Session de l`après-midi

Transcription

Session de l`après-midi
165
33ème journée d’étude
jeudi 08 mars 2007
RECOLTE ET CONSERVATION DES
FOURRAGES
Par :
•
E. POTTIER
Institut de l'Elevage
Service Fourrages et Conduite des Troupeaux Allaitants
Ferme Expérimentale du Mourier
87 800 Saint Priest Ligoure
Résumé
La qualité d’un fourrage conservé se définit selon trois composantes, sa valeur nutritionnelle, son
ingestibilité mais également sa valeur sanitaire. Ces différentes caractéristiques dépendent de
nombreux facteurs chacun d’eux pouvant agir sur une ou plusieurs de celles-ci. Parmi ces facteurs
de variation, les pratiques mises en œuvre à la récolte et pendant la conservation ont une place
privilégiée dans la mesure où elles vont influer sur les trois composantes d’une part et qu’elles sont
complètement sous la maîtrise de l’éleveur d’autre part. Disposer d’un fourrage de qualité à la
distribution dépend de quelques règles simples à respecter de la récolte à la distribution tout
particulièrement pour l’ensilage et l’enrubannage.
Mots-clés : Cheval, fourrages, récolte, conservation
Summary
Harvest and preservation of forages
The three major components of the quality of forages are: the nutritive value – the intake – and
the hygienic value. Those characteristics are related to different factors which can interact
themselves and affect one or several characteristics. Among all these factors the conditions
implemented to harvest and preserve forages are of major concern as they influence the three
major components. In addition those conditions are definitely under the breeders’ control. Indeed
the quality of preserved forages to be fed to horses, namely silage and wrapped silage, is
subjected to a few simple guidelines to be implemented from the harvest to the distribution.
Key-words : horse, forages, harvest, preservation
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Introduction
La récolte des fourrages est une étape particulièrement importante dans l’année
pour les exploitations d’élevage herbivore. Quel que soit le système de production,
l’alimentation des troupeaux repose pour partie sur l’utilisation de fourrages récoltés
principalement au printemps pour alimenter les animaux pendant l’hiver et pallier
éventuellement aux périodes de moindre production fourragère. Les épisodes climatiques
délicats survenus ces dernières années ont révélé tout l’enjeu de la gestion des fourrages
et de la constitution des stocks.
La récolte des fourrages représente un investissement important, tout d’abord en
terme de travail mobilisé mais surtout par les coûts directs engendrés. Une étude
réalisée par la fédération départementale des CUMA de Vendée en 2002 évalue à environ
140 €, 240 € et 130 € le coût, hors main d’œuvre, de récolte d’un hectare d’herbe
respectivement sous forme d’ensilage, d’enrubannage et de foin. Ces coûts varient peu
en fonction du rendement et le coût du kilo de fourrage valorisé va varier de façon
importante en fonction des pertes subies à la récolte mais surtout lors de la conservation
et à la distribution. Les caractéristiques du fourrage à la distribution : valeur
nutritionnelle, présence éventuelle de composés toxiques, vont également avoir une
incidence économique au moins par les corrections qu’il faudra apporter au niveau de la
ration. La maîtrise technique de la récolte et de la conservation des fourrages représente
donc un enjeu économique.
Ce texte aborde de façon globale les différents modes de récoltes possibles des
fourrages, leurs avantages, leurs inconvénients et précise pour finir les points importants
à prendre en compte pour produire un fourrage de qualité sur le plan nutritionnel et de la
santé. Il s’intéresse plus particulièrement à l’herbe qui reste et de loin le fourrage le plus
utilisé pour alimenter les équidés.
1. Les différents modes de conservation des fourrages :
problèmes posés et risques encourus
On distingue trois modes différents de conservation des fourrages. Le foin est de
loin certainement, le plus connu et le plus utilisé pour alimenter les chevaux. L’ensilage
est également une technique qui a largement fait ses preuves pour alimenter des
chevaux (Agabriel et al., 1982 ; Bigot et al., 1987 ; Morhain et al., 2007 ; Trillaud- Geyl
et Martin-Rosset, 2007 ; Martin-Rosset, 2007). Envisageable pour l’herbe, elle s’est
surtout développée de façon concomitante à la culture du maïs ou des sorghos, et plus
récemment des céréales dites à paille. Enfin, l’enrubannage est un mode de conservation
beaucoup plus récent qui a connu un véritable essor en France au cours de ces 15
dernières années (Corrot, 1993) et que l’on peut situer entre le foin et l’ensilage.
Chacune de ces modalités de conservation fait appel à des itinéraires techniques
différents pour assurer la production d’un fourrage de qualité, ici plutôt considérée sous
l’angle de la santé et de l’ingestibilité.
1.1. Le foin
Il s’agit dans ce cas de permettre une conservation de qualité en amenant le
végétal à une teneur en eau, d’au maximum 25 %, qui ne permet plus aux microorganismes, moisissures principalement, de pouvoir se développer et se multiplier.
La principale difficulté de ce mode de récolte qui concerne avant tout les prairies
est d’obtenir un taux de matière sèche suffisamment élevé proche de 85 % à partir de
fourrage vert contenant 70 - 80 % d’eau. La dessiccation demande 2 à 3 jours, dans le
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meilleur des cas, à plus d’une semaine. La rapidité de ce séchage est fonction des
conditions climatiques, des caractéristiques du fourrage (espèce, teneur en eau,
biomasse présente) mais également des matériels mis en œuvre et des modalités de leur
utilisation.
Il faut compter en moyenne entre 4 et 5 jours pour atteindre une teneur en MS
suffisante. Cette durée est bien connue pour représenter un risque par rapport à la
météorologie surtout dans le cas de fauches précoces. Ce séchage requiert également un
certain nombre de fanages qui vont favoriser l’aération du fourrage et ainsi accélérer sa
dessiccation. Ces opérations sont particulièrement nécessaires lorsque les quantités
présentes au sol sont importantes.
1.2. L’ensilage
Il s’agit dans ce cas d’une conservation dite par voie humide. Les fourrages sont
récoltés et stockés à des taux de matière sèche (MS) qui oscillent entre 15 % et 35 %
voire un peu plus pour le maïs ou les sorghos. La réussite de la conservation du fourrage
avec de telles teneurs en eau repose sur une acidification du milieu grâce au
développement préférentiel de bactéries lactiques, plus particulièrement du groupe des
homo-lactiques, qui permet l’obtention d’une atmosphère anaérobie. Celles ci vont
transformer les sucres solubles disponibles en acide lactique. Cette acidification doit être
obtenue le plus rapidement possible afin de limiter les pertes.
Une conservation de qualité se caractérise sur les critères suivants selon le
barème établi par l’INRA (tableau 1) :
-
Un PH inférieur ou égal à 4 pour des teneurs en MS inférieures à 35 %
Des teneurs en N-NH3 de 5 à 7 pour cent de l’azote total
Une teneur en acide acétique inférieure à 25 g/kg de MS
Une présence des acides propionique et butyrique quasiment nulle.
La réussite de l’ensilage repose donc sur deux facteurs, la disponibilité en sucres
fermentescibles et l’élimination de toutes traces d’oxygène favorable au développement
des bactéries lactiques.
Tableau 1 : Qualité de conservation des ensilages : barème INRA des caractéristiques physico-chimiques
(Dulphy et Demarquilly, 1981)
Table 1 : Quality of preservation for silage : INRA scale of physico – chemical characteristics
Acides gras
volatils
Classe
class
Excellent
excellent
Bon
Good
Médiocre
Average
Mauvais
Poor
Très mauvais
Very poor
Volatils fatty
acids
Acide
Acide
acétique
butyrique
N-NH3 % N total
Acetic
Butyric
N –NH3 % totalN
acid
acid
N soluble
% N total
Soluble N
% total N
(mmoles/kg MS)
g/kg MS
Maïs
Luzerne
mmole.kgDM
g/Kg DM
Maize
Alfalfa
Autres
plantes
Other plants
< 330
< 20
0
<5
<8
<7
<50
330–660
20-40
<5
5-10
8-12
7-10
50-60
660–1000
40-55
>5
10-15
12-15
10-15
60-70
1000-1330
55-75
>5
15-20
16-20
15-20
>65
> 1330
>75
>5
>20
>20
>20
>75
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- La disponibilité en sucres
Elle va tout d’abord dépendre du matériel végétal et de sa richesse en sucres
solubles. Celle ci varie en fonction de l’espèce fourragère et du stade du végétal.
Suffisants avec les ray-grass, les apports sont souvent déficitaires avec les prairies
naturelles (6 à 10 % de glucides solubles dans la MS) et plus encore avec le dactyle (3 à
7 %) et la luzerne (Demarquilly, 1986). La teneur va également diminuer avec le
développement végétatif.
Outre la teneur, ces sucres doivent être rapidement disponibles pour les bactéries.
C’est pourquoi un hachage fin est préconisé.
- L’élimination de l’oxygène
Il importe lors du chantier de récolte d’éliminer au maximum l’oxygène. Le silo
doit être rempli le plus rapidement possible et fermé de façon hermétique. Le tassement,
qui permet de chasser l’air est particulièrement important dans le cas d’un ensilage
récolté à des teneurs en MS supérieures à 30 % ce qui est le cas des maïs ou des
graminées et des légumineuses ayant subi un pré-fanage ou bien encore si le fourrage
est récolté en brins longs.
1.3. L’enrubannage
C’est une technique de récolte beaucoup plus récente qui s’est au départ
développée dans les pays du Nord de l’Europe où les conditions climatiques rendent plus
aléatoires la production de fourrages de qualité par la voie sèche. Il s’agit, dans sa
méthode la plus classique, d’ensacher à l’aide d’un film plastique étirable des balles
rondes voire des bottes cubiques.
Si la stabilité des ensilages coupe fine est assurée par une acidification rapide du
milieu ce n’est pas le cas dans les balles rondes enrubannées où les brins d’herbe sont
quasiment entiers. Cela a comme conséquences de diminuer la densité du fourrage
récolté et donc d’emprisonner plus d’air, de limiter la disponibilité immédiate en sucres
solubles pourtant nécessaires aux bactéries acidifiantes. C’est pourquoi la stabilité du
produit n’est obtenue qu’en récoltant un fourrage suffisamment sec. Le pH n’est de fait
plus un critère pertinent de jugement de la qualité mais c’est avant tout la teneur en MS
comme le montre le tableau 2. Le taux optimal de MS à rechercher est de 50 à 60 %.
Des études relativement récentes conduites par l’Institut de l'Elevage (Corrot, 1993)
montrent que ces taux peuvent être atteints relativement rapidement, en moins de deux
jours (fauche le matin, récolte le lendemain en fin d’après midi) lorsque les conditions
météo sont favorables.
La technique de l’enrubannage présente comme avantage d’utiliser la même
chaîne de récolte et de distribution que le foin, exception toutefois faite de la nécessité
de disposer d’une enrubanneuse. Si cette technique diminue le nombre de fanages elle
génère un coût supplémentaire et demande une organisation particulière des chantiers
de récolte, plus mobilisatrice de main d’œuvre. Si l’enrubannage doit être rapidement
réalisé, les contraintes sont moindres qu’avec la technique de l’ensilage. S’il est
préférable de le faire dès le pressage, il est possible de reporter l’enrubannage de
quelques heures, sans toutefois dépasser les 24 h et en évitant que les bottes supportent
des intempéries (Corrot et Delacroix, 1992).
Le débit moyen d’un chantier étant de 3 à 4 ha par jour au maximum, on ne peut
récolter simultanément que des surfaces de dimension moyennes.
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Tableau 2 : Résultats de conservation et de contamination butyrique par classe de teneur en MS (Corrot et al,
1993)
Table 2 : Evaluation of preservation and contamination by butyric bacteria according to DM content class
Classe de MS
Class for DM
< 30
30 à 40
40 à 50
50 à 60
> 60
Recommandations
classiques
Routine
recommendations
% Azote
ammoniacal
%
ammoniacal N
Acide acétique
Acetic acid
(g/kg MS)
(g/kg DM)
Acides
propionique +
butyrique
Propionic and
butyric acids
(g/kg MS)
(g/kg DM)
63.4
47.4
37.8
31.2
12.9
10.9
6.9
6.1
3.6
13.5
10.1
7.6
6.2
5.3
30.7
16.2
6.2
3.3
2.2
69180
24550
2270
470
90
< 50
<7
< 20
< 0.5
100 à 1000
% Azote
soluble
% Soluble N
Spores / g
Spores/g
2. Problèmes posés par la récolte et la conservation des
fourrages
2.1. Des pertes aux différentes étapes de la récolte et du stockage
Dès l’instant qu’un fourrage est fauché, différents processus vont conduire à des
pertes de matières sèches. Celles-ci vont apparaître à différents niveaux de la chaîne de
récolte : tout d’abord au champ puis lors de la conservation et ce pour différentes
raisons.
- Des pertes par processus respiratoires
Les premières pertes vont être induites par la poursuite des phénomènes
respiratoires affectant le matériel végétal après la fauche. L’importance de ces pertes est
fonction : de l’espèce végétale, de la rapidité de dessiccation du fourrage et du mode de
récolte, en sec ou humide.
Celles-ci sont très variables. Dans le cas d’un foin sec ces pertes perdurent jusqu’à
ce que le foin ait atteint environ 75 % de la MS à raison de 1 à 1,5 % de la MS fauchée
par jour (Schukking et Overvest, 1979). Ces pertes sont d’autant plus faibles qu’un
temps chaud et sec permet un séchage rapide. Au final elles représentent de 3 à 10 % de
la matière sèche fauchée. Elles seront moins élevées dans le cas d’un fourrage récolté
sous forme humide (Figure 1).
Dans le cas de l'ensilage ou de l'enrubannage, les processus respiratoires vont
encore se produire quelque temps après la récolte puis des fermentations anaérobies,
nécessaires à la conservation, qui vont également conduire à d’autres pertes de MS vont
se mettre en place pendant quelque temps encore. Ces phénomènes sont moindres avec
l’enrubannage car les fermentations sont réduites.
- Des pertes mécaniques
Au cours des différentes étapes nécessaires à la récolte d’un fourrage des pertes,
générées par les outils utilisés et leur utilisation, vont se cumuler.
Tout d’abord au moment de la fauche. Elles vont principalement dépendre de la
hauteur de coupe, du type de faucheuse utilisée et de l’état du couvert végétal,
notamment si celui ci est versé. Dans le cas de graminées une variation de 1 cm de la
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hauteur de coupe autour de la hauteur conseillée de 6 – 7 cm fera varier le rendement de
100 à 200 kg de MS par hectare.
Ensuite, chaque manipulation du fourrage, nécessaire pour accélérer le séchage
ou permettre sa récolte, va engendrer de nouvelles pertes. La teneur en matière sèche
du végétal lors du passage et les modalités d’utilisation des outils vont fortement influer
sur l’importance de celles-ci. Enfin, lors de la récolte une part du fourrage peut
également rester sur le champ.
- Des pertes par lessivage
Il s’agit des pertes qu’entraîne la pluie sur un fourrage en cours de séchage. Aux
effets directs de la pluie sur le fourrage s’ajoutent des effets indirects par une
augmentation du temps de séjour au sol et une augmentation des manipulations
nécessaires à la ventilation. Ce problème concerne principalement les foins et
l’importance sera d’autant plus forte que le séchage sera déjà avancé et la pluviosité
élevée.
La pluie va entraîner un lessivage des constituants solubles de la plante, modifier
sa composition chimique (Martin- Rosset 2007) ce qui va se traduire par une diminution
de la valeur nutritionnelle du fourrage récolté. Ainsi les valeurs énergétique et azotée
d’un foin de prairie naturelle de plaine récolté au stade épiaison par beau temps ou
temps de pluie diminue de 0.0 8FC et de 7g de MADC /kg MS soit 12 % dans les deux
cas (tables INRA 1990).
Figure 1 : Influence de la durée du séjour au sol sur les pertes de matières sèches (Zimmer, 1977)
Figure 1 : Effect of the time for drying on the ground on the dry matter losses
Foin au sol
Hay dried on the ground
Pertes de MS (% MS récoltée)
DM losses (% of DM harvested amount)
Enrubannage
Wrapped silage
30
Ensilage préfané
Prewilted silage
20
10
20
40
Bonnes
Good
60
80
Moyennes
Average
- Des pertes en cours de conservation
Il faut ici distinguer les foins secs des foins humides et de l’ensilage.
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Teneur en MS (%)
DM content (%)
Mauvaises
Poor
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Avec le foin traditionnel, récolté à plus de 85 % de MS, les pertes en cours de
conservation sont extrêmement faibles dès lors que l’on prend soin du stockage. Selon
les auteurs celles-ci oscillent entre 1% (Zelter, 1973) et 4% (Cabon, 1983).
Des teneurs en matière sèche plus faibles conduisent à des pertes plus élevées dues à
l’échauffement du fourrage d’une part, à la production de jus dans le cas d’ensilage dont
la teneur en MS ne dépasse guère les 30 % d’autre part. Ces pertes sont quasiment
proportionnelles à la teneur en MS à la récolte (Dulphy, 1987).
Au final les pertes engendrées par la récolte de fourrages puis leur stockage ne sont pas
négligeables et peuvent même être importantes (tableau 3). Dans une synthèse
bibliographique Dulphy (1987) estime que celles ci peuvent varier de 10 % dans le
meilleur des cas à près de 30 % cela sans prendre en considération l’inconsommable.
Elles sont plus élevées avec les légumineuses, 25 %, qu’avec des graminées, 10 à 20 %,
récoltées en sec. Par contre dans des conditions optimales de récolte, les pertes
cumulées par ensilage sont peu différentes de celles du foin. La technique de
l’enrubannage semble toutefois diminuer leur importance.
Tableau 3 : estimation des pertes selon le mode de récolte du fourrage
Table 3 : Evaluation of losses according to the harvest technique of the forage
Bilan des pertes
Losses balance
Au champ
In the field
A la conservation
During conservation
A la reprise
At opening
A l'utilisation
During utilisation
Pertes totales
Total losses
Foin beau temps
Hay shiny day
BRE à 50 % MS
Wrapped silage
50% DM
Ensilage coupe fine
- 25 % MS
Silage fine chop
25%DM
12 – 18
4–7
2–3
1–2
7–7
10 – 15
#0
0–3
3–7
2–4
1–2
0–2
15 - 24
9 - 19
15 - 27
2.2. Une microflore complexe
Il existe une multitude de micro-organismes présents lors de la récolte : bactéries,
levures, moisissures. Réussir à conserver un fourrage repose sur une maîtrise de leur
développement respectif soit en empêchant toute prolifération, c’est le cas avec le foin
pour des teneurs en MS au moins égales à 85 %, soit en favorisant les espèces
favorables au détriment d’autres qui pourraient être pathogènes. C’est ce à quoi il faut
parvenir avec les voies humides.
- Une microflore abondante et diversifiée
La microflore des fourrages est particulièrement diversifiée. On peut distinguer la flore
des champs présente avant la récolte, la flore qui va s’installer en cours de récolte puis la
flore de stockage (Pelhate, 1987). L’importance relative de chacune dans le fourrage
stocké va dépendre d’un certain nombre de facteurs favorables ou pas au développement
de l’une ou l’autre de ces flores.
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On peut regrouper ces micro-organismes en trois catégories :
les bactéries lactiques
Ces bactéries anaérobies strictes présentent un fort pouvoir acidifiant. Elles
ont besoin pour se développer de disposer de sucres fermentescibles
immédiatement disponibles avec lesquels elles vont produire de l’acide
lactique qui va faire rapidement baisser le pH.
les autres bactéries
Celles ci se composent de bactéries aérobies strictes, d’anaérobies
facultatifs, et d’anaérobies stricts que sont notamment les bactéries
butyriques. Ce sont des bactéries présentes essentiellement dans le sol
sous une forme sporulée. Leur germination est nécessaire à leur
développement.
les levures et les moisissures
Si les moisissures sont aérobies les levures peuvent se développer en
l’absence ou non d’oxygène.
- Des développements aux conséquences variables
Le développement de ces micro-organismes va toujours se traduire par des pertes
de MS et une diminution de la valeur énergétique (par l’utilisation des sucres) et azotée
(par utilisation des acides aminés) du fourrage (Martin- Rosset, 2007). Les moisissures et
les levures vont également avoir pour effet d’augmenter ces pertes en rendant une partie
du fourrage impropre à la consommation (moisi, pourri) voire peu appétant avec parfois
la sécrétion de substances qui peuvent être toxiques ( Martin-Rosset, 2007).
Plus problématique est la capacité de certains de ces micro-organismes et notamment le
groupe des bactéries butyriques à sécréter des substances toxiques pour les animaux les
consommant. Dans le genre Listeria, il faut évoquer l’espèce monocytogenes
potentiellement dangereuse pouvant causer des encéphalites et des avortements tout
particulièrement chez les petits ruminants avec des fourrages fortement contaminés.
Certaines moisissures que l’on peut rencontrer sur des fourrages échauffés tel que
aspergillus fumigatus peuvent être responsables de mycoses voire d’avortements.
D’autres, principalement par les métabolites produits, peuvent être responsables de
toxicoses comme le genre Fusarium. La question des allergies respiratoires dans le cas
de l’utilisation de foins est très certainement prépondérante chez le cheval et elle n’est
pas à négliger chez l’homme, maladie dite du poumon fermier, asthme et bronchite
chronique. De nombreux agents peuvent en être responsables, des moisissures
(Alternaria, Mucor, Aspergillus …), des bactéries comme les Penicillium.
- Des conditions de développement différentes selon les catégories
Ces différentes catégories présentent des exigences de développement et de
sensibilité différentes au pH et à la pression osmotique. La pression osmotique est
déterminée par la concentration en sucs cellulaires de la plante et donc la teneur en
matière sèche.
Ainsi les bactéries butyriques sont très sensibles à des acidités relativement
basses, pH inférieur à 4, et plus sensibles que les bactéries lactiques à des pressions
osmotiques élevées. Accroître la teneur en MS du fourrage au moment de la récolte
permet donc d’améliorer la conservation et de limiter le développement des microorganismes indésirables (figure 2). Cette technique est obligatoire dans le cas de
fourrages récoltés en brins longs comme c’est le cas pour l’enrubannage.
Concernant Listeria monocytogenes, une étude réalisée par l’Inra de Nouzilly entre 1990
et 1992 a montré que sur plus de 350 prélèvements de fourrages récoltés, moins de 8 %
d’entre eux étaient positifs et que les ensilages tout comme les BRE n’étaient pas plus
contaminés que les foins.
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Figure 2 : Influence de la teneur en matière sèche sur le pH inhibant la croissance des bactéries butyriques
Figure 2 : Influence of dry matter content of the pH which limits the growth of bacteria
Teneur en
MS %
DM content
%
50
45
Zone de croissance impossible
Zone where impossible growth
40
Ensilage stable
35
Steady silage
Zone de croissance possible
Zone where possible growth
30
25
Ensilage instable
Unsteady silage
20
15
3,8
4,0
4,2
4,4
4,6
4,8
5,0
5,2
pH
2.3. S’adapter aux conditions climatiques
Exception faite de l’ensilage réalisé en coupe directe qui intéresse avant tout les
céréales mais peu les graminées et encore moins les légumineuses, les autres modalités
de récolte, ensilage pré-fané, enrubannage et foin nécessitent de disposer de plusieurs
jours consécutifs de beau temps, non seulement sans pluie mais également plutôt
ensoleillés. La principale difficulté réside à disposer des conditions climatiques optimales
pendant toute la phase du chantier de récolte. Le risque que ce ne soit pas le cas est
d’autant plus grand que la durée du chantier est longue et que l’on se situe tôt dans
l’année, au printemps plutôt qu’en été.
L’enrubannage représente aujourd’hui une vraie alternative pour sécuriser une
récolte. Elle permet d’envisager des fauches relativement précoces au printemps mais
également aujourd’hui en automne.
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3. Les précautions à prendre de la récolte à la
conservation
Il ne s’agit pas de développer dans ce paragraphe l’ensemble des facteurs qui
influent sur la réalisation des chantiers mais uniquement de discuter sur ceux qui
peuvent être maîtrisés par l’homme au travers de ses choix techniques.
3.1. Assurer une dessiccation rapide
Quel que soit le fourrage il importe de faire en sorte que le temps de séjour au sol soit le
plus court possible. Bien évidemment pour limiter la prise de risque par rapport aux
conditions climatiques mais également pour conserver la meilleure qualité possible du
fourrage.
- Ne pas faucher trop bas
Dans le cas des fourrages qui demandent un certain séchage, la hauteur de fauche va
influer directement sur la rapidité de séchage.
Elle va intervenir sur la quantité de fourrage à sécher et plus on fauchera bas plus il
faudra de temps. Une hauteur de fauche de 6 à 7 cm est considérée comme un
compromis entre, d’une part des préoccupations qualitatives et, d’autre part des
nécessités de rendement (tonnes de MS/ha). En ne fauchant pas trop bas on va surtout
permettre à l’air de pouvoir mieux circuler dans l’andain et ainsi accélérer le séchage
(Munier et al, 1987).
La fauche doit intervenir sur un fourrage qui n’est pas humide, après la disparition de la
rosée. Dans le cas des légumineuses, luzerne ou trèfle violet, il ne faut toutefois pas
faucher en plein soleil.
- Faner juste après la fauche
La dessiccation est rapide dans les quelques heures qui suivent la fauche puis elle
diminue de façon régulière (Demarquilly, 1986). Pour profiter au maximum de l’efficacité
du séchage il est souhaitable, contrairement à ce qui est le plus souvent pratiqué de
faner immédiatement après la fauche. Ce fanage, lent, a pour intérêt d’aérer les andains
et de favoriser la ventilation en profondeur du fourrage. Cela permet de surcroît de
travailler sur un fourrage vert ce qui limite les pertes. Ceci est particulièrement important
pour les légumineuses, luzerne et trèfle violet pour lesquels les feuilles sèchent beaucoup
plus rapidement que les tiges.
- Utiliser préférentiellement des faucheuses conditionneuses
L’utilisation de faucheuses conditionneuses accélère de façon importante le séchage des
fourrages. Ces outils ont un intérêt tout particulier pour les légumineuses et surtout la
luzerne qui présente la caractéristique d’avoir des tiges relativement grosses et beaucoup
plus résistantes aux séchages. La conditionneuse qu’elle soit à fléau ou à rouleau va
permettre d’écraser ou de casser la tige et ainsi accélérer le séchage. Outre l’accélération
du séchage les faucheuses conditionneuses réduisent également le nombre de fanages.
Dans tous les cas ces outils participent à diminuer les pertes par respiration et
mécaniques.
Exception faite d’une récolte par ensilage, il est également souhaitable de ne pas
constituer d’andains au moment de la fauche mais de préférer un étalement maximum
du fourrage sur le sol (Munier et al, 1987).
- Intervenir en début ou en fin de journée
L’herbe en cours de dessiccation présente une relative hétérogénéité de séchage,
au niveau de l’épaisseur du fourrage et des organes. Les feuilles présentes des teneurs
en eau rapidement plus faibles que les tiges, voire les inflorescences, et celles du
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dessous plus encore que celles du dessus. La manipulation sur des andains dont le
dessus est déjà relativement sec va provoquer des pertes qui vont avant tout affecter les
feuilles et donc au final la valeur du fourrage récolté. Ceci est particulièrement important
avec les légumineuses. Il convient donc d’éviter, dans le cas de prairies principalement
composées de graminées, de s’interdire en présence de légumineuses, de brasser un
fourrage déjà trop sec. Il est toujours préférable d’intervenir relativement tôt dans la
journée dès la disparition de la rosée.
- Le séchage en grange
La technique du séchage en grange permet bien évidemment de se soustraire des
aléas climatiques. C’est toutefois une technique relativement coûteuse qui ne peut être
envisagée que dans des systèmes où les surfaces fauchées et les volumes à sécher sont
importants.
3.2. Limiter les contaminations et les pertes de fourrage à la
récolte
La contamination des fourrages se fait pour partie par la terre qui peut être ramassée
lors de la fauche et des opérations suivantes, fanage et andainage. Ce problème se pose
avec plus d’acuité dans le cas des prairies permanentes.
- Ne pas faucher trop bas
Il convient pour limiter ce problème de ne pas faucher en dessous d’une hauteur de 6-7
cm surtout dans le cas d’un ensilage ou d’un enrubannage qui sont beaucoup plus
sensibles.
Une fauche à des hauteurs plus basses oblige à des réglages de la faneuse et de
l’andaineur également plus bas afin de ramasser le fourrage
- Faner au bon moment
Pour limiter les pertes dites mécaniques il faut éviter de faner en fin de matinée ou en
tout début d’après midi. Il est toujours préférable de réaliser ces opérations le matin
juste après la disparition de la rosée ou le soir quand l’atmosphère est un peu plus
humide.
Outre le fait que ces pertes vont affecter le rendement elles vont principalement
concerner les feuilles et donc au final affecter la valeur du fourrage récolté (MartinRosset 2007). Ceci est particulièrement bien connu pour les grandes légumineuses mais
vaut également pour les graminées et plus encore les associations avec trèfle.
Ce fanage ne doit pas se faire avec précipitation mais en respectant le fourrage.
- Réaliser un chantier de récolte le plus propre possible
Les opérations mises en œuvre lors du chantier de récolte sont une autre source
de contamination importante principalement pour l’ensilage et dans une moindre mesure
l’enrubannage. Il convient d’organiser un chantier qui limite au maximum l’introduction
de terre dans le stockage. Cela n’est pas toujours facile pour la réalisation des ensilages
au champ. C’est pourquoi il est préférable que cela se fasse sur des sols bétonnés et
plutôt en silo couloir.
- Récolter au bon moment
Il importe également de respecter un optimum de MS adapté à chaque type de récolte. Si
le fourrage doit être parfaitement sec pour le foin, il faut viser des taux de MS
relativement précis pour l’ensilage et l’enrubannage.
Dans le cas des ensilages il faut rechercher un taux de 25 % et de 35 % respectivement
pour l’herbe et le maïs.
Avec l’enrubannage on dispose d’un peu plus de souplesse. Si un taux compris entre 50
et 60 % de MS est souhaitable, une récolte un peu en deçà ou au-dessus n’affectera pas
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fortement la qualité du fourrage distribué. Le risque principal est celui du développement
des bactéries butyriques qui pose avant tout des problèmes aux éleveurs laitiers.
3.3. Assurer une parfaite conservation
Quel que soit le mode de stockage et plus particulièrement si le fourrage ne
respecte pas des caractéristiques optimales, il convient d’assurer une parfaite
conservation du fourrage pour non seulement limiter les pertes inconsommables mais
également pour éviter le développement de micro organismes pathogènes.
- Cas des ensilages
La réussite d’un ensilage, tout particulièrement d’herbe, repose en grande partie sur la
qualité de sa conservation. Il importe de faire en sorte qu’aucune reprise de fermentation
ne puisse se faire tant que le silo n’est pas ouvert. Nous n’aborderons pas ici les
différentes techniques et les règles à respecter à la constitution.
A l’ouverture il y une reprise des fermentations. C’est pourquoi il importe d’avancer
relativement rapidement sur le front d’attaque. Il est traditionnellement conseillé
d’atteindre une vitesse d’avancement de 10 à 20 cm par jour. Il convient donc lors de la
réalisation du silo de le dimensionner de la façon la plus adaptée au regard des besoins
quotidiens du troupeau.
- Cas des enrubannages
Tout comme pour ensilage des règles sont à respecter pour assurer une parfaite
conservation du fourrage qui sont parfaitement décrites par Corrot (1993) :
- Dans le cas de bottes rondes il faut veiller à une bonne régularité des balles et à
obtenir des densités élevées.
- Le plastique utilisé doit être de qualité et il est préférable d’utiliser des films
larges.
- Au moment de l’enrubannage il faut s’assurer que le recouvrement du film à
chaque passage soit suffisant, 50 %, et que le nombre de couches soit au
minimum de 4 et plus pour des fourrages plutôt secs avec des tiges (risques de
perforation).
- Les bottes sont plutôt stockées sur leur face plane, sans être empilées, et sur
une surface plane.
- En cours de conservation il convient de surveiller l’apparition de trous éventuels
(oiseaux, chats…) et être vigilant par rapport aux rongeurs.
Là aussi, l’ouverture va provoquer une reprise des fermentations. Pour en limiter les
effets il est conseillé de respecter une vitesse de «consommation». En hiver il est
souhaitable de consommer une BRE en 5 ou 6 jours.
- Les conservateurs
L’utilisation de conservateurs à destination des ensilages ou des foins est parfois
conseillée. Il en existe une gamme relativement diverse, acide formique, propionique,
sels d’acide, ferments lactiques…, qui vont agir de différentes façons, par modification
du pH, par destruction ou inhibition de l’activité des micro organismes indésirables,
Si certains ont une réelle efficacité (Andrieu et al, 1990) leur utilisation s’avère souvent
délicate et oblige parfois à des équipements spécifiques à leur incorporation qui en
limitent leur intérêt. Dans tous les cas, leur utilisation ne dédouane pas de mettre en
oeuvre toutes les conditions nécessaires pour assurer une bonne conservation.
Quel que soit le mode de récolte, et plus encore dans le cas des fourrages stockés
humides, il est illusoire de penser que la conservation aura été parfaite. Certaines parties
du silo ou la périphérie de certaines bottes enrubannées présenteront des zones altérées
qu’il conviendra d’éliminer. Dans le cas où celles ci seraient trop importantes sur une
botte il est préférable de ne pas la distribuer.
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Conclusion
Différentes techniques sont aujourd’hui disponibles pour récolter les fourrages.
Concernant les prairies le choix dépend de nombreux critères, équipements, bâtiments,
objectifs de performances animales mais surtout du niveau de chargement de
l’exploitation qui va contraindre à une plus ou moins grande intensification des surfaces.
Le développement de nouvelles techniques permet aujourd’hui de sécuriser la
récolte des prairies. On peut toutefois rappeler ici que le mode de récolte influe peu sur
la valeur nutritionnelle des fourrages et c’est avant tout le stade de développement qui
importe (Corrot et al, 1998). Par contre, il peut avoir des effets sur l’ingestibilité via la
teneur en MS, et l’appétibilité.
La technique de l’enrubannage est une alternative au foin qui apparaît aujourd’hui
relativement intéressante pour l’élevage des équidés et ce pour différentes raisons :
- elle permet d’envisager d’avancer les dates de récolte et sécuriser :
Moins soumise aux aléas cette technique permet d’avancer la date de récolte et de
pouvoir profiter de fenêtres météo favorables à une fauche. On peut ainsi envisager des
récoltes de fourrages à des stades végétaux précoces, favorables à la production d’un
fourrage de bonne valeur (Martin – Rosset 2007).
- elle améliore les rendements des prairies :
Dans la mesure où la récolte et la conservation sont maîtrisées, la récolte sous
forme enrubannée diminue les pertes de fourrages. En permettant d’avancer la date des
récoltes cette technique favorise les repousses ultérieures.
- elle participe à limiter les affections respiratoires :
S’agissant d’un fourrage récolté encore humide, cette technique n’expose pas les
chevaux et les éleveurs aux poussières comme c’est souvent le cas avec les foins tout
particulièrement lorsque ceux ci sont distribués manuellement.
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