exposition - Association des Journalistes du Patrimoine

Transcription

exposition - Association des Journalistes du Patrimoine
EXPOSITION
Jacques Androuet du Cerceau (1520 - 1586)
« L'architecte qui dessina Blois et les Châteaux de la Loire »
Du 21 mai au 18 septembre 2011
Au Château Royal de Blois
En coproduction avec la Cité de l'Architecture et du Patrimoine (Paris)
Archi méconnu mais archi influent...
Le Château royal de Blois – Androuet du Cerceau
Crédit British Museum Londres
Avec son nom à coucher dehors et sa réputation d’architecte qui n’a jamais rien construit, Androuet du
Cerceau (1520-1586) avait bien besoin d’une nouvelle exposition...
Il nous reste aujourd’hui plus de dessins que de bâtiments pour appréhender l’œuvre de Du Cerceau et réaliser comment il créa un style
architectural national : un plan symétrique, des colonnes en façade, des fenêtres hautes pour faire entrer la lumière jusque sous les
combles. Sous l’égide de rois comme François Ier il incarna une volonté politique de se passer des architectes italiens.
Androuet du Cerceau, architecte et ornemaniste, figure majeure de la Renaissance française, est l’auteur de la première et de la plus
célèbre anthologie consacrée à l’architecture : Les plus excellents bâtiments de France (publiés en 1576 et en 1579). Il y dessine et y décrit
les trente plus célèbres châteaux de la Renaissance dont celui de Blois. C’est seulement grâce à ces dessins et à ces gravures que l'on sait
à quoi ressemblait le château de Blois, au XVIe siècle, mais aussi bien d’autres monuments parfois détruits. Son œuvre est redécouverte au
XIXe siècle et les architectes Félix Duban et Eugène Viollet-le-Duc s'aident de ses dessins pour restaurer les grands châteaux de la
Renaissance.
L’exposition, s'appuyant sur des recherches récentes, associe de façon harmonieuse et ludique, des livres, dessins originaux et
gravures d'Androuet du Cerceau, des peintures, d'objets d'art, des moulages d’éléments d’architecture et de décors, des
restitutions en 3D de monuments disparus, des multimédia interactifs et surtout des maquettes de grands châteaux.
Présentée pour la première fois à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine -musée des monuments français (Paris) en 2010, l’exposition a
été entièrement refondue à Blois où elle est présentée dans une nouvelle scénographie. La spécificité de l’exposition blésoise est, d’une
part, d’être illustrée par des moulages des décors et des fragments d’architecture que conserve le château royal de Blois et, d’autre part, de
proposer un panorama de l’histoire architecturale des châteaux du val de Loire à travers l’œuvre dessinée de Du Cerceau. Elle réunit ainsi
l’œuvre du théoricien et du témoin de l’architecture de la Renaissance.
Commissariat
- À Paris : Hervé Lemoisne, ancien directeur de la Cité de l'Architecture
et Catherine Arminjon, conservateur général honoraire du patrimoine
- À Blois: Elisabeth Latrémolière, conservateur – directrice du Château Royal et des Musées
avec la collaboration de Morgane Bouron, doctorante au Centre d'études supérieures de la Renaissance (Tours)
et Pierre-Gilles Girault, conservateur adjoint du Château Royal
Autour de l’exposition
- Exploitation pédagogique : ateliers, livret-jeu pour la visite
- Table ronde autour de la reconstruction des Monuments historiques, les nouvelles tendances de la restauration.
Publications (en vente à la boutique du château)
- Petit journal de l’exposition de Blois, 12 pages, 3 €.
- Dossier de l’art, n° 171, Androuet du Cerceau, l’inventeur de l’ architecte à la française ?, 96 pages, 9 €.
- Jacques Androuet du Cerceau, “un des plus grands architecte qui se soient jamais trouvés en France”, sous la direction de Jean Guillaume,
co-édition Picard/Cité architecture et Patrimoine, 2010, 350 pages, 65 €.
- Jacques Androuet du Cerceau, Les dessins des plus excellents bâtiments de France, par Françoise Boudon et Claude Mignot, co-édition
Picard /Le passage, 2010, 256 pages, 49 €.
Château Royal de Blois
Place du Château – 41 000 BLOIS – FRANCE
T : 00 33 (0)2 54 90 33 33 - [email protected] - www.chateaudeblois.fr
Jacques Androuet du Cerceau (1520 - 1586)
« L'architecte qui dessina Blois et les Châteaux de la Loire »
Parcours de l'exposition
- Vestibule :
Androuet du Cerceau et son temps, un artiste révélé
Le contexte historique
Une personnalité énigmatique
Son œuvre
- Salle I :
L’invention d’une architecture à la française ?
Entre imaginaire et réalité : l’antique, les vues d’optiques et de perspectives
Le créateur d’ornements : Du Cerceau et les arts de la Renaissance (céramique, mobilier)
Des inventions architecturales
=> Points forts : dessins originaux de Du Cerceau, recueils gravés de modèles, meubles et objets d’art,
bornes multimédia sur les vues d’optique et de perspective…
- Salle II :
Blois et les châteaux de la Loire ou “la première Renaissance”
Un projet unique dans l’Europe du XVIe siècle : le florilège des trente plus beaux châteaux édifiés dans le
royaume de France
Les châteaux de la Loire et du Blésois
Châteaux et jardins
=> Points forts : maquette de l’escalier François Ier, maquette et film 3D du château de Bury
(aujourd’hui disparu), la borne multimédia des dessins des Plus excellents bâtiments de France…
- Salle III :
Les Châteaux d’Ile-de-France ou la Renaissance classique
Madrid, Fontainebleau, le Louvre, les Tuileries
●
La postérité de Du Cerceau au XVIIe siècle
●
L’architecte retrouvé au XIXe siècle et source d’inspiration pour les restaurations
=> Points forts : vestiges du décor du château de Madrid au bois de Boulogne (aujourd’hui disparu),
maquette des Tuileries et film 3D…
Informations pratiques
Exposition du 21 mai au 18 septembre 2011
Ouverture du Château :
mai, juin et septembre : 9h00 / 18h30
juillet et août : 9h00 / 19h00
Exposition incluse dans le prix d'entrée du Château :
- Adulte : 8 € / 9,50 € (juin à septembre)
- Tarif réduit : 6,50 € / 7 € (juin à septembre)
- Enfant (6 / 17 ans) : 4 € - moins de 6 ans : gratuit
Plus d'informations sur www.chateaudeblois.fr
Renseignements : 02 54 90 33 33 / [email protected]
Service de presse : Danielle Escher - D.E.S Communication
01 46 40 08 13 / 06 12 08 00 90 ou [email protected]
Iconographie : De haut en bas : modèle de lit; Blois; Bury; Amboise; Chambord; Madrid (au bois de Boulogne); modèle de fontaine
Château Royal de Blois
Place du Château – 41 000 BLOIS – FRANCE
T : 00 33 (0)2 54 90 33 33 - [email protected] - www.chateaudeblois.fr
Jacques Androuet du Cerceau (1520 - 1586)
« L'architecte qui dessina Blois et les Châteaux de la Loire »
Pour en savoir plus sur un architecte fantôme :
Jacques Androuet du Cerceau
Jacques Androuet du Cerceau et son temps : un artiste révélé
Jacques Androuet du Cerceau, architecte de la Renaissance mais aussi dessinateur, graveur à l’eau-forte, éditeur d’estampes, n’est pas encore
très connu du grand public. Pourtant, il est un acteur et un témoin incontournable des arts de son temps.
Né vers 1520 à Paris, il exerce sous les règnes de François Ier et de ses successeurs, Henri II, Charles IX et Henri III, puis sous la régence de
Catherine de Médicis. Vers 1563, dans le contexte troublé des guerres de religion, Du Cerceau, de confession protestante, fait le choix de se
retirer à Montargis et de se placer sous la protection de Renée de France – fille de Louis XII et duchesse de Ferrare –, elle-même convertie à la
religion réformée.
Influencé par les gravures d’un maître flamand inconnu (actif dans les années 1530) et par le célèbre architecte italien Sebastiano Serlio, Du
Cerceau produit, dès 1538, des dessins d’architectures antiques réelles ou imaginaires, des gravures d’ornements dans le style de l’Ecole de
Fontainebleau, des vues d’optique et de perspective, puis des recueils de modèles d’architecture (arcs de triomphe, maisons particulières…), de
détails architecturaux (lucarnes, cheminées…), de mobiliers, d’objets d’art. En plus de ces milliers de gravures, ce sont plus de deux mille
dessins sur vélin, matériau très coûteux, qui révèlent l’art de cet “ artisan de luxe ”.
Incontestablement, son œuvre majeure est son anthologie des Plus excellents bâtiments de France publiée en deux volumes en 1576 et
1579 et qui rassemble les trente plus grands châteaux du royaume.
L’invention d’une architecture à la Française
Fin connaisseur de l’Antiquité, Du Cerceau lui a réservé une part importante de sa production, en se concentrant surtout sur les temples, les
portes et les arcs monumentaux, sujets de prédilection à l’époque de la Renaissance. Il joue avec les codes, les monuments, les motifs antiques
et mêle ainsi le fantastique à la réalité. Ses représentations imaginaires révèlent la curiosité et la créativité de l’architecte, mais aussi une grande
habileté technique visible dans son emploi de la perspective. Ses Vues d’optique circulaires allient parfaitement technicité et fantaisie au profit
d’un environnement poétique.
Il met également son imagination au service des ornements architecturaux et décoratifs. Une fois le répertoire ornemental de la première
Renaissance maîtrisé, Du Cerceau ne va cesser de l’enrichir et d’y introduire de nouveaux motifs. Il réinterprète de façon personnelle et “ à la
française ” des formes héritées du maniérisme italien et reprises par l’Ecole de Fontainebleau : cartouches, mauresques, trophées d’armes,
bijoux, mobilier, etc. Destinés à tous les artisans d’art, qu’ils soient orfèvres, céramistes, liciers, serruriers, ébénistes, ses dessins et gravures
d’ornements lui assurent une notoriété immédiate. Sans compter qu’au XIXe siècle, ses modèles sont repris pour nourrir le style néorenaissance.
C’est plus encore dans le domaine du décor architectural que Du Cerceau va détourner les formes classiques pour leur substituer un univers
fait d’éclectisme et d’abondance, peuplé notamment de sculptures anthropomorphiques d’une grande expressivité. Sa grande liberté d’esprit
s’exprime aussi au travers de dessins de “ bâtiments étranges ” ou “ bâtiments à plaisir ”, selon ses propres termes, qui ne sont pas destinés à
être construits mais seulement à stimuler l’imagination.
Cette intense activité de création architecturale n’est pourtant pas uniquement dédiée à des “ architectures de papier ” mais bien aussi à de
réels modèles de construction, destinés aux architectes, maîtres d’œuvre ou commanditaires qui peuvent ainsi choisir dans un “ catalogue ” le
type d’habitat susceptible de leur convenir. Ses trois livres d’architecture présentent un large éventail de demeures convenant à tous les degrés
de la société, Du Cerceau cherchant à éviter que les futurs propriétaires n’aillent chercher l’inspiration dans un pays étranger, plus
particulièrement, en Italie. Il s’agit donc ici d’encourager le développement d’une architecture nationale.
Zoom : Les ornements dans l’architecture et le mobilier
Les modèles d’ornements proposés par Jacques Androuet du Cerceau pouvaient être – et ont été – utilisés dans de nombreux et
divers domaines artistiques. L’exposition présentée au château royal de Blois met l’accent sur l’architecture en illustrant le
recueil des “ Petites Grotesques ” par les décors sculptés originaux des façades du château. Ces moulages en plâtre (réalisés
avant les restaurations du XIXe siècle) des décors architecturaux du XVIe siècle, d’une grande richesse artistique, montrent à
quel point Du Cerceau maîtrisait le répertoire décoratif de la première Renaissance. On y trouve des rinceaux entrelacés, des
putti, des dauphins, des vases, des oiseaux, des animaux fantastiques, etc. Tout un monde imaginaire et poétique que
l’architecte a su appréhender et réinterpréter avec talent.
Son talent d’ornemaniste s’est également attaché au mobilier et aux objets d’art. L’exposition dévoilera ainsi une importante
série de gravures originales dédiées aux meubles dont les formes classiques accueillent également des motifs très fantaisistes :
mascarons grimaçants, sphinges, guirlandes de fruits, termes engainés… Une table de la seconde moitié du XVIe siècle,
actuellement conservée au Petit Palais, ainsi qu’une armoire à deux corps (collections du château royal de Blois) montreront que
les artistes et artisans du temps se sont grandement inspirés des modèles de Du Cerceau, tant dans leur composition
architecturée que dans leur répertoire décoratif.
Château Royal de Blois
Place du Château – 41 000 BLOIS – FRANCE
T : 00 33 (0)2 54 90 33 33 - [email protected] - www.chateaudeblois.fr
Jacques Androuet du Cerceau (1520 - 1586)
« L'architecte qui dessina Blois et les Châteaux de la Loire »
Un projet unique dans l’Europe du XVIe siècle :
le florilège des trente plus beaux châteaux édifiés dans le royaume de France
L’anthologie des Plus excellents bâtiments de France a le même but : valoriser l’architecture nationale. A travers elle, il convient pour Du
Cerceau de flatter les souverains qui ont rendu possible la construction de tels chefs-d’œuvre. Parce qu’il est toujours à la recherche de
protection et d’argent, l’architecte mentionne les plus prestigieuses demeures, incluant celles des grands du royaume, les flattant et représentant
ce qui constitue le symbole ultime de leur pouvoir : le château.
Pendant plus de dix ans, Du Cerceau a minutieusement rassemblé une documentation d’une grande richesse qui a contribué à la
renommée de son œuvre : relevés des élévations in situ, observations du terrain, plans d’architecte, maquettes, etc. A partir de ces divers
documents, Du Cerceau constitue trente dossiers consacrés aux plus beaux châteaux du royaume dans lesquels nous trouvons toutes les
variétés possibles de représentations : géométrales, vues en perspective, vues à vol d’oiseau. Elles sont d’une grande précision et montrent que
les talents de l’architecte sont multiples puisqu’il semble aussi être un topographe averti. Il laisse d’ailleurs toujours une large place aux jardins
et au paysage.
Vers 1570, Du Cerceau réalise un ensemble unique de dessins à la plume – encre noire avec rehauts de couleurs – sur des feuilles de vélin de
très grand format de ces mêmes trente châteaux royaux et seigneuriaux du royaume de France, retenus pour les deux recueils gravés qui
seront publiés en 1576 et 1579. Il est fort possible que cet album soit une commande de Renée de France dont nous savons qu’elle a contribué
à l’achat de vélins pour Du Cerceau. En outre, l’importante place consacrée au château de Montargis, la demeure de la duchesse, rend cette
thèse particulièrement crédible. Cet ensemble exceptionnel de dessins, dont six représentent le château royal de Blois, est aujourd’hui conservé
au cabinet des estampes du British Museum à Londres
Du Cerceau et le château de Blois
Le château de Blois tient une place importante dans Les plus excellents bâtiments de France, tant dans l’œuvre dessinée que
dans l’œuvre gravée. L’album de vélins conservés au British Museum compte 6 dessins du château : trois plans, deux du
bâtiment seul et un autre sur lequel apparaissent les jardins, deux vues à vol d’oiseau selon des angles différents et un relevé
des élévations des ailes Louis XII et François Ier. Dans le recueil gravé, le château de Blois inaugure le second volume et
occupe cinq planches : deux plans dont un avec les jardins, une vue à vol d’oiseau de l’ensemble du domaine et deux gravures
des façades de l’aile François Ier sur lesquelles se distinguent également l’aile Louis XII et la Perche aux Bretons. Cette aile du
château a été détruite au XVIIe siècle lorsque Gaston d’Orléans confie à l’architecte François Mansart le projet de modernisation
du château. Les représentations de Du Cerceau sont donc d’autant plus précieuses qu’elles nous permettent de découvrir et de
connaître des parties du monument qui n’existent plus. Outre la Perche aux Bretons, nous connaissons ainsi l’existence d’une
galerie dorique construite au rez-de-chaussée de l’aile François Ier, probablement durant la régence de Catherine de Médicis.
C’est parce qu’il s’appuie sur l’ouvrage d’Androuet du Cerceau que Félix Duban restitue cette galerie (à nouveau détruite depuis)
au XIXe siècle. Enfin, Du Cerceau nous offre l’image d’un autre élément majeur du rayonnement du château royal de la
Renaissance, aujourd’hui disparu : ses jardins. Nous découvrons de vastes jardins en terrasses entourés de galeries, parsemés
de fontaines, d’une orangerie et de jeux de paume. Toute la valeur historique de l’entreprise de Du Cerceau est alors démontrée,
tant par son caractère inédit et original que par sa précision technique.
L’édition imprimée contient des notices pour chacun des châteaux qui sont illustrées par des eaux-fortes, technique de gravure sur cuivre
permettant une grande netteté du trait. Rappelons le caractère exceptionnel et original d’une telle anthologie. Cet ouvrage est le premier en
Europe qui ait été consacré à l’architecture contemporaine de son temps. C’est le premier, voire l’unique témoignage graphique de
l’état de nos châteaux au XVIe siècle et souvent le seul moyen de connaître ceux qui ont disparu.
Les plus excellents bâtiments de France : le château de Bury
Les trente châteaux présents dans les Plus excellents bâtiments de France sont les plus grands châteaux du Val de Loire, d’Ilede-France, de Picardie et de Bourgogne. Sont représentés les châteaux médiévaux les plus prestigieux du temps des Valois
(Vincennes, Creil, Coucy), d’anciens châteaux modernisés (Fontainebleau, Saint-Germain-en-Laye, le Louvre), les demeures de
François Ier (Blois, Chambord, Amboise, Madrid, la Muette, Coucy, Challuau, Folembray), mais aussi les grands projets de
Catherine de Médicis (les Tuileries, Chenonceau, Saint-Maur-des-Fossés, Charleval). Du Cerceau n’oublie pas de faire figurer
dans son anthologie les châteaux des personnages influents du royaume dont il choisit les plus beaux et les plus curieux
(Ecouen, Maulnes-en-Tonnerois, Valléry, Anet) ; il termine son second volume par les demeures campagnardes de deux
secrétaires d’Etat : Beauregard et Bury.
Le château de Bury est l’un des plus anciens et des plus aboutis palais du début du XVIe siècle, le premier château de la
Renaissance en Val de Loire. Il est l’œuvre de Florimond Robertet, ministre des rois Charles VIII, Louis XII et François Ier, qui le
fit bâtir à Molineuf entre 1511 et 1524. Légèrement postérieur à Gaillon – premier exemple français d’un château de la
Renaissance, en Normandie –, Bury le surpasse par son plan : il inaugure la composition française traditionnelle de la façade en
cinq parties. Ce château majeur du XVIe siècle, dont le démantèlement commence dès le XVIIe siècle, a aujourd’hui
complètement disparu mais grâce à la précision des gravures et dessins d’Androuet du Cerceau, une maquette du château de
Bury et un film en 3D ont pu être réalisés, ils seront présentés au sein de l’exposition proposée par le château royal de Blois.
Château Royal de Blois
Place du Château – 41 000 BLOIS – FRANCE
T : 00 33 (0)2 54 90 33 33 - [email protected] - www.chateaudeblois.fr
Jacques Androuet du Cerceau (1520 - 1586)
« L'architecte qui dessina Blois et les Châteaux de la Loire »
La postérité de Du Cerceau
Jacques Androuet du Cerceau a fait le choix de s’exprimer dans un univers architectural libéré des contraintes de la construction. A ses débuts, il
développe un univers fantaisiste appuyé sur la connaissance de l’Antiquité, puis il propose une architecture moderne idéalisée qui montre à la
fois sa grande culture et sa grande créativité. Mais, à partir des années 1560, il se concentre sur la réalité bâtie en proposant des modèles pour
une architecture française de qualité et se consacre à la réalisation d’une anthologie des châteaux du royaume, bâtis ou en cours de
construction, premier inventaire en images du plus haut intérêt pour l’histoire de l’architecture : Les plus excellents bâtiments de France.
Les ouvrages publiés par Du Cerceau ont tenu un rôle important dans la pratique architecturale du XVIIe siècle. Les éditions originales
ou les réimpressions de ces livres figurent dans nombre de bibliothèques d’architectes du Grand siècle, tels que Jacques Lermercier, François
Mansart ou Louis et François Le Vau. Son œuvre est ensuite redécouvert au XIXe siècle par les architectes historicistes de l’âge romantique qui
sont fascinés par cet impressionnant corpus de modèles de toutes sortes. Eugène Viollet-le-Duc s’en sert abondamment pour illustrer son
Dictionnaire. Les plus excellents bâtiments de France constituent une source extraordinaire pour la restauration des monuments de la
Renaissance. Dans les années 1840, Félix Duban, pour la restauration du château de Blois, possède son propre “ Du Cerceau ” qu’il annote et
auquel il fait référence sans cesse pour justifier de telle ou telle décision. En 1868, Hippolyte Destailleur, collectionneur averti de dessins
d’architecture et d’ornements de la Renaissance, promeut l’édition d’un fac-similé afin de faciliter la consultation de l’ouvrage alors presque
introuvable. Mais il faudra attendre le milieu du XXe siècle pour que des études d’envergure soient menées sur l’œuvre considérable
laissé par Jacques Androuet du Cerceau et le début du XXIe pour le faire connaître du public.
Le château de Madrid ou “ le château de faïence ”
Sur l’ordre de François Ier, le château de Madrid est bâti à partir de 1528 dans le bois de Boulogne sur l’actuelle commune de
Neuilly-sur-Seine. Les travaux sont dirigés par l’architecte italien Girolamo della Robbia puis par Philibert Delorme, sous le règne
d’Henri II. Il mêle les influences italiennes – la disposition centrale en H – aux traditions françaises – les pavillons cantonnés de
tours et la distribution intérieure, inspirée de celle de Chenonceaux et de Chambord. Mais la célébrité du château provient de
son exceptionnel décor de terres cuites émaillées en bas-relief et en couleurs qui recouvraient la presque totalité des façades
ainsi que de son somptueux décor intérieur dont Du Cerceau a dessiné les cheminées. A la veille de la Révolution, le château
tombe déjà en ruines et en 1787, Louis XVI ordonne qu’il soit vendu et démoli. Il ne reste aujourd’hui de ce chef-d’œuvre de la
Renaissance, outre les représentations dont les plus détaillées sont celles de Du Cerceau, un chapiteau et quelques fragments
des décors en faïences. Ces derniers auront une place de choix dans l’exposition présentée au château royal de Blois.
Château Royal de Blois
Place du Château – 41 000 BLOIS – FRANCE
T : 00 33 (0)2 54 90 33 33 - [email protected] - www.chateaudeblois.fr