Mediamerica JANVIER 2013

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Mediamerica JANVIER 2013
Newsletter N°100 – JANVIER 2013
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Les prévisions de SNL Kagan sur le marché des offres multichaînes aux Etats-Unis
Date: 14/01/2013
Selon SNL Kagan, les offres multichaînes devraient subir, aux cours des 10 prochaines années, la pression
économique et la concurrence exercée par les offres over the top (OTT). Compte tenu de la diminution du taux de
pénétration des offres multichaînes dans les foyers américains, SNL Kagan prédit que le succès d’un opérateur se
fera forcément au dépends d’un autre. La croissance des revenus dans le secteur devrait être plutôt liée à
l’augmentation des frais d’abonnement qu’à une amélioration du service proposé.
SNL Kagan prévoit tout de même une hausse du nombre d’abonnés et une hausse du chiffre d’affaires des
opérateurs du câble, du satellite et des télécommunications, sur les 10 années à venir. Cette hausse devrait
cependant se faire à un rythme moins soutenu que celle connue dans le passé. Entre 2012 et 2022, 5 millions de
foyers américains devraient s’abonner à une offre de bouquet de télévision ce qui reste assez peu si l’on compare ce
chiffre aux 10 millions de foyers qui devraient voir le jour pendant ces 10 années.
Malgré un taux de chômage élevé qui a grevé le pouvoir d’achat de nombreux foyers américains, l’industrie est
parvenue à freiner la récession dans son secteur. Les entreprises les plus touchées ont été celles dont l’offre
s’adresse principalement à des foyers plus modestes, comme DISH Network. Cependant la situation économique ne
peut pas expliquer à elle seule toutes les résiliations au profit d’un service OTT. Bien que les opérateurs du câble et
du satellite aient réussi à contenir le taux de désabonnement grâce à de nouvelles fonctionnalités comme la TV
Everywhere et par une augmentation du nombre de contenus exclusifs sur leurs chaînes, le taux de résiliation au
profit d’un service OTT reste significatif.
En considérant que les offres du câble et du satellite existantes sont faiblement différenciées, le prix devient un
facteur clé. Mais l’augmentation du coût des programmes laisse aux opérateurs peu de marge de manœuvre sur leur
politique de prix. Même si les fournisseurs de bouquet de chaînes recomposent leurs offres pour faire face à ces
problèmes de rentabilité, SNL Kagan pense qu’il n’y aura pas de bouleversement majeur, dans la mesure où les
programmateurs ont tout intérêt à maintenir le modèle de distribution actuel.
SNL Kagan prévoit que le nombre d’abonnement à des bouquets de télévision devrait s’élever à 101,4 millions à la fin
2012. Les abonnements au câble devraient représenter 56% de ces abonnements. Cette part de marché devrait
reculer à 48% à la fin de l’année 2022 alors que les opérateurs des télécommunications devraient s’octroyer une part
de marché de 20%.
D’autres facteurs tels que l’offre de films et d’émissions télévisées des plateformes vidéo et l’apparition d’autres
sources alternatives de contenu devraient continuer de contribuer à l’érosion du nombre d’abonnés aux offres
basiques des opérateurs du câble. En 2012, 2,4 millions d’abonnés au câble ont résilié leurs abonnements contre 3
millions en 2011 et 3,6 millions en 2010. La croissance annuelle moyenne du nombre d’abonnés à des offres
basiques devrait être de seulement 0,9% entre 2012 et 2022.
De leurs côté, les opérateurs du satellite devraient comptabiliser une baisse de leurs abonnés aux revenus modestes
au cours des 10 prochaines années. Ils s’en sortent pour l’instant honorablement et ceci grâce aux choix opérés de
se concentrer sur leur offre vidéo et de maintenir l’exclusivité de leurs programmes sportifs. Pour faire face aux
résiliations massives des dix prochaines années, il leur faudra trouver les moyens d’attirer de nouveaux abonnés.
Selon SNL Kagan, le nombre d’abonnés à une offre satellite devraient diminuer de 0,3% par an entre 2012 et 2022 et
passer ainsi à 33,3 millions d’abonnés en 2022, soit une perte d’environ 1 million de clients. Les opérateurs satellite
devraient perdre d’ici 2022 6% de part de marché contre 7,5% pour les opérateurs du câble.
La croissance des opérateurs de télécommunications devrait quant à elle se poursuivre, compte tenu de l’entrée de
nouveaux acteurs sur le marché, mais à un rythme moins rapide. D’ici 2022, ils devraient pouvoir accéder à 32
millions de foyers supplémentaires et ainsi gagner 11,7 millions de nouveaux abonnés. Les opérateurs des
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télécommunications ont encore de la marge pour accroître leur taux de pénétration dans les foyers américains et
devrait atteindre les 30% d’ici la fin 2022.
Enfin, SNL Kagan ne voit pas d’avenir possible pour les autres fournisseurs de bouquets de télévision tels que le
câble sans fil ou le Système de Distribution Micro-onde Multipoint (SDMM) qui ne représentent aux Etats-Unis à la fin
2012 qu’environ 0,6%. Ce chiffre devrait très certainement décliner d’ici 2022.
SNL Kagan multichannel projections: Telco TV gains market share, de Mari Rondeli, SNL Kagan, 25 septembre 2012
Emmanuel Libet
Second Screen : Tablettes et Smartphones de plus en plus utilisés devant la télévision
Date: 14/01/2013
L’entreprise de mesure Nielsen a publié le 5 décembre 2012 une étude sur l’adoption du « second écran » (second
screen), un terme désormais largement employé pour désigner l’utilisation de smartphone ou tablette en regardant la
télévision.
Selon Nielsen, un cinquième des foyers américains possèdent désormais une ou plusieurs tablettes, tandis que les
smartphones réalisent aujourd’hui plus de 50% de pénétration de marché.
84% de propriétaires de tablettes ou smartphones déclarent utiliser au moins une fois par mois leur appareil pendant
qu’ils regardent la télévision, 62% disent le faire plusieurs fois par semaine, et 40% quotidiennement. Le type
d’appareil utilisé influe peu sur cette pratique : 41% des américains interrogés utilisent tout les jours leur tablette
devant un écran télévisé ; 39% leur smartphone. L’étude révèle en revanche une différence de comportement suivant
le sexe des consommateurs. Si moins de 37% des hommes déclarent se servir de leur smartphone devant leur
télévision, ce chiffre dépasse les 40% pour les femmes. Cette différence s’estompe toutefois pour les propriétaires de
tablette.
Nielsen a également analysé le type d’utilisation du second écran suivant l’âge des consommateurs. Il apparait ainsi
que devant leur écran de télévision, 36% des 35-54 ans, et 44% des 55-64 ans se servent de leur tablette pour
s’informer sur les programmes télévisés. Un tiers des 35-64 ans se servent de leurs appareils mobiles pour vérifier les
scores de matchs lorsqu’ils regardent des programmes sportifs. Enfin la majorité des propriétaires de tablettes s’en
sert pour accéder à des applications. De manière surprenante, ce sont les consommateurs interrogés les plus âgés
(les 55-64 ans) qui se révèlent être les plus adeptes de la navigation sur internet et de l’utilisation de leur messagerie
devant leur écran télévisé. Cette catégorie privilégie la tablette, tandis que la jeune génération (les 18-24 ans) utilise
bien plus majoritairement le smartphone. Ceci s’explique en grande partie par le prix élevé des tablettes, qui en fait
d’une certaine manière un produit de luxe, les téléphones et smartphones étant désormais davantage considérés
comme des biens essentiels.
44% des 18-24 ans, et près de la moitié des 25-34 ans utilisent leur smartphone pour accéder aux réseaux sociaux.
Le shopping est également une activité prisée par les jeunes générations : 29% des 18-24 ans s’y adonnent devant
leur téléviseur.
Mais la consultation des messageries électroniques reste l’activité principale sur le second écran. Toutes catégories
d’âge confondues, 50% des propriétaires d’appareils mobiles envoient des emails devant leur téléviseur.
Nielsen: 85 percent of tablet and Smartphone owners use devices as “Second screen“ monthly, 40 percent do so
daily, de Sarah Perez, TechCrunch, 5 décembre 2012
State of the Media: Cross-Platform Report Q2 2012, Nielsen, 13 novembre 2012
Béatrice Arnaud
HBO signe un accord exclusif de 10 ans avec Universal pour contrer Netflix
Date: 14/01/2013
On peut déclarer HBO vainqueur de la guerre des contenus. En effet, la chaîne câblée payante appartenant à Time
Warner vient de renouveler son accord sur les films d’Universal Studios jusqu’en 2022. Le géant de la télévision
payante prolonge ainsi la diffusion des films d’Universal Pictures et de Focus Features sur ses plateformes TV, online
et mobile aux Etats-Unis pour la décennie à venir.
HBO détient l’exclusivité de cet accord, ce qui signifie que Netflix et d’autres services Over-The-Top n’auront pas
accès à ce contenu. En plus d’Universal, HBO possède également des contrats exclusifs avec trois des studios
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Hollywoodiens parmi les plus puissants : Fox, Warner Bros et Summit, dont il a les droits pour la télévision payante. Il
faut garder à l’esprit qu’en plus des chaînes de télévision payante HBO et Cinemax, qui couvrent 100 millions
d’abonnés à travers le monde, HBO gère aussi HBO On Demand et Cinemax On Demand, tout comme les chaînes
internet et les applications HBO GO et MAX GO.
Bien que les détails de l’accord n’aient pas été révélés, des sources proches de l’entreprise attestent que les termes
du contrat avec Universal sont similaires à ceux sur lesquels HBO s’était entendu avec 20th Century Fox au moment
du renouvellement de leur accord l’an dernier, soit plus de 200 millions de dollars par an pour profiter des films de
20th Century Fox. Pour les accords d’acquisition anticipée, les fournisseurs de télévision payante paient
généralement entre 10% et 12% du box office américain de chaque film, et ce jusqu’à 200 millions de dollars.
Alors que HBO a augmenté sa programmation originale sur les deux dernières décennies, la diffusion de films
continue de lui être essentielle. Ceux-ci représentent environ 84% des visionnages sur les chaînes HBO. L’accord de
HBO avec les studios lui donne accès à près de la moitié des sorties les plus importantes d’Hollywood.
« Avec le réseau considérable de HBO en matière de services premium, du visionnage traditionnel à domicile aux
applications mobile, nous sommes ravis de poursuivre cette relation et d’offrir les films d’Universal et de Focus
Features aux abonnés HBO pour les années à venir. Avec notre liste de films à venir, HBO va continuer d’ajouter du
contenu filmique exceptionnel à sa bibliothèque – déjà bien fournie - de films, d’émissions spéciales et de
programmes originaux récompensés », a déclaré Rick Finkelstein, vice-président et directeur de l’exploitation chez
Universal Pictures.
On s’attend à ce que Netflix surenchérisse sur les films Sony Pictures, société qui est encore affiliée à Starz pour le
moment. Par ailleurs, il n’est pas prévu que HBO fasse une offre à Sony. Grâce à son accord récent avec Disney,
Netflix a récupéré efficacement le contenu perdu lorsque son contrat avec Starz s’est achevé en février 2012 (lire
l’article Disney signe un accord exclusif avec Netflix).
HBO Inks Exclusive, 10-Year Deal With Universal To Keep Content Out Of Netflix’s Hands, d’Ingrid Lunden,
TechCrunch, 6 janvier 2013
HBO extends movie output deal with Universal Pictures, de Joe Flint, LA Times, 6 janvier 2013
Laura Pertuy
Disney signe un accord exclusif avec Netflix
Date: 14/01/2013
Netflix n’a pas lésiné sur les moyens pour s’assurer un nouvel accord de distribution de films en streaming avec Walt
Disney Co, ce qui lui donne un accès exclusif à son catalogue et à ses titres dans la fenêtre de diffusion
traditionnellement réservée à la télévision payante (sur le sujet, lire Chronologie des médias). Les contenus de Disney
sont pour l’instant diffusés sur les différentes chaînes du groupe Starz, et ce, jusqu’en 2015.
Même si les conditions financières de cet accord s’étalant sur plusieurs années n’ont pas été dévoilées, des sources
proches de l’entreprise affirment que Starz avait versé autour de 100 millions de dollars à Disney en 2010 lors du
renouvellement de l’accord (sur le sujet, lire : Good News for Netflix Web Users: Disney Re-Ups With Starz). Netflix
aurait, quant à lui, débourser 200 millions de dollars, voire 300 millions selon certains spécialistes.
La générosité de Netflix augmente considérablement les enjeux en matière de droits pour le contenu télévisuel et
filmique dans un marché où les protagonistes traditionnels se battent continuellement avec des services de VOD aux
moyens financiers conséquents. L’annonce de l’accord a fait grimper les actions de Netflix de 14%. Cette flambée des
prix n’est pas anodine étant donné qu’à Wall Street, on se demande si Netflix prend trop de risques avec ses
dépenses d’acquisition de contenu (lire Malgré de mauvais résultats financiers, Netflix continue d’étendre sa présence
mondiale).
L’accord conclu avec Disney va augmenter sensiblement l’offre familiale de Netflix, particulièrement pour ses sections
« Netflix kids » et « Just for kids » sur son site et son application mobile. Cette nouvelle donne va permettre
d’augmenter le contenu proposé aux enfants de moins de 12 ans. Le service se concentrait jusqu’ici sur des
personnages tels que Bob l’éponge, Dora l’exploratrice et George le petit curieux.
Netflix avait déjà persuadé DreamWorks Animation de résilier son accord de diffusion avec HBO l’an dernier afin de
transférer ses films vers son service SVOD (lire L’avenir de Netflix est dans les programmes de télévision).
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Le nouvel accord conclu avec Disney comprend des titres de Walt Disney Animation Studios, Pixar Animation
Studios, Marvel Studios et Disneynature. Il débutera avec des sorties en salles en 2016.
On y trouve également les sorties Disney directement en vidéo (direct-to-video) qui seront disponibles sur Netflix dès
2013. Les abonnés américains de Netflix auront accès à des titres du catalogue Disney tels que Dumbo, Pocahontas
et Alice au pays des merveilles.
Le contenu Disney sera ainsi disponible pour un visionnage instantané sur différentes plateformes, dont les
télévisions, tablettes, ordinateurs et téléphones portables.
« Disney et Netflix entretiennent une relation pérenne et fructueuse, et cet accord va permettre à nos adhérents
d’avoir accès aux meilleurs films familiaux réalisés actuellement lors de la fenêtre de diffusion traditionnellement
réservée à la télévision payante », a déclaré Ted Sarandos, responsable des contenus chez Netflix. Il s’agit d’un
bond en avant courageux pour la télévision sur internet, nous sommes donc très heureux et fiers que cette marque
familiale emblématique se joigne à Netflix dans cette aventure ».
Netflix recense plus de 30 millions de membres dans 40 pays, lesquels visionnent plus d’un milliard d’heures de
séries télévisées et de films par mois. L’entreprise, qui demande 8 dollars par mois à ses abonnés pour une offre de
streaming illimité, représente 33% de la circulation sur internet pendant les périodes de pointe, suivie par Amazon
(1,8%), Hulu (1,4%) et HBO Go (0,5%).
Le mois dernier, Bob Iger, le dirigeant de Disney, se disait optimiste quant aux possibilités que les plateformes
digitales fournissent aux studios. Lors d’un conference call sur les résultats financiers de l’année en présence
d’experts, Iger a déclaré que « les occasions pour les titulaires de monétiser leurs contenus s’accroissent uniquement
grâce à l’avancée de la technologie. Nous allons assister à une croissance dans le chiffre d’affaires et le résultat net ;
il s’agit d’une période excitante pour les détenteurs de droits de propriété intellectuelle ».
Après les contrats négociés par Relativity Media, FimDistrict et Open Road, Disney est le dernier studio à avoir
renoncé à des accords avec des chaînes de télévision payante traditionnelles en faveur de Netflix.
Il reste difficile de savoir si de tels contrats SVOD auront un impact sur les ventes de DVD et de disques Blu-ray.
« On est de plus en plus certains du déclin du DVD. De fait, l’intérêt porté à la SVOD comme remplacement de la
fenêtre de diffusion réservée à la télévision payante prouve que le besoin de protéger la période de commercialisation
du DVD n’a plus autant de sens qu’auparavant », analysent des experts de Stifel Nicolaus dans un rapport.
Starz précise que les cadres de l’entreprise ont pris la décision de ne pas renouveler l’accord avec Disney afin de
pouvoir investir davantage dans la création de séries originales. Ils produisent déjà la franchise « Spartacus »,
« Magic City » et « Da Vinci’s Demons », une série à venir. Le but de la chaîne de télévision payante est de proposer
50-60 heures de programmation de séries originales d’ici 2015. La perte des films Disney intervient à un moment
difficile pour Starz ; en effet la société va être séparée de sa société mère Liberty Media.
« Starz demeurera le détenteur exclusif de tous les films Disney, dont les sorties Lucasfilm, Marvel et Pixar, ainsi que
de leurs droits de diffusion numérique, jusqu’en 2017, a déclaré Starz. Notre décision de ne pas prolonger l’accord
au-delà de cette période va nous permettre d’accroître grandement notre investissement en termes de séries
originales exclusives et de qualité qui conviendront à la fois à nos distributeurs et à nos abonnés ».
Disney inks exclusive deal with Netflix, de Marc Graser, Variety, 4 décembre 2012
Laura Pertuy
Tournées Festival continue avec succès d’amener le cinéma français dans les universités américaines
Date: 15/01/2013
Créé en 1995, The Tournées Festival est un programme mis en place par FACE (French American Cultural
Exchange) avec le soutien du Service Culturel de l’Ambassade de France. Il est piloté par le Service Culturel de
l’Ambassade de France, à New York. Dans le but d’encourager l’appréciation du film francophone et de la culture
française, Tournées Festival offre depuis plus de 17 ans des bourses aux universités américaines pour qu’elles
puissent organiser un festival de film français sur leurs propres campus.
Depuis sa création, Tournées Festival a déjà collaboré avec plus de 400 universités américaines, et permis à plus de
500 000 étudiants de découvrir le cinéma français récent.
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Pour les organisateurs et sponsors du programme, l’objectif reste le même : donner le goût du cinéma français et
francophone, à l’âge où il se forme, à l’âge où l’on est le plus disponible, dans les universités américaines, sur tout le
territoire.
Cette année encore Tournées Festival a pu bénéficier du soutien de ses partenaires : Le Ministère des Affaires
Etrangères et Européennes, Le Centre National de la Cinématographie et de l’Image Animée, et côté américain, de
Highbrow Entertainment et de la Florence Gould Foundation. Enfin, Tournées Festival a reçu en 2011-2012 le support
d’un nouveau partenaire : Campus France.
Durant l’année scolaire 2011-2012, Tournées Festival a ainsi pu aider 81 universités américaines, sélectionnées
parmi les 139 établissements qui en avaient fait la demande. L’année précédente, 76 établissements avaient été
soutenus sur 114 candidatures reçues.
Dans un contexte économique difficile, et en dépit des coupes budgétaires importantes qui affectent les universités,
leur intérêt pour Tournées Festival ne faiblit donc pas, au contraire. Pour nombre de professeurs qui désirent montrer
des films français à leurs étudiants, Tournées Festival est un outil majeur.
Les 81 universités soutenues durant l’année académique 2011-2012 proviennent de 36 Etats différents. Si le
programme Tournées est selon toute logique particulièrement présent sur les territoires où se concentrent les campus
(c’est-à-dire les côtes Ouest et Est des Etats-Unis, et plus globalement, la partie Est du pays), il est aussi bien
implanté dans la partie Centre-Est des Etats-Unis où la densité des universités est plus faible.
Il est par ailleurs fort intéressant d’observer que la majorité des universités soutenues restent principalement situées
dans de petites villes et des régions rurales, dont certaines sont très isolées. C’est le cas, par exemple, de Kodiak
College, un établissement de 1000 étudiants situé sur petite île d’Alaska, de Young Harris College, un établissement
basé au creux d’une vallée de la région des Montagnes de Georgie du Nord, ou encore du College of the Atlantic, une
école interdisciplinaire de la petite ville de Bar Harbor, sur l’Ile des Monts déserts, au cœur du parc national d’Acadia,
dans le Maine.
Pour l’année académique 2011-2012, Tournées Festival a à la fois soutenu de petits établissements de moins de
1000 étudiants, des écoles de dimension moyenne, comme de grand campus de plus de 20 000 étudiants. Sur les 81
universités choisies, 43 étaient des établissements publics, et 38 étaient des établissements privés. Parmi les
universités sélectionnées on trouve des universités d’Etat, des écoles techniques au cursus de deux ans et des
écoles d’art.
Enfin parmi les films les plus sélectionnés par les Universités (dans un catalogue de films récents et plus anciens)
figurent Des Dieux et des hommes, L’illusionniste, White Material, Persepolis, Un prophète, Potiche, Entre les murs,
Welcome, Coco avant Chanel, et La graine et le Mulet.
Muriel Guidoni
Fox, Lionsgate, Sony, Warner Bros et Universal lancent une campagne de promotion du service UltraViolet
Date: 15/01/2013
Les dirigeants de cinq grands studios Hollywoodiens ont profité du discours d’ouverture de la conférence
internationale CES 2013 pour lancer la promotion commune du service UltraViolet (pour aller plus loin, lire Lancement
d’UltraViolet : la solution pour visionner un film sur tous supports).
Ron Sanders, président de Warner Home Video, était accompagné de Steeve Beeks, co-directeur général du groupe
Lionsgate et président de ses filières cinéma, de David Bishop, président de la filiale monde Sony Pictures Home
Enternainment, de Mike Dunn, président de Fox Home Entertainment, et de Craig Kornblau, président d’Universal
Studios Home Entertainment.
Cette nouvelle campagne promotionnelle visant à favoriser le développement de UltraViolet a été initiée par les
studios et plusieurs grands fabricants d’équipements électroniques. Grâce à ce partenariat, les consommateurs qui
achèteront dans le courant de l’année une télévision connectée ou un lecteur Blu-Ray des marques partenaires se
verront offrir jusqu’à 10 films au format UltraViolet. Les fabricants d’équipement LG, Panasonic, Philips, Samsung,
Sony, Toshiba et Vizio participent à l’opération.
Le système Ultraviolet, lancé par le consortium de studios, de fabricants d’équipements et de distributeurs Digital
Entertainment Content Ecosystem (DECE) en octobre 2011, est un service qui permet aux utilisateurs de télécharger
et visionner en streaming via le cloud des contenus de divertissement en tous lieux, à tout moment, et sur différents
type d’appareils.
D’après Ron Sanders, le nombre de titulaires de compte Ultraviolet devraient atteindre les 10 millions dans les
prochaines semaines. Environ 8 500 titres sont actuellement disponibles en format UltraViolet, et proviennent des
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catalogues de Dreamworks Animation, Fox, Lionsgate, Paramount, Sony Pictures, Star Anchor Bay, Universal et
Warner Bros.
CES 2013: CE Industry and Hollywood Announce ‘Bold New Partnership’, de Carolyn Giardina, Hollywood Reporter,
8 janvier 2013
Béatrice Arnaud
Le jour le plus court a séduit le public américain
Date: 14/01/2013
Le 21 décembre 2012 la Film Society of Lincoln Center a fêté Le jour le plus court/The Shortest day avec une série de
courts métrages choisis dans le catalogue de l’Agence du court métrage par le nouveau directeur de la
programmation nommé en octobre dernier, Robert Khoeler, et son équipe. Ils ont été diffusés dans l’Elinor Bunim
Munroe Film Center, un nouvel espace du Lincoln Center dédié au cinéma, ouvert il y a seulement un an et demi.
L’événement a été organisé en partenariat avec les services culturels de l’Ambassade de France à New York.
Le Lincoln Center est un centre culturel majeur à New York. Construit dans les années 60, il abrite le Metropolitan
Opera, le New York city ballet, la Julliard school, le New York city philarmonic… La Film Society of Lincoln Center, qui
est la composante cinéma, a été fondée en 1969 pour célébrer le cinéma américain et international. Dirigée par Rose
Kuo, elle organise chaque année le Festival international de New York à l’automne, le festival Rendez-vous with
French cinema avec Unifrance en mars, ainsi que de nombreux événements, festivals de cinéma et de
documentaires, rétrospectives, hommages, tout au long de l’année, avec une large part toujours reversée au cinéma
du monde entier et au cinéma de patrimoine.
Plusieurs autres lieux dans le pays ont célébré le jour le plus court avec des programmes en provenance soit de
l’Institut Français soit de l’Agence du court métrage. C’est le cas de la Westerly Public Library, Westerly, de l’Alliance
Française de Providence, Providence, du Sandywood Center for the Arts, Tiverton, et du BERRY PARK, lieu culturel
de Brooklyn.
Avec 2,5 millions de participants en France et 10 000 événements dans 40 pays, l’édition 2012 du Jour le plus court,
une opération organisée par le CNC en partenariat avec l’Institut Français notamment, a été un grand succès.
Muriel Guidoni
Nouvelles applications pour le Xbox LIVE dont beaucoup disponibles dans le monde entier
Date: 14/01/2013
Il sera bientôt possible de voir encore plus d’émissions de télévision et de films sur la console de jeu Xbox. Microsoft
a en effet signé de nouveaux accords de contenu avec 43 partenaires, ajoutant ainsi de nouvelles applications au
service Xbox LIVE. Beaucoup seront accessibles dans le monde entier.
Parmi les 10 premières applications, mises en ligne en décembre dernier, figurent Vevo, Maxim, Napster, CNET et
une application de karaoké. The CW, MTV, Machinima, PBS, Vimeo, et Flixster de Warner Bros suivront.
ARTE, Sainsbury, Sport1 et Zattoo s’ajoutent au contenu international et ciblent les utilisateurs du Xbox LIVE en
Allemagne, au Royaume-Uni, en France et en Autriche avec des programmes télévisés en direct, de la musique, des
films et des émissions sportives. Le service de stockage pour les photos et vidéos, SkyDrive de Microsoft, sera
également disponible dans toutes les régions.
Microsoft avait dévoilé en décembre 2011 un service Xbox LIVE rénové pour faire de la Xbox 360 un véritable centre
multimédia bien au-delà de la simple utilisation des jeux vidéo (voir l’article Microsoft courtise la télévision avec sa
Xbox 360, 07 juillet 2011). Les partenaires comprenaient alors HBO Go, Netflix, BBC iPlayer, Bravo, Syfy, TMZ, MLB,
ESPN, UFC, Vudu et “Today” de NBC.
Le service Xbox LIVE, avec ses nouveaux partenariats et la diversification de son contenu, continue à concurrencer
les opérateurs du câble et du satellite qui cherchent à lancer leurs propres services de VOD. Comcast, premier câbloopérateur américain, et FiOS TV de Verizon offrent leurs propres applications sur le Xbox LIVE, mais avec une
programmation limitée accessible uniquement à leurs propres abonnés.
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L’ajout de nouvelles applications intervient au moment où Microsoft voit l’audience des vidéos sur le Xbox LIVE
augmenter de façon significative.
Globalement, d’après Microsoft, la consommation de vidéo sur le Xbox LIVE a augmenté de 140% sur un an, les
abonnés passant maintenant plus de 300 millions d’heures par mois sur les applications vidéo.
Aux États-Unis, 42% des abonnés au Xbox LIVE regardent en moyenne une heure de télévision et des films sur leur
console Xbox 360 par jour et plus de 30 heures par mois.
Ces chiffres devraient continuer de croître puisque Microsoft a vendu 775 000 consoles Xbox 360 en une journée aux
Etats-Unis, le jour du Black Friday (journée de soldes après la fête traditionnelle de Thanksgiving). La compagnie
compte désormais 70 millions de Xbox vendues dans le monde et 40 millions de membres à Xbox LIVE.
En plus des applications, Xbox Live continue de diffuser plus d’événements en direct via la console, comme, par
exemple, l’atterrissage du robot Curiosity sur Mars ou les débats présidentiels américains.
Xbox Live adding apps for Machinima, Flixster, more, de Marc Graser, Daily Variety, 11 décembre 2012
Nathalie Charles
Les opérateurs du câble et des télécommunications se lancent dans le cloud gaming pour générer de
nouvelles sources de revenus
Date: 11/01/2013
Dans le secteur du jeu vidéo, de plus en plus d’entreprises sont tentées de se tourner vers la technologie cloud pour
faire face aux contraintes liées aux supports physiques (coûts élevés et espace de stockage limité). Après que les
géants de la vidéo Warner Bros et NBC Universal Media aient lancé leur service UltraViolet (sur le sujet, lire
Lancement d’UltraViolet : la solution pour visionner un film sur tous supports) et qu’Apple, Google et Amazon se
soient intéressés au marché dématérialisé de la musique, c’est donc au tour des entreprises de jeux vidéo de franchir
le pas du cloud.
Le service OnLive a été jusqu’à présent une des seules tentatives dans ce domaine. Lancé en 2010, le site permettait
de télécharger sur différents supports une sélection de jeux vidéo. Malgré une entrée prometteuse sur le marché,
l’entreprise n’a pas réussi à attirer suffisamment d’utilisateurs pour amortir les coûts de l’infrastructure du cloud. Elle
a dû déposer le bilan en août 2012, et a créé une nouvelle société dans la foulée, toujours sous le nom de OnLive.
Certains spécialistes du numérique ont commencé à s’interroger sur la rentabilité du cloud gaming, mais d’autres
considèrent que cette première tentative ratée ne doit pas pour autant dissuader de futurs entrants sur le marché.
Jesse Divnich, consultant chez EEDAR (cabinet spécialisé dans le marché du jeu vidéo) rappelle qu’il n’est pas rare
de voir le premier entrant sur un marché émergeant échouer, même s’il lance une nouvelle technologie, à terme, très
profitable. C‘est qu’il n’a pas trouvé le bon business model. OnLive a facilité l’accès aux jeux pour les utilisateurs,
mais il lui manquait pour réussir un contenu réellement attractif.
Bloomberg News a récemment révélé que les géants AT&T, Verizon et Time Warner Cable devraient prochainement
se lancer sur le marché du cloud gaming et proposer des jeux directement sur la télévision de salon (lancement prévu
en début d’année 2013). De leur côté, Comcast et Cox Communications prépareraient également des services
similaires, avec la volonté de proposer une sélection de jeux plus hauts de gamme, dont notamment des titres
d’Electronic Arts.
Interrogé par SNL Kagan, Ross Robin, fondateur du cabinet spécialisé dans l’observation des nouvelles technologies
Reticle Research, a jugé cette stratégie payante. En effet, ces fournisseurs d’accès ont déjà une très large base de
clients, ce qui les place d’emblée dans une position beaucoup plus confortable que celle d’une startup. Se lancer
dans le cloud gaming est pour eux bien moins risqué, et représente une potentielle source de revenus
supplémentaire. Ross Rubin a également fait remarqué que le cloud gaming pourrait motiver certains consommateurs
à se tourner vers des offres plus haut de gamme afin d’améliorer la fluidité de l’expérience de jeu. Il est cependant
difficile de savoir si ces services attireront suffisamment les consommateurs pour qu’ils décident d’abandonner leurs
consoles de jeux traditionnelles.
Un des plus grand avantages du cloud gaming réside dans le fait que les joueurs n’auront plus à acheter de consoles
de jeux très chères, même pour les jeux graphiquement très riches. En effet, tout le processus informatique sera
effectué à distance, dans le cloud. La seule potentielle limite technique sera celle du débit internet. Il faudra que celuici soit suffisant pour que l’image soit transmise de manière fluide. Jesse Divnich fait remarquer que même si des jeux
plus évolués pourraient nécessiter de nouvelles box, celles-ci reviendront toujours moins chères que des consoles de
jeu classiques.
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Le marché peut sembler difficile à conquérir tant l’offre est aujourd’hui fragmentée. La Wii U vient tout juste de sortir
(lire : La nouvelle console Wii U de Nintendo propose une manette avec un deuxième écran intégré).alors que Sony
et Microsoft devraient dévoiler leur nouvelle console dans le courant de l’année 2013. Dans le même temps, les
Smartphones, tablettes et jeux sur réseaux sociaux gagnent toujours plus de terrain (lire : Avenir des jeux vidéo sur
mobiles : le modèle freemium commence à s’imposer). Mais selon les analystes, des éditeurs tels qu’Electronic Arts
et Activision sont prêts pour se lancer sur le marché du cloud gaming.
Jesse Divnich remarque qu’en tant que géants de l’édition de jeux vidéo, Electronic Art et Activision sont souvent plus
lents à entrer sur un marché émergent que de plus petites entreprises. Cependant, les opérateurs du câble devraient
proposer des contrats très lucratifs à ces grands éditeurs afin de développer leur catalogue de jeux. Et si ce service
parvient effectivement à attirer de nouveaux joueurs, les distributeurs auront tôt fait de s’engouffrer dans la brèche,
comme ils l’ont fait avec le marché des jeux sur Smartphones et tablettes.
Toujours d’après Jesse Divnich, de nombreux analystes ont prévu une disparition pure et simple des consoles de jeu
telles que nous les connaissons, au profit du cloud, moins coûteux. « Après 8 générations de consoles, il n’y aura
plus de raisons financières d’en lancer de nouvelles, les capacités du cloud s’améliorant très rapidement. Les
constructeurs de consoles vont donc devoir s’adapter et proposer leur propre système de cloud gaming pour rester
compétitifs. Microsoft s’y prépare déjà et mène des premiers travaux dans ce domaine, tandis que Sony a racheté
l’entreprise de cloud gaming intéractif Gakai, pour 380 millions de dollars en juin 2012. David Perry, le président de
Gakai, a déclaré vouloir aider le géant japonais SONY à exploiter au mieux les possibilités du cloud et de continuer à
accroître son développement.
Les opérateurs du câble et des télécommunications semblent prêts à se mettre d’accord et ne veulent pas prendre du
retard sur ce qui devrait être l’avenir du jeu vidéo. En effet, selon Jesse Divnich, les fournisseurs de télévision et de
téléphonie mobile savent que la commodité du cloud gaming attirera de nouveaux consommateurs si le contenu
proposé est de haute qualité, et ils veulent être prêts pour cette transition.
Pay TV providers jumping into cloud gaming for new revenue stream, de Anser Haider, SNL Kagan, 3 octobre 2012
Emmanuel Libet
ww.mediamerica.org
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