Tunisie: Politiques pour les entreprises
Transcription
Tunisie: Politiques pour les entreprises
Politiques pour les entreprises dans la Région Méditerraneénne Tunisie 1 C.A.I.MED. Centre for Administrative Innovation in the Euro-Mediterranean Region c/o Formez - Centro Formazione Studi Viale Campi Flegrei, 34 80072 Arco Felice (NA) Italy Tel +39 081 525 0211 Fax +39 081 525 0312 e-mail [email protected] [email protected] The views expressed do not imply the expression of any opinion whatsoever on the part of the United Nations and of Italian Department for Public Administration, Formez and the Campania Ragion Administration 1 1. LA REFORME Depuis 1987, la réforme administrative en Tunisie a concerné pratiquement tous les domaines et, en particulier, le cadre réglementaire, la fiscalité, les prix, le commerce extérieur, l'investissement, le système d'incitations, le système bancaire et financier, ont permis de changer le paysage économique du pays et de réaliser des acquis importants tant au plan quantitatif que qualitatif. Au plan économique, les reformes ont touché plusieurs domaines: libéralisation de l’investissement, des prix et des échanges extérieurs, reforme fiscale, modernisation du secteur bancaire, reforme du marché financier et restructuration des entreprises publiques, autant d’actions qui ont permis de renforcer les mécanismes de marché, de promouvoir l’initiative privée et de consolider la compétitivité de l’économie et son intégration dans l’économie mondiale. Depuis les années ‘90, la Tunisie a poursuivi avec succès son processus de positionnement sur les marchés extérieurs tout en renforçant son intégration dans l’économie mondiale. Elle a pu le faire grâce à des orientations judicieuses de politique économique et financière, notamment en matière monétaire, budgétaire, de change et de libéralisation des mécanismes de marché qui ont contribué à la stabilisation du cadre macroéconomique comme témoigne le Fonds Monétaire International1 . La Tunisie a pensé de diversifier davantage l’économie, exploiter les potentiels de compétitivité dans le secteur concurrentiels et d’exportations notamment dans les industries manufacturières et les services, pour devenir un pole régional pour l’implantation d’activités à haute valeur ajoutée. Pour faire ça on a pensé à l’intensification des investissement, l’accroissement du rendement des facteurs de production et le renforcement de la contribution du secteur privé à l’effort d’investissement et ce, à travers la poursuite des opérations de mise à niveau et leur extension aux secteurs traditionnels, tout en procédant à la modernisation des modes de gestion et d’organisation du travail et de la production, d’une part, et en ouvrant pour l’accès à de nouveaux créneaux porteurs à haute valeur ajoutée, d’autre part. 1.1 LA SITUATION ECONOMIQUE DE LA TUNISIE L’économie tunisienne s’est construite autour du grand dessein de la solidarité nationale. Cette solidarité s’exprime par une lutte implacable et clairvoyante contre l’exclusion et apporte un soutien intelligent et approprié aux initiatives économiques privées quelle que soit leur envergure. C’est ainsi que l’on a vu se créer des fonds publics spéciaux et des organismes privés, destinés à promouvoir et à assister financièrement ces initiatives. 1 Fonds Monétaire International, source:http://www.imf.org/external/country/tun/index.htm 1 L'économie tunisienne est très diversifiée: l’industrie manufacturière représente 21,4% du PIB et emploie 20,5% de la main d'oeuvre, alors que l’agriculture et la pêche contribuent à 11,9% du PIB (22% de la main d'oeuvre) et le tourisme à 6,6% du PIB. Le pays compte plus de 10.000 entreprises industrielles. Les domaines les plus représentés sont le textile, l’industrie agro-alimentaire, la mécanique, l’électronique et la chimie. Le secteur des technologies de l’information et de la communication est en plein essor depuis 1997 et ce grâce au triplement des investissements dans ce secteur et à la création du Parc Technologique des Télécommunications qui offre un environnement propice aux activités de services à haute valeur ajoutée et particulièrement le développement des logiciels. Grâce à cette diversification, aux nombreuses réformes dans tous les domaines et aux efforts de modernisation de l'infrastructure, la croissance du PIB a été en moyenne de 5% depuis 1987 et 5,5% en 2003. Les fondamentaux de l'économie sont caractérisés par un taux d'inflation de 2,5% et un déficit budgétaire de l'ordre de 2,3% en 2003. Cet environnement macro-économique favorable a permis à la Tunisie d'attirer de plus en plus d'investissements directs étrangers dans divers secteurs tels que le textile, les industries mécaniques, électriques et électroniques et les services. 200 entreprises nouvelles s'installent chaque année en Tunisie. Aujourd'hui, plus de 2600 entreprises étrangères ou mixtes opèrent en Tunisie et emploient près de 232.000 personnes et 85% de ces entreprises sont totalement exportatrices2 . De grands groupes de renommée internationale sont établis en Tunisie, parmi eux on cite Unilever, Sara Lee, Courtaulds, ST Microelectronics, Valeo, BG Group, Nestlé, Pirelli, Six Continents, Preussag, Coats, Delphi, Lear Corporation, Téléperformance, Benetton, Caterpillar, Aventis, etc.. La Tunisie est un site attractif pour les investissements étrangers. La stabilité politique et sociale y joue un rôle incontournable. Les entreprises disposent d’une main -d’œuvre qualifiée et bénéficient d’une législation favorable à l’investissement privé: avantages fiscaux, prise en charge des frais d’infrastructures et des cotisations patronales. La présence de guichets uniques à Tunis, Sousse et Sfax et de plusieurs institutions d'appui simplifie les procédures administratives. La simplification continue des procédures représente un des avantages majeurs de la Tunisie. Le 28 avril 2004 un Conseil ministériel présidé par le Chef de l'Etat, a pris trois principales mesures avantgardistes: la première consiste en la suppression des autorisations auxquelles sont soumises certaines activités commerciales et de loisirs, et leur Source: l’Economiste Magrébin, bimensuel d'informations économiques, politiques et sociales, N°369 Quinzaine du 30/06/ 2004 au 14/ 07/ 2004. 2 2 remplacement par des cahiers de charges et la seconde en la poursuite de la simplification des procédures administratives relatives au commerce extérieur et la réduction des délais d'enlèvement des marchandises en fixant à une période de 15 jours le dernier délai pour vérifier en cas de nécessité la conformité de ces marchandises aux normes exigées. Les marchandises doivent être automatiquement enlevées à l'expiration de ce délai. La troisième consiste en la réduction de la durée de l'étude d'impact environnemental préalable à l'agrément des nouveaux projets d'investissement dans les divers secteurs, cette période ne doit pas toutefois dépasser 15 jours au terme desquels l'agrément sera considéré comme implicite. L’investissement étranger amène la croissance substantielle des exportations. Pendant l’année 2003, l’investissement étranger a contribué à la création de 12.800 emplois sur un total de 65.000, c’est-à-dire 19% des emplois créés. Un sur cinq nouveaux emplois est créé par les IDE (Investissements Directs Etrangers). Et encore, avec les IDE, il y a le transfert de « know how », de connaissance, des nouvelles technologies. 2. LE DEVELOPPEMENT INDUSTRIEL EN TUNISIE: LA PME La stratégie tunisienne de développement industriel, a été et reste toujours basée sur la promotion et le développement de la PME. Elle se trouve de ce fait aujourd’hui en droite ligne voire en avance par rapport au retour international à la PME. Pour promouvoir la PME tunisienne, les pouvoirs publics ont pris plusieurs mesures variées et complémentaires d’ordre fiscal et financier. La naissance du Fonds de Promotion et de Développement Industriel FOPRODI, constitue l’une des mesures les plus importantes qui a permis incontestablement d’apporter une réponse originale tunisienne adaptée à l’environnement tunisien des années 70 avec un marché protégé et une demande locale soutenue et non satisfaite pour des produits traditionnels qui répondent à des besoins de base du consommateur tunisien. Abstraction faite aux quelques insuffisances relevées dans le temps, on peut affirmer que cette initiative des années ‘70 a permis de doter la Tunisie d’un tissu industriel et d’une jeune génération d’industriels qui fait la fierté de la Tunisie. Le changement de l’environnement économique mondial et la forte croissance qu’a connu la Tunisie durant la dernière décennie ont incité les pouvoirs publics et les opérateurs à amorcer une réflexion sur la mise à jour et la modernisation de cet outil de financement pour mieux l’adapter aux besoins de la PME tunisienne. Aujourd’hui, l’économie tunisienne est en train d’opérer une mutation qualitative qui appelle un réexamen approfondi des moyens mis à la disposition des PME pour les corriger ou les compléter en fonction de leurs besoins actuels et futurs. 3 En effet, l’économie tunisienne qui était orientée vers la satisfaction des besoins d’un marché local protégé s’est engagée dans une voie irréversible d’ouverture. En étant le premier pays tiers méditerranéen à signer, en 1995, un accord pour la création d’une zone de libre échange avec la Communauté Européenne, la Tunisie confirme sa volonté d’ouverture sur le marché mondial et plus particulièrement le marché régional méditerranéen. Les projets répétitifs traditionnels destinés à couvrir les besoins du marché local tunisien, vont céder progressivement la place à une nouvelle génération de projets partiellement ou totalement orientés vers l’exportation avec comme corollaire une amélioration continue du rapport qualité/prix nécessaire pour faire face à une concurrence internationale sur les marchés à l’export mais aussi sur le marché local tunisien. En conséquence de cette évolution, les besoins des PME et de leurs managers changent de nature et de dimensions. La PME tunisienne a besoin, entre autres, de consolider sa structure financière et renforcer ses fonds propres pour pouvoir faire face aux changements et aléas de la conjoncture internationale et garantir ainsi sa pérennité; collecter des informations fiables sur l’évolution des marchés en général et plus particulièrement les marchés récepteurs; s’assurer du concours d’actionnaires actifs qui apporteraient en plus de leurs contributions financières un savoir-faire dans la gestion, l’organisation, la stratégie commerciale et la politique générale de l’entreprise et un réseau relationnel national et international qui pourrait être mis à profit pour un rapprochement avec des PME étrangères; bénéficier de l’assistance de conseillers et d’experts spécialisés en matière de: stratégie, choix technologiques, marketing, organisation et ingénierie financière. 3. LE PROGRAMME DE PRIVATISATION Même en Tunisie, le concept de privatisation s'intègre dans le cadre d'une vision de complémentarité et de partenariat entre le secteur public et le secteur privé et contribue, par conséquent, à la concrétisation de la politique de désengagement de l'Etat des activités concurrentielles. A partir de l’année 2000 l’investissement privé a bénéficié d’une attention particulière: plus de soixante mesures ou ensemble de mesures ont été promulguées à cet effet et ont concerné différents aspects de l’investissement dont notamment la mise en place d’incitations en vue d’améliorer l’environnement des affaires, le renforcement des investissements liés au développement régional, les encouragements prodigués aux nouveaux promoteurs, l’appui aux petites et moyennes entreprises, le renforcement des activités prometteuses et la consolidation du programme de Mise à Niveau. Le secteur privé a un rôle primordial pour relever le défi de la concurrence internationale, élargir la base productive et contribuer efficacement à la promotion de l’emploi et des exportations. Pour ce faire, la 4 part du secteur privé dans l’investissement global devrait être portée à près de 60 % à la fin du 2006. Pour atteindre ces objectifs, une série d’actions a été mise en œuvre: - Faciliter l’accès du secteur privé aux domaines qui étaient jusque-là l’apanage du secteur public, permettant ainsi d’instaurer la complémentarité escomptée entre les deux secteurs, en consolidant les initiatives récemment prises en la matière à travers l’ouverture de certains domaines au secteur privé tels que le transport, les télécommunications, l’enseignement supérieur et d’autres domaines. - Relever le taux d’encadrement, ce qui exige de l’entreprise d’intensifier l’investissement dans le savoir, compte tenu des enjeux de la prochaine étape caractérisée par la réduction de la marge d’amélioration de la compétitivité/prix sur les marchés extérieurs et des opportunités et des possibilités importantes qui s’offrent en matière de compétitivité hors prix en rapport avec les méthodes de gestion et de commercialisation, les circuits d’information et la capacité d’assimilation des nouvelles technologies. - Réduire la dispersion des entreprises, à travers la mise en œuvre de mesures et d’incitations favorisant leur regroupement, suite notamment à la promulgation du cadre législatif et fiscal y afférent. Les efforts devraient se focaliser sur les secteurs stratégiques ouverts sur les marchés extérieurs. - Renforcer la capacité d’identification de nouveaux projets, en consolidant les bureaux d’études et en mettant en œuvre des mécanismes adéquats pour promouvoir la fonction de conception, ce qui exige la mise en place d’un système permettant de couvrir en partie le coût des études dans les domaines prometteurs à l’instar des mécanismes d’assurance/prospection. Il sera procédé, par ailleurs, à la généralisation des pépinières d’entreprises3 qui favorisent l’émergence d’une nouvelle génération de promoteurs. Le projet pépinières en Tunisie rentre dans le cadre de l’encouragement à la création d’entreprises par des promoteurs diplômés de l’enseignement supérieur. Dans ce sens, l’Agence de Promotion de l’Industrie, API, a mis en place un programme national d’implantation de pépinières d’entreprises afin de renforcer et de consolider les différents instruments de et mesures déjà mises en œuvre dans ce domaine. - Accorder une attention particulière aux petites et moyennes entreprises, prédominantes dans le tissu industriel, en leur fournissant l’assistance technique nécessaire, en leur facilitant l’accès au financement à des conditions adéquates tout en modernisant le mécanisme de capital-risque et en identifiant les moyens à même de faciliter leur participation aux marchés publics. Pour faciliter le financement des privatisations, la Banque Centrale de Tunisie a autorisé les banques à accorder directement aux intéressés des crédits à 3 Une pépinière est une structure d’accueil et d’accompagnement de projets de création d’entreprise, que l’on trouve souvent à proximité immédiate d’un site scientifique. 5 moyen terme pour financer l'achat d'un bloc de contrôle ou d'éléments d'actifs dans le cadre des opérations de privatisation. Une seconde mesure consiste à inciter les Sociétés d'Investissement à Capital Risque (SICAR) à la participation aux opérations de privatisation. A cet effet, des lignes de crédit contractées par la Tunisie auprès de la Banque Européenne d'Investissement (BEI) ont été mises à la disposition de ces sociétés afin d'appuyer le programme de privatisation. D'autre part, dans le cadre du programme de coopération EuroMéditérranéenne (MEDA), l'Union Européenne a apporté son appui au processus de privatisation en Tunisie à travers un don de 10 millions d'Euros, objet d'une convention de financement spécifique signée en avril 1998, afin de financer le Projet d'Assistance Technique à la Privatisation. - Encourager les sociétés de service compte tenu du rôle qui leur sera dévolu à travers la révision des modalités de financement et le règlement des questions liées aux garanties exigées par les banques et en leur fournissant l’appui nécessaire, notamment dans les secteurs prometteurs et durant la phase de démarrage. - Instaurer un système d’information et d’analyse pour suivre le comportement des entreprises, l’évolution des prix et des normes et les mouvements de regroupement des entreprises concurrentes à l’étranger ainsi que les informations relatives à la réglementation organisant la concurrence. En dépit de l’importance de ces mesures, la promotion de l’investissement privé et son accession aux niveaux escomptés demeurent tributaires de la capacité des entreprises à moderniser leurs méthodes de gestion et d’organisation du travail et de la production ainsi que de la prédisposition des opérateurs à s’intégrer efficacement dans les réseaux de production et de commercialisation des espaces euro-méditerranéen et mondial. 4. LE SYSTEME DE FINANCEMENT DES ENTREPRISES Depuis son indépendance, la Tunisie a engagé plusieurs initiatives en matière d’insertion économique, ayant pour finalité la création d’emplois, le développement des secteurs de l’agriculture, de la pêche et de l’artisanat, dans toutes les régions du pays. Elle a eu recours dans son action à plusieurs méthodes prenant la forme tantôt d’incitations fiscales, douanières et surtout financières, tantôt de mécanismes de financement spécifiques allant de la création d’institutions financières spécialisées à la mise en place de fonds spéciaux pour le financement direct de l’économie sur des ressources budgétaires. Chaque décennie de développement a en effet connu une expérience particulière. Durant les années soixante interviennent la création des Fonds Spéciaux de Développement de l’agriculture et de la pêche (FOSDA et FOSEP) et le démarrage des Caisses Locales de Crédit Mutuel (CLCM). Au cours des années soixante dix interviennent le démarrage des Sociétés de Caution Mutuelle 6 Agricole pour faciliter l’accès des petits et moyens agriculteurs au crédit bancaire et la création du Fonds de Promotion de la Décentralisation Industrielle (FOPRODI) pour le développement de la PMI. Dans les années quatre vingt, il s’agit de la création du Fonds National de l’Artisanat et des Petits Métiers (FONAPRA), démarrage des Programmes de Développement Rural Intégré (PDRI), de l’institution d’un ratio obligatoire de financement des activités prioritaires dont la PME et, enfin, dans les années à suivre, il s’agit de la création du Fonds National de Garantie (FNG) en tant que levier de financement bancaire de l’activité des PME et du Nouveau Système de Garantie: la SOTUGAR (La Société Tunisienne de Garantie) qui a pour objectif d’encourager les établissements de crédit, Banques et Sicars, à continuer à financer les projets initiés par les moyennes entreprises dans les secteurs des industries manufacturières et des services connexes.4 Ce sont les enseignements tirés de ces différentes expériences avec leurs forces et leurs faiblesses qui ont servi d’éclairage à la mise sur pied depuis les années 1990, d’une véritable stratégie qui vise à soutenir la croissance, fondée pour sa part sur l’indissociabilité des dimensions économique et sociale. L’objectif étant d’assurer l’insertion du plus grand nombre de la population dans la dynamique de l’essor et de la prospérité. 4.1 LE FINANCEMENT BANCAIRE Dans un contexte d’une économie relativement jeune, où le tissu des entreprises tunisiennes est caractérisé par la prédominance de petites et moyennes entreprises à caractère familial et à fonds propres modestes, et où le recours à la finance directe est relativement récent, le financement bancaire demeure le principal instrument de financement des entreprises en Tunisie. Les banques (toutes catégories confondues) détenant autour de 90% des actifs du secteur financier, et cette part reste assez stable au cours du temps. A l’intérieur du système bancaire, les banques de dépôts restent l’acteur dominant, bien que le paysage bancaire soit en pleine mutation d’un secteur réglementairement spécialisé vers le concept de banque universelle. Si on regarde la part relative aux crédits à l’économie, il ressort que les banques de dépôts ou commerciales représentent plus de 90% du total et que cette part, qui était historiquement de l’ordre de 80%, a connu un bond à partir de la seconde moitié des années 90, suite au déclin des banques de développement . Même si le secteur bancaire est prédominant, les institutions et les produits de financement autres que bancaires se sont beaucoup diversifiés. Il 4 Institué par la loi des Finances 2003, le Nouveau Système de Garantie est venu renforcer les outils et mécanismes mis à la disposition des établissements de crédit et des Sociétés d’investissement (Banques et Sociétés d’investissement à capital risque (SICARS) afin de les encourager à continuer à financer les projets réalisés par les moyennes entreprises. 7 faut souligner que la plupart des mécanismes qu’on retrouve dans un certain nombre de pays aux systèmes financiers plus développés existent en Tunisie. Non seulement l’architecture légale et réglementaire est très riche, mais une gamme importante d’institutions financières existe, et des produits relativement sophistiqués ont été mis en place. On peut mentionner de manière particulière le Leasing, qui s’est fortement développé, mais également le Factoring, les SICAV et SICAF, les SICAR5 , les Billets de Trésorerie, les Bons du Trésor Assimilables. On peut mentionner également le Marché Financier: il existe une Bourse, qui techniquement fonctionne bien; et il existe un compartiment obligataire au travers duquel des entreprises privées peuvent lever de la dette auprès d’investisseurs institutionnels (SICAV et Compagnies d’Assurance). Enfin on peut mentionner les institutions de couverture de certains risques et d’accompagnement des entreprises: la COTUNACE, et la toute récente compagnie d’assurance du commerce intérieur, ASSURCREDIT, les fonds publics ou à financement multilatéral comme le FOPRODI, le FOPRODEX, le FAMEX, le FITI. L’existence de toutes ces sources de financement et d’accompagnement constitue une avancée réelle, qui doit donc être appréciée à sa juste valeur. 5. LES MECANISMES PUBLICS DE SOUTIEN A L’ENTREPRISE Le «Code d’Incitations à l’Investissement» (1993) et le «Programme de Mise à Niveau» (1996) sont les deux principaux piliers des avantages accordés aux entreprises. Le Code et l’ensemble des textes qui s’y rattachent prévoient un ensemble d’incitations fiscales et financières privilégiant l’exportation, les régions, les petites et moyennes entreprises, les nouveaux promoteurs et quelques volets plus particuliers. Cependant, le Code des Investissements a partiellement négligé la grande entreprise. Négligence que le «Programme de Mise à Niveau» a réparé en offrant un ensemble de mesures destinées principalement à des entreprises d’une certaine envergure. Des dispositifs classiques comme le FOPRODI, qui était conçu, dans sa version antérieure à 1993, comme un instrument de crédit au service des nouveaux promoteurs et destiné à financer leur besoin en capital a perdu son statut de mécanisme de crédit pour devenir uniquement un outil de participation au capital des PME/PMI. Sont imputées sur le FOPRODI, les primes et participation de l’état accordés aux projets industriels et de services, sur le FOSDA celles accordées aux projets agricoles, sur le FITI les primes issues des projets technologie de l’information, Sociétés d’Investissement à Capital Fixe (SICAF), Sociétés d’Investissement à Capital Variable (SICAV) et les Sociétés Privées de Capital Risque (SICAR). 5 8 sur le FONAPRAM les projets artisanaux, sur le FODEC les primes accordées dans le «Programme de Mise à Niveau» . 5.1. « LE CODE D’INCITATIONS A L’INVESTISSEMENT» Le «Code des Incitations à l’investissement» se caractérise par la multiplication des textes réglementaires qui ont complété le Code initial promulgué en 1993. Après la publication des premiers textes et décrets d’application en 1994, on assiste depuis 1995 à l’apparition de nouveaux textes modifiant et apportant de nouvelles dispositions à ces textes, notamment en 1999 et 2001, définissant et redéfinissant les zones de développement régional, les nouveaux promoteurs, les PME et les nouvelles technologies. Il renforce l'ouverture de l'économie tunisienne sur l'extérieur et couvre tous les secteurs d'activité, à l'exception des mines, de l'énergie, du secteur financier et du commerce intérieur régis par des lois spécifiques. L'investissement s'effectue généralement sur simple déclaration, même si le bénéfice des avantages du Code est subordonné, sauf pour les industries totalement exportatrice, à la présentation du dossier de l'investissement à l'organisme compétent (API, APIA, ONTT…) à l'examen du schéma de financement comportant un minimum de fonds propres. Le régime fiscal du code s'applique aux investissements réalisés dans les activités suivantes: agriculture, pêche, industries manufacturières, travaux publics, tourisme, artisanat, transport, éducation et enseignement, formation professionnelle, production et animation culturelle, animation pour les jeunes et l'enfance, santé, protection de l'environnement, promotion immobilière, autres activités et services non financiers tels que l'informatique, les services d'études, d'expertise de conseil et d'assistance ainsi que les services liés à la maintenance d'équipements et d'installations. 5.1.1 Les Incitations Fiscales et Financiers ? Dégrèvement fiscal dans la limite de 35% des bénéfices nets au profit des sociétés qui réinvestissent au sein d’elles même; ? Possibilité d’opter pour le régime de l’amortissement dégressive au titre du matériel et des équipements de production; ? Exonération des droits de douane et des taxes d’effet équivalent et paiement de la TVA (10%) pour les équipements importés et n’ayant pas de similaires fabriqués localement; ? Suspension de la TVA pour les équipements fabriqués localement et acquis avant l’entrée en production; ? Paiement de la TVA (10%) pour les équipements acquis localement après l’entrée en activité des investissements de création; ? Exonération totale de l’impôt sur les bénéfices pendant les 10 premières années pour: les revenus provenant de l’exportation, les projets agricole, les projets de développement régional; 9 ? Réduction de 50% provenant de taux d’imposition pour: les revenus d’exportation à partir de la 11è année pour une durée illimitée, les projets de développement régional pour 10 années supplémentaires; ? Primes à l'investissement: des subventions sont accordées pour: la protection de l'environnement: 20% du coût des installations; le développement régional:15% ou 25% du coût du projet selon le lieu d'implantation; le développement agricole: 7% du coût du projet avec une prime additionnelle de 8% pour les projets agricoles dans les zones arides et de 25% pour les projets de pêche dans les ports du littoral nord de Bizerte à Tabarka. ? Prise en charge des cotisations sociales: prise en charge totale par l'Etat des cotisations sociales pour une période de 5 ans dans les cas suivants: emploi de nouveaux diplômés de l'enseignement supérieur et projet établi dans les zones d'encouragement au développement régional;prise en charge par l'Etat de 50% des cotisations sociales pendant 5 ans pour l'emploi d'une deuxième et troisième équipe de travail pour les entreprises qui ne travaillent pas à feu continu. ? Prise en charge des dépenses d'infrastructure: possibilité de prise en charge totale ou partielle par l'Etat de certaines dépenses d'infrastructure: pour l'aménagement des zones destinées à l'aquaculture et aux cultures utilisant la géothermie; pour les projets établis dans les zones d'encouragement(les zones franches de Zarzis et Bizerte). ? Des autres avantages financiers et fiscaux sont accordés comme avantages supplémentaires et dans des activités considérées prioritaires (exportation, développement régional, développement agricole, promotion de la technologie et de recherche de développement, nouveaux promoteurs et PME, investissements de soutien). Ce Code est devenu aujourd’hui assez compliqué pour les investisseurs. Il y a une incompatibilité entre l’esprit de code unique et la pléthore des textes réglementant les avantages aux investissements. Il est pratiquement recensé aujourd’hui plus de 100 modifications au code dont une dizaine ont été faites par des lois. 5.2 «LE PROGRAMME DE MISE A NIVEAU» «Le Programme de Mise à Niveau» entamé en 1996, c’est un programme qui a pour objectif d’atteindre les standards internationaux en matière de qualité et de coûts et d’accroître la compétitivité des entreprises industrielles. Ce programme à été élaboré par le Gouvernement au fin de permettre au système productif tunisien de mieux s'adapter aux exigences du marché mondial fortement concurrentiel, d'encourager le partenariat industriel et de renforcer l'environnement socio-économique de l'entreprise. Le «Programme de Mise à Niveau» est destiné aux entreprises en activité depuis au moins deux ans, ayant un potentiel de croissance, ne connaissant pas 10 des difficultés économiques et relevant des secteurs industriels et des services liés à l’entreprise. Il est défini par les trois axes suivants: investissements matériels, investissements immatériels, restructuration financière. Les entreprises, une fois approuvées6 , obtiennent des aides du programme qui sont de 20% d'aide matérielle à l'accroissement et de 70% de subventions sur toutes les actions immatérielles. Après six ans d'application du programme, près de la moitié des entreprises cibles a été touchée. Les efforts de restructuration menés ont porté des fruits : le chiffre d'affaires global de ces entreprises a augmenté avec une marge de 11% par an, quand leurs exportations croissaient de 17% par an. Pour les grandes entreprises, le «Programme de Mise à Niveau» est actuellement le seul programme auquel elles sont éligibles (à l’exception des cas où elles réalisent un investissement régional ou technologique). En effet, c’est le seul instrument en Tunisie qui soutient l’investissement des entreprises sans conditions liées directement au «Code des Incitations aux Investissements». A ce titre, il complète le Code qui a ignoré les entreprises de grande taille (c’est-à-dire, les entreprises qui réalisent des investissements supérieurs à 3 MD). Début 2004, le nombre d’entreprises ayant adhéré est de 2878 dont 1701 ont reçu l’approbation pour leur dossier soit un pourcentage de 55,6% (le nombre de dossiers refusé est très faible, il est de huit seulement!). L’investissement total approuvé est de l’ordre de 2672 MD dont 343 MD en immatériels et 26 MD d’études de diagnostic, soit, respectivement, 12.3% et 0.9% de l’ensemble. Afin d’apprécier le poids du «Programme de Mise à Niveau», on a ramené les investissements approuvés à ceux réalisés par le secteur privé dans l’industrie. En 2001, l’investissement approuvé dans le cadre du «Programme de Mise à Niveau» représentait 47% de l’investissement réalisé dans l’industrie manufacturière. Vu sous cet angle, les réalisations du «Programme de Mise à Niveau» sont remarquables. Les primes accordées de 1996 à début 2004 sont de 381MD ce qui représente à peu près 10% du montant des investissements. Après un démarrage qui a touché essentiellement les grandes entreprises, le Programme s’est de plus en plus orienté vers des entreprises dont l’investissement moyen est inférieur à 3 MD. L’investissement moyen est passé de 3.1 MD en 1996 à 2.02 MD en 2001. La tendance à la baisse est assez nette. Le Programme touche de plus en plus les petites et moyennes entreprises dont la part dans le programme est passée de 21% en 1996 à 64% en 2001, et cette tendance est en train de se renforcer. Si l’on écarte les défaillances au niveau du retard de déblocage des primes accordées, on peut considérer que le «Programme de Mise à Niveau» est un 6 Pour «L’approbation du plan de mise à niveau », source: http://www.tunisieindustrie.nat.tn. 11 succès dans la mesure où il a contribué directement à dynamiser l’investissement privé surtout pour les entreprises en activité. L’opportunité qui offre le «Programme de Mise à Niveau» est venu combler un vide en matière d’incitations aux grandes entreprises. Cependant, la poursuite du programme dans sa forme actuelle risque de se heurter dans deux ou trois ans à un tarissement au niveau de la demande d’adhésions au programme. La poursuite du «Programme de Mise à Niveau» nécessite en amont de toucher des entreprises plus petites, moins biens structurées et susceptibles de réaliser le parcours de la mise à niveau. 6. REFORME, DEVELOPPEMENT ET «MISE A NIVEAU» DE L’INFRASTRUCTURE DANS LE SECTEUR DES TRANSPORTS L’infrastructure constitue l’un des piliers du développement intégral et une base essentielle pour la croissance de la production et le renforcement de la compétitivité de l’économie, la promotion des exportations et l’intensification de l’investissement tant national qu’extérieur. Le secteur du transport joue un rôle primordial dans la concrétisation des objectifs et des choix de développement, dans le soutien aux secteurs productifs et le renforcement de leurs capacités concurrentielles ainsi que dans l’amélioration du niveau de vie des citoyens. Le secteur public compte pour près de 70% de la production du secteur du transport. En 1999, le secteur a connu une croissance de 6,5% et a enregistré une Valeur Ajoutée de 2 942 9 de millions de dinars au prix courant (en 2003) de l’ensemble du secteur des services réalisés grâce aux opportunités offertes dans le transport maritime, dynamisme au niveau du transport routier et au transport aérien en liaison avec le développement du secteur touristique. La tutelle du secteur est confiée au Ministère du Transport qui a pour mission de doter le pays d’un système de transport global, économique et sur, et d’en contrôler le bon fonctionnement en vue d’en faire un facteur essential de développement économique et sociale. Le secteur du transport est composé de trois sous-secteurs: les transports terrestres, la marine marchande et l’aviation civile. 6.1 STRATEGIE NATIONALE DE DEVELOPPEMENT DES TRANSPORT Pour ce qui concerne le transport, la stratégie nationale est axée sur sa contribution à la compétitivité extérieure de l’économie. La politique sectorielle vise à accroître la conteneurisation et la gestion multimodale des transports, ainsi qu’à développer les services logistiques. Dans ce contexte, l’année 2004 connaîtra le renforcement des acquis enregistrés durant les années passées7 et la poursuite de la mise à niveau de 7 Pour les réalisations de l’année 2003, source http://www.tunisie.com/ 12 l’infrastructure par le renforcement du réseau classé8 , du réseau des autoroutes et du réseau ferroviaire ainsi que la modernisation du transport urbain par voie ferrée et la poursuite de l’exécution du programme de mise à niveau des ports, ce qui est de nature à permettre de rationaliser le coût du transport, d’accroître la productivité, de diversifier et d’améliorer les services et de garantir une meilleure utilisation de l’infrastructure pour soutenir les secteurs productifs et ce à travers la mise en place de ports modernes et intégrés avec les réseaux routier et ferroviaire. Dans le domaine du transport aérien, les efforts se concentreront au cours de l’année prochaine essentiellement sur l’accroissement de la capacité d’accueil des aéroports pour faire face à la demande, l’amélioration de la sécurité et de la qualité des services aux aéroports et le renforcement des moyens de contrôle aérien. Une attention particulière sera accordée aux projets d’infrastructure à réaliser par les privés dans le cadre de concessions dans les domaines de la construction et de l’exploitation des aéroports et des ports, de l’accostage, de la manutention, des autoroutes. La concrétisation de cette orientation sera poursuivie au cours de l’année 2004 et l’implication du secteur privé dans les projets d’infrastructure sera facilitée surtout après l’achèvement de l’étude qui est menée en collaboration avec la Banque Mondiale et dont les résultats et enseignements aideraient à mettre en place le cadre juridique et institutionnel adéquat permettant la réalisation de tels projets dans les meilleures conditions et conformément aux objectifs du Xème Plan. Sur le plan des études, et dans le but de consolider l’infrastructure du transport collectif dans la banlieue, des études ont été lancées concernant le réseau ferroviaire du Grand Tunis, le prolongement de la ligne du métro au centre universitaire de la Manouba et l’électrification de la ligne ferroviaire de Tunis– Borj Cedria. De même, il a été procédé à la fusion de la société nationale de transport et la société du métro-léger dans le but d’une meilleure coordination entre les opérateurs et l’amélioration de la qualité de service. Concernant la mise à niveau des entreprises publiques, des contrats programmes ont été conclus entre l’Etat et certaines entreprises, ainsi que des programmes de mise à niveau des grandes entreprises du secteur et des plans d’assainissement financier et social ont été élaborés. L’année 2004 verra la continuation des efforts visant l’exécution de la stratégie de développement du secteur retenue dans le Xème Plan de développement et ce par l’intégration des privés, la mise à niveau des ports maritimes et l’exécution des programmes de mise à niveau des entreprises. 8 Le travail de renforcement intéressera 380 Km des routes classées. La poursuite des travaux de renforcement des routes classées sera financée par la Banque Africaine de Développement et par le Fonds Arabe de Développement Economique et Social (FADES). 13 Ainsi il est attendu l’ouverture du secteur aux privés notamment dans l’activité du transport de voyageurs urbain et interurbain; étant signalé que des appels d’offres concernant l’exploitation de 5 lignes interurbaines et 20 lignes urbaines dans le grand Tunis ont été lancées. En ce qui concerne la mise à niveau des ports, il sera procédé au cours de l’année 2004 au choix d’investisseurs privés pour la réalisation des deux projets relatifs au terminal conteneur à Radès et à la gare de voyageurs au port de la Goulette. A signaler qu’un appel d’offres a été lancé dans ce sens pour le choix de deux banques d’affaires pour aider à la réalisation de l’opération dans de bonnes conditions. Aussi des contrats de concession ont été conclus concernant l’attribution de l’exploitation des quais spécialisés aux Entreprises Publiques qui y sont installées actuellement comme l’Office des Céréales, la Société Tunisienne d’Acconage et de Manutention et le Groupement Chimique Tunisien. L’année 2004 verra aussi la participation des privés dans l’exploitation des gares routières suite aux appels d’offres lancés concernant les gares routières de Jendouba, Tozeur, Kébili, Sousse et Tataouine. L’effort se poursuivra en vue de renforcer le rôle du privé dans l’exploitation du réseau de transport de voyageurs, l’exploitation des quais portuaires et des services de soutien. L’effort sera axé aussi en 2004 sur l’amélioration de la qualité des services et la maîtrise des coûts à travers la simplification des procédures administratives et portuaires et l’obtention de certificats de normalisation en matière de qualité et ce dans le cadre des programmes de mise à niveau des entreprises, à l’instar de la Compagnie Tunisienne de Navigation. Dans ce sens l’office de la Marine Marchande et des Ports déploie de gros efforts pour l’obtention de ces certificats pour certaines de ses activités. Aussi il sera procédé à la généralisation de l’utilisation du réseau Tunisie Trade Net et à l’incitation des opérateurs à s’y intégrer. L’action sera poursuivie pour l’élaboration du programme de mise à niveau de Tunis-Air visant l’externalisation des activités telles que la maintenance, l’informatique, les télécommunications et la concession de certaines autres activités; la compression des coûts et la maîtrise des investissements. Sur le plan quantitatif il est attendu la réalisation d’un taux de croissance du secteur de 6% en 2004 contre 2,5% en 2003; ce regain de croissance est consécutif à la reprise progressive de l'activité du transport aérien en relation avec le développement du secteur du Tourisme. Sur le plan des investissements, il est attendu la réalisation d’un volume de l’ordre de 710 MD contre 625 MD en 2003. Ces investissements concernent notamment la consolidation du transport collectif par la poursuite de la réalisation de la ligne El Mourouj, le 14 projet d’extension de la ligne du métro au centre universitaire de Manouba, l’acquisition de 30 rames pour la société du métro léger de Tunis et l’électrification de la ligne ferroviaire de la banlieue sud de Tunis, les travaux d’aménagement de la voie ferrée de Sousse, l’équipement des lignes et le renouvellement de la voie pour la Société Nationale des Chemins de Fer Tunisiens, en plus du renforcement du parc de transport routier des voyageurs et des marchandises de la part des privés. Ces investissements concernent aussi le renforcement de l’infrastructure portuaire et aéroportuaire par la réalisation des travaux de protection du port de Gabès, des travaux d’aménagement du quai des produits liquides au port de Radès et des projets portuaires dans le cadre de concession d’exploitation et de transfert (B.O.T) relative au terminal des conteneurs à Rades et à la gare d’accueil des car-ferry au port de la Goulette et les travaux d’extension du hall d’enregistrement de l’aéroport de Tunis Carthage et l’extension de la couverture de l’espace aérien par radar au sud tunisien et les projets de sécurité dans tous les aéroports. Les efforts se poursuivront avec un rythme soutenu en vue de l’instauration d’une infrastructure moderne, capable de répondre aux besoins des différents secteurs et permettant une intégration accrue de l’économie nationale dans la sphère internationale et un meilleur développement régional d’une part, et participant à l’accélération de la croissance et à la mobilisation de nouveaux investissements tant nationaux qu’étrangers d’autre part. OBJECTIFS ECONOMIQUES Grâce au programme de réformes économiques poursuivies depuis 1987 et grâce au soutien de la Commission européenne, de la Banque mondiale et du Fonds Monétaire International, la Tunisie a obtenu de bon résultats en termes de croissance du PIB (5% par an), d'inflation (2%) et de déficit du compte courant (2,6%). Afin de consolider ces acquis, il faudra poursuivre et approfondir les réformes dans le cadre d’une approche globale et cohérente, comme indiqué dans le Xème Plan de développement, à travers: l’amélioration de la qualité des services administratifs de manière à consolider le respect des règles de la concurrence loyale, la diffusion de l'information économique et l'assistance à l'exploration des opportunités d'investissement et d'exportation, tout en veillant à réduire les autorisations administratives et à encourager l'initiative privée; la poursuite des programmes de réforme du secteur bancaire pour permettre aux petites et moyennes entreprises de meilleures conditions de financement, de développer les systèmes comptables et les mécanismes de paiement des crédits et de renforcer les fonctions de contrôle et d'audit interne. De façon concomitante, le secteur des assurances sera réorganisé à travers la restructuration de ses établissements et le renforcement de son cadre juridique 15 et de ses organes de contrôle et de tutelle. Les résultats des études en cours portant sur le marché financier serviront à encourager les entreprises à accéder au financement direct, à poursuivre les opérations d'ouverture du capital dans de meilleures conditions et à améliorer l'information concernant les sociétés cotées en bourse. Aujourd’hui, les principaux défis de l'économie Tunisienne demeurent en la création d’emplois, la poursuite du programme de privatisation, l'assainissement du secteur financier, la mise à niveau des entreprises privées, l'attraction accrue des investissements étrangers ainsi que la libéralisation et modernisation du secteur services. Bibliographie Documents ? Constitution de la République Tunisienne, juin 2002 ? ICE, « Tunisia - Nota congiunturale anno 2003 ». ? Ministère du Développement Economique, « Note d’orientation du Xème Plan (2002-2006). ? Ministère des Transports Tunisie, Rapport de la délégation tunisienne sur « la facilitation du transport international de marchandises entre les deux rives de la Méditerranée Occidentale ». Sources Internet sur la Tunisie http://www.tunisiaonline.com/: source d'informations générales sur la Tunisie. http://www.tunisie.com/ source d'informations générales sur la Tunisie (histoire, vie politique, société, femmes, économie, culture, tourisme, environnement). http://www.bct.gov.tn/ : site de la Banque Centrale de Tunisie. http://www.ins.nat.tn/ : site de l'Institut national de la Statistique. http://www.ministeres.tn/ : site officiel du gouvernement, départements ministériels. http://www.tunisieinfo.com/ : source d'informations sur les quotidiens et magazines tunisiens. 16 http://www.tunisianindustry.nat.tn/ : source d'information sur le tissu industriel tunisien. http://www.cotunace.com.tn/ site de la compagnie tunisienne d'assurance sur le commerce extérieur. Sources Internet Internationales http://www.unido.org/ http://lnweb18.worldbank.org/mna/ http://www.imf.org/ www.unpan.org http://www.unesco.org/webworld http://www.esteri.it/ita/4_27_58_52.asp http://europa.eu.int/scadplus/leg/it/lvb/n26037.htm http://www.assocamerestero.com/Sitonew/index2.asp 17