation physique spécifique et n’as pas de suivis médical régulier. Un des points faibles de cette étude est la participation féminine ; en effet seulement 4 femmes ont répondu à notre étude ce qui n’a pas permis d’établir un profil « féminin ». 15 Cependant le nombre total de participants permet d’avoir un échantillon représentatif des pratiquants de notre discipline. Les données qui semblent particulièrement importante à retenir sont les suivantes : - 97% de pratiquants sont masculins - 24 ans et 7 mois de moyenne d’âge (93.2% de personnes majeures). - Une très grande disparité du nombre d’années de pratique (entre 1 et 23 ans) avec une moyenne à 9 ans et 11 mois. - 77.4% des riders portent des protections, mais mais seulement 27,8% systématiquement. On peut cependant noter la présence de plusieurs commentaires de riders se disant « gênés » par les protections ou les qualifiant « d’inefficaces ». Le type de protection porté pourrait être une piste à étudier : une amélioration du confort et de la qualité des protections pourrait peut être convaincre certains riders de s’en équiper systématiquement. - 100% des femmes portent des protections. (50% toujours et 50% parfois) - Les protèges poignets sont les protections les plus portées devant le casque et les genouillères. Cette information est surement à mettre en relation avec le fait que le complexe poignet/main/doigts et le genou sont les zones anatomiques les plus touchées. - 69% font attention à l’état de leur patin, 75% font attention aux réglages de leurs fixations et 86% s’hydratent régulièrement lors de leur pratique. - 62% ne s’échauffent pas, 56% ne font pas de préparation physique générale, 89% ne font pas de préparation physique spécifique. Ces résultats soulèvent la question de l’information : les riders sont-ils au courant de l’intérêt préventif de ces items ? - 86% n’ont pas de suivi médical régulier ; cette étude montre donc que malgré un risque de blessure important, les riders ne sont pas suivis régulièrement par des médecins. Il aurait été intéressant de leur demander pourquoi ils ne bénéficiaient pas de ce suivi médical, et s’ils en étaient demandeurs, afin de pouvoir proposer des pistes de réflexion pour remédier à cette situation. b. Traumatismes Comme pour la première partie du questionnaire, l’analyse des résultats permet de dresser un profil type de blessure chez les pratiquants du roller agressif : Cette blessure type a lieu dans un Skate Park, au milieu de la session, lors du contact du rider avec le module sur lequel il a prévu de faire une figure. Elle touche plus facilement le genou ou le complexe poignet/main/doigts, surtout au niveau ligamentaire. Elle entraine le plus souvent un arrêt supérieur à 8 jours, mais le rider n’effectuera pas de rééducation avant de reprendre le roller dans la majorité des cas. Certaines données relatives à ces traumatismes semblent importantes à faire ressortir ici : - 63.9% des riders ont déclaré au moins une blessure sur la saison 2012/2013. 16 - - - - - On a enregistré 128 blessures pour 133 riders pendant un an, ce qui nous donne une incidence de 96.2 pour 100 athlètes par an. L’étude décrit une blessure tous les 2.9 jours. 59.8% des blessures ont lieu dans un Skate Park. 56.7% des blessures surviennent au milieu de la session ; lors du contact avec le module dans 46.5% des cas et à la réception dans 40.9% des cas. L’étude nous montre que les zones les plus touchées sont le complexe poignet/main/doigts et le genou. Cela peut s’expliquer par le fait que ce sont les zones les plus exposées lors de la chute, puisque ce sont celles qui sont naturellement mise en avant lors des réactions parachutes. C’est le système capsulo-ligamentaire qui est atteint le plus souvent avec 38.6% des cas devant le système osseux (30.7% des blessures). En ce qui concerne la sévérité des blessures, 33.9% d’entre elles ont entrainé un arrêt de pratique entre 8 et 28 jours, et 30.7% un arrêt supérieur à 28 jours. Cela laisse supposer une relative gravité des lésions. On constate aussi que seulement 50.4% des riders ont respecté les délais de récupération prescrit avant de reprendre leur activité. 3.9% des participants ont arrêté définitivement leur pratique suite à cette blessure. Il est important de noter que malgré le fort pourcentage de blessures ayant entrainé un arrêt de pratique significatif (64.6% d’arrêts supérieur à 8 jours) et le type de structures endommagée (système capsulo ligamentaire et osseux, dont le traitement nécessite souvent une immobilisation avec tous les troubles qu’elle peut engendrer), on constate que 67.7% des riders n’ont pas bénéficié de prise en charge rééducative. On constate aussi que seulement 64.7% des personnes ayant fait de la rééducation ont bénéficié de soins orientés vers la reprise de leur pratique. Il aurait été pertinent de demander aux rider si ils étaient demandeur de kiné et si ils savaient ce que la kiné pouvait leur apporter. L’étude montre que 50.4% des riders n’ont pas modifié leur comportement après s’être blessé, et seulement 32.3% déclarent avoir porté des protections après cette blessure. Ces chiffres sont illustrés par des commentaires comme « no pain no gain » ou « ça fait partie du jeu » qui montre que les blessures font partie du « quotidien » des riders. On peut alors se poser la question de savoir si la banalisation des blessures ne portent pas préjudice à leur prise en charge ? c. Analyses comparatives Afin d’utiliser au mieux les résultats de cette études, il a été décidé de croiser certaines données. Les résultats discutés ici sont ceux qui ont paru les plus intéressants à étudier : - On constate que la population pratiquant le roller depuis 15 ans est celle qui compte le plus de blessure sur la saison 2012/2013. - Le croisement de résultat montre que la population âgée de 18 ans est celle qui comptabilise le plus de blessure sur la saison 2012/2013. 17 - - - - - 52.94% des riders qui se sont blessés, portent parfois des protections, et 29.41% en portent toujours. Ce qui rapporté à notre échantillon total, donne que 52.3% des blessés sont des gens qui se protègent (plus ou moins systématiquement). Ce chiffre peut donc amener la question de savoir si les protections sont vraiment efficaces ou non ? La comparaison entre le nombre d’années de pratique des riders et le port des protections, montre que la population qui se protège le plus est celle qui pratique depuis 5 ans, et celle qui se protège le moins est celle qui pratique depuis 12 ans. La comparaison entre l’âge des pratiquants et le port des protections, met en évidence que 21 et 26 ans sont les tranches d’âges où les riders se protègent le moins, alors que 20, 29 et 30 ans sont celles où ils se protègent le plus. Ces analyses semblent donc montrer que l’âge et le nombre d’années de pratique ne sont pas les seuls à influencer le port de protections, mais que le facteur « port de protection » est certainement aussi à lier au vécu traumatique du rider ainsi qu’à son expérience. (Cf. Annexe n°3, Tableau n°14) La mise en relation du sexe des riders et le port des protections montre que 100% des femmes se protègent (mais pas toujours systématiquement), cependant l’échantillon féminin est trop faible pour pouvoir faire des statistiques fiables. Chez les hommes, 76.3% d’entre eux portent des protections (49.6% « parfois » et 23.3% « toujours »). Dans l’ensemble, tous ces résultats tendent à montrer que les riders sont conscient de l’importance des protections, mais qu’ils ne les portent pas systématiquement. L’analyse du type de blessure avec le type de protection porté montre que sur l’ensemble des blessures répertoriées, 79.5% d’entre elles ont eu lieu sur une zone non protégée. La comparaison entre le nombre de blessures avec protection et sans protection, met en évidence que 77.2% des gens portant des protèges poignet ne se sont pas blessés aux poignets, 80% des gens portant des genouillères ne se sont pas blessés aux genoux, et 89.7% des riders portant des protèges tibias n’ont pas déclaré de blessure dans cette zone. En revanche, la seule personne déclarant porter des coudières s’est blessée au coude. L’échantillon de riders portant des coudières n’est pas suffisant pour que l’analyse soit significative. Ces résultats semblent donc montrer qu’en effet les protections jouent un rôle important dans l’apparition des blessures ; leur rôle a d’ailleurs été montré dans d’autres disciplines, comme chez les snowboarders par exemple. (10) (11) E. Conclusion de l’étude Les recherches bibliographiques avaient mise en évidence un manque de littérature scientifique sur la traumatologie du roller agressif. La particularité de cette discipline, le renouveau de l’engouement des jeunes et le vécu personnel ont motivé l’étude de cette discipline, dans le but d’apporter des réponses : aux riders, aux acteurs médicaux et aux acteurs paramédicaux amenés à prendre en charge des patients pratiquants cette discipline. 18 Les résultats de cette étude ont permis de dresser un premier état des lieux : on retiendra une incidence de blessure élevée, les zones du complexe poignet/main/doigts et du genou sont majoritairement touchées, avec des atteintes prédominantes du système capsulo ligamentaire. On retiendra aussi le comportement des riders dans leur pratique, ainsi que leur manque de formation et d’information vis-à-vis de leurs blessures et de leur encadrement médical et paramédical. Au vu de l’ensemble des éléments mis en évidence par l’étude, il semble pertinent d’envisager la mise en place de prévention et d’éducation auprès des riders, quelle que soit leur âge et leur expérience. III. Quels apports masso-kinésithérapiques pour la discipline ? A. Etude du décret de compétence masso-kinésithérapique. (12) Au vu des résultats de l’analyse des réponses aux questionnaires, il semble intéressant de créer un parallèle entre le décret de compétence masso-kinésithérapique et ces résultats afin de mettre en évidence ce qu’un masseur kinésithérapeute pourrait apporter aux riders aussi bien en matière de soins que de prévention. En effet, l’analyse des réponses, notamment en ce qui concerne la prévention, semble ouvrir de nombreuses portes à l’action d’un masseur kinésithérapeute auprès des riders : - Suite à une blessure, 67.7% des riders n’ont pas bénéficié de prise en charge massokinésithérapique. Or, même si toutes les blessures ne nécessitent pas forcément de prise en charge masso-kinésithérapique, l’article 1 du Décret n°96-879 du 8 octobre 1996 relatif aux actes professionnels et à l'exercice de la profession de masseur-kinésithérapeute consolidée au 08 août 2004, autorise le masseur-kinésithérapeute à réaliser des actes « de façon manuelle ou instrumentale, notamment à des fins de rééducation, qui ont pour but de prévenir l'altération des capacités fonctionnelles, de concourir à leur maintien et, lorsqu'elles sont altérées, de les rétablir ou d'y suppléer. » Cette notion de maintien des capacités fonctionnelles est d’autant plus importante que l’étude a montré que seulement 50.4% des riders blessés respectaient les délais de cicatrisation et de reprise d’activité prescris par les médecins. - L’étude montre aussi que 56% des riders ne font pas de préparation physique générale, et que 89% d’entre eux ne font pas de préparation physique spécifique. 19 Or le masseur kinésithérapeute serait un intervenant de choix dans l’organisation d’une préparation physique générale ou spécifique. En effet, l’article n°1 stipule que « La masso-kinésithérapie consiste en des actes [...] qui ont pour but de prévenir l'altération des capacités fonctionnelles ». De plus, d’après l’article n°4 définit la gymnastique médicale comme « On entend par gymnastique médicale « la réalisation et la surveillance des actes à visée de rééducation neuromusculaire, corrective ou compensatrice, effectués dans un but thérapeutique ou préventif afin d'éviter la survenue ou l'aggravation d'une affection. » Et enfin l’article n°13 précise que « le masseur-kinésithérapeute participe à différentes actions d'éducation, de prévention, de dépistage, de formation et d'encadrement [...] : e) La pratique de la gymnastique hygiénique, d'entretien ou préventive. » - En ce qui concerne le suivi médical, une fois de plus, on constate que très peu de riders ont un suivi médical régulier : seulement 14%. Or, le décret de compétence montre que le masseur-kinésithérapeute est un élément clé dans le suivi du sportif. Article n°11 « En milieu sportif, le masseur-kinésithérapeute est habilité à participer à l'établissement des bilans d'aptitude aux activités physiques et sportives et au suivi de l'entraînement et des compétitions. » Article n°13 « le masseur-kinésithérapeute participe à différentes actions d'éducation, de prévention, de dépistage, de formation et d'encadrement » - De plus, l’article n°7 autorise le masseur kinésithérapeute « habilité à utiliser les techniques et à réaliser les actes suivants : […] Réalisation et application de contentions souples, adhésives ou non […] » Cet article nous autorise donc à mettre en place des contentions (de type straps) afin de compléter la fonction des protections portées par le rider, et de rassurer celui-ci. - Enfin, l’étude montre que 62% des riders ne s’échauffent pas, que seulement 50.4% d’entre eux respectent les délais de consolidation, et que 50.4% ne changent rien dans leur pratique après une blessure. L’article n°13 cité ci-dessus montre encore une fois l’apport substantiel qu’apporterait un suivi masso-kinésithérapique dans cette discipline notamment en matière de prévention et d’éducation : physiologie des traumatismes, évaluation de la douleur, premier gestes de secours… 20 B. Rappel des délais de consolidation L’étude a montré que seulement 50,4% des riders avaient respecté les délais de cicatrisation prescrit par les médecins. Or le non-respect de ces délais peut avoir des conséquences importantes sur la cicatrisation même des lésions, et l’apparition d’éventuelles complications. Complications qui risqueraient à leur tour d’obliger le rider à s’arrêter pendant un temps cette fois plus long que lors de la blessure initiale. Etant donné le rôle que le décret de compétence donne au masseur kinésithérapeute en matière de prévention et d’éducation notamment auprès du sportif, il semble pertinent de faire ici des rappels sur les différents délais de cicatrisation des structures communément touchées dans la pratique du roller agressif. L’étude a montré que le système capsulo-ligamentaire est le plus couramment touché, devant le système osseux, le système musculaire et la peau. Nous ferons donc des rappels sur les délais de cicatrisation et consolidation : des ligaments, des os, des muscles et de la peau. 1. Peau Cette étude a montré que la peau était lésée dans 15.8% des blessures recensées. La peau a de nombreuses fonctions qui peuvent être altérées lorsque celle-ci est endommagée. Ses principales fonctions sont des fonctions de protection, thermorégulation, régulation hydrique et thermique, sensorielle et sociale. La cicatrisation d’une plaie ou d’une suture chirurgicale se fait plutôt rapidement : entre 8 et 10 jours. Ce délai variera en fonction de la profondeur et de la localisation de la lésion (ex : 3 jours pour les paupières, 3 semaines pour la plante des pieds). Les soins cutanés ne doivent donc pas être négligés, car une plaie mal soignée est une voie d’entrée infectieuse, et l’infection étant un obstacle à la cicatrisation, une plaie mal soignée laissera des séquelles, aussi bien esthétiques que fonctionnelles (adhérence, fragilité…) (13) 2. Muscle L’étude a montré que 22,0% des blessures touchaientt le système musculo-tendineux. Il existe différents mécanismes lésionnels de la fibre musculaire : les mécanismes extrinsèques (chocs directs sur le corps musculaire qui entrainent la lésion) et les mécanismes intrinsèques (lésion de la fibre spontanée lors d’une sollicitation du muscle avec ou sans résistance.) Classiquement, les lésions musculaires sont décrites selon 5 stades en fonction de l’importance des atteintes musculaires. Dans la pratique, c’est l’examen clinique qui va permettre de classifier la lésion. Cependant, dans certaines situations, une échographie et/ou une IRM est nécessaire pour affiner le diagnostic. On peu donc définir une lésion musculaire en fonction de l’examen clinique et/ou en fonction de l’examen radiologique (Tableau n°17). (14) (15) (16) 21 Atteinte musculaire (stade selon Rodineau et Durey ) Mécanisme lésionnel Atteintes physiologiques Signe cliniques douleur Délai de cicatrisation Petite perte de force, douleur à étirement, palpation, contraction Installation progressive de Douleur diffuse après 48h pendant 2 à 7 jours Quelques jours Courbature/ DOMS (stade 0) Activité musculaire intense inhabituelle Atteinte réversible (micro lésions) touchant quelques fibres musculaires Elongation (stade 1) Traumatique (contusion) ou Dépassement des limites physiologiques de l’élasticité musculaire (étirement ou contraction contrariée) Atteinte irréversible instantanément d’un petit nombre de fibres musculaires, avec mort des cellules, sans lésion du tissu conjonctif de soutien Douleur plus importante, contractures sévères associées, perte de force marquée Gêne fonctionnelle, puis restitution en quelques jours (4 jours minimum) 4-7 jours ’’ Atteinte irréversible de quelques fibres musculaires. Pas de rupture, mais atteinte modérée du tissu conjonctif de soutien Douleur vive au geste sportif, perte de force marquée, contractures Douleur et gène fonctionnelle importante pendant 10 à 15 jours 10 à 15 jours (reprise sportive fondée sur signes cliniques) Atteinte irréversible de nombreuses fibres musculaires avec atteinte majeure du tissu conjonctif de soutien Douleur aigue pendant le geste sportif, arrêt immédiat, hématome intra musculaire, impotence fonctionnelle marquée, présence d’une encoche à la palpation, contractures Douleur et gêne fonctionnelle importante pendant 4 à 6 semaines Entre 3 et 6 semaines (cicatrisation toujours imparfaite) rupture partielle ou totale d’un muscle, avec atteinte massive du tissu conjonctif de soutien Douleur aiguë, syncopale. Impotence fonctionnelle totale, hématome volumineux et diffus, déformation du galbe musculaire Douleur et impotence fonctionnelle pendant 6 - 8 semaines et plus Indication chirurgicale, consolidation en 6 à 8 semaines, cicatrisation souvent douloureuse et de mauvaise qualité. Diminution des performances Claquage (stade 2) Déchirure musculaire (stade 3) Rupture/ désinsertion (stade 4) ‘’ ‘’ Tableau n°17 : Classification des lésions musculaires Des douleurs musculaires peuvent aussi apparaitre sans qu’il y ait de lésion de la fibre musculaire ou du tissu conjonctif : - Contractures (16): Elles peuvent être due à une mauvaise ou une sur utilisation musculaire, ou encore apparaitre lors de lésions musculaires (mais ne constituent pas en elles-mêmes une lésion à proprement parlé). C’est une contraction involontaire et inconsciente, non résolutive spontanément, qui provient de la contraction exagérée d'une partie du muscle. 22 heures- La douleur peu apparaitre pendant l’exercice et se prolonger ensuite pendant la phase de repos. On retrouve à l’examen palpatoire une zone indurée d’un muscle en forme de boule ou de corde et douloureuse à la palpation, l’étirement et la contraction. Elle peut se prolonger jusqu’à 5-10 jours. Son traitement repose sur la physiothérapie, le massage, et peut-être complété par l’utilisation de myorelaxants. - Crampe (16) : C’est une contraction intense et involontaire du muscle qui survient subitement et s’accompagne d’une douleur importante ; elle est spontanément résolutive en quelques minutes, mais peut laisser des contractures et des douleurs résiduelles dans les jours suivants. Elle peut être due à plusieurs facteurs différents comme la fatigue musculaire, déshydratation, abus d’alcool, de thé ou de café. Son traitement repose sur un étirement doux et prolongé, et peut être relayé par un massage et l’application de chaleur. La prévention des crampes passe par l’hydratation et l’apport en sels minéraux pour rééquilibrer le système osmotique, et il est conseillé de pratiquer quelques étirements. Une immobilisation prolongée tout comme une mobilisation trop précoce auront un effet néfaste sur la cicatrisation musculaire. La encore, le masseur-kinésithérapeute aura toute sa place en tant que soignant, conseiller et éducateur auprès du rider blessé. Les complications sont rares mais il faut citer : les ossifications intra musculaires, la fibrose cicatricielle, la chronicisation, retard de cicatrisation. En cas de non-respect des délais de cicatrisation, une reprise de l’activité sportive trop précoce risque d’aggraver les lésions : faire passer la déchirure à un stade plus grave, et donc d’augmenter la durée de cicatrisation et le risque de séquelles. 3. Ligaments L’étude a montré que 38.6% des blessures touchaient le système capsulo-ligamentaire. Les ligaments sont des structures conjonctives de soutien, qui assurent la stabilité passive des articulations. Leur organisation et leur composition leur confèrent en plus de leur solidité, des propriétés viscoélastiques qui autorisent un certain allongement puis un retour à la position initiale. Ces propriétés permettent ainsi une bonne mobilité articulaire, tout en assurant une stabilisation de l’articulation. Classiquement, les ligaments sont lésés quand l’articulation est soumise à des contraintes trop importantes entrainant les segments dans des amplitudes non physiologiques (entorse). Pour les ligaments, on utilise différentes classifications pour coter la sévérité des lésions en fonction des articulations touchées (ex : classification de Trévino pour la cheville (17), classification de Rockwood pour l’acromio-claviculaire (18), etc.) La cicatrisation ligamentaire est un processus naturel, et dont la durée dépendra de la gravité des lésions. Ce processus peut être amélioré et accéléré grâce à différentes techniques, notamment la chirurgie reconstructrice, et la mobilisation précoce des tissus en voie de cicatrisation (le rôle du masseur kinésithérapeute est essentiel ici). 23 Cependant, ce tissu cicatriciel ligamentaire restera pendant longtemps moins résistant qu’un ligament non traumatisé. Et là encore, un programme de rééducation bien mené axé sur la proprioception et le renforcement musculaire, sera un gage supplémentaire de protection de l’articulation lésée. Dans le cas des lésions ligamentaires, le non-respect des délais de cicatrisation peut entrainer une cicatrisation du/des ligaments en position longue. Ce qui aura pour conséquences : l’apparition d’une instabilité chronique due à une laxité articulaire et pouvant provoquer des entorses à répétition, un vieillissement prématuré du cartilage hyalin provoquant l’apparition de douleurs chroniques, et pouvant favoriser l’apparition d’une arthrose précoce. Une reprise trop rapide de l’activité peut aussi conduire à une aggravation de la lésion, pouvant faire passer une entorse de stade bénin à un stade grave par majoration des lésions. 4. Os Cette étude a montré que le système était touché dans 30.7% des blessures. La consolidation osseuse est un processus très complexe permettant à terme la réparation du tissu osseux après lésion de celui-ci (fracture, ostéotomie, greffe, etc.). (19) On distingue plusieurs types de fractures : simple, comminutive, fermée, ouverte, de fatigue (micro traumatismes), spontanée (ostéoporose). Les délais de cicatrisation seront plus ou moins longs suivant la gravité de la fracture (ouverte/fermée, simple/comminutive) et la structure osseuse endommagée (Ex : 45j pour une fracture de fibulla et 3 mois pour une fracture du scaphoïde) Comme pour les muscles et ligaments, un non-respect des délais de consolidation pourra entrainer des complications : déplacement secondaire, retard de consolidation, pseudarthrose, cal vicieux … (20) C. Effets des échauffements Il est communément reconnu par les sportifs, entraineur, etc. que l’échauffement est une phase importante de l’entrainement. Pourtant, dans la pratique quotidienne, cette partie de la séance est souvent négligée par les sportifs qui ont tendance à vouloir s’entrainer tout de suite, négligeant ainsi cette phase, moins ludique et plus rébarbative de leur entrainement. L’étude montre d’ailleurs que les riders sont particulièrement négligents vis à vis de leur échauffement puisque 62% des personnes ayant répondu déclarent ne pas s’échauffer au début de leur session. Cependant, plusieurs écrits (21) (22) ont montré que l’échauffement a de nombreux effets physiologiques et psychologiques influant sur la performance et le risque d’apparition de blessures. (Tableau n°18) 24 Le but de notre travail est de faire des rappels sur la prévention, pas de créer un programme de prévention a proprement parlé, nous n’aborderons donc pas les modalités de réalisation des échauffements ici. STRUCTURES PHYSIOLOGIQUES MODALITES EFFETS INTERETS Augmentation au niveau central et musculaire Diminution de résistance des ligaments, des muscles. Augmentation élasticité tendineuse Economie des ressources anaérobique = Augmentation des performances métaboliques Meilleure élasticité des tissus, diminution du risque de blessure Température Métabolisme aérobique/anaérobique Contractilité musculaire diminution ce rapport en faveur du métabolisme aérobique échauffement composé de contraction musculaire maximales ou sub maximal augmentation de la capacité de contraction maximale du muscle. Rupture des ponts Diminution de la raideur musculaire Augmentation : fréquence cardiaque, volume d’éjection systolique, pression artérielle, fréquence respiratoire, volume courant Adaptation cardio vasculaire à l’effort Ponts actine-myosine système cardio-vasculaire Psychologie (à démontrer) Retard de l’apparition des sensations de fatigue, crampes, etc. Mise en condition psychologique, meilleur recrutement corporel Meilleur réaction à l’étirement, augmentation force et puissance développée. Retard du retour à la raideur initiale Maintient des apports métaboliques nécessaires au bon fonctionnement du corps Meilleure concentration, meilleures performances Tableau n° 18 : Effets de l’échauffement En conclusion, l’échauffement est un moment important de la séance d’entrainement, et bien que le roller agressif se pratique de manière autodidacte, l’absence d’entraineur ne doit pas justifier la négligence de cette phase. Il est donc important que chaque rider fasse l’effort de s’échauffer au début de chaque session. L’idéal serait même que l’échauffement soit orienté en fonction des exigences de la pratique du roller agressif, et même en fonction du type de pratique (half-pipe, street, etc.) afin d’être le plus spécifique possible, et préparer au mieux l’organisme du rider. Là encore, le décret de compétence place le masseur-kinésithérapeute comme intervenant de choix dans la mise en place de programme d’échauffement notamment pour leurs effets préventifs. 25 D. Préparation physique Cette étude a mis en évidence que 56% des riders avaient répondu qu’ils ne faisaient pas de préparation physique générale, et 89% ne faisaient pas de préparation physique spécifique. Il a donc semblé pertinent de faire des rappels sur ce qu’est la préparation physique et sur les intérêts qu’elle présente. L’objectif de ce travail n’est pas de proposer un programme de préparation physique pour les riders, mais de faire des rappels sur celle-ci et l’utilité qu’elle pourrait présenter en matière de performance, et de prévention. Si l’on reprend les écrits de M. Pradet (23), la préparation physique est « avant tout un processus intégré et permanent, présent à tous les moments, à toutes les périodes de l’entrainement sportif ». C’est un processus qui vise à développer les qualités physiques du sportif ; elle a pour objectif d’optimiser le potentiel physique du sportif et l’utilisation qu’il est susceptible d’en tirer. Il définit 3 phases différentes dans la préparation physique : la préparation physique généralisée, la préparation physique auxiliaire et la préparation physique spécifique, qui se dérouleront respectivement lors de la période préparatoire, la période précompétitive, et la période compétitive. La préparation physique est donc un travail qui est fait au service de l’athlète, et qui doit prendre en compte le plus possible les particularités de la discipline pratiquée (physiologiques et psychologiques) afin de proposer des exercices les plus spécifiques possibles dans le but d’améliorer les performances. Le travail lors de la préparation physique sera organisé autour de différents axes : les actions d’intensité maximale, les qualités de puissance, les qualités d’endurance, et les qualités d’adresse. Ces différents axes de travail seront sous la dépendance de facteurs intrinsèques (caractéristiques génétiques, morphologie…) et extrinsèques à l’athlète (exigences techniques et physique de l’activité, planning d’entrainement et compétitif…). Le travail de préparation physique ne sera pas orienté de la même manière en fonction de l’âge et surtout du niveau d’expertise du sportif : classiquement, dans le cadre d’une pratique sportive visant l’expertise sur le long terme, la préparation physique généralisée s’adressera plus spécifiquement à des pratiquants jeunes ou peu expérimentés, pour lesquels l’amélioration de la qualité physique en général fait progresser l’ensemble des autres qualités (endurance, adresse, force etc.). Cependant, plus le niveau d’expertise du sportif augmente, moins l’augmentation des qualités physiques semble faire progresser les autres qualités. Ainsi la préparation physique deviendra de plus en plus spécifique et orientée pour combler les lacunes de l’athlète tout en faisant attention à entretenir les acquis. Dans le cadre du roller agressif, il n’existe pas de protocole d’entrainement prédéfini ni d’études sur les impératifs physiques de la discipline sur lesquels pourrait s’appuyer un programme de préparation physique. Cependant, l’étude a montré que ce sport était très 26 traumatisant, et il a été démontré que la préparation physique (axée sur le travail proprioceptif) pouvait avoir un rôle important à jouer dans la prévention des blessures (type entorse de cheville). (24) Cet aspect préventif serait donc pertinent à développer dans l’élaboration d’un programme de préparation physique pour le roller agressif. De plus, il existe de grandes disparités d’âge et de niveaux d’expertises dans la population de riders étudiée; et on a vu que dans un premier temps, l’amélioration des qualités physique grâce à une préparation physique généralisée permettait d’augmenter toutes les autres qualités (adresse, puissance etc.), et permettait d’harmoniser les qualités physiques du pratiquant. La préparation physique présente aussi bien évidement un intérêt très important dans le cadre de l’augmentation des performances physiques. (25) Ce travail ayant avant tout l’objectif de faire un état des lieux de la discipline et de mettre en place les bases d’une prévention, l’aspect préventif et harmonisateur des qualités physiques de la préparation physique nous semble le plus important à mettre en avant ici. En effet le roller agressif sollicite énormément le membre inférieur ; le rachis lui aussi est sollicité (impact lors des réceptions, gainage lors des rotations...) mais le membre supérieur n’est utilisé que dans la fonction d’équilibration. Or on sait que des déséquilibres musculaires trop importants peuvent porter préjudice à long terme (exemple du déséquilibre entre abdominaux et adducteurs dans la pubalgie (26)). La qualité harmonisatrice de la préparation physique généralisée nous semble donc pertinente à mettre en avant. Pour les pratiquants experts nous leur recommanderions cependant de se rapprocher d’un préparateur physique afin de réfléchir au besoin inhérent à leur pratique du roller agressif, et de discuter de leurs lacunes physiques afin de mettre en place un programme de préparation physique qui leur serait le plus spécifique possible, et donc le plus efficace. E. Apports hydriques Cette étude a montré que 86% des riders faisaient attention à leur hydratation lors de leur pratique. Cependant, il nous parait tout de même important de faire ici des rappels sur les modalités d’une hydratation. L’eau est le premier constituant de l’organisme, elle représente 60% du poids du corps (27), et est indispensable au bon fonctionnement cellulaire et cardiovasculaire, à la régulation thermique corporelle et à l’élimination rénale. Lors de l’activité physique, les pertes d’eau du sportif se font par voie respiratoire et par voie cutanée essentiellement. La sensation de soif signe une déshydratation supérieure à 1% du poids du corps ; il faut donc boire avant l’apparition de la sensation de soif. La déshydratation a de nombreux effets sur l’ensemble du corps : - Diminution de la performance physique - Diminution des capacités d’endurance aérobique et anaérobique (28) - Diminution de la force musculaire - Apparition de douleurs musculaire et tendineuse ; apparition de crampes 27 - Augmentation du temps de réaction et du nombre d’erreurs (29) Augmentation de la sensation de fatigue (30) Au-delà de 4% de déshydratation, le sportif s’expose à une surcharge du système cardio vasculaire (augmentation fréquence cardiaque), une incapacité du corps à gérer sa température et s’expose donc aux coups de chaleur. Ainsi, il est recommandé de s’hydrater régulièrement avant, pendant, mais aussi après l’effort. Pendant l’effort, il est conseillé de s’hydrater régulièrement par petite quantité entre 300 et 600ml par heure d’entrainement. Les pertes hydriques (par la sueur notamment) sont associées à des pertes de sels minéraux (sodium, potatium….), qui jouent aussi un rôle essentiel dans le bon fonctionnement de l’organisme et donc dans la performance. Il est donc conseillé de compenser ces pertes durant l’effort par la consommation de boisson d’effort (eau, glucides, sodium…) (à ne pas confondre avec les boissons énergisantes !!). L’hydratation doit se poursuivre après l’effort afin de compenser les pertes hydrique et salée, mais aussi afin de favoriser une bonne récupération et l’élimination des toxines par le système rénale. Ces rappels ont paru importants à faire dans ce travail au vu des résultats de l’étude ; car ils constituent les bases d’un savoir scientifique nécessaire à la mise en place de prévention dans ce sport. Le rôle d’éducateur du masseur-kinésithérapeute parait donc essentiel pour informer correctement les riders sur leurs blessures, sur les enjeux d’une bonne cicatrisation et les orienter dans leurs entrainements. IV. Discussion A l’origine, ce travail devait consister en une simple étude épidémiologique de la traumatologie du roller agressif, complétée de questions concernant le comportement des riders dans leur pratique et leur prise en charge masso-kinésithérapique suite à leurs éventuelles blessures. Cependant, en étudiant les résultats, l’analyse des réponses aux questionnaires à montré que les riders possédaient peu de connaissances scientifiques concernant leurs propres blessures, et qu’ils faisaient beaucoup de confusions (ex : « claquage du ligament croisé antérieur »). Il nous est apparu ensuite que peu d’entre eux avaient eu à faire à un masseur-kinésithérapeute suite à leur blessure. A la suite de ce constat, il a été décidé de mettre en relation le décret de compétence massokinésithérapique avec les différents items de notre questionnaire afin de savoir ce que pourrait apporter la profession de masseur-kinésithérapeute à ce sport et à ses pratiquants. Nous en sommes donc arrivés à la conclusion que le « Kiné » était un intervenant de choix pour la mise en place de prévention dans ce sport. 28 La méthodologie, la population et les résultats de cette étude ayant déjà été discutés dans la discussion de l’étude, nous discuterons ici de la deuxième et de la troisième partie de ce travail. Avec le recul, il est apparu qu’il aurait été plus pertinent d’utiliser le décret de compétence au moment de l’élaboration du questionnaire : toujours en s’inspirant de ceux de Flørenes et al. (8), il aurait été intéressant d’utiliser le décret de compétences dès le début afin d’élaborer un questionnaire plus spécifique aux différents domaines de compétence « Kiné » applicables dans le roller agressif. Au fur et à mesure de notre cheminement, ce travail qui devait s’adresser à l’origine aux masseur-kinésithérapeutes susceptibles de prendre en charge des riders, s’est progressivement orienté vers les riders eux-mêmes, afin de leur apporter des réponses en matière de prévention et leur fournir un bagage scientifique. Ainsi dans la troisième partie de ce travail, nous avons commencé à « vulgariser » des connaissances scientifiques afin d’apporter les premières pièces d’un projet de prévention dans ce sport. La prévention est un domaine extrêmement large, malheureusement, le cahier des charges de ce travail n’a pas permis l’exploration de tous les aspects préventifs souhaités. Nous nous sommes donc limités à l’aspect éducatif et à des rappels généraux concernant les délais de cicatrisation, les effets de l’échauffement, ce qu’était la préparation physique et ce qu’elle pouvait apporter ainsi que sur l’importance de l’hydratation. Le but étant d’apporter un bagage scientifique aux riders qui seraient amenés à lire ce travail. Ce travail étant le premier pas d’un projet de prévention, nous espérons poursuivre notre démarche par la suite, en nous appuyant sur les données récoltées ici. Lors de ce travail de recherche, nous avons été amenés à travailler avec des membres de la fédération française de roller, et des membres actifs d’associations encadrant le roller agressif. Nous espérons donc à terme pouvoir collaborer à nouveau avec eux, afin d’élaborer des programmes de prévention spécifique au roller agressif et répondre aux questions des riders (programmes d’échauffement, programme de préparation physique, suivis masso-kinésithérapique, etc.). V. Conclusion Cette étude a permis de dresser un premier état des lieux de la traumatologie dans le milieu du roller agressif ainsi que d’étudier le comportement des riders et d’évaluer leur prise en charge masso kinésithérapique à la suite d’une blessure. Ce travail a aussi eu pour objectif d’apporter des réponses aux riders eux même pour leur pratique quotidienne, et d’initier une démarche préventive avec un travail écrit. Grâce à la mise en relation des résultats de l’étude et du décret de compétence massokinésithérapique nous avons été en mesure d’étudier les apports que pourrait offrir la masso kinésithérapie à cette discipline. 29 Différents lignes d’actions ont pu ainsi être dégagées, notamment en matière de prévention. Cependant, seulement une partie de cette prévention a été abordée dans ce travail : l’importance du respect des délais de cicatrisation, les effets de l’échauffement et les intérêts de la préparation physique. Le champ d’action masso-kinésithérapique est large, et de nombreux axes supplémentaires pourraient être développés. Cette étude ne constitue que le premier pas d’une démarche ayant pour but d’étudier et de mettre en avant un sport méconnu tout en réfléchissant aux différentes modalités d’actions kinésithérapiques qui pourraient avoir lieu dans ce milieu où l’encadrement médical et paramédicale est dérisoire. Le roller agressif est actuellement dans une nouvelle période de croissance, et afin de mettre en place un réel suivi épidémiologique de la traumatologie, il serait pertinent de rééditer le questionnaire avec les modifications qui ont été proposées dans la première discussion afin d’évaluer tous les ans l’évolution de la population, et l’évolution de la traumatologie. Il serait aussi intéressant d’étudier les différents axes de réflexion qui se sont dégagés de notre recherche afin de répondre au mieux aux besoins de ce sport, particulièrement en matière de prévention. Ainsi, les pistes suivantes permettraient d’approfondir le travail initié ici sur la pratique du roller agressif : - - Approfondir les connaissances des blessures propres à cette discipline et les mécanismes lésionnels. Mener une réflexion avec les équipementiers, notamment en ce qui concerne la confection de protections spécifiques au roller agressif. Discuter avec les autorités et la fédération française de roller sur l’intérêt de développer l’encadrement à la fois administratif et médical de cette discipline. Encourager les clubs et associations de riders à faire appel à des masseurkinésithérapeutes dans un but pédagogique et préventif : former les riders sur les intérêts du port de protection, la préparation physique, le respect des délais de cicatrisation, de l’échauffement, et du suivi médical et masso kinésithérapique. Mettre en place des protocoles d’échauffements, et de préparation physique accessibles à tous et répondant aux exigences et contraintes spécifiques de cette discipline. En tant que pratiquant de cette discipline et futur masseur-kinésithérapeute, ce travail m’a permis de mettre en relation deux de mes passions. Le peu de bibliographie concernant ce sport et d’encadrement médical et paramédical m’a aussi donné envie de m’investir dans la prévention, et de devenir acteur dans celle-ci, et non plus simple pratiquant. Ce travail m’a aussi obligé à réfléchir à ma manière d’adapter mon discours professionnel en fonction de mes interlocuteurs. Enfin, il m’a permis de prendre du recul sur mon propre comportement de rider. L’hypothèse de départ de ce travail qui était : « le masseur-kinésithérapeute à un rôle à jouer dans la prévention des blessures liées à la pratique du roller agressif. » à été validée. Nous espérons aussi avoir apporté quelques réponses sur la traumatologie de se sport et le comportement de ses pratiquants, ainsi qu’une base de savoir scientifique et des axes de réflexions pour la mise en place de prévention. 30 Bibliographies 1. Mackenna, A. Aggressive In-Line Skating. Capstone Press, 1999. 2. L'historique. Fédération Française de Roller Sports. [Online] 02 06, 2013. [Cited: 03 08, 2014.] http://ffroller.fr/roller-freestyle/commission-freestyle/l-historique.html. 3. About us. World Rolling Series. http://www.worldrollingseries.com/about/. [Online] [Cited: 03 08, 2014.] 4. Statistiques licences. Fédération Française de Roller Sports. [Online] [Cited: 03 08, 2014.] http://ffroller.fr/ffroller/la-federation/la-ffrs/statistiques-licence.html. 5. C.Thevenod, A. Lironi, C. Le Coutre. Epidemiologie des traumatismes a in-line skate : etat des connaissances. Revue d'épidémiologie et de santé publique. Paris : Masson, 2000. 48. pages 271-280. 6. E. Cassell, S. Sherker. In-line Skating Injury: A Review of the Literature. Monash University Accident Research Centre, 2002. 7. H. Pichon, K. Rang Pou, C. Chaussard, D. Saragaglia. Les accidents de roller Étude épidémiologique rétrospective. Paris : Masson, 2003. 8. T. W. Flørenes, L. Nordsletten, S. Heir, R. Bahr. Injuries among World Cup ski and snowboard athletes. Scand J Med Sci Sports , 2009. 9. T.W Flørenes, S. Heir, L. Nordsletten, R.Bahr. Injuries among world cup freestyle. Br J Sports Med, 2010. 10. KIEFFER, Marc. Evaluation des attelles de protection du poignet en snowboard. Doctorat médecine. Grenoble. 2010. 11. Linda M. McGrady, Peter Hoepfner, Craig C. Young, William G. Raasch, Tae-Hong Lim, Jung Soo Han. Biomechanical Effect of In-line Skating Wrist Guards on the Prevention of Wrist Fracture. KSME International Journal. 2001, Vol. 15, 7. 12. Alain Juppé, Jacques Barrot, Hervé Gaymard. Décret no 96-879 du 8 octobre 1996 relatif aux actes professionnels et à l'exercice de la profession de masseur-kinésithérapeute. Legifrance.gouv.fr. [Online] [Cited: 04 12, 2014.] http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000195448. 13. CRICKX Béatrice (Auteur des parties liminaires). Cicatrisation cutanée. Annales de Dermatologie et de Vénéréologie. novembre 2005. Vol. Volume 132, N°11-C2. Pages 64-65. 14. Jordan Cohen, Kévin Cantecorp. Traumatologie et rééducation, biomécanique, principes. Kinésithérapie la revue. 2011. 113. p15-20. 15. P.-L. Puig, P. Trouve, L. Savalli, E. Laboute. Traumatologie et rééducation, biomécanique, principes. Journal de traumatologie du sport. 2009. 26. p18-23. 16. J-C. Chassunot, R-G Danowski. traumatologie du sport. Elsevier Masson, 2012. 17. S.G Trevino, P. Davis, P.J Hecht. Management of acute and chronic lateral ligament injuries of the ankle. Orthopedic Clinics of North America. 1994. Vol. 25, pages 1-16. 18. CA Rockwood, GR Williams, DC Young. Acromioclavicular injuries. Fractures in Adults. 4th. s.l. : Lippincott-Raven, 1996. Vol. 1. pages 1341-1413. 19. P. Meyrueis, A. Cazenave, R. Zimmermann. Biomécanique de l'os. Application au traitement des fractures. Appareil locomoteur. Elsevier, 2003. 20. Couturier, C. La consolidation osseuse. Kinésithérapie scientifique. 2003, 438. 21. Bishop, David. Warm Up I - Potential Mechanisms and the Effects of Passive Warm Up. Sports Med. 2003. 33. p 439-454. 22. OE. Olsen, G. Myklebust, L. Engebretsen, I. Holme, R. Bahr. Analyse critique Des exercices d’échauffement préviennent des lésions aiguës du genou et de la cheville chez des jeunes joueurs de handball. Kinésithérapie la revue. janvier 2006, Vol. 6, 49, p10. 23. Pradet, M. La préparation physique. INSEP Diffusion, 1996. 24. A. Ben Moussa Zouita, O. Majdouba, H. Ferchichi, K. Grnady, C. Dziri, F.Z. Ben Sala. The effect of 8-weeks proprioceptive exercise program in postural sway and isokinetic strength of ankle sprains of Tunisian athletes. Annals of Physical and Rehabilitation Medicine. Elsevier, 2013. Vol. 56, 9-10. 634-643. 25. B. Jidovtseff, P. Frère, C. Theunissen. Apport de la musculation en sport collectif amateur : exemple du handball féminin. Science & Sports. Elsevier, October 2013. Vol. 28, 5. Pages 281–290. 26. M. Bouvard, A. Lippa, G. Reboul, C. Lutz. La pubalgie du sportif. Journal de Traumatologie du Sport. Elsevier, juin 2012. Vol. 29, 2. pages 105-128. 27. E.Jéquier, F. Constant. Pourquoi faut-il boire de l’eau ? Pour maintenir la balance hydrique. 44(4) :190-197. Cahiers de nutrition et diététique. 2009. Vol. 44. pages 190-197. 28. L.E Amstrong, D.L Costill, W.J. Fink. Influence of diuretic-induced dehydration on competitive running performance. Medicine & Science in Sports & Exercise. 1985. 29. al, Lieberman et. Hydration and Cognition, . 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Nous proposons ici quelques liens afin de montrer la diversité de pratique et d’illustrer de manière concrète ce qu’est le roller agressif : Cette vidéo de Cj Wellsmore, donne un excellent aperçu des différentes pratiques possibles : http://vimeo.com/52347587 - Le Street : Richie Eisler : https://www.youtube.com/watch?v=PJ_fFrdSKlg Brian Aragon: https://www.youtube.com/watch?v=-viSFdzAU8I - Skate Park : Julien Cudot : http://vimeo.com/69614016 - Bowl : Erik Bailey: http://vimeo.com/9725249 - Half pipe : 2012 European Championships : http://vimeo.com/49543089 - Mega ramp : Roman Abrate : https://www.youtube.com/watch?v=4o1PBEFkjWQ - Compétitions internationales : Gladiator Contest à Nantes : https://www.youtube.com/watch?v=sqcTLyQBRL8#t=130 Winterclash 2014 (Hollande): https://www.youtube.com/watch?v=mcXQpznPQu4 Communautés sur internet : www.rollernews.com www.be-mag.com Quelques magazines : www.believeinone.com www.be-mag.com Sites de quelques marques : www.usd-skate.com www.remz.com www.razorskate.com www.valo-brand.com www.rollerblade.com Quelques magasins français : www.nomadeshop.com www.hawaiisurf.com www.pierrequiroule.fr Annexe n°2 Annexe n°3 Le tableau récapitulatif de toutes les données est trop volumineux pour être imprimé et intégré dans ce document. Les données brutes sous forment de tableau Excel sont disponibles sur simple demande : [email protected] Tableau n°3 : Type de pratique Tableau n°4 : Phase de survenue de la blessure : Tableau n°7 : Sévérité des blessures Vous êtesvous blessé lors de la saison 2012/2013 ? Nombre d’années de pratique Non Oui Total général 1 2 3 4 Total 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 23 général 1 5 2 3 8 4 3 3 3 4 2 1 7 6 3 1 3 1 9 1 5 5 4 4 4 2 3 4 10 3 2 4 3 3 1 1 1 1 1 1 6 10 7 3 10 9 7 3 4 10 6 9 8 6 13 5 7 4 2 2 1 1 48 85 1 133 Tableau n°10 : Croisement des résultats sur le nombre d’années de pratique et la survenue des blessures Vous êtes vous blessé lors de la saison 2012/2013 ? Total 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 36 39 général Age Non Oui 1 Total général 1 1 1 4 4 2 3 2 2 1 2 6 3 3 1 6 1 1 2 1 3 9 1 5 5 4 7 6 8 6 4 4 6 5 2 2 2 2 4 13 5 7 8 6 9 7 10 12 7 7 7 11 3 3 3 3 2 1 2 1 3 2 1 Tableau n° 11 : Croisement des résultats entre l’âge et la survenue de blessures Vous êtes vous blessé lors de la saison 2012/2013 ? Portez vous des protections ? Non Oui Total général Jamais 15 15 Parfois 21 45 Toujours 12 25 Total général 48 85 30 66 37 133 48 Tableau n° 12 : Croisement des résultats entre le port de protection et la survenue de blessure 85 133 Portez vous des protections ? Nombre d’année de pratique Jamais Parfois Toujours Total général 1 2 2 2 3 4 1 2 6 2 3 Total 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 23 général 2 2 1 1 1 4 2 2 3 1 3 1 1 1 30 3 5 2 1 2 7 5 5 4 4 7 1 2 2 1 2 66 2 3 3 5 4 3 1 1 2 1 6 10 7 3 10 9 7 3 4 10 6 9 2 3 3 2 1 1 8 6 13 5 7 4 2 37 2 1 1 133 Tableau n° 13 : Croisement des résultats entre le port de protection et le nombre d’année de pratique Portez vous des protections ? Age Total 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 36 39 général Jamais Parfois Toujours Total général 1 1 1 1 1 1 1 1 2 3 8 2 1 3 1 1 3 3 4 2 2 2 2 4 13 5 7 8 4 2 2 5 2 3 5 2 6 1 4 7 1 1 4 2 2 5 6 9 7 10 12 7 7 1 3 3 2 6 3 1 2 1 2 7 11 3 3 2 1 1 2 1 1 1 30 66 37 3 3 2 1 133 Tableau n°14 : Croisement des résultats entre le port de protection et l’âge des riders Sexe Portez vous des Total protections ? Jamais Parfois Toujours général Femme 0,0% 50,0% 50,0% 100,0% Homme 23,3% 49,6% 27,1% 100,0% Total général 22,6% 49,6% 27,8% 100,0% Tableau n° 15 : Sexe et port de protections