Etats-Unis Lescampusen pleineébullition

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Etats-Unis Lescampusen pleineébullition
PAYS : France
RUBRIQUE : Amériques
PAGE(S) : 26-27
DIFFUSION : 162560
SURFACE : 78 %
JOURNALISTE : Roxane Gay
PERIODICITE : Hebdomadaire
3 décembre 2015 - N°1309
Etats-Unis
Lescampus en
pleine ébullition
Mouvements de protestation contre le racisme
et les discriminations , débats sur la liberté d expression ...
Voilà longtemps que les universités américaines
avaient pas connu une telle agitation.
'
n'
approchezpas de mon
#espacesécurisé! Dessin de Rick
McKee paru dans The Augusta
Chronicle , Augusta.
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N'
"
-The
New
Republic
(extraits) Washington
militantisme
étudiant
est pas nouveau . Il
est pas toujours
il
judicieux
est pas toujours pris
,
au sérieux , mais il est toujours
sincère . En 1960 , desjeunes
étudiants
noirs exaspérés par les
inégalités raciales ont décidé de
former le Student Nonviolent
Coordinating Committee [ SNCC ,
Comité de coordination non
violent
des étudiants] . Ils ont fini par
Le
n'
n'
n'
incarner le courant le plus
radical
du mouvement de lutte pour
les droits civiques , organisant des
Tous droits de reproduction réservés
PAYS : France
RUBRIQUE : Amériques
PAGE(S) : 26-27
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SURFACE : 78 %
JOURNALISTE : Roxane Gay
PERIODICITE : Hebdomadaire
3 décembre 2015 - N°1309
actions de désobéissance civile ,
coordonnant les Freedom Rides ,
ces tournées en bus pour lutter
contre la ségrégation dans les
transports , et aidant leurs
à inscrire sur les listes
concitoyens
électorales .Ils étaient passionnés,
avaient le sens de la provocation
et impliquaient corps et âme.
L histoire du SNCC montre que
les jeunes font partie intégrante
de la démocratie participative.
Aujourd hui , les
étudiantes à l université
protestations
du Missouri et à Yale remettent le
militantisme étudiant et la
du mouvement des droits
poursuite
civiques au coeur de l actualité.
On entend beaucoup parler
des étudiants ces derniers temps
et de leurs drôles de moeurs ,
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Le statu quo
est plus
acceptable pour
les étudiants"
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Mobilisation . Les mouvements
deprotestation àYale, àl université
du Missouri et ailleurs montrent
clairement que le statu quo est
plus acceptable pour lesétudiants.
Que l on soit d accord avec eux
ou non , nous devons les écouter.
Le 7 novembre , on apprenait
que les joueurs noirs de l équipe
de football de l université du
Missouri - surnommée Mizzou"
de se mettre en
-projetaient
grève . Ils rejoignaient ainsi le
mouvement lancé par l étudiant
gréviste de la faim Jonathan
Butler et le groupe militant
baptisé
Concerned Student 1950 ,
en référence à la date où les
étudiants
noirs ont été acceptés pour
la première fois à l université
du Missouri . Ils réclamaient la
démission du président de l
université
Timothy Wolfe , à qui ils
reprochaient son indifférence
et son inaction après plusieurs
incidents à caractère raciste sur
le campus.
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La présence
d un racisme latent
et persistant
sur les campus"
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qu'
turelles qui ne formulait même
pas une suggestion d interdit . Il
agissait simplement d
l atmosphère sur le campus
améliorer
pour tous les étudiants.
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de leur sens aigu du
correct , de leur extrême
politiquement
sensiblerie et du fait
ils sont
indûment dorlotés . Certains les
dépeignent comme des militants
de pacotille
ayant aucun sens
de l humour et estiment que les
idées gauchisantes sévissant sur
les campus les ont pervertis [ lire
page ci-contre] . Cette vision est
à la fois simpliste et réductrice.
'
La mobilisation des sportifs a
accélérélemouvement , incitant de
plus en plus d étudiants à rejoindre
les rangs des protestataires . Le
9 novembre , Timothy Wolfe et
le recteur de l université , Bowen
Loftin , ont fini par présenter leur
démission , et l administration a
annoncé un plan de lutte contre
les discriminations.
A la veille de Halloween , àYale,
le Comité pour lesaffaires
interculturelles
de l université a envoyé un
mail aux étudiants leur demandant
de faire preuve de discernement
dans le choix de leurs
déguisements
afin de ne pas promouvoir
de clichés culturels blessants . La
période de Halloween a
malheureusement
tendance etfaire oublier à la
plupart des étudiants de Yale leur
bon sens et leur sérieux habituels.
Certainsprennent desdécisions
malheureuses
en arborant des coiffes à
plumes, desturbans , des peintures
de guerre'
ou en sebarbouillant le
en
noir
ou en rouge ,
visage
pouvait-on
lire dans le mail.
Le message peut sembler
un brin paternaliste , mais vu
le nombre
d étudiants
qui
choisissent de se grimer en
de se moquer d autres
blackface"ou
cultures à Halloween , ce rappel
était bienvenu .Cela a pas
empêché
certains de se plaindre . Erika
Christakis , maître de
conférences
et doyenne des affaires
étudiantes , a répondu par mail
il fallait laisser les étudiants
être des étudiants ,
ils avaient
le droit de faire des erreurs et pour résumer - de se comporter
comme des enfants.
eposela question sans chercher
la provocation : est-il plus
possible
pour les enfants et les jeunes
d être irrespectueux ? ont-ils pas
le droit desemontrer un peu
provocants
, un peu incorrects et, oui , un
peu insultants ? Il fut un temps où
lesuniversités américaines étaient
des safe spaces [espaces
sécurisés]
permettant aux étudiants de
gagner en maturité , mais aussi de
vivre desexpériences régressiveset
même transgressives. Ellessemblent
aujourd hui deplus en plus
marquées
par la censure et l interdit .
Le discours est séduisant:
ne pas permettre aux gens
pourquoi
de laisser libre cours à leurs
instincts
les plus primaires ?Sauf que
Erika Christakis a fait exprès de
mal comprendre le message du
Comité pour les affaires intercul
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ai étudié à Yale de 1992à1994.
Et ai rapidement compris que ,
en tant que femme noire , étais
considérée comme une
et que je avais rien à
usurpatrice
faire sur les vénérables terres de
l Ivy League [ le club très fermé
des meilleures universités
. Personne ne pouvait
américaines]
croire que étais là simplement
était pas
pour apprendre . Il
rare que je sois la cible de
commentaires
racistes ,
on débatte
des mérites de l affirmative action
[discrimination positive] derrière
mon dos , sans parler de toutes
les petites vexations au
quotidien
. La police du campus se
faisait
une joie de nous arrêter , moi
et mes condisciples noirs , pour
contrôler nos papiers d identité.
Et je étais pas une exception.
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Le mouvement
de
protestation
actuel est l incarnation d un
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problème bien plus complexe : la
présence d un racisme latent et
persistant sur le campus de Yale
depuis de nombreuses années.
En vérité , la plupart des campus
majoritairement blancs du pays
sont touchés . ai passé la majeure
partie de ma vie d adulte sur les
campus , à la fois comme
étudiante
et comme enseignante.
Et quelle que soit l université ,
les relations interraciales sont
toujours tendues , pour ne pas
dire pire . est pourquoi je ne
suis pas surprise par ce qui se
passe aujourd hui.
A l université du Missouri ,
comme
était prévisible , le
retour de bâton ne est pas fait
attendre . Les étudiants ont été
décrits comme de grands bébés ,
des intolérants sectaires et même
des menteurs par les médias
conservateurs . Ils se sont fait
traiter d ingrats , qui plus est
. Leurs inquiétudes
irresponsables
ont été minimisées ou
discréditées
. Il faut croire
en matière
de racisme les gens de couleur
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JOURNALISTE : Roxane Gay
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3 décembre 2015 - N°1309
sont censés tout supporter sans
jamais se plaindre.
lité , leur couleur de peau ou leur
appartenance ethnique quand ils
inscrivent à la fac .Et leurs
problématiques
personnelles ne
pas quand ils entrent
disparaissent
dans une salle de cours . Leurs
inquiétudes sont légitimes et nous
ne devrions pas les dénigrer . Les
universités américaines ont
été des pépinières de jeunes
toujours
gens privilégiés et les seules
personnes
qui continuent à y
bénéficier
d une véritable garantie de
s'
Point de rupture . On perçoit
également une certaine
condescendance
à l égard de ces jeunes
on nous décrit comme fragiles
et coupés du monde réel .Ces
derniers
comprennent pourtant très
bien le monde réel , parce
ils
ne sont pas seulement des
étudiants
. Ils
abandonnent pas
leur milieu social , leur sexua
'
qu'
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'
sécurité physique et
émotionnelle
sont les jeunes hommes
blancs et hétérosexuels . Faut-il
alors étonner si les étudiants
réclament davantage de sécurité ?
il ne faut surtout pas
Ce
oublier , est que les étudiants
noirs de Mizzou et de Yale ont
atteint un point de rupture . Et
ils ne peuvent plus
supporter
l insupportable.
s'
qu'
c'
qu'
'
-Roxane
Gay
Publié le il novembre
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