états-Unis Une véritable élection à la mormon le nœUd

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états-Unis Une véritable élection à la mormon le nœUd
états-Unis Une véritable élection à la mormon le nœud
JAA CH–1006 Lausanne PP/Journal
Vendredi 9 novembre 2012 > No 124
GE ET VS
Des fous dans
tous les soins
Page 2
Banques
Rien ne nous
sera épargné
Page 4
Conso
Café bouillu,
capsule foutue
Page 7
Ouragan
Haïti rayé de
la presse Page 14
Taxes
Où jeter vos
sacs-poubelles
Page 17
En politique,
une absurdité n’est
pas un obstacle.
Napoléon Bonaparte
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2
Rubrique
C’est
pas pour dire !
Pendant ce temps,
sur Mars
Sebastian Dieguez
A
llô ? La Terre ? Y a quelqu’un ? Allô ?
Mais qu’est-ce qu’ils foutent ? Voila
13 semaines et 4 jours qu’ils m’ont
largué dans ce trou perdu, et personne
ne demande de mes nouvelles…
Bon, je ressaie. Hé ! La Terre ! Allô ? Ici le rover
Curiosity, aux abords du site de Glenelg… Mais
répondez, bon sang! Je suis en route vers le mont
Sharp, vous savez, pour faire des analyses sur
la planète Mars. Là… Ho, vous m’entendez ? La
planète Mars, ça vous dit quelque chose ? Allez-y,
causez, j’écoute, dites-moi quelque chose, n’importe
quoi, à vous… Allôôôôô ?
Les salauds. J’ai compris, ils m’ont complètement
oublié. Dire qu’ils ont lâché 2,5 milliards de
dollars pour ce projet… et maintenant quoi ? Ils
sont probablement obnubilés par un de leurs trucs
stupides, un jeu télévisé, une star de la chanson,
une nouveau gadget, une polémique quelconque,
une élection sans intérêt. Va savoir. Mars ? On en
reparlera si je leur trouve du pétrole.
J’ai l’air fin, moi, au milieu de tous ces cailloux,
à 56 millions de kilomètres de ces abrutis. Et pas
âme qui vive, bien entendu. C’est tout eux, ça. Ils
s’excitent quelques minutes parce qu’ils réalisent
vaguement qu’ils sont parvenus à envoyer un robot,
moi, sur une autre planète. Tout de même, l’ampleur
du truc ! Je leur envoie des jolies images et même
des vidéos, et le moment d’après ils retournent
s’étriper à propos d’homosexualité, d’avortement, de
tel ou tel président, et toutes sortes de conneries qui
n’ont aucun intérêt à l’échelle du cosmos, ni même à
celle de leur planète d’ailleurs.
Ils sont vraiment irrécupérables. Tiens, un peu
comme moi ici… Mais au fond, c’est vrai, ça !
Qu’est-ce que je m’emmerde à bosser pour eux alors
que plus jamais je n’aurai à voir leur tronche ? Bon,
c’est décidé, autant profiter de la situation. Je ne
bouge plus, et j’épuise mes batteries à goûter le
silence absolu, le calme, la sérénité. Ils ne savent
pas ce qu’ils ratent.
Vigousse Sàrl, rue du Simplon 34, CP 1499, CH-1001 Lausanne > www.vigousse.ch >
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Tirage : 13 000 ex.
Vigousse vendredi 9 novembre 2012
Faits divers et variés
3
Dans le Nord vaudois, des licenciements sur Leclanché des vaches !
Il y a comme un psy problème
Fou du lac A Genève, la Commission de
surveillance des professions de la santé
sanctionne les médecins qui veulent
l’inciter à faire son boulot.
I
l n’y a pas qu’en Valais
que l’hôpital se fout de la
vérité. A Genève sévit un
dangereux thérapeute du
nom de Houcine Khalfaoui,
dont Vigousse (30.03.12) a
narré les méfaits.
Charlatan sans le moindre
diplôme en médecine, ce
« psychologue » avait créé
le Centre de psychologie
clinique (CPC). Il en était
le patron. Et pour faire illusion, il engageait de vrais médecins en guise de prête-nom. Ces
derniers, ayant vite réalisé qu’ils
avaient affaire à un psychopathe
manipulateur doublé d’un escroc
de la plus belle envergure, l’ont
dénoncé à toutes les instances
dites compétentes afin qu’elles interviennent et empêchent le malfaisant personnage de
nuire.
Entre autres prati-
médecin responsable décrivait en
détail le comportement délirant
de l’individu, envers ses collaborateurs comme envers ses
patients.
Le 16 octobre 2012 ( !), il
reçoit une lettre recommandée de ladite Commission de
surveillance, qui lui confirme
qu’une « procédure administrative a été ouverte à l’encontre du
Dr Houcine Khalfaoui ». Bonne
nouvelle. Au détail près que
l’organe de surveillance des
professions de la santé donne
du « Dr » à un type qui n’a jamais
fréquenté la moindre faculté de
médecine ni obtenu le moindre
diplôme autre que celui de « psychologue ». Voilà qui montre tout
le sérieux de la commission, mais
passons.
Mais le meilleur est dans la suite
de la lettre : « Les membres du bureau de la Commission de surveil-
L'ausculte de
la personnalité
ciens honnêtes, le
médecin responsable
de centre « d’utilité
publique » (sic). Nommé par le
Conseil d’Etat, il a eu le malheur de
diriger le fameux CPC quatre mois
durant pour surveiller les qualité
des prestations médicales fournies
et la justesse de leur facturation.
Horrifié par le comportement de
Khalfaoui, il dénonça le cas à la
Commission de
surveillance des professions de la
santé et des droits des patients de la
République et Canton de Genève,
un organisme officiel chapeauté
par le conseiller d’Etat PierreFrançois Unger. C’était le 2 juin
2011 ; à l’appui de sa démarche, le
Le petit Vigousse de la langue française
Empathie [Empati:] n. f. Capacité de ressentir les
émotions de quelqu’un d’autre, de se mettre à la
place d’autrui. Mais cet homme n’est pas malade !
Il faut juste faire preuve d’un peu d’empathie pour
parvenir à comprendre que ce sont les fréquentes
activités de fornication de ses parents à côté de son
berceau qui l’ont amené à transgresser son stade
oral pour s’établir trop longuement dans la phase
anale, faisant de lui un trou du cul fini (Sigmund
Freud). ♦ Syn. Surdité.
lance ont à nouveau examiné votre
lettre du 2 juin 2011 et ont décidé
d’ouvrir une procédure administrative à votre égard, dans la mesure où
les faits que vous avez dénoncés se
sont produits alors que vous étiez le
médecin responsable du CPC. » (!)
Résumons : un médecin officiel
prévient les instances officielles
qu’un dangereux praticien qui n’a
rien d’officiel provoque de graves
dégâts, jusqu’au suicide de patients. Sur quoi les instances officielles réagissent fermement en
s’en prenant au médecin officiel
qui les a averties. Accrochez-vous
au pinceau, on enlève l’échelle.
Patrick Nordmann
Farce d’inertie
Lettres mortes Quand les victimes du « pédopsychiatre » valaisan dénoncent sa façon d’agir, l’Hôpital du Valais ne change
pas sa façon de ne pas agir.
I
l n’y a pas qu’à Genève que avérés, comment réagit l’Hôpital du
l'hôpital se fout de la vérité. A Valais ? Florence Renggli, cheffe de
plusieurs reprises et exemples communication, botte en touche :
édifiants à l’appui, Vigousse a révélé « Aucune plainte officielle n’a été déces dernières semaines les méfaits posée contre le docteur Morreale. »
du « pédopsychiatre »
Forcément : bien des pavalaisan Calogero Moront abdiqué pluDe quoi on rents
reale, alias docteur N. :
tôt que d’affronter une
absence de formation
se plaintes? institution qui couvre
idoine, comportement
systématiquement
le
inique envers des colladocteur ès bavures. Cerboratrices, traitements
tains ont tout de même
inappropriés et brutaux des en- adressé des lettres recommandées
fants, mépris des parents. Et depuis à son supérieur, comme ce couple
nos articles, les témoignages à qui a dénoncé noir sur blanc la
charge se multiplient.
prescription massive d’antidépresFace à cette avalanche de griefs seurs à un enfant allergique à ces
médicaments, et détaillé les humiliations subies lors de consultations. Mais ce n’est probablement
pas une plainte assez « officielle ».
Mais Florence Renggli insiste : « Si,
comme vous le prétendez, de nombreux témoignages de familles vous
parviennent, nous ne pouvons que
vous conseiller de leur recommander de déposer une plainte officielle
auprès de la Commission de surveillance des professionnels de la santé
dont la mission est, notamment, de
sanctionner d’éventuels dysfonctionnements. Quant à l’Hôpital du Valais, il réceptionne toutes les plaintes
et, lorsqu’elles sont identifiables
(non anonymes), il les traite toujours
avec diligence. » Ah bon ? La lettre
recommandée évoquée plus haut
attend depuis six ans ne serait-ce
qu’un accusé de réception ! La « diligence » doit être embourbée.
Une bonne nouvelle toutefois :
depuis que Vigousse traite son cas,
le docteur Morreale semble manifester une très soudaine empathie
avec certains patients. « C’est le
jour et la nuit », s’étonne même un
témoin. Pure coïncidence, sans
doute…
Joël Cerutti
Vigousse vendredi 9 novembre 2012
4
Faits divers et variés
Affaire Bettencourt : Sarkozy étendu par la justice.
Pour éviter de payer, les citoyens jettent leurs ordures n’importe où. C’est la taxe au saccage.
Je suis là !
Je ne suis plus là !
Infos lecteurs
Un compte à dormir debout
D
epuis les années 1970,
Monsieur Rochat est un
fidèle client de la Banque
cantonale vaudoise. Récemment, il remarque sur son relevé un prélèvement annuel
de 30 francs pour « frais de
gestion ». Etrange, car il s’agit
de son compte épargne, sans
retraits ni mouvements. Il appelle donc le service clients
et demande pourquoi ça lui
coûte en frais d’administration. « C’est un type de compte
qui, dès vos 25 ans, est passé
de junior à courant. » Ah bon !
Ça fait donc un moment qu’il
paie inutilement 30 francs
par année… Le conseiller
conseille à Monsieur Rochat
de changer son compte
épargne en compte courant, qui ne lui coûtera que
10 francs de frais de gestion
annuels. Vingt francs de moins
par an, ce n’est pas énorme, mais
sur plusieurs décennies, ce n’est
pas négligeable.
Quelques jours plus tard, en faisant ses paiements sur BCV-net,
Monsieur Rochat apprend qu’il
ne pourra bientôt plus se connecter à son compte en ligne à l’aide
du système de la grille de codes,
qui sera bientôt remplacé par un
« Security SMS Code » envoyé sur
son téléphone portable. Petit hic :
il ne possède pas de téléphone
portable. A nouveau, il contacte
le service client de la BCV. « C’est
embêtant que vous n’ayez pas de
natel, lui répond-on, mais il
y a une solution : vous pouvez acquérir un boîtier de
connexion pour 40 francs
si vous vivez en Suisse,
et il est gratuit si vous
vivez à l’étranger. »
Hélas pour lui, ce
client vit en Suisse…
Monsieur Rochat est
fâché contre la BCV,
ce qui est assez compréhensible après ces
deux épisodes, coût sur
coût.
Vigousse
Echec et bancomat
I
l ne fait pas toujours bon être
client au Credit Suisse. C’est ce
qu’a constaté Monsieur Martin.
Habitant l’Ouest lausannois, il se
rend dans sa succursale habituelle
où il a le malheur de se prendre
de bec avec une caissière. Le ton
monte un peu et l’employée hargneuse finit par lui jeter son argent
à travers le guichet.
Incident sans gravité en somme.
Sauf que, quelques jours plus tard,
Monsieur Martin reçoit une lettre
du « Private Clients Switzerland
Contact Center, SLCR 31 » (c’est
bien la peine de s’appeler Credit
Suisse en français dans le titre) ainsi troussée : « Monsieur, nous vous
communiquons par la présente que,
en vertu de l’article 12 de nos Conditions générales, nous renonçons à
la poursuite de la relation bancaire
avec vous pour des raisons relevant
de la politique d’entreprise. »
5
Et voilà donc un client, fidèle
au Credit Suisse depuis 28 ans,
viré comme un malpropre pour
une banale incartade avec une
employée semble-t-il peu amène.
Parions que si Monsieur Martin
avait disposé de quelques millions
placés au Credit Suisse, c’est la
caissière qui aurait été flanquée à
la porte !
Vigousse
Cache-cache Certains pratiquent la politique de l’autruche,
nient l’évidence et se cachent derrière leur petit doigt. Un
comportement naturel, du moins à l’âge des couches-culottes.
I
ls coûtent une fortune, ils sont
baveux, bruyants, imprévisibles, irrationnels, et en plus
ils sont infoutus de s’exprimer correctement. Pourquoi sont-ils donc
presque universellement adorés,
par quel sortilège leur pardonnet-on tout ? Evidemment, ils ont
une belle excuse :
ce sont juste des
bébés. C’est un peu
facile. Ils ont beau
être mignons et attachants (surtout si ce
sont les vôtres), il y
a deux ou trois choses à leur sujet
qu’on aimerait comprendre.
qu’on imagine : non seulement les
enfants pensent qu’ils deviennent
invisibles en se couvrant les yeux,
mais ils jugent aussi qu’alors les
autres ne sont pas visibles non
plus. Une bonne proportion des
2-3 ans nie en effet qu’une personne dont on ne voit pas les yeux
soit visible, même
s’ils sont clairement
en train de la regarder eux-mêmes…
Bizarre, non ? D’autant que les expérimentateurs ont pris
soin d’écarter tout problème de
compréhension en usant de tout
un bazar de lunettes opaques ou
transparentes, de jeux avec des
poupées et de tests de contrôle
pour être sûrs de leur coup.
Le bb.a.-ba du
comportement
Par exemple, pourquoi les gosses
croient-ils qu’il suffit de se couvrir
les yeux pour disparaître ? C’est
en effet le cas : entre 2 et 3 ans,
à peu près deux tiers des enfants
affirment qu’on ne les voit plus dès
qu’ils ferment les yeux. C’est trop
chou, mais quelle est l’explication ? Sont-ils complètement stupides ? Hypothèse tentante, mais
un peu courte.
Un groupe de l’Université de
Cambridge a tenté de percer ce
mystère. Ses résultats montrent
que c’est encore plus tordu que ce
En définitive, ce qui ressemble
à une bévue immature et sans
importance s’avère hautement
instructif : la raison pour laquelle
les bébés se « cachent » en se couvrant les yeux serait qu’ils basent
leur connaissance du monde sur
la notion de savoir partagé ; or le
contact oculaire est la signature
d’un tel partage. Si on ne voit pas
tous la même chose, si je ne vois
pas ce que tu vois, si tu ne vois pas
ce que je vois, c’est en somme qu’il
n’y a rien à voir. Les bébés ne sont
pas stupides, ils sont simplement
trop sociaux : pour eux, la vision
est une performance commune,
pas une capacité individuelle.
Reste une question : cette « erreur
de développement » est-elle définitivement corrigée chez tous les
adultes ? Il faudrait faire passer
quelques tests aux rois de la fi-
nance, qui semblent penser qu’en
fermant les yeux bien fort, on finira par les oublier.
Sebastian Dieguez
Why do young children hide by closing their
eyes? Self-visibility and the developing
concept of self, Russell et al., Journal of
Cognition and Development, vol. 13, pp.
550-576, 2012.
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Vigousse vendredi 9 novembre 2012
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Vigousse vendredi 9 novembre 2012
6
Faits divers et variés
Licenciements chez Elmex : les employés peuvent aller se brosser.
Wikipédants
Les
Conso & consorts rèves
Papi terrible
M. Jesaistout L’évolution de la
célèbre encyclopédie en ligne repose
sur quelques internautes qui n’ont
rien d’encyclopédiques.
P
énibles en société, les gens à
science infuse qui ramènent
leur fraise à tout bout de
champ et sur tous les sujets ont
leur pendant sur internet : les
contributeurs de Wikipédia. En
théorie, n’importe qui peut en
effet modifier l’encyclopédie en la société dans son ensemble. En
ligne. Il suffit de se rendre sur la outre, hormis quelques illuminés
page idoine et de
qui se sentent appelés
cliquer sur « modià instruire le monde,
fier » ou « créer un
assiduité bénévole
Il nous tape sur cette
nouvel
article ».
cache fréquemment un
Cela dit, la suite de les dictionnaires ! besoin de reconnaisl’opération, assez
sance qu’on n’arrive pas
complexe, peut réà trouver ailleurs.
clamer quelques heures de travail.
En conséquence, seul un nombre On l’aura compris, l’encyclopédie si
restreint de contributeurs est actif largement utilisée est majoritairesur Wikipédia. Il s’agit bien sou- ment rédigée par des névrosés sovent de chômeurs ou de retraités litaires. Le phénomène se traduit
célibataires dotés d’un certain notamment par le traitement des
savoir-faire en informatique. sujets. On trouve ainsi des milliers
L’échantillon s’avère donc plutôt d’articles très fouillés sur tous les
limité ; il ne représente en rien types d’armes à feu ou toutes les
déviances sexuelles imaginables ;
en revanche, les entrées sur la
nature ou la cuisine, par exemple,
restent très succinctes. La situation est d’autant plus problématique que les usagers de Wikipédia
ont le pouvoir de faire supprimer
des articles qu’ils ne jugent pas intéressants : de quoi décourager les
nouveaux venus soucieux d’enrichir l’encyclopédie.
En résumé, Wikipédia risque de
devenir la référence universelle
du savoir, confiée à des marginaux
présomptueux.
Jonas Schneiter
Le Super Emmerdeur de 70 ans, dont
les sinistres et cocasses agissements
ont déjà été relatés à deux reprises
dans Vigousse (16.03 et 25.05.12),
vient d’être condamné par la justice
sédunoise à 27 000 francs d’amende
assortis d’un sursis de 3 ans pour
vol et crevage de pneus. Mais qui
dit suspension de peine suppose
que le coupable se tienne à carreau,
ce qui s’annonce plutôt mal : aux
dernières nouvelles, le septuagénaire
s’amuserait depuis peu à piquer des
vélos et à les entasser dans sa cave !
C’est ce qui s’appelle avoir un grain.
De selle !
Vade Vétroz !
Suite à une décision du Conseil d’Etat,
la commune de Vétroz (VS) a envoyé
un tout-ménage aux habitants les
informant qu’ils devront désormais
payer une taxe communale sur les
déchets. Rien d’étonnant. Mais ce
qui détonne dans ce courrier, c’est la
petite précision quant aux payeurs :
« Selon le nombre de personnes dans
le ménage, la facture est adressée aux
chefs des ménages. » Un cliché familial
bon à mettre à la poubelle.
« Il y avait des baisers avec la langue ? »
Vigousse vendredi 9 novembre 2012
lui a expliqué qu’elle aimait bien faire ça dans
des moments d’euphorie.
– Il y avait des baisers avec la langue ?
– Non, mais Léa lui a plusieurs fois léché la joue,
elle aime bien ça.
– Et il dormait dans le même lit qu’elle ?
– Oui, mais c’était pour la rassurer, elle était
petite et elle n’était pas chez elle.
– Il a aussi dormi avec le petit frère de Léa ?
– Oui, c’est normal, pour le rassurer aussi, c’était
un bébé.
– C’est monstrueux, murmure la mère de Léa
dans un sanglot.
– Donc, si je vous entends bien, conclut le magistrat, vous ne l’avez jamais embrassée avec
la langue ? Vous ne lui avez jamais embrassé
d’autres parties du corps ? Vous ne lui avez jamais caressé les fesses ou le sexe ? Vous ne l’avez
jamais incitée à vous toucher lorsque vous étiez
nu ? En fait elle ment de A à Z, c’est ce que vous
dites ?
– Je ne comprends rien à cette histoire, c’est ce
Les
Abracadarnaques
Mal aux coûts Qualité ou quantité « revisitées » : les fabricants ne
manquent pas d’imagination pour augmenter les prix en douce.
L
es industriels ne veulent que sous couvert de « qualité amélionotre bien : avec une extrême rée » ou de « quantité en sus ». Ça
gentillesse, ils ne cessent s’appelle l’inflation cachée. Et les
donc de parfaire leurs produits. consommateurs comblés, pensant
Par exemple, Buitoni a récemment profiter d’encore plus de goût et
amélioré la recette de sa pizza Re- de produit, ne remarquent pas
gina La Grandiosa :
que la facture augmente
encore plus goûteuse,
façon exponentielle.
« Là où votre de
avec une pâte encore
D’ailleurs, qui pourrait se
plus moelleuse, prosouvenir de tous les prix
franc est
met-on. Tout à son dé- moins gros ! » au kilo?
sir de perfection sans
Pour justifier les hausses,
doute, le fabricant n’a
les fabricants font preuve
pas remarqué que sa
d’imagination : nouveau
pizza avait perdu 30 g durant le packaging « pour répondre à la deprocessus. Le prix est pourtant res- mande du client » (où est-il, celuité le même ou a augmenté en flèche là, qu’on lui flanque une baffe ?),
selon les distributeurs.
pas d’augmentation depuis longLe cas n’est de loin pas unique. C’est temps, composant d’emballage
devenu un rituel pour les marques devenu plus cher… Bien mesquin
d’augmenter leur prix en douce, qui oserait contester de tels argu-
qu’il n’arrête pas de dire, résume la traductrice.
– Les faits sont pourtant clairs : Léa vous accuse
avec force et en détail, et les pédopsychiatres
estiment que ses déclarations sont crédibles.
– Les psys ne sont pas catégoriques, intervient
l’avocat de l’accusé. Et rien n’autorisait les parents de Léa à envoyer une lettre qui qualifie
Monsieur Duan de pédophile à tous les employeurs de Madame Duan.
– Ils n’ont rien à voir là-dedans ! réplique l’avocat
des plaignants.
– Je ne comprends pas très bien là, bredouille le
juge. Vous voulez dire que, malgré le dépôt de
plainte en février 2009, la femme de l’accusé travaille toujours avec des enfants ?
– Oui, c’est son métier, elle est maman de jour,
répond l’avocat de l’accusé.
– Et les enfants viennent chez eux ?
– Ça, je ne sais pas vraiment, ça doit arriver.
La délibération est en cours. Le verdict de l’affaire
Duan : Vigousse, 16.11.2012.
ments ! Mais le plus efficace reste
de maquiller les augmentations de
prix en avantages pour le client.
Afin de briser cette spirale hypo-
crite, les quatre associations de
consommateurs suisses ont lancé
fin octobre www.barometredesprix.ch. Ce site de comparaison
des tarifs de nombreux produits
permet au public de dénoncer les
inflations cachées. Une célèbre,
d’ailleurs, mériterait d’y figurer
en gras : savez-vous que si la taille
du Carambar était proportionnelle
aux hausses de prix depuis son
lancement, il atteindrait actuellement 80 cm de long ?
Lily
L
a liste des produits suisses
qui, à l’instar du Ragusa, de
l’Ovomaltine, du fendant ou
du gruyère, ont forgé l’image du
pays s’est allongée d’un nouveau
nom qui a conquis le monde :
Nespresso. Le café, certes bon
(mais cher), s’avère en outre
écologiquement désastreux vu
les 6000 tonnes de capsules très
mal recyclables jetées par an.
Conscient du problème, un inven-
La capsule écolo qui vide les portemonnaie et remplit les poubelles.
Une saleté de leucémie et 83 balais
au compteur et, pourtant, Siné le
clame haut et fort : « Mourir ? Plutôt
crever ! » Le célèbre dessinateur ne
lâche pas l’affaire ! Il a non seulement
signé le dernier édito de son
mensuel « depuis une chambre stérile
du département d’hématologie de
l’hôpital d'Avicenne », mais il abreuve
aussi quotidiennement son blog
en détails poignants et percutants
sur son quotidien (« Salut, les amis!
C’est bon de me réveiller le matin et
de m’apercevoir que je suis encore
parmi vous »), mêlés à des coups de
gueule sur le monde, la politique
et la vie. Siné
est une force
de la nature
qui, même à
demi-mort,
déborde de
vie.
Alyssia Minne
Café insoluble
teur alémanique nommé Erwin
Meyer a trouvé la solution. Sa
société mycoffeestar.com surfe sur
la vague Nespresso en produisant
une capsule compatible, mais réutilisable grâce à un couvercle vissé.
Il suffit de la remplir avec du café
en poudre. Prix : 39 francs. Est-ce
avantageux ? Vigousse a testé la
chose lors d’une soirée d’une dizaine de convives. Voici la procédure en huit points lorsque vient
l’heure du café.
rèves
Siné en cure
Science infusée L’inventeur de
la capsule Nespresso rechargeable
n’a pas grand-chose dans la cafetière.
Audience en correctionnelle dans un tribunal d’arrondissement.
Noms fictifs mais personnages réels et dialogues authentiques.
Monsieur Duan est accusé d’actes d’ordre sexuel
avec des enfants.
– Durant l’interrogatoire de police, vous avez
reconnu les faits qui vous sont reprochés, déclare le juge. Alors vous les admettez toujours ?
Si oui, dans leur intégralité ?
– Non, explique la traductrice cantonaise. Il
conteste.
– Il conteste tout ? Sa déposition est pourtant
longue et précise…
– C’est qu’il ne comprenait pas bien ce qu’on lui
demandait. L’autre traductrice parlait mandarin, pas cantonais. Et il ne fait que bafouiller en
mandarin.
– Sacrée excuse, s’énerve le magistrat. Donc,
entre 2007 et 2009, a-t-il embrassé plusieurs
fois avec la langue la petite Léa, née en 2001,
lorsqu’à cinq occasions elle a passé la nuit chez
les Duan ?
– Il y a bien eu quelques bisous sur la bouche,
mais c’était elle qui l’embrassait, pas lui. Lui, il
était gêné. Mais son épouse, la nounou de Léa,
7
Presse : après Siné Hebdo et Siné Mensuel, bientôt Siné Perpétuel ?
1. L’hôte remplit la capsule mycoffeestar.com avec la sorte de café
choisie par le premier convive.
2. La capsule ne se laisse pas refermer, car de la poudre de café
encrasse le fin pas de vis du couvercle.
3. Après nettoyage, le couvercle
est vissé et la capsule est insérée
dans la machine Nespresso. On
tire un café.
4. La capsule est éjectée dans le
bac. Pour la récupérer, il faut dé-
monter la machine après l’avoir
arrêtée.
5. La capsule, en acier inox, a
maintenant une température de
90 °C, ce qui rend son ouverture
problématique.
6. En vidant le marc dans la poubelle, on laisse tomber la capsule
parmi les restes de salade russe.
Entre-temps, la machine Nespresso a refroidi.
7. Après récupération et nettoyage
de la capsule, on reprend le processus au point 1 pour chacun des
neuf convives suivants. Lesquels,
découragés par la lenteur du service, font mine de partir.
8. Bien plus tard, le dernier café est
enfin tiré et la capsule mycoffeestar
est éjectée dans le bac où on l’oubliera sans doute. Sa prochaine
destination : la poubelle.
Précisons encore que la page internet mycoffeestar.com ne publie
ses conditions générales de vente
qu’en allemand. De quoi refroidir
peut-être d’éventuels acheteurs romands. Inutile donc de lire dans le
marc de café pour deviner le futur
de cette invention.
Oscar Garnier
Vigousse vendredi 9 novembre 2012
8
Traits percutants
Vigousse vendredi 9 novembre 2012
Payez-vous un dessinateur : [email protected]
Compétitivité en France : « Ils sont fous, ces Gallois ! »
9
Vigousse vendredi 9 novembre 2012
Bien profond dans l’actu !
Le PDC dépose une initiative sur la famille. Les homos resteront derrière les Darbellay.
Valais : Lonza expulse ses ouvriers par le Viège.
chieur
Pitch
Le journal intime du professeur Junge Cette semaine : comment j’échappe de peu à me retrouver
sans technologie moderne à cause d’une série d’incidents mineurs.
2
9 octobre, New York. L’oura-
gan « Sandy » a mis la pagaille dans la ville, coupant
l’électricité dans de nombreux
quartiers. Manque de chance, mon
portable est déchargé et je ne peux
donc pas appeler mes proches
pour les avertir que je vais bien. Je
sors de mon hôtel à la recherche
d’un téléphone public. Mais les
rares cabines qui n’ont pas été arrachées par les vents violents sont
prises d’assaut. Après des heures
de recherches, je tombe sur le
possesseur d’une génératrice à essence qui la
met à disposition des
sinistrés pour recharger
De quoi partir
leurs appareils. Ouf, je
en courant fort
suis sauvé. Sinon, la
tempête a fait 82 morts.
3 novembre, Mexico. J’ai vraiment
la poisse ! A peine débarqué à
Mexico que la ville est frappée par
un tremblement de terre. Rebelote : panne de courant généralisée. C’est ennuyant, car j’avais
prévu ce soir de me regarder un
film dans ma chambre d’hôtel sur
mon ordinateur portable. Je tente
de me renseigner
auprès des gens
que je croise dans la rue pour savoir
où je peux recharger ma batterie,
mais la plupart font semblant de
m’ignorer. Ils errent, hagards, les
vêtements poussiéreux et déchirés. Certains sont même couchés
à même le sol et ne réagissent pas
lorsque je les pousse du bout du
pied. On ne peut pas vraiment
dire qu’ils savent accueillir les
touristes… Sinon, le séisme a occasionné 3864 victimes.
7 novembre, Phuket. Je commence à croire que je suis maudit ! Je venais de m’installer sur
la plage lorsqu’un tsunami géant
a déferlé, emportant tout sur son
passage. J’ai réussi in extremis à
grimper au sommet d’un palmier
Le 8e conseiller fédéral
Snif.
Monsieur
Gian Gilli
qui par miracle n’a pas été arraché
par les flots. Et j’ai pu emporter
l’iPad sur lequel j’étais en train de
jouer. L’application divertissante
me permet de prendre mon mal
en patience tandis que j’attends
d’être secouru. Toutefois, mon
plaisir est gâché par le niveau
de la batterie qui baisse dangereusement. Par un coup de pot
incroyable, un cadavre qui dérive
près de mon refuge tient dans ses
poings crispés une tablette de la
même marque que la mienne ! Je
récupère l’appareil grâce à une
branche d’arbre. Quelle veine : il
est chargé à bloc, et il a le même
jeu ! Lorsque je suis hélitreuillé
quelques heures plus tard, je joue
toujours. Sinon, le tsunami a tué
83 692 personnes.
Bon, je crois que je vais mettre
un terme à mes vacances. Avoir
des problèmes d’électricité à répétition, c’est à vous dégoûter de
voyager.
Professeur Junge,
phare de la pensée contemporaine
Ce que vous pouvez être méchants.
Vous stagnez
toujours à
0%, chef.
Allô, Alain ?
Allons,
cessez de
faire l’enfant.
Il y a une
marge
d’erreur ?
D’après les
derniers
chiffres, non.
Non.
Pas avec
seulement sept
personnes
sondées.
Vigousse vendredi 9 novembre 2012
Il n’y a que mes
six collègues et
moi qui savons
que vous existez.
Dites-vous que s’il y a
sept personnes qui vous
détestent, nous, ce sont
des millions de gens qui
nous haïssent.
Et en plus on
ne les connaît
même pas.
Cher ami sportif,
Vous êtes verni : le 30 octobre,
un rapport « indépendant » sur
l’impact économique de Jeux
d’hiver dans les Grisons en
2022 tombait à point nommé, les
experts concluant à un coquet
bénéfice de 3 à 4 milliards de
francs. Le même matin sur RTS
La 1ère, vous déclariez qu’il
n’y a aucune raison, l’étude
étant tout ce qu’il y a de
fiable, de mettre en doute un
futur bilan si positif. Félicitations, c’est merveilleux.
Toutefois, sachant que votre
comité exige de la Confédération une garantie de déficit
d’un milliard, je suis parvenu, au prix de longs et savants
calculs, à établir une différence de 5 milliards entre le
bénéfice promis et l’éventuelle
perte à couvrir. Etant nul en
comptabilité, je m’interroge.
11
MOT
FIN
D
HISTOIRE
L’
Néphi for President
V
ers 600 avant que Dieu
mette la petite graine dans
le ventre de Marie, un nommé Léhi quitta Jérusalem avec un
truc dans son balluchon pour
se rendre en famille à la plage.
L’excursion avait été aimablement
suggérée par Dieu en personne :
lui savait que les Babyloniens, qui
ne respectent rien, allaient bientôt faire du vilain en ville. Sur la
plage donc, les fils de Léhi, peutêtre parce que l’eau était froide ou
qu’ils avaient oublié leurs maillots, se mirent à construire un bateau. Sur quoi ils voguèrent tous
jusqu’en Amérique du Nord.
A peine débarqué, le petit groupe
se scinda : les uns avec Néphi (fils
de Léhi), les autres avec Laman
(pas mieux). Serrés des mois sur
leur esquif, ils avaient sans doute
fini par se porter sur les nerfs.
Quoi qu’il en soit, les premiers
formèrent la tribu des Néphites,
les seconds celle des Lamanites,
et les deux peuplades ne tardèrent
pas à se chercher noise. Il faut
dire que les Néphites étaient des
gens très bien, civilisés, dévoués
à Dieu et propres sur eux. Les Lamanites, eux, étaient des brutes
stupides et mal embouchées. Du
reste, pour leur apprendre, Dieu
les avait punis par une malédiction bien sentie : ils auraient tous
la peau très foncée, et toc ! Bien
fait pour eux.
Un jour, après six siècles de bagarre, les deux communautés
reçurent la visite inopinée de Jé-
sus-Christ soi-même.
A peine ressuscité, il
avait décidé de faire
un petit crochet par
là.
Favorablement
impressionnés (on le
serait à moins, ce n’est
pas tous les jours), les
Néphites et les Lamanites écoutèrent le visiteur leur enseigner
les évangiles. Puis le
Christ repartit Dieu
sait où.
et il avait gravé d’autres
plaques pour relater la
suite, avec commentaires
et appendices. Le père de
Moroni se nommait Mormon. Bref, en 421, Moroni,
dernier des bons et blancs
Néphites, cacha toutes les
plaques de papa dans l’attente de jours meilleurs.
Puis il mourut et il n’y eut
plus en Amérique que des
Fig. 1 : Lamanite
Lamanites méchants, bêtes
phalloïde.
et foncés.
Ils ne perdaient rien pour attendre.
Les ennemis ancestraux de- Le 21 septembre 1823, Moroni
vinrent alors copains. Les Né- ressuscita. Déguisé en ange, il alla
phites n’allaient pas jusqu’à trouver Joseph Smith, un fermier
marier leurs filles à des basanés, assez bizarre qui tentait vainement
mais enfin ils s’efforçaient de de gagner sa vie en persuadant les
vivre avec, du moins tant que ces gogos qu’il pouvait, grâce à ses
inférieurs restaient à leur place.
dons de voyance, retrouver des
Ça dura quatre siècles, mais ça ne trésors espagnols enfouis. Moroni
pouvait pas durer : le conflit reprit lui suggéra de déterrer plutôt les
et vira à la boucherie. Dans le mau- plaques métalliques de son père, et
vais sens, en plus. Bizarrement en il lui dit où. Smith trouva le lot, il
effet, les attardés gagnèrent toutes traduisit le tout (il avait dû trouver
les batailles, jusqu’à liquider tous un bon dictionnaire), sur quoi il
les Néphites sauf un. Ce rescapé publia en 1930 Le livre de Mormon
s’appelait Moroni. Son père, un et fonda l’Eglise de Jésus-Christ
homme instruit, avait conservé le des saints des derniers jours, ou
truc. Quel truc ? Le truc dans le Eglise mormone.
balluchon de Léhi, évidemment.
Attention : tout cela, du début à
Voir plus haut.
Il s’agissait de plaques métal- la fin, n’a rien d’un mythe. C’est
liques où étaient inscrits les livres avéré et historique. Mitt Romney
de Moïse, plus une histoire des le croit. Les Lamanites, cette fois
Juifs jusqu’au départ en Amé- encore, l’ont échappé belle.
rique, plus des prophéties vaLaurent Flutsch
riées. Mille ans après le voyage
transatlantique, le père de Moroni
avait donc tout ça sous la main,
Bénédicte
Naturellement, c’est sûrement
plus compliqué que ça. Pour
mieux comprendre, une question : est-il envisageable que
ceux qui engrangeront les 3 à 4
milliards de profits s’engagent
à couvrir l’éventuel déficit ?
058
Je viens aux
nouvelles au
sujet de ma cote
de popularité.
Elle est
remontée ?
Mais est-ce qu’on ne pourrait
pas changer un peu le panel
des gens interrogés ?
Vous savez
bien que c’est
impossible.
Pourquoi vous ne
m’aimez pas ?
les Grisons
Des JO dans
nt quatre
rapporteraie
francs
milliards de
Qu’il y ait des aléas dans un
tel projet est évident. Qu’on
aboutisse, entre les savantes
prévisions et les résultats
finaux, à un écart de 50 millions de francs (soit 694 ans
de salaire moyen suisse) n’est
pas impensable. A l’extrême,
une différence de 500 millions
(6944 ans) pourrait encore
s’expliquer selon les circonstances. Mais je peine à saisir
comment se tromper de 5 milliards (69 444 ans) entre un
bénéfice quasiment assuré et un
possible déficit.
Depuis son bunker sous le Palais fédéral, il dirige dans le plus grand secret le Gouvernement helvétique.
Snif.
Directeur de la candidature
olympique « Grisons 2022 »
E
E
Ça manque de jus
Courrier
du
L
10
Merci d’avance,
Laurent Flutsch
Vigousse vendredi 9 novembre 2012
12
Rubrique
Culture
et déconfiture
Citation - citation
Prix littéraires :
- citation - citation.
Goncourt toujours ?
Des chansons
Gibier de potence
SORTIR Ce samedi dès 15 h, les
musées cantonaux du Valais ouvrent
leurs portes jusqu’à 23 h. Entrée
gratuite partout, visites guidées,
spectacles et autres activités pour
se cultiver jusqu’au bout de la nuit.
7e Nuit valaisanne des musées, 10.11,
www.musees-valais.ch
Unis sons Gilles Vigneault revient
chanter en terre romande. Où,
pour deux soirées, il retrouvera
son « frère », Michel Bühler.
La vérité si je mens Thomas Vinterberg sonne l’ouverture de La chasse, l’hallali social, lâche
la meute haineuse aux trousses d’un homme accusé des pires instincts.
ADMIRER Les brillants et
piquants gribouillages de Julien
Schmidt, alias Guznag, s’exposent. A
voir. Vernissage MA ZONE, Guznag à la
Galerie du Sauvage, Porrentruy, 10.11
à 17 h. Expo ouverte jusqu’à Noël, du
mercredi au dimanche de 10 h à 18 h.
S
RIGOLER Un chagrin d’amour
qui finit en séjour à l’hôpital
psychiatrique. Une histoire à mourir…
de rire. Smarties, Kleenex et Canada
Dry, de et avec Brigitte Rosset, Centre
de culture et de loisirs, Saint-Imier,
10.11 à 20 h 30.
APPRÉCIER Reportage aux
Etats-Unis en 1949 et vues de son cher
pays : deux sujets parmi tant d’autres
que cet artiste national a croqués d’un
simple coup de crayon. Géa Augsburg,
Théâtre Le Saint-Gervais (Salle
d’exposition Robert Filliou), Genève,
jusqu’au 20.12.
Pays (gens du) « Un projet que «les gens du» devraient tous avoir et
réaliser bientôt. »
Chanter (pour) « Pour eux et pour vous. »
Français (le) « A conserver en s’en servant mieux tous les jours. »
Enfants (les) « Quels soucis! Mais quelles récompenses. »
Amour (l’) « Le plaisir vaut bien le problème. »
Québec (le) « Vaste... projet. »
Fidèle « A soi-même pour commencer. »
Suisse (la) « 40 ans de complicité, de fidélité et d’amitié. »
Un mot « Femme... la moitié du monde et en droits! »
SUIVRE Des photographies
inédites de Rico Weber qui retracent
le travail de Jean Tinguely (du Cyclop
au Crocrodrome). L’immobilité en
mouvement. Artistes en rébellion,
Espace Jean Tinguely- Niki de Saint
Phalle, Fribourg, jusqu’au 01.09.13.
Roger Jaunin
Gilles Vigneault en concert à Delémont (Forum St-Georges/10.11), Fribourg
(Salle Gambach/11.11), Morges (Beausobre/13.11) et Yverdon-les-Bains
(Théâtre Benno Besson/14.11).
DÉVISAGER Un photographe
PUB
neuchâtelois tire le portrait aux
« handicapés » de la fondation « Les
Perce-Neige » : des images de personnes
comme les autres. (In)différence,
exposition de photographies de Patrick
Schreyer, Club 44, La Chaux-de-Fonds,
jusqu’au 19.12. Exposition ouverte les
soirs de conférence ou sur demande.
Des cédés
Et voilà !
Vendredi 9 novembre (20 h 30)
Samedi 10 novembre (20 h 30)
Dimanche 11 novembre (17 h)
Jean Michel Piton
Poésie du quotidien
Vendredi 9 novembre – 1re partie
Nalé
Chansons en
clair-obscur
L’Esprit frappeur
Villa Mégroz – 1095 Lutry (VD)
www.livestream.com/espritfrappeur
Vigousse vendredi 9 novembre 2012
Bien sûr ça parle des gens, des
bons comme des mauvais, des
doux comme des salauds. Des victimes aussi, de la vieillesse encore,
de pas de louve et de quelques
mots tendres en forme de promesses. Bien sûr ça dit la vie telle
que nous la fait ce monde, ça
dénonce l’injustice et ça gueule.
C’est que Bühler a beau porter
désormais le cheveu couleur de
cendre, le feu qui brûle en lui n’est
pas près de s’éteindre. L’âge, d’ailleurs, lui sied à merveille ; c’est
qu’à chaque fois, à chaque nouvelle galette la plume se fait plus
précise, plus incisive et, semblet-il, plus « proche » de sa pensée.
Et voilà, sa toute dernière livraison,
Gare aux grilles par
égé
Solution de la semaine précédente
est peut-être ce qu’il a fait de mieux
jusqu’ici. Dieu (ou le diable) sait
pourtant qu’en 40 ans de carrière
et près de 200 chansons le poète
de L’Auberson avait déjà largement
pris le temps et la peine de nous
offrir le meilleur. Nous doutionsnous seulement qu’il était encore à
venir ?
R. J.
Et voilà, de Michel Bühler. 13 titres.
www.michelbuhler.com
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Un film
Brouillon de culture
Deux
de cœur
on pays, ce n’est pas un pays,
c’est la terre… Celle de ce
Québec où il est né et dont
depuis une bonne soixantaine
d’années il chante la beauté, en
même temps qu’il réclame l’indépendance. Gilles Vigneault écrit,
compose et chante comme on laboure la terre, creusant et recreusant inlassablement le même sillon, répétant sans cesse les mêmes
gestes et les mêmes mots ; avec au
cœur le secret espoir qu’à chaque
printemps revenu ils fassent fleurs.
Fidèle d’entre tous les fidèles,
l’homme à la crête blanche a
noué de solides amitiés dans
notre coin de pays, le voici revenu pour une tournée au cours de
laquelle, à Morges comme à Yverdon, il retrouvera un autre poète,
bien Romand lui, Michel Bühler.
Les mots de Vigneault :
Le dalaï-lama à Fribourg : les places seront chères, mais on pourra discuter le Bouddha.
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D
e la bouche d’un ange blond
de 5 ou 6 ans ne peut sortir que la vérité, sinon où
allons-nous ? Droit en enfer pour
Lucas ! Divorcé, ce quadra qui travaille dans une école maternelle
a le feeling avec les enfants. Mais
comme partout, il y a quelque
chose de pourri au royaume du Danemark. Qu’une gamine qui se sent
rejetée répète des mots « empruntés » à son grand frère et l’employé,
le père, l’ami, le paroissien devient
le plus infâme des monstres, le
pervers ultime. Un homme
que l’on traque, que l’on veut
abattre. Comme un chien. La
rumeur est une tumeur, une
balle qui à tout moment peut
vous exploser le crâne.
Bien davantage qu’un film sur
la pédophilie – aucun suspense
malsain n’étant entretenu sur la
possible culpabilité de Lucas –,
La chasse est un film sur un virus
qui se propage, un tsunami émo-
tionnel qui ravage tout sur son passage, une œuvre sur la défaite de
la raison, un cauchemar qui vous
poursuit à jamais.
Depuis le dérangeant Festen, jeu de
massacre familial que personne n’a
oublié, sorti il y a bientôt 15 ans,
tous les films du Danois Thomas
Vinterberg étaient passés inaperçus. Un sort que ne connaîtra pas celui-ci. La chasse a tout
pour agiter les débats entre ceux
qui le trouveront trop manichéen et manipulateur, et ceux
que cette course au lynchage, ce
combat stoïque mais désespéré
d’un homme face à la meute bienpensante marquera, impressionnera. Chacun étant persuadé de
détenir la vérité...
Bertrand Lesarmes
La chasse, de Thomas Vinterberg, avec
Mads Mikkelsen. Durée : 1 h 51.
Sortie le 14 novembre.
Un spectacle
Une revue
Amour
flou
Du bon Croûtion
L’histoire est absurde. Les dialogues tournent en rond. Et
l’intrigue est extrêmement pauvre. Pourtant, cette pièce
de théâtre de l’auteur norvégien Jon Fosse est intrigante.
Et jamais nous ne serons séparés !, c’est l’histoire d’une
femme délaissée et fêlée qui attend et répète lancinamment les mêmes phrases : « Je ne suis pas seule, je n’ai jamais été toute seule, j’ai toujours été seule, il va venir, il faut
qu’il revienne auprès de son amie… » Durant la première
demi-heure, telle une folle, elle ressasse les mêmes mots,
larmoie, rit, parle au vide. Puis un homme qu’elle ne voit
pas, mais qui est celui qu’elle attend fait son entrée. Et le
monologue hystérique se transforme dans l’heure qui suit
en dialogue de sourds.
Mise en scène par Damien Gauthier, cette pièce, qui traite
du manque, de la solitude, de la démence, est comme une
immersion dans le quotidien vide et dégénéré de l’héroïne.
Le spectateur, mal à l’aise, ressent son ennui, vit son aliénation, s’impatiente de la répétition, ne saisit pas l’entier
de ses délires et ressort agacé mais interpellé, sans savoir
s’il a ou non apprécié. Une vraie folie curieuse.
Et jamais nous ne serons séparés ! par la Cie Alice in W.,
Théâtre Pulloff, Lausanne, jusqu’au 18.11.
Alinda Dufey
« DVD »,
voir ou revoir…
Blimportant !
La réédition du Colonel Blimp vient combler
un vide important, car ce film est sans
doute, avec Les enfants du paradis, l’un
des meilleurs tournés pendant la Seconde
Guerre mondiale.
Le Gouvernement britannique commanda
un film patriotique, censé remonter le
moral des troupes. Michael Powell leur
livra un opus fleuve décrivant 40 ans de
la vie d’un officier depuis 1902 et eut
l’outrecuidance d’y inclure l’amitié entre le
colonel et un soldat allemand. Bien sûr, on
y voit les peines de cœur d’un gaillard un
peu victorien et surtout très très coincé, on
voit les tourments de l’Angleterre pendant
la première moitié du XXe siècle, mais
ce que l’on retient surtout aujourd’hui,
c’est la grandeur d’âme de Powell, qui
pardonna à « l’ ennemi » plusieurs années
avant que cette idée ne fasse son chemin
dans les cerveaux un peu embrumés de
ses compatriotes. Un grand film, tout
simplement, aimé par tous sauf Churchill,
qui tenta de l’interdire.
Michael Frei
Karloff, films cultes, rares et classiques, Lausanne
Le rideau à peine fermé sur son dernier spectacle,
Mamie Google, qui a attiré plus de 15 000 spectateurs, le Théâtre du Croûtion se lance dans une
nouvelle aventure : une revue intitulée 100% Valaisan. Et entre les bourdes du RSV, les vacances
de Varone, la saga du FC Sion et autres spécialités
typiquement valaisannes, le canton ne manque
pas d’actualités brûlantes et piquantes.
Une dizaine d’auteurs romands se sont investis
pour créer une revue satirique et délirante, plusieurs personnalités ont accepté de tourner des
petites séquences vidéo intégrées au spectacle et
une vingtaine d’artistes professionnels et amateurs (chanteurs, comédiens, humoristes) vont
envahir les 600 m2 de la scène pour faire frémir
les zygomatiques du public.
Une revue 100% valaisanne
à consommer sans modération.
A. D.
Revue 100% Valaisan, par le
Théâtre du Croûtion, au Bouveret,
09-30.11, les jeudis, vendredis
et samedis à 20 h, le dimanche
11.11 à 15 h.
Colonel Blimp, M. Powell et E. Pressburger,
1943, Carlotta, VOST, DVD et Blu-Ray,
157 min.
PUB
d’en Un repa
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trep
rise o
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pour spéciaux
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Place Chauderon 5 - 1003 Lausanne
Tél. 021 329 11 11 - www.pocoloco.ch
Vigousse vendredi 9 novembre 2012
14
Mass merdia
Un quart des médecins suisses va soigner son porte-monnaie à l’étranger.
Tempête médiatique
F
vagé Haïti. Au moins 60 morts,
200 000 sinistrés, les routes et
les ponts emportés, trois quarts
des récoltes détruites dans le
sud, le bétail décimé : un milliard de dégâts, un million de
gens menacés de famine et le
choléra qui guette. Dimanche
dernier, le Gouvernement haïtien appelait le monde à l’aide.
A l’heure où ces lignes sont
tapées, il y a neuf jours que
Sandy a balayé New York.
Neuf jours aussi qu’à chaque
bulletin d’info, la radio en
parle et développe : évacuations, dégâts et victimes dans
le New Jersey, tunnels inondés,
navire échoué, mais encore
annulation du marathon de
New York, rétablissement progressif de l’électricité, encore
100 000 personnes sans courant, encore 40 000 personnes
sans courant, le métro remis en
marche, le métro fonctionne à
50%... D’Haïti, pas un mot, pas
un seul.
En France, suite à des protes-
La Poste suisse adore les journaux. Non seulement elle s’apprête à
augmenter sauvagement les tarifs de la distribution des journaux au
prétexte que « ce n’est pas à La Poste de subventionner la presse suisse ! » (La
Liberté, 03.11), mais le service « public » ne craint pas non plus de donner
son avis sur la qualification même des organes de presse.
Nous avons demandé, comme nombre de confrères, à pouvoir bénéficier
de « l’aide à la presse régionale et locale », un droit fédéral géré par La
Poste. Réponse officielle de la conseillère régionale journaux : « Après
étude de votre demande nous constatons que le contenu de votre journal
n’est pas uniquement régional et local, mais plus tôt (sic) national voir
(sic) international. » C’est comme ça qu’on prend du galon et perd une
subvention !
Salades d’avocat
tations venues du public, la
criante, l’obscène, la vomitive
différence de traitement médiatique a créé l’embryon d’un
débat, notamment sur les sites
du Monde, du Nouvel Observateur et de Libération.
En Suisse, l’émission Médialo-
gues (RTS La 1ère, 3.11) s’est
penchée sur la médiatisation de
Sandy. En s’extasiant, à propos
des dégâts new-yorkais, sur la
diffusion désormais fulgurante
de l’information grâce aux
réseaux sociaux. Sur la même
chaîne, ce mardi 6 novembre,
les bulletins d’info révélaient
que le métro de New York fonctionne à 80%. Et qu’une nouvelle tempête, moins violente,
menace la Grosse Pomme,
qui « panse encore ses plaies ».
Haïti ? Silence radio. Là-bas, les
ruines sont sans doute moins
confortables que les hôtels de
Manhattan.
L
a justice est relative.
Le 30 septembre dernier sur RTS La
1ère, Maître Dominique Warluzel* se
déclarait en faveur de la peine de mort.
N’aurait-il pas raison ? L’auteur d’un crime
odieux, voire atroce, si on l’attrape et le
juge, peut-il prétendre à un autre sort ?
Prenons un cas au hasard. Monsieur M. est
dentiste à Genève, Madame gère le cabinet.
Entre les deux, il y a Adèle Nicolo, jeune
assistante dentaire italienne de 18 ans.
D’un tempérament jaloux, Madame M.
soupçonne Adèle de fricoter avec son
époux. Le 18 décembre 1988, dans le but
de la faire parler, elle la chloroforme (ce qui
est quand même un peu débile) et Adèle
s’effondre. Madame M. la croit morte. C’est
peut-être le cas.
Madame M « panique » : elle déshabille sa
victime, la fourre dans un sac de marin.
Non sans avoir emballé sa tête dans un sac
en plastique au cas où elle serait encore un
peu vivante.
Le lendemain, elle avoue tout à son mari,
qui se montre solidaire. Afin de brouiller
les pistes, il appelle la mère d’Adèle pour
lui signaler qu’elle ne s’est pas présentée à
son travail. Plus tard dans la nuit, le couple
charge le corps dans une voiture et fait le
tour du lac en quête d’un endroit où le jeter. Finalement, ce sera un ponton dans les
environs de Genève.
Le lendemain, toujours sous l’emprise de
la « panique », Monsieur M. revient sur le
lieu du crime avec un radiateur, histoire de
mieux lester le corps. Mais des adolescents
l’ont déjà découvert. Monsieur et Madame
M. sont arrêtés et jugés.
A l’aune des faits, on pourrait s’insurger et
réclamer pour les coupables, vu leur froideur et leur cynisme, un sort analogue à celui de leur malheureuse victime. Mais non :
après deux procès, la justice genevoise a
condamné Madame M. à… trois ans de prison. Il faut dire qu’un de ses avocats n’était
autre que Maître Warluzel.
La relativité n’est pas juste.
Laurent Flutsch
Stéphane Bovon
* nom connu de la rédaction
Travailleurs au noir en Suisse. On n’est pas près de voir le bout du tunnel.
Vigousse International
Zoom à vent sur l’info
Grosses pommes A écouter
les journalistes radiophoniques
romands, l’ouragan Sandy a
posé beaucoup de problèmes
à New York. Du côté d’Haïti,
rien à signaler.
in janvier 2010, Haïti était
dévasté par un séisme.
Aussitôt, la presse s’y
précipitait, parasitant de précieuses ressources en eau, en
carburant, en véhicules et en
locaux qui manquaient aux
victimes et aux secouristes.
A cet égard, la Radio suisse
romande s’était distinguée en
dépêchant sur l’île, en plus de
ses reporters, trois producteurs
pour qu’ils puissent y animer
leurs émissions courantes, y
compris donner les résultats
sportifs, en direct de là où ça
se passe. Cette opération frime
avait choqué bien des collaborateurs de la radio, d’autant
que l’un des envoyés avait cru
bon de publier sur Facebook
les photos de sa glorieuse
aventure, avec vues de l’avion,
visions de cauchemar à travers
la vitre du minibus, petits déjeuners à l’hôtel et tout le tremblement (Vigousse, 29.01.10).
A l’heure où ces lignes sont
tapées, mardi 6 novembre, il y
a douze jours que Sandy a ra-
Rebuts de presse
Idée dans l’air
Les grands esprits se rencontrent et parfois se
télescopent. La couverture de Vigousse du vendredi
26 octobre s’ornait d’un dessin de Large représentant
Ueli Maurer en James Bond ridicule et surnommé
« Agent 000 ». Or notre ami Burki avait réalisé, le
13 octobre dans 24 heures, quasiment le même dessin
avec un Maurer également classé « 000 » !
Non, Vigousse n’a pas d’agents doubles à 24 heures
pour exfiltrer le talent de Burki. La vérité est bien
moins glorieuse : personne de la rédaction n’ayant
ouvert le quotidien
vaudois ce
jour-là, nous
avons donc
totalement
zappé la
création de
Burki. Seule
consolation :
les lecteurs
des deux titres
auront eu droit
à deux très bons
dessins !
Passion Lausanne
Sympathique initiative de l’hebdomadaire français
Marianne (03.11) qui offre à ses lecteurs une découverte
inédite de Lausanne. Il y aurait ainsi « 4 vraies raisons »
de s’y exiler, « pas seulement pour des raisons fiscales » :
Lavaux, la gastronomie (française) de Benoît Violier, le
Musée de l’art brut et l’Orchestre de chambre. On irait
jusqu’au bout du monde pour ça, non ? L’article paraît dans
la rubrique « Evasion », mais seuls de mauvais esprits y
verraient une « vraie raison » un peu plus pécuniaire.
Conte à rebours
Il ne reste que
42
jours à la presse orangée et gratuite
pour effrayer le bon peuple en lui
faisant croire qu’ainsi que nous le
promettaient les Mayas la fin du
monde est programmée pour
le 21 décembre 2012.
Jette set
En égratignant les valeurs les plus sacrées,
Vigousse prend de gros risques chaque
semaine. Ainsi, suite à la « Tête de truc »
(02.11) consacrée à la star Bastian Baker (dit
BB), nous avons reçu le courriel suivant :
« Je souhaite résilier mon abonnement à votre
journal dans les meilleurs délais. La raison
de ma résiliation est votre article sans fond
sur Bastian Baker que je ne cautionne pas du
tout. »
Voilà qui est clair, net et sans appel.
Et c’est signé Patrick
Stillavato, directeur
de la radio locale
lfm… Notons
que quand on
connaît les choix
musicaux de
cette station,
on comprend
mieux !
15
Le cahier des sports
Bruits de coulisses
Vous savez comment sont les gens :
toujours prêts à dire du mal des
autres ou à laisser entendre que…
Méfions-nous donc de ceux qui ont
les oreilles qui traînent, on a entendu
ceci cela – « Je te jure, j’y étais ! » – et
qui s’empressent de transformer la
moindre rumeur en vérité pure et dure.
Quoique…
Le 23 octobre dernier la TSR diffusait un
Infrarouge consacré au dopage dans le
sport. Titre du débat : « Armstrong : le
début du grand ménage ? » Autour de
la table, entre autres, des spécialistes
de la petite reine, dont Pascal Richard
et Richard Chassot, des gens d’éthique,
comme Georges-André Carrel, et
l’incontournable Marie-Hélène Miauton,
présidente du Mouvement pour
l’éthique dans le sport. Chacun(e) y est
allé(e) de ses arguments et, en gros, on a
conclu que, oui, il convenait d’intensifier
la lutte contre le dopage dans le sport.
Rien de bien neuf, mais bon, le sujet est
à la mode et comme on dit, l’important
n’est pas d’aller au cinéma, mais de
pouvoir causer du film.
Il semble pourtant qu’une fois les
caméras rangées et les micros bouclés
la suite de la soirée aurait mérité, elle,
d’être vue à l’antenne. Et que l’on en
soit venu à parler de l’équipe de France
de foot millésime 1998, alors en pleine
préparation de son mondial et future
gagnante, en finale, du Brésil. Et là, l’un
des intervenant de conter l’histoire,
en citant son nom, d’un international
français, joueur de l’Olympique de
Marseille, contrôlé positif et qui, en cas
de sanction, aurait menacé de « tout
déballer ». L’affaire serait remontée
jusqu’à Lionel Jospin, alors Premier
ministre, qui l’aurait étouffée.
Le plus drôle est que deux ans plus tard
le même joueur avait été à nouveau
pincé pour les mêmes motifs. Avant de
bénéficier d’un non-lieu pour vice de
forme.
Mais bon, ce ne sont bien sûr que des
on-dit !
Et ce sera tout pour cette semaine.
Roger Jaunin
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Vigousse vendredi 9 novembre 2012
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Vigousse vendredi 9 novembre 2012
16
La suite au prochain numéro
B é B E RT D E
Yverdon : l’avenir de Leclanché à piles ou face.
PLONK & REPLONK
Guy Carlier, le poids des maux
C
eux qui écoutaient les chroniques de Guy Carlier sur
France Inter en ont encore
mal aux côtes. Méchant, tranchant, subtil, délirant, le sarcasme
y était ciselé comme une pièce
d’orfèvrerie. C’était autour de l’an
2000, on l’écoutait en se marrant,
sans se soucier une seconde de ses
problèmes de poids ou de couple,
et encore moins de ses états d’âme.
Depuis, le joyau est devenu guimauve, la gaudriole s’est étiolée, le
sniper ne fait plus peur. De la section poilade à la rubrique people,
l’engin de démolition a fini en une
masse glaireuse à peine reconnaissable.
Il est vrai que ses débuts n’étaient
pas du meilleur présage : Guy
Carlier fut directeur financier
dans le business du bois en
Afrique, puis chez un marchand d’armes saoudien. Voilà
qui ne met pas d’emblée dans le
camp du bouffon redresseur de
torts. Mais peu importe puisque
l’ancien comptable en était venu à
régler férocement les comptes.
Puis, un jour, il a décidé de passer de méchant à gentil. Fini le
Vigousse vendredi 9 novembre 2012
C’est arrivé la
semaine prochaine
(ou du moins ça se pourrait bien)
dépeçage des Julien Lepers et
Elizabeth Teissier, terminé le lynchage des politiques. Désormais
il ferait ami-ami avec ses têtes de
Turc. Pire, l’humoriste entama
aussi, sur scène, dans la presse,
à la télévision, partout, la longue
chronique de ses propres démons :
hyperphagie, dépression, enfance
difficile... bonjour la bonne humeur. On n’aurait jamais songé à
le qualifier de lourd du temps de
ses chroniques meurtrières, mais
là il ne laisse plus trop le choix.
« Et après on s’étonne que je vide
le frigo », disait-il à la fin de ses
déboulonnages. C’était drôle et il
a fallu que ça devienne tragique.
Pire, après la phase rédemption,
on a eu droit aux flots d’eau de
rose. Etape mariage avec Joséphine Dard, fille de Frédéric, son
idole, son père spirituel, la magie des mots et de l’amour, tout
ça, gnagnagna. La dégringolade,
quoi. Et sévère, en plus : qui, dans
son état normal, écrirait un livre
en hommage à l’exministre sarkozyste
Nadine Morano ? Un
vrai hommage, même
pas ironique !
Maintenant on apprend qu’il trompe sa
femme, affaire révélée par un
SMS suspect. Passionnant.
On a beau dire, question
adultère, DSK au moins
a su y mettre la forme.
Là, c’est, comment
dire ? Juste un peu
lourd.
Sebastian Dieguez
Exclusif !
Un Japonais mange
une photocopieuse !
Exclusif !
Un Australien
mange une moto !
Exclusif !
Un Canadien
mange un voisin !
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Un Somalien
ne mange rien !