EXPLICATION DE TEXTE DE LITTÉRATURE Le déroulement de l
Transcription
EXPLICATION DE TEXTE DE LITTÉRATURE Le déroulement de l
EXPLICATION DE TEXTE DE LITTÉRATURE Le déroulement de l'épreuve L'épreuve d'explication de texte se déroule en anglais, et comprend un exposé de trente minutes suivi de dix à quinze minutes de questions. Le candidat dispose de deux heures de préparation, au cours desquelles il a en main un exemplaire du texte qu'il peut annoter et surligner comme il le souhaite ; il a également accès à un dictionnaire unilingue et à un exemplaire de l'ouvrage au programme dont ce texte est tiré, afin de pouvoir situer sans problème l'extrait proposé. Il peut aussi disposer de cet ouvrage pendant l'épreuve, et s'y référer s'il souhaite faire une allusion à un autre passage du livre. Rappelons, cependant, que si un rappel peut être fort bienvenu, l'excès d'allusions détourne vite du texte et conduit au hors sujet ; l'explication de texte donne alors l'impression d'être une leçon déguisée, le candidat n'osant pas vraiment se confronter au passage proposé (Lord Jim en particulier semblait cette année inciter au résumé du roman). Il faut donc se limiter à une ou deux références pertinentes, de crainte de perdre un temps précieux. Le temps de préparation est en fait assez bref, puisqu'il faut prendre en compte les divers aspects du texte et construire l'exposé. Le candidat doit donc s'être entraîné au cours de l'année, afin de mettre en place les réflexes qui permettent d'être clair malgré la tension inévitable le jour de l'oral. L'exercice demande de manier avec aisance la langue ; les notes sont systématiquement vérifiées par le jury, et ne doivent pas être rédigées, sauf en ce qui concerne l'introduction et la conclusion. Le candidat a droit à autant de feuilles de brouillon qu'il le souhaite ; mais elles ne doivent comporter que des éléments de plan et des indications succinctes, et non des paragraphes et des phrases entières. Il s'agit de favoriser la communication et l'échange avec le jury. Un candidat trop prisonnier de ses notes aura tendance à baisser les yeux, à parler d'un ton monocorde, à ne pas respecter la durée de la présentation, et à ne pas saisir le sens des questions lors de l'entretien. Or tout futur pédagogue doit savoir communiquer ; un exposé de moins de vingt minutes n'a guère de chances de convaincre, et il est dommage de voir au contraire aborder une troisième partie prometteuse à l'orée des trente minutes réglementaires. Le jury a été surpris cette année par la naïveté de certains candidats qui ne connaissaient guère les règles de l'épreuve : dialogue au cours de l'entretien ne veut pas dire reposer systématiquement les questions au jury, ni demander en sortant si c'était bien cela qu'il fallait voir dans le texte. Tout ce travail de préparation doit se faire en amont, et l'on attend précision et correction le jour de l'épreuve. La lecture et le ton Le premier élément de l'exercice, c'est la lecture d'un extrait du passage. Le candidat ne doit pas l'omettre ; pour ce faire, mieux vaut lire le plus tôt possible, soit à la fin de l'introduction, soit d'entrée de jeu, pour placer la voix et se donner un temps de respiration avant l'exposé proprement dit. Traditionnellement, les candidats lisent plutôt le début du texte, même s'il est possible de choisir un autre passage. C'est le jury qui fixe la longueur de la lecture ; il arrête donc le candidat après quelques lignes. Certes, il s'agit d'un exercice de prononciation, mais le jury a été très sensible à certains candidats qui ont su mettre en valeur dès la lecture le texte étudié, rendant la mélancolie perverse de Dowell, le rythme enjoué de « Tam O'Shanter », ou encore l'ambiguïté lyrique de Richard II. Le plan La question du plan inquiète souvent les candidats. Le jury n'a pas à cet égard d'attentes spécifiques ; tout plan cohérent est par nature convaincant. Mieux vaut un plan en deux ou quatre parties qu'un plan en trois parties artificielles qui se recoupent et ne présentent pas de véritable problématique. Certes, le plan en trois parties est sans doute le plus facile à suivre pour l'auditoire, mais ce n'est pas une exigence absolue. De même, un plan linéaire qui découperait le texte en mouvements significatifs et en viendrait donc à poser une problématique peut être parfaitement pertinent. Il faut néanmoins signaler que ce type de plan comporte un risque de paraphrase, et qu'il est donc nécessairement, malgré les apparences, plus périlleux. Le plan doit émerger de manière organique de la lecture pour mettre en valeur les aspects repérés. Il n'existe donc pas de plan passe-partout ; il faut bien lire et relire un texte, sans en négliger la fin, puisque la découpe choisie peut mettre en lumière un mouvement, afin de bâtir un plan qui, tout en sélectionnant nécessairement, ne laissera pas dans l'ombre un aspect crucial du passage. D'autre part, il convient de situer le passage en introduction, pour en définir brièvement la nature (importance structurelle dans la diégèse, dialogue ou description, ton), avant d'annoncer très nettement la problématique (c'est-à-dire, en fait, l'axe de lecture choisi) et le plan. Le plan doit en effet se détacher dans l'introduction ; certains candidats, par souci de légèreté et d'élégance, pour ne pas être trop scolaires, ont tendance à gommer cette dimension de la présentation. Or, la formulation du plan doit être concise mais claire ; mieux vaut ralentir le débit et bien poser les bases de l'exposé. Le jury est sensible, par la suite, aux transitions, aux articulations qui permettent de passer nettement d'une partie à l'autre. Inutile, cependant, d'exagérer : annoncer des sous-parties à l'excès alourdit et fait perdre du temps. Les candidats doivent également s'entraîner pour trouver le bon rythme ; une présentation survoltée peut créer un curieux décalage, noyant les éléments pertinents sous un flot de mots ; à l'inverse, certains candidats ont fait preuve cette année d'un débit vraiment trop lent, dictant chaque mot, si bien qu'à l'arrivée le temps réel de parole avait diminué et l'exposé était pauvre. Seul l'entraînement permet de trouver l'équilibre. La dimension textuelle Cela devrait être une évidence : lors de la présentation, outre l'analyse thématique, symbolique, il convient bien sûr de prêter constamment attention à la lettre du texte, surtout s'il s'agit de poésie. Cette simple dimension permettrait d'éviter paraphrase et psychologisme ; s'il faut toujours s'appuyer sur le texte, ne jamais le perdre de vue, c'est pour traiter de son fonctionnement, de ses effets de sens. L'analyse de Shakespeare ou de Burns requiert des outils précis ; le jury attend des candidats qu'ils sachent rendre compte en profondeur des aspects poétiques. Le jeu sur les rimes, le choix du type de vers, le ton, les croisements ou répétitions, sont des éléments de base. Sans exiger une maîtrise étourdissante de la scansion, le jury ne peut que s'étonner de voir que certains candidats plaquent partout le rythme iambique, là où c'est précisément la variation qui fait sens. Le registre peut également appeler au questionnement. Une candidate a affirmé à propos de « Address to the Unco Guid and the Rigidly Righteous » qu'il s'agissait d'un poème uniquement en anglais ; à la réflexion, lors des questions, elle a fini par reconnaître un ou deux termes vaguement écossais, mais le poème restait remarquable par sa tonalité anglaise. S'il ne faut pas se contredire uniquement par souci de plaire au jury, il est bon aussi de prêter attention lors de l'entretien, et de s'ouvrir aux suggestions du jury. L'entretien L'entretien est très important et vient moduler la note ; c'est aussi la dernière impression laissée par le candidat. Il faut être capable de remettre en jeu l'analyse et de prendre conscience de contresens le cas échéant, de parvenir à bâtir une nouvelle interprétation ; parfois, il s'agit au contraire de simplement clarifier un point que le jury a apprécié. Une question ne veut pas dire forcément une contestation ; mais, si c'en est une, il est bon de l'entendre. Le jury a apprécié nombre de candidats qui savaient avec bonheur s'engager dans une véritable discussion, sans se raidir ni se fermer. Toute question est une perche tendue, et il ne faut pas aborder l'entretien comme une course d'obstacles dont on se défierait. Le maniement des concepts Les candidats les plus brillants savent à merveille exploiter la matière du texte et en restituer la tonalité, en l'éclairant de perceptions très fines. La prose passionnée de De Quincey a su inspirer des lectures qui prenaient en compte le rythme, la ponctuation, le registre de langue, les allusions et citations, sans oublier le paratexte, les notes, ou les omissions, les blancs. Si Shakespeare est l'un des auteurs les plus difficiles à aborder pour les candidats, c'est aussi à l'évidence l'auteur par excellence qui se prête aux analyses les plus subtiles. Si le jury a souvent été déçu par des lectures de Burns qui prenaient les poèmes à contresens (la rencontre avec la mort dans « Death and Dr Hornbook » comme anagnorisis tragique qui prouve que Burns était maniacodépressif), il a en revanche en mémoire des candidats qui proposaient leur lecture avec la vigueur qui convenait à cet auteur atypique ; une magnifique analyse de « Tam O'Shanter » a ainsi misé sur l'humour, jouant avec bonheur sur fond et forme avec un brio remarquable. Il convient donc avant tout de respecter le ton du passage. L'explication de texte reste un exercice qui demande au plus haut point rigueur et finesse, parce qu'il faut parvenir à sélectionner parmi tous les éléments que le candidat a en tête ceux qui sont pertinents. Le plaquage est une tentation redoutable, et nombreux sont les dérapages, que la nervosité et le temps de préparation peuvent entraîner. Le jury souhaite inciter les candidats à approfondir leur connaissance des concepts qu'ils vont manier, notions de base mais souvent extrêmement complexes comme l'ironie. Dans le cas de Flannery O'Connor, par exemple, il faut maîtriser la stratégie d'écriture de la nouvelle, la mise en tension entre l'histoire et la fin. Un passage tiré du début d'une nouvelle a donc fort peu de chances de mettre en scène une illumination mystique, et jouera plutôt sur l'hubris ou le grotesque. Les candidats ont eu tendance à plaquer sans ménagement une interprétation mystique simpliste en forçant le texte, et à n'en point démordre. A l'inverse, certains paraissaient offensés d'avoir à préciser telle ou telle allusion biblique ; le fait d'être croyant ou pas n'intervient certes pas dans l'épreuve, mais il faut être capable d'analyser l'esthétique d'un auteur, et donc de rendre compte des références intertextuelles ou symboliques évidentes. Il est ainsi difficile de décrire l'enfant qui s'imagine non pas sainte, parce que c'est un peu trop présomptueux, mais martyre pourvu que la mort soit rapide, et qui s'invente des lions et un scénario qu'elle joue et rejoue avec délice, sans songer à l'humour et l'ironie. De même, The Good Soldier pose un défi permanent aux candidats, qui savent tous que le narrateur n'est pas fiable, mais qui ont plus de mal à cerner l'ironie et le mensonge, et ont tendance à plaquer à tout prix du doute là où il n'y en a guère, et a contrario à prendre pour argent comptant des éléments visiblement perfides et délibérément trompeurs. C'est un livre qui requiert une grande maîtrise de l'outil narratologique ; il fait la différence entre la lecture subtile et le plaquage qui dérape inévitablement. S'il a été souvent surpris par des lectures ternes, voire très décevantes, le jury a également été séduit par des analyses brillantes qui proposaient une véritable dynamique, une stratégie de dévoilement progressif, afin de rendre compte des effets textuels, de la construction du doute, du mensonge, de l'ironie ou du pathos, du renversement dramatique, des changements de rythme. Le jury sait gré à ces candidats qui soulignaient avec aisance la texture, la rythmique du texte, et qui faisaient la preuve, souvent avec le sourire, de leur sensibilité littéraire et de leurs qualités d'enseignants. La qualité de la langue Enfin, outre la conceptualisation et l'analyse textuelle, le jury souhaiterait attirer l'attention sur un dernier écueil, le registre. L'épreuve, en effet, est longue et l'attention se relâche parfois, la langue devient moins spontanée qu'exsangue et familière. Or, l'on attend une certaine qualité littéraire de la prestation. L'explication de texte, comme l'épreuve de synthèse hors programme, est aussi le lieu d'une évaluation de la langue ; divers critères sont pris en compte, qu'il s'agisse de notions de base comme les phonèmes, l'accentuation, ou de qualités comme la communication, et la qualité littéraire de la langue. Quelques exemples de textes Voici quelques exemples de textes proposés ; la longueur du texte dépend de la richesse, de la difficulté ou de la logique du passage proposé. -Robert Burns, « Address to the Unco Guid and the Rigidly Righteous », pp. 83-85. -William Shakespeare, Richard II, III.3, pp. 112-114 (From « Enter with drum and colour Bolingbroke, York, Northumberland, attendants and soldiers » to « king Richard appeareth on the walls with the Bishop of Carlisle, Aumerle, Scroop and Salisbury ») William Shakespeare, Richard II, III.2, pp. 109-110 (From « Where is the Duke, my father, with his power? » to « How can you say to me I am a king? ») William Shakespeare, Richard II, V.6, pp. 157-159 (From « Flourish. Enter King Henry with the Duke of York, other lords, and attendants » to « In weeping after this untimely bier ») -Flannery O'Connor, « A Circle in the Fire », pp. 192-193 (From « They began to dress » to « as if the prophets were dancing in the fiery furnace, in the circle the angels had cleared for them ») -Flannery O'Connor, « A Temple of the Holy Ghost », pp. 242-244 (From « She could hear the distant sound of the calliope » to « and got back in bed and kept repeating it until she went to sleep ») -Ford Madox Ford, The Good Soldier, pp. 63-64 (From « I wonder, though, how Florence got the doctor to enter the conspiracy » to « That would be enough, and a conscientious desire to keep our money on the Continent ») -Ford Madox Ford, The Good Soldier, pp. 79-80 (From « I have come to be very much a cynic in these matters » to « Well, I must get back to my story ») Catherine LANONE LEÇON DE LITTÉRATURE Cette année, l’épreuve de leçon a donné lieu à de très bonnes prestations, de la part de candidats qui étaient apparemment familiers de cet exercice qui est plus difficile qu’il n’y paraît. En effet, il est nécessaire de s’y préparer correctement, car cette épreuve exige tout d’abord de bien savoir utiliser les cinq heures de préparation. On note que certaines leçons sont beaucoup trop courtes (à peine 20 minutes, voire 15), alors que l’épreuve est censée durer 30 minutes, sans compter les 10 à 15 minutes de questions posées par le jury. Attention donc à une mauvaise gestion du temps de préparation. En outre, le candidat ne doit pas lire un texte entièrement rédigé mais se présenter devant le jury avec des notes organisées. Seules l’introduction et la conclusion peuvent être rédigées, mais là encore, le candidat doit donner l’impression d’improviser. Il doit savoir enfin que les questions qui lui sont posées à l’issue de sa présentation ne sont pas des pièges destinés à le faire trébucher, mais bien des perches tendues pour rattraper ou compléter sa prestation. Rappelons que les candidats ont le choix entre deux sujets sur deux œuvres différentes. Le sujet peut comporter un ou plusieurs termes, ou bien une citation extraite de l’œuvre (les références précises sont données) avec ou sans précision de sujet. Une fois le sujet choisi, il convient de bien l’analyser. S’il s’agit d’une citation (comme « The lamentable tale of me dans Richard II »), il faut prendre soin d’en examiner chaque terme et de se reporter au contexte d’où elle est extraite, puisque celui-ci peut aider à la problématisation de la leçon. S’il s’agit d’un ou de plusieurs termes, les dictionnaires mis à la disposition des candidats peuvent s’avérer utiles. Ce sont des dictionnaires anglais unilingues, qui peuvent cependant aider à bâtir une problématique plus riche. Par exemple, pour le sujet proposé cette année sur « La perspective dans Richard II », le dictionnaire anglais, au mot « perspective », pouvait mettre les candidats sur la piste de la perspective théâtrale, aspect du sujet qui a malheureusement été négligé. Beaucoup de glissements ont été remarqués : ainsi, le pardon est devenu la rédemption dans le sujet sur O’Connor « Une dialectique de la damnation et du pardon » ; dans le sujet « Marges et vagabondages dans les Confessions », le terme « vagabondages » a été assimilé à « quête » et « exploration » ; dans un sujet sur « La mystification dans Richard II », une partie de la leçon a été consacrée au « mythe », ce qui constituait un contresens. En revanche, l’introduction ne doit pas consister en une liste de définitions possibles des termes du sujet trouvées dans le dictionnaire, sans problématisation aucune. Attention donc à l’utilisation du dictionnaire : s’il est indubitablement une aide pour le candidat, il peut aussi se révéler un piège lorsqu’il est mal utilisé. Le jury n’a pas d’idée préconçue sur le traitement du sujet : le candidat a donc toute liberté pour construire son exposé, si celui-ci s’appuie sur une problématique claire et qu’il est étayé par des citations. Au cours de l’introduction, une fois la problématique clairement explicitée, les candidats ne doivent pas hésiter à annoncer clairement leur plan, sans précipitation. Ils faciliteront ainsi la tâche des membres du jury. De même, au cours de l’exposé, les références des citations doivent être clairement données. En pratique, il est utile de préciser le numéro de page de l’exemple cité, voire de repérer le passage sur la page (haut, milieu, bas de page, numéro du vers, etc.). Les citations, qui sont censées étayer la pensée du candidat, doivent être lues puis analysées, y compris dans leurs aspects formels, et non seulement thématiques. Elles doivent être choisies dans l’œuvre dans son entier, et non pas toujours dans le même passage, ce qui fut parfois le cas cette année pour certains candidats. Beaucoup de candidats pensent que la construction d’un plan est la difficulté majeure de cette épreuve. Or plus que le plan, c’est la problématique qui est importante. Le plan découlera d’une problématique riche, bien définie et bien analysée. Un des écueils à éviter est la séparation du fond et de la forme dans la construction du plan. Il est bien sûr indispensable d’aborder les aspects formels de l’œuvre et l’analyse textuelle, mais certains en font la teneur unique et exclusive de leur dernière partie, solution qui n’est pas des plus heureuses. L’autre erreur notable est l’absence totale de remarques sur la forme. A noter que la problématique ne doit jamais séparer les termes du sujet lorsque l’intitulé en comprend plusieurs. Dans le sujet « L’art du chant et du conte dans les Selected Poems de Burns », les deux termes « chant » et « conte » ne devaient bien sûr pas être examinés successivement, mais intégrés dans une réflexion commune. Enfin, le jury a parfois déploré le manque de culture générale des candidats, dont on peut raisonnablement attendre qu’ils aient davantage que de vagues connaissances sur des concepts tels que le romantisme ou l’épopée. Le contexte des œuvres doit également pouvoir être utilisé dans la réflexion sur le sujet. On ne saurait trop rappeler aux candidats qu’ils doivent s’entraîner le plus tôt possible à faire des leçons, et à s’exprimer dans une langue claire, de préférence non jargonnante, et d’un registre élevé (pas d’expressions relâchées comme « Richard en fait beaucoup trop », par exemple). Rappelons ici que « bien que » est suivi du subjonctif, que « par » peut avantageusement remplacer « de par », et qu’une accumulation de « nous avons aussi » n’est pas du plus bel effet. Exemples de couples de leçons : La dualité dans Confessions of an English Opium-Eater / Langage et violence dans Richard II. Confessions of an English Opium-Eater : les illuminations / L’inhumain dans The Complete Stories (O’Connor) Le secret dans Lord Jim / L’impensable dans Sophie’s Choice. La grâce et le grotesque dans The Complete Stories/ Le mensonge des mots dans Richard II. Identité et identification dans The Good Soldier / Le corps dans Sophie’s Choice. Silences dans The Good Soldier/ « His words come from his mouth, ours from our breast » : rhétorique et sincérité dans Richard II. L’écriture de la mémoire dans The Good Soldier / « The power of sentences has nothing to do with their sense » (Lord Jim). L’écriture du moment dans The Complete Stories/ « Familiar Objects » dans Confessions. L’impertinence dans les Selected Poems (Burns) / « It is difficult to give an all-round impression of any man » (Good Soldier, p. 101). Stéphanie DROUET-RICHET et Christine SUKIC EXPLICATION DE TEXTE DE CIVILISATION Le jury a eu la satisfaction d’entendre un certain nombre de commentaires construits, clairs, pertinents, dont certains, particulièrement denses ou brillants, ont été dûment récompensés par des notes élevées. Mais il a également constaté que beaucoup de candidats semblaient démunis devant l’exercice. Les cinq recommandations qui suivent n’ont d’autre but que d’aider les futurs candidats à aborder sereinement l’épreuve de commentaire de texte dans le cadre de l’option « civilisation » : 1) Dans toutes les circonstances, le texte doit rester la base de travail : il convient de le lire avec la plus grande attention, puis de le soumettre à un « traitement » à la fois externe (nature du document, destinataire, objectif, contexte) et interne (sens, idées principales, cohérence, tonalité, formules marquantes, allusions signifiantes, etc.). C’est de cette double démarche critique que naîtra un commentaire de document à la fois personnel et organisé. 2) Le document proposé ne doit en aucun cas constituer un prétexte à récitation de cours, solution de facilité qui produit presque fatalement des exposés prévisibles, ennuyeux et hors sujet. 3) Il est important de soigner les titres des parties de l’exposé, en consacrant à leur mise au point le temps et l’énergie nécessaires lors de la préparation : les formulations maladroites, trop longues ou mal adaptées nuisent toujours à la clarté et à la cohérence du propos. Un bon titre doit être bref et efficace - sa fonction est de permettre à l’auditoire de suivre la progression de la réflexion. 4) Lorsque le texte est tiré d’une œuvre au programme (ce qui était le cas cette année pour deux questions de civilisation sur trois - News from Nowhere et A Mencken Chrestomathy), une brève situation dans le cadre de cette œuvre paraît la moindre des choses. 5) L’épreuve de commentaire de texte est l’occasion pour les candidats de démontrer leurs capacités personnelles d’analyse et de réflexion à partir d’un document donné. Trop de candidats se contentent de remarques convenues, sans saveur et sans relief, comme s’il existait sur chaque question du programme une pensée officielle. Il faut souligner à nouveau que le sérieux et la prudence ne doivent pas exclure l’engagement et la personnalité. Rappelons également que l’épreuve de commentaire de texte donne lieu à l’attribution, selon des critères objectifs, d’une note d’anglais oral : le jury a parfois été surpris par la mauvaise qualité linguistique de certaines prestations– heureusement peu nombreuses, mais sévèrement sanctionnées. On observera pour finir que la culture générale de certains candidats laisse parfois à désirer : ignorance des données les plus élémentaires de la vie politique, connaissance approximative de l’histoire du XXe siècle. Et l’on mentionnera pour mémoire, et non sans mélancolie, certaines lacunes « culturelles » - un seul exemple suffit : ce candidat incapable de comprendre l’allusion à la tirade « The Seven Ages of Man » dans un texte de Mencken sur l’école. Bernard GENTON LEÇON DE CIVILISATION Cette année encore, le jury a eu le plaisir d’entendre plusieurs leçons de qualité : claires, vives, structurées et bien argumentées, fondées sur une solide connaissance de la question, étayées par des références judicieuses à l’œuvre et à son contexte. Ces bonnes prestations avaient en commun de proposer une lecture personnelle du sujet. D’autres candidats en revanche, pris au piège de leurs connaissances, n’ont pas su prendre le recul nécessaire à leur mise en perspective. Si l’on nourrit son exposé de ses cours et lectures, on le construit avec sa réflexion et son intelligence propres, et on le présente avec ses mots, son aptitude à communiquer et sa force de conviction. Celle-ci est bien entendu liée à la qualité de l’expression : richesse, tenue et correction d’une langue exempte de jargon, de formules creuses et d’anglicismes, voix bien posée, assurance (mais non arrogance) du ton, du débit et du propos, bon contact oculaire avec le jury. La leçon n’est pas un exercice de style, c’est une épreuve de réflexion et d’argumentation. Pour être convaincant, encore faut-il être convaincu. Pour cela, il importe de faire sien le sujet, de se l’approprier – bref, de faire ce que l’on attend de tout enseignant qui, comme le soulignait le rapport du jury de 2004, “ doit être capable de penser de manière autonome ”. Rappelons que les candidats ont le choix entre deux sujets tirés de deux questions au programme différentes. Ils disposent de cinq heures de préparation, puis de trente minutes au maximum pour présenter leur leçon à partir de notes succinctes, seules l’introduction et la conclusion pouvant être rédigées (ce que vérifie le jury à la fin de l’épreuve). La présentation du candidat est suivie d’un entretien avec le jury de quinze minutes au maximum. A plusieurs reprises, le jury a pu constater que la qualité d’une prestation pouvait être inversement proportionnelle à la “ facilité ” supposée du sujet : alors qu’une question d’apparence rétive oblige le candidat à mobiliser ses capacités d’analyse, un sujet d’un abord plus aisé peut devenir prétexte à la terne récitation d’un cours. Comme pour l’épreuve écrite de dissertation en français, les sujets sont de type “ notionnel ” ou “ citationnel ”. Pour les uns comme pour les autres, il est indispensable d’examiner le libellé avec la plus grande attention, de s’assurer que tous les termes en sont bien compris, de tenir compte de leur éventuelle polysémie. Pour procéder à ces vérifications, qui peuvent les guider dans le choix du sujet, les candidats ont accès à deux dictionnaires unilingues, l’un britannique, l’autre américain. Le recours à ces outils de travail aurait permis aux candidats travaillant sur “ Pragmatisme et dogmatisme dans la Réforme henricienne ” de ne pas restreindre le dogmatisme au seul champ théologique, et d’inclure le politique à leur réflexion (les dogmes de la légitimité dynastique et de la souveraineté nationale). Autre exemple de sujet qui n’a pas donné lieu à toutes les vérifications nécessaires et possibles, cette citation de G.R. Elton (England under the Tudors, 1955), “ So far from attempting to build a despotism in England, Thomas Cromwell was that country’s first parliamentary statesman. ” Comme l’indiquent les dictionnaires, un statesman est plus qu’un simple politician, c’est un homme d’Etat, capable de transcender les clivages partisans au service du bien commun. Tenir compte du sens précis de ce mot aurait permis d’introduire la notion de “ commonwealth ” dans la réflexion sur le sujet. De même, il importe de distinguer “ schisme ” et “ réforme ”, “ conservateur ” et “ réactionnaire ” (Mencken), ou deux acceptions de “ culture ”, la normative et l’anthropologique, pour bien aborder un sujet tel que “ Culture du peuple et culture de l’élite ” (Morris). Chaque terme ayant ainsi été soupesé, il convient de leur accorder un traitement équilibré : consacrer les trois-quarts de sa présentation à la première ligne d’un sujet citationnel qui en comporte quatre n’est pas plus judicieux que de traiter “ Mencken : the sage of Baltimore ” sans tenir compte des connotations négatives (point de vue provincial, voire étriqué) qu’évoque la référence à cette ville. “ Plusieurs candidats brûlent leurs vaisseaux dans des introductions trop développées pleines de détails inutiles ”, déplorait le rapport de 2004. Cette année, les citations portant sur “ Le schisme d’Henri VIII ” ont parfois donné lieu à des développements sur l’historiographie de la question bien trop longs et complexes pour une introduction. C’est dès celle-ci que l’on doit s’efforcer de distinguer l’essentiel de l’accessoire, formuler des hypothèses que l’on examinera à l’épreuve des faits et des écrits (dans le développement), et poser une problématique — en se rappelant qu’une série de questions ne constitue pas une problématique : elle risque d’alourdir la démarche, plutôt que de l’éclairer. A connaissances égales, deux prestations peuvent être aux antipodes l’une de l’autre, selon que le candidat aura ou non pris le soin (et le temps : il n’est pas perdu !) de dégager une problématique, qui va lui permettre de structurer son discours. Par exemple, le jury a entendu deux leçons sur “ Le schisme et la politique étrangère de l’Angleterre (1521-1540) ”. D’une part un exposé narratif ne faisant que juxtaposer les deux questions, sans s’interroger sur le rapport de consécution introduit par “ et ” ; d’autre part un bel exemple de pensée en action, articulée autour d’une problématique portant sur les principes fondant le schisme et la politique étrangère, et d’une hypothèse : l’affirmation de la souveraineté nationale constituait leur fondement commun. On le voit, il ne s’agit pas d’une révélation. Une leçon d’agrégation n’est pas une soutenance de thèse. Ce qui importe, en l’occurrence, c’est d’avoir posé une question pertinente, d’avoir structuré l’exposé autour de celle-ci et organisé ses connaissances de façon à proposer une démonstration personnelle; bref, d’avoir mené une réflexion autonome, informée et cohérente. La leçon n’est pas un sprint, mais une course de fond, pour laquelle il importe de ne pas épuiser ses ressources d’emblée. Décoché d’entrée, un trait de génie risquerait de passer inaperçu du jury qui, aussi concentré et attentif soit-il, a quand même besoin de quelques secondes pour se faire à la voix, à la diction et au volume sonore du candidat. Le jury doit toujours pouvoir suivre les étapes du raisonnement. Or, contrairement à l’écrit, il ne peut revenir en arrière. Aussi importe-t-il d’annoncer clairement le plan à la fin de l’introduction, quitte à sacrifier l’élégance sur l’autel de l’intelligibilité : le jury essaie de prendre bonne note du plan proposé, et se met à la place des futurs élèves du candidat si les propos abscons de celui-ci, ou la longueur exagérée du titre de chacune de ses parties, lui compliquent la tâche. Le plan a pour fonction d’organiser la réflexion de façon logique, progressive et dynamique, en deux, trois ou quatre parties équilibrées, reliées les unes aux autres par des transitions mettant en évidence la cohérence et la progression de la démonstration. Une fois le plan annoncé, il convient bien sûr de s’y tenir. A plusieurs reprises, les membres du jury se sont demandé à l’issue d’une prestation où donc était passée l’une ou l’autre partie annoncée dans l’introduction mais apparemment oubliée ou très mal identifiée au fil du développement. Aboutissement de cette progression, la conclusion permet au candidat de mener à terme sa démonstration avec rigueur et vigueur. Le jury a constaté une tendance à faire de la conclusion (et, parfois, de la dernière partie du développement) un “ fourre-tout ” rassemblant ce que les candidats n’avaient pas su placer ailleurs. De toute évidence, il s’agissait souvent de “ meubler ” : nombre d’exposés ont été vraiment brefs, peinant à dépasser le quart d’heure. En cause, la plupart du temps, un manque de familiarité tant avec l’œuvre (ou la question) qu’avec son contexte, qui limite les possibilités de citations, références et corrélations diverses. Parfois, l’entretien avec le jury confirme ces lacunes dues à une préparation insuffisante en cours d’année. Pourtant, l’entretien n’est pas un piège. Il donne au candidat l’occasion de corriger une erreur, de nuancer une affirmation, de réparer un oubli, bref, d’améliorer l’appréciation finale de sa prestation. Il convient donc de rester concentré, de mettre à profit l’entretien pour faire la preuve de ses qualités d’écoute et d’ouverture d’esprit, de sa capacité à adapter son discours à la situation de dialogue. Attention toutefois à ne pas confondre réactivité et précipitation : il est légitime de réfléchir avant de proposer une réponse à une question du jury. Il est vivement recommandé aux candidats de lire ces mines de conseils méthodologiques que sont les rapports du jury des deux ou trois années précédentes. C’est d’ailleurs au rapport de 2002 que celui de 2005 empruntera son ultime invite : “ la leçon est un exercice qui nécessite de… s’exercer. Il faut donc absolument profiter de toutes les occasions offertes dans les universités de se mettre en situation d’oral, et si possible travailler en groupe, ce qui est bon pour la préparation comme pour le moral. ” Exemples de sujets : -“ I am very sorry to know and hear, how unreverently that most precious jewel the word of God is disputed, rhymed, sung and jangled in every alehouse and tavern, contrary to the true meaning and doctrine of the same. ” (Henry VIII’s speech to Parliament, December 1545, in Edward Hall, Henry VIII, 1548.) -“ The [Henrician] Reformation is part of the laymen’s revolution. For centuries the Church had dominated every part of the nation’s life, even its military activity. Now the laymen were determined to bring that domination to an end. ” (Stephen Neill, Anglicanism, 1958, p. 34.) -“ The piecemeal Reformation was a peaceful Reformation. ” (Christopher Haigh, The English Reformation Revised, 1987.) -“ The English Reformation was emphatically a political revolution, and its author King Henry VIII resisted, for a time ferociously, many of the religious consequences which accompanied the legal changes everywhere else in Europe. ” (Owen Chadwick, The Reformation, 1964.) -“ The Henrician Reformation and the creation of the royal supremacy turned the Church in England (…) into the Church of England. ” (G.R. Elton, England under the Tudors, 1955.) -La Réforme henricienne : un catholicisme sans le pape ? -Via media et raison d’Etat -News from Nowhere : le mariage -News from Nowhere : romantisme ou révolution ? -Mencken sociologue -H.L. Mencken : un réactionnaire ? Christian CIVARDI Rapport Quivy 1 EXPLICATION DE TEXTE DE LINGUISTIQUE 1. MODALITÉS DE L’ÉPREUVE Préparation 2 heures. Ouvrages mis à disposition par le jury : deux dictionnaires unilingues et un dictionnaire de prononciation, comme pour les épreuves de commentaire de texte des autres options. Présentation devant le jury Épreuve en anglais. Découpage de l’épreuve : Présentation de la convocation et d’une pièce d’identité. Exposé de 30 minutes maximum comportant la lecture d’un passage d‘environ 10 lignes laissé au choix du candidat. C’est le jury qui arrête la lecture du candidat quand il estime avoir pu l’évaluer. Questions du jury sous forme d’entretien avec le candidat (environ 15 minutes). Contrôle des brouillons du candidat qui ne doivent en aucun cas être rédigés in extenso, hors introduction et conclusion. 2. LE SUJET Extrait d’un texte authentique du XXe ou XXIe siècle, en langue anglaise, provenant de toute source d’écrit authentifiée (littérature, presse, corpus, Internet, etc.), mentionnée en bas de page. Le texte de support est de longueur variable (+/- entre 600 et 900 mots), présenté sur deux colonnes sur une page de format A4. Le sujet se présente toujours comme suit : Your main comment should be focused on …. . Additional topics may also be addressed. Conformément à l’arrêté du 9 avril 1999 définissant les modalités du concours (BO du 29-499), il n’existe pas de programme prédéfini pour cette épreuve. Voici quelques exemples de sujets donnés cette année : wh- constructions ; personal pronouns ; interrogative sentences ; modality ; -ing forms ; the present ; articles ; adjectives ; theme, focus and information processing ; tenses and aspects ; compounds ; nominal subordinate clauses ; the ‘s genitive ; participles ; modal auxiliaries, etc. Il est possible, d’après la formulation de la consigne, de compléter le commentaire principal par une étude d’un autre sujet. Rappelons toutefois qu’il est périlleux et risqué de passer de l’un à l’autre sans que les deux analyses présentent un lien évident. Les meilleurs commentaires ont utilisé cette ouverture à des fins contrastives ou comparatives, ou pour établir des parallèles entre des structures appartenant à des domaines différents, afin de Rapport Quivy 2 montrer la possibilité éventuelle d’un invariant caractérisant partiellement ou globalement le fonctionnement de la langue anglaise. 3. LE TRAITEMENT DU SUJET L’épreuve de commentaire étant l’une des deux composantes de l’option linguistique, le candidat doit montrer qu’il possède des connaissances précises sur le sujet abordé. Contrairement à l’épreuve d’écrit du tronc commun, le commentaire d’oral de spécialité exige la connaissance approfondie d’une théorie linguistique (au minimum), manifestée par une métalangue et une construction de l’argumentation appropriées au(x) cadre(s) choisi(s). En revanche, le jury n’attend pas que l’on passe en revue tout ce qui a été écrit sur le sujet. Il convient de garder à l’esprit que cette épreuve est un commentaire et non une leçon, et que c’est le texte qui en est le support exclusif. Les occurrences pertinentes seront donc à la fois la source, l’illustration, la démonstration et le principe organisateur des analyses proposées. Afin d’éviter l’écueil d’un commentaire linéaire des occurrences au fil du texte, il est recommandé d’avoir au préalable effectué des regroupements et de ne pas perdre de vue que l’analyse se doit d’être dialectique. L’on attend du candidat qu’il présente des analyses fines de chacune des occurrences significatives, typiques des regroupement effectués. Ces analyses peuvent inclure des manipulations à la condition expresse que celles-ci soient pertinentes et manifestent une bonne connaissance de la langue. L’agrammaticalité est, par exemple, parfois invoquée de façon abusive, ce qui ne peut que desservir la prestation. Si l’analyse du fonctionnement des faits de langue est en soi impérative, une argumentation démonstrative ne peut occulter la confrontation de ces occurrences avec d’autres manifestant points communs et différences. C’est au travers de cette approche comparative et contrastive que progresse le plan et que se ménagent les enchaînements. Les parties du commentaire ne sauraient donc être simplement juxtaposées, comme pourraient l’être les pages d’un cours ou d’un manuel à visée formative. Rappelons que le « placage de cours » est facilement repérable et sanctionné car il n’a, en général, que peu de pouvoir explicatif face à un texte spécifique. Par ailleurs, le commentaire portant sur le texte et partant du texte, il est bien rare qu’un plan « abstrait » puisse convenir (alors qu’il est souvent parfaitement adapté à la leçon). 4. L’ENTRETIEN L’entretien est une partie très importante de l’épreuve. Il vise tout d’abord à évaluer la capacité du candidat à reprendre une argumentation, à corriger ses erreurs éventuelles, à suivre d’autres pistes que celles présentées dans le commentaire. Par son jeu de questions/réponses, il permet d’envisager des points de vue différents, complémentaires, voire de discuter de nouvelles pistes de questionnement pour lesquelles la recherche n’a pas fourni de théorie stabilisée. Il ne doit pas être perçu comme une épreuve « piège », mais bien plutôt comme un tremplin permettant au candidat d’améliorer sa performance. Nombreux sont en effet ceux qui, ayant pu corriger certaines imprécisions ou encore ayant fait état de leur perplexité face à un Rapport Quivy 3 segment problématique après avoir tenté de l’analyser et après avoir montré les limites de l’analyse, ont ainsi engrangé des points supplémentaires. Le jury apprécie tout particulièrement l’honnêteté intellectuelle alors qu’il sanctionne les explications fausses proposées pour pallier une incompréhension manifeste ou une ignorance. C’est aussi, bien sûr, lors de cet entretien que l’on évalue la capacité du candidat à être professeur agrégé et non pas seulement agrégé. Rappelons ici que ce concours n’est pas un examen universitaire mais un concours de recrutement de professeurs dont la qualité intellectuelle ne saurait suffire si elle n’était accompagnée d’une aptitude certaine à la communication. Voici quelques exemples de questions posées par le jury lors de l’entretien : Could you please tell us a bit more about the clausal structure of the subordinate clause ? You used the verb “complete” several times ; could you define what you mean by “complete” ? Let’s come back to this notion of “completing” syntactic gaps. What would be the syntactic gaps that would be completed here ? When commenting on lines …., you said, I quote, “these forms are truly verbal.” What makes them verbal ? and more precisely “truly verbal” ? You didn’t mention line …. . Could you tell us why ? You analyzed the when clause on line … as a time marker. Could you suggest another interpretation ? Comparing lines … and …., would you say they have the same syntactic features ? Could you clarify your point on present participles ? Given your answer to my former question, could you now criticize your plan and reorganize it ? Are “antecedent” and “referent” interchangeable words ? You seemed to oppose specific and generic and to use iterated and generic indifferently. Did I understand you well ? Would you say the present tense can be characterized by permanent features ? You said that “one” in “the other one” was a pronoun. How does this fit in with your preliminary definition of pronouns ? La note attribuée à la qualité de la langue (intonation, rythme, phonèmes, accentuation, grammaire, lexique), à la richesse et la justesse de la métalangue et à l’aptitude à communiquer est indépendante de la note du commentaire. Signalons cependant qu’une analyse fine d’un segment a peu de chances d’aboutir si la langue qui la délivre est pauvre, sans nuances et grammaticalement douteuse. 5. CONSEILS MÉTHODOLOGIQUES Préparation S’interroger sur ce que recouvre le sujet et lui associer des éléments de contenu et d’analyse. Lire soigneusement le texte et en dégager les caractéristiques fondamentales (situation, énonciation, genre, origine US, GB, Can., date de publication, niveau de langue, etc.). Relever les segments pertinents pour le commentaire : illustratifs, contrastifs, permettant d’ouvrir le sujet. Ne pas surcharger les textes de couleurs à la première relecture. Essayer plutôt de trier les occurrences sur une feuille de brouillon afin de parvenir rapidement à une typologie fiable. Ensuite seulement, à la deuxième relecture, reporter les couleurs en les associant aux regroupements qui auront été opérés et vérifier que rien n’a été Rapport Quivy 4 oublié. L’effet arc-en-ciel, s’il est esthétique, ne facilite pas toujours le va-et-vient entre texte et brouillon. Confronter les segments textuels relevés avec les éléments de contenu et d’analyse du sujet posés antérieurement. Délimiter le sujet en fonction du texte. Organiser un plan à partir des données ci-dessus et o Ménager une progression o Éviter le linéaire et le placage de cours Soigner l’introduction qui doit proposer une définition claire des mots-clés du sujet et l’annonce d’un plan reflétant les questions auxquelles le candidat se propose de répondre. Soigner la conclusion qui doit synthétiser les grandes lignes de l’analyse à partir des conclusions intermédiaires et permettre une ouverture. Préparer la lecture du passage choisi et des citations : o Vérifier l’accentuation des mots incertains, marquer l’intonation. o Les dictionnaires mis à disposition permettent cette vérification, ce qui exclut toute indulgence du jury en cas d’erreurs avérées lors de la lecture. Épreuve Quand proposer la lecture du passage ? Théoriquement, quand le candidat se sent le plus apte à la mener à bien. Il semblerait que la fin de l’introduction soit le meilleur moment : en effet, le candidat est autorisé à lire son introduction afin de pouvoir prendre de l’assurance au début de l’épreuve. Ceci lui permet d’évacuer sensiblement le stress initial, de poser sa voix et de se familiariser avec la situation de concours. Venant ensuite, la lecture du passage, travaillée préalablement, rassure et permet au candidat de confirmer sa maîtrise de la langue et d’affermir la prise de parole ultérieure. La communication Il est impératif que le candidat s’adresse au jury en le regardant et en essayant de le convaincre. Ceci implique que la communication soit authentiquement orale, et repose sur des notes et non pas sur un texte rédigé. Le comportement non-verbal se doit aussi d’être conforme à ce que l’on attend d’un futur professeur, qui plus est, agrégé, ce qui proscrit toute forme de relâchement, d’arrogance, ou de familiarité. Rappelons que le jury attend du candidat, par réciprocité, la courtoisie et le respect qu’il manifeste à son égard. En conclusion, nous dirons que l’année de préparation, si elle sert à acquérir et confirmer des connaissances, doit aussi être consacrée à un travail méthodologique systématique qui viendra faciliter le dépouillement et le traitement du sujet le jour du concours. Les deux heures de préparation passent très vite si l’on n’a pas déjà en tête l’organisation structurelle d’un commentaire et si l’on ne procède pas avec méthode. Une fois le parcours bien connu, vous apprendrez à en raccourcir les étapes afin de pouvoir passer plus de temps à l’étude des énoncés qui vous sembleront les plus significatifs. Dernier conseil : entraînez-vous à l’oral aussi souvent que possible, et le plus tôt possible, dans toutes les matières, entre vous, en vous enregistrant et en vous ré-écoutant, en vous Rapport Quivy 5 efforçant d’utiliser vous aussi des subordonnées ( !) et d’enrichir systématiquement la langue de spécialité qui deviendra alors naturellement votre vocabulaire de présentation pour le commentaire. Nous ne proposerons pas ici de bibliographie sélective, chacun étant invité à approfondir la (les) théorie(s) qui correspond(ent) le mieux à sa personnalité intellectuelle. Faire un commentaire, c’est proposer une lecture personnelle d’un texte. Mireille QUIVY 1/4 LEÇON DE LINGUISTIQUE 56 candidats étaient admissibles cette année dans l’option C contre 51 en 2004. Modalités de l’épreuve : Les candidats ont le choix entre deux sujets portant sur les questions du programme, cette année 1. Les structures causatives, 2. Have. Les deux sujets peuvent porter sur la même partie du programme. Il est donc indispensable de travailler l’intégralité du programme au cours de l’année de préparation. Le temps de préparation de la leçon est de cinq heures. Le candidat dispose de 30 minutes au maximum pour son exposé en français. Le jury pose ensuite des questions lors d’un entretien d’environ 15 minutes. A l’arrivée dans la salle d’interrogation, présentez votre convocation et votre pièce d’identité et annoncez le numéro du sujet que vous avez choisi. Vous devrez restituer les documents (sujets et corpus) à la fin de l’épreuve et montrer vos notes au jury qui vérifie que vous n’avez pas intégralement rédigé votre leçon. Les sujets proposés : 1. Les structures causatives “In the have causative, the causer assumes the causee’s ‘readiness to serve’; the causee is treated here as a cooperative performer of the causer’s will, as someone to whom the causer’s will can be communicated (either directly or by an intermediary) and who will be neither unable to understand it or unwilling to perform it.” Cette assertion, de A. Wierzbicka (The Semantics of Grammar, 1988) s'applique-t-elle à toutes les structures causatives ? Le candidat traitera le sujet ci-dessus en s'appuyant sur le corpus joint. D’après un linguiste français, « HAVE exprime bien la causalité : le Sujet S1 fait se réaliser la deuxième relation Sujet/Prédicat [...]. Avec HAVE, le causateur (Sujet1) est un animé humain. La causation est intentionnelle. HAVE signale (comme dans son emploi en tant qu’auxiliaire) que le sujet grammatical se trouve affecté par ce qui suit. Discutez Le candidat traitera le sujet ci-dessus en s'appuyant sur le corpus joint. La sémantique générative a avancé l’idée qu’un certain nombre de constructions verbales aurait, en structure profonde, un prédicat sémantique abstrait CAUSE. Ainsi, un verbe transitif comme kill serait analysé comme un verbe causatif classique : KILL: [CAUSE (x, [BECOME (y, [DEAD])])] MAKE: [CAUSE (x, [DO (y, [SOMETHING])])] Discutez. Le candidat traitera le sujet ci-dessus en s’appuyant sur le corpus joint. Rapport2005_leçonLG 1/4 “On distingue parfois le factitif, qui exprime une action que l’on fait faire à quelqu’un, spécifié ou non, et le causatif, qui exprime un état résultant de l’action que l’on a fait.” Dictionnaire de linguistique, Dubois et al, Larousse, 1973 Discutez. Le candidat traitera le sujet ci-dessus en s’appuyant sur le corpus joint. « Une structure causative peut être définie comme la transformée d’un énoncé simple, de forme SV(O), par addition d’un argument supplémentaire qui sera vu comme le sujet déclencheur de la relation prédicative de départ » . Discutez Le candidat traitera le sujet ci-dessus en s'appuyant sur le corpus joint. D'après un linguiste français, have, contrairement à be, ne peut pas servir à localiser n'importe quel objet. : pour que l'emploi de have soit possible, il faut qu'il y ait une certaine ‘empathie’ entre le référent du sujet de have et l'objet ‘localisé’. Discutez cette affirmation. Le candidat traitera le sujet ci-dessus en s’appuyant sur le corpus joint. Peut-on dire que dans les énoncés dits “causatifs”, HAVE ne marque pas luimême la causation ? Le candidat traitera le sujet ci-dessus en s'appuyant sur le corpus joint. Elisabeth Cottier conclut son article sur « Les opérateurs causatifs de l’anglais : make, cause, have et get » par la remarque suivante : […] Chaque opérateur n’est pas représentatif, de façon univoque, d’un type de valeur et d’un seul, mais il est potentiellement associable à un faisceau de valeurs (plus ou moins restreint selon l’opérateur – make étant le plus polyvalent). page 125, (1991) in Cahiers de Recherche T.5 Grammaire anglaise, Ophrys, p.85-126 Commentez à la lumière des données fournies par le corpus proposé. Si les structures causatives ont des caractéristiques communes, ces caractéristiques sont-elles toutes des caractéristiques formelles ? Le candidat traitera le sujet ci-dessus en s'appuyant sur le corpus joint. « Si le nombre des actants est augmenté d’une unité, on dit que le nouveau verbe est causatif par rapport à l’ancien. (…) Le nouvel actant est toujours, sinon l’agent immédiat du procès, du moins, (…) son instigateur. » L. Tesnière, Éléments de syntaxe structurale, Klincksieck, 1959. Discutez. Le candidat traitera le sujet ci-dessus en s’appuyant sur le corpus joint. De nombreux linguistes affirment que la “diathèse causative” se réalise sous diverses formes, analytiques ou synthétiques. Quels sont, selon vous, les critères qui fondent ce point de vue ? Etayez votre réponse à l’aide du corpus joint. Dans les constructions causatives, le choix du verbe causatif et la construction du prédicat reflètent le degré de coercition exercé. Discutez. Le candidat traitera le sujet ci-dessus en s’appuyant sur le corpus joint. Rapport2005_leçonLG 1/4 D’après un linguiste français, « Comme avec make suivi d’une proposition infinitive, le sujet de cause est l’origine véritable de la validation de la relation prédicative, mais cette origine est non-volontaire. [...] Figureront donc en position sujet d’énoncé des non-animés non humains. [...] avec cause, on s’intéresse à l’origine du procès, et non au résultat comme avec make. L’orientation est donc contraire. » Discutez Le candidat traitera le sujet ci-dessus en s'appuyant sur le corpus joint. “In English, the morphological reflex of “causativization” (adding a causative argument) happens to be Ø, but what it does is add an external argument to the verb.” www.bu.edu/linguistics/UG/course/ lx700-s01/handouts/lx700-7-achains.ppt Discutez. Le candidat traitera le sujet ci-dessus en s’appuyant sur le corpus joint. Causative constructions refer to complex predicates formed by the combination of a causative event with an underlying predicate. The addition of the causative verbal element also adds a new participant (a causer), which initiates or controls the event of the underlying predicate. Typologically, several diverse methods are used for forming causatives[…/…]. Some causative constructions appear as a single morphological word, while others are formed periphrastically by adding a causative verb to the base predicate. Structurally, certain causative predicates behave as mono-clausal constructions denoting direct causation, while others display properties of a biclausal construction and represent an indirect causation of the underlying event. Karine Megerdoomian http://ling.ucsd.edu/~karinem/. University of California San Diego Discutez Le candidat traitera le sujet ci-dessus en s’appuyant sur le corpus joint. Quelles contraintes s’exercent sur le choix du sujet causateur et du sujet causativé dans les structures causatives ? Vous répondrez en vous appuyant sur le corpus joint. Dans The Right Word, Vuibert, 1959, Lionel Guierre affirme que le choix entre les différentes constructions causatives se réduit, en fin de compte, à la difference entre un sens ‘actif’ – She made her brother read the book – et un sens ‘passif’ : He had his watch fixed. Dans quelle mesure est-ce que cette affirmation vous semble justifiée par les faits de l’anglais ? Le candidat traitera le sujet ci-dessus en s’appuyant sur le corpus joint. English causative verbs are governed by two different causative models, viz. the transitive and the ergative model. These models presuppose different participant constellations, which determine the constructional possibilities. Maarten Lemmens http://www.univ-lille3.fr/silex/equipe/lemmens/research-12.htm Discutez Le candidat traitera le sujet ci-dessus en s’appuyant sur le corpus joint. 2. Have : Cette question étant reconduite pour la session 2006, les sujets ne seront pas reproduits dans ce rapport. Rapport2005_leçonLG 1/4 Les attentes du jury : 1. Explicitation du sujet : l’exercice commence généralement par l’explicitation du sujet, qui doit se faire avec la plus grande clarté sans pour autant prendre trop de temps. Lors de la préparation, le candidat veillera à cerner le sujet avec rigueur et exhaustivité, les hors sujets étant lourdement pénalisés. 2. Plan : le plan découle de l’analyse du sujet qui a été faite. Il est préférable de l’annoncer et de le justifier, et obligatoire de s’y tenir. Choisissez un plan qui évite les redites et permet de couvrir l’ensemble des faits à partir du corpus. Au cours des cinq heures de préparation, il arrive que le plan évolue. Cela ne doit pas vous dérouter. 3. Argumentation/Progression/Transitions : un commentaire linéaire du corpus est à proscrire. Les sujets de leçon proposent de discuter des affirmations. Il importe donc de construire une argumentation qui progresse par étapes. Certains candidats ont été attentifs aux transitions entre les différentes parties de leur plan, ce qui a été apprécié. 4. Utilisation du corpus : vérifiez le sens et la prononciation des termes dont vous n’êtes pas sûrs. Vous avez des dictionnaires à votre disposition en salle de préparation. Le corpus n’a pas à être traité dans son intégralité mais il a été constitué en fonction du sujet à traiter. Il importe donc de l’examiner avec soin pour établir une classification des différents types d’occurrences, travail préliminaire à la construction du plan. 5. Maîtrise de la langue/Manipulations : il est impossible de faire un travail de linguiste convaincant si la maîtrise de la langue ou l’observation des faits est insuffisante. Le jury aime à penser que les candidats ne choisissent pas l’option C par hasard ou par défaut mais par ‘amour de la langue’. Ceci implique une familiarité complice et des intuitions fines avec l’objet d’étude qui ne s’acquièrent qu’au cours de longues années d’apprentissage. Les manipulations ou gloses erronées sont, sinon fatales, très défavorables puisqu’elles desservent le propos. 6. Métalangue : les intuitions sont nécessaires mais non suffisantes. Il faut en outre, posséder la métalangue qui sert à les formuler et à construire description et raisonnement. Les termes utilisés doivent être choisis avec la plus grande rigueur et, le cas échéant, redéfinis. 7. Connaissances théoriques : comme indiqué dans les instructions officielles, des connaissances théoriques sont attendues. On n’exigera pas des candidats à l’agrégation d’anglais, concours généraliste, des connaissances encyclopédiques sur les questions au programme mais la connaissance des principaux traitements qui en ont été donnés. Une bibliographie a été largement diffusée et des journées d’études ont été organisées. 8. Conclusion : la conclusion doit découler logiquement de l’exposé et non répéter ce qui a été dit ou être plaquée sans lien véritable avec la leçon. Si l’énoncé du sujet comporte une question, il convient d’y répondre en prenant clairement position. 9. Entretien : il est conçu pour permettre au candidat de préciser ou développer certains points. Il ne s’agit pas de lui demander de se rétracter mais de défendre son point de vue. C’est le moment de faire preuve de son indépendance de jugement, de parler en son nom propre sans se retrancher derrière les autorités citées au cours de la leçon. Le jury attend néanmoins que le candidat écoute et entende les questions, accepte, malgré sa fatigue, de réfléchir aux pistes qui lui Rapport2005_leçonLG 1/4 sont proposées et ne s’enferme pas dans une simple répétition de son exposé. Vous trouverez ci-dessous quelques exemples de questions posées par le jury : Dans l’extrait n°… We urged Professor Vivian Cook, […] to supply us with 10 of the most orthographically problematic words in the English language., urge est-il causatif? Y a-t-il actualisation de V2? Vous avez proposé pour l’extrait … They would never make you join une manipulation en let qui me pose problème du point de vue de la négation. Pourriez-vous la reprendre ? L’énoncé du sujet sur les structures causatives en make évoquait « make + object + infinitive ». Vous n’avez cependant jamais repris le terme d’objet et vous avez parlé de S2 tout au long de votre leçon. Pourriez-vous vous en expliquer ? Vous ai-je bien compris quand vous parlez de valeur de possession inaliénable pour have dans None of them had eyes for anything but… ? Bien que nous vous ayons demandé de ralentir votre rythme de parole, vous n’avez pas jugé opportun de le faire et nous n’avons pas pu prendre de notes. Pourriez-vous s’il vous plaît reprendre votre analyse de l’extrait n°… ? Quand vous évoquez le rapport de force exprimé par have, vous avez choisi des extraits où ce sens me semble porté par d’autres éléments du contexte comme had some hold, had no control, etc. Qu’en pensezvous ? 10. Langue/Communication : la leçon se fait en français. La langue utilisée doit être adaptée à la situation. Il convient d’éviter les familiarités, le style relâché, les trop nombreux tics de langage, hésitations et répétitions. Une leçon s’adresse à un auditoire, ici un jury de trois personnes, auquel il convient d’être attentif par le regard, l’élocution et le rythme. Un futur enseignant doit savoir s’adapter à son auditoire, vérifier discrètement qu’il n’a pas perdu en route l’attention de ses auditeurs. Il est imprudent de mener un brillant exposé à bride abattue si le jury n’a pas le temps d’intégrer ce qui est dit et de prendre des notes. Les collègues qui ont rapporté sur cette épreuve lors des sessions précédentes m’ont largement inspirée par la pertinence de leurs remarques. Ils se reconnaîtront. Qu’ils soient ici sincèrement remerciés. Rédigé par Béatrice VAUTHERIN à partir des contributions de l’ensemble des membres du jury de linguistique. Rapport2005_leçonLG ÉPREUVE HORS PROGRAMME (EHP) Cette épreuve se divise en deux étapes, une présentation de 20 minutes et un entretien de 20 minutes, devant un jury composé d'un littéraire, d'un civilisationniste et d'un linguiste. Elle donne lieu à deux notes, une note pour le contenu et une note pour l'anglais oral. La note d'anglais d'EHP est associée à celle d'explication de texte pour obtenir la note finale d'anglais. Introduite au concours d'agrégation il y a six ans, cette épreuve exige des candidats méthode, rigueur, culture, sensibilité, ainsi que des talents de persuasion et d'improvisation. Elle évalue les qualités intellectuelles du candidat, l'étendue de sa culture, et son sens du dialogue. Elle requiert un entraînement à la synthèse structurée et une bonne connaissance de la littérature, de l'histoire et des arts du monde anglophone. LES DOSSIERS Le jury a cette année utilisé une quarantaine de dossiers, composés de trois documents: un texte littéraire, un texte de civilisation et un document iconographique, liés au monde anglophone. Les documents littéraires sont de nature variée: roman, nouvelle, poésie, théâtre ou script de films. Les documents de civilisation peuvent être des textes philosophiques, des analyses historiques, des discours politiques, des rapports officiels, des autobiographies ou des mémoires. Les documents iconographiques sont des peintures, sculptures, caricatures, gravures, cartoons, publicités, photographies, en noir et blanc ou en couleurs. Les dossiers peuvent porter sur une seule aire géographique ou associer des documents de plusieurs pays (Grande-Bretagne, Etats-Unis, Canada, Afrique du Sud). Les documents portent sur une période historique large (de Shakespeare à nos jours). La longueur des textes varie d'une à deux pages, mais le dossier n'excède jamais 2500 mots. Le candidat devra être attentif à la spécificité des documents, tout en les replaçant dans leur contexte historique, géographique, politique et culturel. Il s'appliquera à mettre en relation les documents et à construire une approche personnelle, prenant en compte la dimension stylistique et esthétique des documents. Certains dossiers ont une orientation thématique forte, alors que d'autres reposent sur des oppositions. Certains sont organisés autour de la convergence des documents, alors que d'autres sont hétérogènes. Le candidat devra donc souligner les tensions à l'intérieur du dossier et analyser la visée des discours textuels ou iconographiques à l'aide d'une problématique critique. Il devra montrer les liens thémathiques ou conceptuels entre les documents. Les dossiers présentés cette année sont de natures très différentes. En voici quelques exemples disponibles sur le site de la SAES: http://www.univ-pau.fr/saes/ Dossier 1: Virginia Woolf, The Waves (1931) Walter Pater, Studies in the History of the Renaissance (1873) James Whistler, Nocturne in Black and Gold: the Falling Rocket (1875) Dossier 2: A.S. Byatt, Possession, A Romance (1990) John Locke, An Essay Concerning Human Understanding (1690) Charles Peale, The Artist in his Museum (1822) Dossier 3: 1 Thomas Hardy, God's Funeral (1908) David Hume, An Enquiry Concerning Human Understanding (1748) Joseph Wright of Derby, An Experiment on a Bird in the Air Pump (1768) Dossier 4: Nadime Gordimer, "Once Upon a Time", Jump and Other Stories (1991) Nelson Mandela, Long Walk to Freedom (1994) Tom Toles, Buffalo News (1990) Dossier 5: Daniel Defoe, The True-Born Englishman (1701) George Orwell, "England your England, The Lion and the Unicorn (1940) James Gillray, Politeness (1779) Dossier 6: William Golding, Lord of the Flies (1954) Samuel Pepys, Diary, Vol.VII, 2-5 September 1666 Joseph Mallord William Turner, The Burning of the Houses of Lords and Commons (1834) Dossier 7: William Shakespeare, Henry V, Act V scene 2 (1599) The Seneca Falls Declaration (1848) The Armada Portrait of Queen Elizabeth I (c.1588) Dossier 8: Lord Byron, Prometheus (1816) Thomas Babington Macaulay, The History of England from the Accession of James II (1849) Jacob Lawrence, Forward (1967) Dossier 9: Edith Wharton, The Age of Innocence (1920) Thorstein Veblen, The Theory of the Leisure Class: An Economic Study in the Evolution of Institutions (1899) Mary Cassatt, At the Opera (1879) Dossier 10: John Keats, Ode on a Grecian Urn (1820) G.M. Trevelyan, Illustrated English Social History (1942) The New Yorker, August 9, 2004 Dossier 11: Charles Dickens, Dombey and Son (1848) John F. Kennedy, Inaugural Address (January 20, 1961) Herblock, "Gee- A Medal from General Goldwater", Washington Post, July 2, 1976 Dossier 12: Benjamin Disraeli, Sybil (1845) Sir Robert Peel, Report of the Minutes of Evidence Taken before the Select Committe on the State of the Children Employed in the Manufactories of the United Kingdom (1816) Ford Madox Brown, Work (1852) 2 LA PRÉPARATION Le candidat dispose d'un temps de préparation de 5 heures. Pendant toute la durée de la préparation, il dispose de l'Encyclopaedia Britannica, d'un dictionnaire unilingue anglais et américain, ainsi que d'un dictionnaire de prononciation. Cette documentation permet au candidat de lever certains doutes et de replacer le dossier dans son contexte historique, mais elle ne doit pas donner lieu à un placage de connaissances qui nuirait à la logique de la synthèse. Il faut utiliser à bon escient les informations puisées dans l'encyclopédie sans perdre de vue sa problématique et se garder d'accumuler des données culturelles et factuelles sans lien direct avec le dossier. Le dictionnaire unilingue permet de vérifier le sens de certains mots et de s'assurer qu’on a compris le contenu factuel des dossiers. Le dictionnaire de prononciation sert à vérifier des mots ou des noms propres que le jury s'attend à entendre prononcer correctement. Le candidat doit avant tout déchiffrer le sens des textes et de l'image et tenir compte de la spécificité des documents. Il procédera à des repérages qui lui permettront de tisser des liens entre les documents ou de marquer les différentes attitudes vis-à-vis de certaines questions. Chaque document doit faire l'objet d'une lecture en soi et d'une lecture à la lumière des deux autres éléments du dossier. Le candidat doit ensuite construire une interprétation argumentée qui prenne en compte la singularité du dossier, le genre et la structure des documents, le ton des textes et de l'image, leur rhétorique et leur dimension stylistique. Seule une problématique pertinente et un plan opératoire en deux ou trois parties débouchent sur une vision synoptique du dossier. L'analyse doit aller du littéral, du concret, du plus simple, vers l’implicite, le symbolique, le plus complexe. LES ATTENTES DU JURY Langue et communication Le jury évalue la maîtrise de la langue orale et l'aisance du candidat à communiquer et à soutenir l'intérêt de son auditoire lors de la présentation et de l'entretien. Le candidat doit éviter de se plonger dans ses notes et regarder les membres du jury afin de les convaincre de l'intérêt de son propos. Le débit ne doit être ni trop lent ni trop rapide et le volume sonore doit être normal. La chaîne parlée ne doit être ni trop monotone, ni trop heurtée. Le jury apprécie une intonation authentique, une bonne accentuation des mots, une prononciation exacte des phonèmes, la richesse de l'expression, sur les plans grammatical, structurel et lexical, qui révèlent l'aptitude du candidat à servir de modèle dans une situation d'enseignement. Présentation Le candidat présente le dossier en 20 minutes. L'introduction doit être claire et directe. Elle présentera rapidement les documents dans leur contexte, avant d'annoncer la problématique retenue et de préciser, sous forme de plan, les étapes de l'argumentation choisie. Le plan proposé dans l'introduction doit être suivi dans le développement et tenu dans les temps. La maîtrise du temps est une clé de la réussite de cette épreuve et suppose des notes claires et bien organisées, lors de la préparation, qui permettent de clore l'exposé sans précipitation. Si le candidat est interrompu par le jury deux minutes avant la fin, il doit synthétiser les points forts de son analyse, au lieu d'essayer de tout dire. La problématique émane de la réalité des documents et s'énonce clairement dès le début de la présentation. Le plan peut être en deux ou en trois parties, mais il doit être équilibré et opératoire. Il ne doit pas traiter séparément des documents, mais au contraire permettre une circulation fluide entre les documents. Le candidat évitera tout plaquage de concepts. Il tentera de parvenir à un 3 équilibre entre la synthèse et les micro-analyses qui requièrent une bonne compréhension des documents et le respect de leur spécificité formelle et thématique. Il convient d'analyser différemment un extrait de pièce de théâtre et un poème, un essai philosophique et un discours politique, une peinture et une caricature. Le candidat fera des citations pertinentes des textes, afin d'éclairer sa démonstration et il soulignera la dimension esthétique du document iconographique. Il faut éviter tout contresens sur les documents, ou la paraphrase qui empêche une lecture critique. Le jury appréciera la cohérence du propos et la vision personnelle du dossier, fondée sur des observations précises et sur une argumentation solide. Entretien L'entretien, de durée égale à celle de la présentation, vient confirmer les qualités attendues d'un enseignant. Si la présentation démontre la capacité du candidat à construire une démonstration convaincante et à démonter la rhétorique d'un document, l'entretien met le candidat dans une situation de communication immédiate, teste sa vivacité et la souplesse de son expression. Les questions partent de ce que le candidat a développé dans sa présentation pour lui faire préciser certains points ou aborder un aspect du dossier qui est resté dans l'ombre. Chacun des trois membres du jury pose en moyenne trois questions sur l'un des textes ou sur l'ensemble du dossier. Le candidat doit rebondir et improviser. Les questions ne sont pas des pièges tendus au candidat, mais lui permettent d'approfondir son analyse, de clarifier certains concepts ou de développer les points qu'il avait annoncés. Ils permettent de vérifier que le candidat a bien compris le sens de certains mots ou les procédés utilisés par tel document. L'entretien poursuit la présentation sous un autre mode. Le jury appréciera l'aptitude du candidat à expliciter ses idées, à nuancer son propos, à dialoguer spontanément. A la fin de l'épreuve, le jury vérifie brièvement les notes du candidat afin de s'assurer qu'elles n'étaient pas trop rédigées et respectaient les règles de présentation d'un exposé oral. Des notes trop abondantes nuisent au candidat. Sophie LOUSSOUARN 4 COMPRÉHENSION ET RESTITUTION Le jury a pu entendre, cette année, des prestations de niveaux variés. Dans l'ensemble, les candidats sont plutôt bien préparés à cette épreuve. L'acquisition d'une méthode adaptée à l'exercice ainsi qu'un entraînement spécifique et régulier semblent avoir porté leurs fruits et ce rapport se voudrait tout d'abord un encouragement aux futurs candidats à préparer activement, en amont, pendant l'année qui précède, un exercice qui n'a rien d'un obstacle insurmontable, à condition que les règles essentielles en soient connues. Ce rapport constituera également une mise au point salutaire, nous l'espérons, pour les candidats qui auraient échoué et souhaiteraient préparer de nouveau le concours. DEROULEMENT DE L'EPREUVE Cette épreuve ne comporte pas de temps de préparation préalable au passage du candidat devant le jury. Le candidat est donc accueilli par l'une des commissions qui composent le jury et, une fois qu'il s'est installé et que l'un des membres de la commission lui a rappelé le format de l'épreuve, la commission lui fait entendre un document sonore qu'ellemême découvre en même temps que le candidat. Le candidat écoute l'enregistrement, une première fois, dans son intégralité, en prenant des notes. Il dispose alors d'une minute de pause pour organiser ses notes. Il écoute ensuite le même enregistrement dans sa version fragmentée en quatre segments. A la fin de chaque segment, il en restitue le contenu en français. Le candidat peut revenir à tout moment sur ce qu'il a dit précédemment, que ce soit pour ajouter un élément omis ou pour corriger son propos. Les deux écoutes et la restitution ne peuvent excéder vingt minutes. La session 2005 a été marquée par l'introduction d'une nouveauté: le candidat se voit remettre par un membre de la commission devant laquelle il passe, juste avant le début de l'épreuve, un feuillet lui indiquant le titre du document sonore qu'il va entendre. La communication de ce titre, toujours bref, est destinée à lui permettre d'entrer comme "de plain-pied" dans l'exercice. NATURE ET ORIGINE DES DOCUMENTS SONORES Les documents sonores sont des extraits d'émissions radiophoniques. Ce sont tous des documents authentiques en langue anglaise. Ils n'ont fait l'objet d'aucune manipulation en dehors des ajustements techniques indispensables à leur audition dans les meilleures conditions. Les documents proviennent des radios anglophones du monde entier, si bien que le candidat peut être confronté aux différentes variétés d'anglais (anglais britannique, irlandais, américain, australien, néo-zélandais, canadien, d'Afrique du Sud, etc.). La durée des documents est comprise entre deux minutes trente secondes et trois minutes. Ils sont divisés en quatre segments d'une durée à peu près égale. CONTENU THEMATIQUE DES DOCUMENTS SONORES 1 Les sujets abordés sont extrêmement variés. Parmi les domaines bien représentés, on peut mentionner: - les problèmes de société (la place de la religion chez les Britanniques, les adolescents américains et l'argent, la philanthropie au sein de l'entreprise, le clonage des animaux de compagnie) - la santé (sommeil et dépression, la réforme du National Health Service, l'autisme, la maladie des os de verre) - le champ culturel et artistique (la naissance des films d'animation, le succès de Da Vinci Code, le destin des œuvres d'art volées, les nouveaux super-héros de la bande dessinée, le dernier roman de James Ellroy, les inventions de Léonard de Vinci) - l'histoire (la réhabilitation du roi Macbeth, Burke et l'impérialisme, le premier document chrétien) - les moyens de communication (la télévision numérique, les téléphones portables, la faillite d'une chaîne de télé-achat, les campagnes télévisées de lutte contre le tabagisme) - l'écologie (les pluies acides, l'aménagement d'un parc naturel, le ramassage des coques) 2 COMPREHENSION : DIFFICULTES ET RECOMMANDATIONS DU JURY Le jury a proposé aux candidats une série de documents globalement homogène quant aux difficultés de compréhension que ces derniers présentaient. Les difficultés ne sont cependant pas de même nature dans les différents documents. Parmi les difficultés spécifiques rencontrées par les candidats, on pourra retenir: - la densité du document (liée à la rapidité du débit d'un ou plusieurs intervenants ou à la somme importante d'informations contenues dans le document) - la multiplicité des intervenants - les discours superposés (liés aux interruptions et recouvrements de discours spontanés propres aux échanges oraux) - la complexité de certains raisonnements et démonstrations - les spécificités propres à un pays, à une région ou à une catégorie de gens (accent écossais d'un intervenant ou discours hésitant, haché, d'un adolescent, par exemple) Ces difficultés spécifiques sont prises en compte par le jury au moment de l'évaluation, mais les candidats doivent y être préparés. Il est recommandé aux candidats de s'entraîner à la prise de notes rapide et notamment de mettre au point un système d'abréviations et de codage des liens sémantico-logiques qui leur permettra non seulement de consigner un maximum d'informations en un minimum de temps, mais aussi de se relire sans mal au moment de la restitution. Les candidats devront, par ailleurs, au plus tard lors de la deuxième écoute, faire apparaître clairement, dans leurs notes, le découpage du document en fonction des différentes interventions, afin de pouvoir, au moment de la restitution, "rendre à César ce qui est à César", en d'autres termes, attribuer clairement les propos entendus à ceux qui les ont tenus. Le jury sanctionne, le cas échéant, l'effacement des locuteurs et les glissements de point de vue non pertinents qui apparaîtraient dans le cours de la restitution. Dans le cas de documents faisant intervenir de nombreux locuteurs procédant à de courtes interventions s'enchaînant rapidement, et plus particulièrement dans le cas de "microstrottoirs", par exemple, il n'est pas nécessaire de chercher à repérer la récurrence de tel ou tel locuteur, mais il faut néanmoins rendre compte de toutes les interventions sans synthétiser à outrance. RESTITUTION : ECUEILS ET RECOMMANDATIONS DU JURY Le "chapeau" Les candidats sont libres de présenter ou non le document au moyen d'un "chapeau" en indiquant l'origine, la nature et le sujet, voire en mentionnant le nombre et le statut des intervenants. Cependant, il n'est pas toujours judicieux de consacrer du temps à la mise en forme de ce chapeau, car c'est parfois lors de la deuxième écoute que l'on comprend certaines articulations du discours qui peuvent s'avérer essentielles pour la compréhension de son véritable objet. Débit et durée De manière générale, les candidats s'expriment avec un débit suffisamment lent pour que le jury prenne des notes probantes et assez rapidement pour que le cadre des vingt minutes imparties à cette première partie de l'épreuve soit respecté. 3 Toutefois, le jury a constaté que certains candidats progressaient trop lentement dans la restitution du document. Les commissions ont été amenées à signaler à certains candidats, au bout de dix-huit minutes, comme c'est la règle, qu'il ne leur restait que deux minutes. Souvent, les candidats multiplient alors les omissions et les approximations sur le ou les dernier(s) segments. Il vaut donc mieux apprendre à faire tenir sa restitution à l'intérieur du cadre prescrit. Là encore, la meilleure méthode reste de s'entraîner pendant l'année qui précède. Il est, par ailleurs, déconseillé de résumer chaque segment en guise de préambule à la restitution: cela prend du temps et peut être une source d'erreurs. Exhaustivité La précision et l'exhaustivité de la restitution sont des critères essentiels de l'évaluation. Certains candidats paraissent penser que l'objet de l'exercice est de proposer une synthèse rapide des échanges entendus. Il est essentiel de rappeler que le jury attend des candidats qu'ils restituent le plus d'informations possible. Les noms propres des intervenants, leur fonction ou statut, les dates, les lieux, les titres mentionnés ne doivent pas être considérés comme anecdotiques. Fidélité au sens La multiplication des contresens constitue, bien évidemment, un obstacle à l'obtention d'une note convenable. Toutefois, pour la majeure partie des candidats, c'est plutôt l'accumulation de faux-sens et d'approximations qui finit par produire une restitution de médiocre qualité. Parmi les faux-sens récurrents et qui peuvent aisément être évités, on retiendra "conservateur" (pour "conservationist"), "candidat démocratique" (pour "Democratic candidate") ou "revues de presse" (pour "reviews", alors qu'il s'agit de "recensions critiques" ou de "critiques"). Il convient d'être précis et, par exemple, de ne pas rendre "high school" par "école", "pupils" par "enfants". Attention aux adverbes, en particulier, qui doivent être rendus avec plus de précision que cela n'a été le cas cette année: "never" ne peut pas être rendu par "pas vraiment", par exemple. S'en remettre au bon sens peut souvent être utile, par ailleurs: Léonard de Vinci, présenté dans un document comme "the great Renaissance genius" ne peut être, même si "great" a été visiblement confondu avec "Greek", qualifié de "génie de la Renaissance grecque". Formulation en français Trop de candidats encore semblent penser que cette épreuve teste uniquement leur capacité à comprendre un document oral en langue anglaise. Le jury tient à rappeler aux futurs candidats que ce sont aussi leurs compétences de traducteur et leur maîtrise de la langue française qui se trouvent évaluées. Il suffit souvent d'avoir écouté les radios francophones, regardé les télévisions francophones, lu la presse francophone pour avoir à sa disposition, au moment du concours, le lexique nécessaire à une bonne restitution. Par ailleurs, il vaut mieux prendre quelques instants pour réfléchir et trouver le mot juste, plutôt que de proposer rapidement au jury un calque ou une approximation qui seront sanctionnés. Signalons parmi les calques lexicaux récurrents entendus lors de la session 2005: "agenda politique" (pour "political agenda"), "consultant" (pour "consultant" dans le domaine médical), "technologie digitale" et "ère du digital" (pour "digital technology" et "digital age"), "attractif" (pour "attractive"), "studio" (pour évoquer l'atelier d'un peintre), "collection de nouvelles" (pour "collection of stories"). "Opportunity" est trop systématiquement traduit par 4 "opportunité" (au lieu d'"occasion"), "Department" par "département", "support" par "support", "education" par "éducation". On ne peut dire de quelqu'un qu'il "poursuit des cours" ou qu'il "fait un diplôme". Enfin, il convient d'éviter de dire que le/la journaliste "introduit" tel ou tel intervenant. D'autres calques, moins classiques, étaient également malvenus: "pie de musique" (pour "musical magpie"), par exemple. On attendait du candidat un travail de reformulation, quitte, une fois encore, à ce que ledit candidat prenne quelques instants pour trouver une formule moins énigmatique, plus suggestive, en français. Certains calques syntaxiques sont également problématiques: "des gens rejetés socialement" (pour "socially rejected people"), "émotionnellement porteur de sens" (pour "emotionally significant"), par exemple. Certains anglicismes, qu'on peut entendre dans la langue courante désormais, sont à bannir dans le cadre de cette épreuve: "lister" (au lieu de "dresser la liste"), "supporter" (au lieu de "soutenir"), etc. La conversion des unités de mesure élémentaires fait également partie des attentes du jury. Les niveaux de langue et registres spécifiques de certains discours doivent, par ailleurs, être pris en compte. A titre d'exemple, le recours à "carrément" pour rendre un "literally" emphatique employé par une parlementaire ne nous a pas semblé très judicieux. Inversement, il était dommage de ne pas chercher d'équivalent à l'expression "a hell of a departure", rendue par "agir de manière différente". Références culturelles Les lacunes de certains candidats dans le domaine culturel, au sens large, les ont amenés à produire des restitutions parfois incohérentes. La traduction de "Ground Zero" par "niveau 0 de la tour" dans un document où il est question des attentats terroristes de septembre 2001 à New York laisse penser que le/la candidat(e) aurait gagné à s'intéresser à l'actualité des dernières années… La connaissance de la géographie des pays anglophones est requise et il convient de se familiariser avec les noms des différents Etats américains, comtés anglais et provinces du Canada, par exemple. Les sigles, abréviations et acronymes, en particulier, sont souvent mal repérés et/ou compris. Lorsqu'il s'agit de restituer le contenu d'un document évoquant la censure et le système de classification des films en Irlande (document dont le titre, "Parental Guidance", rendait le sujet explicite, qui plus est), on ne peut se permettre de rendre "fifteen P.G." par "quinze P. G.". Le contexte rend souvent ces sigles compréhensibles: R.E.M. ne devrait pas rester un mystère pour un candidat qui a entendu parler de "Rapid Eye Movement" dans le segment précédent. Les titres d'œuvres célèbres, dont la traduction existe et n'est pas moins célèbre, doivent être restitués dans leur traduction française. On attendait des candidats qu'ils évoquent La Nuit des rois plutôt que Twelfth Night dans leur restitution d'un document évoquant la pièce de Shakespeare. Le prénom "Ophelia", dans un document évoquant le mouvement préraphaëlite, aurait dû être reconnu. Le domaine anglophone n'est, du reste, pas le seul domaine concerné par ces lacunes: quoique les candidats ne se présentent pas à une agrégation de lettres classiques, on peut s'étonner que tel ou tel évoque l'Enide [sic] de Virgile. Une connaissance de la culture dite "populaire" est également utile: plusieurs documents, cette année, ont porté sur la bande dessinée, les films d'animation, les séries télévisées. Un candidat qui identifie le titre d'un film des Monty Python (La Vie de Brian) ou d'un livre d'Art Spiegelman (Maus) fait la démonstration de sa curiosité pour l'ensemble des champs culturels du domaine anglophone. 5 Commentaires extra-discursifs Si les candidats sont encouragés à signaler, le cas échéant, le ton (humoristique, polémique, virulent, etc.) de tel ou tel discours, voire à mentionner les rires ou les bruits de fond entendus, en revanche, ils ne doivent en aucun cas proposer de commentaire personnel sur les documents. Ils doivent, dans le cadre d'un exercice de traduction, restituer le point de vue des différents intervenants sans chercher à souligner, comme l'ont fait certains, l'ironie ou la contradiction propres à tel ou tel propos. En dehors des commentaires portant sur le ton ou les bruits de fond, les seuls ajouts tolérés, voire, le cas échéant, encouragés, sont ceux qui peuvent être de nature à éclairer l'auditoire sur une réalité culturelle spécifique, comme la tradition du "pep rally" dans les lycées américains, par exemple, même si l'ajout explicatif doit se limiter à une périphrase assez brève. CONCLUSION Le jury a eu la satisfaction de pouvoir attribuer très régulièrement de bonnes notes, voire d'excellentes notes, aux candidats de la session 2005. Il espère que ces nouvelles recommandations (ajoutées à celles des rapports antérieurs) permettront aux futurs candidats d'aborder cette épreuve avec sérénité. Le jury souhaite avant tout que, grâce à ce rapport et à ceux qui l'ont précédé, les candidats mesurent que l'acquisition d'une méthode et une préparation raisonnée en amont peuvent leur épargner une bonne part de l'appréhension liée au caractère nécessairement improvisé de la restitution. Il convient enfin d'insister sur la complémentarité des deux exercices qui constituent l'épreuve de compréhension/traduction. Le thème oral et la compréhension/restitution se préparent conjointement, au moyen de relevés systématiques de termes, expressions, constructions spécifiques à la langue journalistique et recensés par domaine. Véronique BÉGHAIN 6 THÈME ORAL Ce rapport s’inscrit dans une continuité : les candidats désireux de bien se préparer à cette épreuve difficile, certes , mais nullement insurmontable sont vivement invités à consulter les rapports des sessions précédentes, pour y glaner de précieux conseils. Déroulement de l’épreuve A l’issue de la restitution en français du document sonore, le candidat prend connaissance du texte à traduire en anglais. Il dispose de 5 minutes et peut prendre des notes, écrire sur le texte, voire rédiger intégralement sa traduction, comme bon lui semble. Il est ensuite invité à dicter sa traduction au jury. La dictée est suivie d’un entretien (d’une dizaine de minutes) avec le jury, permettant au candidat de justifier certains choix de traduction ; les questions peuvent porter sur des segments correctement traduits. Bilan de la session 2005 Nature du texte à traduire Cette année encore, les textes proposés aux candidats provenaient d’une grande variété de titres de la presse quotidienne ou périodique : Le Monde ; Le Figaro Magazine ; La Voix du Nord ; Le Figaro ; Magazine TGV ; Ouest France ; Le Dauphiné Libéré ; Télérama ; Elle ; Libération ; TV Hebdo ; Le Canard Enchaîné ; L’Express ; Le Journal du Dimanche ; Le Nouvel Observateur; L’Humanité ; Marianne ; La Tribune ; Le Journal des Arts ; Sciences et Avenir ; Réforme ; Madame Figaro Sujets abordés A l’image de tout ce qui se publie dans la presse, les textes (d’une centaine de mots) peuvent porter sur une quasi-infinité de questions. Le registre lexical couvre un spectre très large, on peut citer, à titre indicatif et en vrac, la peinture (Turner), les grands personnages (Indira Gandhi, Yasser Arafat), l’actualité radiophonique et cinématographique (Michel Field, Yolande Moreau, Super Nanny, le théâtre), la société (les nouvelles bourgeoises moscovites, procès pour corruption, les femmes battues), la vie quotidienne (habillement, blogging, clonage, téléphones portables), la vie politique et sociale (les sans-papiers), l’architecture (le viaduc de Millau, le château d’Abbadia, Dubaï), l’humanitaire (Téléthon, solidarité internationale), les loisirs (tourisme équestre, VTT, vacances vertes), etc. Remarques générales Il importe de souligner que le jury, qui découvre le document en même temps que le candidat, reçoit les traductions dans un esprit ouvert et positif. Le jury relativise dans sa notation tout ce qui peut présenter un caractère trop technique ou une difficulté exceptionnelle pour s’attacher à ce qui est la base indispensable chez tout angliciste. Compte tenu des contraintes de temps (5 minutes de préparation), la transposition d’un texte français en anglais constitue une tâche des plus ardues et délicates dont le jury mesure toute la difficulté. Toujours bienveillant, il acceptera bien sûr que certain vocable peu usité ne vienne pas immédiatement à l’esprit du candidat ; en revanche, il sanctionnera l’ignorance de mots courants. Les compétences sollicitées sont plus diversifiées que lors d’une traduction écrite : capacité d’adaptation et de réaction rapide ; connaissance des pays anglophones et culture générale ; familiarité avec la presse ; conscience des différences structurelles entre les deux langues. Les compétences que cette épreuve évalue sont le fruit d’un travail de longue haleine, commencé en amont, dès le début du parcours universitaire du candidat. Cette tâche qui exige assiduité, rigueur, méthode, est certes dévoreuse de temps mais s’avère passionnante. La lecture régulière d’une presse aussi variée que possible, dans les deux langues, est la condition sine qua non de la réussite à cette épreuve. L’on conseillera aux candidats de se constituer leur propre recueil de structures et de constructions, fonds lexical et terminologique en contexte, seul gage d’authenticité. Notation L’éventail des notes est très large. Cependant, force est de reconnaître que, si le jury a eu le plaisir d’entendre d’excellentes traductions, de trop nombreux candidats ont obtenu des notes très basses, leur prestation montrant un défaut de maîtrise des bases de la langue anglaise ainsi que des lacunes lexicales inadmissibles à ce niveau. L’épreuve La dictée Pardon de commencer par cette évidence : le thème oral est une épreuve orale et l’on ne saurait attendre du jury qu’il se transforme en analyste-interprète de la pensée mal exprimée du candidat, pas plus qu’il ne se fera Champollion à l’écrit pour déchiffrer les hiéroglyphes de certaines copies. La dictée est un exercice qui relève à la fois du bon sens et de la courtoisie : parler clairement, en respectant les groupes de sens, est indispensable à tout orateur, a fortiori dans le cas d’un candidat à un concours de recrutement de futurs enseignants. Il est capital que le message soit perçu clairement et distinctement, sans brouillage ; c’est pourquoi l’on demande expressément au candidat de dicter intégralement la ponctuation, en anglais. Il faut signaler également les majuscules (dont l’usage diffère en anglais) et la marque du cas possessif. La connaissance des termes adéquats (terminologie et prononciation) est indispensable, cela va sans dire, comme la maîtrise de leur valeur. Connaître le nom des signes de ponctuation et savoir le prononcer correctement, de même que savoir épeler les mots et dire les nombres font partie du bagage minimal de l’angliciste. La ponctuation, loin d’être un accessoire décoratif, est un élément fondamental du message et joue un rôle capital dans l’écriture et dans la compréhension du texte. C’est un code qui guide l’interprétation, articule les éléments et construit le sens, et qui peut aussi, dans une certaine mesure, caractériser un style. Comme le reste, cela s’apprend. Nombre d’ouvrages lui sont consacrés et l’on trouvera quelques suggestions en bibliographie. Maîtrise de l’anglais On ne le répètera jamais assez, seul un entraînement régulier à l’exercice permet l’acquisition des réflexes indispensables à la traduction en temps limité. Réflexes essentiels, certes, mais pas suffisants. Traduction n’est pas synonyme de transcodage de vocables hors contexte. La culture générale, une connaissance raisonnable de la culture des pays anglophones font partie de ce que l’on est en droit d’attendre de tout candidat à l’agrégation d’anglais. Un professeur de langues vivantes, dans la pratique quotidienne de son enseignement, doit non seulement disposer d’un lexique étendu et nuancé, mais il doit aussi maîtriser les différences culturelles des deux langues afin de saisir les allusions susceptibles d’émailler tout texte journalistique. Grammaire Les fautes les plus lourdement sanctionnées sont bien évidemment celles qui portent sur la grammaire : les valeurs aspectuelles et modales, la construction syntaxique, les fautes sur le GN – souvent malmené par une ignorance du système prépositionnel et des constructions nom + nom. GN : détermination, articles, quantifieurs et pronoms. On observe la récurrence des fautes portant sur la détermination, la confusion entre articles the / Ø, a / Ø, entre who et which. Beaucoup d’erreurs viennent d’une mauvaise analyse du fléchage ainsi que d’une confusion sur les catégories de substantifs (continu/discontinu). GV : temps / aspect / modalité La distinction entre preterit et present perfect n’est pas toujours correctement maîtrisée. Le conditionnel qui exprime en français la conjecture, très couramment employé dans la presse, peut facilement se rendre à l’aide d’adverbes tels que reportedly, allegedly ou supposedly, ou bien encore de périphrases telles que …, or so they say ou rumor has it that …, par exemple. Savoir apprécier les valeurs aspectuelles et modales (une légère inflexion est une modalisation) évite de lourdes erreurs. Syntaxe et phrase complexe Tout calque grossier de la syntaxe française mène inéluctablement à une structure fautive en anglais. Ne pas hésiter à déverbaliser, à reformuler de manière authentique et efficace. Par exemple, La pression médiatique avait joué à plein The full weight of the media had been felt des clichés (…) qui sont loin de résumer le pays the country has more to offer than this / you can’t reduce the country to this six femmes décèdent des coups portés par leur compagnon six women are beaten to death by their partners Avoir le réflexe de recourir à la transposition ou à la recatégorisation, par exemple De ses observations quotidiennes, elle a tiré … Using her daily experience, … Les médecins restent démunis face au désarroi des familles …when confronted with … le sentiment d’appartenance nationale the sense of belonging … Il a déjà exercé mille métiers: poseur de rails, vendeur de machines à laver, … …a thousand jobs, laying rails, selling washing-machines … Difficile au théâtre … Médée est un excellent sujet d’opéra Difficult to stage …. un marché selon elle [une société californienne] prometteur a market which they considered to be promising Lexique Dans de trop nombreux cas, la méconnaissance du français (et pas seulement de la part de candidats anglophones) donne lieu à des faux sens, voire à des contresens ou à des absurdités. Ainsi, « des espèces sonnantes et trébuchantes », « donner le Bon Dieu sans confession », « Tout le monde au piquet ! » et autres « cintres du théâtre » ont connu, après traduction, un destin funeste. Connaître les équivalents anglais de termes empruntés au lexique juridique (procureur ; magistrat ; salle d’audience ; avocat …), à celui de la presse et de la vie quotidienne est le minimum vital de tout angliciste. Ainsi, les premières pages des journaux ne sont pas *the first pages mais the front pages ; un procureur n’est pas *a procuror mais a prosecutor. L’agrégation est un concours fort sérieux mais cela ne signifie heureusement pas que tout humour soit absent des textes proposés. Rendre jeux de mots et métaphores est tâche ardue en si peu de temps mais, là encore, un entraînement régulier aide grandement à trouver le mot juste. Dans un texte sur le Guide Michelin, pour rendre « l’inspecteur se met à table, » on pouvait par exemple songer à spills the beans ou throws the fat into the fire. Dans un texte sur les salles de théâtre, « les plaisirs de la chère et ceux de la chaire » pouvait amener un jeu sur board / boards. Les meilleures trouvailles ont évidemment été bonifiées. L’entretien Il se déroule en français. À tout moment de l’épreuve (dictée et entretien), le candidat peut procéder à des modifications. Les questions du jury ne sont jamais des pièges mais ont pour but de faire préciser au candidat certains choix de traduction opérés. Elles portent indifféremment sur des segments correctement traduits ou sur des éléments moins authentiques. Le jury peut, par exemple, interroger le candidat sur son choix d’un aspect verbal ou d’un déterminant, sur sa décision de recourir à une transposition ou à une modulation, sur son interprétation d’un élément de la phrase française. Il va de soi que l’entretien a pour objet des choix de traduction en contexte et qu’il ne saurait en aucun cas donner lieu à une leçon de linguistique ou à la récitation d’explications toutes faites, « à tiroirs ». Est-il besoin de rappeler que l’on attend d’un agrégatif qu’il maîtrise le lexique de la « traductologie » et qu’il sache réfléchir sur sa pratique de la traduction ? Le jury ne saurait se contenter de réponses évasives, exprimées dans le français démotique qui est malheureusement le propre de trop d’étudiants. L’entretien sert aussi à mesurer la capacité du candidat de se remettre en question et de réagir rapidement face à la difficulté et à l’inattendu. Certes, cet exercice de thème oral est une épreuve – dans tous les sens du terme – mais il est possible de s’y illustrer brillamment, comme certains candidats l’ont démontré lors de cette session. Il faut veiller à conserver toute sa concentration et à ne pas relâcher sa vigilance. Trop de candidats, après avoir fourni une bonne, voire une excellente prestation en Compréhension/Restitution, ont semblé s’effondrer dans la seconde partie de l’épreuve. L’improvisation est rarement gage de réussite dans un concours. La clé du succès reste un entraînement régulier qui exige assiduité, rigueur, méthode, mais aussi plaisir et passion. Bibliographie sélective Chuquet, Hélène et Michel Paillard, Approche linguistique des problèmes de traduction (Gap : Ophrys, 1987) Demanuelli, Jean et Claude Demanuelli, La Traduction : mode d’emploi. Glossaire analytique (Paris : Masson, 1995) Pour la ponctuation: pour le français : Drillon, Jacques, Traité de la ponctuation française (Paris : Gallimard, 1991) Grevisse, Maurice, Le Bon usage (Gembloux : Duculot, 1975) 10e éd., pages 1227 à 1239. Popin, Jacques, La Ponctuation (Paris : Nathan, 1998) pour l’anglais : Hornby, A.S., Oxford Advanced Learner’s Dictionary of Current English (OUP, 1974) pages 1033 à 1036. Longman-Webster English College Dictionary (Longman, 1984) pages 1775 à 1778. Swan, Michael, Practical English Usage (1980; Oxford: OUP, 1988) Elizabeth DUROT-BOUCÉ Maîtrise de l’anglais parlé MAÎTRISE DE L’ANGLAIS PARLE. Les remarques qui suivent recoupent celles qui ont déjà été faites dans les rapports précédents, dont nous conseillerons donc également la lecture. Un certain nombre de problèmes sont en effet récurrents. Nous reprendrons ici d’une part les points principaux, et d’autre part ce qui est ressorti de la session 2005. (* signale des prononciations et productions erronées. Les formes non marquées d’une astérisque sont donc justes) La note d’anglais parlé. On rappellera que les épreuves d’oral comprennent, outre les notes correspondant à chacune des épreuves, une note d’anglais parlé, qui est attribuée pour moitié lors de l’explication de texte en anglais (soit, selon l’option choisie : en littérature, civilisation ou linguistique), et pour l’autre moitié lors de l’épreuve hors programme. La note finale d’anglais parlé est la moyenne des deux notes. On rappellera également qu’à la fin de chacune des épreuves concernées, le jury demande à voir les notes du (de la) candidat(e), qu’il convient de ne pas trop rédiger : en aucun cas, il ne s’agit lors des épreuves concernées de lire. Une tolérance existe, cependant, pour les premières phrases d’introduction et pour des éléments de conclusion. Ici aussi, néanmoins, trop rédiger peut nuire à la communication. On peut donc conseiller de ne noter que ce qui représentera une aide lors de la prestation. La qualité de la langue, phonétique, grammaticale et lexicale, ainsi que les qualités de communication du (de la) candidat(e) entrent dans la notation ; nous reprenons chacun de ces aspects plus en détail ci-dessous. On notera que la note d’anglais parlé est par principe indépendante du contenu de la prestation. Même si un contenu faible peut parfois avoir des répercussions sur la langue et la communication (voix basse, confusion, hésitations, erreurs dues à l’anxiété…), il s’agit d’une appréciation de la langue et non du contenu, le contenu étant évalué par ailleurs dans la note d’explication de texte ou d’épreuve hors programme. On veillera donc à soigner à la fois contenu et langue elle-même lors du passage devant le jury, lors de la présentation ainsi que pendant l’entretien ou les questions. Remarques générales sur la session 2005. Les notes en 2005 sont comprises entre 19/20 et 0/20: l’ensemble de l’éventail des notes possibles a donc été utilisé, ou presque. 35 candidats sur 328 admissibles (321 présents) ont obtenu 15/20 ou plus. Une bonne note correspond à un anglais correct phonétiquement, riche lexicalement, à une bonne grammaire, et à des qualités de communication. La note de 0 (attribuée une fois) est éliminatoire. La moyenne en anglais parlé était cette année de 8,69/20 pour les admissibles présents à l’oral, et de 11,76/20 pour les admis. 61 candidats ont obtenu une note inférieure à 05/20, 90 ont obtenu une note située entre 05/20 (inclus) et 08/20, 46 entre 08/20 (inclus) et 10/20, et 124 ont obtenu une note supérieure ou égale à 10/20. On notera que les meilleures notes ne sont pas forcément obtenues par des anglophones, certains francophones faisant preuve d’une maîtrise louable, voire remarquable, de l’anglais parlé. Pour les plus basses notes, et, malheureusement, une grande majorité des candidats de façon plus ou moins marquée, on regrette cependant une nette récurrence des mêmes erreurs d’une année sur l’autre. On conseillera donc aux candidats de travailler leur anglais toute l’année avec attention, en vérifiant – au moins – systématiquement l’absence des erreurs les plus fréquentes. Pour les anglophones, pour lesquels les difficultés sont différentes, on pourra conseiller de porter une attention particulière à la précision et la richesse du lexique, à la qualité grammaticale, à la communication ; pour avoir une excellente note, l’attention ne doit pas être portée uniquement sur « les sons ». Qualité de la langue : critères d’évaluation. Les critères selon lesquels les candidats sont jugés sont donc (cf. rapports précédents) les suivants : Maîtrise de l’anglais parlé - l’intonation (qui comprend: le rythme, le placement des tons, ainsi que la nature des tons eux-mêmes : montée, descente, montée-descente…) la qualité des phonèmes l’accentuation la grammaire le lexique la qualité de la communication. Intonation. On rappellera que les francophones ont tendance à avoir une intonation montante et finale : soit à placer systématiquement le ton en fin de phrase et/ou de groupe (dans toutes les phrases : le dernier mot est systématiquement accentué, sur la finale s’il s’agit d’un polysyllabique), et à avoir une intonation montante. De très nombreux candidats ont encore ce défaut, et il faut s’entraîner pour le corriger. Même si le ton est le plus souvent final en anglais dans des énoncés non marqués (et que le ton est montant notamment dans certaines variétés), l’anglais choisit de placer le ton selon le sens. On rappellera par ailleurs que c’est de la tonique que part la montée, descente… selon les cas. L’anglais s’appuie sur la/ les tonique(s), en réduisant les formes non accentuées. On n’oubliera donc pas non plus de réduire les formes qui doivent l’être dans la chaîne parlée (mots « grammaticaux », prépositions hors position finale…). Cet aspect de la langue parlée est souvent négligé ; le résultat n’est alors souvent pas « authentique ». L’intonation finale semble conduire également à des déplacements d’accent tonique des polysyllabiques sur la finale, et « conduire » donc à des fautes d’accent (cf. ci-dessous). On veillera ici aussi à avoir un débit ni trop rapide, ni trop lent ou haché. Certains candidats (peutêtre pour « ne pas faire de fautes » ?) font des pauses artificielles tous les deux ou trois mots, ce qui rend l’ensemble de la prestation peu naturel et nuit par ailleurs à la communication. Un débit trop rapide nuit également à la compréhension et ne saurait en aucun cas « masquer » des erreurs d’accent. Un terme non compréhensible peut être, et est, considéré faux. A noter que l’on peut aussi soigner l’intonation lors de la lecture (en explication de texte : pas de lecture en épreuve hors programme), et/ou lors des citations. Parfois les citations sont lues très vite et sans aucune intonation, ce qui nuit à l’intelligibilité du propos, ou, de nouveau, sont lues avec une intonation très française (ex. intonation systématiquement finale et montante pour une candidate lisant une série de questions). Sans aller vers l’exagération, une lecture respectant intonation et débit sera plus claire et meilleure. Phonèmes. Il s’agit ici de la « qualité des sons » : il faut que les sons correspondent à ceux de l’anglais. Si les sons « communs » aux deux langues posent généralement peu de problèmes, on veillera à l’authenticité de ses « th », de ses « r », à la présence des « h ». Dans les faits, on note que dans les prestations entendues cette année, les problèmes ont souvent touché: - la qualité des voyelles : certains candidats ont un problème général de déplacement des voyelles ([H] devient systématiquement [e], par exemple, chez deux candidates, d’où bit = bet, six = sex…). Sans aller jusque là, beaucoup de candidats ont des problèmes ponctuels. Les diphtongues sont le plus souvent touchées (remplacées par des voyelles simples, brèves ou longues, un seul exemple, great devenant [!fqds]), et les voyelles longues ne sont encore parfois pas assez nettement longues. Le problème se pose notamment sur le i : [H] et [h9] ont trop tendance à devenir, alternativement ou conjointement, [i], soit le son du français. Les voyelles ont encore trop souvent tendance à rester « françaises » ; elles le sont parfois totalement, chez certains candidats ayant par conséquent obtenu de mauvaises notes. Des voyelles nasales sont encore produites également, par exemple dans wonder, example. Pour les diphtongues, le [?T] GB/ [nT] GAm notamment est malmené : il ne doit pas devenir [N9] ou [P], par exemple dans lower. Un mot très souvent mal prononcé malgré sa fréquence est only, non diphtongué et prononcé avec une voyelle simple, voire une nasale. Sa prononciation est bien [!?Tmkh] (US [!nTmkh]). D’autres mots fréquemment mal prononcés : broad/ abroad, because (encore parfois des erreurs !), Southern, country, produits à tort avec une diphtongue. Des erreurs encore sur allow ([`T]). On peut s’attendre à ce que ces mots courants soient correctement prononcés : une prononciation systématiquement erronée de mots très courants conduit bien entendu généralement à une très mauvaise note. Maîtrise de l’anglais parlé - - - - - - - On rappellera qu’en anglais les syllabes non accentuées sont le plus souvent réduites, et le plus souvent réduites à [?]. Trop de candidats produisent des voyelles pleines dans des positions réduites. Il s’agit là d’un phénomène qu’il faut aussi penser à appliquer lors de la production. On ne donnera ici qu’un seul exemple : les mots qui se terminent en –a, comme stanza, ou propaganda, sont prononcés avec un a final (souvent français), au lieu d’un [?]. Pour les consonnes : on regrette une méconnaissance encore relativement courante des règles de prononciation/ disparition du <r> graphique pour l’anglais britannique (voir variétés plus bas). Des [r] apparaissent encore relativement souvent là où ils n’ont pas à apparaître (en fin de mot, devant une consonne…, ex. war prononcé avec un r final), ce qui ne devrait plus être le cas à ce niveau. Il existe encore des candidats qui oublient les « h », ou les prononcent dans hour, honest, heir, honour. Si le [h] peut tomber dans certaines formes réduites, on veillera à bien les prononcer lorsqu’ils doivent être là, et à ne pas les déplacer (ex. her left heye). Même s’il y a peu de candidats à faire cette faute de manière systématique, on la retrouve encore trop régulièrement. On s’attachera à prononcer correctement les <s> graphiques, entre [s] et [z] : beaucoup d’erreurs sur cette opposition. Nous ne pouvons reprendre la question ici ; on rappellera que dans des oppositions nom/ verbe, le <s> intervocalique sera généralement [s] dans le nom, [z] dans le verbe (to use [z], the use [s] : nom très fréquemment mal prononcé). Le préfixe dis- se prononcera généralement [s] s’il est détachable (dishonest). Quelques exemples de mots fréquemment mal prononcés entendus en 2005, à vérifier pour les futurs candidats: based, debased, basis, resort (V), philosophy/ philosopher, close (adj)/ close (V), disappear, disagree/ disagreement, disembodied, comparison, episode, dismal, isolated/ isolation, precise(ly)… (ainsi que possess/ possession, prononcés par erreur *[s]). Certains termes (prépositions, conjonctions, there…) disposent de formes réduites ; il faut également les produire. On peut revenir ici sur le cas de of, très souvent systématiquement prononcé [Pe]. Or, d’une part, sa forme pleine est généralement [Pu], et d’autre part, sauf position finale ou accent contrastif éventuel, il est généralement réduit ([?u]). Pour ce qui est de la variété (britannique/ américain…): on veillera à ce que les sons soient – autant que possible, la question est complexe en raison des variations – cohérents, soit qu’ils aillent dans le sens de la variété choisie. Cette remarque concerne notamment (à l’écoute des candidats de cette session) les américanistes, qui produisent par exemple le [r] et le « flap » ([3], ex. [!rH3h] pour city), mais les voyelles (souvent) ne suivent pas. Des variations existent ; on essaiera simplement d’être le plus homogène possible. D’autres variétés sont également possibles, on visera cependant la plus grande intelligibilité, et la cohérence. Deux autres mots mal prononcés : says [d] (mot courant !) mais laid [dH]. Le mot chiasmus ([j`H!zyl?r]) semble aussi régulièrement poser problème aux candidats. Accentuation. On regrette en particulier les erreurs : a) sur des mots courants (et/ ou courants dans le contexte d’une explication), ex. !comment (verbe et nom), !adjective… : on peut en effet s’attendre à ce que ces mots aient été vérifiés pendant l’année ; b) sur des mots correspondant à des règles qui peuvent être supposées connues ; on note notamment beaucoup d’erreurs sur les mots en –ic (*sci!entific, *!Pacific, *de!mocratic…), en –ity (*!nationality, *spi!rituality, *the!atricality…), ou en –ion (*!definition, *!repetition, *!inspiration…), malgré la grande régularité du placement de l’accent sur la pénultième pour les mots en –ic ou -ion (« lion » rule), et sur l’antépénultième pour les mots en –ity. De même, on note des erreurs très fréquentes sur les mots en –ism, ex. !Catholic -> !Catholicism. Il en est de même pour l’accentuation des mots composés. Dans les verbes composés, la particule n’est pas ou peu accentuée (ex. *!conjure $up au lieu de $conjure !up). Par ailleurs, de nouveau (cf., de nouveau, sessions précédentes) certains candidats accentuent parfois étrangement, dans les suites adjectif + nom, l’adjectif et non le nom en l’absence de tout contexte le justifiant. Quelques erreurs de prononciation de mots/ noms courants également à ce niveau, ex. *!New9$York (non acceptable en raison de sa fréquence). Les règles, qui sont, notamment, apprises par ailleurs pour l’écrit de linguistique, doivent également être appliquées. Maîtrise de l’anglais parlé c) On constate par ailleurs toujours des déplacements fréquents de l’accent vers la finale. Il faut se « surveiller » lors des présentations et ne pas déplacer les accents que l’on sait peut-être placer hors contexte ( ?), mais qui dans la pratique ont très souvent tendance à être accentués sur la finale (liste d’erreurs entendues en 2005 : *develop!ment, *com!fort, con!text, *con!cept, *docu!ments, *es!say, *e!choes, *associa!ted, *maniche!an, *reaso!ning, *no!thing, *pro!noun, *anec!dotes, *peo!ple, *im!pact (N), *po!et/ *po!em, *bo!dy…). Deux noms très fréquents dans le contexte d’une explication sont très souvent mal accentués : *ex!tract, *ex!cerpt, on peut espérer que cette erreur soit corrigée chez de futurs candidats. On a de nouveau un déplacement final. Les erreurs s’accumulant, ce défaut conduit souvent également à de (très) mauvaises notes. On donnera ici une liste non exhaustive de mots trop souvent mal accentués (ici indiqués avec leur bonne accentuation) pour les futurs candidats : !adjective, !agriculture, a!naphora (mais !anaphor), !architecture, be!ginning, !capitalism, !category, !caricature, !character, col!lective, !comment, !communism, !consequence, con!sider, corre!spond, !criticism, !Darwinism, de!velopment, !difficulty, el!lipsis, !excerpt, !extract (N), indi!vidual, !interested/ !interesting, !instrument, !modernist/ !modernism, per!spective, !positivism, !Protestant/ !Protestantism, !Puritan/ !Puritanism, !realism, !recognize, !Shakespeare, senti!mentalism, !television. On constate que la plupart de ces mots sont très courants, et on peut les supposer connus par des candidats à l’agrégation. Grammaire. La qualité grammaticale de l’anglais est aussi prise en compte. Ici les problèmes peuvent être variés. On note cependant la récurrence notamment des quatre problèmes suivants : - - - la non-prononciation des finales (-s de 3e personne et/ou de pluriel, -d/ t de prétérit ou de participe passé) conduit à des fautes de grammaire. On veillera à bien les prononcer. On entend en effet *The author insist, par exemple, ce qui constitue un problème de conjugaison, ou une absence de –s au pluriel (*The document are, *both text). Cette absence touche parfois également le ’s du génitif (*in Shelley poem). Ce qui peut (parfois) être au départ une faute de prononciation devient aussi une faute de grammaire. problèmes de détermination nominale (Ø/ a/ the mal utilisés : *the society pour un générique, *the Article 6/ *The paragraph number 4, Ø abusifs : *Ø French Revolution, *Ø Industrial Revolution…, ou *when there is Ø take-over of Ø government, par exemple). le placement des adverbes entre le verbe et l’objet (de type : *It would describe also the way…, *It helps a lot the Americans). Cette erreur est très fréquente. les questions/ interrogatives indirectes sont construites avec une inversion (*I don’t know what is the answer). On portera donc particulièrement attention à ces erreurs. D’autres peuvent être notées: absence d’objet dans des constructions qui en requièrent (*It makes Ø believe that… -> one, the reader…, *It reminds Ø of…), présence de it après as (*as it is said), des erreurs également parfois sur les modaux (it can’t ≠ it mustn’t be), encore trop souvent sur les aspects (be + ing au lieu de formes simples ou have + en au lieu de prétérit), erreur de placement de la négation avec all/ every (*all people don’t know it pour not all … know it). On évitera également le futur ou le présent dans des contextes passés (*Henry VIII will die in 1547), et un certain nombre de candidats utilisent encore mal les prépositions (ex : *excerpt of, pour from), ou font des erreurs sur les constructions verbales (ex. *answer (V) to someone, *what did they show to him?). Il s’agit ici des cas les plus récurrents. Lexique. On peut noter ici deux aspects différents : On s’attend à ce que les candidats utilisent un lexique riche, et adapté. Ne pas utiliser there is/ we have… sans arrêt, varier les constructions, et employer un lexique précis. Le vocabulaire technique lié, selon les épreuves concernées, aux textes littéraires, de civilisation ou à la linguistique doit aussi être utilisé de manière précise. Le registre doit être celui d’une présentation orale ( ??gonna, par exemple : même s’il s’agit d’oral, il s’agit de présentations d’un registre relativement formel). Maîtrise de l’anglais parlé Il est évident qu’à un autre niveau, il ne faut pas inventer de mots (rare, mais a parfois été le cas : un exemple, *scienticists pour scientists), ou utiliser les mots dans des contextes inadaptés (ex. confusions arise/ raise/ rise, y compris arouse, ce dernier verbe étant très souvent mal utilisé). Veiller à respecter les collocations (les mots qui vont souvent ensemble), et éviter les formulations trop vagues. On évitera donc aussi les formulations confinant au charabia, dues souvent à une mauvaise utilisation de termes abstraits ou à une accumulation de termes trop vagues (ex. ??[They] give a hellish rhythm to the atmosphere, description d’un tableau : sens peu clair ; ??it has a scattering effect…). - Communication. Il s’agit ici de veiller à la clarté de la langue et de ne pas oublier que l’on s’adresse à un jury. Le débit doit être ni excessivement lent, ni excessivement rapide ; le volume doit aussi être adapté. Ces qualités sont fondamentales pour de futurs enseignants. Il ne s’agit en aucun cas de théâtralité, mais de respecter ce qui convient à la clarté du propos. Il s’agit ici surtout d’être clair et convaincant. On n’oubliera pas non plus de s’adresser au jury, et on évitera de se perdre dans ses notes. Ces qualités doivent être maintenues lors de l’entretien, où l’on continuera de veiller à la qualité de son anglais, tout en répondant aux questions du jury. Conclusion. On rappellera pour conclure que la session 2005 a été l’occasion de mettre de bonnes, voire de très bonnes notes à certains candidats, et que les erreurs signalées ci-dessus ne sont ni systématiquement commises, ni commises toutes à la fois. La liste en est ici faite pour éventuellement permettre aux futurs candidats de se concentrer sur ces points faibles. Cependant, on insistera de nouveau sur la présence de prestations faibles ou très faibles, et la récurrence des mêmes erreurs d’une année sur l’autre. On peut s’attendre à ce que des candidats à l’agrégation sachent produire une intonation anglaise, prononcer au moins les mots les plus courants, avoir une grammaire solide et un vocabulaire technique bien maîtrisé. On terminera donc en encourageant les futurs candidats à ne pas négliger cette partie du concours, en travaillant sur cet aspect de l’oral le plus tôt possible – en utilisant des dictionnaires de phonétique (les mêmes que pour l’écrit en linguistique), en vérifiant systématiquement les mots mal connus sans laisser les erreurs s’installer. On pourra conseiller également de s’enregistrer éventuellement dans le cours de l’année et/ ou de faire écouter ses prestations par d’autres, pour avoir un point de vue extérieur, et de parler le plus souvent possible. Il semble en effet que c’est en s’entraînant le plus possible avant les épreuves elles-mêmes que l’on peut espérer améliorer la qualité de son anglais parlé le jour du concours. Catherine Chauvin.