etude de cas et participation Maroc F
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etude de cas et participation Maroc F
Séminaire International de HAMMAMET 2012 - Réflexxions –Sur la diversité des Expressions Culturelles Tunisie du 06 au 08 septembre 2012 Document de travail – Pistes de réflexions - Maroc Le Maroc est en cours de ratification de La Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. La question serait, comment entrer dans l’ère de la démocratisation de la culture à travers la promotion et la diffusion de celle-ci et entreprendre cette démocratisation en prenant réellement en compte les facteurs de développement humain, social et économique que recèle la culture dans ses sens larges ? Si les ressources culturelles du Maroc, Africain, berbéro-Arabe, sont d’une richesse abondante, l’appropriation des diverses formes d’expressions culturelles et l’intérêt porté à ces formes d’expressions patrimoniales par le marocain lambda reste méconnus. Les tendances actuelles, urbaines et arts nouveaux sont aussi en pleine effervescence, la créativité étant au rendez-vous. Mais le manque de moyens, de lieux de diffusion et de mécanismes d’aide et de promotion de la culture étouffe toute énergie indépendante, et les industries créatives peinent à voir le jour, à l’exception peut-être de l’industrie cinématographique qui affiche des chiffres positifs en terme de nombre de productions annuelles, parallèlement à la problématique de la distribution posée par l’introduction des multiplexes et la fermeture des salles de cinémas. La question de la transmission des savoirs est une réelle problématique au Maroc et la déperdition et rupture avec ces héritages un grand risque : cultures et identité, culture et attraction touristique, culture et industries créatives (consommation locale et exportation). En l’absence de données quantitatives et qualitatives nécessaires à la compréhension et à l’analyse du secteur culturel, avec une demande culturelle non maitrisée et des tendances de consommation jusque-là non étudiées, le tout conjugué à une diversité culturelle dense aux héritages immatériels multiples et non codifiés, le Maroc se heurtera encore et toujours à des questions sans réponses et à des problématiques où le manque de sérieux et d’engagement prennent le dessus dans les débats sur les solutions concrètes à mettre en place, dans l’optique d’une réelle prise de conscience collective quant à l’importance de l’intégration de la culture dans le processus de développement. C’est en effet l’absence d’une politique culturelle claire, œuvrant à la promotion des cultures marocaines, leur transmission et leur ancrage dans les pratiques collectives actuelles - promotion, formation, diffusion - qui constitue le réel frein au développement de celles-ci. Cette absence de politique, source des maux structurels dont souffre ce secteur dans sa globalité au Maroc a amené l’association Racines, antenne marocaine du réseau continental Arterial Network, à militer pour le développement culturel au Maroc et en Afrique, et à proposer et entreprendre un programme d’actions culturelles à valeurs ajoutées dont une série d’études conjuguant collecte de données, analyse, écoute des professionnels et des publics, pour aboutir in fine à des Etats généraux de la culture et à la proposition d’une politique culturelle concertée. 1 Ghita Khaldi – Casablanca - Maroc Séminaire International de HAMMAMET 2012 - Réflexxions –Sur la diversité des Expressions Culturelles Tunisie du 06 au 08 septembre 2012 Prévu sur une durée de deux ans, le projet « vers des Etats généraux de la culture » a bouclé sa phase préparatoire et prévoit le démarrage des études sectorielles et transversales courant septembre 2012. Il s’agit là d’une étape indispensable pensée et initiée par des représentants de la société civile en réponse au manque d’engagement et de prise au sérieux du secteur culturel par les gouvernements qui se sont succédés au Maroc et par un besoin grandissant des acteurs culturels de tous bords à faire valoir le droit à la culture comme fondamental. En attendant l’avancement de ce projet et les résultats de ces études nécessaires et indispensables, les actions de l’association Racines pour la promotion de la culture au Maroc et en Afrique continuent avec un programme annuel permanent. Le Séminaire de Hammamet est l’occasion de débattre et de comparer certaines tendances, et de discuter et étudier quelques pistes de réflexions et solutions possibles. I- Réflexions sur la relation entre le secteur privé et la culture au Maroc Le privé dans le culturel au Maroc n’a pas le même sens que le privé dans les pays développés. Si ailleurs le secteur privé est définit dans le cadre d’une économie et industrie créatives, avec un marché ou l’offre et la demande culturelle ont un sens : société de production, société de distribution, société de booking… Au Maroc le secteur privé est une source de financement uniquement. Il est admis qu’au Maroc, la tendance est aux festivals (environs 50 annuels). Des rendez-vous ponctuels ou rares sont ceux qui ont une vision de développement à travers des programmes continus et utiles sur l’année : - - - - Les festivals n’émanent pas d’une politique de développement culturel claire et définie. En majorité gratuits, ils dépendent totalement de financements publics et privés. Des fonds publics limités et ne cadrant avec aucune politique culturelle et des fonds privés aléatoires et dépendants de la santé du marché. Il n’existe pas non plus une politique axée « publics » : les gouts, tendances et demande du public en général, ne sont pas pris en compte dans les démarches « festivals ». Les impacts positifs de ces rencontres sont liés au développement de commerces pendant la période des dits festivals, des retombées touristiques et le développement des métiers de production, gestion et coordination. Ces impacts n’ayant pas d’échos sur le long terme, ils s’éteindront à la simple annulation de la rencontre et aucune valeur ajoutée ne sera léguée à la zone, région ou ville. Une grande partie des salaires et cachets sont destinés à des prestataires étrangers, les profils d’ingénierie technique étant en manque au Maroc, et les artistes internationaux percevant des cachets hors normes comparés à ceux des artistes locaux. L’Etat n’a visiblement pas les moyens de contribuer au financement de la culture, et l’absence d’une politique culturelle n’aide pas dans le sens d’un développement durable. 2 Ghita Khaldi – Casablanca - Maroc Séminaire International de HAMMAMET 2012 - Réflexxions –Sur la diversité des Expressions Culturelles Tunisie du 06 au 08 septembre 2012 Si le budget de l’Etat, ne permet pas une réelle aide à la création, à la promotion et à la diffusion dans divers secteurs culturels, beaucoup de festivals au Maroc, à l’accès gratuit pour le public, survivent donc grâce aux apports du secteur privé. A défaut encore une fois de données concrètes sur le taux de contribution du secteur privé dans le financement de ces festivals au Maroc, et sauf erreurs de jugement à l’encontre de contributions privées « Ethiques » qui vont dans le sens de l’appui au secteur culturel, on peut dire que le privé n’a de yeux que pour les retours sur investissement en terme d’image et de visibilité, et joue la carte de la culture pour la promotion de ses produits et services en ne prenant pas en compte la double nature de ces évènements culturels : économique certes mais surtout porteurs de valeurs et fédérateurs identitaires. Le festival, particulièrement, et l’action culturelle en général, aux yeux du secteur privé n’ont d’intérêt que si ils ont une valeur commerciale. On peut pousser la réflexion en y intégrant aussi l’observation suivante : Les entreprises du secteur privé - où chaque budget de communication est considéré comme investissement et calculé de façon à atteindre des objectifs clairs - ne soutiennent pas un projet culturel, avec une vision de développement à moyen-long terme de ce projet, qui viserait, suivant cette même logique d’entreprise, l’élargissement de son public et de ce fait du cœur de cible de ce produit ou service, sponsor ou partenaire. On peut facilement remarquer un festival, indépendant, qui a affiché telle marque une édition, en afficher une autre l’édition suivante. Cela veut dire, et plusieurs festivals en ont fait les frais, que la longévité d’une rencontre annuelle dépendrait du bon vouloir des marques, qui ne sont pas engagées sur une vision d’accompagnement, des objectifs de développement et de pérennisation. (À l’exception de rares grandes rencontres ancrées aujourd’hui dans le temps et qui ont fait l’objet de lobbysme et de pressions pour des contrats d’accompagnement sur le long terme : festivals à grands budgets.) Ce rapport ambigu entre le sponsoring privé et les festivals au Maroc (en tant que forme d’expression culturelle) implique deux choses : - - • Le financement de la culture au Maroc peut passer par le secteur privé qui pourrait devenir LA locomotive du développement culturel et cela pourrait constituer une réelle solution si on se base sur une contribution et un appui ETHIQUE qui va au-delà du financement de festivals. Le déclin de la frénésie des festivals, si le rapport sponsoring privé– festival reste basé uniquement sur la nature « économique » de la rencontre, les budgets étant de plus en plus réduits, et les retours sur investissement difficilement maitrisables. Comment le secteur privé peut devenir locomotive culturelle ? En plus du sponsoring d’actions culturelles, et le financement de sorties d’album et de tournées musicales (exemple des opérateurs téléphoniques : IAM & hoba hoba spirit, la tournée INWI avec 3 Ghita Khaldi – Casablanca - Maroc Séminaire International de HAMMAMET 2012 - Réflexxions –Sur la diversité des Expressions Culturelles Tunisie du 06 au 08 septembre 2012 l’association L’boulevard…bien que s’agissant d’opérations « one shot »), le secteur privé peut en effet apporter des solutions favorables à la culture (soutient à la création artistique, protection du patrimoine…) et de ce fait au développement global du pays. La culture étant un facteur avéré à plus d’un titre. Cela supposerait bien entendu une politique de l’Etat et une vision intégrant une demande explicite et claire au secteur privé pour l’accompagnement du développement culturel du pays. Cet apport pourrait s’organiser par secteur d’activité, par région, par zone. Si certaines banques et organismes ont entrepris la mise en place et le développement de fondations d’art, de clubs privés pour assurer un bien-être et un accès privilégiés aux activités artistiques et sportives, à leur réseau de collaborateurs et partenaires, ces offres, si payantes ne sont accessibles qu’à ce réseau restreint, et si gratuites, sont proposées dans des cadres inaccessibles au grand public. Les industriels peuvent faire de même en soutenant les associations de quartiers et/ou en finançant par exemple les maisons de jeunes jusqu’ici closes et avides de programmes par manque de budget de fonctionnement. Ici le parrainage d’ateliers de création, de subventions d’investissement en matériel et équipements, ou de prise en charge d’un salaire, en passant par le soutien scolaire, peut en effet sortir ces maisons de jeunes du Gel. Et pourquoi pas la mise en place de coopératives culturelles ? récolte de produits et de marchandises retiré du marché car obsolètes (cas des ordinateurs, imprimantes et produits technologiques), produits de saisies, récupération de produits présentant des défauts de fabrication ou autres non-conformités pour les mettre à disposition, en donation, à la location ou à la vente à tarifs abordables pour des organisations, associations ou rencontres culturelles. Si les forces publiques peuvent faire du lobbying pour des levées de fond en millions de Dirhams annuellement pour le compte de festivals, il est difficile de croire que ces mêmes financeurs de festivals ne peuvent contribuer au fonctionnement des maisons de jeunes. Les changements politiques au Maroc et les projections économiques font le présage de temps durs à venir : augmentation des prix du pétrole et denrées alimentaires… problème de la mise à niveau de l’enseignement public, l’accès à la santé,… il est probable que la culture ne bénéficiera pas de soutien financier de l’Etat à la hauteur des chantiers culturels à entreprendre. Le secteur privé dispose de fonds au Maroc, à défaut de budget de l’Etat, il doit prendre l’essor culturel du pays comme un devoir. II- Réflexions sur quelques tendances et habitudes de consommation observées Au Maroc, comme dans plusieurs pays d’Afrique, la problématique du piratage pour les industries musicales et cinématographiques est régulièrement mise en avant et définie comme étant le principal frein à une réelle économie créative. En effet si l’on se base sur les modèles occidentaux dans le développement d’industries créatives dans ces deux secteurs, l’unique solution serait de protéger les « ventes » en mettant en place des 4 Ghita Khaldi – Casablanca - Maroc Séminaire International de HAMMAMET 2012 - Réflexxions –Sur la diversité des Expressions Culturelles Tunisie du 06 au 08 septembre 2012 mesures draconiennes de sanctions et pénalités tant pour les vendeurs que pour les consommateurs, ce qui permettrai d’assurer un équilibre économique à travers la rémunération de tout le circuit de production en commençant par l’artiste. Cette démarche n’a de sens que dans un pays ou les tendances de consommations sont « culturelles » et font partie intégrante d’un modèle économique déjà établi. En termes d’industries créatives, il est temps de se demander si le modèle occidental est à suivre pour un pays en voie de développement. Cette logique est vouée à l’échec dans un pays comme le Maroc. • Cas de la musique : Si on se base sur un SMIG de 2230 dhs, le marocain ne peut s’offrir le luxe de se procurer un album musical original qui couterai en moyenne 10% de son revenu mensuel. La musique s’écoute donc à la radio ou, chez les jeunes, en téléchargement gratuit sur le net ou en copie d’album. Si la tendance générale observée en Europe, à titre d’exemple, est à l’heure de la crise, et que la question tourne autour des opportunités et menaces tracées par les nouvelles tendances de consommation (téléchargement via le net principalement) il est nécessaire de prendre conscience qu’en Afrique on ne peut continuer de calquer sur ces modèles en ne prenant pas en compte leurs limites et évolutions actuelles. Si aujourd’hui les artistes au Maroc tirent leur principales sources de revenus des cachets de concerts programmés lors des festivals, on remarque que la plus part n’intègrent même plus la possibilité de rentrées financières basées sur la vente d’albums. Les nouvelles créations sont mises en ligne et partagées gratuitement et les Cd physiques font office majoritairement d’outils promotionnels. Certains mettent cependant en vente leur albums à des tarifs accessibles – 25 à 50 dhs – que l’on peut retrouver dans les franchises nouvellement installées au Maroc (FNAC à Casablanca – Virgin Mégastore à Marrakech) dans les réseaux de magasins en autoroute, ou en grande surface. Ces mêmes albums étant accessibles sur le net, les ventes enregistrées sont timides et de surcroît ces lieux et circuits ne sont pas accessibles à la majorité des marocains. Si les artistes commencent à intégrer la non rentabilité de la vente d’album à proprement dit, il est nécessaire de trouver un tout autre moyen pour qu’ils puissent s’assurer un revenu décent et vivre de leur art. Quelques pistes de solutions : 1- Le développement de solutions de distribution alternatives via le net : Si certaines entreprises marocaines ont pu développer des solutions de paiement via le net pour les factures téléphoniques, d’eau et d’électricité, qui visent même des consommateurs non bancarisés, pourquoi ne pas développer des comptes de téléchargement prépayés pour la musique. Cette forme existe par ailleurs, mais le marocain ne pouvant pas acheter en 5 Ghita Khaldi – Casablanca - Maroc Séminaire International de HAMMAMET 2012 - Réflexxions –Sur la diversité des Expressions Culturelles Tunisie du 06 au 08 septembre 2012 devise sur le net, pourquoi ne pas lui proposer des solutions de paiement en Dirhams, qui prennent en compte son pouvoir d’achat, et en se basant sur des modèles économiques d’autres secteurs qui ont bien fonctionné. 2- L’appui à la distribution via le secteur privé et les Médias On remarque de plus en plus à la télévision marocaine, des opérateurs proposant le téléchargement de titres et sonneries pour téléphone. Si cela passe sur nos télévisions, il est certain qu’en termes de rentabilité ces opérateurs et les médias qui les diffusent y trouvent leurs comptes. Comment fonctionnent ces opérateurs ? Comment sont « dealés » les titres proposés, combien cela leur coute et combien est ce que cela rapporte ? Quels sont les droits reversés aux artistes ? La distribution peut aussi être proposée par les radios, nombre d’entre elles consacrent une grande partie à la musique, et notamment la musique actuelle. La formule « envoi d’un N° par SMS » et la réception du titre correspondant par mail ou sur le téléphone est jouable à plus d’un titre. 3- Multiplier les lieux de représentation: Si les lieux de diffusion se font rares au Maroc à cause des budgets de fonctionnement inexistants, les modèles de vie culturelle qui prennent place dans les lieux publics sont multiples un peu partout dans le monde. Cela existe bel et bien dans nos traditions, mais malheureusement capitaliser sur nos atouts ne fait pas partie de la « culture » marocaine. Le marocain se balade dans la rue ! En famille ou entre amis, les sorties en weekend et jours fériés en ville sont visibles à l’œil nue : exemple du centre-ville de Casablanca. La ville se doit de consacrer un cadre de représentation libre dans la RUE ! III- Clin d’œil : La religion en tant que pratique CULTURELLE a un modèle qui réussit ! Le Maroc produit des jeunes champions de lecture de Coran. Pour ne pas dire plusieurs perles. Cette pratique, est enseignée dans les quatre coins du Maroc. Elle revêt certes une couleur spirituelle et religieuse, mais l’intérêt ici est porté sur les moyens entrepris pour la transmission, diffusion et promotion de cet « ART ». Un concours national est mis en place et une émission TV y est consacrée depuis plusieurs années. Si le « jama’ » (mosquée) a survécu partout sur le territoire, à la façon traditionnelle connue du marocain, c’est en partie grâce à l’attachement fort que voue celui-ci à cette pratique spirituelle qui va au-delà de la pratique des cinq piliers. Sans tomber dans la comparaison, parfois jugée de stérile, entre le nombre de création de mosquées versus création de centres et maisons de jeunes, cette réflexion est loin d’être une critique, puisque 6 Ghita Khaldi – Casablanca - Maroc Séminaire International de HAMMAMET 2012 - Réflexxions –Sur la diversité des Expressions Culturelles Tunisie du 06 au 08 septembre 2012 l’idée est de transposer cette pratique à d’autres cultures populaires qui se heurtent à un réel problème de transmission et dont certaines risquent la disparition. Nos arts populaires sont la mémoire collective du Maroc pluriel. Ils sont présents dans le quotidien du marocain, parfois rejetés par la jeune génération, principalement urbaine, parfois source d’inspiration de créations actuelles. Entre danses, rythmes et musiques régionaux, ces ressources sont non négligeables et même indispensables. Si les jeunes générations ont accès à l’art de la 3ayta, ahwach, kaada, il est certain que les créations contemporaines, même urbaines prendront une tournure autre. Ce sont les grandes stars internationales qui jubilent devant l’immense richesse rythmique des musiques du Maroc, et dans les grands festivals, les créations et résidences musicales se font entre grands noms internationaux et « maîtres » marocains. Mais qu’en est-il de la relève ? Et pourquoi ne pas calquer ce modèle de lecture coranique aux arts populaires puisqu’ils font partie des pratiques ancestrales, aujourd’hui rurales, ethniques? Pourquoi ne pas mettre en place des concours régionaux pour la promotion de ces arts et en assurer la transmission. Chez les jeunes générations la fusion des genres n’a pas de limites, et nous assistons à la création de plusieurs courants musicaux aux inspirations occidentales et orientales fusionnées, portés par des groupes locaux. Du rock sur un fond de luth, de la musique électronique mixée à la musique Chaabi (populaire), du reggae fusion GNAWA (héritage de la culture noire marocaine), une culture hip hop rappant les réalités sociales en Darija (arabe dialectal), … Seulement, face aux problèmes liés à la promotion et au soutien à la création en terme de lieux et de moyens, au manque de formation des jeunes à ces arts (maitrise des instruments, étude et codification de ces musiques…) et partant du principe que notre héritage musical est garant de nos richesses patrimoniales de demain, ces pratiques continueront à perdre de la valeur aux yeux des jeunes générations qui n’en comprennent ni le sens ni la particularité, et nos créations contemporaines n’auront ni un cachet authentique maitrisé ni un bon niveau de recherche musicale ouvrant les portes à de nouvelles tendances de consommations et à l’exportation. Encore une fois, c’est du ressort de la politique culturelle, mais une solution pourrait se profiler sur la base d’un modèle existant, la transmission de « L’ART » de la lecture coranique au Maroc. 7 Ghita Khaldi – Casablanca - Maroc