Existe-t-il des outils facilitant l`entraînement à la télévisionneuse en
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Existe-t-il des outils facilitant l`entraînement à la télévisionneuse en
Existe-t-il des outils facilitant l’entraînement à la télévisionneuse en circuit fermé? Document-synthèse de veille informationnelle Recherche documentaire Josée Duquette, agente de planification, programmation et recherche Francine Baril, technicienne de documentation Préparation du document Josée Duquette, agente de planification, programmation et recherche Le 7 mai 2009 AVERTISSEMENT : Ce document ne constitue pas une revue de littérature. Il a été élaboré dans le but de fournir et de rendre plus facilement accessibles certaines informations sélectionnées en fonction de leur lien direct avec le sujet, sans toutefois passer en revue tous les articles ou documents qui pourraient y être associés. EXISTE-T-IL DES OUTILS FACILITANT L’ENTRAÎNEMENT À LA TÉLÉVISIONNEUSE EN CIRCUIT FERMÉ? Sommaire Une revue de littérature systématique publiée en 2009 met en lumière la rareté des études systématiques sur l’entraînement à la TVCF et conclut qu’il est nécessaire d’effectuer de plus amples recherches sur ce sujet [20]. Bien qu’il semble évident que l’entraînement à la TVCF contribue à optimiser son utilisation et les capacités de lecture des usagers, on ne connaît pas encore quelles composantes d’un programme d’entraînement à la TVCF sont les plus bénéfiques et efficaces (étapes, objectifs, séquence, durée, matériel, etc.) [22]. Le seul programme détaillé d’entraînement à la TVCF que nous avons recensé est celui intégré dans le programme de réadaptation visuelle Veterans Affairs Low Vision Intervention Trial [17]. Une moyenne de 3.7 1.3 heures sont consacrées aux interventions spécifiques à la TVCF [18]. Le protocole et le matériel sont standardisés. Les usagers doivent aussi faire 21 devoirs à domicile en utilisant du matériel standardisé; ils y consacrent en moyenne 8.8 4.1 heures. De la documentation en caractères agrandis, sur divers aspects reliés à l’utilisation de la TVCF, est remise aux usagers. Les autres documents recensés font plutôt état des habiletés opérationnelles que doivent développer l’usager [4, 10, 14, 17]. D’une source à l’autre, on retrouve les mêmes étapes de base inhérentes à l’évaluation et/ou à l’entraînement à l’utilisation d’une TVCF; le matériel utilisé est toutefois rarement précisé. Au début, l’apprentissage est davantage technique (contrôle de l’appareil; détermination des paramètres optimaux). L’entraînement progresse graduellement vers le développement et le raffinement des techniques et des habiletés de lecture et d’écriture. Afin d’optimiser l’apprentissage et la performance subséquente en lecture, il est important que l’usager expérimente activement la manipulation de la TVCF [6] et que l’intervenant lui fournisse du feedback [7]. L’entraînement doit porter non seulement sur la manipulation de l’appareil mais aussi sur les aspects cognitifs et perceptuels de la lecture. L’organisation ergonomique du poste de travail doit être considérée car elle influence la vitesse de lecture [14, 21, 22]. Il n’y a pas suffisamment de données scientifiques qui permettent de statuer sur la durée optimale du programme d’entraînement. On sait toutefois qu’au-delà de la simple introduction de la TVCF, il est important de fournir à l’usager un entraînement systématique afin qu’il sache bien contrôler l’appareil et bénéficier de son plein potentiel [7, 10, 18]. Un entraînement d’environ 5-7 heures améliore la vitesse de lecture [7, 10]; il semble par ailleurs que 5 heures d’entraînement seraient aussi efficaces que 10 heures [7]. Toutes les études recensées mentionnent l’importance des pratiques individuelles entre les sessions d’entraînement. Du matériel d’entraînement à la lecture peut être utilisé durant les sessions d’entraînement et les pratiques à la TVCF (ex. : Manuel de basse vision [16]; Développement de la vision fonctionnelle - Entraînement à la lecture [9]). Certains programmes d’entraînement utilisent par ailleurs du matériel académique ou d’évaluation perceptuelle. 1 EXISTE-T-IL DES OUTILS FACILITANT L’ENTRAÎNEMENT À LA TÉLÉVISIONNEUSE EN CIRCUIT FERMÉ? Les systèmes de grossissement électronique permettent de reproduire, sur un écran, une image agrandie d’un imprimé via une caméra en circuit fermé. Ils sont plus communément connus sous le terme de télévisionneuse en circuit fermé (TVCF). Ils se subdivisent en deux catégories, selon que le système soit monté sur un support ou que la caméra soit tenue par la main. La littérature, sur l’entraînement à l’utilisation des TVCF, concerne principalement les systèmes montés sur support. La littérature sur l’entraînement à l’utilisation des TVCF est principalement d’ordre opérationnel. La plupart des informations recensées sont descriptives; très peu sont évaluatives. Par ailleurs, pour un même contenu de base, certains auteurs parlent d’évaluation tandis que d’autres réfèrent plutôt à l’entraînement. Une revue de littérature systématique publiée en 2009 met en lumière la rareté des études systématiques sur l’entraînement à la TVCF et conclut qu’il est nécessaire d’effectuer de plus amples recherches sur ce sujet [20]. Par ailleurs, une revue de littérature de Wolffsohn & Peterson (2003) relève que quoique l’entraînement à l’utilisation de la TVCF soit bénéfique, on ne connaît pas encore quelles composantes d’un tel programme sont réellement nécessaires et bénéfiques, quels objectifs spécifiques devraient être visés lors des différentes étapes, quelle séquence est la plus bénéfique et la plus efficace, quelle devrait être la durée du programme, etc.[22] Certaines recommandations peuvent toutefois être tirées de la littérature. Le résumé présenté ici fait état des informations trouvées sur l’évaluation des besoins; le contenu technique du programme d’entraînement à la lecture et à l’écriture; le matériel; la durée du programme d’entraînement; l’importance des aspects ergonomiques. I. Évaluation des besoins d’entraînement L’évaluation préliminaire des besoins associés à l’utilisation d’une TVCF est importante afin de déterminer, entre autres, ceux liés à l’entraînement [14, 15]. Il est important de savoir, par exemple, quelle utilisation l’usager en compte faire. Est-ce une lecture d’appoint ou une lecture courante ? Est-ce pour lire des comptes, une prescription, des instructions, des recettes, le journal, un roman ou un livre sur l’art avec illustrations détaillées en couleur ? Regarder des photos, des images, des plans ? Remplir des formulaires, écrire des textes ? Faire des travaux de broderie, de l’artisanat, de l’assemblage de modèles réduits, des casse-tête ? À quelle fréquence compte-t-il l’utiliser pour ces activités? Quelle est leur priorité ? Quel temps désire-t-il consacrer à ces activités ? Où compte-t-il utiliser la TVCF? À la maison, au travail ou à l’école ? Où compte-t-il placer la TVCF ? Ce sont autant de questions qu’il faut considérer pour bien déterminer les besoins d’entraînement. II. Composantes du programme d’entraînement Un seul programme détaillé d’entraînement à l’utilisation d’une TVCF a été recensé. Il s’agit de celui intégré dans le Veterans Affairs Low Vision Intervention Trial (LOVIT), 2 qui est un programme de réadaptation visuelle complet et standardisé. Le protocole et le matériel sont publiés dans les actes de la conférence Envision 2007 [17]. Le LOVIT a de multiples composantes (éducation et counseling; correction des erreurs de réfraction; entraînement à la vision excentrique; attribution d’aides visuelles, dont la TVCF si indiqué, et enseignement sur leur utilisation; évaluation et modification de l’environnement; devoirs, etc.). Il comprend sept rencontres hebdomadaires qui totalisent 15 heures (une session d’évaluation et six d’intervention). Une moyenne de 3.7 1.2 heures, réparties sur trois sessions, sont consacrées à l’entraînement à la TVCF [18]. Les objectifs de ces trois rencontres sont : 1) comprendre le fonctionnement de base de la TVCF et apprendre à lire; 2) raffiner les habiletés de lecture et apprendre à écrire (ex. : lire et remplir un chèque, un formulaire); 3) perfectionner l’utilisation de la TVCF dans une variété de situations (ex. : lire le courrier; une étiquette de bouteille de médicaments; une lettre de rendez-vous; un article de journal, d’une revue; courte histoire; annuaire téléphonique, etc.). L’usager peut avoir une leçon supplémentaire optionnelle sur l’utilisation de la TVCF dans le cadre d’activités manuelles (ex. : ajuster une montre; changer la batterie de la prothèse auditive, serrer une vis d’une monture de lunette) ou de loisirs (ex. : collection de timbres, de monnaie, etc.). Du matériel standardisé d’évaluation et d’entraînement, développé par le Veterans Affairs, est utilisé. Une série de 21 devoirs, à effectuer à domicile entre deux sessions d’entraînement, a été développée spécifiquement pour la TVCF; les usagers y accordent en moyenne 8.8 4.1 heures [18, 19]. Un retour sur les devoirs est effectué au début de chaque rencontre. Par ailleurs, de la documentation en caractères agrandis, sur divers aspects reliés à l’utilisation de la TVCF, est remise aux usagers (documentation sur les contrôles de la TVCF, les ajustements pour la lecture; conseils pour écrire; pour lire un article de journal, etc.). Une étude a montré qu’après 4 mois, les sujets ayant participé au programme LOVIT rapportaient une amélioration de leurs habiletés de lecture, contrairement à ceux du groupe contrôle [19]. On ne sait toutefois pas laquelle des nombreuses composantes du programme, ou leur combinaison, est principalement responsable des effets « traitement », ni leur poids relatif, ni l’importance de l’effet Hawthorne1 qui pourrait être présent en raison de l’attention personnalisée soutenue qu’ont reçue les sujets du groupe expérimental [19]. Les autres documents recensés font plutôt état des habiletés techniques que doivent développer l’usager [4, 10, 14, 17]. De base, on retrouve, d’une source à l’autre, les mêmes étapes inhérentes à l’évaluation et/ou l’entraînement à l’utilisation d’une TVCF; le matériel utilisé est toutefois rarement précisé. Tous s’entendent pour dire qu’au début, l’apprentissage est davantage technique (contrôle de l’appareil) et qu’il progresse graduellement vers le développement et le raffinement des techniques et des habiletés de lecture ou d’autres activités, dépendant des besoins de l’usager. Nous avons divisé ici les composantes des programmes d’entraînement en trois catégories : contrôle de l’appareil; apprentissage de la lecture; apprentissage de l’écriture. 1 Effet Hawthorne : situation dans laquelle les résultats d'une expérience ne sont pas dus aux facteurs expérimentaux mais au fait que les sujets ont conscience de participer à une recherche et sont l’objet d’une attention spéciale, ce qui se traduit généralement par une plus grande motivation et une amélioration du rendement. 3 A. Contrôle de l’appareil [4, 10, 14, 15, 17] Il est recommandé de débuter par une familiarisation avec les composantes de la TVCF : identification des composantes (caméra, lentilles, table de lecture, moniteur, arrêts de marges, frein); localisation et manipulation des boutons de contrôles (mise en tension; grossissement; mise au point; polarité; couleurs; ouverture; contraste; luminosité) [14]. Faire une démonstration des différentes composantes et ajustements de la TVCF, puis faire pratiquer l’usager avec du matériel familier. 1. Mise au point - La mise au point est influencée par la distance image-caméra. 2. Agrandissement linéaire - Il est recommandé de débuter avec un faible niveau d’agrandissement et de l’augmenter graduellement jusqu’à l’identification de l’image par l’usager (agrandissement minimum). À ce stade-ci, l’usager peut identifier la cible mais en se concentrant et prenant son temps. Puis, continuer d’agrandir l’image jusqu’à atteindre une vitesse de reconnaissance optimale (agrandissement optimal). Au-delà de l’agrandissement optimal, la vitesse de lecture atteint un seuil ou peut même diminuer en raison d’un nombre trop réduit de lettres dans l’empan visuel [22]. - L’agrandissement optimal est établi en fonction de la taille du caractère affiché sur l’écran et de la distance de travail [14]. Par exemple, dans le cas où on a un agrandissement optimal de 50 mm (taille des caractères) pour une distance de travail de 40 cm, si on diminue de moitié la distance de travail (20 cm), l’agrandissement optimal des caractères en sera diminué d’autant (25 mm) afin de conserver la même taille angulaire [1, 14]. - La distance préférée de lecture est celle qui permet de voir l’image sur l’écran de façon optimale en considérant l’agrandissement linéaire optimal et le besoin d’illumination rétinienne de l’usager [14]. - L’agrandissement optimal est également influencé, entre autres, par la police de caractères, la disposition du texte et le contraste du document [1]. - Pour les lecteurs rapides sur TVCF (ex. : 75 mots/minute), l’agrandissement optimal n’est que légèrement supérieur à l’agrandissement minimal car il permet d’obtenir un empan perceptuel maximal [5, 12]. - De façon générale, les personnes qui ont une perte de vision centrale lisent moins rapidement que celles qui ont une perte de vision périphérique; elles ont besoin d’un agrandissement plus important des caractères [11]. - Selon une revue de littérature de Lowe & Drasdo (1990), les personnes ayant une déficience visuelle préfèrent utiliser une TVCF avec écran large, qui procure un champ visuel large, plutôt qu’un écran de plus petit format même s’il a une meilleure résolution [12]. 4 - Plusieurs études se sont intéressées à l’association entre la vitesse de lecture et l’empan perceptuel. L’empan perceptuel, qui est asymétrique, correspond au nombre de lettres d’une ligne de texte qui sont perçues sans pour autant être identifiées. Quoique cette information ne soit pas nécessairement directement utile pour identifier un mot, elle permet de planifier la longueur de la saccade suivante, entre autres en fonction de la longueur des mots et de l’espace entre les mots [3]. Pour une tâche de lecture qui demande un déplacement manuel de la table XY, Lovie-Kitchin & Woo (1988) ont trouvé que la vitesse de lecture de personnes sans déficience visuelle augmente jusqu’à ce qu’on atteigne une « fenêtre » de 15 caractères [12]. Dans l’étude de Beckmann & Legge (1996), un empan de 10 caractères chez les personnes ayant une basse vision, et de 14 caractères chez celles sans déficience visuelle, permettrait d’atteindre 85% de leur vitesse maximale de lecture [2]. Lowe & Drasdo (1990) ont pour leur part trouvé, lors d’une étude avec 9 sujets ayant une déficience visuelle, qu’un affichage présentant en moyenne 24 caractères, dans un champ visuel d’au moins 70º de large, est associé à une vitesse de lecture maximale [13]. Les différences observées entre les diverses études sont attribuables aux différences de protocole (ex : police utilisée, le nombre de caractères par ligne, l’espace interligne etc.). Toutefois, Beckmann & Legge, après avoir comparé leurs résultats avec ceux des deux autres recherches susmentionnées, en sont arrivés à la conclusion que la vitesse de lecture augmente jusqu’à un empan perceptuel de 20 caractères, suite à quoi un plateau est atteint. - Il est généralement recommandé de faire expérimenter des situations où les caractères qui apparaissent à l’écran sont soit trop gros ou trop petits et d’expliquer les implications fonctionnelles de ces situations sous optimales. 3. Luminance - L’ajustement de la luminance peut être effectué avec du matériel d’identification de mots ou artistique [14, 15]. Il est recommandé de commencer par un faible degré de luminance et d’augmenter jusqu’à ce que l’identification soit rendue possible (degré minimum). Augmenter ensuite le degré de luminance jusqu’à atteindre une vitesse maximale d’identification. Une fois que la luminance optimale est atteinte, la vitesse d’identification de la cible atteint un plateau pour ensuite diminuer lorsque l’éblouissement devient problématique [14]. - La luminance dans l’œil augmente à mesure que la distance œil-écran diminue. Elle varie en fonction du carré de la distance initiale œil-écran, divisé par le carré de la distance finale œil-écran. De ce fait, le fait de réduire de moitié la distance œil-écran augmente du double l’angle visuel (grossissement) et entraîne quatre fois plus de luminance dans l’œil. De façon similaire, réduire la distance d’un facteur de 4 (ex. : passer de 40 à 10 cm de distance) augmente la luminance de 16 fois [14]. La variation de la distance œil-écran est donc un facteur important à considérer lors de l’ajustement de la luminance. - Le recours au marqueur de ligne électronique (option permettant de réduire le nombre de lignes affichées simultanément) peut être utile dans les cas de 5 photophobie car il permet de réduire totalement la luminance de la portion de l’écran qui n’est pas utilisé pour la lecture [14]. - Le degré de luminance, tout comme celui du contraste, est important sur le plan de l’endurance à la lecture et pour bien voir les détails [14]. La luminance de l’écran (intensité lumineuse maximale) est mesurée à l’aide d’un luminancemètre. 4. Contrastes - Le contraste est la différence entre la luminance de l’objet (ex. : caractères) et celle du fond. - L’ajustement du contraste peut être effectuée avec du matériel d’identification de mots ou artistique [14, 15]. Commencer par un faible contraste et augmenter jusqu’à ce que l’identification soit rendue possible (degré minimum). Augmenter ensuite jusqu’à atteindre une vitesse maximale d’identification. Une augmentation plus accentuée du contraste n’est pas nécessaire et peut même, au contraire, réduire la qualité de l’image en produisant des marbrures dans l’image et en réduisant les niveaux de gris [14]. - Les contrastes de l’image affichée sur l’écran sont à leur maximum lorsque la pièce n’est pas éclairée (environnement sombre). Le contraste peut être diminué par différents facteurs tels 1) l’éclairage projeté sur l’écran (ex. : par l’éclairage ambiant, une lampe d’appoint mal située); 2) les couleurs figure-fond (ex. : des caractères bleus sur un fond rouge procurent un contraste de couleurs mais pas nécessairement un contraste de luminances; par contre, jaune sur bleu procure un contraste de couleur et de luminance); 3) par la luminance des différents éléments présents dans le champ visuel, comme par exemple une fenêtre ensoleillée, un mur clair ou sombre, etc. Les degrés d’illumination des éléments présents dans le champ visuel de l’usager doivent être les plus semblables possible afin de réduire les besoins d’adaptation visuelle de la personne [14]. Par exemple, travailler dans un environnement très sombre, comme dans la noirceur, peut entraîner un éblouissement provenant de l’écran. À l’inverse, travailler en ayant un élément très lumineux devant soi, comme devant une fenêtre ensoleillée, peut réduire la perception des contrastes sur l’écran [14]. - La performance en lecture sur TVCF est associée à la sensibilité aux contrastes [22]. Si le contraste est maximisé, le grossissement des caractères peut être diminué tout en conservant une performance de lecture équivalente. Par contre, la vitesse de lecture est ralentie si le contraste du texte est réduit. Par exemple, selon Brown (1981), cité par Wolffsohn & Peterson (2003), une réduction d’environ 40% du degré de contraste entraînerait une diminution de la vitesse de lecture d’environ 25%. - Le contraste de l’écran est mesuré à l’aide d’un luminancemètre. 5. Polarité - Selon Lund & Watson (1997), la plupart des usagers ont une opinion immédiate quant à leur préférence de polarité. En cas de doute, évaluer si un changement 6 de polarité modifie le choix de l’agrandissement et de la distance de lecture ou s’il a un effet sur l’endurance et sur la vitesse de lecture. - Les personnes ayant une rétinite pigmentaire préfèrent la polarité inversée, avec laquelle ils ont une meilleure performance en lecture [5, 22]. Ceci est également observable chez les personnes qui ont des cataractes [11]. Ehrlich (1987) rapporte que le type de polarité n’a pas d’influence sur la capacité de lecture des personnes avec DMLA tandis que selon Goodrich, Mehr & Darling (1980) [8], ces dernières préfèrent utiliser la polarité inversée. - La polarité inversée est appréciée par les personnes qui ont une sensibilité accrue à la lumière intense et une photophobie [14]. Par ailleurs, le fond de l’écran étant noir, le scintillement de l’écran est beaucoup moins perceptible et dérangeant [14]. Par contre, l’écran noir reflète davantage les éléments pâles qui se trouvent devant, comme par exemple le visage de l’utilisateur, un mur pâle et les lumières, etc. La polarité inversée serait également moins utile lorsqu’il s’agit de regarder des photos ou des illustrations [14]. - Lorsque la fréquence de rafraîchissement de l’écran est plus lente que le mouvement de l’image affichée (ex. : ligne de texte défilant de droite à gauche sur l’écran), une après-image apparaît sur l’écran, par exemple sous forme de « trace », ce qui réduit la qualité et la lisibilité de l’image [14]. La polarité inversée augmente ce phénomène d’après-image; toutefois, dans ce cas, ce désavantage est compensé par la réduction de l’éblouissement et des scintillements [22] . B. Apprentissage de la lecture / utilisation de la table de lecture [4, 10, 14, 15, 17] De façon générale, il est recommandé que l’intervenant fasse une première démonstration en plaçant ses mains sur celles de l’usager tandis qu’il manipule les commandes ou déplace le plateau. Puis, il laisse l’usager expérimenter, de façon autonome (ou guidée), l’utilisation de la table XY (ou table de lecture). Il est important que l’usager utilise et contrôle, de façon active, la table XY car cette situation d’apprentissage est nettement plus efficace, sur plan de l’acquisition de la vitesse de lecture, que lorsque seul l’intervenant déplace la table alors que l’usager lit ce qui est affiché à l’écran [6]. Il est important que l’intervenant procure du feedback à l’usager durant les périodes d’entraînement (ex. : déviations par rapport à la distance de travail, à la poursuite de ligne, au retour de ligne; feedback sur la performance en lecture; assistance lors des phases de reconnaissance des lettres et des mots; renforcement positif) [7]. L’entraînement doit porter non seulement sur la mécanique de l’appareil mais aussi sur les aspects cognitifs et perceptuels de la lecture. Déplacement de la table de lecture dans les plans X et Y. - Montrer comment ajuster les freins de friction (si option disponible) afin que la friction soit suffisante pour que la table soit facilement contrôlable. Montrer également comment ajuster les arrêts de tabulation; en l’absence de cette option, montrer à l’usager comment utiliser sa main gauche comme arrêt de tabulation (lors du retour de la table de lecture vers la gauche, la table est arrêtée par la main) [14]. 7 - L’intervenant peut démontrer comment fonctionne le système « table de lecture caméra » sans utiliser la TVCF, en utilisant une feuille comprenant un texte avec caractères agrandis, au dessus de laquelle est placée une « fenêtre » découpée dans du papier de construction noir. L’intervenant tient la « fenêtre » au dessus de la feuille de texte tandis que l’usager manipule cette dernière sous la fenêtre afin de mieux conceptualiser et comprendre le fonctionnement de la table de lecture [14]. 1. Lecture d’une ligne de texte - Enseigner à l’usager l’importance de bien positionner le matériel à lire, sur la table de lecture, de façon à ce que les lignes du texte soient horizontales et parallèles aux bords supérieurs et inférieurs de la table. - Pour les usagers qui ont des difficultés motrices ou d’orientation spatiale, il est suggéré d’utiliser en premier lieu des exercices très simples, consistant par exemple à suivre une ligne reliant deux symboles, selon différents axes. ♪ --------------------------------------------- ♫ ♥ ---------------------------------------------♣ ------------------------------------------ - Du matériel ayant un large espace interligne devrait être utilisé lors des premières pratiques. - On peut utiliser des cahiers de jeux (poursuite visuelle, discrimination visuelle), des exercices d’entraînement à la lecture (ex. : Développement de la vision fonctionnelle - Entraînement à la lecture [9]; Manuel de basse vision [16]). 2. Lecture de plusieurs lignes de texte - Au début, le matériel doit être simple afin que l’usager n’ait pas à se concentrer sur le contenu car l’entraînement vise, à ce stade-ci, le développement de nouvelles habiletés perceptivo-motrices. L’utilisation de matériel familier est également recommandée. L’usager sera davantage en mesure de reconnaître ce qui est écrit, de développer ou d’utiliser ses habiletés de prédiction des mots et de comprendre avec plus de facilité ce qu’il lit, réduisant ainsi son niveau de stress et de possible découragement. - Montrer à l’usager qu’il n’est pas nécessaire de lire les mots longs en entier. L’encourager à lire les premières lettres et à anticiper le reste du mot en fonction de sa forme et de sa taille plutôt qu’en épelant chaque lettre; avec la pratique, l’anticipation permet d’augmenter la vitesse de lecture. - Commencer avec deux lignes de textes. Ajouter des lignes supplémentaires au fur et à mesure que l’usager maîtrise l’exercice. - L’utilisation du marqueur de ligne ou de la ligne de référence électronique peut être très utile si ces options sont disponibles. 8 - Au besoin, utiliser des repères perceptuels au début et à la fin de chaque ligne afin d’aider l’usager à mieux comprendre et maîtriser le mouvement d’aller retour nécessaire à la lecture d’un texte continu. Exemple: o Point vert au début de la ligne et rouge à la fin, dessiné sur le texte; o Dans le cas d’une utilisation d’un TVCF en noir et blanc, symbole « Go » au début et « Stop » à la fin de la ligne; o Ligne pointillée entre deux lignes de texte; o Numérotation de chaque début et fin de ligne. - Il est à noter qu’une augmentation de la taille des caractères entraîne une diminution de leur nombre affiché dans la fenêtre [13]. De ce fait, la table de lecture doit être déplacée plus souvent afin d’afficher le nouveau matériel. La vélocité angulaire du mouvement de chaque caractère sur l’écran augmente également proportionnellement à l’augmentation de la taille de caractère. Cette augmentation de la fréquence et de la vélocité des caractères de la droite vers la gauche, dans les champs visuels parafovéal et périphérique, génère des saccades opto-kinétiques. L’information affichée sur l’écran peut être obtenue seulement durant les pauses en fixation entre les saccades. Lowe & Drasdo (1990) indiquent que deux techniques de navigation latérale peuvent être utilisées. La première est d’utiliser des mouvements courts et rapides de la table afin de présenter et de déplacer, en alternance, quelques caractères à la fois dans un cycle en dents de scie. L’autre technique, décrite comme optokinétique, consiste à utiliser un mouvement régulier et continu de la plateforme, à une vitesse qui permet à la fois de fixer et de poursuivre les caractères affichés. Qu’une de ces techniques soit plus appropriée que l’autre, la question semble demeurer sans réponse. 3. Survol, localisation - Le survol du texte est nécessaire afin de localiser l’information désirée, pour ensuite agrandir l’image afin de reconnaître les mots. - Le balayage du document doit commencer d’une façon systématique, en commençant par le haut dans le cas d’un texte continu. Dans le cas d’une facture ou d’une image, débuter par un agrandissement minimal afin d’avoir une idée globale de l’image, puis augmenter le grossissement et balayer l’image afin de voir les détails désirés. - Exemples d’exercices pour démontrer et pratiquer les techniques de localisation. o Feuille avec des symboles différents à chaque coin de la page, au centre et dans chaque quadrant. La personne doit les trouver selon les indications de l’intervenant. o Feuille divisée en colonnes : demander de trouver et de lire la 2e colonne, le dernier symbole ou mot de la dernière colonne, etc. o Lettre standard : demander de trouver qui est l’expéditeur, la date, le contenu, etc. 9 o Livre : demander de trouver le titre, l’auteur, l’éditeur, l’année de publication; certains chapitres, etc. o Listes de mots; dictionnaire; encyclopédie; annuaire téléphonique; horaire d’autobus, de train, etc. (utiliser du matériel signifiant pour l’usager). - Les composantes optionnelles de la TVCF, comme par exemple le marqueur de ligne, peuvent être utiles. 4. Caméra tenue dans la main : particularités - Certains systèmes de grossissement électronique sont conçus de sorte que la caméra est tenue dans la main. De ce fait, l’usager ne déplace pas le document sous la caméra, mais plutôt la caméra sur le document. Ce type de système est plus exigeant sur le plan moteur. La coordination œil-main est différente de celle requise pour utiliser une TVCF montée sur support. Le mouvement en est un de gauche vers la droite et de haut vers le bas, contrairement à celui requis par le système monté sur support. Si l’usager a de la difficulté à conserver un mouvement en ligne droite, on peut placer une règle ou un gabarit sous la ligne qui doit être lue, afin de guider la caméra sur cette ligne [14]. C. Apprentissage de l’écriture [4, 10, 14, 15, 17] 1. Familiarisation avec la technique d’écriture avec regard sur l’écran - Pour les premières pratiques, utiliser un grossissement faible, un crayon feutre et du papier ligné avec traits épais. Bloquer la table XY car son mouvement est plus exigeant sur le plan moteur. - Au début, l’intervenant peut placer sa main sur celle de l’usager afin de faciliter le mouvement tandis que l’usager regarde le mouvement du crayon sur l’écran. Montrer comment positionner le crayon en fonction de l’image perçue à l’écran. Rappeler à l’usager de regarder sur l’écran, et non sur la table. - Demander à l’usager d’écrire son nom; presque tout le monde se rappelle, dans sa mémoire motrice, comment écrire son nom. 2. Habiletés de coordination œil-main, table stabilisée - Débuter par le traçage de formes simples et augmenter la difficulté au fur et à mesure des progrès de l’usager. o Faire un point au centre d’un cercle; o Lignes et courbes simples; formes géométriques simples (ex. : cahiers de jeux disponibles commercialement); o Tracer un « X » dans des cases; dessiner un bonhomme sourire, un bonhomme allumette. 3. Écriture de mots - Avec table de lecture bloquée : écrire les chiffres de 1 à 10; les noms des membres de sa famille; une liste d’épicerie; une petite citation; des équations mathématiques; corriger des erreurs dans un texte ou compléter des mots. 10 - Une fois que l’écriture sur table stabilisée est bien maîtrisée, débloquer la table de lecture. o Montrer à l’usager que lorsqu’il tire la plateforme vers la gauche et à une vitesse adéquate, l’endroit où apparaît le crayon sur l’écran apparaît virtuellement stable, c.a.d. sans mouvement. o Progresser vers l’utilisation d’un crayon ou un stylo régulier ainsi que du papier ligné ordinaire (traits minces). - On peut utiliser un repère perceptuel au besoin (ex. : bande de papier de couleur vive le long de la marge gauche). - Dans le cas où l’usager doit remplir un formulaire ou un chèque, lui rappeler qu’il doit utiliser un grossissement élevé pour lire l’information, mais qu’il doit diminuer le grossissement lorsqu’il écrit [17]. III. Matériel d’entraînement Plusieurs auteurs recommandent d’utiliser du matériel familier à l’usager, comme par exemple une de ses photos, une recette familière. On peut aussi utiliser des textes motivants et simples afin de maintenir la motivation et rendre l’exercice plaisant (ex. : courtes blagues, citations, refrains de chansons, etc.). Une série de 10 dessins a été développée par Karlen Communications; ils sont destinés à être utilisés lors de l’évaluation et de l’entraînement à la TVCF2. Du matériel d’entraînement à la lecture peut être utilisé. Par exemple, le Manuel de basse vision, d’Overbury & Conrod (1990), comprend 10 leçons de lecture et d’écriture destinées à améliorer l’utilisation des aides visuelles, incluant la TVCF [16]. Holzschuch, Menu et de la Porte des Vaux (1996) ont également publié une manuel d’entraînement à la lecture [9]. D’Andrea & Farrenkopf (2005) suggèrent diverses activités pour enseigner, à des enfants, l’utilisation de la TVCF pour les activités de lecture ou d’écriture [4]. Certains programmes d’entraînement utilisent du matériel académique ou d’évaluation perceptuelle3. Le site Internet du “Texas School for the Blind and Visualy Impaired » présente une liste des documents qu’ils utilisent lors de l’évaluation et de l’entraînement à la TVCF4. Si l’entraînement à la TVCF vise les habiletés de lecture plus élaborées que la lecture d’appoint, l’évaluation devrait également comprendre celle des habiletés de lecture, notamment l’exactitude de la lecture, la vitesse, la compréhension et l’endurance [14]. 2 Disponibles gratuitement sur le site Internet de l’entreprise au http://www.karlencommunications.com/adobe/cctvline-drawing-assessment-tool.pdf 3 Exemples : Ann Arbor Tracking Program (1988). Letter Tracking; Sentence Tracking; Symbol/Letter Tracking; Word Tracking, Novato, CA; Academic Therapy Publications; Lev, LJ (1988). Eye-Hand Coordination Boosters, Novato, CA; Academic Therapy Publications; Frostig, M, Horne, D & Miller (1972). Pictures and Patterns, Teacher's Guide, Follet Publishing Co; What Fun! Over 150 Activities (1997). Honesdale, PA; Boyds Mills Press 4 http://www.tsbvi.edu/technology/cctv-assess.htm 11 IV. Durée de l’entraînement Il n’y a pas de consensus quant à la durée optimale du programme d’entraînement à la TVCF et très peu d’information est disponible sur ce sujet. Dans le programme LOVIT, une moyenne de 3,7 1,3 heures sont consacrées à l’entraînement à la TVCF et à la révision des devoirs à domicile qui y sont associés [18]. Entre les interventions, l’usager doit se pratiquer à l’aide de 21 devoirs standardisés; ils y consacrent en moyenne 8.8 4.1 heures. Lagrow (1981) a évalué l’impact de l’introduction d’une TVCF, avec et sans entraînement, auprès de six étudiants ayant une déficience visuelle (cinq légalement aveugles : acuité visuelle binoculaire 20/200 à 20/400; un autre avec acuité binoculaire de 20/40) [10]. Le protocole expérimental comprenait trois phases : 1) lecture sans TVCF; 2) introduction de la TVCF combinée à des pratiques autonomes d’une heure, 2 fois par semaine, durant 1 à 5 semaines; 3) entraînement systématique dans le but d’augmenter l’efficacité de l’utilisation de la TVCF et d’améliorer les techniques de lecture, 2 fois par semaine, durant 1 à 5 semaines. Comparativement à la situation sans TVCF, la situation 2 (introduction de la TVCF + pratiques autonomes) a entraîné une augmentation marquée de la vitesse de lecture les trois sujets ayant la plus faible acuité visuelle. Chez les trois autres, qui présentaient une meilleure acuité, une baisse de la vitesse a été notée, probablement parce que la manipulation de l’appareil gênait leur concentration et leur capacité de lecture. Par contre, suite au programme d’entraînement (moyenne de 7 heures; étendue de 5 à 10 heures), comparativement à la situation initiale sans TVCF, tous les étudiants ont eu une augmentation significative et considérable de leur vitesse de lecture, laquelle a doublé. Comparativement à la situation 2 (introduction de la TVCF + pratiques autonomes), l’entraînement a aussi amélioré la vitesse de lecture chez tous les sujets (augmentation moyenne de 78 mots/minute), ce qui démontre qu’au-delà de la simple introduction de la TVCF à l’usager, il est important de lui fournir un entraînement systématique afin qu’il puisse bien contrôler et ajuster l’appareil et qu’il puisse bénéficier de son plein potentiel. Goodrich, Kirby et al. (2004) ont comparé, auprès de 90 sujets ayant une DMLA, trois modèles d’entraînement à l’utilisation d’aides optiques, dont la TVCF [7] . Les modèles évalués consistaient en 15 sessions d’entraînement; 7 sessions d’entraînement combinées à 8 sessions de pratique indépendante; 2 sessions d’entraînement et 5 sessions de pratique indépendante. Dans les trois modèles, chaque session d’entraînement ou de pratique individuelle durait 40 minutes. Résultats : le programme de 7 sessions d'entraînement était aussi efficace que celui de 15 sessions pour maximiser la vitesse de lecture, si l'usager pratiquait entre les sessions. Par contre, trop peu de sessions d'entraînement (ex.: 2 heures) n’amenait pas une amélioration aussi significative, même si l’usager pratiquait de façon autonome chez lui. L’amélioration de l’endurance en lecture n’était pas associée au modèle d’entraînement. Afin de réduire les sensations de nausée pouvant être induites par la lecture avec une TVCF, Lund & Watson (1997) suggèrent que les sessions de pratique soient courtes au début, et de lire plus lentement. Il peut également être utile d’utiliser le marqueur de ligne électronique, de façon à ce que seule la ligne qui doit être lue apparaisse à 12 l’écran. Puis, au fur et à mesure que l’usager de sent plus confortable, le champ de vision est graduellement élargi. Finalement, déplacer son regard pour regarder au loin à toutes les 10 minutes aide à relaxer les muscles oculaires. V. Ergonomie L’organisation ergonomique du poste de travail doit être considérée (ex. : hauteur de l’écran de la TVCF) car elle a un impact sur la vitesse de lecture [21]. Or, la plupart des usagers s’assoient trop bas, ce qui leur occasionne des maux de cou et de tête, particulièrement chez ceux qui ont des lunettes bifocales [22]. La relation des hauteurs écran-yeux devrait permettre à l’usager de lire en ayant un angle de flexion cervicale variant entre 0 et 20º. La direction des sources de lumières, par rapport à l’écran, doit également être considérée afin d’éviter les sources de reflets et d’éblouissement et assurer des contrastes optimaux. Lund & Watson (1997, pp 120-39) ont dédié une section complète de leur livre aux principes ergonomiques du travail sur TVCF. VI. Conclusion Bien qu’il semble évident que l’entraînement à la TVCF contribue à optimiser son utilisation et les capacités de lecture des usagers, on ne connaît pas encore quelles composantes du programme sont les plus bénéfiques et efficaces (étapes, objectifs, séquence, durée, matériel, etc.) [22]. Toutefois, certaines recommandations peuvent être tracées à partir des données de la littérature. On sait qu’au-delà de la simple introduction de la TVCF, il est important de fournir à l’usager un entraînement systématique afin qu’il sache bien contrôler l’appareil et bénéficier de son plein potentiel [7, 10, 18]. Un programme d’entraînement d’environ 57 heures semble améliorer significativement la vitesse de lecture [7, 10]. Il semblerait par ailleurs qu’un programme de 5 heures serait aussi efficace qu’un de 10 heures [7]. Toutes les études recensées soulignent l’importance des pratiques individuelles entre les sessions d’entraînement. L’entraînement doit porter non seulement sur la manipulation de l’appareil mais aussi sur les aspects cognitifs et perceptuels de la lecture. Afin d’optimiser l’apprentissage et la performance subséquente en lecture, il est important que l’usager expérimente activement la manipulation de la TVCF [6] et que l’intervenant lui fournisse du feedback [7]. Au début de l’entraînement, il est recommandé d’utiliser du matériel simple et si possible, familier à l’usager. Puis, des éléments plus complexes sont graduellement introduits. Des méthodes d’entraînement à la lecture développées à l’intention des personnes ayant une déficience visuelle ainsi que du matériel académique ou d’évaluation perceptuelle peuvent être utilisées (ex. : Manuel de basse vision [16]; Développement de la vision fonctionnelle - Entraînement à la lecture [9]). Le USA Veterans Affairs a développé du matériel standardisé de pratique à la TVCF; il n’est toutefois disponible qu’en anglais [17]. L’organisation ergonomique du poste de travail doit être considérée car elle influence la vitesse de lecture [14, 21, 22]. L’entraînement à l’utilisation de la TVCF est sans conteste important, mais de plus amples recherches sont nécessaires afin de pouvoir développer des programmes davantage basés sur des données probantes. 13 VII. Références 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. Bailey, I.L., A.H. Lueck, R.B. Greer, K.M. Tuan, V.M. Bailey, & H.G. Dornbusch (2003). Understanding the Relationships between Print Size and Reading in Low Vision. Journal of Visual Impairment & Blindness 97(6): 325-34. Beckmann, P.J. & G.E. Legge (1996). Psychophysics of Reading: XIV. The Page Navigation Problem in Using Magnifiers. Vision Research 36(22): 3723-3733. Crossland, M.D. & G.S. Rubina (2006). Eye movements and reading in macular disease: Further support for the shrinking perceptual span hypothesis Vision Research 46(4): 590597. D'Andrea, F.M. & C. Farrenkopf. (2000). Looking to learn. Promoting literacy skills for students with low vision, New York: American Foundation for the Blinds Press. Ehrlich, D. (1987). A comparative study in the use of closed-circuit television reading machines and optical aids by patients with retinitis pigmentosa and maculopathy. 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