Février 2016 - Ecole de Croisière de Paris

Transcription

Février 2016 - Ecole de Croisière de Paris
le Goéland déchaîné
la Lettre de l’Ecole de Croisière de Paris
#21
Février 2016
EDITO /
Un
avant-port
est un port
implanté en aval du
port traditionnel afin
de bénéficier de
conditions nautiques
mieux adaptées à
Emmanuel
Chef de bord
l'accueil des navires
modernes : port en
eau profonde, accessible à des navires
à plus fort tirant d'eau ; bassins plus
larges permettant une meilleure manœuvrabilité, quais plus longs pour
pouvoir charger, décharger et stocker
les marchandises, place disponible
pour l'implantation de zones industraloportuaires.
Si j’utilise cette image, c’est parce que
nous sommes dans une période de
l’avant. Un temps nécessaire et précieux pour nous préparer, sirènes, marins et bateau.
Soprano, comme chaque année, sur
son ber, est entièrement révisé et ausculté par un chantier naval: gréement,
moteur, électronique, etc. Et JeanChristophe, notre Monsieur Maintenance, déploie toute son énergie pour
réparer et améliorer ce qui rendra
utile et agréable notre confort à bord.
L’avant, c’est cette somme d’informations et de conseils que dispense l’encadrement de l’ECP à tous les inscrits
des cours côtier et hauturier, impatients, semble-t-il, de mettre leurs
connaissances en pratique dès la reprise des navigations.
L’avant, c’est aussi faire le tour du
propriétaire en vérifiant son équipement complet, veillant qu’il ne manque
rien et que tout fonctionne.
Dans 3 semanes, c’est parti ! Soprano
sera arrivé au Havre à sa place habituelle et 8 chanceux prendront la mer
pour un week-end attendu depuis plusieurs mois !
Pour que la fête soit totale, jetez un
œil sinon les deux sur vos contrats
d’assurance afin de partir et rentrer
l’esprit tranquille et libre.
ASSURANCES
On se croit souvent bien assuré.
On est parfois multi-assuré : assurance personnelle + assurance Soprano + assurance «paiement par carte de crédit» + autres… mais avec des exclusions extrêmement variées et aléatoires (à lire dans vos contrats).
Face à l’incident, on se dit toujours que «l’assurance prendra en charge»…
Qu’en est-il exactement à l’ECP ? Rémi s’est penché sur la question.
EXTRAITS :
L’ECP assure Soprano avec un contrat qui couvre :
• les éventuels dommages causés à des tiers (autres bateaux et passagers)
• les éventuels dommages sur Soprano, son annexe et ses passagers.
Toutefois, les membres de l'ECP doivent être assurés pour les conséquences
des accidents liés à la pratique de la voile.
Les assurances de type «Individuelle Accident» couvrent en général ce type de
risques, sauf exclusions signalées dans le contrat :
• Les sports aériens (parapente, parachutisme, vol à voile, etc.) sont souvent
exclus (pas la voile).
• La pratique de la compétition est la plupart du temps exclue des couvertures
et doit être couverte via une assurance négociée par les Fédérations concernées et associée à la licence. Elle implique généralement un certificat médical.
Si le risque est pris en compte, il est de la responsabilité de chaque membre
de l'ECP de vérifier si le niveau d’indemnisation en cas de sinistre lui convient :
• indemnités journalières,
• rente d’invalidité/décès,
LE SAVIEZ-VOUS ?
• etc.
Pas de mystère, leur montant est directement lié au montant des cotisations annuelles.
L’ECP sensibilise tous ses membres
à la nécessité de disposer d’une
couverture personnelle adaptée
(mutuelle + individuelle accident +
éventuellement rapatriement, etc.)
valable en Europe (ou plus en cas de
navigation hors Europe) car l’assurance de Soprano n’est peut-être
pas suffisante et la situation très
aléatoire dans le cas de locations…
Carte européenne
d’assurance maladie
Cette carte permet de se faire rembourser d’éventuels frais de santé effectués
lors de déplacements ou de navigations en Europe, soit dans le pays où les
soins ont été prodigués, soit en France
auprès de sa caisse de maladie.
Pour se la procurer, il faut avoir un
compte assuré sur ameli.fr (ou le créer),
puis aller sur l’onglet carte européenne
d’assurance maladie…
10 jours après elle arrive par courrier…
Soprano à Caen et en images…
Depuis presque trois mois déjà, Jean-Christophe a passé l’essentiel de ses week-ends à Caen pour nous préparer le
bateau dans ses moindres détails. Merci à lui et à ceux qui l’ont aidé dans cette tâche pas toujours facile.
Revue de détails en images.
 Alain et Christian au démontage, nettoyage, graissage et
remontage des winches.
 Le placard de la cabine avant
a une étagère pour ranger le taud
de grand voile.
 Le circuit d'eau douce souffrait de prise d'air et de chute de
pression. Les joints et le filtre à eau ont été changés par un nouveau modèle.
 Rémi et Dominique à l’atelier
menuiserie pour réparer et consolider le siège du navigateur qui
était en très mauvais état après
notre tour d'Irlande mouvementé.
La cloison sur laquelle il est fixé
était arrachée et il a fallu la refaire
entièrement..
 Grâce à Jean-Christophe, la
coque retrouve une meilleure couleur après un gros lessivage et un
traitement de déjaunissement à
l'acide oxalique. Il faudra encore
passer un cirage pour protéger le
gelcoat dès que la météo le permettra.
 Les systèmes de fermeture des
portes de placard sont renforcés
avec du silicone pour éviter les ouvertures intempestives lors des
coups de gîte.
 Le joint de la porte du rouf a demandé à lui seul 12 heures
de travail acharné, avec 2 personnes de 13h à 19h, dans le vent
et les grains, engourdissant les mains. 25 vis usées par les frottements, d'accès difficile ont été collées avec du silicone.
Quel plaisir de ne plus entendre ce couinement déchirant en ouvrant et fermant le toit du rouf. Espérons qu'il soit étanche !
 Grâce à l'échafaudage, Bertrand prépare la montée des seaux
de détergent avec les éponges
pour le grand lessivage de la
coque.
 La gazinière a été démontée, entièrement nettoyée, son axe
réparé, les tuyaux de gaz changés et une plaque de protection à
été posée sur la cloison.
LA PAROLE À :
ALICE
inscrite à l’ECP
en janvier 2016
Alice, peux-tu nous dire, en quelques lignes, qui tu es ?
J'ai 32 ans. Je vis à Boulogne-Billancourt d'où je suis native.
Je travaille depuis 7 ans sur un site de production dans l'industrie pharmaceutique. J'aime les loisirs de plein air à la
mer ou à la montagne.
Raconte-nous comment s’est passée ta rencontre avec l’ECP ?
Je suis allée au Nautic à Paris et j'ai fait la rencontre de l'association sur son stand. J'ai été très bien accueillie quand j'ai
demandé des informations sur le fonctionnement de l'association. Et j’ai été invitée à la galette des Rois sur la péniche.
Avais-tu déjà navigué auparavant ou est-ce que tu t’es
laissée convaincre ?
J'ai déjà navigué surtout en voile légère, sur catamaran
hobby 16 quand j'étais ado en Bretagne sud principalement
(la Trinité sur mer, l'archipel des Glénans). Ensuite j'ai découvert l'habitable toujours en Bretagne sud et dans les Cyclades.
2e entraînement d’hiver
É
O RT
et 1ère régate !
REP
Fin janvier, les régatiers de l’ECP Régate
se sont retrouvés
chez Manu pour leur
2e cours.
Au programme : les allures et les réglages
de voiles puis les tactiques, règles et placements sur une
ligne de départ.
Une vague contre la digue qui protège le port
de plaisance de Kernevel… Impressionnant !
Les jours suivants ont été l’occasion de suivre sur Internet les dépressions les unes derrière les autres avec cette question : pourrat-on aller régater à Lorient ? Voilà ce qu’on pouvait lire dans Le
Télégramme du 10 février : «La tempête qui a sévi, hier (9-02), a généré une cinquantaine d'interventions des pompiers sur les secteurs
de Lorient, Hennebont ou Ploemeur. Des pancartes arrachées, des câbles à terre ou des arbres tombés, comme hier matin, sur le boulevard
d'Oradour à Lorient. Les pompiers lorientais ont passé une bonne partie de la journée sur le toit du plus grand bâtiment de DCNS afin de
consolider, avec des sangles, des ventilateurs menaçants. Des perturbations sont attendues sur la ligne Lorient-Groix».
Evidemment, le week-end a été annulé et reporté au 9-10 avril.
Quels sont les arguments qui t’ont séduit pour t’engager
à l’ECP ?
L'envie de naviguer davantage. Le fait de pouvoir partir en
week-end en mer au plus près de Paris me permettrait de naviguer plus souvent, parce qu'il n'est pas toujours facile de
prendre une semaine de vacances quand son emploi du
temps professionnel est incertain. Le côté convivial et les sorties facilement organisables (planning ouvert à tous, skipper
dispo) m'a aussi séduite.
C’est sans doute un peu tôt,
mais qu’attends-tu de l’association ?
Naviguer «entre amis» sans avoir à s'inscrire à des stages
d'école de voile un peu trop conventionnels parfois. Pouvoir
aller en mer pour le loisir, passer un peu de temps dans cet
espace de liberté dont les paysages sont magnifiques. Pourquoi pas progresser et devenir skipper un jour…
As-tu des désirs ou des objectifs pour cette saison 2016 ?
J'aimerai faire mes premiers bords avec l'association et faire
des week-ends sachant que je ne sais pas encore quand je
serai en vacances cet été.
Sur un bateau, tu es plutôt active ou contemplative ?
Plutôt active ! J'aime bien faire des manœuvres, la vie au
port, tenir la barre. En revanche, j'ai un peu le mal de mer en
début de navigation et dans ces cas là je suis plutôt concentrée sur l'horizon qu'active à proprement parler…
Comment as-tu trouvé l’ambiance de la Galette des Rois
le 6 janvier dernier ?
Très sympa ! J'ai été très vite invitée à m'inscrire sur le planning. J'ai discuté avec quelques personnes, et eu plaisir à
écouter les différentes interventions, ce qui m'a permis de
mieux connaître l'association. L'idée de partager une galette
est très conviviale.
Merci Alice…Et rendez-vous sur l’eau !
VOS RÉACTIONS…
… A propos du trophée Jules Verne
Un échange de mail que j'ai eu au mois de juin avec Tom Shannon, le
créateur du trophée Jules Verne. Je lui demandais des précisions sur les
proportions de son œuvre, car le texte qui la présente dans le musée
est assez sibyllin.
Dominique B.
DB,
The three space objects are represented in correct proportion to
each other by the xyz of the floating object.
The Moon by the curves of the two ends, the Earth by the curvature
of the central width and the long curve of the length is an arc section of the circumference of Sun. The diameter of Earth is 3.7 times
diameter of Moon. The diameter of the Sun is 109 times that of
Earth.
Salut, Tom Shannon
… A propos de «On a oublié d’inviter l’océan»
Encore bravo pour ton Goéland déchaîné !
Mais qui est Françoise G. ?
Son article est tellement révélateur et malheureusement tous les politiques ne s'engageront pas dans cette zone internationale (les mers et
les océans à plus de 200 miles des côtes).
Ça ne les empêchent pas, par ailleurs, de créer des îles artificielles pour
augmenter leur territoire et exploiter les ressources s’y trouvant, mais
ça c'est peut-être un prochain article… Richard B.
Françoise Gaill est biologiste.
Ancienne directrice de l’Institut écologie et environnement du
CNRS, elle coordonne actuellement le conseil scientifique de la Plateforme océan et climat. Elle est également présidente du conseil
stratégique et scientifique de la Flotte océanographique française.
Spécialiste des organismes marins, cette scientifique s’intéresse
plus particulièrement aux environnements profonds et à l’adaptation aux milieux extrêmes. Elle a notamment mis en évidence l’un
des mécanismes moléculaires permettant aux organismes de survivre dans de tels milieux.
Sartrouville
et son prestigieux passé naval…
P
endant près d’un siècle, entre
1870 et 1960, plusieurs chantiers
navals : les Chantiers Bastard,
Sampson, Croizer, Blondeau puis Paul
Jouët et Cie, ont fait de Sartrouville un
centre important de la construction navale. Assurément, le beau plan d’eau
sartrouvillois, dont l’accès était facile
grâce au chemin de fer récent, permettait des mises à l’eau dans des conditions optimales. Nombreux étaient les
Sartrouvillois qui prenaient plaisir lors
de promenades le long du chemin de
halage, à admirer ces barques, canots,
yachts, yoles et autres périssoires
mouillant le long du fleuve. Aujourd’hui, de ces fameux chantiers, il ne
reste que le souvenir.
À l’initiative de Jean-Pierre Jouët, fils du
directeur du chantier naval Paul Jouët
et Cie, Sartrouville renoue avec son
prestigieux passé naval le temps d’une
escale du canot de sauvetage AiméeHilda à l’endroit même où il a vu le jour
en 1949.
Les débuts de la navigation
de plaisance
À partir de 1820, la réalisation de
l’écluse de la Monnaie de Paris puis en
1840 les barrages à écluse d’Andrésy et
de Bougival, en permettant de régulariser l’eau du fleuve, transformèrent la
Seine. À Sartrouville, le modeste chemin de halage entama sa mutation
pour devenir le Quai de Seine.
Peu à peu, les berges s’animèrent : des
guinguettes virent le jour, des bateaux
lavoirs vinrent s’y amarrer, des chantiers navals apparurent.
Dans les années 30, le Quai de Seine
abrita même une petite plage entre les
rues Jean-Nicolle et Dunant, longue de
soixante-dix mètres, disposant de cabines, d’un plongeoir et aussi d’un maître nageur !
Le canotage devint le plaisir populaire
par excellence et la navigation de plaisance put enfin se développer.
Les régates sur le fleuve et les baptêmes des bateaux majestueux pour
lesquels il fallait lever la passerelle, devinrent un spectacle familier pour les
Sartrouvillois côtoyant le prestigieux
Chantier naval de Sartrouville depuis le
début du siècle.
Le chantier naval Blondeau vers 1900
(Collection Archives municipale)
La Maison Blondeau
Les pionniers
Le chantier Blondeau fut le premier
chantier naval à faire la renommée de
Sartrouville. Voici l’histoire
de cette réussite familiale.
Ce fut bientôt le lancement du Nautilus, canot automobile qui gagna de
1900 à 1906 de nombreux prix aux régates de Monaco, Évian, Aixles-Bains et remporta même
le premier prix à l’Exposition
universelle de 1920.
Cette même année, Paul
Jouët, implanté au Havre, à
la recherche d’un chantier
existant avec lequel s’associer, fusionne avec celui d’André Blondeau, le «Père Blondeau», dont le
chantier avait déjà une solide réputation.
En 1870, au terme d’une
guerre désastreuse, il fallut
reconstruire le pont de Sartrouville, détruit pour ralentir l’avancée allemande. Dès
Le Janabel construit en 1951 sur les plans d’Eugène Cornu
lors, des ouvriers rejoignirent
aux chantiers navals Paul Jouët et Cie
Sartrouville pour travailler à ce
(Collection particulière)
chantier. Parmi eux, André Blondeau,
Les Chantiers navals Paul Jouët et Cie
charpentier-pontonnier, originaire du
Le «Dior des mers»
Nord. Il fait la connaissance d’Émilie LeEn 1920, Paul Jouët, polytechnicien, infèvre, sa future épouse, et tous deux
génieur
du Génie maritime, s’associe à
forment le projet de construire un baAndré
Blondeau
pour créer le Chantier
teau-lavoir. Le couple retourne dans le
Naval
de
Sartrouville.
Deux ans plus
Nord, chez un ami constructeur de batard,
Joyeuse,
leur
premier
voilier est
teaux pour en élaborer le gros œuvre
mis
à
l’eau.
Il
mesure
28
mètres
pour un
puis, un an plus tard, rentre à Sartroupoids
de
90
tonnes
!
ville en le halant eux-mêmes sur la
Seine. Ils s’installent devant la rue BorEn 1927, le chantier prend le nom de
din et, comme espéré, les Sartrou«Paul Jouët et Cie » et devient une révilloises viennent en nombre laver leur
férence pour la charpenterie maritime.
linge au «bateau-lavoir Blondeau».
Il prend peu à peu de l’importance
jusqu’à occuper 22 000m2 dans les anPris au jeu de la construction navale,
nées 1930 et emploie jusqu’à 120 emAndré Blondeau monte son premier
ployés
ce qui en fait le plus grand
hangar en 1872, à l’angle de la rue Borchantier
de l’époque.
din et du chemin de halage (Quai du
Pecq) avec une cale de mise à
l’eau. Les premières yoles et
barques de pêche sortent du
chantier. Il construit ensuite un second hangar, puis d’autres, puis
des ateliers de l’autre côté de la
rue Bordin puis bientôt un caférestaurant qui aura vite sa notoriété, fréquenté par les peintres,
les personnalités de la région et
les clients du petit chantier. Ce
l’Alain-Gerbault le 4 juin 1931 à Sartrouville
chantier prit le nom de Chantier Lancement dedevant
les Chantiers navals Paul Jouët etCie
naval de Sartrouville et prospéra.
(Agence Meurisse © RMN BNF, Dép. Estampes et Photographie
En 1925, le chantier s’attache les services d’Eugène Cornu, architecte naval
de génie qui cosignera entre autres, les
plans du bateau d’Alain Gerbault.
Pendant près de quarante ans, les
chantiers Jouët, outre des bateaux légendaires (l’Alain Gerbault pour Alain
Gerbault, Arielle pour le peintre-navigateur-écrivain Marin-Marie, l’Atout III
Jean Patou) construiront un grand
nombre de bateaux en tous genres :
des yachts, des unités destinées à la
police du Rhin, des vedettes pour la
Marine Nationale, pour le Royaume du
Maroc, des vedettes rapides, sans
compter les canots de sauvetage pour
la Société Centrale de Sauvetage des
Naufragés (SCSN), véritables chefs
d’œuvre dont le premier sera construit
en 1928.
L’Aimée-Hilda sera l’un de ces canots.
En 1951, le fils de Paul Jouët, JeanPierre Jouët succède au père à la barre
de l’entreprise. Le polyester supplante
le bois. Les carnets de commande peinent à se noircir. Au chantier, il ne reste
que trente-cinq employés. Le Dior des
mers doit affronter sous peine de couler la démocratisation de la voile. Ondine, sa première vedette tout en
polyester, est un succès.
En 1962, est lancé le premier Golif, premier petit croiseur fabriqué en série en
polyester et fibre de verre dessiné par
le bureau d’étude Jouët, qui obtiendra
La qualité des bateaux qui sortiront des
chantiers est telle qu’on appellera ce
chantier naval «le Dior de la construction navale». Sa renommée fut internationale !
crée son entreprise en 1970 et prend
en charge le Salon du livre, la Fiac, Musicorama et devient en 1982 organisateur du Salon Nautique.
À la place de l’ancien chantier naval, les
berges de Seine accueillent désormais
depuis 1976 une résidence médicalisée
de la Croix-Rouge : la Résidence Stéphanie ainsi nommée en mémoire de
l’épouse du fondateur du chantier Madame Stéphanie Jouët, très impliquée
dans les œuvres caritatives et en particulier engagée auprès de la CroixRouge.
Ainsi, le souvenir de cette épopée qui,
de 1920 à 1964, a fait sortir de ses hangars du Quai de Seine des bateaux de
toutes sortes, de toutes dimensions et
par milliers, ne disparaît pas tout à fait
des berges de la Seine.
L’Aimée Hilda,
ambassadeur du patrimoine
L’Aimée-Hilda, construit en 1949 aux
Chantiers Paul Jouët et Cie à Sartrouville sur les plans de l’architecte naval
Eugène Cornu, est le seul canot de sauvetage de ce modèle encore dans son
état initial sur les trente-deux unités
construites.
Comme pour d’autres chantiers, la seconde guerre mondiale est une pé-
La Désirade, dernier yacht de 15 mètres construit
en 1963 par les chantiers Jouët
Autrefois propriété de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), ce
bateau insubmersible et auto-redressable navigue à présent sous l’égide de
l’Association pour la conservation et la
Collection J.P Jouët)
L’architecte naval Eugène Cornu à bord du cruiserracer Hallali, sorti des Chantiers navals Paul Jouët
et Cie en 1956
(Collection particulière)
L’Aimée-Hilda
(Collection association Aimée-Hilda)
riode difficile mais le Chantier naval
Paul Jouët et Cie maintient le cap. La
période d’après-guerre est marquée
par un lent redémarrage avec des commandes de la SCSN dont de nombreux
canots ont été détruits pendant le
conflit. Eugène Cornu et Maurice Colin,
son jeune assistant mettront au point
un canot de sauvetage qui sera
construit à trente-deux exemplaires.
immédiatement un immense succès. Près de 1 000
unités seront produites
jusqu’à l’arrêt de la
fabrication
en
1966. Le polyester,
facilitant la production de masse,
remplacera peu à
peu le bois et
condamnera bien
des chantiers navals traditionnels.
La Désirade, mis à
l’eau en 1963, sera le dernier
voilier en bois à sortir du chantier.
En 1964, l’entreprise est vendue en totalité à l’entreprise de construction navale Dubigeon Normandie qui
délocalise le chantier. Promoteur du
premier salon de la navigation au CNIT
de la Défense, Jean-Pierre Jouët, fort de
cette expérience se reconvertit dans l’organisation de grandes manifestations. Il
Affiche Loïc Ollivier
(Collection association Aimée-Hilda)
sauvegarde du canot de sauvetage de
Ploumanac’h Aimée-Hilda de PerrosGuirec qui l’a sauvé d’un semi abandon
il y a plus de vingt ans.
En août 1944, l’armée allemande a détruit l’abri et son canot de sauvetage
dans la cale de Ploumanac’h. Quatre
ans plus tard, le 8 août 1948, le sloop
Petite-Annie de Perros-Guirec, chavire
dans un coup de vent. On déplore neuf
victimes. La vive émotion, en l’absence
de tout moyen de secours face à ce
naufrage, provoque un élan de générosité pour remettre un canot de sauvetage en service. Grâce aux dons de
Aimée Fournier et de Hilda Gelis Didot,
la construction de ce nouveau canot
est réalisée au chantier naval Jouët de
Sartrouville. Elles en deviennent les
marraines et le canot est baptisé de
leurs deux prénoms : Aimée-Hilda.
Le canot de sauvetage servira 25 ans à
la Station de sauvetage de Ploumanac’h (qui devient la SNSM en 1967). En
1975, l’Aimée-Hilda est désarmé et
vendu à la plaisance, puis cédé à la ville
de Perros-Guirec qui en est toujours le
propriétaire. Il sera utilisé comme navire de servitude dans le port à flot de
Perros-Guirec et pour l’établissement
de deux barrages antipollution lors de
deux marées noires.
En mauvais état, le canot est finalement désarmé puis laissé à l’abandon
jusqu’à ce qu’une équipe de
«traîneurs de grève ploumanacains» le prenne en
charge pour lui épargner un
destin funeste… échoué sur
un rond-point !
En 1995, ces bénévoles, résolus à sauver de l’oubli ce
morceau de patrimoine
local, créent «l’Association
pour la conservation et la sauvegarde
du canot de sauvetage de Ploumanac’h Aimée-Hilda».
Après deux ans de restauration et plus
de 2 000 heures de travail, l’AiméeHilda a retrouvé sa beauté comme à sa
sortie des chantiers Jouët en 1949. En
1997, il est remis à l’eau dans ses couleurs d’origine : le vert et le gris de la
SCSN, et armé pour la navigation de 5e
catégorie.
Depuis, seul canot de sauvetage de ce
modèle encore à flot, l’Aimée-Hilda permet à des centaines de marins de par-
L’Aimée-Hilda en août 2015 (Photo Patrick Stoll)
ticiper fièrement sur son pont aux rassemblements de vieux gréements.
Le canot a été transporté par convoi
exceptionnel et a fait escale à Sartrouville le 26 novembre 2015 devant la résidence Stéphanie, ancien site du
chantier naval, 1 rue Bordin avant
d’être exposé au Salon nautique international de Paris. Gérard d’Aboville,
président-fondateur de l’association
Patrimoine maritime de France, lui a
décerné le label «BIP» : Bateau d’Intérêt
Patrimonial.
Sources :
Voiles & Voiliers, n°309, nov.1996
Sartrouville, le magazine, n°6, déc.1996
Bien s’équiper pour la nouvelle saison de navigation
On peut s’équiper à des prix raisonnables chez Decathlon. (www.decathlon.fr)
ou Go Sport (www.go-sport.com) mais
comme beaucoup de sports techniques
en extérieur, choisir des marques de
qualité, certes plus onéreuses, c’est un
matériel que vous ne regretterez pas lors
des longs quarts de nuit ou sous les embruns avec 35 nœuds de vent,… et votre
matériel durera plus longtemps.
Pour cela il n’y a plus que 2 adresses à
Paris :
Au Vieux Campeur
(http://www.auvieuxcampeur.fr)
18, rue du Sommerard, Paris V,
Tél. : 01 53 10 48 48
Nautistore, (www.nautistore.fr)
30 av. de la Grande Armée, Paris XVII,
Tél. : 01 43 80 28 28
Et aussi… les magasins Aigle, pour leurs
bottes bateau bleu marine, les seules à
avoir une semelle «blanche» spéciale bateau, les magasins TBS pour les chaussures techniques, les magasins Damart
pour les caleçons et t-shirts manches
longues en thermolactyl, force 3.
Louer avant d’acheter…
Réductions pour les membres de
l’ECP ré-inscrits en 2016 :
• -10% sur les vêtements,
• -5% sur les accessoires et
la librairie.
Chez Nautistore : Ensemble veste +
pantalon Gill ou Marine Pool pour
1 W.E. ou 1 semaine.
Prix W.E. ensemble côtier : 35e
ou ensemble hauturier : 60e.
Quelques phares bretons (qui vont jalonner vos navigations)
inscrits à l’inventaire des monuments historiques en 2015…
Le phare de Pen-Men,
à Groix (Morbihan)
Le phare d'Ar-Men, sur
la chaussée de Sein
(Finistère)
Le phare de Nividic,
à Ouessant
(Finistère)
Marin et gourmand… c’est pas incompatible du tout !
Quel bonheur de partager un diner chaud au sec après une bonne nav bien secouée et humide !
Mais qui dit diner… dit dessert.
Voici quelques recettes sucrées et faciles à préparer en bateau pour toutes les papilles ecépiennes.
Le crumble aux pommes de Hervé
Le riz au lait de Brigitte
(sympa pour les navs de nuit)
Pour 6 /8 pers. :
5 à 6 pommes (golden, boskop, gala,…)
100 g de sucre
100 g de farine
100 g de beurre (beurre salé c’est encore meilleur)
100 g de poudre d’amande
confiture (en option) de mûres ou de fruits rouges
Préchauffer le four sur 6
(180°C).
Peler
les
pommes, les couper en
morceaux, puis les verser
dans un plat allant au
four. Étaler la confiture
sur les pommes. Dans
une jatte, mélanger le
sucre, la farine, la poudre
d’amande, ajouter le beurre préalablement coupé en
morceaux et malaxer le tout avec les doigts jusqu’à ce
que le mélange s’apparente à du sable. Verser le sablage
sur les pommes et la confiture, le répartir uniformément.
Enfourner pour 15 - 20’, vérifier que le crumble soit doré
et éventuellement laisser encore un peu au four.
Le trifle à l’orange de Chantal
Pour 8 pers. :
500 g de mascarpone ou de gervita
6 oranges
2 citrons non traités
6 cuill. à soupe de Limoncello ou de Cointreau
ou de Grand Marnier ou…
16 palets bretons
120 g de sucre glace
60 g d’écorce d’orange
Peler 4 oranges à vif. Détacher
les quartiers en passant le couteau à l’intérieur des membranes, au-dessus d’un bol
afin de recueillir le jus. Ajouter
dans le bol le jus des 2 dernières oranges, puis le limoncello ou l’alcool choisi.
Émietter grossièrement les palets bretons et les imbiber
du jus d’orange au limoncello. Fouetter le mascarpone
avec le sucre glace, le zeste des citrons râpés et le jus des
citrons. Répartir cette crème dans des verres en alternant
avec les biscuit imbibés et les quartiers d’orange. Réserver au frigo et servir frais, décorés de dés d’écorce
d’orange confite. Variantes possibles avec des biscuits à
la cuillère, cannelle, cardamome, copeaux de chocolat,
framboises et autres fruits…
Pour 8 pers. :
2 l de lait (entier de préférence)
250 g de riz rond (surtout pas de l’incollable
car c’est l’amidon qui donne le crémeux)
1 cuillère à café de cannelle
1 pincée de sel
8 cuillères à soupe de sucre roux
Chauffer le lait (avec le sel et la cannelle), quand il est chaud, verser le
riz en pluie fine, touiller pour bien
mélanger et décoller les grains. Là il
faut baisser le feu au minimum, toujours touiller régulièrement pour décoller les grains qui ont tendance à se recoller entre eux et
puis pour favoriser l’évaporation. Quand tout cela a pris un
aspect crémeux mais reste encore un peu liquide, arrêter la
cuisson et rajouter 8 cuillères à soupe de sucre roux.Toujours
mettre le sucre après la cuisson sinon ça caramélise au fond
de la casserole et c’est pas sympa pour ceux qui font la vaisselle… Attendre que ça refroidisse, mais servir tiède car c’est
meilleur et en refroidissant, le riz au lait épaissit.
Week-end des Ecrivains
au Musée de la Marine à Paris
12 et 13 mars 2016
Dans le cadre de l’exposition Dans les mailles du filet, un weekend pour rencontrer des éditeurs, auteurs et passionnés de littérature maritime qu’elle soit romancée, dessinée ou scientifique.
Au programme : rencontres et dédicaces de 20 écrivains, ventes,
mini tables-rondes, mini expositions, activités pour enfants.
Seront présents :
Pascal Bresson, Entre terre et mer (BD)
François Debois et Serge Fino, Les chasseurs d’écumes (BD)
Sophie Humann, Perdu en mer (livre jeunesse)
Faustine Brunet, Les poissons ont disparu (livre jeunesse)
Loïc Josse, La morue, Petit abécédaire d’un droguiste de marine
Serge Lucas, Marins, Les métiers de la mer
Michel Marchand, L’océan sous haute surveillance
Claire Nouvian, (fondatrice de l’association Bloom), Abysses
Alain Quella-Villéger et Bruno Vercier pour la réédition
du livre de Pierre Loti, Pêcheur d’Islande. Ils ont également publié les beaux livres Pierre Loti dessinateur et Pierre Loti photographe et entrepris la publication intégrale de son Journal intime.
Plus d’infos sur http://www.musee-marine.fr/paris
www.ecoledecroisieredeparis.com
Ont participé à ce numéro : Francine, Alice, Hervé, Brigitte, Rémi, Chantal et Jean-Christophe