Etude potentiel éolien18.98 Mo
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Etude potentiel éolien18.98 Mo
Collectivité départementale de Mayotte Responsable Technique Ibrahim BAHÉDJA Chef de bureau Energie Université d’Orléans / Laboratoire du Cedete Responsable Scientifique Laurent TOUCHART Professeur des Universités Mesures de vent et rédaction de l’atlas Bureau d’études ENCIS Wind Sylvain LE ROUX Responsable de l’étude Docteur en Géographie Elisabeth GALLET Ingénieur Environnement Pierre PAPON Docteur en Géographie Vincent PÉROLLE Ingénieur en Géosciences Appliquées Jean-Étienne QUINET Chargé d’études Analyse de vent Sommaire Introduction.......................................................................................... 1 Le contexte géographique de l’île de Mayotte................................... 3 Le milieu physique..................................................................................... 5 La démographie.......................................................................................... 5 Le contexte énergétique général de l’île de Mayotte......................... 7 Un contexte international tendu................................................................ 9 Une île dépendante du pétrole..................................................................10 L’énergie éolienne sur l’île de Mayotte - Définition et contraintes.. 13 Les rôles de l’énergie éolienne.................................................................. 15 Les étapes du développement d’un projet éolien................................... 16 Les contraintes liées à l’activité humaine................................................ 17 Les contraintes environnementales......................................................... 21 La méthodologie d’étude du gisement éolien de l’île de Mayotte... 25 L’installation des mâts de mesures......................................................... 27 Corrélation avec la station de Pamandzi................................................. 28 Modélisation à l’échelle de l’île de Mayotte............................................. 28 L’étude du gisement éolien de l’île de Mayotte.................................. 31 Analyse globale.......................................................................................... 33 Analyse par secteur.................................................................................... 43 Analyse des zones favorables................................................................... 51 La valorisation du gisement éolien de l’île de Mayotte..................... 79 La production d’électricité......................................................................... 81 Le pompage de l’eau et la dessalinisation............................................... 86 Conclusion............................................................................................ 89 Introduction La production d’énergie électrique sur l’île de Mayotte provient actuellement de la combustion de ressources fossiles importées. Ainsi, l’île est très dépendante de l’extérieur, et ce mode de production d’électricité comporte des risques et des contraintes, tout aussi bien du point de vue économique qu’écologique. Dans ce contexte de crise énergétique et environnementale, il est nécessaire de trouver des alternatives afin de diversifier le mode de production d’électricité sur l’île. C’est dans ce cadre qu’au début de l’année 2006, un accord entre le Conseil Général de Mayotte, l’Université d’Orléans et le bureau d’études ENCIS Wind a été signé afin d’évaluer le potentiel éolien de Mayotte. Ainsi, deux mâts de mesures du vent ont été installés en avril et mai 2007 sur l’île GrandeTerre de Mayotte, l’un à Chirongui, l’autre à Longoni, deux zones de l’île dégagées, choisies pour leur accessibilité. La campagne de mesures nous a permis d’évaluer la vitesse du vent à la hauteur d’une éolienne. Un atlas éolien de Mayotte a été réalisé afin d’identifier les zones les plus favorables à l’implantation d’éoliennes, en vue d’étudier la faisabilité technique de la production d’électricité et du pompage de l’eau à partir de l’énergie du vent. Nous présentons tout d’abord dans ce document le contexte géographique et énergétique de l’île de Mayotte. Suivra une présentation de l’énergie éolienne, des généralités jusqu’au contexte mahorais, ainsi qu’une description des étapes du développement de projets éoliens. Nous exposerons par la suite la méthodologie employée pour étudier le gisement éolien. L’analyse des résultats, qui constituera le cœur de ce document, présentera le potentiel éolien, depuis les cartes de vents à l’échelle de l’île, jusqu’à la présentation des secteurs favorables à l’implantation d’aérogénérateurs. Enfin, nous conclurons cet atlas éolien par l’étude des possibilités de valorisation de la ressource en vent via la production d’électricité ou le pompage de l’eau. 1 Le contexte géographique de l’île de Mayotte Le milieu physique L’île de Mayotte fait partie de l’archipel des Comores, situé dans l’Océan Indien, entre l’Afrique et Madagascar. D’une superficie de 374 km2, elle est d’origine volcanique et se compose de deux îles principales, Petite-Terre et Grande-Terre, ainsi que d’une trentaine d’îlots épars. Vieille de plusieurs millions d’années, Mayotte a été soumise à une érosion prolongée et à un enfoncement important (subsidence), son plateau s’étant progressivement effondré. Le relief de l’île est escarpé et composé de massifs basaltiques. Le point culminant de la Grande Terre, le mont Bénara, s’élève à 660 m. La Petite Terre quant à elle, voit son altitude n’atteindre que 203 m au-dessus de l’océan. Les côtes de ces îles sont très découpées et forment des baies profondes, des caps rocheux ainsi que des presqu’îles. L’île est entourée d’un récif corallien constituant un des plus grands lagons du Monde, large de plus de 1 100 km². Le climat mahorais est tropical humide sous influence océanique. Il est caractérisé par deux saisons bien marquées : l’été austral, d’octobre à mars, et l’hiver austral, d’avril à septembre. L’été austral est la saison chaude et humide, durant laquelle se concentrent les pluies abondantes et les vents de mousson (généralement faibles avec des rafales). L’hiver austral est la saison fraîche et sèche, balayée par les alizés forts et réguliers1. La température de l’air connaît quant à elle de faibles amplitudes annuelles, autour d’une moyenne de 28 à 30 °C. Carte de présentation de l’île de Mayotte La démographie L’île de Mayotte connaît une croissance démographique préoccupante. Entre 1997 et 2007, la population est passée de 131 000 à 187 000 habitants. Plusieurs raisons sont à l’origine de cette croissance démographique élevée, la raison principale étant le fort taux de natalité qui atteint les 38 ‰ (par exemple, 13 ‰ pour la France métropolitaine). Ceci s’intègre dans un contexte sanitaire en amélioration, également caractérisé par une baisse du taux de mortalité infantile et une amélioration des soins médicaux. Vient s’ajouter un solde migratoire important, avec des immigrés légaux et illégaux, en provenance des îles voisines (Madagascar, Comores) et du continent africain et métropolitain. Evolution démographique de Mayotte entre 1958 et 2008 200 000 180 000 Population 160 000 140 000 120 000 100 000 80 000 60 000 40 000 20 000 0 1950 1960 1970 1980 Années 1990 2000 2010 Malgré ce dernier phénomène migratoire, qui pourrait faire croire à la proximité de ses voisins, Mayotte reste isolée. L’île est en effet éloignée de 350 km de Madagascar et de 400 km de l’Afrique orientale. Cette insularité reste par conséquent un handicap et en fait un territoire sensible. Dans ce contexte, se dessinent plusieurs enjeux majeurs dont celui de la nécessaire indépendance énergétique, puisque aucune connexion (électricité, gazoduc, etc.) n’est possible avec le continent le plus proche. Source: Tableau économique de Mayotte (2006-2007) par l'INSEE 1 cf. histogramme des vents sur une année pour Chirongui, Partie « Etude du gisement éolien de l’île de Mayotte » 5 Le contexte énergétique général de l’île de Mayotte Un contexte international tendu Changement climatique, épuisement des ressources, renchérissement du prix du pétrole, pollution atmosphérique, marées moires… autant de problématiques associées à l’utilisation de l’énergie qui rendent le contexte international fragile. Et pour cause, l’énergie permet d’assurer le développement des sociétés. Elle joue incontestablement un rôle capital pour la vie humaine et son organisation socio-économique. Des avancées considérables ont été liées à la découverte de sources énergétiques à fort pouvoir calorifique comme le charbon, le pétrole et le gaz. C’est pourquoi ces ressources non renouvelables sont actuellement les plus utilisées dans le monde. La raréfaction de l’énergie bon marché Or, l’utilisation massive d’énergies fossiles liée aux augmentations conjointes des besoins et de la population mondiale accélère leur épuisement. Bien que l’estimation qui est faite des quantités restantes soit discutée et controversée, leurs stocks viendront à disparaître. Pour preuve : l’envolée spectaculaire des prix du pétrole à 139 $ le baril en juin 2008. Souce : Observatoire de l’énergie, d’après BP Amoco reciew of World Energy (2004), Conseil Mondial de l’Enargie, DIREM Les dégradations environnementales D’autre part, l’utilisation des énergies fossiles engendre des pressions de plus en plus prononcées sur l’environnement. Le changement climatique en est la conséquence la plus alarmante. La combustion du charbon, du pétrole ou du gaz entraîne le rejet dans l’atmosphère de molécules de dioxyde de carbone, un gaz à effet de serre qui capte les rayons infrarouges réfléchis pas la Terre et modifie son équilibre climatique. Selon le GIEC (Groupe Intergouvernemental d’Etude sur le Climat), ce réchauffement climatique pourrait entraîner des phénomènes climatiques extrêmes de plus en plus fréquents, la hausse des températures, la fonte des glaces ou encore l’élévation du niveau des mers. Un changement climatique rapide pourrait être extrêmement préjudiciable pour de nombreuses espèces végétales et animales qui verront leur milieu naturel évoluer plus vite que leur capacité d’adaptation ne le leur permet. Le bouleversement du climat aurait bien entendu des impacts considérables sur la production agricole et sur l’économie. Autant de dérèglements qui pourraient avoir des conséquences graves sur l’île de Mayotte. 9 Vers un modèle de développement durable Cette situation de fait amène les décideurs internationaux et locaux à s’orienter vers un modèle de développement plus sobre et plus respectueux de l’environnement. La maîtrise de l’énergie et le développement des énergies renouvelables sont devenus une impérieuse nécessité. Mayotte, une île dépendante du pétrole La situation énergétique de l’île de Mayotte est très différente de celle de la métropole française. Elle est caractéristique d’un milieu insulaire ayant subi une très forte croissance des besoins énergétiques. Le système mahorais est aujourd’hui très dépendant des produits pétroliers. L’utilisation des énergies à fort pouvoir calorifique comme le pétrole, le charbon et le gaz est très récente. Alors que les ressources énergétiques sont longtemps restées le bois de chauffe, le charbon de bois ou d’autres énergies issues de la biomasse (ex : bourres de coco), les hydrocarbures ont commencé à représenter une part importante de la demande à partir des années 80. En 30 ans, les hydrocarbures sont devenus la principale ressource énergétique et couvrent aujourd’hui 95 % des besoins, que ce soit pour la production d’électricité, le transport ou la cuisson. Le reste est assuré par le gaz en bouteille 3 et les quelques modes traditionnels évoqués précédemment. Les 100 000 m annuels de produits pétroliers sont acheminés depuis les Seychelles jusqu’au dépôt des Badamiers par la voie maritime, ce qui n’est pas sans risque pour le milieu marin (marée noire, dégazage…). Une électricité 100% fioul L’électricité est le poste le plus important. La moitié des produits pétroliers importés sert à alimenter la centrale thermique des Badamiers (40 MW) et les groupes électrogènes pour la production d’électricité. L’électricité est tout aussi récente que les hydrocarbures puisque la première centrale électrique a été construite en 1977 sur « Petite Terre ». A Mayotte, la production et la distribution de l’énergie électrique sont réalisées par Electricité De Mayotte (EDM). La croissance de la demande en électricité a été considérable ces 15 dernières années puisque la consommation est passée de 15 000 MWh en 1991 à 75 GWh en 1999, pour atteindre186 GWh en 2007 en raison des croissances démographique et économique. Dans le même temps, le nombre d’abonnés à EDM a doublé. 10 Etant donné que la seule et unique source d’énergie pour produire de l’électricité est le fioul, le système électrique mahorais est fragile, tant sur le plan écologique qu’économique. Un tel système, strictement basé sur la combustion d’énergie fossile entraîne des émissions de gaz à effet de serre importantes : elles étaient estimées à 140 000 tonnes de CO2 en 2007. La production d’électricité étant complètement dépendante de l’importation des produits pétroliers et du cours du baril de pétrole, le prix de revient d’un kWh produit par Electricité De Mayotte est très élevé : plus de 20 c€/kWh. Les énergies renouvelables : une partie de la solution Dans ce contexte énergétique très tendu, les sources d’énergies renouvelables modernes ont un grand avenir devant elles. Par exemple, les centrales de production d’électricité par l’énergie solaire sont depuis quelques années en plein développement. Les 2 900 heures d’ensoleillement par an affichées à Mayotte offrent un très grand potentiel. Bien qu’il n’y ait pas encore de centrale éolienne à Mayotte, l’énergie du vent pourrait s’avérer être un mode d’énergie très intéressant pour réduire la dépendance énergétique du territoire, réduire les émissions de gaz à effet de serre et s’assurer un coût de production de l’électricité meilleur marché. En effet, les résultats de cet atlas éolien font état d’un gisement permettant d’implanter des aérogénérateurs pour la production d’électricité ainsi que des éoliennes de pompage de l’eau comme il en existe déjà dans la Zone Industrielle de Kawéni. La politique en faveur de l’éolien à Mayotte La France s’est engagée avec ses partenaires européens à accroître la part des énergies renouvelables dans le système énergétique. La Directive Européenne 2001/77/CE du 27 septembre 2001 relative à la promotion de l’électricité produite à partir de sources d’énergies renouvelables est un exemple d’engagement. Cette directive, qui est la traduction des accords de Kyoto (1997) fixe un objectif de consommation de 21 % d’électricité d’origine renouvelable pour la France. Le Grenelle de l’Environnement tenu à l’automne 2007 fixe pour objectif une puissance installée de 25 000 MW installés en France (dont 6 000 en offshore). Dans ce contexte favorable, un cadre réglementaire de soutien à l’éolien a été instauré. La loi n° 2000-108 du 10 février 2000 relative à la modernisation et au développement du service public de l’électricité prévoit un dispositif d’obligation d’achat de l’électricité produite par des parcs éoliens. Des arrêtés tarifaires initiaux ont été pris en 2001, 2002 et 2003. De nouvelles conditions d’achat de l’électricité produite à partir d’énergies renouvelables ont été définies en 2006 par l’arrêté du 10 juillet 2006. La Cxollectivité Départementale de Mayotte est elligible à ce tarif d’achat depuis la loi d’orientation sur l’énergie (2005) et l’arrêté de 2006. Comme dans les autres collectivités d’outre mer, les installations implantées à Mayotte bénéficient d’un tarif de rachat bonifié par rapport à la métropole qui tient compte des coûts supplémentaires liés à la situation insulaire. Le kWh y est donc racheté 11 c€ durant quinze ans, ce qui permet de développer des projets viables voire intéressants économiquement. 11 L’énergie éolienne sur l’île de Mayotte Définition et contraintes Les rôles de l’énergie éolienne La production d’électricité Une éolienne utilise l’énergie du vent. En effet, le vent fait tourner les pales, cela produit ainsi de l’énergie mécanique, qui est ensuite transformée en énergie électrique. Pour cela, l’éolienne est couplée à un générateur électrique pour fabriquer du courant. Le générateur est relié à un réseau électrique ou à un dispositif de stockage de l’énergie. Comme l’on peut l’observer sur la figure ci-dessous, une éolienne est composée de plusieurs éléments qui sont le mât, le rotor et la nacelle. • Le mât : Il permet de placer l’éolienne à une hauteur où la vitesse du vent est plus élevée et plus régulière qu’au sol. • Le rotor : Il est en général composé de trois pales liées par le moyeu. C’est la partie qui est entraînée par le vent. • La nacelle : Elle est placée au sommet du mât, elle abrite les composants électriques, pneumatiques et électroniques nécessaires pour convertir le mouvement de rotation du rotor en énergie électrique. Lorsque les pales tournent, elles entraînent l’arbre lent ce qui permet de faire fonctionner le multiplicateur. Celuici permet d’ajuster à sa sortie la vitesse du deuxième arbre, l’arbre rapide, aux caractéristiques de la génératrice qui produit l’électricité. Sur chaque nacelle, on trouve également un anémomètre qui mesure la vitesse du vent, ainsi qu’une girouette qui permet de connaître la direction du vent. Vue des différents éléments qui composent une éolienne La figure ci-contre présente les éléments principaux de la nacelle : 1 : les pales 2 : le premier arbre, ou arbre lent 3 : le multiplicateur 4 : le deuxième arbre, ou arbre rapide 5 : le générateur Schéma des différents éléments contenus dans une nacelle L’alimentation en eau Les besoins en eau potable à Mayotte ne cessent de croître, du fait d’un taux de croissance élevé couplé à une augmentation de la consommation d’eau par habitant (185 m3 par abonné en 2005). Actuellement, l’alimentation en eau potable est principalement assurée par 14 captages d’eau de surface desservant cinq usines de traitement sur Grande-Terre, deux retenues collinaires au Nord et au centre de l’île, ainsi que par une usine de dessalement sur Petite-Terre. Des forages ont également été réalisés suite à des campagnes régulières de prospection d’eau souterraine. L’énergie éolienne pourrait permettre d’optimiser l’alimentation en eau. En effet, elle pourrait être utilisée pour alimenter différents mécanismes2 tels que des pompes à piston ou des pompes centrifuges et des usines de dessalement. 1 cf. « Le pompage de l’eau et la dessalinisation », Partie « Valorisation du gisement éolien de l’île de Mayotte » 15 Les étapes du développement d’un projet éolien L’atlas éolien de Mayotte est un outil destiné aux décideurs locaux et aux porteurs de projet qui souhaitent savoir quelles sont les zones du territoire les plus favorables pour l’implantation d’aérogénérateurs. Lorsque les porteurs de projet, en accord avec les décideurs, auront ciblé un secteur, il leur sera indispensable d’affiner l’analyse pour déterminer si le site considéré est véritablement apte à recevoir une centrale éolienne. Ce processus ce découpe en trois phases : L’analyse des contraintes Première des trois grandes phases du développement d’un projet éolien, l’analyse des contraintes techniques et environnementales permet de dresser un bilan des capacités d’acceuil du site : - Socio-économiques : intégration des données liées à l’habitat et la maîtrise foncière. - Environnementales et paysagères : intégration des données de protection des milieux et des paysages. - Physiques : intégration des données topographiques du site. - Administratives : intégration des servitudes d’utilité publique s’appliquant sur la zone. La synthèse de toutes ces contraintes permet la définition de sites potentielles de développement au sein de la zone prospéctée. L’étude du gisement éolien du site Deuxième volet du développement d’un projet éolien, l’étude du gisement éolien permet d’estimer avec beaucoup d’exactitude le potentiel énergétique du site pressenti. Cette étude est développée en trois temps : - La campagne de mesures du vent au cours de laquelle un mât de mesures est installé pour une durée d’un an (en moyenne), et grâce auxquel les vitesses instantanées et l’orientation du vent sont enregistrées. - La corrélation et l’extrapolation des données recueillies et des données météorologiques existantes (station météo de référence) de façon à obtenir des informations à long terme les plus fiables possibles. - La modélisation du gisement éolien à l’échelle du site entier à l’aide d’un logiciel spécialisé, en vue de déterminer la production d’électricité d’un parc éolien. Les démarches administratives Dernier volet du développement d’un projet éolien, les démarches administratives aboutissent à la phase opérationnelle du projet éolien, c’est à dire la réalisation. Pour un projet éolien de plus de 50 mètres, il est nécessaire de : - réaliser une étude d’impact sur l’environnement, - demander un permis de construire, - soumettre le dossier à enquête publique. Synthèse: Le développement d’un projet éolien s’étale au minimum sur une période de deux années. Le présent Atlas éolien fournit non seulement des informations sur le gisement éolien de l’ile de Mayotte, mais aussi inventorie les principales contraintes techniques et environnementales qui s’y appliquent, il est donc un outil d’aide à la décision pour les décideurs et les développeurs. Ces derniers auront toutefois à préciser l’analyse des contraintes, l’étude du gisement éolien et à réaliser des démarches administratives pour chaque site. 16 Les contraintes liées à l’activité humaine Les aérogénérateurs sont des structures de grande envergure qui, comme toute construction ou activité industrielle, peuvent comporter des risques ou des nuisances. C’est pourquoi lors du choix de l’implantation d’un parc éolien, il est nécessaire d’inventorier les différentes activités humaines pouvant être incompatibles avec ce mode de production électrique. En l’occurrence, la carte suivante présente de façon non exaustive : Les zones d’habitation Afin d’éviter tout dérangement à l’égard des habitants les plus proches des parcs éoliens, une distance suffisante doit être respecter. Bien que la pression démographique sur l’île soit importante, l’habitat est relativement concentré et ne s’étale que très peu en dehors des villes et des villages principaux. Labattoir en Petite-Terre et Mamoudzou en Grande Terre vus du Mont de La Vigie. Dzaoudzi en Petite Terre Le réseau électrique Source : ww.registurpin.net Des lignes Haute Tension A (HTA) de 20 kV parcourent l’île et longent principalement le littoral. Techniquement, une génératrice éolienne produit une énergie électrique triphasée d’une tension de 690 V (Basse Tension, BT). Le transformateur de l’éolienne élève le niveau de tension à 20 kV et transmet l’électricité au poste de livraison. Ce dernier, implanté à proximité du parc éolien, constitue le point de départ du raccordement au réseau de distribution (HTA, 20 kV). Une trop grande distance entre le poste de livraison et le réseau entraîne des pertes en lignes (baisse du rendement) et des coûts importants. C’est pourquoi les parcs éoliens doivent être implantés le plus prêt possible des lignes du réseau électrique HTA. Raccordement d'un parc éolien sur l'île de Mayotte Génératrice Réseau de l'île Ligne HTA Poste de livraison Transformateur 690/20 kV 20 kV Réseau 20 kV interne Les dépôts d’hydrocarbures et les sites industriels Bien que les incidents soient extrêmement rares (chute d’un bris de pale, de la nacelle ou du mât), ils doivent être pris en compte. Ainsi, un périmètre de protection, au minimum de la hauteur de l’éolienne, sera nécessaire en cas d’implantation à proximité de cuves de pétrole par exemple. Cette sécurité est à appliquer pour toute installation industrielle (usine de dessalement, etc.). Conception d’un dépôt pétrolier Soucre : IRC 17 Les captages d’eau et retneues collinaires La construction d’un parc éolien (terrassement, fondation, création du chemin d’accès, etc.) peut entraîner l’apport de matières en suspension dans les eaux superficielles. Il est par conséquent judicieux de respecter des mesures de sécurité afin de préserver le bassin versant concerné par les travaux. Les captages d’eaux et les retenues ayant fait l’objet d’une Déclaration d’Utilité Publique (DUP) possèdent un périmètre ayant une valeur juridique renforcée : il s’agit alors d’une servitude. D’une manière plus générale, un périmètre de protection est prévu par la Loi sur l’Eau du 3 janvier 1992. Outre la période de construction, la phase d’exploitation peut aussi présenter des risques pour les eaux superficielles et souterraines (fuite d’huile des aérogénérateurs par exemple). L’étude d’impact doit alors prendre en compte les caractéristiques des réserves hydriques du site d’implantation. Retenue collinaire de Combani Souce : www.malango-mayotte.com La circulation aérienne La circulation des avions (civils et militaires) impose des servitudes aéronautiques protégeant une partie de l’espace aérien et de l’espace au sol. Une limite de hauteur est en général imposée. Parmi les servitudes, il faut également compter les activités de vol libre (ULM par exemple). L’île de Mayotte possède un aéroport, celui de Dzaoudzi-Pamandzi sur la Petite Terre, qui, selon les prévisions, comptera annuellement 270 000 voyageurs en 2010. De plus, une piste de vol libre a été recensée au sud de l’île, à proximité de Dapani. Pour toute implantation de parc, le porteur de projet doit impérativement consulter les services de la DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile) et de l’armée. Vue de l’aéroport de Mayotte Souce : berthoalain.files.wordpress.com Les radars L’armée, l’aviation ou météo France possèdent des radars. Leurs missions peuvent être diverses, de l’aide à la circulation aérienne à la surveillance militaire. Ces moyens de communication, de navigation ou de détection sont considérés comme des servitudes et bénéficient d’un rayon de dégagement. En effet, les aérogénérateurs sont susceptibles de générer des perturbations. Deux radars de l’armée sont situés au nord-ouest de l’île. Les servitudes radioélectriques Les transmissions des ondes télévisuelles et radiophoniques se fait à travers des faisceaux hertziens depuis des stations radioélectriques. Autour d’elles et des faisceaux qu’elles transmettent, existent des servitudes de dégagement contre les obstacles. Les éoliennes, par leur hauteur importante et leurs matériaux de composition, sont considérées comme des obstacles à la propagation des ondes. Quatre pylônes de transmission radioélectrique sont implantés à Mayotte : - le premier dans la partie nord-ouest de l’île, sur les hauteur du village de M’Tsangadoua - le deuxième, au centre, sur le mont Combani - le troisième sur le mont Mtsapéré - le quatrième sur le mont Vigie (en Petite-Terre) 18 19 Les contraintes environnementales Mayotte bénéficie d’un patrimoine naturel présentant une grande richesse écologique, due principalement à la diversité de ses milieux naturels tropicaux qui recèlent des espèces végétales et animales remarquables et indispensables au fonctionnement des écosystèmes. Cette biodiversité fait de l’île un véritable laboratoire à ciel ouvert pour étudier les phénomènes de spéciation sur la faune et la flore. Pour autant, les connaissances du patrimoine naturel de l’île restent incomplètes. En effet, il n’existe pas, à l’heure actuelle, d’inventaire exhaustif des richesses naturelles, terrestres et marines de Mayotte. Les milieux terrestres Mayotte compte un nombre restreint de mammifères terrestres. Les plus remarquables sont sans doute la roussette et le lémurien. La faune terrestre de Mayotte a fait l’objet d’inventaires et d’études depuis de nombreuses années mais demeure néanmoins assez mal connue surtout en ce qui concerne les invertébrés. Mayotte présente un couvert végétal exceptionnel en terme de nombre d’espèces et apparaît comme l’une des îles tropicales les plus riches du monde comparativement à sa superficie. De façon à préserver cette flore, de nombreuses zones de l’île ont été sauvegardées par le biais de la classification en domaine forestier (cf. Carte des espaces protégés de l’île de Mayotte) . Il s’agit notamment des massifs forestiers des Monts Bénara, Combani, Majimbini, Sohoa, Choungui ainsi que des crêtes du nord et du sud. Ces zones sont soumises au Code forestier de Mayotte et les déboisements y nécessitent une dérogation. Photo d’un frangipanier Source : Malango-actualité.com Le littoral Photo de la mangrove de Dapani , Sud de Mayotte Source : Picasaweb.com Le littoral de Mayotte présente une diversité écologique intéressante. Du fait de conditions écologiques singulières, des formations végétales particulières s’y développent. C’est le cas notamment des mangroves, interfaces entre la terre et la mer, qui constituent un type d’habitat précieux et menacé. Certaines sont particulièrement bien conservées comme celles de Tsingoni, Dzoumogne ou Chirongui, la plus grande de l’île. Elles jouent un rôle écologique majeur : rétention des sédiments, épuration des intrants, abri de faune, nurserie d’espèces récifales, protection des côtes. Maillon essentiel des chaînes trophiques marines, la mangrove, par la forte production primaire qu’elle engendre, constitue un lieu de reproduction, de nourricerie et de refuge pour de nombreux organismes marins. La grande qualité du littoral mahorais est désormais protégée par le Conservatoire du littoral. Il agit sur des périmètres d’intervention et des domaines qu’il a acquis. (cf. Carte des espaces protégés de l’île de Mayotte). Le lagon et par extension le milieu marin Le grand récif de Mayotte constitue un patrimoine naturel d’une grande richesse biologique, le lagon abrite certaines espèces de tortues et de mammifères marins remarquables. Les côtes sableuses, les récifs coralliens et les herbiers du lagon font de Mayotte un site privilégié pour la reproduction et l’alimentation de ces espèces. Les eaux du lagon sont riches en cétacés et on observe l’existence de peuplements coralliens particuliers ou originaux. Des sites marins remarquables tels que les récifs de Prévoyante et Pietro au nord-est, les récifs qui constituent la double barrière au sud, ainsi qu’une partie du récif d’Hajangoua et du grand récif du nord, les herbiers au sud et au nord de Petite Terre, la baie de Bouéni et les passes marines majeures sont désormais protégés pour leur valeur patrimoniale dans le cadre du plan de gestion du lagon (cf. Carte des espaces protégés de l’île de Mayotte). La création d’un parc éolien offshore devra tenir compte des espaces protégés sur lesquels aucune action ne doit être envisagée. Photo de la Passe en “S” du lagon Source : Malango-actualité.com L’île de Mayotte présente de nombreuses zones de protections environnementales qui devront être étudiées au cas par cas dans le cadre du développement d’un projet éolien. En bref Un patrimoine naturel de grande qualité, à préserver. Trois milieux distincts permettant un grande diversité écologique. Des contraintes environnementales à prendre en compte sur l’intégralité de l’île de Mayotte. 21 23 La méthodologie d’étude du gisement éolien de l’île de Mayotte L’installation des mâts de mesures Pour mener à bien la campagne de mesures du vent, la société ENCIS Wind, à la demande du Conseil Général de Mayotte et de l’Université d’Orléans, a implanté, sur les sites de Chirongui et Longoni, deux pylônes haubanés de 40 m de hauteur, équipés d’instruments de mesures (deux anémomètres et une girouette de la marque Thies). La mise en service des mâts a été faite en avril et mai 2007. La campagne a duré 10 mois à Chirongui et 13 mois à Longoni au cours desquels des mesures du vent ont été obtenues toutes les secondes. Ces dernières ont ensuite été moyennées toutes les 10 minutes (voir le rapport de la campagne de mesures du vent). Vue depuis le site d’implantation du mât de Longoni Source : ENCIS Wind Mât de mesures de Longoni Source : ENCIS Wind Situation desSituation deux sites de mesure, Longoni Chirongui. des deux sitesetde mesures Source : ville de Mamoudzou. de Longoni et Chirondi Source : ENCIS Wind Vue dpeuis le site d’implantation du mât de Chirongui Source : ENCIS Wind Anémomètre du mât de mesures de Chirongui Source : ENCIS Wind 27 Corrélation avec la station de Pamandzi Afin d’estimer le potentiel éolien de l’île de Mayotte, il est nécessaire d’extrapoler les données obtenues sur les mâts de mesures à partir des données de Météo France, dans le temps et dans l’espace. La station la plus proche est celle de l’aéroport de Pamandzi, c’est la seule station météorologique de Mayotte mesurant les vitesses de vent moyennes. La méthode utilisée pour réaliser l’extrapolation des données repose sur la comparaison entre les moyennes journalières des vitesses de vent enregistrées par les mâts de Chirongui et Longoni et celles de la station de référence de 3 Pamandzi . Voici les différentes étapes réalisées : - Les valeurs mesurées sur le site étudié et celles de la station météorologique sont corrélées : le coefficient de corrélation - révélateur de la proximité du site et de la station en terme de conditions de vent - est calculé. Si celui-ci est suffisamment élevé, la droite de régression reliant les données des mâts à celles de la station météorologique de Pamandzi peut être tracée et son équation est calculée. - Grâce à cette équation, nous pouvons alors réaliser l’extrapolation dans le temps des vitesses du vent relevées lors de la campagne de mesures du vent : il suffit de prendre les mesures du vent enregistrées et de leur appliquer cette équation pour obtenir les vitesses de vent qu’il y aurait eu sur les mâts de mesures lors de ces mêmes années. - Enfin, à partir des valeurs de vitesse de vent mesurées (grâce aux deux anémomètres) et de leur hauteur de mesures, nous pouvons déterminer un gradient d’élévation de la vitesse du vent qui nous permet d’extrapoler cette dernière à une hauteur souhaitée, nous sommes ainsi capables d’estimer la vitesse du vent à 50 m. Modélisation à l’échelle de l’île de Mayotte Méthodologie de travail Le potentiel éolien de Mayotte a été modélisé grâce aux données de vents des deux mâts de Longoni et Chirongui et au logiciel WAsP. Développé par le RISO National Laboratory de Roskilde (Danemark), cet outil est un logiciel de référence employé dans l’industrie éolienne. Il permet de modéliser les vitesses de vent en tout point d’une zone d’étude, en prenant en compte sa topographie et sa rugosité. Il permet de modéliser la vitesse et l’orientation du vent à la hauteur souhaitée en tout point du site étudié. Dans un premier temps, à l’aide du logiciel WAsP Map Editor, nous avons numérisé la topographie et la rugosité de l’île à l’aide des courbes topographiques, des cartes IGN ainsi que des photos aériennes. Ensuite, les données de mesures des vents pour une période de temps assez élevée (au moins supérieure à un an – dans notre cas, 10 ans) ont été intégrées dans WAsP Climate Analyst. Enfin, lorsque toutes ces données – modélisations du terrain et des vents – ont été numérisées, nous les avons intégrées dans le logiciel WAsP. Ains, nous avons obtenu des cartes de potentiel éolien selon différentes classes de vent à partir des deux mâts de mesures. Enfin, nous avons estimé la marge d’incertitude selon la fiabilité des instruments de mesures, de la méthode de corrélation et d’extrapolation ainsi que des outils logiciels. Phase 2 : Modélisation de la rugosité Phase 3 : Préparation des mesures de vent Phase 1 : Modélisation de la topographie Phase 4 : Intégration et calculs dans Wasp Phase 5 : Obtention des cartes de potentiel éolien Méthodologie de l’atlas éolien 3 La station de Météo France de Pamandzi nous a fourni les moyennes journalières de la vitesse du vent à dix mètres depuis le 1er janvier 1999 jusqu’au 31 juillet 2008. 28 Modélisation de la topographie Dans un premier temps, nous avons besoin de connaître la topographie du terrain. A l’aide de l’outil Wasp Map Editor, nous avons donc intégré les courbes de niveau (pas de10 mètres) afin de les rentrer ensuite dans le logiciel WAsP. Pour illustration, la carte ci-contre présente la topographie de l’île de Mayotte au niveau de Koungou. Topographie du terrain, avec fond de carte IGN 1 : 25 000 Modélisation de la rugosité Nous avons utilisé la table définie par les concepteurs du logiciel, pour définir la rugosité des différents types de terrain observés sur l’île : A des altitudes élevées, à environ 400 m au-dessus du sol, l’influence de la surface du sol sur l’écoulement du vent est pratiquement nulle. Par contre, dans les couches d’air plus basses, la surface du terrain influe énormément sur la vitesse du vent. En règle générale, une rugosité forte freine considérablement le vent. Par exemple, les forêts et les bâtiments entraînent des turbulences, tandis qu’une piste d’atterrissage en béton influe peu sur la vitesse du vent. La surface de la mer a une rugosité encore plus faible que les pistes d’atterrissage (environ 0), ce qui fait qu’elle influe encore moins sur l’écoulement de l’air. Dans un second temps, les changements de rugosité autour du site sont intégrés dans le logiciel. Par défaut, WAsP définit la rugosité du site à 0,03 m. La rugosité a été numérisée, à l’aide de l’outil de WAsP Map Editor, à partir des fonds de carte IGN au 1 : 25 000 de l’île. Les photos aériennes – datées de 2003 – de la zone d’étude ont été également consultées afin d’affiner nos informations sur l’occupation du sol. La carte ci-contre présente un exemple de rugosité au niveau de Labattoir et Dzaoudzi. Rugosité (m) Eau Bois clair, broussailles Palétuviers Habitat Plantations (cocotiers, bananiers…) Forêt dense 0,0 0,1 0,3 0,4 0,6 0,8 Table de rugosité utilisée pour les calculs sous WAsP Rugosité du terrain, avec fond de carte IGN 1 : 25 000 Modélisation du potentiel éolien de la zone Nous avons modélisé le potentiel éolien de l’île de Mayotte à 50 m de hauteur avec les séries de données de vents journalières de Longoni et Chirongui, corrigées à partir des données de la station météorologique de Pamandzi, pour la période de 1999 à 2008. Ensuite, ce sont les données d’orientation des vents de la station météorologique de Pamandzi, plus représentatives du contexte que celles des mâts de mesures, qui ont été intégrées dans la modélisation. Marges d’incertitudes La marge d’incertitude vient des sources suivantes : • Les équipements de mesures, par la résolution du matériel lui-même mais celle-ci est très faible (inférieure à plus ou moins 1 %). • La corrélation et l’extrapolation des valeurs. L’année de mesures n’étant pas complète pour Chirongui, les valeurs de Pamandzi ont été utilisées (inférieure à plus ou moins 10 %). • Le logiciel WAsP, à l’origine d’erreurs de calcul faibles liées à la modélisation et aux incertitudes quant à la rugosité du terrain (inférieure à plus ou moins 2 %). La marge globale d’incertitude est donc de plus ou moins 13 %. 29 L’étude du gisement éolien de l’île de Mayotte Analyse globale L’analyse des valeurs de vent Variation annuelle de la vitesse du vent Les variations des vitesse de vent au cours d’une année peuvent être importantes. En effet, la variation entre les mois les plus ventés (Mai, Juin, Juillet) et les moins ventés (Mars, Avril, Octobre) est de l’ordre de 1,50 m/s. 4,50 4,00 3,50 3,00 2,50 2,00 1,50 1,00 0,50 0,00 e br em éc r e D b em ov N re ob e ct O br em pt Se ût Ao t ille Ju in Ju ai M ril Av s ar M r ie vr Fé r e vi n Ja Les mois les plus ventés (les plus propices à l’explotation éolienne) correspondent à l’hiver austral. C’est lors de cette période que des alizés forts et réguliers balayent l’île de Mayotte. 5,00 Vitesse de vents (en m/s, à 10 m) L’histogramme ci-contre présente les valeurs de vent par mois mesurées à la station météorologique de Pamandzi. Ces valeurs sont des moyennes des mesures effectuées lors des dix dernières années. Moyennes mensuelles des vitesses de vent, station de Pamandzi Orientation du vent Le régime des vents sur l’île de Mayotte est très variable en fonction de la saison. En effet, comme nous l’avons vu précédemment, on peut distinguer deux saisons principales : - L’été austral, d’octobre à mars, correspond à la saison des pluies. Les températures sont supérieures à 30°C et le taux d’humidité atteint 95%. Les vents dominants proviennent du Nord, les risques de cyclones ou de dépressions tropicales sont importants. Le dernier cyclone en date est le cyclone Gafilo (du 7 au 10 mars 2004) , avec des vents de 100 à 150 km/h (maximum de 340 km/h à Madagascar). - L’hiver austral, d’avril à septembre, est la saison sèche et tempérée. Le taux d’humidité et les températures sont plus faibles. Les vents dominants proviennent du Sud-Est. Cependant, il existe également des périodes d’intersaison. Le tableau suivant rassemble les quatre saisons qui existent sur l’île de Mayotte ainsi que l’orientation des vents correspondante. Nom de la saison Période de l’année Provenance des vents « Kashkasi » ou vent de Mousson Décembre-Mars NNO-NNE « Matulahi » Avril-Mai NNE-SSE « Koussi » ou vent d’alizé Juin-Septembre SSE-SSO « Mgnombéni » Octobre-Novembre SSO-NNO Orientation des vents au cours d'une année sur l'île de Mayotte. Source : Ibrahim BAHEDJA, Conseil Général de Mayotte. Rose des vents du site de Pamandzi du 8 octobre 2007 au 31 juillet 2008. Source : ENCIS Wind. 33 Les cartes Le potentiel éolien de l’île a donc pu être modélisé pour l’ensemble du territoire de Mayotte. Les cartes présentées pages suivantes sont issues du logiciel WAsP. Elles ont été réalisées pour une hauteur de 50 m par rapport au sol et avec une résolution de 100 m. La première carte a été obtenue avec les données de Chirongui ; la deuxième avec celles de Longoni. Les troisième et quatrième cartes présentent une synthèse en trois classes du potentiel éolien de l’île de Mayotte. De part la distance entre les différents points de l’île et les mâts de mesure, il sera judicieux de considérer le mât de Chirongui pour le Sud de Mayotte et Longoni pour le Nord. Nous remarquons néanmoins de fortes similitudes sur l’île entre les cartes obtenues. Le potentiel éolien Nous remarquons de grandes disparités sur le territoire de Mayotte qui sont en très grande partie liées aux influences topographiques. En effet, les valeurs de vitesses de vent varient entre 1,5 et 7 m/s, à 50 m de hauteur. Nous avons différencié 3 types de classes avec : - un fort potentiel éolien : pour des applications industrielles ; - un potentiel modéré : pour de petites applications ; - un faible potentiel : à exclure. Un fort potentiel éolien : de 5 à 7 m/s Les zones les plus ventées apparaissent essentiellement au niveau des reliefs et lignes de crêtes. Pour la partie Nord de l’île, les vents les plus importants se situent au niveau de : - Chissioua Mtsamboro et Hachiroungou, avec des vents de l’ordre de 5 à 7 m/s ; - Mlima Dziani Bolé et Tsiraka Apondra, de 5 à 6,5 m/s ; - la zone allant de Mlima Mtsapéré à Mlima Maévadoani, de 5 à 6 m/s ; - Choungui, de 5 à 6 m/s. Pour la partie Sud de l’île, les zones les plus favorables sont : - la dorsale allant de Sada à Nyambadao, avec 5 à 7 m/s ; - le secteur de Bouéni à la Pointe sazilé, en passant par les bourgs de Kani-Kéli, Choungui et Mbouini avec 5 à 7 m/s. L’île de Petite Terre possède également un potentiel éolien avec des valeurs allant jusqu’à 6 m/s l’Ouest de Pamandzi. Ce sont de très bons sites en terme de potentiel éolien, mais il est à noter que des paramètres autres que le vent sont à prendre en compte pour l’implantation des futurs aérogénérateurs, comme, par exemple, l’accessibilité. Un potentiel éolien modéré : de 3,5 à 5 m/s Les zones où l’on observe des vitesses de vent entre 3,5 et 5 m/s présentent un potentiel éolien modéré. Ces secteurs moyennement ventés se situent sur les côtes (3,5 à 4 m/s) ainsi qu’au large. Le gisement offshore est présent avec des valeurs de 4,5 m/s en moyenne. Les reliefs secondaires de l’île, d’altitude moyenne, affichent également des vitesses de vent moyennes. Un faible potentiel éolien : inférieur à 3,5 m/s Les zones les moins ventées représentent une grande partie du territoire. Elles regroupent les vallées et les zones à l’abri des vents dominants, protégées par les reliefs, comme par exemple la baie de Bouéni ou les talwegs de l’Oua et Coconi, entre Dembéni et Chiconi. Nous remarquons de grandes variations essentiellement dues aux reliefs, avec des mesures de vents allant de 1,5 à 7 m/s. Les poches de fort potentiel éolien se situent principalement sur les reliefs. Elles recouvrent au total 14 km2, soit 3,7 % du territoire. Bien que cela ne soit qu’une part minoritaire du territoire, ces zones peuvent néanmoins permettre la création de nombreux parcs éoliens. Les secteurs où le gisement de vent est modéré (entre 3,5 et 5 m/s) représentent, eux, une part importante du territoire (45 % des terres émergées). Ils ne sont pas à exclure car ils peuvent être valorisés pour de petites applications de type pompage d’eau ou de petit éolien. L’offshore présente un potentiel, il s’agit donc d’approfondir les études. Le reste de l’île, à l’intérieur des terres, présente un potentiel faible qui semble inadéquat pour le développement éolien. En bref Un potentiel certain à exploiter sur l’île de Mayotte. Des zones à fort potentiel allant jusqu’à 7 m/s. Un gisement offshore existant 34 35 37 39 41 Analyse par secteur Après avoir abordé la répartition des vitesses de vents à l’échelle de l’île entière, il est intéressant d’observer cette distribution plus en détail. Un mode de représentation différent de celui des cartes précédentes sera utilisé. Les trois cartes suivantes présentent les isolignes de vitesses de vents (ou lignes de vitesses de vents continues), obtenues grâce au logiciel Wasp. En outre, chacune d’entre elles aborde un secteur de l’île : le nord-ouest, le nord-est et le sud, afin de rendre plus précise la lecture. Le découpage des trois secteurs est présenté dans la carte ci-dessous. Réalisation : ENCIS Wind Secteur nord-ouest Secteur nord-est Secteur sud 0 5 km 43 45 47 49 Analyse des zones favorables La cartographie de la distribution des vitesses de vents a permis de mettre en exergue les zones considérées comme favorables à l’implantation d’aérogénérateurs. Le critère de délimitation de ces zones correspond aux vitesses de vent égales à 4,5 m/s (à une hauteur de 50 m/s). A partir de ce seuil, la production électrique est suffisante et adaptée au contexte énergétique mahorais (prix de rachat de l’électricité et fiscalité). La production électrique dans cette valeur de vent équivaudrait, par exemple, à un taux de 1 400 heures à pleine puissance d’une éolienne Vergnet de 1 MW, à 62 m de hauteur de moyeu. La sélection de ces zones favorables a fait apparaître de multiples secteurs, qui, pour des raisons de présentation, ont été regroupés en sept zones, localisées sur la carte ci-contre. Par la suite, chacune de celles-ci est présentée en détail grâce aux éléments suivants : - un taxon de localisation sur l’île - un modèle numérique de terrain en trois dimensions avec une localisation des secteurs où le vent souffle en moyenne à plus 4,5 m/s. Les zones bâties ont été rajoutées afin de percevoir les éventuelles contraintes liées aux habitations. - une carte des contraintes environnementales et des activités humaines - un résumé des caractéristiques de la zone (possibilité de raccordement électrique, contraintes techniques, etc .) - une carte détaillée de la distribution des vitesses de vents ou carte des isolignes de vitesses de vents Cette présentation permet une bonne approche de ces zones favorables, en mettant en évidence les meilleurs potentiels éoliens de l’île et en listant les principales contraintes techniques et environnementales. Cependant, les porteurs de projets devront analyser plus précisément la faisabilité pour chaque site éventuel. 51 53 55 57 59 61 63 65 67 69 71 73 75 77 La valorisation du gisement éolien de l’île de Mayotte La production d’électricité L’intérêt de l’exploitation d’aérogénérateurs à Mayotte Production d’électricité, lutte contre le changement climatique et effets socio-économiques Selon les résultas obtenus à l’issue de l’étude du gisement éolien de Mayotte, il est possible d’estimer la production d’un parc éolien implanté sur un site favorable de l’île. Une ferme de 10 éoliennes installée dans une zone dont la vitesse de vent moyenne est équivalente à 5,5 m/s à 50 m aurait une production d’électricité comprise entre 5 000 et 20 000 MWh selon le type de modèle et la puissance. Voici trois cas de figure différents : 10 éoliennes GEV MP Vergnet de 275 kW Puissance : 2,75 MW Classe III Hauteur de moyeu : 55 m Production : 5 000 MWh Nombre d’heures équivalant à pleine puissance : 1 800 h Gaz à effet de serre évités : 3 500 tonnes de CO2 10 éoliennes GEV HP Vergnet de 1 MW Puissance : 10 MW Classe III Hauteur de moyeu : 62 m Production : 20 000 MWh Nombre d’heures équivalant à pleine puissance : 2 000 h Gaz à effet de serre évités : 14 000 tonnes de CO2 Eoliennes Vergnet 275 kW en Nouvelle Calédonie 10 éoliennes E 44 ENERCON de 900 kW Puissance : 9 MW Classe I Hauteur de moyeu : 55 m Production : 13 800 MWh Nombre d’heures équivalant à pleine puissance : 1 500 h Gaz à effet de serre évités : 9 700 tonnes de CO2 Ferme éolienne (mâts treillis) sur les crêtes de la Nouvelle Calédonie. 81 Exemple : La ferme éolienne de Sainte Suzanne à l’île de la Réunion se compose de quatorze aérogénérateurs de la marque Vergnet de 275 kW. Ce parc, développé par AEROWATT, a représenté un coût global de 7 000 000 €. Il a été financé par la compagnie Aérowatt à l’aide de subventions (Conseil Régional, fond FEDER) et de produits de défiscalisation. La centrale de 3 850 kW permet de fournir 6 200 MWh/an et économise 1 400 tonnes de fioul. La construction et l’exploitation des aérogénérateurs sont sources d’emploi pour le territoire (bureaux d’études, architectes, génie civil, génie électrique, maintenance, personnel pour l’abaissement en cas de cyclone…). Par ailleurs, la société d’exploitation reverse une taxe professionnelle importante à la collectivité locale. Ferme éolienne de Sainte Suzanne Île de la Réunion Estimation du potentiel de la production d’électricité à Mayotte Dans le cas de Mayotte, un seul parc d’une puissance de 10 MW installés pourrait permettre de produire plus de 10 % de la demande en électricité de l’île en 2007. Or, le potentiel éolien global de l’île de Mayotte est supérieur à 10 MW. Si l’on considère un scénario réaliste de développement éolien en prenant en compte tout autant les ressources de vent que les principales contraintes techniques et environnementales recensées dans le cadre de l’atlas éolien, il est envisageable que le territoire soit à même d’accueillir jusqu’à 50 MW, ce qui permettrait d’assurer plus de 40 % de la demande en électricité. Bien sûr, ce potentiel théorique global est à confronter avec la réalité du terrain. Et le développement éolien fera face à de multiples contraintes. Les porteurs de projet auront à étudier en détail l’ensemble des variables qui conditionnent l’aboutissement d’un projet éolien telles que : - l’accessibilité, - la topographie, - les servitudes d’utilité publiques, - les sensibilités environnementales, - la distance aux habitations, - la propriété foncière - ou les disponibilités de raccordement électrique. Par ailleurs, comme tout milieu insulaire, le réseau électrique mahorais n’a pas, en l’état actuel des choses, la capacité d’accueillir plus de 30 % de l’électricité produite à partir d’énergies renouvelables intermitentes (source EDM). Le développement solaire photovoltaïque faisant déjà concurrence à l’énergie éolienne (10 MW de prévus pour 2009), le développement éolien risquerait d’être limité par cette problématique si des solutions de stockage de l’énergie (barrages hydroélectriques, air comprimé, batteries, pile à combustible…) ou de valorisation autre (alimentation d’une usine de désalinisation...) ne sont pas mises en place. 82 Modèles d’éoliennes adaptés au territoire Une recherche bibliographique a été effectuée afin de sélectionner les modèles d’éolienne qu’il serait possible d’implanter sur Mayotte. Pour cela, plusieurs critères de sélection ont été pris en compte : • La classe de l’éolienne : La norme internationale IEC 61400-1 définit la classe des éoliennes en fonction des vitesses maximales de vent (à hauteur de moyeu) que celles-ci sont en mesure de supporter : o Classe I : 50 m/s, soit 180 km/h ; o Classe II : 42,5 m/s, soit 153 km/h ; o Classe III : 37,5 m/s, soit 135 km/h. Mayotte se trouve à l’Ouest de l’Océan Indien, zone propice à la formation de cyclones. L’éolienne doit donc résister à de fortes vitesses de vent. La vitesse maximale de vent enregistrée par la station Météo France de Pamandzi entre le mois de novembre 1984 et le mois de février 2008 est de 31 m/s à 10 m (en février 1985). Il sera donc nécessaire de sélectionner une éolienne capable de résister aux phénomènes climatiques exceptionnels pour une implantation future à Mayotte. • La productivité : La vitesse du vent sur l’île de Mayotte est modérée mais elle peut aussi être très élevée lors des cyclones. Il est donc important que les éoliennes commencent à fonctionner à de faibles vitesses de vent, et qu’elles s’arrêtent à des vitesses les plus élevées possibles. Ainsi, la productivité de ces éoliennes sera maximale et le potentiel de Mayotte sera pleinement exploité. La productivité des modèles d’éoliennes en fonction de la vitesse du vent est visible sur leur courbe de puissance. • La problématique des transports : De par son caractère insulaire, l’acheminement des éléments d’une éolienne doit se faire par la voie maritime. Le modèle d’éolienne choisi devra donc être adapté à ce type de transport. De plus, le réseau routier est bien développé sur les côtes, mais il l’est moins au centre de l’île. Ainsi, l’accès aux potentiels sites éoliens peut être difficile. C’est pourquoi il est, là encore, important de se renseigner sur le mode de transport des éoliennes. Il existe des containers standard qui seront plus faciles à acheminer sur les futurs parcs éoliens. Ainsi, en tenant compte de toutes ces caractéristiques, deux modèles d’éolienne ont été sélectionnés comme étant adaptés à l’île de Mayotte, ils sont décrits ci-après. L’éolienne Vergnet GEV HP 1 MW Un des modèles d’aérogénérateurs les plus adaptés pour l’île de Mayotte est celui du constructeur français Vergnet. En effet, les éoliennes de ce fabricant ont la particularité d’être résistantes à des vents de plus de 300 km/h, ce qui est indispensable pour les zones cycloniques comme Mayotte. Il existe pour l’instant un modèle d’éolienne de ce type, de moyenne puissance (275 kW) qui est déjà très bien adapté aux conditions de Mayotte, et fin 2008 un nouveau modèle haute puissance sera commercialisé, il s’agit de l’éolienne GEV HP 1 MW. Voici les caractéristiques des trois parties composant cette éolienne : • Le mât : Il est haubané, c’est-à-dire soutenu par des câbles, et articulé à sa base. Ainsi, il est bien plus léger qu’un mât d’éolienne conventionnelle. Il est disponible en version tubulaire ou en treillis. Il est monté sur le site grâce à un mécanisme d’élévation intégré, ce qui évite d’utiliser une lourde grue, seule une grue de 50 à 90 tonnes est nécessaire. Les mâts se transportent dans des containers conventionnels, donc acheminés sur les sites par des camions standard, ce qui facilite leur installation. • Le rotor : Il est composé d’une hélice bipale et d’un moyeu. Le fait que les éoliennes aient deux pales permet de les alléger et de faciliter leur transport ainsi que la manœuvre d’abaissement jusqu’au sol en cas de cyclone. Le moyeu est oscillant, c’est-à-dire articulé en son milieu, il peut donc s’adapter sans effort aux variations locales de vitesse de vent sur la surface de l’hélice, les efforts sont alors dissipés. • La nacelle : Elle abrite les composants pneumatiques, mécaniques, électriques et électroniques. La nacelle est compacte et spécifiquement conçue pour loger dans des containers standards. Trois classes d’éoliennes sont disponibles, la plus adaptée à Mayotte étant la classe I. L’éolienne GEV HP 1 MW est particulièrement adaptée aux zones cycloniques comme l’île de Mayotte, car il intègre un système de protection contre les cyclones : le rotor et l’avant de la nacelle descendent jusqu’au sol, le mât restant droit, comme cela est représenté sur la figure suivante. 83 Représentation du mécanisme d’abaissement du rotor de l’éolienne GEV HP 1 MW. Source : Vergnet. Ce système breveté porte le nom de BirdlikeTM. Aucune grue n’est nécessaire pour cette manoeuvre. L’éolienne peut alors résister à des cyclones de classe 5 (vents de vitesse supérieure à 249 km/h). Caractéristiques techniques de l’éolienne GEV HP 1 MW. Source : Vergnet. Courbe de puissance de l’éolienne GEV HP 1 MW. Source : Vergnet. 84 L’éolienne Enercon E44 de 900 kW L’éolienne E44 de la marque Enercon a également des caractéristiques favorables pour une implantation sur l’île de Mayotte. Tout d’abord, il s’agit d’une éolienne de classe I A, qui correspond à la classe d’éoliennes la plus résistante aux fortes vitesses de vent. La classe A indique une bonne résistance aux turbulences, c’est-à-dire aux changements brusques de la vitesse se produisant lorsque le vent rencontre un obstacle. Ces caractéristiques sont indispensables en cas de tempête tropicale. De plus, ce modèle d’éolienne est équipé d’un logiciel « storm control », qui permet de réduire le fonctionnement de l’aérogénérateur en cas de fortes vitesses de vent plutôt que d’arrêter la machine, ce qui évite des pertes de rendement. Ainsi, au lieu de s’arrêter lorsque le vent atteint 25 m/s (90 km/h), grâce à ce système elle continue de fonctionner jusqu’à une vitesse de 28, voire 34 m/s (100 à 123 km/h). Enfin, l’éolienne E44 démarre dès 2 m/s, contrairement à la plupart des modèles qui ne démarrent qu’à 4 m/s, ce qui serait moins adapté dans le cas de Mayotte. Caractéristiques techniques de l’éolienne E44. Source : Enercon Courbe de puissance de l’éolienne Enercon E44. Source : Enercon. 85 Le pompage de l’eau et la dessalinisation Les besoins en eau potable à Mayotte ne cessent de croître et l’énergie éolienne peut permettre de répondre à cette demande grâce à plusieurs procédés que sont : • Les éoliennes de pompage : deux types de mécanismes disponibles. Tout d’abord, l’éolienne de pompage classique, multipale, est reliée directement à une pompe à piston. Dans ce cas, seule l’énergie mécanique produite à partir du vent est utilisée. Cependant, ce système impose que l’éolienne soit placée juste au-dessus du puits, où les conditions de vent ne sont pas forcément optimales. Un second mécanisme existe, celui-ci consiste à actionner la pompe grâce à un moteur, lui-même alimenté par un aérogénérateur qui transforme l’énergie mécanique en énergie électrique. Ces deux types d’éoliennes peuvent être utilisées à Mayotte. Cependant, la solution d’utiliser un aérogénérateur qui produit de l’électricité nous semble plus avantageuse, notamment parce que celui-ci peut être installé loin du forage, ce qui permet de choisir un site suffisamment venté. Méthodes de pompage de l'eau à partir de l'énergie éolienne. Source : Ecole Normale Supérieure de Cachan. Remarque : l’alimentation électrique d’un moteur pour actionner la pompe peut aussi être réalisée grâce à des panneaux solaires photovoltaïques. • Les stations de dessalement alimentées par une éolienne. Le fabricant allemand des éoliennes Enercon propose des stations de dessalement alimentées par une éolienne. Celles-ci utilisent le principe de l’osmose inverse. Ce principe est basé sur celui de l’osmose : o L’osmose est un phénomène naturel observé au niveau des cellules vivantes et très utilisé en chimie. C’est un phénomène de diffusion de l’eau à travers une membrane semi-perméable (les molécules d’eau peuvent passer à travers, mais pas les molécules de sels). Lorsque deux solutions salines de concentrations différentes sont séparées par une membrane, l’eau se diffuse à travers celle-ci, de la solution la moins concentrée en sels vers la solution la plus concentrée en sels, afin d’atteindre l’équilibre osmotique (figure ci-contre). La concentration en sels est alors la même de part et d’autre de la membrane. 86 o L’osmose inverse est le même processus inversé. Dans ce cas, une pression est exercée sur l’eau salée, ce qui permet de faire passer l’eau à travers la membrane, alors que les sels restent dans le bassin de départ, comme le montre la figure cicontre. L’eau obtenue est donc pure. L’eau de mer est préalablement filtrée et désinfectée grâce à des rayons UV. A la suite de l’étape d’osmose inverse, l’eau salée restante est remise sous pression grâce à un système de pistons et peut revenir dans le compartiment de désalinisation pour subir une nouvelle fois l’osmose inverse. C’est un système cyclique. Une station de dessalement de ce type peut être alimentée par une éolienne ; si le vent n’est pas suffisamment fort, la station peut être approvisionnée en électricité par le réseau, et si les vents sont au contraire très forts, le surplus d’énergie peut être redirigé vers le réseau public d’électricité. La figure ci-dessus présente les éléments principaux d’une sation de dessalement : 1 : local de contrôle 2 : local de désalinisation (osmose inverse) 3 : local de stockage de l’eau 4 : local de prétraitement Vue d’ensemble d’une station de dessalement Enercon 87 Conclusion La dépendance énergétique de l’île de Mayotte doit être contenue avant que les tensions du marché de l’énergie n’entraînent une véritable crise de l’approvisionnement en produits pétroliers, car les conséquences sur le système électrique et socio-économique de Mayotte seraient immédiatement tangibles. En cela, l’énergie éolienne peut apporter une partie de la solution. Au vu du potentiel global de l’île qui peut théoriquement autoriser une production de 80 000 MWh annuellement (pour 50 MW installés), il devient utile de mettre en oeuvre les moyens nécessaires à son développement. Etant donné le tarif de rachat bonifié de l’électricité d’origine éolienne, il est évident que les porteurs de projet vont s’intéresser de près à l’équipement de l’île. Les autorités auront un rôle important à jouer dans le choix de zones compatibles avec l’activité humaine, la protection des milieux naturels et des paysages. Mais les premières installations éoliennes pourraient voir le jour d’ici deux années. Cependant, les capacités d’accueil du réseau électrique d’une énergie intermitente sont limitées à environ 30 % de la production. A court terme, il sera donc primordial de réfléchir à un système de stockage de l’électricité et de renforcement du réseau actuel. 89 Annuaire Conseil Général de Mayotte rue Hopital BP 101 97600 Mamoudzou Tél : 02 69 64 90 00 Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) Les Hauts Vallons Majicavo Lamir 97600 Mamoudzou Tél : 02 69 62 36 32 Courriel : [email protected] Électricité de Mayotte (EDM) ZI Kaweni 97600 Mamoudzou Tél : 02 69 61 44 44 Direction de l’équipement Rue Hôpital 97600 Mamoudzou Tél : 02 69 61 12 24 Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) Service de l’Aviation Civile Réunion, Mayotte et îles éparses Aérodrome de Saint-Denis-Gillot - BP 12 97408 Saint-Denis cedex 9 Tél : 02 62 72 87 87 Direction de l’Agriculture et de la Forêt (DAF) 15, rue Mariazé B.P. 103 97600 Mamoudzou Tél : 02 69 61 12 13 Courriel : [email protected] Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres Route nationale 97670 Coconi Tél : 02 69 62 31 06 Courriel : [email protected] BRGM Antenne de Mayotte Service géologique Régional Réunion 9, centre Amatoula Z. I. Kawéni 97600 Mamoudzou Tél : 02 69 61 28 13 Table des cartographies Carte 1 : Espaces relatifs aux activités humaines de Mayotte........................................................ 19 Carte 2 : Espaces naturels protégés de l’île de Mayotte................................................................. 23 Carte 3 : Potentiel éolien de l’île de Mayotte (Chirongui)................................................................. 35 Carte 4 : Potentiel éolien de l’île de Mayotte (Longoni)................................................................... 37 Carte 5 : Classes de potentiels de vent de lîle de Mayotte (Chirongui)........................................... 39 Carte 6 : Classes de potentiels de vent de lîle de Mayotte (Longoni)............................................. 41 Carte 7 : Isolignes de vitesse de vent - Sectuer nord-ouest de l’île de Mayotte............................. 45 Carte 8 : Isolignes de vitesse de vent - Secteur nord-est de l’île de Mayotte ................................ 47 Carte 9 : Isolignes de vitesse de vent - Secteur sud de l’île de Mayotte......................................... 49 Carte 10 : Zone 1............................................................................................................................ 53 Carte 11 : Zone 1 - Isolignes des vitesses de vent......................................................................... 55 Carte 12 : Zone 2............................................................................................................................ 57 Carte 13 : Zone 2 - Isolignes des vitesses de vent......................................................................... 59 Carte 14 : Zone 3............................................................................................................................ 61 Carte 15 : Zone 4............................................................................................................................ 63 Carte 16 : Zone 4 - Isolignes des vitesses de vent......................................................................... 65 Carte 17 : Zone 5............................................................................................................................ 67 Carte 18 : Zone 5 - Isolignes des vitesses de vent......................................................................... 69 Carte 19 : Zone 6............................................................................................................................ 71 Carte 20 : Zone 6 - Isolignes des vitesses de vent......................................................................... 73 Carte 21 : Zone 7............................................................................................................................ 75 Carte 22 : Zone 7 - Isolignes des vitesses de vent......................................................................... 77