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Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires Pour le compte de Bruxelles Environnement Etude réalisée par : Hélène Joachain, sous la supervision de Marek Hudon (ULB- CEESE-CERMI) Erwan Mouazan (Groupe One) Jade Charouk Relecture: Bernard Lietaer Décembre 2009 2 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Table des matières EXECUTIVE SUMMARY ............................................................................................................................ 3 1. INTRODUCTION ................................................................................................................................ 5 2. ANALYSE DES PROJETS ................................................................................................................ 8 2.1 NU-SPAARPAS ............................................................................................................................................ 8 2.2 E-PORTEMONNEE ...................................................................................................................................... 17 2.3 RES ........................................................................................................................................................... 25 2.4 ECOCHEQUES ............................................................................................................................................ 34 PROPOSITION D’ADAPTATION AU CONTEXTE BRUXELLOIS ........................................................ 43 PROJET INTERREG IVB: DESCRIPTION SYNTHÉTIQUE DU PROJET « SUCCESS » ........................................ 43 PROPOSITION DE SCENARIO ADAPTE AU CONTEXTE BRUXELLOIS .................................................................. 45 LE MODELE DE BASE ........................................................................................................................................ 45 LES MODULES COMPLEMENTAIRES .................................................................................................................. 49 CONCLUSION .......................................................................................................................................... 59 BIBLIOGRAPHIE ...................................................................................................................................... 60 2 3 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Executive summary Les monnaies complémentaires concernent tout moyen d’échange standardisé, accepté par un groupe d'acteurs et qui circule en parallèle avec la monnaie officielle. Ces systèmes peuvent répondre à différents objectifs, en appui de la monnaie conventionnelle : du renforcement du lien social à la redynamisation de l’économie locale, en passant par la promotion des comportements durables. L’utilisation des monnaies complémentaires dans un but environnemental est apparue relativement récemment par rapport à leur utilisation dans des objectifs sociaux ou régionaux. Le nombre de ces expériences est encore restreint actuellement. La recherche et la sélection de projets pertinents dans ce domaine a débouché sur l’étude approfondie de 4 systèmes de monnaies complémentaires : - le projet « NU spaarpas » initié à Rotterdam en 2002 ; le projet « E-portemonnee » mis en œuvre dans la Province du Limbourg ; le système RES fonctionnant au niveau belge ; le système des Ecochèques fonctionnant au niveau belge. L’analyse de ces systèmes permet de dégager des grandes recommandations pour une implémentation en Région de Bruxelles Capitale. Six éléments structurants sont à prendre en compte: 1) Le système de monnaie complémentaire en lui-même, où il s’agira de définir le type de monnaie complémentaire en fonction des objectifs choisis pour le système : S’agit-il d’adapter les modes de consommation vers des achats plus durables (carte nu) ou souhaite-on développer tel ou tel comportement plus durable (eportemonnee)? Le système se base-t-il sur un système privé (RES) ou public ? 3 4 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 2) Le fonctionnement qui reprendra principalement les trois aspects suivants : comment obtient-on les points, comment peut-on les utiliser et comment sont-ils financés. 3) Le réseau d’acteurs, qui devra définir les partenaires au projet, ainsi que les opérateurs et d’éventuels seuils critiques. 4) Les aspects techniques qui reprendront, entre autres, la question des logiciels, des réseaux et des supports utilisés : le système devra être facile, rapide d’utilisation, et ancré dans une technologie existante facilement adaptable, pour limiter les coûts. A ce titre l’intégration avec un système existant tel que la carte Mobib est à explorer. 5) Les aspects communication et information qui couvrent les différentes composantes du marketing mix. Plus de promotion conduira, normalement à une meilleure pénétration de la monnaie complémentaire. Par contre, le budget risque de s’en trouver passablement alourdi. Il s’agit donc de trouver une bonne balance « coûts / résultats » et de choisir convenablement les canaux utilisés pour la promotion. 6) les aspects gouvernance et monitoring : II conviendra de définir, entre autres, les aspects essentiels de la forme public/privée, de l’émission des points, ainsi que des mécanismes de contrôle et de gestion. La solution d’une fondation multipartite pourrait être envisagée. Un organe avec une légitimité dans le domaine pourrait assurer la certification et l’attribution des points. Des profils différents et complémentaires dans l’équipe de coordination seront nécessaires pour appréhender la diversité des aspects à intégrer (aspects conception du système, technique, négociation avec les partenaires, marketing, etc.). Un soutien du politique est des administrations autour du projet sera essentiel. Par ailleurs, afin de s’assurer de l’impact du projet sur le plan environnemental, il sera nécessaire de mettre en place un monitoring en temps 0 et prévoir un suivi. Sur base de cette grille d’analyse, l’étude propose un scénario adapté à la réalité bruxelloise, s’inscrivant dans le cadre du projet « SUCCESS » Interreg IVb. Le modèle présenté est un système dans lequel des consommateurs reçoivent des points électroniques (ECOs) pour des achats et des comportements verts. Ces consommateurs peuvent ensuite dépenser leurs ECOs sur des produits ou services verts. Le modèle se compose d’une proposition de base, sur laquelle se greffent des modules complémentaires dont la mise en place dépendra des priorités et du timing fixés par la Région Bruxelloise Le modèle de base du système s’appuie sur l’adaptation de l’octroi des primes, désormais payées en monnaies complémentaires. Le fait de payer les subsides en ECO oriente les consommateurs à réinvestir dans des produits et services qui contribueront encore à réduire le CO2 créant ainsi un effet multiplicateur. Une fois le module de base mis en place, l’étude préconise la mise en place de modules complémentaires, intégrant les écochèques, les campagnes de changement de comportement développées à l’échelle régionale, les aspects fidélisation à destination des commerçants, mais aussi la dynamique des certificats de réduction CO2, du B2B et de la comptabilité CO2. 4 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 5 1. Introduction La société, telle que nous la connaissons, traverse de nombreuses crises : écologique, sociale, économique et financière. Ces crises impliquent autant de défis à relever, autant de transitions à assurer vers des dynamiques plus soutenables et équitables. Pour favoriser ces transitions, des outils sont nécessaires. Les monnaies complémentaires, quand elles sont développées pour motiver le changement de comportement des citoyens, peuvent constituer l’un de ces outils. Même si des systèmes de monnaies complémentaires ont été attestés à différents moments de l’histoire et qu’il ne s’agit donc pas d’un phénomène nouveau, nous assistons, depuis quelques années, à l’essor des monnaies complémentaires à travers le monde. En ce qui concerne les monnaies complémentaires à finalité sociale, par exemple, leur nombre est aujourd’hui estimé par les experts à plus de 2.500 systèmes, alors qu’il n’était que de 100 dans les années 1980 1 . Plus récemment encore, des systèmes de monnaies complémentaires à finalité environnementale ont commencé à faire leur apparition, ouvrant ainsi le champ à de nouveaux outils pour favoriser les comportements éco-responsables. L’étude se concentre principalement sur de tels systèmes à finalité environnementale et propose un aperçu de leur fonctionnement, leur potentiel, leurs forces et leurs faiblesses. L’objectif final est, à partir d’un état des lieux des expériences les plus pertinentes de monnaies complémentaires, de dégager des recommandations pour le développement de ce type de projet en région de Bruxelles-Capitale. Le concept de monnaies complémentaires Avant de nous lancer dans l’étude des systèmes de monnaies complémentaires proprement dits, il est important de cerner le concept de monnaies complémentaires. Ces systèmes sont basés sur le fait qu’un groupe d’acteurs décide, sur base volontaire, d’utiliser « autre chose » que la monnaie officielle pour certaines transactions. La monnaie complémentaire est donc cet « autre chose », cet objet standardisé, qui sera utilisé par ce groupe d’acteurs pour une série en général assez bien définie d’échanges. La création d’un système de monnaie complémentaire repose donc sur un accord entre une série d’acteurs, ainsi que sur la confiance que ces acteurs placent dans la monnaie complémentaire. Les objectifs des systèmes de monnaies complémentaires – quelques exemples Une des premières questions qui se posent à propos des monnaies complémentaires est celle du « pourquoi ? » de l’existence de ces systèmes. En effet, puisqu’il existe une monnaie officielle qui a cours légal sur un territoire donné et est donc acceptée partout, pourquoi créer un autre moyen de paiement qui ne sera accepté que par un nombre limité d’acteurs et pour certaines transactions uniquement ? Pour répondre à cette question, il semble intéressant de se pencher sur les objectifs des systèmes de monnaies complémentaires. En effet, l’étude de ces objectifs montre qu’ils sont multiples. Si nous mettons de côté les applications purement commerciales qui ne relèvent pas du sujet de cette étude, comme la fidélisation de la clientèle à l’aide de points par 1 Lietaer, 2001 5 6 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 exemple, nous pouvons mettre en avant d’autres objectifs à caractère sociaux, environnementaux et économiques principalement. Ces objectifs vont du renforcement du lien social à la redynamisation de l’économie locale, en passant par la promotion des comportements durables. Dans le domaine social, par exemple, les Systèmes d’Echange Locaux (SEL) permettent de favoriser les échanges de services entre les participants, renforçant de ce fait aussi souvent leurs liens sociaux. Le système Fureai Kipu développé au Japon offre un autre exemple de monnaies complémentaires utilisées dans le domaine social, en apportant aux personnes âgées l’aide que le système social n’est pas à même de leur fournir. En Allemagne, se sont développés, entre autres, des systèmes de monnaies complémentaires destinés à revitaliser l’économie locale (Regiogeld), tandis qu’aux PaysBas (avec le projet NU-Spaarpas) ou en Belgique (E-portemonnee), les monnaies complémentaires ont également été utilisées pour favoriser les comportements durables. Quelles différences ? L’exemple des monnaies régionales Si nous prenons l’exemple de l’utilisation des monnaies complémentaires dans le but de dynamiser l’économie régionale, nous pouvons voir comment les caractéristiques qui différencient la monnaie complémentaire par rapport à la monnaie officielle vont permettre à d’autres dynamiques de se mettre en place. En effet, une monnaie complémentaire qui n’est acceptée que dans un périmètre restreint (à l’échelle d’une ville ou d’une région, par exemple) présente des caractéristiques très différentes de celles d’une monnaie officielle comme l’Euro. En effet, l’Euro est une monnaie qui circule largement au niveau mondial. La monnaie complémentaire régionale par contre, ne circulera que là où elle est acceptée, ce qui fait qu’elle continuera à cycler au niveau de la région. L’acceptabilité locale, qui différencie la monnaie régionale de l’Euro devient donc un atout dans la perspective d’une dynamisation de l’économie locale. D’autres caractéristiques peuvent encore augmenter ce potentiel, comme le fait, par exemple de faire perdre à la monnaie régionale de la valeur avec le temps (principe de la monnaie fondante), ce qui incite à l’utiliser pour les échanges et non pour la thésaurisation. Il faut cependant garder à l’esprit que la monnaie complémentaire repose, comme nous l’avons dit, sur la confiance de ceux qui l’utilisent. A ce titre, elle ne dispose pas de la même notoriété que l’Euro, n’a pas cours légal et ne relève pas de la politique monétaire de la banque centrale. De plus, même s’il y a parité entre la monnaie complémentaire et l’Euro, la monnaie complémentaire peut être perçue comme ayant psychologiquement une valeur « moindre » que la monnaie officielle. Ces facteurs peuvent limiter l’utilisation de la monnaie complémentaire et donc l’efficacité du processus de dynamisation de l’économie locale. Complémentaires sur d’autres objectifs Les dynamiques mises en place au niveau des systèmes de monnaies complémentaires prennent à contrepied un postulat majeur défendu par les théories économiques dominantes, à savoir que l’argent serait un instrument neutre. L’idée qui sous-tend la création de systèmes de monnaies complémentaires en Europe est, au contraire que, si l’Euro a démontré son efficacité en ce qui concerne les échanges commerciaux au niveau mondial, d’autres formes monétaires pourraient venir utilement compléter l’Euro lorsque l’on considère des objectifs environnementaux, sociaux ou de développement régionaux, par exemple. 6 7 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Les monnaies complémentaires à objectifs environnementaux Si nous en venons à présent aux projets de monnaies complémentaires à objectifs environnementaux, qui constituent le sujet principal de cette étude, il convient d’attirer l’attention sur deux points. D’une part, l’utilisation des monnaies complémentaires dans un but environnemental est apparue relativement récemment par rapport à leur utilisation dans des objectifs sociaux ou régionaux. Une conséquence de ce premier point est que le nombre de ces expériences est encore restreint actuellement. D’autre part, plusieurs projets à objectif environnemental se sont faits avec le soutien et la participation des autorités publiques, ce qui n’est pas le cas pour des systèmes de monnaies complémentaires comme les SEL (systèmes d’échange locaux) par exemple, qui ont une visée plus sociale et qui sont, généralement partis de la base (grassroot). La recherche et la sélection de projets pertinents dans le domaine environnemental a débouché sur l’étude approfondie de 4 systèmes de monnaies complémentaires : - le projet « NU spaarpas » initié à Rotterdam en 2002 ; le projet « E-portemonnee » mis en œuvre dans la Province du Limbourg ; le système RES fonctionnant au niveau belge ; le système des Ecochèques fonctionnant au niveau belge. La méthodologie s’est basée sur un processus en deux temps. Tout d’abord, les documents disponibles à propos des projets sélectionnés ont été recherchés et analysés. Ensuite, sur cette base, une matrice a été construite pour mener à bien des interviews approfondies de porteurs de ces projets. Les résultats de ce travail ont permis, pour chaque projet, de dégager son mode de fonctionnement, ainsi que ses forces et faiblesses. L’étude commune des quatre projets a permis d’identifier les aspects-clés à prendre en compte pour la viabilité des systèmes, ainsi que les grands axes qui les structurent. Partant de là, des recommandations ont également été émises dans l’optique d’un développement de ce type de projet pour la Région de Bruxelles-Capitale, et plus particulièrement dans le cadre du projet Interreg IVb « SUCCESS ». 7 8 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 2. Analyse des projets 2.1 NU-Spaarpas Carte de fidélité en matière de développement durable qui permet d’obtenir des points grâce à des comportements durables (en lien avec la gestion des déchets) et lors d’achat de produits de consommation, les produits « verts » étant favorisés par un nombre plus élevés de points obtenus. Les points sont valorisés par des cadeaux, ou des services « verts » (tels que des pass pour les transports en commun ou des entrées dans des musées de la ville, par exemple). Historique du projet Cette initiative s’inscrit dans le contexte propre aux Pays-Bas où, parmi les acteurs impliqués dans le développement des monnaies complémentaires, on retrouve les citoyens (grass root) et les industriels tels que Phillips et Bata qui ont mis en place des systèmes de fidélisation orientés vers leurs employés, et ce dans le but de faire revenir l’argent dans l’entreprises en payant une part des salaire par des coupons utilisables uniquement dans leurs entreprises. La logique qui sous-tend des projets comme le NU-Spaarpas est la volonté d’influencer les comportements en agissant sur la circulation des biens, des services et de la monnaie plutôt que sur les systèmes de production de ces biens et services. Implémentation de la carte NU C’est en 1998, lors de la mise en place de l’agenda 21 de la ville de Rotterdam, que l’idée d’une carte de fidélité durable a été lancée. Cette idée a été directement soutenue par des partenaires d’importance, dont le RET (autorité en charge du transport), le Roteb (département des déchets) et la section environnementale de la ville de Rotterdam. Le bureau de consultance Barataria (renommé en 2002 Stichting Points), expert en épargne durable, s’est attelé à rechercher les financements pour lancer l’initiative appelée à l’époque PlusPunten. Le projet PlusPunten a débuté en 2000, avec le soutien de la commission européenne via le programme Life III. Suite à 2 ans de préparation la carte NU est lancée sur le marché en mai 2002 pour une période pilote de 18 mois, jusqu’en octobre 2003. Fiche du projet 1. Porteur du projet Partenariat public/privé entre la ville de Rotterdam, Rabobank et la fondation Stichting Points (anciennement dénomée Barataria) 8 9 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 2. Parties prenantes 3 départements de la municipalité de Rotterdam sont impliqués : • La section politique environnementale du département travaux publics dont l’objectif est triple : améliorer la sensibilisation aux questions environnementales, stimuler les modes de comportements plus durables et promouvoir l’économie locale. • Le RET, l’autorité régionale en charge du transport, qui cherche, à travers le projet NU, à encourage les porteurs de la carte à utiliser les transports en commun. Pour ce faire, le RET offrira des pass journaliers comme option pour utiliser les points collectés. Le RET a également joué un rôle important en termes de promotion/communication (en offrant ses espaces publicitaires sur les trams et abris-bus). • Le Roteb, qui gère le traitement des déchets ménagers. Le comportement récompensé par des points est le fait de trier et de rapporter ses déchets. Roteb a également utilisé ses canaux de communication pour faire connaitre la carte. La Rabobank : la coopérative Rabobank Group, réputée pour son implication importante dans des projets sociaux et de durabilité, a utilisé la carte pour renforcer son image et explorer des possibilités innovantes quant à l’introduction de produits financiers responsables. En plus de la notoriété liée à la participation de la Rabobank, le projet a pu bénéficier de son ’expertise technique et légale ainsi que de son réseau de PME et de clients. Stichting points : A l’origine du projet, la fondation est en charge de la coordination du projet. 3. Aspect financiers Le projet pilote à été financé par l’union européenne (Projet Life) et la Province « Holland South ». D’après les informations disponibles, le budget global était de 3,6 millions d’euros et s’est réparti comme suit : • Coût Ressources humaines : au plus haut de l’activité, 20 personnes (17 etps) étaient employées pour le projet. Leur rôle était essentiellement lié à la communication du projet, la diffusion des cartes, mais aussi la gestion des entreprises partenaires • Coûts techniques : l’implémentation technique a nécessité 180.000 € : 10.000 cartes, 100 terminaux. Basé sur la technique CCV (banksys simplifié). • Coûts opérationnels : jusque mars 2003, la carte était vendue 1,50 euros et 150 points étaient alors crédités sur la carte. Après le 1er mars, la carte a été distribuée gratuitement afin d’attirer de nouveaux utilisateurs. Pour les entreprises les coûts étaient de deux ordres : une somme liée à la location du terminal ainsi que les coûts administratifs. 9 10 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 La principale source de revenus pour le projet résidait dans la commission prise sur chaque transaction. Le fait qu’il y ait des « fuites » (« leakage ») dans le système et que des points soient gagnés mais non utilisés a contribué indirectement aux ressources du projet. La fixation d’une date d’expiration pour l’utilisation des points augmente ce paramètre de « fuite ». 4. Date de lancement Le projet a été lancé en 2002, pour une durée de 18 mois et a été arrêté 9 mois avant sa fin officielle. La raison donnée pour l’arrêt du projet est d’ordre politique (changement brutal de majorité suite à l’assassinat de Pim Fortuyn). Suite à ce renversement de majorité, ce projet, ainsi que d’autres ont été arrêtés. Par un effet domino, le retrait de la ville a été suivi du retrait des autres partenaires (Rabobank et les autorités de gestion de déchets). 5. Périmètre d’utilisation Le projet s’est développé dans la Ville de Rotterdam. Une centaine de magasins ont participé. Le nombre de porteurs de carte était d’environ 10.000. Fonctionnement Obtention des points Chaque porteur de carte qui achète un produit / service auprès d’un commerçant qui participe au projet, reçoit des points NU. En plus des achats, les points récompensent également des comportements durables : le fait de rapporter des déchets triés permet, par exemple, de recevoir des points. Comme le projet est destiné principalement à induire des changements de comportement auprès de ceux qui ne sont ni « totalement convaincus » de la nécessité d’adopter des comportements durables, ni « totalement réfractaires » à l’adoption de ces comportements, soit une bonne moitié de la population, les points ne récompensent pas que des achats ou des services « verts ». Cependant, les produits et services écologiquement responsables reçoivent 4 fois plus de points que les produits traditionnels. A titre d’exemple, les produits bénéficiant d’un écolabel ou d’un label d’agriculture biologique, ou les produits Max Havelaar sont repris dans les produits écologiquement responsables. Les achats de seconde-main sont également considérés comme durables. Utilisation des points Les porteurs de la carte peuvent utiliser les points gagnés auprès des entreprises participantes afin de recevoir des « cadeaux verts » qui correspondent à la gamme du magasin. Les points peuvent également être utilisés pour obtenir des pass journaliers pour les transports en commun ou des entrées dans des musées par exemple. Une autre possibilité est d’affecter les points à des ONG. 10 11 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Le schéma suivant reprend la circulation des points. Pour chaque euro dépensé auprès d’un commerçant participant au projet ou pour chaque comportement durable récompensé par le projet, le consommateur reçoit un certain nombre de points. Ces points constituent la monnaie complémentaire du projet et peuvent être utilisés selon les différentes façons que nous venons d’indiquer (pass pour les transports en commun, « cadeaux verts », etc.). Pour pouvoir offrir des points, les commerçants ou organismes doivent payer 0,7 centimes d’euros par point, plus un montant administratif. Lorsque ces mêmes commerçants ou organismes reçoivent des points et veulent les échanger, ils sont remboursés de 0,7 euro cents par point. Les vendeurs qui offrent et acceptent des points peuvent ainsi équilibrer leurs comptes en points. Dispositif technique Le système technique est composé des cartes, des terminaux et d’un serveur central. 11 12 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Source : www.nuspaarpas.nl La carte Le support choisi est une carte à puce sur laquelle l’information suivante est emmagasinée : numéro d’identification du client, activation, transactions réalisées avec la carte et balance (nombre de points). Ce système fonctionne donc comme un système Proton : Le balance des points est sur la carte. Le terminal et son scanneur Les détaillants participants disposent d’un terminal et d’un scanneur. Le scanneur est utilisé pour lire le code des produits pour lesquels des points sont attribués. Si le magasin ne travaille pas avec un système de code barre produit, une feuille code barre est spécialement réalisée pour le magasin, qui permet de lister tous les produits intégrés et les codes barres. Le terminal permet de lire la carte à puce et d’y intégrer directement les informations liées aux points obtenus suite aux achats. La base de données centrale La base de données centrale est située au siège de Smart Concepts à Doetinchem. Communication La communication a suivi différentes phases. Tout d’abord, lors de la phase de lancement, l’objectif était de familiariser le public à l’existence de la carte. Ensuite, la communication s’est centrée sur la promotion des avantages liés à la carte et, finalement, les caractéristiques durables de la carte ont été mises en avant. 12 13 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Source : www.nuspaarpas.nl Outils de communication La communication s’est basée sur différents outils : tout d’abord, la carte elle-même, ainsi que des brochures expliquant son utilisation, et notamment comment gagner et utiliser les points. D’autres outils ont été utilisés pour familiariser le public avec le projet, tels que des réunions de lancement, des affiches publicitaires (notamment sur les trams et les abris-bus). Des équipes de recruteurs ont activement démarché le public, tandis que les partenaires du projet utilisaient leurs canaux pour faire connaître le projet. Du matériel de promotion était également disposé dans les magasins participants. En outre, des outils de type newsletter et mailing ont également été utilisés. Des ressources considérables ont donc été mobilisées pour assurer la promotion et la communication autour du projet. Résultats Résultats Quantitatifs Il est à noter que les résultats qui suivent, aussi bien quantitatifs que qualitatifs sont fournis par les organisateurs du projet (van Sambeek et Kampers, 2004), et que nous n’avons pas pu avoir accès directement aux données. Les résultats globaux présentés pour le projet sont les suivants : • • 10.000 ménages participants (11.000 prévus) 1.577.905 points émis, 140.084 échangés. Toujours d’après les données fournies par les porteurs du projet (van Sambeek et Kampers, 2004), le nombre de détenteurs de carte n’a vraiment commencé à décoller qu’un an après 13 14 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 le lancement du projet (soit vers mai 2003), accusant une forte croissance dans les six mois qui suivent. Ces données sembleraient indiquer que, même avec tout l’effort de communication et de publicité fourni pour ce projet, il a tout de même fallu 1 an pour atteindre une bonne pénétration de la carte. Ceci pourrait également expliquer le différentiel observé entre les objectifs fixés en début de projet (autour des 7 millions de points épargnés) et les résultats réellement obtenus. Le fait qu’il ait fallu plusieurs mois pour que les entreprises participent en nombre suffisant et que le nombre de détenteurs de la carte se mette à augmenter fortement a en effet retardé l’essor du projet et limité de ce fait le nombre de points échangés. Les données fournies par les porteurs du projet nous renseignent encore sur le fait que l’essentiel des points ont été distribués suite à un comportement de tri des déchets auprès de Roteb, mais que le pourcentage que représentaient ces points a diminué au cours du projet. Résultats qualitatifs Ce projet n’a pas été conçu dans une démarche de recherche et de validation des résultats. Il en résulte des difficultés pour établir l’impact qu’a eu l’introduction de ce système de monnaies complémentaires, notamment sur les comportements « verts ». Une des faiblesses, d’un point de vue analyse des résultats, réside également dans l’absence de mesure en temps 0. Une telle mesure aurait permis d’évaluer les changements de comportements par rapport à cette période de référence. • Succès liés aux aspects gestion des déchets. D’après les porteurs du projet, les personnes disposant de la carte NU se seraient rendus au centre de tri 3 fois plus souvent. Sur le long terme, l’utilisation de la carte permettait d’espérer un impact positif sur la gestion des déchets en ville (diminution des couts lié au transport des déchets, meilleur tri facilitant le recyclage/réutilisation, diminution du cout de traitement des déchets). • Echec en termes d’impact mobilité. Au niveau des transports, la carte fut un échec, dans la mesure où l’unique service qui pouvait être acheté avec des points – un « one day pass » - n’était pas adapté à la demande du public qui participait au projet (public local, alors que le « one day pass » est plutôt destiné aux touristes). Par ailleurs, la campagne de marketing au niveau de la mobilité s’est soldé par un cuisant échec par faute de coordination de la société de transport (30.000 dépliants placés dans les bus, pour un résultat de 4 inscrits. L’explication : la société de nettoyage des bus était passée le matin dans tous les bus et avait « enlevé » les dépliants.. • Succès au niveau des services culturels Au niveau des services culturels, ce fut un grand succès. Une grande partie des points ont été utilisés de cette manière. 14 15 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Analyse du projet Forces • Meilleure visibilité pour les produits de consommation durable. Etant donné que les produits de consommation durable sont plus récompensés que les autres, ils sont mis en avant par ce type de carte et gagnent en visibilité, ainsi qu’en parts de marché (transfert de consommation). • Approche positive liée aux comportements durables. En accordant des points pour les comportements que l’on cherche à encourager, le projet se sert d’incitants positifs pour favoriser les changements de comportements. Or, le fait d’adopter des comportements durables est plutôt généralement « pénalisant ». Ainsi, les produits biologiques peuvent être plus chers, pour un même poids ou une même contenance que leurs homologues conventionnels. De même, trier ses déchets demande un effort qui n’est pas immédiatement récompensé. Un projet du type de la carte NU permet de lever certaines barrières à l’adoption de comportements plus durables en récompensant ce type de comportement de manière visible, récurrente et immédiate. Il est clair que la liste des services / biens que l’on peut obtenir avec les points obtenus est déterminante pour le succès de tels systèmes et doit correspondre aux attentes des participants. • Scope élargi des personnes touchées. En prenant une optique inclusive pour les magasins participants, le projet cherche à augmenter son impact sur la large fraction des ménages et pas seulement sur les « convaincus » par rapport aux comportements durables. • Outil de marketing pour les entreprises et de dynamisation pour l’économie locale. D’une manière générale, pour les magasins qui participent au projet, la carte permet de fidéliser la clientèle, ainsi que de faire la promotion du magasin. C’est un outil de marketing et de publicité. Comme la carte n’est valable que sur un périmètre déterminé, cela permet aussi de dynamiser l’économie locale. • Effet multiplicateur pour les points subsidiés. Pour les autorités locales, ce type de système permet de doubler l’impact des sommes investies dans les points subsidiés. En effet, les comportements durables sont favorisés à la fois lors des actes posés pour obtenir les points et pour les dépenser. Ces comportements durables touchent, entre autres, la gestion des déchets et la mobilité, deux aspects auxquels le projet peut profiter. Faiblesses • Développement coûteux du projet au niveau technique (travail de développement du système), au niveau marketing (engagement de personnel pour vendre les cartes et faire connaître le système) et au niveau communication (supports pour la publicité, les flyers, etc.) • Manque de pérennité du projet lié au montage institutionnel. Le retrait politique a signifié la fin avant terme du projet. • Faiblesse au niveau technologique : le système n’est pas assez intégré. • Manque de mesurabilité des résultats, avec notamment l’absence de mesure en temps 0 (année de référence). 15 16 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Recommandations pour un modèle Bruxellois • Assurer en amont une structure qui permette au projet de devenir autonome et pérenne. • Ne pas négliger l’aspect « communication » en amont du projet (notamment avec les équipes de vente directe en rue et la mise à disposition d’outils de communication pour les magasins participants : posters, drapeaux, autocollants, etc.), ainsi que l’aspect « accompagnement » des entreprises (sensibilisation/ explication / information, accompagnement sur le long terme notamment pour les achats de produits durables qu’ils proposeront en magasin) pour s’assurer d’une pénétration rapide de la carte. • Faire payer la carte plutôt que de la donner, de façon à cibler directement le projet sur les personnes vraiment intéressées. • Disposer de profils différents et complémentaires dans l’équipe de coordination (aspects conception du système, technique, négociation avec les partenaires, marketing, etc.). Idéalement, le lancement de la carte et sa pénétration doivent être rapides, ce qui nécessite une solide préparation du projet en amont. • Bien concevoir l’aspect technique qui doit pouvoir marcher aussi bien avec 100 que 100.000 participants. Ne pas oublier les technologies émergeantes, comme par exemple les paiements par téléphonie mobile. • Privilégier un système facile et rapide d’utilisation. • Mettre en place un monitoring en temps 0 et prévoir un suivi de façon à pouvoir mieux évaluer la plus-value environnementale de ce type de projets • Faire attention à la gouvernance qui doit être adaptée et garantir une bonne émission et utilisation des points. La solution d’une fondation multipartite pourrait être envisagée. Un organe avec une légitimité dans le domaine pourrait assurer la certification et l’attribution des points. Ces recommandations doivent aussi intégrer deux points sensibles pour ce type de projets : • la limite entre transfert et augmentation de consommation ; • la protection de la vie privée et la sécurité des transactions. 16 17 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 2.2 E-portemonnee Système de monnaie complémentaire géré par les autorités locales qui permet de gagner des points grâce à des comportements durables et d’obtenir avec ces points des récompenses proposées par les autorités locales (entrées pour la piscine communale, tickets de bus, places de cinéma, mais aussi ampoules à basse énergie, bac à compost, etc.) . Historique du projet Le projet, élaboré par Bond Beter Leefmilieu (BBL) et l’intercommunale de gestion des déchets Limburg.net, a été accepté en 2003 par le Gouvernement flamand. Une phase de préparation a été nécessaire qui s’est étendue d’août 2004 à novembre 2005. La phase pilote du projet a ensuite démarré pour 1 an à Overpelt, dans la Province de Limbourg, en novembre 2005. Au terme de cette phase pilote, les résultats ont été jugés positifs et le projet a été maintenu à Overpelt et étendu à 6 autres communes de la Province de Limbourg. Fiche du projet 1. Porteur du projet Intitative groupée de Bond Beter Leefmilieu (http://www.bondbeterleefmilieu.be/) – Limburg.net (intercommunale limbourgeoise de gestion des déchets) et des communes qui mettent en œuvre le projet. 2. Parties prenantes Limburg.net Volonté de promouvoir les comportements durables même au-delà du recyclage. Fournit le système informatique. Finance le 4/5 etp nécessaire à la coordination effectuée chez Bond Beter Leefmilieu Les communes (Overpelt, Diest, Hechtel-Eksel, Houthalen-Helchteren, Leopoldsburg, Lommel, Zonhoven) Les communes sont approchées par BBL qui leur présentent le projet. Celles qui le décident adhèrent au projet et votent un budget pour l’E-portemonnee. Les communes décident de ce qui figure sur la liste donnant droit aux points, ainsi que sur la liste des récompenses (zilverlijst). La plupart des transactions concernant les points se passent aux guichets de la commune. Au sein de la commune c’est le département environnement qui a assuré la gestion du projet. Le service communication a également été impliqué. Bond Beter Leefmilieu BBL a principalement une mission de présentation, d’encadrement et de promotion pour le projet. Ainsi, BBL gère par exemple le site internet du projet, assure la formation du personnel de la commune, prépare des actions de promotion ponctuelles et diffuse un bulletin électronique aux participants. 17 18 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 3. Aspects financiers D’après les informations fournies dans le rapport d’évaluation de la phase pilote projet, le projet pilote a reçu un subside de la région flamande d’un montant 58.300 euros. A cela sont venus s’ajouter 20.462 euros supplémentaires venus l’intercommunale de gestion des déchets pour le Limbourg qui a également pris charge le développement technique du logiciel de gestion. du de de en Le financement des points attribués revient, par contre en grande partie aux administrations locales. Ce financement des points est complété par des sponsors comme Interelectra, Wereldwinkel, De Lijn par exemple. Dans la plupart des cas, il faut passer par les guichets de la commune pour obtenir les points (sauf formulaire internet avec déclaration sur l’honneur pour certaines actions comme mettre un autocollant « pub non merci » sur sa boîte aux lettres). Les points sont donc majoritairement reçus dans les guichets de la commune, en contrepartie de preuve de paiement ou utilisés, toujours au guichet, pour l’achat sur place de produits définis. 4. Date de lancement Le lancement de la phase pilote du projet a eu lieu le 5 novembre 2005. 5. Périmètre d’utilisation Le projet s’est développé dans des communes de la Province du Limbourg, en Flandres. Les communes/villes d’Overpelt, Diest, Hechtel-Eksel, HouthalenHelchteren, Leopoldsburg, Lommel, Zonhoven ont adhéré pour le moment au projet. La ville de Diest s’est retirée du projet, mais, d’après les informations que nous avons pu recueillir, cette ville, située en Brabant flamand et non pas dans la Province du Limbourg, semblait moins motivée pour adhérer au projet. A la date de la rédaction de ce rapport, le projet est donc toujours actif dans 6 communes/villes. L’objectif de Bond Beter Leefmilieu est d’inclure les 44 communes / villes de la Province du Limbourg et d’avoir un taux de participation de 10% des ménages. Infrax (réseau gaz naturel, électricité, etc.) pourrait être impliqué pour les questions énergétiques. Fonctionnement Obtention des points Le tableau suivant reprend un exemple de liste indiquant les actions et les points que ces actions permettent d’obtenir. 18 19 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Source : Zet Milieu op de Kaart’ een gemeentelijk beloningssysteem. Brochure d'information (bond beter leefmilieu) Comme on pouvait s’y attendre étant donné la participation active de Limburg.net à la genèse de ce projet, la partie gestion durable des déchets est bien représentée sur la liste. Cependant, d’autres dimensions y figurent aussi dont l’énergie (électricité d’origine renouvelable), et le fait de diminuer la consommation de papier en mettant un autocollant « pub non merci » sur sa boîte aux lettres. Il est aussi intéressant de noter que, si le passage à un comportement plus durable est récompensé, le fait d’exercer ce comportement l’est également. C’est notamment le cas pour l’énergie verte. L’obtention des points peut également se faire à travers des actions ciblées : par exemple la mise en place d’actions ponctuelles telles que l’octroi de 5000 points pour récompenser le changement vers un fournisseur d’électricité verte, ou l’action pression des pneus : le citoyen se rendant au garage pour vérifier la pression de ses pneus obtient des points grâce à un formulaire rempli par le garagiste qu’il ira présenter à la commune. Utilisation des points Pour que le projet soit attractif, il est important de veiller à ce que les personnes qui gagnent des points puissent les utiliser de manière intéressante. Il faut donc veiller à l’attractivité des usages possibles pour les points. Ce sont les administrations locales (communes, villes) qui établissent les activités / biens proposés sur la liste (zilverlijst) avec l’aide du coordinateur (BBL). La liste qui a été créée pour le premier projet à Overpelt (2005) peut servir de base afin d’établir la liste propre à chaque commune participant au projet. 19 20 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Le tableau suivant donne un exemple de liste pour l’utilisation des points, tels que : • • • Produits et services: tickets de centre culturel, cinéma, piscine… Produits facilitant les économies d’énergie : chargeur de piles, lampes économiques, pommeau de douche économique, sac poubelle pour tri sélectif ; Bons de réduction : pour les transports en commun, pour les magasins de seconde main, etc. L’équivalence est de 100 points = 1 euro. Source : Zet Milieu op de Kaart’ een gemeentelijk beloningssysteem. Brochure d'information (bond beter leefmilieu) Dispositif technique Etant donné que l’intercommunale de gestion des déchets (Limburg.net) avait déjà développé le software pour le recyclage, il n’a fallu qu’un développement informatique limité pour le projet (réalisé par CEGEKA). Lors de la phase pilote, la carte utilisée pour le projet était la carte délivrée par Limburg.net. Lorsque le projet a continué après sa phase de test, cette carte a été remplacée par la carte d’identité nationale 20 21 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Il faut cependant noter qu’on ne peut rien écrire sur la carte d’identité nationale. Celle-ci ne fonctionne donc pas comme la carte NU ou un système de type Proton. Elle ne permet que l’identification via le Registre national. La gestion des points obtenus et dépensés se fait donc via le logiciel. Avec l’utilisation de la carte d’identité, comme il n’y a pas de carte spécifique à faire pour le projet, l’accès pour les particuliers est facilité. Aspect légaux D’après nos informations, ces aspects n’ont pas été examinés en profondeur. Il n’y a pas de vente / achat avec des sociétés commerciales (qui interviennent comme sponsors), ce qui limite les problèmes liés à la TVA. Communication La communication s’est basée sur différents outils repris dans le document d’évaluation de la phase test : • Communiqué de presse au lancement et à mi-parcours. • Soirée d’informations (les participants recevaient des points de par leur présence). • Site internet • Brochures envoyées par la poste à tous les citoyens • Affiches • Stand d’information Résultats Les résultats auxquels nous avons pu avoir accès concernent la phase pilote du projet à Overpelt et sont inclus dans le rapport d’évaluation de cette phase. Nous n’avons à nouveau pas pu avoir accès directement aux données. D’après les informations disponibles dans le rapport d’évaluation, 1 famille sur 5 a participé au projet pilote à Overpelt (novembre 2005 à novembre 2006) en épargnant / dépensant des points. La personne de BBL interviewée estime qu’actuellement, le taux de participation avoisine les 15% dans la commune d’Overpelt. Le nombre de points épargnés pendant la phase pilote (soit 1 an) a été de 358.024, alors que seuls 123.280 points ont été dépensés sur ce même laps de temps. Nous retrouvons ici, quoique dans une moindre mesure, le même phénomène de décalage entre le nombre de points gagnés et le nombre de points dépensés que pour le projet NU. Le fait que les personnes avaient jusqu’au 31 décembre pour dépenser leurs points n’explique qu’en partie ce phénomène. Il s’agit également d’un effet de « fuite » ou « leakage » qu’il serait utile d’investiguer plus avant dans le cadre d’une étude approfondie de ce type de systèmes de monnaies complémentaires. Il est difficile d’évaluer précisément l’impact d’un tel projet, et ce pour au moins deux raisons. Premièrement, comme nous l’avions expliqué pour le projet NU-Spaarpas, l’absence d’un scénario en temps 0 (scénario de base) rend difficile de suivre précisément l’évolution des comportements. Deuxièmement, il est, de manière générale, difficile d’isoler l’influence d’un seul facteur (ici, le système E-portemonnee) sur le changement de comportement. 21 22 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 La personne interviewée chez BBL nous a également expliqué que l’obtention des données supplémentaires sur le projet nécessitait souvent d’avoir recours à de la sous-traitance informatique pour extraire les données, ce qui revenait rapidement cher et a donc limité les données disponibles. Il existe cependant des indices positifs par rapport à l’efficacité du projet. Les communes ont, par exemple constaté que plus de gens venaient demander des d’autocollants « pub non merci » lorsqu’il y avait une action qui donnait des points pour cela. En tout état de cause, un des meilleurs indices de succès réside dans le fait que les communes, qui sont les plus à même d’évaluer le succès du projet, continuent avec l’Eportemonnee. Utilisation des points : Le rapport d’évaluation nous apprend que, pour la phase pilote, ce sont les tickets de tombola qui ont rencontré le plus de succès. L’élément ludique, le faible coût des tickets et les lots mis en jeu sont, pour les auteurs du rapport, les facteurs-clés de ce succès. Le succès était également au rendez-vous pour les bons pour des produits biologiques ou de seconde main, ainsi que pour les entrées à la piscine et la location des CD à la bibliothèque. Les points ont également été utilisés pour les achats de lampes et douches économiques. De manière générale, la tendance qui semble se dégager indiquerait que les services et produits échangeables contre un nombre assez limité de points ont connu plus de succès que ceux pour lesquels un nombre important de points étaient requis (comme les tickets de théâtre, par exemple). Passée la phase pilote, le projet a été continué à Overpelt et s’est à présent étendu à 5 autres communes du Limbourg. Nous n’avons pas pu disposer de chiffres concernant ces communes mais, le jugement d’expert de la personne de BBL interviewée situait la participation dans les projets qui démarraient plutôt autour des 5% au début. Perspectives pour le projet : L’objectif actuel, en termes d’extension, serait d’inclure les 44 communes / villes de la Province du Limbourg et d’avoir un taux de participation de 10% des ménages. Ce type de projet peut également ouvrir, et cela nous intéresse particulièrement dans le cadre de cette étude, sur une gestion différente des primes. En effet, la ville de Leopoldsburg a investigué la possibilité d’octroyer les primes pour les investissements faits en vue d’économiser l’énergie via ce système de points et a mis en place un tel système. Analyse du projet Forces • • • • Instrument visant spécialement à modifier les comportements (plutôt que les habitudes d’achats). Or, il n’y a qu’un nombre limité d’instruments de ce type. Action située au niveau local avec implication politique et citoyenne Faible coût de mise en place Niveau technique : système simple et rapide à utiliser pour un nouvel utilisateur, Intégration technique sur un système déjà existant 22 23 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 • • • Utilisation de la carte d’identité nationale : pas de coût ni de support supplémentaire et chaque individu (à certaines exceptions) en possède une Possibilité d’extension géographique (système réplicable à d’autres communes) Possibilité d’extension à la gestion des primes environnementales. Faiblesses • • • • • • Impact limité (si l’on ne tient pas compte de la possibilité d’intégrer les primes environnementales) Quid si la volonté politique change ? Surcroît de travail pour les administrations Le faible coût est en partie lié au développement au développement antérieur du logiciel par Limburg.net. Ce facteur n’est pas forcément présent dans d’autres contextes Les aspects légaux n’ont pas été explorés Peu de communication, ce qui limite la pénétration du projet. Points sensibles Obstacle psychologique : le système peut entrainer une certaine méfiance auprès du public étant donné que la carte d’identité électronique est utilisée comme carte d’accès. Il est donc nécessaire d’atténuer cette inquiétude en assurant que la participation à ce genre de projet ne comporte aucun risque relatif à la violation de la vie privée. Budget : étant donnée l’organisation actuelle du projet, il est difficile de prévoir un budget annuel pour l’eportemonnaie. En effet, les points sont donnés lorsqu’ils sont réclamés pour chaque action y donnant droit, sans qu’il y ait une limite maximale et ils sont ensuite en circulation, sans que la commune puisse prévoir exactement quand ils seront échangés. Le projet fait également appel au sponsoring, ce qui limite les dépenses de la commune (un cinéma ou un club de football peuvent offrir des places, par exemple). Tant que la taille du projet reste modeste, cette difficulté à budgétiser ne pose pas réellement problème. Pour l’instant, le taux de participation dans la commune où le premier projet e-portemonnee a été lancé (Overpelt) est de +/- 15%. Dans les communes qui démarrent, cette participation est plutôt de 5%. Le budget moyen tourne autour des 3.000 – 5.000 euros par an. Cependant, si le nombre de familles participant au projet venait à augmenter fortement, cela pourrait créer un problème au niveau du budget. La solution proposée par BBL serait de créer un budget en points (et donc un nombre maximal de points émis par an), ce qui permettrait de contrôler davantage le système. Faire davantage appel au sponsoring est aussi une solution. 23 24 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Recommandations pour un modèle bruxellois • • • • • Le fait que Bruxelles offre un grand choix d’activités culturelles, sportives, etc est un atout très positif pour rendre attrayante la liste des récompenses. Il est très recommandé de chercher un partenariat avec ce type d’organisations. De plus, l’utilisation des places vides disponibles aux heures creuses permettrait de limiter les coûts. La Société des Transports Intercommunaux de Bruxelles (STIB) serait également un partenaire important, de même que des sociétés comme Cambio ou des initiatives comme Villo ! Il faut s’assurer du soutien du politique est des administrations autour du projet Une bonne communication est également importante pour faciliter la pénétration de la carte L’extension du système à l’octroi des primes est une des options à considérer dès la mise en place du système. Cela impliquerait d’offrir des utilisations très intéressantes pour les points. Une possibilité serait de négocier le paiement des factures d’électricité verte grâce aux points. 24 25 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 2.3 Le RES Le RES est un système de monnaies complémentaires qui a été développé par une société d’intérêt commercial et qui a pour but de promouvoir l’économie locale par la création et la diffusion d’une monnaie complémentaire locale (le RES-Euro). Le système RES permet des échanges de marchandises / services entre les entreprises (PME ou indépendants qui agissent localement) participantes. En complément du RES, destiné aux entreprises, le RES Plus a été lancé pour les particuliers. C’est un système qui relève de la fidélisation de la clientèle, comme c’est le cas dans les grande surface par exemple, avec un système de carte où des RES-Euro peuvent être obtenus lors d’achat effectués auprès d’entreprises/indépendants participant au réseau. A la différence des grandes surfaces, cependant, les RES-Euro obtenus peuvent être dépensés auprès de toutes les entreprises participant au réseau RES. Ce projet ne s’inscrit pas dans une optique de monnaies complémentaires à finalité environnementale, puisque des PME de tout secteur peuvent y participer. Par contre, nous l’avons retenu pour cette étude, car il s’agit là d’un système de monnaies complémentaires important en Belgique et qui s’est développé depuis 14 ans. L’idée est donc que l’analyse de ce système peut nous donner des pistes pour la conception du système. Historique du projet L’initiateur et le porteur de ce projet est Walter Smets (Leuven). A l’origine, l’inspiration pour le projet est le WIR, système de monnaie complémentaire qui s’est développé en Suisse à partir de la grande Dépression de 1934 et qui, 75 après, concerne plus de 60.000 PME suisses. L’idée était donc de créer un équivalent du système WIR en Belgique. Autre source d’inspiration, la carte « Happy Days », qui a disparu actuellement et qu’il s’agissait, en quelques sortes, de concurrencer. Le projet, qui s’appelait au départ RES BARTER SYSTEM a démarré en 1995 à Leuven. Dès 2002, des moyens techniques supplémentaires sont opérationnels pour le projet, avec la mise au point des cartes de paiements et des terminaux. En 2006, le système est rebaptisé « RES – l’argent complémentaire ! ». C’est sous cette forme qu’il est présenté actuellement sur le site internet (www.res.be). Fiche du projet 1. Porteur du projet Le porteur du projet est, au départ, Walter Smets. Il est important de souligner que ce projet dont la visée est des dynamiser l’économie locale via les PME et indépendants est un projet de type commercial, avec un objectif de rentabilité. La structure mise en place pour développer le projet se présente actuellement sous la forme d’une société coopérative (RES cvba) et d’une société commerciale. La société commerciale a une licence d’exploitation et c’est elle qui gère effectivement le projet. A cela s’ajoute une société commerciale qui s’occupe du RES Plus. 2. Parties prenantes 25 26 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Le système repose sur l’adhésion d’un grand nombre de PME et d’indépendants. Le réseau RES repose surtout sur ses affiliés, sans qu’il y ait, à notre connaissance, un rôle essentiel ou un partenariat étroit noué avec d’autres parties prenantes. Quels sont les critères d’acceptation des commerçants ? Le critère principal est sa taille et son activité locale. L’objet social n’est pas un critère de sélection. Les grandes chaînes sont exclues, mais, en ce qui concerne les franchisés, par exemple, s’il s’agit d’un indépendant et si, dans le cadre de sa franchise, il possède une liberté suffisante pour affecter son argent, il pourra être accepté. Ainsi, par exemple, d’après le courtier interviewé, un franchisé de fast-food Mac Donald’s a été affilié en Flandre orientale. Actuellement, il y aurait entre 4.000 et 5.000 entreprises dans le réseau RES (d’après les chiffres donnés par le courtier et ceux présentés sur le site internet du RES). La question de la mise en place d’un tel système est évidemment très intéressante pour cette étude. D’après le courtier, l’exemple qu’aime citer Walter Smets pour expliquer le processus et ses difficultés est le suivant : Imaginez que vous ayez inventé le fax et qu’il vous faut maintenant le vendre. Vendre votre premier fax ne sera pas très facile, étant donné que personne d’autre n’en possède et donc, qu’à ce stade, il ne permet de communiquer avec personne. Si vous parvenez cependant à vendre votre premier fax, la chose à faire est de demander à la personne à qui vous l’avez vendu : « à qui aimeriez-vous faxer ? » et d’aller démarcher ces personnes-là en priorité. Le challenge pour mettre en place un système de monnaies complémentaires est du même ordre, surtout s’il n’est pas soutenu par des actions de marketing (peu développé dans le cas du projet RES). De fait, il ressort de l’interview avec le courtier que le taux de réussite est faible lors d’un simple démarchage (dû au manque de notoriété, au fait que les commerçants ne connaissent pas le système et ne le comprennent pas). C’est surtout par parrainage que les affiliations se font. 3. Aspects financiers L’entreprise ou l’indépendant qui adhèrent au système paient une cotisation de 500 Euros, ainsi qu’une affiliation de 1,25 Euros. Ils reçoivent alors une part B de coopérateur (sans droit de vote). L’entreprise démarre avec une ligne de crédit d’échange sur laquelle aucun intérêt n’est dû. L’intérêt du commerçant qui participe au projet est qu’il en retire un chiffre d’affaires supplémentaire. En contrepartie, il verse une commission de 3,5 % sur la partie de la vente effectuée en RES-Euro. Les frais de mise en route du projet ont été importants, notamment les frais de développement informatique. Une société anonyme a, en effet, été créée pour le développement informatique (en plus de la société anonyme et de la société coopérative). Au sein de cette société s’est fait le développement du logiciel de gestion des comptes qui s’est avéré très coûteux. Le logiciel développé a, par ailleurs et d’après nos informations, été vendu dans d’autres pays comme l’Autriche et le Danemark. 26 27 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Pour le projet RES Plus, il a fallu produire des cartes à puce pour les consommateurs et équiper les commerçants de terminaux spécifiques. 4. Date de lancement Walter Smets a fondé RES BARTER SYSTEM en 1995. 5. Périmètre d’utilisation L’objectif est de créer un réseau au niveau belge qui favorise les PME / indépendants locaux. Fonctionnement L’idée de base est que le RES-Euro permet de dynamiser l’économie locale dans le sens où les entreprises locales participantes auront intérêt à s’adresser à une autre entreprise locale du réseau qui pourra accepter des RES-Euro. Il se crée ainsi des échanges de marchandises et de services au niveau local entre les entreprises membres du réseau RES. Il en découle un chiffre d’affaire en RES-Euro, qui vient en complément du chiffre d’affaire en Euro pour les entreprises. La facture est établie en euro et la TVA est comptée comme si l’entièreté de la transaction s’était faite en Euro. Afin de créer le réseau, des agents régionaux (anciennement appelés Brokers, maintenant « agenten » en Néerlandais et « courtiers » en Français) qui travaillent sous statut d’indépendants vont voir les commerçants et affilient les nouveaux membres. L’intérêt pour les commerçants se situe également au niveau du marketing, du fait de se faire connaître au sein d’un réseau et d’attirer de manière privilégiée les échanges en RES. La carte RES Plus est destinée aux particuliers et présente l’intérêt d’un système de fidélisation de la clientèle. Des projets de développement sont en cours pour le réseau RES Plus, comme l’offre de coffrets cadeaux en RES-Euro qui pourraient être dépensés chez tous les commerçants affiliés, etc. De même, les instigateurs du projet sont actuellement en négociation avec la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) pour pouvoir vendre des RES-Euro aux particuliers. Les RES constituent une monnaie complémentaire scripturale. Elle n’est donc pas matérialisée par des billets ou des pièces, mais par des écritures en compte. Un système informatique gère ces écritures. Il convient de souligner que la monnaie complémentaire, le RES-Euro, est la même pour les deux systèmes, qui ne sont donc pas séparés d’un point de vue monétaire. Une autre précision importante est que le RES-Euro n’est pas convertible en Euro et qu’il doit donc obligatoirement être dépensé auprès d’un des membres du système RES. Dispositif technique Les RES-Euro sont échangés entre les membres du réseau via des mouvements de compte en RES-Euro gérés par un logiciel de gestion des comptes. Pour le paiement, plusieurs possibilités sont proposées : paiement avec un terminal, par téléphone ou par virement électronique. Il est également possible de payer via des 27 28 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 « facturettes » avec un numéro d’appel gratuit qui sert à obtenir le numéro d’autorisation pour la transaction. Ce système était autrefois utilisé pour les cartes de crédit. La carte RES Plus destinée aux particuliers est une carte de paiement et d’épargne en RESEuro. Source : www.res.be Le site internet RES permet de consulter les opérations. Ces opérations sont également reprises sur un relevé mensuel. Au niveau du traitement administratif de ces opérations, il est similaire à celui des opérations bancaires ordinaires. Une affiliation au système Banksys est restée problématique car une telle affiliation créerait une retenue supplémentaire sur les transactions, en plus de la commission qui est prise actuellement par la société qui gère le réseau. Aspects légaux Un cabinet d’avocats s’occupe de l’aspect légal des choses et des jugements ont déjà été prononcés concernant le RES. Il sort du cadre de cette étude de faire une recherche juridique approfondie, mais il serait intéressant, dans le cas du développement d’un projet de type Interreg, de se pencher sur la jurisprudence qui se crée ainsi dans une matière légale assez novatrice en Belgique. La Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) supervise le dossier de la vente de RES-Euro aux particuliers. Le RES a également été inspecté par l’Inspection Spéciale des Impôts (ISI) et le Ministère des affaires économiques régule les questions relatives à la carte de fidélité RES Plus (numéro d’agrégation, etc.). D’après ce qui précède, il semble donc que l’aspect légal ait été pris en compte de manière significative pour le projet RES, et ceci de manière assez récente. Son rôle de précurseur en la matière pourrait permettre un meilleur positionnement pour les projets ultérieurs qui auraient des similarités avec le réseau RES. Communication Le site internet (www.res.be) offre une visibilité aux entreprises qui participent au réseau RES. Un magazine trimestriel permet de faire connaître le système RES et les entreprises qui y adhèrent, tandis que les newsletters font connaître les promotions offertes par les entreprises participant au réseau. Des événements sont également proposés qui visent à favoriser les contacts entre les membres du réseau. 28 29 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Cependant, ces actions semblent plutôt destinées aux membres du réseau, ce qui ne permet pas d’accroître fortement la notoriété du système auprès du grand public. Résultats Aperçu global Les chiffres suivants proviennent des documents disponibles sur le site internet du RES (www.res.be). Il est à noter que, comme pour les autres projets, nous n’avons pas pu avoir directement accès aux données. Le RES en chiffre : ‐ Le nombre actuel de membres se situerait entre 4.000 et 5.000 entreprises/ indépendants membres. Au départ du projet, ce nombre se situait autour des 3.000 entreprises ‐ Le nombre actuel de détenteurs de carte serait de 100.000 (en 2006, les chiffres font état de 75.000 membres). ‐ Le chiffre d’affaire actuel (achats + ventes) dépasse les 35.000.000 RES-Euro Chiffre d’affaires en RES-Euro Comme nous l’avons dit, le RES-Euro est une monnaie scripturale. Il n’y a donc pas de billets ou de pièces RES-Euro, mais des transactions que l’on retrouve dans les comptes ouverts au nom des commerçants affiliés. A côté de ses opérations en Euro, le commerçant a donc une sorte de comptabilité en RES-Euro. Ceci permet de dégager le volume de transactions faites en RES-Euro (qui dépasse, rappelons-les 35.000.000 RES-Euro), ainsi que, pour un commerçant déterminer, son chiffre d’affaires réalisé en RES-Euro. D’après les données disponibles sur le site, le chiffre d’affaire global en RES-Euro a suivi une augmentation quasi-continue depuis la création du système RES. Les chiffres avancés montrent une augmentation très importante au début : d’un chiffre d’affaires global de 944.409,28 RES-Euro en 1997, on passe à 7.465.457,62 RES-Euro en 1998, soit une augmentation de près de 700%. La progression continue fortement dans les années suivantes, avec un doublement du chiffre d’affaire en 1999, et des augmentations importantes en 2000 et 2001. Ensuite, l’évolution est plus stable entre 2001 et 2006, avec un chiffre d’affaire qui croît progressivement de 25.000.000 RES-Euro jusqu’à 30.000.000 RES-Euro. La progression avancée sur le site est de +7,73% pour 2007 et + 10,03% en 2008, ce qui mène à un chiffre d’affaires de plus de 35.000.000 RES-Euro pour 2008. Après une période de forte croissance initiale puis un pallier autour des 25 / 30 millions de RES-Euro, la tendance à la hausse semble donc à nouveau plus forte. Partant de ce chiffre d’affaire en RES-Euro qui vient complémenter le chiffre d’affaire en Euro, il semblerait donc que le réseau RES contribue effectivement à dynamiser l’activité locale des PME et indépendants. 29 30 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Cependant il serait nécessaire d’affiner l’analyse en estimant la part des transactions en RES-Euro qui se seraient faites de toutes façons (et donc en Euro) si le commerçant n’avait pas adhéré au réseau. Cette part ne pourrait en conséquence être comptabilisée dans l’augmentation du chiffre d’affaire due à l’appartenance au réseau RES. Il conviendrait également d’analyser l’évolution du chiffre d’affaire en euro, pour voir comment celui-ci est affecté. Enfin, d’autres facteurs extérieurs influencent également le chiffre d’affaire, comme une récession, par exemple, facteurs qu’il n’est pas toujours possible de quantifier. Indices de succès Même si, pour les raisons qui viennent d’être évoquées, il n’est pas évident de dégager une estimation quantitative de la contribution du RES à la dynamisation de l’économie locale, deux facteurs semble attester d’une certaine réussite : le nombre d’affiliés croît lentement dans le temps (malgré le turn-over) et le système marque 14 années d’existence à son compteur, avec une augmentation quasi-continue du chiffre d’affaires en RES-Euro. Il serait très intéressant de mener une étude qualitative auprès de commerçants ayant adhérer au RES et d’autres qui l’aurait quitté afin de mieux comprendre pourquoi ils ont pris cette décision et s’il se dégage un profil d’entreprise ou un secteur particulièrement adapté / non-adapté à ce type de système. Ces études poussées sur les résultats du système RES dépassent le cadre de la présente étude, mais seraient intéressantes pour pouvoir utiliser cette expérience dans la mise en place de nouveaux systèmes de monnaies complémentaires. Gouvernance Comme mentionné plus haut, le système RES est principalement géré par une société coopérative et une société commerciale. D’après les renseignements recueillis, si le projet semble surtout porté par un homme, Walter Smets, la tendance actuelle est au renforcement du rôle de la société coopérative et à la recherche de partenaires pour partager le pouvoir au sein de cette structure. Analyse du projet Forces • • • • Résilience d’un système basé sur une multitude d’acteurs de petite taille et fonctionnant de manière autonome d’un point de vue financier. A preuve, le réseau RES existe depuis 14 ans, et son modèle, le WIR, depuis 75 ans (en Suisse). Dynamisation de l’économie locale via les transactions en RES-Euro, l’effet marketing pour les entreprises participantes et la fidélisation de la clientèle Un des corollaires de la dynamisation de l’économie locale peut être un effet favorable sur l’emploi Système pionnier à de nombreux égards : développement du réseau, du logiciel, confrontation aux aspects légaux, etc. et qui a réussi à se développer de façon importante (PME membres du réseau, détenteurs de la carte, chiffre d’affaire en RES-Euro). Faiblesses • Si, comme nous l’avons souligné, le fait que le système soit basé sur un réseau d’acteurs est bénéfique du point de vue de sa résilience, la question de la 30 31 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 • • • gouvernance des sociétés qui gèrent ce système n’en devient que plus centrale. La volonté de faire rentrer de nouveaux partenaires pour le projet témoignerait d’une volonté de renforcer cette structure de gouvernance ; Ce projet a nécessité des investissements très importants (développement des logiciels, terminaux, cartes à puce, rémunération des courtiers, etc.) ; L’expansion du système semble se heurter à une « limite naturelle ». En effet, d’après l’expérience du courtier RES interviewé, la limite supérieure se situe aux environs de 25% de l’offre. Ce qui revient à dire que, s’il y a un quartier avec 12 restaurants italiens, l’objectif est d’en affilier 3. Pourquoi ? Parce que l’avantage pour le restaurateur est d’attirer une clientèle qui veut payer en RES-Euro. Si tous les restaurants font partie du réseau, il ne se différencie plus par rapport aux autres, ce qui fait que l’intérêt même qu’il pourrait avoir à adhérer au réseau disparaît. Manque de notoriété du système RES, qui peut en partie s’expliquer par la communication limitée vers le grand public. Risques Si l’on examine à présent les risques liés à l’instauration d’une monnaie complémentaire telle le RES-Euro ou le WIR, on constate qu’ils sont de différents types. Risque d’inflation Tout d’abord, en l’absence de concurrence interne entre commerçants du réseau, il y a un risque d’inflation. On peut illustrer ce risque de la manière suivante : si un seul commerçant vend des pneus dans le réseau RES, il peut être tenté de faire monter les prix puisqu’il est le seul à accepter des RES-Euro en paiement de ses pneus. Il faut donc veiller à éviter qu’un commerçant ne soit en position d’offre exclusive au sein du réseau. Risque de différentiation des prix Ensuite vient le risque d’une différenciation du prix selon qu’il soit payé en RES-Euro ou en Euro. En effet, les ristournes se font souvent en argent liquide, ce qui fait que les consommateurs payant en RES-Euro pourraient être pénalisés. De plus, le commerçant, pour qui un RES-Euro n’a sans doute pas la même utilité qu’un Euro malgré la parité, peut être tenté d’augmenter ses prix lorsque le consommateur paie en monnaie complémentaire. Il y a un risque que le commerçant adhère au réseau RES pour en obtenir les avantages (les clients viennent chez lui pour payer en RES-Euro), mais qu’il rechigne à en accepter ce qui peut leur apparaître comme une désavantage (être payé en RES-Euro). Une manière d’éviter ce risque est que le commerçant ait une liste de prix affichés qu’il ne peut changer en fonction du mode de paiement (ex : magasins de vêtements, restaurants, etc.), une autre façon étant que la monnaie complémentaire se développe et que le réseau s’agrandisse de manière à ce que son usage se « banalise » en quelques sortes et que la préférence pour l’Euro soit moins marquée. Risque lié à la perception Cette moindre valeur accordée au RES-Euro malgré la parité affichée peut également se retrouver dans la façon de dépenser cette monnaie complémentaire. L’exemple suivant donné par le courtier, illustre ce point. Si un comptable, par exemple, n’a pas de dossier pendant 1h, il ne gagne rien. Si on lui propose 50 RES-Euro, il sera tenté d’accepter dans le sens où « c’est toujours mieux que rien ». Mais, sa façon de dépenser les RES-Euro ainsi obtenus peut être influencée par la manière dont il les a obtenus. 31 32 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Ainsi que des études anthropologiques se sont attachées à le démontrer, l’argent ne serait pas ce support d’échange neutre défendu par le courant prédominant en économie. La perception et l’utilisation de l’argent pourraient être influencées par différents facteurs, dont la façon dont il a été gagné. Dans l’exemple du comptable, cela peut se traduire par le fait de ne pas faire très attention à la manière de dépenser ses RES-Euro, sous-entendu puisque ce n’est pas du « vrai » argent et qu’il l’a gagné « faute de mieux ». Dans ce cas-ci encore, le fait que la monnaie complémentaire gagne en notoriété et en couverture peut contrecarrer ce biais dans l’utilisation. Points sensibles Difficulté d’affiliation La question de la difficulté à affilier les membres a déjà été évoquée plus haut, avec le parrainage comme moyen le plus efficace. Le turn-over dans les commerçants membres du réseau RES (estimé à 20% par le courtier interviewé) peut poser problème, même si le nombre total des membres montre une augmentation nette de quelques centaines d’unités par an (le système existe depuis 14 ans). Taille critique inférieure La question d’une taille critique inférieure est également très importante pour la création d’un tel réseau. Cette taille se situerait, d’après le courtier interviewé, autour de quelques centaines de membres pour que le réseau soit suffisamment attractif. Comme mentionné plus haut, c’est surtout la phase de création du réseau qui est difficile. Une fois le mouvement amorcé, il peut se créer un effet « boule de neige » dû au parrainage qui facilite l’expansion. Taux d’acceptation par le commerçant La question du taux d’acceptation par le commerçant est également un point sur lequel il est important de réfléchir. En effet, dans le cadre du réseau RES, le commerçant peut choisir entre plusieurs taux d’acceptation en RES-Euro. Il peut choisir, par exemple, un taux d’acceptation relativement bas initialement, 25% par exemple et, s’il est convaincu par la formule, relever son taux d’acceptation par la suite, à 50% par exemple. La problématique sous-jacente pour le commerçant, et que pose la conception d’un système de monnaie complémentaire de manière générale est celle de trouver un débouché pour les RES-Euro. Autrement dit, le commerçant a attiré une clientèle intéressée à payer en RESEuro, ce qui est bénéfique pour son commerce, mais maintenant, que peut-il faire avec ses RES-Euro ? Utilisation de la monnaie complémentaire Il est donc particulièrement important, lors de la conception d’un système de monnaie complémentaire, de prévoir des débouchés qui permettent à la monnaie soit de circuler, soit d’être convertie. Pour les échanges entre commerçants sans possibilité de conversion en Euro, comme c’est le cas pour le RES, il serait important de chercher à affilier les entreprises qui forment la chaîne de différentes filières, l’existence d’une circularité dans les échanges au sein de la filière rendant le scénario encore plus attractif pour les entreprises participantes. Parties prenantes Le fait, pour le réseau RES, de s’appuyer sur ses affiliés (un nombre important de PME et d’indépendants) permet de répartir les risques. Ce n’était pas le cas, par exemple, du projet NU-Spaarpas à Rotterdam qui, en donnant un rôle prépondérant à la Ville de Rotterdam et 32 33 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 quelques autres acteurs essentiels dans le projet, s’exposait à une implosion du système en cas de changement politique, par exemple. Par contre, le réseau RES n’a pas dans ses objectifs de dimension environnementale, dimension qui peut être défendue par des institutions soucieuses de l’intérêt général. La question de la gouvernance se pose donc avec acuité, surtout si les pouvoirs publics participent au projet. Recommandations pour un modèle bruxellois • • • • • • • S’insérer dans ce système soulève de multiples questions, notamment au niveau de la vocation commerciale du RES, de la question de la gouvernance et des partenariats Dans l’optique de développement du projet Interreg SUCCESS, il serait éventuellement envisageable de s’appuyer sur le réseau RES, en offrant davantage de points pour les produits « verts », comme cela avait été fait dans le projet NU-Spaarpas à Rotterdam. Cependant, la question de la dimension commerciale du RES, ainsi que les questions de gouvernance seraient toujours bien présentes. Il serait essentiel de s’assurer de l’alignement entre les objectifs des autorités publiques, ceux des gestionnaires et ceux des autres membres de la coopérative. L’exemple offert par le RES montre, par ailleurs, que la création d’un nouveau système de ce type n’est pas aisée. Rappelons notamment les points sensibles concernant l’affiliation, la taille critique inférieure, ainsi que les coûts importants de développement et du réseau de courtiers. Dans l’optique de développement d’un nouveau réseau dans le cadre du projet Interreg SUCCESS, une étude préalable devrait vérifier si l’offre des produits « verts » à Bruxelles est suffisante pour atteindre la taille critique. Dans une telle optique, les questions d’affiliation et de coûts doivent impérativement être prises en compte. Alternativement, le projet pourrait s’inscrire dans une logique plus vaste de soutien aux PME, avec encouragements spécifiques pour les comportements écologiques / durables. La communication et la promotion du projet est une dimension importante. Plus de promotion conduit, normalement à une meilleure pénétration de la monnaie complémentaire. Par contre, le budget risque de s’en trouver passablement alourdi. Il s’agit donc de trouver une bonne balance « coûts / résultats » et de choisir convenablement les canaux utilisés pour la promotion. La dimension légale devrait être investiguée lors de la conception du projet et il serait intéressant de prendre contact directement avec les organismes de contrôle. 33 34 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 2.4 Ecochèques L'Ecochèque est un chèque proposé par l'employeur à ses travailleurs comme avantage extra-légal. Il est comparable à un chèque repas ou un chèque cadeau et de ce fait est exonéré de charges salariales. Le chèque peut être échangé pour des produits ou services à caractère écologique: matériel d'isolation, lampes à consommation réduite ou encore des vélos. L’éco-chèque est donc un supplément que l’employeur verse à son travailleur et n’a pas pour objectif de servir de remplacement ou de conversion du salaire, de primes, d’avantages en nature. Ces chèques sont exonérés d’impôts et de cotisations sociales. A la différence des chèques-repas, les travailleurs ne doivent payer aucune cotisation sur les éco-chèques. Toutefois, les entreprises ne peuvent pas déduire les chèques au sein de leur compte de résultat. Historique du projet Ce projet est à l’initiative de la FEB (Thomas Leysen - président de Umicore et administrateur délégué de la FEB). Il a été imaginé par les partenaires sociaux dans le cadre de l'accord interprofessionnel en décembre 2008. Le 20 février 2009, une convention collective de travail (la convention N°98) est signée au Conseil National du Travail entre différents acteurs en présence : FEB, UCM, boerenbond, FWA, FGTB et CSC. Cette convention a pour objet de déterminer des modalités d’octroi et d'utilisation des éco-chèques et en particulier de fixer la liste des produits et services pouvant être achetés avec des éco-chèques. Le 1er juillet les ecochèques sont mis à disposition des entreprises. Fiche du projet 1. Porteur du projet Actuellement seules 2 entreprises (membres de la fédération des émetteurs de chèques) émettent des écochèques. Il s’agit de Sodexo (ecopass) et d’Accor (écochèque). La règlementation ne prévoit ni procédure de sélection ni pré-requis pour pouvoir mettre en place des écochèques. Il est nécessaire de faire partie de la VIA (fédération reconnues par instances fédérales) pour pouvoir émettre un chèque. Il faut par ailleurs déposer une garantie bancaire pour couvrir les risques (de l’ordre de 40 millions d’euros pour Sodexho). Tant Sodexho que Acccor disposent de leur propre chèque, leur propre réseau d’affilié et leurs propres conditions financières pour l’échange des points. Ils mutualisent toutefois certains coûts comme l’impression des chèques et la gestion des échanges. 2. Parties prenantes En pratique, dès la parution de la convention n°98, Sodexo lance divers conseils consultatifs auprès de ses affiliés pour avoir un ressenti sur le type de produits proposés. Entre mai et juillet 2009, Sodexo rencontre ses grands comptes pour proposer le nouveau chèque et bâtir le réseau d’affiliés aux écochèques. Dès septembre 2009, les petits commerçants peuvent directement s’affilier au réseau de Sodexho et accepter les écochèques comme moyen d’achat pour certains de leurs produits. 34 35 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 L’objectif de cette mise en place rapide, focalisée sur les grands comptes, est de s’assurer dès le départ d’un trafic important et d’une grande visibilité pour que des acteurs plus petits s’inscrivent dans la démarche dans une deuxième phase. 3. Aspects financiers Financièrement, Sodexo (et Accor) prélève un pourcentage variable situé entre 3 et 5% sur les chèques échangés par les affiliés. Ainsi, lorsqu'une entreprise telle que Brico renvoie ses chèques à Sodexo pour les échanger contre de l’argent, Brico reçoit en retour entre 95 et 97% de la valeur totale. Si les grandes enseignes ont la possibilité de négocier ces frais, ce n’est pas le cas pour les petites. Existe-il un risque d’inflation des prix dû à cette commission ? Non, relève Sodexo, car d’une part les écopass génèrent un volume supplémentaire d’achats (durables) qui compense largement le cout demandé. D’autre part, la politique de prix n’est que très peu influencée par la façon dont le produit est payé : les paiements par cash, virement ou banksys ont aussi des coûts de gestion et de transaction différents, ce n’est pas pour autant que les prix changent. Toutefois ce coût pousse certaines très grandes enseignes (Carrefour, Delhaize) à réfléchir sérieusement à l’opportunité des écochèques avant de se lancer. 4. Date de lancement Les écochèques sont en circulation depuis juillet 2009 5. Périmètre d’utilisation Les écochèques sont valables en Belgique auprès de l’ensemble du réseau d’entreprises acceptant ce mode de paiement. Fonctionnement En élaborant un régime d’écochèques, les interlocuteurs sociaux ont comme objectif le pouvoir d’achat des travailleurs, mais également la valeur ajoutée et la sensibilité en matière environnementale. Ce double objectif implique, d’une part, que les services et produits pouvant être acquis avec les éco-chèques soient facilement accessibles à tous les travailleurs. D’autre part, il s’agit de s’assurer du caractère « écologique » des services et produits proposés. Utilisation des écochèques : Les Eco Pass (nom attribué par Sodexo) peuvent être utilisés pour l'installation ou l'achat des services ou produits dont la liste est reproduite ci-dessous. En terme économique, ces produits peuvent représenter une partie conséquente du budget annuelle d’un ménage (1150€ en dépenses courantes et 1500€ en investissement durables). Économie d'énergie 35 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 36 A. Achat et/ou placement (par des entrepreneurs enregistrés) de produits et services qui satisfont aux critères de réductions fiscales fédérales en vue d'économiser l'énergie, prévues à l'article 145, 24° du Code des impôts sur les revenus B. Produits et services qui, au 1er décembre 2008 ou ultérieurement, entrent en ligne de compte dans une des Régions pour des subventions régionales dans le cadre de la politique en matière d'utilisation rationnelle de l'énergie, y compris les subventions régionales pour l'achat d'appareils électriques économiques C. Achat de produits qui sont spécifiquement destinés à l'isolation des habitations D. Achat d'ampoules économiques, de lampes luminescentes et d'éclairage LED E. Appareils électriques qui fonctionnent exclusivement à l'énergie solaire ou à l'énergie manuelle. Économie d'eau A. Douchette économique B. Citerne de récupération d'eau de pluie C. Économiseur d'eau pour robinets D. Réservoir d'eau pour toilettes avec touche économique. Promotion de la mobilité durable A. Placement d'un filtre à particules sur les voitures diesels dont l'année de construction se situe jusqu'en 2005 inclus B. Placement d'une installation LPG sur les voitures C. Titres de transport pour les transports en commun, à l'exception des abonnements D. Achat et entretien de vélos, y compris de vélos assistés exclusivement par un moteur auxiliaire électrique, de pièces pour vélos et d'accessoires pour vélos E. Cours d'éco-conduite. Gestion des déchets A. Achat de piles NiMH portables et rechargeables et de chargeurs pour ce type de piles B. Fût de compostage C. Produits synthétiques entièrement constitués de matériaux compostables qui répondent à la norme NBN EN 13432, ainsi que les langes lavables D. Papier 100 % recyclé non blanchi ou blanchi TCF. Produits et services qui satisfont aux critères du label écologique européen Promotion de l'attention pour la nature A. Achat de bois exploité durablement (FSC ou PEFC ou équivalent) ou d'objets fabriqués en bois exploité durablement, ainsi que de papier produit à partir de fibres recyclées ou de fibres vierges provenant de bois exploité durablement B. Achat d'arbres et de plantes d'extérieur, de bulbes et de semences pour l'extérieur, d'outils de jardinage non motorisés, de terreau et de terre végétale ainsi que d'engrais garantis bio 2 . Cette liste fut réalisée en collaboration avec le CRIOC. Plus d’un milliers de produits sont concernés par cette liste pour un budget annuel de 2650 € par ménage. Evolution de la liste Il est prévu dans la convention de la CNT que la liste puisse être adaptée en fonction d'éventuelles évolutions. Ainsi, chaque année, l’opportunité d’ajouter des nouveaux items à 2 Source : annexe à la convention collective du travail N° 98, 20 février 2009 36 37 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 la liste sera examinée par les interlocuteurs sociaux. En outre, tous les deux ans, il est prévu d’avoir une discussion sur le fond pour éventuellement adapter la liste aux nouvelles conceptions écologiques et en fonction des évolutions de la politique en matière d’innovation écologique. La liste sera donc périodiquement réévaluée, notamment sur la base de propositions avancées par les autorités compétentes. La durée de validité d’un écochèque est de 2 ans, ce qui permet éventuellement d’accumuler les chèques en vue d’un investissement plus conséquent dans des mesures d’économie d’énergie. Il est également prévu que l’écochèque doive être attribué sur la base d’une convention collective de travail (CCT) qui peut être conclue au sein du secteur ou de l’entreprise. En cas d’absence de délégation syndicale dans l’entreprise, une convention individuelle écrite peut également permettre l’utilisation des écochèques. Parmi les éléments à préciser figurent le montant total des écochèques, la valeur maximale d’un écochèque et la fréquence de l’octroi. Dispositif technique Techniquement, pour pouvoir accepter les écochèques en paiement, les magasins doivent identifier dans leur système de gestion des stocks et de ventes tous les produits qui peuvent être achetés dans le magasin avec des écochèques. Cela se fait de façon centralisée et informatisée (via le code barre) dans les grands magasins. Pratiquement, l’information (produit éligible ou non éligible) se retrouve dans le code barre du produit. Cette intégration est à la charge du magasin affilié. Il reçoit toutefois un support marketing et une formation sur place. La réalisation de cette obligation d’identification n’est pas vérifiée par Sodexho. Forme des écochèques Bien que la forme papier des écochèques soit celle qui est actuellement privilégiée, il n’est pas exclu de pouvoir passer à une monnaie électronique au moyen terme. Gouvernance Il n’existe pas de structure à laquelle les 2 opérateurs Sodexo et Accor doivent rendre des comptes. Il n’y a donc aucune obligation de résultat ou de transfert d’information. Par ailleurs, il n’existe pas de procédure de vérification quant à l’utilisation effective des écochèque. De même, il n’existe pas de procédure d’analyse de l’impact des écochèques sur l’environnement ou sur les comportements d’achat. Cadre légal L'Ecochèque est repris dans la CCT n°98, rédigée par le Conseil National du Travail lors de l'Accord interprofessionnel du 22 décembre 2008. Cette CCT définit que les Eco Pass peuvent être octroyés aux employés pour un montant maximum de 125€ en 2009 et de 250€ à partir de 2010. Comme nous l’avons indiqué, l'objectif du chèque étant d'augmenter le pouvoir d'achat des travailleurs au profit de produits ou de services écologiques sans que cela ne représente une charge supplémentaire dans le chef de l'employeur, l'Eco Pass n'est dès lors pas considéré comme salaire et est exonéré de charges sociales et d'impôt des personnes physiques. 37 38 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Résultats Le lancement de l’écopass chez sodexo, s’est soldé par un succès très rapide : depuis juillet 2009 (4 mois) un volume équivalent à 10 millions d’euros de chèques a été émis. A titre de comparaison un volume mensuel de 50 millions d’euros est emis chaque mois pour les chèques repas. 150.000 personnes sont déjà bénéficiaires du service.I l existe déjà 2000 points d’acceptation Analyse du projet Forces • C’est l’unique système de chèque à caractère environnemental. Il s’agit d’une première mondiale. Le système, réalisé à l’échelle belge est disponible dans les trois régions. Il est par ailleurs perçu comme très attractif pour les entreprises, notamment grâce à l’aspect de défiscalisation de l’avantage en nature qui permet aux employeurs d’offrir un avantage non soumis aux cotisations sociales. • Pénétration rapide et importante des écochèques. L’effet boule de neige est bien là, avec plus de 150.000 détenteurs de chèques en 3 mois (pour sodexho seulement). • Au niveau macroéconomique, le système des écochèques permet de lever directement des fonds en provenance des entreprises et des les affecter à des investissements verts. Ce système permet donc aux entreprises de participer directement à l’effort de financement des achats et investissement verts. Faiblesses • L’écochèque s’inscrit dans un système de chèque privé (au contraire par exemples aux titres services, bénéficiant d’un subside de l’ONEM). Dans ce cadre, il n’y a pas d’obligation de monitoring/reporting auprès des émetteurs de chèques. Dès lors, il n’est pas possible d’évaluer l’impact environnemental de l’utilisation des chèques, ni de s’assurer que les écochèques soient bien utilisés, ni d’analyser l’additionnalité du système et son apport réel, ni même de valoriser cet apport réel. Une structure et des procédures de gouvernances et de vérification pourraient donner à ce système une dimension de ‘responsabilité environnementale’ qui lui manque. • La liste des produits a été réalisée sans réelle concertation. Elle gagnerait donc à être revue et notamment pour que les opérateurs de terrain à caractère non marchand puissent se l’approprier. Ainsi, il serait pertinent d’évaluer au sein de la liste l’avantage de chaque produit en termes environnementaux (par exemple, le nombre de tonnes de CO2 évitées pour un produit écologique vs son équivalent traditionnel) afin de pouvoir dans un second temps mesurer sur une échelle globale et temporelle l’impact chiffré en termes de réduction d’empreinte environnementale (mesurée en CO2 évité par exemple). • Le système des écochèques n’entraine pas d’effet multiplicateur. Il n’est d’ailleurs pas prévu dans cette optique. L’avantage étant, pour les opérateurs, que les écochèques soient remboursés au plus vite afin qu’ils puissent prendre leur commission. Or, pour que l’effet multiplicateur soit réel, il faut que l’opérateur ait pour but que les écochèques restent le plus longtemps possible sur le marché. Cela pourrait se faire en mettant en place un système de rémunération basé sur la circulation des 38 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 39 écochèques (et non sur leur remboursement) ainsi qu’une structure d’appui et de soutien pour les échanges B2B (un courtier ou un faciltiateur par filière verte par exemple). • Le système est ancré dans une technologie dépassée : le papier. Il aurait été pertinent d’articuler le lancement du système des écochèques avec la généralisation des chèques sur cartes électroniques (Les premiers paiements par chèque-repas électroniques sont attendus dans le courant de 2010 3 .). Recommandations pour un modèle bruxellois Il serait intéressant d’explorer plus en détails les possibilités d’articulation entre les écochèques et un possible développement des monnaies complémentaires (sous forme de carte) à Bruxelles. Toutefois une certaine adaptation du système écochèque serait pertinente via • • La mise en place d’une structure et de procédures de gouvernance et de vérification afin de donner à ce système une dimension de ‘responsabilité environnementale’ qui lui manque. L’adaptation de la liste des produits : intégration des produits d’agriculture biologique, réflexion sur les produits qui peuvent entrainer un effet rebond (l’achat via les ecochèques d’un deuxième téléviseur, même si celui-ci est labellisé « energy star » entrainera une hausse de la consommation électrique du ménage). Une articulation pourrait avoir lieu lors du passage des écochèques au mode électronique 3 http://www.quickonomie.be/fr/communiques_de_presse/21juli2009-emaaltijd.jsp 39 40 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Proposition d’une grille d’analyse sur base des exemples les plus pertinents L’étude des exemples les plus pertinents en matière de monnaies complémentaire à visée environnementale a permis de dégager deux éléments importants pour concevoir les systèmes de monnaies complémentaires. D’une part, nous avons pu dégager deux axes importants qui permettent de structurer les différents types de projets de monnaies complémentaires étudiés. D’autre part, nous avons construit une grille d’analyse applicable pour le développement de tout système de monnaie complémentaire. Positionnement des systèmes de monnaies complémentaires D’après l’analyse des exemples que nous avons réalisée il est important de se positionner initialement par rapport à deux grandes dimensions pour concevoir un système de monnaie complémentaire à visée environnementale dans le cadre bruxellois. La première dimension concerne la structure du projet qui se situe sur un axe dont les deux extrémités sont, d’une part, une structure privée (de type RES) et d’autre part, une structure publique (de type E-portemonnee). Entre ces deux pôles, toute une série de possibilités existent pour mixer structure publique et privée. Le second choix est de définir si l’objectif du projet vise plutôt à générer des changements par rapport à la consommation ou au comportement des individus. Le projet peut, bien entendu, chercher à mixer ces deux objectifs selon différentes proportions. Le graphe ci-dessous montre le positionnement des différents projets analysés en fonction de ces deux grands axes. 40 41 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Une fois le projet positionné par rapport à ces deux dimensions, une série d’autres choix doivent encore intervenir, dont notamment le fait ou non d’inclure une composante business to business (B2B) dans le projet. Grille d’analyse pour les systèmes de monnaies complémentaires La grille présente ci-dessous reprend les éléments essentiels à prendre en considération lors de la mise en place d’un système de monnaies complémentaires. Elle sera utilisée comme trame dans la proposition du scénario pour le modèle bruxellois développé dans le chapitre suivant. 41 42 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Les six éléments structurants à prendre en compte portent donc sur • le système de monnaie complémentaire, où il s’agit de définir la monnaie complémentaire en fonction des objectifs choisis pour le système • le fonctionnement qui reprendra principalement les trois aspects suivants : comment obtient-on les points, comment peut-on les utiliser et comment sont-ils financés • le réseau d’acteurs devra définir les partenaires au projet, ainsi que les opérateurs et d’éventuels seuils critiques • les aspects techniques qui reprendront, entre autres, la question des logiciels, des réseaux et des supports utilisés • les aspects communication et information qui couvrent le marketing mix • les aspects gouvernance et monitoring qui devront définir, entre autres, les aspects essentiels que sont la forme public/priée (où l’on retrouve le premier axe de positionnement du projet dont nous avons parlé supra), l’émission des points, ainsi que les mécanismes de contrôle et de gestion. 42 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 43 Proposition d’adaptation au contexte bruxellois La Région de Bruxelles-Capitale est partie prenante dans le projet Interreg IVb « SUCCESS » visant à développer une carte de fidélité/récompense pour les achats de produits "écologiques". Concrètement, le projet vise à mettre en place une carte électronique sur laquelle sont enregistrés des "bonus" qui récompensent l'achat de produits et services de moindre impact écologique, ou tout autre système de valorisation des comportements d'achat favorables à l'environnement. Le chapitre suivant rappelle le cadre de développement de la proposition Interegg et propose un modèle adapté à la réalité bruxelloise, sur base de la grille d’analyse définie dans le chapitre précédent. Projet interreg IVb: description synthétique du projet « SUCCESS » L’objectif du projet SUCCESS (anciennement nommé City Carbon Card) consiste à « modifier les modèles de comportement des citoyens des régions de l’UE pour les réorienter vers des activités qui augmentent la durabilité de la région et font baisser les émissions de CO2 du territoire» 4 . Concrètement, au travers de l’utilisation de la carte, les objectifs suivants, tels que décrits dans le dossier de candidature, sont visés : - assurer le changement du comportement des citoyens vers des achats plus écologiques Stimuler les réductions de CO2 en réduisant la consommation d'énergie, insister sur l'isolation et l'utilisation à petite et grande échelle des énergies renouvelables Stimuler la prévention, la réutilisation et le tri des déchets Ecologiser les transports urbains (vélo, transports en commun, covoiturage) Renforcer l'économie régionale (chaînes de production régionales) dans un monde globalisé Renforcer les collectivités locales Promouvoir le secteur culturel (musées, théâtres, etc) Promouvoir les sports et la nourriture saine Il appartient à chaque région de définir ses objectifs et ses priorités d’actions. Dans chaque région (incluant Bruxelles), des commerçants/entreprises/services sont sélectionnés et recrutés. Le citoyen pourra se servir de la carte SUCCESS en faisant ses achats dans les commerces ainsi sélectionnés et se procurer des biens et des services “verts” et ainsi obtenir l’attribution de points sur sa carte. Il pourra ensuite échanger ces points par le biais d’un mécanisme de récompenses pour acquérir d’autres biens, services et activités. Les consommateurs pourraient par exemple être récompensés lors de : • • 4 L'achat de produits et services écologiques : produits éco-labellisés, produits d'isolation, appareils économes en énergie, énergies renouvelables, les produits ayant une «valeur faible en CO2 par euro dépensé », filtres à particules, vélos, etc. Réalisation d’améliorations éco-énergétiques dans les maisons existantes (telles que définies par la directive PEB). Source : formulaire de candidature projet SUCCESS 43 44 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 • • • • • en rapportant ses déchets (déchets chimiques, des appareils, etc), en proposant ses biens à des magasins d'occasion, aux commerces de recyclage… L'utilisation des transports publics, vélos, taxis et covoiturage L'achat de produits auprès de commerçants locaux L'achat de produits en provenance des chaînes d'approvisionnement régionales, en mettant l'accent sur la nourriture, l'approvisionnement en énergie, la construction et l'installation En participant activement à des activités bénévoles (aides aux personnes âgées, etc..). L'argent gagné grâce à ces comportements et achats responsables permettrait d’investir ou d’acheter des produits figurant par exemple sur la liste suivante: • • • Produits et services écologiques, produits éco-labellisés, l'isolation, appareils économes en énergie Culture et Arts Leçons de musique, sports, cours et formation Les ménages ou entreprises disposant de cet argent « vert » pourront le conserver pour un investissement plus important. Les fonds verts peuvent également être donnés à un ou plusieurs organismes de charité. Le projet s’adresse tant aux ménages qu’aux PME et implique également les services gouvernementaux, comme les services environnementaux, de développement économique, sociétés de transport public, les entreprises et les organisations de gestions des déchets. L'instrument s’inspire de plusieurs expériences : la carte Nu (telle que décrite précédemment), les programmes de compensation Carbone, les Regio Geld allemands, les systèmes de prépaiement comme la carte Octopus (Hong Kong), les programmes de fidélisation comme le Nectar, Air miles et les miles de fidélité. La mise en œuvre du programme et de cette carte a pour but d’entrainer un changement en faveur de pratiques plus durables. Ce projet cherche également à contribuer au développement d’un mécanisme permettant l’échange de carbone entre les entreprises, les particuliers, les gouvernements locaux ou régionaux. A terme, le projet a pour but de constituer un modèle qui pourra être repris dans d’autres régions ou bien à l’échelle nationale et/ou constituera un outil d’orientation des politiques nationales et européennes. Il pourra servir de levier pour inciter les entreprises et organisations participantes à adopter ou développer des stratégies vertes innovantes et des systèmes de gestion environnementale. Chaque partenaire a la possibilité de consolider ses propres expériences ou programmes existants et de mettre en commun son expertise afin de renforcer le projet. Déroulement du projet Le projet est décliné en différentes phases. La première phase a pour objectif de cadrer le projet avant son lancement sur le marché : Comment mettre à l’essai le modèle ? Comment calculer les économies de carbone ? Sur quels systèmes de carte de fidélité existants peut-on s’appuyer ? Quelles sont les technologies associées ? Comment intégrer les technologies aux systèmes existants ? Sur base des résultats de la première phase, la seconde phase se focalise sur la mise au point et conception des technologies. La mise au point d’un cadre d’appui technique et juridique est également attendue. Une troisième phase cible les participants du projet. Quel réseau et quels secteurs doivent-être impliqués ? Selon quels critères de sélection ? S’ensuit, en quatrième phase l’identification des commerçants dans la zone ciblée. Afin de monitorer l’impact de la mise en place d’une telle carte, la cinquième phase met en œuvre la comptabilisation du carbone lié au projet. Après avoir défini les zones, les commerçants et les participants concernés par le projet, les produits sont ainsi classés en catégories selon leur potentiel carbone. Dans une sixième phase la carte est lancée dans chaque région au travers diverses actions marketing. Une dernière phase évalue le projet, mesure le succès de l’action, et propose des améliorations de l’efficacité du programme. 44 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 45 Proposition de scénario adapté au contexte bruxellois La région fait face à un défi environnemental qui implique que Bruxelles devienne un modèle en matière de développement durable. « Il y va de la protection de la qualité de vie de ses habitants (mobilité, qualité de l'air, prix de la consommation d'énergie,...), de la solidarité envers les générations à venir et de sa responsabilité en tant que capitale internationale amenée à montrer l'exemple (émissions de gaz à effet de serre) » 5 . Cette orientation politique se décline notamment au travers du Pacte Emploi-Environnement, visant à lier développement économique et réponses aux enjeux environnementaux en s’appuyant sur le développement de filières vertes, dans une économie sobre en carbone. Le développement et la favorisation des modes de consommation et de comportement durables est également au cœur de la politique de la région. Plusieurs outils ont depuis plusieurs années été mis en place par la région afin d’œuvrer dans ce sens : • • • • • Financiers : primes régionales énergie Sensibilisation : campagnes, soutien associatif Accompagnement : facilitateurs, points info… Certification environnementale, via le développement du label Entreprise Ecodynamique.. Autre Ces outils d’action font également écho à une demande croissante de la part des citoyens pour les produits et services verts, demande rencontrée via une offre adaptée de la part des entreprises, offre qui devient de plus en conséquente (guide du bruxelles solidaire, guilde des commercants pour un dévelopement durable et solidaire…) Par ailleurs, un système naissant, Eco chèque, propose un moyen de paiement qui s’inscrit dans une logique de consommation plus écologique. Autants d’opportunités à exploiter dans le cadre d’une proposition bénéficiant d’un co-financement européen. de projet Interreg Le modèle de base Le modèle présenté est un système dans lequel des consommateurs reçoivent des points électroniques (ECOs) pour des achats et des comportements verts. Ces consommateurs peuvent ensuite dépenser leurs ECOs sur des produits ou services verts. Le modèle se compose d’une proposition de base, sur laquelle se greffent des modules complémentaires dont la mise en place dépendra des priorités et du timing fixés par la Région Bruxelloise. Description du système Actuellement, les consommateurs (individus ou entreprises) qui achètent des produits d’isolation, des panneaux solaires ou tout autre produit subsidié reçoivent un subside ou une prime en Euro de la part de la RBC. L’idée de base consiste à payer les subsides et les primes non pas en Euros mais en ECOs (1 Euros = 1 Eco). La même procédure sera suivie avec la différence que les consommateurs auront un compte ECO crédité en ligne au lieu d’un compte Euro dans une banque 6 . Ils recevront par ailleurs un login et une carte afin d’utiliser ces Eco dans un réseau de magasins et d’entreprises pour acheter des produits verts, qui contribueront encore à réduire l’empreinte écologiques. 5 Déclaration de politique régionale bruxelloise 2009-2014 6 La RBC peut décider de laisser aux consommateurs la possibilité de recevoir 1) 100 % du subside en ECO ou 2° 75 % en Euros. Cette possibilité permettra aux consommateurs de s’approprier le choix et d’en être responsable. 45 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 46 L’avantage de cette formule est évident: le fait de payer les subsides en ECO oriente les consommateurs à réinvestir dans des produits et services qui contribueront encore à réduire le CO2. On évite ainsi les dérives (on ne peut pas partir à Hawaï avec l’argent reçu) et on crée un effet multiplicateur (avec X Euro de subsides on soutient 2 investissement verts au lieu d’un). Par ailleurs, cette formule est relativement simple à mettre en place : d’une part les budgets existent et d’autre part aucun changement administratif (et procédural) significatif n’est requis. Forme de la monnaie L’ECO est une monnaie complémentaire électronique, émise par un opérateur (existant ou à désigner). L’émission se fait de manière électronique. Elle consiste à créditer un compte (ECO) en contre partie d’un compte Euro débité dans une banque traditionnelle. Parité, durée et convertibilité Chaque ECO correspond à 1 Euro. Chaque ECO a une durée de validité de 2 ans et peut être converti en Euros par une entreprise uniquement (pas par un consommateur). La conversion en Euros implique un taux de change situé autour des 5 % (montant à affiner). La RBC, des entreprises ou même des individus peuvent acheter des ECOs. Objectif • • • Stimuler des comportements et achats verts. Améliorer l’efficience des subsides Mettre en place un liant économique et culturel entre les différents outils existants Fonctionnement • Réception/distribution des ECOs Dans cette proposition de base, uniquement les produits et services choisis par la RBC, et pour lesquels des subsides et primes existent déjà donnent droit à des ECO. Le consommateur qui achète un lave linge A+, de l’isolant, ou une chaudière à condensation recevra des primes sous formes d’ECO. En pratique, la liste des produits et services donnant droit à des ECO correspond à la liste des produits et services actuellement subsidiés. Cette liste sera étendue dans un second temps. La RBC peut décider de laisser aux consommateurs la possibilité de recevoir 100 % du subside en ECO ou 75 % en Euros. Cette possibilité permettra aux consommateurs de s’approprier ce choix et d’en être responsable. Ce choix est délibérément limité aux produits subsidiés car : o o o o o L’impact des produits est connu et mesurable d’une façon relativement certaine Les budgets existent. Il n’est donc pas nécessaire de chercher un financement ailleurs ou d’obtenir un accord pour une ligne budgétaire supplémentaire. La procédure administrative de distribution/octroi de prime est éprouvée. Le délai de mis en place peut donc être relativement court La taille des budgets (13 millions €) permet d’atteindre une masse critique importante et d’assurer la viabilité du système Pratiquement, après avoir fait l’achat du produit subsidié, le consommateur envoie sa demande de prime traditionnelle et reçoit en retour un login et un mot de passe lui donnant 46 47 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 accès à un compte privé sur Internet, ainsi qu’une carte personnalisée. Il trouvera sur ce compte le solde de points ECO ainsi que les différentes possibilités qu’il a pour s’en servir. Les personnes n’ayant pas accès à internet recevront une lettre annuelle avec le solde de leur compte. Utilisation des ECOs Les consommateurs dépensent les ECOs qu’ils ont reçus à travers un subside pour l’achat de produits spécifiques. La liste des produits et services qu’un consommateur peut acheter avec les ECO est définie par les autorités locales. Au strict minimum, elle comprendra l’ensemble des produits pour lequel une prime existe (matériel isolant, panneaux solaire,..). Toutefois, elle gagnerait à être élargie dès le départ à d’autres services tels que des abonnements STIB, du matériel de mobilité douce (vélo), des produits issus de l’agriculture biologique, un service de fourniture d’énergie verte, des produits de seconde main ou tout autre produit à (plus) faible empreinte CO2. Sa mise en place prendra en considération les critères suivants : o o o o La connaissance précise de la réduction de CO2 attendue Les endroits ou l’on peut acheter ces produits. Il doit être simple et facile de trouver un endroit ou utiliser les ECO La rapidité de la mise en place du réseau de vente et la facilité de gestion administrative Les objectifs du système Les consommateurs doivent donc investir les ECOs qu’ils reçoivent dans des produits qui réduisent encore le CO2. Cette possibilité crée une spirale positive appelée aussi ‘effet multiplicateur’ : Au final, avec X Euro de subsides on soutient 2 investissements verts au lieu d’un. Les entreprises qui reçoivent des ECO suite à la vente d’un produit ou un service vert peuvent à tout moment les échanger contre des Euros. Toutefois, un frais de traitement de l’ordre des 5% sera demandé. Les entreprises qui souhaitent éviter ce frais pourront aussi dépenser leurs ECOs sur des achats verts permettant ainsi d’augmenter l’effet multiplicateur (avec un seul subside, le gouvernement induit à ce stade au moins 3 investissements verts, au lieu de se limiter à un seul). Dans un premier temps, il est fort à parier que la plupart des entreprises convertiront leurs ECOs en Euros. Un module complémentaire (voir infra) abordera ce sujet plus en détail. Le réseau d’affiliés Afin que le système soit attractif et durable, il est nécessaire d’organiser un réseau d’acteurs commerciaux (affiliés) dans lequel les ECO pourront être facilement dépensés. La liste des produits éligibles à l’achat déterminera de facto le réseau d’acteurs concernés. Parmi ceux-ci on retrouvera des grands groupes dont l’affiliation sera négocié in visu, des PME spécialisées dans les produits verts -dans ce cas, l’affiliation se fera en se basant sur les fédérations/réseaux existants, et finalement des TPE et PME dont l’activité principale n’est pas la vente de produits verts. Pour ces derniers, l’affiliation se fera en ligne à travers un formulaire simple à utiliser. L’affiliation d’une entreprise au réseau entrainera certaines exigences en termes de marketing, d’encodage de données et de transmission d’information. Au niveau marketing, l’entreprise devra par exemple assurer la promotion des ECO dans son magasin/réseau et faire en sorte que les produits éligibles soient reconnaissables. Au niveau encodage des données, il faudra pouvoir identifier les produits éligibles et disposer d’une estimation de la 47 48 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 quantité de CO2 lorsque celle-ci est disponible. Enfin, il devra être possible de transmettre les données pertinentes concernant la transaction et le produit/service échangé. La technologie sous-jacente Toutes les transactions en ECO (paiement en ECO, échange d’euros en ECO, réception d’ECO, allocation d’ECO à des produits) sont réalisées électroniquement et enregistrées dans une base de données en ligne. Le support technique utilisé pour le paiement est un système classique par carte. Les affiliés ont besoin de disposer d’un terminal connecté au réseau (de type Banksys ou autre ?) pour pouvoir réaliser des transactions et les utilisateurs doivent avoir une carte personnalisée. Les données relatives à la transaction (montant, # produit, réduction de CO2 estimées..) sont transmises et intégrées en tant réel à la base de données de l’opérateur. En corollaire, des estimations (voir même des mesures) de réduction de CO2 peuvent réalisées et des rapports CO2 pourront être communiqués aux consommateurs, entreprises et à la RBC. Le choix de la solution ‘carte’ à utiliser reste ouvert. Une des options à envisager sérieusement est l’utilisation d’une carte performante existante : la carte MOBIB du réseau STIB. Cette carte proposée par la STIB permet de recharger son abonnement de transport en commun via virement bancaire. Toutefois, reste à étudier la façon dont cette carte (et son système d’exploitation) peut intégrer le système des points. En amont, il est conseillé de réaliser un travail d’estimation de la charge d’encodage et d’intégration IT car celle-ci pourrait être relativement conséquente. Elle différera sans doute en fonction du type et de la taille de l’entreprise affiliée. Information et communication La clé du succès réside dans une bonne communication tant envers les usagers du système qu’envers le réseau d’affiliés. Pour les usagers, une plateforme internet sera mise à leur disposition pour les informer sur les différentes manières de recevoir et d’utiliser les points. Ils pourront aussi y consulter leur compte Eco en ligne et réaliser des virements dans cette monnaie complémentaire. L’information sur les possibilités d’achats sera aussi intégrée dans la brochure ‘primes’ générale ainsi que dans les différents vecteurs traditionnels (ibge, réseaux..). Un autre moyen de communication très important réside dans les partenariats avec de grands groupes privés et publics. Les impliquer dans le système en tant que partenaires permettrait de bénéficier de la visibilité de leurs propres canaux de communication et de leurs propres campagnes de promotion écologiques. De quoi créer un « buzz » autour de l’ECO sans nécessairement dépenser de budget trop important en interne. Gouvernance, monitoring et gestion Le système sera géré par un opérateur et piloté par un collège de sage. Cet opérateur peut être une structure existante (Bruxelles Environnement) ou une structure à créer. • Rôles et tâches de l’opérateur: o o o o o o Emission des ECOs, Gestion des transactions, Gestion des affiliations, Gestions des nouveaux produits éligibles à l’achat, Marketing, Gestion de la communication (du site web + évènement et campagnes), 48 49 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 o Analyse et monitoring. Le conseil de sage regroupera plusieurs compétences multidisciplinaires (ONG environnementales, associations de consommateur, FEB, syndicats, institutions publiques, instituts académiques). Le rôle et les tâches du Conseil seront: o Mettre en place et définir la stratégie o Contrôle de l’opérateur et du système o Définition des règles et procédures générales (attributions de points, listes de produits) Si l’on veut éviter les échecs connus dans d’autres systèmes, il est important d’assurer l’autonomie financière de l’opérateur. Plusieurs pistes d’autofinancement sont envisageables. Un Business plan en bonne et due forme devra les répertorier et les analyser en détail. Comptabilité Il est important de mesurer et comptabiliser les effets induits par la mise en place d’un système de monnaie complémentaire. L’informatisation du système permet de faire un suivi en temps réel des transactions en ECO. Pour chaque transaction, des informations telles que le nombre et type de produits vendus, le lieu et la date de la transaction, ainsi que - si disponible- les estimations de réduction de CO2 induites pourront être monitorées. Notons qu’il sera nécessaire de réaliser une étude en amont pour connaitre l’impact CO2 des produits et services repris dans la liste des donnant droits aux ECOs (liste des produits subsidiés) ainsi que dans la liste des produits qui peuvent être achetés avec des ECOs. Le but étant de pouvoir communiquer sur une réduction minimale de CO2 que le système a pu générer. Monitoring/vérification Il s’agit de s’assurer que les points sont bien utilisés pour l’achat des bons produits. Ici, l’utilité d’un système entièrement informatisé prend toute son importance. Cela rend possible un traçage à la source de toute vente de produit ou de service. L’opérateur ou une compagnie d’audit pourra ainsi vérifier si le point a été utilisé pour l’achat du bon service. L’aspect monitoring/vérification est fortement lié au choix technologique et à la transmission d’information des entreprises affiliées à l’opérateur. Enfin, un audit général sur l’opérateur et le système pourra être périodiquement assuré. Les modules complémentaires Une fois le module de base mis en place, les modules suivants pourraient être progressivement introduits. On retrouve : 1. Bis - Module Eco chèque : Les entreprises achètent les ECO/ECO Chèques et les distribuent à leurs employés 2. Module Campagnes/projets durables : soutien aux campagnes de modification de comportement 49 50 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 3. Module Carte de fidélité : ‘Achète ce produit de chez moi et je te donne 100 ECO’. La PME promeut ses produits verts en achetant des points et en les attribuant aux produits (et donc au consommateur qui les achète) 4. Module Certificats de Réduction : Fournir aux financeurs du système des certificats des réduction de CO2 5. Module B2B : Favoriser le greening de la chaine de valeur locale et augmenter l’efficacité du système 6. Module URE : le consommateur reçoit 100 ECO en consommant 1MWh en moins 7. Module ‘Le meilleur du marché’ : les entreprises ont la possibilité d’obtenir x ECO en prouvant que leurs produits émettent x fois moins de CO2 qu’un produit de référence 50 51 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Le module Eco chèque Module Généralités Eco Chèque Il s'agit d'inclure les ECO dans le cadre du système des ECO Chèques et ce dans le but d'offrir aux entreprises la possibilité de distribuer des ECOs à leurs employés. Comme c’est actuellement possible à travers le système des Ecochèques, une entreprise achèterait par exemple 5.000 ECO pour 5.000 € et les distribuerait à ses employés. La faisabilité de cette option dépend de l’adaptation du système actuel des écochèques. Objectifs Changement des comportements Renforcement de certaines campagnes : Défis de l'énergie, Bruxell'Air, Recupel Profiter des synergies avec système déjà en place Diminuer le risque d'échec Monitoring Dépendra des accords conclus. Ajustement CNT Nécessaire car vérification plus stricte Cibles Employés - Entreprises - Réseau d'affiliésSynergie considérables au niveau du marketing, du réseau d'affilié, de la promotion Procédure supplémentaire Faible. Adaptation du système d'achat d'ECO en ligne Durée de mise en place 1 an - voire 2 ans Réception/distribution ECOs via l'employeur. L'employeur achète des ECO et les distribue à ses employés. Utilisation des ECOs Les consommateurs et les entreprises affiliées peuvent acheter des produits dans l'ensemble du réseau Eco. Les entreprises affiliées peuvent aussi décider de les distribuer à leurs employés en tant que mode de rémunération alternative ou comme moyen d’engagement et de sensibilisation pour la lutte contre le changement climatique. Liste produits achetables (petite - grande) adaptation de la liste des écochèques Intégration IT dans réseau affilié Dépendra des accords conclus. Ajustement CNT Nécessaire car plus de données à véhiculer Financement des points Les entreprises financent. Elles achètent les ECO et les distribuent à leurs employés. Cela augmente donc les sources de financement et la stabilité à LT du système? Estimation > 20 Millions € Partenariat Un consensus est nécessaire avec les parties prenantes de la CNT N°98 + négociation avec Opérateurs (Sodexho - Accord) Comptabilité Dépendra des accords conclus. Ajustement CNT Nécessaire car rapport et analyse du système requis Avantages Les entreprises financent directement le système, et contribuent indirectement, au financement de la lutte contre le changement climatique, jusque ici uniquement assuré par l'Etat. 51 52 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Comme les entreprises ne paient pas de charges sociales sur les écochèques , ce système correspond à une ‘rémunération’ à un coût réduit de près de 50% tout en faisant participer ses employés dans une dynamique d’achat plus responsable d’un point de vue environnemental. Effet de spirale : on peut acheter avec des ECO un produit qui donnera encore droit à des eco (cas du produit subsidié) Stratégiquement très positif car lien direct avec FEB-Syndicats-Gov Remarques Il est important d'analyser la faisabilité de cette option le plus tôt possible. Si les avantages de la synergie sont nombreux, il n'en demeure pas moins que le risque d'échec du projet est grand si cette synergie ne se fait pas. D’où la possibilité d'inclure ce module dans le module de base La convention collective du travail devra être modifiée (une mise à jour est d'ailleurs prévue fin 2010). Les points suivants devront être notamment être adaptés: Version Electronique des Eco chèques, modification de la liste des produits, mise en place d'un système de monitoring, de bonne gouvernance et de comptabilité approfondie 52 53 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Le module Campagnes et projets durables Module Généralités Campagnes et projets durables la RBC pourrait décider de distribuer des ECO aux individus et entreprises pour soutenir certains projets et/ou réaliser des actions ponctuelles telles que : ‘passez à un fournisseur verts et recevez 50 ECO’ ou ‘enregistrez vous dans un site de covoiturage et recevez 20 ECO’ ou ‘participez au défis de l’énergie et gagnez 500 ECOS’… la seule exigence serait de prévoir le budget nécessaire et la mise en place de partenariat avec les acteurs locaux. Objectifs Changement des comportements Renforcement de certaines campagnes : Défis de l'énergie, Bruxell'Air, Recupel Nouvelles actions ciblés: '100 Eco pour passer à un fournisseur vert', '1 ECO par pile usagées ramenée', '10 Eco pour toute inscription sur site car sharing'… Renforcement projets et tissus associatif: Prix et récompenses données en ECO Cibles cibles de la campagne et/ou du projet Procédure supplémentaire Moyenne. Adaptation des campagnes tant au niveau opérationnel, marketing que IT. Durée de mise en place < 1 an Réception/distribution ECOs selon les règles de la campagne ou du projet Utilisation des ECOs Ibid. Liste produits achetables Ibid. Financement des points Nouveau Budget Energie et/ou nouveau budget mobilité. Appropriation de l'outil par le gouvernement en général Partenariat Essentiel. Le nombre et type de partenariat à évaluer au cas par cas. Nécessite ressources humaines pour la mise en place. Intégration IT dans réseau affilié/partenaire Nécessaire Monitoring ibid. Comptabilité ibid. + évaluation des réductions de CO2 générées par le projet ou la campagne Avantages Outil complémentaire avec campagnes, actions ponctuelles et projets locaux Effet ciment : Renforce considérablement les campagnes et crée un effet de cohésion et de cohérence entre elles : Il y a un lien entre toutes les campagnes, un outil qui peut être utilisé de façon transversale. Peut soutenir des campagnes dont l'additionnalité est garantie (effet Switch) Remarques Nécessaire d'étudier et d'estimer l'impact du projet avant son lancement Nécessite un budget supplémentaire, ou la conversion d'un budget existant 53 54 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Module Certificats de réduction Module Généralités Certificat de réduction Les réductions de CO2 réalisées à travers le système proposé peuvent être correctement estimées voire mesurées (cf. Module Certificats Blancs). Un audit annuel du système permettra d'émettre des certificats de réduction de CO2 que certaines entreprises pourront utiliser dans le cadre de compensation CO2. Les certificats seront remis à leur financeurs (RBC + entreprises). Ceux qui achètent des ECO pourront ainsi obtenir des certificats de réduction. Objectifs Certifier les réductions de CO2 réalisées. Offrir aux financeurs des points (RBC + Entreprise) des Certificats de réduction. Vendre les certificats à des sociétés actives dans la compensation. Cibles Opérateur Procédure supplémentaire Audit et certification externe Durée de mise en place 1-3ans. Réception/distribution ECOs Ibid. Utilisation des ECOs Ibid. Liste produits achetables Ibid. Financement des points Ibid. Partenariat Ibid. Intégration IT dans réseau affilié/partenaire Ibid. Monitoring Ibid. Compta Ibid. Avantages Reconnaissance et validation des résultats du système. Peut être utilisé pour réaliser de la compensation CO2 et devenir neutre en CO2 avec des certificats locaux. Source de revenu supplémentaire. Remarques Nécessité de disposer de données de qualités. 54 55 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Module carte de Fidélité Module Généralités Carte de Fidélité Tout comme dans les systèmes de fidélisation des grandes surfaces, les ECO peuvent aussi être gagnés en achetant des produits verts reconnus par l’opérateur du système. Ainsi, un producteur bio peut décider de promouvoir ses produits en achetant des ECO et en les allouant aux produits. Les consommateurs verront ainsi leur compte ECO grandir au fur et à mesure de leurs achats verts à l’épicerie bio. Objectifs Permettre aux PME affiliées d'avoir un système de fidélisation mutualisé. Augmenter la masse de la monnaie complémentaire. Promouvoir les produits et services verts. Cibles Entreprises affiliées Procédure supplémentaire Achat des points à l'opérateur, accord de ce dernier, et adaptation de la structure IT des entreprises pour pouvoir attribuer directement des points aux acheteurs. Information / Com Réalisation d'un magazine reprenant les différentes offres promotionnelles Durée de mise en place 1-2 ans. Réception/distribution ECOs A l'achat du produit concerné. Utilisation des ECOs Les entreprises affiliées ont ainsi une autre possibilité d’utiliser les ECO qu'elles ont reçus: elles peuvent les allouer à des produits spécifiques et les distribuer leur clients. Les consommateurs achetant ces produits pourront donc gagner des ECOs. Liste produits achetables Ibid. Le produit auquel l'entreprise alloue des points doit être un produit éligible Financement des points L'entreprise qui souhaite promouvoir son produit vert achète des point et les attribue au produit Partenariat Pas de partenariat supplémentaire Intégration IT dans réseau affilié/partenaire Intégration importante, au frais de l'entreprise Monitoring Ibid. Compta ibid. + évaluation des réductions de CO2 générées par le nouveau produit si disponible Avantages Fidélisation de la clientèle aux produits et entreprises vertes Augmentation de la masse monétaire d'ECO Les entreprises avec un faible budget marketing pourront l’utiliser comme outil marketing Remarques Contrairement au module Meilleur du marché l'entreprise ne doit pas réaliser d'ACV simplifiée. Par ailleurs, c'est l'entreprise qui achète les ECO (et non la RBC) 55 56 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Module B2B Module Généralités B2B Lorsqu'une entreprise affiliée reçoit des ECO, il est écologiquement plus intéressant qu'elle réinvestisse ses ECO plutôt que de les échanger contre de l'argent. Ce module vise ainsi à favoriser les échanges entre entreprises affiliées et faciliter le greening de la chaine de valeur. Il se base essentiellement sur des facilitateurs sectoriels dont le but est de conseiller, aiguiller vers des entreprises et produits complémentaires. Objectifs Favoriser les échanges entre membres du réseau Augmenter l'effet multiplicateur Renforcement de l'économie locale Cibles Entreprises affiliées Procédure supplémentaire Guidance, conseils, réseautage Durée de mise en place 1-3ans. Réception/distribution ECOs Ibid. Utilisation des ECOs Réinvestissement dans produits verts > échange en € Liste produits achetables Ibid. Financement des points Ibid. Partenariat Ibid. Intégration IT dans réseau affilié/partenaire Ibid. Monitoring Ibid. Compta Ibid. Avantages Amélioration de l'effet multiplicateur Création d'un écosystème économique d'entreprises vertes travaillant ensemble. Remarques Similaire au RES 56 57 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Module URE Module Généralités URE Les ECOs peuvent aussi être distribués aux individus et entreprises qui adoptent des comportements plus respectueux de l’environnement. Les consommateurs d’énergie qui consomment moins d’énergie par rapport à une année de référence (l’année passée par exemple) recevront des ECO proportionnellement à la quantité d’énergie économisés : les familles ayant réduits leur consommation d’1 MWh recevront par exemple 50 ECO de la part de leurs fournisseurs. Objectifs Promouvoir un comportement URE en entreprise et au foyer. Cibles Familles et entreprises consommatrice d'énergie. Procédure supplémentaire Implication des fournisseurs dans la communication, le paiement et le calcul des économies. Automatisation du processus de calcul, de vérification. Implication des consommateurs: réponse à questionnaire. Durée de mise en place 1-2 an Réception/distribution ECOs A travers le fournisseur d'énergie. Le nombre d'ECO attribués sera fonction de l'économie d'énergie générée par an. Les ECOs seront attribués par compteur. Utilisation des ECOs Ibid. Liste produits achetables Ibid. Financement des points Nouveau Budget URE de la RBC avec participation des fournisseurs. 50/50 à négocier. Autres sponsors possibles pour diminuer la contribution de la RBC. Partenariat Avec fournisseurs d'énergie et sponsors. Intérêt d'avoir un opérateur neutre (et non gouvernemental) car transmission de données sensibles. Intégration IT dans réseau affilié/partenaire Intégration importante, au frais du partenaire. Monitoring Ibid. Compta ibid. + évaluation des réductions de CO2 générées par le projet ou la campagne. Avantages Actions dont l'impact est mesurable avec précision. Module complémentaire avec Module Certificat de Réduction. Favorise clairement et soutient fortement un comportement URE. Peut soutenir campagnes dont l'additionnalité est garantie (effet Switch) Remarques Fournisseurs d'énergie contactés (Luminus- Lampiris) ouverts à la proposition Doit s'intégrer dans un éventuel contexte de développement d'un système de certificats blancs Budget à trouver. Mission de recherche de sponsors pour cofinancer l'action. 57 58 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Module Meilleur du marché Module Généralités Meilleur du Marché Consiste à affecter des ECOs à un produit qui a une empreinte nettement plus basse que la moyenne. Le nombre d'ECO correspond à la quantité de CO2 relativement évitée. Pour ce faire, l'entreprise doit fournir une Analyse de Cycle de Vie simplifiée et un calcul du CO2 relativement évité (en consommant son produit plutot qu'un produit référence). Objectifs Promouvoir une meilleure connaissance de l'empreinte CO2 par produit. Donner un incentive de marché pour la réalisation d'ACV par produit et chiffre son empreint CO2. Soutenir les entreprises les plus vertes et renforcer la dynamique. Procédure supplémentaire Mise en place d'une méthodologie d'ACV simplifiée par famille de produit. Mise en place d'une méthodologie de calcul des points à octroyer aux produits. Durée de mise en place 3-4 ans. se fera par secteur et famille de produits. Réception/distribution ECOs A l'achat du produit concerné. Utilisation des ECOs Ibid. Liste produits achetables Ibid. A la base, le produit en question peut ne pas faire partie de la liste des produits achetable. Le fait de réaliser une ACV et de montrer la capacité à réduire relativement l'empreinte CO2 le rend éligible (moyennant acceptation du Comité des sages). Financement des points Nouveau budget (fédéral). Partenariat Intégration IT dans réseau affilié/partenaire Intégration importante, aux frais du partenaire. Monitoring Ibid. Compta ibid. + évaluation des réductions de CO2 générées par le produit certifiés via ACV simplifiée. Cibles Entreprises à la pointe du greening. Avantages Reconnaissance économique du caractère vert et des efforts des entreprises pionnières. le greening et la diminution de l'empreinte CO2 devient un avantage compétitif par le haut (plus value réelle), plutôt qu'une action marketing (plus value suggérée) ou opérationnelle (un moyen de réduire les coûts). Initie une dynamique positive de comptabilité CO2. Remarques Doit être bien étudiée pour ne pas être lourde à mettre en place. Une analyse stratégique et financière doit d'abord être menée afin de voir si la stratégie est de favoriser la comptabilité CO2/Energétique et si les budgets requis seront disponibles. Doit être en phase avec étiquetage environnemental. 58 59 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Conclusion L’étude des systèmes de monnaies complémentaires montre que celles-ci peuvent constituer un outil innovant pour répondre à des enjeux de développement durable : dynamisation de l’économie locale, développement des liens sociaux… Adaptées pour répondre aux enjeux environnementaux, les monnaies complémentaires pourraient servir de levier pour permettre la transition vers des comportements plus durables en se basant sur une approche positive du changement de comportement. Par ailleurs, le contexte bruxellois propose de réelles opportunités pour l’intégration d’un tel système à finalité environnementale: Une orientation politique, qui accompagne la mutation vers une économie plus sobre en carbone, via le développement de différents outils et services de sensibilisation et d’accompagnement ; une demande croissante du marché pour des produits et services écologiques ; une offre en structuration (développement de filières vertes, multiplication des entreprises responsables). L’analyse des monnaies complémentaires à vocation environnementales se heurte pourtant à plusieurs limites : il n’existe que peu de modèles existants sur lesquels s’appuyer. Les modèles existants sont trop souvent pilotes, de courte durée et n’ont pas intégré un système d’évaluation en place pour démontrer un réel impact mesurable. Il est donc nécessaire avant d’introduire un tel système à l’échelle régionale de préparer son implémentation et de valider un ensemble d’éléments qui constituent l’architecture même du modèle. Quelle finalité, quel fonctionnement, avec quels acteurs et quels moyens, quelle gouvernance, quel monitoring…. Le choix du modèle dépendra intrinsèquement de l’orientation choisie par la région : montage public/privé ? Axé vers la consommation responsable ou les comportements plus durables? Le scénario préconisé en chapitre trois, qui s’appuie sur la proposition Interreg, présente un modèle gradué allant du plus simple au plus complexe. Il se base sur l’adaptation de la politique régionale d’octroi des primes énergie, en proposant une complexification intégrant les changements de comportements, le développement économique local en B2B, la comptabilité CO2, les certificats blancs… Le modèle de base à l’avantage d’être facilement implémentable sans nécessiter un énorme déploiement de ressources supplémentaires. Afin de démultiplier son impact, il gagnerait à s’appuyer sur des leviers existants tels le système des éco chèques, comme le préconise le modèle 1 bis, moyennant une adaptation de leur fonctionnement (en y intégrant un monitoring et en réévaluant la liste des produits). Les modules complémentaires pourront se greffer progressivement sur le modèle de base afin d’appuyer dans une seconde phase d’autres outils mis en place au niveau régional (campagnes comportement durables) ou d’en constituer le moteur (certificats blancs, comptabilité CO2). 59 60 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Bibliographie NU Interview de M. Edgard Kampers, l’un des porteurs du projet NU (8 octobre 2009), Rotterdam Site internet de la carte NU : www.nuspaarpas.nl Van Sambeek, P. and Kampers, E. NU-Spaarpas : The sustainable incentive card scheme An eighteen-month trial period in Rotterdam - 2002-2003: background and results, January 2004 Eportemonnee Interview de M. Johan Niemeggers de Bond Beter Leefmilieu (4 novembre 2009) ADEME. Etat des lieux international des programmes de ‘carte carbone’ pour les particuliers (Europe et Etats-Unis). Mars 2009, Etude réalisée pour le compte de l’ADEME par Sandrine ROUSSEAUX, Chargée de recherche au CNRS, Présidente de CLIMATER, Mars 2009 Bond Beter Leefmilieu. Eindevaluatie pilootproject ‘Zet Milieu op de Kaart’ Overpelt, 5 november 2005 – 31 oktober 2006 Bond Beter Leefmilieu. ‘Zet Milieu op de Kaart’ een gemeentelijk beloningssysteem. Brochure d'information SPF Economie. Etude prospective sur les potentialités économiques liées à l’utilisation de la carte d’identité électronique et de la signature économique, Jjuin 2008, SPF Economie Site internet de BBL: http://www.bondbeterleefmilieu.be/milieuopdekaart/ Site internet de la commune d’Overpelt : www.overpelt.be RES Interview de Gérard Nys, courtier RES (30 octobre 2009) Site internet du RES: www.res.be et plus particulièrement la rubrique fonctionnement/chiffres Site internet du RES Plus: www.resplus.be Eco chèques Interview de Mr Gaetan Decremer, Sodexho (5 novembre 2009) Sites internet www.eco-pass.be/fr / http://accorservices.be/ecocheque Convention collective de travail N° 98 Séance du vendredi 20 février 2009 60 61 Etude sur les expériences de systèmes visant à encourager des comportements spécifiques au moyen de monnaies complémentaires – décembre 2009 Propositions d’adaptations Dossier d'application Interreg IVB North West Europe - Sustainable Carbon Card for Community Enabling Schemes (Success) Ressources documentaires Absi, P., Bazin, L., Blanc, J., Desmet L., Fontaine L., Hart Keith, Lazuech, G., MarquesPereira, J., Moulévrier, P., Ould-Ahmed, P., Pairault, T., Ponsot, J.F., Puig, N., Servet, J.M., Théret, B., Yildirim, Z. L’argent des Anthropologues, la monnaie des économistes, sous la direction de Baumann, E., Bazin, L., Ould-Ahmed, P., Phélinas, P., Selim, M. et Sobel, R., Editions L’Harmattan, Questions contemporaines, série Globalisation et sciences, Paris, 2008. Blanc, J. Les monnaies parallèles: évaluation du phénomène et enjeux théoriques, Revue d'Economie Financière , septembre 1998, n°49, pp. 81-102. Cohen, B. J. The Future of Money, Princeton University Press, Pinceton, NJ, 2004. Ferguson, N. The Ascent of Money. A financial history of the world, The Penguin Press, New York, 2008. Greco JR., Th. H. The End of Money and the Future of Civilization, Chelsea Green Publishing, White River Junction, Vermont, 2009. Krohn, G.A. and Snyder, A.M. An Economic Analysis of Contemporary Local Currencies in the United States, International Journal of Community Currency Research 12: 53-68, 2008 Lietaer, B. The Future of Money. Century, London, 2001. Lietaer, B. Complementary Currencies in Japan: History, Originality, Relevance, International Journal for Community Research 8: 1-23, 2004. Lietaer, B. et Kennedy, M. Monnaies régionales. De nouvelles voies vers une prospérité durable, Editions Charles Léopold Mayer, Paris, 2008. Lietaer, B. Of Human Wealth. New Currencies for a New World, Citerra Press, Boulder, CO, forthcoming 2009. New Economics Foundation. Plugging the Leaks. Making the most of every pound that enters your local economy, written by Ward, B. and Lewis, J. , 2002 Stodder, J. Complementary Credit Networks and Macro-Economic Stability: Switzerland’s Wirtschaftsring, Journal of Economic Behavior and Organization (2008), doi:10.1016/j.jebo.2009.06.002 61