Étude

Transcription

Étude
Recherche
économique
et stratégies
d’investissement
Focus France : Élections 2007
www.exanebnpparibas.com/economie
21 mars 2007
Stefan Keller
+33 1 42 99 23 11
[email protected]
Nilouphar Vossough
+33 1 42 99 52 04
[email protected]
Étude
Le portrait _________________________________________________ 3
François Bayrou ___________________________________________________3
Le thème électoral : l’emploi__________________________________ 6
1.
2.
3.
Les mesures proposées par François Bayrou _________________________6
Les mesures proposées par Ségolène Royal _________________________8
Les mesures proposées par Nicolas Sarkozy _________________________10
Les échos de campagne _____________________________________ 11
Le calendrier des candidats __________________________________ 12
Les intentions de vote _______________________________________ 13
Activité____________________________________________________ 14
Faibles créations d’emplois au T4 2006
La semaine à venir __________________________________________ 16
Prévisions économiques _____________________________________ 17
Données boursières_________________________________________ 18
Please refer to important disclosures
at the end of this report.
A partir d’aujourd’hui, nous vous proposons une couverture hebdomadaire des échéances
électorales en France. En effet, les élections présidentielles des 22 avril et 6 mai, suivies des
élections législatives des 10 et 17 juin constitueront la base d’un nouveau cycle politique pour la
France.
Chaque semaine, vous y trouverez le portrait d’un des trois principaux candidats à la
présidence de la république (F. Bayrou, S. Royal, N. Sarkozy) ainsi que les mesures proposées
par ces candidats sur les thèmes majeurs tels que l’emploi, l’éducation et la recherche &
développement (R&D), la fiscalité, la protection sociale et l’agenda européen. Cette publication
donnera aussi les échos de campagne et fera le point sur les intentions de vote des Français.
Nous commençons cette semaine avec le portrait de François Bayrou, le seul parmi les trois
candidats susceptibles d’être élu à la Présidence de la République Française et ayant déjà
mené une campagne présidentielle. Nous avons choisi de présenter les mesures proposées de
ces trois candidats en faveur de l’emploi.
Dans le Focus France – Élections 2007 de la semaine prochaine vous trouverez le portrait de
Nicolas Sarkozy ainsi que les propositions des trois candidats sur le thème de l’éducation et de
la R&D.
Focus France 2/19
Le portrait
FRANÇOIS BAYROU
François Bayrou est né le 25 mai 1951 à Bordères (Pyrénées-Atlantiques).
Agrégé de lettres classiques, il est entré en politique en 1979 en tant que chargé de mission au
cabinet de Pierre Méhaignerie, Ministre de l’Agriculture puis d’Alain Poher, Président du Sénat.
Il est élu conseiller municipal de Pau en 1983.
Quatre ans plus tard, il devient député (UDF) des Pyrénées-Atlantiques puis Président du
Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques (1992).
Il devient ministre de l’Education Nationale en 1993, sous le gouvernement de cohabitation
d’Edouard Balladur. Au cours de son mandat, François Bayrou propose de réformer la loi
Falloux (1994). Sa proposition vise à intégrer la construction des établissements privés au
budget de l’Etat, et à intégrer les enseignants du secteur privé à l’Education nationale. Son
initiative est férocement critiquée par les enseignants du secteur public et les défenseurs de la
laïcité et provoque de nombreuses manifestations rassemblant plus de 1 million de personnes.
François Bayrou et le gouvernement Balladur se voient contraints d’abandonner cette mesure.
En 1995, après l’élection de Jacques Chirac à la présidence de la République, il voit son
portefeuille ministériel élargi à l’Enseignement supérieur et à la Recherche.
François Bayrou quitte le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de
la Recherche en 1997, suite à la dissolution de l’Assemblée Nationale et à l’arrivée au pouvoir
de la gauche plurielle.
Il préside l’UDF depuis 1998 et conduit la liste UDF lors des élections européennes en 1999. Sa
liste recueille 9,28 % des voix. François Bayrou est élu député européen (1999-2002). Sa
seconde de liste, Nicole Fontaine, est élue présidente du Parlement européen.
e
En 2002, François Bayrou se présente aux élections présidentielles et se place en 4 position
avec 6,8 % des voix, derrière Lionel Jospin et devant Arlette Laguiller mais refuse de faire partie
du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Toujours en 2002, François Bayrou démissionne de
son mandat de député européen afin de pouvoir revenir à l’Assemblée nationale. La majorité
des réformes entreprises entre 2002 et 2004 par le gouvernement Raffarin bénéficie du soutien
de l’UDF.
A partir de 2004, François Bayrou et les centristes s’opposent peu à peu aux réformes des
gouvernements Raffarin et Villepin, telles que le budget, la privatisation des autoroutes et le
CPE.
L’électorat de François Bayrou
La structure de l’électorat de François Bayrou est composée majoritairement de cadres
supérieurs et de professions intermédiaires. Les artisans et les employés le soutiennent
également mais dans des proportions légèrement plus faibles. Au cours de la campagne
actuelle, la progression du candidat centriste s’est ainsi appuyée sur le soutien des catégories
aisées de la population, puis sur le soutien d’un électorat moins favorisé. Toutefois, il faut noter
que les ouvriers et les retraités tendent à soutenir ses rivaux. Son électorat a, semble-t-il, été
séduit par son discours sur la dette publique et la nécessité de la résorber, mais également par
son rejet d’une bipolarisation de la scène politique.
Situé au centre de l’échiquier politique, François Bayrou attire des votes émanant de l’électorat
de droite comme de gauche. Ainsi, 3,8 % des électeurs se déclarant proche du PS se sont dits
prêts à voter pour François Bayrou en février 2007. Ce score n’était que de 1,5 % en décembre
2006 (sondage Cevipof).
Focus France 3/19
La galaxie Bayrou
1/ L’équipe de campagne
Marielle de Sarnez, vice-présidente de l’UDF et présidente de la délégation UDF au Parlement
européen, est la directrice de campagne,
Hervé Morin et Michel Mercier, présidents du groupe UDF à l’Assemblée nationale et au
Sénat, respectivement coordinateur des parlementaires et porte-parole du candidat,
Jacqueline Gourault, sénatrice UDF du Loir-et-Cher, en charge de relations avec les
parlementaires.
2/ Les proches
Parmi les fidèles proches de François Bayrou, on trouve notamment Jean Arthuis, sénateur de
la Mayenne, Président de la commission des finances, ancien Ministre de l’Economie ; Pierre
Albertini, un des vice-présidents de l’UDF et député maire de Rouen, ainsi que Maurice Leroy,
député du Loir-et-Cher et qui soutient toutes les décisions de François Bayrou telle que la
motion de censure contre le CPE.
On y trouve également Jean-Louis Bourlanges, vice-président du parti UDF et qui partage
avec François Bayrou l’intérêt sur les questions européennes, ainsi que Benjamin Ferniot,
directeur de cabinet de François Bayrou au ministère de l’Education nationale entre 1995 et
1997.
3/ Les personnalités
Jean-Marie Cavada, député européen, Christian Saint-Etienne, économiste, Jean-Claude
Casanova, économiste et éditeur de la revue Commentaire, Jean-François Kahn, directeur de
la rédaction de Marianne, Michel Camdessus, ancien directeur du FMI et ancien gouverneur
de la Banque de France et Alain Duhamel, journaliste, sont quelques-unes des personnalités à
soutenir le candidat centriste.
S’ajoute à eux le groupe Spartacus, groupe d’une trentaine de hauts fonctionnaires socialistes
anonymes à l’origine d’une tribune appelant à voter Bayrou dans Libération. Plus récemment,
l’ancienne candidate à l’élection présidentielle Corinne Lepage (Cap 21), ancienne ministre de
l’Environnement et l’actuel ministre de la Promotion de l’égalité des chances Azouz Begag se
sont également ralliés au candidat centriste.
Quel scénario politique s’il est élu ?
La question qui se pose en cas de victoire de François Bayrou est celle de la mise en place
d’une majorité parlementaire lors des élections législatives de juin 2007. Dans le cadre des
eme
institutions de la V
République, le fait que l’UDF ne soit pas un « grand parti » constitue un
lourd handicap.
François Bayrou plaide déjà en faveur de la création d’une majorité démocrate constituée de
responsables de la gauche et de la droite républicaines et se ralliant à lui de leur propre volonté.
Pour l’instant aucune des « grandes » formations ne veut céder aux avances du candidat
centriste et, à la différence de la situation actuelle outre Rhin, François Bayrou n’est pas à la
tête de ce grand parti hypothétique.
Focus France 4/19
Trois hypothèses sont alors susceptibles de se produire.
Première hypothèse (10 % de probabilité de réalisation) :
Le grand « parti démocrate » de François Bayrou remporte les élections législatives. Dans
l’immédiat, la situation serait alors classique même si la majorité est composée de personnalités
politiques d’horizons très variés. A plus long terme, la cohérence de cette majorité risque d’être
mise à l’épreuve.
Seconde hypothèse (20 % de probabilité de réalisation) :
Le grand parti démocrate de François Bayrou ne remporte pas les élections législatives et le PS
et l’UMP se retrouvent sans majorité à l’Assemblée nationale. Ne disposant que de peu de
pouvoirs, le Premier ministre de François Bayrou pourrait alors avoir recours à des majorités au
cas par cas.
Troisième hypothèse (70 % de probabilité de réalisation) :
Les élections législatives ne sont pas remportées par le parti de François Bayrou mais par l’un
des deux grands partis, PS ou UMP. La situation serait alors celle d’une cohabitation avec un
Premier ministre et un gouvernement issus de cette majorité.
Paradoxalement, le vainqueur de l’élection présidentielle devra mettre en œuvre la politique du
nd
vaincu. C’est ce qui était arrivé à J. Chirac à partir de 1997, lorsque L. Jospin, 2 lors des
élections présidentielles de 1995, a été nommé Premier ministre.
Focus France 5/19
Le thème électoral : l’emploi
1. LES MESURES PROPOSÉES PAR FRANÇOIS BAYROU
Le candidat UDF place l’emploi et les entreprises au cœur de son programme politique. Son
programme en matière d’emploi se décline principalement autour de quatre axes :
1/ La mesure phare du candidat centriste réside dans la possibilité pour chaque entreprise
de créer deux emplois allégés de charges sociales pendant une durée de cinq ans (charges
limitées à hauteur de 10 % destinées au financement des retraites). Il a précisé que cette
mesure serait applicable pour des emplois dont la rémunération n’excède pas 5 000 euros nets
par mois.
2/ Afin de favoriser la création et la croissance des petites entreprises, François Bayrou
propose la création d’un « Small Business Act » à la française avec, pour principe, une
simplification des démarches administratives et une fiscalité plus avantageuse pour les PME.
De plus, la totalité des marchés publics inférieurs à 50 000 euros leur seront réservées, tout
comme au moins 20 % de la totalité des grands marchés.
3/ Afin de ne pas renchérir le coût de l’emploi, François Bayrou propose la mise en place d’une
prime de 35 % sur les heures supplémentaires qui serait versée aux salariés et d’une
déduction des charges sociales d’un montant équivalent en faveur des entreprises. Celles-ci
n’auraient alors pas à subir de coût supplémentaire.
4/ Enfin, François Bayrou propose l’unification des aides sociales en une allocation unique,
allocation qui serait cumulable avec la reprise d’un emploi. L’objectif est d’inciter les
bénéficiaires des minima sociaux à reprendre un emploi alors que dans la situation actuelle, ces
derniers peuvent perdre financièrement à reprendre un emploi.
Les mesures « résiduelles »
Outre les mesures évoquées ci-dessus, le candidat centriste a évoqué plusieurs points
concernant l’emploi. Parmi ces points, il a cité la proposition d’instaurer une mesure incitant les
entreprises à verser une part plus importante de leurs bénéfices aux salariés ainsi qu’une
mesure visant à instaurer un impôt dégressif sur les sociétés.
En ce qui concerne le contrat de travail, l’UDF prône la généralisation du CDI. Celui-ci serait
assorti d’une période d’essai plus longue et de conditions plus souples en matière de
licenciement. François Bayrou est notamment favorable au principe de rupture par
consentement mutuel. En outre, le CDI serait un contrat à droit progressif permettant d’acquérir
des droits supplémentaires au fur et à mesure du temps passé dans l’entreprise. François
Bayrou a précisé qu’il ne souhaite pas imposer le même contrat dans tous les secteurs afin de
prendre en compte les spécificités de chaque branche d’activité.
François Bayrou souhaite également relancer l’emploi des seniors. Il propose notamment de
permettre à chaque employé de choisir l’âge de son départ à la retraite en fonction du niveau de
pension qu’il souhaite obtenir. Toutefois, les mesures qu’il souhaite prendre afin de remplir cet
objectif sont décevantes (développer l’activité des seniors dans le secteur des loisirs et de la
culture).
Enfin, le candidat centriste propose d’instaurer une TVA « sociale » qui permettrait de transférer
une partie des charges sociales pesant sur les entreprises françaises sur l’ensemble des
produits achetés en France (hausse du taux de TVA).
Focus France 6/19
Les obstacles
La volonté de François Bayrou de créer deux emplois allégés de charges sociales (10 % de
charges pour les retraites) pourrait entraîner des effets pervers sur l’emploi dans l’immédiat via
une accélération des licenciements juste avant la mise en place de la mesure.
En ce qui concerne l’accès des PME aux marchés publics, celui-ci est régi par un accord au
niveau international (Accord sur les Marchés Publics) qui interdit les quotas de PME. Cette
question doit donc être débattue avec l’Organisation Mondiale du Commerce. La nécessité
d’élaborer un nouvel accord empêche donc d’appliquer la mesure dans des délais brefs.
Favorable à la mise en place de contrats de travail plus flexibles et notamment au principe de
rupture par consentement mutuel proposé par le Medef, François Bayrou devra faire face à
l’opposition des syndicats de salariés : les syndicats se sont d’ores et déjà prononcés à
l’unanimité contre cette proposition.
Toutefois, le programme du candidat centriste ne comporte pas de mesure permettant
d’améliorer significativement la compétitivité des entreprises françaises et ne modifie les
conditions de la production et de l’offre qu’à la marge.
Selon les calculs de l’Institut de l’entreprise, le coût des mesures de François Bayrou en faveur
de l’emploi est évalué à EUR 12Mds.
Focus France 7/19
2. LES MESURES PROPOSÉES PAR SÉGOLÈNE ROYAL
Afin de « revaloriser la valeur travail », la candidate socialiste souhaite s’appuyer sur quatre
mesures phares pour relancer l’emploi en France.
1/ L’emploi des jeunes constitue le véritable socle du programme politique de Ségolène
Royal en faveur de l’emploi. Son constat est simple, la France fait figure de mauvais élève
parmi les pays européens en matière d’emploi des jeunes. Le taux de chômage des jeunes
entre 15 et 24 ans y est de 22,3 % alors que la moyenne européenne est de 18,5 %
(graphique 1).
Graphique 1 : Le taux de chômage des jeunes (15-24 ans)
en Europe, en %
30
Les jeunes français :
parmi les
champions d’Europe
en matière de
chômage
25
20
15
10
5
0
P ays-B as
Irlande
DanemarkRo yaume-A llemagne P o rtugal
Uni
UE à 25
Espagne
Finlande B elgique
France
Italie
Grèce
Sources : Eurostat, Exane BNPP
Afin de remédier à ce problème, la candidate vise la création de 500 000 emplois-tremplins en
cinq ans. Cette mesure est destinée à aider les PME à recruter, l’intégralité du salaire étant pris
en charge par l’Etat pendant une période de six mois. En contrepartie, l’entreprise doit
s’engager à ne pas licencier le jeune si l’entreprise dégage des bénéfices. Plus généralement,
Ségolène Royal souhaite que les jeunes ne soient pas au chômage pendant plus de six mois et
souhaite instaurer une « garantie d’activité jeune ». Au total, un jeune au chômage pendant six
mois bénéficiera soit d’un emploi aidé (emploi-tremplin), soit d’un stage rémunéré, soit d’une
formation.
2/ La seconde mesure phare de la candidate réside dans la modulation des aides aux
entreprises. Elle souhaite le redéploiement des aides aux entreprises en fonction de :
- la qualité des contrats de travail : une réduction, voire une suppression, des aides
distribuées aux entreprises ayant recours à des contrats de courte durée pourra être envisagée,
- l’utilisation des bénéfices : une entreprise qui réalise des profits et, en parallèle, licencie,
délocalise ou préfère redistribuer des dividendes plutôt que de réinvestir se verra privée d’aides
publiques. Le niveau du taux de distribution n’a pas été précisé.
3/ Ségolène Royal propose de porter le SMIC à 1500 euros d’ici à la fin de la législature en
2012. Le calendrier de sa mise en œuvre (linéaire, au début ou au milieu de la législature) n’a
pas été précisé.
4/ Enfin, à l’instar de ses principaux rivaux, Ségolène Royal préconise d’instaurer une mesure
afin d’inciter les bénéficiaires des minima sociaux à reprendre un emploi alors qu’ils y perdent
financièrement dans la situation actuelle. Cette mesure prendrait la forme d’un Revenu de
Solidarité Active (RSA), les bénéficiaires de cette allocation reprenant un emploi verraient leur
revenus augmenter d’un tiers. La durée de versement de ce complément de revenu n’a pas été
précisée.
Focus France 8/19
Les mesures résiduelles
En matière de contrat de travail, Segolène Royal propose la suppression du CNE mis en place
par le gouvernement de Villepin et la généralisation du CDI.
S’inspirant du modèle danois, Ségolène Royal propose également de mettre en place une
« couverture professionnelle universelle » (CPU), l’objectif étant de faire en sorte qu’un salarié
touche 90 % de son salaire lorsqu’il est licencié, et ce pendant un an.
Enfin, parmi les mesures évoquées mais insuffisamment développées, la candidate propose un
droit à la formation tout au long de la vie professionnelle ainsi que la promotion d’un
syndicalisme de masse.
Les obstacles
Le programme en matière de l’emploi de la candidate socialiste se heurte à une question de
coût. La promotion des emploi-tremplins ainsi que la mise en place de la CPU se traduiront par
un coût élevé pour les finances publiques et sont en contradiction avec l’objectif, affiché par
ailleurs, de stabilisation puis de réduction de la dette publique. Ne reposant pas sur des
fondamentaux sains (la croissance économique), la création de ces emplois apparaît comme un
artifice.
Par ailleurs, l’augmentation du SMIC et, partant, de l’ensemble des salaires alourdirait fortement
les coûts de production et pourrait résulter en une perte de compétitivité accrue. A titre de
comparaison, rappelons que l’Allemagne a réussi à restaurer sa compétitivité grâce au
processus de modération salariale engagé depuis 1995.
Ségolène Royal ne propose pas une quelconque modernisation du contrat de travail et reste
également très évasive sur la question des 35 heures. De plus, ses mesures seraient
susceptibles d’accentuer la perte de compétitivité des entreprises françaises et d’augmenter les
prélèvements obligatoires et la pression fiscale. Enfin, le programme ne propose pas de
mesures en faveur de l’emploi des seniors.
Selon les calculs de l’Institut d’Entreprise, le coût des mesures de la candidate socialiste en
faveur de l’emploi est évalué à EUR 16Mds.
Focus France 9/19
3. LES MESURES PROPOSÉES PAR NICOLAS SARKOZY
Le diagnostic de Nicolas Sarkozy sur l’emploi en France est celui d’un marché trop rigide. En
conséquence, ses propositions visent à rendre le marché du travail plus dynamique. Cette
stratégie est en grande partie liée à une modification des incitations fiscales, mais également à
la « modernisation » du contrat de travail et à une refonte des services de l’emploi.
Les mesures principales
1/ Nicolas Sarkozy propose d’exonérer les heures supplémentaires de charges sociales
(patronales et salariales) et de les rémunérer 25 % de plus que les heures normales. De plus, il
propose que chaque entreprise puisse négocier avec ses salariés, au début de chaque année,
le contingent d’heures supplémentaires.
2/ Nicolas Sarkozy propose, à l’instar de son rival centriste, la généralisation du CDI à droits
progressifs, conférant ainsi au salarié un renforcement de ses droits en fonction de son
ancienneté dans l’entreprise. Ce contrat de travail serait également assorti d’une période
d’essai plus longue que celle actuellement prévue, il serait beaucoup plus souple en matière de
licenciement économique et la durée des procédures de licenciement serait fortement réduite.
3/ Le candidat de l’UMP propose également la refonte des différents services de l’emploi,
dont l’ANPE et les ASSEDIC, au sein d’un service unique de l’emploi. De plus, il propose l’arrêt
des indemnisations de chômage en cas de refus par le demandeur d’emploi de deux offres
correspondant à ses compétences.
Les mesures résiduelles
Le candidat de l’UMP propose également la mise en place de compensations financières pour
les bénéficiaires de minima sociaux perdant financièrement en reprenant un emploi. De plus,
les bénéficiaires de minima sociaux seront contraints de signer un contrat d’insertion, assorti de
rendez-vous réguliers avec un travailleur social et auront l’obligation d’accepter une activité
d’intérêt général débouchant sur une réinsertion. Le candidat propose également un
accroissement du montant de la prime pour l’emploi mais une limitation aux seuls salariés les
plus pauvres.
Afin de favoriser l’emploi des jeunes, Nicolas Sarkozy propose de verser une aide aux
entreprises qui embauchent un jeune de 16 à 25 ans n’ayant pas de qualification ou résidant
dans une zone dite sensible, ce pour une durée de deux ans et de manière dégressive. De
plus, il propose un accompagnement personnalisé pour ces mêmes jeunes.
Nicolas Sarkozy propose enfin de réserver une partie des marchés publics aux PME ainsi que
de favoriser la mobilité des salariés. Ces mesures passent toutefois par la mise en place
d’incitations fiscales. Nicolas Sarkozy propose la possibilité de déduire un investissement en
faveur des PME à hauteur de 50 000 euros du patrimoine assujetti à l’ISF. S’agissant de la
mobilité des salariés, il propose une exonération des droits de mutation liés à des circonstances
professionnelles. Enfin, le candidat propose une défiscalisation plus importante des emplois de
service à la personne.
Les obstacles
Bien que la mesure de Nicolas Sarkozy en faveur des heures supplémentaires soit susceptible
de restaurer en partie la compétitivité des entreprises françaises, elle risque de ne pas avoir
d’impact sur la création d’emplois dans les secteurs où il existe des pénuries de main d’œuvre
(secteur du bâtiment, de l’hôtellerie, de la restauration, de l’alimentation et de la santé). Cette
mesure risque donc de ne pas avoir les effets escomptés dans l’intégralité des secteurs de
l’économie.
S’agissant des contrats de travail, Nicolas Sarkozy risque de se heurter au même problème que
François Bayrou : l’opposition unanime des syndicats vis-à-vis de l’assouplissement des
procédures de licenciement.
L’Institut de l’entreprise a chiffré la mesure concernant les exonérations de charges sociales sur
les heures supplémentaires à 4,6 Mds.
Focus France 10/19
Les échos de campagne
La liste des candidats
Le lancement de la campagne électorale a eu lieu officiellement le lundi 19 mars avec l’annonce
par le Conseil Constitutionnel de la liste des candidats ayant obtenu leurs 500 parrainages.
Sont en lice douze candidats, Olivier Besançenot (LCR), Marie-George Buffet (PCF), Gérard
Shivardi (soutenu par le Parti des travailleurs), François Bayrou (UDF), José Bové
(altermondialiste), Dominique Voynet (Verts), Philippe de Villiers (MPR), Ségolène Royal (PS),
Frédéric Nihous (Chasse, Pêche, Nature et Traditions), Jean-Marie Le Pen (FN), Arlette
Laguiller (LO) et Nicolas Sarkozy (UMP).
Égalité de temps de parole
Dorénavant, les candidats bénéficieront tous du même temps de parole dans les médias. Par
ailleurs, François Bayrou et Ségolène Royal se sont déclarés plutôt favorables à la mise en
place d’un débat audiovisuel entre les candidats. Nicolas Sarkozy refuse un tel débat.
Les soutiens
Dominique de Villepin a annoncé son soutien au candidat UMP, cela suite à l’annonce faite par
Jacques Chirac de ne pas briguer un troisième mandat. Azouz Begag, ministre UMP de la
Promotion de l’Egalité des Chances, et Edouard Fillias, ancien candidat à l’élection
présidentielle et président du groupe Alternative Libérale, ont officiellement apporté leur soutien
à François Bayrou. Claude Allègre, ancien ministre de l’Éducation nationale, a indiqué qu’il ne
soutiendrait pas Ségolène Royal.
Le soutien
Le Président de la République, Jacques Chirac, a annoncé qu’il apportera son vote et son
soutien au candidat de l’UMP, Nicolas Sarkozy.
Remaniement ministériel lundi 26 mars
Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ont fixé au lundi 26 mars la date à laquelle ce dernier
quittera ses fonctions ministérielles. Le porte-parole de Nicolas Sarkozy et actuel ministre de la
Santé, Xavier Bertrand, quittera également le gouvernement à cette date.
eme
VI
République ?
Ségolène Royal s’est prononcée pour l’instauration d’une VIe République afin de rééquilibrer les
pouvoirs au sein du système politique et de rendre les décisions politiques plus efficaces (par
exemple, elle propose que la Commission des finances soit confiée à un membre de
l’opposition). Elle s’est également prononcée en faveur de l’autonomie de l’Université et d’un
rapprochement du monde universitaire et du monde de l’entreprise.
Immigration et identité
Nicolas Sarkozy s’est prononcé en faveur de la création d’un ministère de l’Immigration et de
l’Identité nationale, censé favoriser l’intégration des immigrés. François Bayrou et Ségolène
Royal se sont d’ores et déjà opposés à la mise en place d’une telle mesure.
Immigration et internet
François Bayrou a proposé la création d’un « grand ministère sociétal » chargé des questions
liées à la jeunesse, auxsports, aux personnes âgées, à l’immigration et à Internet.
Les enseignants pèsent sur la campagne
François Bayrou et Ségolène Royal se sont prononcés pour l’abrogation du décret Robien,
décret prévoyant un allongement de la durée de travail des enseignants par le biais d’une
suppression des décharges d’horaires.
Focus France 11/19
Le calendrier des candidats
Synthèse des événements politiques à venir
Date
Nicolas Sarkozy
! Mercredi 21 mars
Présence médias :
France Info
! Jeudi 22 mars
Réunion publique aux
Abymes (Guadeloupe)
! Vendredi 23 mars
Ségolène Royal
François Bayrou
Réunion publique au
Zénith (Paris)
Réunion publique à
Marseille (Bouches du
Rhône)
Déplacement à Aix-enRéunion publique à Rivière Provence (Bouches du
Salée (Martinique)
Rhône) et Nice (Alpes
Maritimes)
! Samedi 24 mars
Parlement des banlieues à
Villeurbanne (Rhône)
! Dimanche 25 mars
Présence média :
RTL
! Lundi 26 mars
Démission de Nicolas
Sarkozy (Intérieur) et de
Xavier Bertrand (Santé) du Présence média :
Canal +
gouvernement.
Réunion publique à SaintEtienne (Loire)
! Mardi 27 mars
Réunion publique à
Rennes (Ille et Vilaine)
! Mercredi 28 mars
Réunion publique à Nîmes
(Gard)
Focus France 12/19
Les intentions de vote
er
Graphique 2 : Intentions de vote au 1 tour
40
Les intentions de
vote en faveur du
candidat centriste
ont décollé en
février et
proviennent du
tassement des deux
principaux
candidats. Nicolas
Sarkozy reste en
tête des sondages
35
30
29.5
25
24
22
20
15
12.5
10
5
0
01/12/06
19/01/07
9/02/07
17/02/2007
N. Sarkozy
02/03/2007
06/03/2007
S. Royal
09/03/2007
13/03/2007
J-M. Le Pen
16/03/2007
F. Bayrou
Source : IPSOS
er
Graphique 3 : Fermeté du choix de vote au 1 tour
90
Parmi les partisans
de François Bayrou,
moins d’une
personne sur deux
est sûre de voter
er
pour lui au 1 tour,
ce qui engendre une
forte incertitude
quant au résultat du
scrutin
80
70
60
50
40
30
20
10
0
01/03
02/03
03/03
04/03
05/03
06/03
N.Sarko zy
07/03
08/03
09/03
10/03
S. Ro yal
11/03
12/03
13/03
14/03
15/03
F. B ayro u
16/03
17/03
J-M . Le P en
Source : IPSOS
En cas de second tour entre
S. Royal et N. Sarkozy, ce
dernier maintient une avance
certaine sur la candidate
socialiste
Graphique 4 : Intentions de vote au 2
nd
tour
60
58
56
Dans l’hypothèse d’une
présence de François Bayrou
au second tour, ce dernier
remporterait l’élection avec
55% des voix contre
N. Sarkozy et contre S. Royal
54
52
50
48
46
44
42
40
01/12/06
19/01/07
9/02/07
S. Royal
Source : IPSOS
Focus France 13/19
17/02/2007
02/03/2007
06/03/2007
09/03/2007
N. Sarkozy
13/03/2007
16/03/2007
Activité
FAIBLES CRÉATIONS D’EMPLOIS AU T4 2006
Selon les données révisées de l’INSEE, l’emploi salarié progresse de +0,2 % au cours du
quatrième trimestre 2006. Sur l’année 2006, les créations d’emplois dans le secteur
concurrentiel ressortent à +160 K, soit une hausse de 0,9 %.
L’analyse par secteur montre que le secteur industriel continue de détruire des emplois,
-15 K au T4 2006. Au total, le secteur industriel a détruit 65 K au cours de l’année 2006
(-1,7 % en glissement annuel). L’emploi dans le secteur industriel devrait continuer à se
dégrader, conformément aux statistiques de la production industrielle (-0,3 % en glissement
mensuel en janvier) et conforte le point de vue que ce secteur est au point mort.
Le secteur des services a créé 170 K emplois en 2006 (+1,6 % en glissement annuel), dont
30 K au T4 2006 contre 46 K au T3 2006. Cette relative perte de dynamisme dans le secteur
des services est essentiellement imputable à la forte baisse de l’emploi intérimaire (-13,6 K au
T4 2006 contre +0,7 K au T3 2006 et +25 K au T2 2006). C’est un signal inquiétant dans la
mesure où les créations d’emploi dans ce secteur constituent un bon indicateur avancé de la
conjoncture.
Toujours dynamique, le secteur de la construction a créé 154 K emplois en 2006 (+4,1 %).
Toutefois ce dynamisme pourrait s’atténuer au cours des prochains mois, le quatrième trimestre
n’ayant créé que 13,4 K contre 14,9 K au T3 2006.
En ce qui concerne les perspectives pour 2007, il ne faut pas s’attendre à une remontée
significative du nombre de créations d’emplois. Après la forte progression du secteur de la
construction en 2006, celui-ci pourrait donner quelques signes de faiblesse en 2007. Par
ailleurs, le secteur industriel reste soumis à une évolution négative de la structure productive
(désindustrialisation, tertiarisation de l’activité). Le secteur des services est donc celui où se
concentrera la majorité des créations d’emplois.
Les élections présidentielles et législatives en mai/juin et la mise en place d’un programme pour
dynamiser l’emploi sont les facteurs à surveiller dans les mois à venir.
Graphique 5 : Emploi et croissance du PIB
600
5.0
Emplo i (variatio n, en milliers)
P IB (cro issance en vo lume)
500
4.0
400
300
3.0
200
2.0
100
0
1.0
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
-100
0.0
-200
-300
Sources : INSEE, Datasteam Thomson Financial, Exane BNPP
Focus France 14/19
-1.0
Graphique 6 : Créations d’emploi par secteur
(glissement annuel en %)
Les créations
d’emplois restent
faibles. Le momentum
dans le secteur de la
construction s’atténue
8.0
6.0
4.0
2.0
0.0
(2.0)
(4.0)
(6.0)
(8.0)
91
92
93
Tertaire
94
95
96
97
To tal
98
99
00
01
02
03
Co nstructio n
04
05
06
07
Industrie
Sources : INSEE, Datasteam Thomson Financial, Exane BNPP
Graphique 7 : Croissance du PIB et emploi intérimaire
Les créations d’emploi
dans le secteur
intérimaire constituent
un bon indicateur
avancé de la
conjoncture
5
50
4
40
30
3
20
2
10
1
0
0
-10
-1
-20
-30
-2
91 92 93 94 95 96 97 98 99 00 01 02 03 04 05 06 07 08
PIB
Emploi intérimaire
Sources : INSEE, Datasteam Thomson Financial, Exane BNPP
Focus France 15/19
La semaine à venir
LES ÉVÉNEMENTS CLÉS DE LA SEMAINE
Semaine du 19 au 23 mars 2007
*
**
***
:
:
:
À suivre de près
Indicateur sensible
Impact significatif
Heures de Paris. Consensus relevés vendredi 16 mars à 12h. Prévisions Exane BNPP.
Vendredi 23 mars
8h45
France
**
Dépenses de consommation en biens manufacturés (février)
Janvier : 1,2 % sur le mois ; 7,1 % en glissement annuel
Prévision : 0,1 % sur le mois ; 5,5 % en glissement annuel
Consensus : -0,6 % sur le mois ; 4,9 % en glissement annuel
Commentaire : Maintien d'une tendance robuste. Fin des soldes.
Immatriculations de voitures particulières en légère baisse. Au total,
stabilisation après une croissance soutenue en décembre et en janvier.
Focus France 16/19
Prévisions économiques
Tableau 1 – France: composantes du PIB, variation annuelle, en %
PIB
Consommation des ménages
Logement
Investissement des entreprises
Variation de stocks (*)
Demande interne
Exportation
Commerce extérieur (*)
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
4,0
3,5
2,5
8,0
0,6
4,5
12,9
-0,4
1,8
2,5
1,4
3,8
-0,4
1,7
2,7
0,2
1,1
2,3
1,2
-2,9
-0,3
1,2
1,3
-0,1
1,1
2,3
2,2
0,3
-0,2
1,9
-1,1
-0,7
2,0
2,5
4,0
4,2
0,3
2,8
3,3
-0,7
1,2
2,2
4,1
3,8
0,0
2,1
3,2
-0,9
2,0
2,8
2,5
3,8
-0,1
2,5
6,0
-0,6
1,8
2,3
1,1
2,8
0,1
2,3
3,0
0,0
Source: Exane BNP Paribas Economic Research
(*) Contribution à la croissance du PIB
Tableau 2 – comparaisons internationales ; croissance du PIB
France
Allemagne
Euroland
Etats-Unis
Japon
Monde
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
4,0
3,5
4,0
3,7
2,8
4,6
1,8
1,4
1,9
0,8
0,2
2,6
1,1
0,0
1,0
1,6
0,3
2,9
1,1
-0,2
0,8
2,5
1,5
4,0
2,0
0,8
1,8
3,9
2,7
5,3
1,2
1,1
1,4
3,2
1,9
4,8
2,0
2,9
2,7
3,3
2,2
5,3
1,8
1,8
2,1
2,4
2,0
4,6
Source: Exane BNP Paribas Economic Research
Tableau 3 – prévisions économiques (moyenne annuelle)
Production manufacturière, %
Taux de chômage %
Inflation, %
Déficit public, % du PIB
Dette publique, % du PIB
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
5,5
9,5
1,7
-1,4
57,2
1,0
8,7
1,6
-1,5
56,8
-1,7
9,1
1,9
-3,1
58,8
-0,9
9,9
2,1
-4,1
63,7
2,3
10,0
2,2
-3,6
64,8
0,3
9,9
1,8
-2,9
66,6
1,2
9,0
1,7
-2,6
64,6
1,7
8,6
1,8
-2,9
64,0
Source: Exane BNP Paribas Economic Research
Tableau 4 – prévisions financières (moyenne annuelle)
EUR/USD
Taux Euribor 3 mois, %
OAT 10 ans, %
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
0,92
4,40
5,40
0,90
4,26
4,95
0,95
3,32
4,88
1,13
2,33
4,14
1,24
2,11
4,11
1,24
2,19
3,40
1,26
3,08
3,80
1,30
4,10
4,00
Source: Exane BNP Paribas Economic Research
Focus France 17/19
Données boursières
Tableau 5 – Performance et valorisation par marché (en devise locale)
Pays/Zone
Allemagne
3 mois
1 an
(4,1)
1,7
13,5
Depuis
le 31
dec.06
1,6
1
1 mois
semaine
Indice
DAX 30 *
6700
1,2
PE 2006 PE 2007 PE 2008
13,9
12,9
11,6
France
CAC 40
5503
1.3
(3,7)
(0,2)
7,1
(0,7)
13,4
12,5
11,5
Suisse
SMI
8882
0,6
(4,7)
1,3
10,2
1,1
15,8
14,5
13,2
Pays-Bas
AEX
Italie
S&P MIB
498
2,9
(1,9)
0,5
6,8
0,6
11,5
11,6
10,9
40519
0,6
(5,0)
(1,9)
5,3
(2,2)
16,1
14,4
12,8
Suède
OMX
1196
1,7
(1,3)
5,3
14,9
4,3
11,9
13,3
12,2
Espagne
IBEX
14323
2,4
(3,8)
0,9
20,1
1,3
15,4
14,0
12,3
Portugal
PSI Général*
3616
(0,5)
(5,5)
4,8
19,6
3,8
Royaume-Uni FTSE100
6220
1,0
(3,0)
0,4
3,8
(0,0)
13,2
12,5
11,8
Belgique
BEL 20
4374
1,7
(3,6)
0,7
10,6
(0,3)
14,0
13,4
12,3
Europe
Eurotop 300
1488
1,5
(3,7)
0,4
8,4
0,3
Zone euro
Euro Stoxx
399
1,6
(3,6)
1,1
10,4
0,8
14,3
13,1
11,9
Europe
Stoxx
367
1,6
(3,6)
0,7
9,6
0,5
14,2
13,3
12,2
Zone euro
Euro Stoxx 50
4080
1,5
(4,0)
(0,9)
6,2
(1,0)
12,8
12,2
11,1
Europe
Stoxx 50
3651
1,2
(4,6)
(1,3)
3,5
(1,3)
12,2
11,6
10,7
États-Unis
États-Unis
S&P 500
1411
2,4
(3,3)
(0,9)
8,1
(0,5)
16,1
15,2
13,6
Dow Jones
12288
1,8
(3,9)
(1,4)
9,0
(1,4)
États-Unis
Nasdaq 100
1767
2,6
(3,6)
(0,6)
4,6
0,6
Japan
Nikkei 225
17163
(0,1)
(4,3)
0,9
3,2
(0,4)
20,2
17,5
16,2
(*) dividendes réinvestis
Source: Exane BNPP
Tableau 6 – croissance des BPA avant goodwill (données recalculées en bottom-up)
2006
2007
2008
2009
CAC40
9,3
7,0
9,2
9,5
SBF80
49,3
16,4
16,3
14,8
SBF120
12,5
8,0
10,0
10,0
SBF250
11,7
8,2
10,0
10,2
Stoxx50
11,8
4,9
8,5
7,0
Euro Stoxx50
12,9
4,8
10,1
8,7
Stoxx
15,3
7,3
8,9
8,3
Euro Stoxx
16,1
8,6
10,0
10,0
Stoxx small
34,6
11,1
11,5
11,0
Source: Thomson Financial Datastream, I/B/E/S, Exane BNP Paribas
Focus France 18/19
PARIS
Exane S.A.
16 Avenue Matignon
75008 Paris
France
Tel: (+33) 1 44 95 40 00
Fax: (+33) 1 44 95 40 01
FRANCFORT
Succursale d'Exane S.A.
Bockenheimer Landstrasse 23
60325 Francfort am Main
Allemagne
Tel: (+49) 69 42 72 97 300
Fax: (+49) 69 42 72 97 301
GENEVE
Succursale d’Exane S.A.
Cours de Rive 10
1204 Genève
Suisse
Tel: (+41) 22 718 65 65
Fax: (+41) 22 718 65 00
LONDRES
Exane Ltd
20 St. James’s Street
Londres SW1A 1ES
Royaume-Uni
Tel: (+44) 20 7039 9400
Fax: (+44) 20 7039 9432 / 9433
This research is produced by Exane S.A. and/or its affiliates ("Exane") on behalf of itself and is solely for
the private information of the recipients. Exane is not soliciting an action based upon it, and under no
circumstances is it to be used or considered as an offer to sell, or a solicitation of any offer to buy.
All information contained in this research report has been compiled from sources believed to be reliable.
However, no representation or warranty, express or implied, is made with respect to the completeness or
accuracy of its contents, and it is not to be relied upon as such. Opinions contained in this research
report represent Exane's current opinions on the date of the report only.
While Exane endeavours to update its research reports from time to time, there may be legal and/or
other reasons why Exane cannot do so and, accordingly, Exane disclaims any obligation to do so.
Recipients should be aware that Exane, any shareholder or affiliate of Exane, and any of their officers,
directors or employees (or members of their households) may (a) have a position in, or be interested in,
transactions in any securities directly or indirectly the subject of this report ; (b) have received in the past
12 months or seek in the next 3 months compensation for services relating to investment banking from
the subject company/ies, (c) act as a broker for the subject company/ies ("corporate broking"), (d) have
managed or co-managed in the past 12 months a public offering of securities for the subject
company/ies, (e) have been acting for the subject company/ies either as lead-manager or member of an
underwriting or selling group for a primary market issue, or as advisor or sponsor for a tender offer in the
past 12 months, (f) have additional material conflict of interests, (g) have corporate links or have a
financial interest with the subject company/ies. Recipients should be aware that Exane, any shareholder
or affiliate of Exane, may make a market in the securities mentioned in the report.
This report is provided solely for the information of professional investors who are expected to make
their own investment decisions without undue reliance on this report and Exane accepts no liability
whatsoever for any direct or consequential loss arising from any use of this report or its contents.
This report may not be reproduced, distributed or published by any recipient for any purpose. Any United
States person wishing to obtain further information or to effect a transaction in any security discussed in
this report should do so only through Exane, Inc., which has distributed this report in the United States
and, subject to the above, accepts responsibility for its contents. This research report is approved by
Exane Ltd, regulated by the FSA, in connection with its distribution in the United Kingdom.
BNP PARIBAS has acquired an interest in VERNER INVESTISSEMENTS the parent company of
EXANE. VERNER INVESTISSEMENTS is controlled by the management of EXANE. BNP PARIBAS’s
voting rights as a share holder of VERNER INVESTISSEMENTS will be limited to 40% of overall voting
rights of VERNER INVESTISSEMENTS.
MILAN
Succursale d’Exane S.A.
Via dei Bossi 4
20121 Milano
Italie
Tel: (+39) 02 89631713
Fax: (+39) 02 89631701
NEW YORK
Exane Inc.
640 Fifth Avenue
15th Floor
New York, NY 10019
États-Unis
Tel: (+1) 212 634 4990
Fax: (+1) 212 634 5171
SINGAPOUR
Succursale d’Exane Ltd
20 Collyer Quay
08-01 Tung Center
04139
Singapour
Tel: (+65) 6210 1909
Fax: (+65) 6210 1982
ZURICH
Bureau de représentation d'Exane S.A.
Lintheschergasse 12
8001 Zurich
Suisse
Tel: (+41) 1 228 66 00
Fax: (+41) 1 228 66 40
La recherche Exane est aussi disponible sur le
site web (www.exanebnpparibas-actions.com)
ainsi que sur Bloomberg (EXAA), First Call
et Multex.