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LA MONTAGNE SAMEDI 14 FEVRIER 2015
Le fait du jour
Saint-Valentin
Le jour de la Saint-Valentin aura été associé à
l’amour romantique au haut moyen âge. La
fête est maintenant associée à des valentins
illustrés d’un cœur ou d’un Cupidon ailé.
3
Limousin
Un chiffre
39.4%
c’est le pourcentage de
célibataires en France,
au 1er janvier 2014. (36.1 % de femmes et
43 % d’hommes. (Source INSEE).
Une clientèle variée
Les agences matrimoniales ont vu leur clientèle
se diversifier. Avec une majorité d’adhérents
âgés de 40 à 60 ans (environ 75 %), leur
clientèle s’étend aujourd’hui de 20 à 90 ans.
SOCIÉTÉ ■ Quand l’amour continue de faire recette, les agences matrimoniales savent tirer leur épingle du jeu
Elles ont toujours le vent en poupe
Au temps des rencontres
virtuelles, les agences
matrimoniales ont su
résister à la concurrence,
profitant même des failles
du web.
E
Aline Combrouze
n ce jour de la Saint­Va­
lentin, nombreux sont
ceux qui passeront la soi­
rée en célibataire. D’après
les derniers chiffres de l’Insee,
on en compte 16 millions en
France et leur nombre ne cesse
d’augmenter depuis trente ans.
Et si pour certains, dénicher
l’âme sœur semble mission im­
possible, un vaste marché d’en­
tremetteurs professionnels se
tient prêt à leur venir en aide.
Une cible de cœurs à prendre
toujours autant convoitée, y
compris par les agences matri­
moniales. On aurait pu penser
que ces agences, taxées d’une
image un peu vieillotte,
n’auraient pas résisté à la con­
currence des sites internet spé­
cialisés, qui n’ont cessé de fleu­
rir sur la toile depuis le début
des années 2000. Mais réputées
plus sérieuses, elles parviennent
encore à attirer un large public.
Un gage de sécurité
Célibataires, divorcés, veufs,
ouvriers ou cadres, jeunes ou
plus âgés, ils poussent encore la
porte de l’agence matrimoniale.
« Quand le boom des sites inter­
net a eu lieu, nous avons su
proposer une offre de services
plus large, et chez nous, les gens
sont honnêtes », argumente
Aurore Angels, responsable de
plusieurs agences au sein du ré­
seau Unicentre, implanté depuis
1971 en région Limousin, com­
me sur l’ensemble du territoire
national. Coaching personnalisé
pour aider la personne à mieux
se connaître et améliorer son
AGENCES MATRIMONIALES. Dans le casting des adhérents, personne n’a la possibilité de se faire passer pour quelqu’un d’autre.
image, psychothérapeute pour
aider l’amoureux blessé à y croi­
re de nouveau. Voilà l’offre de
services qu’on retrouve dans la
plupart des agences tradition­
nelles, en plus de la gestion des
compatibilités entre adhérents.
Une offre qui s’accompagne
d’un discours qui joue la carte
d e l a t ra n s p a re n c e. Ca r a u
temps des rencontres virtuelles
et faux profils qui pullulent sur
la toile, la personne qui souhai­
te s’inscrire dans une agence
matrimoniale doit montrer pat­
te blanche. Chaque client doit
remettre pièce d’identité, certifi­
cat de divorce ou contrat de tra­
vail pour justifier d’une activité
professionnelle. Une exigence
pour un gage de sécurité, parti­
culièrement apprécié par les
femmes.
Une clientèle décomplexée
Depuis quatre ou cinq ans,
Aurore Angels dit constater un
autre phénomène. Si les agen­
ces matrimoniales ont perdu
une partie de leur clientèle avec
la concurrence du web, la dé­
marche d’aller chercher sa moi­
tié via des structures profession­
nelles s’est aussi décomplexée.
« Avant, les gens rentraient en
toute discrétion, gênés. Avec
l’arrivée des sites internet, faire
appel à une agence matrimo­
niale s’est davantage intégré
dans les mœurs, surtout chez
les jeunes. Déçus d’internet, ils
représentent aujourd’hui 20 %
de notre clientèle. »
Charlotte, 23 ans, s’est récem­
ment inscrite à l’agence Odile
Conseil à Limoges, pour enfin
trouver chaussure à son pied.
« Je me suis rendu compte que
le hasard ne suffisait pas pour
rencontrer quelqu’un. J’ai préfé­
ré aller dans une agence plutôt
que sur les sites comme Meetic.
PHOTO D’ARCHIVES
Sur internet, il y a des barrières,
je ne sais pas qui se cache der­
rière l’écran. Je me suis inscrite
il y a un mois et j’attends que la
responsable de l’agence me fas­
se une proposition. Il faut payer,
mais au moins je suis en sécu­
rité. » Attendre et payer. C’est le
lot des célibataires qui recher­
chent l’âme sœur via les servi­
ces payants des agences matri­
moniales, avec des forfaits
allant de 400€ à plus de 2.000€,
sans garantie de résultats pro­
bants. Les agences interrogées
assurent un taux de réussite de
70 % à 75 %. ■
Une agence matrimoniale pour se rencontrer et plus si affinités
Odile Garrelou, directrice des
agences matrimoniales Odile conseil, s’attend à voir de nouveaux
clients pousser la porte de ses
agences dans les jours qui viennent.
Traditionnellement, la Saint­
Valentin agit sur les personnes
seules, isolées, « comme une pi­
qûre de rappel », explique la
professionnelle aux 20 ans d’ex­
périence. A ses agences histori­
ques de Br ive­Malemor t et
Aurillac, elle a ajouté récem­
ment deux bureaux, un à Limo­
ges et un à Clermont. Selon elle,
les agences matrimoniales, qui
ont une existence physique, ont
encore de beaux jours devant
elles. Certes, les années 2000
ont été critiques avec l’arrivée
des sites Internet mais après
quelques années, les clients
sont revenus. « Aujourd’hui, la
tendance est inversée », se ré­
jouit Odile qui accueille les dé­
çus d’Internet mais aussi ceux
qui ne veulent pas tenter par
m a n q u e d e c o n f i a n c e. L e s
atouts d’une agence comme la
sienne portent sur l’approche
humaine et psychologique.
Chez elle, les clients rencontrent
des professionnelles qui s’inté­
ressent à la personnalité et qui
déterminent « une famille de
besoins » pour les orienter au
plus juste. « Cela évite des er­
PROFESSIONNELLE. Odile Conseil privilégie le contact.
ARCHIVES
reurs de casting ».
Selon Odile, « si l’on n’attend
rien de sérieux, avec une ins­
cription sur Internet, on est au
bon endroit ». En revanche,
pour qui cherche une histoire
pérenne, avec le net, « autant
chercher une aiguille dans une
botte de foin ».
Odile Conseil propose un tra­
vail sur soi avec du conseil en
image ou encore les services
d’une psychothérapeute pour
lever d’éventuels blocages. Une
pratique sérieuse de son métier
qui lui vaut depuis 2009 un prix
d’excellence décerné par l’Ordre
qui régit la profession. ■
Laetitia Soulier
Correze