VIVRE aVEc UN ENFaNT

Transcription

VIVRE aVEc UN ENFaNT
l’essentiel
le magazine
d’information
de l’UDAF44
mars 2011
Crédit photo : ADAPEI 44
125
VIVRE avec UN ENFANT
EN SITUATION DE HANDICAP
L’événement > Rencontre avec la MDPH de Loire-Atlantique
p.3 Édito p.3 Zoom sur > Baromètre de l’accessibilité : Nantes en tête
p.4 Dossier > Vivre avec un enfant en situation de handicap
p.7 La vie des associations > Portrait croisé de l’ADAPEI, l’APF et l’UNAFAM
p.8 Agenda
p.8 Bloc notes p.2
L’évén
e m e nt Une rencontre autour du handicap entre l’UDAF 44 et la MDPH
La MDPH : l’interlocuteur unique pour les
personnes handicapées et leurs familles
La MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) est née du regroupement de plusieurs organismes d’état
liés au handicap, il y a déjà plus de 5 ans. Le 13 janvier 2011, l’UDAF de Loire-Atlantique a accueilli dans ses locaux
Mme LEMÉE Chantal, directrice adjointe de la MDPH de Loire-Atlantique, et M. GATARD Christian, membre de la commission
en charge de l’attribution des aides, pour une présentation de la structure.
A
vant 2006, les personnes
vivant avec un handicap
devaient frapper à plusieurs
portes pour obtenir des aides :
à celle de la CEDS (Commission
d’Éducation Spéciale) pour les enfants de
moins de 20 ans, à celle de la COTOREP
(Commission Technique d’Orientation et
de Reclassement Professionnel) pour
les adultes et à celle du SVA (Site pour
la Vie Autonome) pour toute demande
d’aide technique.
Depuis 5 ans maintenant, la MDPH
concentre en un seul lieu toutes ces
activités. Que l’on soit enfant ou adulte,
vivant à domicile ou en établissement,
la Maison Départementale des
Personnes Handicapées propose une
offre de services tant sur les démarches
administratives que sur la construction
d’un projet de vie. Elle participe
également à différentes opérations de
sensibilisation à la cause du handicap
au travers d’interventions menées
auprès des professionnels du secteur
médico-social et auprès des collectivités
locales.
L’accueil et l’accompagnement au projet de vie
Plusieurs agents d’accueil accompagnent
les demandeurs et leurs proches dans
la constitution du dossier de demande
d’aides. Ils répondent également à
toutes leurs questions liées à la situation
02
de handicap. L’objectif est de permettre
aux demandeurs de fournir un dossier
complet et de connaître les différentes
étapes avant l’attribution des aides.
Une de ces étapes est l’élaboration
du projet de vie. Il permet aux
futurs bénéficiaires de s’exprimer
autrement qu’au travers d’un dossier
administratif. Ils peuvent y évoquer leurs
difficultés, leur projet de reconversion
professionnelle, par exemple. Les
demandeurs peuvent se faire aider de
leurs proches ou de travailleurs sociaux
pour établir ce projet de vie. Une équipe
constituée, entre autres, de médecins et
d’assistants sociaux formulent ensuite
des propositions avant le passage
en CDAPH (Commission des Droits
et de l’Autonomie des Personnes
Handicapées).
Décider et attribuer des aides
Depuis la création de la MDPH, une seule
instance est en charge de l’attribution
des prestations : la CDAPH. Les aides
qu’elle alloue peuvent être aussi bien
liées à l’achat de matériel médical, au
transport, à la recherche d’un auxiliaire
scolaire ou à l’adaptation d’un logement
au handicap, etc.
Afin d’optimiser ses chances, la
personne handicapée ou ses proches
peuvent défendre leur cas directement
devant la CDAPH. Seulement cet exercice
n’est pas toujours facile et à la portée de
tous.
Un soutien des associations
En 2010, l’ADAPEI souhaite pallier
ces manques. Elle met donc en place
la cellule d’Aide, d’Assistance et
d’Accompagnement qui s’adresse aux
personnes handicapées mentales, à
leurs familles ou à leurs représentants.
Des conseillers bénévoles leur offrent
un accompagnement pour effectuer les
formalités en particulier auprès de la
MDPH, mais aussi auprès d’organismes
sociaux, scolaires, mutualistes. Ils aident
les familles à exposer leurs demandes,
à répondre et à anticiper les questions
posées en séance à la MDPH ou dans
d’autres organismes.
Pour animer cette cellule et faire valoir
les droits des personnes handicapées,
la structure recherche actuellement des
bénévoles. Ceux-ci s’adaptent en fonction
des disponibilités des demandeurs. Les
rendez-vous ont lieu soit à domicile, soit
au siège social de l’ADAPEI.
CONTACT
MDPH 44 : 0 800 40 41 44
[email protected]
Cellule d’Aide, d’Assistance, et
d’Accompagnement : 06 74 37 12 39
[email protected]
édito
les actu’s
L’UDAF 44 accessible
www.udaf44.fr
En Loire Atlantique, quelque 50 000 personnes handicapées bénéficient d’une
prestation, soit environ 4 % de la population. 2 500 familles bénéficient ainsi d’une
allocation d’éducation pour leur enfant handicapé.
S’il est difficile de quantifier le nombre de personnes handicapées, car la nature et la
gravité des atteintes peuvent être très diverses, ces quelques chiffres rappellent si
besoin en était, une réalité de prise en charge, et surtout une réalité de vie.
Quel que soit le niveau des aides accordées aux familles, l’investissement des
parents est total et de tous les instants. Des parents qui doivent faire face au quotidien
et qui très vite rejoignent une association pour ensemble trouver réponses aux
interrogations, aux difficultés et parfois aux situations de désespoir.
Voici ce qu’en disait Maurice ARFEUX, alors secrétaire général de l’UNAF en 1970,
dans un langage qui permet d’évaluer le chemin parcouru :
« Leur combat visera d’abord le désespoir. L’enfant inadapté est un malade, et non
pas un monstre. Les parents ne sont pas coupables. Il n’y a pas de débile mental qui
ne puisse faire de progrès sous certaines conditions. Leur combat sera pédagogique,
juridique, économique et social. Voilà ce que sait faire l’action familiale. »
Il nous faut aujourd’hui et sans cesse, rappeler cet immense engagement parental, et
le rôle indispensable des associations, pour que les situations de handicap puissent
être reconnues, acceptées et mieux vécues.
Et ce numéro de l’Essentiel veut y contribuer.
Jean-Yves Le Magueresse
sur
L’UDAF de Loire-Atlantique vient de
se doter d’un nouveau site internet.
Nouvelle identité graphique, nouvelles
rubriques, nouvelle organisation de
l’information... Cette refonte du site
est une occasion pour l’association
de gagner en lisibilité sur sa
mission première : représenter et
défendre toutes les familles. Dès la
page d’accueil, l’internaute identifie
l’UDAF 44 comme une association loi
1901 qui fédère plus de 150 associations
familiales.
www.udaf44.fr
Le parrainage de proximité : une
nouvelle forme de soutien à la
parentalité, créateur de lien social
Le parrainage de proximité consiste
à construire une relation affective
privilégiée entre un enfant et un adulte,
vivant à proximité.
L’association Parrains par’mille et le
Secours Catholique assurent toutes
deux le suivi des parrainages en
Loire-Atlantique. Aujourd’hui, elles
cherchent à faire connaître cette
nouvelle forme d’entraide citoyenne.
Le 22 février, l’association Parrains
par’mille, la CAF de Loire-Atlantique,
le Centre départemental Enfance
et Familles, le Conseil général, la
Sauvegarde de l’Enfance, le Secours
Catholique, l’UDAF de Loire-Atlantique
et la Ville de Nantes se sont réunis
pour signer un protocole d’accord
visant à officialiser leur partenariat
pour la promotion du parrainage de
proximité.
Président de l’UDAF 44
Baromètre de l’Accessibilité :
Nantes 1ère ville accessible de France
Le 1er janvier 2015, toute personne handicapée devra pouvoir accéder aux services
des établissements ouverts au public, selon la loi Handicap 2005.
À 4 ans de l’échéance, l’APF (Association des Paralysés de France) publie la
2ème édition de son “baromètre de l’accessibilité” afin de mesurer l’avancement des
travaux d’aménagement des communes françaises durant l’année 2010.
Nantes prend la tête du classement.
P
our la 2ème année consécutive,
Nantes se positionne comme la
1ère ville accessible de France.
Un effort a été fait sur l’accueil des
personnes malentendantes dans les lieux
publics : des agents de la ville ont en effet
été formés à la langue des signes.
L’accessibilité des écoles est également
un point sur lequel la municipalité
nantaise a œuvré. Aujourd’hui, plus
d’un groupe scolaire par quartier est
accessible aux enfants handicapés
moteurs.
Ce classement national ne recense que
les actions menées par les 96 chefs-lieux
départementaux. Ce palmarès ne doit
donc pas occulter tout ce qui est mis
en œuvre par les villes de taille plus
modeste.
En effet, qu’il s’agisse de Saint-Nazaire
ou de Châteaubriant, la plupart des
communes et des communautés de
communes disposent d’une commission
d’études et d’actions dédiée au handicap.
L’accessibilité des lieux s’en ressent
et les actions de sensibilisation se
développent.
Malgré un constat général plutôt
encourageant, le combat doit continuer.
En effet, le gouvernement prévoit de faire
voter à l’Assemblée Nationale un dispositif
de dérogation pour l’accessibilité des
bâtiments neufs.
Cet amendement risquerait de mettre à
mal l’essence même de la loi Handicap
qui impose une accessibilité de tous les
bâtiments et transports publics à l’orée
2015.
03
Crédit photo : ADAPEI 44
Point de vue de psychologues
Céline ALLUSSE et Roselyne TISSERAND sont psychologues à l’IME Alexis Ricordeau de Varades.
Cet établissement est habilité à accueillir des jeunes de 6 à 20 ans, reconnus comme déficients intellectuels légers
ou moyens.
Au travers des personnes qu’elles suivent dans cet institut médico-éducatif, elles apportent leur point de vue de
professionnels pour mieux comprendre le handicap et l’accepter.
Vous suivez des jeunes âgés
entre 6 et 20 ans. Vous les
voyez évoluer sur une longue
période. Quelles seraient les
phases les plus dures à passer
pour un enfant–adolescent
en situation de handicap ?
difficultés d’apprentissage et de maîtrise ». Ils voient les
difficultés des autres, mais occultent les leurs. Puis, de stage
en stage, ils avancent et intègrent leur handicap.
Céline ALLUSSE : Je
dirais l’adolescence,
psychologues cliniciennes
comme pour tous les
et institutionnelles à l’IME
enfants de cette tranche d’âge,
de Varades
handicapés ou non. Ce n’est pas
parce qu’ils sont déficients qu’ils
ne vivent pas leur adolescence.
Ils ont un rapport différent à l’autorité ; ils sont moins
obéissants. Ils ouvrent les yeux sur qui ils sont. Ils prennent
conscience de leur corps. C’est d’ailleurs à ce moment-là que
se posent des questions autour de la sexualité.
C’est à cette période également que certains vont développer
des troubles du comportement plus graves. Une réorientation
en psychiatrie peut alors être nécessaire.
Céline ALLUSSE : Aucun travail d’éducation ne peut se faire
sans une réelle collaboration avec la famille.
Des rencontres régulières ont lieu entre les parents et les
référents des jeunes. C’est lors de ces échanges que les
proches peuvent nous solliciter et nous demander conseils.
Nous assurons également, sur demande, des entretiens
individuels.
Céline ALLUSSE
Roselyne TISSERAND
Roselyne TISSERAND : Une des étapes difficiles à franchir
aussi est celle de la sortie de l’IME. Pourtant, nous les y
préparons. Des anciens de l’institut viennent régulièrement
témoigner de la vie « après IME » et expliquent comment ils
ont vécu le changement.
C’est au moment de la sortie, lorsqu’ils démarrent leurs
premiers stages en ESAT1 qu’ils prennent conscience de leur
handicap. Au départ, ils ne comprennent pas pourquoi ils
sont entourés de travailleurs handicapés : ils se considèrent
seulement « comme des personnes éprouvant certaines
04
ESAT1 : Établissements et Services d’Aide par le Travail
Ces quelques grandes étapes sont des épreuves pour les
jeunes mais très certainement pour leurs proches aussi.
De manière à les préparer au mieux, assurez-vous un suivi
psychologique spécifique auprès des familles ?
Quels sont d’ailleurs les sujets sur lesquels les parents ont
besoin d’être aidés ?
Roselyne TISSERAND : Il n’y a pas de règles. Certains ont
conscience de leur isolement et viennent nous voir pour se
confier. Ils acceptent de se faire aider. Nous pouvons alors les
réorienter vers des spécialistes qui seront davantage tournés
vers leurs propres difficultés et non vers celles de leur enfant.
Globalement, nous sommes là pour les rassurer et leur
rappeler les compétences de leur enfant.
La société française a tendance à soulever ce qui ne va pas, à
pointer du doigt les manques. Pourquoi ne pas avoir une image
plus positive et souligner plutôt les réussites de chacun ?
Tous les enfants ont des compétences et des talents.
Capitaliser sur les réussites de son enfant permet aux parents
de se sentir mieux. L’enfant le ressent ; il se voit et grandit
dans le regard de ses parents.
Vivre avec un enfant en situation
de handicap
Regards croisés entre une mère et
des spécialistes.
Quels que soient les mots utilisés et le comportement adopté, annoncer le handicap d’un enfant est toujours
traumatisant pour ses parents. En effet, ils réalisent à ce moment, ou un peu plus tard en cas de déni, que leur enfant
ne sera pas complètement autonome ou du moins qu’il évoluera différemment. Le rêve de l’enfant parfait se brise.
Afin de permettre l’instauration d’une véritable relation parents-enfants, un soutien médical et pratique doit être
mené pour accompagner les parents dans ce long chemin qu’est « accepter le handicap de son enfant pour lui
permettre de grandir ».
Céline ALLUSSE et Roselyne TISSERAND sont toutes deux psychologues en IME. Sophie est mère de trois enfants,
dont un est autiste. Ces trois personnes se confient et apportent leur point de vue de professionnels et de mère.
Depuis qu’elle a stoppé son activité professionnelle, Sophie*
se consacre pleinement à l’éducation de ses trois garçons.
Lucas*, le deuxième de la fratrie, a aujourd’hui 15 ans mais
ne se développe pas comme un adolescent de son âge.
En effet, il est autiste.
Sa mère témoigne de ses 15 premières années remplies de
doutes, d’épreuves, de joies et de victoires.
Lucas* a seulement trois mois lorsqu’il est hospitalisé pour
ses crises d’épilepsie intempestives.
Séjour après séjour, il passe de médecin en médecin. Ils
cherchent, disent-ils, la raison de ses crises. Certains nous
ont même sorti une fois « Si vous venez pour rien, ce n’est
pas la peine de venir ! ». Mon fils a quelque chose. Quoi ?
Je ne sais pas. Mais son regard est vide, il est inexpressif.
Par moment, je pense à l’autisme mais les crises d’épilepsie
prennent le dessus. Pendant trois ans, il n’y a pas un mois
pendant lequel Lucas* n’est pas hospitalisé.
Puis, nous tentons une scolarisation en SESSAD1 pendant
un an et demi. Mais, le bruit, le nombre d’enfants, ce nouvel
environnement n’est pas adapté à ses difficultés. Bien que
l’éducateur soit à ses côtés, Lucas* n’arrive pas à s’intégrer.
En parallèle, nous continuons les tests pour mettre un
nom sur son handicap. Le pédo-psychiatre qui suit Lucas*
depuis tout ce temps nous dit « Je me pose une question :
je me demande si votre enfant n’est pas autiste. » Et bien,
si les médecins se posent des questions à leur tour qui va
m’apporter des réponses ? Vous pensez bien que dans ces
moments-là, je ne souhaite pas ajouter des questions à ma
liste mais surtout obtenir des réponses… au moins une !
La réponse tombe le jour de son cinquième anniversaire :
Lucas* est diagnostiqué autiste sévère.
Nous avons deux solutions pour l’accompagner dans sa
maladie : l’éduquer en utilisant la méthode ABA2 ou opter
pour la méthode « douce », ce que nous avons choisi.
Aujourd’hui, je me demande toujours si nous avons fait
le bon choix. De plus en plus de reportages passent sur
cette méthode ABA2. Mais en même temps, Lucas* semble
épanouï à l’IME dans lequel il évolue depuis 3-4 ans. Avant
d’obtenir cette place, Lucas* a passé 2 ans en hôpital de
jour et quelques années dans un autre IME. Mais ces deux
structures étaient situées loin de notre domicile. C’était
épuisant. Aujourd’hui, Lucas* rentre tous les soirs comme
un ado de son âge.
Je suis bien consciente de sa différence. Mais il progresse,
à son rythme. Il faut saisir les moments, ses réussites. Je
me rappelle de son premier bisou. Il avait 8 ans. C’était très
émouvant. À un Noël aussi, ses frères s’étaient mis en tête
* : Par souci de confidentialité, les prénoms utilisés dans ce témoignage ont été modifiés.
SESSAD1 : Service d’Éducation Spéciale et de Soins à Domicile
ABA2 : Applied Behavior Analysis, Analyse Appliquée du comportement
suite de l’article page suivante (...)
05
Crédit photo : ADAPEI 44
(...) suite de l’article en page 5
de lui faire essayer son vélo. Ses premiers
tours de roues ont été pour moi une très
grande fierté. En fait, c’est comme si Lucas*
obtenait plusieurs fois son bac par an !
Mon mari, ses frères et moi-même avons
accepté son handicap, ce qui est le plus
difficile. Plusieurs personnes de ma famille
n’en sont pas encore là. Mes proches nous
considèrent comme « la famille misère » ;
ils voient seulement Lucas* comme un enfant
autiste. Moi, Lucas*, je le vois comme Lucas*.
Un point c’est tout.
Il est vrai qu’il a fallu faire des concessions
comme arrêter mon activité professionnelle
pour me consacrer pleinement à lui. Mon
fils aîné se sentait aussi comme fils unique
avec un frère. L’arrivée du troisième enfant a
rétabli l’équilibre et a rendu en quelque sorte
la famille « normale ». Je vois maintenant
une réelle fratrie, empreinte de protection.
Même si Lucas* parle peu, on se comprend.
On est comme un vieux couple ! Par exemple,
quand il vient me toucher les cheveux, c’est
signe de joie… Je comprends aussi quand il
me demande du coca « Du tota ».
Je ne pourrais pas dire que les quinze
premières années de mon fils ont été un
long fleuve tranquille mais ça y ressemble.
J’appréhende tout de même la majorité de
Lucas* car je sais qu’elle sera différente
de celle de mon fils aîné. Je réfléchis à
son avenir. J’aimerais qu’il soit dans un
établissement et qu’il vienne de temps en
temps à la maison, comme le fera son frère
aîné.
06
T’CAP, ENTRE ACCESSIBILITÉ ET MIXITÉ
Pratiquer un loisir, prendre des vacances, faire du sport relèvent parfois
du parcours du combattant pour les personnes handicapées qui ont besoin
d’activités adaptées à leur situation.
Attentifs à ces difficultés, différents acteurs se rassemblent et créent le
comité de pilotage T’CAP en mai 2007.
4 ans plus tard, une trentaine d’acteurs associatifs et institutionnels*
(secteurs culturel, sportif, médico-social et éducation populaire) se
mobilisent pour changer le regard porté sur les personnes en situation
de handicap.
T’CAP, c’est avant tout un comité de pilotage qui réfléchit à l’accès au sport,
aux loisirs et aux vacances tous ensemble. Parmi les activités recensées,
cours d’arts martiaux pour les non-voyants, rugby en fauteuil, lutte adaptée
ou théâtre en langue des signes sont des moyens pour repousser ses
limites et apprendre à vivre ensemble.
Depuis 2008, T’CAP est aussi un événement bisannuel « T’cap Handicaps
ou pas, Loisirs & découvertes». Cette journée permet aux personnes en
situation de handicap ou pas de s’informer sur des loisirs de proximité et
de réfléchir à des solutions adaptées ou en mixité. Animations culturelles
et sportives, débats et stands sont au programme.
T’CAP assure enfin une mission d’information autour d’un guide des
acteurs et des offres de loisirs et d’un site Internet ressources, www.t-cap.
info.
Afin d’échanger autour de la thématique des libertés, l’association Grandir
d’un Monde à l’Autre, à l’initiative du projet T’Cap organise un colloque
Libertés et handicaps à Saint-Herblain le 26 mars.
CONTACT : Coordinateur du collectif T’CAP
Grandir d’un monde à l’autre
Tél. 09 50 23 79 68 / www.mondealautre.fr
* ACCOORD, ADAPEI, ANJEU-TC, APAJH 44, APF, CAF 44, CEMEA, Comité Départemental
du Tourisme, Comité Régional de Sport Adapté, Corto Loisirs, DicoLSF, Direction Régionale
& Départementale de la jeunesse et des Sports, Ecossolies Agence Radar, FRANCAS Pays
de Loire, Grandir d’un monde à l’autre, Handisup, Loisirs Pluriel, OREA, Service Jeunesse
Education Populaire du Conseil Général, Un copain comme les autres, Union Française
Centres Vacances, Union Nationale des Associations de Tourisme, ville de Carquefou, ville de
La Chapelle-sur-Erdre , ville de Nantes, ville d’Orvault, ville de Sainte-Luce-sur-Loire.
44
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ADAPEI, APF, UNAFAM même combat :
améliorer le quotidien des personnes handicapées
Trop longtemps, les personnes handicapées étaient invisibles pour la société ou réduites à n’être que des malades.
Pour faire bouger les mentalités, elles et leurs proches se sont regroupés en association. C’est dans ce contexte que
sont nées l’ADAPEI (Association départementale des Amis et Parents des Personnes handicapées mentales), l’APF
(Association des Paralysés de France) et l’UNAFAM (Union Nationale des Amis et Familles de malades psychiques).
En 1955, plusieurs parents
de Loire-Atlantique se
rassemblent au sein de
l’association Les Papillons
Blancs, qui deviendra 14 ans plus tard
l’ADAPEI. Leur objectif : proposer aux
personnes handicapées mentales un
véritable accompagnement tout au long
de leur vie. Aujourd’hui, l’association
est fière de compter 1 000 adhérents,
2 500 personnes accueillies et 1 600
professionnels.
L’ADAPEI intervient auprès des enfants
et adolescents atteints de déficience
intellectuelle en leur assurant une
éducation spécialisée et des soins en
IME, par exemple.
Elle prend en charge également
l’orientation
professionnelle
des
adultes. Les moins autonomes peuvent
exercer une activité professionnelle en
milieu protégé comme dans un ESAT
(Établissement et Service d’Aide par le
Travail).
Les plus autonomes travaillent dans des
entreprises adaptées où les conditions
de travail sont proches de celles du
cadre ordinaire.
Côté logement, l’ADAPEI propose des
hébergements spécialisés : des foyers
d’accueil médicalisés, des logements
accompagnés dans lesquels des soins
médicaux et des aides à la vie courante
sont prodigués.
LOIRE - ATLANTIQUE
CONTACT : 02 40 12 22 90
www.adapei44a.fr
L’APF voit le jour en 1933
du combat de quatre jeunes
atteints de poliomyélite. En
2011, 700 adhérents, 450
bénévoles, 500 usagers et 365 salariés
agissent quotidiennement sur la LoireAtlantique pour une pleine citoyenneté
des personnes en situation de handicap
moteur avec ou sans troubles associés.
Conformément à son projet associatif
“Acteur et Citoyen”, l’APF agit dans une
dynamique participative. Des bénévoles
de l’association s’engagent dans la vie
locale en développant des actions de
proximité. Plusieurs groupes de parole
et d’études incarnent également cette
philosophie : le service accessibilité, le
groupe de parole sur la parentalité, les
Mercredis soirs de l’APF, les jardins
solidaires, etc. L’APF se mobilise
aussi avec les autres associations
des droits humains pour construire
une société ouverte à tous. Membre
du mouvement Ni pauvres ni soumis,
elle milite et manifeste régulièrement
pour un revenu d’existence décent
pour tous. L’APF développe également
des services diversifiés. Les enfants et
adolescents sont accueillis dans des
structures d’accueil facilitant l’ouverture
sur l’extérieur grâce aux liens qu’elles
entretiennent avec les structures
ordinaires. Le Pôle Adultes propose
quant à lui des services pour faciliter la
vie à domicile des adultes.
CONTACT : 02 51 80 68 00
www.dd44.blogs.apf.asso.fr
La maladie psychique, surtout
connue au travers de cas
tragiques médiatisés, effraie
bon nombre de personnes.
Le regard des autres pousse les proches
des malades psychiques à s’isoler.
L’UNAFAM 44 souhaite rompre cet
isolement : 30 bénévoles apportent
leur soutien à 300 familles. Pour cela,
l’association a mis en place un accueil
téléphonique visant à établir un premier
contact pour programmer un entretien
individuel.
Il existe aussi des groupes d’expression :
tous les premiers mercredis et derniers
samedis du mois, la porte de l’association
est ouverte à tous les proches désireux
de partager leurs expériences au côté
de la maladie psychique. Grâce à ces
échanges, ils constatent qu’ils ne sont pas
seuls dans leur cas.
Les groupes de parole, animés par un
psychologue, s’organisent un peu sur le
même modèle mais sont sur inscription
et engagent les participants sur un an. Le
groupe évolue ainsi ensemble.
L’UNAFAM propose également des
formations visant à rétablir le lien social
et à comprendre l’attitude du malade.
Enfin, l’association organise des
conférences auprès des personnes en
contact avec le public (agents d’accueil,
police municipale, travailleurs sociaux)
afin de leur expliquer les comportements
à adopter face aux malades psychiques.
CONTACT : 02 51 83 17 73
www.unafam.org
07
Agenda
26 mars
Grandir d’un monde à l’autre
Colloque « Libertés et handicaps »
à Saint-Herblain le 26 mars, de 9h à 18h.
Inscriptions sur www.colloque-libertes-handicaps.fr ou
par téléphone au 09 50 23 79 68
20 000
enfants handicapés ne sont pas scolarisés.
Source : Enquête du Ministère de l’Éducation Nationale, 2005-2006
ffre
i
h
c
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L
30 mars
Maison des adolescents
« Le sentiment amoureux »
Conférence animée par le philiosophe Eric Fiat.
Salle Immaculée, à Saint-Nazaire.
Renseignements au 02 40 20 89 65
12 avril
AFC 44
Bourse aux vêtements pour enfants
Vente de vêtements printemps-été, de la naissance à
la taille 14 ans.
De
11h
à
14h
dans
la
salle
de
l’association
sportive
Saint-Rogatien
au
47 rue de Coulmiers à Nantes.
Renseignements au 02 40 47 10 49
15 avril
EFA 44
Soirée débat avec l’association
« La voix des Adoptés »
Présentation de l’association et témoignages
d’intervenants.
À 20h dans la Salle Bonnaire, 1 rue de Koufra à Nantes.
Renseignements par email à [email protected]
30 avril
UNAFAM 44
Réunion d’accueil
pour mieux connaître
l’association, rencontrer et échanger avec des proches
de malades psychiques.
De 10h30 à 12h30, 5 rue Moquechien à Nantes.
Renseignements au 02 51 83 17 73
28 mai
ASFMR
Anniversaire : 40 ans
L’ASFMR fête ses 40 ans d’existence en Loire-Atlantique.
De 17h30 à 22h dans la salle Simone de Beauvoir à
Nantes.
Renseignements au 02 28 25 91 80
L’essentiel • n° 125
le magazine d’information
de l’UDAF44 - Mars 2011
Trimestriel diffusé à 1700 exemplaires
Tél. 02 51 80 30 00 - www.udaf44.fr
Directeur de la publication : Jean-Yves Le Magueresse
Co-directeur : André Prats / Rédaction : Morgane Boscher - Charlène Guillet
Supervisé par la Commission Communication
Conception graphique : Sapristi*
Impression par Imprimerie Le Govic à Treillières, labellisée
Bloc notes
La fête du sourire avec l’APF
Du 13 au 22 mai a lieu l’opération « La fête du sourire ». Elle a pour but de
faire évoluer le regard du grand public sur le handicap mais aussi de collecter
des fonds pour financer les actions menées par l’APF. Les animations à ne
pas râter : la Rando du sourire à Machecoul le 15 mai, la journée des enfants
le 18 mai, Mega concert le 21 mai et repas interculturel le 22 mai à Nantes,
rassemblement voitures et motos le 21 mai à Saint-Nazaire. Venez soutenir
l’APF, en achetant les produits du sourire disponibles sur les stands de
vente.
L’ADMR modernise son logo !
L’été 2010 a été synonyme de changement pour l’ADMR qui revête un nouveau
logo accompagné d’une nouvelle signature “La référence du service à la
personne”. En effet, le réseau ADMR propose des services à toute personne
qui en a besoin, quelque soit son lieu d’habitation.
Le clocher qui reflétait le milieu rural dans l’ancien logo laisse dorénavant sa
place à la personne. Pas étonnant pour une association qui met au premier
plan les valeurs humaines.
Prise de position sur les rythmes scolaires
Dans le cadre de la consultation nationale sur les rythmes scolaires, l’UDAF 44
a organisé une soirée-débat avec les partenaires locaux et les associations
familiales. Tous se sont mis d’accord sur une prise de position commune. En
voici les points-clés : le temps de travail scolaire doit être réorganisé. Il s’agit
de réinstaurer une semaine de 5 jours d’égale durée avec un nombre d’heures
réduit et modulé en fonction des âges. Le nombre de semaines travaillées
est alors plus important et les vacances d’été sont réduites pour favoriser
un plus long repos hivernal. Par ailleurs, les acteurs de cette réflexion ont
préconisé la construction de lieux consacrés aux temps de repos des enfants,
en particulier aux heures de repas et de récréation.
Découvrir le monde autrement grâce au Festival
HANDICLAP
Voir avec les mains, entendre avec les yeux, escalader avec l’esprit...
L’APAJH de Loire-Atlantique (Association Pour Adultes et Jeunes Handicapés
de Loire-Atlantique) invite à tenter ces expériences originales lors de la
24ème édition du festival HANDICLAP. Ateliers, concerts, conférences, visites
de musées, activités sportives et expositions sont programmés dans un bon
nombre de communes du département du 24 mars au 2 avril 2011.
Renseignements auprès de l’APAJH 44 au 02 40 14 04 71
www.festival-handiclap.org