Fédération Française des Chasseurs à l`Arc
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Fédération Française des Chasseurs à l`Arc
Le Bulletin des Fédération Française des Chasseurs à l’Arc 40, route de la Gare – 95190 GOUSSAINVILLE Bulletin de liaison numéro 1 - Juin 2004 Le mot du Président Chers amis, Les travaux de début 2004 du Conseil d’Administration, confortés par les débats de l’Assemblée Générale de Toulouse, ont mis en évidence le besoin de : - réaffirmer la mission de la FFCA, - améliorer son organisation et son fonctionnement. Pour la mission de la FFCA, l’Assemblée Générale a voté à l’unanimité une refonte de l’article 2 des statuts, baptisée FFCA 2004… (cf. compte-rendu de l’Assemblée Générale de Toulouse). Pour l’amélioration de l’organisation et du fonctionnement de la fédération, le Conseil d’Administration engage trois chantiers prioritaires : - relancer la formation des instructeurs, - revoir les conditions d’affiliation des associations (convention, cotisation…), - mieux communiquer vers les présidents et les adhérents des associations. Ce bulletin de liaison est une première réponse en terme de communication ; nous nous efforcerons de vous informer ainsi plusieurs fois par an. Notre objectif, à travers ce document, est que chaque adhérent prenne conscience des actions associatives réalisées, en regard des enjeux qui pèsent sur la chasse à l’arc, depuis le membre actif d’une association jusqu’à l’administrateur de la fédération. Ce premier tir n’est sans doute pas parfait, tant sur la forme que sur le contenu ; il évoluera au fil des numéros, notamment en fonction de vos contributions car c’est aussi le bulletin de liaison des associations qui composent la FFCA. Bien des thèmes intéressants ont été identifiés à Toulouse ; cependant, les moyens limités de notre système associatif nous obligent à définir les priorités si nous voulons obtenir quelques résultats. Ainsi nous engagerons une étude sur la recherche des grands gibiers blessés par flèche (en collaboration avec les associations de recherche au sang) et une réflexion sur le permis de chasser « à l’arc » (qui doit être menée au-delà du cercle de la FFCA car très vite elle impacte le concept historique et actuel du permis de chasser). Sur tous ces thèmes, nous vous tiendrons informés, des moyens engagés et des résultats obtenus. Bonnes Flèches, Jean-Michel Harmand 1 / 20 Le bulletin de liaison de la Fédération Française des Chasseurs à l’Arc n° 1 - juin 2004 Sommaire ACTUALITÉS - INFOS.........................................................................................................................................................................................3 La pochette permis et le testeur d’impact ........................................................................................................ 3 Arc Nature à Sommedieue les 26 et 27 juin .................................................................................................... 3 Les prochaines sessions du Brevet de Chasseur à l’Arc................................................................................... 3 Les prochains stages de l’Ecole de Chasse d’Arthez ....................................................................................... 4 Gestion des associations affiliées..................................................................................................................... 4 Un grand président disparaît ........................................................................................................................... 4 PROMOTION DE LA PRATIQUE DE LA CHASSE À L’ARC.....................................................................................................................5 La réglementation........................................................................................................................................... 5 PROMOTION DE LA CHASSE À L’ARC........................................................................................................................................................6 Les travaux du GACS.................................................................................................................................... 6 LA FORMATION ET L’ÉDUCATION...............................................................................................................................................................7 Vers une nouvelle formation............................................................................................................................ 7 Travaux de la Commission Formation - Education......................................................................................... 10 LA RUBRIQUE ENVIRONNEMENT................................................................................................................................................................11 Le concept d’environnement et la chasse....................................................................................................... 11 LA VIE DE LA FÉDÉRATION...........................................................................................................................................................................14 Assemblée Générale 2004............................................................................................................................ 14 Travaux du Conseil et représentations externes (2004).................................................................................. 16 INFOS ASSOCIATIONS ...................................................................................................................................................................................17 Chasseurs à l’Arc de l’Essonne, du Val d’Oise et des Yvelines : 2ème épreuve du Brevet de Chasseur à l’Arc. 17 Association des Chasseurs à l’Arc du Cher : association, pour qui ? pourquoi ? ............................................. 18 Association des Chasseurs à l’Arc de Franche-Comté .................................................................................. 19 LE CONSEIL D’ADMINISTRATION..............................................................................................................................................................20 Les Administrateurs, leur fonction et leurs responsabilités particulières............................................................ 20 2 / 20 Le bulletin de liaison de la Fédération Française des Chasseurs à l’Arc n° 1 - juin 2004 ACTUALITES - INFOS La pochette permis et le testeur d’impact La FFCA a édité avec son logo une pochette en plastique pour le permis de chasser… Philippe Lavallart a inventé un petit gadget pour tester ses connaissances en anatomie sur le chevreuil et le sanglier. Chaque adhérent FFCA a reçu ou recevra en 2004 une pochette permis par l’intermédiaire de son association. Renseignements et commandes auprès de Philippe Lavallart (06 08 10 10 24). q q Arc Nature à Sommedieue les 26 et 27 juin Une initiative de François BASSE (Natur’Arc) et des autres associations de l’est de la France soutenue par la Fédération Régionale des Chasseurs ; initiative heureuse puisque tant les exposants que les visiteurs étaient au rendez-vous. Félicitations à toute l’équipe organisatrice et tous nos encouragements à renouveler l’expérience… Un moment important du Salon : le Forum « Penser la chasse » Qu’un chasseur à l’arc ne se préoccupe que d’aller à la chasse, rien de plus normal et c’est son droit ; qu’un militant associatif, dépasse le cadre de ses plaisirs individuels pour militer, rien de plus normal et c’est son devoir (être militant c’est être responsable ; pour nous, responsable de la pérennité de la chasse). A partir de ce moment, en bon chasseur et en bon militant, nous nous devons de rechercher l’efficacité dans l’action associative comme nous la recherchons dans la chasse elle-même. Si la chasse consiste à découvrir le monde sauvage avec toute sa richesse, l’associatif consiste à découvrir celui des hommes… très riche également. Pour être efficace, il faut comprendre et pour cela, il faut prendre pour soi ; c’est une faculté à développer, voire à acquérir pour beaucoup d’entre nous (la compréhension est un acte de liberté. Nul ne peut empêcher quelqu’un d’exécuter l’acte mental qui consiste à comprendre, sauf lui-même. Refuser de comprendre devient alors un acte d’auto aliénation). La mission de la FFCA consiste, entre autres, a fournir des cadres propices à la réflexion : ainsi, elle a profité du Salon de Sommedieue pour organiser un forum sur « Penser la chasse ». Afin de lancer les débats, plusieurs « personnalités » du monde de la chasse ont accepté de faire le déplacement : Michel Thomas (pdt de la Fédération Régionale des Chasseurs), Paul-Henry Hansen-Catta (pdt de la FRC Picardie), Jean Maffioletti (historien et président d’ACCA), Alain François (pdt de l’ANCGG) et Charles de Gévigney (directeur de l’Institut Cynégétique François Sommer). Armand Mamy-Rahaga animait l’exercice et veillait à ce que chaque participant puisse s’exprimer. Ceux qui y ont assisté en « ouvrant les oreilles » ont entendu des propos intéressants, surtout de la part des quelques non chasseurs qui y participaient ! par contre, nous aussi avons mesuré la difficulté à libérer la parole, à rendre l’écoute active et à éviter de faire de l’opinion une affaire identitaire (quand son opinion est remise en question, la personne se sent personnellement remise en question). Faire la synthèse d’un tel exercice est difficile mais nécessaire, c’est un gros travail ; nous vous en ferons part lors dans le cadre d’un prochain bulletin. Les prochaines sessions du Brevet de Chasseur à l’Arc q q Les associations de la région Midi-Pyrénées organisent une session du Brevet de Chasseur à l’Arc le week-end du 21-22 août ; renseignement auprès de Patrice Marco (05 61 79 33 79). L’association des Chasseurs à l’arc de l’Essonne, du Val d’Oise et des Yvelines organisera une session du BCA en novembre ; renseignements auprès de Jean-Bernard Martin (01 30 59 85 07). 3 / 20 Le bulletin de liaison de la Fédération Française des Chasseurs à l’Arc n° 1 - juin 2004 Les prochains stages de l’Ecole de Chasse d’Arthez Les prochains stages de l’EDC se dérouleront 2ème semaine de novembre, dernière semaine de janvier et première de février 2005. A noter que ces stages s’adressent à tous et en particulier aux instructeurs de la FFCA (se renseigner auprès d’Armand MamyRahaga pour connaître les conditions d’inscription). Gestion des associations affiliées Comme il est dit dans l’édito, la FFCA va se réorganiser pour la gestion des associations affiliées. L’objectif vise une refonte de la convention d’affiliation et des modalités de communication FFCA / ACA pour 2005. Pour l’heure, nous fonctionnons sur le système actuel (seule une Assemblée Générale permet de modifier certains points de notre fonctionnement). Afin de mettre à jour le fichier des adhérents 2004, nous demandons à toutes les associations qui ne l’ont pas encore fait cette année de bien vouloir nous retourner une liste à jour des adhérents affiliés (avec leur cotisation). Pour ce faire, merci d’envoyer au secrétaire, Jean-Luc Brassard par mail ([email protected], 05 46 29 07 23) un fichier Excel avec les renseignements (champs) suivants pour chaque adhérent : Nom Prénom Adresse Code Ville Fonction associative Ces dernières années, des associations n’ont rien envoyé, ou envoyé des informations partielles, erronées ou même illisibles. Merci de porter tout le soin nécessaire à cette contribution à la gestion des adhérents. Si vraiment une association n’a pas de liaison internet, la communication peut se faire par disquette et en dernier recours par courrier. N’hésitez pas à faire remonter à la FFCA toute difficulté concernant ce point particulier. Un grand président disparaît Bernard Aunay, président fondateur de l’association « Chasseurs à l’Arc de l’Essonne, du Val d’Oise et des Yvelines » est décédé brutalement ce 11 juillet. La FFCA perd un président dynamique et efficace ; les membres du Conseil d’Administration perdent un véritable Ami. Salut l’Ami… 4 / 20 Le bulletin de liaison de la Fédération Française des Chasseurs à l’Arc n° 1 - juin 2004 PROMOTION DE LA PRATIQUE DE LA CHASSE A L’ARC La réglementation Les lames en plastique et le tir en l’air Certains archers tirent les oiseaux au vol avec des lames en plastique (souvent de même forme que les pointes en obsidienne) considérant qu’il ne s’agit pas de lames alors que d’autres, considérant qu’il s’agit de lames mais souhaitant pouvoir malgré tout les tirer en l’air, ont demandé à la FFCA d’agir auprès de l’administration afin de légaliser cette pratique. Un point s’impose. L'arrêté du 15 février 1995 en son article §9 interdit pour le tir au vol du gibier à plumes l'emploi de flèches équipées de pointes de chasse à lames sans aucune spécification du matériau les constituant pas plus d'ailleurs qu'aux articles §7 & §10 (à noter également que le dictionnaire ne détermine pas une lame exclusivement par le matériau mais par la forme et la capacité à trancher). Il en résulte que l'emploi de lames en plastique pour le tir au vol du gibier à plumes est bien interdit. Lors de l’élaboration du texte, le matériau fût volontairement non précisé afin d’autoriser l'emploi de matériaux utilisés depuis des temps immémoriaux (silex, obsidienne, verre, os...) ou l'emploi de nouveaux matériaux tels que plastiques ou céramiques divers ou autres encore à inventer. Sur le plan pratique, il existe bien sûr des lames fabriquées à partir de "plastique" aux performances coupantes très différentes : certaines en nylon coupent peu tandis que d'autres coupent sans difficulté une tranche de beefsteak. Et il est sans doute facile de démontrer une meilleure efficacité que les assommoirs sur les oiseaux. Dans ce cas précis, la réglementation vise la sécurité des personnes ; la FFCA ne peut engager d’action auprès de l’administration en absence d’étude sérieuse sur la dangerosité et l’efficacité de telle ou telle forme de pointe, quel que soit le matériau, et surtout compte tenu du peu d’exigence actuel en terme de formation pour pouvoir chasser à l’arc… 5 / 20 Le bulletin de liaison de la Fédération Française des Chasseurs à l’Arc n° 1 - juin 2004 PROMOTION DE LA CHASSE A L’ARC Les travaux du GACS Le Groupement des Associations de Chasse Spécialisée a vu le jour en 2002. Il regroupe l’Association Nationale des Chasseurs de Grand Gibier, l’Association Nationale Petit Gibier, le Club des Galliformes et petit gibier de Montagne, le Club National des Bécassiers, l’Association Nationale pour une Chasse Ecologiquement Responsable, le Club International des Chasseurs de Bécassine, l’Union Nationale pour l’Utilisation du Chien de Rouge, l’Association des Equipages de Vénerie Sous Terre et la Fédération Française des Chasseurs à l’Arc. L’objectif de ce groupement est « d'apporter solidairement une force de réflexion et de proposition, par un appui spécialisé technique et scientifique, aux instances officielles chargées de la chasse et plus particulièrement à la FNC ». Comme l’a dit son président Gérard Pasquet, « Le GACS ne cherche pas tant d'être reconnu et écouté que de participer aux orientations dont la chasse a besoin pour s'adapter à notre temps. Par ailleurs, je pense que le GACS peut avoir vocation à organiser des événements où les spécialistes que nous sommes pourront s'exprimer, informer sur leurs actions et leurs projets. La chasse a besoin de tels lieux de débats où les idées s'échangent, où les chasseurs parlent avec les non-chasseurs dans le respect des convictions de chacun. Le GACS doit être un moteur de l'écologie active, celle des naturalistes chasseurs. » Au sein de cette instance, la FFCA joue pleinement son rôle de force de proposition. C’est ainsi que nous avons contribué pour une bonne part aux propositions du GACS au sein d’un groupe de travail du Conseil Economique et Social, propositions retenues en partie par le CES. Nous reviendrons lors d’un prochain bulletin sur ces travaux, qui consistent à écrire une guide des bonnes pratiques cynégétiques. Par ailleurs, le GACS s’est associé à un grand projet de communication vers le public pour 2005, basé sur les journées du patrimoine ; la FFCA sera évidemment de la partie, affaire à suivre… Réunion du 20 janvier à la Maison de la Chasse et de la Nature à Paris 6 / 20 Le bulletin de liaison de la Fédération Française des Chasseurs à l’Arc n° 1 - juin 2004 LA FORMATION ET L’EDUCATION C’est « le bon débutant » qui compte car il débouche directement sur l’action de chasse au bois. C’est cette action de chasse qui, chez un jeune chasseur bien formé et bien éduqué, permet de récolter dans le monde sauvage la matière culturelle dont a besoin notre société. La cote dont bénéfice la chasse à l’arc, pour l’instant, vient de l’intuition qu’ont nos concitoyens que la chasse à l’arc peut remplir ce rôle. Un chasseur qui ne sait que tuer et qui ne sait pas ramener des valeurs est tout simplement inutile à la survie de la chasse. Vers une nouvelle formation (Armand Mamy-Rahaga, Responsable Commission Education et Formation FFCA) La chasse à l’arc : une chasse pleine de promesses Revaloriser le sens de la chasse Le temps des « grands chasseurs » qui ont tout tué est révolu ; si la nouvelle mentalité rejette ces « grands chasseurs » plutôt ridicules, elle est par contre en quête de tout ce qui peut redonner du sens à la vie, de tout ce qui replace l’homme en harmonie avec la nature. Pour traverser notre époque, la chasse doit démontrer qu’elle est utile à la société, au-delà du plaisir qu’elle procure à l’individu, au-delà du système de consommation. La chasse vécue comme en un parcours initiatique et créatrice de valeurs répond à cet attente. C’est pour cela que la chasse à l’arc attire les jeunes chasseurs et la sympathie des non chasseurs. Ne plus considérer le titre d’instructeur comme un titre de gloire ou de reconnaissance pour services rendus Le titre d’instructeur désigne une charge et une fonction. Certains veulent y voir obstinément un titre de reconnaissance sociale. Le moment et le lieu où la personne récolte la reconnaissance attendue est la journée obligatoire Fédération Départementales des Chasseurs. C’est un contresens car : les formations FDC seront de plus en plus prises en charge par des professionnels dont les compétences vont aller progressant, notre priorité c’est la formation FFCA. De plus, la gestion de l’arrivisme associatif que cela génère consomme de l’énergie et nuit à l’efficacité de notre action qui consiste à consolider la chasse à l’arc de demain et non à serrer la pogne à « un méritant » aujourd’hui. S’il fallait quand même que la FFCA se donne comme tâche de récompenser les uns et les autres, il faudrait définir avec précision et objectivité le concept de mérite et assortir les récompenses équivalentes aux différents degrés. Tout le monde est d’accord que si telle devait être la tâche de la FFCA, elle ne mériterait tout simplement pas d’exister. Développer la soif d’apprendre Celui qui croit qu’il sait tout cesse d’apprendre ; si les chasseurs cessent d’apprendre de la chasse, la chasse cesse d’être une utilité quelconque pour la société. De là à la disparition, le pas est vite franchi compte tenu que nos détracteurs sont très actifs et ont un fond de commerce idéologique facile à gérer. Le chasseur contemporain devrait être à la fois humble et compétent. Il gagnera à cultiver l’esprit de « débutant » ; avoir un esprit de débutant, c’est être capable d’apprendre, d’en avoir soif… Mais une formation FFCA à recaler ! Replacer chacun à sa place C’est le bon débutant et non les cadres de notre monde associatif qui compte. Il faut se garder d’inverser les choses et de cultiver une sorte de carriérisme personnel où la FFCA serait au service des ambitions d’un tel ou d’une telle. Nous sommes tous au service du bon débutant en le formant et en l’éduquant car c’est en lui que réside l’avenir. Si c’est « le bon débutant » qui compte, la perspective juste sur la FFCA serait celle qui mettrait le « staff » des administrateurs et des responsables au bas de la pyramide et le débutant au sommet. Cela aurait de surcroît la vertu de dégonfler certaines têtes. Notre but : former de bons « débutants » Leur mettre le pied à l’étrier Le bon débutant est un chasseur outillé matériellement, techniquement et intellectuellement pour que son action de chasse, par delà la mort de l’animal poursuivi, aboutisse à un enrichissement humain c’est-à-dire : vitalité physique, découverte émotionnelle, 7 / 20 Le bulletin de liaison de la Fédération Française des Chasseurs à l’Arc édification morale, élargissement des connaissances. Cet enrichissement, il a la charge de le partager autour de lui par la parole et par le comportement ; c’est un facteur majeur dans la réconciliation des chasseurs avec le restant de la société. Il est entendu qu’un chasseur qui sort de notre formation n’est ni un chasseur averti ni un chasseur expérimenté. C’est un bon débutant. A ce titre on ne peut pas exiger de lui le niveau de prestation d’un chasseur à l’arc qui a 20 ans de pratique. Il est entendu qu’il a toute sa vie de chasseur pour se parfaire. On lui a juste donné la direction et les moyens. L’avènement d’un mode de chasse primitif comme la chasse à l’arc à une époque de très haute technologie et à une époque où ne naissent ou ne renaissent aucun mode de chasse nouveau (bien au contraire, nous assistons à la disparition de certains) ne peut que nous interpeller. Nous, chasseurs à l’arc avons le devoir enthousiasmant de prendre conscience de notre place et de notre mission sociologique. n° 1 - juin 2004 de former sérieusement les aspirants instructeur sur le terrain et les libère de l’assujettissement aux disponibilités des responsables nationaux comme c’était le cas auparavant, de développer une pédagogie adaptée au mentalités régionales, de restituer aux intervenants la liberté de manoeuvre et la créativité essentielles pour nourrir leur motivation, de collecter la plus grande variété d’information et de suggestion possible afin d’étoffer et de faire évoluer notre action et nos outils, d’impliquer concrètement chaque intervenant dans un projet vaste et dont il tirera sa fierté et sa récompense (il sait quelle est sa place, quelle est sa contribution et où en sont les choses). Renforcer la FFCA (un pouvoir fort) Si la décentralisation est forte et que le pouvoir est faible, les instructeurs sont : ou inactifs ou isolés, seule la formation obligatoire les motivera et le concept d’éducation n’avancera pas d’un pouce. Au bout du compte le sentiment que la FFCA ne sert à rien va prévaloir et chaque association agira de son côté convaincue de détenir la vérité et très critique vis à vis des autres. La chasse à l’arc sera affaiblie, elle n’aura pas droit de parole ou ne sera pas écoutée. Sa pertinence et son utilité finira par se dissoudre dans l’air du temps, son capital sympathie aura été dilapidé faute d’une gestion rigoureuse. Cela s’appelle le syndrome de la tour de Babel. La contrepartie obligée à la décentralisation forte est le pouvoir fort. Le pouvoir fort permet : de réunir les instructeurs régulièrement pour faire le point ensemble, pour réfléchir et débattre ensemble (une formation continue des instructeurs en quelque sorte), d’éviter que chacun fasse de son côté ce qui lui semble bon sans que son action soit insérée dans la dynamique de l’ensemble (les électrons libres ne peuvent qu’affaiblir le groupe face aux autres groupes alliés ou adverses), de formuler des axes qui ne sont pas perceptibles au niveau régional afin de tirer l’ensemble vers le haut, d’engager la FFCA à fond dans le débat national qui est en train de faire muter la chasse (c’est le rôle historique de la chasse à l’arc), de formuler une vision qui permet de conserver un cap et d’éviter de tourner en rond ou de tomber dans la Notre moyen : une seule formation FFCA sur toute la France Proposer le même esprit sur toute la France… Le contenu pédagogique ne doit pas varier sur toute l’étendue du territoire national. Le contenu pédagogique c’est l’orientation de notre action de formation et surtout d’éducation. C’est à travers l’éducation que les spécialistes de la FFCA se démarqueront, par une valeur ajoutée, de la journée obligatoire de la FDC. C’est donc par elle que les associations (et la FFCA) trouveront leur raison d’exister. Sinon elles devraient se contenter d’être des associations de camarades de chasse. … et le décliner selon les particularités régionales (une décentralisation forte) La forme pédagogique peut et doit quant à elle s’adapter aux particularités régionales. La décentralisation consiste à organiser la formation FFCA dans des centres régionaux où les instructeurs des associations impliquées décident et agissent collégialement. La décentralisation permet : 8 / 20 Le bulletin de liaison de la Fédération Française des Chasseurs à l’Arc stratégie du coup par coup (ce qui équivaut à être faible et inutile), de proposer aux chasseurs à l’arc des sujets de réflexion qui une fois reformulés au niveau du conseil d’administration reflèteront le sensibilité du monde des chasseurs à l’arc, n° 1 - juin 2004 de faire valoir légitimement ces sensibilités dans différentes instances où nous avons une interface, d’organiser en synergie forte toutes les bonnes volontés et toutes les compétences qui veulent s’affilier à la FFCA (le contraire des électrons libres). 9 / 20 Le bulletin de liaison de la Fédération Française des Chasseurs à l’Arc n° 1 - juin 2004 Travaux de la Commission Formation - Education Stratégie de la mise en place de la formation et de l’éducation du chasseur à l’arc au niveau national Dans le cadre des orientations présentées ci-dessus, les membres de la Commission ont engagé un plan de travail qui vise à : - Insérer dans le programme de la journée obligatoire les thèmes prioritaires pour la FFCA afin de préparer le terrain à la formation FFCA. - Etendre au niveau national la convention signée entre les associations de chasseurs de Midi-Pyrénées et leur FRC en précisant la prise en charge par la FRC d’une police d’assurance destinée à couvrir les intervenants FFCA. Faire descendre cette initiative selon l’organigramme FNC. - Lancer le nouveau concept où il s’agit de mettre l’aspect éducation au premier plan dans les régions où le maillage et l’activité de formation FFCA sont déjà en place ainsi que dans les régions où la volonté de le faire est présente. Aux autres régions et aux autres associations sera ainsi laissé le temps de raccrocher les wagons pendant que celles qui expérimentent pourront affiner le concept. La structure sur laquelle nous nous appuierons sera le système de centres de formation. Les zones d’expérimentation seront : - Le quart Nord-Est (du Doubs au Nord-pas de Calais) : au mois de juin à Sommedieue, Olivier Evrard et Gabriel Paquin ont réuni les instructeurs de 19 associations. - Le Midi-Pyrénées : au mois d’août , Patrice Marco organise une rencontre avec les instructeurs à Luchon. - Le centre Ouest : au mois de mars 2005, Jean-Luc Brassard organise une formation FFCA inter-associative et une rencontre-débat avec les instructeurs et les présidents d’associations. - La Normandie et la Bretagne : Philippe Gras étudie la possibilité d’organiser une rencontre sur ces régions. Recensement des instructeurs : rappel aux présidents des associations Dans le cadre de la relance de la formation, la Commission Formation et Education de la FFCA axe sa stratégie autour des futurs Centres de Formation. Les Centres de Formation seront dirigés collégialement par les instructeurs de la région et la CFE a besoin de maintenir avec eux un contact étroit aussi bien pour faire remonter les suggestions venant du terrain que pour faire descendre les initiatives prises en son sein. La CFE doit procéder au recensement des instructeurs en activité. Pour cela nous avons besoin de la collaboration des présidents qui consiste à nous envoyer la liste de leurs instructeurs. Nous tiendrons exclusivement compte des instructeurs inscrits par les présidents. Cette inscription sur la liste équivaut à un engagement contractuel à s’associer à la politique de la FFCA en participant à la création d’un centre régional. Dès l’enregistrement des instructeurs, les présidents recevront les cartes d’instructeur et les badges. La Commission planifiera des stages de Formation des instructeurs et des réunions d’information à organiser afin que le travail de chacun aille dans le sens de tous. Il y a en particulier un chantier délicat qui est la mise en place de l’action d’éducation (jusqu’à ce jour laissé en friche). C’est notre vocation en tant que spécialistes que de nous charger de cette action que les FDC n’ont ni la compétence ni le temps de mener à bien. En bref, c’est une des valeurs ajoutées des associations affiliées à la FFCA. Pour ceux qui l’auraient égaré, le Responsable de la CEF tient un formulaire type qui est à la fois une déclaration de projet de centre, une déclaration des instructeurs actifs et le formulaire de déclaration d’activité annuelle. Ces outils de travail nous permettrons de lancer la machine ; en fin d’exercice, nous rectifierons ce qu’il y a lieu de l’être en nous appuyant sur vos suggestions. 10 / 20 Le bulletin de liaison de la Fédération Française des Chasseurs à l’Arc n° 1 - juin 2004 LA RUBRIQUE ENVIRONNEMENT Le concept d’environnement et la chasse Intervention de Christophe PRIVAT, Professeur de droit de l’environnement à l’école d’agriculture de Toulouse Bonjour, Vous m’avez demandé de vous parler du concept d’environnement. Enseignant le droit, je me proposais de vous en donner une vision essentiellement juridique. Mais à la réflexion on se rend vite compte que l’aspect juridique est très réducteur et ne représente qu’une partie de ce que peut être le contenu même de ce concept. Pour pouvoir appréhender ce concept il est donc nécessaire d’aller au-delà de l’aspect strictement juridique. Je me propose donc dans un premier temps de vous présenter l’aspect juridique du concept puis dans un deuxième temps de vous présenter les origines et les antécédents du concept, mais également les conséquences du concept. Je terminerai en tentant d’ouvrir quelques pistes sur la place et le rôle du chasseur au regard de ce même environnement. Le premier constat que peut faire tout un chacun, c’est que le thème de l’environnement est un thème à la mode. C’est même probablement le sujet qui est le plus consensuel et paradoxalement celui qui suscite actuellement le plus de polémiques. Le plus consensuel tout d’abord parce que le discours ambiant qu’il soit politique ou scientifique prône la protection de l’environnement comme étant une nécessité vitale. Il suffit de se rappeler le discours tenu par le président de la république lors du Sommet de la Terre de Johannesbourg ; je cite de mémoire : « notre maison brûle et nous ne faisons rien pour y remédier ». Le plus polémique aussi parce que le contenu de ce que doit où devrait être la protection de l’environnement suscite là aussi des réactions passionnées. On peut citer à titre d’exemple les oppositions qu’engendre le vote de la charte de l’environnement, notamment le contenu et les conséquences de la mise en œuvre du principe de précaution ; mais également les conséquences de l’utilisation des OGM ou l’interdiction ou le refus d’interdiction de certains produits chimiques dans le secteur agricole. A ce propos, on remarque le silence assourdissant des chasseurs. Si l’on fait un rapide retour en arrière, on se rend compte que c’est la même attitude qui a prévalu lors de l’adoption en 1979 de la Directive Oiseaux ou encore lors de la grande période des aménagements fonciers (je pense plus particulièrement aux opérations de remembrement) des années 70/80. Il a pu y avoir ici ou là des actions locales, mais pas de politique nationale de lobbying de la part des représentants des chasseurs en ce sens. On peut légitimement se demander si le plus grand groupe constitué, directement intéressé par le devenir du milieu naturel s’y intéresse réellement dès lors que la pratique de la chasse n’apparaît pas remise en cause. L’attitude du chasseur vis-à-vis de Natura 2000 est à cet égard extrêmement révélatrice. Ce qui depuis dix ans focalise le débat côté chasseurs, c’est la possibilité ou non de chasser. Le fait que cette Directive contribue à préserver le milieu naturel demeure largement occulté des débats. Tout cela montre qu’à force de parler d’environnement, on finit par y inclure tout et n’importe quoi et on en vient surtout à se demander quel est le contenu réel de ce concept. Le mot « environnement » apparaît en 1972 dans le Larousse comme un néologisme issu de l’américain « environment ». Il s’agit : « de l’ensemble des éléments naturels ou artificiels qui conditionnent la vie de l’homme ». Il s’agit donc d’une vision très large. Dans le langage courant le mot environnement a un double sens : · Le premier est issu des sciences naturelles et applique une approche écologique aux sociétés humaines. · Le second est basé sur une approche architecturale et urbanistique et permet de distinguer l’espace bâti du milieu ambiant. Sur un plan strictement juridique, il n’existe pas de définition générique de l’environnement. Le périmètre de l’environnement variera donc en fonction des définitions que l'on lui donne. A titre d’exemple, la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature considère que l’environnement recouvre : · La nature (aussi bien les espaces que les espèces) · Les ressources naturelles et la qualité de l’air · Les sites et les paysages Au contraire, la loi du 3 janvier 1977 relative à l’architecture, entend l’environnement dans une perspective architecturale et esthétique. On pourrait continuer longtemps cette énumération en se demandant quel contenu on donne précisément également à « l’écologie » ainsi qu’aux notions « d’équilibre biologique », « d’équilibre écologique » ou encore de « nature » et surtout quelles vont être les conséquences juridiques susceptibles d’en résulter. On entend par là l’application qu’en fera un juge lors d’un contentieux. Pour tenter de cerner le concept, il est indispensable d’en revenir aux origines. On constate que c’est le volet protection de la nature qui en est à l’origine (même si en France le premier texte officiel est un décret de 1810 relatif aux nuisances olfactives causées par les manufactures à l’intérieur des villes). Non pas la protection de la nature en elle-même comme cela peut-être le cas aujourd’hui mais la protection de la faune pour la chasse. Il s’agit donc d’une protection au service de l’Homme, pour qu’il puisse exercer son bon plaisir. Sans remonter jusqu’à l’Antiquité, on retrouve dès le Haut Moyen Age des écrits relatifs à la création de réserves de chasse appelées forestiis par l’aristocratie et destinées à assurer un résultat cynégétique aux puissants. Ces dernières en soustrayant des espaces et des espèces au plus grand nombre au profit de quelques uns ont très tôt donné une dimension particulière de l’ordre du symbole à l’appropriation du gibier. Les chroniques germaniques du 7° siècle font déjà état d’une organisation poussée du système des réserves de chasse puisqu’elles prévoient les conditions de gestion et de dédommagement des paysans victimes des dégâts de gibier. 11 / 20 Le bulletin de liaison de la Fédération Française des Chasseurs à l’Arc A ce propos, on voit que le problème des dégâts n’est pas contemporain mais se présente dès qu’existe une volonté de concentrer des populations de gibier telles qu’elles rendent problématiques les activités humaines. Ainsi, l’ancêtre du concept d’environnement a existé au départ dans un but intéressé. La flore et le paysage ont pu être préservés mais uniquement en tant que moyen permettant une meilleure efficacité cynégétique. Une première évolution a eu lieu par le biais de la religion. Durant le Moyen Age, les chroniques rapportent qu’il y a eu des procès d’animaux et que ces derniers ont parfois été gagnants au motif qu’ils étaient au même titre que les hommes des créatures de Dieu. Ils avaient donc le droit de se nourrir, fut-ce dans les récoltes. A ce propos il ne faut pas oublier l’influence qu’a pu avoir saint François d’Assise. Ce n’est pas pour rien qu’il a été choisi comme saint patron des associations de protection des animaux. Parallèlement à cela on peut considérer que les défrichements entrepris par les moines au Moyen Age, notamment les Bénédictins pourraient être qualifiés aujourd’hui de « développement durable » parce qu’ils tenaient compte des conséquences de leurs actions vis-à-vis de l’équilibre des milieux. La rupture avec cette conception de l’environnent ou homme et nature vont de pair s’est produite avec Descartes et ses successeurs et notamment la théorie des « animaux machine » Cette vision sera traduite dans le code civil de 1804 au travers de la notion de « bien ». Les animaux sont considérés juridiquement comme des biens susceptibles de se voir appliquer toutes les opérations possibles y compris commerciales. Comme toujours quand une conception va trop loin, son contraire voit le jour. La notion moderne de préservation de la nature est le fait des Romantiques. Plus près de nous, la notion de protection de la nature est apparue avec le courant Romantique dont Lamartine et Hugo sont probablement les représentants les plus marquants. Ces derniers se sont démarqués de l’opinion majoritaire basée sur la conception cartésienne de l’animal objet au service de l’homme, la fameuse théorie des « animaux machines ». Pour la première fois, les Romantiques ont considéré la nature en tant que telle, pour elle-même, et non comme un objet uniquement destiné à être au service de l’homme. Ce rapport contemplatif à la nature est d’autant plus remarquable que le 19° siècle en Europe était encore une époque où l’homme de disposait pas des moyens de la dominer comme c’est le cas aujourd’hui. Cependant cette acception ne fut possible qu’à partir du moment où ses tenants ne dépendaient plus de la nature pour assurer leur existence. La nature ne peut en effet exister en tant que concept que si l’on s’en est extrait. C’est donc pour cela que le paysan n’a pu considérer la nature qu’à partir du moment où il est devenu un agriculteur, c’est à dire un producteur de biens issus du sol. Cette notion d’extraction de la nature est également valable pour le chasseur. Ce dernier ne peut réellement s’interroger sur la nature et sur son rôle dans la nature, qu’à partir du moment où cette dernière ne constitue plus pour lui une barrière infranchissable dont il est totalement dépendant. Lorsque de nature, la chasse devient culture. n° 1 - juin 2004 La vision romantique de la nature a été essentiellement relayée en France à la fois par le corps des Eaux et Forêts (au travers d’une politique nationale de reboisement) et par deux organismes : le Touring Club de France et le Club Alpin Français). La vision qu’ils avaient de la protection de la nature était à la fois esthétisante et récréative. Dit autrement on pourrait considérer qu’il s’agit d’une vision statique de la protection dans le sens où elle ne prend en compte ni les activités humaines, ni d’ailleurs les populations locales. La mise en pratique de cette conception a été la création de réserves dans des zones remarquables d’où les hommes étaient absents, hormis pour le tourisme. La protection de la nature n’a dans ce cas jamais été de pair avec le développement ; cela a plutôt été une conception qui tendait à mettre la nature sous cloche. Aux Etats Unis, la protection de la nature est apparue au 19° siècle (Yellowstone et Yosemite) comme un facteur de cohésion nationale après l’épopée des pionniers et la conquête de l’ouest (c’est le sens de l’œuvre de Thoreau : Walden ou la vie dans les bois). Le premier sentiment qui animait les pionniers était la volonté de créer les conditions du royaume de dieu sur terre. Les étendues vierges de l’Amérique se devaient d’être conquises afin d’être exploitées. Une fois la conquête achevée, ce qui restait de sauvage a pris une valeur intrinsèque aux yeux des américains d’alors. Les monuments naturels ont eu pour eux le même rôle que les grandes réalisations architecturales européennes. On le voit donc la notion de protection de la nature mais également dans un sens plus large la notion d’environnement résultent avant tout de la mise en œuvre d’une idéologie, c'està-dire une vision très humaine, donc fluctuante. Soit on considère que la nature doit être protégée de manière absolue, soit les activités humaines doivent intégrer la protection. En gros, cela revient à opposer une vision radicale à une vision paysanne de la nature qui serait basée un équilibre homme/nature. Ces deux conceptions se retrouvent aujourd’hui dans les deux grands courants qui traversent le mouvement protectionniste : · L’écologie radicale (deep ecology) qui veut faire de la nature un sujet de droit au même titre que l’homme. Les tenants de cette conception ont un argumentaire très logique. Ils considèrent en effet qu’après les esclaves, les noirs, les femmes, la nature doit elle-même être titulaire de droits. L’acte fondateur a eu lieu aux EU à la suite d’un plaidoyer fait devant la justice américaine en faveur des arbres d’une vallée qui devaient être détruits pour créer un parc d’attraction. L’action n’a pas abouti, mais le tribunal n’a tranché qu’à une voix de majorité. Plusieurs juges étaient d’accord pour accorder des droits au milieu naturel. · L’écologie réformatrice (swallow ecology) Bien entendu, ces deux conceptions ne sont pas hermétiques et il existe des passerelles entre elles. Certains ne vont vouloir accorder des droits qu’aux animaux d’autres seront partisans de donner des droits à l’ensemble des éléments. Actuellement, c’est une tendance assez radicale qui semble avoir le vent en poupe. A titre d’exemple, il suffit de voir la couverture médiatique qu’ont obtenu les défenseurs des arbres il y a quelques semaines. Or, cette conception de l’écologie conduit à exclure l’homme de la nature puisqu’elle le considère l’homme comme un intrus 12 / 20 Le bulletin de liaison de la Fédération Française des Chasseurs à l’Arc dans le milieu. Cela se traduit par une volonté de créer des sanctuaires, de mettre la nature hors d’atteinte de l’Homme. Dans la pratique, cette conception est vouée à l’échec. Le problème dans tout cela est de savoir ce que l’on entend par nature. Je serai tenté de dire que la nature n’existe pas. La nature, c’est avant tout une création humaine dont la perception évolue en permanence. Dit autrement, il faut admettre que la nature, c’est avant tout une question d’idéologie. Proclamer par exemple que l’on veut restaurer les équilibres naturels n’a pas grand sens. Tout d’abord, de quoi parle-t-on, de quels équilibres : ceux d’avant la présence humaine, ceux d’avant la révolution industrielle ? Qui peut le dire ? (Prenons un exemple parlant pour les chasseurs : le chêne. Cet arbre symbolise la permanence au contraire du sapin qui représente la sylviculture intensive, que l’on pourrait qualifier d’anti naturelle. Or le sapin poussait dans de nombreuses régions à l’état naturel. Au Moyen Age, il a été remplacé par le chêne car ce dernier représentait un meilleur matériau pour construire des bateaux au développement de la marine royale…). Si l’on se place du côté du chasseur, comment peut-il se positionner par rapport à ce concept d’environnement ? Le chasseur est le seul citoyen légalement autorisé à s’approprier le gibier ; cela implique donc un rapport particulier à la nature que le droit ne traduit que très imparfaitement en considérant rapidement (c’est le cas de l’article 1 de la loi de juillet 2000) que parmi les caractères de la chasse, il y a un aspect culturel. Le chasseur se doit de se positionner par rapport à ce concept d’environnement tout simplement parce que s’il y a de la nature « naturelle », il y aura du gibier lui-même naturel, donc des chasseurs qui pratiqueront une chasse naturelle et qui auront les éléments pour expliquer ce caractère naturel de la chasse. C’est le prix à payer à mon avis pour que la chasse ne soit pas un jour une simple activité de régulation, détestée, mais supportée malgré tout parce que indispensable. Pour terminer, je plagierai Aldo Léopold qui au travers de sa fameuse expression « penser comme une montagne » a contrairement à l’opinion majoritaire qui pense qu’il s’agit du premier manifeste en faveur des droits de la nature, a voulu dire de manière prémonitoire que l’avenir de l’homme passe par le respect de la nature et de ce qu’elle produit. C’est ce que l’on pourrait qualifier de principe de précaution avant la lettre. n° 1 - juin 2004 Pour conclure, je serai tenté de faire un peu de provocation et de dire qu’il n’y aura de nature que tant que les hommes auront intérêt à ce qu’il y ait de la nature (que ce soit sur un plan esthétique, philosophique, économique ou culturel). Et il n’y a un réel intérêt que lorsqu’on peut en retirer un vrai profit. Au travers de la recherche du gibier, c’est probablement luimême le chasseur recherche réellement. La nature lui est donc indispensable. Une nature plus préservée, (le terme paraît plus approprié que protégée) signifie plus de chasse donc quelque part une meilleure recherche d’humanité. Le chasseur est probablement celui qui a le plus conscience de la nécessité de la nature pour son accomplissement. Fatalement, c’est aussi lui qui a le plus d’intérêt à sa préservation. Chasse et environnement sont donc liés de manière indissociable parce que la chasse est et doit demeurer un des éléments constitutifs de l’environnement. Je vous remercie de votre attention. Christophe PRIVAT Enseignant Chercheur, Ecole Supérieure d’Agriculture de Purpan Bibliographie sommaire 1. Almanach d’un comté des sables (Aldo Léopold ; Flammarion) 2. Walden ou la vie dans les bois (Henry Thoreau ; Flammarion) 3. Le jardin de babylone (Bernard Charbonneau ; Encyclopédie des nuisances) 4. Pour une histoire de l’écologie (Deleage ; Point Seuil) 5. Les dieux de l’écologie (René Dubos ; Fayard) 6. Le contrat naturel (Michel Serres ; François Bourin) 7. Avant que nature meure (Jean Dors ; Delachaud et Niestlé) 8. Socialisation de la nature (Philippe Saint Marc ; Stock ) 9. Du droit de détruire (Martine Remond Gouilloud ; PUF) 10. Demain la chasse (Jean Louis Bouldoire ; Sang de la terre) 11. Les braconniers de la république (Christophe Traïni ; PUF) 12. La chasse sous l’ancien régime (Philippe Salvadori ; Fayard) 13. Le chasseur et la cité (Alain Schnapp ; Albin Michel) 14. Le nouvel ordre écologique (Luc Ferry ; Grasset) 13 / 20 Le bulletin de liaison de la Fédération Française des Chasseurs à l’Arc n° 1 - juin 2004 LA VIE DE LA FEDERATION Assemblée Générale 2004 L’Assemblée Générale 2004 s’est déroulée les 5 et 6 juin à Toulouse. Le samedi après-midi était consacré à une réunion des responsables des associations et de la fédération. Le dimanche a commencé par un exposé sur l’environnement (cf. intervention de C. Privat) puis par l’assemblée générale proprement dite suivie d’une assemblée générale extraordinaire. Les travaux du samedi Les débats ont essentiellement eu lieu sur les thèmes suivants : è Relations assos / FFCA è Assurance chasse et assurance association è Convention Asso / FDC pour la formation obligatoire è Recherche au sang è Formation è Questions juridiques La FFCA a bien noté les attentes exprimées par les participants, dont notamment : de revoir les conditions d’adhésion des associations, de participer à l’étude sur le gibier fléché réalisée par l’UNUCR, de proposer une convention type ACA / FRC ou FDC pour cadrer l’animation des formations obligatoires, de mieux communiquer vers les adhérents en matière d’orientations fédérales, de positions juridiques… L’Assemblée Générale Ordinaire 32 associations étaient présentes ou représentées (sur 50 à jour de cotisations) soit 785 membres représentées (80% des membres de la FFCA). Philippe Lavallart a présenté un rapport d’activité de la FFCA ainsi que son rapport moral ou il a notamment rappelé le parcours de la FFCA : les années « Péchenart », la légalisation de la chasse à l'arc, les années où il a tenu la présidence, la reconnaissance par le monde des chasseurs, des médias et des autorités de tutelle... Pierre Chavigny a présenté le rapport financier pour l’exercice 2003. Armand Mamy-Rahaga, a réaffirmé les orientations en matière de formation, notamment au travers d’une présentation de l’école de chasse d’Arthez de Béarn. L’Assemblée Générale était invitée à renouveler des postes du Conseil d’Administration. 6 candidats se présentaient pour 4 postes à pourvoir : Armand Mamy-Rahaga, Philippe Lavallart, Jean-Bernard Martin, JeanPierre Hurel, Jean-Luc Brassard et Pascal Lemouroux. Chaque candidat a pu se présenter ; la candidature de JL. Brassard a lancé un débat, ou plutôt confirmé les attentes exprimées par ailleurs, sur l’adhésion obligatoire, ou non, de tous les adhérents d’une association. Il est apparu des attitudes et des attentes différentes sur le sujet entre les associations, avec des motifs recevables dans tous les cas. La FFCA engagera une réflexion sur le sujet en 2004 et reviendra avec des propositions lors de la prochaine Assemblée Générale. L’Assemblée a élu au poste d’administrateur : JL. Brassard, P. Lemouroux, Ph. Lavallart et A. Mamy-Rahaga. L’Assemblée Générale Extraordinaire JM Harmand, au nom du Conseil d’Administration, a présenté un projet de modification de l’article 2 des statuts (Objet de la FFCA) basé sur un historique et une analyse de la situation actuelle. En voici le contenu. Un peu d’histoire de la FFCA : 1986 - 2003 Jusque les années 80 Seules quelques associations (ASCA, BHC, BH CA, SAGITTA, CAC…) existent au début des années 80 ; elles représentent peutêtre 200 chasseurs à l’arc sur l’ensemble du territoire. 14 / 20 Le bulletin de liaison de la Fédération Française des Chasseurs à l’Arc n° 1 - juin 2004 1986 Des « pionniers », emmenés par Xavier Péchenart, créent la FFCA afin d’obtenir une reconnaissance réglementaire de la chasse à l’arc. La stratégie consiste a susciter la création d’un maximum d’associations sur tout le territoire pour compenser le faible nombre de pratiquants de l’époque et disposer ainsi d’une « légitimité » auprès de l’administration et des instances cynégétiques. 1995 Le ministère reconnaît la chasse à l’arc (arrêté de 1995) ; le premier projet a abouti (mission accomplie, merci aux pionniers). La FFCA doit se définir de nouveaux objectifs. 1996 La FFCA met la formation en avant ; formation des Master Instructors IBEP à Bruxelles ; lancement de la Commission Nationale d’Education et de Formation qui permettra à la FFCA de rebondir. La fédération crée (sur le modèle américain) un programme de formation dit FFCA et le propose en complément de la sensibilisation d’une demi-journée organisée dans le cadre des Fédérations Départementales des Chasseurs. Elle forme une centaine d’instructeurs sur l’ensemble du territoire ; un bon nombre d’entre eux participe aux sensibilisations FDC mais peu de formations type FFCA sont réellement délivrées (en regard du nombre d’instructeurs formés) comme le montre les lacunes dans les rapports de stage. 1998 – 2000 Le projet de formation rencontre des difficultés : peu d’instructeurs déjà promus réalisent réellement des formations ; les nouveaux sont recrutés parmi des chasseurs non expérimentés (en fait, il s’agit, pour certains, de chasseurs non expérimentés qui trouvent, dans la formation d’instructeur, une formation de base utile pour eux-même et qu’il ne délivrent pas ensuite !). Par ailleurs, le système hiérarchique proposé (instructeurs nationaux, directeurs de région, instructeurs départementaux…) attire quelques personnes plus avides de reconnaissance et de pouvoir que d’engagement associatif ! 2003 Nouvelle réglementation quant à l’organisation des formations obligatoires ; passage à une journée, professionnalisation de la formation dans le monde cynégétique (contraintes réglementaires et volonté de la Fédération Nationales des Chasseurs). La FFCA obtient des améliorations du texte de 95 (longueur des arcs, décocheur, dimension des lames…) et pour la destruction du ragondin. Le cap des 10000 « sensibilisés » est franchi, 1000 adhérents à la FFCA et une estimation de 2000 à 4000 pratiquants, mais le projet formation de la FFCA reste en sommeil ! La FFCA est bien perçue au niveau du ministère et de la FNC… 2004 La mission de la FFCA est remise en cause en interne : Par certains de ses administrateurs qui considèrent que la FFCA a rempli sa mission initiale et ne doit maintenant servir que de « boîte aux lettres » et d’organe de communication nationale. Des initiatives locales non connectées à un projet FFCA (formation, communication…) voient le jour sans coordination nationale ! Par certaines associations affiliées qui ne perçoivent plus la valeur ajoutée de la FFCA, notamment en regard du montant de la cotisation ! Analyse des objets de la FFCA (article 2 des statuts) Nous vous proposons ici une analyse objet par objet de l’article 2 des statuts de la FFCA. Il en ressort que certains dysfonctionnements ou, pour le moins, manques d’efficacité trouvent leur origine dans les statuts mêmes de la fédération, ceux-ci ayant été élaborés pour une mission bien précise (celle qui a débouché sur la réglementation de 95). Objet 1 : Regrouper les associations de chasseurs à l’arc et coordonner leur action Regrouper est un plus un moyen d’action qu’un « but » ! Coordonner leur action : la nature de l’action en question et son orientation n’est pas définie ! Objet 2 : Promouvoir la chasse à l’arc en faisant valoir les qualités de ce mode de chasse tant sur le plan cynégétique que sur le plan écologique Il manque la dimension sociologique (cf. loi chasse 2000). Objet 3 : Défendre les intérêts de la chasse à l’arc Si les chasseurs sont des personnes et si la FFCA est une personne morale, la « chasse à l’arc » elle-même n’en est pas une ; cette formulation qui se veut de référence est floue ! De quels intérêts parle-t-on ? de celui de la FFCA, des chasseurs ? des magasins d’archerie ? on ne peut pas se battre pour des intérêts que l’on ne peut définir ! Objet 4 : Représenter la chasse à l’arc au niveau national, européen et international Même remarque que précédemment. Par ailleurs, le verbe « représenter » est imprécis : s’agit-il d’être présent en tant qu’élu ? ou de se donner une mission ? dans ce cas laquelle ? Objet 6 : Participer activement à la formation et à l’éducation des chasseurs à l’arc « Activement » est superflu ; il ne s’agit pas de participer, il s’agit de concevoir, mettre en œuvre et évaluer les résultats en matière d’éducation et de formation. 15 / 20 Le bulletin de liaison de la Fédération Française des Chasseurs à l’Arc n° 1 - juin 2004 Projet 2004 : nouveaux objets (article 2 des statuts) En regard de cette analyse historique et structurelle, et compte tenu des enjeux qui pèsent sur le monde de la chasse, et celui de la chasse à l’arc en particulier, le Conseil d’Administration propose une refonte de l’objet de la FFCA. L’objectif est d’apporter de la précision sur la mission de la FFCA pour mieux cadrer nos actions et gagner en efficacité. Voici une nouvelle formulation de l’article 2 sur la base de 4 objets que nous considérerons comme des axes de travail par la suite. Objet 1 : Promouvoir la pratique de la chasse à l’arc en développant l’utilité de ce mode de chasse sur les plans cynégétique, écologique et sociologique Ajout du plan sociologique, remplacement du mot qualité (appréciation) par utilité (passage à l’acte). Développer (la pratique) plutôt que « faire valoir ». Objet 2 : Promouvoir la chasse à l’arc au niveau national, européen et international Permet à la FFCA de participer légitimement à tous ces niveaux. Il s’agit notamment de la promotion vis à vis des autres modes de chasse et du public. Objet 3 : Former et éduquer les chasseurs à l’arc La FFCA est maître d’ouvrage et maître d’œuvre en la matière. Objet 4 : Développer la sensibilité et l’engagement des chasseurs à l’arc en faveur de l’environnement Cette mention corrobore le capital sympathie dont bénéficie la chasse à l’arc auprès de la société et nous assigne une mission environnementale dont l’opinion nous reconnaît de fait la vocation. Vote sur le projet de modification des statuts A l’unanimité (85 voix), l’Assemblée Générale Extraordinaire vote : q le projet de modification de l’article 2 tel que présenté en séance, q l’inscription dans l’article 3 (Moyens) de l’objectif de « regrouper les associations et de coordonner leurs actions », q le remplacement du sigle FCA par FFCA. Travaux du Conseil et représentations externes (2004) Ce tableau rend compte des instances, salons nationaux, rencontres et travaux auxquels participent, en tant que tels, les administrateurs de la FFCA. Date 20/01/04 Paris Lieu GACS Instance Objet Conseil d’Administration 30/03/04 03/04/04 Paris Rambouillet FNC GACS Assemblée Générale Conseil d’Administration 04/04/04 02/04/04 03/04/04 04/04/04 05/04/04 05/05/04 Rambouillet Rambouillet FFCA Conseil d’Administration Salon International de la Stand FFCA Chasse Paris 01/06/04 05/06/04 06/06/04 19/06/04 Paris Toulouse Commission nationale Analyse permis 2003 permis de chasser GACS Conseil d’Administration FFCA Assemblée Générale Chambord Game Fair 25/06/04 Bel Val Institut F. Sommer 26/06/04 27/06/04 Sommedieue Natur’Arc 24/07/04 25/07/04 Bourgogne FNC Stand FFCA Qui A. Mamy-Rahaga JM. Harmand A. Mamy-Rahaga A. Mamy-Rahaga JM. Harmand Administrateurs FFCA Administrateurs FFCA JM. Harmand JM. Harmand Administrateurs FFCA P. Lavallart P. Lemouroux JM. Harmand Rencontre sur le thème de la JM. Harmand formation Stand EDC P. Lemouroux Réunion des instructeurs du G. Paquin quart nord-est O. Evrard A. Mamy-Rahaga JM. Harmand Colloque des jeunes chasseurs A. Mamy-Rahaga de France 16 / 20 Le bulletin de liaison de la Fédération Française des Chasseurs à l’Arc n° 1 - juin 2004 INFOS ASSOCIATIONS Chasseurs à l’Arc de l’Essonne, du Val d’Oise et des Yvelines : 2ème épreuve du Brevet de Chasseur à l’Arc (Bernard AUNAY, Président de CAEVY) L’association a organisé sa deuxième session du Brevet de Chasseur à l’Arc le dimanche 9 mai 2004 à Boutigny ; l’épreuve s’est déroulée sous la présidence de Philippe GRAS, administrateur de la FFCA. 8 candidats se sont présentés ; 6 de CAEVY et 2 de l’ASCA. Tous les candidats ont réussi l’épreuve théorique (c’est à dire qu’ils ont répondu correctement à au moins 80% des 70 questions) ; par contre, seuls 4 d’entre eux ont passé avec succès l’épreuve de tir. Les enseignements à tirer de cette journée : pour les candidats CAEVY, la formation théorique assurée lors des stages type FFCA et les messages délivrés au cours des différentes journées organisées par l’association ont « payé », par contre, pour le tir, l’association veillera à mieux préparer ses candidats… dont acte. Pour les candidats ASCA, ce fut un parcours sans faute ; félicitations… CAEVY organisera une nouvelle session du BCA en novembre 2004… Les lauréats 2004 : Claudine PROIX (ASCA), Jean-Marc Harry (ASCA), Gilbert ZINI (CAEVY) et Alain MARTIN (CAEVY). 17 / 20 Le bulletin de liaison de la Fédération Française des Chasseurs à l’Arc n° 1 - juin 2004 Association des Chasseurs à l’Arc du Cher : association, pour qui ? pourquoi ? (Jean-Louis HERVIOU, Président de l’ASCAC) La chasse à l’arc voit se multiplier le nombre de ses associations départementales ou régionales. Chacune élabore des statuts, dont les buts, véritable contrat associatif, prévoient des moyens et doivent se traduire en actions. Sommes-nous toujours en accord avec nos objectifs ? Ne fonctionnons-nous pas quelquefois a minima ? Nos actes ne devraient-ils pas être dictés, en fait, par une réflexion plus générale sur la chasse ? Les buts les plus communs de toute association sont globalement les suivants : « rassembler et représenter les chasseurs à l’arc, promouvoir et développer ce mode de chasse ». On ajoute quelquefois : « assurer la formation des chasseurs à l’arc ». Les moyens retenus sont tout aussi généraux : « tout moyen à sa convenance » suffit en général, expression suivie de la déclinaison de quelques exemples. Et c’est très bien ainsi ! Les buts comme les moyens sont des axes généraux. Ils n’ont pas à donner de détails, sous peine de devoir être modifiés tous les « quatre matins ». En actes, cela se traduit par la chasse aux adhérents, l’organisation de séances d’entraînement, de journées de chasse, la participation à quelques réunions et fêtes de la chasse. Nous sommes en accord avec nos objectifs, sans plus, sans réelle ambition. Il faut aller plus loin ! La chasse à l’arc constitue avec la chasse et la société un triptyque, dont les trois pôles dégagent des caractéristiques différentes : chacun a sa propre histoire, une conception et des valeurs qui forgent des mentalités. De ce fait, ils entretiennent entre eux des relations d’ordres divers. Pour la chasse à l’arc, c’est une renaissance officialisée de haute lutte. Les valeurs qui l’animent s’appellent discrétion, exigence, difficulté, frugalité. Historiquement, la chasse, c’est la cueillette technologique (arme) de ressources naturelles vivantes inépuisables. C’est affaire de territoire, d’individualité, de tableau. L’histoire et le progrès technologique ont amené la société vers l’hédonisme, le refus de la contrainte (la mort étant la contrainte suprême), et donc une conception particulière de l’animal et de la place de l’homme dans la nature. Ces caractéristiques, sommairement déclinées, induisent des relations qualifiables : neutres ou tendues, en fonction des revendications, entre la chasse et la chasse à l’arc (il ne faut pas oublier que les fédérations sont les seuls interlocuteurs cynégétiques officiels de l’institution). Plutôt positives entre la chasse à l’arc et la société, et en général tendues, ou, au mieux, indifférentes, entre la chasse et la société. Forts de cette analyse, nous constatons que nos actions sont en général tournées vers nous-mêmes (les chasseurs à l’arc), ou, au mieux, vers une infime partie d’un seul pôle, la chasse : nous travaillons sur un champ réduit. La chasse doit changer : elle est la seule à ne pas s’en être rendu compte, abandonnant le terrain de la réflexion sur sa pratique et sur l’environnement au profit du repliement sur soi. La chasse à l’arc peut, en jouant sur les relations entre les trois pôles, avoir un rôle important dans cette évolution. Nous possédons déjà, par essence, les valeurs qui fonderont la chasse du troisième millénaire. Reste à donner un sens à l’exigence, la difficulté, la frugalité : qu’est-ce que tout cela apporte à l’homme, qui rend la chasse indispensable ? N’oublions pas que la société nous posera toujours cette question ultime : « qui estu, toi qui tues ? ». Il faudra savoir y répondre. Pour avoir donné une simple réponse utilitaire, la chasse est malade. Quand nous disons dans nos statuts « promouvoir et développer », c’est de valeurs qu’il s’agit, et non de simple pratique. La « représentation » est ce qui nous fera entendre et reconnaître ; elle suppose souvent de prendre officiellement des positions affirmées et indépendantes, quitte à y perdre quelques subventions. La représentation doit venir de chaque chasseur, capable d’argumenter, en tous lieux et par l’exemple, en faveur de la chasse, autrement qu’en terme de régulation. Susciter, chez les chasseurs à l’arc, cette réflexion qui permettra l’engagement argumenté constitue la véritable « formation », ce qui n’exclut pas le tir et la chasse. C’est d’ailleurs par eux qu’elle doit s’initier. Mêmes statuts, mêmes buts, plus d’ambition...un autre enjeu ! 18 / 20 Le bulletin de liaison de la Fédération Française des Chasseurs à l’Arc n° 1 - juin 2004 Association des Chasseurs à l’Arc de Franche-Comté (C. Poichet, Président de l’ACAFC) Historique En février 1995, la sortie au journal officiel de l’arrêté légalisant la chasse à l’arc permet à ceux qui pratiquaient en s’appuyant sur le vide juridique, d’afficher leur passion au grand jour. Les « anciens » convaincus de la nécessité de former plutôt que d’informer créent des associations régionales destinées dans un premier temps à rassembler les jeunes chasseurs désireux de pratiquer. L’association de Franche-Comté a vu le jour en août 1996. La formation obligatoire Pour pratiquer légalement, le futur « archer chasseur » doit, à ce jour, assister à une journée d’information organisée par la Fédération des Chasseurs du Doubs à Gonsans. La formation de la Fédération Française des Chasseurs à l’Arc L’arc est intrinsèquement lié à la morphologie de son propriétaire, ce qui implique des réglages techniques et précis ; de même la flèche (par sa longueur et son poids) est prévue pour un arc bien défini. L’improvisation n’existe pas sous peine de ne pouvoir employer l’arme à la chasse. Il a été décidé de mettre en place une formation en parallèle, pour permettre aux débutants de « gagner du temps ». En effet, après ses lectures, un autodidacte essayera de les mettre en pratique et arrivera plus ou moins au résultat escompté à force de persévérance…La chasse à l’arc requiert un volume de connaissances important. La formation provient de l’empirisme accumulé par plusieurs générations de chasseurs. Les chasseurs à l’arc Américains et Canadiens confrontés aux mêmes impératifs, ont créé depuis longtemps l’INTERNATIONAL BOWHUNTER EDUCATION FONDATION, où même sans maîtriser la langue de Shakespeare le terme EDUCATION est explicite. Nous avons adapté la formation et l’examen qui la clôture pour les chasseurs Français. C’est une preuve pour un gestionnaire de territoire que le chasseur a reçu les enseignements théoriques et la sensibilisation à l’éthique liés à l’arme utilisée. La formation en Franche-Comté Tous les ans, encadrés par des instructeurs fédéraux, les stagiaires s’entraînent pendant plusieurs semaines (8 mois au total) au tir sur des cibles en 3 dimensions qui représentent les gibiers présents dans notre région. Placées dans le milieu naturel, elles reconstituent au mieux les conditions réelles de chasse. Des journées consacrées à la théorie, aux examens écrits et pratiques clôturent cette éducation. Il n’y a pas d’obligation de résultat aux examens. Le but est de situer le chasseur et de lui faire comprendre les points à travailler. Ces débutants viennent de tous les départements de notre région et de toutes les catégories sociales. Certains me reprocheront le coté un peu « secret » de l’association, j’ai toujours refusé de faire du prosélytisme considérant que la motivation est le moteur principal de la maîtrise de notre mode de chasse. Ce qui implique une démarche individuelle pour nous rejoindre. Les renseignements Pour les personnes intéressées par la formation interne à l’association, il suffit de contacter Christian Poichet au 06 86 96 41 36 ou par message via le forum www.archasse.com. 19 / 20 Le bulletin de liaison de la Fédération Française des Chasseurs à l’Arc n° 1 - juin 2004 LE CONSEIL D’ADMINISTRATION Les Administrateurs, particulières leur fonction et leurs responsabilités Président d’honneur è Xavier PECHENART [email protected] Président è Jean-Michel HARMAND 40, route de la Gare 95190 GOUSSAINVILLE - Responsable de la Commission Communication - Responsable du Brevet de Chasseur à l’Arc Tél. : 06 14 26 30 80 [email protected] Tél. : 04 42 50 20 70 [email protected] Tél. : 06 74 29 55 02 [email protected] Tél. : 03 87 04 87 78 [email protected] Tél. : 05 46 29 07 23 [email protected] Tél. : 06 18 27 73 14 [email protected] Tél. : 06 08 10 10 24 [email protected] Tél. : 05 65 71 74 97 [email protected] Tél. : 06 72 70 75 21 [email protected] Tél. : 05 61 91 01 03 [email protected] Tél. : 05 61 79 33 79 [email protected] Tél. : 02 35 83 44 63 [email protected] Vices-présidents è Armand MAMY-RAHAGA Route de St Cannat 13840 ROGNES - Responsable de la Commission Formation et Education - Responsable de la Commission Ethique è Olivier EVRARD 1, rue Nationale 51150 ATHIS è Gabriel PAQUIN 4, impasse des Noyers 57800 FREYMING Secrétaire è Jean-Luc BRASSARD 13, rue de la Haute Taille 17111 LOIX - Gestion des fichiers, relation ACA / FCA Trésorier è Pierre CHAVIGNY La Brégeoire 72340 MARCON Administrateurs è Philippe LAVALLART 40, Grande Rue 41500 LESTIOU è Daniel FABER L’Escapade – Séverac 12330 SALLES LA SOURCE - Responsable du site internet è Guillaume FAVIER Les Héronnières 37110 AUTRECHE è Denys MAILLY 720, route de Carbonne 31370 BERAT è Patrice MARCO Castillon de Labroust 31110 LUCHON è Philippe GRAS 2774, rue des Deux Vallées 76510 FREULEVILLE - Responsable des fiches de tir è Patrick NOVELLI 619, chemin des Martels 06630 ROQUEFORT LES PINS Tél. : 04 93 69 63 81 [email protected] Tél. : 03 89 70 72 12 [email protected] è Jean-Pierre BULLAN 12, rue des Ours 68200 MULHOUSE è Pascal LEMOUROUX 136, impasse du Bel Endroit 45160 ST HILLAIRE ST MESMIN Tél. : 06 14 26 30 80 20 / 20 [email protected]