européen - Magnard

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européen - Magnard
PL1
parcours littéraire
Le conte merveilleux
européen
p. 12 à 29
Objectifs du parcours
L’approche du texte narratif se fait traditionnellement en sixième à travers l’étude d’un
genre souvent bien connu des élèves : le conte. Ce premier parcours littéraire aborde la
tradition « européenne » du conte. Plutôt que de chercher à définir ce genre à travers des
catégories théoriques trop souvent « plaquées » artificiellement comme des grilles de
lecture ou d’écriture – les schémas narratif et actanciel – nous avons préféré montrer la
diversité de ce genre en faisant le choix de textes intégraux sortant de la structure considérée comme « normale » du conte. En effet, on donne trop souvent l’impression aux
élèves, à travers des approches théoriques, que le conte est un genre figé, avec une
structure inscrite dans le marbre. Notre objectif est ici au contraire d’en mettre en évidence la richesse et la variété, en privilégiant le plaisir de la lecture sur la froide analyse
narratologique.
Notre choix de textes se fonde sur les recommandations des nouveaux programmes de
sixième. Ainsi, nous proposons des contes issus du patrimoine littéraire européen, choisis parmi ceux de Charles Perrault et des frères Grimm, sans toutefois nous priver du
travail contemporain de Yak Rivais et Michel Laclos. Ce choix se fait conformément aux
attentes du socle commun, précisant dans le pilier 5 que « les élèves doivent être préparés à partager une culture européenne […] par une connaissance d’œuvres littéraires,
picturales […] ou cinématographiques majeures du patrimoine ».
Ce parcours littéraire vise à donner aux élèves les moyens de « comprendre le sens d’une
œuvre étudiée intégralement et de la situer à l’intérieur d’un genre » (socle commun,
pilier 5), mais également de « dégager l’essentiel d’un texte lu […], manifester sa compréhension de textes variés […], lire des œuvres littéraires intégrales, notamment classiques, et rendre compte de sa lecture » (pilier 1 du socle commun). Pour cela, nous ne
laissons de côté ni le schéma narratif ni le schéma actanciel. Toutefois ces deux éléments ne sauraient être enseignés en tant que tels et constituer une fin en soi. Nous les
avons donc utilisés comme des outils permettant d’accéder au sens. Ainsi, le schéma
narratif permet d’aider l’élève à résumer le conte « La Boule de Cristal ». Par ailleurs, le
travail de comparaison des textes 4 et 5 permet de mettre en évidence l’existence d’une
structure courante dans le conte, connue comme « schéma narratif » depuis les travaux
de Propp sur la narratologie, mais aussi la manière dont, consciemment ou non, certains
contes s’écartent de cette structure.
C’est pour cette raison que nous avons fait le choix de simplifier, dans la mesure du
possible, le métalangage employé. Ainsi, nous avons préféré au terme d’ « opposant »
celui d’ « adversaire » et à celui d’ « adjuvant » celui d’ « allié ». Il nous apparaît que la
« digestion » d’un vocabulaire théorique par les élèves constitue davantage une barrière
empêchant d'accéder au sens du récit qu’un élément permettant de l’éclairer.
Le travail sur l’image permettra sans doute aux élèves de mieux appréhender la notion
de « merveilleux » (Titiana et Bottom, p. 13), de situer le genre du conte dans son
contexte – la tradition orale (Illustration de Gustave Doré p. 17) – et de mieux connaître
un lieu caractéristique des contes : la forêt (images de films p. 21). L’étude d’images
de films permettra par ailleurs aux élèves de mettre en évidence un réinvestissement
contemporain du conte traditionnel, à travers le septième art. Ce travail entre dans le
cadre des compétences suivantes du pilier 5 du socle commun : « Les élèves doivent être
capables […] de lire et utiliser différents langages, en particulier les images. »
Le conte merveilleux
© Magnard, 2009
1
À l’issue de ce parcours, l’élève sera amené à écrire lui-même un conte – « écriture longue ». Le travail d’écriture ne saurait être isolé du travail de lecture, et c’est en s’appropriant du mieux possible les contes étudiés que l’élève pourra à son tour élaborer un récit
« cohérent, construit en paragraphes, correctement ponctué, en respectant des consignes imposées », comme il est précisé dans le pilier 1 du socle commun.
Les cinq activités proposées en lien avec ce parcours littéraire peuvent être associées
aux textes de la manière suivante :
• « La Barbe-Bleue » ( p. 186) et « Les Fées » ( p. 306) peuvent être mis en rapport
avec « Les Trois Fileuses » ( p. 18), en raison d’éléments thématiques communs,
mais également parce que ces activités approfondissent la présentation des personnages dans les contes.
• « La Belle au bois dormant » ( p. 256) et « La Petite Sirène » ( p. 238) peuvent être
rattachés à « La Boule de Cristal » : en effet il est question dans chacun des textes
d’une malédiction et des épreuves nécessaires pour l’annuler. Ces textes proposent
une analyse de péripéties, et mettent en évidence le rôle du héros.
• Enfin, « La Fée du Robinet » ( p. 246) pourra se lire en regard de « La Sorcière et
l’Ascenseur », ces deux contes présentant une irruption du merveilleux dans le
quotidien.
Principaux points de langue étudiés dans le parcours
➜ L’adjectif qualificatif
Texte 2 « Les Trois Fileuses » p. 18
Texte 3 « Le Petit Chaperon rouge » p. 22
Activité 3 « Les Fées » p. 306
Lecture
de l’image
➜ Les temps du récit
Texte 4 « La Sorcière et l’Ascenseur » p. 24
Activité « La Belle au bois dormant » p. 256
Activité « La Petite Sirène » p. 228
Activité « La Fée du robinet » p. 246
p. 13
John Anster Fitzgerald, Titiana et Bottom, scène de
Songe d’une nuit d’été,
huile sur toile, milieu du XIXe siècle.
Entrer dans l’univers des contes
merveilleux
1 La scène se déroule dans un lieu bucolique :
forêt ou bosquet.
2 Le lieu où se trouvent Titiana et Bottom est mis
en valeur par le contraste entre le vert sombre de
la végétation et les couleurs bleutées du fond. Par
ailleurs, les personnages à l’avant-plan se caractérisent par des couleurs chaudes (ocre, violet,
jaune) contrastant avec les couleurs froides que
l’on peut distinguer dans l’arrière-plan. On renverra
les élèves à la fiche-méthode consacrée à la lecture de l’image au début du manuel.
3 a. Les trois jeunes femmes portent des ailes.
b. Ces personnages sont des fées.
c. On peut voir également un farfadet, au-dessus
de Bottom, et des lutins à l’avant-plan, à gauche de
l’image. Quant à Bottom, c’est un monstre, à corps
d’homme et tête d’âne.
4 Cette image représente bien l’univers des
contes merveilleux à travers ses personnages surnaturels, et l’aspect irréel et bucolique du décor.
On laissera les élèves exprimer ces aspects avec
leurs propres mots.
2
© Magnard, 2009
Texte 1
p. 14 à 16
« La Boule de cristal »
Jacob & Wilhelm Grimm, Contes de l’enfance et
du foyer, 1812.
Enrichir son vocabulaire
● Le synonyme du nom « dispute » est « querelle »
(l. 20). Le nom de la même famille est « quereller » (l. 24).
● Le mot « tendron » appartient à la famille de
« tendre ». Cela veut dire que le personnage est
encore innocent, que la vie ne l’a pas « endurci ».
Découvrir un conte merveilleux
1 – l’aurochs ➜ une source au bas de la montagne.
– le frère changé en aigle ➜ un pic rocheux.
– le frère changé en baleine ➜ les profondeurs de
la mer.
– la princesse ➜ le château du soleil d’or.
– le magicien ➜ un lieu inconnu.
– les géants ➜ la forêt.
2 La principale qualité du troisième fils est le
courage : « son cœur était sans crainte » (l. 15), « je
ne crains aucun danger » (l. 54), « rien ne me
retiendra » (l. 59).
3 a. La mission du héros est de s’emparer de la
boule de cristal gardée par un oiseau de feu, afin
de briser le pouvoir du magicien et délivrer la princesse de son maléfice.
b. Cette mission est rendue dangereuse par le terrible aurochs que doit vaincre le héros et la difficulté à récupérer l’œuf de l’oiseau de feu sans
détruire la boule de cristal.
4 a. Le héros est aidé par ses deux frères, transformés en aigle et en baleine.
b. L’aurochs et l’oiseau de feu s’opposent au succès de sa mission.
5 1 Échapper à la malédiction de sa mère.
2
3
4
5
6
7
Trouver le château du soleil d’or.
Sortir de la grande forêt.
Vaincre l’aurochs.
Attraper l’oiseau de feu.
Récupérer la boule de cristal.
Présenter la boule de cristal au sorcier.
6 Le jeune homme doit impérativement réussir
sa mission, car il est le dernier qui puisse tenter de
délivrer la princesse.
7 Comme récompenses, le héros épouse la princesse qui a retrouvé sa beauté, et ses deux frères
reprennent leur forme humaine.
8 Avant qu’il ne parte, la princesse éprouvait de
la pitié pour le héros (l. 59), car elle le trouvait trop
innocent pour réussir ; à la fin du récit, elle éprouve
au contraire de la joie (l. 92) et de l’amour pour lui,
car il a triomphé des épreuves.
9 a. Les personnages dotés de pouvoirs magiques sont la magicienne, mère du héros, et le
magicien tenant la princesse en son pouvoir. Les
objets magiques sont le chapeau des géants, la
boule de cristal.
Pouvoirs bénéfiques
– Le chapeau ➜
permettre de
transporter son
propriétaire où il le
souhaite.
– La boule de cristal ➜
détruire le pouvoir du
magicien, rendre sa
beauté à la princesse
et leur forme humaine
aux deux frères.
Pouvoirs maléfiques
– La magicienne ➜
transformer ses fils en
aigle et baleine.
– Le magicien ➜
garder prisonnière la
princesse, lui enlever
sa beauté.
b. Les pouvoirs magiques utilisés par le héros proviennent des objets qu’il a réussi à récupérer : le
chapeau et la boule de cristal.
10 Situation initiale ➜ Une magicienne jalouse
transforme en aigle et en baleine deux de ses fils.
Élément perturbateur ➜ Le troisième fils s’enfuit
pour ne pas subir le même sort et décide d’aller
secourir la princesse prisonnière du château du
soleil d’or.
Péripéties ➜ Cherchant son chemin dans une
grande forêt, il rencontre deux géants et leur dérobe leur chapeau magique. Celui-ci lui permet d’accéder au château du soleil d’or. Il rencontre la
princesse, qui a perdu toute sa beauté. Il décide
alors de briser le maléfice. Pour cela, il tue un
aurochs. Aidé de ses frères, il parvient à arrêter
l’oiseau de feu sortant de l’aurochs et à récupérer
la boule de cristal.
Élément de résolution ➜ Le héros présente la
boule de cristal au magicien, qui perd tous ses
pouvoirs.
Situation finale ➜ Le héros épouse la princesse,
qui a recouvré toute sa beauté, tandis que ses
frères retrouvent leur forme humaine.
Cette dernière question vise, pour l’élève, à élaborer un résumé de ce conte aux nombreuses péripéties. C’est l’occasion de montrer que le schéma
narratif peut permettre de simplifier ce travail de
résumé.
Le conte merveilleux
© Magnard, 2009
3
À l’écrit
Texte 2
Pour préparer le travail, le professeur demandera
aux élèves de repérer le passage du conte « La
Boule de Cristal » pouvant correspondre au sujet
d’écriture, à savoir les lignes 55 à 69, où la princesse précise la mission du héros.
p. 18 à 20
« Les Trois Fileuses »
Jacob & Wilhelm Grimm, Contes fantastiques et
contes facétieux.
Lire un « conte facétieux »
1 L’adjectif qualifiant la jeune fille dans la situation initiale est « paresseuse » (l. 1).
Lecture
de l’image
2 a. La reine est émue par les pleurs de la jeune
fille battue par sa mère.
b. Son intervention ne résout pas le problème de la
jeune fille, car comme la reine croit que celle-ci
aime filer, à cause du mensonge de la mère, elle
va encore devoir travailler.
p. 17
Gustave Doré (1832-1883), illustration pour le
recueil des Contes de ma mère l’Oye, 1867.
3 Pour se tirer d’affaire, la jeune fille ment lorsque la reine vient vérifier l’avancée de son travail :
« mais la jeune fille s’excusa en alléguant son chagrin d’avoir quitté sa mère » (l. 28-29).
4 Dans ce conte, on retrouve des personnages
traditionnels du conte : la « pauvre » jeune fille, la
reine et le prince.
Reconnaître la tradition du conte
merveilleux
1 C’est la vieille femme qui lit le conte aux
enfants. Elle transmet à son tour aux plus jeunes
les histoires qu’elle a recueillies. Elle poursuit une
tradition avec les plus jeunes.
C’est une réponse possible : il s’agit d’exprimer
l’idée d’une transmission d’une génération à une
autre.
2 a. Les enfants n’ont pas tous le même âge : ils
vont de la petite enfance à l’adolescence.
b. Ils sont tous captivés. Certains écoutent en
écarquillant les yeux : ils sont impressionnés par le
conte. D’autres regardent le livre en même temps
que la grand-mère, comme s’ils s’intéressaient à la
manière dont sont faits les contes.
3 a. Le livre se trouve au centre de l’image.
b. Le livre est l’élément le plus important, que l’illustrateur veut mettre en valeur, car cette image
est destinée à la couverture d’un recueil de contes
de Perrault.
4 L’illustrateur met en valeur la transmission
orale des contes, et le fait qu’on les a recueillis
sous forme de livres. Il met également en avant la
transmission de génération à génération, et l’aspect
fédérateur de l’acte de conter une histoire. Enfin, il
montre bien la force d’évocation des contes à travers les réactions des enfants, émerveillés ou
effrayés.
5 a. Les trois femmes qui se présentent au
palais sont singulières car elles présentent chacune une déformation physique.
b. La première femme a « un grand pied plat »
(l. 34) pour mieux faire tourner le rouet ; la deuxième femme possède « une lèvre inférieure si grande
et si tombante qu’elle couvrait et dépassait le
menton » (l. 35-36) pour bien mouiller le fil ; la
troisième dispose d’« un pouce large et aplati »
(l. 36-37) pour mieux tordre le fil.
c. Ces trois femmes n’ont pas l’apparence de
fées : leur difformité a une explication « logique »,
et elles n’ont pas de pouvoir magique.
6 Le merveilleux n’intervient pas dans ce récit,
car il ne se produit rien de surnaturel. Seules les
déformations des trois femmes sont inhabituelles,
mais elles ont une explication dans la réalité de
l’histoire.
7 Les trois fileuses demandent d’être invitées à
la noce pour tout paiement, car à cause de leur
aspect, elles se rejetées par tous.
8 a. En voyant les trois vieilles femmes, le prince
comprend que si son épouse travaille trop, elle va
souffrir des mêmes déformations.
b. Le prince annonce à sa jeune épouse que plus
jamais elle ne travaillera.
9 a. À la fin du conte, la jeune fille est débarrassée de toute obligation de travailler.
4
© Magnard, 2009
b. Pour obtenir ce résultat, la jeune fille n’a rien fait
de particulier, sinon mentir et dissimuler l’intervention des trois fileuses.
Pour aider les élèves à bien comprendre cette idée,
nous suggérons de poser au préalable la question
suivante : « Qu’a fait la jeune fille pendant que les
trois fileuses travaillent ? »
10 a. La morale de ce conte est inhabituelle, car
la jeune fille a employé des méthodes « négatives »
pour parvenir à ses fins. On a l’impression que ce
conte justifie le mensonge et la dissimulation pour
mieux célébrer la paresse.
b. D’une certaine manière, ce conte est moral, car
il montre, sous forme de caricature, les conséquences d’un excès de travail sur le corps et la vie
sociale des trois fileuses. Mais il est aussi immoral, car il suggère que tous les moyens sont bons
pour éviter de faire un travail imposé, y compris le
mensonge.
c. Ce conte est un conte « facétieux » car il propose
une « morale » qui n’en est pas vraiment une. Par
ailleurs, c’est sans faire aucun effort et en étant
confortée dans sa paresse que l’héroïne obtient sa
« récompense » : le mariage avec un prince. Dans
ce conte, les frères Grimm s’amusent donc avec
les attentes du lecteur.
« Facétieux » veut dire « drôle », mais on peut
préciser aux élèves que cet adjectif évoque l’idée
de farce, de « mauvais tour ».
En prolongement, on proposera aux élèves de comparer ce conte à « Cendrillon » afin de mettre en
évidence des points communs (une pauvre jeune
fille, un secours extérieur, le mariage avec un prince) et des différences (la jeune fille ne fait rien pour
être sympathique, le secours n’est pas surnaturel,
le mariage avec le prince n’est pas vraiment une
récompense). On pourra ainsi dire que « Les Trois
Fileuses » est une parodie de « Cendrillon », les
auteurs renversant la situation habituelle du conte.
Lecture
de l’image
p. 21
1. Le Petit Poucet, image du film d’Olivier Dahan,
2001.
2. Les Frères Grimm, image du film de Terry
Gilliam, 2005.
Étudier un lieu du conte au cinéma
1 a. Dans chaque image, la lumière provient de
derrière les arbres.
b. La lumière découpe la forme des arbres, et
donne l’impression d’enfermer les personnages.
2 Dans le document 2, on reconnaît le Petit
Chaperon rouge.
3 a. Dans le document 1, les couleurs dominantes sont le vert et le bleu ; dans le document 2, il
s’agit de l’ocre, du marron et du rouge.
b. Dans le document 1, la forêt est un décor : les
arbres sont créés de manière stylisée. Dans le
document 2, la forêt semble réelle.
4 Dans le document 1, le réalisateur montre la
forêt comme un lieu magique, irréel. Dans le document 2, le réalisateur donne une image plus inquiétante de la forêt, comme un lieu sinistre, menaçant.
On pourra prolonger ce questionnaire en demandant aux élèves laquelle des deux images correspond le mieux, à leur avis, aux contes merveilleux.
Texte 3
p. 22-23
« Le Petit Chaperon rouge »
Charles Perrault, Contes classiques, 1697.
Comprendre la morale d’un conte
Le récit est ici proposé dans son intégralité, mais
sans la morale de Perrault. Celle-ci renvoie très
prosaïquement à la réalité. Nous avons préféré
demander aux élèves de formuler leur propre
morale à partir du récit.
Voici, pour information, la morale originale de ce
conte :
On voit ici que de jeunes enfants,
Surtout de jeunes filles
Belles, bien faites, et gentilles,
Font très mal d’écouter toute sorte de gens,
Et que ce n’est pas chose étrange,
S’il en est tant que le Loup mange.
Je dis le Loup, car tous les Loups
Ne sont pas de la même sorte ;
Il en est d’une humeur accorte,
Sans bruit, sans fiel et sans courroux,
Qui privés, complaisants et doux,
Suivent les jeunes Demoiselles
Jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles ;
Mais hélas ! qui ne sait que ces Loups doucereux,
De tous les Loups sont les plus dangereux.
1 a. Le personnage principal est le petit Chaperon
rouge, à cause du capuchon de cette couleur que
la petite fille porte toujours.
b. L’adjectif « pauvre » signifie ici que le personnage inspire de la pitié.
Le conte merveilleux
© Magnard, 2009
5
2 a. La phrase qui montre la naïveté du petit
Chaperon rouge est : « La pauvre enfant, qui ne
savait pas qu’il était dangereux de s’arrêter à écouter le loup, lui dit ». Techniquement, la phrase se
termine à : « …lui envoie », mais la réponse à la
question se trouve dans la partie citée. On pourra
s’en contenter.
b. En indiquant précisément le chemin pour aller
chez sa grand-mère et en expliquant qu’elle va ellemême s’y rendre, la petite fille confirme sa naïveté.
De plus, elle n’est pas alarmée par le changement
de voix de sa grand-mère, ni par sa « transformation » physique.
3 La fillette est en retard chez sa grand-mère car
elle a emprunté le chemin le plus long et pris le
temps de s’amuser, de cueillir des noisettes et de
faire des bouquets de fleurs.
4 Le loup peut parler à la petite fille et se faire
comprendre d’elle ; il est capable de changer sa
voix et de revêtir la tenue de la grand-mère.
5 Le loup n’a plus vraiment de raison de dévorer
le petit Chaperon rouge, car il a déjà dévoré la
grand-mère. Comme il est rassasié, l’auteur ne
donne par la suite plus de raison à sa volonté de
manger la fillette.
6 Ce dialogue est cruel car le lecteur sait comment il va se terminer. Le loup prend son temps
avant de dévorer le petit Chaperon rouge, fait durer
le plaisir de jouer avec sa naïveté.
7 a. Le petit Chaperon rouge commet plusieurs
erreurs : d’abord, elle donne l’itinéraire précis pour
se rendre chez la grand-mère ; ensuite, alors
qu’elle a parlé au loup, bête cruelle s’il en est, elle
prend son temps et emprunte le chemin le plus
long ; enfin, elle ne se rend pas compte de l’aspect
anormal de sa grand-mère, même en étant allongée à côté d’elle.
b. La situation finale de ce conte est surprenante,
car l’héroïne est tuée par le méchant : ce conte se
termine donc de façon tragique, sans qu’on assiste
au triomphe du bien.
8 La morale de ce conte pourrait être celle-ci :
« les jeunes filles trop naïves doivent se méfier des
personnes méchantes qui voudraient profiter de
leur innocence ».
À l’issue de ce travail, et selon le niveau de la
classe, on lira la « moralité » proposée par Charles
Perrault, et on pourra engager une discussion sur
l’actualité de ce conte et de sa morale. On pourra
également proposer la version des frères Grimm,
qui diffère radicalement dans sa résolution : un
chasseur parvient à tuer le loup et à sauver le petit
Chaperon rouge et sa grand-mère, prisonnières de
son estomac. Les auteurs allemands proposent
même une « suite », où le petit Chaperon rouge
montre qu’elle a appris de ses erreurs et où le loup
finit noyé dans une auge. La comparaison montre
nettement la différence entre la conclusion tragique voulue par Perrault et la fin plus positive proposée par les frères Grimm.
Textes 4 et 5
p. 24 à 26
« La Sorcière et l’Ascenseur »
Yak Rivais, Michel Laclos, Les Sorcières sont
N. R. V., 1988.
« La clé d'or »
Jacob & Wilhelm Grimm, Contes.
Enrichir son vocabulaire
Les autres calembours du texte sont « Met
l’usine en faillite » (Mélusine Enfaillite), « Pompe
à bras » (le pont Pabra), « Viens ici quand on
t’appelle » (Vivien Icikantontapel), « Chat Perché »
(Natacha Perché), « Jambonneau » (Jean
Bonneau), « Tintamarre » (Augustin et Célestin
Tamar), « Dette de jeu » (Odette de Jeu),
« Locomotive » (Paulo Comotive), « Gargarisme »
(la Gare Garisme), « Caramel » (Oscar Amel),
« Choléra » (Nicole Aira), « Nudiste » (Avenue
d’Iste) et « Topinambour » (Château Pinambour).
● En utilisant le mot « ascenfrère », les auteurs
jouent sur la dernière syllabe du nom « ascenseur », homonyme de « sœur », et féminin de
« frère ».
●
Comparer la construction de deux
contes
1 a. Les personnages du texte 4 sont : la sorcière Mélusine Enfaillite et les enfants (Vivien
Icikantontapel, Natacha Perché, Jean Bonneau,
Augustin et Célestin Tamar, Odette de Jeu, Paulo
Comotive et Oscar Amel).
b. Le héros du texte 5 est un petit garçon pauvre,
qui vit dans une région boisée où les hivers sont
rudes.
2 a. Les réponses de la question 1 se trouvent
essentiellement dans le début de chaque conte.
b. L’histoire n’a pas commencé, car chacun des
textes présente les personnages ou raconte leurs
habitudes, sans que rien de particulier ne se soit
encore produit.
c. Dans cette partie du récit, l’auteur veut présenter les personnages et le lieu où ils vivent.
6
© Magnard, 2009
3 Les phrases modifiant la situation habituelle
des personnages sont, dans le texte 4, « Une nuit,
la sorcière piégea l’ascenseur. » (l. 9) et dans le
texte 5 : « Il balaya la neige, et tout en raclant le
sol, il trouva une petite clé d’or. » (l. 9-10)
4 a. Dans le texte 4, cette phrase est introduite
par le complément circonstanciel de temps : « Une
nuit ».
b. Dans les deux textes, les verbes sont conjugués
au passé simple dans ces phrases.
c. Il s’agit dans les deux cas d’actions se produisant à un moment précis.
5 Les contes ne peuvent pas commencer directement par ces deux phrases, car, dans un cas, on
ne comprend pas pourquoi la sorcière piège l’ascenseur, et dans l’autre, on ne connaît pas le personnage ni ce qu’il fait dans la neige. Avant que
l’histoire ne commence, il faut présenter les personnages, leur situation et leur caractère pour bien
comprendre ce qui arrive.
6 a. À cause du sort jeté par la sorcière, l’ascenseur prend au piège les enfants qui y sont entrés.
b. Le nouveau personnage est Nicole Aira : il apparaît après que la sorcière a piégé l’ascenseur.
c. Son rôle est de briser la malédiction jetée par la
sorcière et de sauver les enfants. C’est l’héroïne
de l’histoire.
7 Nicole Aira « [chauffe] les parois [de l’ascenseur] avec des allumettes », « [pique] des épingles
dedans » et « [jette] des boules puantes » (l. 24 à
26).
8 La phrase qui exprime la résolution du problè-
me est à la ligne 28 : « Tous les prisonniers en
profitèrent pour s’évader ».
9 À la fin de ce conte, tout est rentré dans l’ordre
pour les enfants, qui n’ont plus rien à craindre de
la méchante sorcière car elle a déménagé.
10 On remarque que le texte 5 ne raconte pas la
fin du récit : la résolution de l’histoire n’est pas
donnée, on ne sait pas ce qui arrive au garçon à la
fin.
Pour conclure totalement la lecture de ces deux
textes, on pourra en montrer, pour l’un (texte 4) les
aspects humoristique (langage, absurdité) et parodique (présence du personnage traditionnel de la
sorcière), et pour l’autre (texte 5) la manière dont
les frères Grimm aiment à jouer avec les attentes
de leurs lecteurs.
Enrichir son vocabulaire
●
Une cassette est une petite caisse.
À l’écrit
Ce travail donnera l’occasion d’aborder la suite de
texte et d’attirer l’attention des élèves sur la nécessité de respecter, non seulement les éléments du
texte initial (personnages, lieux, faits), mais aussi
la manière dont il est rédigé, notamment du point
de vue du temps des verbes.
&
Vocabulaire
Expression
p. 27
1 Malveillant, désenchanté, bénédiction, bienfaisant.
2 1. Je vais vous relater mon arrivée au château.
2. Pour cela, il me faut vous conter l’origine de mes
aventures.
3. Il y a quelques années, on m’a rapporté les
malheurs que faisait subir un méchant roi à son
peuple.
4. Je laisserai les autres vous narrer comment je
les ai débarrassés de ce tyran…
3 1. Aujourd’hui, un comédien est venu dire des
contes au collège.
2. Il a expliqué aux collégiens qu’il était un conteur
professionnel.
3. Son plaisir est de raconter des histoires qu’il
invente lui-même.
4 1. Champ lexical de la forêt ➜ l’intrus est
« perforer ».
2. Champ lexical de la bûche ➜ l’intrus est
« bûcheur ».
3. Champ lexical du bois ➜ l’intrus est « boîtier ».
5 1. Hebdomadaire. 2. Millénaire. 3. Séculaire.
4. Mensuel. 5. Quotidien. 6. Annuel.
6 1. CHAUMIÈRE. 2. MANOIR. 3. REPAIRE.
4. CABANE. 5. PALAIS. 6. CHÂTEAU.
7 1. talisman. 2. présage. 3. philtre. 4. sortilège.
5. maléfice. 6. ensorcellement.
Le conte merveilleux
© Magnard, 2009
7
Sujet d’expression écrite
Écrire un conte merveilleux
Ce travail d’écriture vise à remplir une exigence des
programmes, à savoir l’élaboration d’une « écriture
longue individuelle ». La plupart des activités proposées page 27 ont pour visée de préparer cette
rédaction.
● Dans le cas où il serait impossible pour les élèves d’utiliser un dé, ou que le professeur souhaiterait que les élèves, et non le hasard, choisissent
consciemment les bases de leur récit, on pourra
leur indiquer de choisir dans chaque colonne un
élément qui leur plaît.
● Les conseils donnés aux élèves accordent une
place secondaire au schéma narratif, afin d’éviter
des écrits trop « cintrés » dans cette grille. On met
l’accent ici sur les relations entre les personnages,
les différents lieux traversés par eux et les épreuves subies par le héros.
● Le pilier 1 du socle commun préconise de faire
« rédiger un texte cohérent d’au moins trois paragraphes, adapté à son destinataire et à l’effet
recherché ». En l’occurrence, on veillera ici que les
élèves respectent les temps verbaux, en renvoyant
si nécessaire à l’unité 12 sur les temps du récit
( p. 258). On insistera sur l’organisation du texte
en paragraphes, et l’emploi correct de la ponctuation ( p. 270).
● Enfin, ce travail pouvant être considéré comme
l’aboutissement de ce parcours littéraire, on ne
privera pas les élèves qui le souhaitent de la possibilité de rédiger un conte humoristique, voire
parodique, ou de détourner certaines caractéristiques habituelles du conte – à condition que ces
détournements soient conscients et que la visée
humoristique du texte apparaisse à travers un véritable travail sur les mots, les caractères des personnages, la nature des péripéties, etc.
Lien utile
Nous conseillons vivement la navigation sur ce site
d’exposition de la Bibliothèque nationale :
Il était une fois… les contes de fées.
Le site Internet de la BnF propose une exposition
virtuelle élaborée à partir des collections de la
BNF, à l’iconographie foisonnante, et qui montre
l’influence du merveilleux sur les arts. Cette exposition est complétée par une présentation très
claire des « recettes » du conte de fées et de leurs
variantes, et fait deux « gros plans » sur Cendrillon
et Le Petit Chaperon Rouge.
➜ Vous pouvez accéder directement à ce site en
vous connectant sur :
http://jdl.magnard.fr/liens6p
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© Magnard, 2009