Etude des répercussions de la drépanocytose SS sur les
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Etude des répercussions de la drépanocytose SS sur les
UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR ***** FACULTE DE MEDECINE DE PHARMACIE ET D’ODONTOLOGIE **** ANNEE 2006 N° 17 ETUDE DES REPERCUSSIONS DE LA DREPANOCYTOSE SS SUR LES PHENOMENES DE CROISSANCE ET DE MATURATION DENTAIRE CHEZ L’ENFANT THESE POUR OBTENIR LE GRADE DE DOCTEUR EN CHIRURGIE DENTAIRE (DIPLÔME D'ETAT) Présentée et soutenue publiquement Le 17 Juillet 2006 PAR Absa SOW Epouse DABO Née le 07 Novembre 1977 à Thiès JURY : PRESIDENT : M. Papa Demba DIALLO Professeur MEMBRES: M. Boubacar Professeur DIALLO M. Ibrahima DIAGNE DIRECTEUR DE THESE : M. Malick FAYE Maître de Conférences Agrégé Maître Assisant SOMMAIRE INTRODUCTION……………………………………………………………………........1 PREMIERE PARTIE : GENERALITES CHAPITRE I : GENERALITES SUR LES PHENOMENES DE CROISSANCE ET DE MATURATION 1-DEFINITION………………………………………………………………………….....3 2-DIFFERENTS TYPES DE CROISSANCE…………………………………………..3 2.1-la croissance staturale …………………………………………………………...3 2.1.1- intérêt…………………………………………………………………………........3 2.1.2.- la croissance postnatale…………………………………………………4 2.1.2.1-La phase pré pubertaire……………………………………. …………4 2.2.1.2- La phase pubertaire……………………………………………………5 2.2.1.2- La phase post pubertaire…………………………………………….. 6 2.2-La croissance pondérale……………………………………………………………9 2.3-La croissance cranio-faciale………………………………………………………10 2.3.1- Les facteurs de la croissance cranio-faciale……………………..............10 2.3.1.1 Les facteurs génétiques………………………………………………10 2.3.1.1 Les facteurs hormonaux………………………………………………10 2.3.1.1 Les facteurs environnementaux.……..…………………… ………..10 3- LA MATURATION……………….………………………………………………….12 3.1- Définition……………………….……………………………………………………12 3.2-Méthode d’étude de la maturation………………………………………………...12 3.2.1-La maturation osseuse………………………………………………………..12 3.2.2- La maturation sexuelle……………………………………………………….14 3.2.3- La maturation dentaire……………………………………………………….15 3.2.3.1-Formation lame dentaire………………………………………………..15 3.2.3.2-Bourgeon dentaire temporaire………………………………………….18 3.2.3.3- Bourgeon dentaire de remplacement………………………………….18 3.2.3.4-Evolution du bourgeon…………………………………………..............19 3.2.3.5-Odontogénèse……………………………………………………………..20 3.2.4-Méthode d’étude de la maturation dentaire…………………………………..22 3.2.4.1-Les radiographies………………………………………………………….22 3.2.4.2-Les courbes………………………………………………………………...23 3.2.4.3-La méthode de Demirjian…………………………………………………24 CHAPITRE II : LA DREPANOCYTOSE : ASPECTS EPIDEMIOLOGIQUES, CLINIQUES ET THERPEUTIQUES 1-DEFINITION…………………………………………………………………………….27 2-EPIDEMIOLOGIE………………………………………………………………………28 3-MODE DE TRANSMISSION………………………………………………………….28 4-CLINIQUE………………………………………………………………………………29 4.1-Symptomatologie…………………………………………………………....29 4.2-Complications………………………………………………………………..30 4.2.1-Les complications infectieuses……………………………………… 30 4.2.2-Les anémies aigues…………………………………………………....31 4.2.3-Les crises vaso-occlusives……………………………………………31 4.2.4-Les complications chroniques……………………………………….. 32 4.3-Le diagnostic……………………………………………………………….. 33 4.4-Le traitement………………………………………………………………….33 DEUXIEME PARTIE : IMPACT DE LA DREPANOCYTOSE SUR LES PHENOMENES DE LA CROISSANCE ET DE LA MATURATION 1-PATIENTS ET METHODES…………………………………………………………...35 1.1-Cadre d’étude……………………………………………………………….. 35 1.2-Population d’étude………………………………………………………….. 35 1.3-Déroulement de l’enquête…………………………………………………..35 1.4-Critères de sélection………………………………………………………...36 1.4.1- Critères d’inclusion…………………………………………………....36 1.4.2- Critères d’exclusion……………………………………………………37 1.5-Méthode d’étude……………………………………………………………. 37 1.5.1-Examen clinique bucco-dentaire……………………………………...37 1.5.2-Evaluation de l’age dentaire…………………………………………..38 1.5.3-Recueil et analyse des données……………………………………...43 2-RESULTATS………………………………………………………………………….. 44 2.1-Répartition selon le sexe……………………………………………………44 2.2-Répartition selon l’age chronologique……………………………………. 44 2.3-Répartition selon le groupe ethnique………………………………………45 2.4-Données anthropométriques……………………………………………….46 2.5-Données en relation avec la maladie……………………………………...48 2.6-Selon l’état de santé bucco-dentaire………………………………………49 2.7-Selon l’age dentaire……………………………………………………… 49 2.8-Relation entre age dentaire et age chronologique…………………… 49 3-DISCUSSION……………………………………………………………………………52 3.1-Selon les données sociodémographiques………………………… 52 3.2-Selon les données liées a la maladie…………………………………… 52 3.3-Selon l’état de santé bucco-dentaire…………………………………….. 53 3.4-Drépanocytoseet croissance…………………………………………… 53. CONCLUSION…………………………………………………………………………… 59 REFERENCES…………………………………………………………………………... 62 INTRODUCTION Introduction La drépanocytose est une hémoglobinopathie principalement rencontrée chez les sujets de race noire d’Afrique, d’Amérique (USA, Brésil), des Antilles. Elle est très fréquente au Sénégal où elle constitue un véritable problème de santé publique. Cette maladie héréditaire est caractérisée par une anémie hémolytique chronique héréditaire liée à la présence dans le sang d’une hémoglobine anormale (Hb S) en lieu et place de l’hémoglobine normale (Hb A). Outre les nombreuses complications aigues ou chroniques qui accompagnent cette maladie, un pauvre état nutritionnel et une croissance médiocre associés à un retard de la maturation squelettique et sexuelle sont des caractéristiques souvent associées à la drépanocytose, en particulier avec la forme homozygote.(32, 15, 48, 2, 51). L’étude de la croissance chez l’enfant permet de suivre son développement et donc de déceler les perturbations. Pour les pédodontistes et les orthodontistes, elle permet de mieux planifier les traitements Au Centre Hospitalier National d’Enfants Albert Royer de Fann, il y a une consultation de drépanocytose où les enfants sont suivis régulièrement au moins une fois par trimestre, une fois la maladie diagnostiquée. Nous avons entrepris cette étude dans cet établissement hospitalier dans le but d’évaluer l’impact de la drépanocytose SS sur les phénomènes de croissance et maturation. Pour atteindre cet objectif notre travail sera articulé autour de deux grandes parties : - La première partie qui va porter sur des généralités comprend deux chapitres : un premier consacré à la croissance et la maturation et le second à l’étude des aspects épidémiologiques, cliniques et thérapeutiques de la drépanocytose. - la deuxième partie est consacrée à l’étude de l‘impact de la drépanocytose sur la croissance, à travers l’enquête effectuée au Centre Hospitalier National d’Enfants Albert Royer de Fann. PREMIERE PARTIE GENERALITES CHAPITRE I : GENERALITES SUR LES PHENOMENES DE CROISSANCE ET DE MATURATION 1 - DEFINITIONS (42, 31) La croissance est le développement progressif d’un organisme ou d’un organe depuis sa conception c'est-à-dire dès le stade fœtal jusqu’à l’âge adulte. Ce phénomène est lié à l’interaction entre des facteurs génétiques et environnementaux. La croissance est un processus discontinu avec des sauts, des périodes d’arrêt, d’accélération ou de ralentissement. La maturation est le processus de différentiation des tissus permettant à un organe de devenir fonctionnel. Tous ces phénomènes de croissance et de maturation doivent être bien connus des pédiatres et des pédodontistes qui suivent leurs jeunes patients sur plusieurs années. 2 - DIFFERENTS TYPES DE CROISSANCE Nous avons trois types de croissance : - La croissance staturale - La croissance pondérale - La Croissance cranio-faciale 2.1 - La croissance staturale 2.1.1 - Intérêt La surveillance des modifications dynamiques de la taille de l’enfant constitue un bon reflet de l’état général. Une altération de celui-ci, ne se manifeste initialement que par une modification de la vitesse de croissance. Inversement un enfant qui grandit bien présente rarement une maladie générale sérieuse (42, 31). On peut estimer de façon approximative, que la taille d’un enfant qui mesure 50 cm à la naissance s’accroît d’environ 25 cm dans la première année, 12,5 cm dans la deuxième année puis de 6,2 cm par an jusqu’à la puberté. Cette formule peut être utilisée pour estimer la taille moyenne d’un enfant jusqu’à l’âge de 10 ans environ (31) La croissance se déroule en plusieurs phases depuis la conception jusqu’à l’âge adulte. Ainsi on distingue la croissance prénatale et la croissance post natale. Dans le cadre de cette étude nous allons décrire la croissance post natale. 2.1.2 - La croissance post natale (42, 31). Dans le cadre de la croissance post natale, on distingue deux phases : la phase pré pubertaire et la phase pubertaire 2.1.2.1 - La phase pré pubertaire Sempé établit une distinction entre la période 4–7 ans qui correspond socialement au début de scolarisation, et la fin de la seconde enfance (entre 7-11 ans) correspondant à la poussée staturale dès 7 ans. A partir de 4 ans environ, la croissance staturale devient très régulière et n’abandonne plus pendant plusieurs années le canal dans lequel l’itinéraire paraît tracé. La vitesse de croissance identique dans les deux sexes, diminue d’abord rapidement, puis lentement, jusqu'à l’amorce de la puberté. Cette diminution est interrompue par une petite accélération ou « mid-growth-spurt » qui survient entre 6 ans et demi et 8 ans et demi. Ce petit pic se situe entre 0,3 et 0,7 cm /an (avec un maxima de 1,4 cm/an au moment du pic). Il faudra cependant noter que cette poussée de croissance staturale n‘est observée que chez environ 2/3 des enfants. Elle est légèrement plus prononcée chez les garçons, mais survient à peu près 1 an plutôt chez les filles. Elle serait due à une accélération temporaire de la croissance des os longs. Pendant l’enfance, la croissance des membres continue à être plus rapide que celle du tronc. Pendant cette période « pré pubertaire » il n’y a pas de différence liée au sexe dans le taux des hormones sexuelles dont le niveau est très bas. La remarquable l’adrénarche coïncidence (sécrétion des entre la « mid-growth-spurt » androgènes et surrénaliens : déhydroépiandrostérone (DHA) et son sulfate (DHAS)) qui augmentent assez brutalement autour de 7 ans en sont responsables. 2.1.2.2 - La phase pubertaire : Chez la fille La croissance linéaire dure en moyenne 5 ans 2 mois chez les deux sexes et se divise en 3 parties : - une croissance minimale ou ralentissement pré pubertaire - une accélération ou « pic de croissance pré pubertaire » avec un accroissement maximal de la taille. - un freinage post pubertaire : décélération progressive suivie d’un arrêt de la croissance des membres avec la fusion des cartilages de conjugaison. La croissance minimale est de 4,7 cm/an en moyenne et survient à un âge très variable «annonciateur de la puberté ». Le pic de croissance moyen atteint 7,5 à 9 cm selon les populations et s’observe autour de 12 ans. Il précède d’un an en moyenne l’apparition des premières règles. L’arrêt de la croissance touche en premier les membres inférieurs vers 12-13 ans. Chez le garçon, La croissance linéaire débute vers 12 ans, le pic maximal de vélocité de croissance coïncide à peu près avec la mue de la voix et survient peu après la spermache. Le pic de croissance atteint 9,5 à 10,5 cm en moyenne et survient vers 14 ans. 2.1.2.3. La phase post pubertaire Lorsque la puberté et la croissance des membres sont achevées (en moyenne à 15,5 ans chez la fille et 17,5 ans chez le garçon), une croissance lente se poursuit pendant environ 3 ans au niveau du tronc. La croissance est sous le contrôle de facteurs génétiques, environnementaux et hormonaux. Les facteurs génétiques L’héritabilité de la croissance staturale a été largement étudiée. Le coefficient r de corrélation, très élevé entre la taille des parents et des enfants mesurée au même âge est maximal vers 4 ans (coefficient r =0,64), avec une légère variabilité dans le temps qui traduit l’action de l’environnement. La taille finale qui traduit la fin de la croissance, est inscrite dans le patrimoine génétique d’un individu, du moins celle qu’il aurait atteint dans des conditions idéales: nutrition suffisante, environnement favorable (42). Selon une étude de Susanne (1993) citée par Loreille (31) et portant sur un échantillon de 125 familles dont les membres ne vivent pas sous le même toit, le coefficient de corrélation pour la stature est de 0,59 entre jumeaux, 0,52 entre frères et 0,57 entre sœurs. Pour des familles vivant sous le même toit, donc soumises au même environnement, la corrélation r est de 0,94 pour les jumeaux et r est égale à 0,63 entre la moyenne des parents et des enfants. Les facteurs extrinsèques Ils sont de plusieurs types : - l’alimentation : des apports caloriques et vitaminiques suffisants, de même qu’une ration protidique correcte, sont nécessaires à une croissance normale. Ceci est démontré dans les cas de restriction alimentaire à l’échelon individuel (anorexie mentale) ou à l’échelon de populations (malnutrition endémique dans les pays en voie de développement). De même, on a pu repérer des différences significatives entre des enfants de même ethnie, alimentés dans des conditions différentes (adoptions). - les facteurs socio-économiques : le développement staturo-pondéral est statistiquement lié aux conditions socio-économiques: les enfants uniques, habitant les grandes villes, issus de milieux aisés, sont en moyenne, plus grands et plus lourds que les enfants de familles nombreuses, issus de milieux défavorisés. Dans les pays défavorisés ces facteurs s’additionnent aux facteurs alimentaires et à la plus grande morbidité. - les facteurs psychoaffectifs : ils interviennent dans les cas de carences graves ou l’effet délétère de ces mauvaises conditions semblent être médié par une insuffisance des hormones de croissance (nanisme psychosocial). Les facteurs intrinsèques - L’hormone de croissance (HGH ou STH) Elle est sécrétée par l’antéhypophyse sous l’action de deux facteurs hypothalamiques, le GRH ou GHRH (Growth Hormone Releasing factor) qui est stimulant et la somatostatine ou SRIF qui est inhibitrice. L’hormone de croissance agit principalement au niveau du cartilage de conjugaison. Cette action se fait directement par l’intermédiaire de la somatomédine C (ou IGF1) qui peut être sécrétée par le foie, puis déversée dans la circulation générale, ou sécrétée in situ. C’est une hormone anabolisante. La sécrétion de l’hormone de croissance est augmentée physiologiquement par le stress, le sommeil, l’exercice musculaire et lors d’exploitations pharmacologiques par l’hypoglycémie insulinique, l’arginine, la L.dopa. Elle est diminuée par les corticoïdes ou les oestrogènes à forte concentration lors de l’hypothyroïdie. - L’hormone thyroïdienne Dès la naissance, l’hormone thyroïdienne s’avère indispensable, et ceci, pendant toute la croissance. La thyroxine active les métabolismes et accélère la maturation osseuse et cérébrale. Elle a une action coordonnée avec les autres hormones en particulier, l’hormone de croissance. L’hypothyroïdie congénitale est décelable dès les premiers jours par le dosage de la TSH (qui est devenu systématique dans certains pays comme la France). L’insuffisance d’hormone thyroïdienne peut bloquer la croissance à n’importe quel moment de son évolution. - Les androgènes Chez le garçon ils entraînent à la puberté, une accélération notable de la vitesse de croissance, mais leur action, en accélérant la soudure des épiphyses, est surtout de mobiliser rapidement le potentiel de croissance. En leur absence, comme lors des hypogonadismes, la taille définitive atteinte tardivement, est sensiblement identique. - Les autres hormones Les œstrogènes et les glucocorticoïdes auraient une action biphasique, stimulant la croissance à faible concentration et la ralentissant à des taux élevés. Cette action se fait directement et par interaction avec les autres hormones, en particulier le HGH. L’insuline augmente l’action de l’HGH sur l’anabolisme protéique et aurait une action propre sur la croissance staturo-pondérale. Toutes ces hormones interagissent les unes avec les autres et ont des actions synergiques ou antagonistes. Comme pour toute hormone, leur action dépend des protéines de transport, des récepteurs cellulaires et de l’action de facteurs cellulaires intermédiaires. 2.2 - La croissance pondérale (42) Dès la première année, l’accroissement pondéral est extrême : le poids de naissance double vers quatre mois, triple vers un an et les organes vitaux suivent ce rythme : (le poids des poumons est doublé vers 6 mois, triplé au bout d’un an). Douze mois après la naissance, le poids du cœur est doublé et celui des reins triplé; ceux-ci conservent néanmoins leur aspect foetal avec des fonctions incomplètes. Entre 4 ans et 7 ans, nous avons un accroissement du poids, le plus souvent sans grandes variations avec un morphotype qui évolue peu et un poids du cœur qui quadruple. A 7 ans, la prépondérance du cœur gauche est acquise complètement. Entre 7 et 11 ans il y a une poussée de croissance parfois à peine ébauchée, très variable dans le temps, bien repérable uniquement sur une courbe d’accroissement individuelle. En effet, il ne semble pas que le rythme d’agrandissement soit uniforme entre sept et onze ans. La transition vers la période d’adolescence va se faire progressivement avec une avance de maturation des filles qui sera d’année en année plus manifeste. Déjà sur la courbe d’itinéraire comparée, il est aisé de constater que vers 11 ans en moyenne, les filles auront une taille et un poids similaires puis supérieurs à ceux des garçons. Il faut cependant remarquer que ceci s’obtient non seulement en raison de la poussée pubertaire des filles, mais aussi par la suite de la prolongation du ralentissement anté pubertaire des garçons. Ce ralentissement ayant existé vers dix -onze ans chez les filles. Au-delà de 11 ans, précisément en période pré pubertaire, on voit aussi les accroissements du poids fortement majorés, mais habituellement un peu plus tard que la taille ; ce qui fait que quelques fois, la prise pondérale est excessive lors de la puberté, ne faisant alors qu’accentuer la dysharmonie. 2.3 - La croissance cranio-faciale A l’image des autres formes de croissance, La croissance crânio-faciale, est elle aussi, sous le contrôle des facteurs génétiques hormonaux et environnementaux. 2.3.1 - Les facteurs de la croissance crânio-faciale 2.3.1.1 - Les facteurs génétiques Plusieurs auteurs ont cherché à prévoir les dimensions crânio-faciales ou les tendances de croissance d’enfants en se basant sur celles de leurs parents. Hunter a trouvé que la taille de la mandibule des enfants était plus proche de celle du père que celle de la mère (17). Le mode de transmission de certaines anomalies de croissance a été étudié. Cela a permis de constater que la maladie de Crouzon (la dysostose cleido-cranienne) se fait par exemple selon un mode de transmission autosomique dominant, alors que le Psaume-papillon se fait selon un mode gonosomique. 2.3.1.2. Les facteurs hormonaux (31) Synthétisée par l’hypophyse, la STH stimule la multiplication des chondroblastes des cartilages de croissance. La thyroxine est élaborée par la thyroïde sous l’induction de la TSH (Thyroid Stimulating Hormone) qui est synthétisée par l’hypophyse. La thyroxine provoquerait l’ostéogenèse. Il semblerait qu’elle n’agirait que si l’action de la STH est satisfaisante. Les hormones sexuelles sont élaborées par les gonades après stimulation par des hormones issues de l’adénohypophyse. Ce sont la testostérone, la progestérone et les œstrogènes, dont l’action sur la croissance consisterait à accélérer la prolifération sériée, aboutissant à son épuisement et à la fermeture des cartilages de conjugaison donc à l’arrêt de la croissance. 2.3.1.3 - Les facteurs environnementaux Ils sont locaux ou généraux : les facteurs environnementaux locaux Les dents sont en équilibre au sein des arcades dentaires dans une sorte d’espace neutre où les forces fonctionnelles s’annulent. C’est le fourreau labio-jugo-lingual de Démongé. La langue agit par son anatomie et par sa fonction dans la mastication, de même que les joues et les lèvres. Les muscles masticateurs et peauciers jouent un rôle déterminant dans la croissance crânio-faciale. Les forces de traction produites par ces muscles seraient suffisantes pour entraîner une disjonction mesurable de la suture sagittale et induire une croissance marginale adaptative. les facteurs environnementaux généraux - La nutrition: une insuffisance d’apport alimentaire, d’absorption ou de tout déficit d’un nutriment indispensable, ont une incidence sur la croissance. Ce sont des nutriments apportés par l’alimentation, notamment les acides aminés qui servent à la fabrication des tissus indispensables à l’augmentation de taille et à la croissance. - L’environnement : il y aurait une transition épidémiologique similaire en ce qui concerne les malocclusions dans les pays industrialisés. Ce phénomène est à mettre en rapport avec les changements de l’environnement, de la pollution et de l’alimentation, etc. La croissance de la base du crâne est fondamentalement réglée par des conditions génétiques. La croissance de la voûte du crâne, essentiellement membraneuse, dépend du contenu crânien. La croissance de la face dépend à la fois de la base du crâne à laquelle elle est appendue et de ses expansions chondrocraniennes faciales, de la croissance de ses propres os qui sont membraneux. -Des facteurs tels que la vascularisation et l’innervation jouent aussi un rôle important dans la croissance. 3 - LA MATURATION 3.1 - Définition (42) La maturation est le processus de différentiation des tissus permettant à un organe de devenir fonctionnel. Plusieurs méthodes sont utilisées pour mesurer la maturation, mais nous allons dans cette étude, nous pencher sur trois paramètres qui sont : - la maturation osseuse - la maturation sexuelle - la maturation dentaire 3.2 - Méthode d’étude de la maturation 3.2.1 - La maturation osseuse Elle est basée sur l’apparition progressive du centre d’ossification des cartilages épiphysaires ou des os courts. Il existe une variation normale autour de l’âge moyen d’apparition des centres d’ossification. Par convention on étudie le squelette gauche. Jusqu’à 6 mois environ, on utilise une méthode de cotation d’une radiographie du membre inférieur de profil, qui consiste à repérer et coter différents points d’ossification des cartilages ; on se reporte ensuite à des tables de « notes» totales donnant l’âge osseux (méthode d’ACHESON). De 6 mois à la fin de la puberté, on utilise la radiographie du poignet et de la main gauche en comparant, globalement, et os par os, l’aspect du cliché à des radiographies caractéristiques des différents âges (dans les deux sexes) qui sont répertoriées dans un atlas de Greulich et Pyle. On détermine ainsi l’âge osseux, c’est-à-dire l’âge noté pour la radiographie se rapprochant le plus de celle du sujet étudié (12). La première estimation est la courbe de l’accroissement annuel de la taille qui donne une bonne indication du stade de la croissance squelettique. Cependant, il est difficile de faire régulièrement un tel relevé durant des mois, voire des années. Björk (4) a particulièrement insisté sur l’intérêt d’un petit os situé sur la face interne de l’articulation métacarpo-phalangienne du pouce que l’on peut aisément rechercher sur une radiographie locale. Il s’agit du sésamoïde du pouce qui apparaît 12 mois avant le pic pubertaire. Son intérêt vient de la facilité de détection et du peu de variabilité dans son apparition. Il en est de même de l’apparition d’un rostre interne sur le cartilage de la première phalange du pouce (pp1) qui se situe exactement au sommet de la courbe de croissance (au pic pubertaire). C’est un indice aussi précis que le sésamoïde. Björk (4) a proposé une exploitation désormais classique des radiographies de la main, cette fois-ci, non plus au niveau du poignet, mais au niveau des phalanges. Le sésamoïde est conservé ; mais sont également étudiées certaines articulations de l’index et du majeur. L’évolution du cartilage de croissance passe par plusieurs stades. Lorsque la tranche d’âge s’étale entre -3 et +3 ans autour du pic pubertaire, il faut en dehors de cet intervalle faire appel à la courbe de croissance des tailles. 3.2.2 - La maturation sexuelle Chez la fille (42) -Vers 9 ans, l’utérus a encore le même poids qu’à la naissance, mais il va désormais augmenter comme les ovaires. Peu après, le premier signe visible sera la surélévation des mamelons, minime et souvent unilatérale au début ; on notera également quelques sécrétions vaginales. -Vers 11 ans, l’élargissement du bassin féminin s’accentuera et l’orientation inférieure de la vulve accompagnera la bascule en avant du bassin -Vers 12 ans, on note l’apparition des poils pubiens et un développement mammaire. - Peu avant treize ans, en France, les premières règles apparaissent chez la moitié des filles. Il est habituel de les considérer indépendantes d’une ovulation vraie pendant une ou deux années. - Vers quinze ans, les ovaires ont doublé de poids depuis l’âge de douze ans. -Vers dix-huit ans, l’utérus a multiplié par cinq son volume depuis l’âge de onze ans. Il n’y a pas de mue perceptible de la voix et l’apparition de la pilosité axillaire est très variable. La prise pondérale correspond surtout à la musculature, mais elle peut être aussi excessive (dépôt graisseux des hanches, des cuisses, des seins qui transforment la morphologie) : obésité vraie ou pseudo obésité pré ou péri pubertaire. Chez le garçon (42) Tous les critères comparables sont retardés. -Vers 10-12 ans, la taille et le diamètre du pénis et des testicules augmentent. On note un début de pigmentation du scrotum qui se plisse et devient succulent (l’augmentation de volume est due à un afflux de la lymphe). Une sensibilité particulière des bourses est ressentie. -Vers 11-12 ans, la pilosité pubienne apparaît : elle est d’abord fine et duveteuse à la racine du pénis, puis les poils pubiens deviennent plus nombreux, plus durs et pigmentés. La pilosité est faite de poils plus longs, formant une toison légère mais suffisante pour dissimuler la peau de la région, s’accompagnant alors de la présence dans une ou dans les deux aisselles d’un léger duvet de couleur analogue ou un peu plus claire que celui du pubis. -Vers 15-16 ans, la pilosité pubienne est losangique et s’étend plus ou moins vers l’ombilic. On note habituellement un duvet au dessus de la lèvre supérieure, tandis que les cheveux prennent la disposition masculine (implantation laissant libre le haut des tempes et ne formant qu’une pointe à la nuque). En même temps, la croissance du pénis et des testicules se poursuit. La pilosité s’étendra progressivement sur le thorax et s’accompagnera souvent d’acnés. Les masses musculaires font plus que doubler de onze à quinze ans et les obésités antépubertaires s’estompent. D’une manière générale, tous les phénomènes sont plus accentués et évoluent plus longuement, de telle sorte qu’à partir de quatorze, quinze ans, les garçons accentuent leur différenciation. 3.2.3 - La maturation dentaire : Elle est étudiée soit à partir des âges d’éruption des premières et deuxièmes dentitions ou de la maturation des dents observées à la radiographie. 3.2.3.1 - Formation lame dentaire (figure 1) Les dents appartiennent au système des phanères ; elles sont de la même origine embryologique que les poils, les cheveux. Le développement dentaire est initié depuis la 5ème semaine de la vie intra utérine. Et l’histoire naturelle des dents comporte l’installation des germes dentaires, l’histocytogenèse et la maturation histophysiologique. Les différentes études morphologiques ont montré la double origine des divers constituants dentaires qui proviennent d’une part du mésenchyme appartenant au territoire maxillaire et à l’ectomésenchyme provenant des crêtes neurales et d’autre part de tissus épithélial les recouvrant. Au 28ème jour du développement embryonnaire, on assiste à un épaississement de l’épithélium buccal qui tapisse la cavité buccale primitive ème depuis le 27 jour. Cet épaississement va s’enfoncer dans le mésenchyme sous jacent pour former le mur plongeant ou lame primitive. A partir de cette lame, se constitue une expansion linguale ou palatine : la lame dentaire. Il se forme cinq générations chronologiques d’ensembles épithéliomésenchymateux qui donneront les dents temporaires, soit au total vingt ébauches de dents temporaires. Ces germes vont successivement être des bourgeons, des cupules puis des cloches dentaires. C’est la cloche qui va se transformer en follicules dentaires qui donnera la dent achevée. C’est aussi au stade de cloche que commence la mise en place de la papille dentaire et du sac folliculaire Chez l’embryon humain (6 à 7 semaines), l’épithélium de la cavité buccale d’origine épiblastique est bi stratifié. Il comprend une couche de cellules basales hautes et une couche de cellules superficielles aplaties. Sous l’action inductrice du mésenchyme on aura une prolifération de cellules épithéliales Ce dernier subit un épaississement et formera bientôt des bourrelets continus qui s’enfoncent dans le mésenchyme (« mûr plongeant »). Ces bourrelets ont une forme de fer à cheval représentant celles des futures arcades dentaires ; il en apparaît deux, l’un au niveau du plancher buccal l’autre identique, au niveau du plafond (arcades dentaires inférieure et supérieure). La prolifération des cellules se développe vers la profondeur et se dirige bientôt dans deux directions différentes, dédoublant ainsi le « mûr plongeant » en une formation verticale, la lame vestibulaire et en une autre qui s’infléchit en dedans en direction linguale, c’est la lame dentaire. Figure 1 : Morphogenèse primaire du germe dentaire: les différents stades (41). 3.2.3.2 - Bourgeon dentaire temporaire La lame dentaire inférieure s’infléchit en direction linguale, de sorte que son bord libre est orienté en dedans et en bas. C’est vers la 6 -8éme semaine que vont se former, au voisinage de ce bord libre, dix épaississements épithéliaux localisés, disposés régulièrement et se développant en direction vestibulaire. Ce sont les bourgeons des dents temporaires qui sont donc, pour l’ensemble des deux mâchoires, au nombre de vingt. Ils vont s’accroître rapidement et auront tendance à s’isoler de la lame dentaire qui leur a donné naissance. Les bourgeons des incisives inférieures apparaissent vers la 7ème ème semaine alors que ceux des incisives supérieures apparaissent vers la 8 semaine. L’évolution du bourgeon de la canine inférieure est à peu prés parallèle à celles des bourgeons incisifs. Quant aux bourgeons des dents temporaires pluricuspidées, ils apparaissent à peu prés en même temps sur les deux lames : pour la première molaire, vers 8-9 semaine, pour la seconde, un peu plus tardivement vers 10-11 semaine. Le bourgeon est constitué par une masse de cellules épithéliales en multiplication active revêtue d’une membrane basale. Cette masse est entourée par une concentration de cellules mésenchymateuses qui sera à l’origine de la papille dentaire et du sac folliculaire. 3.2.3.3 - Bourgeon dentaire de remplacement Au fur et à mesure que s’accroissent les bourgeons temporaires, la lame dentaire, devenue un mince feuillet, va pousser au-dessus de ces bourgeons, en direction linguale en une série de prolongements. L’ensemble forme ce que l’on appelle la lame dentaire de remplacement. Cette dernière apparaît le 3-4 mois sous forme d’une prolifération à bord ondulés, car sa croissance ne s’effectue nettement qu’au niveau et au-dessus de chaque germe. Elle se présente donc comme une série de languettes reliées par des zones de moindre prolifération. Durant le 4ème mois, la lame dentaire de remplacement donne naissance aux bourgeons des canines et des incisives. Ceux des prémolaires seront plus tardifs ; le bourgeon de remplacement de la première molaire temporaire apparaît à la naissance, celui de la seconde molaire neuf mois plus tard. Les bourgeons des dents de remplacement sont primitivement en situation linguale (ou palatine) par rapport à la dent temporaire. Ils vont subir une migration au cours de leur croissance et viendront se placer sous les dents temporaires ; les bourgeons prémolaires se trouveront, pour finir, disposés entre les racines des dents à remplacer, du côté vestibulaire. Le fer à cheval que forme la lame dentaire se termine à chacune des extrémités distales par un bord libre (par un prolongement distal), à l’endroit où est apparu le bourgeon de la deuxième molaire temporaire. Le prolongement distal de la lame dentaire donnera naissance aux bourgeons des trois molaires permanentes 3.2.3.4 - Evolution du bourgeon Formation de la cupule Les bourgeons qui se sont individualisés à partir de la lame dentaire vont s’enfoncer dans le mésenchyme qui prolifère activement à son niveau, de sorte que le germe dentaire sera bientôt constitué par deux éléments : la partie épithéliale et la partie mésenchymateuse. La prolifération des cellules mésenchymateuses au contact du bourgeon est maximale vers le centre, face à une zone où les cellules épiblastiques ont aussi proliféré davantage et forment une saillie : le nodule de l’émail. Par la suite les cellules épithéliales de la périphérie du bourgeon se multiplient à leur tour activement. Il en résulte que l’ensemble change progressivement de forme. La papille mésenchymateuse turgescente, crée un obstacle à la poussée de l’organe épithélial ; celui-ci, se moulant à la surface de la papille tout en s’élargissant, se déprime dés lors en cupule. Formation de la cloche La dépression cupulaire du bourgeon, apparue vers la 9-10 semaine pour les germes des dents temporaires, va aller en s’accentuant jusqu’au 3-4 mois. Pendant toute cette période, les germes dentaires sont au stade dit de la « cloche dentaire » ; c’est alors que se différencient les structures qui vont élaborer les divers tissus de la dent. Le bourgeon épithélial se transforme en organe de l’émail au niveau duquel on distingue désormais plusieurs éléments : - L’épithélium adamantin morphologiquement pour interne : devenir ces des cellules pré vont améloblastes se carier puis des améloblastes. - Le stratum inter médium qui est la quatrième couche apparaissant au stade de cloche. Cette couche apparaît entre la 12-16 ème antérieures et entre la 15 et la 27 ème semaine pour les dents semaine pour les molaires - Le réticulum étoilé - L’épithélium adamantin externe, constitué par une assise de cellules cubiques ou aplaties. 3.2.3.5. Odontogenèse Formation de la couronne La formation de la couronne constitue la première étape de l’odontogenèse. Elle s’effectue grâce à l’activité conjuguée de l’organe de l’émail et de la couche périphérique de la pulpe. La formation de la couronne est caractérisée par la succession chronologique d’étapes suivantes : - L’assise interne de l’organe de l’émail, déjà différenciée en préaméloblaste, induit la transformation des celles pulpaires voisines en odontoblastes. Ces odontoblastes et la région pulpaire périphérique sécrètent ensuite de la dentine face aux préaméloblastes. - La sécrétion de cette matrice dentinaire va amener les préaméloblastes à changer de polarité, ce qui va poser le problème de l’apport nutritionnel des éléments adjacents à la papille dentaire. Cet apport venait directement de la papille mais la mise en place de la matrice dentinaire va constituer une barrière. Ainsi on va assister à la mise en place de canaux vasculaires qui pénètrent l’organe de l’émail à travers l’épithélium adamantin externe. Avec ce changement de polarité, les préaméloblastes vont devenir des améloblastes qui vont sécréter la matrice de l’émail. Les améloblastes vont mettre en place une matrice de mucopolysaccharides et de fibres organiques prés de la matrice dentinaire, ainsi la future jonction amélo-dentinaire est formée. Formation de la racine Au moment ou s’achève la couronne, l’activité de la zone de réflexion, loin de s’arrêter, se poursuit, mais sans aboutir désormais à la différenciation de nouveaux améloblastes. Ces deux feuillets restent accolés et vont former une lame qui s’enfonce dans le tissu conjonctif sous jacent. On lui donne le nom de fourreau ou gaine épithéliale de hertwig. Son feuillet interne, tourné vers la pulpe, représente le prolongement de l’assise des améloblastes. A leur proximité, les cellules pulpaires se rangent en palissade et deviennent des odontoblastes au voisinage desquels commence aussitôt l’édification de la dentine radiculaire. Du côté externe, au contraire, le processus inducteur ne joue pas : le feuillet de la gaine de Hertwig qui prolonge l’assise épithéliale externe ne provoque aucune réaction du tissu conjonctif voisin, qui ne subira aucune transformation tant que la gaine persistera. La descente à peu prés verticale (axiale) de la gaine épithéliale s’effectue sans particularités notables dans le cas des dents mono radiculaires, si ce n’est une diminution progressive de son calibre qui aboutit à une réduction marquée du diamètre de la racine au niveau de l’apex. L’activité proliférative de la gaine cesse alors, et le contour extérieur de la racine se trouve ainsi déterminé approximativement. Mais les dents pluri radiculaires ont un développement un peu plus compliqué, topographiquement parlant. La gaine épithéliale va en effet envoyer des expansions en direction interne, pulpaire, qui se rejoindront et aboutiront à un cloisonnement en autant de gaines secondaires qu’il y aura de futures racines. Les processus se poursuivront alors pour chacune des racines conformément à ce que nous venons d’indiquer plus haut dans le cas de la gaine épithéliale de Hertwig unique. 3.2.4 - Méthodes d’étude de la maturation dentaire Plusieurs auteurs ont mené des études sur la maturation dentaire en se basant sur les méthodes suivantes : ⇒ Les radiographies ⇒ Les courbes ⇒ La méthode Demirjian 3.2.4.1 - Les radiographies La radiographie des maxillaires En 1961, FANNING réalise une étude longitudinale concernant la formation radiculaire. Des radiographies des maxillaires sont prises à la naissance, deux semaines plus tard, puis tous les trois mois jusqu’à un an et enfin tous les six mois entre quatre et onze ans. La radiographie péri apicale En 1976, Demirjian et Goldstein vont étendre leur système précédent basé sur la radiographie des 7 dents permanentes mandibulaires gauches, par l’inclusion de deux systèmes supplémentaires basés sur la radiographie des 4 dents : soit première prémolaire, deuxième prémolaire, première molaire et deuxième molaire permanente mandibulaire gauche ou bien l’incisive centrale mandibulaire à la place de la première molaire. Pour ces deux systèmes on peut utiliser des radiographies péri apicales (5). La radiographie panoramique En 1971, Liliequist et Lundberg utilisent les radiographies panoramiques pour déterminer les sept stades du développement des sept dents mandibulaires gauches. Chaque stade correspond à un point, et la somme des points est convertie en âge dentaire. En 1974, Gustafson et Koch déterminent à partir de la radiographie panoramique, trois stades de développement dentaire. Ils tiennent compte de l’éruption des dents temporaires et permanentes mandibulaire droite et maxillaire gauche à l’exception des troisièmes molaires (13). En 1994, Mörnstad (35) et collaborateurs vont mettre en place une nouvelle méthode pour déterminer l’âge dentaire, en se basant sur la mesure de la hauteur coronaire, sur la largeur des apex et la longueur des racines des seize dents permanentes observées à la radiographie panoramique. 3.2.4.2 - Les courbes En 1960, Nolla indique pour chaque âge, le degré moyen de calcification de chacune des 16 dents. Des tables établies pour les deux sexes permettent d’évaluer directement l’âge dentaire de l’enfant. Nolla établit ensuite une courbe pour chaque dent de chaque enfant. A partir de ces courbes, il réalise un tableau pour les garçons et les filles, pour le maxillaire et la mandibule, et détermine de façon arbitraire dix stades de calcification avec des décimales pour les cas intermédiaires. Ce qui donne une grande précision. Une estimation plus précise de l’âge dentaire par la calcification peut être obtenue avec les secondes tables de Nolla (37) 3.2.4.3 - La méthode de Demirjian En 1973, Demirjian (5) et collaborateurs proposent une méthode basée sur le développement des 7 dents mandibulaires permanentes gauches. La formation de la dent est divisée en huit étapes, et les critères pour les étapes sont donnés pour chaque dent séparément. Chaque étape des sept dents est donnée en point selon le modèle statistique qui a été également employé pour l’évaluation de la maturité squelettique. Des normes sont données pour chaque sexe séparément, et la somme des points des sept dents constitue la maturité dentaire obtenue qui peut être convertie en âge dentaire au moyen des tables de conversions. Demirjian a déterminé huit stades de développement des dents permanentes. Les stades de développement des dents permanentes Stade 0 : aucun signe de calcification : la formation de la crypte n’est pas prise en considération. Stade A : pour les monos ou pluriradiculées, on voit un début de calcification au niveau supérieur de la crypte sous forme d’un ou de plusieurs cônes. Il n’y a pas de fusion entre ces points de calcification. Stade B : la fusion des points de calcification forme une ou plusieurs pointes qui s’unissent pour donner une surface occlusale régulièrement définie. Stade C : trois critères sont à considérer : a) la formation de l’émail est complète au niveau de la surface occlusale : on observe son extension et sa convergence vers la région cervicale ; b) le début d’un dépôt de dentine est apparu ; c) le contour de la chambre pulpaire a une forme courbe au bord occlusale. Stade D : on note trois critères également : a) la formation de la couronne est complétée jusqu’à la jonction émail cément ; b) le contour supérieur de la chambre pulpaire des monoradiculées a une forme courbe bien définie, concave vers la région cervicale. La saillie des cornes pulpaires, si elles existent, donne un contour en forme de parapluie. Pour les molaires, la chambre pulpaire a la forme d'un trapèze. c) le début de la formation de la racine en forme de spicule est observé. Stade E : on note deux critères différents selon qu’il s’agit d’une : monoradiculées : a) les murs de la chambre pulpaire forment des lignes droites dont la continuité est rompue par la présence de corne pulpaire qui est plus grande que dans le stade D, b) la longueur de la racine est inférieure à la hauteur de la couronne ; ou d’une pluriradiculée, a) la formation initiale de la bifurcation radiculaire apparaît, soit sous forme d’un point calcifié, soit sous forme de demi-lune, b) la longueur de la racine est inférieure à la hauteur de la couronne. Stade F : on note deux critères : Monoradiculées : a) Les murs de la chambre pulpaire forment maintenant un triangle plus ou moins isocèle. L’apex se termine en forme d’entonnoir, b) La longueur de la racine est égale ou supérieure à la hauteur coronaire. Stade G : Les murs du canal radiculaire sont maintenant parallèles, et l’extrémité apicale du canal est encore partiellement ouverte. Stade H : a) L’extrémité apicale du canal radiculaire est complètement fermée (il en est de même de la racine distale des molaires) , b) Le desmodonte a une largeur uniforme autour de la racine et de l’apex. Chaque stade correspond à un score pour chaque dent au niveau des deux sexes. La somme des scores des sept dents constitue la maturité qui va être convertie en âge dentaire selon les tableaux. CHAPITRE II DREPANOCYTOSE: ASPECTS EPIDEMIOLOGIQUES CLINIQUES ET THERAPEUTIQUES 1 – DEFINITION La drépanocytose (anémie falciforme) est une hémoglobinopathie, qui est due à l’apparition d’une hémoglobine pathologique qui se distingue de l’hémoglobine normale par une modification structurale affectant les chaînes polypeptidiques de l’hémoglobine (6, 8), touchant principalement les populations de race noire. C’est une maladie génétique, autosomale, récessive touchant les globules rouges du sang. Elle atteint aussi bien les filles que de garçons. Elle ne se manifeste que lorsque la personne est porteuse de deux gènes de la maladie. La drépanocytose porte sur les gènes bêta de l’hémoglobine. Les gènes bêta normaux sont appelés A. Les gènes anormaux drépanocytaires appelés S portent la drépanocytose. Ces derniers entraînent la formation d’hémoglobines anormales dont la présence dans les hématies, conduit à leur destruction, et donc à une anémie très grave. Selon la combinaison génétique, nous retrouvons deux formes de drépanocytose : - la forme hétérozygote AS : elle est encore appelée trait drépanocytaire. Chez les personnes touchées par la forme hétérozygote AS, la maladie ne s’exprime pas, parce que le gène normal présent suffit pour contrebalancer l’effet du gène malade : il permet de fabriquer assez d’hémoglobine normale pour empêcher la destruction des globules rouges. - les formes homozygotes et hétérozygotes composites SC et S beta thalassémique : les personnes atteintes de ces formes, sont des malades drépanocytaires : chez elles, il n’y a aucun gène bêta sain pour contrebalancer les effets des gènes malades 2 – EPIDEMIOLOGIE La drépanocytose reste l’hémoglobinopathie la plus répandue dans le monde. Elle est retrouvée principalement chez les sujets de race noire, d’Afrique, d’Amérique (USA, Brésil), des Antilles. Elle constitue un véritable problème de santé publique en Afrique ; en effet, les taux de prévalence du trait drépanocytaire dans la population au Sénégal varie de 10% (dont 1% de forme homozygote) (19), 24% au Bénin (52), 30 à 40% en RDC (47, 34) De nombreux travaux ont fait état d’une tolérance de la maladie drépanocytaire selon les zones géographiques d’origine des malades (6, 8). C’est une maladie dont l’impact sur l’espérance de vie dépend de la prise en charge (7). Le taux de mortalité varie aussi selon les pays et les études. Diagne et coll (7) ont trouvé un taux de 3,4% chez les patients dont 1,1% par an. Dans la région parisienne, Thomas et coll (46), ont retrouvé un taux de 0,08% (dont, 29% par an), alors qu’aux Etats-Unis, Leikin et coll ont trouvé un taux de 11% (dont 0,5% par an). Les causes de décès sont dominées par les infections qui sont la première cause, suivie par l’anémie aiguë (28, 46, 7). Chez les hétérozygotes la présence du gène drépanocytaire contribue à protéger son porteur du paludisme. Ainsi on peut observer dans ces pays une corrélation avec la résistance au paludisme. 3 - MODE DE TRANSMISSION La drépanocytose est une maladie génétique, héréditaire, familiale, transmise comme caractère mendélien dominant. Elle est latente chez les sujets hétérozygotes dont un seul parent est atteint. Elle est manifeste chez les sujets : Homozygotes issus de deux parents portants chacun l’anomalie drépanocytaire latente ; doublement hétérozygote si l’un des parents porte l’anomalie drépanocytaire et l’autre une autre hémoglobinopathie (16). 4 - CLINIQUE 4.1 – Symptomatologie La forme hétérozygote AS encore appelée trait drépanocytaire est souvent asymptomatique dans les conditions normales d’oxygénation. Seules les formes homozygote SS et double hétérozygote composite SC et S beta Thalassémique se révèlent symptomatiques. Celles-ci se présentent sous la forme d’une anémie hémolytique entrecoupée de crises vaso-occlusives, souvent compliquées d’infections bactériennes sévères. ième La maladie se révèle précocement (avant un an). Jusqu’aux 5 ième et 6 mois elle reste asymptomatique car les hématies contiennent un taux élevé d’hémoglobine fœtale qui empêche la falciformation. Ensuite elle devient d’une grande sévèrité : 25%à 50% meurent avant deux ans lorsqu’ils ne sont pas suivis, 5% à 10% seulement des porteurs atteignent l’âge adulte. La maladie drépanocytaire peut être tolérée pendant un certain temps, ou se révélée précocement par une grande fatigue ou des manifestations douloureuses. La maladie se manifeste par une pâleur et un subictère qui témoignent de l’hémolyse chronique. Chez les nourrissons, elle se manifeste par un état général médiocre, une fébricule et un retard staturo-pondéral. A ces signes, s’associe chez l’enfant un retard pubertaire, un corps longiligne, des extrémités affilées, une tête volumineuse. Chez l’adulte nous avons habituellement une morphologie sub normale. Nous avons aussi des crises ostéoarticulaires qui se manifestent à tout âge : - Chez le nourrisson : nous avons le syndrome des extrémités avec des tuméfactions inflammatoires, chaudes, douloureuses des premières phalanges et parfois, des métatarsiens et /ou des métacarpiens, ce qui déforment symétriquement les pieds et /ou les mains. Il est souvent accompagné de fièvre. - Chez le grand enfant : l’ostéonécrose aseptique de la tête fémorale débute brutalement par une impotence fonctionnelle douloureuse, une condensation irrégulière de la tête fémorale, puis un effondrement de la zone d’appui. Ces tuméfactions inflammatoires articulaires observées chez l’enfant et l’adulte, peuvent simuler le rhumatisme articulaire aigu ou arthrite aiguë. Les ostéomyélites s’observent chez l’enfant âgé de deux à quatre ans. 4.2 - Les complications Elles sont de plusieurs types : 4.2.1 - Les complications infectieuses Elles sont les principales causes de décès chez l’enfant drépanocytaire (21, 1, 11). Si les localisations respiratoires sont les plus fréquentes (21, 39, 20), les méningites, septicémies, et ostéomyélites font toute la gravité des infections. Les germes les plus fréquemment rencontrés sont : - les streptococcus pneumoniae (méningites) (8) - le salmonella typhi et le staphylococcus aureus (ostéomyélites et septicémies) (8) - l’haemophilus influenzae qui est un germe très redouté chez les nourrissons et les petits enfants (21, 11). - les infections virales post-natales L’apparition de la fièvre chez le drépanocytaire peut être due à une infection. 4.2.2 - Les anémies aiguës Les principaux mécanismes sont : - l’hyper-hémolyse : elle peut survenir à tout âge et est souvent associée à un processus infectieux, en particulier le paludisme en Afrique. - la séquestration splénique ou hépatique : elle est très fréquente chez les enfants âgés de 3mois à 5ans. Leur évolution rapidement fatale, justifie une prise en charge immédiate et vigoureuse basée sur la transfusion sanguine en extrême urgence. Le risque de récidive amène à envisager une splénomégalie d’emblée. (50) - l’érythoblasplénie aiguë transitoire: survient classiquement au décours d’une infection rhinopharyngée. Elle est due au provirus B19. Elle est diagnostiquée devant une aggravation rapide de l’anémie, sans majoration de l’ictère ni augmentation de la rate et associée à une réticulocytose faible voire nulle. (23) L’anémie aiguë, quelle que soit son étiologie, représente le principal motif de transfusion en Afrique. Sa fréquence est fonction de la tolérance de la maladie, elle-même liée à l’haplotype. (23) 4.2.3 - Les crises vaso-occlusives Elles varient selon le type, l’intensité, la durée, et la fréquence. Elles résultent d’une ischémie tissulaire par falciformation des hématies. La symptomatologie varie en fonction de l’individu et de l’âge. Les manifestations les plus fréquentes au cours des syndromes drépanocytaires majeurs sont : - les accidents vasculaires cérébraux (AVC) - le syndrome thoracique aiguë : elle constitue une importante cause de décès chez les patients drépanocytaires. - le priapisme : il concerne surtout l’adolescent et l’adulte, mais s’observe également chez l’enfant. Le priapisme aigu (durée supérieure à 3 heures) nécessite une ponction-lavage des corps caverneux en urgence pour éviter les séquelles fonctionnelles définitives. 4.2.4 - Les complications chroniques Elles apparaissent dès l’enfance et leur fréquence a tendance à augmenter avec l’âge. Elles sont principalement liées à l’hémolyse chronique, à l’ischémie et à l’anémie. Les atteintes les plus fréquemment observées dans l’enfance sont la lithiase biliaire, la rétinopathie, l’ostéonécrose de la hanche et l’ulcère de la jambe. La lithiase biliaire est souvent asymptomatique et doit être recherchée une fois au moins par an, dès l’âge de 5ans par l’échographie. Bien qu’elle soit asymptomatique, la rétinopathie doit être recherchée systématiquement chez les patients drépanocytaires. Elle apparaît généralement à l’adolescence et survient plus précocement chez les sujets SC que chez les homozygotes SS. Le diagnostic repose sur la pratique d’une angiographie de la rétine. L’ostéonécrose de la hanche s’observe surtout chez les grands enfants. Elle débute brutalement par une impotence fonctionnelle douloureuse, une condensation irrégulière de la tête fémorale, puis un effondrement de la zone d’appui. L’ulcère de la jambe quant à lui, est favorisé par un taux d’hémoglobine F bas (21). 4.3 - Le diagnostic Au Sénégal, comme dans la plupart des pays africains, l’âge moyen au moment du diagnostic de la maladie drépanocytaire est de trois ans chez les homozygotes et de huit ans chez les hétérozygotes composites.(7) Le diagnostic repose sur : - le test de falciformation ou test d’Emmel qui permet d’observer les hématies falciformisées sur frottis. - l’électrophorèse de l’hémoglobine à pH alcalin ou focalisation isoélectrique: elle permet d’identifier l’HbS. Chez les drépanocytaires homozygotes, on découvre 90 à 97% d’HbS et 3 à 10% d’HbF, et pas d’HbA. - les examens biologiques : ils servent à surveiller l’état basal. Les examens qui sont demandés sont : la numération de la formule sanguine et réticulocytes, l‘hématocrite (qui est bas 25%). 4.4 - Le traitement Dans la drépanocytose nous n’avons que des traitements palliatifs. L’essentiel du traitement consiste en la prise en charge des symptômes résultants des crises. Le malade drépanocytaire a besoin de repos, d’une bonne oxygénothérapie dans les cas de syndromes thoraciques, d’une bonne hydratation en période de chaleur, d’une prise d’antalgiques de grades I aux morphiniques en cas de douleurs importantes. La prise d’acide folique stimule la régénération de la moelle osseuse. La transfusion d’urgence reste le seul traitement en cas d’anémie profonde. La greffe de moelle est réservée au cas les plus graves. L’allogreffe médullaire est la seule thérapie curative de la drépanocytose, qui nécessite un donneur de la fratrie, hétérozygote ou indemne de trait drépanocytaire. Le taux de mortalité lié à la greffe est de l’ordre de 10%, son coût très élevé, et la sélection des patients est à discuter (7). L’antibiothérapie est à large spectre et est fonction du germe en cause. Lorsque la fréquence et la durée des crises vaso-motrices sont élevées, on a souvent recourt à la réactivation de la synthèse de l’hémoglobine fœtale. La mise en place de mesures prophylactiques au cours du suivi de l’enfant est importante et repose sur la prévention des crises vaso-occlusives ou hémolytiques et ses complications (25, 43) Vu la gravité de la maladie et de la prise en charge difficile, une prévention par l’instauration systématique d’une électrophorèse de l’hémoglobine comme examen prénuptial pour chaque couple à risque est nécessaire (7). DEUXIEME PARTIE IMPACT DE LA DREPANOCYTOSE SUR LES PHENOMENES DE CROISSANCE ET DE MATURATION 1 - PATIENTS ET METHODES 1.1 - Cadre d’étude Notre étude a été réalisée au Centre Hospitalier National d’Enfants Albert Royer (HEAR) qui est la structure de référence en pédiatrie au Sénégal et dans toute la sous région. Cette structure est dirigée par un professeur en pédiatrie. Elle comprend, outre le pavillon d’urgence, des pavillons d’hospitalisation dirigés chacun par un professeur. On note également des consultations de spécialité de cardiologie, pneumologie, gastro-entérologie, drépanocytose. Les consultations externes sont assurées par des pédiatres, des internes et des étudiants en cours de spécialisation. Il existe maintenant dans cet établissement hospitalier des consultations de neurologie, d’ORL et de dermatologie assurées par des médecins externes de l’hôpital. 1.2 - Population d’étude Le centre de suivi des enfants et adolescents porteurs de syndromes drépanocytaires majeurs de l’Hôpital d’Enfants Albert Royer prend en charges plus de 1000 enfants actuellement. Notre étude a été réalisée chez 95 enfants sénégalais âgées de 5-16 ans, porteurs de la drépanocytose SS appartenant à cette cohorte, et donc suivis régulièrement. 1.3 - Déroulement de l’enquête Elle a eu lieu entre les mois de juillet 2005 et d’avril 2006 au centre hospitalier national d’enfant Albert Royer où existe depuis 1991 un centre de suivi des enfants et adolescents porteurs de syndromes drépanocytaires majeurs. Après un bilan initial, les parents sont informés et une visite systématique leur est proposée, chaque mois au début, puis tous les trois mois à l’absence de manifestations critiques ou d’affections intercurrentes. La consultation des enfants drépanocytaires se déroule deux fois par semaine, mercredi matin et vendredi matin. Elle est assurée par un professeur de pédiatrie, un pédiatre assistant et deux internes des hôpitaux. Tous les enfants qui ont été pris en compte dans notre étude, nous ont été envoyés en stomatologie avec drépanocytose. leur Ceci dossier nous a médical permis après de la recueillir consultation les de données sociodémographiques et anthropométriques, de connaître la biologie et les antécédents médicaux de l’enfant. Un examen clinique endo-buccal a ensuite été réalisé puis l’enfant a été référé au Département d’Odontologie de la Faculté de Médecine de Pharmacie de d’Odontologie de l’UCAD en vue d’y subir une radiographie panoramique dentaire. Nous avons d’abord confectionné la fiche d’enquête en collaboration avec le professeur de pédiatrie responsable de la consultation de drépanocytose. Ladite fiche a ensuite été laissée aux pédiatres qui étaient chargés de la remplir lors de leur consultation. L’enfant était ensuite envoyé en consultation d’odontologie muni de sa fiche médicale. La consultation odontologique s’est déroulée les mêmes jours que la consultation de drépanocytaire. 1.4 - Critères de sélection 1. 4.1 - Critères d’inclusion Tous les enfants inclus dans l’étude les enfants : - dont les parents ont accepté de participer à cette étude, - âgés de 5-16 ans, porteurs d’une drépanocytaires SS diagnostiquée suivant les critères biologiques et cliniques, - suivis régulièrement à Albert Royer et disposant d’une fiche médicale. 1.4.2 - Critères d’exclusion Les enfants qui remplissaient les critères suivants ont été exclus de l’étude : - être trait drépanocytaire (AS) - ne pas être régulièrement suivi en consultation de drépanocytose au centre hospitalier d’enfants Albert Royer. - être drépanocytaire S-C ou S-beta-thalassémique 1.5 - Méthode d’étude 1.5.1 - Examen clinique bucco-dentaire Nous avons procédé à un examen clinique bucco-dentaire classique, avec un plateau muni de sondes n° 6 et 17 et d’une sonde parodontale, d’un miroir plan et d’une précelle. Cet examen a été effectué dans le cabinet dentaire de l’hôpital, l’enfant généralement assis sur une chaise à la lumière du scyalitique. Nous avons recherché, les caries dentaires, l’état du parodonte : l’indice d’hygiène et l’indice de saignement. Les caries dentaires ont été évaluées par l’indice CAO qui permet d'apprécier le degré d’atteinte carieuse et les besoins en soins dentaires. L’évaluation du niveau d’hygiène a été faite par l’indice gingival (GI) Löe et Silness (44). L’évaluation de l’état gingival est effectuée par l’indice gingival (GI) de SILNESS et LOE (1963)[ ] qui permet d’évaluer le niveau l’inflammation gingivale et de détecter la présence de saignement au sondage. Nous avons: -0=Gencive saine ; 1=Inflammation légère ; 2=Saignement au sondage, inflammation modérée ; 3=Saignement spontané, inflammation sévère. On examine les faces V, L, M et D de l’ensemble de la denture, et un score est attribué pour chaque dent, et le score le plus élevé est retenu pour le patient. Le degré de saignement est évalué par l’indice de saignement sulculaire (SBI) de Mühlernann et Son (36). On examine les faces V, L, M et D des huit dents antéro-inférieures et supérieures après un sondage léger du sulcus. Un score est ensuite attribué à chaque dent et le score le plus élevé est retenu pour le patient. C’est la tendance au saignement qui est recherchée après sondage et les couleur et hauteur de la gencive marginale sont évaluées cliniquement. 1.5.2 - Evaluation de l’âge dentaire Sur les radiographies panoramiques prise au département d’odontologie, nous avons évalué l’âge dentaire selon la méthode de Demirjian. Elle est basée sur la formation des sept dents permanentes mandibulaires gauches visibles sur une radiographie panoramique. Le développement de la dent est divisé en huit étapes selon une échelle alphabétique de A à H. Ces étapes correspondent à des critères de développement bien précis pouvant être différents selon la dent considérée (figure 2). Molaires Prémolaires Canines Incisives Figure 2 : Les stades de développement de la denture permanente selon Demirjian et coll, (5) Un score est attribué à chaque dent en fonction de l’étape de développement qu’elle a atteint. Des standards séparés ont été mis au point pour les garçons et pour les filles (voir tableaux I à II). La somme des scores obtenus pour les sept dents correspond à la maturité dentaire du sujet qui peut être convertie en âge dentaire au moyen des tables de conversion (voir tableaux III et IV) En cas d’agénésie, la dent manquante est remplacée par son homologue de l’hémi arcade controlatérale Tableau I : Scores des sept dents mandibulaires gauches pour les garçons (5) Dent /Stade calcification M2 M1 PM2 PM1 C I2 I1 0 A B C D E F G H 0,0 2,1 3,5 0,0 1,7 3,1 0,0 5,9 0,0 5,4 3,4 0,0 0,0 10,1 8,0 9,7 7,0 3,5 3,2 0,0 12,5 9,6 12,0 11,0 7,9 5,2 1,9 13,2 12,3 12,8 12,3 10,0 7,8 4,1 13,6 17,0 13,2 12,7 11,0 11,7 8,2 15,4 19,3 14,4 13,5 11,9 13,7 11,8 Tableau II : Scores des sept dents mandibulaires gauches pour les filles (5) Dent/Stade calcification M2 M1 PM2 PM1 C I2 I1 0 A B C D E F G H 0,0 2,7 3,9 0,0 1,8 3,4 0,0 6,9 0,0 6,5 3,7 0,0 0,0 11,1 4,5 10,6 7,5 3,8 3,2 0,0 13,5 6,2 12,7 11,8 7,3 5,6 2,4 14,2 9,0 13,5 13,1 10,3 8,0 5,1 14,5 14,0 13,8 13,4 11,6 12,2 9,3 15,6 16,2 14,6 14,1 12,4 14,2 12,9 Tableau III : Table de conversion des scores de maturité en âge dentaire pour les filles (5) Age Score Age Score Age Score Age Score 3.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 4.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 5.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 6.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 13.7 14.4 15.1 15.8 16.6 17.3 18.0 18.8 19.5 20.3 21.0 21.8 22.5 23.2 24.0 24.8 25.6 26.4 27.2 28.0 28.9 29.7 30.5 31.3 32.1 33.0 34.0 35.0 36.0 37.0 38.0 39.1 40.2 41.3 42.5 43.9 45.2 46.7 48.0 49.5 7.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 8.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 9.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 10.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 51.0 52.9 55.5 57.8 61.0 65.0 68.0 71.8 75.0 77.0 78.8 80.2 81.2 82.2 83.1 84.0 84.8 85.3 86.1 86.7 87.2 87.8 88.3 88.8 89.3 89.8 90.2 90.7 91.1 91.4 91.8 92.1 92.3 92.6 92.9 93.2 93.5 93.7 94.0 94.2 11.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 12.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 13.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 14.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 94.5 94.7 94.9 95.1 95.3 95.4 95.6 95.8 96.0 96.2 96.3 96.4 96.5 96.6 96.7 96.8 96.9 97.0 97.1 97.2 97.3 97.4 97.5 97.6 97.7 97.8 98.0 98.1 98.2 98.3 98.3 98.4 98.5 98.6 98.7 98.8 98.9 99.0 99.1 99.1 15.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 16.0 99.2 99.3 99.4 99.4 99.5 99.6 99.6 99.7 99.8 99.9 100.0 Tableau IV : table de conversion des scores de maturité en âge dentaire pour les garçons (5) Age Score Age 3.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 4.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 5.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 6.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 12.4 12.9 13.5 14.0 14.5 15.0 15.6 16.2 17.0 17.6 18.2 18.9 19.7 20.4 21.0 21.7 22.4 23.1 23.8 24.6 25.4 26.2 27.0 27.8 28.6 29.5 30.3 31.1 31.8 32.6 33.6 34.7 35.8 36.9 38.0 39.2 40.6 42.0 43.6 45.1 7.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 8.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 9.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 10.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 Score Age Score 46.7 48.3 50.0 52.0 54.3 56.8 59.6 62.5 66.0 69.0 71.6 73.5 75.1 76.4 77.7 79.0 80.2 81.2 82.0 82.8 83.6 84.3 85.0 85.6 86.2 86.7 87.2 87.7 88.2 88.6 89.0 89.3 89.7 90.0 90.3 90.6 91.0 91.3 91.6 91.8 11.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 12.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 13.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 14.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 92.0 92.2 92.5 92.7 92.9 93.1 93.3 93.5 93.7 93.9 94.0 94.2 94.4 94.5 94.6 94.8 95.0 95.1 95.2 95.4 95.6 95.7 95.8 95.9 96.0 96.1 96.2 96.3 96.4 96.5 96.6 96.7 96.8 96.9 97.0 97.1 97.2 97.3 97.4 97.5 Age Score 15.0 .1 .2 .3 .4 .5 .6 .7 .8 .9 16.0 97.6 97.7 97.8 97.8 97.9 98.0 98.1 98.2 98.2 98.3 98.4 La détermination de la maturation dentaire a été faite par un examinateur calibré. Le nombre de radiographies analysées par jour était limité à 10 pour éviter toute fatigue dommageable à la précision de l’analyse. 1.5.3 - Recueil et analyse des données Les différents éléments de l’examen clinique médical et bucco-dentaire ont été recueillis sur une même fiche, saisis puis analysés avec le logiciel SPSS 11.5. Nous avons calculé la moyenne et la fréquence des différents indices, puis avons comparé les moyennes de l’âge dentaire et l’âge chronologique en utilisant le test t apparié de Student. Une régression linéaire a été effectuée avec le test d’ANOVA: le taux d’hémoglobine de base a été pris comme variable dépendante et les données anthropométriques (poids, taille, périmètre céphalique) utilisées comme variables indépendantes. Le seuil de significativité est fixé à p<0,05 2 - RESULTATS. 2.1 - Répartition selon le sexe Filles; 49,5 Garçons; 50,5 Figure 3 : Répartition des enfants selon le sexe 2.2 - Répartition selon l’âge chronologique Il y’a 95 enfants âgés de 5 à 16 ans, avec un âge moyen de 9,94 ± 2,87. La répartition est donnée dans la figure ci dessous AGE 16 14 12 10 8 Frequency 6 4 2 0 5,00 7,00 6,00 9,00 8,00 11,00 10,00 13,00 12,00 15,00 14,00 16,00 AGE Figure 4 : Répartition des enfants selon l’âge chronologique 2.3 - Répartition selon le groupe ethnique 45 40 35 30 25 20 15 10 5 0 43,2 28,4 21,1 7,4 Wolof Serere Poular Mandingue Figure 5 : Répartition des enfants selon l’ethnie Il y a une prédominance des wolofs qui représentent plus de 40% de la population d’étude 2.4 - Données anthropométriques Les données concernant le poids et la taille, le périmètre céphalique ont été analysées en fonction de l’âge chronologique. Les résultats sont donnés par des diagrammes de dispersion. 18 16 14 12 10 8 AGE 6 4 10 20 30 40 50 60 poids en kgs Figure 6 : Diagramme de dispersion entre l’âge et le poids 18 16 14 Age 12 10 8 6 4 90 100 110 120 130 140 150 160 170 Taille en cm Figure 7 : Diagramme de dispersion entre l’âge et la taille 18 16 14 Age 12 10 8 6 4 20 30 40 50 60 70 80 90 Périmétre céphalique Figure 8 : Diagramme de dispersion entre l’âge et périmètre céphalique 2.5 - Données en relation avec la maladie Selon le statut vaccinal Nous avons 48,4% des enfants qui étaient à jour de leur vaccination contre 50,5 dont les vaccinations étaient incomplètes. Selon la date de suivi 60 50 40 Meme année Un an apres Deux ans apres Plus de deux ans 30 20 10 0 Figure 9: Répartition des enfants selon la date de suivi Selon le nombre d’hospitalisation 60 % des enfant ont été hospitalisés au moins une fois, avec 48,4% qui ont été hospitalisés une ou fois. Selon le taux d’hémoglobine. Le taux d’hémoglobine de base moyen du groupe est de 8,07mg/dl ± 1,48 Le taux d’hémoglobine au cours des 3 derniers mois est de 1,41 7,93 ± 2.6 - Selon l’état de santé bucco-dentaire Le CAO moyen du groupe est de 3,72± 1,8 La distribution de l’indice gingival montre une gencive saine chez 1,1% des enfants ; pour 33,7% d’entre eux, nous avons une inflammation légère et chez 65,3%, l’inflammation était modérée à sévère. L’indice de saignement montre chez 66,4% des drépanocytaires, divers degrés de saignement. 2.7 - Selon l’âge dentaire L’âge de maturation dentaire estimée selon la méthode de Demirjian, montre un âge moyen de 10,1 ans ± 2,91, avec un minimum de 5 ans 2 mois et un maximum de 16 ans. 2.8 - Relation entre âge dentaire et âge chronologique Le test t de Student apparié a été appliqué pour comparer les moyennes de l’âge dentaire et de l’âge chronologique. Nous avons noté une forte corrélation positive (r=0,91). L’âge dentaire moyen est de 10,1 ± 2,91 et l’âge chronologique moyen est de 9,94 ± 2,87. La différence des moyennes est en faveur de l’âge dentaire, mais elle n’est pas statistiquement significative (t= -1,430 ddl= 89 et p= 1,56). Le coefficient de corrélation de Pearson entre l’âge chronologique, le poids, la taille et le périmètre céphalique, de même entre l’âge dentaire, le poids, la taille et le périmètre céphalique a été calculé. Les résultés sont donnés dans le tableau ci-dessous. Tableau V : Corrélation entre l’âge chronologique et les données anthropométriques N AGE- Poids en kgs AGE- Taille en cm AGE- Périmétre céphalique Périmètre céphalique - Age dentaire en année et en mois Poids en kgs Age dentaire en année et en mois Taille en cm -Age dentaire en année et en mois Coefficient de Corrélation Seuil de significativité 0,780 0,00 0,873 0,00 95 95 95 0,315 0,02 0,00 90 0,391 90 0,820 90 0,871 0,00 0,00 Tableau VI : Régression linéaire avec l’ANOVA Model 1 Regression Residual Total Ddl Racine carré des moyennes F Significativité . 0,828 3 0,276 0,121 0,948(a) 207,631 91 2,282 208,459 94 Somme des carrés a Predictors: (Constant), périmètre céphalique, poids en kgs, taille en cm b Dependent Variable: taux d'hémoglobine de base (gramme/dl) ANOVA(b) 3 - DISCUSSION. 3.1 - Selon les données socio-démographiques Cette étude a concerné 95 enfants sénégalais porteurs de la drépanocytose SS qui sont suivis régulièrement au Centre Hospitalier National d’Enfants Albert Royer de Fann. Ils sont constitués de 48 garçons et 47 filles qui proviennent de différents groupes ethniques, avec une prédominance des wolofs. (figure 5). Cette répartition est conforme à la distribution ethnique au Sénégal. Les enfants étaient âges de 5 à 16 ans (figure 4). Il s’agit d’un choix que nous avons fait car dans la consultation de drépanocytose, nous avons rencontré des enfants âgés de 20 ans ou plus qui sont suivis depuis leur bas âge. Ils n’ont pas été pris dans notre groupe d’étude. 3.2 - Selon les données liées à la maladie Plus de la moitié des enfants (50,5%) n’étaient pas à jour de leur vaccination. Cette faible couverture vaccinale a été déjà rapportée par Diagne et coll. qui expliquent ce phénomène par les coûts élevés des vaccins spécifiques recommandés pour les drépanocytaires (hépatite B, haemophilus influenzae b, typhique, pneumococcique) qui sont à la charge des parents dont les moyens sont en générale faibles (6,8). Il faut cependant noter que dans le cadre du programme élargi de vaccination (PEV), de nombreux vaccins sont disponibles, et gratuits. Les enfants qui ont été hospitalisés au moins une fois représentent 60% de notre groupe d’étude, ce qui correspond aux résultats de Diagne et coll (6,8). Nous avons observé une prise en charge précoce de la maladie car 60% des enfants ont été suivis l’année de la découverte de la maladie (figure 9), ce qui peu avoir des répercussions positives sur l’espérance de vie. Le taux d’hémoglobine de base qui est de 8,07 ±1,48 g/dl est supérieur au taux d’hémoglobine des 3 derniers mois (7,93±1,41g/dl). Cette différence pourrait s’expliquer par le fait que chez tous les enfants, nous avions un taux d’hémoglobine de base alors que celui des 3 derniers n’est pas systématiquement pris s’il n’y a pas de complication (coût élevé des analyses). Ce taux traduit une anémie chronique qui est une des caractéristiques de la maladie drépanocytaire. Il est plus faible que celui rencontré chez les patients SC (10,94 ±1,85 g/dl) et chez les patients S • thalassémiques (8,77± 1,19g/dl) (6,8). Cela ne nécessite pas cependant toujours une transfusion car l’anémie chronique est souvent bien tolérée sous surveillance médicale, en milieu hospitalier. (3). 3.3 - Selon l’état de santé bucco-dentaire Les enfants ont un mauvais état de santé buccodentaire, caractérisé par un CAO assez élevé, un indice de plaque qui montre une inflammation modéré à sévère chez 65,3% des enfants et uniquement 1,1% des enfants avec une gencive saine. Cela se traduit par une inflammation de la gencive avec des saignements comme le montre l’indice de Mühlemann. On pourrait expliquer ce mauvais état de la santé orale par le manque d’information des parents concernant la santé bucco-dentaire. Cependant certains auteurs comme Laurence et coll. (24) ont montré que les personnes porteuses de la drépanocytose sont plus susceptibles à la carie dentaire. 3. 4 - Drépanocytose et croissance Un pauvre état nutritionnel et une croissance médiocre associés, à un retard de la maturation squelettique et sexuelle sont des caractéristiques souvent associées à la drépanocytose, en particulier avec la forme homozygote. (32, 15, 48, 2, 51). Même si les mécanismes ne sont pas encore totalement élucidés, une altération de la croissance des os est évoquée (2). Selon la plupart des auteurs, à la naissance, les enfants porteurs de la drépanocytose SS ont une taille normale, mais une déficience significative de la taille survient vers l’âge de 5 ans. (22). Dans une étude effectuée à Baltimore (Etats-Unis) chez des enfants drépanocytaires, Henderson et coll (15) ont trouvé que parmi ces derniers, 25% avaient des valeurs du poids, de ème la taille et du rapport poids/taille inférieurs au 5 pourcentile en comparaison au normes de la NCHS (National Center for Health Statistics). La fréquence de l’altération de la croissance augmente avec l’âge, même si des différences sexuelles n’ont pas été trouvées (51). D’autres auteurs ont cependant rapporté des déficits plus sévères chez les garçons (32, 40). Dans notre étude, certains facteurs de la maladie drépanocytaires qui peuvent avoir des répercussions sur la croissance, ont été étudiés. Nos résultats montrent un taux d’hémoglobine de base de 8,07 mg/dl ± 1,48. Il traduit une anémie qui est un des signes majeurs de la drépanocytose. Cette anémie peut entraîner des hypoxies cellulaires et perturber la croissance. Les données anthropométriques (poids, taille, périmètre céphalique) sont fortement corrélées chez les enfants (tableau V). Cela montre que leur développement est inscrit dans le même canevas que les enfants non porteurs chez qui on observe une corrélation entre le poids, la taille et le périmètre céphalique (42, 31). Nous avons observé cependant, que la distribution du poids moyen des enfants par rapport à leur âge chronologique montre une tendance à un retard pondéral, contrairement à la taille au périmètre céphalique (figures 6,7 et 8). Ce retard semble se stabiliser vers 14 ans avec une augmentation progressive du poids. Diagne et coll, ont comparé les données anthropométriques de leurs patients avec les normes de NCHS ; ils ont trouvé, que 15% des patients homozygotes avaient un retard pondéral (poids inférieur à -2 ET) et 6% un retard statural (taille inférieure à - 2ET). (7). Les mêmes résultats ont étaient trouvés par Serjeant et coll en Jamaique (43). Le retard de croissance pondérale et staturale noté chez les enfants drépanocytaires est rattrapé vers la puberté selon de nombreux auteurs, ce qui est conforme avec nos résultats. Le périmètre céphalique varie peu avec l’âge et il est quasi constant et sa valeur tourne autour de 50 cm (figure 8). Ces résultats sont conforment avec ceux de beaucoup d’auteurs (42, 31, 4, 17). Dans sa série, Diagne et coll. (7) ont cependant trouvé une hyperplasie des os malaires du crâne chez des patients drépanocytaires SS présentant une forme sévère de la maladie, sans aucun suivi médical jusqu’à l’âge de huit ans au moins. Ces résultats doivent cependant être confirmés par une analyse avec l’utilisation des échelles de la NCHS qui vont permettre de comparer le rapport âge/poids, âge/taille, poids/taille des enfants. La comparaison des garçons et des filles pourrait aussi être faite, de même que celle entre les enfants non encore puberts avec ceux ayant déjà atteint la puberté. Nous pourrons ainsi voir le rôle que ces éléments jouent éventuellement au cours de la drépanocytose. L’évaluation de la maturation dentaire avec la méthode de Demirjian montre qu’il y a une forte corrélation positive entre l’âge dentaire et l’âge chronologique des enfants. L’âge dentaire moyen des enfants est supérieur à leur âge chronologique, mais cette différence n’est pas statistiquement significative. (test t de Student :p= 1,56). Ces résultats sont en contradiction avec ceux des différentes études portant sur l’évaluation de la maturation dentaire (âge dentaire) par la méthode de Demirjian. En effet, il ressort de ces études, que lorsqu’il est évalué par cette méthode, l’âge dentaire est en avance par rapport à l’âge chronologique, surtout chez les filles. Autrement dit, il aurait une maturation dentaire précoce. D’après les travaux de Demirjian réalisés chez des enfants canadiens d’origine française, l’âge dentaire correspond à l’âge civil chez 90 % des sujets. Dans une étude réalisée chez 521 enfants londoniens autochtones et d’origine bengali, Liversidge et coll., (29) n’avaient trouvé aucune différence entre ces 2 groupes ethniques. En revanche, ces enfants britanniques avaient une maturation dentaire plus avancée de 0,51 ± 0,79 ans pour les filles et de 0,73 ± 0,73 ans pour les garçons. Willems et coll., (49) ont confirmé la surestimation de l’âge dentaire lorsqu’il est estimé par l’intermédiaire de la maturation dentaire. Dans une étude transversale réalisée chez des enfants allemands âgés de 2 à 20 ans, Frucht et coll., (9) ont trouvé d’une part un dysmorphisme sexuel, et d’autre part une avancée significative en terme de maturation dentaire. D’autres travaux réalisés en Scandinavie semblent corroborer cette avancée en maturation dentaire sur les enfants examinés par Demirjian. Ainsi Nykanen et coll.,(38) ont trouvé que des enfants norvégiens étaient en moyenne plus avancée de 1,5 à 9 mois alors que Hägg et Matsson (14) et Staaf et coll., (45) ont tous trouvé une avance de 0,9 ans, soit près de 11 mois chez des enfants suédois. Cette méthode a été également testée par Loevy et Goldberg (30) chez des enfants américains. Leurs résultats indiquent une plus grande précocité en terme de maturation dentaire chez 11,1 % des filles. La méthode de Demirjian de détermination de l’âge civil à partir de la maturation dentaire a également été utilisée chez des enfants atteints de diverses affections pour les comparer à des enfants sains. Elle a ainsi été utilisée chez un groupe d’enfants belges ayant un retard de maturation sexuelle objectivé par le volume testiculaire et un autre ayant une maturation sexuelle normale. Il ressort de cette étude que les enfants qui ont un retard sexuel ont également un retard de maturation dentaire et que la méthode de Demirjian de détermination de l’âge civil à partir de la maturation dentaire, ne leur est pas applicable alors qu’elle l’est pour les enfants qui ont une maturation sexuelle normale. Dans un travail plus récent, Lehtinen et coll., (26) ont trouvé que d’une part, des enfants finlandais atteints d’arthrite rhumatoïde juvénile étaient plus avancés en âge dentaire que leur homologues en bonne santé et que d’autre part, les 2 groupes d’enfants étaient plus avancés que les enfants canadiens d’origine française de Demirjian. Ces auteurs expliquent l’avancée des enfants atteints d’arthrite rhumatoïde par un effet au moins partiel de la corticothérapie sur leur maturation dentaire. Les variabilités observées en ce qui concerne la maturation dentaire pourraient être expliquées par des différences génétiques comme le suggère Garn et coll., (10). Moorrees et Kent (33) ont par exemple démontré une remarquable similarité dans la chronologie des stades de formation de la couronne et de la racine chez des jumeaux monozygotes en comparaison à des jumeaux dizygotes dans une étude portant sur 414 paires de jumeaux. Cette étude illustre parfaitement l’influence des facteurs génétiques. Mais les considérations génétiques à elles seules ne suffisent pas à expliquer les dissimilitudes observées dans la maturation dentaire chez différentes populations. Il a par exemple été rapporté que des différences phénotypiques comme la hauteur faciale antérieure, pouvaient avoir une influence sur la maturation dentaire. Ainsi, des patients qui ont une face longue ont tendance à avoir une maturation dentaire plus avancée que des patients qui ont une face courte du même âge (18). Comme pour l’âge chronologique, nous avons observé une corrélation positive entre l’âge dentaire et les données anthropométriques (poids, taille, périmètre céphalique) avec une plus faible corrélation pour le périmètre céphalique (tableau V). Notre étude montre que l’anémie chronique n’a pas d’effet sur la croissance staturale, pondérale et cranio-faciale de nos sujets drépanocytaires SS. En effet la régression linéaire avec l’utilisation du taux d’hémoglobine de base comme variable dépendante ne montre aucune relation significative (ANOVA, p=0,948) (tableau VI). Ces résultats pourraient s’expliquer par le fait que les enfants de cette étude sont suivis régulièrement et dans leurs prescriptions courantes, la supplémentation avec du fer et de l’acide folique est de rigueur dans la consultation de drépanocytose à Dakar (7). CONCLUSION CONCLUSION La drépanocytose est une maladie très fréquente chez les personnes de race noire. C’est un véritable problème de santé publique au Sénégal. Cette affection s’accompagne de nombreux troubles dont un retard de la croissance. Nous avons effectué cette étude entre juillet 2005 et avril 2006 au Centre Hospitalier National d’Enfants Albert Royer de Fann, chez des enfants porteurs de la drépanocytose SS qui y sont suivis régulièrement. Notre objectif était d’évaluer l’impact de la drépanocytose sur la croissance, en mettant l’accent sur la maturation dentaire. Il y avait 95 enfants âgés de 5 à 16 ans, constitués de 48 garçons soit 50,5% de l’échantillon et 47 filles soit 49,5%. L’âge moyen était de 9,94 ± 2,87ans. Ces enfants appartenaient à différents groupes ethniques avec une prédominance des wolofs qui représentaient 43,2% des enfants. Les données anthropométriques concernant le poids, la taille, le périmètre céphalique ont été analysées en fonction de l’âge chronologique. Elles montrent d’une part qu’il y avait une corrélation positive entre l’âge et ces éléments, et d’autre part un retard pondéral. La taille et le périmètre céphalique ne sont pas affectés. Nous avons observé que 48,4% des enfants étaient à jour de leur vaccination contre 50,5% dont les vaccinations étaient incomplètes. La maladie a été diagnostiquée et les malades suivis précocement (c’est-à-dire dans la même année) pour plus de 60 % des enfants. De plus, 60 % des enfant ont été hospitalisés au moins une fois, avec 48,4% qui ont été hospitalisés plus d’une fois. Le taux d’hémoglobine de base moyen du groupe est de 8,07mg/dl ± 1,48. Le taux d’hémoglobine au cours des 3 derniers mois est de 7,93 ± 1,41. Cela traduit l’anémie chronique qui est une des caractéristiques de la maladie. L’évaluation de l’état de santé bucco-dentaire des enfants montre un CAO moyen élevé qui est de 3,72± 1,8. La distribution de l’indice gingival montre une gencive saine chez 1,1% des enfants ; pour 33,7% d’entre eux, nous avons une inflammation légère et chez 65,3%, l’inflammation était modérée à sévère. L’indice de saignement révèle chez 66,4% des drépanocytaires, divers degrés de saignement. Ces différents éléments traduisent un mauvais état de santé buccodentaire. L’âge de maturation dentaire ou âge de maturation a été estimé selon la méthode de Demirjian. Il montre un âge moyen de 10,1 ans ± 2,91, avec un minimum de 5 ans 2 mois et un maximum de 16 ans. Le test t de Student apparié a été appliqué pour comparer les moyennes de l’âge dentaire et de l’âge chronologique. Nous avons noté une forte corrélation positive (r=0,91). La différence des moyennes est en faveur de l’âge dentaire, mais elle n’est pas statistiquement significative (t= -1,430 ddl= 89 et p= 1,56). Le coefficient de corrélation de Pearson entre l’âge chronologique, le poids, la taille et le périmètre céphalique, de même que l’âge dentaire, le poids, la taille et le périmètre céphalique a été calculé. Nous avons noté une corrélation entre d’une part l’âge chronologique et les données anthropométriques, et d’autre part, entre l’âge de maturation dentaire et ces mêmes éléments. Nous avons enfin étudié la relation entre l’anémie et les données anthropométriques (poids, la taille, le périmètre céphalique). Le taux d’hémoglobine de base a été utilisé comme variable dépendante. La régression linéaire ne montre pas de significativité, ce qui indique que l’anémié que nous avons observée chez ces patients n’a pas eu de répercussion sur la croissance. Ces résultats devront cependant être confirmés par d’autres études qui vont prendre en considération la puberté, le sexe, et qui pourront comparer les données portant sur les enfants drépanocytaires avec celles plus affinées de la NCHS. Ceci permettra de mieux quantifier les éventuels retards staturaux ou pondéraux chez les enfants drépanocytaires SS. REFERENCES 1 - ATHELE UH., CHINTU C. 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ANNEXES Croissance et drépanocytose chez l’enfant 1 données socio-demographiques Prénom et nom : Date et lieu de naissance : Ethnie : Adresse : 2 antécédents médicaux : Date de découverte de la drépanocytose : Date de début de suivi : Nombre d’hospitalisation : Nombre de transfusion : Statut vaccinal ; Maladies associées : 3biologie : Taux d’hémoglobine de base : Electrophorèse (type de drépanocytose) NFS au cour des trois derniers mois : HB VGM TCMH Réticulocytes 4 données anthropométriques Poids (g) Taille (cm) Périmètre céphalique (cm) Périmètre brachial (cm) 5 Bilan clinique bucco-dentaire Bilan dentaire Dents temporaires Nombre de dents cariées Nombre de dents extraites pour cause de carie Nombre de dents obturées Nombre de dents qui on besoin d’obturation Dents permanentes Nombre de dents cariées Nombre de dents extraites pour cause de carie Nombre de dents obturées Nombre de dents qui on besoin d’obturation Bilan parodontal Indice gingival de loe et silness 0 : gencive saine 1 : inflammation légère 2 : saignement au sondage 3 : saignement spontané, inflammation sévère Indice de saignement (SBI) de Mulemann et son (1971) 0 : gencive normale, pas saignement 1 : saignement au sondage pas changement de couleur ou de contour 3 : saignement au sondage, érythème et oedeme 4 : saignement au sondage, érythème et oedeme importante 5 : saignement au sondage, saignement spontané, oedeme importante avec ou sans ulcération SOW (Absa) – Etude des répercussions de la drépanocytose SS sur les Phénomènes de croissance et de maturation dentaire chez l’enfant N°42.63.06.15 Par Absa SOW– [S.I.] : [S.n.], 2006.[67]f – 21 x 29,7 cm. Thèse : Chir.Dent. : Dakar : N° 17 : 2006 ; N° 42.63.06.15 RUBRIQUE DE CLASSEMENT :ODONTOLOGIE PEDIATRIQUE Mots clés - Drépanocytose - Croissance - Enfants Me SH - Sickle cell disease - Growth - Children Résumé : La drépanocytose est une maladie génétique très fréquente chez les personnes de race noire. Elle s’accompagne de nombreux troubles dont des retards de la croissance. Nous avons entrepris cette étude dans le but d’évaluer l’impact de cette affection pour la croissance. Elle a porté sur 95 enfants sénégalais porteurs d’une drépanocytose SS suivis à l’Hôpital d’Enfants Albert Royer. Des résultats montrent une anémie chronique avec un taux d’hémoglobine de base de 8,07 g/dl ± 1,48. L’état bucco dentaire était défectueux avec un CAO de 3,72 ± 1,8 et la présence de saignement. La comparaison de l’âge dentaire et de l’âge chronologique ne montre pas de différence. La comparaison entre les données anthropométriques et le taux d’hémoglobine de base ne montre pas de relation. Il n’y a pas de relation entre la drépanocytose et la croissance chez les enfants de cette étude. JURY PRESIDENT : M.Papa Demba DIALLO Professeur MEMBRES: M. Boubacar DIALLO Professeur M. Ibrahima DIAGNE Maître de Conférences Agrégé DIRECTEUR DE THESE : Mr. Malick FAYE Maître Assistant ADRESSE DE L’AUTEUR : Absa SOW Epouse DABO Cité Keur Khadim – Villa N° CK 48 – Dakar (Sénégal)