Dossier de presse
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Conférence des Directeurs Généraux de Centres Hospitaliers Régionaux et Universitaires Conférence des Présidents de Commission Médicale d’Etablissement de CHRU Conférence des Doyens de Faculté de Médecine Rencontre annuelle avec la presse Jeudi 17 octobre 2002 Contact Presse Marie-Georges Fayn Conseil en communication Domaine de Bellevue 36290 Saint-Michel-Brenne Tél : 02.54.38.06.59 Fax : 02.54.38.19.82 Mel : [email protected] Paul Castel Vice-Président de la Conférence des Directeurs Généraux de Centres Hospitaliers Régionaux et Universitaires Responsable de la Commission Communication Directeur Général du CHU de Strasbourg 1, Place de l’Hôpital – BP 426 67091 Strasbourg Cedex Tél : 03.88.11.61.68. - Fax : 03.88.11.64.84. Mel : [email protected] Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 1 Intervenants Au titre de la Conférence des Directeurs Généraux de CHRU • Daniel Moinard, Président de la Conférence des Directeurs Généraux de CHRU, Directeur Général du CHU de Toulouse, • Paul Castel, Vice-Président de la Conférence des Directeurs Généraux de CHRU, Directeur Général du CHU de Strasbourg, • Jean-Pierre Dewitte, Responsable de la commission des affaires financières, Directeur Général du CHU de Poitiers, Au titre de la Conférence des Présidents de CME de CHRU • Professeur Dominique Grimaud, Président de la Conférence des Présidents de CME de CHU, Président de la CME du CHU de Nice, Au titre de la Conférence des Doyens de Faculté de Médecine • Professeur Jacques Roland, Président de la Conférence des Doyens des Facultés de Médecine, Doyen de la Faculté de Médecine de Nancy, Avec l’assistance technique du • Professeur Lepage, Délégation de l'Information Médicale et Epidémiologie de l'Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 2 SOMMAIRE I - Présentation générale des CHRU Rôle régional des CHRU Dépenses Effectif et Formation Qualité /accréditation Activité Recherche et innovations diagnostiques et thérapeutiques dans les CHU Contribution du Pr Dominique Grimaud Synthèse des Chiffres clés II - Innovations technologiques et médicamenteuses , soins coûteux, activité de référence : Evaluation du surcoût lié à ces activités CHU 4 14 Contribution Pr Lepage III - Rapport de la Cour des Comptes sur la gestion du médicament à l’hôpital : Commentaires de la Conférence des Directeurs Généraux de CHRU 16 IV - L’avenir des CHRU dépend de leur capacité d’investissement 19 V - Les problèmes de démographie médicale 25 Contribution de la Conférence Nationale des Doyens de Faculté VI - Enquête ARTT personnel non médical 28 VII - Pour une modernisation des CHRU : Six propositions de la Conférence des Directeurs Généraux de CHRU 29 VIII - Présentation des Conférences . des Directeurs Généraux . des Présidents de CME . des Doyens de Faculté 30 Coordonnées des responsables de communication Sites Internet des CHRU ANNEXES Annexe 1 - Repos de sécurité et ARTT médicale 37 Contribution de la Conférence des Présidents de Commission Médicale d’Etablissement de Centres Hospitaliers Régionaux et Universitaires Annexe 2 - L'information, Droit fondamental des patients, Priorité des établissements 42 Annexe 3 - CHRU et associations de santé : des partenariats renforcés 46 Annexe 4 - Prochaines assises hospitalo-universitaires de Nice 49 Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 3 I - Les CHRU : présentation générale Rôle régional des CHRU Les établissements de soins s’organisent pour coordonner leurs interventions. Au sein de ce maillage sanitaire, les 31 CHRU, par leur missions de soins, d’enseignement et de recherche, sont reconnus pour leur expertise et pour leur capacité à animer les réseaux de soins. Abandonnant leur esprit de citadelle, ils s’inscrivent en complémentarité avec les autres structures de soins. Etablissements de recours et pôles de référence, ils accueillent les patients transférés par les autres centres notamment dans des disciplines centrales comme les urgences, la néonatalogie, la cancérologie, la cardiologie et la gynécologie obstétrique. Etablissements de proximité, ils proposent aux malades des prises en charge pluridisciplinaires et des soins personnalisés. Les spécialités médicales ne pouvant plus se concevoir de manière isolée, les diagnostics s’élaborent souvent dans le cadre de consultations pluridisciplinaires. Quant aux traitements, ils doivent tenir compte du milieu de vie de la personne, entourage familial, contraintes professionnelles... Cette démarche globale suppose la coopération de tous : spécialistes, médecins traitants, professionnels libéraux et acteurs sociaux. Les différents modes de coopération a) Les coopérations intra-régionales réalisées dans le cadre de communauté d’établissements ou de fédérations interhospitalières Les conventions passées entre hôpitaux et CHU ont pour objet de mieux répartir et d’adapter l’offre de soins à l’évolution des besoins. Ces évolutions sont menées dans le respect des orientations définies dans le Schéma Régional d’Organisation Sanitaire. De portée et de nature diverses, les partenariats favorisent la coordination et la gradation des prises en charge, le maintien dans de petits établissements d’activités menacées par la pénurie de praticiens (consultations avancées de spécialistes…), l’acquisition des technologies de pointe par le partage des coûts d’investissement entre les différents utilisateurs (IRM, caisson hyperbare, lithotriteur, scanner, laser Eximer), la mise en commun de moyens logistiques. b) Les réseaux de santé Les établissements adoptent des modes de fonctionnement plus ouverts, interdisciplinaires et complémentaires et les réseaux de santé apportent une réponse adaptée à cette nouvelle organisation. Alliant proximité, qualité et personnalisation des soins, ils permettent une meilleure orientation des patients et une coordination plus efficiente des prises en charge spécifiques à certaines populations ou pathologies. En 2000 les CHU participaient à plus de 240 réseaux. En 2001, leur nombre a presque doublé : on compte 417 réseaux répartis en réseaux ville1 hôpital et en réseaux de soins gradués : 285 réseaux ville-hôpital , 171 réseaux de soins 2 3 gradués et spécialisés dont 71 réseaux de télémédecine . 1 Ces réseaux constitués par les CHRU associent médecins libéraux ou organismes à vocation sanitaire et sociale. Agréés par l’ARH, ils sont financés sur la dotation globale hospitalière. 2 2 On les retrouve principalement dans les disciplines obstétrico pédiatriques avec les différents niveaux I,II et III des maternités. Destinée à gérer l’urgence, cette organisation permet une meilleure coordination de l’offre de soins au niveau régional et assure un meilleur suivi des patients. Les pouvoirs publics ont défini clairement la spécialisation et le rôle de chaque acteur. 3 3 L’existence de réseaux de communication permet la diffusion d’applications de télémédecine telles que la téléexpertise particulièrement développée dans les domaines de l’urgence, de la radiologie, de l’anatomie pathologie, de la dermatologie… Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 4 c) Les coopérations inter-régionales A plus grande échelle, des complémentarités inter-régionales s’élaborent en concertation avec les autorités de tutelle. Des cartes sanitaires spécifiques sont étudiées dans les grandes inter-régions (Nord, Sud, Est, Ouest et Centre) notamment pour les greffes, la chirurgie cardiaque, la neurochirurgie, les grands brûlés, l’oncologie pédiatrique, les neurosciences, les consultations de génétique, la thérapie cellulaire et la thérapie génique. Certains traitements complexes tels que le traitement de la maladie de Parkinson par stimulation profonde, la radiochirurgie stéréotaxique avec le Gamma-Unit font l’objet d’ententes inter-CHU de même que l’utilisation d’équipement performants (Petscan, Cyclotron, Synchrotron, Gammacaméras…). Quant à la conduite de projets de recherche clinique, elle nécessite également la mutualisation des compétences de plusieurs pôles régionaux de santé et de leurs universités ; des liens sont institutionnalisés entre les différentes facultés de médecine. De tels dispositifs permettent de gagner en efficience et aboutissent à une plus grande cohérence d’ensemble. Les restructurations internes Depuis une dizaine d’années, les CHU ont adopté une logique de regroupement des spécialités, des moyens et, quand cela s’avère possible, de regroupement de sites. D’importantes opérations de restructurations ont permis de réduire le nombre de sites à 192 en 2001 au lieu de 212 en 1996. En moyenne, quatre sites disparaissent chaque année. En interne on assiste à un rapprochement d’activités similaires ou complémentaires autour d’un projet médical commun, les unités traditionnelles sont progressivement remplacées par des départements, des pôles ou des fédérations. En 2001, on dénombre 2543 services contre 2 700 en 2000. Le management évolue avec le regroupement d’activités et de moyens. Les nouvelles structures atteignent une taille critique suffisante pour décentraliser la gestion et responsabiliser l'ensemble des professionnels de santé. Une gestion de proximité, au service de la qualité de la prise en charge du patient, est alors instaurée. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 5 Dépenses des CHU en 2001 En 2001, les dépenses des CHU se sont élevées à 16 723 M€, soit une augmentation de 4,50 % par rapport à 2000. Ces dépenses ont été financées à hauteur de 14 960 M€ par l’Assurance Maladie (92,9 %) et par les Mutuelles et usagers (7,1 %), soit une augmentation de 3,68 % par rapport à 2000. Ces dépenses représentent 33,5 % des soins hospitaliers publics et privés participant au service public hospitalier consommés en 2001. Le solde des dépenses, soit 1 763 M€, est couvert par des produits divers et correspond aux activités des CHU qui sont hors du champ couvert par l’Assurance Maladie (activités subsidiaires). La répartition par grand groupe de dépenses des 16 723 M€ est la suivante : 7% 10% Personnel médical et non médical Dépenses pharmacie et dispositifs médicaux 16% Dépenses hôtelières et générales 67% Charges financières et amortissements L’augmentation des dépenses des CHU entre 2000 et 2001 résulte principalement de la progression des dépenses liées à la prise en charge et au traitement des patients (dépenses pharmaceutiques et fournitures médicales : + 7,5 % en moyenne dont + 19 % au titre des spécialités pharmaceutiques de cancérologie). De même, les dépenses de personnel médical ont connu une progression de 7 % compte tenu notamment de l’incidence des protocoles des 13 mars, 9 mai, 24 et 27 juillet 2000 relatifs à la revalorisation des carrières des praticiens hospitaliers, hospitalo-universitaires et du 3 mai 2000 relatif aux internes et résidents. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 6 Effectif des CHRU 2000 équivalent temps plein 275 348 36 900 Ensemble des personnels employés Nombre de médecins Les CHU figurent parmi les principaux employeurs de leur région. Avec 67 % de leur budget affecté à la rémunération des agents, les CHU apparaissent comme des distributeurs de pouvoir d'achat essentiels à la stabilité de l'économie locale. Au total les CHU emploient plus de 275 348 personnels équivalents temps plein soit 236 008 personnels non médicaux et 36 900 praticiens. Pour répondre à leur triple mission de soins, d’enseignement et de recherche, les CHU disposent d’un personnel aux compétences très diversifiées : on recense plus de 140 métiers à l’hôpital : Les médecins tout d’abord, tous spécialistes, couvrant toutes les disciplines médicales, chirurgicales, anesthésiques, biologiques et odontologiques. La plupart participent activement à l’enseignement et développent des programmes de recherche pour contribuer au développement des connaissances et des techniques médicales. Pour accompagner les exigences toujours plus fortes de qualité, de sécurité, d’hygiène, ces métiers évoluent tous dans le sens d’une plus grande qualification. En même temps, ils se diversifient et de nouveaux métiers apparaissent : qualiticiens, responsable de plateaux techniques, spécialistes de la logistique, ingénieurs en formation. Ces évolutions essentielles pour l’avenir des CHU sont soutenues par un important effort de FORMATION Formation 2001 Internes en formation ème ème Etudiants 5 et 6 année Nombre d’élèves en formation Nombre d’élèves infirmières 12 027 10 527 29 131 12 036 A noter que le nombre d’élèves infirmières a augmenté de près de 39 % entre 1999 (7 551) et 2001 (12 036) Les CHU assurent la formation des personnels médicaux et pharmaceutiques, en partenariat étroit ème ème avec l’université. En 2001, 12 027 internes et 10 527 étudiants de 5 et 6 année ont appris dans les CHU leur métier de médecin. Les Centres Hospitaliers Universitaires disposent également d’Ecoles formant aux nombreux métiers hospitaliers : - soit en formation initiale : infirmiers, sages-femmes, aides-soignants - soit en formation spécialisée : infirmiers anesthésistes, infirmiers de bloc opératoire, cadres de santé etc… Ainsi, plus de 29 000 élèves ont été accueillis en 2001 dans les 262 centres de formation des CHU. Les élèves diplômés sortant de ces écoles vont ensuite exercer leur métier dans tous les secteurs de la santé, public, privé, libéral. Ces écoles apportent ainsi une contribution essentielle au système de santé français en fournissant des professionnels compétents, adaptés à leurs missions et à l’évolution de leurs spécialités. Enfin, les CHU consacrent au moins 2,1% de leur masse salariale à la formation continue de leurs personnels. Les plans de formation établis chaque année par les établissements permettent de faire évoluer régulièrement la qualification des personnels et leur adaptation aux besoins. Par la promotion professionnelle interne, ils ouvrent également des possibilités d’acquérir à titre interne des niveaux supérieurs de qualification et l’accès à des diplômes du secteur sanitaire et social. La diversité des métiers et des compétences, l’effort permanent de qualification et d’adaptation des personnels permettent aux CHU de garantir la mise en œuvre de soins spécialisés de haut niveau. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 7 Qualité - Accréditation Les CHRU ont tous engagé des politiques qualité comprenant en particulier un travail d’autoévaluation impliquant l’ensemble des équipes. Il s’agit là d’une étape préalable à la préparation à l’accréditation. Angers a été le premier CHU à recevoir la visite des experts de l’ANAES en janvier 2000. Au 17 octobre 2002, 6 CHU sont accrédités : Angers, Montpellier, Nice, Nantes, Poitiers, Tours. 2 le sont partiellement : Paris et Toulouse. 5 CHRU sont en attente du rapport d’accréditation : Brest, Lille, Limoges, Lyon (hôpital neurocardiologique), Strasbourg 3 CHRU sont en attente de la visite des experts 15 CHU sont en phase d’auto-évaluation Parallèlement à ces audits, les CHU mettent en place des procédures d’assurance qualité et des dispositifs de vigilances. En ce qui concerne les infections nosocomiales, tous les hôpitaux disposent d’un Comité de lutte contre les infections nosocomiales chargé d'organiser et de coordonner la surveillance continue des infections dans le CHU et de promouvoir toute action de formation du personnel dans la surveillance et la lutte contre ce risque. Infections nosocomiales 2001 Taux moyen de malades infectés en 2001 en MCO : 7,79 % Taux moyen d’infection en 2001 : 8,29 % Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 8 ACTIVITE DES CHRU Entrées et Hospitalisations de jour 2 668 602 2 694 976 3 000 000 2 500 000 1 334 596 Entrées 2 000 000 1 355 643 1 500 000 1 000 000 Hospitalisations de jour 500 000 0 2000 2001 Une activité soutenue pour l’hospitalisation à temps complet. A noter le recours croissant aux prises en charge de courte durée (hôpital de jour, chirurgie ambulatoire) Urgences 3118759 3172714 3198726 3200000 3180000 3160000 3140000 3120000 3100000 3080000 3060000 1999 2000 2001 L’activité des urgences progresse de façon plus modérée entre 2000 et 2001 qu’entre 1999 et 2000. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 9 Naissances 121 261 121 500 121 000 120 500 119 834 120 000 119 500 119 000 2000 2001 En 2001, les CHRU recensent 121 261 naissances, un chiffre supérieur à la population d’une ville comme Orléans (116 559 habitants). Maternités de proximité, les CHU sont également des centres de recours de niveau III. En effet, leur maternité est associée à une unité de néonatalogie et à une unité de réanimation néonatale permettant la surveillance et les soins spécialisés d'enfants qui présentent des détresses graves ou des risques vitaux nécessitant des soins de réanimation Recherche Aux avant-postes de l’innovation, les CHU se situent à l’interface entre recherche fondamentale et recherche clinique. En 2001, les CHU ont conduit plus de 500 programmes hospitaliers de recherche clinique et promu en interne près de 1000 études. Ils ont conclu plus de 5 000 conventions de recherche avec les laboratoires. L’ensemble de ces travaux a donné lieu à la publication de près de 8 000 articles sur Medline. Enfin les CHU disposent de 533 équipes labellisées, ils se sont dotés de 21 Centres d’Investigation 4 5 Clinique dont 8 à Paris, et de 5 Centres de Recherche Clinique dont le but est de promouvoir, de faciliter et d’améliorer la qualité de la recherche clinique dans les établissements. Une fois évalués, les nouvelles molécules ou les nouveaux traitements sont diffusés auprès des services hospitalo-universitaires afin d’enrichir les approches diagnostiques et les pratiques médicales et chirurgicales. 4 Les Centres d'Investigation Clinique sont des Centres de Recherche Clinique reconnus et soutenus par l'INSERM. Les essais thérapeutiques conduits dans les CIC permettent d’apprécier l’intérêt des nouvelles molécules ou des nouvelles technologies. 5 La première mission du CRC est d'apporter conseils et support en matière de méthodologie, de réglementation et d'organisation des essais cliniques. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 10 Recherche et innovations diagnostiques et thérapeutiques dans les CHU Contribution du Pr Dominique Grimaud, Président de la Conférence des Présidents de CME de CHU, Président de la CME du CHU de Nice er Le Programme Hospitalier de Recherche Clinique (PHRC) a dix ans d’âge (le 1 a été lancé en novembre 1992). Ce premier anniversaire nous donne l’occasion de faire le point sur la structuration de la recherche médicale à l’hôpital et plus particulièrement dans les CHU qui en sont les promoteurs essentiels. La recherche clinique est aujourd’hui devenue une activité hospitalo-universitaire à part entière et représente le vecteur essentiel de l'innovation médicale. Elle participe à l’évolution des pratiques tant médicales que techniques ou scientifiques, elle contribue à l’amélioration de la qualité des soins et à la formation du personnel hospitalier médical, soignant, ou administratif. En dix ans, les CHU sont ainsi devenus des acteurs de première ligne de la recherche nationale en biologie et en santé et ce rôle est aujourd’hui totalement reconnu : Avant l’arrivée du PHRC, en effet, la recherche dans les CHU était principalement entre les mains des organismes nationaux de recherche (INSERM, CNRS…) et des Universités. Localement, elle reposait sur de nombreuses associations à vocation « recherche et formation » créées à l’initiative des médecins qui s’investissaient dans des activités souvent indépendantes des problématiques de soins de l’établissement. Avec le PHRC, la recherche clinique s’est officialisée dans les CHU, a obtenu des moyens propres et a pu développer sa spécificité par rapport aux stratégies et objectifs des organismes nationaux de recherche, et des Universités. Aujourd’hui, elle est devenue la colonne vertébrale de nos Hôpitaux Universitaires en initiant et en développant en leur sein les pratiques innovantes, et en assurant leur transfert vers les établissements de santé qui les entourent. Pour atteindre ces objectifs d’excellence et de dynamique innovante permanente, reposant sur un professionnalisme spécifique, les CHU ont mis en place : - de nouveaux moyens : statistique, informatique, biotechnologies, biologie moléculaire… - de nouveaux métiers : Attachés de Recherche Clinique, Techniciens de Recherche Clinique, Ingénieurs, Programmeurs… - des plateaux médico-techniques de haut niveau, et ont installé des Délégations à la Recherche Clinique (DRC) : 29 DRC sur l’ensemble du territoire national, soit une DRC par CHU, dont la mission est de coordonner, aider à la réalisation et permettre l’émergence des meilleurs travaux et des meilleurs chercheurs de leur établissement. Dès 1993-1995, une dynamique de partenariat se met en place, en particulier avec l’INSERM, très demandeur d’une ouverture à la recherche clinique ayant une implication humaine plus directe et plus immédiate. C’est ainsi que s’ouvrent les premiers Centres d’Investigation Clinique (CIC) à Paris puis en Province. L’objectif premier était de tisser, dans un esprit de collaboration volontaire des acteurs, une complémentarité et des interfaces entre recherche institutionnelle et recherche clinique. Les CIC contribuent à l’évidence à ces interfaces mais aussi à la dynamique diagnostique et thérapeutique au sein des CHU. Aujourd’hui, 21 CIC et 5 Centres de Recherche Clinique (CRC) couvrent l’ensemble du territoire national. La création des Instituts Fédératifs de Recherche (IFR), les partenariats formalisés entre laboratoires de l’INSERM, du CNRS, et les équipes de recherches universitaires et hospitalières concrétisent aujourd’hui une véritable dimension structurée, efficace et riche de retombées pour les missions qui sont les nôtres : soins, activités de recours et de haut niveau, travail d’expertise. Sur l’hexagone, 65 Instituts Fédératifs de Recherche travaillent en « réseau IFR », organisation nationale qui s’intègre dans une vision européenne de recherche. Le développement des études cliniques multicentriques régionales et nationales participe aussi à la structuration des réseaux inter hospitaliers, réseaux qui se prolongent souvent par des interactions en matière d’offres de soins et d’enseignement entre établissements HospitaloUniversitaires et parfois hospitaliers purs. Sans conteste, ces dix dernières années ont été marquées par une production en recherche significative des CHU, de haute qualité, et reconnue sur le plan international : aujourd’hui le CHU est devenu la pierre angulaire de nombreuses innovations et développements en épidémiologie, Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 11 génétique, pharmacogénétique, thérapeutique utilisant la cellule ou le gêne… grâce aux cohortes de patients mises à la disposition des chercheurs qui autorisent, dans les meilleures conditions de qualité scientifique et de sécurité pour les patients, des choix diagnostiques et thérapeutiques nouveaux, évalués et contrôlés, aussi bien dans le domaine des soins de haut niveau que dans celui de la prévention et de l’épidémiologie Les Etats Unis, reconnus pour leur grand dynamisme en matière de recherche et de développement, considèrent la recherche médicale et biotechnologique comme un axe stratégique majeur de leur système de soins. Pour exemple, le séquençage du génome, l’évolution de la recherche pharmacologique, l’apparition de la protéomique et les enjeux financiers, industriels et stratégiques qui s’y rattachent, les ont incité à intensifier de façon exceptionnelle l’effort financier de l’état. Au cours des quatre dernières années -1998 à 2002 – le budget du « National Institute of Health » aura doublé, passant de 13 à 26 Mds de $. Les Etats-Unis préparent actuellement une véritable offensive technologique en amont d’un affrontement commercial international qui s’annonce concernant entre autres « les Brevets », ce qui ne sera pas sans conséquences majeures sur l’évolution de la santé et de ses coûts. En France, ces dix dernières années auront permis l’émergence et la reconnaissance de la spécificité de la recherche clinique hospitalo-universitaire, en partenariat de plus en plus étroit avec la recherche institutionnelle. Cependant, la structuration de la recherche proprement hospitalouniversitaire reste fragile faute de financements pluriannuels, reconductibles et suffisants, nécessaires en particulier au recrutement de personnels spécialisés et aux investissements spécifiques, seuls garants de la reconnaissance et de la pérennité des équipes. Une nouvelle période s’ouvre à nous : c’est celle, incontournable car vitale, des investissements hospitalo-universitaires dans la recherche, les hautes technologies et le développement de l’innovation. C’est le seul moyen d’intégrer le projet médical, axe central du projet d’établissement, au projet de recherche qui est un des moteurs essentiels de nos CHU pour aujourd’hui, mais encore plus pour demain. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 12 Synthèse des Chiffres clés Nombre de CHRU : 31 Dépenses encadrées des CHRU en 2001 : 14 960 M€ soit 33, 5% des soins hospitaliers publics Nombre d’établissements en 2001 : 192 Nombre de réseaux en 2001 : 417 Effectif 2000 Effectif total équivalent temps plein (ETP) : 275 348 Dont nombre de médecins (ETP) : 36 900 Missions : soins, enseignement, recherche Soins Entrées 2001 : 2 668 602 Hospitalisations de jour 2001 : 1 355 643 Urgences 2001 : 3 198 726 Naissances 2000 : 121 000 Consultations 2000 : 16 292 000 Enseignements 2001 Internes : 12027 ème ème et 6 année : 10 527 Etudiants 5 Elèves en formation : 29 131 Elèves infirmières : 12 036 (+ 39% qu’en 2000) Recherche 2001 Centres d’Investigation Clinique : 21 dont 8 à Paris Centres de Recherche Clinique : 5 Instituts Fédératifs de Recherche : 65 Programmes Hospitaliers de Recherche Clinique : 468 Etudes CHU : 941 Etudes labo : 5154 Equipes labellisées : 533 Publications Medline : 7 841 Accréditation 6 CHU sont accrédités 2 CHRU sont partiellement accrédités 5 CHRU sont en attente du rapport d’accréditation 3 CHRU sont en attente de la visite des experts 15 CHU sont en phase d’auto-évaluation Infections nosocomiales Taux moyen de malades infectés en 2001 en MCO : 7,79 % Taux moyen d’infection en 2001 : 8,29 % Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 13 II - Innovations technologiques et médicamenteuses, soins coûteux – activité de référence Evaluation du surcoût lié à ces activités CHU Contribution Pr Lepage Délégation de l'Information Médicale et Epidémiologie de l'Assistance Publique – Hôpitaux de Paris Les nouvelles molécules ou technologies sont autorisées sur le marché après une phase de recherche clinique active. Ces activités se caractérisent ensuite souvent par une diffusion limitée, pendant plusieurs années, à quelques centres, le plus souvent hospitalo-universitaires. Parfois même, ces prises en charge innovantes sont soumises à des autorisations spécifiques qui restreignent au long cours leur pratique sur quelques structures habilitées. Or, il est licite de penser que ces segments d’activité, plus spécifiques des CHU, entraînent des surcoûts, du fait de la nécessaire acquisition d’équipement, de l’achat de médicaments et prothèses onéreux, du temps d’apprentissage et de formation des équipes, du caractère initialement limité du recrutement, incompatible avec la réalisation d’économie d’échelle. Les limites descriptives de l’outil PMSI conduiraient ainsi à une prise en compte insuffisante du coût effectif de ces activités dans l’évaluation de l’efficience des établissements. Pour tester le bien-fondé de cette hypothèse, une étude médico-économique a été menée dans le cadre des travaux du groupe « Spécificités CHU » regroupant des représentants des départements d’information médicale et des directions financières de CHU, la DHOS et le Centre de Gestion de 6 l’Ecole des Mines (1). L’objectif était d’évaluer le surcoût lié aux innovations technologiques et médicamenteuses par rapport au référentiel de consommation de ressources défini dans le PMSI. L’innovation a été définie comme toute technologie ou médicaments (a) sortis du champ de la recherche clinique, (b) non pris en compte dans la définition du PMSI et par conséquent non valorisés (c) dont la diffusion est restreinte à peu d’établissements. Les entretiens menés avec les experts ont rapidement montré que certaines activités spécifiques des CHU étaient pratiquées depuis plusieurs années, sans faire l’objet d’une valorisation de cette prise en charge et la consommation de ressources y afférent. Ces activités qui ne peuvent plus être réellement qualifiées d’innovation mais doivent plutôt être considérées comme des « soins coûteux - activité de référence » ont été inclus dans cet inventaire. A l’inverse, ont été exclus de ce travail les chimiothérapies anti-néoplasiques, déjà prises en compte dans le cadre du PMSI, ainsi que les traitements anti-hémophilies classiques qui devraient être intégrés dans le cadre d’un financement spécifique « maladie orpheline ». La première étape du travail a consisté à obtenir des experts cliniciens une description aussi exhaustive que possible de cette activité d’innovation avec 2 axes: les nouvelles innovations technologiques et les nouveaux traitements médicamenteux. L’évaluation médico-économique des innovations à dire d’experts a ensuite été réalisée sur la base de plus de 100 entretiens menés sur l’ensemble des CHU participant à l’étude. Les cliniciens, biologistes et pharmaciens volontaires rencontrés constituent un panel représentatif des différents services cliniques, médico-techniques et de logistique médicale de l’organisation hospitalière. La reconstruction a posteriori du coût des séjours innovants a permis de mettre en évidence une consommation de ressources supérieure au référentiel PMSI pour plus de 120 innovations. Certaines innovations généraient un surcoût par séjour très élevé (100 000 euros pour l’assistance circulatoire) mais ne concernaient qu’un nombre limité de patients. Pour d’autres innovations, le surcoût du séjour 6 AC Bensadon (DHOS), J. Bismuth (CHU Dijon), G. Botti (AP-HM), A. Buronfosse (AP-HP), MJ D’Alche Gauthier (CHU Caen), JP Duffet (CH M. Lannelongue), F. Engel (CGS), E. Ferry Lemonier (AP-HP), C. Grave (CHU Lille), T Lefèvre (CHU Poitiers), E. Lepage (AP-HP), JC Moisdon (CGS), E. Morgon (CHU Lyon), G. Nisand (CHU Strasbourg), C. Oualid (AP-HM), F. Pinardon (AP-HP), G. Sanger (DHOS). Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 14 était moindre (550 euros pour le traitement des hypercholestérolémie par LDL aphérèse) mais la technologie portait sur un volume d’activité a priori plus élevé. Les différentes composantes du surcoût ont été analysées. Pour la plupart des innovations, on notait l’intrication de plusieurs facteurs (consommables, personnel médical ou paramédical, acquisition des équipements).Les prothèses, implants ou stimulateurs étaient fréquemment incriminés de même que certaines molécules pharmaceutiques innovantes. L’investigation de certaines innovations sur plusieurs CHU et la concordance des résultats obtenus confortent la robustesse de nos évaluations. L’évaluation menée sur les activités réalisées en 2000 sur les CHU a permis de montrer la non prise en compte d’un surcoût de 218,7 millions d’euros représentant 10 % des dépenses à caractère médicale. L’étude réalisée en 2001 montre une forte évolution de ces dépenses rapportée à la consommation en molécules coûteuses. Cette étude médico-économique montre que le dispositif PMSI de ré allocation budgétaire entre établissements est mis en défaut dans le domaine des innovations technologiques et médicamenteuses. Pour assurer l’équité du système, il convient donc d’améliorer la valorisation de ces pratiques notamment dans la perspective de la tarification à l’activité. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 15 III - Rapport de la Cour des Comptes sur la gestion du médicament à l’hôpital : Commentaires de la Conférence des Directeurs Généraux de CHRU La Cour des Comptes, dans son récent rapport, formule des observations sur la gestion du médicament à l’hôpital public. La Conférence des Directeurs généraux de CHU entend apporter des éclairages sur cette question et faire des propositions au Ministre, en vue d’une meilleure efficacité de cette gestion. 1) Les CHU mènent une politique d’achat du médicament efficace et rigoureuse Comme la communauté des hôpitaux publics, les CHU, contrairement aux idée reçues, conduisent une politique d’achat aussi rigoureuse et efficace qu’il leur est possible, compte tenu des contraintes imposées par l’impératif de la sécurité juridique et la recherche d’une meilleure performance économique. La récente enquête réalisée à l’initiative de la FHF avec la commission des pharmaciens de CHU de notre Conférence des Directeurs généraux, auprès de l’ensemble des CHU ,démontre une très grande homogénéité des prix d’acquisition des 70 premières spécialités pharmaceutiques, innovantes et/ou coûteuses, consommées. Ce n’est possible que par les efforts déployés par nos établissements afin d’obtenir des laboratoires pharmaceutiques les meilleurs prix. Des efforts de coordination de nos achats, dans l’optique du développement des réseaux de soins, sont encore à promouvoir pour autant que les rigidités du nouveau code des marchés publics, relatives aux groupements d’achat, nous y autoriseront. 2) Les CHU ne peuvent négocier efficacement les prix des médicaments que s’ils ont le choix entre plusieurs produits Ce n’est pas le cas dès qu’un seul produit existe sur le marché et que son prix est, de fait, imposé aux acheteurs potentiels, quand bien même ceux-ci se regroupent-ils pour arguer de l’effet volume et tenter de faire baisser le prix. 3) Les CHU souhaitent que le contenu de la « réserve hospitalière » soit révisé : La Cour propose que des médicaments, aujourd’hui contingentés trop fréquemment dans la réserve hospitalière, puissent être vendus en officines de ville, sans conséquence dommageable pour les patients. Sans contester ce point de vue, notre Conférence des Directeurs généraux ne peut que constater « la convergence des divergences » entre l’Assurance maladie et l’industrie pharmaceutique, en ce domaine. L’assurance maladie recours largement à la réserve hospitalière prônant un « encadrement économique » plus efficace ; alors que l’industrie pharmaceutique argue dans le même sens, mais pour une légitimité inverse, du fait que les prix des médicaments inclus dans la réserve hospitalière sont fixés librement et non par le Comité économique du médicament. Sans compter que, dans cette position, les industriels sont exonérés d’un certain nombre de taxes applicables en ville. La Conférence des Directeurs généraux de CHU constate, qu’en l’état, les décisions relatives à la détermination du contenu de la réserve hospitalière échappent, en totalité, aux décideurs hospitaliers qui en subissent les conséquences dans l’organisation du circuit du médicament et la gestion des rétrocessions aux patients. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 16 A cet égard, la Cour considère que la rétrocession constitue un facteur important de la progression des dépenses pharmaceutiques. Notre Conférence observe, en le regrettant, que la Cour omet de tenir compte des recettes en atténuation générées par cette activité. Pour une vision précise et objective de la progression réelle des dépenses pharmaceutiques, il aurait convenu de soustraire ces recettes du total des charges ; d’autant plus qu’elles sont supérieures, intégrant une marge forfaitaire pour compenser les frais de gestion, au coût des rétrocessions. 4) Le nouveau code des marchés publics est un facteur de rigidité à la pertinence de la fonction achat des médicaments dans les CHU : En privilégiant le préalable de la sécurité juridique sur l’essentiel de l’efficacité économique le nouveau code des marchés publics restreint, encore un peu plus, l’initiative et la performance de l’acheteur public hospitalier. Il devient, plus que jamais, nécessaire d’engager un processus de desserrement de la contrainte réglementaire, prioritairement sur les CHU, compte tenu qu’ils représentent, à eux seuls, plus du tiers de l’activité d’hospitalisation en France. Ce serait, de la part des pouvoirs publics, donner un contenu dynamique à la gestion hospitalière dans le cadre du nouveau statut d’établissement public de santé (EPS), dont notre Conférence déplore qu’il ne se soit pas encore, depuis les ordonnances du 24 avril 1996, démarqué significativement de ses anciens attributs d’établissement public administratif (EPA). Il faut donner aux responsables hospitaliers les moyens nécessaires au développement d’une politique d’achat toujours plus performante. 4) Les médicaments sous autorisation temporaire d’utilisation (ATU) se réglementairement, hors du champ de tout contrôle économique par les CHU : situent, La Cour insiste, à juste titre, sur cet état de fait. Ce sont les industriels seuls qui fixent librement leurs prix, en dehors de tout contrôle du Comité économique du médicament. De même qu’ils tentent de les maintenir à un niveau équivalent lors de la procédure, ultérieure, d’obtention de l’autorisation de mise sur le marché (AMM), devant la Commission de transparence de l’AFSSAPS. De plus, dans le cadre des essais cliniques la Conférence estime souhaitable et logique de prévoir et de recommander la gratuité des produits lorsque les ATU sont nominatives. Conclusion : La Cour des Comptes évoque la progression continue des dépenses pharmaceutiques selon une approche essentiellement quantitative, sans suffisamment tenir compte de facteurs plus qualitatifs ou d’ordre sociologique tels l’évolution des pratiques médicales, les procédures d’évaluation du médicament, notamment dans le domaine du traitement des cancers, ou encore les comportements des patients dans la consommation des médicaments. Ce sont pourtant des facteurs déterminants de l’évolution des politiques de prix et des mécanismes de régulation financière. Force est de constater que les responsables hospitaliers prennent en compte ces contraintes, sans toujours détenir le pouvoir de les maîtriser dans la définition de leurs politiques d’achat. Il ne peut être question d’accréditer l’idée que le « dérapage » des dépenses pharmaceutiques trouve son unique explication dans une gestion inefficace et une implication insuffisante des médecins hospitaliers qui en assurent la prescription et des pharmaciens qui en assument la dispensation. Il n’échappe à personne, qu’en partie, cette progression des dépenses résulte également d’actions de santé publique volontaristes à l’initiative des pouvoirs publics, comme en matière de cancer ou de lutte contre les maladie infectieuses. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 17 Nonobstant cet état de fait, des progrès restent à développer dans nos établissements en matière de coordination, de regroupement des achats et de formation des acheteurs hospitaliers, quels que soient les résultats déjà obtenus pour une meilleure efficacité de l’achat hospitalier. Notre Conférence est très impliquée dans cette voie. Elle a confié la mission, en son sein, à un groupe de travail constitué d’un directeur général, de directeurs de la logistique et responsables des achats, de pharmaciens et d’un membre de la Conférence des Présidents de CME, d’établir un ensemble de propositions cohérentes et réformatrices, à soumettre après validation, aux pouvoirs publics, en vue de contribuer à une gestion toujours plus performante de nos CHU, pour le plus grand profit des patients qui nous font confiance. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 18 IV - L’avenir des CHRU dépend de leur capacité d’investissement Daniel Moinard, Président de la Conférence des Directeurs Généraux de Centres hospitaliers régionaux et universitaires tire la sonnette d’alarme : «Il devient urgent de lancer un programme national de reconstruction/modernisation des CHRU». 7 Un récent rapport révèle en effet que près de la moitié du parc immobilier des CHRU souffre de vétusté, que les réserves foncières sont insuffisantes et que la modernisation des bâtiments accuse un retard inquiétant. Reconstruire le parc hospitalo-universitaire français : Un chantier de première urgence pour la Conférence des Directeurs Généraux de CHRU Avec une capacité d’autofinancement limitée par de fortes contraintes budgétaires, les CHU ont été contraints d’investir dans leurs plateaux techniques, dans les technologies médicales et de l’information plutôt que dans leur parc immobilier. La Conférence des Directeurs Généraux de CHRU propose donc de dégager de nouvelles ressources afin de lancer un chantier d’ampleur nationale : la modernisation des hôpitaux universitaires. La Conférence envisage notamment un financement d’Etat. La situation préoccupante du patrimoine immobilier des CHRU - 85 % du patrimoine hospitalier a plus de 20 ans. - 35 % de l’ensemble des bâtiments soit 3 500 000 m² est considéré comme vétuste et 9% comme obsolète : ces espaces doivent être reconstruits ou réhabilités. - 20% des établissements hospitalo-universitaires possèdent des bâtiments classés monuments historiques. 12% ont des bâtiments inscrits à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques. - En 20 ans, le ratio m²/lit a augmenté . Considérée comme un confort supplémentaire, la 10 transformation de chambres à 3 lits en chambres à 2 lits ou en chambres à 1 lit , n’apporte cependant pas d’économie en termes d’exploitation ou de maintenance et ne libère pas de 11 surfaces. - Un tiers des CHU a ou aura de grosses difficultés pour réaliser des adaptations (plateaux techniques, circulations, hélistations, stationnement, sécurité) très consommatrices de 12 réserves foncières. Les besoins de développement des investissements ne pourront être réalisés que sur des terrains et réserves foncières qui restent à acquérir d’où un surcoût à prévoir. 8 9 7 Pendant près d’un an, un groupe de responsables hospitaliers coordonné par Michel Moujart, Directeur Général du CHU de Tours a réalisé l’inventaire des besoins immobiliers et matériels des CHRU, dressé un état des lieux au regard des réglementations d’hygiène et de sécurité et étudié l’évolution du ratio de vétusté des locaux. Ces données lui ont permis de déterminer les besoins en matière de rénovation ou de reconstruction. Le groupe a également évalué le montant des investissements à prévoir pour la période 2001-2005. 8 Sont déclarés vétustes des bâtiments construits entre 1972 et 1987 et obsolètes les bâtiments édifiés avant 1971 9 Pour les hôpitaux blocs, cette augmentation a été – à titre indicatif - de plus de 16%. A noter que l’indicateur m² /lit est moins significatif aujourd’hui du fait de l’importance prise par l’ambulatoire et de l’augmentation importante des surfaces des plateaux techniques. 10 Dans les projets actuels de réhabilitation, une même surface comprendra un nombre inférieur de lits, ex : de 26,80 m² pour 3 lits soit 8,93m² par lit on passe à 2 lits soit 13,40m² par lit avec une augmentation de 50% soit 4,47m² par lit offrant davantage de commodité au patient. 11 La moyenne constatée est de 114 m² par lit avec des écarts allant de 78 à 155m² 12 Actuellement, le coefficient moyen d’occupation des sols est de 0,47 avec des variations allant de 0,25 à 0,85. Les surfaces libres d’accompagnement des bâtiments, des circulations internes sont aujourd’hui très sollicitées par les utilisateurs et usagers. A généralisation de l’utilisation de la voiture est consommatrice d’espaces de stationnement. D’autre part, le caractère d’ouverture et de mise en place de l’ambulatoire ne fera qu’accentuer cette situation. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 19 - Concernant la sécurité incendie, d’importants aménagements sont à prévoir puisque 60% des établissements ont reçu un avis défavorable pour 25 à 75 % de leurs surfaces. Quant aux autres établissements l’avis défavorable porte sur 5 à 25% de leurs surfaces. Désamiantage La plupart établissements ont d’ores et déjà programmé et financé les travaux de désamiantage. Au CHU de Caen, les travaux sont achevés à 90%. Le CHU de Clermont-Ferrand a planifié le désamiantage de l’hôpital G. Montpied pour les deux prochaines années. Enfin l’AP-HP a réalisé un diagnostic complet des installations amiante et plomb. Les travaux sont programmés jusqu’en 2003. L’AP-HP s’engage par ailleurs dans une démarche qualité et respect de l’environnement en vue de l’obtention d’une certification ISO 14001 pour l’ensemble de ses sites. La certification ISO 14001 Systèmes de management environnemental. L’institution concernée doit formuler une politique et des objectifs prenant en compte les exigences législatives et les informations relatives aux impacts environnementaux significatifs. La norme s'applique aux aspects environnementaux que l'organisme peut maîtriser et sur lesquels il est censé avoir une influence. Au vu de ces résultats, la Conférence des Directeurs Généraux souhaite voir engagé «un nouveau cycle d’édification» des hôpitaux universitaires. Réhabilitation, restructuration, mise en sécurité en seront les axes essentiels. A ces impératifs s’ajoute l’indispensable regroupement des sites et des moyens. La restructuration de l’offre hospitalo-universitaire Les avancées thérapeutiques, les nouvelles attentes des patients et les restrictions budgétaires conduisent les hôpitaux à repenser non seulement le fonctionnement interne de leurs services mais aussi leur organisation spatiale. Les CHRU ont engagé de vastes opérations de constructions afin de regrouper services voire même hôpitaux sur un seul site. Les efforts déjà engagés ont permis une réduction sensible du nombre de sites : En 1996, l’activité des CHRU était répartie sur 212 établissements hospitaliers. En 4 ans 20 sites ont été supprimés ce qui porte à 192, le nombre de bâtiments. 1996 2001 Nombre d’établissements hospitaliers 212 192 Des opérations de restructuration ont permis de réduire le nombre de sites à 192 en 2001 au lieu de 212 en 1996 soit une réduction de 4 sites /an Nombre de services Réduction de 157 services en un an 2000 2 700 2001 2 543 Aujourd’hui, les restructurations de grande ampleur se poursuivent. Ainsi, le CHU d’Amiens restructure son activité sur un hôpital type monosite, Besançon transfert toutes les activités de St Jacques sur Jean Minjoz, Nice crée un nouvel hôpital sur le pôle Est de la ville afin d’y regrouper services et moyens, Strasbourg édifie un nouvel hôpital civil qui offrira un niveau de confort sans comparaison avec les chambres des anciennes cliniques de l’établissement. Thionville ferme progressivement 3 hôpitaux et Tours supprime deux sites hospitaliers. D’autres CHU poursuivent d’importantes opérations de modernisation et de restructuration parmi lesquelles on retrouve: la construction d’hôpital mère-enfant comme à Clermont-Ferrand, Fort-deFrance, à Grenoble, Lyon, Nantes, Reims et à Toulouse, la reconversion d’établissements comme à l’AP-HP pour les hôpitaux de Rotschild, de Corentin-Celton, la construction de médipôles cardiovasculaire, cancérologique ou hépato-gastroentérologique… à Limoges, Metz, Nancy, Poitiers, Rennes, ou encore la création de plate-formes logistiques à Dijon, Pointe-à-Pitre, Strasbourg, Tours. Enfin, la plupart des établissements ont déjà réalisé ou programmé l’extension de leurs services Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 20 d’urgences (Besançon, Nancy, Orléans, Poitiers, Rouen, Tours) ou le regroupement des laboratoires… Moins spectaculaires mais tout aussi essentielles, les restructurations internes se multiplient. Ainsi la diminution du nombre de services se poursuit. On en comptait 2 700 en 2000. La création de départements, de pôles ou de fédérations réunissant des structures à l’activité complémentaire autour d’un projet médical commun a permis d’en supprimer 157 unités en un an. Aujourd’hui, il reste 2 543 services hospitalo-universitaires. A terme ceux-ci seront progressivement regroupés. Au CHRU de Lille par exemple, ces fédérations s’appellent « cliniques » ou « instituts ». Depuis 1994, 17 ont été créés permettant de réunir les services ou unités fonctionnelles relevant d’une même discipline afin d’atteindre une taille critique suffisante pour décentraliser la gestion. En général, ces restructurations nécessitent la construction de nouveaux bâtiments mieux adaptés à la nouvelle organisation médicale. Principaux projets de construction et de restructuration des CHRU Amiens : création d’un CHRU type « monosite » qui rassemblera les services situés actuellement dans quatre établissements. Construction d’un bâtiment destiné à augmenter les capacités d’hospitalisation de 12 lits et à améliorer la prise en charge des patients d’onco-hématologie en accueillant le service de 22 lits. Construction d’un bâtiment femmeenfant, d’un centre de ressources biologiques, d’un institut de biologie, d’une Unité centrale de Production alimentaire et d’un logipôle. Angers : Mise en service progressive du Plateau Ouest (réanimation médicale, caisson hyperbare, centre antipoison, réanimation chirurgicale, bloc opératoire, hospitalisation de chirurgie osseuse et urologie, endoscopie). Création d’un plateau de biologie regroupant les activités hospitalières des laboratoires de biologie en lien avec un pôle de recherche de l'Université. Restructuration du bâtiment Ste Marie Nord pour accueillir la Fédération digestive, la rhumatologie, la chirurgie ambulatoire Besançon transfère toutes les activités de l’hôpital St Jacques sur le site l’hôpital Jean Minjoz. Extension et restructuration du Service Accueil Urgences. Bordeaux : restructuration de l’ORL et de l’ophtalmologie, Création du Pôle Aquitain de l’adolescent. Restructuration de la maternité, Restructuration de la néphrologie-hémodialyse, Brest : restructuration des 3 sites dont l'Hôpital Morvan qui accueille la gynécologie obstétrique, la chirurgie spécialisée, la pédiatrie, la rééducation fonctionnelle, des laboratoires, l'institut de cancérologie. Poursuites des restructurations des laboratoires et des écoles. Caen : Construction de deux nouveaux bâtiments pour personnes âgées et pour enfants. Restructuration de la réanimation médicale, Création d’unités d’Hospitalisation Programmée à Durée Déterminée dans plusieurs services. Désamiantage effectué à 90%. Clermont-Ferrand : Construction d’un complexe biotechnologique. Construction du nouvel hôpital abritant notamment le pôle Femme, Mère-enfant, Désamiantage et réhabilitation complète de l’ancien hôpital G. Montpied Dijon : restructuration des urgences et de la maternité création d'une plate-forme logistique Construction d'un plateau technique de biologie. Fort-de-France : reconstruction de la maison femme, mère, enfant Construction de l’hôpital de jour d’oncologie… Restructuration de la cardiologie, de la chirurgie cardiaque et du bloc opératoire. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 21 Grenoble : Restructurations des consultations d’ophtalmologie et ORL, Réaménagement de la radiothérapie et de la médecine nucléaire, Aménagement d’un institut d’ingénierie de la Santé (1/3CHU,2/3 université), IRM expérimentale. Reconstruction d’une structure de 125 lits de soins de longue durée, Construction d’un hôpital couple-enfant début 2004, Construction d’un institut de biologie mi 2004… Lille : regroupement de 27 laboratoires en un centre unique, Regroupement de deux services de réanimation médicale près du SAU dans une structure clinique unique de 50 lits, Construction d’un nouveau bâtiment psychiatrique, Regroupement des services en cliniques, Installation du gamma unit. Limoges : construction d'un hôpital de la mère et de l'enfant (192 lits et places), Programmation d'un bâtiment consacré aux activités médicales "face et cou" par le rapprochement de l'ORL, de l'ophtalmologie, de la stomatologie, de l'odontologie et de la chirurgie maxillo-faciale, Construction d'un "bâtiment administratif" pour regrouper et restructurer les services administratifs Création d'un centre de prévention et de traitement de la mucoviscidose Création d'un pôle "coeur-poumons", Lyon : création d’une maternité de niveau 3 à l'hôpital de la Croix Rousse Construction d’un pavillon d'urologie et de néphrologie au CH Lyon Sud Création d’un hôpital pédiatrique et gynéco-obstétrique. Metz-Thionville : Fermeture du centre de convalescence et de long séjour de Sierck les Bains. Metz : constitution d’un médipôle (pôle neuro-cardio-vasculaire, pôle cancérologique, plateau technique, hôtel médico-chirurgical). Thionville : fermeture progressive de 3 hôpitaux et recomposition du site unique de l’hôpital de Bel air. Nancy : Restructuration et extension du service d'accueil des urgences, Regroupement de la cardiologie sur un site, Construction du pôle cardio-vasculaire, Extension du plateau technique. Nantes : construction d’un nouvel hôpital mère-enfant. Nice : Le regroupement des sites et des moyens reste une priorité avec la création d'un nouvel hôpital sur le pôle Est, Création d'un hôpital de Santé Publique Adaptation du site de l'Archet sur le pôle Ouest Evolution du site de gérontologie pour accueillir notamment des activités de rééducation ou réadaptation Orléans : Création du plateau des urgences qui double leur surface actuelle Création d’une nouvelle stérilisation centrale Construction d’un bâtiment pédiatrique Paris : Humanisation/reconversion de l’hôpital Rotschild, de Corentin-Celton, des maternités Bichat Claude Bernard et Louis Mourier, Modernisation de l’hôpital Avicenne et Tenon Restructuration de plusieurs services d’urgence, Création d’un établissement pharmaceutique, Création de la maison des adolescents de Cochin-St-Vincent-de-Paul… Poitiers : constitution d'un pôle Urgences-Biologie médicale et construction d'un bâtiment de 17.000m2 pouvant l'accueillir, Recomposition en 15 pôles des activités médicales et médico-techniques, Regroupement des structures de cancérologie et regroupement des écoles et instituts de formation sur un site unique. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 22 Reims : ouverture de l'institut mère-enfant, Alix de Champagne Rennes : rénovation du service de neurochirurgie, Regroupement de la sénologie dans un institut de cancérologie comprenant le CHU, le Centre anticancéreux et une clinique mutualiste, Restructuration d’un pavillon permettant la constitution d’un pôle hépato-gastro, Evolution de l’hôpital femme-enfant Rouen : Rénovation des locaux de l’Hôpital St Julien, Création d’un nouveau bâtiment urgences, policlinique et soins de suite, Restructuration du POSU pédiatrique Restructuration du SAU et extension du pavillon Dévé, Création d’un institut de biologie clinique et d’un Institut Régional de Formation Regroupement sur même niveau des blocs et de la réanimation Saint-Etienne : Réduction du nombre de sites hospitaliers, Ouverture en 2003 d’un plateau de biologie et d’un bâtiment de psychiatrie, Ouverture en 2004 de l’Institut de Cancérologie de la Loire (syndicat constitué entre le CHU et la Mutualité) et du nouveau bâtiment de chirurgie. 2006 : le CHU passe de 5 à deux sites d’hospitalisation. Strasbourg : poursuite de l’édification du nouvel hôpital civil et construction d'un pôle logistique. Toulouse : Construction de l'Hôpital Femme/Mère/Couple (ouverture 2003), Mise en service du site de Larrey : regroupement des spécialités des voies respiratoires, regroupement de la dialyse, Regroupement de la cardiologie sur le site de Rangueil, Restructuration du plateau technique Création de l’Institut Locomoteur sur le site de Purpan, (études préalables) Réalisation de l’Institut Fédératif de Biologie (études préalables) Restructuration des activités logistiques… Tours : reconstruction et modernisation des services sur l'ensemble des sites du CHU comprenant le regroupement des urgences adultes, l’installation de nouveaux équipements lourds (4ème scanner, 3 ème IRM et une caméra TEP) et le déménagement des services dans les nouveaux locaux de l’hôpital Bretonneau. Suppression de deux sites hospitaliers. Loin de libérer de nouveaux espaces ces opérations consomment d’importantes réserves foncières. Pour mener à bien leur projet certains établissements devront même négocier l’achat de nouveaux terrains ; frais d’acquisition qui viendront s’ajouter aux investissements immobiliers. La Conférence des Directeurs Généraux a effectué une première estimation financière et s’interroge sur le capacité de financement des CHRU. Coût du programme de modernisation 13 Le besoin d’investissement est estimé à 4,4 milliards d’euros pour la partie immobilière (hors AP14 HP et DOM-TOM) soit 150 à 200 millions d’euros en moyenne par établissement. Un montant sans commune mesure avec les réalisations de 1996 à 2000. 13 Le coût moyen toutes dépenses confondues s’élève pour le neuf se situe entre 1 829 € et 2 134 € le m² quant à la réhabilitation la fourchette se situe entre 1 281 € et 1 494 € le m². 14 Dans le plan stratégique 2001/2004 de l’AP-HP, la politique d’investissements prévue s’élève à 1 280 millions d’euros. Les grands projets prévus sont les bâtiments des laboratoires et de la logistique de Cochin-SaintVincent-de-Paul, les urgences et les laboratoires de Saint-Antoine, la modernisation de Tenon, la maison des adolescents de Cochin-Saint-Vincent-de-Paul, le pôle périnatalité Armand Trousseau, la galette technique et la maternité de Necker. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 23 Les CHRU n’ont pas les moyens de financer à eux seuls de tels programmes. C’est pourquoi la Conférence des Directeurs Généraux de CHRU propose des solutions pour recueillir de nouvelles ressources. Parmi les solutions internes, on retiendra : - la vente d’une partie du patrimoine. Seront cédés en priorité les sites classés ou vétustes à cause du coût prohibitif qu’entraînerait leur transformation. - l’affectation aux travaux des excédents aux investissements, excédents générés soit par la non consommation de crédits soit par la réalisation de recettes subsidiaires complémentaires. Mais de telles situations se font rares compte tenu des contraintes financières auxquelles les CHRU sont confrontés. Dans tous les cas, ces apports internes seront loin de couvrir le montant des travaux. Le recours à des solutions externes sera donc nécessaire. Ainsi, la Conférence propose : - la création d’une provision destinée à la couverture des surcoûts d’investissement qui pourrait figurer dans les contrats d’objectifs et de moyens. - la mise en place d’incitations fiscales qui pourraient encourager les investissements tout en limitant le recours à l’emprunt : la suppression de la taxe sur les salaires, l’assujettissement à la TVA, la réduction à 5,5% du taux de TVA applicable à toutes les opérations de travaux, la mise en œuvre d’un fonds de compensation à l’instar des collectivités locales, la création d’un fonds national ou régional type FIMHO (Fonds d’investissement pour la modernisation des hôpitaux). D’autres solutions sont également envisagées : les emprunts à taux zéro ou à des taux bonifiés ou encore l’avance remboursable. Enfin, il faut tenir compte du rythme de programmation financière dans le secteur public où les délais sont fort longs entre le début d’une étude et le commencement des travaux. Cette durée est estimée à 4,5 ans pour une construction neuve et à 6 ans pour une restructuration en site occupé. Les dernières inaugurations 2002 – Reims - Institut Mère-Enfant* Alix de Champagne 2002 – Saint-Etienne – Maladies infectieuses, médecine physique et réadaptation 2001 – Paris – Hôpital Bretonneau 2000 - Paris - Hôpital Européen Georges Pompidou 1999 - Angers – Pôle mère-enfant 1998 - Rennes – Centre Cardio-pneumologique – Hôpital Pontchaillou 1997 - Nîmes - Hôpital de Carémeau 1996 - Brest - Hôpital de la Cavale Blanche 1996 - Bordeaux – Maison du Haut Lévêque – Groupe Hospitalier Sud 1996 - Nice - Hôpital de l’Archet II Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 24 V - Les problèmes de démographie médicale Contribution de la Conférence Nationale des Doyens des Facultés de Médecine Nous avons maintenant dépassé les signes d’alerte, qui frappaient certaines disciplines et certaines régions : les défauts de la démographie médicale sont devenus évidents et concernent tant le nombre des médecins, que la nature de leur spécialité et leur répartition sur le territoire. 1- Le nombre des médecins De nombreuses projections statistiques ont été faites : elles démontrent toutes, à des degrés divers, que la diminution globale va se poursuivre, du fait d’un numerus clausus resté bien trop longtemps réduit, la période 2010-2015 paraissant la plus critique. Ce constat a été fait depuis plusieurs années et les Assises des CHU de Nancy en 1999 avaient permis de comparer les données statistiques et de débuter une réflexion commune avec la CNAM. La courbe établie par la DRESS est particulièrement significative. Plusieurs facteurs nouveaux nous préoccupent : • Alors que, pour répondre à la crise numérique, le numerus clausus avait été desserré depuis trois ans, le programme de montée en charge n’a pas été respecté cette année. Le ministre de l’Education nationale a en effet annoncé le chiffre de 5100, alors que nous espérions 5200, comme cela avait été prévu auparavant, dans l’optique d’aller vers 6000 pour la rentrée 2004, et comme nous l’avait confirmé monsieur le Ministre de la Santé. Nous craignons donc un changement de politique de Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 25 l’Education Nationale sur ce point et nous regrettons l’absence de concertation sur ce dossier sensible. • Les conséquences des nouvelles dispositions sociales, R.T.T., repos compensatoires, sont évidentes pour l’activité des médecins hospitaliers. Dans tous les hôpitaux, les besoins en personnel médical augmentent, sans que l’on ait une certitude sur les créations de postes compensatrices, et surtout sans que l’on ait le vivier de médecins disponibles pour les prendre. Les graves défauts démographiques s’en trouvent donc partout renforcés. Dans les CHU, les hospitalo-universitaires, qui ne bénéficient pas des mêmes avantages que les praticiens hospitaliers, sont amenés à combler les déficits d’activité les plus criants ; cela ne peut se faire qu’aux dépens de leurs obligations universitaires. Dans le cadre du malaise actuel des PU-PH, on devine combien cela est dommageable et l’on souhaite que des mesures urgentes soient prises. 2 – Nature des métiers médicaux La société change, les besoins en santé changent, le corps médical lui-même se modifie profondément, tant du fait de la féminisation qui s’accélère, que de la modification de son état d’esprit beaucoup plus marqué par l’hédonisme qu’auparavant. Des formes d’activité sont donc privilégiées par rapport à d’autres, des spécialités deviennent désertées, les gardes sont devenues des repoussoirs, ceci étant valable aussi bien en secteur libéral que public. Le tableau suivant venant de l’Ordre national des Médecins (docteur Dubois) montre combien la féminisation progresse. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 26 Les déséquilibres démographiques sont donc encore aggravés par ces évolutions. Il est donc nécessaire de mieux partager les fardeaux, il est nécessaire aussi de trouver des passerelles souples qui conduisent à permettre de changer de métier médical, en passant d’une qualification à l’autre. Ceci nous oblige à remettre en cause la forme de l’internat et des spécialités actuelles, en privilégiant des grandes filières plutôt que des spécialités trop étroites. 3 - Répartition des médecins sur le territoire L’inégalité de la répartition est probablement la forme la plus injuste des défauts de la démographie médicale. Elle se fait aux dépens de certaines régions dont elle accentue la désertification, elle se fait aux dépens de la santé publique. Des mesures urgentes sont à prendre car il ne suffira en rien de modifier le numerus clausus pour répondre à l’inégalité d’attractivité régionale. Le retour à un internat régional ou interrégional pourrait être une des réponses et une réflexion doit être entamée dans ce sens. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 27 VI - Enquête ARTT personnel non médical En septembre 2002, la Conférences des Directeurs Généraux de CHRU a organisé une enquête interne sur la mise en place de l’ARTT pour le personnel non médical dans les établissements hospitalo-universitaires afin de disposer d'informations chiffrées et globales. Mise en place de l’ARTT Si la plupart des personnels non médicaux des CHU bénéficient à ce jour de la réduction du temps de travail, cela ne va pas sans difficultés : Une préparation très rapide, parfois au détriment du climat social Les établissements n'ont eu que quelques mois pour préparer l'application d'une réforme de grande ampleur, et la réglementation n'a été connue que tardivement. Le calendrier des négociations locales a donc été très serré. Ce contexte n'a pas permis de réfléchir de manière sereine et approfondie à la réorganisation des équipes. Une application au 1er janvier 2002, mais des moyens alloués sur trois ans De lourds efforts ont été consentis cette année : près d'un tiers des effectifs nécessaires ont pu être recrutés. Cela se traduit par des tensions dans la gestion quotidienne. Une gestion quotidienne à flux tendus La programmation désormais très rigoureuse des congés annuels et des jours de RTT laisse peu de marge de manoeuvre pour faire face aux absences imprévues. La réglementation elle-même peut s'avérer difficile à appliquer au quotidien : temps de repos entre deux jours de travail, organisation des chevauchements entre les équipes, organisation des repos hebdomadaires ... Des difficultés de recrutement Les hôpitaux emploient des personnels qualifiés dont la formation prend plusieurs années. Si les effectifs des personnels en formation ont été augmentés, les effets ne se feront sentir que dans les prochaines années. Dans l'attente, les CHRU sont confrontés à une pénurie de personnels, notamment en ce qui concerne certaines filières spécialisées : infirmières anesthésistes, sages-femmes, kinésithérapeutes... Nombre de postes non médicaux demandés par les CHU : 13 944 ce qui représente une moyenne de 6 % des effectifs temps plein non médicaux. Nombre de postes accordés : 9 995 soit 3/4 (71,68 %) des postes requis Nombre de postes obtenus en 2002 : près d’un tiers (28 %) des postes accordés soit 2 788 L'organisation de coopérations internes et externes sera indispensable. L’ARTT peut être considéré comme une opportunité pour réadapter l’offre de soins et pour regrouper les moyens, mais cela n'empêchera pas de devoir faire face à un manque de professionnels de santé qualifiés. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 28 VII - Pour une modernisation des CHRU Six propositions de la Conférence des Directeurs Généraux Les Directeurs Généraux des Centres Hospitaliers Universitaires mènent, depuis plusieurs années, en association étroite avec la Conférence des Présidents de Commission Médicale d’Etablissement des C.H.U. et en liaison avec la Conférence des Doyens de Facultés de Médecine, une réflexion sur le devenir des grands établissements hospitaliers de notre pays, à vocation hospitalo-universitaire. Des orientations ont été formulées dès octobre 2001 dans le cadre des Assises HospitaloUniversitaires qui se sont déroulées à MONTPELLIER et qui réunissaient les responsables précités. Les travaux s’articulaient autour des trois missions des CHRU, soins, enseignement, recherche et les conclusions des réflexions menées étaient synthétiquement les suivantes : - un meilleur équilibre entre les activités de proximité et de recours une nécessaire adaptation des formations aux besoins de l’Hôpital Public et de la de la Santé Publique une plus grande valorisation de la recherche et de l’innovation Aujourd’hui, à un moment où les plus Hautes Autorités de l’Etat mènent une réflexion sur l’avenir de l’Hôpital et s’apprêtent à décider de réformes indispensables pour l’Hôpital Public, les Directeurs Généraux de CHRU, s’appuyant sur les travaux issus de la Communauté Hospitalière, apportent leur contribution à travers six propositions. 1/ Développer l’innovation 2/ Renforcer la dimension régionale et inter-régionale 3/ Assouplir les modalités de gestion 4/ Responsabiliser les acteurs internes dans la gouvernance de l’Hôpital 5/ Relancer les investissements 6/ Financer les CHRU à l’activité, avec prise en compte de l’ensemble de leurs missions de Service Public Ces six propositions ne ferment pas le débat, bien au contraire ; elles ne demandent qu’à être enrichies par les deux autres partenaires que sont les Présidents de CME et les Doyens, les conditions du développement des CHRU étant plus que jamais dépendantes des actions convergentes de ses trois responsables dans le respect des spécificités liées à leurs fonctions respectives. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 29 VIII - Présentation de la Conférence des Directeurs Généraux de Centres Hospitaliers Régionaux et Universitaires Créée en 1970, la Conférence réunit les responsables des 31 hôpitaux universitaires français. La Conférence intervient pour améliorer le service rendu au malade et le fonctionnement des CHU. Elle remplit un devoir d’information auprès des autorités de tutelle, au premier rang desquelles la Direction de l’Hospitalisation et de l’Organisation des Soins, sur les conditions de mise en œuvre de la politique de santé dans les CHR-CHU. Le cas échéant, la Conférence fait valoir son devoir d’alerte lorsqu’elle a la conviction que les établissements qu’elle représente ne sont pas en mesure d’appliquer les directives prescrites. La Conférence assure également une fonction de veille réglementaire sur tous les textes en préparation ayant une incidence sur la gestion des CHR-CHU. La Conférence coordonne son action avec la Fédération Hospitalière de France, la Conférence des Présidents de CME des CHR-CHU et la Conférence des Doyens. La Conférence des Directeurs Généraux de Centres Hospitaliers Régionaux et Universitaires est reconnue par le législateur comme une force de proposition et d’analyse. Les statuts de la Conférence des Directeurs Généraux de CHU sont ceux d’une association de type loi 1901. A la tête de cette instance, un bureau, élu pour trois ans, définit les actions prioritaires. Les dernières élections se sont déroulées le 12 avril 2001. Composition du Bureau Président Daniel MOINARD, Directeur Général du CHU de Toulouse Vice-Présidents (2) Rose-Marie Van Lerberghe, Directeur Général de l’AP-HP représenté par Dominique DEROUBAIX, Secrétaire Général Paul CASTEL, Directeur Général, CHU de Strasbourg Secrétaire Général Jean-Pierre DEWITTE, Directeur Général du CHU de Poitiers Secrétaire Gl Adjoint Christiane COUDRIER, Directeur Général du CHU de Reims Trésorier Guy RICHIER, Directeur Général du CHU de Saint Etienne Trésorier Adjoint Daniel MARIE, Directeur Général du CHU de Dijon Le programme du nouveau directoire se décline en six grands axes : - - - - identifier et recenser les besoins des CHR-CHU dont la portée justifie des financements spécifiques hors enveloppe régionale (activités innovantes et coûteuses, mise à niveau des investissements hospitalo-universitaires…) ; élargir la réflexion stratégique des membres de la Conférence à certaines thématiques sensibles comme la régionalisation du système de santé, la mise en réseaux des CHRCHU, l’évolution des modes de financement, évolution du management interne ; développer la formation en associant en priorité les bureaux de deux autres Conférences des Présidents de CME et des Doyens ; promouvoir les Assises Hospitalo-Universitaires ; améliorer les relations avec les usagers ; renforcer la politique de communication de la Conférence. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 30 Les Directeurs Généraux de CHR-CHU Chefs de très grandes entreprises publiques, principaux employeurs de la région, les Directeurs Généraux ont pour responsabilité de concevoir l’organisation des soins autour des missions d’excellence des CHU, à la fois hôpitaux généraux, hôpitaux de recours et centres de formation et de recherche. CHU Amiens : CHU Angers : CHU Besançon : CHU Bordeaux : CHU Brest : CHU Caen : CHU Clermont-Ferrand : CHU de Dijon : CHU Fort de France : CHU Grenoble : CHU Lille : CHU de Limoges : Hospices civils de Lyon : AP-Hôpitaux de Marseille : CHU de Metz-Thionville : CHU Montpellier : CHU Nancy : CHU Nantes : CHU Nice : CHU de Nîmes : CHR Orléans : AP- Hôpitaux de Paris : CHU de Pointe-à-Pitre : CHU de Poitiers : CHU Reims : CHU de Rennes : CHU Rouen : CHU Saint-Etienne : CHU Strasbourg : CHU Toulouse : CHRU Tours : Philippe Domy Jean le Camus Gérard Decour Alain Hériaud Louis Rolland Pierre Rayroles Jean-Pierre Bettiga Daniel Marie Annie Ramin Jean-Pierre Bastard Didier Delmotte Serge Fontarensky François Grateau Guy Vallet Jean-Marie Leclercq Guy Vergnes Benoît Leclercq Jean-Paul Guérin Jean-Jacques Romatet Guy Mazereau Jean-Pierre Gusching Rose-Marie Van Lerberghe Philippe Loir Jean-Pierre Dewitte Christiane Coudrier Gérard Sacco Christian Paire Guy Richier Paul Castel Daniel Moinard Michel Moujart Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 31 Conférence des Présidents de CME de Centres Hospitaliers Régionaux et Universitaires Bureau Président : Pr D. GRIMAUD Hôpital Saint Roch 5 rue Pierre Dévoluy 06006 NICE Cedex 1 Tél : 04.92.03.35.38 Fax : 04.92.03.35.58 e.mail : [email protected] Vice-Présidents : Pr. R. Parc (AP-HP) Pr. M. Schmitt (Nancy) Secrétaire Général : Secrétaire Général adjoint : Pr. G. Guy (Angers) Pr. G. Janvier (Bordeaux) Trésorier : Pr. G. Bommelaer (Clermont-Ferrand) Membres : Pr. E. Tissot (Lyon) Pr. B. Picard (Brest) Conseillers spéciaux : Pr. P.M. Degand (Lille) Pr. P. Fuentes (AP-HM) Pr. Y. Heloury (Nantes) Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 32 Conférence Nationale des Doyens des Facultés de Médecine Bureau Président : Pr. Jacques ROLAND Faculté de Médecine de Nancy 9, avenue de la Forêt de Haye BP 184 54505 Vandoeuvre-les-Nancy cédex Tel : 03 83 68 30 03 Fax : 03 83 68 30 99 e-mail : [email protected] .fr Vice-Présidents Pr. Bernard CHARPENTIER (Kremlin-Bicêtre) Pr. Jean-Luc DEBRU (Grenoble) Secrétaire de la Conférence Pr. Jean-Paul FRANCKE (Lille) Trésorier Pr. Jean-Marie DESMONTS (Paris) Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 33 Coordonnées des responsables de communication CHU Amiens Vincent PREVOTEAU Pl Victor Pauchet 80054 Amiens cedex 1 Tél : 03 22 66 80 10 Fax : 03 22 66 80 19 Mel : [email protected] CHU Angers Anita RENIER 4, rue Larey 49033 Angers cedex Tél : 02 41 35 53 33 Fax : 02 41 35 53 55 Mel : [email protected] CHU Besançon 2, place Saint Jacques 23030 Besançon Cedex Tél : 03.81.21.82.11 Fax : 03.81.21.87.15 Mel : [email protected] CHU Bordeaux Hélène QUANCARD-MIEL 12, rue Dubernat 33404 Talence cedex Tél : 05 56 79 60 97 Fax : 05 56 79 48 85 Mel : [email protected] CHU Brest Isabelle GOURMELEN 5, av Foch 29609 Brest cedex Tél : 02 98 22 39 35 Fax : 02 98 22 34 98 Mel : [email protected] CHU Caen Marc-François GUIMBARD Av, Côte de Nacre 14033 Caen cedex Tél : 02 31 06 49 61 Fax : 02 31 06 49 62 Mel : [email protected] CHU de Dijon Alain LALIE 1, Bd Jeanne d'Arc BP1542 21034 Dijon Cedex Tél : 03 80 29 36 28 Fax : 03 80 29 34 21 Mel : [email protected] CHU Fort de France Yolène PERRONNETTE-DAVILA Directrice de communication BP 632 97261 Fort de France cedex Tél : 05 96 55 22 30 Fax : 05 96 75 84 02 Mel : [email protected] CHU Grenoble Luc BOURNOT 38700 La Tronche Tél : 04 76 76 50 98 Fax : 04 76 76 52 14 Mel : [email protected] CHU Lille Estelle LEBAS 2, av Oscar Lambret 59037 Lille cedex Tél : 03 20 44 49 12 Fax : 03 20 44 52 71 Mel : [email protected] CHU de Limoges Florence KWARTNIK 2, Av Martin Luther-King 87042 Limoges Cedex Tél : 05.55.05.66.94. Fax : 05.55.05.66.67 Mel : [email protected] CHU de Metz-Thionville Véronique DE FLORAINE Mel : [email protected] Denis BURGARELLA 80, rue Brochier 13354 Marseille cedex 5 Tél : 04 91 38 20 20 Fax : 04 91 38 20 02 Mel : [email protected] CHU Montpellier Valérie GORRIAS-GAY 80, venue Augustin Fliche 34295 Montpellier cedex 5 Tél : 04 67 33 93 43 Fax : 04 67 33 93 65 Mel : [email protected] CHU Nancy Dr Bertrand DEMANGEON 29, av du Mal de Lattre de Tassigny 54035 Nancy cedex Tél : 03 83 85 14 78 Fax : 03 83 85 11 88 Mel : [email protected] CHU Nantes Christel RAFSTEDT allée de l’île Gloriette 44035 Nantes cedex Tél : 02 40 08 72 12 Fax : 02 40 08 71 57 Mel [email protected] : CHU Nice Marie GABORIT 5, rue Pierre Devoluy 06006 Nice cedex 1 Tél : 04 92 03 45 14 Fax 04 92 03 41 06 Mel : [email protected] 28-32, rue du XXème corps américain 57019 Metz cedex 1 Tél : 03.87.55.79.04. Fax : 03.87.55.39.88. Mel : [email protected] CHU Clermont-Ferrand Henri SOULIERS 30, Pl Henri Dunant 63003 Clermont-Ferrand cedex Tél : 04 73 62 54 91 Fax : 04 73 62 54 64 Assistance Publique Hôpitaux de Marseille Hospices civils de Lyon Danielle GUILLOT 3, quai des célestins 69229 Lyon cedex Tél : 04 72 40 70 30 Fax : 04 72 40 72 30 Mel : [email protected] CHU de Nîmes Louis BONIFASSI 5 rue Hoche 30029 Nîmes Cedex 4 Tél : 04.66.68.30.01 Fax : 04.66.68.34.00 Mel : [email protected] Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 34 CHR Orléans Bernard BAURRIER 1, rue Porte Madeleine BP 2439 45032 Orléans cedex 1 Tél : 02 38 74 42 00 Fax : 02 38 74 41 51 Mel : [email protected] CHU Rouen Valérie LE BORGNE 1, rue de Germont 76031 Rouen cedex Tél : 02 32 88 80 85 Fax : 02 32 88 87 86 Mel : [email protected] Assistance Publique - Hôpitaux de Paris Eve AULONG 3, av Victoria 75004 Paris Tél : 01 40 27 52 06 Fax : 01 40 27 38 54 Mel : [email protected] CHU Saint-Etienne Isabelle ZEDDA 3, rue Claude Lebois 42055 Saint-Etienne Tél : 04 77 42 70 00 Fax : 04 77 42 70 48 Mel : [email protected] CHU de Pointe-à-Pitre André DUCHEMIN Abymes 97159 Pointe-à-Pitre Cedex Tél : 05.90.89.10.10. Fax : 05.90.80.10.29. Mel : [email protected] CHU Strasbourg Béatrice FRANCES 1, pl de l’hôpital - BP 426 67091 Strasbourg cedex Tél : 03 88 11 61 66 Fax : 03 88 11 53 83 Mel : [email protected] CHU de Poitiers Stephan MARET Direction déléguée à la Communication Jean Bernard - 2, rue de la Milétrie - B.P. 577 86021 Poitiers Cedex Tél : 05 49 44 47 47 Fax : 05 49 44 47 48 Mel : [email protected] CHU Toulouse Marie-Claude SUDRE 2, rue Viguerie 31052 Toulouse cedex Tél : 05 61 77 83 49 Fax : 05 61 77 85 21 Mel : [email protected] CHU Reims Sandrine DELAGE 23 rue des Moulins 51092 Reims cedex Tél : 03 26 78 34 38 Fax : 03 26 82 65 84 Mel : [email protected] CHRU Tours Patrick FAUGEROLAS Directeur de la communication 37044 TOURS cedex 1 Tél : 02 47 47 37 57 Fax : 02 47 47 84 31 Mel : [email protected] CHU de Rennes Anne LAVOLLEE 2 rue Henri Le Guilloux 35033 Rennes Cedex 9 Tél : 02 99 28 24 72 Fax : 02 99 28 43 36 Mel : [email protected] Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 35 26 Sites Internet AMIENS ANGERS BESANCON BORDEAUX BREST CAEN CLERMONT DIJON FORT DE F. GRENOBLE LILLE LIMOGES LYON MARSEILLE METZ MONTPELLIER NANCY NANTES NICE NIMES ORLEANS PARIS POINTE A P. POITIERS REIMS RENNES ROUEN ST ETIENNE STRASBOURG TOULOUSE TOURS www.chu-amiens.fr www.chu-angers.fr www.chu-besancon.fr www.chu-bordeaux.fr www.chu-brest.fr www.chu-clermontferrand.fr www.chu-dijon.fr www.chu-fortdefrance.fr www.chu-grenoble.fr www.chru-lille.fr www.chu-limoges.fr www.chu-lyon.fr www.ap-hm.fr www.montpellier.fr www.nancy.fr www.chu-nantes.fr www.chu-nice.fr www.aphp.fr www.chu-guadeloupe.fr www.chu-poitiers.fr www.chu-reims.fr www.chu-rouen.fr www.chu-st-etienne.fr www.chru-strasbourg.fr www.chu-toulouse.fr www.chu-tours.fr Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 36 ANNEXE 1 Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 37 C O N F E R E N C E D E S P R E S I D E N T S D E C M E DE CENTRES HOSPITALIERS REGIONAUX ET UNIVERSITAIRES Président : Pr D. GRIMAUD Hôpital Saint Roch 5 rue Pierre Dévoluy – 06006 NICE Cedex 1 CONFERENCE DE PRESSE DU 17 OCTOBRE 2002 REPOS DE SECURITE ET ARTT MEDICALE La Conférence des Présidents de CME de CHU a activement réfléchi à la réduction du temps de travail et à ses implications sur les fonctionnements médicaux des services et des établissements. Dès le 4 juin 2002, par lettre adressée au Ministre, sans toutefois remettre en cause le principe de l’ARTT , nous demandions un délai de réflexion pour sa mise en place afin de : - définir les principales réorganisations médicales de fond qui s’imposent - définir les articulations CHU/CHG, en particulier dans certaines spécialités ou activités - éclaircir l’articulation entre PU-PH, MCU-PH et PH dans les CHU… quitte à ce que cela débouche sur une réflexion sur les statuts - définir les modes d’application de l’ARTT aux H.U Aujourd’hui, après six mois de réflexions communes et plus récemment en parallèle avec la Mission Nationale d’Evaluation, les Conférences font le constat suivant : - l’application du repos de sécurité après la garde est une obligation sécuritaire et éthique, qui, comme l’intégration de la garde dans le temps de travail, est une directive européenne à priori incontournable Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 38 - l’application conjointe de ces directives européennes avec l’ARTT médicale elle-même (20 jours par an) au 1er janvier 2003 s’avère très difficilement applicable en l’état. Ces mesures cumulées nécessiteraient la création d’au moins 7500 postes au plan national, qui même s’ils l’étaient, ne trouveraient pas de candidats pour les occuper en particulier dans les spécialités plus démunies comme l’anesthésie-réanimation, l’obstétrique, la chirurgie, la pédiatrie… - Le fait que la mise en place de l’ARTT de la fonction publique hospitalière a précédé celle des médecins a entraîné une dissociation et une non adaptation des réflexions face au problème organisationnel de fond qui a été chaque fois traité de façon ponctuelle et en ordre dispersé. - Au niveau du personnel para-médical, l’application de l’ARTT aujourd’hui entraîne épuisement, fatigue, désintérêt de la fonction, qui ajoutées à la baisse des possibilités de formation faute de temps, contribue à l’absentéisme et aux démissions en faveur d’un secteur privé souvent mieux organisé - La vraie solution à la RTT repose sur les réorganisations fonctionnelles et structurelles de nos établissements de soins ainsi que sur leurs articulations au niveau régional et interrégional. Cette réorganisation, de portée très politique, sera l’objet du SROSS 3ème génération. Il est extrêmement regrettable que la logique élémentaire de « réfléchir avant d’agir » n’ait pas été respectée et qu’on soit contraint de résoudre la RTT alors que les objectifs de restructuration n’ont pas encore été définis. - La mise en place de l’ARTT pose enfin le problème du maintien de l’offre de soins de nos établissements, dans nos territoires d’attraction et au niveau national : La tendance actuelle au consumérisme médical irraisonné, par la population …..et parfois le corps médical, quelle qu’en soit la cause, est dénoncée par beaucoup, et depuis longtemps. La baisse progressive de l’offre de soins pourrait être conçue, par nos dirigeants, comme un des remèdes. Choix politique par excellence, il ne peut être fait sans information et concertation, avec les acteurs de santé. L’absence totale de transparence et de lisibilité par rapport à ces réflexions et très délétère au climat de confiance, souhaité aujourd’hui par tous les partenaires de santé, avec leur ministère. Des questions essentielles sont en effet posées : - Comment gérer cette schizophrénie qui associe la course à l’activité suscitée par la comptabilité analytique et le mode de calcul des attributions budgétaires, et la baisse des moyens humains, et budgétaires tant d’exploitation que surtout d’investissement, qui brident cette croissance ? Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 39 - Si la réduction de l’offre de soins est programmée, à terme, par nos politiques : est-elle à l’échelle d’établissements, de certaines régions, du pays tout entier se ferait-elle aux dépends des activités de proximité, de recours …et comment ? En somme : - on se doit de regretter que des mesures, à très fort potentiel restructurant à moyen et à long terme, aient été prises de façon précipitée sans concertation préalable ni projet réellement élaboré. QUELQUES PROPOSITIONS : a) A court terme, certaines mesures, de portée malheureusement limitée, pourraient aider à résoudre une partie des difficultés : - séniorisation des internes en deuxième partie de cursus, correspondant à l’octroi de leur licence de remplacement, afin d’étoffer en effectif de séniors le travail de jour et de garde, - participation des médecins libéraux à l’activité hospitalière avec reprise d’ancienneté. La mesure pourrait être efficace dans les services d’urgences, au SAMU-SMUR, en anesthésie, en chirurgie… mais nécessiterait un assouplissement des statuts des temps partiels et des attachés et une reconnaissance financière adaptée. - mutualisation de certaines activités de jour ou de garde à l’intérieur d’un même établissement : cette mesure est plus adaptable aux hôpitaux généraux qui fonctionnent beaucoup plus sur des gardes polyvalentes, qu’au CHU qui fonctionnent sur des gardes très spécialisées correspondant à leurs missions de recours. Un certain gain de productivité par redéploiement est malgré tout possible bien que ce regroupement de gardes soit en cours de réalisation au sein des hôpitaux publics depuis déjà 4 ans. - mutualisation d’activités de jour et de gardes entre CHU et CHG , et le secteur libéral : certaines sont possibles lorsque les distances les séparant sont faibles, d’autres ne le sont pas à cause d’isolements géographiques ou de pressions politiques. La piste des « postes partagés » ou « à cheval sur deux établissements » s’est avérée de façon générale une mauvaise piste, tant sur le plan humain que de la qualité des soins et du suivi des patients. - une suggestion forte en faveur du Compte Epargne Temps (CET) pouvant aller jusqu’à la prime à l’épargne, bien que le corps médical ait une confiance limitée dans la réalisation pratique de ce CET Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 40 - proposition est à faire aux médecins, de travailler plus, dans le cadre d’un volontariat, sous couvert du respect des règles de sécurité, moyennant l’octroi d’indemnités de temps additionnel - nécessité absolue d’identifier territoires, régions et établissements où les recrutements et donc l’application de l’ARTT (tant médicale que non médicale) est difficile afin que les mesures d’aide puissent être ciblées -optimiser les programmations d’activités techniques et anesthésiques (bloc opératoire, plateaux de radiologie, endoscopie…) afin de mieux utiliser les temps médicaux et non médicaux, et d’occupation des locaux b) A plus long terme : réorganiser les plateaux techniques par leur regroupement et la mutualisation des moyens (projet médical, projet d’établissement) - définir les complémentarités et réseaux de soins régionaux et interrégionaux dans une dynamique de partage des activités en définissant bien les missions de chacun par rapport aux soins de proximité et de recours - connaître clairement les objectifs politiques du ministère par rapport à l’offre de soins aux niveaux local, régional et national ; les Présidents de CME de CHU auront à se définir par rapport aux orientations prises. UN CERTAIN NOMBRE DE QUESTIONS RESTENT SANS REPONSE : ☛ Que deviennent les hospitalo-universitaires dans les CHU ? Quelles sont leurs missions ? Sont-ils soumis aux directives européennes ? Doivent-ils compenser le temps médical manquant lié à la prise de l’ARTT par les PH, au détriment de leur activité universitaire ? Comment évaluer et contrôler leur activité hospitalière ? ☛ Que deviennent les PH à fonction universitaire ? ☛ Sur qui va reposer le contrôle de l’application des 48 heures : sur des machines ou sur des hommes ? ☛ A-t-on ou aurons nous les moyens financiers pour appliquer l’ARTT ? ☛ Envisage-t-on de reconnaître et d’honorer la pénibilité de certaines taches et la prise de responsabilité : chefferie de service, présidences, responsabilités d’activités transversales, directions de pôles… Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 41 ANNEXE 2 Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 42 L'information : Droit fondamental des patients, Priorité des établissements La loi du 4 mars 2002 relative aux droits des usagers et à la qualité du système de santé reconnaît aux citoyens une place centrale dans le système de santé, elle encourage leur consultation et leur participation à l'élaboration, à la mise en œuvre et à l'évaluation des politiques de santé. Ces grandes orientations impliquent qu'au quotidien les malades puissent exercer leurs droits à l'information et participer aux choix thérapeutiques les concernant… Mieux accueillir, Mieux informer Dans la plupart des CHRU des groupes de travail ont été mobilisés afin de mieux connaître les attentes des patients en matière d'information. Les résultats de ces travaux ont permis aux établissements d'élaborer des supports de communication adaptés aux différents public, d'améliorer leur diffusion et de les actualiser en fonction des nouvelles dispositions contenues dans la loi du 4 mars 2002. Cependant, l'objectif poursuivi reste toujours le même : le souci de mieux accueillir la personne malade, la volonté de l'associer plus étroitement aux décisions qui le concernent, la nécessité de lui fournir toutes les données utiles à la connaissance de ses droits, de l'organisation pratique de son séjour, des modalités de prise en charge financière et du fonctionnement de la structure et de l'équipe qui le prend en charge. Menées dans le cadre de la démarche qualité ces actions varient en fonction de la culture de l'établissement et de ses services, de l'acte thérapeutique et du traitement qui seront proposés aux patients. Ces groupes de travail ont également eu à cœur de mettre en place les commission des relations avec les usagers et de la qualité de la prise en charge (anciennes commissions de conciliation), afin d'offrir au sein de chaque CHU, les conditions d'un meilleur dialogue entre les équipes soignantes, les patients et leur famille, en cas de dysfonctionnements ou de plaintes. L'information du patient, un des premiers référentiels de l'ANAES Référence 3 : Le patient reçoit une information claire, compréhensible et adaptée sur les conditions du séjour. a. L'établissement prend des mesures pour faciliter l'expression et la compréhension des patients qui ne peuvent s'exprimer en français. b. Le patient reçoit des informations pratiques concernant son séjour. c. Le patient est informé des modalités de sa prise en charge administrative, des tarifs et du montant de sa participation financière éventuelle. d. Le patient est informé de la fonction et de l'identité des personnes intervenant auprès de lui. e. L'établissement favorise toute démarche permettant au patient de bénéficier de l'aide de services sociaux. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 43 Les enquêtes "La qualité de la prise en charge des patients est un objectif essentiel pour tout établissement de santé. Celui-ci doit procéder à une évaluation régulière de leur satisfaction portant notamment sur les conditions d'accueil et de séjour" rappelle l'article 1 de l'ordonnance hospitalière du 24 avril 1996. Les CHU ont engagé un travail d'auto-évaluation impliquant l'ensemble des équipes. - A Poitiers, le CHU s'est doté de deux outils pour mesurer la satisfaction des usagers, le questionnaire de sortie (annexé au livret d'accueil et diffusé dans tous les hôpitaux) et un observatoire intégré de la clientèle. Les résultats des enquêtes sont complétés par les analyses et recommandations de la commission des relations avec les usagers et de la qualité de la prise en charge. - L'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris a publié sur son site les résultats de l'enquête de satisfaction 2001. - A Rouen, l'étude des motifs de plainte ou d'insatisfaction des patients aide l'établissement à prendre conscience de difficultés de fond, à préparer la procédure d'accréditation et surtout à mieux s'adapter aux besoins et attentes du public. - A Toulouse les représentants des usagers sont invités régulièrement à prendre connaissance des résultats des enquêtes de satisfaction et à participer avec les cadres soignants à la mise en place de plans d'amélioration de la qualité. Nantes a mis en place un jury citoyen, instance originale qui offre aux personnes intéressées par l'amélioration du fonctionnement du CHU la possibilité d'exprimer un avis collectif ou d'émettre des préconisations pour l'hôpital. Un des premières propositions du jury a été la création d’une maison des usagers afin d’associer réellement les personnes malades à la vie de l’établissement, Ce lieu aurait pour vocation de faciliter les échanges entre malades et professionnels. Sa gestion pourrait être confiée à un collectif d’associations et de particuliers. Il s’agit d’une innovation importante dont la faisabilité est à l’étude. Comme il s’était engagé à le faire, le CHU intègrera les propositions du jury au projet d’établissement 2003-2007. Pour favoriser la représentation collective des patients au sein de l’hôpital, Clermont-Ferrand a créé un comité des usagers. Ce comité est associé aux réflexions sur l’architecture, l’animation, l’accueil et la vie des usagers. Il est composé de bénévoles mandatés par 20 associations de personnes malades. Actualisation des droits des patients et de la nature des informations à leur dispenser Après le vote de la loi du 4 mars 2002, les CHU ont dispensé des séances d'information à leurs personnels sur les nouvelles dispositions législatives. - Nancy a organisé un séminaire régional sur les droits des patients. - Lille programme des chantiers qualité pour sensibiliser de façon permanente l'ensemble des personnels aux droits des malades. - Paris remet en même temps que le livret d’accueil, un document relatif aux nouvelles modalités d'accès direct aux informations de santé. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 44 Les supports d'information générale Le livret d'accueil, obligation légale et grand classique des éditions hospitalières, est remis à toute personne hospitalisée. Dans les CHRU, le document général est bien souvent complété d'un livret par service, par pathologie ou par acte chirurgical ou par type d'examen ou encore par public : enfants, mères, personnes âgées…A Clermont-Ferrand, le service de communication a répertorié pas moins de 20 livrets d’accueil spécifiques par service. Parallèlement aux supports écrits, des explications personnalisées dont dispensées. Le service d’admission apporte toutes précisions sur les formalités d’entrée, sur la couverture sociale et sur les modalités de sortie ; dans la mesure du possible, les membres de l’unité de soins présentent la chambre, le déroulement probable du séjour… En complément des informations figurant dans le livret d'accueil, Limoges affiche un texte d'information sur la commission des relations avec les usagers et de la qualité de la prise en charge ainsi que les horaires de ses permanences. Les services d'urgences de Toulouse ont mis en place des " médiateurs " recrutés parmi les psychologues, dont la mission est d'informer les patients et leur famille sur les conditions de leur prise en charge notamment lors des pics d'activité, et ce afin d'éviter les tensions et la violence lorsque l'attente est longue. La charte du patient, ou une synthèse de ce texte, est systématiquement jointe au livret d'accueil. Les CHU affichent la charte dans les lieux fréquentés, hall, couloirs ascenseurs ou dans les chambres. A l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, la charte a été traduite en 8 langues. A noter que la charte du patient doit être réactualisée par le Ministère de la Santé, de la Famille et des Personnes handicapées afin d’intégrer les dispositions de la loi du 4 mars 2002. Information sur la douleur Depuis 1999, chaque patient hospitalisé reçoit, avec le livret d'accueil, une brochure intitulée "la douleur n'est pas une fatalité" l'informant des possibilités de soulagement de sa souffrance. - A Marseille, un film d'information sur la douleur est diffusé sur la canal vidéo interne. - A Toulouse une vidéo a été réalisée sur la prise en charge de la douleur chez l'enfant ainsi qu'un site web pour les enfants,leur famille et les professionnels de santé (Réseau Enfant DO) www.enfant-do.net. Produits sanguins Le patient auquel a été administré un produit sanguin labile doit en être informé par écrit. A Bordeaux, l’unité d’hémovigilance a élaboré une plaquette qui est remise aux patients concernés par une éventuelle utilisation de produits sanguins. Informations sur la lutte contre les infections nosocomiales L'article R-711-1-0 du Code de la Santé Publique stipule que le livret d'accueil doit comporter une information, définie après avis du CLIN, sur la lutte contre les infections nosocomiales dans l'établissement. Dans tous les établissements le rapport annuel d'activité en matière de lutte contre les infections nosocomiales est disponible sur simple demande. - Nice a ouvert sur son site une rubrique consacrée aux infections nosocomiales qui comprend les résultats de l'enquête de prévalence ainsi que le plan d'action du CLIN. En cas d'accident médical, d'affection iatrogène ou d'infection nosocomiale, les CHRU s'organisent pour appliquer la loi, dans le respect du droit des patients et de la transparence : Si postérieurement à l'exécution des investigations, traitements ou actions de prévention, des risques nouveaux sont identifiés, les CHRU suivront les protocoles de sécurité et informeront les personnes concernées dans les meilleurs délais. Dans la plupart des établissements, il existe des dispositifs de vigilance et des procédures d'assurance qualité. Le signalement systématique du risque sanitaire et le suivi des mesures préventives sont des moyens efficaces pour éviter toute récidive et améliorer la qualité des prestations. En moyenne, le taux de plaintes est de 0,26% ce qui pour un CHU représente approximativement (1) Annuaire des 385 CHU-entrées Conférenceetdes Directeurs de CHU-Présentation générale www.reseau-chu.org une plainte2001 pour celui des Généraux contentieux de 0,05% soit un -contentieux pour 1668 entrées. source : Annuaire 2001 des CHU- Conférence des Directeurs Généraux de CHU-Présentation générale - www.reseau-chu.org Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 45 ANNEXE 3 Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 46 CHRU et associations de santé : des partenariats renforcés Dans un environnement plus ouvert et complexe, les institutions sont amenées à associer davantage la société civile, à participer à leurs travaux et d’une façon générale à jouer un rôle de plus en plus actif dans leur fonctionnement. Le poids croissant des représentants des usagers dans les organes de décision des établissements publics de santé témoigne d’une incontestable reconnaissance voire d’un réel souci de partenariat. La récente enquête menée dans tous les CHRU recense plus de 1100 associations qui interviennent dans les établissements pour apporter un soutien aux malades ou pour développer des activités en faveur des personnes hospitalisées. La plupart ont signé la charte du bénévolat ou une convention avec l’établissement. Pour faciliter leur action, les hôpitaux universitaires ont mis différents moyens au service de ces organismes. Parmi les plus souvent cités ont retiendra : - Aménagement et mise à disposition de locaux Des bureaux, une ligne téléphonique et des moyens logistiques (réalisation de documents, relations presse) sont attribués aux associations pour qu’elles puissent tenir une permanence et organiser leur travail. Ces associations peuvent également installer leur siège social à l’hôpital. Les services de soins sont de plus en plus nombreux à leur réserver un local, notamment en pédiatrie, et quelques établissements leur ont aménagé un kiosque (Clermont-Ferrand) ou une maison (Nantes, Paris, Rouen...) - Développement d’un partenariat permanent Certaines associations participent étroitement à la vie de l’établissement et des services. En complément de l’activité hospitalière elles se chargent de la diffusion d’informations à caractère social, elles donnent des conseils pour améliorer la qualité de vie des patients et apportent leur soutien aux personnes malades et à leur famille. A Rouen un badge personnalisé est remis aux bénévoles afin qu’hospitalisés et personnels puissent les identifier aisément. A Caen les visiteurs des malades hospitalisés (VMEH) interviennent sur l’ensemble de l’établissement et auprès des personnes âgées. A Fort-de-France, l’association « Bat pou viv » composée de 20 femmes anciennes malades du cancer de l’utérus ou du sein aident, conseillent et écoutent les patientes en traitement. A Nancy et à Tours, une convention a été signée avec une association de bénévoles qui s’implique dans les soins palliatifs, à Toulouse avec l’association « hôpital sourire » afin de développer les actions culturelles et ludiques pour les enfants malades. - Organisation d’un forum des associations Chaque année, un forum ou une journée des associations est organisée dans la plupart des établissements. Lors de ces rencontres, professionnels et bénévoles apprennent à mieux se connaître. Par ailleurs, certains services de soins proposent aux associations des échange avec les équipes soignantes au travers de la démarche de soins et de journées de formation (Lille). - Participation au conseil d’administration de la maison des parents Les associations prennent souvent part à la gestion de structures d’accueil réservées aux familles de malades hospitalisés. Des efforts sont menés pour répertorier et coordonner l’action de ses associations et les associer plus étroitement au projet de l’établissement : - Edition d’un annuaire des associations est édité par l’établissement L’annuaire fournit les coordonnées des associations présentes à l’hôpital, des associations de santé locales et parfois des institutions à caractère sanitaire et social. Ce document peut être joint au livret d’accueil, diffusé aux bénévoles sur l’hôpital et à tous les services de soins. Il arrive que cet annuaire soit mis en ligne sur le site du CHU comme à Bordeaux. Paris diffuse un livret d’information du bénévole dans tous ses hôpitaux et a réservé un site internet aux associations. - Création de nouvelles instances consultatives A Clermont-Ferrand, les bénévoles participent à un comité des usagers chargé d’informer la Direction générale des difficultés rencontrées par les malades et de faire des propositions d’amélioration. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 47 A Grenoble, il existe un comité de liaison des associations de bénévoles hospitaliers. Deux fois par an, Lille tient une assemblée générale qui rassemble les membres bénévoles, les personnels médicaux et soignants. Nantes a institué un jury citoyen. Rouen organise une réunion trimestrielle avec les associations pour échanger et dresser un bilan d’activité. A Paris, une cellule de concertation spécifique a été formée avec les principales associations. Cette cellule se réunit deux fois par semaine. Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 48 ANNEXE 4 Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 49 Prochain rendez-vous Les Conférences des Directeurs Généraux de Centres Hospitaliers Universitaires, des Présidents de Commission Médicale et des Doyens de Facultés de Médecine seront à nouveau réunies lors des VIIIèmes Assises hospitalo-universitaires qui se dérouleront les 6 et 7 mars 2003 au CHU de Nice Conférence des Directeurs Généraux de CHRU – 17/10/02 50