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DOSSIER DE PRESSE
Dossier réalisé avec la participation de :
Professeure Christine Katlama,
Hôpital de la Pitié-Salpêtrière
Professeur Jean-François Delfraissy,
Directeur de l’ANRS
Professeur Jean-Paul Moatti,
Président de la Commission ANRS
« Recherches en Sciences de l’Homme et de la Société »
Contacts presse :
Laurence Jacquillat
Delphine Eriau & Camille Journet
16 rue de l’Arcade – 75008 Paris
Tél : 01 45 03 89 89 / Fax : 01 45 03 89 90 – [email protected] / [email protected]
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• Dossier de presse 4 Conférence Francophone VIH/SIDA – 20 mars 2007 •
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SOMMAIRE
I - Riposte à l’épidémie du Sida :
un renforcement de la francophonie s’impose
Le Sida n’est pas un problème réservé au Nord ou au Sud.
La France, acteur majeur sur le plan international et francophone
Face à la coopération renforcée entre les équipes scientifiques du Nord et du
Sud, un congrès en langue française s’impose
II - Vivre avec le VIH au Nord et au Sud
Vivre avec le VIH au Nord : l’enquête ANRS/VESPA révèle l’ampleur et l’impact
des discriminations
Vivre avec le VIH au Sud : entre progrès et obstacles majeurs
III - Transmission Mère/Enfant (TME) : de la recherche à l’action
Une situation maîtrisée au Nord
Des recherches originales au Sud
Pourquoi ce fossé ?
Une priorité : les recherches interventionnelles
L’allaitement maternel
IV - Références
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• Dossier de presse 4 Conférence Francophone VIH/SIDA – 20 mars 2007 •
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I - Riposte à l’épidémie du Sida : un
renforcement de la francophonie s’impose
La 4e Conférence Francophone VIH/SIDA qui se déroulera à La Cité des Sciences et de l’Industrie de
Paris, du 29 au 31 mars 2007, constitue le principal forum international sur la recherche et la lutte
contre le Sida à usage des pays francophones et vise notamment à amener les pays francophones
concernés à mettre en place des politiques régionales et de collaboration internationale sur ce sujet.
Où en est-on en 2006, au Nord et au Sud ?
On estime que 39,5 millions de personnes dans le monde étaient porteuses du VIH en 2006. 17,7 millions
sont des femmes, parmi les 37,2 millions adultes, et 2,3 millions sont des enfants de moins de 15 ans.
Près de 5 millions de personnes séropositives sont recensées dans les pays francophones du Sud et
près de 1,5 million d’entre elles auraient besoin d’un traitement. Or, mi 2006, seuls 150 000 auraient
reçu un traitement*.
* Sources rapport ONUSIDA 2006 et estimation Onusida/OMS de 2006.
Comment vit-on avec le Sida au Nord et au Sud ? Qu’en est-il plus particulièrement de la
discrimination ou encore de la transmission mère-enfant ?
Le comité scientifique de la 4e Conférence Francophone VIH/SIDA a particulièrement choisi d’aborder ces
aspects qui sont au cœur des débats et qui illustrent bien les problématiques Nord/Sud :
 Au Nord et au Sud, certains problèmes sont les mêmes et perdurent. Par exemple, les personnes
infectées par le VIH font l’objet de discriminations graves dans leur vie professionnelle et
quotidienne, partout dans le monde, et même dans un pays comme la France.
 Il existe encore d’importants fossés entre le Nord et le Sud : le problème de la transmission mèreenfant au Sud l’illustre bien, un long chemin reste à parcourir, en particulier avec l’aide du Nord où
la situation est maîtrisée.
Le Sida n’est pas un problème réservé au Nord ou au Sud.
Accès aux soins, prise en charge, nouvelles stratégies anti-rétrovirales, prévention,
décentralisation… Le Sida impacte de plus en plus fortement les changements de société au Nord
comme au Sud, avec des problématiques spécifiques et des enjeux communs.
Si d’importants progrès ont été obtenus, tant en faveur de la qualité et de l’équité des
services offerts par les pays, qu’en faveur de l’efficacité des efforts déployés pour combattre
la stigmatisation et la discrimination, « au Nord, comme au Sud rien n’est réglé ! » soulignent
les Professeurs Jean-François Delfraissy, Directeur de l’ANRS et Christine Katlama, Hôpital de la
Pitié-Salpêtrière, co-présidents de la 4e Conférence Francophone VIH/SIDA.
Le rapport 2006 de l’ONUSIDA révèle une forte diversité entre les pays et régions :
 Certains pays ont fait de rapides progrès dans l’extension de l’accès aux traitements, mais ils
ont peu avancé dans l’élargissement des programmes de prévention,
 D’autres pays, qui connaissent aujourd’hui une baisse de la prévalence nationale du VIH,
n’améliorent que lentement les programmes visant à assurer un traitement pour tous ceux qui en
ont besoin.
La France, acteur majeur sur le plan international et francophone
Dans ce contexte, la Professeure Christine Katlama souligne que « La lutte contre le VIH s’inscrit
pleinement dans l’ère de la mondialisation. Le Sida n’est pas un problème réservé au Nord ou au
Sud. Il s’agit d’un problème mondial et la lutte doit plus que jamais s’inscrire dans les
agendas politiques internationaux » C’est l’affaire de tous les pays et l’implication de chacun ne
doit pas avoir de barrières. Les expériences et les savoir-faire se doivent d’être partagés.
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• Dossier de presse 4 Conférence Francophone VIH/SIDA – 20 mars 2007 •
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La vision francophone de la santé est sensiblement différente de celle que l’on connaît dans
les pays anglo-saxons. « L’action de la France à l’inverse des pays anglo-saxons se montre
plus tournée vers la prise en charge des patients que vers l’aspect santé publique » précise
le Professeur Jean-François Delfraissy (Directeur de l’ANRS). La mise en place d’une Conférence
Francophone est l'occasion de hisser la lutte contre le Sida au cœur de la Francophonie et de porter
cette vision au plan international.
Sur le plan international, la France joue un rôle très important dans la coopération multilatérale. Elle
est en particulier le deuxième donateur du Fonds Mondial de Lutte contre le Sida la Tuberculose & la
Malaria (290 millions d’euros).
Grâce aux actions de ses institutions (comme l’ANRS ou encore ESTHER), la France fédère de
nombreuses initiatives dans les pays francophones, en matière de recherche, transferts de
compétences hospitalières, prise en charge et formation.
Face à la coopération renforcée entre les équipes du Nord et du Sud, un congrès en
langue française s’impose
« Si les rencontres internationales dédiées au VIH sont nombreuses, le monde actuel est
dominé par l’anglophonie et l’espace de communication pour les francophones reste
inadapté et insuffisant » précise la Professeure Christine Katlama. Or, ne pas pouvoir s’exprimer
revient à ne pas pouvoir communiquer ni échanger ou partager. Il est donc important de faire le
point sur les connaissances concernant le VIH en donnant la parole à tous les acteurs francophones
impliqués quotidiennement dans la prise en charge des patients séropositifs. Tel est l’objectif de la
4e Conférence Francophone VIH/SIDA, où 1 500 personnes sont attendues.
« Ce concept de congrès n’existe d’ailleurs nulle part. Les praticiens francophones des pays du
Sud ne sont pratiquement pas présents dans les congrès internationaux. Il est indispensable
de mettre en place un pôle d’échanges en langue française avec un poids africain important »
complète le Professeur Jean-François Delfraissy.
La 4e Conférence Francophone VIH/SIDA est organisée sous les patronages du Ministère de la
Santé et des Solidarités, du Ministère de la Recherche et du Ministère des Affaires Étrangères, sous
l’égide de l’Agence Nationale de Recherches sur le Sida et les hépatites virales (ANRS), en
partenariat avec ESTHER, SIDACTION, AIDES, EACS et SOLTHIS. Elle a reçu le soutien de
laboratoires pharmaceutiques.
FRANCOPHONIE
Zoom sur le programme scientifique de la 4e Conférence Francophone VIH/SIDA
150/35A 31 mars 2007 - 15:15 - SALLE 4
La francophonie génère une
indispensable solidarité en matière de
lutte contre le sida
H. Rossert AIDES, Pantin, France
Objectif : Favoriser tant au niveau local que
international la diffusion des savoirs et
expériences acquis en matière de lutte contre
le sida au sein de la francophonie.
Conclusion : Le français a été la langue
d’union des peuples au niveau des capitales
nationales. Or, le renforcement de la maîtrise
du français écrit et la transmission des
savoirs accumulés en français aux langues
locales au fil de la décentralisation de la prise
en charge sont deux défis linguistiques
actuels de la lutte contre le sida. Enfin,
devant le besoin de financements qu’ont les
associations, il faut renforcer la possibilité de
présenter des dossiers en français et donc
renforcer la qualité du français écrit afin de
préserver ce capital d’expérience jusque-là
acquis en français oral.
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• Dossier de presse 4 Conférence Francophone VIH/SIDA – 20 mars 2007 •
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II - Vivre avec le VIH au Nord et au Sud
Au Sud, l’Afrique demeure la région du monde la plus touchée par la pandémie du VIH/SIDA. Cependant,
avec le soutien du Nord, un bond en avant a été effectué depuis quelques années dans les pays du
Sud. Mais d’importants obstacles perdurent, comme les discriminations contre les personnes atteintes et la
stigmatisation de certains comportements, l’accès aux médicaments de deuxième ligne, la difficile
décentralisation des soins ou encore la pénurie de personnel soignant.
Au Nord, les trithérapies ont totalement modifié le quotidien des personnes séropositives au VIH en
allongeant considérablement leur espérance de vie. L’infection au VIH est donc devenue une maladie
chronique avec laquelle les personnes atteintes doivent réapprendre à vivre, à défaut d’en guérir. Il est donc
devenu important d’évaluer les conditions de vie au sein de la population séropositive. Tel a été l’objectif de
l’enquête ANRS/VESPA.
Vivre avec le VIH au Nord :
l’enquête ANRS/VESPA révèle l’ampleur et l’impact des discriminations
L’enquête ANRS/VESPA, menée sous la responsabilité scientifique de France Lert (U 687 Inserm) et
Yolande Obadia (U 379 Inserm et ORS PACA) a permis de s’interroger sur le retentissement physique
et psychologique de l’infection par le VIH, sur l’insertion sociale et professionnelle ou encore sur la
2
vie affective et sexuelle, dans les pays du Nord .
Cette enquête dresse une cartographie de tous les aspects de la vie des personnes atteintes par le VIH
dans le Nord.
 Environ 5000 personnes vivant en France métropolitaine et aux Antilles ont participé à l’étude.
 Les données ont été recueillies de façon aléatoire à l’aide d’entretiens personnalisés dans
des
centres de prise en charge du VIH sélectionnés afin d’obtenir un échantillon représentatif de la
population infectée.
ANRS/VESPA (au même titre que des enquêtes menées dans d’autres pays développés) délivre deux
messages indiscutables :
 Partout dans le monde, et même dans un pays comme la France, les personnes infectées par le

VIH continuent d’être victimes de discriminations graves dans leur vie professionnelle et
quotidienne du fait de leur maladie.
De fait, ces discriminations contribuent à alimenter la poursuite de la transmission du VIH en
limitant les possibilités pour les personnes atteintes d’être adhérentes à leurs traitements
antirétroviraux et d’adopter des comportements de prévention.
Le Professeur Jean-Paul Moatti - Professeur d’Economie à l’Université de la Méditerranée, Directeur de
l’Unité INSERM 379/ ORS Paca et éditeur du numéro spécial* de la revue AIDS consacré à l’étude
ANRS/VESPA et à des études analogues dans d’autres pays développés - souligne que ce type d’enquête
présente l’intérêt de « mieux comprendre les mécanismes au travers desquels ces discriminations
affectent la vie des personnes atteintes et la diffusion du virus et donc d’éclairer les politiques
publiques et les actions à mener. »
* Living with HIV : recent research from France and the french caribbean (VESPA study), autrialia, Canada and the United Kingdom –
Vol. 21 supl. 1 Janvier 2007
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• Dossier de presse 4 Conférence Francophone VIH/SIDA – 20 mars 2007 •
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ANRS/VESPA souligne des inégalités dans la réponse au traitement
L'efficacité immuno-virologique et clinique du traitement est moins élevée parmi les migrants que
parmi les autres. Cet écart est net, malgré la prise en compte des différences concernant les
déterminants clinico-biologiques établis de la réponse au traitement entre les différents sous groupes
de patients :
• L'échec immunologique concerne respectivement 10,6% et 13,4% des hommes et des femmes
hétérosexuel(le)s né(e)s en France, versus 27,4% et 37,5% des hommes et des femmes
migrant(e)s.
• L'échec clinique concerne respectivement 1,8% et 0,6% des hommes et des femmes
hétérosexuel(le)s né(e)s en France, versus 5,6% et 3,1% des hommes et des femmes
migrant(e)s.
Cette hétérogénéité dans la réponse au traitement est probablement liée aux conditions de vie
précaires des migrants ainsi qu'à une moins bonne maîtrise des connaissances sur la maladie et les
traitements.
VIVRE AVEC LE SIDA AU NORD
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Zoom sur le programme scientifique de la 4 Conférence Francophone VIH/SIDA
68/15A 30 mars 2007 - 15:45 - SALLE 3
Femmes migrantes et observance au traitement antirétroviral
A. Bantsimba-Keta - Association Ikambere, Saint-Denis, France
Objectif : plusieurs études ont montré l’intérêt majeur d’une bonne observance pour le contrôle de l’infection par le VIH. Une enquête
réalisée par la DGS en 2005, comparant des femmes migrantes et des femmes françaises, ne montrait pas de différence dans
l’observance d’un traitement antirétroviral entre les 2 populations. Toutefois, il nous a semblé important de mener une première étude
auprès d’une population de femmes migrantes VIH+ suivies par l‘association IKAMBERE, afin d’évaluer des facteurs prédisposant à
l’inobservance qui n’auraient pas été retrouvés dans l’enquête globale de la DGS. Le suivi de ces femmes montre que beaucoup
rencontrent des difficultés quant à l’observance.
Conclusion : cette étude montre la nécessité d’une validation d’un questionnaire mieux adapté à cette population de femmes
migrantes. Les données d’ores et déjà obtenues nous montrent qu’il est important d’analyser beaucoup plus précisément les différents
facteurs qui obèrent l’adhésion au traitement, afin d’établir une typologie des comportements de cette population, pour une meilleure
observance et un renforcement de la qualité de leur prise en charge. Elle corrobore l’intérêt d’une prise en charge spécifique dans
l’éducation et le conseil thérapeutiques.
Des discriminations qui impactent considérablement les différents aspects de vie
des patients
Une incidence sur la vie professionnelle
« Prés d’un patient sur quatre de VESPA est au chômage à la suite d’une perte d’emploi intervenue
après le diagnostic d’infection à VIH » souligne l’enquête ANRS/VESPA.
Les chiffres le confirment :
 Le taux d’emploi est de 56,5% chez les personnes séropositives en âge de travailler,
sachant que 70,1% d’entre eux n’ont pas déclaré leur statut VIH dans leur cadre
professionnel,
 44,9% d’entre elles restent sans emploi depuis le diagnostic de séropositivité,
 11,6% seulement ont eu un emploi après leur diagnostic.
 Parmi les « sans emploi », 64,5% se sont vus proposer des plans de retour ou d’accès à
l’emploi mais seulement 58,2% d’entre eux les suivent.
Ces phénomènes de perte et d’accès à l’emploi apparaissent donc liés, non seulement aux
caractéristiques socioprofessionnelles des personnes, mais aussi, de façon indépendante, aux
caractéristiques de leur état de santé.
Malgré les progrès majeurs survenus dans la prise en charge de l’infection par le VIH, la maladie
constitue encore aujourd’hui un handicap vis-à-vis de l’activité professionnelle.
Outre les conséquences fonctionnelles de la maladie, les discriminations liées au VIH en
matière d’emploi et le manque d’adaptation des conditions de travail pour les personnes
malades jouent un rôle sur le risque de perte ou d’accès à l’emploi parmi les personnes
4
séropositives .
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• Dossier de presse 4 Conférence Francophone VIH/SIDA – 20 mars 2007 •
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Une incidence sur la vie sexuelle :
Un patient sur quatre rapporte des expériences concrètes de discrimination dans sa vie personnelle
ou professionnelle ainsi que dans ses relations avec les professionnels de santé (40% pour les
patients infectés par voie toxicomane). Les analyses montrent que ce vécu est corrélé, toutes
choses égales par ailleurs, à la prise de risque dans les relations sexuelles (un patient sur 5 rapporte
des rapports non protégés avec des partenaires sérodiscordants dans les 12 derniers mois),
notamment dans le groupe infecté par voie hétérosexuelle, le plus à même de mixage sexuel avec la
population générale et qui alimente actuellement le plus l’épidémie en France.
Des actions au niveau du couple sont essentielles pour prévenir la transmission VIH et
encourager le dialogue.
Par ailleurs, à propos des mesures préventives, l’enquête ANRS/VESPA révèle un important
manque d’information sur le territoire français, notamment dans la population migrante, sur
les moyens de protection post-exposition qui restent encore méconnus. La diffusion de
messages via les médias et la distribution de brochure par les autorités de santé semble ne pas
avoir touché tous les sous-groupes de patients vivant avec le VIH.
Une incitation à garder le secret
Ces enquêtes montrent bien aussi en quoi la discrimination conduit au secret sur le statut
séropositif auprès de l’entourage et ce faisant à de plus grandes difficultés de la prévention :
 dans l’extension Antilles Guyane de Vespa, un patient sur 3 n’avait levé le secret sur son
statut auprès de quiconque dans son entourage ;
 dans ANRS/VESPA métropole, 15% des personnes vivant en couple n’avaient pas informé
leur partenaire.
Plus l’âge est élevé au moment du diagnostic et plus le niveau d’éducation est important, plus les
individus ont tendance à s’exprimer.
L’absence de révélation du statut VIH se traduit par l’isolement des personnes atteintes. À l’inverse,
la divulgation involontaire ou forcée de l’information sur la séropositivité (auprès de l’employeur par
exemple) s’accompagne d’une nette détérioration de la qualité de vie.
VIVRE AVEC LE SIDA AU NORD
Zoom sur le programme scientifique de la 4e Conférence Francophone VIH/SIDA
19/5A 30 mars 2007 - 11:00 - SALLE 1
22/5A 30 mars 2007 - 11:45 - SALLE 1
Le projet MAYA : un regard prospectif sur la
qualité de vie des personnes de Montréal
(Québec, Canada) vivant avec le VIH
Troubles de la sexualité déclarés chez les
personnes séropositives en France - Résultats
de l'enquête ANRS-EN12-VESPA
3
4
2
1
J. Otis , G. Godin , J. Côté , R. Lavoie , Groupe de
3
recherche, Projet Maya.
1
2
COCQ-sida Sciences Infirmières, Université de
3
Montréal Chaire de recherche du Canada en
4
éducation à la santé, UQAM, Montréal Chaire de
recherche du Canada sur les comportements et la
santé, Université Laval, Québec, Canada
Objectifs : Décrire les dimensions de la qualité de
vie (QV) et ses facteurs associés chez les
personnes vivant avec le VIH (PVVIH) du projet
MAYA.
Discussion : Compte tenu des effets positifs à
long terme des TA sur la santé et le
fonctionnement physiques des PVVIH, les aspects
psychologiques et sociaux de leur vie semblent
prendre de plus en plus d’importance. Ceci devrait
être considéré et intégré systématiquement dans
les soins, services ou programmes visant
l’amélioration de la qualité de vie des PVVIH.
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2
1-2
3
A.D. Bouhnik , M. Préau , M.A. Schiltz , Y.
2
4
2
Obadia , F. Lert , B. Spire
1
Laboratoire de psychologie sociale, Aix-en2
Provence
ORS PACA/INSERM UMR 379,
3
Marseille CAMS-CERMES-CNRS-EHESS, Paris
4
INSERM U687,Saint-Maurice, France
Introduction : Les multithérapies ont bouleversé la
vie des personnes séropositives et notamment leur
vie sexuelle. Si les traitements peuvent redonner
désir et forme physique, ils peuvent également
engendrer des difficultés. L’objectif de cette étude
est d’étudier les troubles de la sexualité dans
l’enquête ANRS-EN12-VESPA.
Conclusions : Aucun facteur lié à la sévérité de la
maladie n’intervient dans les troubles autodéclarés
de la sexualité, en revanche le vécu du traitement
et de la maladie y sont associés. Un soutien
psychologique visant à améliorer le vécu de
l’infection à VIH, et plus particulièrement l’impact
des traitements en termes d’effets secondaires
perçus pourrait avoir un impact positif sur le vécu
des troubles sexuels.
• Dossier de presse 4 Conférence Francophone VIH/SIDA – 20 mars 2007 •
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Vivre avec le VIH au Sud :
entre progrès et obstacles majeurs
Grâce au soutien du Nord, le Sud a bénéficié d’un bond en avant depuis quelques
années
Dans toutes les régions du monde, les pays ont considérablement progressé grâce à l’initiative
internationale notamment celle du Fonds Mondial de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose.
L’accès au traitement anti-VIH a été élargi dans toutes les régions du monde. L’Afrique subsaharienne ainsi
que l’Asie de l’Est, du Sud et du Sud-Est, les régions les plus fortement touchées par l’épidémie, ont réalisé
les progrès les plus rapides et les plus soutenus : selon l’OMS, plus d’1,5 million de personnes recevaient un
traitement en juin 2006, soit 3 à 10 fois plus qu'en 2003, selon les régions. Mais on dénombre 6,8 millions de
personnes qui devraient bénéficier d’une trithérapie…
Les obstacles majeurs perdurent, mais l’on note certains axes de progrès
Les prix des traitements sont encore trop élevés
C’est le cas des médicaments antirétroviraux (ARV) de deuxième ligne qui sont aujourd'hui 10 à 20
fois plus chers que les traitements de première ligne mais également des tests, kits de diagnostic et
outils de suivi biologiques.
Or, 3 ans après la mise sous traitement, environ 20% des patients sont en échec de traitement et les
médicaments de deuxième ligne ne sont pas disponibles sous forme de génériques.
Quel sera l’accès à ces médicaments dans les pays du Sud alors que les stratégies de deuxième
ligne sont efficaces ?
VIVRE AVEC LE SIDA AU SUD
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Zoom sur le programme scientifique de la 4 Conférence Francophone
51/12A 30 mars 2007 - 16:00 - LOUIS ARMAND 2
Accès aux antirétroviraux de deuxième ligne : le retour en arrière
F. Pascual, A.S. Scouflaire, C. Perez, A. Calmy
Objectif : L’accès aux médicaments de deuxième ligne est difficile dans la plupart des pays à ressources limitées. MSF a recensé
les différents types de protocoles de deuxième ligne utilisés dans une large cohorte multicentrique (FUCHIA, MSF) et puis a analysé
les raisons conduisant à une prescription limitée d’antiprotéases.
Méthodes : La cohorte MSF, débutée en 2001, comprend plus de 57 000 patients (Mars 2006). Les données relatives à ces patients
sont enregistrées dans une base de données électronique (FUCHIA software, Epicentre, Paris). L’analyse porte sur les patients sous
antiprotéases.
Conclusion : L’accès à des molécules de deuxième ligne n’a pas progressé depuis 5 ans et des molécules obsolètes sont encore
trop souvent prescrites. L’absence de concurrence générique, de marché et un réseau de distribution déficient sont responsables de
ces observations. Les organisations internationales et les donateurs doivent s’attaquer aux problèmes qui rendent difficiles la
réalisation des objectifs de l’Accès Universel d’ici 2010.
La gratuité des traitements ARV pour les patients en Afrique est une priorité, mais elle est
encore hétérogène
Des exemples précis montrent que de plus en plus de gouvernements africains assurent la gratuité
du dépistage et des traitements antirétroviraux au point de consommation pour les patients les plus
vulnérables afin d’étendre l’accès aux médicaments et d’améliorer la prévention. C’est le cas au
Gabon et au Congo depuis début 2007. Les traitements ARV au Gabon coûtent désormais entre 4 et
10
10 dollars par mois, contre 800 à 1000 dollars avant avril 2003.
« Le passage à la gratuité totale pour tous, en entraînant une bien meilleure observance et un
résultat nettement supérieur, doit être l’objectif. D’ailleurs, si l’on s’inscrit dans une démarche de 3 ou
4 ans, le coût de ces prises en charge ne peut que baisser.
La gratuité totale des soins existe dans moins de 25% des pays du Sud, mais moins de 10% d’entre
eux imposent aux malades une contribution sur les médicaments » précise le Professeur JeanFrançois Delfraissy.
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• Dossier de presse 4 Conférence Francophone VIH/SIDA – 20 mars 2007 •
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Malheureusement, d’autres Etats ont encore des programmes d'accès aux soins basés sur le
principe d'une participation financière des patients. Malgré les subventions accordées, le coût de la
prise en charge médicale reste largement supérieur aux ressources de la majorité des malades. La
gratuité au point de consommation suppose cependant de construire des mécanismes de
financement qui garantissent sa pérennité en combinant aide extérieure, subventions publiques et
mécanismes d’assurance. C’est ce que vient de souligner la Conférence Internationale sur la
couverture du Risque Maladie dans les Pays en Développement organisé les 15 et 16 Mars derniers
à Paris, dans le cadre du G8 , à l’initiative de la Présidence de la République.
Pour faire face à la réalité, on s’engage vers la décentralisation des soins
Si l’accès aux traitements progresse dans les grandes villes, les zones rurales, à l’inverse, sont
moins favorisées. La lenteur de la mise en place d’une décentralisation est due à un problème
d’organisation des soins :
- Systèmes d’approvisionnement, de gestion et de distribution des médicaments insuffisants,
- Capacités de laboratoire limitées,
- Manque de professionnels de santé, et notamment d’infirmières.
L’OMS estime que 57 pays souffrent actuellement d’une pénurie critique en personnels de santé, les
déficits les plus élevés étant observés en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud-Est. L’Afrique
subsaharienne ne possède que 3% des agents de santé, ceux-ci étant le plus souvent concentrés
11,12
dans les villes avec des effectifs d’autant plus clairsemés en milieu rural
. Il faut d’ailleurs noter
que le VIH contribue lui aussi à cette pénurie en exposant les personnels de santé à la maladie et à
la mort.
VIVRE AVEC LE SIDA AU SUD
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Zoom sur le programme scientifique de la 4 Conférence Francophone
76/16A 30 mars 2007 - 16:15 - SALLE 4
Motivation et satisfaction au travail des personnels de santé chargés de la prise en charge des personnes vivant avec le
VIH : Enquête prospective dans les centres de références du programme Access Gabon
5
5
3
7
4
6
2
1
L. Gassita , M. Ondo Mba , C. Zamba , I. Ngoua Nguéma , I. Mistoul , G.P Obiang Ndong , G. Malonga , H. Degui
1
2
CHMP Centrale Humanitaire Médico Pharmaceutique, Clermont-Ferrand - Coordination générale Sida Santé, CEEAC
3
4
Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale - Centre de Traitement Ambulatoire - Infectiologie, Centre Hospitalier
5
6
de Libreville - Département de Pharmacologie, Faculté de Médecine et des Sciences de la Santé - Programme Access,
7
Programme National de Lutte contre le Sida et les IST - Sociologie, Université Omar Bongo Ondimba, Libreville, Gabon
La séroprévalence de l'infection à VIH au Gabon a été estimé à 8,1% en 2004 (Source PNLS/IST). 52 110 personnes vivent avec le
er
VIH. Depuis le 1 décembre 2001, les malades séropositifs résidant au Gabon, ont accès aux trithérapies antirétrovirales à prix
modéré, par le biais du programme ACCESS, programme de prise en charge des personnes vivant avec le VIH (pvvih) initié par le
gouvernement gabonais en collaboration avec différents partenaires internationaux. 9491 malades sont aujourd'hui suivis
régulièrement dans les centres de références et 3471 sont sous traitement anti rétrovirale. Devant le nombre croissant des
malades qui se pressent aux portes des centres de prises en charge, les auteurs ont jugé utile de mener une enquête
auprès des personnels de santé travaillant dans ces centres. … Les résultats ont mis à jour des plaintes récurrentes et
nombreuses des travailleurs notamment : l'épuisement professionnel, les salaires misérables, le manque de formation continue, le
manque d'interlocuteurs au niveau des instances politiques dirigeantes, le non paiement des primes, l'inadéquation entre les
fonctions exercées et les compétences initiales, les mauvaises conditions de travail, la surchage constante de travail, le manque
d'équipement médical, les ruptures fréquentes des médicaments, le manque de reconnaissance, par la tutelle, des efforts accomplis
sur le terrain. Des ressources humaines compétentes et motivées sont le garant de prestation de qualité des soins de santé. Il est
donc primordial, au regard de ses résultats, de mettre en place rapidement des mesures efficaces et incitatives pour
motiver le personnel de santé chargé des pvvih et garantir le succès durable des programmes de prise en charge.
Des actions, visant à une décentralisation efficace des soins, apparaissent donc cruciales à
un moment où les programmes d’accès aux traitements se multiplient dans les pays du Sud.
Il est nécessaire d’accompagner les initiatives locales c’est pourquoi l’ANRS a initié un vaste
programme de recherche opérationnelle en 2005, au Cameroun. Il consiste à évaluer en
conditions réelles les politiques de décentralisation de l’accès au traitement antirétroviral en
Afrique. Les résultats de ce programme sont attendus pour la prochaine conférence mondiale
sur le Sida de Mexico à l’été 2008.
Enfin, il est vital d’évaluer les discriminations dont sont victimes les personnes infectées et comment
celles-ci affectent l’équité dans l’accès aux traitements et aux soins du Sida. Il faut en particulier
montrer à quelles conditions (de lutte contre les discriminations notamment) et en quoi la lutte
contre le Sida peuvent avoir un effet d’entraînement positif sur la lutte contre la pauvreté et pour
l’accès aux soins en général dans ces pays.
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• Dossier de presse 4 Conférence Francophone VIH/SIDA – 20 mars 2007 •
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Prévention, les nouveaux enjeux de la recherche
Les jeunes, les enfants, notamment les orphelins, et les jeunes femmes représentent une population
à risque dans l’épidémie de Sida, alors que le VIH est une infection absolument évitable. Même en
l’absence de vaccin, les adultes peuvent se prémunir contre le VIH par la modification de leurs
comportements, le recours aux préservatifs et par d’autres moyens qui ont freiné la propagation du
VIH dans un nombre croissant de pays pauvres.
Huit des onze études portant sur des pays subsahariens indiquent que le pourcentage des jeunes
ayant des rapports sexuels avant l’âge de 15 ans a diminué, et que le recours aux préservatifs est
13
en hausse . Mais les infections demeurent, d’où l’importance de mettre en place des
programmes de recherche complémentaires à l’usage du préservatif.
Le vaccin préventif, la circoncision, qui pourrait préserver 60 % des jeunes hommes, ou
encore le développement des microbicides pour mieux protéger les femmes, sont autant
d’alternatives qui font aujourd’hui l’objet de recherches.
Penser à l’enfant
Les aides internationales se sont tout d’abord donné 2 grandes priorités : La prise en charge des
patients adultes et la prévention de la transmission de la mère à l’enfant. La maladie semble avoir
été oubliée chez l’enfant.
Selon les données de l’Onusida, plus de 2 millions des personnes infectées par le VIH seraient des
enfants de moins de 15 ans. La difficulté de prise en charge de l’enfant provient
essentiellement du manque de pédiatres et du peu de disponibilité de formulations
pédiatriques.
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III - Transmission mère/enfant (TME) :
de la recherche à l’action
La TME du VIH peut survenir in utéro dans les dernières semaines de la grossesse, au moment de
l’accouchement, et pendant l’allaitement. Elle reste par conséquent, une préoccupation constante.
Cependant, ce mode transmission a pu être minimisé dans les pays du Sud qui ont accès aux ARV en
particulier par la mise en place d’un traitement antirétroviral avant et pendant l’accouchement. De
nombreuses questions se posent encore car l’objectif envisagé dans ces pays n’est pas atteint.
Une situation maîtrisée au Nord
Des progrès réalisés dans le domaine de la prévention et surtout les avancées thérapeutiques des
années 1990 ont modifié l’histoire du VIH/SIDA dans les pays développés. Le taux de transmission
qui était de 30 à 35 % en dehors de toute prévention est inférieur à 2% dans la plupart des pays
17
développés.
En France, le faible taux de transmission repose sur :
la proposition de dépistage du VIH chez les femmes enceintes,
la prescription d’ARV pendant la grossesse,
la pratique éventuelle d’une césarienne au moment de l’accouchement,
un allaitement artificiel du nouveau-né.
L’allaitement présente, en effet, un risque de surcontamination de l’ordre de 5%. En l’absence
18
de traitement, le taux de transmission avoisine les 20% .
Des recherches originales au Sud
L’ensemble des questions posées par l’infection au VIH ne peut pas se résoudre uniquement par
des études réalisées dans les pays du Nord. Certains problèmes sont spécifiques aux pays du Sud,
notamment pour ce qui concerne la transmission mère/enfant. C’est pourquoi elle a tant suscité de
recherches originales.
«Toute une série de questions concernant la transmission mère/enfant ne pouvaient trouver de
réponses dans le Nord. Elles ont donc fait l’objet de travaux de recherche dans les pays du Sud.
Dans les maternités de ces pays, l’incidence de séropositivité est de 20 à 25%, ce qui implique une
situation radicalement différente de celle rencontrée au Nord » précise le Professeur Jean-François
Delfraissy.
« Environ 60% des principaux éléments de réponse actuels ont été apportés par les équipes
françaises, en partenariat avec des équipes du Sud, dans le cadre de la francophonie »
poursuit-il.
L’efficacité d’un traitement antirétroviral court pendant la grossesse a été montrée pour la
première fois en Afrique. Un essai de l’ANRS (ANRS 049-Ditrame) datant de 1999 a révélé qu’il
était possible de réduire le taux de transmission du VIH. À l’âge de 6 mois, seulement 18% des
19
enfants de mères séropositives étaient infectés contre 27,5% dans le groupe placebo .
Depuis, d’autres travaux de recherche ont été effectués avec de meilleurs résultats. L’essai ANRS1201-Ditrame Plus avait pour objectif d’évaluer l’efficacité d’un traitement associant 2 ou 3 ARV
chez la mère au moment de l’accouchement, en traitant également le nouveau-né à la naissance.
Ce protocole thérapeutique a permis de ramener le taux de transmission à moins de 5%. Il s’est
20
montré non seulement efficace mais aussi faisable, compte tenu de l’acceptabilité rencontrée .
« Pourtant, si l’on sait aujourd’hui ce qu’il est nécessaire de faire, seulement 10% des
femmes enceintes séropositives ont accès aux programmes complets de prise en charge :
dépistage, traitements ARV, suivi post-grossesse. Il existe donc un fossé important entre les
résultats de la recherche et leurs applications dans les pays du Sud. »
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Pourquoi ce fossé ?
Les causes d’échec de la PTME sont multiples :
Manque de dépistage des femmes enceintes,
Prise en charge insuffisante du couple,
Accouchements en dehors des structures de soins,
Allaitement maternel.
Une discrimination qui va à l’encontre de la prévention
Un problème majeur à la PTME reste le risque de l’exclusion des femmes lors de l’annonce du
diagnostic à leur conjoint. Un certain nombre d’entre elles ne reviennent pas dans les structures de
soins.
« On fait des lettres d’invitation pour des soins sans préciser que c’est dans le cadre de la PTME.
Mais il y a beaucoup de rejet... les femmes infectées ont peur d’être abandonnées par leur mari.
Dans l’esprit de beaucoup, le VIH ne concerne que la femme qui a révélé sa séropositivité.
Heureusement, il existe des couples séro-discordants au sein desquels ça se passe bien et, côté
21
dépistage, on a réussi à passer de 2 à 7% » précise une sage-femme de Côte d’Ivoire .
Le problème ne concerne pas seulement le dépistage mais aussi et surtout la gestion du suivi. Pour
être efficace, la mise en oeuvre de la PTME nécessite l’adhésion de la communauté locale et le
dépistage du conjoint doit être mieux pris en compte au sein du couple. Une réflexion est donc
ouverte pour optimiser l’information, l’éducation thérapeutique et l’aide à l’observance dans
l’ensemble de ces populations du Sud.
Des accouchements trop fréquents en dehors des structures hospitalières
Les pratiques d’accouchement traditionnelles sont encore largement en usage dans les pays du Sud
et touchent plus volontiers les secteurs ruraux. Mais, s’il est vrai que la tendance à s’adresser à des
structures de soins publiques, pour le suivi de la grossesse et pour l’accouchement, est plus
marquée en ville qu’à la campagne, il est néanmoins utile de souligner que certaines pratiques sont
encore gérées au sein de la famille et entraînent l’absence de suivi et même de dépistage.
Une priorité : les recherches interventionnelles
Le fort contraste constaté entre les résultats des études effectuées et la mise en application au sein
des populations du Sud incite à l’élaboration de nouveaux essais de type interventionnel.
Comment dépasser le taux de prise en charge de 10% ?
Des expériences pilotes dans l’objectif de visualiser les difficultés existantes dans l’observance des
traitements ARV et les moyens de les résoudre sont aujourd’hui d’actualité.
Faut-il utiliser des traitements simplifiés ou passer d’emblée à une trithérapie ?
Des questions auxquelles les études réalisées ou en cours de réalisation doivent pouvoir répondre.
La transmission au cours de la grossesse se faisant majoritairement à la fin de la gestation et lors de
l’accouchement, les différents régimes actuellement proposés dans les pays du Sud consistent en
l’administration d’une combinaison d’ARV au cours du dernier mois de la grossesse, lors de
l’accouchement, et à la naissance d’un traitement court à l’enfant.
L’administration de névirapine en dose unique reste encore un traitement antirétroviral
efficace et facile à utiliser dans les pays du Sud qui n’ont accès qu’à un nombre limité d’ARV
pour la PTME et ne disposent que d’une infrastructure très restreinte. Ce protocole thérapeutique
simplifié diminue le risque de transmission sans toutefois le supprimer car il existe un risque résiduel
au cours de l’accouchement d’environ 12%. Cependant, un problème majeur se pose avec
l’émergence potentielle de souches virales résistantes, à la fois chez l’enfant mais aussi chez
la mère. Ce qui peut avoir des conséquences lors de la mise ultérieure sous traitement
antirétroviral. Un complément thérapeutique d’une semaine d’ARV est souvent donné à la mère
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après l’accouchement pour diminuer ce risque .
Lorsque l’accès aux ARV est plus aisé, l’administration d’une trithérapie pendant la
grossesse est souhaitable et les efforts réalisés au Sud vont dans ce sens.
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L’allaitement maternel
Si aucun traitement antirétroviral n’est parfait chez la femme qui allaite, plusieurs solutions sont
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possibles avec chacune ses avantages et ses inconvénients .
En effet, l’allaitement maternel entraîne un risque additionnel de TME du VIH et ce risque est
d’autant plus important que l’allaitement est prolongé. En France, l’allaitement des femmes
séropositives est contre-indiqué.
Dans les pays du Sud, les programmes de prévention de PTME conseillent aux mères de remplacer
le lait maternel par des substituts afin de réduire le risque de transmission du VIH à leur enfant au
cours de l’allaitement.
Cependant, l’aspect culturel incite les femmes à allaiter. La pénurie alimentaire chronique, le
manque de moyens financiers et l’accès limité à l’eau potable indispensable à la préparation et à la
consommation de ces substituts ne permet pas non plus aux mères de se les procurer. Il est donc
souvent difficile d’imposer une alimentation de remplacement.
Plusieurs études présentées à la dernière CROI (Conférence sur les Rétrovirus et les Infections
Opportunistes) montrent que, dans des pays à faibles ressources, l’utilisation d’une alimentation
artificielle augmente les risques de diarrhées sévères et les décès des nouveau-nés. L’évaluation de
l’allaitement selon un rapport bénéfice/risque pour le nourrisson a alors mené l’OMS à nuancer ses
recommandations : « Quand l’alimentation de substitution est acceptable, praticable,
financièrement abordable, sûre et durable, la mère séropositive devrait renoncer entièrement
à l’allaitement au sein. Mais lorsque ces conditions ne sont pas remplies, il est recommandé
à la mère séropositive qui choisit d’allaiter son nourrisson de le faire de manière exclusive
durant les six premiers mois »
Différents essais visent à évaluer les différentes pratiques
Parmi ceux-ci, l’essai ANRS 1289/Kesho Bora consiste à proposer aux mères qui choisissent
d’allaiter un traitement ARV pendant l’allaitement en complément d’un traitement proposé en fin de
grossesse et à l’accouchement.
« Le risque de transmission de la mère qui allaite étant particulièrement fort au cours des premières
semaines de vie, l’allaitement artificiel, lorsque la mère en a fait le choix, doit être préconisé dès la
naissance. Toutefois, la surmortalité due notamment aux gastro-entérites incite maintenant à être
plus prudents et à préserver l’allaitement maternel avec une prévention antirétrovirale chez la mère
et chez l’enfant » précise le Professeur Jean-François Delfraissy. « À l’avenir, on verra donc
probablement une utilisation plus large des trithérapies chez les mères qui allaitent » poursuit-il.
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TRANSMISSION MÈRE / ENFANTS
Zoom sur le programme scientifique de la 4e Conférence Francophone VIH/SIDA
8/3A 30 mars 2007 - 11:25 - LOUIS ARMAND 1
32/7A 30 mars 2007 - 11:15 - SALLE 3
Transmission mère-enfant du VIH à l’ère des
multithérapies dans l’Enquête Périnatale Française
(ANRS-EPF)
Utilisation du papier filtre dans la quantification de
l’ARN viral plasmatique au Sénégal
2
7
2
J. Warszawski , R. Tubiana , J. Le Chenadec , S.
6
2
Blanche , J.P. Teglas , C.
4
5
3
3
Dollfus , A. Faye , M. Burgard , C. Rouzioux , L.
1
Mandelbrot , ANRS-EPF.
2
Enquête Périnatale Française
1
Hôpital Louis Mourier, Université Paris VII, AP-HP,
Service de Gynécologie Obstétrique, Colombes
2
3
INSERM, INED U569, Le Kremlin-Bicêtre - Hôpital
4
Necker, AP-HP, Laboratoire de Virologie - Hôpital
Trousseau, AP-HP, Service d’Hématologie et
5
d’oncologie pédiatrique Hôpital Robert Debré, AP-HP,
6
Service de Pédiatrie Général - Hôpital Necker, AP-HP,
Unité d’Immunologie Hématologie Pédiatrique, AP-HP,
7
Paris 5 - INSERM U543, Paris, France
Objectifs : identifier les facteurs de risque résiduels liés
à la transmission mère-enfant du VIH chez les femmes
recevant un traitement antirétroviral pendant la
grossesse à l’ère des multithérapies.
4
4
4
C.Touré-Kane , H. Diop-Ndiaye , S. Diallo , M.C.
1
1
4
4
3
Bernard , F. Simon , N.Diouf , I. Ndiaye , N. Mbaye ,
2
4
4
A.S. Wade , A. Gaye-Diallo , S. Mboup
1
2
Laboratoire Biomérieux, Lyon, France, Division de
Lutte contre le Sida/IST, Ministère de la Santé publique,
3
4
Synergie pour l'enfance, LBV HALD, Université Cheikh
Anta Diop, Dakar, Sénégal
Objectifs : L’objectif de cette étude est d’évaluer
l’utilisation du papier buvard (DBS) comme support de
prélèvement pour la détermination de la charge virale
plasmatique du VIH-1 par la technologie Nuclisens
EasyQ des laboratoires Biomérieux.
Conclusion : Ces résultats, extrêmement prometteurs
pour le suivi virologique des patients en zone
décentralisée, devront être confirmés par une étude plus
large dans d’autres régions du Sénégal.
Conclusion : Nos résultats soulignent le rôle majeur du
contrôle de la charge virale à l’accouchement avec un
taux de transmission très bas en cas de charge virale
indétectable (0,3%). En outre, ils suggèrent de
commencer le traitement prophylactique avant le début
du troisième trimestre, et d’autant plus tôt qu’il existe
des signes de prématurité, dont nous avons montré
l’association très forte avec le risque de transmission.
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IV- Références
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2. Pereti-Watel P. et al. L’enquête VESPA/ANRS: enquêter 2003. Colloque francophone sur les sondages 2005
3. Dray-Spira Ret al. and the ANRS/VESPA Study Group. Heterogeneous response to HAART across a diverse
population of people living with HIV: results from the ANRS-EN12-VESPA Study. AIDS. 2007;21(Suppl 1):S5-S12.
4. Dray-Spira R, Lert F, and the ANRS/VESPA Study Group. Living and working with HIV in France in 2003: results from
the ANRS-EN12-VESPA Study. AIDS. 2007;21(Suppl 1):S29-36.
5. Bouhnik AD et al. And the ANRS/VESPA Study Group. Unsafe sex in regular partnerships among heterosexual
persons living with HIV: evidence from a large representative sample of individuals attending outpatients services in
France (ANRS-EN12-VESPA Study). AIDS 2007 Jan ; 21 Suppl 1 : S57-S62.
6. Rey D et al. And the ANRS/VESPA Study Group. Awareness of non-occupational HIV postexposureprophylaxis
among French people living with HIV:the need for better targeting. AIDS 2007 Jan ; 21 Suppl 1 : S71-S76.
7. Bouillon K, Lert F, Sitta R, Schmaus A, Spire B, Dray-Spira R. Factors correlated with disclosure in the French Antilles
and French Guiana: results from the ANRS-EN-13VESPA DFA study. AIDS 2007 Jan ; 21 Suppl 1 : S89-S94
8. Heard I et al. And the ANRS/VESPA Study Group. Reproductive choice in men and women living with HIV: evidence
from a large representative sample of outpatients attending French hospitals (ANRS-EN12-VESPA Study). AIDS 2007
Jan ; 21 Suppl 1 : S77-S82.
9. OMS. Communiqué de presse conjoint OMS/ONUSIDA – 28 mars 2006
10. GABON : Dépistage et traitements gratuits pour les plus vulnérables. IRIN NEWS.ORG
11. OMS. Vers un accès universel d’ici à 2010 :Activités de l’OMS avec les pays pour étendre la prévention, le
traitement, les soins et le soutien en matière de VIH. 2006
12. Nouveau plan de l’OMS contre la pénurie de personnel de santé. Témoignages ; vendredi 18 août 2006 (page 8)
13. Banque Mondiale. Le SIDA en Afrique aujourd’hui. HIV/AIDS in Africa ACTafrica
14.Kahn JG, Marseille E, Avert B. Cost-Effectiveness of Male Circumcision for HIV Prevention in a South African Setting.
PLoS Medicine Vol. 3, No. 12, e517 doi:10.1371/journal.pmed.0030517
15. Appaix O. Prise en charge des OEV : passage à l’échelle ; 1er octobre 2006. www.orphelins-sida.org
16. Dr Luis Gomes Sambo.Message du Directeur Régional de l’OMS pour l’Afrique à l’occasion de la Journée Mondiale
er
de Lutte contre le Sida ; 1 décembre 2006
17.Yé D et al. Enfants nés de mères VIH-positives : à propos de 4 cas de contamination sur une période de 14 ans de
suivi au CHU de Rouen. Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé . Volume 15, Numéro 3, 171-4, JuilletAoût-Septembre 2005, Étude originale
18. Enfance et Sida. Faire reculer la maladie dans les pays en développement ; Dossier de presse, 15-16 juin 2006
19. Dabis F et al. 6-month efficacy, tolerance and acceptability of a short regimen of oral zidovudine to reduce vertical
transmission of HIV in brestfed children in Côte d’Ivoire and Burkina Faso: a double-blind placebo-controlled multicentre
trial. Ditrame Study Group (ANRS 049 Clinical Trial). Lancet 1999, 353 (9155): 786-92
20. ANRS. Communiqué de presse, Côte d’Ivoire : La recherche continue. 24 avril 2006
21. Sida en Côte d’Ivoire : la prévention de la transmission mère-enfant. Dossier de l’UNICEF contre le Sida en Côte
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22. Enfance et : de la recherche à l’action. ISPED – Revue de la littérature enfance et sida – Janvier 2007;
e
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