Stage humanitaire à Madagascar Septembre 2015
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Stage humanitaire à Madagascar Septembre 2015
Anouck MONAVON Etudiante infirmière 3ème année Ifsi le Vinatier Stage humanitaire à Madagascar Septembre 2015 Etudiante infirmière en 3ème j’ai souhaité partir en stage humanitaire à Madagascar afin de découvrir la médecine de brousse et une autre façon de prodiguer des soins et de prendre soin. J’ai effectué ce stage sur l’Ile Sainte Marie avec 2 autres étudiantes infirmières. Nous avons fait ce stage dans un dispensaire qui se trouve dans un orphelinat tenu par Michelle MARTRES qui est une retraitée française. Vie pratique Notre transfert de la capitale Tananarivo à l’Ile Sainte Marie a été organisé par Michelle Martres. Nous avons donc été prise en charge dès notre arrivée à l’aéroport de la capitale. Nous avons mis 2 jours de taxis brousse et de bateau pour arriver à jusqu’à l’orphelinat sur l’Ile Sainte Marie. Nous avons été accueillie sur l’Ile par Michelle qui à demander à son chauffeur de Tuk tuk de nous conduire jusqu’à l’orphelinat qui se trouve à 1h de tuk tuk de la capitale de l’île. Tout au long de notre stage nous avons logé au sein de l’orphelinat Zazakely. Nous logions dans un bungalow dans lequel nous avions une chambre et une salle de bain personnelle. Se sont les employées de l’orphelinat qui lavaient nos habits, notre bungalow et qui nous faisaient à manger. L’eau y est potable dans tout l’orphelinat nous avions donc la chance de pouvoir boire l’eau du robinet. Cependant il n’y avait pas d’eau chaude, les employées de l’orphelinat chauffaient de l’eau au feu de bois et nous l’apportaient dans des sceaux pour nous laver. Nous avons payé 21€ par nuit tout compris. L’orphelinat se situe à 1h en voiture de la capitale de l’île, nous faisions donc nos trajets avec Michelle Martres car elle descendait régulièrement en ville, en tuk-tuk ou à pieds. La monnaie Malgache est l’ariary et le taux de change est d’environ 3 400 ariary = 1€. N’ayant à aucun moment la possibilité de payer en carte et ceci même dans les hôtels et les restaurants, nous changions de l’argent dans la capitale de l’île où le taux de change était le plus avantageux que nous ayons trouvé. Nous avions essentiellement des gros billets, il était donc parfois compliqué de se faire rendre la monnaie lorsque nous payons quelque chose. De plus, il est important de négocier les prix même s’il est compliqué de connaître les prix exacts de ce que nous achetons. Il n’y a aucune couverture sociale à Madagascar. La population étant très pauvre a très peu accès aux soins. L’espérance de vie y est donc très basse, 54 ans pour les hommes et 58 ans pour les femmes. La population de l’île se fait essentiellement soignée dans les dispensaires présents sur l’île ou par les chamanes de leur village à l’aide de plantes médicinales qui peuvent avoir des répercussions néfastes sur leur santé. Tout au long de notre stage, nous avons eu la possibilité de passer quelques après-midi dans l’unique hôpital de l’île afin d’y voir son fonctionnement. Cependant, l’hôpital renvoie une image de « mouroir » à la population qui ne souhaite donc pas s’y rendre. De plus, les soins y étant cher pour la population, l’hôpital compte très peu voir pas de patients. Au niveau de la télécommunication, nous n’avions pas accès à internet de l’orphelinat et devions nous rendre dans un cyber en ville pour cela. Restant, 6 semaines à Madagascar nous avons payé une carte SIM malgache afin de pouvoir communiquer plus facilement mais le prix d’un appel et des sms restaient cher. Il y a de nombreuses associations humanitaires qui interviennent à Madagascar ainsi que des dispensaires car ce pays est l’un des plus pauvres au monde. Il est donc possible de trouver de nombreux stages humanitaires. Nous avons décidé de partir avec l’orphelinat zazakely car des étudiants infirmiers de notre école étaient déjà partie dans cet orphelinat et nous avaient présenté leur stage humanitaire l’année précédente ce qui nous avait motivé à monter ce projet avec cet orphelinat. Les heures de stage ne sont pas fixes car cela dépend des patients se présentant au dispensaire. Il n'y a aucun rendez-vous et chacun à la possibilité de s’y rendre le matin ou l’après-midi et parfois même le soir ou la nuit s’il y a une urgence. Nous nous levions tous les jours à 7h afin d’être au dispensaire à 8h car les consultations commençaient généralement à cette heure-là. Il y avait peu de consultations l’après-midi, c’est pourquoi nous nous rendions généralement à l’hôpital de l’île pour y suivre les médecins et y voir leur fonctionnement. De plus, un médecin était présent dans le dispensaire 2 semaines par mois. La population de l’île étant au courant de sa venue, le nombre de consultation était plus important lorsqu’il était présent. Lors des consultations avec le médecin, nous laissions le médecin demander en malgache ce qui n’allait pas au patient puis, si cela était nécessaire, nous prenions les constantes du patient et préparions les traitements qu’il prenait sur place. De plus, nous faisions plusieurs pansements dans la journée car il y a de nombreux accidents avec les machettes qu’ils utilisent pour couper des branches. Nous enlevions alors le pansement afin de montrer au médecin la plait pour qu’il nous dise ce que nous devions faire puis nous refaisions le pansement et expliquions au patient qu’il devait revenir le lendemain. De plus, avant notre arrivée, l’orphelinat a reçu un container de 11 tonnes de dons français. Lorsque nous avions un peu de temps nous nous occupions de ranger les affaires médicales reçus tel que les traitements. Tout au long de notre stage se sont les employées de l’orphelinat qui préparaient notre repas. Le matin nous mangions à l’occidental car les Malgache mangent généralement du riz et du poisson. Pour les repas du midi et le diner nous avions une entrée, un plat (très souvent du poisson frais et du riz) et un dessert. La nourriture malgache est variée mais eux se nourrissent essentiellement de riz et de poisson matin, midi, soir. Le climat de l’île est très humide durant le période de septembre. Il y avait souvent une ou deux averses dans la journée puis le soleil revenait. Le rythme de vie sur l’Ile est très lent (mora mora en Malgache). De plus, les journées sont courtes, le soleil se lève à 5h du matin et se couche vers 17h30. Peu de logement sont dotés d’électricité car il faut pour cela un groupe électrogène ce qui est beaucoup trop cher pour la population. Dans l’orphelinat, nous avions l’électricité de 18h à 20h30, il était donc compliqué de travail de nuit. En effet, nous avons eu quelques urgences la nuit et avons dû pour cela travailler à la frontale. De plus, la plupart des Malgaches se déplacent à pied car il y a peu de taxis qui desservent l’île et cela est vite cher pour la population. Le moindre trajet peu donc prendre beaucoup de temps. Durant nos weekends, nous passions du temps avec les enfants de l’orphelinat ou allions visiter l’île. L’île étant petite nous avons pour l’a visitée entièrement en se déplaçant en tuk tuk, à pied ou en pirogue. En effet, il y a plusieurs petites îles à côté de l’île sainte Marie accessibles en pirogue. De plus, nous avons pu assister à une fête ancestrale, qui consiste à honorer les ancêtres. Cette fête dure 2 jours. Durant le 1 er , les malgache doivent fatiguer le zébu afin de le mettre à terre, cela peut durer plusieurs heures. Puis, le 2 ème jour, les femmes préparent dans une grande marmite du riz et le zébu tué tôt le matin par les hommes. Toutes les personnes de l’île peuvent venir à la fête où la nourriture et l’alcool coulent à flot. Nous avons eu la chance d’être les seuls vazah (étranger) à être présent car nous connaissions une malgache qui nous y a invité. Bilan et suggestion Ce séjour à l’étranger a été très enrichissant. J’ai pu y apprendre une nouvelle façon de prodiguer des soins très différente de la nôtre. En effet, la priorité au dispensaire n’était pas l’asepsie comme dans nos hôpitaux mais l’économie. Il a donc fallut s’y adapter ce qui n’était pas évident au début. De plus, j’ai pu y voir la difficulté de la continuité des soins dans un pays comme Madagascar et l’importance d’être éduquer par rapport à la santé. Nous avons pu voir de nombreux jeunes avec des plaies très graves qui n’avaient pas conscience de la gravité de leur état ce qui était difficile à gérer. Par ailleurs, ça m’a permis de prendre du recul sur nos pratiques françaises et le gaspillage important que nous faisons dans nos hôpitaux français. J’y ai aussi vu une nouvelle façon d’appréhender la douleur et de l’exprimer. En effet, la prise en charge de la douleur est quasi inexistante dans le dispensaire. Cependant, la population l’exprime peu. Les difficultés que nous avons rencontré durant notre stage étaient la barrière de la langue. Le français est la 2ème langue officielle à Madagascar mais seule la population lettrée et les personnes ayant vécu sous la colonisation le parlent (environ 20℅). Nous avons essayé d’apprendre quelques mots malgaches afin de pouvoir se faire comprendre et communiquer un minimum avec les personnes que nous soignons mais cela restait difficile. Ceci d’autant plus lorsque nous voulions rassurer un patient lors d’un soin. Lorsque cela était nécessaire nous appelions une employée de l’orphelinat pour qu’elle traduise ce que nous voulions dire à la patiente afin de s’assurer que celle-ci comprenne bien. J’ai toujours eu pour projet de faire de l’humanitaire c’est pourquoi j’ai souhaité faire ce stage à Madagascar. Je souhaitais me faire une réelle idée de ce que cela représentait mais je désirai aussi savoir si je réussirai à m’adapter à cette nouvelle façon de prodiguer des soins et aux difficultés que l’humanitaire peut entrainer. Après avoir ces 5 semaines, je souhaite toujours faire de l’humanitaire mais pense avoir une idée nouvelle de ce que cela représente. Nous n’avons eu aucunes difficultés avant notre départ. Michelle Martres gérant l’orphelinat a su répondre à toutes nos questions et nos inquiétudes par rapport à ce voyage. De plus, notre établissement nous a bien aidé avant notre départ pour les conventions de stage etc… Nous savions avant de partir que si nous avions le moindre problème nous pouvions compter sur notre IFSI malgré la distance ce qui était rassurant. De plus, un formateur de l’IFSI nous demandait régulièrement des nouvelles durant notre stage afin d’être sure que tout se passait bien. Nous avons fait le choix de partir sur l’Ile Sainte Marie et avec l’orphelinat Zazakely car des étudiants de notre IFSI étaient partis l’année précédente au même endroit. Nous leur avions donc poser quelques questions avant de monter notre projet et par rapport à l’orphelinat afin d’être sure que ce stage répondrait à nos attentes. Si je devais repartir à l’étranger j’essayerai de mieux me renseigner par rapport à l’association et par rapport aux besoins qu’ils ont afin de ramener des affaires utiles. Je pense que nous nous étions bien préparé à ce voyage et referai de même pour un autre stage humanitaire. Il pourrait être intéressant de pouvoir partager notre expérience et de pouvoir conseiller des personnes souhaitant partir sur une plateforme de discussion tel qu’un forum ou autre.