EVALUATION de LECTURE -‐ SECONDE Jeudi 27 septembre 2012

Transcription

EVALUATION de LECTURE -‐ SECONDE Jeudi 27 septembre 2012
 EVALUATION de LECTURE -­‐ SECONDE Jeudi 27 septembre 2012 10h30-­‐12h30 Pistes de correction
Pénalité GLOBALE de deux points en cas de non-­respect des codes de l’écrit (ponctuation, lisibilité, soin, correction de la langue, orthographe). Il faut donc essayer de ne pas pénaliser pour CHAQUE question ! Rappel : l’objectif est d’évaluer la lecture de l’œuvre par l’élève, non sa capacité à l’analyser… Bonus jusqu’à 4 pts pour ceux qui répondent à davantage de questions et, donc, auraient lu plus de 4 livres ! Bonus de 2 pts pour l’avis sur le livre. I. Etude d’un extrait de E. Zola, Au Bonheur des Dames (14 pts) : Questions Toutes les réponses doivent être rédigées et justifiées par des références au texte. 1. A quel moment cette scène se situe-­t-­elle ? (1 pt) Le magasin vient d’être de nouveau l’objet d’un agrandissement : il occupe maintenant tout le quartier. L’inauguration a lieu à l’occasion du « blanc ». depuis l’agrandissement, la réclame a pris une place importante sur la façade. (Chapitre XIV) 2. Relever une comparaison et une métaphore ; pour chacune d’elles, expliquer l’effet produit. (2 pts) Comparaison (deux ex.) : — « le Vieil Elbeuf était fermé, muré ainsi qu'une tombe, derrière les volets qu'on n'enlevait plus » : la tombe évoque la disparition du petit commerce et la mort des commerçants, privés de leur ressource. La comparaison dramatise la situation. — « s'étalait, comme un drapeau planté sur un empire conquis, une immense affiche jaune » : la comparaison évoque la montée progressive du magasin pour arriver à sa victoire finale sur les commerçants du quartier. Métaphore (deux ex.) : — « Le palais était construit, le temple élevé à la folie dépensière de la mode. Il dominait, il couvrait un quartier de son ombre. » Les termes « palais » et « temple » se substituent au terme magasin. L’auteur montre ainsi à la fois la taille extraordinaire du magasin et le pouvoir quasi divin qu’il a acquis. La métaphore est filée dans la phrase suivante par des verbes qui développent cette toute puissance. — « cette verrue ancienne » désigne la « masure Bourras » : l’expression souligne fortement le contraste entre cette maison ancienne et le nouveau magasin auprès duquel elle faisait tache et rend indiscutable la nécessité de la détruire. Cette métaphore exprime un point de vue favorable au magasin. 3. Dans les lignes 1 à 17, relever deux propositions relatives ; pour chacune d’elles, souligner le pronom relatif et indiquer entre parenthèses son antécédent. (2 pts) « qu'on n'enlevait plus » (volets) « qu'il avait plus tard égorgé » (le quartier noir) 4. Montrer, à partir d’un relevé précis et varié, que la description du magasin est hyperbolique. (2 pts) — Termes marquant la grandeur : « Le palais », « le temple », « Il dominait, il couvrait un quartier de son ombre », « peu à peu, les roues de fiacres les éclaboussaient, des affiches les noyaient, les collaient ensemble, flot montant de la publicité (pluriel + flot) », « les quatre façades filaient le long des quatre rues » (répétition), « pareil à l'ogre des contes, dont les épaules menacent de faire craquer les nuages (comparaison) », « les bâtiments eux-­‐mêmes, d'une immensité exagérée », « tout l'infini de ce lac de verre et de zinc luisant au soleil ». — Termes marquant le nombre : « un piquet d'ordre dut faire circuler la foule et veiller au stationnement des voitures », « la clientèle du monde entier. ». — Termes minimisant en contraste les bâtiments prestigieux : « les monuments semblaient fondre, à gauche deux traits pour Notre-­‐Dame, à droite un accent circonflexe pour les Invalides, au fond le Panthéon, honteux et perdu, moins gros qu'une lentille. » a. Quel est le temps verbal dominant ? Justifier cet emploi. (1 pt) Le temps verbal dominant est l’imparfait : par exemple, « Le palais était construit », « Il dominait, il couvrait », « Déjà, la plaie… se trouvait », « les quatre façades filaient ». b. Expliquer l’emploi du présent, l. 18, « les épaules menacent ». (1 pt) Il s’agit d’un présent de valeur générale qui évoque une caractéristique habituelle de « l’ogre des contes ». —
Réécrire la phrase « c'étaient les bâtiments eux-­mêmes, d'une immensité exagérée, vus à vol d'oiseau avec leurs corps de toitures qui dessinaient les galeries couvertes, leurs cours vitrées où l'on devinait les halls, tout l'infini de ce lac de verre et de zinc luisant au soleil. » en remplaçant « les bâtiments » par « le bâtiment » (1 pt) « c'étaient le bâtiment lui-­‐même, d'une immensité exagérée, vu à vol d'oiseau avec son corps de toitures qui dessinait les galeries couvertes, ses cours vitrées où l'on devinait les halls, tout l'infini de ce lac de verre et de zinc luisant au soleil. » —
Recopier la phrase en gras dans le texte (l. 10 à 13), encadrer le verbe principal, souligner le sujet. Analyser les termes « bariolée » et « salie ». (2 pts) et, au milieu de cette devanture morte, salie des crachats de la rue, bariolée des guenilles du vacarme parisien, s'étalait, comme un drapeau planté sur un empire conquis, une immense affiche jaune, toute fraîche, annonçant en lettres de deux pieds la grande mise en vente du Bonheur des Dames. « bariolée » et « salie » sont deux adjectifs qualificatifs apposés (ou épithètes détachées) au sujet « une immense affiche jaune ». —
Indiquer les différentes étapes de la description. (2 pts) — l. 1-­‐2 : Evocation de l’affluence — l. 2-­‐ 17 : Ecrasement des anciens commerces — l. 17 – fin : Description du magasin organisée comme un tableau o l. 17-­‐ 21 : Premier plan, les rues o l. 21 – 24 : Seconde plan, le magasin o l. 24 – fin : Arrière-­‐plan, les monuments prestigieux minimisés. II. Questions de lecture (16 pts) Toutes les réponses doivent être rédigées, organisées en paragraphes et bien justifiées par des exemples précis. 1. Zola, Au Bonheur des Dames, Petits Classiques Larousse. — Quels sont les deux magasins qui s’opposent ? Quels types de commerce représentent-­ils ? Quels sont les éléments qui les composent ? Au XIXème siècle, l’apparition des grands magasins provoque d’importants bouleversements dans le commerce et entraîne peu à peu le déclin des petits magasins. Zola, dans son roman, oppose sans cesse Le Bonheur des Dames, dirigé par Octave Mouret, au Vieil Elbeuf, propriété de l’oncle de Denise, Baudu : le premier connaît une rapide ascension tandis que le second vit un déclin irréversible. Zola met ainsi en parallèle deux types de commerce, l’ancien et le nouveau : l’un est représenté par le petit commerce, l’autre par le grand magasin. Tout oppose ces deux types de commerce : ce contraste est souvent mis en valeur à travers le regard de Denise. -­‐ abondance de couleurs lumineuses / obscurité -­‐ vitrine claire aux produits alléchants / devanture sombre et sinistre -­‐ haute façade qui déborde de marchandises / boutique basse de plafond et sans marchandises à vue -­‐ prix fixes, affichés / aucune indication de prix -­‐ organisation de période de soldes / aucune manifestation pour attirer la clientèle. 2. Anouilh, Le Bal des Voleurs — On distingue le comique de mots, le comique de caractère, le comique de gestes et le comique de situation. Repérer, pour chacun de ces types de comique, un passage de l’œuvre l’illustrant. Comique de gestes et comique de mots : dans le premier tableau, Hector se penche sur la main d’Eva pour y déposer un baiser et sort une loupe pour examiner la bague qu’elle porte. Juste après, ses paroles sont « Mon Amour… Deux cent mille. Ce n’est pas du toc. » Comique de gestes : pour le bal, chacun se déguise. Les Dupont-­‐Dufour sont en apaches. Peterbono et Hector sont en voleurs d’opérette. Eva et Lady Hurf sont en voleuses et Lord Edgard en policier. Peterbono offre à Hector des cigares qu’il a volés, Hector refuse : il en a déjà plein les poches ! Comique de mots : Le bal des voleurs s’avère être un bal des fleurs. Comique de situation : Dans le premier tableau, Peterbono et Hector se présentent en grands d’Espagne devant Lady Hurf. Celle-­‐ci, qui s’ennuie quelque peu, les devance et salue Hector éberlué, feignant de reconnaître en lui le comte de Miraflor. Toute la scène qui suit montre Hector, ne sachant pas qu’elle feint, qui cherche à donner la réplique à Lady Hurf. S’ajoutent à cela les tentatives de Lord Edgard pour dire qu’il ne reconnaît pas le comte et qui se trouve constamment interrompu par Lady Hurf. Nouvel effet de comique dans les dernières répliques : c’est Lord Edgard qui trompe tout le monde en prétendant avoir perdu un fils, produisant ainsi un coup de théâtre à la manière des comédies de Molière. Au début du troisième tableau, les Dupont-­‐Dufour félicitent les voleurs pour leur déguisement de… voleurs. Comique de caractère : Les personnages sont très typés : Lady Hurf est une riche lady qui s’ennuie, Lord Edgard est un homme sans grande initiative, constamment rabroué par Lady Hurf (sauf à la fin). Les Dupont-­‐Dufour sont ridicules, particulièrement le fils dans le rôle du prétendant constamment éconduit. Juliette est la jeune première amoureuse. Eva est au contraire totalement désabusée. Le trio des voleurs, complices mais souvent en désaccord, croit être maître d’une situation qui leur échappe constamment. 3. Graham Greene, Le Troisième Homme — Pourquoi ce récit policier est-­il aussi le récit d’une amitié ? Rollo Martins ressent une forte admiration pour Harry Lime qu'il connaît depuis son enfance et qui est un ami proche. Or, Harry doit aller le chercher à l'aéroport, mais l'absence de ce dernier pousse Martins à se mettre sur sa piste afin de comprendre ce qui est arrivé. Puis, par amitié, il reprend l'enquête commencée plusieurs mois auparavant pour prouver l'innocence de son ami de toujours accusé par Calloway. Pendant toute l'enquête, alors que les preuves s'accumulent et mettent en évidence le caractère trouble de Harry Lime, Martins se refuse à envisager la moindre perfidie à son égard. Puis, il comprend que son ami est l'homme de l'ombre, « le troisième homme », qui a organisé les crimes et qui a assassiné les témoins gênants. A la fin de la course-­‐
poursuite qui s'achève dans les égouts de Vienne et durant laquelle Harry Lime aura tenté de l'assassiner, il sera obligé de lui tirer dessus pour rester en vie. Malgré cela, Martins déclare : « Je ne l'oublierai jamais. » (chapitre XVI) 4. Le Clézio, Pawana — L’écriture à la première personne : Quels personnages parlent, racontent ? Lequel est inspiré d’un personnage réel ? A quel moment du livre, en quelles circonstances leurs routes se croisent-­elles ? Récit à deux voix : en alternance les deux narrateurs, à la fin de leur vie, racontent l’épisode de la découverte de la lagune et ses conséquences. -­‐ chapitres 1 et 3 (pages 11 et 58) : John, de Nantucket -­‐ chapitres 2 et 4 (pages 36 et 72) : Charles Melville Scammon « C’est une histoire authentique, celle d’un baleinier, Charles Melville Scammon », précise Le Clézio. Cet homme aussi fabuleux et légendaire que le capitaine Achab, de Moby Dick de Melville, après avoir découvert au Mexique à la fin du siècle dernier une lagune où se reproduisaient les baleines grises, décida de les exterminer… » Puis, se rendant compte qu’il commettait une erreur irréparable, il consacra sa vie à leur sauvegarde, aidé par les révolutionnaires mexicains. (page 86) Dans le premier chapitre, John raconte : « J’avais dix-­‐huit ans quand j’ai embarqué sur le Léonore, commandé par la capitaine Charles Melville Scammon. » (page 25) Dans le second chapitre, le capitaine se souvient de la première fois qu’il a vu John : « L’un d’eux, un enfant encore, regardait la mer. » (page 38) « -­‐Comment t’appelles-­‐tu? …….. (page 39) Les deux personnages n’ont pas navigué très longtemps ensemble. John précise (page 58) : « Trois ans plus tard …….Je n’étais plus sur la Léonore. …… Je n’ai jamais revu le capitaine Scammon. » Mais ils ont vécu ensemble la découverte de la lagune et la tuerie des baleines. Le capitaine se souvient de la réaction de John qu’il ne comprendra que plus tard. « ce jeune garçon qui chassait pour la première fois et qui me regardait comme si j’avais fait quelque chose d’interdit, quelque chose de maudit. » (page 72) ; « Je me souviens du regard de l’enfant. ……..Il me demandait, comment peut-­‐on tuer ce qu’on aime ? » (page 75) ; « Je pense aux larmes de l’enfant…. » (page 79) 5. Marivaux, L’Ile des Esclaves — Caractériser le personnage d’Arlequin (portrait physique et moral, fonction, rôle dans la pièce, relations avec les autres personnages, etc…). Arlequin est un personnage de la commedia dell’arte. Dans cette pièce, il forme avec Iphicrate le couple de la comédie (valet-­‐maître), ce qui est déjà une promesse de spectacle comique. La scène 1 commence par le terme « Arlequin ». On s’apprête donc à rire dès le début. Arlequin apparaît dès lors tel un buveur, un bon vivant Au début, Iphicrate tutoie Arlequin qui vouvoie son maître. Celui-­‐ci se contente de répéter les propos de son maître (le psittacisme : effet perroquet) ou reformule (« Que deviendrons-­‐nous » /« nous deviendrons »). D’autre part, il n’a pas le savoir. Cependant, dès qu’il apprend qu’il est sur l’île des esclaves, il change complètement de comportement. Il s’oppose, dès lors, à son maître en sifflant ou chantant (cf. didascalies, scène 1). C’est le début de sa révolte : « eh ! Encore vit-­‐on ». Il devient totalement désinvolte. En effet, dans les didascalies telles que « prenant sa bouteille pour boire », il ne réagit aux ordres du maître que par des sifflements et des chansons. Il s’oppose à son maître par la gaieté et apparaît détaché : « indifféremment », « badinant ». L’ironie passe alors par une imitation volontaire, c’est de la provocation : « Mon cher Arlequin… mon cher patron ». Cette répétition, qui renvoie à Iphicrate les artifices de sa parole, dénonce le manque de sincérité de la parole d’Iphicrate. Il renvoie de ce fait Iphicrate à la réalité : « les marques de votre amitié… », une réalité de violence et de mépris. Ce n’est plus le même Arlequin, il prend les choses au sérieux. Il parle au passé (« je l’ai été »), ce qui constitue une marque d’indépendance. Dès les premiers mots, Arlequin s’est affranchi. Nous pouvons relever le passage du vouvoiement au tutoiement : « tu, ton », puis « mon ami », expression qui remplace « mon patron ». Il discute donc d’égal à égal avec son maître et a supprimé toutes les distances sociales. Il va jusqu’à utiliser des périodes : « tu étais le plus fort… » Arlequin a tout d’une conscience sociale : « tu me traites … comme un pauvre animal ». Cependant, il ne dénonce pas l’injustice sociale mais l’exercice de l’autorité, l’exercice par la force. A ce moment précis, il n’éprouve pas de pitié. Dans la scène 6, Arlequin est confronté à Cléanthis, avec qui il doit jouer le rôle de leurs maîtres respectifs. A l’inverse de Cléanthis qui prend son rôle très au sérieux, Arlequin apparaît distant, authentique. Celui-­‐ci demeure très peu obéissant et distant : « nous sommes… ». C’est le premier qui se lasse à ce jeu. Il va alors dénoncer l’absence d’authenticité des maîtres, de sentiments véritables : « dans le grand monde…pas de cœur ». Cependant, il n’est pas si libre que cela. En effet, il n’existe qu’au travers de l’imitation et reproduit ce que faisait son maître à savoir la violence. En effet, dans la scène 8, « il va tirer Euphrosine par la manche » (violence physique). Puis, Arlequin devient grossier : « riant », « regardez-­‐moi dans l’œil » (violence verbale). Il se qualifie comme quelqu’un de bien mais il se perd petit à petit : renversement rapide. Il devient alors fragile. Arlequin s’avoue impuissant, on passe de la survalorisation à la dévalorisation (« cœur » → « petit cœur » → ensuite il est rien, « un rien qu’on voit vaut mieux que quelque chose qu’on ne voit pas »). Il avoue son impuissance : « je suis un mouton » et sa fascination pour Euphrosine : « En regardant ses mains ». Arlequin devient totalement soumis : « hélas je me mettrais à genoux… » . Euphrosine remet donc le valet à sa place. Elle renvoie Arlequin à la douleur qu’il a lui-­‐même subie « méchant » et « …la force de t’en dire davantage… ». La dernière tirade d’Arlequin signale son échec avec son silence et l’impossibilité absolue de traverser les obstacles sociaux au niveau sentimental. 6. Molière, Le Bourgeois gentilhomme — En quoi Monsieur Jourdain est-­il un personnage comique ? Quelle critique Molière fait-­il de ce bourgeois à travers sa pièce ? Les tentatives de M. Jourdain pour devenir un être raffiné sont toutes vouées à l’échec et le rendent comique pour différentes raisons : sa maladresse, sa balourdise (tentatives gauches pendant les leçons de danse et d’armes, incapacité d’exécuter la révérence devant Dorimène), son ridicule (il met son chapeau sur son bonnet de nuit (Acte II scène 1), son habit qui provoque le fou rire de Nicole, le déguisement de Mamamouchi), sa sottise, son ignorance (ses réflexions stupides : ma robe pour mieux entendre (Acte I scène 2)), son émerveillement (scène des voyelles), son incapacité à assimiler (tout ce qui n’est point vers n’est point prose (Acte III scène 3), sa naïveté, sa crédulité (les flatteries des tailleurs (Acte II scène 5), il ne s’étonne pas des invraisemblances (ressemblance de Cléonte et du Turc, revirement rapide de Madame Jourdain), son obsession (copier les gens de qualité : cette expression revient comme un leitmotiv). Monsieur Jourdain représente une classe sociale en pleine ascension au XVIIème siècle : la bourgeoisie commerçante qui souhaite que sa fortune lui permette de se hausser dans l’échelle sociale, et en particulier d’accéder à l’aristocratie. Molière ne critique pas ce désir d’ascension sociale et la démarche de Monsieur Jourdain pourrait être louable. S’il est ridicule, c’est pour d’autres raisons : Il est incapable d’écouter ses maîtres et de faire l’effort d’apprendre pour progresser. Il ne tire aucun profit des leçons car il est indocile et reste sur ses idées. Il se laisse éblouir par les apparences et privilégie le paraître. Il veut seulement acquérir tous les signes extérieurs de la noblesse. Il ne fait preuve d’aucun discernement et pense que l’argent lui permet de tout obtenir. Sa vanité et sa bêtise l’aveugleront jusqu’à la fin de la pièce puisqu’il ne reviendra pas à la raison. Au dénouement il est le grand perdant et dupé par tous. 7. Pennac, Au Bonheur des Ogres — Quelle place le narrateur-­personnage occupe-­t-­il dans la société ? (magasin, famille...). Quel est l’intérêt qu’il soit à la fois narrateur et personnage ? Au magasin, Ben Malaussène joue le rôle de « bouc émissaire ». Cette fonction, peu avouable, par lui-­‐même comme par la direction du magasin, reste officieuse : officiellement, Ben est responsable du contrôle technique des marchandises. Dans la réalité, il est appelé quand un client vient se plaindre d’un objet défectueux. Il est alors pris à partie violemment par son chef, Lehmann, qui menace non seulement de le licencier, mais aussi de lui faire payer l’indemnisation due au client. Malaussène doit prendre l’air le plus contrit, le plus désespéré et finalement se mettre à pleurer. Ainsi, le client a pitié de lui, retire sa plainte, et le magasin règle le problème sans frais. Il s’acquitte très bien de sa tâche au point même qu’un client menace le Lehmann de lui régler son compte si quelque chose devait arriver à Malaussène. Chez lui, Ben Malaussène s’occupe d’une ribambelle de frères et sœurs —en l’absence quasi constante de sa mère partie avec un nouveau compagnon et qui reviendra avec un nouvel enfant— et de son chien Julius. La tribu Malaussène est très hétéroclite : Thérèse est passionnée d’astrologie, Clara de photographie, Jérémy tente des expériences dangereuses… le Petit collectionne des photos. Tous sont friands des histoires que Ben leur raconte tous les soirs et qu’il invente au fur et à mesure à partir de sa vie au magasin. Ce double rôle fait de lui un personnage central de deux univers différents. Le choix de ce personnage comme narrateur permet à l’auteur de faire entrer le lecteur dans ces deux univers qui mêlent ordinaire et fantaisie : il voit d’une part certains aspects du fonctionnement d’un magasin et l’activité qui y règne, d’autre part la vie d’une famille dont père et mère ont quitté le foyer. Par ailleurs, le lecteur partage ses doutes sur les choix à faire, les conduites à adopter, ses inquiétudes sur les attentes des adolescents dont il a la charge grâce au recul qu’il manifeste vis-­‐à-­‐vis de lui-­‐
même. Stendhal, Vanina Vanini -­‐ Montrer que la jalousie est un thème central dans la nouvelle. Préciser quels sont les personnages qui éprouvent ce sentiment. Quelles en sont les conséquences dans le récit ? Dès le début de la nouvelle, le narrateur insiste sur le caractère exceptionnel, exclusif, du cadre et des personnages qui sont évoqués dans ce récit. Le narrateur introduit dès le premier paragraphe la passion et la jalousie comme ressorts principaux de la nouvelle. Le texte souligne ainsi la rivalité entre les femmes qui assistent au bal donné par le père de l’héroïne : « les plus belles femmes de Rome leur disputaient le prix de la beauté ». Après avoir éprouvé le sentiment de l’Amour-­‐passion, c’est avant tout les personnages de Vanina Vanini et de Pietro Missirilli qui vont succomber aux ravages de la jalousie. Dès le début de la nouvelle, le caractère de Vanina Vanini est présenté comme « altier ». Elle est orgueilleuse et noble, ce qui fait deviner au lecteur qu’elle agira par passion dans la suite du récit : « cette jeune fille aux cheveux noirs et à l’œil de feu ». Lors du bal, elle prend plaisir à « tourmenter le jeune Livio Savelli qui semblait fort amoureux » alors qu’elle s’ennuie de « l’air empesé de ses autres cavaliers ». Après avoir rencontré de façon romanesque Missirilli et en être tombée amoureuse, elle devient jalouse de son engagement politique et de son goût pour la liberté. Elle ne supporte pas l’idée qu’il lui préfère le combat pour la liberté de l’Italie. Elle est jalouse de son idéal : « Elle se surprit à maudire la liberté ». Le jeune carbonaro, Pietro Missirilli, est lui aussi présenté dans la nouvelle sous les traits d’un jeune homme passionné, orgueilleux et à l’esprit romanesque. C’est un homme qui vit dans l’excès, qui agit par passion. La jalousie prend avant tout chez le héros les traits d’une passion immodérée pour l’indépendance de l’Italie. Il parle de sa patrie comme d’une femme avec laquelle il serait marié : « mais plus l’Italie est malheureuse, plus je dois lui rester fidèle ». En marge du récit, on peut peut-­‐être accepter l’idée que Missirilli est jaloux de la condition sociale des « princes romains » au début de sa liaison avec Vanina. Il évoque à plusieurs reprises la modestie de sa naissance en regard du prestige des princes qui vivent auprès d’elle. La jalousie entraîne donc les personnages à prendre des décisions qui paraissent irréfléchies et conduit inévitablement au drame final. Nous pouvons repérer plusieurs conséquences. La jalousie entraîne un dénouement tragique et violent. Vanina Vanini dénonce la « vente », le complot, des carbonari au gouvernement de façon anonyme, précipitant ainsi toute l’organisation secrète dans les prisons de la citadelle. [c’est la conséquence principale que doivent citer les élèves] La jalousie transforme l’amour en haine. La jalousie fait basculer la passion dans la folie. La jalousie détruit les repères moraux, l’ordre moral de la société : Vanina menace le cardinal Catanzara qui deviendra son oncle et lui fait promettre la liberté de Missirilli (religion) ; Vanina n’éprouve pas de remords en trahissant son amant. Elle accepte les avances faites par Don Livio seulement pour pouvoir le manipuler afin de faire sortir Missirilli (devoirs moraux). 8. Tolkien, Bilbo Le Hobbit — Quelle est la quête à laquelle Bilbo participe ? Avec quelle fonction ? Qui l’y entraîne ? Bilbo découvre le monde extérieur alors qu’il était confiné dans son petit terrier confortable (comme le montre sa chanson au moment où il arrive chez lui, et le commentaire de Gandalf : “Mon cher Bilbo ! dit-­‐il. Qu’est-­‐ce qui vous arrive ? Vous n’êtes pas le hobbit que vous étiez.”). Dans le même temps, il découvre le bien, le mal et l’entre deux (Gandalf, Gobelins, Elfes), alors qu’il avait une vision très fermée du monde. De plus il expérimente le courage physique et la ruse, grâce à son anneau magique. Il devient un sauveur (quand les nains sont emprisonnés chez les elfes), alors qu’il était encore une fois peureux et casanier. Il est aussi recruté comme cambrioleur alors que c’est un modèle de probité. Enfin, (il y aurait d’autres choses à dire, mais on peut attendre 4 arguments) il ne se soucie plus du tout de sa réputation, essentielle à ses yeux au début du roman : “Je regrette de dire qu’il ne s’en souciait guère [d’avoir perdu sa réputation]. Il était parfaitement satisfait ; et le son de la bouilloire sur le foyer lui parut toujours par la suite encore plus mélodieux qu’aux jours tranquilles d’avant la Soirée Inattendue” (fin du roman). 9. Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido, Blacksad, tome 1 : « Quelque part entre les ombres » — Situer la page ci-­dessous dans l’ensemble de l’histoire en expliquant et justifiant chacun des éléments qui la composent (objets, lieux et personnages représentés, narration, paroles). — La remise en contexte : Nous sommes presque à la moitié de la BD (exactement p. 23 sur 48) et Blacksad, le personnage éponyme de la série, se trouve dans un bar louche : "le Cypher" (jeu de mot avec Cyber ou Lucifer ?) Blacksad est un détective privé-­‐chat anthropomorphe qui, depuis le début de son enquête, cherche à savoir qui a tué Natalia, une actrice qui s'avère être, par ailleurs, un ancien amour. — L'analyse de la page 23 : La planche étudiée se divise en 8 cases avec un découpage équilibré : 3 en haut, 2 au milieu, 3 en bas. Les trois premières cases fonctionnent, comme au cinéma, par un travelling arrière : on part du paquet d'allumettes pour arriver à un plan sur Blacksad, accoudé au comptoir d'un bar avec quelques personnages en second plan. (on distingue toujours le paquet d'allumettes). Le paquet d'allumettes est le seul véritable et maigre indice en possession de Blacksad qui a trouvé l'objet dans l'appartement de Léon —le dernier (des nombreux) amant de Natalia. (p. 12) C'est pourquoi, le détective se retrouve dans ce bar sombre et mal famé à la recherche (sans vraiment chercher) d'indices complémentaires. Les deux cases sont un balayage de la salle enfumée et bruyante du Cypher avec la présence d'un tas de profils archétypes de ce genre de "bouge", d'endroit. On y remarque, pêle-­‐mêle, un chanteur de blues usé (le singe) ; des joueurs de cartes concentrés (vautours et loups) ; des buveurs invétérés ; un couple qui s'embrasse langoureusement ; des gens qui "s'engueulent" (gueule) ; une cow-­‐girl ou fille de joie aguichante, etc. Il est à noter que le genre d'animaux présents dans cet endroit n'est évidemment pas anodin. (cf. question sur la fable moderne) Les 3 dernières cases fonctionnent avec un travelling arrière qui commence par le tenancier du bar qui est bien à son image (un porc, sale, bedonnant et vicieux) pour se terminer par un plan qui met en scène Blacksad et à nouveau l'affreux tenancier. — La narration et le schéma narratif : Dans cette planche, il y a des encarts narratifs (en bleus) et des dialogues (dans les bulles en noir et blanc). Les encarts correspondent à un point de vue interne (1e ou 3e personne dans ce cas), celui de Blacksad observant la "jungle", la fréquentation du bar. Les dialogues entre Blacksad et le barman sont l'équivalent du discours direct. Ce qui est intéressant dans cette planche, et dans ce moment de l'histoire, c'est la relance de l'enquête. En effet, dans ce moment qui pourrait sembler creux (Blacksad ne sait pas vraiment quoi chercher), l'enquête sera relancée, page suivante. En effet, un rat se proposera de conduire Blacksad auprès de Léon, dernier amant en date de Natalia. Cette non-­‐
démarche est propre au roman noir par rapport au roman de détection ou l'enquête est vraiment ténue et ciblée. Là, c'est l'errance même de l'enquêteur qui participe à la résolution de l'enquête.