Les plantations hors-sol
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Les plantations hors-sol
Conception E. B. FLEURISSEMENT7 Les plantations hors-sol Places, carrefours, pieds de façade,… Partout où le fleurissement de pleine terre est impossible, bacs et jardinières sont prêts à répondre au besoin de nature des citadins. Pourquoi s’en priver ? S Avril 2010 • Paysage Actualités 304059.GRP.indd 29 d’arbustes et de vivaces réduisant les interventions d’entretien sur ces bacs. Sous les yeux des passants. Dès la phase de conception, il est important de « penser » le contenant dans son environnement, essentiellement au niveau de sa situation dans l’espace. En centre-ville, les bacs et les compositions qu’ils accueillent se doivent d’être toujours parfaits, sans faute de goût, car sans cesse sous les yeux de nombreux passants. En périphérie, sur les sites moins fréquentés, on recherchera plutôt un aspect naturel. Le choix de la matière et de la couleur des bacs est capital pour leur bonne intégration dans l’univers urbain et pour s’accorder avec le style du lieu (historique, contemporain,…). On ne peut donc ignorer ces données et les choisir « à la légère ». Les bacs en bois ou en terre cuite, plus larges que hauts, sont plus rustiques, plus naturels. On les préfèrera pour les quartiers anciens, les sites d’habitats traditionnels et préservés… Le métal ou le plastique, les tailles géantes, les proportions insolites seront mieux adaptés à la modernité d’une ville nouvelle ou d’un centre commercial contemporain. Des silhouettes différentes. L’esthétique de la composition compte pour beaucoup au niveau de la qualité finale de l’aménagement. Les plantes, leurs teintes, leurs formes,… doivent s’adapter aux bacs. Une composition réussie doit marier 3 à 5 plantes (en nombre si possible impair), en camaïeu de couleurs. Chacune aura une silhouette différente, dressée, arrondie ou retombante. Pour un maximum de naturel, adoucissez les formes massives d’un choisya ou d’un ▲ ▲ ans le végétal, l’espace public ne veut plus dire grand-chose ! Tous ceux qui le fréquentent voient en effet dans ces plantes qui décorent leur ville la marque des saisons et la présence apaisante de la nature. Y compris dans ces contenants qui leur permettent de s’installer dans des endroits qui, a priori, ne sont pas faits pour elles. Autrefois dévolus au fleurissement saisonnier de printemps, d’été et d’automne, les « bacs à fleurs » faisaient bien triste mine en hiver. Aujourd’hui, avec l’introduction d’arbustes et de fleurs vivaces, on gagne en permanence, ce qui n’empêche pas d’ajouter, à chaque saison, une touche plus colorée avec ces fleurs annuelles, éphémères et traditionnelles : pensées, pâquerettes et primevères au printemps, géraniums et pétunias (ou surfinias) en été, chrysanthèmes à l’automne, la présence 29 23/03/10 14:40 Conception 3 F L E U R I S S E M E N T Les plantations hors-sol Gare aux microclimats. À moins d’envisager un stockage en orangerie durant l’hiver – possibilité de plus en plus rare –, les plantes permanentes (arbustes et vivaces) doivent s’adapter aux conditions climatiques de la région mais aussi du lieu. Ainsi, au nord de la Loire, le laurier-rose et l’oranger nécessiteront manutention et surcroît d’entretien car ils ne peuvent pas passer l’hiver en plein air. Tenez compte également des microclimats plus ou moins favorables que créent les constructions alentour : températures un peu plus élevées dans un univers minéral ensoleillé, courants d’air froids et violents pour une esplanade en hauteur et au milieu des immeubles… Pensez-y lors de la sélection végétale : les feuillages fins comme ceux des érables du Japon sont par exemple plus sensibles à l’effet desséchant des courants d’air. Enfin, même si le volume de terre des bacs de ville est important, il est préférable de faire son choix parmi les plantes les plus tolérantes à la sécheresse estivale et conservant un bel aspect, même en cas de forte chaleur. ■ Jean Pouillart La règle a ses exceptions Un conseil à retenir pour choisir ses bacs ? Les contenants de grande taille, comme ceux que l’on installe dans les espaces verts publics, sont assez onéreux. Il en existe qui peuvent se peindre et qui offrent ainsi la possibilité, à moindre frais, de renouveler, de temps à autre, le look des compositions en jouant sur la couleur. À quelle fréquence renouveler la végétation pérenne ? Pour un mélange d’arbustes et de vivaces, il est recommandé de prévoir un remodelage avec une taille sévère, un rempotage, une division, voire un changement de certaines espèces si nécessaire, en renouvelant cette opération tous les trois ans. Quelle compagnie pour les silhouettes graphiques ? Palmiers, phormiums, yucca, cordylines,… ont des formes particulières qui évoquent l’exotisme. Véritables sculptures végétales, ils se suffisent à eux-mêmes. Plantez-les en solitaire en couvrant la terre nue du bac d’un paillage minéral qui soulignera le dessin de leurs feuilles ou d’une plante super-tapissante (ophiopogon, nummulaire dorée, sedum nain,…). E. B. ● Une espèce unique et monochrome (contrairement à la règle du trio), dans des bacs dont la répétition et la disposition symétrique tant au niveau de la forme que des plantes contenues, attire le regard et valorise la végétation. ● Aucun contenant ne passe inaperçu avec des silhouettes « graphiques » (palmiers,…). ● Les associations « décalées » comme une silhouette haute et dressée avec une rampante comme un phormium sur un tapis d’ophiopogon sont recommandées. LES BONNES RÉPONSES DE L’EXPERT PHOTOS : GLOBE PLANTER ▲ laurier-tin par une plante vaporeuse, élancée : un fenouil officinal, un pennisetum… Chaque plante y sera le faire-valoir de ses voisines, aucune ne ravira la vedette aux autres, toutes contribuant à l’impression d’ensemble, à l’ambiance générale du lieu. Réalisé en partenariat avec Globe Planter. Pour en savoir plus : www.globeplanter.com 30 304059.GRP.indd 30 Comment minimiser l’entretien des plantes en bac ? Quelle place doit-on accorder aux fleurs saisonnières ? Le fait de choisir comme base de la composition des plantes vivaces et des arbustes évite les grands changements saisonniers des bacs d’annuelles. Par ailleurs, si vous privilégiez les espèces qui s’entretiennent un peu toutes seules comme les coreopsis, les gaillardias, les rudbeckias, les graminées ou les rosiers sans contrainte, vous allègerez vos opérations d’entretien… Les fleurs saisonnières permettent de renouveler la composition qui a été mise en place dans le bac, saison après saison. Une proportion d’un tiers de plantes saisonnières sera généralement suffisante pour assurer un bel effet tout en conservant une bonne place à la végétation plus pérenne. Pour cette dernière, pensez aux feuillages persistants qui vont assurer le décor en hiver. Paysage Actualités • Avril 2010 23/03/10 14:40