cahier-programme

Transcription

cahier-programme
de
Tankred Dorst
création du
collectif Les Possédés
dirigée par
Rodolphe Dana
La Colline — théâtre national
Rencontres
Merlin ou la Terre dévastée
avec Tankred Dorst et le collectif Les Possédés
animée par Joseph Hanimann, journaliste-critique
au Frankfurter Allgemeine Zeitung à Paris
de
Tankred Dorst
avec la collaboration d’Ursula Ehler
en partenariat avec le Goethe Institut de Paris
à l’issue de la représentation
traduction de l’allemand Hélène Mauler et René Zahnd
dimanche 22 novembre
collectif Les Possédés
dirigée par Rodolphe Dana
création du
avec le collectif Les Possédés
à l’issue de la représentation
dimanche 29 novembre
scénographie, costumes et lumière
Katrijn Baeten et Saskia Louwaard
régie Wilfried Gourdin
Lecture
assistante mise en scène Pauline Ringeade
La grande imprécation devant les murs de la ville
assistante costumes Sara Bartesaghi Gallo
stagiaire scénographie et costumes Elsa Dray-Farges
de Tankred Dorst
par Françoise Gazio et Antoine Kahan
e
bibliothèque Place des fêtes – Paris 19
entrée libre sur réservation 01 44 62 52 00
samedi 5 décembre à 15h30
avec
Simon Bakhouche Blaise, Hector, Lamorak, Yder
Laurent Bellambe Kaï, le Diable, Gahériet
Julien Chavrial Lancelot du Lac
David Clavel le Roi Arthur
Rodolphe Dana Merlin
Françoise Gazio Morgause, Jeschute,
Hercéloïde, la narratrice
Katja Hunsinger Yseult, Hélène,
la Demoiselle d’Astolat, Viviane
Antoine Kahan Gareth l’Enfant, le Roi de Cornouailles
Nadir Legrand Mordret, le Roi d’Écosse
Gilles Ostrowsky Gauvain
Christophe Paou Perceval, Agravain
Marie-Hélène Roig la Reine Guenièvre
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régie Alain Dufourg machiniste Franck Bozzolo régie son Johann Gilles
Une histoire de notre temps
régie lumière Thierry Le Duff habilleuse Sophie Seynaeve
construction du décor atelier de construction de La Colline
production collectif Les Possédés, La Colline – théâtre national,
La Ferme du Buisson – Scène nationale de Marne-la-Vallée,
“Plus de bouche humaine, d’yeux ou de front,
oh ! être crabe dans l’océan profond !
Nouveau Théâtre d’Angers – Centre dramatique national des Pays de la Loire,
Le Bateau Feu – Scène nationale de Dunkerque, Théâtre de Nîmes,
Arcadi avec le soutien de la DRAC Île-de-France
et du Conseil Général de Seine-et-Marne
avec la participation artistique du Jeune Théâtre National
Le collectif Les Possédés est associé à La Ferme du Buisson –
Transforme-moi ! Transforme-moi !
Ô oiseau noir dans l’arbre sans sève
L’homme n’est de l’homme qu’un rêve.”
(Merlin ou la Terre dévastée)
Scène nationale de Marne-la-Vallée. Production / diffusion Made In Productions.
Le spectacle a été créé à la Ferme du Buisson du 7 au 15 novembre 2009.
C’est à la fin des années soixante-dix que Tankred Dorst, né en
Le texte a paru à l’Arche Éditeur (2005) qui en est le représentant théâtral.
durée : 3h40 (entracte non compris)
1925, écrit Merlin ou la Terre dévastée, son oeuvre monumentale.
Il y raconte une histoire de notre temps : l’échec des utopies,
dans un monde qu’il compare à une terre dévastée. Tel Merlin,
du 20 novembre au 19 décembre 2009
Petit Théâtre
attention horaire spécial du mardi au samedi à 19h30 et le dimanche à 15h
en tournée
Théâtre Firmin-Gémier - La Piscine / Châtenay-Malabry
8 janvier 2010
La Rose des Vents - Scène nationale de Lille Métropole / Villeneuve d’Ascq
du 12 au 15 janvier 2010
Le Bateau Feu – Scène nationale de Dunkerque
du 21 au 23 janvier 2010
Nouveau Théâtre d’Angers – Centre dramatique national des Pays de la Loire
du 27 janvier au 3 février 2010
La Comédie de Clermont-Ferrand
du 2 au 6 mars 2010
Théâtre Garonne / Toulouse
11 et 12 mars 2010
Théâtre de L’Union / Limoges
16 et 17 mars 2010
fils du Diable et meneur du jeu, qui connaît le passé et l’avenir,
il se joue du temps et de la forme, et rapporte le mythe de
la Table Ronde à une dimension humaine. Les héros se trompent,
doutent, aiment, trahissent. Et lorsqu’il faut arrêter la
guerre et partir à la quête du Graal, certains délaissent leurs
rêves héroïques et s’emparent du pouvoir pour l’argent, le
prestige et les femmes...
Il y a des histoires qu’on raconte aux enfants le soir avant
qu’ils s’endorment. Est-ce la voix de leurs parents, la proximité
chaleureuse des corps, dont les enfants ont besoin avant
d’affronter la nuit ? Ont-ils besoin d’une histoire pour éviter de
penser à la leur ? Ou, au contraire, pour mieux la comprendre ?
Nous sommes faits des histoires qu’on nous a transmises et
auxquelles nous avons besoin de croire. Pour rester curieux,
vivants et humains, nous avons un besoin viscéral et ancestral
de croire aux histoires.
Monter Merlin, c’est revenir à la source d’un mythe qui interroge,
contact compagnie
Made In Productions - Licinio Da Costa
[email protected]
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de manière grave et ludique, les thèmes fondateurs de notre
civilisation occidentale : le bien et le mal, la figure du héros,
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la trahison, l’utopie, l’immortalité, la foi, la transmission, le
et Tchekhov. Du jeu au sens noble, pur et archaïque du terme.
pouvoir, la loi, la tentation, le paradis perdu, la culpabilité, la
Nous réaffirmerons la place essentielle qu’occupe l’acteur
sexualité, la pureté, la nature... Cette légende, jeune de mille
dans le théâtre que nous nous proposons de faire et nous
ans, on la colportait oralement de village en village, pour
réinterrogerons les relations multiples qu’il doit entretenir
qu’enfants et adultes s’identifient aux héros, qu’ils apprennent
avec le public et son partenaire, en fonction de la singularité
le sens des valeurs et puissent grandir armés de principes
du texte choisi. Par exemple, nous ne ferons pas croire aux
forts et clairs.
spectateurs que nous sommes ailleurs qu’au théâtre et que,
Ces histoires n’ont jamais changé. Dans la forme peut-être,
nous autres acteurs, nous ne sommes qu’occasionnellement
mais pas dans le fond.
des personnages. Abolir ce mensonge-là sera aussi une façon
On ne comprend jamais complètement ce qui préside au choix
de rétablir, non pas une vérité, mais une forme de croyance.
d’une pièce et le désir qu’on a de la monter. Le désir, par
Pas seulement que les spectateurs voient et entendent ça,
essence, échappe à la raison, et c’est tant mieux. Lorsque
du “théâtre”, mais qu’ils y croient. Qu’ils y croient comme à
j’ai lu Merlin, j’ai ressenti de la joie. Je sais, c’est un vieux mot,
une autre réalité, à une autre possibilité de la vie. Parce que,
un peu galvaudé, trop général, et qui, peut-être, ne veut plus
comme dirait l’autre, la vraie vie est ailleurs...
rien dire, ce mot-là, joie. Mais, voilà, c’est ce que j’ai ressenti,
de la joie. Une forme de puissance joyeuse, plus exactement,
Rodolphe Dana
et qui serait le poumon de cette généreuse et folle épopée.
Chez Tchekhov et Lagarce, il fallait en passer par la parole,
l’intime de la parole, pour atteindre à l’émotion des corps,
une façon de tendre à l’universel. Chez Dorst, le trajet semble
inverse : nous devrons passer par les pulsions des corps pour
atteindre à l’intime de la parole, autre façon de tendre à
l’universel. À une époque où tout s’analyse et se comprend, il
me semblait nécessaire et rafraîchissant de se plonger dans
un théâtre instinctif, où la vie est avant tout une réalité à
éprouver. Et par la même occasion, redonner à ces mots-là,
instinct, pulsion, une signification moins péjorative qu’aujourd’hui,
une légitimité civilisante. Chaque homme porte en lui, à égalité,
une part d’humanité et d’inhumanité. C’est de ça aussi dont
parle Merlin, les forces de construction et de destruction
qui sont à l’oeuvre en chacun de nous et qui font de nous des
êtres, par essence, fondamentalement bons et mauvais.
Il y a aussi du jeu dans Merlin, du jeu théâtral, du théâtre dans
le théâtre, comme on dit. Beaucoup plus que chez Lagarce
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Naufrage
L’histoire qui cherche son auteur
Qu’est-ce que l’homme ? commençai-je alors. Comment se peut-il
Il est long, et parfois tortueux, le chemin qui me conduit à
qu’existe dans le monde un pareil être, chaos de fermentation
une histoire. Je me demande s’il faut vraiment que ce soit
ou de pourriture, à l’image de l’arbre mort, incapable de
l’auteur qui cherche l’histoire – ne pourrait-on imaginer l’inverse,
maturité ?
l’histoire qui cherche son auteur. Elle lance quelques phrases,
Comment la Nature tolère-t-elle ce verjus dans la douceur de
comme un appât, et l’auteur les note ; elle se dérobe, puis de
ses vignes ?
nouveau, au détour d’un petit événement, ou d’une remarque,
Il dit aux plantes : je fus un jour pareil à vous, aux astres purs :
elle se rapproche de l’auteur, et l’auteur note ce qu’il a entendu,
je deviendrai comme vous, dans un autre monde ! Entre-temps,
et il essaie d’en apprendre davantage, mais il ne se livre pas
il se disloque : il exerce sur lui-même tous ses tours, comme si
à des investigations de journaliste pour découvrir des détails
l’on pouvait reconstruire, à l’instar d’un ouvrage de maçonnerie,
plus précis et pour vérifier si l’histoire est authentique, non,
de la substance vivante une fois désagrégée ! Mais que tout
c’est en lui-même – il le constate une première, une deuxième,
son ouvrage n’arrange rien ne suffit pas à le désarçonner :
une troisième fois – qu’il fait des investigations et des
ce qu’il a fait demeure toujours un tour de force !
recherches, et il met le résultat en relation avec sa propre
Malheureux qui sentez cela, qui ne pouvez parler non plus de
situation, avec ses propres expériences. Et c’est ainsi que
vocation humaine, qui êtes tout pénétrés vous aussi du Rien
peu à peu, l’histoire s’empare de lui, le tourmente, le laisse
qui règne sur nous, qui comprenez que ce pour quoi nous
tomber comme un amant malheureux, le rend grognon et fait
sommes nés n’est rien, que ce que nous aimons n’est rien, que
naître en lui un zèle inaccoutumé, ainsi que le plaisir de raconter,
ce en quoi nous croyons n’est rien, que nous nous épuisons
et de cette manière, une première ébauche fragmentaire voit
pour rien, et pour dans le Rien lentement nous engloutir :
le jour. Rien de plus. L’histoire ne tient pas à être plus
qu’y puis-je si les genoux vous plient quand vous l’envisagez en
complète. Mais voilà que l’auteur veut apporter des preuves,
face ? Moi aussi j’ai sombré parfois dans cette pensée, criant :
argumenter, et l’histoire se défend. L’auteur est moins bon,
“Que ne portes-tu la hache à mes racines, esprit cruel ?” et
et il s’en rend compte. Il se fie à sa routine, et cela le rend
je suis encore là.
malheureux.
Il veut expliquer l’histoire, il veut combler les trous, clarifier
Tankred Dorst
les zones d’ombre. L’histoire s’échappe. Quel malheur, se lamente
Extrait de Merlin ou la Terre dévastée, traduction de l’allemand Hélène Mauler
l’histoire, je me suis trompée d’auteur ! Il n’a pas remarqué
et René Zahnd, © L’Arche Éditeur, Paris, 2005
ma dureté, [...] et quand il me raconte, en réalité, il ne fait
jamais que se raconter lui-même...
Tankred Dorst
Extrait du Discours de réception du Prix européen de littérature prononcé le
14 mars 2009 à Strasbourg, traduction de l’allemand Hélène Belletto-Sussel ©ACEL
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Parzival selon Tankred Dorst
Personnages de la pièce vus par les acteurs
Il y a beaucoup de moi – comment pourrait-il en être autrement –
Blaise par Simon Bakhouche
inscrit dans ce personnage de Parzival. Je le connais depuis
Blaise, le chroniqueur (et non le gros niqueur, ça c’est Lamorak,
si longtemps. Dans ma prime jeunesse, il était clair, courageux,
le vieux chevalier, toujours vert, “La vie ne cesse d’être une
idéaliste et ce que je faisais et pensais, moi, garçon de
aventure, quelle chance !“, si ridicule avec son slip panthère et
quatorze ans par temps de guerre, était toujours accompagné
qui a besoin de sensations fortes pour continuer à bander,
d’un regard que je jetais vers ce personnage. Parzival était le
mais si sympathique : “J’adore ce qui est audacieux, ce qui sort
chevalier qui chevauchait devant moi, et parfois même à mes
de l’ordinaire...”). Donc Blaise observe, commente et note,
côtés, je voulais voir le monde par ses yeux. Tout comme lui, je
élabore Camelot Soir, travail parfois aride et fastidieux, mais
voulais me distinguer de mon entourage, suivre le chemin
c’est un homme loyal et il aime tellement ses chevaliers et
singulier où d’autres ne s’étaient pas encore engagés. Dans mon
son roi ! Et quand on ne lui prête pas trop attention, ni vu ni
arrogance pubertaire, je méprisais la société mais je voulais
connu, il n’hésite pas à se jeter dans la peau d’un menuisier
cependant devenir une sorte de chevalier. Comme Parzival,
ou d’un chevalier (Lamorak, justement), n’importe qui pourvu
j’étais naïf et ne savais pas quel coeur bat sous la peau d’acier.
qu’il goûte à l’épopée !...
Alors que le monde entier, ainsi que moi-même, voyait les crimes
commis en mon nom et au nom de Parzival, j’aurais volontiers
Gareth l’Enfant (fils du Roi Lot et de Morgause)
rejoint les forêts, le monde sauvage des commencements, pour
par Antoine Kahan
m’y cacher. Mais la forêt était déboisée, la ville ravagée
Moi, Gareth, je trouve que c’est super au chateau [sic]. C’est
et les morts ne ressuscitaient pas. Je haïssais maintenant le
super quand on a 15 ans et d’avoir des grands frère avec
garçon Parzival, il me semblait être un tartuffe. Je voulais me
qui s’amuser. C’est super quand je fume en cachette avec mes
tenir loin de lui, je le voyais s’éloigner et pourtant je me jetais
frères. Mais c’est moins super quand je me fais cassé les
à sa poursuite pour lui crier sans cesse : tu m’as déçu ! tu
jambes par Mordret ou Aggravain ou quand ils m’oblige à boire
m’as trompé ! Jamais en vérité je n’ai été semblable à toi !
leur urine. Mais bon, c’est quand même genial d’être avec eux
Par toi j’ai été dévoyé et entraîné à participer sans le savoir
pour faire des conneries. Ah oui, j’allait oublier, Lancelot est
à tes crimes ! Je l’oubliais alors pour de longues années.
SUPER, oui il y a pas d’autres mots pour exprimer ma joie
Il me fallut attendre d’être au travail sur Merlin pour qu’il
quand je vais dans sa tante en plin après midi et qu’on est
ressurgisse...
tout les deux seul pendant des heures à jouer de la guitare.
C’est quand même le plus grand chevalier du monde ! En fait
Tankred Dorst
la vie, elle est super, c’est peut-être pour ça que je meure
Extrait de Parzival, Suhrkamp, 1990 (“Szenarium” et matériaux sur la création
si vite...
de Robert Wilson et l’auteur, Thalia Theater, Hambourg, 1987)
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Mordret (fils du Roi Arthur et de sa demi-soeur Morgause)
par Nadir Legrand
À quoi ressemble un homme capable de tuer sa mère, de
séquestrer sa belle-mère et de combattre son père jusqu’à ce
que mort s’ensuive ? Ai-je la fibre d’un assassin ? Y a-t-il en moi
un monstre sanguinaire qui sommeille ?
Premier jour de répétitions : tout le monde est gentil avec
moi, c’est une catastrophe.
Troisième jour : Marie est passée devant moi à la machine à café,
mais je ne ressens aucune pulsion meurtrière. J’ai encore
des efforts à faire.
Septième jour : fin de journée. En partant, Rodolphe prend mon
stylo en pensant que c’est le sien, cette fois-ci, je me lance.
Je lui saute dessus en criant et tente de l’étrangler.
Huitième jour : je lis mon monologue devant tout le monde.
Christophe se lève et va aux toilettes. Je le poursuis et tente
de le noyer dans le lavabo.
Neuvième jour : les acteurs de la compagnie commencent à
m’éviter et à me regarder bizarrement. Je sens que mes efforts
ont été récompensés, je tiens le bon bout.
Lancelot (chevalier de la Table Ronde et amant de la
Reine Guenièvre) par Julien Chavrial
Ce que l’on dit de moi est ce que je suis vraiment... Que mon nom,
Lancelot, serait d’origine bretonne et signifie ”petite lance”
(les jaloux). Que, par désespoir, je me bats avec l’ardeur de cent
chevaliers. D’aucuns disent que mes amours coupables seraient
responsables de la fin de la Table Ronde. Que ma victoire à
Douloureuse Garde serait due à Viviane et à ses protections
magiques. Que ma quête à moi n’est point le Graal mais le long
et ténébreux râle du cerf en rut au fond des bois. Mais moi,
Lancelot, je suis le plus sûr et le plus vaillant chevalier qu’Arthur
ait pu adouber. Je suis à la fois le feu qui brûle l’âme des
impies et le fleuve tranquille qui apaise nos folies meurtrières.
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Simon Bakhouche
Laurent Bellambe, David Clavel
Marie-Hélène Roig, Julien Chavrial
Antoine Kahan, Christophe Paou, Simon Bakhouche
David Clavel, Marie-Hélène Roig
Katja Hunsinger, Simon Bakhouche, Nadir Legrand, Laurent Bellambe
Gilles Ostrowsky, David Clavel, Antoine Kahan, Julien Chavrial
Katja Hunsinger, Rodolphe Dana
Nadir Legrand, Rodolphe Dana
Gilles Ostrowsky, Rodolphe Dana
Françoise Gazio
Merlin (fils du Diable et d’une femme pieuse) par Rodolphe Dana
Un type bien qui a de grands et nobles projets pour l’humanité.
Un peu, comme Dieu, d’ailleurs. Il prend sur son temps libre
pour éviter que les hommes s’entretuent, culpabilise quand il
a la grippe parce qu’il est moins disponible. Aimerait bien parfois
se trouver une ferme dans le Perche à retaper, lorsque la
bêtise humaine le fatigue. Le Graal, une idée qui fait son chemin,
et tant qu’on pense à ça, on ne pense pas au reste. Pense
que les 35 heures, c’était pas une si mauvaise idée... Aimerait
partir plus souvent dans la forêt de Brocéliande avec
Viviane, secrètement, qu’un après-midi d’été, après l’amour,
ils s’endorment nus dans la mousse verdoyante, corps collés
l’un à l’autre, sous la voûte immense et rassurante d’arbres
millénaires, au doux son d’une rivière...
Arthur le Roi (enfant illégitime d’Uther Pendragon et d’Ygerne)
par David Clavel
Je deviens roi des Deux-Bretagnes, à 15 ans, grâce ou à
cause d’un prestidigitateur, fils du Diable, en retirant
Excalibur d’une pierre. Bonjour l’idée pour me rendre légitime !
“Super ce mec, si on en faisait notre roi ?
- Tu connais ce type ?
– Non, mais paraît qu’il enlève les épées des cailloux.
– Ouah ! La vache, balèze.”
Plus tard, je couche sans le savoir avec ma demi-soeur, et lui
fais un enfant, Mordret. Ensuite, je choisis ma femme sur photo,
sur peinture. Elle est belle, elle me plaît, c’est elle. J’aurais
mieux fait de réfléchir un peu. Merlin me souffle l’idée de la
Table Ronde, je la mets en oeuvre. Les hommes de mon pays
arrêtent de se mettre sur la gueule et apprennent à parler
entre eux. Ma femme, Guenièvre, tombe amoureuse de mon
meilleur chevalier qui, subitement, part en sucette, et je ne
m’aperçois de rien. Les plus aveugles sont toujours ceux qui
veulent tout voir.
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Katja Hunsinger
Guenièvre (épouse du Roi Arthur et amante de Lancelot)
minutes avant, c’est la règle, je suis désolé.” Perceval chope la
par Marie-Hélène Roig
casquette du contrôleur et la fait voler. L’homme regarde
“Gwenhwyfar” (ancienne graphie “Gwenhwyvar”) qui signifie “le
son couvre-chef s’envoler. Perceval attrape le contrôleur, le
blanc petit fantôme”, “la dame blanche de petite taille” ou
plaque au sol. Il en extrait du sang, il lui marave sa mère
“la blanche fée pas très haute mais jolie quand même”. Reine
volontiers. La vieille monte alors saisie par la peur. Perceval
adultère qui vit sa liaison avec son amant Lancelot, meilleur
dénude le contrôleur inconscient et enfile l’uniforme, puis il
ami de son mari. (Il n’est pas impossible dans la version de
monte à bord. Sur la plate-forme, la vieille s’est transformée
Dorst qu’elle ait également un petit faible pour son beau-fils
en Pamela Anderson, il bande, pour aller où ?
Mordret.) Quand elle est avec Arthur, elle rêve de Lancelot.
Quand elle est avec Lancelot, elle pense à Arthur. Consciente
Hélène (amoureuse déchue de Lancelot) par Katja Hunsinger
de sa faute, elle lutte contre elle, malheureusement cette
Chez moi il ne se passe pas grand-chose. Il y a les prés, la
lutte intensifie encore plus son amour, du coup, elle n’est pas
boue, les bêtes, les buses qui font leurs cercles dans le ciel
sortie de l’auberge. Elle pleure beaucoup pendant toute
bleu, parfois les arbres en fleur, c’est beau, parfois les arbres
l’histoire. (Contrairement à ce qu’on peut s’imaginer, il n’est
nus et gris, c’est triste. Depuis que Lancelot est parti, les
pas sûr qu’elle soit tout à fait épanouie sexuellement...)
arbres sont toujours nus et gris. Je le voulais, je l’ai eu, mais
maintenant... Je porte son enfant, et tout le monde me plaint.
Viviane La Fée (amoureuse de Merlin) par Katja Hunsinger
Faut pas me plaindre. Le soir et la journée aussi, je suis assise
Et puis tu crois quoi ? Vieux dépressif houellebecquien. Que
devant le feu, les mains sur mon ventre. J’ai un rocking-chair,
je t’aime ? Dans ton regard, je ne vois qu’une chose : tu veux
cadeau de Sir Edward Bolingbroke, un vieux croulant ami de mon
mon cul de jeune fille en pleine santé, fraîche, ferme, insolente.
père qui a demandé ma main. J’ai pris la chaise, j’ai gardé ma
Tu veux m’avoir, pour te nourrir de ma jeunesse, tu veux que
main. Ci-gît “je” donc, assise dans mon rocking-chair. C’est tout.
je me soumette, pour que tu puisses triompher, debout, dressé,
immense, bien solidement enraciné en moi qui ai le nez dans
Diable (père de Merlin) par Laurent Bellambe
la boue. Je ne suis pas un socle pour vieux. Je suis moi-même
Petit, c’était un cauchemar : le mal absolu, rouge, avec des
debout, dressée, immense et tu seras mon socle, la matière
cornes, prêt à me dévorer avec ses dents sanguinolentes ; et
grise d’où je tirerai ma puissance.
puis un jour j’ai compris que sans ce mal il n’y avait pas de
NNAGES
bien, que le Diable ne pouvait être que le côté sombre, la face
Perceval (chevalier de la Table Ronde) par Christophe Paou
obscure de chaque homme ; mais je continuais à rêver du Malin
Sur un quai de la gare Montparnasse, Perceval marche nu,
comme s’il n’était pas loin, là, endormi près de mon lit. Et puis
personne ne voit qu’il l’est. Une vieille dame avec deux valises
encore, je me suis mis à lire Lautréamont, Cioran, Nietzsche.
s’apprête à monter dans le TGV, un contrôleur sur le marchepied
Le mal commençait à me fasciner. Et, comme d’autres, j’écoutais
l’en empêche : “c’est trop tard, Madame, il faut arriver plus
de la musique gothique et je m’habillais en noir, tout en noir.
tôt”. Perceval s’est approché et écoute. “Le train part dans
Je me complaisais dans le morbide : je vivais la nuit cherchant
deux minutes, c’est comme ça, il faut arriver au moins cinq
partout dans l’obscurité et dans la luxure ce qui me plaisait
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tant, là, dans les ténèbres, puisqu’il s’agit bien d’enfer. Je
Le monde est une terre dévastée
n’ai rien trouvé et surtout pas de réponse à mon existence.
Maintenant, je vais jouer à être le Diable, c’est plus drôle et
Dans quel but vit l’homme ?
plus jouissif.
Dans le magnifique récit de Tchekhov Une banale histoire,
l’étudiante devenue une actrice de province ratée,
Gauvain (fils du Roi Lot et de Morgause) par Gilles Ostrowsky
désespérée, pose cette question au vieux professeur malade
Un chevalier extraordinaire. On parle de lui partout, c’est
sur le point de mourir. Le vieil homme est malheureux de ne
une star, et modeste, le type parfait, presque énervant, et
pouvoir lui répondre autre chose que : “Je l’ignore.“ C’est une
puis beau en plus, sexy et vraiment classe, poli, serviable,
question que l’on se pose à chaque âge de la vie.
du genre à aider les mamies à traverser, à toujours retrouver
Je vis – c’est peut-être une réponse insuffisante – pour écrire
ses clefs, à réussir à plier une carte du royaume en moins
quarante-cinq pièces de théâtre. Ou quarante-six. Voilà mon
de 20 secondes. Ses frères n’en peuvent plus, ça donne des
projet de vie. Mais demain matin je dirai peut-être : pour me
envies de meurtre...
reposer en Italie, au soleil comme à l’ombre...
Mais son truc à lui, ce qui le fait avancer, c’est les femmes...
Seulement, l’acte d’écrire du théâtre n’est pas une chose
ce qu’il provoque en elles... elles sont dingues de son corps
modérée, c’est plutôt une extravagance. Depuis mon enfance,
(lui aussi d’ailleurs)... elles veulent le bouffer... et lui, derrière
depuis que j’ai vu au théâtre de Coburg Torquato Tasso et
son côté gentleman, il ne pense qu’à ça, il veut les bouffer
d’autres drames, depuis que j’ai entrevu dans l’obscurité
lui aussi... il sent le sexe Gauvain et c’est peut-être ça qui
– c’était la guerre – une lueur en haut de la façade, là où je
les attire, et quand il voit un sein se dévoiler par mégarde, il
supposais que se trouvait le dramaturge, j’écris des pièces.
devient une bête ; prêt à toutes les expériences, rien ne
Je m’imaginais que le dramaturge, là-haut, écrivait le dénouement
l’arrête. Au bout du compte Gauvain est l’un des rares chevaliers
des drames inachevés de la littérature mondiale : Grabbe,
qui va trouver le Graal, non pas le bibelot doré avec son
Hebbel, Grillparzer...
émeraude, la coupette sacrée, le mug magique tombé du ciel, mais
Pour correspondre au sentiment que j’avais alors de l’existence,
son Graal à lui. Au fond du sexe des femmes il va l’apercevoir,
mes héros étaient des solitaires, des paumés, des naufragés
et il va se perdre dedans, sincèrement, sans retenue, il va
en quelque sorte. Pas des vainqueurs...
naviguer bien loin dans les tréfonds féminins.
Héroïsme
Hercéloïde, Morgause, Jeschute par Françoise Gazio
Un héros... C’était la vanité de l’adolescence, bien sûr : le
Hercéloïde, veuve inconsolée, vit recluse avec son fils Perceval.
solitaire en lequel des choses grandioses se préparent. J’avais
Mère violente, incestueuse, mais une brave femme au fond...
lu Hölderlin, je connaissais beaucoup de ses poèmes par coeur :
Morgause détient des pouvoirs magiques. Si, si ! ! ! Mais bon,
“Viens, ô combat, déjà, comme une seule vague, les jeunes gens
cela l’a lassée à la longue alors, les HOMMES, c’est ça sa came
descendent vers la vallée, d’où les étrangleurs s’extirpent avec
dorénavant. Jeschute, mari violent, grande gueule, elle boit ?
effronterie.” Je ne voulais pas faire partie des “étrangleurs”.
Elle a la langue bien pendue mais un coeur d’or.
Je ne pressentais pas alors, à quinze ans, que ce noble sens
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du sacrifice servait en réalité une chose criminelle...
et a soif d’expériences. Merlin est le prototype du metteur
La guerre est en quelque sorte une aventure – toujours mieux
en scène qui a l’imagination et la force nécessaires pour faire
que l’école, ai-je même pensé ; peu après, nous avons dû sortir
avancer les autres. Mais un problème d’ordre moral se pose
les cadavres de sous les maisons bombardées de Nuremberg...
soudain : quelle est la bonne voie ? ”Sois toi-même !” Mais qui
C’est par hasard que j’ai survécu. Pendant quatre semaines j’ai
est ce “toi-même” ? Et s’il se révélait être un criminel ?
connu la guerre, puis l’emprisonnement, et j’ai vécu plus de trois
Merlin met les gens dans différentes situations, observe
ans en Angleterre et en Amérique. Ma découverte de l’Amérique –
la façon dont ils s’en sortent, tente de les orienter vers un
je voudrais écrire cela. La captivité a été mon apprentissage...
but – vers son utopie...
Scepticisme
Terre dévastée
C’est ce que l’on voit dans quasiment toutes mes pièces.
C’est notre biographie collective. Lorsque je suis rentré en
Même dans Merlin il y a un fort scepticisme envers les utopies.
Allemagne, j’étais absolument convaincu que je passerais ma vie
Cependant je crois que sans utopie ou, pour dire les choses
au milieu des décombres et des ruines. Je pensais que jamais
plus simplement, sans but dans l’existence, il est impossible
ces grandes villes démolies ne seraient reconstruites, que
de vivre. C’est déjà avec une petite utopie qu’on se lève le
jamais plus les maisons ne formeraient des rues, que jamais plus
matin : on a pris rendez-vous, on prévoit un projet, un voyage.
il n’y aurait de lumière aux fenêtres. Et comment un nouvel
C’est pour cela qu’on se lave les dents plutôt que de rester
ordre civil pouvait-il fonctionner ? En Westphalie rurale – c’est
au lit. L’existence humaine est ainsi...
là que j’ai repris l’école en 1950, pour repasser mon bac –,
l’histoire mondiale n’avait laissé quasiment aucune trace de son
Toller et Merlin
passage, mais à Nuremberg, Cologne, Würzburg... l’étendue des
Ma pièce Toller est sortie en 1968, juste au moment où l’idée
destructions visibles était terrifiante. Tout n’était que
d’une révolution gauchiste occupait l’imagination de tant de
décombres. Il est difficile de se représenter cela aujourd’hui...
jeunes gens. Pour le théâtre aussi, ce fut une époque
Je me demande parfois pourquoi on emploie ce mot, “sombrer ”.
mouvementée. Mais je n’avais pas envie d’écrire de l’agit-prop,
L’Empire romain a sombré, comme d’autres, l’Allemagne nazie
ce qu’on m’a parfois reproché. Toller, comme Merlin, raconte
a sombré, l’Union soviétique a sombré, mais pas de la façon
une utopie avortée. L’utopie d’une république des Conseils,
dont le Titanic a sombré : les hommes ont continué de vivre.
pacifique et humaniste, écrasée dans le sang...
Et se sont mis à penser différemment...
Merlin n’est pas un idéaliste...
Oui, le théâtre est une affirmation. On y affirme que le monde
Dans cette pièce, nous avons représenté deux mondes : d’un
est une terre dévastée...
côté la forêt, l’aventure, le primitif, l’irrationnel, et à l’opposé
le château, ce que les hommes ont bâti et organisé – la société...
Tankred Dorst
Depuis le début, le ver ronge le bois de la Table Ronde...
Propos extraits de “Comment on écrit Merlin ou la Terre dévastée”,
Merlin est à la fois un visionnaire et un pitre, dans le sens où
entretien de T. Dorst et U. Ehler avec J. Lux, trad. Marie Delaby,
n’importe quel artiste est également un pitre. Il est curieux
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paru dans l’édition française de la pièce, © L’Arche Éditeur, Paris, 2005
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Tankred Dorst
Les Possédés
Né le 12 décembre 1925 à Oberlind,
au Schauspielhaus de Düsseldorf
En 2002, après un travail
Ostrowsky, Simon Bakhouche,
enrôlé dans la Wehrmacht à 18 ans,
par J. Chundela. En 1986, Le Sauvage
d’installation /performance autour
Françoise Gazio, Antoine Kahan, et,
prisonnier de guerre jusqu’en 1947,
et L’Homme nu mettent en scène le
de La Maladie de la mort de M. Duras
à la scénographie, Saskia Louwaard
il termine son éducation secondaire
personnage de Perceval, étapes
pour Les Nuits curieuses de La
et Katrijn Baeten.
en 1950 et poursuit des études de
préparatoires du Szenarium Parzival
Ferme du Buisson, Rodolphe Dana et
R. Dana choisit les textes et
littérature allemande et d’histoire
dont R. Wilson et l’auteur font un
Katja Hunsinger décident de
distribue les rôles, et le travail,
de l’art et du théâtre. En 1953, il
spectacle au Thalia Theater de
monter Oncle Vania de Tchekhov.
pour eux, commence autour d’une
fonde “Das kleine Spiel”, théâtre
Hambourg (1987). Avec Ursula Ehler, sa
Ils font alors appel à Marie-Hélène
table : aventure intérieure
de marionnettes géré par des
collaboratrice depuis le début des
Roig, Nadir Legrand et David Clavel.
collective qui va vers les enjeux
étudiants. Au début des années
années soixante-dix, il a également
C’est ainsi que le collectif Les
cachés d’un texte, ses secrets,
soixante, il se fait connaître par des
entrepris toute une suite d’écrits
Possédés voit le jour : Oncle Vania
ses mystères. Puis, c’est le passage
pièces paraboles à la manière de
– pièces, récits, scénarios – qui,
est créé en 2004 à La Ferme du
au plateau : de l’intellect à
Brecht : Le Virage (1960), La Grande
peu à peu, constituent une vaste
Buisson. En 2005, Christophe Paou,
l’organique. Ils travaillent à partir
Imprécation devant les murs de la
chronique allemande des années
Katia Lewkowicz, Laurent Bellambe
d’improvisations et constatent
ville (1961), qui marquent le début
vingt aux années quatre-vingt : Sur
et Julien Chavrial les rejoignent
souvent que l’intelligence n’est pas
d’une longue collaboration avec
le Chimborazo (1975), Dorothea
pour la création du Pays Lointain de
toujours compatible avec les
P. Zadek. En 1968, avec Toller, il
Merz (1976), Le Récit, La Mère de
Jean-Luc Lagarce. En 2007, le
nécessités concrètes du jeu au
inaugure une forme de théâtre
Klara (premier téléfilm que Dorst
collectif crée Derniers remords
plateau. Ils absorbent les
“documentaire” qui interroge le
réalise lui-même en 1978), La Villa
avant l’oubli, du même auteur. En
tentatives, leurs échecs jusqu’à
rapport complexe de l’artiste à la
(1979), Mosch (1980), Jean-de-fer
2009, R. Dana met en scène avec la
trouver les évidences : point
politique ; la pièce est créée à
(1983), Le Voyage à Stettin (1984),
complicité de D. Clavel et interprète
central où se rejoignent toutes
Stuttgart par P. Palitzsch (disciple
récit devenant théâtre sous le
Loin d’eux de Laurent Mauvignier.
les convergences trouvées et
de Brecht), adaptée pour un
titre : Heinrich ou les Maux de
Formés pour nombre d’entre eux à
éprouvées entre le texte, l’espace
téléfilm, Rotmord, tourné en
l’imagination. Suivent Moi, Feuerbach
l’École Florent, certains ont
et les acteurs. Ils partent d’eux,
collaboration avec P. Zadek en 1969,
(1986), Korbes. Un drame (1988),
également participé à l’expérience
leurs défauts et leurs qualités,
mise en scène par P. Chéreau au
Fernando Krapp m’a écrit cette
de création collective de la
et se servent de leur complicité
Piccolo Teatro de Milan en 1970.
lettre. Un essai sur la vérité (1991),
Compagnie d’Edvin(e) menée par
pour mieux construire leurs
Entre utopie et réalité, son
Monsieur Paul (1993), où Dorst
Éric Ruf (Du désavantage du vent,
personnages.
théâtre devient une sorte d’atelier
est à la recherche d’une forme de
Les Belles Endormies du bord de
Parallèlement à ses créations, le
producteur de matériaux et de
réalisme fantastique.
scène), dont R. Dana a été l’un des
collectif Les Possédés mène depuis
“constellations ” sans que soient
En 2006, il présente une nouvelle
premiers compagnons de route.
2003 un travail de sensibilisation
abandonnés ni les personnages ni
mise en scène de L’Anneau des
L’aventure collective des Possédés
des publics au moyen de lectures et
la fable théâtrale.
Nibelungen à Bayreuth. Il a
se poursuit avec Merlin ou la Terre
d’ateliers et travaille au cours de
Il explore l’histoire à travers des
dernièrement reçu le Prix européen
dévastée de Tankred Dorst, vaste
la saison 2008-2009 à un projet
situations contemporaines ou recourt
de littérature (2009). Son oeuvre
conte théâtral qu’ils adaptent
d’implantation et de résidence sur
aux contes, comme dans Merlin ou la
complète (Suhrkamp, 8 vol.) est
et commencent à répéter dès
le département de Seine-et-Marne :
Terre dévastée (1981), projet fleuve
publiée et diffusée en France par
mars 2008, emmenant avec eux de
Théâtre au Val d’Europe.
d’abord conçu avec Zadek et créé
L’Arche Éditeur.
nouveaux compagnons : Gilles
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Les partenaires du spectacle
Responsable de la publication Didier Juillard
Rédaction Laure Hémain
Photographies Élisabeth Carecchio
Conception graphique Atelier ter Bekke & Behage 09
Imprimerie Comelli, Villejust, France
Licence n° 1-100-75-15
Tous les droits de la présente publication sont réservés.
La Colline — théâtre national
e
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