INSEE Grand Lyon - Région Rhône

Transcription

INSEE Grand Lyon - Région Rhône
Portrait du Grand Lyon
Mars 2008
Périmètre en date de juillet 2006
Né en 1969, le Grand Lyon est l'une des premières communautés urbaines créées en France par la loi de décembre
1966, avec celles de Lille, Bordeaux et Strasbourg. Son
périmètre est resté inchangé pendant une quarantaine
d'années, jusqu'en janvier 2007, date d'adhésion de Givors
et de Grigny. Il est alors passé de 55 à 57 communes,
toutes situées dans le département du Rhône. L'analyse
présentée ici porte uniquement sur les 55 communes
d'origine.
À part Saint-Germain-au-Mont-d'Or et Poleymieux-au-Montd'Or, toutes les communes du Grand Lyon font partie de
l'agglomération lyonnaise. Cela confère bien sûr à ce territoire un caractère urbain très marqué. Preuve en est sa
densité de population, qui atteint 2 400 habitants/km² en
1999. C'est 7 fois plus que dans la zone de référence, constituée des 11 plus grandes aires urbaines de Rhône-Alpes
et prenant donc en compte les couronnes périurbaines
moins denses. Les comparaisons devront tenir compte de
cet élément.
Le Grand Lyon correspond à la partie centrale de l'unité
urbaine lyonnaise, dont il représente 86 % de la population.
En 1999, la moitié de ses 1,2 million d'habitants résident à
Lyon ou à Villeurbanne.
La croissance démographique semble s'accélérer
depuis 1999
On retrouve dans ce territoire le profil démographique classique des pôles urbains. Dans les années 60, excédent
naturel et excédent migratoire se conjuguent pour faire
augmenter rapidement la population : les naissances sont
beaucoup plus nombreuses que les décès et, surtout,
l'exode rural se traduit par un apport important de nouveaux
habitants. Entre 1968 et 1975, le gain migratoire se tarit et la
croissance démographique n'est plus due qu'à l'excédent
naturel. De 1975 à 1982, c'est le temps fort de la périurbanisation : le Grand Lyon perd plus de 1 800 habitants par an.
Carte d'identité du territoire
Population
Poids dans la région
Densité (hbts/km²)
Part de la population dans l'espace à dominante urbaine
Part des moins de 20 ans
Part des 60 ans et plus
Indice jeunesse (moins de 20 ans / 60 ans et plus)
Relief et voies de communication
Le solde naturel ne parvient plus à compenser un important
déficit migratoire, de 10 000 personnes par an. Dans les
années 80, la population augmente à nouveau, suite à la
réduction de moitié du déficit migratoire et au maintien d'un
excédent naturel élevé. La croissance a conservé le même
rythme au cours des années 90, aux alentours de 0,3 % par
an.
Depuis 1999, la hausse démographique semble s'accélérer
dans le Grand Lyon. Selon des premières estimations
basées sur les enquêtes annuelles de recensement, la
Grand Lyon
1990
1999
1 134 771 1 167 086
21,2%
20,7%
2 329
2 395
100,0%
100,0%
25,7%
24,5%
17,7%
18,9%
1,46
1,30
Référence
1990
1999
3 318 053 3 486 807
62,0%
61,8%
315
331
98,5%
100,0%
27,1%
25,3%
17,3%
18,8%
1,57
1,35
Région
1999
5 645 847
129
86,1%
25,3%
20,0%
1,26
Source : INSEE - Recensements de la population 1999 (exploitation principale) et 1990 (exploitation exhaustive)
Intercommunalité
Nombre de communes
Dont membres d'un EPCI à fiscalité propre (01/2007)
Grand Lyon
55
100,0%
Référence
854
93,2%
Région
2 879
89,5%
Source : Direction Générale des Collectivités Locales
Note : Pour chacune des synthèses, le territoire étudié est comparé à un territoire baptisé "référence".
Pour les territoires à dominante urbaine, cette référence est constituée des communes de la région appartenant à l'une des 11 aires urbaines suivantes : Lyon,
Grenoble, Saint-Étienne, Genève-Annemasse (partie en Rhône-Alpes), Annecy, Valence, Chambéry, Roanne, Bourg-en-Bresse, Mâcon (partie en RhôneAlpes) et Saint-Chamond.
Pour les territoires à dominante rurale, cette référence est constituée de l'ensemble de la région Rhône-Alpes privée des communes appartenant à l'une des
11 aires urbaines.
La zone de référence prise en compte pour ce territoire est celle des territoires à dominante urbaine.
Périmètre en date de juillet 2006
1
Nombre d'habitants en 1999
et évolution de la population entre 1990 et 1999
population des ménages y aurait progressé près de deux
fois plus vite entre 1999 et 2005 que sur la période 19901999. Les populations provisoires des grandes communes
montrent un rythme de croissance qui se maintient à Lyon et
qui double presque à Villeurbanne ainsi qu'une reprise démographique dans les communes de banlieue. Après avoir
perdu des habitants dans les années 90, Vénissieux, Vaulxen-Velin, Bron, Rillieux-la-Pape ou Oullins voient leur population repartir à la hausse.
Le rôle des migrations n'est pas encore connu dans ces
évolutions récentes. Au cours des années 90, le déficit
migratoire du Grand Lyon s'est chiffré au total à 48 000 personnes. Il est très caractéristique de celui d'une grande ville
perdant des habitants au profit de sa couronne. Cette périurbanisation conjuguée à l'attractivité pour les études et le
premier emploi se traduisent par des déficits migratoires
dans toutes les tranches d'âges sauf les 15-29 ans
(+ 40 000 dont plus de la moitié d'étudiants et élèves). Les
départs de familles de trentenaires avec enfants sont particulièrement nombreux.
À part pour les étudiants et élèves, les départs l'emportent
sur les arrivées dans toutes les catégories sociales, notamment les retraités (- 13 600) et les cadres (- 6 300). Mais
l'âge est le facteur prédominant : avant 30 ans, on s'installe
davantage dans le Grand Lyon qu'on ne le quitte, quelle que
soit sa catégorie sociale.
Le caractère périurbain des échanges migratoires du territoire apparaît dans son déficit avec le reste de l'aire urbaine
lyonnaise, qui atteint 42 000 personnes sur la période 19901999. En revanche, le Grand Lyon est attractif vis-à-vis des
aires urbaines de Saint-Étienne (+ 2 300), de Grenoble ou
de Paris (+ 1 400 chacune).
Des ménages plutôt aisés et un habitat essentiellement
collectif
S'il perd des cadres par le jeu des migrations, le Grand Lyon
en compte pourtant un peu plus que la zone de référence et
beaucoup plus que la région : ils constituent 13 % des
ménages en 1999. Les employés sont également davantage
représentés tandis que les ouvriers et les retraités le sont
moins.
Dans ce territoire plutôt jeune, aisé et tertiaire, les revenus
imposables des foyers fiscaux (18 300 euros en 2004) sont
légèrement supérieurs à la moyenne de la référence mais
dépassent nettement la moyenne régionale. Ces écarts
étaient toutefois plus marqués dix ans auparavant. En effet,
depuis 2000, les revenus imposables des habitants du
Grand Lyon stagnent alors qu'ils augmentent ailleurs.
Il en est des ressources fiscales des communes comme des
Evolution de la population depuis 1962
Base 100 en 1962
150
140
Grand Lyon
130
Référence
120
110
Région
100
90
1962
1968
1975
1982
1990
1999
Source : Insee, recensements de la population
Taux de variation annuel de la population
%
1
0,8
0,6
0,4
0,2
0
- 0,2
- 0,4
- 0,6
- 0,8
-1
75- 82
82- 90
90- 99
Grand Lyon
Taux de variation annuel moyen
75-82
82- 90
90- 99
Référence
Variation due au solde naturel
75- 82
82- 90
90- 99
Région
Variation due au solde migratoire
Source : Insee, recensements de la population (dénombrement)
2
Flux migratoires par âge et par catégorie socioprofessionnelle (CS) entre 1990 et 1999
Par âge
Ensemble
moins de 15 ans
15-29 ans
30-39 ans
40-59 ans
60 ans et plus
Arrivées
Départs
201 927
35 496
85 413
39 780
30 793
10 445
Solde en %
de la population*
Solde
250 043
68 499
45 259
65 496
46 875
23 914
- 48 116
- 33 003
+ 40 154
- 25 716
- 16 082
- 13 469
- 4,0
- 13,8
+ 16,9
- 12,8
- 5,3
- 5,8
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 (exploitation principale)
* Il s'agit de la population "en l'absence de migrations" (cf. méthodologie)
Par CS (plus de 15 ans)
Agriculteurs exploitants
Artisans, commerçants et chefs d'entr.
Cadres et professions intel. sup.
Professions intermédiaires
Employés
Ouvriers
Retraités
Etudiants et élèves
Autres inactifs
Arrivées
44
4 157
26 564
33 233
27 712
14 629
8 646
40 489
11 453
Départs
379
7 641
32 823
36 261
29 493
18 416
22 294
16 877
19 156
Solde
- 335
- 3 484
- 6 259
- 3 028
- 1 781
- 3 787
- 13 648
+ 23 612
- 7 703
Solde en %
de la population*
- 37,3
- 10,1
- 6,5
- 2,1
- 1,1
- 3,2
- 6,8
+ 20,3
- 6,9
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 (exploitation complémentaire)
* Il s'agit de la population "en l'absence de migrations" (cf. méthodologie)
Les caractéristiques des logements en 1999
Nombre
Grand Lyon
Part
Evol 90/99 Evol 82/90
en %
en %
en %
Part
en %
Référence
Evol 90/99 Evol 82/90
en %
en %
Ensemble des logements
556 467
100,0
+ 11,5
+ 8,4
100,0
+ 12,1
+ 11,1
Résidences principales
Résidences secondaires et logements
occasionnels
Dont logements occasionnels
Logements vacants
495 120
89,0
+ 9,9
+ 8,5
88,9
+ 12,7
+ 11,9
12 469
7 183
48 878
2,2
1,3
8,8
- 15,4
- 28,2
+ 43,9
+ 5,8
- 12,1
- 31,6
+ 22,9
+ 5,4
+ 8,2
4,1
1,0
7,0
Propriétaires (résidences principales)
205 841
41,6
+ 13,7
+ 20,6
50,5
+ 15,6
+ 23,0
Le parc des résidences principales
Habitat individuel - propriétaire
Habitat individuel - locataire
Habitat collectif - propriétaire
Habitat collectif - locataire non HLM
Habitat collectif - locataire HLM
Autres cas
495 120
74 560
10 892
130 749
138 044
103 184
37 691
100,0
15,1
2,2
26,4
27,9
20,8
7,6
+ 9,9
+ 11,4
+ 0,5
+ 15,2
- 1,3
+ 21,7
+ 8,7
+ 8,5
+ 30,8
+ 17,1
+ 17,1
+ 0,0
+ 8,9
- 14,0
100,0
29,9
4,7
20,5
20,9
16,4
7,6
+ 12,7
+ 19,0
+ 19,8
+ 11,4
+ 1,4
+ 20,1
+ 8,8
+ 11,9
+ 33,1
+ 25,6
+ 13,8
- 3,3
+ 14,4
- 10,4
+ 4,5
Source : INSEE - Recensements de la population 1999 (exploitation principale), 1990 (exploitation exhaustive), 1982 (sondage au quart)
Revenus annuels moyens et composition du revenu
En euros de 2004
Revenu annuel moyen par foyer fiscal
Foyers fiscaux non imposés (en %)
Revenu annuel par foyer fiscal imposé
Part des pensions et retraites dans le
revenu fiscal (en %)
Grand Lyon
1994
2004
17 165
18 280
42,0
42,4
24 821
26 627
Référence
1994
2004
16 159
18 182
45,7
43,3
24 146
26 117
Région
1994
2004
15 339
17 314
48,5
45,3
23 516
25 284
22,1
21,4
22,0
Source : INSEE - DGI - Revenus des foyers fiscaux
3
Ménages selon la catégorie socioprofessionnelle de la personne de référence
En %
Agriculteurs exploitants
Artisans, commerçants, chefs d'ent.
Cadres, prof. intellect. sup.
Professions intermédiaires
Employés
Ouvriers
Retraités
Autres, sans activité prof.
Ensemble des ménages
Grand Lyon
1990
1999
0,1
0,1
5,6
4,7
13,3
13,2
16,2
16,7
11,7
12,6
19,3
15,5
25,9
26,0
7,9
11,2
100,0
100,0
Référence
1990
1999
0,9
0,6
6,2
5,3
11,4
11,6
16,0
16,5
10,5
11,5
21,6
18,1
26,4
26,9
7,0
9,5
100,0
100,0
Région
1990
2,0
6,8
9,3
14,6
9,5
23,3
28,2
6,3
100,0
1999
1,3
5,9
9,5
15,4
10,6
20,3
28,7
8,3
100,0
Source : INSEE - Recensements de la population 1999 (exploitation complémentaire) et 1990 (sondage au quart)
revenus des habitants : avec un montant de 1 200 euros par
habitant en 2005, elles sont supérieures de 11 à 12 % à
celles des communes de la référence ou de la région.
Comme ailleurs, la taxe professionnelle en représente environ la moitié. En revanche, le poids de la taxe d'habitation
est plus important tandis que celui du foncier bâti l'est
moins. Cela est lié au caractère très urbain du Grand Lyon,
où les propriétaires de leur logement sont relativement peu
nombreux.
De la même façon, les spécificités du parc de logements
sont celles d'un territoire qui correspond au cœur d'une
grande agglomération. L'habitat collectif est nettement
prédominant, il représente les trois-quarts des résidences
principales en 1999. Et 21 % des ménages sont locataires
d'un appartement HLM. Ces chiffres sont naturellement
beaucoup plus élevés que dans la région et la zone de référence, qui comprend aussi les couronnes périurbaines des
grandes agglomérations, où l'habitat individuel est très
présent.
Dans les années 90, le parc de logements s'est accru de
11 % dans le Grand Lyon. Le nombre de logements vacants
a progressé tandis que celui des résidences secondaires et
logements occasionnels diminuait. Le parc locatif HLM et la
propriété ou copropriété, en maisons ou en appartements,
se sont développés. En revanche, le parc locatif privé a stagné, voire régressé légèrement, sur la période 1982-1999.
Pôle d'emploi, le Grand Lyon attire de nombreux actifs
de l'extérieur
En lien avec la croissance démographique relativement
faible, la population active du Grand Lyon a moins augmenté qu'ailleurs. Sur la période 1990-1999, le nombre
d'actifs s'est accru de 9 100 personnes. Dans le même
temps, le territoire n'a offert qu'une centaine d'emplois
supplémentaires. La hausse du nombre de chômeurs a
été beaucoup plus forte que ne le laissait entrevoir ce décalage : + 18 100 chômeurs (au sens du recensement). Cela
s'explique par l'évolution des déplacements domicile-travail,
qui constituent le deuxième facteur d'ajustement du marché
du travail. Suite au mouvement de périurbanisation, le
nombre d'actifs travaillant dans le Grand Lyon mais n'y
résidant pas a augmenté de 25 700 personnes. Le flux
inverse, formé par les actifs habitant le Grand Lyon et ayant
un emploi à l'extérieur, a également grossi mais de façon
moindre (+ 16 500 personnes). Cette situation est typique
Marché du travail
Actifs ayant un emploi
Dont salariés
Dont non salariés
Chômeurs
% chômeurs dans la population active (*)
Espace urbain, espace rural et pôles de services
des pôles urbains, dont une partie des habitants partent
résider en périphérie tout en gardant leur emploi en ville :
ces nouveaux périurbains se retrouvent ensuite dans les
flux entrants de navettes quotidiennes.
Le Grand Lyon constitue naturellement un pôle d'emploi
dans la mesure où il offre davantage d'emplois (558 000 en
1999) qu'il ne compte d'actifs occupés résidants (470 000).
L'excédent de près de 88 000 personnes qui en résulte en
termes de navettes est pour l'essentiel imputable au reste
de l'aire urbaine de Lyon (58 000), ce qui traduit le mouvement de périurbanisation. Le Grand Lyon attire également
15 000 actifs des aires urbaines de Vienne, de SaintChamond, de Saint-Étienne ou de Villefranche-sur-Saône,
plus qu'il n'y en envoie. En revanche, il est déficitaire dans
Grand Lyon
Evol 90/99
1999
(%)
469 810
- 1,9
425 598
- 2,3
44 212
+ 2,5
67 685
12,6%
+ 36,4
+ 3,2 points
Evol 82/90
(%)
+ 1,9
+ 1,9
+ 1,4
+ 21,4
+ 1,4 point
Référence
Evol 90/99
Evol 82/90
(%)
(%)
+ 3,3
+ 6,9
+ 3,9
+ 7,8
- 1,8
- 0,1
+ 31,6
+ 2,3 points
+ 22,7
+ 1,1 point
Source : INSEE - Recensements de la population 1982, 1990 (exploitation exhaustive) et 1999 (exploitation principale)
4
Grand Lyon
Part en
1999 (%)
Effectifs
en 1999
Conditions d'emploi des salariés
CDD
Emplois stables
Autres (stages, emplois aidés…)
36 067
363 505
26 026
Référence
Part en
Part en
1999 (%)
1990 (%)
Part en
1990 (%)
8,5
85,4
6,1
5,5
89,7
4,8
8,6
85,5
5,9
5,6
89,9
4,5
Source : INSEE - Recensements de la population 1999 (exploitation principale) et 1990 (exploitation exhaustive)
l'emploi est resté quasiment stable alors qu'il augmentait de
4 % dans la zone de référence et l'ensemble de la région.
En 25 ans, il ne s'est accru que de 5 %, soit trois fois moins
qu'ailleurs. Cela s'explique par une chute plus importante du
nombre de postes dans l'industrie et la construction et une
hausse plus modérée de l'emploi tertiaire.
Cette moindre progression de l'emploi est sans doute due
pour une part à un desserrement des activités économiques, du pôle urbain vers sa périphérie. Pour le Grand
Lyon, les transferts d'établissements se sont ainsi soldés
par la perte de 900 établissements entre 2002 et 2005.
ses échanges domicile-travail avec l'aire urbaine parisienne.
La hausse importante du chômage peut quant à elle avoir
plusieurs explications. Tout se passe comme si beaucoup
d'emplois restaient occupés par des anciens résidants du
Grand Lyon tandis que les créations d'emplois ne sont pas
suffisantes pour répondre à la demande d'un certain nombre
d'habitants. Comme beaucoup de grandes villes, Lyon attire
de nombreuses personnes en quête d'emploi, notamment
des jeunes.
Dans les années 90, le taux de chômage au sens du recensement a ainsi progressé de plus de 3 points, soit un point
de plus que dans la référence et la région. En 1999, il devient ainsi nettement supérieur, atteignant 12,6 %. Plus récemment, le nombre de demandeurs d'emploi a davantage
augmenté qu'ailleurs entre 2000 et 2003. Sur la période
2003-2006, la baisse a toutefois été de même ampleur.
Fin 2004, les principaux secteurs employeurs du Grand
Lyon sont tertiaires. La santé et action sociale arrive en tête
avec 61 000 salariés, soit 11 % du total. Viennent ensuite
l'administration publique et les activités de conseils et
d'assistance aux entreprises, avec 10 % chacune. L'éducation et le commerce de détail occupent les 4ème et 5ème
rangs. À part l'éducation et les conseils et assistance, ces
secteurs ne sont pas plus présents que dans la zone de
référence. D'autres activités tertiaires, moins mobilisatrices
de salariés, sont sur-représentées, comme les activités
Un territoire très tertiaire avec des spécificités industrielles
La faible progression de l'emploi dans le Grand Lyon a joué
un rôle dans la hausse du chômage. Entre 1990 et 1999,
Déplacements domicile-travail
Actifs occupés :
Résidant et travaillant dans la même commune
Résidant et travaillant dans la zone
Travaillant en dehors de la zone
1990
Nombre
478 824
210 666
444 729
34 095
Emplois dans la zone
557 349
Actifs venant travailler dans la zone (*)
112 620
%
100,0
44,0
92,9
7,1
1999
Nombre
469 810
190 399
419 179
50 631
%
100,0
40,5
89,2
10,8
Evol
90/99 (%)
- 1,9
- 9,6
- 5,7
+ 48,5
557 486
20,2
138 307
+ 0,0
24,8
+ 22,8
Source : INSEE - Recensements de la population 1999 (exploitation principale) et 1990 (exploitation exhaustive)
(*) % calculé par rapport au total d'emplois de la zone
Spécificité du tissu productif du Grand Lyon par rapport à la zone de référence en 2004
8757
Pharmacie, parfumerie et entretien
Industrie automobile
Conseils et assistance
Activités financières
Services opérationnels
Activités immobilières
Postes et télécommunications
Commerce de gros, intermédiaires
Activités récréatives, culturelles et sportives
Education
Hôtels et restaurants
Chimie, caoutchouc, plastiques
Transports
Activités associatives et extra territoriales
Administration publique
Santé, action sociale
Commerce de détail, réparations
Construction
Commerce et réparation automobile
Industrie des équipements mécaniques
9222
54922
21663
29020
12866
15145
32115
7298
51097
18995
10576
29404
7559
58881
61004
33725
27287
9665
14006
0
0,2
0,4
0,6
0,8
Source : INSEE - CLAP, SAE 2004
- Champ complet
1
1,2
1,4
1,6
1,8
2
Indice de spécificité
(rapport entre la part de l'emploi du secteur dans le territoire et la part dans la zone de référence)
Lecture : l'activité Pharmacie, parfumerie et entretien présente une forte spécificité dans le Grand Lyon
(elle est 1,8 fois plus représentée que dans la zone de référence), pour un effectif total de 8 757 salariés
5
Créations d'établissements
En 2005
Flux annuel moyen 1993-1996
Flux annuel moyen 2002-2005
Grand Lyon
Evol 1993/
Part des créations
2005 (%)
pures (%)
Ensemble
8 872
8 071
8 463
+ 8,0
Evol 1993/
2005 (%)
77,5
73,1
78,0
Référence
Part des créations
pures (%)
+ 12,4
76,7
71,0
76,4
Source : INSEE - SIRENE - Champ ICS
financières et immobilières, les services opérationnels ou
les postes et télécommunications. On retrouve là toutes les
activités spécifiques des grandes villes.
Ainsi, la dominante tertiaire du Grand Lyon est particulièrement forte. Si l'on considère l'emploi total en 1999, ce
secteur concentre 78 % des effectifs, soit cinq points de plus
que dans la zone de référence et dix de plus qu'en RhôneAlpes.
En toute logique, l'industrie est donc relativement peu
implantée. Cependant, les activités économiques les plus
spécifiques du Grand Lyon sont industrielles. Ainsi, la
pharmacie-parfumerie, avec ses 8 800 salariés fin 2004
répartis notamment dans les pôles de Marcy-l'Étoile et de
Neuville-sur-Saône, est près de deux fois plus représentée
dans l'emploi salarié que dans la zone de référence.
L'industrie automobile l'est 1,5 fois plus. Elle regroupe
9 200 salariés fin 2004 et plusieurs gros établissements
comme Renault Trucks, Robert Bosch France ou Jtekt
Automotive Lyon.
La construction est quant à elle légèrement sousreprésentée dans l'emploi total en 1999 et l'agriculture est
quasi-inexistante dans ce territoire très urbain.
Ces caractéristiques économiques, conjuguées à la présence de nombreux sièges sociaux d'entreprises, se traduisent par une qualification élevée des emplois. En 1999, les
cadres d'entreprises ou de la fonction publique occupent
16 % des postes, contre 13 % dans la zone de référence et
11 % en Rhône-Alpes. À l'inverse, les ouvriers sont moins
représentés.
Côté tourisme, le Grand Lyon proposait près de 50 000 lits
en 1998 et cette capacité d'accueil avait augmenté de 9 %
en dix ans. Elle était alors constituée à 53 % de résidences
secondaires et à 43 % d'hôtels. Depuis la fin des années 90,
le nombre de chambres de l'hôtellerie homologuée a eu
tendance à progresser, pour dépasser 11 000 début 2008.
En termes d'emploi, le tourisme1 génère directement
16 200 postes salariés en 2003. Cela représente 2,7 % de
l'emploi salarié total, comme dans l'ensemble du Rhône et
moins qu'en Rhône-Alpes (4,6 %). À titre de comparaison,
ce chiffre atteint 15,8 % en Savoie².
Les établissements de plus de 100 salariés
au 31 décembre 2004
41% de ces salariés du tourisme travaillent dans la restauration, cafés et tabacs, 27 % dans les commerces et autres
activités (transports fluviaux, banques, coiffure) et 22 %
dans les hôtels. La saisonnalité de l'emploi touristique apparaît peu marquée.
Grand Lyon
Fiscalité locale en 2005
Référence
Produit
€/hab
Taxe d'habitation
Foncier bâti
Foncier non bâti
Taxe professionnelle
Total des 4 taxes
Produit
(%)
294
319
2
599
1 214
Produit
€/hab
24,2
26,3
0,2
49,3
100,0
Produit
(%)
240
315
7
536
1 098
21,9
28,7
0,6
48,8
100,0
Source : INSEE - DGI - Recensement des éléments d'imposition 2005
Indicateurs de fiscalité 2005
Richesse fiscale par habitant
Coefficient de mobilisation de la richesse fiscale
Degré d'intégration intercommunale
Grand Lyon
771
1,11
48,8%
Référence
707
1,03
44,8%
Région
717
0,97
38,2%
Source : INSEE - DGI - Recensement des éléments d'imposition 2005
Cf. Méthodologie
1
Il s'agit de l'emploi salarié directement généré par la fréquentation touristique, donc hors emplois non salariés, emplois indirects ou induits.
Les établissements employeurs sont classés selon deux critères : l'intensité touristique de leur activité et le niveau d'équipement touristique
de la commune dans laquelle ils sont implantés. Pour chaque croisement de ces deux critères, une part plus ou moins importante de l'emploi
est retenue pour chaque établissement.
² Voir "Le tourisme emploie 4,6% des salariés de Rhône-Alpes" La Lettre Analyses Insee Rhône-Alpes n°7 0, mars 2007 (avec annexe statistique fournissant les données par CDRA sur insee.fr)
6
Les spécificités du territoire
L'aire urbaine de Lyon comparée aux principales aires
urbaines de la région : croissance démographique
modérée et attractivité résidentielle
Le Grand Lyon correspond au cœur de la capitale régionale,
dont on peut penser qu'elle présente des caractéristiques
particulières en comparaison des autres grandes villes de la
région Rhône-Alpes. Une première approche est de comparer les 10 plus grandes aires urbaines et/ou préfectures,
selon plusieurs indicateurs relatifs à la démographie et à
l'emploi. Sont ainsi retenues les 9 plus grandes aires urbaines (Lyon, Grenoble, Saint-Étienne, Genève-Annemasse,
Annecy, Valence, Chambéry, Roanne, Bourg-en-Bresse) et
la 8ème préfecture, celle de Privas. Le concept d'aire urbaine
est privilégié ici dans la mesure où chaque aire urbaine est
définie de la même façon, sur la base des déplacements
domicile-travail. Le Grand Lyon représente 71 % de la population de l'aire urbaine lyonnaise en 1999.
En termes de taille, l'aire de Lyon compte 3,2 fois plus d'habitants et d'emplois que la seconde, Grenoble. Mais toutes
deux ont somme toute un profil assez proche. Leur population s'est accrue sensiblement au même rythme dans les
dernières décennies, de l'ordre de 16-18 % sur la période
1975-1999. Dans les années 90, la croissance démographique y a été comparable et se décomposait de la même
façon : un faible déficit migratoire, plus que compensé par
un important excédent naturel.
De ce point de vue, Lyon et Grenoble se trouvent dans une
situation intermédiaire. Les aires de Genève-Annemasse
(partie française), d'Annecy et de Chambéry affichent une
progression de leur population très supérieure, en conjuguant un excédent naturel et un excédent migratoire très
élevés. L'attractivité de ces territoires situés à proximité de
la Suisse est une explication. À l'inverse, les aires urbaines
de Saint-Étienne et de Roanne ont perdu respectivement
10 et 5 % de leur population entre 1975 et 1999. Dans les
deux cas, cette diminution est uniquement due à un déficit
migratoire.
L'aire urbaine lyonnaise se distingue toutefois par son attractivité résidentielle au sein de la région : sur la période
1990-1999, elle attire davantage d'habitants qu'elle n'en
perd dans ses échanges migratoires avec les 9 autres aires.
La seule exception est Privas (- 50 personnes) mais les flux
sont faibles. L'excédent migratoire de l'aire lyonnaise est
surtout important vis-à-vis de Saint-Étienne (+ 2 800 personnes), de Grenoble (+ 2 000) et de Roanne (+ 1 700). Pour
une part, il s'agit sans doute d'étudiants. L'aire urbaine grenobloise, elle, attire les habitants de toutes les autres aires
sauf celle de Lyon.
Population et évolution démographique des 10 aires urbaines
Densité de population Taux de variation annuelle de la population 1990-1999 (en %)
en 1999 (hab/km²)
totale
due au solde naturel
due au solde migratoire
Population
en 1999
Aire urbaine
Lyon
Grenoble
Saint-Etienne
Genève-Annemasse (1)
Annecy
Valence
Chambéry
Roanne
Bourg-en-Bresse
Privas
1 647 722
514 586
321 953
212 451
189 654
167 088
131 267
104 887
100 960
20 782
499
328
520
192
256
242
269
139
117
92
0,68
0,65
-0,72
1,28
1,26
0,58
1,05
-0,28
0,61
0,05
0,73
0,68
0,27
0,63
0,67
0,54
0,47
0,17
0,41
0,26
-0,05
-0,02
-0,99
0,65
0,59
0,04
0,57
-0,45
0,20
-0,21
Source : INSEE - Recensements de la population 1990 et 1999
Évolution de la population depuis 1975 des 10 aires urbaines
Base 100 en 1975
160
150
Lyon
140
Grenoble
Saint-Etienne
130
Genève-Annemasse (1)
Annecy
120
Valence
110
Chambéry
100
Roanne
Bourg-en-Bresse
90
Privas
80
1975
1980
1985
1990
1995
2000
Source : INSEE - Recensements de la population
7
Lyon attire de nombreux actifs des autres grandes aires
urbaines de la région
En ce qui concerne l'évolution de l'emploi, Lyon est également assez proche de Grenoble. Entre 1975 et 1999, le
nombre d'emplois y a progressé respectivement de 17 et de
22 %, l'aire de Bourg-en-Bresse s'intercalant entre les deux
avec 20 %. Comme pour la population, les aires de GenèveAnnemasse, d'Annecy et de Chambéry se distinguent, avec
des hausses de 37 à 47 %. La croissance de l'emploi a également été plus rapide à Valence ou à Privas. En revanche,
Saint-Étienne et Roanne ont perdu des emplois sur cette
période. Le constat est le même si l'on se limite à la période
1990-1999, avec toutefois une hausse relativement plus
forte à Valence et moindre à Privas.
L'attractivité globale en matière d'emploi diffère peu d'une
ville à l'autre. À part Genève-Annemasse et Annecy, les
8 autres aires urbaines offrent toutes davantage d'emplois
qu'elles ne comptent d'actifs occupés et le rapport entre
les deux est proche : il varie de 1,04 à Bourg-en-Bresse à
1,10 à Chambéry en passant par 1,06 à Lyon, Grenoble et
Privas. À Annecy, emplois et actifs sont quasiment équilibrés mais la proximité de la Suisse entraîne une part relativement importante d'actifs résidants ayant un emploi hors
de l'aire urbaine. Quant à l'aire de Genève-Annemasse, elle
est particulière puisque la partie française comprend essentiellement la couronne périurbaine de Genève : les actifs
résidants y sont donc beaucoup plus nombreux que les emplois et plus de la moitié d'entre eux travaillent hors de la
partie française de l'aire, notamment en Suisse.
Les échanges domicile-travail entre les 10 aires urbaines
font toutefois apparaître une nette prédominance de l'aire
lyonnaise. En 1999, celle-ci attire davantage d'actifs qu'elle
n'en envoie quelle que soit l'aire urbaine. Cette attractivité
en matière d'emploi est surtout marquée vis-à-vis des aires
de Saint-Étienne (+ 2 200 actifs), de Grenoble (+ 700), de
Roanne ou de Valence (+ 400 dans les deux cas).
L'aire de Grenoble, deuxième de la région par le nombre
d'emplois, a des échanges domicile-travail quasiment équilibrés avec les autres grandes aires, hormis celle de Lyon
avec laquelle elle est déficitaire.
Déplacements domicile-travail et caractéristiques de l'emploi des 10 aires urbaines en 1999
Nombre d'emplois
dont
occupés par
des actifs
extérieurs
Aire urbaine
total
Lyon
Grenoble
Saint-Etienne
Genève-Annemasse (1)
Annecy
Valence
Chambéry
Roanne
Bourg-en-Bresse
Privas
716 220
220 841
128 864
56 582
83 141
70 279
58 075
42 591
45 426
9 562
77 924
27 086
27 967
8 614
11 655
13 796
13 685
5 810
7 950
2 219
Nombre d'actifs
occupés
Part des
emplois
occupés par
dont trades actifs
vaillant à
extérieurs
l'extérieur
(en %)
total
678 216
208 004
118 319
97 320
84 723
66 002
52 855
41 344
43 699
8 989
39 920
14 249
17 422
49 352
13 237
9 519
8 465
4 563
6 223
1 646
10,9
12,3
21,7
15,2
14,0
19,6
23,6
13,6
17,5
23,2
Part dans l'emploi (en %)
Part des
actifs
travaillant à
du
des
des
l'extérieur secteur
cadres
ouvriers
(en %)
tertiaire
5,9
6,9
14,7
50,7
15,6
14,4
16,0
11,0
14,2
18,3
73,7
73,2
71,3
72,8
71,8
72,3
78,1
62,4
72,6
79,0
15,8
19,3
11,1
9,3
12,9
12,0
12,6
8,2
9,8
11,6
22,7
20,0
27,0
24,5
24,4
24,5
22,7
32,6
27,6
18,7
Source : INSEE - Recensement de la population 1999
Évolution de l'emploi depuis 1975 dans les 10 aires urbaines
Base 100 en 1975
160
Lyon
150
Grenoble
140
Saint-Etienne
130
Genève-Annemasse (1)
120
Annecy
Valence
110
Chambéry
100
Roanne
Bourg-en-Bresse
90
80
1975
Privas
1980
1985
1990
1995
2000
Source : INSEE - Recensements de la population
8
Les 5 principaux secteurs employeurs et leur poids dans l'emploi salarié au 31 décembre 2004
Aire urbaine
1er secteur
2ème secteur
3ème secteur
Lyon
Santé, action
sociale (9,8%)
Administration
publique (9,6%)
Grenoble
Administration
publique (11,4%)
Santé, action
sociale (10,2%)
Saint-Étienne
Santé, action
sociale (15,4%)
Administration
publique (12,8%)
Conseils et assisÉducation (8,4%) Transports (6,4%)
tance (8,5%)
Commerce de
Conseils et assisÉducation (9,5%)
détail, réparations
tance (7,4%)
(6,1%)
Commerce de
Conseils et assisÉducation (8,1%) détail, réparations
tance (6,0%)
(6,7%)
Commerce de
Santé, action
Genève-Annemasse (1) détail, réparations
sociale (12,4%)
(13,3%)
Annecy
Administration
publique (12,7%)
Santé, action
sociale (9,5%)
Valence
Administration
publique (12,6%)
Santé, action
sociale (10,9%)
Chambéry
Santé, action
sociale (13,7%)
Administration
publique (13,1%)
Roanne
Santé, action
sociale (16,1%)
Administration
publique (9,1%)
Bourg-en-Bresse
Santé, action
sociale (17,6%)
Administration
publique (13,2%)
Privas
Administration
publique (32,1%)
Santé, action
sociale (23,7%)
Administration
publique (9,6%)
4ème secteur
5ème secteur
Éducation (7,7%) Construction (6,3%)
Commerce de
Industrie des
Conseils et assisdétail, réparations
équipements
tance (6,9%)
(8,0%)
mécaniques (6,9%)
Commerce de
Commerce de gros,
détail, réparations Éducation (6,5%) intermédiaires
(8,1%)
(5,9%)
Commerce de
Éducation (8,4%) détail, réparations Transports (7,1%)
(7,2%)
Commerce de
Industrie textile
détail, réparations Éducation (7,7%)
(5,7%)
(8,1%)
Commerce de
Éducation (8,0%) détail, réparations Construction (6,0%)
(6,5%)
Commerce de
Éducation (7,2%) détail, réparations Construction (3,4%)
(4,1%)
Source : INSEE - CLAP, SAE 2004 - Champ complet
(1) partie française
Auteur de la synthèse : Valérie Genay, Insee Rhône-Alpes
Coordination assurée par la direction des Politiques territoriales
de la Région Rhône-Alpes et Valérie Genay de l’Insee Rhône-Alpes
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