REQUALIFICATION DU GARAGE CITROEN
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REQUALIFICATION DU GARAGE CITROEN
LE NEW DEAL, LYON © Studio E.Saillet REQUALIFICATION DU GARAGE CITROEN 2 3 LE NEW DEAL, REQUALIFICATION DU GARAGE CITROEN INSCRIT À L’INVENTAIRE DES MONUMENTS HISTORIQUES, LYON 1932 A. SYNTHESE B. DONNEES PROGRAMMATIQUES Inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques en 1992, le garage Citroën a été achevé en 1932. Long de 135 mètres, large de 52, et développant près de quatre hectares de surfaces de plancher, il fut considéré comme la plus grande station-service du monde. Structuré sur 6 niveaux il était composé d’un hall d’exposition monumental en rez de chaussée, de vitrines en périphérie et d’ateliers au centre. Des parkings en étage étaient accessibles par des rampes qui ceinturent le bâtiment. • Montant total : 35 000 000 € HT • Valeur locative : 210 à 250 € HT /m² / an ; loyer annuel : 5,2 M € HT • Surface utile / Surface louée : 19 100 m² / 21 370 m² • Surface utile brute locative de l’immeuble : 21 370 m² • Montant des charges par m² et par an (y compris exploitation et maintenance) = 29 €/m² HT / an (bâtiment ERP de catégorie 1) • Nombre de parkings pour 50m² de SUBL = 0,7 C’est en 2011 que 6ème Sens Immobilier devient propriétaire des lieux et entreprend la requalification de l’édifice. En 2012, SUD Architectes en collaboration avec ALEP Architectes, réinvestissent le volume du garage pour faire cohabiter plusieurs programmes tout en veillant à conserver l’identité du bâtiment qui s’appelle désormais le New Deal. 5 C. L’ARCHITECTURE 1. INTÉGRATION DE L’IMMEUBLE DANS LE PAYSAGE URBAIN HIER ET AUJOURD’HUI Le bâtiment reconverti en bureaux, enseignement supérieur, atelier et show-room, conserve par sa qualité de restauration, son identité d’origine signée par les talents d’architecture et de créativité de Maurice-Jacques Ravazé, de Jean Prouvé et d’André Citroën. Les 31 500 m² répartis sur 6 niveaux conservent au rez-de-chaussée la concession Citroën ; le hall d’honneur est ré-agencé comme à l’origine (suppression de la dalle posée en 1971 pour lui redonner toute sa hauteur sur 3 niveaux) ; les étages supérieurs sont reconvertis en bureaux avec la création de patios pour faire rentrer la lumière. Les fameuses rampes d’accès, caractéristiques de l’édifice, sont conservées. Elles desservent l’accès aux parkings présents à chacun des étages. L’esprit sur lequel repose l’héritage architectural du garage Citroën est conservé et mis en valeur à travers l’ensemble du bâtiment, tout en apportant des commodités aux futurs occupants ainsi que des volumes spacieux et lumineux. Une réalisation certifiée BREEAM Excellent. Voué au mouvement, le garage Citroën l’était d’abord par sa situation, à une époque où Lyon multipliait les percées d’amples voiries. Constituant à lui seul un îlot des quartiers en rive gauche du Rhône, il a pris place au croisement de deux axes importants, les rues de Marseille et de l’Université, dans l’attente que sur son troisième côté la Ville prolonge l’avenue Félix-Faure jusqu’au fleuve. Ce prolongement n’a pas vu le jour, mais l’édifice porte doublement l’empreinte du projet, avec son pan coupé qui devait en permettre la réalisation – d’où le plan trapézoïdal -, et ses cinq tourelles d’angle empiétant par compensation sur le domaine public. Ce projet, d’une grande complexité a nécessité un investissement total de 38.4 millions d’euros et l’intervention de 21 bureaux d’études, de huit architectes (dont trois Architectes des Bâtiments de France), la permanence sur le chantier de 7 ingénieurs et le savoir-faire quotidien de 250 personnes. Un chantier réalisé en 21 mois avec 2 premières phases de livraison à 15 et 16 mois (garage et showroom (4500 m²), 15 mois et premier utilisateur (4500 m²),16 mois). © E.Saillet Décembre 2015, le programme est lauréat dans la catégorie Immeuble rénové de plus de 5000 m² du Grand Prix SIMI 2015. 1932 1932 2013 avant travaux 2015 C. L’ARCHITECTURE C. L’ARCHITECTURE 2. ARCHITECTURE EXTÉRIEURE DE L’IMMEUBLE 2. ARCHITECTURE EXTÉRIEURE DE L’IMMEUBLE Un peu d’histoire pour mieux comprendre le projet Aujourd’hui, le même et un autre 2013 avant travaux Entrée de l’’atelier - 1932 7 Les principales transformations en façade Elargissement des accès Avec la mise en place des cages d’escaliers supplémentaires, une modification des accès existants était nécessaire au rez-de-chaussée. Pour assurer des unités de passages suffisantes, il faut augmenter la largeur des portes qui s’insèrent dans les travées des joints de dilatation. D’après les dessins de façades disponibles aux archives, le projet d’origine en 1931 prévoyait des portes à deux battants dans ces travées, alors qu’elles étaient avant les travaux à battant unique. L’intervention actuelle a permis d’élargir l’ouverture pour installer une porte à deux battants dont le dessin s’inscrit dans les tracés régulateurs de la façade. © E.Saillet © G.Perret 6 © G.Perret Long de 135 mètres, large de 52 et d’une forme trapézoïdale, le défi de cette requalification était d’apporter la fonctionnalité nécessaire à chacun des futurs usages sans altérer l’originelle fluidité, concept fondateur d’une architecture de béton armé tout entière vouée au mouvement. Les 5 tourelles, contenant les escaliers qui desservaient jusqu’à l’avant-dernier étage, en affichaient les spirales effilées à travers les fentes verticales des baies. Les rampes d’accès automobile se trouvaient montrées à la ville avec plus encore d’éloquence : l’enchaînement de leurs obliques rythmait puissamment la façade côté rue Béchevelin. Montrer les pulsations de l’édifice, son activité interne, voici le dessein des façades, tel que l’imagina Maurice Jacques Ravazé qui dirigea de 1923 à 1934 le service d’architecture de la société Citroën. Ainsi, la discrétion des piliers porteurs autorisée par le béton armé faisait des rez-de-chaussée sur les rues de Marseille et de l’Université deux immenses enfilades de vitrines pour l’exposition des modèles de la marque. Le chaland s’y voyait attiré, à l’angle des deux voies, par le hall d’honneur qui dressait l’aimant de ses trois travées de vitrage total exhibant l’intégralité de l’élévation intérieure, où escaliers suspendus et galeries se superposaient sur trois niveaux, soit 18 mètres de haut. Les bandeaux de fenêtres régnant en façade révélaient, côté Béchevelin, le magasin des pièces détachées, et la monumentale porte métallique dessinée par Jean Prouvé, s’ouvrant en accordéon sur la rue Salomon Reinach dévoilait tout l’espace de la nef centrale, l’atelier où s’affairaient les mécaniciens. Montage, entretien et réparation des véhicules, exposition et vente des modèles au double chevron, toutes les fonctions du bâtiment s’affichaient donc aux yeux des passants. 2015 Restitution des vitrines Les vitrines du rez de chaussée sur les rues de Marseille et de l’Université sont restituées à l’identique des dessins d’origine qui montrent un découpage calé sur le rythme des baies supérieures. Les photographies anciennes montrent ces vitrines généreuses dont la partie centrale de grande envergure permettait de dégager une vue en parfaite transparence sur les modèles exposés à l’intérieur. C. L’ARCHITECTURE 2. ARCHITECTURE EXTÉRIEURE DE L’IMMEUBLE Aujourd’hui, les principales transformations en façade Revalorisation des baies © G.Perret Traitement des façades 9 Il est difficile de juger à partir des anciennes photographies en noir et blanc des teintes utilisées pour les enduits et badigeons des façades. Toutefois, comme aujourd’hui, on distingue des éléments saillants aux valeurs claires, proches du blanc, et des remplissages plutôt gris ou beiges. Les menuiseries restent sombres, et de ce fait, font ressortir le dessin de la maçonnerie comme déterminant, tandis que les serrureries se noient dans le vide des baies. Afin de rétablir l’horizontalité des façades d’origines soulignant le caractère des fenêtres en bandeaux, il était intéressant de redonner aux fûts des poteaux insérés dans les baies leur couleur sombre qui permettait de les confondre avec les menuiseries. Façade rue Béchevelin © Erick Saillet 8 La revalorisation des baies en façade s’effectue suivant plusieurs principes : • La remise en état des serrureries aujourd’hui mal en point. Dans cette optique, un état sanitaire a été réalisé, mettant en évidence les serrureries conservables et celles à remplacer. • La mise en place de rythmes des vitrages étudiés prendra en compte et pourra réinterpréter les rythmes existants de manière adaptée. Ces vitrages étaient essentiellement constitués de 3 rangs de verre «monumental» surmontés de 2 rangs de verre transparent. Cette séparation avait été pensée afin d’éviter que les regards des ouvriers ne soient distraits par des vues. Aujourd’hui, la nature des activités ayant changé, l’idée est d’inverser l’ordre des deux types de vitrage. Cette intervention aura pour effet de donner des vues sur l’extérieur de l’ilot, mais aussi, par le jeu du verre monumental en partie haute, de diffuser la lumière naturelle en profondeur dans l’édifice grâce à la diffraction. 10 C. L’ARCHITECTURE C. L’ARCHITECTURE 3. ARCHITECTURE ET AMÉNAGEMENTS INTÉRIEURS 3. ARCHITECTURE ET AMÉNAGEMENTS INTÉRIEURS Un peu d’histoire Aujourd’hui Telles qu’elles leur apparaissaient de l’intérieur, l’ensemble des fonctions ne subissaient aucun frein à leur principe moteur, la fluidité. Car régnait ici le plan libre, rendu possible par l’ossature poteaux-poutres en béton. Autour du vide de la nef centrale qui s’élevait jusqu’au plancher du deuxième étage, les piliers s’organisaient en quatre trames reportées le long des quatre façades, chaque trame alignée sur une façade. Le plan trapézoïdal engendrant des angles biais entre les trames, les courbes formées à ces endroits par les rampes automobiles assuraient les articulations. A la fluidité du plan s’alliait une transparence appuyée des quelques cloisonnements nécessaires. Ainsi les bureaux du personnel organisés en plateaux ouverts ne comportaient que de discrets voiles vitrés pour individualiser les différents services. Et le bureau où André Citroën -qui dirigeait la firme- venait régulièrement travailler, en mezzanine sur l’atelier, s’ouvrait à hauteur de regard vers celui-ci. Horizontale, la transparence se faisait aussi verticale, puisque trois puits de lumière traversaient la construction de part en part, du toit à l’atelier. De par la fluidité et la transparence de son organisation interne, ainsi que son langage d’orthogonales comme l’abondance de ses surfaces vitrées, en bandeaux ou façade-rideau s’agissant du hall d’honneur, le garage s’inscrivait totalement dans l’architecture du Modernisme international, pendant que ses tourelles comme l’intérieur du même hall ajoutaient des notes Art déco. Jean Prouvé avait conçu les éléments de serrurerie, porte-accordéon de l’atelier comme garde-corps intérieurs. Le gigantisme de ce palais de l’automobile en faisait une cathédrale d’un monde nouveau, monde du mouvement dont la voiture était un vecteur privilégié. Répartition des surfaces et usages par niveaux (SHOB) : 1932 1932 2013 avant travaux 2013 avant travaux RDC = 6 154 m² Concession automobile et accès R+1 = 4 076 m² Bureaux, parking 23 places R+2 = 5 330 m² bureaux, parking 112 places R+3 = 5 586 m² Enseignement supérieur, parking 11 places R+4 = 5 035 m² Bureaux, parking 11 places R+5 = 4 772 m² Bureaux + mezzanine, parking 4 places Sous sol : 214 m² Locaux communs et de services : Halls, patios, terrasses, conciergerie, espaces détente. Les espaces communs représentent plus de 12 % des surfaces totales. Le maître d’ouvrage a souhaité plafonner cette quote-part pour ses clients, les espaces communs rééls étant supérieurs aux ratios d’un bâtiment neuf. A titre d’exemple, le hall d’onneur offre à lui seul une surface de 710 m². Avec cette campagne de réhabilitation, certaines parties conservent le rôle qu’elles avaient dès les débuts. S’il importe que les nouvelles fonctions n’altèrent pas l’ampleur des volumes en plan libre, il s’agit aussi de revitaliser et réutiliser toutes les subtilités de cette architecture, tels les puits de lumière dont certaines trémies avaient été bouchées. A l’issue du chantier, l’immeuble est à la fois le même qu’à sa construction et un autre. L’éclairage zénithal, précisément, est un des paramètres pour répartir les activités dans les étages. Les zones de bureaux, entourant les puits de lumière, se font plus vastes à mesure que l’on monte et que lesdits puits éclairent plus abondamment, tandis que les espaces de stationnement se répartissent autour des rampes, jusqu’au dernier étage. 11 C. L’ARCHITECTURE 3. ARCHITECTURE ET AMÉNAGEMENTS INTÉRIEURS 3. ARCHITECTURE ET AMÉNAGEMENTS INTÉRIEURS Aujourd’hui Tirer la quintessence des qualités originelles Pareille répartition de cette diversité d’occupants a le mérite de la clarté. Mais leur nombre, plus le fait que le bâtiment a été déclaré ERP (Etablissement recevant du public) de catégorie 1, obligeaient à un travail poussé sur les issues et les circulations, en termes de fluidité comme de sécurité. Le grand portail d’accès du garage conserve son rôle. Son modèle en accordéon que Prouvé avait conçu, remplacé voici trois décennies par une porte de plus modestes proportions, mais davantage étanche et isolante, ressuscite à travers un portail aux majestueuses dimensions originelles – 14 mètres sur 10 de haut, à l’échelle de l’ensemble -, où deux battants se meuvent sur pivots décalés. Vitrés comme l’œuvre de Prouvé, les nouveaux ouvrants en restituent l’audace constructive. Quant à l’accès aux rampes d’accès vers les parkings, il utilise les trois travées centrales de la façade sur la rue Béchevelin, initialement dédiées aux accès de service. Les flux piétons, déjà dotés des escaliers des cinq tourelles, en reçoivent autant de plus. Les deux ajoutés en façade principale rue de Marseille, plutôt que s’afficher dans la transparence des bandeaux vitrés, se dissimulent derrière les trumeaux des deux travées étroites correspondant aux joints de dilatation transversaux. On en a profité pour restituer la largeur des portes sur rue, conforme au tracé régulateur de la façade comme aux actuelles exigences en termes d’unités de passage. Avec les nouveaux usages, les planchers conçus pour supporter 250 kg/m2 doivent en accepter 350. L’idée étant de ne rien ajouter à l’expressive structure poteaux-poutres, ni à la sous-face des dalles en béton, les renforts devaient se faire le plus discrets possible. Après repérage au scanner des points déficitaires en ferraillage, on a enlevé le poids des chapes existantes, et épaulé les poutres par des plats en carbone, horizontalement sous celles-ci pour compenser la flexion, et verticalement pour reprendre les efforts tranchants. Peints à la couleur du béton, ils sont limités au strict minimum. 1932 2015, porte monumentale 14 m de large, 10 m de haut 2013 avant travaux Ce grand corps qu’est le bâtiment paraît vu aux rayons X : ossature poteaux-poutres mise en évidence, mais chairs absentes grâce à la transparence initiale, qui est redonnée ou développée. Ainsi, le hall d’honneur réutilisé en entrée principale retrouve toute son ampleur et sa splendeur grâce à la suppression du plancher et des cloisons ajoutés à l’usage, la réfection des habillages des colonnes comme des carreaux de sol endommagés, ainsi que la création en R+1 de garde-corps sur le modèle de ceux de Prouvé. L’espace continu de la nef centrale et des deux niveaux de galeries l’encadrant est mis en valeur dans sa lecture longitudinale et transversale, tout en satisfaisant à la division entre parties privatives et communes ainsi qu’aux impératifs de sécurité : simple claustra métallique très ajouré entre la concession Citroën et l’envolée des rampes d’accès aux étages, parois vitrées coupe-feu pour l’encagement des escaliers ajoutés, voile vitré pare-flamme en about des mezzanines, bureau d’André Citroën gardé dans sa configuration de vigie. Ailleurs, les cloisons limitées au strict nécessaire sont placés transversalement afin de laisser passer la lumière entre les deux façades principales. Enfin, est appliqué le principe de la boîte dans la boîte pour les bureaux afin de laisser visible la poutraison de béton et permettre le passage des fluides : boîtes salles de classe, bureaux séparés par de simples panneaux mais avec des retours pour stopper les sons. Les puits de lumière sont reconstitués aux endroits où ils avaient été interrompus, avec des pavés de verre en R+2 et R+3 ; et aux étages supérieurs les trémies sont intégrées à des atriums qui triplent le volume de vide, ce qui accroît d’autant la luminosité. Quant aux ouvertures en façade, il était exclu qu’elles soient modifiées pour accroître des apports lumineux déjà très abondants, mais des châssis neufs isolants d’aspect proche de l’existant sont posés là où l’isolation thermique l’exige : devant les bureaux. Ailleurs, selon l’état, les châssis sont simplement repeints, restaurés, ou si la restauration est impossible, remplacés par des menuiseries en fers corniers voisins de l’existant. 13 © G.Perret 12 C. L’ARCHITECTURE C. L’ARCHITECTURE C. L’ARCHITECTURE 3. ARCHITECTURE ET AMÉNAGEMENTS INTÉRIEURS 3. ARCHITECTURE ET AMÉNAGEMENTS INTÉRIEURS Les atriums, véritables puits de lumière permettent d’aménager des espaces de travail autour, et par leur transparence permettent une continuité visuelle. Dans le cas de l’aménagement d’un étage par un seul preneur, il sera possible d’organiser des espaces autour d’une rue centrale qui n’est pas sans rappeler celle du garage au rez de chaussée. Seuls les atriums, véritables puits de lumière viendraient en couper la perspective mais leur transparence permettra de deviner la continuité de la rue. Depuis celle-ci, il sera possible d’accéder à différents secteurs où les espaces seront des boites posées sur le sol et séparées des plafonds. Nouveau lieu de vie La générosité préservée des volumes, leurs richesses remises en valeur, la possibilité de se garer à la porte, au sens propre. Avec aussi la sobriété des aménagements actuels, comme leur fonctionnalité, restaurer ne signifiant évidemment pas oublier la commodité d’usage. Ainsi, les faux planchers et moquettes assurent le passage des câblages et l’absorption acoustique, rôle que des panneaux suspendus au-dessus des bureaux remplissent aussi, en même temps qu’ils accueillent les luminaires. Un jardin d’hiver agrémente les R+4 et R+5. Les utilisateurs de ces deux derniers étages se voient spécialement privilégiés : s’ajoutant aux terrasses existantes, trois séries de loggias superposées y sont créées dans le brisis du toit en zinc, unique modification extérieure autorisée par la Conservation des Monuments historiques. Aménagements intérieurs / ambiances intérieures Une charte sur le principe des aménagements intérieurs a été rédigée pour ce projet : L’aménagement des plateaux de bureaux sera le prolongement du concept de mise en valeur de l’architecture de l’édifice. La structure poteaux/poutre est laissée apparente. Elle participe à l’aménagement des espaces intérieurs. 15 © Studio E.Saillet © Studio E.Saillet 14 4 types de cloisons séparatives sont proposés : - Cloisons autoportantes - Cloisons avec fixations sur la structure du bâtiment - Les boîtes dans la boîte - Séparatifs légers Positionnement des cloisons par rapport à la structure et aux vitrages : Les cloisonnements seront positionnés à l’aplomb de la structure du bâtiment, et de la structure des châssis vitrés. Faux plafonds : Tout en conservant la visibilité de la structure, des plafonds ponctuels pourront être mis en place pour marquer les circulations, couvrir des salles de réunion, de direction… La charte porte également sur les règles d’usage en matière de : Lumière, occultations solaires, peintures couleur, enseignes, accueil halls. C. L’ARCHITECTURE C. L’ARCHITECTURE 6. AUTRES Améliorations thermiques et toiture : Améliorations thermiques Les questions d’ordre thermique sont au coeur de cette requalification qui va entrainer un changement d’utilisateurs. La majeure partie des occupants actuels, debout et en mouvement dans l’espace, est ainsi remplacée par des utilisateurs statiques assis dans les bureaux. La peau de l’édifice joue ainsi un rôle primordial pour rendre possible cette transformation, et des améliorations thermiques doivent être apportées. L’ensemble des locaux sont isolés par l’intérieur. 16 © Studio E.Saillet Nous proposons de remplacer les menuiseries existantes (non étanches à l’air) par des menuiseries à rupture de ponts thermiques. Ces menuiseries présentent des profils minces de mêmes dimensions que les fers corniers en place. Ils permettront la mise en place de double-vitrages. 4. ACCESSIBILITE 5. ACOUSTIQUE Le projet répond à toutes les normes d’accessibilité des bâtiments ERP. Les accès ainsi que les plateaux de plain-pied d’environ 6 000 m² chacun où sont privilégiées les circulations, garantissent des circulations fluides et accessibles à chaque niveau. De plus, les parking intérieurs via les rampes d’accès permettent de se garer «à la porte». Compte tenu des volumes le travail sur l’acoustique a été particulièrement soigné. Moquettes, panneaux suspendus, « boites dans la boite », sonorisation… Accès aux étages Isolation de la couverture Au même titre que sur les serrureries, l’isolation thermique des locaux repose en grande partie sur le traitement des toitures, puisque les déperditions pourraient rendre inutilisable le dernier niveau aussi bien en été qu’en hiver. Au vu de la qualité des charpentes et de la nature des voliges existantes qui montrent une partie de l’évolution de l’édifice, il conviendra de réaliser une isolation thermique par-dessus. La couverture actuelle étant en mauvais état, l’opération fera d’une pierre deux coups et permettra d’améliorer les écoulements d’eaux de pluie en augmentant la profondeur des caniveaux. Réseau des eaux pluviales Le réseau des eaux pluviales nécessite une refonte complète tant il a été modifié sans parvenir à être performant. On constate également que les mélanges d’eaux usées, d’eaux vannes et d’eaux pluviales sont nombreux. Les passages des conduites d’eau de pluie intérieurs à l’édifice ont été réduits ou rendus accessibles pour un entretien facile. Rampe d’origine 17 18 C. L’ARCHITECTURE C. L’ARCHITECTURE 6. AUTRES 6. AUTRES Un bâtiment classé, une histoire restituée Un bâtiment classé, une histoire restituée Restitution du Hall d’honneur Les lourdes modifications qu’a connu le Hall d’honneur (hall d’exposition) à travers l’histoire du garage Citroën empêchaient d’en comprendre le volume ou même d’apprécier la qualité des décors. Une restitution dans son état d’origine est donc proposée dans le projet, elle implique : - la destruction de la dalle créée en 1971 pour restaurer le vide sur 3 niveaux, - la réfection des habillages des colonnes, - la création de gardes corps au 1er étage sur le modèle de Jean Prouvé. Le Hall d’honneur est réutilisé comme entrée principale et doit assurer une bonne gestion des circulations verticales. Le carrelage d’origine découvert au démarrage des travaux a été conservé et refait à l’indentique. Restitution des garde-corps Les mezzanines qui délimitent les volumes du Hall d’honneur et du grand hall du garage sont soulignées par les garde-corps métalliques de Jean Prouvé. A l’origine, l’ensemble était rythmé de niches qui accueillaient les luminaires orientés vers le plafond. Aujourd’hui, une grande partie de ces garde-corps ont subi des modifications, et tous les luminaires ont été supprimés. Les principaux changements sur les ensembles métalliques concernent les niches, dont la partie intérieure a disparu. La main courante a donc été ponctuellement déplacée pour épouser le contour extérieur du linéaire des garde-corps. Pour répondre aux normes de sécurité, des panneaux de tôle perforée ont été fixés sur les barreaux horizontaux, venant perturber la lecture d’origine. Photo et plans Hall d’exposition d’origine - 1932 Croquis de Jean Prouvé. Photos avant travaux en 2013 Hall en 2013 avant travaux avec dalle intermédiaire 2015 19 D. EFFICACITE, FONCTIONNALITE 1. CAPACITE D’ACCUEIL 2916 personnes NIVEAUX EFFECTIFS 5 +5M344344 4369713 318002513 2782591 11722763 RDC1532916 21 2. QUALITE DE CIRCULATION La fluidité des plans alliée à une transparence appuyée des quelques cloisonnements nécessaires, les bureaux organisés en plateaux ouverts ne comportent que de discrets voiles vitrés pour individualiser les différents usages. La structure et la taille même du bâtiment ainsi que le concept des plateaux de plain-pied et les hauteurs sous plafonds offrent une large place à l’espace et aux circulations. 3. SECABILITE DES ESPACES / FLEXIBILITE Le projet est organisé par lots avec murs coupe-feu allant de 160 m² à 800 m² flexibles et modulables en fonction de la commercialisation. A ce jour, 4500 m² sont utilisés par l’INSEEC (enseignement supérieur), 4 500 m² par Citroen et 2 000 m² par la société Santé Vêt. Inssec © Studio E.Saillet 20 EFFECTIFS CUMULES E. PERFORMANCE ENVIRONNEMENTALE E. PERFORMANCE ENVIRONNEMENTALE 1. Label : Le projet est certifié BREEAM Excellent. 5. Maîtrise des flux et transport de marchandise : La rue Béchevelin accueille la façade technique qui permet l’accès aux livraisons, rampes d’accès aux parkings, locaux techniques. 22 2. Energie renouvelable : chauffage par géothermie : pompe à chaleur La production de chaud et de froid pour les espaces bureaux sera assurée par deux thermofrigopompes alimentées en eau de nappe par puits de captages et rejets au rez de chaussée. La production d’énergie sera positionnée au niveau 2 dans des locaux spécifiques. Le circuit de chauffage sera de type deux (2) tubes deux fils pour les étages de bureaux et permettra de gérer les mi saisons et les salles de réunions. Il sera créé plusieurs circuits en fonction du découpage des espaces aménagés. Tous les circuits seront à température constante et débit variable pour favoriser les économies d’énergies. Le système de gestion centralisé GTC permettra d’optimiser les consommations énergétiques. Une supervision sera mise en place dans le local de sécurité. 3. Biodiversité : Intervention d’un écologue (abeilles, abris volatils…) Située en plein coeur de Lyon, la parcelle ne bénéficie pas d’espaces verts. Néanmoins, le travail avec un écologue a permis l’installation de ruches en toiture et d’abris à martinets et chauve souris en façade. 4. Transports en commun : Métro, bus, tramway, Vélo’v Au coeur du 7ème arrondissement, le bâtiment bénéficie des accès directs à tous les réseaux urbains, métro, bus, tramaway, stations Vélov’ et à proximité directe des gares SNCF Jean macé, Part Dieu, Perrache. 6. Pollution et nuisances routières : Dans un environnement urbain, au coeur du 7ème arrondissement de Lyon, les nuisances sont limitées par une isolation thermique et accousitque exigeantes. 23 7. Modes de transports alternatifs : Le programme comprend 184 places de parking dont 15 pour véhicules électriques, ainsi que des emplacements pour deux roues et cycles. 8. Part d’aménagement réalisée par l’utilisateur : Les lots sont livrés clés en main comprenant faux planchers, moquettes, luminaires, électricité, CVC, sanitaires. L’utilisateur est chargé d’aménager lui-même son lot dans le cadre de la charte d’aménagement définie. EQUIPE Maîtrise d’Ouvrage : 6EME SENS IMMOBILIER (SNC Université 2011) Architectes : SUD Architectes / ALEP Architectes BE Fluides / structure / Economiste : ILIADE (SETAM, TROMPILLE, CABUT) BE Contrôle / SPS : VERITAS BE Breeam : ETAMINE Entreprise générale : Eiffage Construction Confluence © Studio E.Saillet Nous avons valorisé tout particulièrement les points suivants : - Réhabilitation : recyclage des matériaux - Chauffage par geothermie : pompe a chaleur - Biodiversité : intervention d’un ecologue - Suivi des consommations d’énergie (éclairage, chauffage, …) - Commissionning Breeam pendant la première année d’exploitation. 24 25 STIMULATE UNIQUE DESIGN A PROPOS DE SUD ARCHITECTES 26 27 Créée en 1986, l’agence Sud Architectes est aujourd’hui implantée à Lyon, sa ville d’origine, Paris et Varsovie. Ses 160 architectes, urbanistes et designers d’intérieurs apportent leurs regards et leurs savoir-faire aussi bien sur la création ou la réhabilitation de bâtiments que sur la requalification de sites urbains et industriels. Sa caractéristique ? Proposer des idées stimulantes, des défis créatifs et fonctionnels qui font sens dans leur environnement. Pour Sud Architectes, un projet réussi est indissociable d’un travail collectif. Organisé autour de 6 pôles d’expertises (Urbanisme, Logement, Tertiaire & industrie, Commerce et loisirs, Santé et équipements, Design) SUD couvre tous les sujets de la ville contemporaine : logement, tertiaire, industrie, santé, éducation, commerce, loisirs, design... Quelques réalisations remarquables : Manufaktura à Lodz (Pologne) ; Résidence des Pins (Beyrouth) ; réhabilitation de la gare de Katowice et création d’un pôle de commerces et loisirs (Pologne) ; siège mondial Groupe SEB (Lyon) ; Zac de Paris Batignolles, secteurs 01 et 03, création de commerces connectés à la gare et au métro ; bureaux et laboratoires pour Alstom Transport (Villeurbanne) ; Médipôle Lyon Villeurbanne ; étude pour la requalification des infrastructures de la gare de Lyon Part-Dieu ; Résidence de l’ambassade de France à Doha (Qatar) ; STEEL, pôle de commerces et loisirs (Saint-Etienne) ; requalification du garage historique Citroën de Lyon... LYON PARIS VARSOVIE 27 rue Joannes Carret CS 10711 69256 LYON cedex 09 T. +33 478 64 07 07 11, rue d’Uzès 75002 Paris T. +33 142 72 28 68 SUD POLSKA Sp. z o.o. Ul. Chmielna 25 00-021 Warszawa Polska ARCHITECTURE URBANISME INGÉNIERIE DESIGN INTÉRIEUR www.sudarchitectes.com IMAGINER ENSEMBLE