Les plantations hors-sol

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Les plantations hors-sol
Conception
E. B.
FLEURISSEMENT7
Les plantations hors-sol
Places, carrefours, pieds de façade,… Partout où le fleurissement de pleine terre est impossible,
bacs et jardinières sont prêts à répondre au besoin de nature des citadins. Pourquoi s’en priver ?
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d’arbustes et de vivaces réduisant les interventions d’entretien sur ces bacs.
Sous les yeux des passants. Dès la
phase de conception, il est important de « penser » le contenant dans son environnement,
essentiellement au niveau de sa situation dans
l’espace. En centre-ville, les bacs et les compositions qu’ils accueillent se doivent d’être
toujours parfaits, sans faute de goût, car sans
cesse sous les yeux de nombreux passants. En
périphérie, sur les sites moins fréquentés, on
recherchera plutôt un aspect naturel. Le choix
de la matière et de la couleur des bacs est capital pour leur bonne intégration dans l’univers
urbain et pour s’accorder avec le style du lieu
(historique, contemporain,…). On ne peut
donc ignorer ces données et les choisir « à la
légère ». Les bacs en bois ou en terre cuite, plus
larges que hauts, sont plus rustiques, plus naturels. On les préfèrera pour les quartiers anciens, les sites d’habitats traditionnels et préservés… Le métal ou le plastique, les tailles
géantes, les proportions insolites seront mieux
adaptés à la modernité d’une ville nouvelle ou
d’un centre commercial contemporain.
Des silhouettes différentes. L’esthétique de la composition compte pour beaucoup au niveau de la qualité finale de l’aménagement. Les plantes, leurs teintes, leurs
formes,… doivent s’adapter aux bacs. Une
composition réussie doit marier 3 à 5 plantes
(en nombre si possible impair), en camaïeu
de couleurs. Chacune aura une silhouette
différente, dressée, arrondie ou retombante.
Pour un maximum de naturel, adoucissez les
formes massives d’un choisya ou d’un
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ans le végétal, l’espace public ne veut
plus dire grand-chose ! Tous ceux qui
le fréquentent voient en effet dans
ces plantes qui décorent leur ville la marque
des saisons et la présence apaisante de la nature. Y compris dans ces contenants qui leur
permettent de s’installer dans des endroits
qui, a priori, ne sont pas faits pour elles. Autrefois dévolus au fleurissement saisonnier
de printemps, d’été et d’automne, les « bacs
à fleurs » faisaient bien triste mine en hiver.
Aujourd’hui, avec l’introduction d’arbustes
et de fleurs vivaces, on gagne en permanence,
ce qui n’empêche pas d’ajouter, à chaque
saison, une touche plus colorée avec ces fleurs
annuelles, éphémères et traditionnelles :
pensées, pâquerettes et primevères au printemps, géraniums et pétunias (ou surfinias)
en été, chrysanthèmes à l’automne, la présence
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Les plantations hors-sol
Gare aux microclimats. À moins d’envisager un stockage en orangerie durant l’hiver
– possibilité de plus en plus rare –, les plantes
permanentes (arbustes et vivaces) doivent
s’adapter aux conditions climatiques de la région mais aussi du lieu. Ainsi, au nord de la
Loire, le laurier-rose et l’oranger nécessiteront
manutention et surcroît d’entretien car ils ne
peuvent pas passer l’hiver en plein air. Tenez
compte également des microclimats plus ou
moins favorables que créent les constructions
alentour : températures un peu plus élevées
dans un univers minéral ensoleillé, courants
d’air froids et violents pour une esplanade en
hauteur et au milieu des immeubles… Pensez-y lors de la sélection végétale : les feuillages
fins comme ceux des érables du Japon sont
par exemple plus sensibles à l’effet desséchant
des courants d’air. Enfin, même si le volume
de terre des bacs de ville est important, il est
préférable de faire son choix parmi les plantes
les plus tolérantes à la sécheresse estivale et
conservant un bel aspect, même en cas de forte
chaleur. ■ Jean Pouillart
La règle a ses exceptions
Un conseil à retenir
pour choisir ses bacs ?
Les contenants de grande taille, comme
ceux que l’on installe dans les espaces
verts publics, sont assez onéreux.
Il en existe qui peuvent se peindre
et qui offrent ainsi la possibilité,
à moindre frais, de renouveler,
de temps à autre, le look
des compositions en jouant
sur la couleur.
À quelle fréquence
renouveler
la végétation
pérenne ?
Pour un mélange d’arbustes et
de vivaces, il est recommandé
de prévoir un remodelage
avec une taille sévère, un
rempotage, une division, voire
un changement de certaines
espèces si nécessaire, en
renouvelant cette opération
tous les trois ans.
Quelle compagnie
pour les silhouettes
graphiques ?
Palmiers, phormiums, yucca,
cordylines,… ont des formes
particulières qui évoquent l’exotisme.
Véritables sculptures végétales, ils se
suffisent à eux-mêmes. Plantez-les en
solitaire en couvrant la terre nue du
bac d’un paillage minéral qui soulignera
le dessin de leurs feuilles ou d’une
plante super-tapissante (ophiopogon,
nummulaire dorée, sedum nain,…).
E. B.
● Une espèce unique
et monochrome
(contrairement à la
règle du trio), dans des
bacs dont la répétition
et la disposition
symétrique tant au
niveau de la forme que
des plantes contenues,
attire le regard et
valorise la végétation.
● Aucun contenant ne passe inaperçu avec
des silhouettes « graphiques » (palmiers,…).
● Les associations « décalées » comme
une silhouette haute et dressée avec une
rampante comme un phormium sur un tapis
d’ophiopogon sont recommandées.
LES BONNES RÉPONSES DE L’EXPERT
PHOTOS : GLOBE PLANTER
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laurier-tin par une plante vaporeuse, élancée : un fenouil officinal, un pennisetum…
Chaque plante y sera le faire-valoir de ses voisines, aucune ne ravira la vedette aux autres,
toutes contribuant à l’impression d’ensemble,
à l’ambiance générale du lieu.
Réalisé en partenariat
avec Globe Planter.
Pour en savoir plus :
www.globeplanter.com
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Comment minimiser
l’entretien des plantes en bac ?
Quelle place doit-on accorder
aux fleurs saisonnières ?
Le fait de choisir comme base de la composition
des plantes vivaces et des arbustes évite les grands
changements saisonniers des bacs d’annuelles.
Par ailleurs, si vous privilégiez les espèces
qui s’entretiennent un peu toutes seules comme
les coreopsis, les gaillardias, les rudbeckias,
les graminées ou les rosiers sans contrainte,
vous allègerez vos opérations d’entretien…
Les fleurs saisonnières permettent de renouveler
la composition qui a été mise en place dans le bac,
saison après saison. Une proportion d’un tiers de
plantes saisonnières sera généralement suffisante
pour assurer un bel effet tout en conservant une
bonne place à la végétation plus pérenne. Pour cette
dernière, pensez aux feuillages persistants qui vont
assurer le décor en hiver.
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