Examen des politiques agricoles du Brésil

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Examen des politiques agricoles du Brésil
FAITS SAILLANTS DE L’OCDE – EXAMEN PAR PAYS
Octobre 2005
Examen des politiques agricoles du Brésil
Série: Note d’information sur les travaux de l’OCDE ayant un intérêt pour le Canada
Brésil : atteindre le sommet et
conquérir le monde
En juin 2005, des membres de l’OCDE ont
rencontré des hauts fonctionnaires du
gouvernement du Brésil pour examiner les
politiques agricoles du Brésil ainsi que les
orientations futures, dans le cadre d’un
examen complet des politiques agricoles. Il
importe de maintenir un dialogue
permanent avec le Brésil sur les grands
enjeux afin de mieux comprendre
l’ensemble des difficultés et des possibilités
qui pointent à l’horizon. L’OCDE publiera
les résultats de l’examen en 2005. La
présente note d’information donne un
aperçu des principales conclusions.
Réformes fondamentales, résultats
impressionnants
Au cours des 15 dernières années,
l’économie brésilienne a subi une
transformation radicale. À la suite de
l’abandon des politiques de substitution
des importations vers la fin des années 80,
le gouvernement s’est engagé dans de
vastes réformes, notamment :
• la stabilisation
macroéconomique;
• des réformes structurelles;
• la libéralisation des échanges.
Le Brésil a atteint la stabilité
macroéconomique au milieu des années 90
grâce à des restrictions budgétaires,
nécessaires pour reprendre le contrôle de
l’inflation.
Les réformes structurelles
comprenaient la privatisation des entreprises
d’État, la déréglementation des marchés
intérieurs et l’établissement d’une union
douanière – Mercosur – avec d’autres pays
d’Amérique du Sud. La libéralisation des
échanges comprenait des réductions tarifaires
majeures et l’abolition des barrières
commerciales non tarifaires.
Ces changements ont ouvert la voie à un
climat d’investissement plus stable et ont
stimulé la croissance agricole.
Le Brésil laisse la voie libre aux
producteurs agricoles
Les objectifs de la politique agricole du Brésil
sont notamment de promouvoir la croissance
agricole tout en tenant compte des objectifs
environnementaux et d’élaborer des mesures
spécialement adaptées aux besoins des
ménages agricoles et ruraux pauvres.
Le secteur agricole du Brésil a contribué à la
réforme et en a bénéficié. Tout au long des
années 90, le Brésil a réduit ses dépenses à
l’égard du soutien des prix et du crédit
subventionné; il a déréglementé les marchés
du blé, de la canne à sucre et du café; il a
libéralisé les échanges, non seulement pour
les importations, mais aussi pour les
exportations, en abolissant les licences
d’exportation, les contingents et les taxes.
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FAITS SAILLANTS DE L’OCDE – EXAMEN PAR PAYS
La croissance de la production agricole a
donc été remarquable, en particulier celle
du soja, des cultures complémentaires (p.
ex., le maïs de secondes récoltes) et le
bétail (voir l’encadré 1). Cela a permis aux
producteurs brésiliens d’améliorer la
productivité, de tirer profit des prix moins
élevés pour les intrants importés et
d’élargir leur territoire agricole. Un
raffermissement à court terme des prix
internationaux, conjugué à un faible taux
de change, a également eu pour effet de
favoriser les exportations.
Des changements dans la composition et
l’orientation des échanges sous-tendent la
récente période de prospérité des
exportations agricoles du Brésil (voir
l’encadré 1).
Le Brésil a atteint une croissance de la
production et des exportations malgré un
soutien assez faible à ses agriculteurs. Par
exemple, le soutien aux producteurs,
Octobre 2005
mesuré selon l’estimation du soutien aux
producteurs (ESP), a représenté en moyenne
3 % de la valeur rajustée de la production en
2002-2004. Les niveaux de soutien les plus
élevés ont été accordés pour les cultures de
base (blé, maïs et riz) et pour la culture du
coton, qui ont varié entre 6 % et 17 %.
Le gouvernement brésilien a réalisé des progrès
concernant la prestation de services d’intérêt
général qui rehaussent encore davantage la
croissance de l’agriculture, dont le soutien à la
recherche et à l’expansion, à la vulgarisation et
au développement de l’infrastructure rurale.
Bien que le soutien du Brésil pour les services
d’intérêt général représente une part plus
considérable du soutien à l’agriculture que celui
du Canada, le Brésil devra, à long terme,
investir considérablement dans la construction
de routes et de ports pour réduire les
embouteillages dans le transport intérieur.
% de la valeur rajustée de la
production
L'estimation du soutien aux producteurs du Brésil est
faible par rapport à d'autres pays de l"OCDE
70
Pourcentage d’ESP pour tous les produits de base
60
Japon
50
40
UE
30
Canada
É.-U.
20
10
Brésil
0
19861988
19911993
19971999
2001
2002
2003
2004p
Source: OCDE
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SYNTHÈSE DES EXAMENS DES PAYS DE L’OCDE
Octobre 2005
Encadré 1 – Marchés des exportations agricoles : le Brésil fait
un pas en avant
En règle générale, le Brésil délaisse les
exportations des produits tropicaux
traditionnels, tels que le café et le jus
d’orange, et s’oriente vers le soja, le
sucre et les viandes – notamment le
bœuf, la volaille et le porc.
Le Brésil est actuellement le plus
important exportateur mondial net de
viande bovine et de viande de volaille
et le quatrième exportateur de viande
de porc. L’OCDE estime que les
exportations de bœuf du Brésil ont
augmenté de 178 % entre 1990-1999
et 2000-2004. L’OCDE prévoit que les
exportations de bœuf brésilien
augmenteront de 50 % entre 20002004 et 2005-2014 (voir la figure 1).
Les exportations nettes d'oléagineux du
Brésil ont augmenté de 248 % entre
1990-1999 et 2000-2004, ce qui lui a
permis d’acquérir une part de 30 %
à 40 % du commerce mondial.
L’OCDE prévoit une augmentation de
79 % entre 2000-2004 et 2005-2014,
selon l’hypothèse d’une expansion
additionnelle des terres agricoles
brésiliennes et de la conversion du
pâturage dégradé, parallèlement à des
rendements améliorés et à un meilleur
transport (voir la figure 2).
Le flux des échanges commerciaux
agricoles du Brésil a changé. Bien que
les marchés de l’OCDE soient encore
très importants (plus de 40 % des
exportations agricoles sont destinées à
l’Union européenne), on prévoit que la
croissance des exportations la plus
rapide.
Figure
Figure 11 :: Production
Production et
et exportations
exportations de
de boeuf
boeuf du
du
Brésil
Brésil
10
10
En
Enmillion
millionde
de
tonnes
tonnes
Prévisions
Exportations
88
66
44
Production
22
00
1990-1999
1990-1999
2000-2004
2000-2004
2005-2014
2005-2014
Source : OCDE
En
Enmillion
millionde
de
tonnes
tonnes
80
80
Figure
Figure 22 :: Production
Production et
et exportations
exportations
d'oléagineux
d'oléagineux du
du Brésil
Brésil
Prévisions
Exportations
60
60
40
40
Production
20
20
00
1990-99
1990-99
2000-04
2000-04
2005-2014
2005-2014
se fera sur les marchés en émergence,
notamment la Chine et la Russie.
Pourtant, la majorité de la production
agricole au Brésil est destinée au marché
national. La part moyenne des
exportations de la production agricole du
Brésil qui est d’environ 25 % en général
a bondi à 30 % en 2004.
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FAITS SAILLANTS DE L’OCDE – EXAMEN PAR PAYS
Octobre 2005
Contrôle du déboisement de l’Amazonie
Bâtir sur le succès
L’Amazonie brésilienne, ainsi que le Cerrado qui
l’entoure, contient la plus grande partie
de la biodiversité terrestre au monde. Le
déboisement de l’Amazonie est donc un enjeu
majeur sur la scène nationale et
internationale.
Les échanges de produits agricoles ont
été, pour le Brésil comme pour le
Canada, un moteur de croissance
très profitable. Les gains à venir
dépendront en partie de la réussite
du cycle de négociations
commerciales du Programme de
Doha pour le développement.
Le compromis entre les avantages
économiques de l’expansion agricole et
les avantages environnementaux de la
préservation de la forêt est, en bout de
ligne, une décision stratégique nationale
qui appartient au Brésil.
Au début des années 90, le Brésil a
aboli les mesures d’allègement fiscal et
d’autres mesures incitatives qui
constituaient une force motrice importante
de l’expansion de l’agriculture dans la
forêt amazonienne. En 2004, le
gouvernement a mis en œuvre un plan
d’action sur la prévention et le contrôle du
déboisement dans l’Amazonie.
Le plan d’action vise à remédier aux
lacunes institutionnelles et commerciales
par l’instauration d’une série de mesures,
dont un système de registre unifié des
terres, une meilleure application des lois
relatives au déboisement et à l’occupation
illégale des terres du gouvernement, un
examen des projets d’investissement
publics et un meilleur contrôle du crédit
agricole.
Le Brésil a adopté déjà plusieurs
mesures pour concilier croissance agricole et
protection de l’environnement, mais il pourrait
adopter également des pratiques agricoles mieux
intégrées afin de limiter un plus grand
déboisement.
Pour le Brésil, le défi sera de
soutenir la croissance agricole, tout en
accomplissant de rapides progrès au niveau
de la réduction de la pauvreté
et de l’inégalité du revenu,
et en atteignant les objectifs de
prévention du déboisement de
l’Amazonie.
Le gouvernement subit de plus en plus
de pression pour soutenir les
producteurs, en particulier ceux qui sont
touchés par des barrières commerciales
non tarifaires et par des tarifs douaniers
élevés à l’étranger.
Le Canada a une occasion d’aider le Brésil
à façonner l’évolution de ses politiques
agricoles et à éviter les formes
de soutien qui faussent le plus les échanges.
Voir le rapport à l’adresse URL suivante :
OCDE : Examen des politiques agricoles — Brésil
http://www.sourceoecd.org/agriculture/9264012540
Pour de plus amples renseignements,
communiquer avec :
AAC
Jose Quiroga
Tél. : 1 613 759 6543
Courriel : [email protected]
OCDE
Jonathan Brooks
Courriel : [email protected]
Olga Melyukhina
Courriel : [email protected]
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