Février 2016 - Ecole de Croisière de Paris
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Février 2016 - Ecole de Croisière de Paris
le Goéland déchaîné la Lettre de l’Ecole de Croisière de Paris #21 Février 2016 EDITO / Un avant-port est un port implanté en aval du port traditionnel afin de bénéficier de conditions nautiques mieux adaptées à Emmanuel Chef de bord l'accueil des navires modernes : port en eau profonde, accessible à des navires à plus fort tirant d'eau ; bassins plus larges permettant une meilleure manœuvrabilité, quais plus longs pour pouvoir charger, décharger et stocker les marchandises, place disponible pour l'implantation de zones industraloportuaires. Si j’utilise cette image, c’est parce que nous sommes dans une période de l’avant. Un temps nécessaire et précieux pour nous préparer, sirènes, marins et bateau. Soprano, comme chaque année, sur son ber, est entièrement révisé et ausculté par un chantier naval: gréement, moteur, électronique, etc. Et JeanChristophe, notre Monsieur Maintenance, déploie toute son énergie pour réparer et améliorer ce qui rendra utile et agréable notre confort à bord. L’avant, c’est cette somme d’informations et de conseils que dispense l’encadrement de l’ECP à tous les inscrits des cours côtier et hauturier, impatients, semble-t-il, de mettre leurs connaissances en pratique dès la reprise des navigations. L’avant, c’est aussi faire le tour du propriétaire en vérifiant son équipement complet, veillant qu’il ne manque rien et que tout fonctionne. Dans 3 semanes, c’est parti ! Soprano sera arrivé au Havre à sa place habituelle et 8 chanceux prendront la mer pour un week-end attendu depuis plusieurs mois ! Pour que la fête soit totale, jetez un œil sinon les deux sur vos contrats d’assurance afin de partir et rentrer l’esprit tranquille et libre. ASSURANCES On se croit souvent bien assuré. On est parfois multi-assuré : assurance personnelle + assurance Soprano + assurance «paiement par carte de crédit» + autres… mais avec des exclusions extrêmement variées et aléatoires (à lire dans vos contrats). Face à l’incident, on se dit toujours que «l’assurance prendra en charge»… Qu’en est-il exactement à l’ECP ? Rémi s’est penché sur la question. EXTRAITS : L’ECP assure Soprano avec un contrat qui couvre : • les éventuels dommages causés à des tiers (autres bateaux et passagers) • les éventuels dommages sur Soprano, son annexe et ses passagers. Toutefois, les membres de l'ECP doivent être assurés pour les conséquences des accidents liés à la pratique de la voile. Les assurances de type «Individuelle Accident» couvrent en général ce type de risques, sauf exclusions signalées dans le contrat : • Les sports aériens (parapente, parachutisme, vol à voile, etc.) sont souvent exclus (pas la voile). • La pratique de la compétition est la plupart du temps exclue des couvertures et doit être couverte via une assurance négociée par les Fédérations concernées et associée à la licence. Elle implique généralement un certificat médical. Si le risque est pris en compte, il est de la responsabilité de chaque membre de l'ECP de vérifier si le niveau d’indemnisation en cas de sinistre lui convient : • indemnités journalières, • rente d’invalidité/décès, LE SAVIEZ-VOUS ? • etc. Pas de mystère, leur montant est directement lié au montant des cotisations annuelles. L’ECP sensibilise tous ses membres à la nécessité de disposer d’une couverture personnelle adaptée (mutuelle + individuelle accident + éventuellement rapatriement, etc.) valable en Europe (ou plus en cas de navigation hors Europe) car l’assurance de Soprano n’est peut-être pas suffisante et la situation très aléatoire dans le cas de locations… Carte européenne d’assurance maladie Cette carte permet de se faire rembourser d’éventuels frais de santé effectués lors de déplacements ou de navigations en Europe, soit dans le pays où les soins ont été prodigués, soit en France auprès de sa caisse de maladie. Pour se la procurer, il faut avoir un compte assuré sur ameli.fr (ou le créer), puis aller sur l’onglet carte européenne d’assurance maladie… 10 jours après elle arrive par courrier… Soprano à Caen et en images… Depuis presque trois mois déjà, Jean-Christophe a passé l’essentiel de ses week-ends à Caen pour nous préparer le bateau dans ses moindres détails. Merci à lui et à ceux qui l’ont aidé dans cette tâche pas toujours facile. Revue de détails en images. Alain et Christian au démontage, nettoyage, graissage et remontage des winches. Le placard de la cabine avant a une étagère pour ranger le taud de grand voile. Le circuit d'eau douce souffrait de prise d'air et de chute de pression. Les joints et le filtre à eau ont été changés par un nouveau modèle. Rémi et Dominique à l’atelier menuiserie pour réparer et consolider le siège du navigateur qui était en très mauvais état après notre tour d'Irlande mouvementé. La cloison sur laquelle il est fixé était arrachée et il a fallu la refaire entièrement.. Grâce à Jean-Christophe, la coque retrouve une meilleure couleur après un gros lessivage et un traitement de déjaunissement à l'acide oxalique. Il faudra encore passer un cirage pour protéger le gelcoat dès que la météo le permettra. Les systèmes de fermeture des portes de placard sont renforcés avec du silicone pour éviter les ouvertures intempestives lors des coups de gîte. Le joint de la porte du rouf a demandé à lui seul 12 heures de travail acharné, avec 2 personnes de 13h à 19h, dans le vent et les grains, engourdissant les mains. 25 vis usées par les frottements, d'accès difficile ont été collées avec du silicone. Quel plaisir de ne plus entendre ce couinement déchirant en ouvrant et fermant le toit du rouf. Espérons qu'il soit étanche ! Grâce à l'échafaudage, Bertrand prépare la montée des seaux de détergent avec les éponges pour le grand lessivage de la coque. La gazinière a été démontée, entièrement nettoyée, son axe réparé, les tuyaux de gaz changés et une plaque de protection à été posée sur la cloison. LA PAROLE À : ALICE inscrite à l’ECP en janvier 2016 Alice, peux-tu nous dire, en quelques lignes, qui tu es ? J'ai 32 ans. Je vis à Boulogne-Billancourt d'où je suis native. Je travaille depuis 7 ans sur un site de production dans l'industrie pharmaceutique. J'aime les loisirs de plein air à la mer ou à la montagne. Raconte-nous comment s’est passée ta rencontre avec l’ECP ? Je suis allée au Nautic à Paris et j'ai fait la rencontre de l'association sur son stand. J'ai été très bien accueillie quand j'ai demandé des informations sur le fonctionnement de l'association. Et j’ai été invitée à la galette des Rois sur la péniche. Avais-tu déjà navigué auparavant ou est-ce que tu t’es laissée convaincre ? J'ai déjà navigué surtout en voile légère, sur catamaran hobby 16 quand j'étais ado en Bretagne sud principalement (la Trinité sur mer, l'archipel des Glénans). Ensuite j'ai découvert l'habitable toujours en Bretagne sud et dans les Cyclades. 2e entraînement d’hiver É O RT et 1ère régate ! REP Fin janvier, les régatiers de l’ECP Régate se sont retrouvés chez Manu pour leur 2e cours. Au programme : les allures et les réglages de voiles puis les tactiques, règles et placements sur une ligne de départ. Une vague contre la digue qui protège le port de plaisance de Kernevel… Impressionnant ! Les jours suivants ont été l’occasion de suivre sur Internet les dépressions les unes derrière les autres avec cette question : pourrat-on aller régater à Lorient ? Voilà ce qu’on pouvait lire dans Le Télégramme du 10 février : «La tempête qui a sévi, hier (9-02), a généré une cinquantaine d'interventions des pompiers sur les secteurs de Lorient, Hennebont ou Ploemeur. Des pancartes arrachées, des câbles à terre ou des arbres tombés, comme hier matin, sur le boulevard d'Oradour à Lorient. Les pompiers lorientais ont passé une bonne partie de la journée sur le toit du plus grand bâtiment de DCNS afin de consolider, avec des sangles, des ventilateurs menaçants. Des perturbations sont attendues sur la ligne Lorient-Groix». Evidemment, le week-end a été annulé et reporté au 9-10 avril. Quels sont les arguments qui t’ont séduit pour t’engager à l’ECP ? L'envie de naviguer davantage. Le fait de pouvoir partir en week-end en mer au plus près de Paris me permettrait de naviguer plus souvent, parce qu'il n'est pas toujours facile de prendre une semaine de vacances quand son emploi du temps professionnel est incertain. Le côté convivial et les sorties facilement organisables (planning ouvert à tous, skipper dispo) m'a aussi séduite. C’est sans doute un peu tôt, mais qu’attends-tu de l’association ? Naviguer «entre amis» sans avoir à s'inscrire à des stages d'école de voile un peu trop conventionnels parfois. Pouvoir aller en mer pour le loisir, passer un peu de temps dans cet espace de liberté dont les paysages sont magnifiques. Pourquoi pas progresser et devenir skipper un jour… As-tu des désirs ou des objectifs pour cette saison 2016 ? J'aimerai faire mes premiers bords avec l'association et faire des week-ends sachant que je ne sais pas encore quand je serai en vacances cet été. Sur un bateau, tu es plutôt active ou contemplative ? Plutôt active ! J'aime bien faire des manœuvres, la vie au port, tenir la barre. En revanche, j'ai un peu le mal de mer en début de navigation et dans ces cas là je suis plutôt concentrée sur l'horizon qu'active à proprement parler… Comment as-tu trouvé l’ambiance de la Galette des Rois le 6 janvier dernier ? Très sympa ! J'ai été très vite invitée à m'inscrire sur le planning. J'ai discuté avec quelques personnes, et eu plaisir à écouter les différentes interventions, ce qui m'a permis de mieux connaître l'association. L'idée de partager une galette est très conviviale. Merci Alice…Et rendez-vous sur l’eau ! VOS RÉACTIONS… … A propos du trophée Jules Verne Un échange de mail que j'ai eu au mois de juin avec Tom Shannon, le créateur du trophée Jules Verne. Je lui demandais des précisions sur les proportions de son œuvre, car le texte qui la présente dans le musée est assez sibyllin. Dominique B. DB, The three space objects are represented in correct proportion to each other by the xyz of the floating object. The Moon by the curves of the two ends, the Earth by the curvature of the central width and the long curve of the length is an arc section of the circumference of Sun. The diameter of Earth is 3.7 times diameter of Moon. The diameter of the Sun is 109 times that of Earth. Salut, Tom Shannon … A propos de «On a oublié d’inviter l’océan» Encore bravo pour ton Goéland déchaîné ! Mais qui est Françoise G. ? Son article est tellement révélateur et malheureusement tous les politiques ne s'engageront pas dans cette zone internationale (les mers et les océans à plus de 200 miles des côtes). Ça ne les empêchent pas, par ailleurs, de créer des îles artificielles pour augmenter leur territoire et exploiter les ressources s’y trouvant, mais ça c'est peut-être un prochain article… Richard B. Françoise Gaill est biologiste. Ancienne directrice de l’Institut écologie et environnement du CNRS, elle coordonne actuellement le conseil scientifique de la Plateforme océan et climat. Elle est également présidente du conseil stratégique et scientifique de la Flotte océanographique française. Spécialiste des organismes marins, cette scientifique s’intéresse plus particulièrement aux environnements profonds et à l’adaptation aux milieux extrêmes. Elle a notamment mis en évidence l’un des mécanismes moléculaires permettant aux organismes de survivre dans de tels milieux. Sartrouville et son prestigieux passé naval… P endant près d’un siècle, entre 1870 et 1960, plusieurs chantiers navals : les Chantiers Bastard, Sampson, Croizer, Blondeau puis Paul Jouët et Cie, ont fait de Sartrouville un centre important de la construction navale. Assurément, le beau plan d’eau sartrouvillois, dont l’accès était facile grâce au chemin de fer récent, permettait des mises à l’eau dans des conditions optimales. Nombreux étaient les Sartrouvillois qui prenaient plaisir lors de promenades le long du chemin de halage, à admirer ces barques, canots, yachts, yoles et autres périssoires mouillant le long du fleuve. Aujourd’hui, de ces fameux chantiers, il ne reste que le souvenir. À l’initiative de Jean-Pierre Jouët, fils du directeur du chantier naval Paul Jouët et Cie, Sartrouville renoue avec son prestigieux passé naval le temps d’une escale du canot de sauvetage AiméeHilda à l’endroit même où il a vu le jour en 1949. Les débuts de la navigation de plaisance À partir de 1820, la réalisation de l’écluse de la Monnaie de Paris puis en 1840 les barrages à écluse d’Andrésy et de Bougival, en permettant de régulariser l’eau du fleuve, transformèrent la Seine. À Sartrouville, le modeste chemin de halage entama sa mutation pour devenir le Quai de Seine. Peu à peu, les berges s’animèrent : des guinguettes virent le jour, des bateaux lavoirs vinrent s’y amarrer, des chantiers navals apparurent. Dans les années 30, le Quai de Seine abrita même une petite plage entre les rues Jean-Nicolle et Dunant, longue de soixante-dix mètres, disposant de cabines, d’un plongeoir et aussi d’un maître nageur ! Le canotage devint le plaisir populaire par excellence et la navigation de plaisance put enfin se développer. Les régates sur le fleuve et les baptêmes des bateaux majestueux pour lesquels il fallait lever la passerelle, devinrent un spectacle familier pour les Sartrouvillois côtoyant le prestigieux Chantier naval de Sartrouville depuis le début du siècle. Le chantier naval Blondeau vers 1900 (Collection Archives municipale) La Maison Blondeau Les pionniers Le chantier Blondeau fut le premier chantier naval à faire la renommée de Sartrouville. Voici l’histoire de cette réussite familiale. Ce fut bientôt le lancement du Nautilus, canot automobile qui gagna de 1900 à 1906 de nombreux prix aux régates de Monaco, Évian, Aixles-Bains et remporta même le premier prix à l’Exposition universelle de 1920. Cette même année, Paul Jouët, implanté au Havre, à la recherche d’un chantier existant avec lequel s’associer, fusionne avec celui d’André Blondeau, le «Père Blondeau», dont le chantier avait déjà une solide réputation. En 1870, au terme d’une guerre désastreuse, il fallut reconstruire le pont de Sartrouville, détruit pour ralentir l’avancée allemande. Dès Le Janabel construit en 1951 sur les plans d’Eugène Cornu lors, des ouvriers rejoignirent aux chantiers navals Paul Jouët et Cie Sartrouville pour travailler à ce (Collection particulière) chantier. Parmi eux, André Blondeau, Les Chantiers navals Paul Jouët et Cie charpentier-pontonnier, originaire du Le «Dior des mers» Nord. Il fait la connaissance d’Émilie LeEn 1920, Paul Jouët, polytechnicien, infèvre, sa future épouse, et tous deux génieur du Génie maritime, s’associe à forment le projet de construire un baAndré Blondeau pour créer le Chantier teau-lavoir. Le couple retourne dans le Naval de Sartrouville. Deux ans plus Nord, chez un ami constructeur de batard, Joyeuse, leur premier voilier est teaux pour en élaborer le gros œuvre mis à l’eau. Il mesure 28 mètres pour un puis, un an plus tard, rentre à Sartroupoids de 90 tonnes ! ville en le halant eux-mêmes sur la Seine. Ils s’installent devant la rue BorEn 1927, le chantier prend le nom de din et, comme espéré, les Sartrou«Paul Jouët et Cie » et devient une révilloises viennent en nombre laver leur férence pour la charpenterie maritime. linge au «bateau-lavoir Blondeau». Il prend peu à peu de l’importance jusqu’à occuper 22 000m2 dans les anPris au jeu de la construction navale, nées 1930 et emploie jusqu’à 120 emAndré Blondeau monte son premier ployés ce qui en fait le plus grand hangar en 1872, à l’angle de la rue Borchantier de l’époque. din et du chemin de halage (Quai du Pecq) avec une cale de mise à l’eau. Les premières yoles et barques de pêche sortent du chantier. Il construit ensuite un second hangar, puis d’autres, puis des ateliers de l’autre côté de la rue Bordin puis bientôt un caférestaurant qui aura vite sa notoriété, fréquenté par les peintres, les personnalités de la région et les clients du petit chantier. Ce l’Alain-Gerbault le 4 juin 1931 à Sartrouville chantier prit le nom de Chantier Lancement dedevant les Chantiers navals Paul Jouët etCie naval de Sartrouville et prospéra. (Agence Meurisse © RMN BNF, Dép. Estampes et Photographie En 1925, le chantier s’attache les services d’Eugène Cornu, architecte naval de génie qui cosignera entre autres, les plans du bateau d’Alain Gerbault. Pendant près de quarante ans, les chantiers Jouët, outre des bateaux légendaires (l’Alain Gerbault pour Alain Gerbault, Arielle pour le peintre-navigateur-écrivain Marin-Marie, l’Atout III Jean Patou) construiront un grand nombre de bateaux en tous genres : des yachts, des unités destinées à la police du Rhin, des vedettes pour la Marine Nationale, pour le Royaume du Maroc, des vedettes rapides, sans compter les canots de sauvetage pour la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés (SCSN), véritables chefs d’œuvre dont le premier sera construit en 1928. L’Aimée-Hilda sera l’un de ces canots. En 1951, le fils de Paul Jouët, JeanPierre Jouët succède au père à la barre de l’entreprise. Le polyester supplante le bois. Les carnets de commande peinent à se noircir. Au chantier, il ne reste que trente-cinq employés. Le Dior des mers doit affronter sous peine de couler la démocratisation de la voile. Ondine, sa première vedette tout en polyester, est un succès. En 1962, est lancé le premier Golif, premier petit croiseur fabriqué en série en polyester et fibre de verre dessiné par le bureau d’étude Jouët, qui obtiendra La qualité des bateaux qui sortiront des chantiers est telle qu’on appellera ce chantier naval «le Dior de la construction navale». Sa renommée fut internationale ! crée son entreprise en 1970 et prend en charge le Salon du livre, la Fiac, Musicorama et devient en 1982 organisateur du Salon Nautique. À la place de l’ancien chantier naval, les berges de Seine accueillent désormais depuis 1976 une résidence médicalisée de la Croix-Rouge : la Résidence Stéphanie ainsi nommée en mémoire de l’épouse du fondateur du chantier Madame Stéphanie Jouët, très impliquée dans les œuvres caritatives et en particulier engagée auprès de la CroixRouge. Ainsi, le souvenir de cette épopée qui, de 1920 à 1964, a fait sortir de ses hangars du Quai de Seine des bateaux de toutes sortes, de toutes dimensions et par milliers, ne disparaît pas tout à fait des berges de la Seine. L’Aimée Hilda, ambassadeur du patrimoine L’Aimée-Hilda, construit en 1949 aux Chantiers Paul Jouët et Cie à Sartrouville sur les plans de l’architecte naval Eugène Cornu, est le seul canot de sauvetage de ce modèle encore dans son état initial sur les trente-deux unités construites. Comme pour d’autres chantiers, la seconde guerre mondiale est une pé- La Désirade, dernier yacht de 15 mètres construit en 1963 par les chantiers Jouët Autrefois propriété de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), ce bateau insubmersible et auto-redressable navigue à présent sous l’égide de l’Association pour la conservation et la Collection J.P Jouët) L’architecte naval Eugène Cornu à bord du cruiserracer Hallali, sorti des Chantiers navals Paul Jouët et Cie en 1956 (Collection particulière) L’Aimée-Hilda (Collection association Aimée-Hilda) riode difficile mais le Chantier naval Paul Jouët et Cie maintient le cap. La période d’après-guerre est marquée par un lent redémarrage avec des commandes de la SCSN dont de nombreux canots ont été détruits pendant le conflit. Eugène Cornu et Maurice Colin, son jeune assistant mettront au point un canot de sauvetage qui sera construit à trente-deux exemplaires. immédiatement un immense succès. Près de 1 000 unités seront produites jusqu’à l’arrêt de la fabrication en 1966. Le polyester, facilitant la production de masse, remplacera peu à peu le bois et condamnera bien des chantiers navals traditionnels. La Désirade, mis à l’eau en 1963, sera le dernier voilier en bois à sortir du chantier. En 1964, l’entreprise est vendue en totalité à l’entreprise de construction navale Dubigeon Normandie qui délocalise le chantier. Promoteur du premier salon de la navigation au CNIT de la Défense, Jean-Pierre Jouët, fort de cette expérience se reconvertit dans l’organisation de grandes manifestations. Il Affiche Loïc Ollivier (Collection association Aimée-Hilda) sauvegarde du canot de sauvetage de Ploumanac’h Aimée-Hilda de PerrosGuirec qui l’a sauvé d’un semi abandon il y a plus de vingt ans. En août 1944, l’armée allemande a détruit l’abri et son canot de sauvetage dans la cale de Ploumanac’h. Quatre ans plus tard, le 8 août 1948, le sloop Petite-Annie de Perros-Guirec, chavire dans un coup de vent. On déplore neuf victimes. La vive émotion, en l’absence de tout moyen de secours face à ce naufrage, provoque un élan de générosité pour remettre un canot de sauvetage en service. Grâce aux dons de Aimée Fournier et de Hilda Gelis Didot, la construction de ce nouveau canot est réalisée au chantier naval Jouët de Sartrouville. Elles en deviennent les marraines et le canot est baptisé de leurs deux prénoms : Aimée-Hilda. Le canot de sauvetage servira 25 ans à la Station de sauvetage de Ploumanac’h (qui devient la SNSM en 1967). En 1975, l’Aimée-Hilda est désarmé et vendu à la plaisance, puis cédé à la ville de Perros-Guirec qui en est toujours le propriétaire. Il sera utilisé comme navire de servitude dans le port à flot de Perros-Guirec et pour l’établissement de deux barrages antipollution lors de deux marées noires. En mauvais état, le canot est finalement désarmé puis laissé à l’abandon jusqu’à ce qu’une équipe de «traîneurs de grève ploumanacains» le prenne en charge pour lui épargner un destin funeste… échoué sur un rond-point ! En 1995, ces bénévoles, résolus à sauver de l’oubli ce morceau de patrimoine local, créent «l’Association pour la conservation et la sauvegarde du canot de sauvetage de Ploumanac’h Aimée-Hilda». Après deux ans de restauration et plus de 2 000 heures de travail, l’AiméeHilda a retrouvé sa beauté comme à sa sortie des chantiers Jouët en 1949. En 1997, il est remis à l’eau dans ses couleurs d’origine : le vert et le gris de la SCSN, et armé pour la navigation de 5e catégorie. Depuis, seul canot de sauvetage de ce modèle encore à flot, l’Aimée-Hilda permet à des centaines de marins de par- L’Aimée-Hilda en août 2015 (Photo Patrick Stoll) ticiper fièrement sur son pont aux rassemblements de vieux gréements. Le canot a été transporté par convoi exceptionnel et a fait escale à Sartrouville le 26 novembre 2015 devant la résidence Stéphanie, ancien site du chantier naval, 1 rue Bordin avant d’être exposé au Salon nautique international de Paris. Gérard d’Aboville, président-fondateur de l’association Patrimoine maritime de France, lui a décerné le label «BIP» : Bateau d’Intérêt Patrimonial. Sources : Voiles & Voiliers, n°309, nov.1996 Sartrouville, le magazine, n°6, déc.1996 Bien s’équiper pour la nouvelle saison de navigation On peut s’équiper à des prix raisonnables chez Decathlon. (www.decathlon.fr) ou Go Sport (www.go-sport.com) mais comme beaucoup de sports techniques en extérieur, choisir des marques de qualité, certes plus onéreuses, c’est un matériel que vous ne regretterez pas lors des longs quarts de nuit ou sous les embruns avec 35 nœuds de vent,… et votre matériel durera plus longtemps. Pour cela il n’y a plus que 2 adresses à Paris : Au Vieux Campeur (http://www.auvieuxcampeur.fr) 18, rue du Sommerard, Paris V, Tél. : 01 53 10 48 48 Nautistore, (www.nautistore.fr) 30 av. de la Grande Armée, Paris XVII, Tél. : 01 43 80 28 28 Et aussi… les magasins Aigle, pour leurs bottes bateau bleu marine, les seules à avoir une semelle «blanche» spéciale bateau, les magasins TBS pour les chaussures techniques, les magasins Damart pour les caleçons et t-shirts manches longues en thermolactyl, force 3. Louer avant d’acheter… Réductions pour les membres de l’ECP ré-inscrits en 2016 : • -10% sur les vêtements, • -5% sur les accessoires et la librairie. Chez Nautistore : Ensemble veste + pantalon Gill ou Marine Pool pour 1 W.E. ou 1 semaine. Prix W.E. ensemble côtier : 35e ou ensemble hauturier : 60e. Quelques phares bretons (qui vont jalonner vos navigations) inscrits à l’inventaire des monuments historiques en 2015… Le phare de Pen-Men, à Groix (Morbihan) Le phare d'Ar-Men, sur la chaussée de Sein (Finistère) Le phare de Nividic, à Ouessant (Finistère) Marin et gourmand… c’est pas incompatible du tout ! Quel bonheur de partager un diner chaud au sec après une bonne nav bien secouée et humide ! Mais qui dit diner… dit dessert. Voici quelques recettes sucrées et faciles à préparer en bateau pour toutes les papilles ecépiennes. Le crumble aux pommes de Hervé Le riz au lait de Brigitte (sympa pour les navs de nuit) Pour 6 /8 pers. : 5 à 6 pommes (golden, boskop, gala,…) 100 g de sucre 100 g de farine 100 g de beurre (beurre salé c’est encore meilleur) 100 g de poudre d’amande confiture (en option) de mûres ou de fruits rouges Préchauffer le four sur 6 (180°C). Peler les pommes, les couper en morceaux, puis les verser dans un plat allant au four. Étaler la confiture sur les pommes. Dans une jatte, mélanger le sucre, la farine, la poudre d’amande, ajouter le beurre préalablement coupé en morceaux et malaxer le tout avec les doigts jusqu’à ce que le mélange s’apparente à du sable. Verser le sablage sur les pommes et la confiture, le répartir uniformément. Enfourner pour 15 - 20’, vérifier que le crumble soit doré et éventuellement laisser encore un peu au four. Le trifle à l’orange de Chantal Pour 8 pers. : 500 g de mascarpone ou de gervita 6 oranges 2 citrons non traités 6 cuill. à soupe de Limoncello ou de Cointreau ou de Grand Marnier ou… 16 palets bretons 120 g de sucre glace 60 g d’écorce d’orange Peler 4 oranges à vif. Détacher les quartiers en passant le couteau à l’intérieur des membranes, au-dessus d’un bol afin de recueillir le jus. Ajouter dans le bol le jus des 2 dernières oranges, puis le limoncello ou l’alcool choisi. Émietter grossièrement les palets bretons et les imbiber du jus d’orange au limoncello. Fouetter le mascarpone avec le sucre glace, le zeste des citrons râpés et le jus des citrons. Répartir cette crème dans des verres en alternant avec les biscuit imbibés et les quartiers d’orange. Réserver au frigo et servir frais, décorés de dés d’écorce d’orange confite. Variantes possibles avec des biscuits à la cuillère, cannelle, cardamome, copeaux de chocolat, framboises et autres fruits… Pour 8 pers. : 2 l de lait (entier de préférence) 250 g de riz rond (surtout pas de l’incollable car c’est l’amidon qui donne le crémeux) 1 cuillère à café de cannelle 1 pincée de sel 8 cuillères à soupe de sucre roux Chauffer le lait (avec le sel et la cannelle), quand il est chaud, verser le riz en pluie fine, touiller pour bien mélanger et décoller les grains. Là il faut baisser le feu au minimum, toujours touiller régulièrement pour décoller les grains qui ont tendance à se recoller entre eux et puis pour favoriser l’évaporation. Quand tout cela a pris un aspect crémeux mais reste encore un peu liquide, arrêter la cuisson et rajouter 8 cuillères à soupe de sucre roux.Toujours mettre le sucre après la cuisson sinon ça caramélise au fond de la casserole et c’est pas sympa pour ceux qui font la vaisselle… Attendre que ça refroidisse, mais servir tiède car c’est meilleur et en refroidissant, le riz au lait épaissit. Week-end des Ecrivains au Musée de la Marine à Paris 12 et 13 mars 2016 Dans le cadre de l’exposition Dans les mailles du filet, un weekend pour rencontrer des éditeurs, auteurs et passionnés de littérature maritime qu’elle soit romancée, dessinée ou scientifique. Au programme : rencontres et dédicaces de 20 écrivains, ventes, mini tables-rondes, mini expositions, activités pour enfants. Seront présents : Pascal Bresson, Entre terre et mer (BD) François Debois et Serge Fino, Les chasseurs d’écumes (BD) Sophie Humann, Perdu en mer (livre jeunesse) Faustine Brunet, Les poissons ont disparu (livre jeunesse) Loïc Josse, La morue, Petit abécédaire d’un droguiste de marine Serge Lucas, Marins, Les métiers de la mer Michel Marchand, L’océan sous haute surveillance Claire Nouvian, (fondatrice de l’association Bloom), Abysses Alain Quella-Villéger et Bruno Vercier pour la réédition du livre de Pierre Loti, Pêcheur d’Islande. Ils ont également publié les beaux livres Pierre Loti dessinateur et Pierre Loti photographe et entrepris la publication intégrale de son Journal intime. Plus d’infos sur http://www.musee-marine.fr/paris www.ecoledecroisieredeparis.com Ont participé à ce numéro : Francine, Alice, Hervé, Brigitte, Rémi, Chantal et Jean-Christophe