Maîtriser les files d`attente III - Canadian Policy Research Networks
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Maîtriser les files d’attente III Mesure, surveillance et gestion des temps d’attente : la réalité Rapport de conférence Préparé par : Renée Torgerson, Ph.D. et Tom McIntosh, Ph.D. Réseaux canadiens de recherche en politiques publiques inc. Les 30 et 31 mars 2006 Ottawa (Ontario) Maîtriser les files d’attente III Mesure, surveillance et gestion des temps d’attente : la réalité Rapport de conférence Les 30 et 31 mars 2006 Hôtel Château Laurier Ottawa (Ontario) Préparé par : Renée Torgerson, Ph.D. et Tom McIntosh, Ph.D. Réseaux canadiens de recherche en politiques publiques ii TABLE DES MATIÈRES Remerciements ................................................................................................................ iv Membres du Comité de direction .................................................................................... iv Préface............................................................................................................................... v PREMIÈRE JOURNÉE Introduction ...................................................................................................................... 1 Entrée en matière ............................................................................................................. 1 Coup d’œil sur les provinces............................................................................................. 4 Mesurer ce que l’on veut gérer ......................................................................................... 9 Analyse de données probantes pour l’établissement de points de repère sur les temps d’attente........................................................................................................................... 13 L’optique du nouveau gouvernement fédéral ................................................................ 15 Innovations régionales dans l’amélioration de l’accès et la réduction des temps d’attente.......................................................................................................... 16 DEUXIÈME JOURNÉE Les technologies de l’information au service de l’amélioration de l’accès ................... 19 Assurer un accès approprié à l’imagerie diagnostique .................................................. 21 Accroître la certitude – Tirer des leçons de l’expérience internationale relative aux garanties de soins et aux politiques afférentes sur les temps d’attente .......................... 22 Message du gouvernement du Québec ........................................................................... 24 Améliorer la gestion des files d’attente par la recherche opérationnelle et la refonte du système............................................................................................................................ 25 Vers un modèle d’accès pour les patients fondé sur le service – Le rôle des prestateurs27 Perspectives sur l’amélioration de la gestion des temps d’attente après la décision Chaoulli........................................................................................................................... 28 Résumé thématique ........................................................................................................ 31 Conclusion ..................................................................................................................... 35 Appendice I : Liste des participants ............................................................................. 36 Appendice II : Ordre du jour de la conférence.............................................................. 41 iii Remerciements Le Comité de direction de la conférence Maîtriser les files d’attente III : la mesure, le contrôle et la gestion des temps d’attente tient à remercier sincèrement les organismes suivants : Association canadienne des institutions de santé universitaires Association canadienne des soins de santé Association des infirmières et infirmiers du Canada Association médicale canadienne Bell Canada Conseil canadien de la santé Institut canadien d’information sur la santé Instituts de recherche en santé du Canada Santé Canada pour le soutien financier qu’ils ont accordé à cette conférence nationale sur invitation. Tom McIntosh et Renée Torgerson tiennent à souligner l’apport de Patrick Fafard, agrégé de recherche au sein du Réseau de la santé des RCRPP, qui s’est chargé de lire diverses ébauches de ce rapport. De plus, nous tenons à remercier certains auteurs d’exposés qui nous ont soumis des commentaires sur des ébauches antérieures du rapport. Membres du Comité de direction Mme Meena Ballantyne, Santé Canada Dr Morris Barer, Institut des services et des politiques de la santé, IRSC Mme Kathy Bell, Ministère de la Santé et du Mieux-être du Nouveau-Brunswick M. Glenn Brimacombe, Association canadienne des institutions de santé universitaires Mme Tara S. Chauhan, Association médicale canadienne Mme Lise Daigle, Ministère de la Santé et du Mieux-être du Nouveau-Brunswick Mme Janet Davies, Association des infirmières et infirmiers du Canada Mme Denise Desautels, Association canadienne des soins de santé Dr Paul Genest, Bell Canada Mme Emily Gruenwoldt, Association canadienne des institutions de santé universitaires Mme Martha Hall, Santé Canada Dr John Hylton, Collège canadien des directeurs de services de santé Mme Margaret King, Alberta Health and Wellness M. Chris Parsons, Collège canadien des directeurs de services de santé Ms. Brenda Ryan, Nova Scotia Department of Health M. Marcel Saulnier, Association médicale canadienne Dr Sam Shortt, Université Queen’s Mme Diane Watson, Conseil canadien de la santé M. Greg Webster, Institut canadien d’information sur la santé Secrétariat : Mme Brenda Trepanier, Association médicale canadienne Le contenu du présent document ne reflète pas nécessairement les opinions des organismes qui ont parrainé la conférence ou celles des membres du Comité de direction. iv Préface Au cours des trois dernières années, la série de conférences sous le thème Maîtriser les files d’attente s’est employée à réunir des gens partageant une communauté d’intérêts et provenant de partout au pays pour examiner les questions de l’accessibilité et des temps d’attente à partir de tout un éventail de perspectives. Parrainées par un vaste éventail d’intervenants nationaux dans le domaine de la santé, ces conférences ont contribué à enrichir nos connaissances concernant cette question, à échanger des observations sur les pratiques exemplaires et à orienter le programme d’élaboration des politiques publiques. La conférence de cette année s’est déroulée au Château Laurier, à Ottawa, les 30 et 31 mars 2006. Environ 150 spécialistes, chefs de file dans le domaine de la prestation des soins de santé et représentants principaux des grands organismes de santé gouvernementaux et non gouvernementaux, ont participé à la rencontre. La conférence poursuivait deux grands objectifs : • • Le premier objectif était de faire le point sur les activités courantes et de tirer des enseignements des stratégies de gestion des temps d’attente mises en place au Canada. Le deuxième objectif était d’examiner des enjeux majeurs qui offrent la possibilité de transformer la façon dont l’accès aux services de santé est géré au Canada. La conférence fut présidée par Alan Hudson (chef de la Stratégie de réduction des temps d’attente et d’accès aux soins, Équipe des résultats dans le domaine de la santé, province de l’Ontario) et Maura Davies (présidente et chef de la direction de la Saskatoon Health Region). Elle comportait une série de présentations et de discussions en groupe par des spécialistes réputés sur des sujets comme les innovations au niveau provincial et régional en matière de gestion des temps d’attente, des points de repère sur les temps d’attente fondés sur des données probantes, des stratégies de mesure, les technologies de l’information, le rôle des médecins et d’autres prestateurs de soins, ainsi que la théorie des files d’attente (voir l’appendice II). Ce rapport contient un synopsis des présentations et des discussions pendant les deux jours de la conférence. Il est basé sur les exposés faits par les participants et les notes qu’ont prises les chercheurs des RCRPP pendant la rencontre. Des versions électroniques des présentations faites lors de la conférence sont accessibles à partir du site Web des RCRPP à l’adresse : www.rcrpp.org. v Première journée Introduction Pour la troisième fois en autant d’années, un groupe d’intervenants de pointe du système de santé, avec l’appui du gouvernement fédéral, d’organismes de santé nationaux et du secteur privé, ont invité des chercheurs, des scientifiques, des intervenants et des analystes de politiques à une rencontre pour évaluer les progrès réalisés à la grandeur du pays dans le domaine de la mesure et de la gestion des temps d’attente. Dans ses observations d’ouverture, la coprésidente de la conférence Maura Davies (présidente et chef de la direction de la Saskatoon Health Region) a insisté sur l’importance de l’événement puisqu’il offrait « un milieu neutre » pour la tenue d’un dialogue entre des représentants gouvernementaux, des intervenants, des chercheurs, des analystes et des spécialistes, et qu’il permettait aux participants de s’exprimer librement dans un débat qui est nécessaire pour aborder les multiples dimensions d’une question aussi délicate sur le plan politique. Elle a souligné qu’il s’était produit des événements importants depuis la tenue du dernier symposium Maîtriser les files d’attente1, qui servent de toile de fond importante pour la tenue des discussions actuelles, dont : • • • L’élaboration de points de repère pancanadiens sur les temps d’attente; Le changement survenu au niveau du gouvernement fédéral et l’établissement de priorités en matière de garanties de temps d’attente; et Le jugement de la Cour suprême dans l’affaire Chaoulli. Entrée en matière La première journée fut consacrée à faire le point sur la question des pratiques exemplaires dans le domaine de la gestion des listes d’attente au pays. L’entrée en matière fut faite par Brian Postl (président et chef de la direction de la Winnipeg Regional Health Authority et conseiller fédéral sur les temps d’attente) qui s’est employé à relier le contexte politique actuel à la mesure, au contrôle et à la gestion des temps d’attente au pays. Postl a d’abord examiné les interdépendances entre les engagements envers la réduction des temps d’attente qu’ont pris les premiers ministres dans le cadre de l’accord de septembre 2004 et les changements et les développements actuels qui se produisent au sein même du système. À titre de conseiller fédéral sur les temps d’attente, il a visité de nombreux sites au pays où des innovations au chapitre de la gestion des temps d’attente ont pris place et il a consacré pas mal de temps à parler avec des spécialistes, des chercheurs et des représentants gouvernementaux partout au pays en vue d’étudier des 1 Voir Tom McIntosh (2005), Maîtriser les files d’attente II : la mesure, le contrôle et la gestion des temps d’attente (rapport de colloque), Réseaux canadiens de recherche en politiques publiques, Ottawa. [http://www.cprn.org/fr/doc.cfm?doc=1274] ________________________________________________________________________ Maîtriser les files d’attente III | 1 solutions visant à améliorer l’accès à des soins de qualité en temps opportun. Il a aussi fait référence aux sondages d’opinions qui révèlent que les Canadiens, en majorité, jugent la situation actuelle inacceptable. Postl a décrit les deux phases suivantes en ce qui concerne les activités du Projet canadien sur les temps d’attente : Première phase : L’établissement de points de repère dans les cinq domaines prioritaires (cancer, cardiologie, remplacement d’articulation, restauration de la vue et imagerie diagnostique). Postl a signalé deux enjeux majeurs dont il faudra tenir compte au moment d’aller de l’avant dans le domaine de la gestion des listes d’attente. Premièrement, il faut s’assurer que les points de repère pourront être maintenus au fil du temps. Deuxièmement, il a indiqué que le système devra prendre soin d’éviter que des ressources soient retirées d’autres services afin de respecter les points de repère établis dans les domaines prioritaires. L’objectif ultime, selon Post, ce n’est pas l’établissement de points de repère et d’indicateurs (outils et niveaux); c’est plutôt la façon dont nous les utilisons pour transformer le système de santé afin qu’il réponde le mieux possible aux besoins des Canadiens. Deuxième phase : La deuxième phase a comme point de mire la transformation du système en procédant à des améliorations dans les domaines suivants : • Des recherches continues en vue d’appuyer l’établissement de points de repère et des améliorations opérationnelles; • L’adoption de pratiques de gestion modernes et d’innovations dans les systèmes de santé; • L’accélération de la mise en place de solutions fondées sur les technologies de l’information; • Un changement de culture parmi les professionnels de la santé; • La mise au point d’une capacité en vue de faire face aux périodes de pointe en région; et • L’éducation du public en vue d’appuyer la transformation du système. Postl s’est aussi prononcé en faveur d’améliorations à apporter à la gestion et de l’instauration d’autres innovations, y compris l’adoption de nouvelles pratiques de gestion, des modèles axés sur le patient qui comprennent une orientation centralisée, l’intégration de la théorie des files d’attente utilisée dans d’autres industries et l’élaboration de programmes de formation à l’intention des professionnels de la santé qui remplissent des rôles stratégiques. Enfin, la deuxième phase nécessite des changements à apporter aux rôles et aux responsabilités des prestateurs de soins. Ceci comprend des changements dans la culture et les attentes des professionnels de la santé, l’optimalisation des normes professionnelles, l’élaboration et l’application de stratégies de travail en équipe sur le plan de la gestion du système et des approches axées sur la valeur des services. La clé de la réussite dans tout changement est la participation des professionnels. ________________________________________________________________________ 2 | Rapport de conférence – Les 30 et 31 mars 2006 Postl a terminé son exposé en soulignant qu’il y a d’autres considérations importantes qu’il faut aborder dans le contexte de discussions portant sur les temps d’attente, dont : • • • • • • L’établissement de priorités d’accès aux services de santé pour les enfants; La planification d’urgence pour faire face aux périodes de pointe; Répondre aux besoins en ressources humaines de la santé; S’intéresser aux « maladies négligées » qui sont éclipsées par l’attention accordée aux cinq domaines prioritaires; Intégrer une analyse comparative entre les sexes à la question de l’accessibilité; et Reconnaître les listes de priorités des provinces, leur besoins et leurs processus d’établissement de priorités. Discussion La période de questions et de réponses qui a suivi l’exposé de Postl a porté surtout sur les préoccupations et les enjeux suivants : • La nécessité d’instituer des mécanismes de financement de rechange qui permettraient de faciliter l’intégration des médecins à un cadre d’action axé sur les services. • L’interaction entre l’accessibilité et les soins de santé intégrés. Par exemple, des préoccupations furent exprimées concernant le recours à des médicaments et à des services de plus en plus coûteux pour traiter le cancer et la nécessité d’assurer la prestation de soins de santé intégrés. On pourrait tenir compte de ces préoccupations en procédant à la mise au point de résultats fondés sur des données probantes et en faisant appel à un processus politique qui intégrerait les conseils d’une diversité d’intervenants. • L’élaboration d’un discours portant des garanties de soins sans posséder de cibles précises ou de points de repère. Cette situation fut comparée à l’installation d’un toit sur une maison avant d’avoir construit les murs. Postl a souligné que les garanties de soins sont issues des discussions portant sur la gestion des temps d’attente et qu’il s’agit d’un concept qui n’est pas susceptible de tomber dans l’oubli. Par conséquent, il importe de mieux comprendre et de bien gérer les garanties de soins. • La disponibilité de ressources financières pour appuyer la gestion des listes d’attente fut aussi une préoccupation soulevée par les participants. Par exemple, bien que des sommes soient nécessaires au départ, des économies seront par la suite réalisées grâce aux progrès enregistrés au chapitre de l’efficience. Toutefois, des ressources financières seront nécessaires pour faire face aux besoins croissants de rendre des comptes au sujet des volumes et des temps d’attente, notamment parce qu’on demandera aux régions d’être plus spécifiques et de soumettre un plus grand nombre d’indicateurs de rendement fondés sur des données probantes. ________________________________________________________________________ Maîtriser les files d’attente III | 3 Coup d’œil sur les provinces Le reste de la matinée de la première journée fut consacré à l’examen des progrès accomplis partout au pays dans le domaine de la gestion des temps d’attente dans les provinces. Cinq provinces ont présenté des rapports dans le cadre du symposium de cette année. Terre-Neuve et Labrador Janice Sanger (coordonnatrice des temps d’attente au ministère de la santé et des services communautaires de Terre-Neuve et du Labrador) a présenté un survol des activités au cours de la dernière année à Terre-Neuve et au Labrador en décrivant quatre grands jalons : • Premier jalon : En avril 2005, quatre nouvelles régies régionales de soins de santé intégrés (RIHA) devinrent des entités juridiques. Sanger a souligné qu’il n’y avait pas auparavant de mécanismes en place pour contrôler et gérer les listes d’attente, mais qu’il y avait maintenant un engagement ferme de la part des divers intervenants, y compris les gestionnaires et les PDG des RIHA, d’en faire une priorité. • Deuxième jalon : Entre mai et juin 2005, une évaluation de la situation générale dans la province fut entreprise afin de déterminer l’orientation future des activités de gestion des listes d’attente. • Troisième jalon : En septembre 2005, une méthodologie fut mise au point, y compris des grilles de présentation des données et des essais pilotes des outils. Même s’il s’agissait surtout d’un processus de collecte manuel, plusieurs dossiers firent l’objet de vérification. Parmi les facteurs de succès ont figuré la participation des patients, un engagement de la part des médecins et des régions, ainsi que la mise au point de solutions locales. Par exemple, la RIHA de l’Est a mis au point un système de registre centralisé des listes d’attente en chirurgie. • Quatrième jalon : En décembre 2005, le ministre et le sous-ministre de la santé ont rencontré les PDG des RIHA, les présidents médicaux et d’autres cadres supérieurs pour discuter des défis communs que posent la collecte de données et les engagements. De plus, le ministre a fait rapport à la population concernant les progrès réalisés au chapitre des points de repère et il continuera de présenter des rapports à la population sur une base trimestrielle. En conclusion, Sanger a souligné qu’il existait un besoin de procéder à des investissements considérables dans l’infrastructure des technologies de l’information pour mesurer, surveiller et gérer les listes d’attente de façon efficace. À long terme, la province étendra sa stratégie afin de mettre au point des mesures de temps d’attente dans d’autres domaines, dont les services d’orthophonie, de physiothérapie et de santé mentale, par exemple. ________________________________________________________________________ 4 | Rapport de conférence – Les 30 et 31 mars 2006 Île-du-Prince-Édouard Anne Whalen (directrice des soins infirmiers au Queen Elizabeth Hospital de Charlottetown) a présenté une mise à jour sur les travaux actuels que l’on poursuit dans la province sur la mesure et la gestion de l’accessibilité. Ces initiatives se déroulent dans le contexte du processus de restructuration récent dans la province. Les responsables ont fait face à certains défis, dont la nécessité d’améliorer leur infrastructure des technologies de l’information; donc, les données ont dû être collectées à partir d’examens manuels des dossiers. Dans ce contexte, Whalen a souligné que la province s’employait à apporter des améliorations à ses technologies de l’information, y compris la mise en place d’un système de renseignements cliniques et de sites Web. On procède à l’élaboration d’indicateurs mesurables, par exemple, sur les résultats obtenus par les patients. La gestion de l’accès dans la province est en voie d’être améliorée grâce à la collaboration de groupes de travail multidisciplinaires au sein des quatre domaines prioritaires de la santé, la mise au point de plans pluriannuels et la mise sur pied de centres d’excellence. Des options sont à l’étude en vue d’atteindre les cibles établies, par exemple, en intégrant la théorie des files d’attente à la gestion des listes d’attente et en lui apportant des améliorations. La mise en œuvre intégrale de leurs plans concernant la gestion des listes d’attente est toutefois fonction de l’aménagement d’installations et de l’intégration de politiques efficaces de gestion du changement. On s’emploie aussi à s’assurer que le processus n’aura pas d’impact négatif sur d’autres services. Elle a aussi souligné que la réussite est aussi fonction d’un processus inclusif (même s’il s’agit d’une stratégie qui absorbe plus de temps), d’une attitude réaliste et de l’obtention d’un financement durable. Nouvelle-Écosse Michael Dunbar (directeur de la recherche orthopédique au QE II Health Sciences Centre, à Halifax en Nouvelle-Écosse, et président élu du Comité des normes nationales de l’Association canadienne d’orthopédie) a discuté du recours à une campagne-éclair (ou blitz) d’une durée de deux semaines par la Capital Health de la Nouvelle-Écosse en vue de réduire les retards accumulés dans le système et les listes d’attente. Pendant cette campagne, l’équipe orthopédique fut en mesure de réaliser 122 remplacements de genou et de hanche au cours de cette période de deux semaines, soit un taux de quatre cas par jour. Le taux habituel est d’environ 100 remplacements par mois. Ce fut aussi une nouvelle positive pour les patients en attente de chirurgie. La stratégie pour le blitz comportait les éléments suivants : • La formation d’une équipe qui comprenait les services d’une diversité de gens, dont des gestionnaires de lits, des gestionnaires d’équipement médical, des administrateurs et des professionnels de la santé; • Un appui au projet de la part des professionnels de la santé; ________________________________________________________________________ Maîtriser les files d’attente III | 5 • • • • • • Une planification préalable, par ex., établir une date pour l’inévitable désorganisation des services; L’utilisation d’un regroupement différent des cas et d’une modélisation par ordinateur pour augmenter l’efficience et le nombre de patients traités; Obtenir la collaboration des unités de gestion des temps d’utilisation des salles d’opération; La volonté de servir du personnel requis – par ex., un nombre additionnel d’infirmières pour les salles d’opération, d’anesthésistes et de physiothérapeutes; Des processus de financement de rechange; et Demander à des hôpitaux satellites de fournir des services pour la traumatologie à l’échelle locale. Les défis ont trait aux exigences imposées au système (par ex., les chirurgiens) et sur la viabilité de campagnes éclairs. Dunbar a soutenu que des campagnes éclairs sont utiles pour éliminer des retards accumulés mais qu’elles ne sont pas une panacée et qu’elles ne réussiront peut-être qu’à remanier des listes d’attente excessives. Discussion Une question fut soulevée concernant les besoins en soins de longue durée dans le contexte d’une campagne-éclair de chirurgie orthopédique, telle que décrite par Dunbar. Ce dernier a souligné qu’avec le vieillissement de la population, il importe d’identifier d’autres modèles de soins (par ex., soins primaires). Pour augmenter la capacité (par ex., espace physique), qui est insuffisante, il sera peut-être nécessaire de se tourner vers des partenaires privés. On a ensuite interrogé Dunbar sur la question de la réalisation d’économies d’échelle en lui demandant si la campagne-éclair avait permis d’atteindre un coût par cas moins élevé. Dunbar a souligné qu’il n’est pas possible de calculer les coûts par cas en NouvelleÉcosse, compte tenu du système d’information actuellement utilisé dans la province; mais il existe des modèles de calcul des coûts par cas dans d’autres provinces, que l’on pourrait considérer. Enfin, on a demandé aux membres du panel de donner leur opinion sur l’utilisation de cliniques autonomes pour réduire les temps d’attente. Tous les panelistes ont indiqué que cette possibilité n’avait pas été écartée. Dunbar a indiqué qu’il fallait d’abord qu’un changement de paradigme se produise, ce qui permettrait de discuter la question de l’utilisation de cliniques autonomes à une date ultérieure. Ontario Rachel Solomon (gestionnaire de projet, Accès aux services et Stratégie de réduction des temps d’attente, ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario) a donné un aperçu de la stratégie ontarienne de réduction des temps d’attente. Elle a aussi décrit des recommandations du comité d’experts sur l’analyse et l’amélioration du processus chirurgical (Expert Panel on Surgical Process Analysis and Improvement – SPAI) ________________________________________________________________________ 6 | Rapport de conférence – Les 30 et 31 mars 2006 concernant l’amélioration de l’efficience péri-opératoire. Dans ses commentaires, elle a aussi fait allusion à un système d’information pour les hôpitaux de l’Ontario sur le séquençage des patients pour le jour de l’intervention chirurgicale, et la détermination du début des temps d’attente, des annulations et des délais dans les hôpitaux ontariens. Solomon a ensuite donné un aperçu d’importantes initiatives d’amélioration du processus chirurgical, qui se situent à diverses étapes de leur développement et de leur mise en application en Ontario. Parmi celles-ci figurent les suivantes : 1) Équipes d’encadrement de l’amélioration péri-opératoire : Cette initiative met en cause la création d’équipes d’encadrement multidisciplinaires qui possèdent de l’expérience sur le plan de la gestion efficace des ressources péri-opératoires. À ce jour, ces équipes ont aidé à identifier des possibilités d’amélioration de l’efficience dans les processus péri-opératoires. 2) Programme d’établissement de cibles en matière d’efficience chirurgicale : Ce programme vise à évaluer la performance des hôpitaux par rapport à celle de leurs homologues, à identifier les domaines susceptibles d’amélioration et à déterminer les problèmes du système (par ex., productivité et efficience). 3) Projets d’innovation et d’éducation : Ces projets jettent les fondements au sein de divers hôpitaux en vue de réduire les temps d’attente en passant en revue, en évaluant et en mettant à l’essai de nouvelles façons d’améliorer les processus péri-opératoires. Ces innovations ont contribué à améliorer l’accès dans le réseau des hôpitaux ontariens. 4) Nouveaux modèles de prestation de services : Solomon a commenté l’établissement d’un Centre d’excellence au Holland Orthopaedic and Arthritic Institute, qui intègre des pratiques exemplaires en matière de gestion de l’orientation des patients et d’utilisation et d’intégration des ressources humaines, et le cas du Kensington Eye Institute, qui offrira l’option de placer les patients dans le premier espace disponible au sein du programme au lieu de les référer à un chirurgien précis. 5) Efficience de l’IRM : Un financement supplémentaire pour la gestion des temps d’attente est lié au fonctionnement des appareils d’IRM à un minimum de 80 pour cent du taux d’efficience recommandé par le comité d’experts. Ce dernier identifiera des possibilités d’amélioration pour les hôpitaux qui sont incapables d’atteindre le taux recommandé. Solomon a aussi souligné que le gouvernement de l’Ontario a organisé un événement d’une durée de deux jours en avril 2006, qui fut consacré à vanter les mérites des innovations réalisées dans les soins de santé. Plus de 600 mémoires furent soumis et la conférence a pu compter sur la présence de 150 kiosques, l’affichage de 190 posters et le déploiement de 35 panneaux interactifs. ________________________________________________________________________ Maîtriser les files d’attente III | 7 Saskatchewan Ben Chan (chef de la direction du Saskatchewan Health Quality Council) a donné un aperçu des divers projets pilotes qui sont en voie d’élaboration ou de mise en œuvre à diverses étapes dans la province en vue d’améliorer l’accès aux soins primaires et aux traitements spécialisés : 1) Saskatoon Community Clinic : Ce projet pilote permet d’améliorer l’accès aux soins primaires : • • • En mettant au point des cibles de réussite (par ex., troisième prochain rendez-vous disponible et satisfaction du patient) et de bonnes mesures de la demande et de l’offre pour atteindre ces cibles; En procédant à un rééquilibrage entre l’offre et la demande, notamment en vue de réduire les retards accumulés (par ex., à l’aide de campagnes-éclairs) et de favoriser une meilleure utilisation des ressources disponibles et des blocs de temps; et En réorganisant la demande à l’aide d’une diversité de mécanismes (consultations par téléphone, meilleure utilisation des autres prestateurs de soins ou avoir recours à des visites en groupe au lieu de visites individuelles). 2) The Saskatchewan Chronic Disease Management Collaborative : Cette initiative fut lancée en novembre 2005, non seulement en vue de réduire les temps d’attente pour les soins mais aussi pour intégrer et diffuser des pratiques exemplaires concernant les techniques de gestion des coronaropathies et du diabète dans la province (par ex., des cliniques d’information sur le diabète). 3) The Health Quality Council Cancer Care Project : Ce projet est fondé sur la détermination des possibilités d’améliorer le débit des patientes atteintes du cancer du sein à l’intérieur du système en réorganisant la demande pour des soins choisis, en améliorant l’établissement du calendrier d’accès, etc. Un rapport sur l’évolution du projet est prévu en juin 2006. 4) Emergency Department (ED) Patient Flow Project : Ce projet a pour but de réduire le temps d’attente moyen dans les salles d’urgence, de normaliser les processus et de réduire la variabilité des temps d’attente et des temps de traitement de haut niveau. Finalement, des mises à jour concernant plusieurs initiatives du ministère de la Santé de la Saskatchewan furent présentées, y compris la réalisation d’initiatives prévues dans le plan d’action portant sur les services chirurgicaux et la réduction du nombre des « longues attentes » en 2005-2006. Une autre initiative est celle de la stratégie d’imagerie diagnostique pluriannuelle, qui comprend la mise au point d’un réseau d’imagerie diagnostique en Saskatchewan. ________________________________________________________________________ 8 | Rapport de conférence – Les 30 et 31 mars 2006 Les grands messages qui se dégagent de la situation en Saskatchewan, c’est que des changements sont en voie de se produire dans une diversité de contextes de la santé et que des changements dans le système nécessitent sa refonte. Chan a insisté sur le fait que ces changements nécessitent des communications, des liens, de la formation, une infrastructure des technologies de l’information et des compétences techniques. De plus, l’efficacité des changements est fonction de partenariats. Discussion La première question fut adressée à Solomon et elle avait pour but de déterminer si les changements apportés aux mécanismes d’orientation des patients faisaient partie de la stratégie d’ensemble en Ontario. Elle a répondu en faisant remarquer que la clinique d’ophtalmologie de Kensington s’employait à inciter toutes les personnes chargées de l’orientation des patients à s’impliquer davantage dans ce changement. L’Ontario étudie aussi des mécanismes visant à modifier les pratiques d’orientation, notamment en menant une campagne de publicité axée sur les médecins de premier recours, qui fournissent des données sur les temps d’attente et les pratiques d’orientation des patients. Les participants ont aussi soulevé la question des garanties de soins : qu’est-ce que les responsables provinciaux pensent de cette question et, plus précisément, la considèrent-ils comme une soupape de sûreté ou comme un engagement juridique ? L’un des participants a souligné que la collectivité des avocats attend dans les coulisses et considère cette question comme une possibilité majeure à exploiter. Solomon a fait remarquer que la question des garanties de soins avait fait l’objet de discussions mais que l’Ontario n’a pas pris position officiellement sur cette question. Chan a indiqué qu’il y avait peut-être un rôle pour les garanties de soins mais que, pour parvenir à apporter des changements au système, il fallait d’abord y consacrer beaucoup de temps et d’énergie, et qu’il fallait que ce travail se rattache à un processus bien conçu et qu’il soit doté d’une infrastructure et de moyens de financement appropriés. Par exemple, la Saskatchewan a accordé une haute priorité à l’établissement de cibles pour le cancer; toutefois, il y a encore des variations, attribuables en partie à la diversité des types de cancer. Ce dont nous avons besoin, a-t-il dit, ce sont des indicateurs fondés sur des données probantes. Mesurer ce que l’on veut gérer Le reste de la matinée fur consacré à des discussions concernant la disponibilité et la qualité des données. Pour débuter, Glenda Yeates (présidente et chef de la direction de l’Institut canadien d’information sur la santé – ICIS) a donné un aperçu du contenu du rapport Temps d’attente et soins de santé au Canada, que l’ICIS a rendu public en mars 2006. Yeates a soutenu que, même s’il y avait eu beaucoup d’activité autour de l’élaboration de données, il restait des défis à relever dans le domaine de leur comparabilité. ________________________________________________________________________ Maîtriser les files d’attente III | 9 Selon Yeates, les temps d’attente des patients sont souvent répartis en une série de délais depuis le début jusqu’à la fin du processus, et ils comprennent des délais pour obtenir des soins de routine, voir un spécialiste, subir des tests, attendre les résultats, subir une intervention chirurgicale et recevoir le suivi approprié après les soins aigus. Il y a des variations des temps d’attente, qui sont fonction du type de soins nécessaires, de la liste sur laquelle le patient est inscrit, de l’urgence du cas et de facteurs spéciaux reliés aux patients individuels ou à leurs conditions physiques. Plus précisément, Yeates répartit les périodes d’attente en trois catégories : 1) Les délais aux points d’accès : ce premier volet comprend les périodes d’attente « en première ligne » pour l’accès aux soins suivants : • • • Soins de routine : Plus de la moitié des Canadiens (56 pour cent) se sont présentés pour obtenir des soins de routine en 2005. Parmi ceux-ci, un patient sur six a déclaré avoir eu des difficultés à obtenir de tels soins. Soins par des spécialistes : Yeates a indiqué qu’environ 41 pour cent des Canadiens avaient dû attendre de 1 à 3 mois pour obtenir des soins par des spécialistes pour une nouvelle maladie ou une nouvelle condition physique; lorsqu’on le compare à d’autres pays, le Canada est surpassé seulement par le Royaume-Uni en ce qui concerne la proportion des patients qui ont attendu plus de quatre semaines pour voir un spécialiste. Services de diagnostic non urgents : Environ 75 pour cent des patients ont attendu 2 mois ou moins pour avoir accès à des services d’imagerie diagnostique non urgents. Toutefois, même s’il y a eu une augmentation du nombre de tests d’imagerie diagnostique qui sont effectués, 10 pour cent des patients ont attendu de 3 à 4 mois et même davantage pour avoir accès à des tests non urgents d’IRM, de tomographie par ordinateur et d’angiographie. Yeates a souligné que de nombreuses attentes sont d’une durée variable. Par exemple, les délais d’attente pour les patients qui se présentent à la salle d’urgence ou qui sont déjà hospitalisés sont généralement plus courts que ceux des malades externes. 2) Attentes pour des chirurgies non urgentes : Environ 75 pour cent des Canadiens qui ont subi une intervention chirurgicale non urgente pendant les deux dernières années ont déclaré que leur période d’attente avait été de 3 mois ou moins, tandis que 10 pour cent ont fait état d’une attente d’une durée de 5 à 6 mois ou plus. Des comparaisons internationales indiquent que le Canada affiche l’une des plus faibles proportions de patients qui subissent une intervention chirurgicale non urgente en moins d’un mois. Yeates a souligné qu’il y a eu une hausse du nombre des chirurgies, notamment dans le domaine de l’angioplastie, de sorte que des efforts plus intenses sont déployés pour augmenter la capacité d’offrir des services, en particulier dans les cinq domaines prioritaires. 3) Attentes pour des interventions particulières : Yeates a fait le point sur les attentes concernant des interventions précises, y compris la chirurgie de la cataracte, la radiothérapie, l’angioplastie et le remplacement d’articulation. Elle a souligné qu’au départ, la collecte de données et les comparaisons dans ces domaines étaient de nature ________________________________________________________________________ 10 | Rapport de conférence – Les 30 et 31 mars 2006 limitée, à cause des variations au chapitre des définitions et des pratiques de collecte de données. Il est difficile aussi d’expliquer pleinement les variations dans les observations disponibles. Yeates a souligné qu’il nous faut obtenir plus de données, notamment en ce qui concerne l’accès aux services « de première ligne », et qu’il faut y apporter des améliorations pour assurer leur comparabilité. Elle a terminé son exposé en insistant sur le fait qu’il faut élargir la portée de la collecte de données afin d’inclure d’autres domaines de services majeurs. Claudia Sanmartin (analyste principale, Groupe de l’analyse et des mesures de la santé à Statistique Canada, et professeure adjointe auxiliaire au Department of Community Health Science, Université de Calgary) a fait une présentation des résultats de l’Enquête sur l’accès aux services de santé de 2005 (EASS) et des interrelations entre les temps d’attente, le fardeau de l’attente et les mesures des résultats. Voici les principales composantes de son exposé. • Temps d’attente : L’Enquête sur l’accès aux services de santé (EASS), qui a été intégrée à l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, a comblé des lacunes au chapitre des données sur les temps d’attente et de l’incidence de ces délais sur les patients. En particulier, elle contient des données sur certains services spécialisés (par ex., des visites aux spécialistes pour de nouvelles maladies ou conditions physiques, des soins non urgents et des tests diagnostiques). Il existe des besoins de données dans plusieurs domaines, dont : des interventions particulières au niveau provincial qui sont comparables dans le temps et l’espace; des données sur d’« autres » temps d’attente (par ex., pour des soins primaires ou l’attente entre une consultation avec un généraliste et une consultation avec un spécialiste); et l’acceptabilité des attentes. • Fardeau de l’attente : Parmi les 12 à 19 pour cent des patients qui ont déclaré avoir attendu pour une visite chez un spécialiste, pour une chirurgie non urgente et pour des tests diagnostiques, plusieurs ont fait état de sentiments d’inquiétude, de stress et de souffrance par suite de la période d’attente. D’autres données sur la santé pourraient être recueillies en ce qui a trait à la qualité de vie, le nombre d’années de vie perdues, la jouissance de la santé, etc. Pour illustrer cette question, Sanmartin a parlé des formes de fardeau qui se rattachent au cancer en utilisant des mesures comme les années de vie perdues et la morbidité. • Résultats des soins : Sanmartin a souligné qu’il nous faut disposer de mesures des résultats pour la santé de la population et d’indicateurs de la satisfaction des patients qui soient comparables dans le temps et dans l’espace, ainsi que de mesures sur le caractère approprié des soins. En bref, Sanmartin a souligné que, même si des progrès ont été réalisés au chapitre de l’élaboration de données comparables au Canada, la prochaine étape consiste à mettre au point des données semblables pour des interventions particulières. Elle a aussi indiqué ________________________________________________________________________ Maîtriser les files d’attente III | 11 qu’il importe de se doter de mesures du fardeau causé par les délais et de mesures des résultats qui sont essentielles pour évaluer ce que nous faisons et ce que nous pourrions faire pour mieux gérer les services de santé en général. Discussion La séance de discussion a porté sur les progrès réalisés par l’ICIS et Statistique Canada en vue de combler certaines lacunes au niveau des données. L’un des participants a fait valoir l’importance critique que revêt la mesure des résultats en soulignant qu’il « existe une possibilité d’améliorer la qualité des soins si l’on procède à la mesure des résultats ». Un autre participant a insisté sur la nécessité de comprendre aussi la signification des taux d’annulation. Par exemple, un patient peut être jugé apte à subir une chirurgie au moment où il est inscrit sur la liste, mais il est possible que la maladie ait progressé de façon significative pendant l’attente du traitement. Il s’ensuit que les listes d’attente doivent être mises à jour régulièrement pour qu’elles puissent offrir des données fiables sur les temps d’attente. Un participant s’est ensuite dit préoccupé par l’attention qui s’est concentrée jusqu’ici sur des améliorations à apporter à la gestion de l’offre sans parler de la gestion de la demande. Ce dernier a souligné, par exemple, que tout patient atteint d’arthrite rhumatoïde qui a besoin de soins représente un échec de l’ensemble du système de soins de santé. De plus, les taux d’obésité chez les enfants au Canada auront d’importantes incidences sur la demande de services. Yeates est intervenue pour indiquer que ces relations étaient actuellement à l’étude. Il importe de mettre l’accent sur le domaine de la chirurgie, a-t-elle dit, mais il faudra s’intéresser aussi à d’autres secteurs. Les participants à la conférence ont soulevé d’autres préoccupations. L’un d’entre eux a souligné qu’il fallait se pencher sur la question des temps d’attente des enfants pour avoir accès aux services, notamment en ce qui concerne les temps d’attente en chirurgie. Un autre a fait remarquer que les temps d’attente des gens avant d’être orientés dans le système sont souvent négligés et que, traditionnellement, le calcul des temps d’attente débute au moment où la personne est effectivement orientée, même si les deux événements ne sont pas indépendants entre eux. Yeates a indiqué que le temps d’attente s’étale sur un continuum et qu’il faut améliorer la qualité des données afin de pouvoir mieux comprendre en quoi consistent les enjeux et les préoccupations qui entourent les attentes « en première ligne ». Sanmartin a fait remarquer que ceci met en cause non seulement les pratiques en matière d’orientation des patients mais aussi le caractère approprié de voir un spécialiste. Ce qui est en cause, c’est la façon dont les patients pourraient gérer leurs propres conditions physiques. Elle a ajouté que l’Ontario procédait à des consultations autour de la question de savoir quand faire appel à des services de soins. ________________________________________________________________________ 12 | Rapport de conférence – Les 30 et 31 mars 2006 Analyse de données probantes pour l’établissement de points de repère sur les temps d’attente La première séance de l’après-midi fut consacrée à la mise au point de points de repère sur les temps d’attente pour les thérapies de remplacement d’articulation, la chirurgie de la cataracte et la radiothérapie. Tom Noseworthy (directeur, Centre for Health and Policy Studies, professeur, gestion et politique de la santé, et directeur, Department of Community Health Sciences, Université de Calgary) et Claudia Sanmartin (voir ses coordonnées plus haut) ont ouvert la session en donnant un aperçu des travaux du Projet de l’Ouest canadien sur les listes d’attente (WCWL) et son apport à l’élaboration d’un système de pointage fiable et valable des critères de priorité pour le remplacement de la hanche et du genou et la chirurgie de la cataracte. Ils ont décrit la méthodologie utilisée par le Projet des WCWL, y compris l’intégration des commentaires reçus des cliniciens, des patients et du grand public, en vue de déterminer des niveaux maximums acceptables de temps d’attente, qui tiennent compte des points de vue de ces divers groupes. Ils ont indiqué de quelle façon les apports provenant de ces groupes furent intégrés par les membres d’un comité des temps d’attente du Projet des WCWL, ainsi que la multitude des considérations qu’ils ont dû prendre en compte, dont l’utilisation d’une seule valeur par rapport à un ensemble de valeurs pour arriver finalement à un niveau maximum acceptable des temps d’attente fondé sur des données probantes. Noseworthy et Sanmartin ont analysé la démarche suivie par l’équipe des WCWL pour établir des points de repère fondés sur des données probantes et déterminer ainsi des temps d’attente acceptables pour la thérapie du remplacement d’articulation et la restauration de la vue. Parmi leurs principales constatations figurent les suivantes : • • • • • Il y a lieu de croire qu’une détérioration dans l’état fonctionnel se produit chez les patients dont l’attente dépasse les 6 mois pour une thérapie du remplacement d’articulation; De très longs délais (par ex., plus de 12 mois) pour une thérapie du remplacement d’articulation sont associés à de piètres résultats postopératoires; Un piètre état fonctionnel préopératoire est associé à un piètre résultat postopératoire pour une thérapie du remplacement d’articulation; Une attente de 6 à 12 mois pour une chirurgie de restauration de la vue est associée à des dégradations au chapitre du maximum d’acuité visuelle corrigée. Cette situation a une incidence sur l’autonomie du patient, notamment lorsque la conduite d’un véhicule est essentielle. Il y a aussi des risques accrus d’accidents d’automobile; Il y a une réduction considérable des taux de chute et des risques de fracture lorsque la chirurgie correctrice est réalisée dans un court délai. L’équipe des WCWL a terminé ses travaux au printemps de 2006. Toutefois, Noseworthy et Sanmartin ont soutenu qu’il faudra entreprendre d’autres travaux pour mettre au point des données de temps d’attente fiables et valables, y compris l’établissement de priorités selon le degré d’urgence, le niveau maximum acceptable des temps d’attente selon le degré d’urgence et l’établissement de normes pour le caractère approprié des soins. Il ________________________________________________________________________ Maîtriser les files d’attente III | 13 nous faut aussi mieux comprendre l’écart entre l’offre et la demande en faisant appel à des modèles de simulation. William Mackillop (professeur et directeur du Department of Community Health and Epidemiology à l’Université Queen's et directeur de la Division of Cancer Care and Epidemiology au Queen's Cancer Research Institute) a présenté un exposé sur la mise au point de normes d’accès à la radiothérapie. Ses objectifs étaient les suivants : • Faire rapport sur les progrès en cours concernant l’établissement de points de repère fondés sur des données probantes pour la radiothérapie; • Démontrer que les temps d’attente à eux seuls sont une mesure non satisfaisante pour déterminer l’accès aux soins; et • Rappeler aux participants qu’il faut prendre des mesures correctives efficaces car, autrement, les exercices de mesure et de contrôle seront inutiles. MacKillop a débuté sa présentation en décrivant l’utilisation et l’efficacité de la radiothérapie pour le traitement du cancer, pour des cancers localisés ou pour soulager les symptômes dans le cas des patients en phase terminale. Il a donné un aperçu de l’approche méthodologique complexe employée par son équipe, qui comprend le recours à l’opinion d’experts, une analyse des points de repère existants, des modèles radiobiologiques (fondés sur le lien entre le volume de la tumeur et le risque de récurrence, et sur le taux de croissance observé de la tumeur), les observations directes portant sur les liens entre les temps d’attente et la récurrence dans des milieux cliniques et selon les opinions des patients. Les risques associés aux délais en matière de radiothérapie sont décrits de façon exhaustive dans l’ouvrage de Mackillop et collaborateurs2. Mackillop a insisté sur le fait que les temps d’attente ne représentent qu’un aspect de l’accès aux soins et qu’ils possèdent des limites en tant que mesure de l’accessibilité à la radiothérapie parce qu’ils mettent un accent indu sur des problèmes liés à l’offre (c.-à-d., la disponibilité), en négligeant les problèmes liés à la demande (c.-à-d., sensibilisation, accessibilité spatiale, caractère abordable et installations). De plus, les indicateurs d’accès à la radiothérapie comprennent les temps d’attente et les taux d’utilisation. Ce dernier élément permet de mieux cerner les problèmes liés à la demande, notamment en ce qui concerne l’accessibilité spatiale et la sensibilisation à l’égard des services. Il faut donc considérer les deux ensembles d’indicateurs. William Hodge (professeur agrégé d’ophtalmologie, Institut de l’œil de l’Université d’Ottawa) a présenté une revue exhaustive de la situation des temps d’attente pour le traitement de la cataracte préparée par l’Institut de l’œil de l’Université d’Ottawa et le Centre d’étude systématique Thomas C. Chalmers. L’équipe de recherche a examiné la question des temps d’attente actifs et passifs à l’échelle nationale et internationale, et ils ont étudié dans quelle mesure ils sont associés à des résultats précis (par ex., acuité 2 W. Mackillop, Z. Chen, R. Pearcey, W. King, W. Kerba, S. Shortt, D. Feldman-Stewart, M. Brouwers, M. Brundage et A. Coldman (2006), Setting Standards for Access to Radiotherapy. [cprn.org] ________________________________________________________________________ 14 | Rapport de conférence – Les 30 et 31 mars 2006 visuelle, indices de qualité de vie et de vision, événements indésirables, satisfaction des patients à l’égard des délais et attitudes des médecins de famille à l’égard des délais). Hodge et ses collaborateurs ont constaté qu’il y avait peu de différences dans la façon dont les délais d’attente passifs (ou les temps d’attente mesurés pour la restauration de la vue) sont mesurés. Ils ont constaté que seulement deux pays disposaient de mesures de temps d’attente actifs (ou celles qui sont mises en place par suite d’une politique relative aux temps d’attente actifs) : la Suède (où elles furent abandonnées subséquemment) et le Royaume-Uni (où elles sont en suspens). Hodge a ensuite décrit deux études qui laissent entendre qu’il y a un lien entre les temps d’attente et les mesures des résultats. Il y aussi de nombreuses variables qui influent sur le résultat des temps d’attente, comme des difficultés de fonctionnement ou l’incapacité de travailler. Discussion L’un des participants a souligné qu’il y a relativement peu de données sur l’efficacité des traitements de radiothérapie pour différents types de cancer et il a indiqué que l’utilisation de la radiothérapie pourrait être réduite si on procédait à une analyse critique du nombre de traitement requis. Mackillop a répliqué en affirmant que la façon dont la radiothérapie est prescrite a un impact, mais que les lignes directrices concernant la radiothérapie ne revêtent pas un caractère normatif; donc, le caractère approprié de l’utilisation est très important. L’optique du nouveau gouvernement fédéral L’honorable Tony Clement, ministre fédéral de la Santé, a décrit plusieurs priorités du gouvernement fédéral en ce qui concerne les temps d’attente : • • Une garantie de temps d’attente pour les patients, qui découle de l’élaboration des points de repère dans les cinq domaines prioritaires déjà convenus. Des changements à apporter au système sur la base des quatre pierres angulaires du renouveau des soins de santé, qui comprennent les éléments suivants : o Recherche : Ceci comprend l’élaboration de points de repère communs fondés sur des données probantes et d’indicateurs fondés sur des données cliniques, et des progrès dans la prévention, qui a des effets positifs sur les temps d’attente; o Technologie : Ceci comprend des systèmes de gestion de l’information (par ex., le partage de l’imagerie numérique dans l’espace et les initiatives de télésanté); o Collaboration fédérale-provinciale-territoriale qui met l’accent non seulement sur les similitudes mais aussi sur le respect des différences. Il existe un besoin d’identifier et de partager des pratiques exemplaires à la grandeur du pays; et o Ressources humaines en santé : Un effectif suffisant de médecins, de personnel infirmier et d’autres prestateurs de soins de santé est essentiel, ________________________________________________________________________ Maîtriser les files d’attente III | 15 ainsi qu’une utilisation efficace de leurs services. À cet égard, il faut repenser la façon dont les prestateurs de services collaborent entre eux. • La nécessité de passer des réflexions à l’action : À cette fin, il faut aller au-delà des questions d’argent et d’augmentation des ressources, et s’employer à apporter des changements véritables au système de soins de santé. Discussion Les discussions ont mis l’accent sur la nature précise des garanties de soins. En particulier, le Ministre fut invité à la prudence puisque le terme « garantie » pourrait avoir des implications juridiques. L’un des participants a expliqué que, contrairement à des cibles, des points de repère et des objectifs, des garanties de soins mettent en cause un droit, de sorte qu’il y a lieu d’être prudent parce qu’un fondement est nécessaire avant d’instituer une garantie. Le Ministre a répliqué que les pierres angulaires mentionnées dans son allocution devraient offrir le fondement nécessaire pour rendre opérationnelle une garantie de soins. Un autre participant a fait remarquer que les discussions entourant la gestion du système et les garanties de soins ne doivent pas se baser uniquement sur la question d’assurer le déplacement des patients au sein du système mais qu’il faut aussi s’intéresser à la qualité et au caractère adéquat des soins qu’ils reçoivent. Le Ministre Clement a indiqué qu’il nous faut adopter une vision holistique des solutions, qui intègrent des modèles de prévention et de dépistage, et que les discussions entourant les garanties de soins ne peuvent pas être menées sans tenir compte des plans de promotion du mieux-être. Ceci dit, les garanties de soins créent un point de mire et il s’agit d’un objectif que les Canadiens peuvent comprendre. Un autre participant a souligné qu’il faut un engagement à plus long terme envers un système fondé sur les valeurs canadiennes, comme le propose le rapport de la commission Romanow. Le ministre Clement a ajouté à cet effet qu’il faut que le changement et l’innovation soient maintenus et que la clé est la Loi canadienne sur la santé. Il a soutenu que l’innovation et la LCS sont compatibles. Innovations régionales dans l’amélioration de l’accès et la réduction des temps d’attente Les séances de la fin de l’après-midi ont porté sur les améliorations apportées au sein des régies régionales de la santé en vue d’accroître l’accessibilité et de réduire les temps d’attente. L’auteur de la première présentation, Carl Taillon, du Centre hospitalier universitaire de Québec, a ouvert la séance en décrivant le modèle de gestion des temps d’attente que cet établissement a adopté. Il a souligné que leur modèle utilisait des cibles pour certaines interventions (par ex., le remplacement de la hanche ou du genou) qui comportaient une répartition des ressources en vue d’augmenter la capacité. Des ententes de gestion entre l’hôpital et le ministère de la Santé sont conclues par l’intermédiaire de négociations concernant ce qui peut raisonnablement être fait. Par exemple, l’octroi de budgets supplémentaires s’est avéré une incitation pour les gens de répondre aux attentes et d’augmenter les volumes de service (par ex., en chirurgie). Toutefois, il y a des choix ________________________________________________________________________ 16 | Rapport de conférence – Les 30 et 31 mars 2006 à faire. Parce qu’il n’y a que deux appareils d’IRM dans la région, dont l’un est affecté à un hôpital pédiatrique, ceux-ci ne peuvent pas générer les volumes chirurgicaux qui pourraient être possibles si une capacité additionnelle en matière d’IRM était disponible, tout en n’étant pas déjà attribuée à des priorités concurrentes (par ex., les enfants). Cy Frank (professeur et chef de la Division d’orthopédie à l’Université de Calgary, Calgary Health Region, administrateur de l’Alberta Bone and Joint Institute pour la Faculté de médecine, et vice-président de l’Alberta Bone and Joint Health Institute) a ensuite donné un aperçu des résultats du projet albertain portant sur le remplacement de la hanche et du genou (Alberta Hip and Knee Project). En collaboration avec trois régies régionales de la santé, l’Alberta Orthopaedic Society et le ministère de la Santé de l’Alberta, l’Alberta Bone and Joint Health Institute – un organisme à but non lucratif – a mis au point une approche intégrée et un continuum de soins pour les remplacements de la hanche et du genou. L’approche adoptée par l’organisme représentait une refonte complète du système de soins sous la forme d’une approche fondée sur des données probantes qui comportait une définition de normes d’accès et de qualité et une mesure de la proximité de la trajectoire de soins pour chaque patient en vue d’assurer un meilleur accès aux services. Un gestionnaire de cas fut assigné à chaque patient et une trajectoire de soins personnalisée fut mise au point dans chaque cas. Un essai contrôlé aléatoire de cette nouvelle approche par rapport à l’approche existante fut réalisé afin de vérifier son efficacité de façon rigoureuse. Un ensemble complet de données fut recueilli par l’Institute sur le groupe de contrôle et le groupe expérimental, y compris : des données de base sur les caractéristiques démographiques et socioéconomiques, la co-morbidité, etc. L’évaluation de l’intervention fut réalisée à l’aide de diverses méthodes, dont des mesures de la qualité de vie, un questionnaire de suivi, des sondages auprès des patients et des analyses de dossiers. Les résultats provisoires de l’étude indiquent qu’il y a des différences significatives entre le groupe de contrôle et le groupe expérimental en ce qui concerne les temps d’attente et la satisfaction des patients. Par exemple, on a pu observer des réductions dans les temps d’attente moyens de 82 semaines à 11 semaines entre le moment de l’orientation des patients par leur médecin de famille et celui où ils ont subi la chirurgie du genou ou de la hanche, ainsi que des taux de satisfaction plus élevés à cause de la centralisation des admissions et le recours à des gestionnaires de cas. Frank a soutenu que ce modèle peut être généralisé pour être appliqué à l’ensemble de la province (et même au-delà de celle-ci) et que l’accès à toutes les interventions nécessaires en matière de remplacement d’articulation dans la province sera rendu prévisible d’ici un an ou deux. La dernière présentation sur les innovations régionales concernant la gestion des listes d’attente fut celle de Brian Schmidt (vice-président principal des services provinciaux, Santé publique et santé de la population, Provincial Health Services Authority, ColombieBritannique) qui a décrit le projet provincial des services chirurgicaux (Provincial Surgical Services Project) de la BC Provincial Health Services Authority. L’équipe du projet fut guidé et a reçu l’aide de l’Équipe du Projet des WCWL et du Saskatchewan Surgical Care Network. ________________________________________________________________________ Maîtriser les files d’attente III | 17 Le projet met l’accent sur deux domaines précis : • La mise au point d’un questionnaire d’évaluation que chacun des groupes de spécialistes en chirurgie est maintenant appelé à remplir lorsqu’une décision en matière de chirurgie est prise en consultation avec un patient. Cette évaluation contient une cote d’urgence qui aide à attribuer des priorités aux patients. • Le registre provincial des chirurgies qui permet de suivre l’évolution de tous les patients en attente de chirurgie. Les défis mentionnés par Schmidt comprennent une gestion efficace du changement et des pratiques de gestion opérationnelle incohérentes. Le registre nécessite aussi le maintien d’une viabilité simultanée des réseaux, des ressources et de la dotation en personnel. À ce jour, la Colombie-Britannique a consacré ses efforts à la mise au point d’outils d’évaluation clinique, à des essais pilotes et à la mise en application de la phase finale du registre. On s’attend d’avoir terminé la mise en place complète dans la province d’un outil d’évaluation orthopédique de la hanche et du genou à l’été de 2006. Schmidt a aussi fait état d’autres innovations qui sont mises en place en Colombie-Britannique en vue d’accélérer le débit des patients en gérant mieux les ressources3. Le plan d’action de la Colombie-Britannique consiste à se rapprocher des normes dictées par les points de repère et à améliorer l’accès aux soins. On y utilise la télémédecine, par exemple, pour améliorer les diagnostics et le suivi dans le domaine de la chirurgie thoracique dans les régions éloignées. Parmi d’autres secteurs qui retiennent l’attention, on trouve la mise au point d’un instrument d’évaluation des urgences dans le domaine de la chirurgie pédiatrique dans le contexte d’une stratégie nationale des temps d’attente en pédiatrie, et l’intégration des cas pédiatriques au registre des patients en chirurgie de la Colombie-Britannique. Discussion L’un des participants a soulevé la question suivante : Si de nombreux patients qui ont besoin d’une chirurgie du remplacement de la hanche ou du genou sont des gens à faible statut socioéconomique, il faut alors se demander ce qu’on peut faire pour augmenter le niveau de services pour ce groupe. Un autre participant a fait état de la nécessité de réévaluer les cotes d’urgence « puisqu’il peut s’avérer attrayant de créer des compromis » et qu’il est nécessaire aussi de comprendre quels sont les patients qui ont besoin de chirurgie après tout. 3 Pour obtenir de plus amples précisions, voir l’ouvrage de B. Schmidt (2006), Regional Innovations in Improving Access and Reducing Waits: The BC Experience, qui est accessible depuis le site Web des RCRPP à l’adresse : www.cprn.org. ________________________________________________________________________ 18 | Rapport de conférence – Les 30 et 31 mars 2006 Deuxième journée Maura Davies, co-présidente du symposium, a procédé à l’ouverture de la deuxième journée des délibérations en présentant certaines observations sur les présentations et les discussions de la journée précédente : • • • • Il existe des problèmes persistants de comparabilité et de cueillette de données; Des améliorations se produisent dans les provinces concernant les listes d’attente; L’importance des instruments d’habilitation, par exemple, les technologies de l’information, les partenariats et la gestion du changement; et Les défis à relever en ce qui concerne la définition de cibles et de points de repère en matière de niveau maximum acceptable des temps d’attente. Les technologies de l’information au service de l’amélioration de l’accès L’auteure de la première présentation, Sarah Kramer (vice-présidente et chef du service de l’information à Action Cancer Ontario), a discuté de la stratégie d’information de l’Ontario sur les temps d’attente, qui fait partie d’une approche itérative à multiples volets en vue d’améliorer l’accessibilité, d’abord dans les cinq domaines prioritaires et par la suite dans d’autres domaines (par ex., services chirurgicaux en pédiatrie). Kramer a souligné que cette stratégie permettait aux responsables de la collecte des données (par ex., chirurgiens, hôpitaux) de comprendre l’importance et la valeur de la collecte de données afin de pouvoir identifier les domaines où des problèmes se posent et l’urgence des besoins des patients. Cette situation a permis de réaliser un virage dans la façon de penser des gens et de les convaincre de la nécessité d’obtenir plus d’information, ce qui a permis de susciter un élan en faveur du bien-fondé de la collecte de données. Kramer a indiqué que les raisons principales du succès du programme ont été de bonnes communications et la mobilisation des cliniciens dès le début, les enseignements tirés de l’expérience observée dans d’autres instances gouvernementales et la conclusion d’ententes. Plus précisément, elle a souligné que les lignes de responsabilité pour la présentation des données furent établies principalement par l’intermédiaire d’ententes avec les hôpitaux, ce qui a permis de relier le financement des temps d’attente à la réception de données et à la mise en application d’un système d’information normalisé à l’échelle provinciale. Les défis identifiés par Kramer étaient liés à l’élaboration et à l’adoption de la stratégie au niveau clinique, la satisfaction des attentes concernant la disponibilité de l’information et les préoccupations soulevées par la concordance, la vérification, etc. Kramer a aussi souligné qu’il y a une pénurie d’informations concernant la radiologie et les difficultés qu’éprouvent les cliniciens lorsqu’ils procèdent à l’auto-sélection des renseignements qu’ils devraient soumettre, tout assurant en même temps l’alimentation du système. ________________________________________________________________________ Maîtriser les files d’attente III | 19 Michael Dunbar (directeur de la recherche orthopédique au QE II Health Sciences Centre, à Halifax en Nouvelle-Écosse, et président élu du Comité des normes nationales de l’Association canadienne d’orthopédie) a ensuite discuté de l’adoption d’un progiciel précis (Axcess Rx) à titre d’instrument de gestion des listes d’attente par l’équipe du projet pilote en orthopédie au Queen Elizabeth II Health Sciences Centre, en NouvelleÉcosse. Après avoir étudié d’autres applications, le progiciel Axcess Rx, qui était relativement bon marché et permettait aux chercheurs de commencer immédiatement à recueillir des données, fut jugé le mieux adapté pour comprendre la gestion des temps d’attente. Il fut mis en application en novembre 2005 et, à l’heure actuelle, le département de la chirurgie est en ligne, tandis que la chirurgie du cancer fut ajoutée au printemps de 2006. Dunbar a soutenu que le succès de l’initiative a résulté d’un changement d’attitude, de sorte que la réaction négative initiale a été remplacée par un enthousiasme généralisé. Il a ajouté que ce succès s’explique par la détermination et l’engouement de l’équipe de recherche et la collaboration des chirurgiens parce qu’on leur expliqué de quelle façon les données pourraient être utilisées pour déterminer le nombre de patients en attente de soins et depuis combien de temps. Le défi qu’il reste à relever est celui d’instaurer des règles de gouvernance qui entourent l’accès aux données et les décisions concernant leur utilisation. Dunbar a conclu en indiquant qu’il existe des solutions fondées sur les technologies de l’information aux problèmes de gestion des listes d’attente et que leur mise en application nécessite un esprit d’initiative de la part des cliniciens et des chercheurs. Kathleen Ness (directrice principale, Regional Health Services Planning and Information, Capital Health, Edmonton) a donné un aperçu de l’approche d’intégration que la Capital Health Region de l’Alberta a retenue pour comprendre et gérer le débit des patients dans la totalité du système. Ness a fait état d’une série d’initiatives majeures qui ont été mises en application ou sont en voie de l’être au sein de la Capital Health Region. 1) Capital Health Link : Cette initiative relie un service téléphonique, desservi par des infirmières de triage, 24 heures par jour, sept jours par semaine, à netCare (système de dossiers électronique de santé), ce qui permet à celles-ci d’obtenir des renseignements sur les patients et de leur donner des conseils quant au niveau de soins dont ils ont besoin. 2) Chronic Disease Management (CDM) : Le CDM sert à inscrire et à suivre les patients à mesure qu’ils se déplacent au sein du système, ce qui permet aux médecins de mieux comprendre les types de soins auxquels les patients ont eu accès et les endroits vers lesquels ils ont été acheminés. L’approche du CDM a permis d’améliorer les temps d’attente par suite d’une augmentation de la capacité du système d’accepter de nouveaux patients. 3) netCare : netCare est un système électronique sécurisé de dossiers de santé des patients dans lequel on trouve des renseignements sur les médicaments d’ordonnance ________________________________________________________________________ 20 | Rapport de conférence – Les 30 et 31 mars 2006 des patients, leurs caractéristiques démographiques, leurs allergies et les résultats de leurs tests en laboratoire; ces données sont disponibles pour être consultées au besoin. 4) Waitlist Registry : Le Waitlist Registry est un site Web qui contient des données sur le nombre de gens en attente de chirurgie et le nombre de ceux qui ont subi des chirurgies en Alberta. Il fut mis au point en s’inspirant du modèle utilisé en Colombie Britannique (Surgical Wait Times website) et en Saskatchewan (Surgical Care Network). 5) PathWays : Il s’agit d’un système de gestion des listes d’attente pour les soins prolongés qui fut mis au point par Strata Health Inc. et qui permet d’assurer la concordance entre les besoins des clients et la disponibilité de lits ou de places. Ce système a permis d’améliorer la concordance entre les besoins des clients et la disponibilité des places en la faisant passer de 44 pour cent à 74 pour cent, ce qui a permis de réduire le temps d’attente dans les établissements de soins actifs de 34 jours à 12 jours. L’approche qui est en voie d’être mise en place dans la Capital Health Region représente une intégration globale de changements apportés aux processus au sein de l’ensemble du système en procédant à une cueillette de renseignements afin d’assurer des améliorations continues de l’efficience et de l’efficacité des services. À cette fin, il faut utiliser une approche normalisée, un seul point d’accès central des patients au système et procéder à la mise au point d’instruments fondés sur les technologies de l’information pour appuyer les changements apportés au sein des processus. Discussion Les préoccupations suivantes furent soulevées pendant la discussion : • • Créer des mécanismes qui permettraient d’identifier les gens qui sont sur la liste pour recevoir des services mais qui ne sont pas disponibles pour être traités (par ex., ceux qui vont aux États-Unis pour se faire traiter). Il fut proposé d’adapter ces renseignements et de les entrer dans le système. La question des liens à faire entre les ensembles de données fut aussi soulevée. Avec la création de flux d’informations, il devient nécessaire d’ordonnancer et d’archiver ce qui se passe, de mettre au point des données réelles reproductibles pour appuyer les décisions et avoir recours à l’intelligence artificielle pour faire des prévisions concernant ce qui se produira sur le plan des besoins et de la capacité en matière de santé de la population. Assurer un accès approprié à l’imagerie diagnostique Normand Laberge (vice-président exécutif, Association canadienne des radiologistes) a fait un exposé sur la nécessité d’assurer un accès approprié à l’imagerie diagnostique. Il a débuté en examinant l’écart entre la demande et l’offre de services d’imagerie diagnostique, qui est appelé à s’élargir au fil du temps. Par exemple, il est prévu que le ________________________________________________________________________ Maîtriser les files d’attente III | 21 volume des examens augmentera de 30 pour cent au cours des six prochaines années, ce qui s’accompagnera d’une baisse au chapitre du personnel disponible et d’une diminution du nombre et de la qualité des appareils de diagnostic. Selon Laberge, le Canada ne s’oriente par dans la bonne direction. Il faut assurer l’efficience dans la répartition des ressources pour faire en sorte que les services soient disponibles. Laberge a associé l’approche nécessaire à un équilibre entre trois points : accessibilité, contrôle des coûts et qualité des soins. Par exemple, il y a des cas en vertu desquels des augmentations des dépenses en capital ne se sont pas traduites par une réduction des temps d’attente. Il faut employer une approche intégrée qui fait appel à des solutions axées sur la demande et l’offre. Laberge a aussi souligné qu’il faut se préoccuper de l’utilisation inopportune des tests (par ex., réduire les répétitions d’examens, la mauvaise utilisation des examens pour des problèmes cliniques, etc.). Laberge a ensuite abordé la question de la mise au point d’outils visant à solutionner les problèmes de mauvaise utilisation, y compris l’élaboration et la diffusion de lignes directrices fondées sur des données probantes, et la mise au point d’un logiciel qui permettrait aux cliniciens d’entrer des données sur les symptômes et d’obtenir instantanément des suggestions de tests appropriés. Ce dispositif fut mis à l’essai au Nouveau-Brunswick et les résultats indiquent que dans 9 pour cent des cas, un test plus approprié aurait dû être prescrit, tandis que dans 4 pour cent de l’ensemble des tests, le test n’était pas nécessaire mais il fut quand même prescrit. Laberge a soutenu que, si ce résultat était extrapolé à l’ensemble de la scène canadienne, il serait possible d’économiser 500 millions de dollars et de réaliser une réduction de la charge de travail qui serait comparable à celle de 200 radiologistes. Ce qu’il nous faut, c’est d’apporter un changement efficace au processus de gestion, qui met en cause une participation et une collaboration au niveau clinique, et un triple partenariat entre les prestateurs, les provinces et le gouvernement fédéral pour mettre à l’essai le logiciel. Le Manitoba a pris les devants dans ce domaine. Laberge a terminé son exposé en soutenant que les gens doivent se tourner vers l’extérieur pour trouver des solutions. Accroître la certitude – Tirer des leçons de l’expérience internationale relative aux garanties de soins et aux politiques afférentes sur les temps d’attente Marit Vaagen (associée, McKinsey & Company, Stockholm) a fait un survol de l’expérience internationale relative aux temps d’attente. Elle a débuté en formulant trois propositions principales : le Canada n’est pas le seul pays à essayer de trouver une solution au problème des listes d’attente; les listes d’attente sont inacceptables; et il existe des solutions. La première partie de son exposé fut consacrée à la présentation d’une analyse comparative internationale des dépenses, des mesures de protection accordées et de l’efficacité des systèmes, ce qui a permis d’établir le contexte pour comprendre les temps d’attente; puis, elle a terminé cette section en examinant les liens qui existent entre les structures financières (par ex., des systèmes fondés sur l’assurance par rapport à des ________________________________________________________________________ 22 | Rapport de conférence – Les 30 et 31 mars 2006 systèmes fondés sur la fiscalité) et les temps d’attente. Par exemple, elle a soutenu qu’au sein des systèmes fondés sur l’assurance, il y a des négociations entre les payeurs et les hôpitaux concernant le nombre d’interventions réalisées. S’il y a des interventions supplémentaires, les hôpitaux reçoivent alors des paiements supplémentaires. Dans le cas des systèmes fondés sur la fiscalité, qui comportent des budgets globaux, des besoins supplémentaires ne se traduisent pas par des sommes supplémentaires, de sorte qu’il en résulte un rationnement des services offerts. Vaagen a ensuite décrit sept types d’initiatives que les pays européens ont pris pour réduire les temps d’attente4 : • • • • • • • Instituer le droit au traitement par voie législative (garanties de soins); Augmenter les dépenses; Acquérir des services à l’étranger; Offrir aux patients des choix véritables entre des prestateurs; Modifier le système de financement et les incitations; Modifier le modèle de gouvernance; et Utiliser des prestateurs privés. Ce qui semble être le plus efficace, c’est de modifier le système de financement et les incitations, les structures de gouvernance, et d’utiliser des prestateurs privés financés par les fonds publics. En ce qui concerne cette dernière possibilité, Vaagen a examiné le recours à des prestateurs privés financés par des fonds publics en décrivant les succès remportés par l’initiative CAPIO, qui fut lancée en Suède, il y a 10 ans. Cette formule permet à des prestateurs privés d’accepter des contrats qu’offre le système de santé public. Vaagen a soutenu qu’il valait la peine de considérer la possibilité d’avoir des partenaires privés dans le but de servir de complément à la prestation publique de services dans le système de soins de santé financés par des fonds publics, si l’objectif poursuivi est celui de donner de meilleurs services et des services de meilleure qualité. Elle a aussi insisté sur l’importance d’intégrer des « techniques visant à éviter le gaspillage » dans les plans d’affaires. Vaagen a terminé son exposé en décrivant des enseignements majeurs tirés de l’expérience internationale : • • • La valeur d’utiliser des moyens de mesure; La nécessité non seulement d’offrir des incitations mais aussi de s’assurer qu’on le fait correctement; Être prudent au moment de l’instauration de garanties de soins parce qu’elles peuvent, par exemple, alimenter des sentiments de méfiance à l’égard du gouvernement si elles ne sont pas respectées; 4 Pour obtenir de plus amples précisions, voir M.Vaagan (2006), Taming the Queue – What can we Learn from European Experiences?, qui est accessible depuis le site Web des RCRPP à l’adresse : www.rcrpp.org. ________________________________________________________________________ Maîtriser les files d’attente III | 23 • • S’assurer que les systèmes de financement sont équitables pour éviter la pratique du « cherry-picking »; et Donner des choix aux patients. Discussion La discussion, qui s’est déroulée pendant et après l’exposé de Vaagen, a mis l’accent sur les thèmes suivants : • Solutions financières : Il faut aussi procéder à un examen plus poussé de la concurrence et des méthodes de financement dans le contexte des débats généraux portant sur la réduction des temps d’attente. • Des enseignements peuvent être tirés de la situation dans d’autres pays : L’Allemagne est l’exemple d’une situation où les temps d’attente sont en voie d’être réduits à cause, en partie, de changements apportés au système financier. Vaagen a soutenu que si l’on choisissait les meilleurs éléments de chacun des systèmes, il y aurait lieu de s’attendre d’obtenir un système dont la performance serait améliorée d’au moins un tiers. • Gouvernance : Cette discussion a porté sur la corrélation entre les temps d’attente et la restructuration de la gouvernance. Ce que l’on peut apprendre du modèle norvégien, c’est que les régies régionales de la santé doivent posséder de l’expérience dans le domaine de la gestion de budgets et dans d’autres techniques de gestion. • Privé/Public : Vaagen a soutenu que la combinaison du financement public à une gestion privée a connu des succès dans l’Union européenne. • Les temps d’attente en tant que stratégie de gestion professionnelle : Les participants ont examiné la question éthique que soulève le fait d’avoir des temps d’attente et celle de savoir s’ils sont nécessaires pour gérer sa vie professionnelle. Message du gouvernement du Québec La séance de l’après-midi a débuté par la présentation d’un bref message vidéo du ministre de la Santé du Québec, Philippe Couillard. Ce message comportait une description des mesures prises au Québec en vue de répondre en partie au jugement de la Cour suprême du Canada de 2005, qui invalide l’interdiction d’acheter de l’assuranceprivée pour des services offerts dans le système public. Une bonne partie de l’allocution du ministre portait sur les changements recommandés dans un livre blanc publié par le gouvernement du Québec au début de 20065. Les changements annoncés au Québec visent à améliorer l’accessibilité et à réduire les temps d’attente au moyen d’un éventail de mesures, dont : 5 Québec (2006), Garantir l’accès : un défi d’équité, d’efficience et de qualité (document de consultation), Gouvernement du Québec, Québec. ________________________________________________________________________ 24 | Rapport de conférence – Les 30 et 31 mars 2006 • • • Une garantie de soins en vertu de laquelle les patients recevront une gestion de cas intensive et continue pour des interventions chirurgicales choisies. Si le service n’a pas été obtenu dans les six mois, les patients seront acheminés ailleurs dans la province ou vers un nouveau groupe de cliniques privées affiliées aux hôpitaux publics existants. Si le service n’a pas été obtenu dans les neuf mois, les patients seront acheminés vers des cliniques totalement privées ou à l’extérieur de la province, aux frais du gouvernement; Possibilités accordées aux citoyens d’acheter une assurance privée pour un éventail limité d’interventions chirurgicales et de recevoir des soins de médecins qui ont choisi de ne pas participer au régime public; et Maintien d’une séparation entre les médecins qui pratiquent dans le secteur privé et ceux qui reçoivent leurs honoraires du régime provincial d’assurance-santé. Améliorer la gestion des files d’attente par la recherche opérationnelle et la refonte du système La première présentation sur la gestion des files d’attente fut celle de Richard Steyn (expert-conseil en chirurgie thoracique, United Kingdom Institute for Innovation and Improvement). Selon la thèse principale de son exposé, la cause fondamentale des files d’attente est la variabilité de la demande et des capacités. Par conséquent, la solution doit mettre l’accent sur la compréhension de cette variabilité et sur des changements à apporter dans la façon de la gérer. En bref, Steyn a formulé les recommandations suivantes : • • • • Segmenter le processus pour contrôler les variations de la demande et des capacités, et améliorer le débit. Pour ce faire, il faut comprendre les processus différentiels dans les divers domaines, y compris les chirurgies urgentes et électives, et dans les différentes spécialités. Mesurer et contrôler la variabilité de la demande et la faire concorder avec les services disponibles. Procéder à une analyse de la valeur ajoutée de chaque point dans le processus et rationaliser les processus là où il se produit du gaspillage. Concevoir des plans explicites pour l’élimination des files d’attente en mesurant et en orientant la demande, et en planifiant les capacités en conséquence. Steyn a ensuite décrit divers projets pilotes qui ont contribué à réduire les files d’attente dans le NHS, y compris le programme Osprey, qui vise à former des cliniciens et des gestionnaires dotés d’antécédents cliniques dans des techniques de gestion opérationnelle déjà éprouvées dans d’autres industries. Un changement de paradigme doit aussi se produire en faveur de stratégies fondées sur le travail en équipe, l’adoption d’une approche « minimaliste » en matière de refonte des processus, en utilisant un contrôle statistique des processus pour surveiller en temps réel la variabilité au sein d’un système, ________________________________________________________________________ Maîtriser les files d’attente III | 25 en apportant des améliorations à la dynamique du système et en optimalisant les goulots d’étranglement. La mise en œuvre de ces changements nécessite un leadership. L’exposé suivant, présenté par Bruce Harries (co-fondateur du groupe Improvement Associates Ltd et directeur du Canadian Collaborative to Improve Patient Care and Safety in the ICU) et Jeff Harries (médecin généraliste, Penticton, Colombie-Britannique), portait sur la refonte du système des soins primaires, en utilisant le modèle Advanced Access à titre d’illustration. Bruce Harries a d’abord décrit les succès qu’a remportés le modèle Advanced Access, notamment en permettant d’améliorer l’accès aux soins primaires au sein de la Virginia Veterans Association. Il a soutenu que la théorie et les techniques d’optimisation des systèmes sont axées sur trois choses : • • • Des stratégies visant à faire concorder les capacités avec la demande, par ex., en mesurant et en faisant concorder les capacités avec la demande au cours de la journée; Un modèle continu et séquentiel d’amélioration et de production de connaissances; et La concordance des modèles d’amélioration le long d’un continuum plutôt que dans un contexte « de tout ou de rien ». Jeff Harries a ensuite fait part de son expérience personnelle concernant l’application du modèle Advanced Access au fonctionnement de sa pratique à Penticton, en ColombieBritannique, par suite d’une augmentation de la charge de travail et de l’absence d’une capacité excédentaire au sein de sa pratique. Après avoir éliminé le surplus de patients en attente, Harries a pu observer un succès immédiat avec la formule des rendez-vous le même jour et il a pu constater que le modèle Advanced Access avait permis d’augmenter les niveaux de satisfaction tant pour lui-même en tant praticien que pour ses patients, et d’améliorer les communications entre le patient et le médecin. Discussion On a demandé à Steyn d’expliciter le rôle que joue l’établissement de cibles pour la prestation de services et les garanties des soins dans la démarche visant à mieux gérer et à réduire progressivement les temps d’attente. Il a précisé que des cibles peuvent être utiles mais qu’elles comportent aussi des pièges. La façon de choisir des cibles et le type de cibles choisies sont des questions difficiles. Il y a danger de ne se préoccuper que des choses qui ont été ciblées ou garanties au détriment des autres, et le système ne peut pas cibler chacun des services. Il serait préférable de mettre l’accent sur les changements systémiques qu’il faut faire pour que le système fonctionne mieux, plutôt que d’essayer de déterminer ce qu’il faut cibler et ne pas cibler. On a aussi questionné Bruce Harries sur l’impact exercé par la technique Advanced Access sur son revenu et sur sa pratique. Il a répondu qu’elle n’avait pas eu d’effet négatif sur son revenu; dans les faits, son revenu a augmenté et il est mieux en mesure de prendre des vacances à des dates établies. On l’a aussi questionné sur le déroulement du processus en question et il a répondu que la première étape a consisté à éliminer le surplus de patients en attente, mais qu’il faut mettre en place un processus pour éviter que le même phénomène ne se reproduise. ________________________________________________________________________ 26 | Rapport de conférence – Les 30 et 31 mars 2006 Vers un modèle d’accès pour les patients fondé sur le service – Le rôle des prestateurs Dans le cadre du premier exposé, Chris Carruthers, (médecin-chef, Hôpital d’Ottawa) a expliqué de quelle façon les rôles, les responsabilités et l’évolution des attentes professionnelles des médecins peuvent être prises en compte dans un modèle d’accès pour les patients fondé sur le service. Initialement, le modèle de soins fondé sur le service fut accueilli avec une certaine résistance; toutefois, il reçoit de plus en plus d’appuis, notamment comme un moyen de soutenir les nouvelles aspirations que les médecins nourrissent à l’égard de leur vie professionnelle. Il existe plusieurs exemples de succès qu’ont remportés des établissements (par ex., le Centre de santé pour les femmes) qui ont choisi de mettre en application des modèles fondés sur les services. Toutefois, Carruthers a signalé qu’il y a plusieurs défis qui se posent pour intégrer les médecins au sein d’un modèle fondé sur le service, dont les suivants : • • • • La nécessité de faire appel à d’autres mécanismes de financement, notamment pour les médecins qui ne travaillent pas dans les hôpitaux; Considérer et établir les lignes de responsabilité; Défis à relever sur le plan des ressources humaines; Techniques efficaces de gestion du changement. Carruthers s’est ensuite penché sur le rôle des médecins dans l’optique de l’établissement des priorités en matière de service. Il a souligné qu’à toute fin pratique, les médecins n’étaient pas représentés autour de la table lorsque ces priorités furent établies, mais qu’on leur demande maintenant de jouer un rôle clé dans leur mise en application. De plus, l’établissement des priorités a créé des tensions au sein des divisions cliniques et entre celles-ci, puisque les ressources furent augmentées dans certains services chirurgicaux (remplacement du genou et de la hanche), tandis qu’elles furent maintenues constantes ou qu’elles diminuèrent dans d’autres services. Donc, il devient nécessaire, at-il soutenu, de plaider la cause des patients qui attendent pour des services qui ne font pas partie des cinq secteurs prioritaires. Carruthers a terminé son exposé en faisant valoir que les décisions et les politiques relatives aux temps d’attente ne peuvent pas passer sous silence la question des ressources humaines. Il a fait remarquer qu’il est nécessaire de mieux comprendre et de faire appel aux principes de la gestion du changement pour faciliter les communications avec les prestateurs et gagner leur appui. Au bout du compte, le personnel de première ligne est indispensable pour mettre en application les changements. Valerie Zellemeyer (directrice de programme, Services péri-opératoires, hôpital St. Michael) a décrit le plan d’action concernant les réductions de temps d’attente à l’hôpital St. Michael de Toronto et, plus particulièrement, le comité d’experts relatif au SPAI (Surgical Process Analysis and Improvement), qui fut mis sur pied dans le contexte de la Stratégie de réduction des temps d’attente en Ontario. ________________________________________________________________________ Maîtriser les files d’attente III | 27 Le comité d’experts relatif au SPAI a formulé plusieurs recommandations en vue d’améliorer la qualité pendant le continuum des soins chirurgicaux et de contribuer ainsi à faciliter l’accessibilité aux soins. Ceci comprend : • Identifier et corriger les blocages qui peuvent survenir au stade péri-opératoire; • Considérer et renforcer les ressources humaines, y compris la maximisation de l’expertise professionnelle; • Assurer une concordance entre l’offre (les prestateurs) et la demande de services; et • Assembler des équipes interdisciplinaires innovatrices. Les défis reliés à la constitution d’équipes interdisciplinaires orientées vers les patients, qui furent identifiés par Zellemeyer, sont les suivants : • La formation trouve son fondement dans l’accomplissement personnel; • La responsabilité professionnelle ne s’enseigne pas; • Il existe une concurrence pour avoir accès aux ressources et pouvoir les contrôler; et • Il y a une hiérarchie qu’il faut gérer et soumettre à la médiation. Discussion Les discussions qui ont suivi les présentations sur les soins axés sur le service ont porté sur la nécessité de tirer avantage du potentiel qu’offrent les professionnels de la santé à l’extérieur de la profession médicale afin de réduire la charge de travail des médecins et d’offrir des soins appropriés aux patients pendant toute la durée de leurs besoins de service. Par exemple, lorsqu’un patient reçoit son congé, il aura aussi besoin de traitements aux antibiotiques qui sont offerts les pharmaciens. Perspectives sur l’amélioration de la gestion des temps d’attente après la décision Chaoulli La conférence s’est terminée avec la présentation d’une série d’exposés qui ont permis de résumer les questions abordées et les solutions proposées. Le premier de ces exposés fut celui de Ruth Collins-Nakai (présidente, Association médicale canadienne). La meilleure utilisation de notre temps, a-t-elle dit, est de s’assurer que toutes les propositions en matière de politiques contribuent à renforcer le régime d’assurance-maladie. Collins-Nakai a souligné que plusieurs moments importants ont marqué les activités de la dernière année en matière de gestion des temps d’attente : • Le jugement Chaoulli, qui a contribué à projeter les temps d’attente à l’avant-scène; • L’annonce faite en décembre 2005 concernant les points de repère en matière de temps d’attente; • La nomination du Dr Postl au poste de conseiller fédéral sur les temps d’attente; • Les recherches en cours sur la gestion des temps d’attente par les IRSC et l’Alliance sur les temps d’attente; • Les travaux de l’Alliance sur les temps d’attente concernant le profil de la trousse d’outils stratégique visant à réduire, mesurer, surveiller et gérer les temps d’attente. ________________________________________________________________________ 28 | Rapport de conférence – Les 30 et 31 mars 2006 Collins-Nakai a aussi donné un aperçu des « prochaines étapes », y compris : • Une planification des ressources humaines en vue de contrebalancer les pénuries, ce qui comprend, entre autres, une augmentation des inscriptions, des programmes de rapatriement des ressources et l’intégration des diplômés en médecine provenant de l’étranger; • L’établissement d’un organisme pancanadien de surveillance des ressources humaines en santé; • La poursuite de recherches nécessaires en vue d’améliorer la notion de soins appropriés; • Améliorer les points de repère existants; • Étendre les discussions pour englober d’autres domaines (par ex., état de santé des enfants, étant de santé des Autochtones, santé mentale) qui ne font pas partie des domaines prioritaires de l’Alliance sur les temps d’attente mais qui font face eux aussi à des pressions; • De meilleures données qui fournissent des munitions à des fins d’amélioration; et • Des mesures visant à réduire les besoins en services. En guise de conclusion, Collins-Nakai a rappelé que la question des longs délais d’attente n’était pas un phénomène passager; c’est une question à laquelle des Canadiens font face à chaque jour. Les Canadiens ont besoin de sentir que l’assurance-maladie est là pour eux, et des efforts doivent continuer d’être déployés pour réduire les temps d’attente. Les temps d’attente, a-t-elle soutenu, sont un symptôme de ce qui ne va pas dans le système de santé. Michael Rachlis (expert-conseil en soins de santé, Toronto) a ensuite examiné les perspectives d’amélioration des temps d’attente dans un monde postérieur au jugement Chaoulli. Pour débuter, il a rappelé que l’accessibilité n’est qu’une dimension de la qualité des soins et il a aussi ajouté que l’accès aux services de chirurgie et de diagnostic n’était que deux dimensions de l’accès. Il y a tout un éventail de services dont il faut tenir compte, allant des services de soins actifs aux médicaments. Il a aussi fait valoir qu’il nous faut mettre l’accent sur l’accès différentiel aux services de santé par divers groupes démographiques en fonction de l’âge, du revenu, de la situation du point de vue de l’assurance, etc. Par exemple, notre point de mire s’est rétréci peu à peu pour s’intéresser aux besoins en services de santé des hommes plus âgés de race blanche. Rachlis a souligné qu’il y a des exemples de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas, et il a cité de nombreux exemples d’innovations couronnées de succès au pays (par ex., le succès remporté par la Saskatchewan Community Clinic par suite de l’adoption du modèle Advanced Access). Il a aussi signalé qu’il y a des exemples de modèles et d’idées qui ne fonctionnent généralement pas, dont le fait de mettre l’accent sur un nombre limité de services. Par exemple, il existe déjà des données probantes qui indiquent que le fait d’avoir concentré les efforts sur les chirurgies du remplacement du genou et de la hanche s’est traduit par une augmentation des temps d’attente pour les autres chirurgies orthopédiques. De plus, l’élimination des retards accumulés (patients en attente) n’est qu’une solution de courte durée car les attentes réapparaissent généralement dès que le ________________________________________________________________________ Maîtriser les files d’attente III | 29 blitz est terminé. Finalement, la priorisation et les restrictions contribuent généralement à allonger les listes d’attente. Rachlis a soutenu que, pour aller de l’avant, il faut améliorer l’efficience, réduire la demande (par ex., en concevant des stratégies efficaces de prévention des maladies) et, par-dessus tout, mettre l’accent sur la qualité et l’amélioration de la qualité. Par exemple, la reconstruction d’une hanche quelques mois plus tard est plus onéreux que de prendre le temps de bien faire le travail la première fois. De plus, un suivi inapproprié (par ex., vérifications de la pression artérielle) chez les personnes âgées après leur sortie de l’hôpital a pour résultat que plusieurs d’entre elles finissent par se retrouver à la salle d’urgence. Denis Morrice (ambassadeur, Bone and Joint Decade of Canada) a commencé sa présentation en félicitant les participants sur les progrès qui sont en voie d’être réalisés au Canada, mais il a fait une mise en garde en soulignant que les patients pensaient peut-être qu’une bonne partie de ceci se faisait déjà. La collecte de données est différente dans le système de soins de santé, a-t-il soutenu, mais pourquoi en est-il ainsi ? Les Canadiens n’accepteraient pas cela dans toute autre industrie. Il faut aussi se pencher sur la question de la loi sur la protection des renseignements personnels, qui est devenue un riche filon pour les avocats, et les ramifications juridiques des garanties de soins. Le public doit être renseigné sur la façon d’améliorer le système. Toutefois, il existe des problèmes dans le système en ce qui concerne la rationalisation des processus pour la recherche (par ex., approbations par les comités d’éthique), l’approbation des médicaments et l’assurance que les pratiques exemplaires en matière de réduction des temps d’attente (comme le Projet de l’Ouest canadien sur les listes d’attente) sont appuyées. En bout de ligne, il y a lieu d’être optimiste concernant la réduction des temps d’attente, et cet optimisme doit être communiqué à la population pour lui donner de l’espoir. Peter Glynn (co-président et président fondateur du Saskatchewan Surgical Care Network, conseiller principal, Accès aux services et Stratégie de réduction des temps d’attente en Ontario, et conseiller auprès des gouvernements du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse, ainsi qu’auprès de l’Interior Health Authority, ColombieBritannique) a enchaîné sur le thème de l’optimisme en indiquant que Maîtriser les files d’attente III est une conférence qui s’est tenue sous le thème de l’espoir puisqu’elle a porté sur des solutions. Toutefois, elle a eu comme seul point de mire les patients qui attendent « en temps réel » d’avoir accès aux services dont ils ont besoin. Par ailleurs, Glynn a ajouté que divers intervenants peuvent contribuer au développement de solutions dans le domaine de la gestion des temps d’attente. Le gouvernement fédéral doit faire parvenir des fonds à ceux qui ont la responsabilité de faire fonctionner le système, effectuer les investissements dans la formation et l’éducation, et soutenir la recherche et les technologies de l’information. Les gouvernements provinciaux doivent mettre au point des stratégies claires et bien articulées, améliorer la mise en valeur des ressources humaines, soutenir la recherche en vue d’établir des points de repère sur les temps d’attente, leur caractère approprié et les besoins en prévisions, mettre en place à la ________________________________________________________________________ 30 | Rapport de conférence – Les 30 et 31 mars 2006 grandeur du territoire des technologies de l’information et de gestion de l’information pour soutenir la gestion de l’accessibilité aux services, effectuer des dépenses en capital pour les installations et l’équipement, et acheminer le financement prescrit selon les dispositions établies. Glynn a ensuite donné un aperçu des actions requises de la part des organismes de soins de santé, qui sont les responsables immédiats de l’accessibilité aux services, de la conception, de la mise en application et du fonctionnement des « programmes de soins », de la gestion active de l’accès aux soins, et des systèmes de technologies de l’information et de gestion de l’information, dont le rôle est de faciliter la gestion clinique, de rendre plus efficiente l’analyse des processus (par ex., les déplacements de patients), d’aligner les incitations au sein de l’organisation et d’assurer la gestion de l’accès pour les patients. Il pourrait s’avérer nécessaire à cette fin d’embaucher des ingénieurs industriels et il est souvent nécessaire d’effectuer une gestion efficace du changement, y compris l’attribution de fonds destinés à soutenir le changement. Ces défis vont continuer de se poser, sauf si de véritables changements sont apportés au volume des services offerts (par ex., les retards accumulés) et à leur prestation. Par exemple, on ne peut pas mettre l’accent uniquement sur un nombre limité d’enjeux et laisser tout le reste de côté. Pour faire ces changements, il faudra du temps et des virages culturels. Enfin, les prestateurs de soins de santé doivent se demander comment ils peuvent aider à intégrer des rôles et des modèles de fonctionnement nouveaux et jouer un rôle de chef de file pour faire progresser un système organisé de programmes de soins orientés vers les patients. Résumé thématique Comme les deux premiers symposiums « Maîtriser les files d’attente » se sont employés à identifier le problème et à faire valoir la nécessité d’y trouver des solutions, le thème retenu pour la rencontre de cette année a porté sur diverses possibilités de gérer les temps d’attente et sur le fait que, comme l’a souligné le ministre Clement, l’innovation pouvait être compatible avec les modalités de la Loi canadienne sur la santé. Les principaux facteurs de succès Plusieurs présentations ont souligné l’importance de réunir plusieurs facteurs pour assurer le succès, dont les suivants : • Infrastructure : La viabilité de nombreux projets nécessite des budgets spéciaux ou des modalités de financement auxiliaires, des ressources humaines (par ex., pour l’entrée de données) et la mise au point et l’intégration de systèmes de technologie de l’information. ________________________________________________________________________ Maîtriser les files d’attente III | 31 • Engagement : Plusieurs auteurs de présentations ont souligné l’importance d’un engagement de la part des cliniciens, des chercheurs et des gestionnaires pour justifier la nécessité d’obtenir des ressources supplémentaires et de recueillir des données. Certains orateurs ont soutenu que le succès attire le succès, à savoir que l’identification et la diffusion des premiers résultats entraînent souvent un changement d’attitude concernant la valeur du projet. • Leadership : Plusieurs orateurs ont soutenu que, pour faire des changements, il faut un leadership de la part des cliniciens, des chercheurs, des responsables gouvernementaux et des gestionnaires. Certains auteurs de présentation ont relié cette question de leadership à la défense des droits des patients – il est de la responsabilité des cliniciens de promouvoir les changements nécessaires pour obtenir les meilleurs résultats possibles pour leurs patients. D’autres, comme Glynn, ont indiqué que le leadership nécessite un changement de culture, de telle sorte que les innovateurs seront soutenus et encouragés. • Gestion du changement : La plupart des changements à la gestion des temps d’attente nécessitent d’importants virages dans les milieux de travail des prestateurs; donc, une gestion efficace du changement s’impose pour atténuer les effets de l’évolution des attentes et des processus sur les prestateurs et les gestionnaires. • Apprentissage et coopération entre les instances gouvernementales : Un autre thème important qui s’est dégagé pendant le colloque a été celui de l’apprentissage et de la coopération entre les instances gouvernementales. Les gouvernements tirent des enseignements et adoptent des modèles et des logiciels qui sont utilisés chez leurs voisins. Par exemple, Kramer a souligné que la Stratégie d’information sur les temps d’attente en Ontario n’a pas été créée de toute pièce; au contraire, elle fut mise au point en s’inspirant de ce qui se faisait en matière de gestion des systèmes dans d’autres instances gouvernementales. • Partenariats et intégration : Un aspect essentiel du succès est le développement de partenariats et une intégration entre les divers intervenants au sein du système, y compris les prestateurs. Certains, comme Chan, ont souligné l’importance d’une collaboration en matière de diffusion des idées et d’enseignements en provenance d’autres segments du système de santé. Cette façon de procéder prend plus de temps, mais elle est nécessaire pour rallier tous les acteurs à la cause. Défis Il reste plusieurs défis à relever par les Canadiens en ce qui concerne la gestion des temps d’attente, y compris les suivants : • Garanties de soins : Compte tenu de l’importance accordée à la question des garanties de soins pendant l’élection fédérale de 2006 et des engagements pris par le nouveau gouvernement fédéral, la question de la mise en application de ces garanties a fait surface à maintes reprises durant les délibérations de la conférence. En bonne ________________________________________________________________________ 32 | Rapport de conférence – Les 30 et 31 mars 2006 partie, les discussions sur cette question se sont concentrées dans trois domaines principaux : o Son rôle politique : Les garanties de soins peuvent contribuer à atténuer les préoccupations des Canadiens concernant l’accès aux services de santé; o Ses ramifications sur le plan juridique : La question fut soulevée à l’effet que les garanties de soins peuvent avoir des répercussions juridiques si les points de repère ne sont pas atteints dans les délais attendus; o Ses ramifications sur le plan de la prestation des services de santé : Des préoccupations furent exprimées à l’effet que des ressources pourraient être détournées pour respecter les garanties de soins au détriment d’autres services. Cette question fut d’abord soulevée par Postl pendant son allocution d’ouverture à la conférence et elle fut évoquée par d’autres à différents moments pendant les deux jours. • Financement soutenu : Les changements à apporter à la gestion et au contrôle des temps d’attente nécessitent des moyens de financement soutenus et prévisibles. • Gestion de la demande : Plusieurs participants ont soutenu qu’il faut mettre davantage l’accent sur la gestion de la demande dans le contexte de la réduction des temps d’attente. Par exemple, l’un des participants à souligné que des mesures de prévention visant à réduire les maladies chroniques étaient un élément incontournable du dialogue sur les temps d’attente. • Caractère approprié : Plusieurs participants ont fait valoir que le caractère approprié de l’utilisation des services comme une question prioritaire et une stratégie importante de gestion de la demande. Par exemple, Laberge a explicitement relié cette question à une gestion efficace des temps d’attente. Le défi demeure toutefois d’en arriver à conceptualiser le « caractère approprié » dans le cadre des modèles de ressources humaines, de la pratique clinique, etc. • Étendre la portée de l’activité : La réduction de la portée du débat à cinq domaines prioritaires suscite de nombreuses préoccupations : o L’« effet ballon » : Plusieurs participants ont indiqué qu’il fallait étendre la portée de l’activité entourant l’atténuation, la mesure, le contrôle et la gestion pour englober d’autres domaines de services (par ex., santé mentale, soins à domicile, etc.). Dans le cas contraire, il y a danger que les réductions des temps d’attente réalisées dans les domaines prioritaires soient compensées par une hausse des temps d’attente dans d’autres domaines. La majorité des travaux en cours sur les temps d’attente et l’accessibilité doivent tenir compte du continuum de soins, qui englobe les ________________________________________________________________________ Maîtriser les files d’attente III | 33 périodes antérieures et postérieures aux traitements ou aux interventions chirurgicales. o Divers groupes démographiques : Une autre préoccupation soulevée par les participants a trait au fait que l’établissement des priorités actuelles est le reflet des besoins des membres de la génération du baby-boom qui avancent en âge, ce qui risque de laisser de côté les besoins en services de divers autres groupes démographiques, comme ceux des Autochtones. Par exemple, l’un des thèmes récurrents des délibérations du colloque actuel a été celui d’établir des priorités d’accès aux services ou de temps d’attente propres aux enfants. Postl a aussi souligné qu’une bonne partie de l’analyse sur la gestion des temps d’attente doit être formulée dans le cadre d’une analyse comparative entre les sexes pour tenir compte plus pleinement de l’interaction entre l’accès et la répartition hommes-femmes. • Questions de recherches et de données : Malgré les progrès importants réalisés au cours des dernières années, il reste plusieurs défis à relever : o Données comparables : Des améliorations ont été apportées à la collecte de données, mais d’autres améliorations s’imposent au chapitre de la comparabilité des données entourant des interventions précises. o Relier la recherche à l’action : Plusieurs participants ont soutenu que la valeur de la collecte de données est liée directement aux mesures qu’elle permet de prendre. o Résultats : De nombreux participants ont fait état du besoin soutenu de mettre au point des mesures des résultats obtenus, afin de pouvoir évaluer le rendement, y compris les résultats obtenus en matière de qualité des soins. • Communications et éducation du public : Plusieurs participants ont souligné la nécessité d’améliorer les communications concernant les succès obtenus dans le domaine de la gestion des temps d’attente. Par exemple, Dunbar a indiqué que les campagnes éclairs ou les blitz sont de bonnes nouvelles pour les patients. Il a fait remarquer que les Canadiens qui utilisent dans les faits le système en sont satisfaits mais que ceux qui obtiennent leurs renseignements surtout par l’intermédiaire des médias font état d’une satisfaction moins grande. Il nous faut comprendre ce que sont des attentes raisonnables à l’égard du système et de quelle façon le système influence les attitudes du public. L’objectif est de faire comprendre d’une façon efficace aux Canadiens le caractère complexe du système. • Stratégies de gestion : Des éléments de stratégies de gestion efficaces au niveau institutionnel commencent à faire surface : ________________________________________________________________________ 34 | Rapport de conférence – Les 30 et 31 mars 2006 o Modes optionnels de financement : L’un des thèmes qui fut évoqué au cours de la conférence a été la nécessité de considérer des modes optionnels de financement, notamment en ce qui concerne le financement des services de médecins dans le contexte d’un modèle de soins axé sur le service. o Application de la théorie des files d’attente : Les délibérations entourant l’intégration de la théorie des files d’attente à la gestion des temps d’attente ont fait partie des échanges qui se sont déroulés à chacun des symposiums sur la maîtrise des files d’attente. Plusieurs auteurs d’exposés ont noté que ces techniques sont mises en application ou qu’elles font l’objet de recherches. Steyn a souligné qu’il est possible d’enseigner des techniques de fabrication à des cliniciens. Vaagen, entre autres, a indiqué que des « techniques de gestion minimaliste » peuvent être appliquées avec succès à la gestion des soins de santé. • Planification des ressources humaines : Plusieurs orateurs ont fait état de l’importance de la disponibilité de prestateurs et de la nécessité de repenser la façon dont ils travaillent ensemble. Par exemple, Carruthers a rappelé qu’au bout du compte, il faut compter sur le personnel de première ligne pour mettre en application les changements. Conclusion De nombreuses questions restent en suspens pour faciliter la mesure, le contrôle et la gestion des listes d’attente. Même si les progrès réalisés au pays demeurent inégaux, il n’en demeure pas moins que toutes les instances gouvernementales ont fait état d’améliorations dans ce domaine. Les responsables ont indiqué les grands défis qu’ils doivent relever en matière de planification et de mise en application. Il y a sans aucun doute de « prochaines étapes » à considérer par toutes les instances gouvernementales et dans tous les domaines de service, y compris celui de la planification des ressources humaines, tandis qu’il y a lieu aussi d’envisager d’étendre la mesure, le contrôle et la gestion des listes d’attente à un éventail de services plus vaste. La documentation du colloque est accessible et peut être consultée en se rendant au site Web des RCRPP à l’adresse : www.rcrpp.org. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec Thomas McIntosh, directeur du Réseau de la santé des RCRPP, par téléphone au (306) 337-2312, ou par courriel à l’adresse : [email protected]. ________________________________________________________________________ Maîtriser les files d’attente III | 35 Appendice I Liste des participants M. Owen Adams me M Peggy Ainslie Association médicale canadienne Ottawa, Ont. Santé Canada Ottawa, Ont. Mme Susan Bazylewski Saskatoon Health Region Saskatoon, Sask. Mme Kathy Bell Ministère de la Santé et du Mieux-être du NouveauBrunswick Fredericton, N.-B. Dr Lorne Bellan Société canadienne d’ophtalmologie Winnipeg, Man. Mme Cheryl Bishop Vancouver Coastal Health Vancouver, C.-B. D Neil Branch Ministère de la Santé et du Mieux-être du NouveauBrunswick Bathurst, N.-B. M. Glenn Brimacombe Association canadienne des institutions de santé universitaires Ottawa, Ont. M. Jeffrey Brown Saskatchewan Health Regina, Sask. Central Health Corporation Hôpital d’Ottawa Grand FallsWindsor, T.-N. L. Ottawa, Ont. D Ben Chan Health Quality Council Saskatoon, Sask. Mrs. Heather Chappell Société canadienne du cancer / Institut national du cancer du Canada Toronto, Ont. Mme Alison Chick McKinsey & Company Toronto, Ont. Honorable Tony Clement Santé Canada Ottawa, Ont. Association médicale canadienne Edmonton, Alb. r me M Judy Budgell Dr Christopher Carruthers r r D Ruth Collins-Nakai me Jean Cox Ministère de la Santé du Manitoba Winnipeg, Man. me Lise Daigle Ministère de la Santé et du Mieux-être du NouveauBrunswick Fredericton, N.-B. Association des infirmières et infirmiers du Canada Ottawa, Ont. Saskatoon Health Region Saskatoon, Sask. M. Christopher Dean Conseil canadien d’agrément des services de santé Ottawa, Ont. Dr Carolyn De Coster Manitoba Centre for Health Policy Winnipeg, Man. Labrador Grenfell Regional Integrated Health Authority St. Anthony, T.-N.L. Sénat du Canada Ottawa, Ont. M M Mme Janet Davies me M me M Maura Davies Trina Decker Mme Diane Desrochers me Mariana Diacu British Columbia Ministry of Health Victoria, C.-B. me Annie Doucet Fredericton, N.-B. Mme Madeleine Drew Ministère de la Santé et du Mieux-être du NouveauBrunswick Université d’Ottawa – École de gestion Dr Michael Dunbar Université Dalhousie / QE II Hospital Halifax, N.-E. D David Elliott Nova Scotia Department of Health Halifax, N.-E. M. Mike Epp British Columbia Medical Association Vancouver, C.-B. M M r Ottawa, Ont. ________________________________________________________________________ 36 | Rapport de conférence – Les 30 et 31 mars 2006 M. Nadeem Esmail r D Patrick Fafard me Calgary, Alb. Réseaux canadiens de recherche en politiques publiques Ottawa, Ont. Société canadienne de cardiologie Ottawa, Ont. M. John Fleming La Société d’arthrite Toronto, Ont. Dr Pierre-Gerlier Forest Santé Canada Ottawa, Ont. Association canadienne de physiothérapie Toronto, Ont. Alberta Bone & Joint Health Institute Calgary, Alb. Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada Ottawa, Ont. Instituts de recherche en santé du Canada Ottawa, Ont. M me M Anne Ferguson The Fraser Institute Pamela Fralick r D Cy Frank me M Danielle Fréchette Mme Michelle Gagnon me Sylvie Gauthier Santé Canada Ottawa, Ont. me Geri Geldart M M River Valley Health Fredericton, N.-B. r Bell Canada Ottawa, Ont. r Réseau de soins cardiaques de l’Ontario Toronto, Ont. D Peter Glynn Expert-conseil Kingston, Ont. M. Irving Gold Fondation canadienne de la recherche sur les services de santé Ottawa, Ont. Mme Jill Greenwell Société canadienne de pédiatrie Ottawa, Ont. Association canadienne des institutions de santé universitaires Ottawa, Ont. Mme Martha Hall Santé Canada Ottawa, Ont. M. Bruce Harries Improvement Associates Ltd. Edmonton, Alb. D Jeff Harries Improvement Associates Ltd. Penticton, C.-B. Dr Steven Harrison Ontario Medical Association Toronto, Ont. r Société canadienne de cardiologie Ottawa, Ont. r Institut de l’œil de l’Université d’Ottawa Ottawa, Ont. r D Alan Hudson Équipe des résultats dans le domaine de la santé, ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario Toronto, Ont. M. Tim Hunt Santé Canada Ottawa, Ont. Projet canadien sur les temps d’attente / Santé Canada Winnipeg, Man. Mme Charlotte Johnson Projet canadien sur les temps d’attente / Santé Canada Winnipeg, Man. Mme Tracy Johnson Institut canadien d’information sur la santé Toronto, Ont. M Beatrice Keleher Raffoul Association canadienne des institutions de santé universitaires Ottawa, Ont. Dr Dennis Kendel College of Physicians and Surgeons of Saskatchewan Saskatoon, Sask. Sénateur Wilbert J. Keon Sénat du Canada Ottawa, Ont. D Paul Genest D Kevin Glasgow r me M Emily Gruenwoldt r D Lyall Higginson D William Hodge me M Anne Janes me me Kathy Kinloch British Columbia Ministry of Health Victoria, C.-B. me Donna Klaiman Association canadienne des ergothérapeutes Ottawa, Ont. M M ________________________________________________________________________ Maîtriser les files d’attente III | 37 Mme Sarah Kramer me M Lisa Kuramoto M. Normand Laberge Action Cancer Ontario Toronto, Ont. Centre for Clinical Epidemiology and Evaluation Vancouver, C.-B. Association canadienne des radiologistes St-Laurent, Québec me Diane Larrivee Regina Qu’Appelle Health Region Regina, Sask. me Lisa Little Association des infirmières et infirmiers du Canada Ottawa, Ont. D Jonathan Lomas Fondation canadienne de la recherche sur les services de santé Ottawa, Ont. Mme Alison Loat McKinsey & Company Toronto, Ont. M. John Lott Kingston General Hospital Kingston, Ont. D William Mackillop Division of Cancer Care and Epidemiology, Queen’s University Cancer Research Institute Kingston, Ont. Dr Renwick Mann Committee of National Medical Organizations Peterborough, Ont. Mme Ferne Mardlin-Smith I.W.K. Health Centre Halifax, N.-E. D John Marshall AdapCS Canada Kingston, Ont. Mme Heidi Matkovich Institute of Health Services and Policy Research Vancouver, C.-B. Dr John Maxted Collège des médecins de famille du Canada Mississauga, Ont. M. John McGurran Conseil canadien de la santé Canmore, Alb. Réseaux canadiens de recherche en politiques publiques Regina, Sask. Association canadienne des médecins d’urgence Ottawa, Ont. Bone and Joint Decade of Canada Toronto, Ont. Institut canadien d’information sur la santé Toronto, Ont. Association médicale du Québec Montréal, Québec Capital Health Region Edmonton, Alb. M M r r r r D Tom McIntosh me M Valoree McKay M. Denis Morrice me M Kathleen Morris M. Robert Nadon me M Kathleen Ness r D Tom Noseworthy Université de Calgary Calgary, Alb. Mme Kelli O’Brien Western Health Dr Andrew Padmos Nova Scotia Capital District Health Authority Cornerbrook, T.-N. L. Halifax, N.-E. M. William Pascal Association médicale canadienne Ottawa, Ont. M. Greg Phillips Ministère de la Santé et du Mieux-être du NouveauBrunswick Université de Montréal Fredericton, N.-B. Montréal, Québec r Projet canadien sur les temps d’attente Winnipeg, Man. r Association des pharmaciens du Canada Ottawa, Ont. r Conference Board du Canada Ottawa, Ont. Dr Marie-Pascale Pomey D Brian Postl D Jeff Poston D Gabriela Prada r D Michael Rachlis Expert-conseil Toronto, Ont. Dr Robert Rivington Association canadienne de protection médicale Ottawa, Ont. ________________________________________________________________________ 38 | Rapport de conférence – Les 30 et 31 mars 2006 M. Tyson Roffey me me M Bell Canada Ottawa, Ont. Brenda Ryan Nova Scotia Department of Health Halifax, N.-E. Vivian Sandberg Projet canadien sur les temps d’attente Winnipeg, Man. Mme Janice Sanger Newfoundland Department of Health and Community Services St. John’s, T.-N.L. Dr Claudia Sanmartin Statistique Canada / Université de Calgary Ottawa, Ont. M. Marcel Saulnier Association médicale canadienne Ottawa, Ont. Dr Brent Schacter Association canadienne des agences provinciales du cancer Winnipeg, Man. M. Brian Schmidt Provincial Health Services Authority Vancouver, C.-B. M me M Vancouver Coastal Health Authority Vancouver, C.-B. Mme Cathy Séguin Susan Scrivens The Hospital for Sick Children Toronto, Ont. Dr Judith Shamian VON Canada Ottawa, Ont. M. Mike Sheridan Inforoute Santé du Canada Montréal, Québec me M Sharon SholzbergGray Dr Sam Shortt Association canadienne des soins de santé Ottawa, Ont. Université Queen’s Kingston, Ont. M. Ian Shugart Santé Canada Ottawa, Ont. r D Boris Sobolev Université de Colombie-Britannique Vancouver, C.-B. Mme Rachel Solomon Ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario, Stratégie de réduction des temps d’attente Toronto, Ont. Dr Clayne Steed Alberta Medical Association Raymond, Alb. D Richard Steyn Heart of England National Health Service Foundation Trust Knowle, R.-U. Dr Carl Taillon Centre hospitalier universitaire de Québec Québec, Québec M. Andrew Taylor Association canadienne des soins de santé Ottawa, Ont. D Mark Taylor Hôpital St-Boniface, Département de chirurgie Winnipeg, Man. Mme Janet Templeton Eastern Health St. John’s, T.-N.L. M. William G. Tholl Association médicale canadienne Ottawa, Ont. M. Darrell Thomson British Columbia Medical Association Vancouver, C.-B. Dr Joann Trypuc Équipe des résultats dans le domaine de la santé, ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario Toronto, Ont. Dr Jack Tu Institute for Clinical Evaluative Sciences Toronto, Ont. r r r D Renée Torgerson Réseaux canadiens de recherche en politiques publiques Ottawa, Ont. Mme Marit Vaagen McKinsey & Company Stockholm, Suède M. Stephen Vail Association médicale canadienne Ottawa, Ont. Bureau du Conseil privé, Affaires intergouvernementales Ottawa, Ont. Dr Les Vertesi Conseil canadien de la santé Vancouver, C.-B. M. Greg Webster Institut canadien d’information sur la santé Toronto, Ont. Comité consultatif du RSCNB Fredericton, N.-B. me M r Christine Vanderloo D David Wells ________________________________________________________________________ Maîtriser les files d’attente III | 39 Mme Anne Whalen M. Mark Wigmore Santé Canada Charlottetown, I.-P.-E. Ottawa, Ont. Mme Glenda Yeates Institut canadien d’information sur la santé Ottawa, Ont. Ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario, Stratégie de réduction des temps d’attente Toronto, Ont. Mme Valerie Zellermeyer Hôpital St. Michael Toronto, Ont. Dr Jennifer Zelmer Institut canadien d’information sur la santé Toronto, Ont. me M Kathrine Zaletnik Queen Elizabeth Hospital ________________________________________________________________________ 40 | Rapport de conférence – Les 30 et 31 mars 2006 Appendice II Ordre du jour de la conférence Maîtriser les files d’attentes III : Mesure, surveillance et gestion des temps d’attente : la réalité Hôtel Château Laurier – Salon Adam, Ottawa (Ontario) Les 30 et 31 mars 2006 LE JEUDI 30 MARS 8 h – 8 h 30 Inscription et petit déjeuner continental 8 h 30 – 8 h 45 Mot de bienvenue – Alan Hudson et Maura Davies 8 h 45 – 9 h 15 Entrée en matière – Brian Postl, conseiller fédéral sur les temps d’attente 9 h 15 –10 h 15 Coup d'œil sur les provinces • Janice Sanger, Terre-Neuve et Labrador • Anne Whalen, Île-du-Prince-Édouard • Michael Dunbar, Nouvelle-Écosse 10 h 15 – 10 h 30 Pause 10 h 30 – 11 h 15 Coup d'œil sur les provinces (suite) • Rachel Solomon, Ontario • Ben Chan, Saskatchewan 11 h 15 – 12 h 15 Mesurer ce que l'on veut gérer • Glenda Yeates, Institut canadien d'information sur la santé • Claudia Sanmartin, Statistique Canada 12 h 15 – 13 h 15 Déjeuner – Salon Drawing 13 h 15 – 14 h 45 Analyse des données probantes pour l’établissement de points de repère sur les temps d’attente • Tom Noseworthy, Université de Calgary, et Claudia Sanmartin, Statistique Canada • William Mackillop, Université Queen’s • William Hodge, Université d’Ottawa 14 h 45 – 15 h Pause 15 h – 15 h 30 Honorable Tony Clement, ministre de la Santé 15 h 30 – 17 h Innovations régionales dans l’amélioration de l’accès et la réduction des temps d’attente • Carl Taillon, Centre hospitalier universitaire de Québec • Cy Frank, Alberta Bone and Joint Health Institute • Brian Schmidt, Régie provinciale des services de santé de la ColombieBritannique 18 h Réception Vins et fromage – Salon Drawing ________________________________________________________________________ Maîtriser les files d’attente III | 41 LE VENDREDI 31 MARS 8 h – 8 h 30 Inscription et petit déjeuner continental 8 h 30 – 10 h Les technologies de l’information au service de l’amélioration de l’accès • Sarah Kramer, Action Cancer Ontario • Michael Dunbar, district de santé de la Capitale (Halifax) • Kathleen Ness, Santé de la Capitale (Edmonton) 10 h – 10 h 15 Pause 10 h 15 – 10 h 45 Assurer un accès approprié à l'imagerie diagnostique – Normand Laberge, Association canadienne des radiologistes 10 h 45 – 12 h Accroître la certitude – Tirer des leçons de l’expérience internationale relative aux garanties de soins et aux politiques afférentes sur les temps d’attente – Marit Vaagen, McKinsey and Company, Stockholm 12 h – 13 h Déjeuner – Salon Drawing 13 h – 14 h 30 Améliorer la gestion des files d’attente par la recherche opérationnelle et la refonte du système • Richard Steyn, Institut pour l’innovation et l’amélioration du Royaume-Uni • Jeff Harries, Penticton, C.-B. • Bruce Harries, Improvement Associates Ltd. 14 h 30 – 15 h 15 Vers un modèle d’accès pour les patients fondé sur le service – Le rôle des prestateurs • Chris Carruthers, Hôpital d’Ottawa • Valerie Zellermeyer, hôpital St. Michael 15 h 15 – 15 h 30 Pause 15 h 30 – 16 h 45 Perspectives sur l’amélioration de la gestion des temps d’attente après la décision Chaoulli • Ruth Collins-Nakai, Association médicale canadienne et Alliance sur les temps d’attente • Michael Rachlis, expert-conseil • Denis Morrice, Bone and Joint Decade of Canada • Peter Glynn, expert-conseil 16 h 45 – 17 h Mot de la fin – Alan Hudson et Maura Davies 17 h Clôture ________________________________________________________________________ 42 | Rapport de conférence – Les 30 et 31 mars 2006 En tant qu’institut national de recherche à but non lucratif, les RCRPP ont pour mission de créer des connaissances et d’alimenter le dialogue et le débat publics sur des questions économiques et sociales d’une importance déterminante pour le bien-être des Canadiens, afin de contribuer à l’édification d’une société plus humanitaire, plus juste et plus prospère. Pour télécharger sans frais un exemplaire de ce rapport, visitez la page d’accueil des RCRPP : http://www.rcrpp.org Un service hebdomadaire gratuit de messages par courrier électronique, e-network, vous permet d’obtenir de courtes mises à jour sur les projets de recherche ou les activités des RCRPP. Pour s’abonner, il suffit de visiter le site : www.e-network.ca Réseaux canadiens de recherche en politiques publiques inc.. 600-250, rue Albert Ottawa (Ontario) K1P 6M1 Téléphone : (613) 567-7500 – Télécopieur : (613) 567-7640 – Site Web: www.rcrpp.org