Hudson - DRH de l`année
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Hudson - DRH de l`année
MONTAGE DRH 2008 29/10/07 19:04 Page 3 LUNDI 5 NOVEMBRE 2007- ÉDITION SPÉCIALE - NE PEUT ÊTRE VENDUE LE JURY DU PRIX ORGANISÉ PAR HUDSON ET RÉUSSIR « L’EXPRESS - LE FIGARO » RÉCOMPENSE LE DRH D’ALSTOM. A. Aubert/Le Figaro ; Artechnique ; R. Vialeron/Le Figaro STMicroelectronics, prix de l’initiative RH Laurent Derivery (Hudson) : « Les DRH doivent privilégier l’approche individuelle du salarié » MONTAGE DRH 2008 2 29/10/07 19:03 Page 4 PRIX DU DRH DE L'ANNÉE Les DRH sous les feux des projecteurs LES PRIX DU DRH DE L’ANNÉE ET DE L’INITIATIVE RH SONT ORGANISÉS PAR LE CABINET DE CONSEIL HUDSON ET RÉUSSIR « L’EXPRESS » « LE FIGARO ». " ORGANISÉ par Hudson et Réussir L’Express-Le Figaro et pour la 11e année consécutive, le prix du DRH de l’année est désormais durablement installé dans le monde des entreprises. « Depuis sa création, son objectif est de mettre en valeur à la fois la fonction de directeur des ressources humaines et des hommes ou des femmes occupant ce poste qui, par nature, font souvent preuve de discrétion », précise Valérie Delpit, responsable de cet événement chez Hudson. Le lauréat est élu par un jury composé des anciens lauréats du prix et de personnalités issues de la fonction RH. Chef du personnel, directeur des affaires sociales, directeur des relations sociales, directeur des res- ticipe de plus en plus souvent à l’élaboration de la stratégie de l’entreprise. Et que ce soit en termes de recrutement ou de formation, il a une vision beaucoup plus prospective », souligne Valérie Delpit. Philippe Bouquet-Nadaud (Aker Yards), Catherine Chouard (Elior), Christian Herrault (Lafarge) et Max Matta (Rhodia), membres du jury 2007. Le Figaro sources humaines, voire directeur général en charge des ressources humaines : l’intitulé du poste a suivi, depuis les années 1970, l’évolution et l’enrichissement de la fonction. « Aujourd’hui, un DRH par- Appel à candidatures Si le prix du DRH de l’année honore une personne, celui de l’initiative RH, également organisé depuis l’an dernier par Hudson et Le Figaro, récompense une entreprise (quatre sont nominées) pour des projets innovants dans le domaine des ressources humaines et pouvant servir d’exemple. « Nous sommes très satisfaits du succès, qui ne se dément pas, du prix du DRH de l’année, mais nous sommes particulièrement fiers que ce deuxième prix ait trouvé son public », note Valérie Delpit. À la suite d’un appel à candidatures, lancé à la fois dans Réussir et par mail, vingt dossiers ont été reçus et une dizaine a été sélectionnée par Hudson. Chacun répondait au même canevas : présentation de l’entreprise, exposés de la problématique et de l’initiative RH. Les personnes qui ont « porté » ces projets sont venues les défendre devant un jury dans le cadre d’un « grand oral » au ministère des Finances. Ce jury était le même que celui du prix du DRH de l’année, renforcé par des étudiants en 3e cycle en ressources humaines. Cette année, il s’agissait des diplômés de l’Essec et de l’université Paris-V. B. L. B. « Une fonction de plus en plus sophistiquée » Laurent Derivery est président de Hudson Europe du sud. L’Insee ne prévoit plus que 1,8 % de croissance en 2007. Quel va être l’impact de cette baisse sur le recrutement des cadres ? Laurent DERIVERY. – En 2006, la croissance n’a pas été tellement meilleure et le marché du recrutement a été dynamique. Il en va de même cette année. Les secteurs qui marchent bien, par exemple le BTP ou l’énergie, vont continuer à recruter et la demande restera forte sur certaines fonctions comme les ingénieurs, les informaticiens ou les financiers. De plus, les entreprises qui se développent à l’international vont continuer à renforcer leurs effectifs siège quel que soit leur secteur. En outre, les départs à la retraite de la génération des baby-boomers (600 000 prévus en 2008) vont entraîner un appel d’air. Enfin, on peut espérer un effet « con- fiance » positif dans un marché des cadres pratiquement au plein-emploi – on change plus facilement si on n’a pas la crainte de se retrouver au chômage –, ce qui explique en partie les écarts que nous avons avec les marchés anglo-saxons. Tous ces éléments nous permettent donc d’envisager pour 2008 un marché du recrutement très dynamique. Cette situation va-t-elle modifier les relations entre les cadres et les entreprises ? Certainement. D’autant qu’en raison de l’évolution démographique le marché va rester structurellement tendu. Plus que jamais, les entreprises vont devoir identifier, sélectionner, attirer et retenir les talents dont elles ont besoin. Pour cela, il leur faudra intégrer des profils plus divers (notamment en termes d’origine) ainsi que prendre en compte les nouvelles attentes des candidats. Ils recherchent de l’employabilité (« va-t-on me développer ? »), de l’épanouissement professionnel (« ce que je vais faire me plaira-t-il ? ») et personnel (« l’entreprise correspondelle à mes valeurs ? »). Ils sont dans une logique de consommateur et si le deal qui leur a été proposé ne tient pas toutes ses promesses, ils n’hésiteront pas à changer d’employeur. C’est d’ailleurs le sens et la raison d’être des métiers de Hudson, conseil en recrutement et en ressources humaines, que d’accompagner ses clients, entreprises et candidats, dans ce nouvel équilibre. Fort de l’expertise de nos collaborateurs, de nos clients et de notre centre de R & D, Hudson a développé et continue à développer des outils et méthodes dans ce sens comme, par exemple, une mesure du contrat psychologique entre entreprise et collaborateur. Dans ce contexte, quel sera le rôle du DRH ? sation des rémunérations en fonction des performances de chaque collaborateur relève de la même logique. Les DRH vont aussi devoir gérer la complexité issue des écarts significatifs éventuels entre nouveaux collaborateurs et ceux en place. Laurent Derivery, président de Hudson Europe du Sud. R. Vialeron/Le Figaro À l’image des directeurs de marketing, les DRH vont devoir passer d’une approche collective de l’entreprise à une approche presque individuelle des collaborateurs. Dans le même esprit, ils devront déplacer leur centre de gravité des relations sociales (approche collective) vers des actions de gestion des compétences pour atteindre les objectifs stratégiques de l’entreprise. La tendance de fond à l’individuali- Le poste de DRH convient-il mieux à un homme ou à une femme ? Être un homme ou une femme n’est pas une compétence. De même, la formation initiale compte peu. Je placerai plutôt les choses sur le plan des compétences de base à acquérir, techniques et comportementales, d’intelligence de mise en action de ces compétences et enfin de parcours qui devra inclure une étape opérationnelle. Hudson est fortement engagé dans la diversité pour que les compétences de chacun soient valorisées et contribuent à la performance. Propos recueillis par BERTRAND LE BALC’H MONTAGE DRH 2008 29/10/07 19:03 Page 5 PRIX DU DRH DE L'ANNÉE 3 Patrick Kron : « Bâtir une culture commune » Patrick Kron est le président d’Alstom. Patrick Dubert, le DRH d’Alstom, a été élu DRH de l’année. Quelles sont les qualités essentielles que doit, selon vous, posséder un DRH ? Patrick KRON. – Ce doit d’abord être un professionnel reconnu. Quand on traite de sujets aussi importants que les ressources humaines, on ne peut être simplement compétent, il faut être excellent. Et cela dans un domaine aux multiples facettes : embaucher les cadres clés, négocier avec les partenaires sociaux là où c’est nécessaire, etc. La deuxième qualité, c’est le dialogue et l’écoute. Une large part du travail consiste à animer les équipes RH et à être proche des opérationnels. Un bon DRH a la confiance de tous. Il apporte des solutions à toute question qu’on lui soumet. Comment avez-vous réagi à la désignation de Patrick Dubert comme DRH de l’année ? Patrick et son équipe ont déjà vécu deux périodes bien différentes en quatre ans. Une gestion de crise lourde et une phase de reconstruction, de développement et de croissance. Le moins que l’on puisse dire, c’est que nous sommes au rendezvous et que le succès est là. L’annonce de la construction d’une ligne TGV au Maroc fait suite à une série d’annonces très positives pour votre activité. Êtes-vous optimiste sur l’avenir d’Alstom ? Alstom est maintenant complètement redressé et se focalise sur sa stratégie de croissance rentable. Nous bénéficions d’un contexte très porteur dans nos deux activités, les équipements et services pour la production d’électricité et le transport ferroviaire. Alstom fournit des infrastructures essentielles à l’activité économique et au progrès social. La croissance mondiale se traduit par des besoins croissants en énergie électrique et en transport. Et l’environnement devient un facteur clé, tant pour la production d’électricité « propre » que pour le développement du transport ferroviaire urbain et interurbain, deux secteurs où Alstom détient des positions de leader mondial. Depuis votre arrivée à la tête d’Alstom, comment les ressources humaines ont-elles évolué ? Les priorités ont changé. Sauver le groupe nécessitait de renouveler les équipes, de céder des activités, de re structurer les unités les moins performantes. Cela a été fait en respectant les collaborateurs concernés, en expliquant et en essayant de faire partager les mesures, en négociant avec les partenaires sociaux. Aujourd’hui, nous devons bâtir une culture commune autour d’une vision et de valeurs qui renforceront notre cohésion et notre efficacité collective. Nous devons préparer l’avenir : ainsi au cours des dixhuit derniers mois, nous avons recruté 14 000 nouveaux collaborateurs, soit l’équivalent de 20 % de notre Patrick Kron : « Notre dimension internationale, notre organisation en équipe projet, c’est cela que nous faisons connaître. » J. Graf/Fedephoto effectif total. Cela suppose que dans tous les domaines des ressources humaines – les conditions de travail et la sécurité, l’évaluation des performances, la gestion des carrières et de la mobilité, la formation, les rémunérations – nous ayons des politiques claires et connues. La qualité et l’engagement des équipes sont à ce prix. Avez-vous mis en place une stratégie spécifique pour séduire les ingénieurs, techniciens et cadres dont vous avez besoin ? L’attractivité d’Alstom, c’est celle d’un grand groupe d’ingénierie, dont le métier est de réaliser des grands projets à forte valeur ajoutée technologique et qui répondent aux défis environnementaux actuels. Notre dimension internationale, notre organisation en équipe projet, c’est cela que nous faisons connaître. Nous avons engagé de nombreuses initiatives pour permettre aux candidats de nous découvrir. Nous avons des relations privilégiées établies avec plus de 100 universités dans le monde. Des opérations originales, Les membres du jury Jean-Claude Armbruster (Sanofi Aventis). Dominique Beaufrand (VM Matériaux). Gilles-Emmanuel Bernard (AGF). Philippe Bouquet-Nadaud (Aker Yards France). Catherine Chouard (Elior). Catherine Djunbushian (Monoprix). Nathalie Drouet (Elis). Sylvie François (HSBC). Christian Herrault (Lafarge). Max Matta (Rhodia). Frédéric Moulin (Deloitte & Touche). Stéphane Roussel (Cegetel). Olivier Sastre (Club Méditerranée). Jean-François Verdier (ministère des Finances). Jean-Luc Vergne (PSA Peugeot Citroën). Avec la participation des représentants des écoles Ciffop, Essec et de l’université Paris-V pour le prix de l’initiative RH 2007. dénommées People Quest, permettent de réunir sur une sorte de campus itinérant des professeurs, des étudiants et des managers, actuels et futurs, d’Alstom, dans les pays où les besoins de recrutement sont importants : Chine, Brésil, Inde ou Europe. Vous impliquez-vous, aux côtés de Patrick Dubert, dans la politique de ressources humaines ? À ma façon, en étant souvent auprès des équipes d’Alstom, en écoutant les collaborateurs. Je rencontre chaque mois un groupe de jeunes managers, je participe aux sessions d’intégration des nouveaux embauchés, je rencontre régulièrement les représentants de notre comité de groupe européen. Tout cela me permet de mesurer le climat du groupe et d’influer sur la politique de ressources humaines. Et j’ai très souvent des échanges avec Patrick Dubert, autour d’un café, tôt le matin, c’est efficace aussi… Propos recueillis par ALBERT ZENNOU MONTAGE DRH 2008 29/10/07 18:17 Page 6 RÉUSSIR L’Express - Le Figaro PRIX DE L’INITIATIVE RH 4 STMicroelectronics, prix 2007 de l’Initiative RH LE JURY DU DRH DE L’ANNÉE A ÉGALEMENT RÉCOMPENSÉ L’INNOVATION DES ENTREPRISES EN MATIÈRE DE RESSOURCES HUMAINES. QUATRE ENTREPRISES AVAIENT ÉTÉ SÉLECTIONNÉES. STMicroelectronics favorise la mobilité interne et externe " PRÉSENT dans 36 pays, STMicroelectronics (50 000 salariés dont 11 500 en France) est un des leaders mondiaux des semi-conducteurs. Comme l’ensemble du secteur, l’entreprise est confrontée à de rapides évolutions technologiques qui ont un impact sur ses métiers, dont certains sont très spécialisés. En 2005, frappée de plein fouet par la guerre des prix, la société franco-italienne annonce un nouveau plan de restructuration touchant 1 000 emplois en France, dont 320 CDI. « Nous ne connaissions pas à l’époque tous les emplois qui devaient être impactés par ce plan, indique Thierry Denjean, directeur des ressources humaines France et bassin méditerranéen. D’où l’idée de signer avec les partenaires sociaux, avant même qu’une procédure de licenciement ne soit lancée, un accord de “gestion de l’emploi en période de restructuration” afin d’accompagner les reconversions internes ou externes choisies. » Résultat : sur les 228 personnes en CDI qui se sont portées volontaires pour quitter la société, 82 ont créé leur propre entreprise grâce aux accompagnements, ce qui n’a engendré aucun licenciement. Pôle de mobilité régionale En contrepartie, les syndicats obtiennent que la démarche soit pérennisée dans le cadre d’un « accord d’entreprise pour la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences », signé en septembre 2006. Cet accord prévoit notamment la création d’un observatoire des évolutions technologiques, des métiers et de l’emploi. Sa mission : établir un rapport annuel répertoriant l’ensemble des métiers de l’entreprise et de leurs évolutions, à la fois sur le plan quantitatif et quali- Un « accord d’entreprise pour la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences » a été signé en septembre 2006 chez STMicroelectronics. Artechnique tatif, pour les douze mois à venir ainsi que les grandes orientations envisagées à vingt-quatre mois. « L’évolution technologique des équipements d’une salle blanche a un impact direct sur les profils. Grâce à notre lien étroit avec nos fournisseurs d’équipements, nous pouvons anticiper et affiner nos formations, explique Thierry Denjean. De leur côté, les salariés savent comment leurs métiers évo- lueront à moyen terme. Ils deviennent acteur de leur vie professionnelle. » Dans ce contexte, un pôle de mobilité régional et interentreprises a été créé en avril dernier en Isère, à l’initiative de STMicroelectronics. Outre la société, il comprend Radiall, Capgemini, Hewlett-Packard et NXP qui ont également mis en place un observatoire des métiers. « Concrètement, un salarié qui veut évoluer en interne, opérer une reconversion à l’extérieur, ou encore créer sa propre entreprise, a accès à ce pôle pour présenter, dans le plus strict anonymat, son projet professionnel. » À ce jour, le pôle de mobilité régionale accompagne une quarantaine de salariés dont 40 % sont porteurs d’un projet de création d’entreprise. BERTRAND LE BALC’H « PLUTÔT que de subir le durcissement de la loi sur le recrutement des travailleurs handicapés, nous avons préféré prendre les devants », explique Sébastien Laboutade, DRH pour la région Ile-deFrance de McDonald’s France. Réaffirmant l’obligation pour les entreprises de plus de 20 salariés d’employer au moins 6 % de personnes handicapées, la loi handicap du 11 février 2005 a en effet étendu cette obligation à de nouvelles catégories de personnes handicapées et augmenté la contribution versée à l’Agefiph par les entreprises qui ne la respectent pas. D « Concrètement, nous avons planché en 2005 sur nos différents postes de travail en examinant leurs contraintes, notamment sur le plan physique. À partir de là, nous avons retenu 17 postes, répartis entre la cuisine, le comptoir et la salle, qui peuvent être proposés à des handicapés, avec parfois des aménagements. Ainsi, la préparation des salades en cuisine peut parfaitement se faire assis. Simplement, il faut prévoir une chaise », indique Sébastien Laboutade. L’étape suivante a consisté à rencontrer 27 associations de Cap emploi J.-J. Ceccarini/Le Figaro McDonald’s se joue des handicaps McDonald’s a retenu 17 postes de travail qui sont proposés aux handicapés. d’Ile-de-France pour leur expliquer le projet de recrutement, d’intégration et d’accompagnement des personnes handicapées ; leur transmettre les fiches métier ; leur demander de proposer des candidatures ; enfin, organiser des rendezvous avec les franchisés. Résultat : « En Ile-de-France, où nous comptons 185 restaurants, 80 personnes handicapées ont été recrutées en plus des 50 déjà en poste. » Une démarche comparable a été entreprise par les directions des ressources humaines des quatre autres grandes régions (Nord-Est, Nord-Ouest, Sud-Est, SudOuest) de McDonald’s France. L’enseigne, qui compte 1 087 restaurants dans 776 villes, dont 860 en franchise, emploie déjà quelque 600 handicapés. « Les seuls que nous ne pouvons pas embaucher, pour des raisons de sécurité, ce sont les nonvoyants », précise Sébastien Laboutade. Pour faciliter les contacts entre les 267 franchisés et les handicapés à la recherche d’un emploi, un partenariat national a été signé avec www.hanploi.com. B. L. B. MONTAGE DRH 2008 29/10/07 18:16 Page 1 RÉUSSIR L’Express - Le Figaro PRIX DE L'INITIATIVE RH 5 Savoie Réfractaires développe une culture de la sécurité G SPÉCIALISÉE dans la con- ception et la fabrication de revêtements en céramique industrielle pour l’industrie verrière, la pétrochimie, l’énergie et la métallurgie, Savoie Réfractaires (groupe Saint-Gobain) emploie 300 salariés dans deux usines situées dans le Rhône et en Seine-et-Marne. Dans cette industrie lourde, le process de fabrication est peu automatisé, car les pièces sont réalisées à la commande, à l’unité ou en petites séries. Si bonnes pratiques et tours de mains des ouvriers font partie du patrimoine de l’entreprise, les manipulations (à la main, avec des chariots élévateurs…) des moules et des pièces (leur poids va de quelques kilos à une tonne) sont physiquement éprouvantes et présentent des risques. « En 2000, nous avons enregistré dix-neuf accidents, dont huit avec arrêt de travail. Il fallait réagir car ce n’était plus tolérable », souligne Marie-Pierre Cottier, responsable des ressources humaines. À l’initiative de la direction, deux axes d’action ont été définis. D’une part, développer une culture de la sécurité, en particulier auprès du personnel ouvrier, afin de diminuer les risques d’accidents et réduire la pénibilité physique. D’autre part, permettre une meilleure adéquation entre les besoins techniques et les ressources humaines de l’entreprise à travers des formations ciblées (lecture de plans et de tableaux de bord de production). Formations ciblées « Un groupe de travail de dix salariés, plus un membre du comité d’hygiène et de sécurité, a été mis en place. Au sein de ce groupe, nous avons procédé à un échange sur les comportements professionnels et la sécurité, explique Marie-Pierre Cottier. Le compte rendu des deux réunions a pris la forme, originale, d’un dessin grand format de style BD présentant toutes les situations à risque – 25 au total –, évoquées par les participants. Il Réduire la pénibilité physique dans les usines permet de diminuer significativement les risques d’accidents. DR a ensuite été présenté et distribué à l’ensemble du personnel et appelle à “trouver les erreurs” en matière de sécurité. » Par ailleurs, dans le cadre de la journée santésécurité de Saint-Gobain organisée en juin 2006, des cassettes vidéo de salariés parlant de la sécurité à leurs collègues ont été réalisées. « Elles ont rencontré un vif succès ». Et, de « grands témoins », extérieurs à l’entreprise – le directeur adjoint du parc zoologique de Lyon et un artisan vitrier travaillant sur des édifices de grande hauteur –, sont venus établir un parallèle entre les situations à risque dans leur métier et dans l’industrie. « Ces différentes actions, qui ont permis au personnel de prendre conscience des risques, ont porté leurs fruits. Il n’y a eu que deux accidents, sans arrêt de travail, en 2006 et 2007 », se félicite MariePierre Cottier. Côté formation, trentehuit salariés ont bénéficié de modules de 70 heures (4 heures par semaine). À l’issue de leur formation, ils ont proposé de faire évoluer les tableaux de bord utilisés en production afin de les rendre homogènes pour les différents secteurs de fabrication et lisibles par tous les opérateurs. « Cette suggestion a été retenue », précise Marie-Pierre Cottier. BERTRAND LE BALC’H Reagroup crée un fonds d’aide sociale et humanitaire G « NOUS avons voulu sortir du cadre, très réglementé, des relations sociales classiques pour ouvrir l’entreprise vers l’extérieur à travers une démarche consensuelle », explique Alain Levy, DRH de Reagroup, à l’origine de la création d’un fonds d’aide sociale et humanitaire chez la filiale de distribution du groupe Renault. Le financement de ce fonds est original. « Nous avons négocié avec les syndicats un accord d’intéressement aux résultats financiers intégrant un prélèvement de 2 % des montants distribués aux salariés pour l’alimenter (1). Pour que cet effort soit partagé, l’entreprise abonde le fonds d’un montant équivalent. Au total, le budget annuel est de 140 000 euros », précise Alain Levy. Ce fonds finance à la fois des actions humanitaires (70 % du budget) et des aides particulières aux salariés en cas de situation difficile (enfant handicapé…). Émanant du personnel, des comités d’entreprise, des syndicats et de la direction, les propositions (une vingtaine par an) sont étudiées par une commission composée d’un membre de chaque organisation syndicale (CFTC, FO, CFDT, CFE-CGC et CGT) et de deux membres de la direction. Les décisions sont prises à la majorité. 10 000 euros pour le Sénégal Depuis la création du fonds en 2004, près de 300 000 euros ont été distribués, généralement en direct ou à des associations, mais aussi à des ONG pour des actions humanitaires. À titre d’exemple, 10 000 euros ont été consacrés au financement d’un dispensaire au Sénégal et 5 000 à son approvisionnement en médicaments. L’association Les Enfants de Le fonds Reagroup finance des actions humanitaires (70 % du budget) et des aides aux salariés personnalisées. DR l’ovale, présidée par l’ancien international de rugby Philippe Sella, qui veut créer un centre de formation pour les enfants près de Rabat (Maroc), a reçu un chèque de 5 500 euros. 4 000 euros ont été versés à l’association Sonia Rolland pour les enfants afin de participer à la création d’un village destiné à accueillir des enfants victimes de la guerre au Rwanda. Une aide de 7 500 euros a été attribuée à l’Association des groupements de parkinsoniens de la Loire, afin de financer la création d’une maison de vie pour des adultes atteints de la maladie … En liaison avec Planète Urgence, certaines actions impliquent directement des salariés qui n’hésitent pas, dans le cadre de « congés solidaires », à consacrer une partie de leurs vacances à de la formation professionnelle dans des pays défavorisés. Six missions ont déjà été organisées en Afrique et une septième (coût : 10 000 euros) est en cours à Bamako (Mali) où deux mécaniciens assurent une formation en électromécanique automobile. « Tenu régulièrement informé des actions menées et des sommes engagées, le personnel a pleinement adhéré à ce fonds d’aide sociale et humanitaire », souligne Alain Levy. Son souhait ? Que d’autres entreprises s’engagent sur la même voie. « Nous avons déjà été contactés par plusieurs sociétés, précise-t-il. » B. L. B. (1) Cet accord a été signé par la CFTC, FO, la CFDT et la CFECGC. MONTAGE DRH 2008 29/10/07 19:14 Page 2 PRIX DU DRH DE L’ANNÉE Patrick Dubert : une vie dans les ressources humaines De la gestion du personnel dans une usine de verre au plan de sauvetage du groupe Alstom, Patrick Dubert a effectué toute sa carrière dans les RH. rys menée sous la houlette de Patrick Kron. OPA sur English China Clays, cession de la filiale américaine Copperweld, acquisitions au Portugal, en NouvelleZélande, en France, en Autriche, au Brésil… En quelques mois, la firme tourne le dos aux métaux non ferreux pour se recentrer sur la transformation des minéraux. En mars 2003, Patrick Kron est nommé PDG du groupe Alstom, alors au bord de la faillite. Pour remplacer le DRH sur le départ, il fait appel à un cabinet de chasseurs de têtes. « Il m’en a parlé très ouvertement », souligne Patrick Dubert qui finalement décroche le poste. Dans une carrière, ce genre de train ne passe pas deux fois. " « JE SUIS venu aux ressources humaines par hasard, mais j’y ai rapidement pris goût », reconnaît Patrick Dubert, DRH du groupe Alstom (65 000 salariés, 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires). À 60 ans, il a derrière lui trente-cinq ans d’expérience dans un domaine qui a beaucoup évolué au fil des années. D’ailleurs, quand ce diplômé de l’université ParisDauphine (maîtrise d’économie appliquée) a démarré sa carrière on ne parlait pas encore de ressources humaines, mais simplement de gestion du personnel. Ses premiers pas dans la vie professionnelle, il les fait dans le groupe BSN, devenu plus tard Danone. D’abord dans l’usine de verre plat de Boussois-sur-Sambre (Nord), puis dans celle de verre creux de Cambrai, toujours dans le Nord, comme responsable des relations sociales. « Les ouvriers étaient très attachés à leur métier “d’homme” qu’ils exerçaient à feu continu. Mais à l’époque, l’industrie du verre était un des fiefs de la CGT et j’ai eu pas mal de petits conflits à gérer », se souvient Patrick Dubert. À Dijon, chez le roi de la moutarde Quittant le Nord, il se retrouve chargé du recrutement au sein de la direction des ressources humaines. « J’ai apprécié ce poste qui m’a permis de faire le pont entre l’industrie lourde et le secteur des biens de consommation. » Ainsi, en 1981, il est nommé responsable des ressources humaines pour les activités de vente et de distribution de Danone France. « Hyper, super, centrales d’achat, plates-formes logistiques… la grande distribution était en pleine expansion. Chez Danone nous avions 1 500 chauffeurs-livreurs-vendeurs. En quelques années, ce métier a Patrick Dubert : « Quitter une société employant 14 000 salariés pour rejoindre un groupe de plus de 100 000 personnes, c’est faire un grand bond. » A. Aubert/Le Figaro disparu. La plupart de nos livreurs ont été recasés, mais ce ne fut pas facile à gérer. » L’étape suivante le mène à Dijon (Côte-d’Or), chez le roi de la moutarde, Amora, que Danone venait de racheter. « J’ai participé à son intégration et plus tard à sa revente », précise Patrick Dubert. En 1987, de retour au siège, rue de Téhéran, à Paris, il prend en charge le développement des cadres dirigeants du groupe Danone, qui à l’époque multipliait les acquisitions et atta- quait de nouveaux marchés (Asie, Europe de l’Est). « Je suis resté dix ans à ce poste, mais il m’a apporté beaucoup de satisfactions car j’étais directement impliqué dans le développement international du groupe. » Ensuite, il sera, durant deux ans, directeur des ressources humaines Europe. À 50 ans, la carrière de Patrick Dubert prend un virage. Recruté par un cabinet de chasseurs de têtes, il quitte Danone après vingtsix ans de bons et loyaux ser- vices pour rejoindre Imétal, devenu en 1999 Imerys, comme directeur des ressources humaines. Le président du directoire, fraîchement nommé, n’est autre que Patrick Kron. « Je ne le connaissais pas. Mais lors de mon entretien d’embauche j’ai découvert quelqu’un de non conventionnel avec qui les relations sont simples. » Sa première tâche consistera à recréer une fonction ressources humaines. Mais surtout, il va vivre la profonde mutation d’Ime- Pas de droit à l’erreur Mais sa décision a été mûrement réfléchie. « Quitter une société employant 14 000 salariés pour rejoindre un groupe de plus de 100 000 personnes, c’est faire un grand bond. En outre, le plan de redressement mis sur pied par Patrick Kron comportait des cessions d’activités, des restructurations et environ 10 000 suppressions de postes. Pour une direction des ressources humaines c’était un véritable challenge, d’autant que nous n’avions pas droit à l’erreur. Mais pour mener à bien ma tâche, j’étais assuré de son soutien. Cette période est passée. Aujourd’hui, Alstom recrute : près de 9 000 personnes l’an dernier et un chiffre similaire cette année. » Alstom remis sur les rails, Patrick Dubert s’est attaqué à la sécurité, un chantier jugé prioritaire. « Entre 2003 et 2007, la fréquence des accidents du travail a été divisée par plus de trois », précise-t-il. Par ailleurs, pour favoriser l’intégration et la formation des nouveaux collaborateurs, une Alstom University a été créée l’an dernier. Après Paris, des campus locaux sont en cours d’installation en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Chine et en Inde. BERTRAND LE BALC’H