ÉVALUATION DES RISQUESDE CRÉDITS ET

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ÉVALUATION DES RISQUESDE CRÉDITS ET
UNIVERSITÉ PARISOUEST NANTERRE LA DÉFENSE
(anciennement, Paris X-Nanterre)
UFRde Sciences Économiques,
Gestion,Mathématiques et Informatique
ÉVALUATION DES RISQUESDE CRÉDITS
ET CONCURRENCE:
Analysede l’impactdu credit scoring etde la titrisation
surlesstratégies des banques
THÈSE POUR LE DOCTORAT EN SCIENCES ÉCONOMIQUES
(Arrêté du 30 mars 1992)Présentée et soutenue publiquement le 9 juin 2009 par :J
(Rapp orteur)Laurence Scialom, Professeur à l’Université Paris-Nanterre (Directric
L’UNIVERSITÉ PARIS OUEST NANTERRE LA DÉFENSE n’entend donner aucuneapprobatio
Remerciements
Je tiens tout d’ab ord à remercier l’ensemble des membres du jury - ma directrice de thèse Mme Laurence Scialom, MM. Régis Breton et AntoineMartin,
et MM. les Professeurs Jean Cartelier, Bruno Parigi et Jean-Charles Ro chetpour l’honneur qu’ils m’ont fait d’accepter de particip er au jury de soutenance
de cette thèse. Je remercie doublement MM.
Les Professeurs Bruno Parigi
et Jean-Charles Rochet pour avoir accepté la charge de rapp orteurs de cette
thèse.Bien que j’assume l’entière resp onsabilité de ce travail et des défauts qu’il
contient,je voudrais indiquer dans ces premières pages combien mes recherches
ont bénéficié de diverses influences académiques et du soutien de mon entourage.Mes premiers remerciementsvontnaturellement à Laurence Scialom, ma directrice de thèse, pour de nombreuses raisons tant intellectuelles qu’humaines,
en particulier pour avoir accepté de me prendre comme thésard, pour son sou-
tien à ma démarche et pour la disponibilité absolue qu’elle m’a accordé pourdiscut
delangue française, ont joué un rôle crucial dans l’achèvement de cette thèse.Pour
pour discuter de mes travaux ou écouter mes soucis,
ainsique leur exigence
intellectuelle, ontincontestablementcontribué à faire de cette thèse ce qu’elle
est. Je ne saurais compter les commentaires, critiques, et encouragements qu’ils
m’ont pro digués, mais il est sûr que sans eux, je n’aurais probablement pas encore achevé ces recherches. Je leur serai éternellement reconnaissant pour tout
cela. Je remercie en outre doublement Régis pour m’avoir permis d’inclure
dans cette thèse un travailréalisé en commun.
Tous mes remerciements vont également à Xavier Freixas, Antoine Martin,
Marcello Messori et Guillaume Plantin, pour m’avoir accordé un p eu de leur
temps et discuté certains de mes mo dèles. Je remercie
Manfred
aussi Jäger,
Jean-Paul Pollin et Dhafer Saïdane pour avoir discuté certains de mes travaux
dans différents séminaires ou ateliers.Je remercie Eric Brousseau, Michel Boutillier ain
de direction d’EconomiX pour m’avoir accueilli au sein du lab oratoire et m’avoir
assuré de leur soutien. Je tiens à saluer les chercheurs et thésards résidantdans
les bureaux pro ches du mien et à les remercier pour nos innombrables discussions en séminaire, l’atmosphère d’équip e de recherche qu’ils ont collectivement
entretenue et leurs corrections de mes fautes de français : Michel Aglietta,Jean Carte
remarques.Je remercie également l’équipe du projet ANR à Sciences-Po auquel je sui
Mes remerciements vont par ailleurs à l’équip e de la Division des Affaires
financières à OCDE oùj’aipassé six mois,
une exp érience qui
m’a permis
de mieux comprendre la réalité du secteur financier.
A cet égard,je remercie
particulièrementStephen Lumpkin et Sebastian Schich.
Aux côtés de ces soutiens intellectuels,le soutien moral de mon entouragea
b eaucoup contribué à l’achèvement de cette thèse. Je veux saluer tout d’abord
Marc,qui m’aaccompagné depuis monDEA à l’UniversitéParis - Nanterre et
qui est maintenanten passe de devenirun vieil ami. Sans son accompagnement,
j’aurai eu dû mal à finir mon DEA. Par la suite, les verresque nous avons bus
ensemble et ses encouragementsontaussi contribué à ce travail.
Le bonne humeur de mes amis coréens, les nombreuses soirées passées ensemble ont été pour moi des séances nécessaires p our soutenir mon moral
pendant ce travail de thèse. Sans chercher à être exhaustif,
je tiens à ce que
Yong-Jin, Jae-Ho on, Sung-Sam, Sang-Hee soient ici remerciées.
Je remercie
particulièrement Chung-Yeol, qui s’est occup é de toutes sortes de taches p our
facilitermon installation en Franceau début de mon séjour etm’a
quiaccompagné jusqu’à son départ en Corée. Je remercie également mes pro ches en
Corée pour leur soutien, notamment In-Soo Ho et Young-Dae Park.Enfin, sans l’app
s’occuper seul de mes parents en raison de monabsence. Enfin, plus important que
devenir un do cteur et de devenir un médecin.
Pourfinir, je voudrais remercier tous les gens que j’ai croisés en Franceet
qui ont fait preuvede gentillesse envers l’étranger queBien
je suis.
que mon
séjour en Francese soit parfois révéléamère et différentde ce dont j’avais rêvé,
il restera un bon souvenir dans ma vie ainsi
qu’une importante exp érience
d’observation d’une so ciété autre que celle dans laquelle je suis né, qui m’aura
donné matière à beaucoup de réflexion sur mon pays d’origine.
iv
Table des matières
Intro duction générale1
1 Le modèle « originate-to-distribute». . . . . . . . . . . . . . .
1
1.1 Le Transfert du risque : l’atout majeur du modèle?
. . .
3
1.2 Les Coûts du modèle OTD .. .. ..
. . . . . . . . . . .
4
1.3 Abandon de l’avantage compétitif? ... . . . . . . . . .
6
2 Les innovationsfinancières etlaconcurrence bancaire
. . . . . .
7
2.1 Le passif du bilan : Un nouveau mode de collecte des 7
fonds
2.2 L’Actif du bilan : un nouveau mode d’évaluation de qualité desemprunteurs .. .. .. .. .. .. .. .. .. ..
9
3 Le positionnementdela thèse .. .. .. .. .. .. .. .. .. . 10
3.1 Laproblématiquegénéraleetlalittératuremobilisée .. 103.2 Qu’est-cequ’unebanq
laproductiond’information .. .. .. .. .. .. .. .. .. 333 Concurrenceetefficiencedusecteur
vi
Table des matières
3.1
Un état du savoir: le débat au sein de la théorie de
l’organisation industrielle.
. . . . . . . . . . . . . . . . . 38
3.2 L’efficience de l’industrie bancaire : disponibilité du crédit et qualité des pro jets financés
. . . . . . . . . . . . . 44
3.3 Concurrence, production d’information et efficience
. . . 46
4 Conclusion . . . . . ..
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
2 Double Banking Competition and Lending Technology 59
1 Introduction . . . . . . . . . . ..
. . . . . . . . . . . . . . . . . 59
1.1 CreditScoring vs.RelationshipLending . . . . . . . . . 60
1.2 Loan Granting Technology in Double-sided Competition
64
1.3 Related Literature . . . . . . . . . ..
. . . . . . . . . . 66
2 Mo del . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..
. . . . . . . . 69
2.1 Borrowers .. .. .. .. .. . .. . . .. . ..
. . . . . . 69
2.2 Banks, Screening Technologyand Heterogeneityof Sectors
70
2.3 Timing . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..
. 71
3 One-sided Competition .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. . 73
4 Double-sided Competition .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. . 754.1 Benchmark : Homogeneous L
capitalisation . . 981.3 La réduction du coût d’octroi de crédits .. .. .. .. . 991.4 L’allége
Table des matières
vii
2 Le marchésecondaire de créditet protectionde la renteinformationnelle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .101
2.1 Croissance du marchésecondaire du crédit et asymétrie
d’information. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .102
2.2 Concurrence et conservation de l’avantage informationnel105
2.3 Lalittératureliée.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .106
2.4 Environnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .108
2.5 Benchmark : ventedecréditsansconcurrencedansle
marchédu crédit . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .111
2.6 Ventedecréditet concurrencesurlemarchéducrédit .116
3 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . ..
. . . . . . . . . . . . . .124
4 Securitization and the intensity of competition
1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..
131
. . . . . . . .131
2 Environment . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..
2.1 Borrowers .. .. .. .. .. .. .. . . .. . ...
. . . . . .135
. . . .135
2.2 Banks .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. ..
. .136
2.3 SwitchingCosts .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .. . 136
2.4 Timing . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .137
3 Baseline model : Exogenous Choice on Monitoring .. .. .. . . 1383.1 Competition
1465 Choice of Monitoring with Securitization .. .. .. .. .. .. . 1466 Securitization a
viii
Table des matières
Conclusion générale
155
1 Principaux Résultats del’analyse . . . . . . . . . . . . . . . . .155
2 Quelques pistes pour lesrecherchesfutures
. . . . . . . . . . . .157
2.1 Double concurrence et asymétrie d’information.
. . . . .157
2.2 Titrisationetcycleducrédit.
Bibliographie 161
. . . . . . . . . . . . . . .159
Intro duction générale
Lacrise financière en cours, déclenchée aumilieu de l’année 2007par l’effondrementde lavaleur subprime mortgages auxÉtats-Unis,
a déb ouché sur
la crise économique la plus sévèreenregistrée au niveau mondial
depuis la
GrandeDépressiondes années 30.Cette crise,dite crisedes sub-prime asuscité de nombreux débats dans la communautéfinancière et dans le milieu des
décideurs politiques ainsi qu’au sein de la communauté académique. Au cœur
de ces discussions se trouve le changement du mo dèle d’affaire des banques,
du mo dèle « originate-to-hold »au mo dèle « originate-to-distribute »(BIS 2008,
Buiter 2007, Gorton 2008, Hellwig 2008). Ce nouveau mo dèle étant considéré
comme une des raisons principales des désordres financiers actuels et comme
devant faire l’ob jet de réformes profondes en matière de régulation financière.
1. Le modèle « originate-to-distribute »Traditionnellement,
traditionnel, les banques octroient le crédit et le gardent dansleur bilan. C’est pour
2
Introduction générale
lecrédit dans le bilan de la banque l’octroie
qui
a des implications ma jeures
sur la relation de financement.En effet, les banques construisentune relation
clientèle avec leur emprunteurs et peuvent ainsi collecter des informations sur
eux duranttoute la relation de crédit.
Par ailleurs,garder un crédit dans le
bilan signifie également queys’il
aun défaut de paiement,
la banque doit
assumer cette p erte ce qui la resp onsabilise dans son investissement et induit
un comp ortement plus prudent de sa part.
La titrisation, qui est l’une des innovations financières ma jeures apparue au
cours des trente dernières années a complètementchangé la donne. Les banques
ont commencé à avoir la possibilité de transférer leur crédit à un tier. La vente
de crédit, en soi, n’est pas une phénomène nouveaudans l’histoire financière.
Mais, en général, elleaétéutiliséparlesbanques dans des circonstancesexceptionnelles comme par exemple, dans le cas d’un besoin urgent de liquidité
de la banque ou pour assurer le redressement du bilan bancaire en se débarrassant les créances douteuses. la titrisation a contribuéà généraliser la vente
de crédit, cette pratique n’étant plus cantonné aux situations exceptionnelles.
Les premières op érations de titrisation ont vu le jour aux États-Unis au
début des années soixante-dix sous les auspices de trois agences spécialiséessur les
supports : crédit automobiles, prêts étudiant, encours des cartesde crédit ainsi que le
Intro duction générale
3
Le développement de cette nouvelle technologie financière a mo difié la stratégie des banques. De plus en plus les crédits sont octroyés pour être structurés
et puis distribués,
non plus pour être gardé dans son bilan.
Ce faisant,le revenu des banques sur l’o d’uncrédit
ctroi
apparaît principalement sous forme
dela commission, non plus la forme d’une marge d’intérêt (la différence entre
taux débiteurset taux créditeur).
Ce changement du mo dèle d’affaires des banques soulève plusieurs questions et défis. Quels sont les impacts de ce mo dèle sur l’efficience et sur la
stabilité du secteur financier ? En quoi ce modèle est-il responsable de la crise
actuelle ? Et surtout, Quelles sont les raisons pour lesquelles les banques suivent
massivement ce modèle?1.1. Le Transfert du risque : l’atout majeur
A priori, ce mo dèle « Originate-to-distribute »(le mo dèle OTD, par la suite)
a des avantages. Un des premiers grands avantages de ce mo dèle tient au fait
qu’il permet aux banques une meilleur gestion du risque. En vendant les crédits
et en les sortant de leur bilan, les banques peuvent transférer le risque de crédit.
Elles transférentégalement d’autres risques inhérents aux crédits comme le
risque de taux d’intérêt ou risque de transformation.Ces risques sont transférés au
étant conditionné par des motivations liéà la retraite, son horizon est donc largeme
4
Introduction générale
des taux d’intérêt.
Par ailleurs, en sortant les crédits du bilan, les banques peuvent alléger le
risque de transformation inhérent à la structure de leurpassif
bilan:àcourt
terme versusactif à long terme. Cette fragilité du bilan bancaire est une source
p otentielle d’instabilité du secteur bancaire (Diamond & Dybvig 1983). Ainsi,
a priori, le mo dèle OTD doit contribuer à la stabilité du secteur bancaire en
réduisant les principales sources de son instabilité ( Wagner & Marsh 2006 ).
1.2. Les Coûts du modèle OTD
Malgré ces avantages qui aurait du assurer la stabilité du secteur financier,
l’ampleurde la crise financière actuelle suggèrent que ces avantages s’accompagnaient de coûts pouvant les surpasser ou que les avantages présumés n’ont
pasfonctionnédemanière attendue.Un des arguments les plus énoncés est lié au prob
Les
banques qui o ctroient le crédit (originator ) connaissent la qualité de leur crédit
mieux que les investisseurs externes. Les banques- originators peuvent acquérir
les informations privées lors de l’examen de la qualité des candidats (screening)
ou peuvent mieux surveiller durant la relation clientèle (monitoring). Dés lorsque les
banque, celle-ci ne bénéficie pas d’une éventuelle amélioration de laqualité des créd
Intro duction générale
5
Dans la même ligne de réflexion concernantles problèmes d’incitation,
la
théorie mo derne de l’intermédiation financière a montré que la fragilité du bilan
asso ciée au risque de transformation chez les banques p eut être assimilé à un
mécanisme d’incitation pour motiver les banques leur fonction d’intermédiation (Calomiris & Kahn 1991, Diamond & Ra jan 2001). Comme les dép osants
peuvent demander à tout moment de retirer leur dép
une ôts,
mauvaise nouvelle sur une banque p eut provo quer une ruée bancaire dont les conséquences
sontcatastrphiques en raison de l’illiquidité de l’actif bancaire. Ce faisant, les
dép ôts à vue joue un rôle disciplinant sur les banques en les incitant à faire
les efforts nécessaires pour bien contrôler les pro jets qu’elles ont
Par financé.
ailleurs, grâce àcette fragilité du bilan, les banques constituent leur crédibilité
sur le contrôle des crédits. Ainsi, le mo dèle OTD qui résout le problème de la
fragilité du bilan peut en même temps détruire les incitations. Il y aurait donc
une sorte de “trade-of ” entre accroissement de la robustesse apparente du bilan bancaire et incitation à la pro duction d’information améliorant la qualité
des créditsUn autre enjeux autour du mo dèle OTD est lié à la question de savoir s
banques transfèrentvraimentleurs risques et si le système financier dans son
ensemble partagent les risques de manière plus efficiente. Selon Rajan (2006),sur
complexes et moins connus via l’investissement des fonds récupérés de latitrisatio
6
Introduction générale
Les banques créentun special
purpose vehicule (SPV) ou conduit pour logerlescrédits sortis du bilan des banques.
Ce sont des institutions très peu
capitalisées, financées par des dettes à très courte terme pour rép ondre à la
demande des investisseurs alorsque leurs actifs sont endes
général
créditsà
long terme comme des crédits hyp othécaires.
En conséquence,
le SPV sont
exp osés dés leur création à la nécessité de renouveler
en permanence leur
dette. Il existe donc potentiellement un risque de transformation excessive.
Les banques- originators assument ce risque offrant une ligne de crédit contingent, dite «liquidity backstop »à ces institutions afin de prévenir la situation
danslaquelleelles ne trouveraient pasde refinancement.
En conséquence,
les
banques ne transfèrent pas véritablementle risque de transformation et ne le
suppriment pas non plus de leur bilan ( Brunnermeier 2009 , Hellwig 2008 ). Le
risque est quelque sorte “o cculté” dans le processus de titrisation mais réapparaîtdésquele SPV estsoumisà unecontraintederefinancement.Parailleurs,
comme l’a souligné Gorton (2008 ), l’allongement de la chaîne de la titrisation
2
accroît la difficulté d’évaluation précise des risques portés (C
, DO
etc.).
, C DO
Notonsenfin qu’ilexiste des risques non transférables même si lesbanques
transfèrent une partie de risques : Il s’agit du risque macro économique ou
risque systémique.1.3. Abandon de l’avantage compétitif? Une autre qu
donne un avantage à la banquequi l’a octroyé le crédit. A travers la relation prêts (le
Intro duction générale
7
ment à une relation de financement sur le marché.Cette information est donc
souvent privée et ainsi p ermet aux banques internes (celles qui ont développé
la relation clientèle) d’avoir un avantage comp étitif dans la concurrence future.
L’acquisition d’information privéeest une particularité du crédit bancaire par
rapp ort au financement par le marché.
Plusieurs études empiriques confèrent
cetteidée : En effet, l’obtention d’un crédit bancaire ou son renouvellement
provo que une réaction p ositive du marché en termes de rendement des actions tandis que le marché réagit de manière négativeaux annonces d’émission
d’actions ou d’obligations ( e.g., James James
1987, & Smith 2000,
Lummer
& McConnell 1989 , entre autres.). Si la titrisation réduit les incitations des
banques à l’acquisition d’information privéedans la relation de crédit alors
que celle-ci améliore leur position dans la concurrence future,
pourquoiles
banques renoncent-elles à cet avantage compétitif?2.
Les innovations
bancaireLa titrisation qui a conduit au changement du mo dèle d’affaires d
a étéunedesinnovationsfinancièresayanteuleplusgrandeimpactsurlesec-teur banca
pour collecter les fondsne se soient développés, la collecte de fonds pour une banq
8
Introduction générale
3
réglée : Les dép ôts constituaient la principale resource des
Dans
banques.
la
plupart des pays industrialisés, la rémunération des dép ôts à vue a été interdite
et celle des dép ôts à terme plafonné.
Il existait également une ségmentation
géographique de l’activité bancaire aux États-Unis (MacFadden Act ). Ainsi, les
banques considéraient leurs ressources comme données ( Mishkin 2004 ). Cellesci ne constituaient en aucun cas unevariablestratégique.Or, depuis les années
60, au sein des grandes banques de dép ôts dans les centres financiers comme
New York ou Chicago se sont développ és de nouveaux instruments financiers
comme les certificats de dép ôts (titres de créances négo ciables), qui permettent
aux banques d’obtenir des fonds sans compter sur les dép ôts traditionnels. Le
développ ement du marché interbancaire a également contribué à cette diversification des ressources.La titrisation a permis de franchir un autre étape concernant
des ressources bancaires. En vendant leur crédit sur le marchésecondaire, les
banques récup èrent leur fonds avant de l’échéance de leur investissement (les
crédits) et peuvent ainsi les réemployer sur un autre o ctroi de crédit rentable.
Ceci permet un recyclage des resources bancaires et démultiplier la capacité
de prêt de la banque(Gorton & Pennacchi 1995, Parlour & Plantin 2008).En outre, bie
OPCVM mais aussi des investisseurs étrangers comme les banquescentrales (Shin 20
Intro duction générale
9
2.2. L’Actif du bilan : un nouveau mode d’évaluation de
qualité des emprunteurs
Le développ ement des technologies de l’information a conduit à un changementen termes d’évaluation du risque des emprunteurs.
Afin d’acquérir les informations sur la qualité des clients et d’améliorer la
qualité du crédit, les banques traditionnellementse sont basées sur larelationà
long terme avecleur clients. Comme il existe les asymétries d’information entre
prêteur (banque) et emprunteur, la relation clientèle à long terme permet aux
banque d’obtenir les informations privées par le contact personnel et fréquent.
Une partie des informations obtenuesest quantitative et facile à transformer
en une information numérique (score ), par exemple les actifs
l’histototaux,
rique de remb oursement. Mais, la partie essentielle de l’information est sous
forme qualitativeet difficile à résumer sous forme d’information numérique,
par exemple, les perspectives du pro jet d’investissement futur, L’honnêteté de
l’entrepreneur, le jugement personnel du crédit officer suite à l’entretien avec le
candidat au crédit. Dans la littérature, le premier type d’information est app elé
information “hard ” en ce sens qu’il s’agit d’une information explicite et facile
à communiquer et à transférer aux autres. Le deuxième type d’information estapp
technique produit une note numérique (score) queles banques peuvent utiliser pou
10
Introduction générale
ont élargi son usage au secteur PME ( Berger & Scott Frame 2005 ).
3. Le positionnementdela thèse
3.1. La problématique généraleet la littératuremobilisée
Le changement du mo dèle d’affaires et les évolutions de la gestion au niveau
du bilan des banques affecte la fonction d’intermédiationdes banques.
Ceci
constitue le premier angle structurant cette thèse : Quels sontles impacts de
ces évolutions du secteur bancaire sur les stratégies des banques ? Et quelles
sontses conséquences sur la fonction d’intermédiation financière, en particulier,
sur la pro duction d’information des banques.Par ailleurs, p endant la p ériode qui a s
caire aconnu une évolution considérable de soncadre concurrentiel suiteà un
mouvement de lib éralisation et de dérèglementation p onctué par le « RiegleNeal Act » de 1994, «Gramm-Leach-Bliley Act» de 1999 aux États-Unis ou
l’adoption de la licence unique p our les institutions bancaires europ éennes en
1993. Ces mesures ont levé les barrières à l’entrée dans le secteur bancaire quiresta
impactsde l’introduction de la concurrence sur l’utilisation de ces outils? Quels sontle
Intro duction générale
11
3.2. Qu’est-ce qu’une banque dans notre analyse?
Toutaulong de cette thèse,nous définissons une banque comme une firme
qui collecte des fonds et finance des pro jets d’investissement sous forme de
crédit ou assimilé. Cette définition signifie que, bien que notre principal ob jet
d’analysesoit la banque commerciale,
la portée de nos analyses n’exclut pas
d’autres types d’institutions financières dont l’activité principale est l’o ctroi du
crédit à partir de la collecte de fonds.
Les fonds dont est
il question incluent
non seulement les dép ôts à vue mais aussi les dép ôts à terme et les emprunts
4
sur le marché monétaire (certificats de dép ôts (CD) et prêts interbancaires).
Nous nous concentreronsdonc principalement sur le rôle de l’intermédiation financière des banques. 5 Malgré le constat selon lequel il y eut un déclin
de cette fonction d’intermédiation bancaire traditionnelle (collecte de fonds
et o ctroi de crédit) suite au développ ement des marchés financiers au cours
des trentedernières années, plusieurs études argumentent que l’intermédiation
restetoujourslafonction principaledela banque.Selon l’argument du déclin du rôle d
la
libéralisation financière a conduit au développ ement du marché financier lui-
même soutenu par une modification des formes d’intermédiation financière etle fo
ladiversification de leurs activités par le biais d’activité de marché (marchéisation 4
12
Introduction générale
et mobilièrisation des bilans). La baisse de la marge d’intérêtet l’augmentation
des commissions et autres revenus que les intérêtsest souventprésentécomme
une preuve de cette mo dification drastique de l’activité des banques (Plihon
et al. 2006).Pourtant, cette analyse basé sur l’évolution de la composition du profit
bancaire sous-estime les deux faits suivants. D’ab ord, de nombreuses activités
hors-bilan comme les garantie d’émission (security underwriting ) ont une relation complémentaireavecl’activité d’intermédiation plutôt qu’une relation
de substitution ( DeYoung & Rice 2004 ). Par ailleurs, nombre d’activités horsbilancomprennentles activités assimilables à l’intermédiation alors qu’elles ne
sont pas enregistrées dans le bilan ( Boyd & Gertler 1994 ). Ainsi, alors que la
titrisation est perçue d’un p oint de vue comptable comme réduisant l’intermédiation bancaire traditionnelle, dans la réalité, cette innovationfinancière
implique toujours à l’origine l’o ctroi de crédit. Il s’agit donc de ce que l’on
pourrait qualifier d’intermédiation financière hybride, c’est à dire combinant
au début du pro cessus une forme d’intermédiation bancaire traditionnelle qui
n’est plus “enregistrée” une fois le pro cessus achevé. Autre exemple : d’autres
formes d’intermédiation qui n’apparaissent pas dans le bilan, comme les lignesde cré
com-merciales jouent toujours un rôle majeur pour sécuriser ces financements enles
Intro duction générale
13
ont montré que l’argument du déclin de la fonction d’intermédiationchez les
banques est exagéré et que l’intermédiation reste toujours une fonction imp ortante chez les banques commerciales. Calmès (2004 ) a montré le même résultat
pour le cas du Canada.
3.3. Plan de thèseCette thèse est composée de 3 essais dont la trame est co
présentésou programmés à présenter dans desconférences internationales plus
une revue de la littérature ciblée. Plus précisément,le chapitre 2 est une adaptation de Ahn (2008), la section 2 du chapitre 3 de Ahn (2009b que
) ainsi
le chapitre 4 de Ahn & Breton (2008). Ainsi, les intro duction et conclusion
générales ainsi que le chapitre 1 et 3 sont enfrançais alors que leschapitres2
et 4 sont en anglais. Les parties corresp ondant aux essais sont rédigés selon les
normes de rédaction conventionnellesd’un article de recherche.
Cette thèse est organisée commesuit. Dans le premier chapitre, nous présentons à la fois la motivationthéorique de cette thèse et la littérature mobilisée
à travers une revue ciblée de la littérature théorique. Celle-ci portera d’ab ord
sur les stratégies des banques au-delà de la concurrence en prix dans la théo-rie d
laproduction d’information sur les emprunteurs (le monitoring et le screening).Ens
basée
14
Introduction générale
sur l’information asymétrique.
Le deuxième chapitreétudie la relation entrela concurrence bancaire et la
technologie d’évaluationde la qualité des emprunteurs.
En particulier,nous
allonsnousintéresserà l’impact du credit scoring etdesonapplication deplus
enplus élargie. Nousexaminerons l’effetde la concurrence entre deuxbanques
différenciées par la technologie qu’elles mobilisent(basée sur la relation de
long terme ou sur le credit scoring ) sur l’efficience. Dans un modèle de double
concurrence à la Bertrand avecdeuxsecteurs ducrédit où les banques se font
concurrence à la fois sur le marché du crédit et sur le marché des dép ôts,
nous montrons que la technologie du credit scoring peut chasser la technologie
basée sur la relation clientèle même si cette dernière est plus efficienteque la
première sur un secteur du crédit. Ceci p eut se pro duire lorsque la banque
utilise le credit scoring peut réaliser un profit suffisamment élevé dans un des
secteursdu crédit. Cette banque mène alors une concurrence plus agressive sur
le marché de dép ôts en faisant une subvention croisée entre les deux secteurs
de crédit afin de collecter plus de fonds, ce qui lui permet d’avoir un pouvoir
de marché sur les marchésdu crédit. La double concurrence ne garantitdonc
pas le choix d’une technologie plus efficient.Dans le troisième et le quatrième chapit
nous allons analyser la croissancedu marché de la cession de prêts. Dans un modèle
Intro duction générale
15
présenced’asymétrie d’information sur le marché secondaire du
une
crédit,
banque ayantun créditde hautequalitédoit payer un coût de dilution informationnelle. Cette banque donc n’aurait pas avoirun intérêt à vendre son
crédit. Nous montrons que cette banque p eut changer leur comp ortement dans
un environnementoùexiste
il
une concurrence sur le marché du Pour
crédit.
conserver son avantage informationnel
etnepasrévélersesinformations privées à ses concurrents potentiels sur le marché du crédit et ainsi préserver sa
position concurrentielle dans le futur,
la banque peut avoir intérêt à vendre
égalementses crédits de haute qualité et pas uniquementses crédits de faible
qualité.Le quatrième chapitreanalyse la motivationde la titrisation par les banques
Nous allons montrer que la titrisation du crédit peut être utilisée comme un
moyen stratégiqueafin d’allégerla concurrencesur le marchédu crédit.Nous
considérons un modèle de concurrence sur le marché du crédit à deux pério des
où les banques peuvent stratégiquement choisir leur degré d’acquisition d’information sur leurs emprunteurs. Nous montronsque d’une part l’acquisition
d’information privée peut réduire la concurrence future par une augmentation
de l’asymétrie d’information entrela banque interneetles banques externes.
Mais d’autre part, cette stratégie augmente la concurrence ex ante entre lesbanqu
la titrisation peut augmenter collectivement leur profit des banquesdans son ensem
Chapitre1Concurrence et efficience
secteur bancaireLa crise bancaire actuelle marque un tourna
caire dans tous les pays du monde. Les politiques structurelles
ont qui
été
promues depuis le début des années quatre-vingt sont remisesPenen cause.
dant les trois dernières décennies, les politiques de lib éralisation financière
qui ontété suivies dans les pays industrialisés mais égalementdans les pays
émergentsont considérablementréduit les diversesbarrières à l’entréetant
entre pays et régions qu’entre les différents segments de l’industrie financièreetba
que les coûts soient minimisés et que les prix des services bancairessoient tels qu
18
Chapitre1:Concurrenceetefficience dusecteurbancaire
Fig. 1.1 – Crises bancaires 1980 - 2007 (Source : Laeven & Valencia 2008)
so ciaux ont parfois été très élevés (Voir la Figure 1.1 p our le coût des crises
bancaires d’ampleur systémique.). 1 Par ailleurs,
cette pério de se caractérise
également par une concentration du secteur bancaire sans précédent (Berger
et al. 2004 , BIS 2001, Group of Ten 2000 ). Malgré de nombreuses analyses, les
causes de ce mouvement de concentration et son effet sur l’efficience sontloin
de donner lieu à des conclusions faisant consensus (Bo ot & Schmeits 2006).
Ces observations empiriques posent plusieurs questions théoriques en matière d’analyse positive et normative. La concurrence des banques est-elle similaire à celle des autres secteurs industriels ? Quelle est la spécificité de la concurrence bancaire? Comment les banques se font-elle concurrence ? Quels sont les
armes stratégiques des banques dans la concurrence? Une réduction du coûtopératio
me-1Par exemple, aux États-Unis, les faillites bancaires étaient rares sur la période 1934 -1980 avec e
entre 1970 et 2007.
Chapitre 1: Concurrence et efficiencedu secteurbancaire
19
ner notre propre analyse.
Le but de ce chapitren’est pas de faire une revue
exhaustive de la littérature ; il est beaucoup plus ciblé. En nous appuyant sur
les singularités des firmes bancaires, nous allons d’une part, présenterquelques
arguments canoniques asso ciés à la littérature sur la concurrence des banques
et l’efficience dusecteur bancaire,
et d’autre part,discuter la pertinence de
cesanalyses. Cette discussion nous servira à fonder la motivationthéorique de
cette thèse et à éclairer notre problématique générale.
La suite de ce chapitreest organisée comme suit : dans la section 1, nous
présentonsbrièvementles différentes branches de la littérature
analysent
qui
les comp ortements des banques. Ensuite, avec une revue de la la
littérature,
section 2 présente deux asp ects stratégiques importants dans les analyses de
la concurrence bancaire hors-prix : d’une part, l’articulationentrele marché
de dép ôts et le marché du crédit, d’autre part, la production d’information et
l’extraction de la rente informationnelle. Dans la section
nous discutons
3,
la
relationentrela concurrence bancaire et l’efficience du secteurbancaire.Après
une présentationdu débat au sein de la théorie de l’organisation industrielle,
nous montronsses limites en matière de mesure de l’efficience. Nous suggérons
que la disp onibilité du crédit et sa qualité constituent des mesures p ertinentes
de l’efficience de l’intermédiation financière. Nous allons faire une revue dela littér
domaine ont longtemps tiré leur cadre d’analyse de la théo-rie de l’organisation in
20
Chapitre1:Concurrenceetefficience dusecteurbancaire
comme celle des autres secteurs en mo délisant le cadre de la concurrence imparfaite à la Chamb erlin (1933) Klein
(e.g. 1971,Monti 1972 ) ou à la Salop
(1979) (e.g. Chiapp et
orial. 1995 ) où une banque maximise son profit sous
contrainte (nombre de banques).
En général,ce cadre d’analyse conduit à ce
que le nombre de banque en place représente le pouvoir du marché. Les banques
exploitent ce pouvoir du marché afin de maximiser leurs profits. Cette analyse
conduitsouvent à un résultat selon lequel
les banques surtarifent les prêts et
sous-rémunèrent les dép ôts, ce qui rend les décisions concernant l’épargne et
l’investissement inefficientes en termes de bien-être so cial. (Allen & Gale 2000)
Le développ ement de la théorie de la gestion du p ortefeuille (Lintner 1965,
Markowitz 1952, Sharp e 1964) a eu un impact sur l’analyse du comp ortement
des banques. Initialement,cette théorie a trouvé son utilité dans le fait que
la banque est aussi un détenteur de portefeuille comp osé de différent actifs.
L’application de la théorie de la gestion du p ortefeuille à l’analyse du comp ortement des banques a connu un grand progrès avec Hart & Jaffee (1974 ), Pyle
(1971). Ces auteurs ont intro duit l’idée selon laquelle tous les comp osants de
l’actif bancaire et du passif bancaire peuvent être analysés comme une sorte
d’actif. Ainsi, même les dép ôts sont considérés comme un actif mais ayant un
rendement négatif dans ce modèle.Ce type d’approche présente des avancées analy
stratégiques des banques dans unenvironnement de concurrence oligopolistique. Par
Chapitre 1: Concurrence et efficiencedu secteurbancaire
21
n’est défini que par la moyenne - la variance. Ainsi, tous les portefeuilles satisfaisant cette condition peuvent être optimaux indép endamment de leur taille
(Freixas & Ro chet 1997,
Monti 1972 ).
Or, la taille de la banque est souvent
une variable stratégique pour celle-ci.
Enfin, le développement de la micro économie et de la théorie de l’asymétrie d’information ont également alimenté le développ ement de l’économie
bancaire. D’ab ord, ce volet de la littérature permet de justifier l’existence de la
banque en terme d’asymétrie d’information (notamment, Bhattacharya& Thakor 1993 , Diamond 1984, Leland & Pyle 1977).
La littérature voitla banque
comme la solution aux problèmes liés àl’asymétrie d’information. Selon cette
littérature, la banque ou un intermédiairefinancier est considéré comme disposant d’avantage comparatif en matière de réduction des asymétries d’information par la pro duction d’information. La littérature sur la raison d’être des
banques s’est largement fo calisée sur le problème de l’asymétrie d’information
entre investisseuret emprunteur. Mais, un autre pan de la littérature s’est
centré sur l’asymétrie d’information entreles banques. En effet, à l’issue de
la production d’information, la banque disp ose d’une information privée sur
les emprunteurs, ce qui lui permet d’avoir un avantage informationnel dans la
concurrence (notamment, Rajan 1992, Sharpe 1990, von Thadden 2004). Laproduc
nous allons examiner deuxautres aspects stratégiques de la concurrence en nous b
22
Chapitre1:Concurrenceetefficience dusecteurbancaire
de l’environnement auxquelles les firmes bancaires sontconfrontées.
2.1. L’articulation entre marché de dépôts et marché du
créditLa firme bancaire est un intermédiaire qui collecte des ressources des dép
sants et des investisseurs et finance les emprunteurs qui ont un pro jet d’investissement en octroyant un crédit. Une banque est
confrontée
ainsi
à la foisà
deux marchés: le marché de fonds bancaires et le marchédu crédit. La plupart
des mo dèles de concurrence bancaire se sont focalisés sur un des deux marchés
en faisant abstraction de l’autre. Lorsque l’on se fo calise sur le marché du crédit, les banques sont souvent supp osées pouvoir collecter les dép ôts nécessaires
sans coût ni contrainte. Lorsque l’on se consacre au marché deson
dép ôts,
considère que les banques peuvent toujours réaliser un rendement préfixé sans
problème, indép endamment de la quantité de dépôts qu’elles collectent ou du
taux d’intérêt qu’elles promettent de payer aux dép osants.Cette hypothèse simplific
en faisant abstraction de l’autre n’est plus valable s’il y a une interdép en-
dance dans la concurrence sur les deux marchés ou si le marché «non pris encompte
d’envergureUne première justification de l’interdépendance entre la concurrence su
Chapitre 1: Concurrence et efficiencedu secteurbancaire
23
économies de gammes interviennent quand
est moins
il
coûteux de pro duire
plusieurs biens ou services dans une même firme plutôt que dans desfirmes séparées. Considérons qu’une banque collecte la quantité de dép ôts, D , et octroie
la quantitédu crédit, L.
Définition 1 Il y a une économie d’envergure lors que la fonction de coût
C(D, L) montre la caractéristique suivante:
C(D, 0) + C (0, L) > C (D, L)
(D1)
∂ 2C
∂L∂ D <0
(D2)
Lapremière caractéristique signifie que la fonction de coût est sous-additive.
La deuxième caractéristique montreque le coût marginal d’une activité baisse
suivantlagrandeurdel’autreactivité.2.1.1.1. Les sources d’économie d’envergu
l’économie d’envergure parmi d’autres.i. L’utilisation des informations sur le c
prêteur. L’avantage provientdu compte courant. En effet, l’accès à l’information su
24
Chapitre1:Concurrenceetefficience dusecteurbancaire
de façon plus efficace ou distinguer les bons des mauvais emprunteurs à travers le compte courant des emprunteurs ( Fama 1985 , Fischer 1975 , Nakamura
1989). Ainsi, Fama (1985 ) a-t-il décrit:
Banks have a cost advantage in making loans to depThe
ositors.
ongoing history of a borrower as a dep ositor provides information
that allows a bank to identify the risks of loans to dep ositors and
tomonitor the loans at lowercostthan otherlenders.
The inside
information provided by the ongoing history of a bank dep osit is
especially valuable for making and monitoring the rep eating shortrun loans (rollovers) typically offered bybanks.
Information from
an ongoing dep osit history also has special value when the b orrower is a small organization (or individual) that do es not find it
economicalto generate the range of publicly availableinformation
needed to finance with outside debt or equity.Fama (1985 ), pp. 37-38
En combinant les activités de dép ôts et de crédits, les banques peuvent donc
réduire le coût du monitoring. Plusieurs preuves empiriques ont été apportéesà cet a
(2007)confirmecettepratiqueetmontrequelesbanquesutilisenteffectivementles entrée
Chapitre 1: Concurrence et efficiencedu secteurbancaire
25
ii. Économie des actifsliquides Un autre argument concernant l’économie d’envergure est lié au besoin d’actifs liquides afin de maintenir l’activité
de dép ôts et celle du crédit (Kashyap et
2002
al. ).
En effet,pour maintenir
l’activité de dép ôts en offrant un compte courant,
les banques doivent détenir une certaine prop ortion d’actifs liquides pour rép ondre à la demande de
liquidité des dép osants.Par ailleurs, du côté du crédit bancaire,
sont apparues des formes de crédit qui gagne en importance. Il s’agit des lignes de crédit (credit line ) ou des
engagements de crédit (loan commitment
La caractéristique
).
principale de
ces formes de crédit est de donner « une option »aux emprunteurs d’activer
le crédit et donc d’obtenir de la liquidité pendant une pério de prédéterminée
conformément à un accord préalable. Les banques fournissent la liquidité aux
emprunteurs avec ces formes de crédit, ce qui nécessite également pour les
banques de p osséder des actifs liquides p our rép ondre à cette demande de liquidité. Du point du vue de la banque, garder de la liquidité supplémentaire
est un coût. Car, engénéral, détenir un actifliquide estmoinsrentablequ’investir dans un pro jet à une longue maturité avec un risque donc peu liquide.
Dans cette situation, les banques peuvent réaliser une économie d’envergure en
faisant à la fois les deux activités, à savoir l’activité de dépôt à vue et celle deligne
peut créer un lien entre la concurrence sur les deux marchés. Nousprenons un mod
26
Chapitre1:Concurrenceetefficience dusecteurbancaire
marché du crédit et sur le marché des dép
Elles
ôts.sont confrontées à une
concurrence imparfaite à la Chamb erlin (1933) où les banques ont un p ouvoir
de monop ole lo et
caloù chacune est confrontéeà une fonction décroissante
de la demande de crédit et à une fonction croissante de l’offre de dép ôts.
Parailleurs,ilexisteun marchémonétaire dans cetteéconomie sur lequel les
banques peuvent éventuellement emprunter les fonds nécessaires ou prêter les
fonds excédentairesauprès d’autres banques.
Nous supp osons que ce marché
monétaire est parfaitement comp étitif et que les banques considèrent le taux
d’intérêt comme donné.3Le profit d’une banque p eut s’écrire :Π = Π (rD , rL ) = rL L +
D −C
(1.1)
où L = L(rL), L < 0D = D(rD), D > 0M = D−LC = C(D,L)C est une fonct
(1.2)3Alternativement,nouspouvonsconsidérerqueletauxd’intérêtdecemarchéestcontrôlépar la banque
Chapitre 1: Concurrence et efficiencedu secteurbancaire
27
Les banques sont identiques en termes de fonction de coût, d’offre de dép ôts
ainsi que de demande du crédit. L’ob jectif de la banque représentative est de
maximiser son profit en choisissant le niveau du taux d’intérêt de
D ) dép ôts (r
etcelui de créditL(r
). Les conditions du premier ordre (CPO) s’écrivent ainsi:
∂ Π∂rL = L + (r
∂C
=0
L − r) L−
∂r L
∂ Π∂rD = −D + (r −r
∂C
=0
D ) D−
∂r D
∂ DrD∂D= ∂C
Notons que ∂C∂rL = ∂C∂L ∂ L∂rL et ∂ C∂
∂r D . La banque dont l’ob jectif est de
maximisersonprofitchoisitalors rD et rL telque
r∗L −r − ∂C∂LrL = − L/rL∂L/∂rL =−1
∗
L(r L )
(1.3)
r − r∗D − ∂C∂DrD = D/rD∂D/∂rD = 1D (r∗D) (1.4)
C’est le résultat bien connu en tant que condition de la maximisation du
profit d’une firme ayant un pouvoir du marché. Les membres gauches de l’égalité présente l’indice de Lerner ( Lerner 1934 ), une mesure du p ouvoir du mar-
ché. La partie droite de l’égalité signifie l’inverse de l’élasticité de prix. Consi-déro
des dépôts (ducrédit, respectivement) n’est pas indépendant des caractéristiques
28
Chapitre1:Concurrenceetefficience dusecteurbancaire
En effet, malgré de nombreusesétudes sur l’existence d’économies d’envergure,
très peu d’études ont développé cet asp ect dans un contexte de concurrence
bancaire. Cette prop osition suggère que si une banque a un pouvoir du marché
imp ortant dans un marché,
elle peut l’utiliser comme levier pour mo difier la
concurrence sur l’autre marchéafin de gagner plus de parts du marché.
2.1.2. Les dépôts en tant que capacité d’octroi du crédit
Un autre lien entre le marché des dép ôts et celui du crédit p eut naturellement se trouver dans le fait que la quantité de dép ôts qu’une banque collecte
conditionne la contrainte de capacité d’o ctroi du crédit.
2.1.2.1. Dépôts en tant que capacité d’o ctroi du crédit
Lorsque l’on emploie la notion de marché de dép ôts au sens plus large c’est
à dire assimilé au marché de fonds prêtables incluant les marchés de dép ôts
traditionnels (dépôts à vue et à terme) auxquels s’a joute le marché monétaire
(certificat de dép ôts), il apparaît que la concurrence pour collecter les fonds
est devenue de plus en plus vive au cours des dernières décennies. Avant que ladérè
industria-lisés, la rémunération a été interdit en ce qui concerne les dépôts à vue etp
se
Chapitre 1: Concurrence et efficiencedu secteurbancaire
29
Fig. 1.2 – Changement de la comp osition du passif bancaire
(les banques commerciales aux États-Unis)concurrencer de façon active sur les tau
cursales pour collecter plus de dép ôts. Ainsi, les banques considéraient leur
ressources comme données (Mishkin 2004)Or, depuis les années 60, au sein des g
centres financières comme New York ou Chicago se sont développés de nou-veaux
plafonnement sur les dépôts à vue et à terme respectivement a été progres-sivem
30
Chapitre1:Concurrenceetefficience dusecteurbancaire
ments ontengendré une concurrence plus active sur les fonds entreles banques
mais égalemententrebanques commerciales et institutions financières non-
bancaires.2.1.2.2. L’articulationstratégique entreconcurrence surles fonds et
concurrence sur le crédit
Cette évolution du côté du marché de ressources bancaires a créé un nouvel environnementconcurrentiel dans la communauté bancaire.
La banque
p eut dorénavant essayer de collecter les fonds dont elle aLa
besoin.
taille
desfonds collectés devientla variablestratégique, non plus une variable exogène. 4 Comme le volume des fonds qu’une banque collecte constitue sa capacité
d’o ctroi du crédit sur le marché du crédit, la décision stratégique concernant le
marché de fonds n’est pas indépendante du marché du crédit. Nous app ellerons
ce lien le canal de la capacité, par la suite.Par ailleurs, pour collecter les fonds, il faut
fonds n’est un marché en concurrenceparfaite où les banques peuvent obtenir la qua
Chapitre 1: Concurrence et efficiencedu secteurbancaire
31
2.1.2.3.La concurrence dans le marché de dép ôts et la prise de
risque
Dansla littérature de la concurrence bancaire,
il existe relativement peu
de modèles qui prennent en compte ces asp
Un ects.
premier type de mo dèle
tient compte explicitement du canal du coût. Dans un mo dèle de concurrence
sur le marché de dépôts, le taux d’intérêt de dép ôts a un effet sur la comp osition du p ortefeuille des actifs de la banque (Allen & Gale
Hellman
2000,
et al. 2000 , Keeley 1990 , Matutes & Vives 1996). Un actif à haut rendementa
également un risque élevé. En particulier, Hellman et al. (2000 ), Keeley (1990)
montrent qu’une hausse du taux d’intérêt de dép ôts suite à une augmentation
de la concurrence incite les banques à s’orienter davantage vers le portefeuille
à haut rendement mais à haut risque pour rémunérer le taux élevé contractuellement versé aux dép osants. En conséquence, le risque de défaut dans le
secteur bancaire augmente également. Pourtant, ces mo dèles n’ont pas pris
en compte explicitement la concurrence sur le marché du crédit en supp osant
que la banque p eut comp oser le p ortefeuille dont elle a b esoin sans contrainte
Boyd & de Nicolo (2005) analysent ce problème dans un modèle où le marchédes
quiatténue le risque pris par les emprunteurs.55Martinez-Miera & Repullo (2008) ont récem
32
Chapitre1:Concurrenceetefficience dusecteurbancaire
2.1.2.4. Le mo dèle de double concurrence à la Bertrand
Dans la suite, nous présenterons une autre type de mo dèle rarement exploité
dans l’analyse de la concurrence bancaire mais qui permet d’analyser les effets
provenant ducanal de capacité.
C’est le mo dèle de double concurrence à la
Bertrand (notamment, Stahl 1988,
Yanelle 1989;
1997 6).Dans ce mo dèle,
les
banques se fontune concurrence séquentiellesur le marché des fonds puis sur le
marché du crédit. 7 Sur chaque marché, les banques se concurrencent en prixà
la Bertrand. Ainsi, l’étape de la concurrence sur les dép ôts permet la formation
d’une capacité pour la concurrence sur le marché du crédit.
Dans ce mo dèle, nous p ouvons introduire la stratégie de la banque concernant le marché des dép ôts afin d’affecter la concurrence sur le marché du crédit. Par exemple, dans cette double concurrence, la banque peut avoir intérêt
à augmenter le taux d’intérêt des dép ôts parce qu’elle va ainsi avoir une plus
grande part du marché des dép ôts, ce qui lui permet d’avoir plus de p ouvoir de
marché sur le marché du crédit (canal de capacité). Plus de pouvoir de marché
lui permet de fixer un taux d’intérêt du crédit plus élevé que le niveau concur-rentiel.
la concurrence et l’efficience dans un modèle de double concurrence. 6Voir également Br
Chapitre 1: Concurrence et efficiencedu secteurbancaire
33
2.2. Asymétrie d’information et aspects stratégiques de
la pro duction d’information
Les analyses traditionnelles sur la concurrence bancaire guidée par lathéorie de l’organisation industrielle présententdes défaut au sens où elles ontnégligé le fait que les banques se concurrencent sur les deux marchésqui sontliés.
Un autre asp ect dont n’ont pas traité les analyses traditionnelles est l’asymétrie d’information. Pendantquelques décennies, la théorie de l’intermédiation
financière s’est développée remarquablement sur la base de la micro économie
de l’information asymétrique. Celle-ci a ensuite été mobilisée pour l’analyse de
la concurrence entre banques et a pro duit des résultats intéressants.
La théorie mo derne de l’intermédiation financière a mis l’asymétrie d’information sur le marché financier au cœur de ses analyses.
En effet,il existe
une asymétrie d’information entre emprunteurs potentiels et investisseurs selon
laquelle la qualité d’un emprunteurn’est pas connu des investisseurs.
Un intermédiaire financier comme une banque joue un rôle essentiel visantà réduire
cette asymétrie en pro duisant l’information concernant la qualité des emprunteurs potentiels. D’une part, il s’agit d’un examen préalable p our distinguer
la qualité ex-ante bonne de mauvaises d’un emprunteur, i.e., le screening desemp
impact sur la concurrence via ces deux8Il existe une troisième notion de la production d’info
34
Chapitre1:Concurrenceetefficience dusecteurbancaire
différents canaux.
D’ab ord,elle améliore la p erformance du portefeuille des
crédits octroyés aux emprunteurs choisis par la banque soit par une augmentation de la qualité des projets acceptés (screening ) ou/et par une prévention des
comportements opportunistes par les emprunteurs (monitoring ). Faire du monitoring ou du screening a le même effet qu’exercer une technologie qui ajoute
plus de valeurou qui est moins coûteuse dans le sens où le monitoring ou le
screening réduit la probabilité de défaut et que le défaut de remb oursement
est un coût p esant sur l’activité de crédit de la banque. Une banque peut ainsi
réaliser plus de profit lorsqu’elle est en concurrence avec un concurrent qui ne
pro duit pas d’information concernant ses emprunteurs.
Or, la pro duction d’information a un autre effet sur la concurrence. Il s’agit
d’un effet d’externalitécréé parune asymétried’information entreunebanque
ayant acquis une information sur la qualité des emprunteurs potentiels et un
concurrent ne l’ayant pas. Nous nous concentreronssur l’externalité de la pro-
duction d’information dans la partie suivante.2.2.1. Information privée et rente i
(banque externe).Dans cet environnement, la banque interne peut extraire une rente
potentiels ne disposent pas de la valeur
Chapitre 1: Concurrence et efficiencedu secteurbancaire
35
exacte de l’ob jet, devenir le gagnant ou vainqueur des enchères lui révèle qu’il
a surestimé la valeur de l’ob jet par rapport à tous les autres participants. Ceci
le conduit à ne pas trop surenchérir.Ce phénomène estconnu comme la malédiction du vainqueur en ce sens que devenirle vainqueur est une mauvaise
nouvelle, car induisant une surestimation de la valeur. La concurrence pour attirer un pro jet d’investissement entre une banque ne connaissant pas la valeur
potentielle du pro jet et une banque la connaissant mieux est un jeu similaire.
La banque interne qui connaît la qualité d’un pro jet a un double avantage.
D’une part, elle disp ose d’une information supérieure aux autres concurrents
et d’autre part, elle sait également de quelle information disp osent ses concurrents, i.e. , l’information publiquement accessible. Elle sait que ses concurrents
ne peuvent pas offrir un taux d’intérêt trop bas en craignant d’avoir des pro jets
de mauvaise qualité. Ceci conduit à une concurrence en prix moins féro ce et
permet à la banque interne de réaliser un profit p ositif tandis que ses concurrent réalisent un profit esp éré nul à cause du problème de la selection adverse
(Riordan 1993, Sharp e 1990, von Thadden 2004).Dans un cadre théorique simple,
une information privée peut extraire une rente informationnelle dans un rap-port d
un projet qui nécessite un investissement initial s’élevant à 1. La proportionλ des e
36
Chapitre1:Concurrenceetefficience dusecteurbancaire
un financement externe.
Afind’étudierl’effet de l’information privée dans un cadre simple,
nous
supp osons qu’une des banques,
notée I,disp ose d’une capacité à distinguer
parfaitement les bons projets des mauvais (screening ), tandis que l’autre, notée
U , ne dispose pas d’une telle information mais sait seulement la proportion de
bons pro jets (λ). Chaque banque sait de quelle information son adversaire
disp ose. Supposons un jeu selon lequel
les deux banquesoffrent un tauxde
crédit aux entreprises sans connaître la décision sur l’o ctroi du crédit et le taux
offert par leur adversaire, puis chaqueentreprisechoisitsa banque. Considérons
d’ab ord, la politique d’offre de la banque I . Puisqu’elle sait parfaitement le
typ e de chaque entreprise, elle n’offre un contrat de crédit qu’au typ e G après
un examen des pro jets. Par contre, U offre un contrat de crédit à toutes les
entreprises. Le profit espéré d’un pro jet de chaque banque avant de savoir le
type de pro jet s’écrit comme suit, le taux d’intérêt offert R et la politique de
l’offre sont donnés : πI (R) = λ(R − 1)πU (R) = λ(R − 1)+ (1− λ)(−1)Le terme (1− λ)(−
RminU génère un profit espéré négatif. La banque Iqui connaît ce problème de son adv
Chapitre 1: Concurrence et efficiencedu secteurbancaire
37
problèmede selection adverse.
En effet, précédemment,
nous avonstraité un cas extrême où la banque
interne a une information parfaite tandis que le concurrentexterne n’a aucune
information. C’est le cas où l’extraction de la renteinformationnelle est maximale. A mesure que l’asymétrie entrebanque interneet externe diminue,
la
rente informationnelle extraite se réduit.
2.2.2. Information privéeet barrière informationnelle
Le problème de la selection adverse analysé plus haut peut être utilisé
commela barrière à l’entrée. Considérons un environnement où une banque
en place est confronté à la concurrence d’un entrant potentiel
sur son marché. Supp osons d’abord que la banque en place a une capacité de screening
des mauvais pro jets mais que celle-ci est imparfaite et que l’entrant potentiel ne dispose pas de la capacité à distinguer les bon pro jets des mauvais.
Sachant que la banque en place sélectionne en premier lesl’entrant
pro jets,
potentiel est confronté à un problème de selection adverse plus imp ortant. Car
après une selection des emprunteurs par la banque en place, la qualité du po ol
des candidats emprunteurs auprès de l’entrant se dégrade. Sachant que l’en-trant
Dell’Ariccia et al. 1999, Gehrig 1998). Ce problème peut s’aggraver enfonction de
38
Chapitre1:Concurrenceetefficience dusecteurbancaire
externalité négative à l’égard de ses concurrents. Bofondi & Gobbi (2006 ) ont
conforté ce résultat théorique à partir de données sur les marchés lo caux du
crédit en Italie en montrantque la probabilité de défaut de crédit chezles
nouveaux entrants est significativement plus élevéeque celle des banques en
place.Dans cette section, nous avonsprésentédeux élémentsstratégiques au-delà
de la concurrence en prix dans le secteur bancaire : 1) l’abus de pouvoir sur l’un
des deux marchés auxquels la banque est confrontée pour dominer sur l’autre
marché ; 2) la production d’information pour créer une asymétrie d’information
avecses concurrents.Dans la section suivante, nous allons examiner l’effet de
l’utilisation de ces variablesstratégiques sur l’efficience.
3. Concurrence et efficiencedu secteurbancaire
Comment analyser l’effet de la concurrence sur l’efficience du secteur bancaire ? Que signifie précisément un secteur bancaire efficient? Comment mesurer l’efficience du secteur bancaire ? Nous allons présenter une brève revue
delalittératureconcernantcettequestion.Laprésentationdecettelittératureimpose de di
théorie de l’organisation industrielle. Enparticulier, de nombreux travaux empiriques
Chapitre 1: Concurrence et efficiencedu secteurbancaire
39
applique donc les outils analytiques et concepts tirés del’économie industrielle.
3.1.1. Structure du marché - Comportement - Efficience
Une première hyp othèse traditionnelle dans la littérature sur l’organisation
industrielle est connue sous les termes de « structure-comp ortment-performance
(SCP) »(Bain 1951, Mason 1939). Selon cette hyp othèse, le comp ortement des
firmesdans une industrie qui affecte l’efficience est déterminé par la structure
de marché, en particulier le nombre ou la taille des firmes en place et le degré
de concentration.Dans les mo dèles d’analyse qui adoptent cette hypothèse,
les cas polaires
sont ceux de la concurrence parfaite et du monop
Dans
ole. un marchéde
monop ole qui est considéré comme le cas le plus inefficient,
une firme a un
pouvoir du marché en matière de fixation du prix et elle fixe le prix de manière
à le maximiser. Le raisonnement sous-jacent supp ose qu’un profit élevé est une
mesure de l’inefficience.Par ailleurs, si les firmes parviennent à s’entendre ou à co
activité, elles appliquent des prix de monop ole et obtiennent des profits de
monopole. Mais, chaque entreprise a un intérêt à ne pas resp ecter les termes
de l’accord explicite ou implicite et à abaisser ses prix de façon à accroîtresa part
desindustries en réalité ont des structures intermédiaires entre ces deux extrêmes
40
Chapitre1:Concurrenceetefficience dusecteurbancaire
européenne (Commission Europ éenne) en matière de fusion et acquisition au
sein d’un mêmesecteur industriel.
Un des problèmes ma jeure de cette ligne de réflexion est qu’elle assimile la
structure de marché au degré de concurrence. Cette conception ignore l’asp ect
dynamique de la concurrence.
La structure du marchéest considérée comme
exogène. Eneffet, en se concentrantexclusivement sur l’effet de la structure du
marché sur la concurrence, ce mo dèle n’explique pas les raisons qui conduisent
àune telle structure plutôt qu’àune autre dans une industrie. Or, une structure de monop ole peut être le résultat d’une concurrence passée. Par exemple,
une firme peut gagner une plus grande part du marché et p eut devenir un
monop ole si elle a été plus efficiente que ses concurrents.
Nous présenterons,
plus tard, cette idée de la causalité inverse. Parailleurs,
l’hyp othèse SCP ne
prendpas en compte la présence d’une concurrence implicite par la simple menace d’entrée dans le marché par un concurrent potentiel. En effet, s’il n’existe
pas de barrière légale à l’entrée, une firme en monop ole ne p eut jouir de son
p ouvoir de monopole de façon comfortable, car il y aura des entrées de nouvelles firmes qui voient que le marché est rentable, ce qui éro de le profit du
monopole. Nous présenterons, dans la suite, la littérature qui incorp ore cette
idée de concurrence potentielle.3.1.2. Contestabilité et efficienceLa présence d’u
un nouveau concept sur le degré de concurrence, la «contes-tabilité ». Celle-ci est dé
Chapitre 1: Concurrence et efficiencedu secteurbancaire
41
We define a perfectly contestable market as one that is accessible to
potential entrants and has the following two prop erties : First, the
potential entrants can, without restriction, serve the same market
demands and use the same pro ductive techniques as those available to the incumb ent firms.
Thus, there is no entry barrier[...]
Second, the potential entrants evaluate the profitability of entry at
the incumb ent firms’s pre-entry prices. That is, [...] if the p otential
entrants undercut incumb ents’ prices they can sell as much of the
corresponding go od as the quantity demanded by the market at
their own prices. Baumol et al. (1982, p.5)
Un autre élément imp ortant dans la contestabilité est la facilité de sortie
d’un marché. Ainsi, un marché est-il parfaitement contestable s’il est possible
d’y entrer et d’en sortir sans supp orter de coût. Un marché contestable ne
supporte donc ni barrière à l’entrée ni coûts irrécupérables (sunk cost ) à la
sortie. La lib erté de sortie est la contrepartie de la gratuité d’entrée. En effet,
si une entreprise p eut quitter une industrie sans supp orter de perte sur les
capitaux qu’elle y ainvestis,sa décision d’yentrerne luicoûtera rien. En
revanche, si une part de son investissement est irrécupérable et que sa sortieimpl
une influence sur le prix du marché. Par ailleurs,même un marché avec une seule
42
Chapitre1:Concurrenceetefficience dusecteurbancaire
établies dans un marché. Ainsi, le degré de la concurrence ne dép end plus de
la structure du marchémesurée par le nombreou la taille des firmes en place.
Parailleurs, dans la théorie des marchés contestables,
un marché contestable est considéré comme un marché efficient. Lasimple menace d’entréeque
constitue pour les firmes en place la p ossibilité pour des concurrents potentielsd’entreret de sortir très rapidementdu marché après y avoir réalisé un
profit suffit à garantir l’efficience.
Elleincite les premières àfixer leur prix
au minimumdu coût moyen. L’absence de barrières à l’entréeet à la sortie
constitue une condition nécessaire et suffisante pour l’obtention d’une structure
efficiente. L’absence de barrières à l’entrée a pour effet d’écarter du marché les
firmes les moins efficienteset d’obliger les entreprises à vendreà un prix égal
auminimumdu coût moyen afin d’éviter l’entréede nouveaux concurrents
(Dietsch 1992). Même si un marché est monop olistique,
peut être
il efficient
tant qu’il n’existe ni barrière à l’entrée ni à la sortie. Ainsi,
la contestabilité constitue-t-elle une mesure à la fois p our le degré de concurrence et pour
l’efficience.93.1.3. Efficience - pouvoir de marché : Causalité ambiguëMalgré u
par les juristes (Demsetz 1973; 1974, Peltzman 1977) puis les écono-mistes (Rhoade
Willig 1981).
Chapitre 1: Concurrence et efficiencedu secteurbancaire
43
de l’efficience. Selon eux, une gestion ou une technologie sup érieure économise
les coût de pro duction ou d’opération.
Il enrésulte un profit plus élevé.
Ces
firmes plus efficientes peuvent gagner des parts de marché plus imp ortantes
que les firmes moins efficientes à travers la concurrence, ce qui leur confère un
pouvoir de marché. En conséquence, la concurrence améliore l’efficience tandis
que le pouvoir de marché n’entretient pas nécessairement une relation p ositive ou négative avecl’efficience.
Cette idée est souvent nommée l’hyp othèse
d’ «efficience - structure (ES) ». Son but initial était de critiquer la causalité
prop osée par l’hypothèse SCP mais sa critique est également applicable à la
théorie du marché contestable au sens où elle prop ose une causalité inverse
concernant le lien entre pourvoir du marché et efficience.
En dépit de leur désaccords, ces différents courants de l’économie industrielle partagent une conception commune, à savoirque la concurrence promeut
l’efficience. A l’appui de ces positions théoriques, de nombreux de travaux empiriques appliqués à l’industrie bancaire ont été développ és visant à identifier
10
la causalité entre le pouvoir de marché, la concurrence et l’efficience.
L’un
des problèmes que ces travaux empiriques ontrencontrétientau fait qu’il n’y
pas de véritable mesure directe de l’efficience. La plupart des travauxutilisent
le profit comme un des proxy de l’efficience. Or, la relation entre le profit réa-lisé e
Berger (1995), Berger & Hannan (1989), Hannan (1991), Hannan & Berger (1991),Neumark & Sharp
1995).
44
Chapitre1:Concurrenceetefficience dusecteurbancaire
Dans la section suivante,nous allons présenteruneautre mesure de l’efficience
et discuter son lien avec leprofit.
3.2. L’efficience de l’industrie bancaire : disponibilité du
crédit et qualité des pro jets financés
Étant un secteur d’intermédiationfinancière, l’un des rôles essentielsde la
banque est de permettre une allo cation efficace du capital. Rechercher les fonds
et les allouer dans les pro jets d’investissement rentables est une mesure important de l’efficience. Dans un monde Arrow-Debreuoù il n’y a pas de friction,
laconcurrence garantit un équilibre où il y a un prix (taux) auquel l’offre de
fonds (D ) et la demande de crédit (L) s’égalisent. Le taux le plus efficient en
terme d’allo cation des fonds corresp ond à une situation dans laquelle le taux
d’intérêt du crédit est égal au taux d’intérêt de dép ôts
(rLFB=r
). Dans
D =r
ce monde, le profit du secteurbancaire est unesourced’inefficience dans la
mesure où ceci emp êche d’atteindre le niveau optimal de crédit (Figure 1.3).
L’efficience en terme d’allo cation peut être atteinte par la concurrence entre
banques. Le mécanisme du prix fonctionne pour que l’on arrive à l’équilibre
dans lequel les banques ne réalisent qu’un profit normal.La théorie économique basé
banque et un emprunteur n’est pas le même que le revenufuturquelabanquereçoitàla
Chapitre 1: Concurrence et efficiencedu secteurbancaire
45
r
r D (D )
Pro fit de la ba nque
r L∗
r FB
r D∗
r L (L )
L∗
(= D ∗)
L FB
(= D FB )
L,D
Fig. 1.3 – Inefficience du secteurbancaire
plus élevéque le niveauqui prendrait correctement en compte leur risque.
Cela p eut provo quer un problème d’aléa moral de la part de cette catégorie
d’entrepreneurs en réduisant leurs incitations à faire des efforts pour que leur
pro jet réussisse ou en augmentant leurs incitations à prendre un projet plus
risqué en rép onse à la hausse du taux. La banque peut rationner la quantité
du crédit qu’elle octroie car une augmentation du taux ne se traduit pas parune ha
l’efficience.L’impact de l’asymétrie d’information sur la disponibilité du crédit a été
46
Chapitre1:Concurrenceetefficience dusecteurbancaire
cette littérature considère quele secteurbancaireest passifet ne lui a pas donné
un grand rôle en tantqu’acteur de résolution de l’asymétrie d’information. En
effet,lesecteur bancaire n’est pas un simple affecté
canal par les asymétries
d’information. C’est également un canal qui peut les réduire par la pro duction
d’information. Le monitoring et le screening de la banque peuvent améliorer
l’efficience en termes d’allocation des ressources en identifiant les pro jets de
haute qualité qui n’auraient pas trouvé de financement sans cette pro duction
d’information et en dissuadant les comp ortements guidés par un aléa moral des
emprunteurs. La disponibilité du crédit et la qualité des pro jets financés est
ainsiune mesure de l’efficience de l’industrie bancaire. Nous présenterons dans
la partie suivante, les différentes études concernant le lien entrela concurrence
etcesmesuresdel’efficience.3.3. Concurrence, production d’informatio
3.3.1. Production coûteuse d’information et incitation de la banque
Dans la section précédente, nous avons vu comment la pro duction d’infor-
mation de la banque peut affecter la concurrence et comment l’informationprivée pe
doitdépenser des ressources en termes de temps et d’efforts afin d’examiner la ca-p
d’information
Chapitre 1: Concurrence et efficiencedu secteurbancaire
47
si et seulementsi
la rente est suffisamment imp ortante pour couvrir le coût
qu’elles doivent payer.
Dans cet environnement,
la concurrence peut avoir deux effets contradictoires en matière de pro duction d’information.
Confrontée àune concurrence
plus féro ce, une banque peut avoir une plus grande incitation à pro duire l’informationafin d’être mieux protégée contrela concurrence pure en prix. L’information privéequi crée l’asymétrie d’information aggravele problème de la
sélection adverse du côté de son concurrent, ce qui emp êche celui-ci de se lancer dans une concurrence féro ce en prix. Par ailleurs, la concurrence baisse de
toute manière le prix (taux d’intérêt), cebaisse
qui la marge que la banque
peut investir dans la pro duction d’information. L’impact de la concurrence sur
la production d’information dép end de quel effet est dominant.
Si le premier
effet est dominant, la concurrence incite les banques à pro duire l’information.
Ceci améliore la qualité des pro jets financés dans l’économie soit par une augmentation de l’o ctroie du crédit aux emprunteurs de bonne qualité par un
meilleur screening , soit par une prévention de l’aléa moral des emprunteurs
par un monitoring plus intense. La concurrence peut avoir un effet positif sur
l’efficience du secteur bancaire. Si l’effet de baisse du taux est dominant,on
aura un effet négatif de la concurrence sur l’efficience en termes de qualité despro
meilleure décision decrédit qui accroît la proportion des emprunteurs de bonne qu
48
Chapitre1:Concurrenceetefficience dusecteurbancaire
d’intérêt à l’équilibre et fait baisser le rendement marginal
de la pro duction
d’information pour une augmentation de son intensité.
Hauswald & Marquez
(2006 ) ont également montré le même résultat. La plupart des études traitent
le lien entre la concurrence et la pro duction coûteuse d’information dans le
contexte du screening tandisque nousallons analysercette question dans le
cadredu monitoring danslechapitre4 de cettethèse.
3.3.2. La relation clientèlede longterme et efficience
La construction d’une relation de long terme entrelabanque et l’entreprise est l’une des manières utilisée pour résoudre les problèmes causés par
l’asymétrie d’information. Selon une étude précurseur de Mayer
une
(1988 ),
caractéristique distinctivedes banques est liée à cette relation de long terme,
qui constitue pour la banque une source d’information spLa
écifique.
banque
acquiert les informationssur sesemprunteurs durantla relationdu crédit et
p eut ensuite les utiliser p our la décision sur le crédit dans le futur (Bo ot 2000,
Bo ot & Thakor 2000, Peterson & Ra jan 1995). La relation de long terme est
ainsi pro ductrice d’information par l’observation des actions passées de l’en-
treprise.3.3.2.1. La relation clientèle de long terme et la disponibilité ducréd
marchécomme par exemple le type de l’entrepreneur et la perspective du projet. Lab
Chapitre 1: Concurrence et efficiencedu secteurbancaire
49
comptes de son entreprise-client concernantla solvabilité,
l’attitude vis-à-vis
du risque et autre variables pertinentes pour la décision d’o ctroi de financement
(Fama 1985 , Fischer 1975 , Nakamura 1989 ). Ces informations privilégiées, dites
« soft », permettent à la banque non seulement de distinguer les bonnes entreprises des mauvaises mais également de contrôler les entreprises p our un bon
déroulement du projet.12Par ailleurs, la relation de long terme est aussi
bénéfique pour les entreprises qui détiennent un pro jet d’investissement dont la durée est longue et le
rendement de court terme est faible tandis que celui de long terme est imp ortant. Si une banque est capable d’évaluercorrectement sa valeur,la banque et
cette firme peuvent construire une relation b énéfique mutuelle en s’accordant
pour partager le rendement futur en subventionnant un financement p our le
présent. La relation peut être également b énéfique si une firme est financièrement en détresse mais seulement de façon temp oraire. Bien que le cash-flow
actuel d’un porteur de ce type de pro jet ne soit pas important, son rendement
futur peut être élevé si son pro jet est de bonne qualité. Sa banque principale
qui connaît bien sa qualité peut lui accorder un crédit pour que cette firme se
redresse.Un investissement sur la relation de long terme peut donc améliorer l’effi
oùl’asymétrie d’information est importante (Peterson & Rajan 1994). 12Dans le chapitr
50
Chapitre1:Concurrenceetefficience dusecteurbancaire
3.3.2.2. L’effetde la concurrence sur la relation delong terme
Il y a beaucoup d’études sur les impacts d’une augmentation de la concurrence sur la relation de long terme entrebanques et entreprises.Dans la suite,
nous allons nous concentrer sur quelques arguments pertinents quant à notre
13
discussion surle lien entre concurrence et efficience.
i. La subvention intertemporelle Une augmentationde la concurrence p eut avoir un effet négatif sur la relation de long terme (Besanko&
Thakor 1993, Peterson & Ra jan 1995). S’engager dans une relation de long
terme supp ose que la banque et l’entreprise partagent la rente dans le futur en
assumant une perte éventuelle à court terme du côté de la banque. La banque
accepte un taux moins élevé à court terme pour qu’une firme ne disp osant pas
du cash-flow suffisant à court terme puisse lancer son pro jet rémunérateurà
long terme. La relation de long terme est donc en quelque sorteune subvention
intertemp orelle de la banque.Cette relation n’est tenable que si la banque p eut extr
rente suffisamment grande pour couvrir la subvention qu’elle a fait au début
de la relation. Selon Peterson & Rajan (1995), dans un marché compétitif, ilserait diffi
gées d’appliquer un taux compétitif période par période. Le taux compétitifdu march
Chapitre 1: Concurrence et efficiencedu secteurbancaire
51
taux d’intérêt élevé voire n’o ctroient pas de crédit parce qu’elles les jugent plus
risquées. Or les firmes “au démarrage” n’ont pas un cash-flow disp onible suffisant p our payer un taux d’intérêt trop élevé. En conséquence, elles ne peuvent
lancer leur pro jet mêmecelui-ciest
si
un pro jet rémunérateur à l’échéance.
Ceci a un effet négatif sur la disp onibilité du crédit.
ii. La création d’avantageinformationnel
Or,une foisqu’une banque
pro duit l’information privée sur ses clients p endant la relation elle
de crédit,
p eut profiter de son avantage informationnel dans les pério des futures. En présence d’une asymétrie d’information entre la banque interneet externe que
nousavons décrite plus haut, la banque externe craint le problème de la selection adverse, ce qui l’emp êche d’offrir un taux d’intérêt plus
La banque
bas.
interne qui connaît cette contrainte destratégie desbanques externesn’a pas
besoin de faire une concurrence trop aggressive en prix et pextraire
eut ainsi
une rente informationnelle auprès de ses anciens clients (Greenbaum et al.
1989, Ra jan 1992, Sharp e 1990, von Thadden 2004). Ainsi, Bo ot & Thakor
(2000 ) prévoient qu’une augmentation de la concurrence entre les banques incite celles-ci à s’orienterversla relation de long terme afin de limiter effet de la
concurrencepureenprix.Seloncetargument,l’effetnégatifdelaconcurrencesur la relat
labanqueinternepeutextrairederenteinformationnelle.Cetavantageinforma-tionnel p
52
Chapitre1:Concurrenceetefficience dusecteurbancaire
obtenir parfaitementson information privéesans payer de coût, cette banque
ne peut extraire aucune rente.
Or, il p eut y avoir des fuites d’information privée. D’ab ord, la politique de
l’o ctroi de crédit d’une banque auprès une entreprise p eut être un signal quant
à l’évaluation de la banque interneconcernantcette entreprise.
Car, on peut
considérer qu’une banque n’accorde un crédit à un emprunteurque
celui- si
ci est jugé de b onne qualité ( Breton 2006 ). Par ailleurs, l’historique de défaut
d’une entreprise peut également fournir une information partielle concernant la
qualité de cette entreprisesachantque la probabilité de défaut est plus faible
p our une entreprise de b onne qualité (Diamond
1991
1989;
).
Si les banques
externes peuvent observer cette information, la rente informationnelle de la
banque interne sera éro dée, ce qui baisse l’incitation à construire une relation
clientèle à long terme.Considérons un environnement où le coût de la production d’in
élevé tel qu’il n’est récup érable qu’à long terme par la rente informationnelle.
Dans cet environnement, une banque n’a un intérêt à pro duire l’information
sur la qualité des emprunteursque si sa renteinformationnelle est suffisamment élevée de sorte que celle-ci couvre le coût de pro duction d’information.
Or, lorsqu’un concurrent peut observer (au moins partiellement) l’informationprivéed
a moins d’incitation à produire l’information en introduisant unerelation de long term
Chapitre 1: Concurrence et efficiencedu secteurbancaire
53
microstructure de marché ( Grossman & Stiglitz 1980 , Kyle 1985). Khalil et al.
(2007 ) traite ce problème dans un environnement où plusieurs investisseurs finance un pro jet commun. Cette question est relativement peu développé jusque
là dans la littérature sur l’intermédiationfinancière.
Breton (2006 ) a montré
qu’une banque p eut chercher une stratégie qui lui permette de dissimuler son
information afin de protéger sa rente informationnelle.
Il a montré que la diversification du portefeuille des crédits p eut être un moyen de limiter la fuite
d’information pour protéger la rente informationnelle.
La banque constitue
son portefeuille de crédit en finançant simultanément des emprunteurs qu’elle
a effectivementévalués et des emprunteursque la banque n’est pas capable
d’évaluer. En conséquence, un bruit est intro duit concernant la décision du
crédit tel que les concurrents extérieurs ne peuvent déduire l’évaluation de la
banque interne sur un emprunteur. Ceci maintientl’asymétrie d’information
entre banque interne et concurrent externe, ce qui permet à la banque interne
de continuerà extraire une rentedans le futur même dans un environnement
concurrentiel. La banque peut avoir une incitation à s’engager dans une relation de long terme avec des entreprises.Dans le chapitre3 de cette thèse,
nous allons analyser comment le marché secondaire du crédit peut être utilisée
comme un moyen de préserver la rente informationnelle face à la concurrence.3.3
basant sur son avantage informationnel. En l’occurrence,une entreprise qui a une r
54
Chapitre1:Concurrenceetefficience dusecteurbancaire
auteurs montrent que le coût du crédit pour ces entreprises belges augmente
avec la durée de la relation qu’elles entretiennentavecleur banques.
En ce qui concerne l’effet de la concurrence sur le problème de hold-up,
selon Ra jan (1992), von Thadden (2004),
celui-cine serait que partiel
car il
existe une menace potentielle des investisseurs externes, que l’on p eut interpréter également comme des concurrents p otentiels. Par ailleurs, Diamond (1991)
montreégalementque cet effetde hold-up estpartiel
et devient de moins en
moins imp ortant en fonction de l’age des firmes en raison de la fuite d’information au marché. En effet, le succès et l’échec d’un pro jet est observable de
l’extérieur bien que la vraie qualité d’une firme nesoit pas observable.
Tant
qu’unefirme de haute qualité a une probabilité de succès plus élevée que celle
d’une firme à basse qualité, le succès d’un pro jet d’investissement peut servir
de signal (partiel) sur la qualité d’une firme. Ainsi, les firmes ayantcumulé de
bonnes histoires de remb oursement p euvent être moins dép endantes de l’effet
de hold-up . Malgré ces arguments sur le caractère limité dece
cet
proeffet,
blème p eut être pertinent dans un environnement où cette fuite d’information
est faible tandis que l’asymétrie d’information est importante.i. L’incitation de l’em
introduire une relation à long terme mais égalementsur celle de l’entrepreneur à faire
l’intermédiation en termes de qualité des projets d’investis-
Chapitre 1: Concurrence et efficiencedu secteurbancaire
55
sement lancés.
Ce problème d’incitation de l’entrepreneur est pertinent dans
la mesure où son effort n’estobservable
ni
donc contractualisable
ni
(Innes
1990 )14ii. La partage d’information en tant que remède
Danscet environnement,la partage de l’informationsur les emprunteurs entre lesbanques
peut servir de mécanisme de discipline qui emp êche de baisser l’incitation de
l’emprunteur ( Padilla & Pagano 1997 ). Les banques p euvent partager leur information privée sur la qualité de leurs emprunteursen établissantun bureau
de crédit commun auquel chaque banque fournit l’information qu’elle acquiert.
Ce partage d’information peut discipliner l’emprunteur.
Un emprunteur jugé
de mauvaise qualité aura des difficultés à trouver un financementdans le futur
car toutes les banques le jugentde mauvaisequalité. Parcontre,un emprunteur jugé de bonne qualité p eut avoir un financement moins coûteux car il
peut jouer sur l’effet de concurrence puisque toutes les banques veulent l’attirer. Ainsi, la banque interne ne peut-elle extraire aucune rente car paradoxalement, en partageantl’information afin de discipliner ses emprunteurs,
elle
perd tout l’avantage informationnel qu’elle a détenu. En consequence, le par-
tage de l’information baisse l’incitation de la banque à produire l’informationen ay
informations. Les banques ont leurs informations privées à partir des-14Ce problème d
56
Chapitre1:Concurrenceetefficience dusecteurbancaire
quelles elles peuvent extraire la rente informationnelle en minimisant la baisse
d’incitation du côtéde l’emprunteur.
4. ConclusionDansce chapitre,nousavonsmené unerevue delalittérature centr
les deux questions suivantes: 1) Quels sontles choix de stratégies au-delà du
prix dans la concurrence bancaire ?; 2) Quelles sont les mesures de l’efficience
de la banque et quels sont les effets de la concurrence sur l’efficience ?.
En ce qui concerne, la première question, nous avons présenté deux choix
de stratégies de la firme bancaire fondés sur ses deux sp écificités. La première
spécificité tient au fait qu’une banque est exp osée à la fois à deux marchés
interdépendants (des dép ôts, du crédit). Ainsi, la banque p eut avoir une stratégie où elle exploite son p ouvoir de marché sur l’un des deux marchés pour
asseoir pouvoir de marché sur l’autre. Un premier exemple de cette stratégie
consiste à exploiter les économies d’envergure dans l’activité de dép ôts et celle
de crédits liées à l’interdép endance des deux marchés. Un deuxième exemple
est d’exploiter le fait que le volume de dépôts qu’une banque collecte sert decontrai
production d’information de labanque sur ses emprunteurs (potentiels) peut servir de
Chapitre 1: Concurrence et efficiencedu secteurbancaire
57
de la concurrence sur l’efficience, nous avons présenté la disp onibilité de crédit
etlaqualitédu crédit dans le secteurbancaire.
Nous avons ensuite discuté
les différents arguments concernant l’effet de la concurrence surl’incitation
à pro duire l’information,
en particulier viala relation clientèle à long terme.
La pro duction d’information contribue à l’efficience du secteur bancaire par
une amélioration de la disp onibilité et de la qualité des Néanmoins,
crédits.
elle nécessite une récompense suffisante pour couvrir le coût de pro duction.
Ainsi, la rente informationnelle est une condition nécessaire pour inciter les
banques à pro duire l’information (Breton 2006).
Cecisignifie que l’efficience
en termes de disp onibilité et de qualité de crédits n’est pas nécessairement
enrelation linéaire avec l’efficience mesurée en termes de profit comme la
littérature traditionnelle de la théorie de l’organisation industrielle le supp ose.
La suite de cette thèse analysera les p oints évo qués dans ce chapitre. Dans
le chapitre 2, nous traiterons la question de l’efficience dans un mo dèle de
doubleconcurrence à la Bertrand. Le chapitre3analysera la stratégie de la
banque pour garder sa rente informationnelle face à la concurrence.
Enfin,le
chapitre 4 examine l’incitation de la banque à pro duire l’information face à la
concurrence et son impact surl’efficience.
58
Chapitre1:Concurrenceetefficience dusecteurbancaire
Chapitre 2Double Banking Comp eti
Lending Technology1
1. IntroductionThis chapter examines the relationship between banking c
the loan granting technology of banks. Throughout this pap er, we refer to loan
granting technology asthe function instituted bybanks to limitthe default
risk of loans achieved for example by screening potential borrowers or projects(Bro
(DeutscheBundesbank;juin2007),leWorkshopRestructuringofEuropeanBan-king System (Lille; mai 2
60
Chapter 2: Double banking competition and lending technology
b ehavior of the b orrower during the contract (Holmstrom & Tirole
In 1997).
particular, we address the question
whether
of
banking comp etition always
encourages more efficient technology to be chosen and what impact this might
haveon the efficiency of the banking sector.
Duringthe lastcouple of decades,
banks have develop ed a more accurate
and cheap er technology to evaluate the credit risk of their b orrowers, from relationshiplendingto creditscoring and credit rating. In spite of the increasing
imp ortance of risk evaluation technologies within banks, to our knowledge, few
theoretical studies have analyzed the impact these have. It seems to us that the
emergence of these new technologies must have had an effect on comp etition
and efficiency in the banking sector though this effectis noteasy toisolate.
We therefore analyze this issue in a double banking comp etition set-up, where
banks have to compete in the two markets they are active in ; i.e., both in loan
markets and in dep osit markets. We demonstrate that this double-sided comp etition between banks do not always guarantee the use of the more efficient
technology.1.1. Credit Scoring vs. Relationship Lending In order to lim
can gain such information during the lending relationshipthrough frequent, personal c
Chapter 2 : Double banking comp etition and lending technology61
a numeric score;
for example,
management’s future prosp ects andthe
plans,
honesty of an entrepreneur,the credit officer’s opinion after an interview with
loan applicants.
In the literature,the former typ e of
information is termed
“hard” information in thesense that it providesexplicitinformation easy to
pro cess and transmit to others, whereas the latter is called as “soft” information
in the sense that it requires additional interpretation ( Peterson 2004 ).
However, in the last coupleof
decades,
banks have develop ed the other
technology to evaluate the credit-worthiness of their potential
borrowers,
the
so-calledcreditscoring system. Using historical data andstatistical techniques,
this metho d produces a “score” that a bank can use to rank its loan applicant
or b orrowers in terms of risk ( Mester 1997 ). At the b eginning,
it was used
in the consumer credit sectors such as mortgages, credit card and automobile
credits. Since the mid-1990s, however, banks have expanded its scop e to some
small business sectors (Berger & Scott Frame 2005).2One of the imp ortant advant
with relationship lending lies in thenature ofinformationit dealswith.
Information on borrowers is obtained from their loan application forms or from
external credit bureaus (e.g., Fair, Isaac and Co.) The b orrower’s collected
information is essentially “hard” information such as the repayment recordof borro
This survey queried 200 of the largest U.S. bank holdingcompanies, which accounted for 71.3% of U
62
Chapter 2: Double banking competition and lending technology
fill out a preformattedon-lineapplication form.
It is also easy to pro cess as
the data are almost entirely numerical.
Banks can use itfor theirautomated
accept/reject-decisions when grantingloans and setting credit
It thus
terms.
lowers costs for screening potential borrowers both in terms of money and time
(Berger & Udell 2002, Saunders & Allen 2002). This cost saving asp ect is one
of the key incentives for using this metho d. It is esp ecially p ertinent for some
countries where information sharing between banks is p ermitted or for countries like the United States where banks can obtain a credit scoring database
on p otential b orrowers from external credit bureaus (e.g. Fair, Isaac and Co.,
Dun & Bradstreet or Exp erian) without needing to develop internal
mo dels
to synthesize the collected information. 3 Indeed, transmission of information
between external credit bureaus and banks has b een p ossible thanks to the
nature of “hard” information on which this metho d is based.
Decreases in the cost of loans do es not imply, however, that credit scoring
is more profitable than the classical metho d based on relationship banking.
As this metho d is only based on hard information, banks may not b e able to
incorp orate some critically relevant information for lending decisions as this is
soft information. The use of this metho d for some loan sectors can exacerbate
the opacity problem producing inefficient lending decisions and potentiallyresult in g
the cost-saving effect and a deterioration of the exacerbatingopacity problem.This tr
Chapter 2 : Double banking comp etition and lending technology63
between loan sectors.
In some sectors,
credit scoring can generate a return
which is higher than classical metho ds if the cost-saving effect dominates over
the worsening effect in the screening quality of loan applicants.However, there
exists other sp ecific sectors where hard information is not enough to assess the
quality of the potential b orrowers. Some innovation sectors such as IT sectors
can be an example. In this sector,
firms’pro jects are not easy to evaluate.
The sector-sp ecific expertise
credit
of officers thus plays an imp ortant role
in appraising the quality of the applied pro jects.
Some privateinformation
sources such as credit officers’ opinions acquired through numerouscontacts
or by their long-term relationship with their clients plays an essential
role
in pro ject evaluation (Berger & Udell 2002). Someand
small
medium-sized
enterprisesectors are another example. As their information publicly available
is often limited, the credit scoring system can be less powerful
than in other
sectors. This leads to the heterogeneitythat exists in terms
performance
of
across loan sectors.In this chapter, we will analyze the impact of these two aspects
with thetechnology demonstrating heterogeneous performance across loan sectors
64
Chapter 2: Double banking competition and lending technology
1.2. Loan Granting Technology in Double-sided Competition
For this purpose, we consider a double-sided Bertrand comp etition mo del
for the two banks, inspired by Stahl (1988), where banks sequentially comp ete
first in the deposit market, and then in the loan market by price (dep osit
rate and loan rate). In this mo both
del, banks have the same intermediation
technology and both face one dep osit market and one 4loan
Contrary
market.
to
their mo del, on the one hand, we assume that exist two different loan sectors,
and that twobanks have their own loan granting technologydifferentiated
by their loan performance (repayment rate) and by the loan-granting cost
(screening and monitoring cost). In particular, we consider two technologies:
1) one with more p owerful and homogeneous performance
sectors
in allbut
more costly, serving as a metaphor for the traditional relationship lending ; 2)
the other with less powerful and heterogeneous performance in all loan sectors
but cheap er, serving as a metaphor for credit scoring. We will examine whether
competition leads to the survival of the bank equipp ed with the more efficient
technology in each sector.The two banks compete in one deposit market and then in
in loan markets.Therefore, we can explicitly take account of bank strategies for collec
Chapter 2 : Double banking comp etition and lending technology65
With this mo del,
we analyze how banking comp etition between two different banks affects efficiency in the banking sector,comparing thecase where
banks only comp ete in loan markets and the case where they compete in both
of the two markets.
When banks compete only in the loan market and can obtain their dep osits
at a comp etitive rate without any constraint,
it becomes similar to a simple
Bertrand price comp etition between two banks differentiated by the cost. Given
a comp etitive deposit rate, the bank with the more efficient technology takes
all b orrowers in each loan sector. It is because this bank can bid a loan rate
more aggressively and thus attract more borrowers b ecause it can earn more
revenue than its rival in the loan market, thanks to the cheap er cost of loan
granting and/or higher repayment rate.However, in a double-sided comp etition wh
posits and then for loans, banks have to consider the strategy with regard to
deposit market. In this environment, banks’ exp ected revenues in loan markets serve to comp ete for depositors. Consider a two-loan sector economy for
simplicity. The bank that will make more revenue can offer the more attractive rate to dep ositors than its rival. Consider, first of all, the case where the
performance of a credit scoring technology is homogeneous across loan sectorsand
forthis bank in both loan markets. In this case, the bank with the more efficienttech
66
Chapter 2: Double banking competition and lending technology
competition in the dep osit market.
Now, consider the case where the performance of credit scoring is heterogenous across the loan sectors. In particular, weare interestedin the situation
where the effect of loan performance degradation with credit scoring is negligible and thus the cost-saving effect is dominant in the one sector, whereas the
performance degradation effect is dominated by the cost-saving effect in the
other sector, and the credit scoring performs less well than relationship-based
lending. Even in this case, if the overallrevenue of the credit scoring bank in
the two loan markets is higher when it becomes monop olist than that of the
relationship lending bank, the credit scoring bank has anincentivetooverbid
in the dep osit market. The winning bidder bank in the deposit market can
b ecome monopolist in all loan markets including the one in which this bank
is less efficient than its comp etitor. It is b ecause the bank that wins in the
deposit-market comp etition can be in a monop oly situation in the two loan
markets and can enjoy monop oly power. If the bank’s monop oly rent in the
loan markets sufficiently comp ensates the cost that this bank has to pay to his
depositors, then banks will always have an incentive to do so ; which can lead
to inefficiency in one of the two loan sectors. In a double-sided comp etition,
this bank can eliminate the more efficient bank in the loan sector. The bankthat gran
few theoretical studies that deal with this effect explicitly. Inderst(2008) analyzes the
Chapter 2 : Double banking comp etition and lending technology67
dep ends on loan granting quantity leads to a switch towards credit scoring that
is a less time-consuming and lesscostly technique,resulting in a deterioration
in the average quality of the loan portfolio. We fo cus on how heterogeneity in
performance across the loan sectors has an effect on efficiency in a double-sided
comp etition environment.
Our analysis is, thus, related to the literature on double-sided comp etition ( Boyd & de Nicolo 2005 , Bracoud 2007 ; 2002, Fingleton 1997, Stahl 1988,
To olsema 2001, Yanelle 1989; 1997). In particular, our result is similar to Stahl
( 1988 ) and Yanelle (1989 ; 1997 ) in two
On
p the
oints.
one hand,
in a double
comp etition set-up, banks have an incentive to bid more aggressively in the
deposit market in an attempt to attenuate comp etition in the loan market,
and comp etition becomes much fiercer in the deposit market. All banks would
like to increase their dep osit rate as they would then get all available deposits
and would be free to charge a high rate to borrowers. In equilibrium,
both
dep osit rate and loan rate exceed the competitive price. On the other hand,
double-sided comp etition can pro duce inefficiency. However, the origins of inefficiency in their analysis are significantly different from the explanation in
ours. Inefficiency in Stahl (1988 ) is derived from the following source : Once an
intermediary becomes the only active one in the output market (loan market)after
not only among themselves but also with direct finance. In this envi-ronment, Yane
68
Chapter 2: Double banking competition and lending technology
the dep osit rate and abolishes the advantage of a scale economy and results in
overall transaction coststhat arehigher thanthose withdirect finance.However, inefficiency in our model results from the fact that double-sided comp etition can eliminate a bank eventhough this bank is the most efficientin a loan
sector.Our analysis is also related to the literature concerning the link between
banking comp etition and relationship lending. Contradictions exist concerning
this issue. Peterson & Ra jan (1995) showed that competition between banks
negatively affects relationship lending. Banks have an incentiveto investin
arelationship only if they can extract their informational
rent by charging
higher loan rates to their clientele in the future. This is because investment
in a relationship is costly and time-consuming, and banks mayevenhaveto
assume incurring initial loan losses in the early perio d. However,
if firms can
later on obtain low loan rates in a comp etitive banking market, banks will not
b e certain of extracting the informational rent which has b een established by
the relationship and as a consequence, they may be unwilling to invest ina
relationship. On the contrary, Bo ot & Thakor (2000) distinguished b etween
two sources of competition, competition between banks themselves, on theone hand
in general but encourages banks to focus on relationship lendingrather than transact
Chapter 2 : Double banking comp etition and lending technology69
alternative argument according to which relationship lending can be crowded
out in spite of the comp etitive advantage it has in some sp ecific sectors.
The last strand ofliterature related to ouranalysis is theliterature on
the effect of comp etition in the deposit market.
Hellmanet al.(2000 ) and
Keeley (1990 ) analyze the impact
anofelimination ofarestriction on the
dep osit rate in the United States (Regulation Q) and demonstrate that the
introduction of comp etition for dep osits increases bank funding
which
costs,
results in excessiverisk taking to coversuch increases in costs.
Our mo del
suggests another impact of deposit-market competition ; in particular, on the
choice of lending technology.The rest of this pap er is organized as follows. Section
environment of the model. Section 3 studies the case where there is no comp etition in the deposit market for banks while there is comp etition in the credit
market. Then, we study banks’ strategic decisions in a double comp etition environment in Section 4. Section 5 analyzes the effect of double comp etition on
the efficiency of the banking sector. Section 6 concludes.2. ModelWe conside
Ls(Rs) denote the demand func-tion for loans by borrowers in sector s. We assume
70
Chapter 2: Double banking competition and lending technology
characterized by the same loan demand function described as L(R) = −bR +d
where b> 0 and d> 0.
2.2. Banks, ScreeningTechnologyand Heterogeneityof
SectorsIn the economy, there are intermediaries that collect dep osits and gran
loans to borrowers. Without loss of generality we call them banks. We consider
a simple duop oly mo del. There are two denoted
banks, by i ∈ {A, B}.
They
are differentiated by the loan granting technology, characterizedby a constant
marginal managementcost for granting a loan
(c a repayment rate of
i ) and
granted loans (βsi ) as the loan performance. We assume:
0 = cA <cB = c (A1)
1 = β1A ≥ β2A =β >0 (A2)
1 = βsB (A3)
(A1) implies that bank A’s marginal loan granting cost (cA) is always lowerthan that o
revenue, bank A is always more efficient thanB in sector 1; whereas, which bank is m
Chapter 2 : Double banking comp etition and lending technology71
b e more efficient than bank B and vice versa otherwise. β and c are known to
the public.The loan granting technology in our mo del can b e considered as the ba
technology, such as the screening and monitoring of borrowers, used for reducing the default risk of loans.
In particular,we refer resp ectively to A’s and
B’s technology as a metaphor for credit scoring and the classical relationshipbasedlending technology in the sense that A’s technology is always less costly
in b oth of the two sectors. By assumptions ( A2 ) and
we(intro
A3), duce the
heterogeneity of credit scoring performance across the sectors. Sector 1 is considered as a sector in which borrower quality can be relatively easily evaluated
by hard information, while sector 2 can be considered as a sp ecific sector such
asa SME or innovationsector where hard information is insufficientfor evaluating borrower quality. As a result, the loan business in sector 2 requires
sp ecific know-how regarding the sector, control during the lending relationship
or long-term relationship, whichis more costly.We assume that banks have no initia
make a loan, they have to collect funds from the dep osit market. We also
assume that maintaining the loan grantingtechnologyof eachbank requires
fixed costs, without analyzing this in greater detail. The fixed costs make itprohibit
rate todepositors : (rA, rB). Competition in the deposit market follows Bertrand price
72
Chapter 2: Double banking competition and lending technology
Dep osit-mar ket
com p etition
(r,d i )
Loan -mar ket
com p etition
(R s,l is)
Retu rn
Rep ayment
Fig. 2.1 – Timing
competition and is described as :di =  D (ri) ri > rj12D (ri) if ri = rj , (i = j)
0 ri < rj (2.1)
2.3.2. Stage 2 : Loan-market competitionConditional on the deposit collection o
the deposit rate (r), each bank decides the sector(s) in which they conductloan busin
competition in sector s follows Bertrand price competition, which wewill describe mo
Chapter 2 : Double banking comp etition and lending technology73
3. One-sided Competition in the Loan Market
We b egin our analysis with the case in which banks only focus on comp etition in the loan-marketside.
For this purp ose,
we assume an extreme case
in which a bank can collect the dep osit that it needs with no cost and with
no constraint. This case can be considered as a situation in which the dep osit
supplyis completelyelastic. Eventhough itis unrealistic, itprovides us witha
useful benchmark for a comparison with the double comp etition case in order
to analyze how differently double-sided comp etition affects a bank’s decision
and efficiency in the banking sector.With a completely elastic deposit supply, a ban
of funds that it is willing to raise at zero net interest rate (rBanks
= 1). do
not makeanystrategic decisions with regard totheir collection
depofosits.
As banks have no constraint on collecting dep osits, and as there is no cost of
retaining funds, wecan consider that each bank collects a sufficient amount of
dep osits in the dep osit-market competition stage such that they will have no
capacity constraint in the loan-market comp etition stage.As banks have access to
der how to distribute deposits between the two loan sectors. Hence, loan-market c
(2.3)Now,wesolvethisgame.ThisgameisreminiscentoftheBertrandcompetition
74
Chapter 2: Double banking competition and lending technology
b etween two firms differentiated by their costs. From (2.3), the lower b ound of
s
Rsi , denoted byR
i , is written as:
Rsi =
1+c i
βis
(2.4)
This lower bound dep ends on the two comp onents,
that is, marginalloan
s
granting cost (ci ) and loan performance
(β
sector 1.
( 2.4 ) yields
i ). Consider
immediately; R1A=
1
R1B = 1 +c
In equilibrium, R 1∗ = 1+ c and bank A takesborrowers
all
in sector 1 that
accept loans at this interest rate. 5 The profit of each bank is:
 Π1A = cL(R1∗)Π1B = 0The competition in sector 2 depends on β and c. Upon (β, c)
bank takes all borrowers in sector 2. When 1β > 1+ c, R2∗ = 1β and bankB
takes all b orrowers L(R2∗ ) while when 1β < 1 + c, R2∗ = 1 + c and bankA
takes all borrowers L(R2∗). In each case, the profits of the banks are : Π2A = 0Π2B
morediscussiononthisproblem.Throughoutthispaper,weassumethatbanksdonotmakeloanoffers if their e
Chapter 2 : Double banking comp etition and lending technology75
Proposition 1 When banks have no constraint on the col lection of deposits,
each loansector is dominated by the bank that has the more efficient technology.
Competition leadsto the employment of the more efficient technology in each
sector.4.
Double-sided Competition in Loan and De-
p osit MarketsConsider now an economy in which banks face competiti
that they contact : in other words, the dep osit market as
aswell
the loan
market. Collecting dep osits is costly, and banks have to pay more costs to raise
more dep osits. For this purpose, we assume an incompletely elastic deposit
supply D (r ) with D > 0. For simplicity, we suppose a linear deposit supply,
denoted by D(r) = ar with a > 0.In this game, the comp etition for dep osits has tw
loan competition. On the one hand, establishing a greater capacity to grantloans th
cannot compete fiercely in the loan market in order to pay depositors. Inthis doubl
76
Chapter 2: Double banking competition and lending technology
4.1. Benchmark: HomogeneousLoan Sectors
We will begin our analysis with the case where two loan sectors (1, 2) are
homogeneous. Thus, the loan performance
bankofA isthe same acrossthe
sectors (β = 1) . This case will
offer ausefulbenchmark for the comparison
with a heterogeneous loan sector case (β <1), which is our main concern. By
this assumption and by ( A2 ), each bank’s p erformance b etween two sectors
is the same. Banks are indifferent between a loan in sector 1 and in sector
2. This case hence reduces to the double-sided comp etition with one deposit
market and with one loan market as in Stahl (1988 ). The sole difference in this
benchmark case lies in that the two banks are differentiated by the marginal
cost (cB > cA = 0).4.1.1. Loan-Market SubgameIn this stage, given r and di (i ∈ A,
loanrate.As di isdeterminedinthepreviousstage, thissubgameissimilar
to Bertrand-Edgeworth competition, in other words, price competition with acapacity
with no cost.6 As the two banks are indifferent between the twoloan sectors, they wil
Chapter 2 : Double banking comp etition and lending technology77
describ ed as:
li =


s
min {d
i , 2L (R
i )}
if R is <R js
s
s s
s
s
 min{d
i , 2R LR i ;R j ,l j } if R i >R j
(2.5)
We use RL Rsi ; Rsjj, todenote
ls
thehighpricedbank i’sresidualdemandon
loans by b orrowers in sector s, which is identical between the two sectors. We
7
assume that its form is sp ecified as follows:
RL Rsi ; Rsj , lsj = max{L is(R
) −l js, 0}
The rationing rule ( 2.5 ) implies that the overall amount of granted
i ) is loans (l
constrained by the deposit sto cks obtained in the firsti ),stage
and always
(d
satisfies li ≤ di . However, it is also noteworthy that it is not necessarilyl
i =d i ,
which implies that banks are permitted to retain idle dep osits if necessary. The
overall profit of bank i is described as :Πi (Ri,Rj;r) = (Ri − ci)li − rdi (2.6)
4.1.2. Dep osit-Market Subgame and Solving Whole GameA dep osit-market
ning bidder bank i takes all dep osits D(ri ), except in the equal bidding case.We no
(1988), Vives (1999)for more discussion on rationing rules. The choice of a rationing rule is not cruc
78
Chapter 2: Double banking competition and lending technology
Denote byˆ
r i ,r i makingΠ̂i = 0. No bank will want to bid abroveˆ
i because it
will clearly realize a negative net profit.
Thus, r̂i is the upp er bound of r of
bank i.Lemma 1 (Proposition 1 and 2 in Stahl
(1988 ))
1. Ifthe deposit market is sufficiently elastic relativeto the loanmarkets,
with a≥ 2b,ˆri is ri such that 2L ˆR
iˆ
R i −ci −r i D (ri ) =0
where ˆRi = argRi max R
2Lˆ
R̂ i −ci
i
2. If the deposit market is inelastic relative to the loan markets with a<2b,
ˆri is ri such that 2L (Ri ) = D (ri ) and Πi (Ri ,r i ) =0
Proof. Denote by ˜ri, r satisfying 2L ˆRi ˆRi −ci −riD(ri) = 0. Note that
˜ri = ˆri if ( ˆRi, ˜ri) ∈ {(Ri, ri) | 2L (Ri) ≤ D (ri)}.First of all, compute ˆRi by solving the
MaxRi Φi (Ri) = 2L ˆRi ˆRi − ciIts first order condition yields :ˆRi = 12 db + ciˆLi = 12 (d −
Chapter 2 : Double banking comp etition and lending technology79
which yields:
a≥ 2b
∴ ˜ri = ˆr i ∀i, if a ≥ 2b.
When a < 2b , 2L̂
R i >D (r̃ i ). This implies that(
R̂ i ,r̃ ) is not attainable
when a < 2b . Thus, ˜r cannot
r i . In
b eˆ
this case,ˆ
r i is ri such that 2L(Ri )=
D (ri ) and Πi (Ri , ri ) = 0. See App endix AR̂ ifor(
,r̂ ) in this case.
From the above proof and Appendix A, we obtain;
ˆri =  a(d−bci)
√2ab if
a≥ 2b
2(d−bci )a+2b if a < 2b
(2.9)
Equation ( 2.9) implies that ˆr A > ˆrB in all the cases. This immediately yields
thefollowinglemma.Lemma2 1. In equilibrium, bank A takes all deposits oferingr
A
=ˆr B
and becomes monopolist in all loan markets.2. When the two loan sectors are ho
dominating in both of loan sectors.Bank A can generate a monop oly revenue h
markets because it is more efficient in terms of cost (cA < cB) while its loanperform
any more. (r∗ = ˆrB < ˆrA). As a result, bank A becomes monopolistin both loan sec
80
Chapter 2: Double banking competition and lending technology
allo cation, which is demonstrated by Stahl (1988) and Yanelle (1997). However,
there is no inefficiency in terms of employedloan granting technologyin each
sector. In what follows,wewilldemonstrate that another inefficiency may exist
in double-sided comp etition when the performance of the banks technology is
heterogeneous across the loan sectors. Note that ( A3 ) remains unchanged.
4.2. Heterogeneous LoanSectors
In this subsection, we assume that the two loan sectors are heterogeneous
as in Section 3, which leads bank A’s loan performance to be different between
two sectors (β 1A = 1 > β 2A = β) while bank B’s loan performance is the same
across the sectors (β 1B = β 2B = 1).The performance of bank A’s technology differs be
2 (β< 1).4.2.1. Loan-Market SubgameIn this game, banks face two loan markets.
how to distribute their collected dep osits between sectors. As banks maximize
their profit given collected deposits, they will give priority to the sector thatgenerate
Chapter 2 : Double banking comp etition and lending technology81
1
2
This scheme always satisfiesd
i ≥l i +li . The overall profit of bank i is describ ed
as :Π
2
i
R i1,R i2;r
πis (R is)l is −rd i
=
(2.12)
s=1
4.2.2. Deposit-Market Subgame and Solving Whole Game
As done in the previous subsection,
we now compute the upp er bound of
r . We obtain the following lemma:
Lemma 3 Ifthe depositmarketis sufficiently elastic relativeto loanmarkets
−1
1+β
with a high a, given b and β, in particular, if a≥
2 2b ,
ˆri is ri such that 2s=1 π si ˆRsi L ˆRsi −r
iD
(ri ) =0
where ( ˆR1i , ˆR2i ) ∈ {(R1i , R2i )| arg max 2s=1πsi (R
s
s
i ) L (Ri )}
Proof. See Appendix B.8Now, we obtain ˆri :  ˆrA = d√2ab 1+β2ˆrB = d−bc√2ab (2.13)Co
monopolist in both loan markets.98SeealsoAppendixCforthecasewhereadepositmarketisnotsu
82
Chapter 2: Double banking competition and lending technology
2. There exists a threshold ofMβ,β
(c ) above which bank A becomes monopolist in the two loansectors,crowdingout bank B.
2b2
d
β (c )= 2 c−
d
b
M
2
−1
(2.14)
Proof. It is straightforward from ( 2.13 ).
5. Double-sided Banking Competition and the
Efficiency of the Banking Sector
In this section, we will analyze the effect of double banking comp etition on
the efficiency of the banking sector. Note that in Section 3, in terms of so cial
choice of a more efficient bank by comp etition, we demonstrated that there is
no inefficiency in the case of single-sided comp etition in loanNow,
markets.
we will analyze whether this is also valid in the double-sided comp etition case.
Asis shownin theprevious subsection, the more efficient bank can crowd out
its less efficient rival when the performance of the loan granting technology is
homogeneous across the loan sectors. Now, we analyze the case of double-sided
competition with two heterogeneous loan sectors.The measure of the efficiency is de
i becomes monopolist in sector 2, the welfare produced by itsintermediation (W2i ) is
Chapter 2 : Double banking comp etition and lending technology83
From ( 4.20 ), the difference of welfare in each case can b e written as:
W2A −WB2 =
L̂ 2A
L̂ 2B
L̂ 2A
R(L)dL − (1− β)
0
L̂ 2B
R(L)dL +c
dL
(2.16)
0
The first part of equation (2.16) is derived from the difference of the monop oly
revenue-maximizing loan quantity between banks, which dep ends on the p erformance of eachbank’s technology.The second part of the equation captures
the performance-degradation effect due to the employment
the bank
of A’s
technology less performing than The
B ’s.cost-savingeffect is caught in the
last part of equation (2.16). Which bank is more efficient in sector 2 dep ends
on a trade-off between them. We can obtain the following lemma:
Lemma 4 There exists a threshold of β , β E (c ) above which bank A is more
efficient than bank B and vice versa.βE(c) = b2d2 c−db 2 (2.17)
Proof. We know ˆL2A and ˆL2B from Appendix B. Substituting them in equation
(2.16) yields the threshold of β satisfying W 2A − W 2B > 0.The hatched zone in Figu
bank A is more efficient.Now, we compare this zone with the zone where bank A be
grayed zone), there is no inefficiency interms of the employment of the loan grant
84
Chapter 2: Double banking competition and lending technology
β
1
A is efficient than B.
A b ecom es monop ol i st.
e ffic ie nt
βM (c)
βE (c)
i n e ffic ie nt
d
b
c
Fig. 2.2 – Inefficiency zone
2. when β < β E (c), there is inefficiency :(a) when β M (c ) ≤ β < β E (c) (only grayed
in bothsectorsand bank B iscrowded out, whereasbank B is more
efficient in sector 2.(b) when β < βM(c) (white zone), bank B grants loans in both sect
high enough for it to offer a deposit rate higher thanbank B. Bank A subsidizes the lo
Chapter 2 : Double banking comp etition and lending technology85
entering the loan markets. This allows bank A to hold a monop oly position in
two loan markets.
Otherwise,if bank B has dep osits,
the comp etition in the
loan markets will b e effective, which dissipates the monop oly rent. Thus, bank
A carries out aggressive bidding in the dep osit market when the interest rate
that it has to pay to depositors can be comp ensated by monop oly revenue in
the loan markets.6.
ConclusionIn this paper, we have demonstrated that a
comp etition b etween banks can lead to an inefficiency.
By double-sided competition, banks comp ete for a monop oly p osition in the loanwhich
markets,
may lead to an inefficiency when there is heterogeneity of performance of loan
granting technology across the loan sectors. Existing literature demonstrated
that double-sided Bertrand comp etition can result in an inefficiency of resource
allo cation when the demand on loans is not sufficiently elastic (or the supply
of deposits is sufficiently elastic) because banks retain idle dep osits in equilibrium (Stahl 1988, Yanelle 1997). Our mo del showed another inefficiency of
double-sided banking competition in the elimination of the efficient bank insome lo
sourceswithinformationaccumulationandthedevelopmentofmoresophisticatedsta-ti
86
Chapter 2: Double banking competition and lending technology
sectors in an economy in a double-sided comp etition environment.
It is because this monop oly rent is obtained to the detriment of the value of classical
technology such as the long-term relationship between banks and clients or the
accumulated exp ertise of loan officers.
We can think of further extension to this analysis for future research.
A
first extension would b e the intro duction of an interbank market where a bank
can sell its collected funds to other banks. The main question would be whether the intro duction of an interbank market can promote efficiency in the
allocation of funds ; in other words, whetherbanks
small sp ecialized in some
sp ecific sector based on relationship lending can obtain funds through interbank markets. Another extension consists in the intro duction of informational
asymmetry b etween banks. Dell’Ariccia et al. ( 1999 ) and Gehrig (1998 ) showed that informational asymmetry between banks plays a role as a barrier to
entry. When a bank comp etes with another bank that has more information
ab out borrowers, the former will face a more severe adverse selection problem
regarding its loan applicants because all the low quality applicants rejected
bya more informed bank will go to aless informed bank. This problem is
also known as the winner’s curse (Bro ecker 1990, von Thadden 2004). For this
reason, relationship-lending banks can have a comp etitive advantage againstcredit-
Chapter 2 : Double banking comp etition and lending technology87
App endix
A. Pro of of Lemma 1.2
Compute ( ˆRi , ˆr ) when a < 2b under the homogeneous Loan Sector case.
Conditions 2L (Ri) = D i(r
) andΠi (R i ,r i ) = 0 can be rewritten as;
2 (− bR
i +d) = ari
L (R i ) ( Ri −c
i ) = D(r i )r i
(2.18)
(2.19)
As 2L (Ri) = D (ri), (2.19) can be replaced byR
i −c i =r i . Combining this
with (2.18) yields ;  ˆRi = aci+2da+2bˆri = 2(d−bci)a+2bB. Proof of Lemma 3Defi
R2i )= riD (ri), we obtain ;˜ri = a (d − bci)√2ab β1i + β2i2 (2.21)
88
Chapter 2: Double banking competition and lending technology
From (2.20) and ( 2.21 ), i1L) +
(RL(Ri2) ≤ D(r i ) is replaced by:
12β i1d − bc
1 βi2d − bc
a (d − bc
βi1 +β i2
i
i
i)
√
+
≤
βi1
2
βi2
2
2ab
This yields :
−1

 a≥ 2b 1+β
for bankA
2
a ≥2b
for bankB
˜ri= ˆri ∀i,ifa≥2b 1+β2 −1 issatisfied.
C. The Case of an Inelastic Dep osit Market Relative to
Loan MarketsWith this app endix, we will briefly sketch how we solve the double
competition with heterogeneous loan sectors when the dep osit market is inelastic relative to the loan markets ; in other words,
r i =ˆr
when˜
i . The upp er
bound of ri can be computed as follows :If L ˆR1i +L ˆR2i > D (˜ri), ( ˆR1i , ˆR2i , ˜r) is no
rcannot
be ˆri, the upper bound of ri. In this case,ˆri =Max ri (2.22)
s.t.L R1i +L R2i =D(ri) (2.23)Πi(R1i, R2i, ri) =0 (2.24)(2.23) can be rewritten as :ri =−ba
Chapter 2 : Double banking comp etition and lending technology89
This problem becomes a maximization with one constraint:
b 1
2d
R i +R i2 +
a
a
+ λ1
a −b R i1 +R i2 +2d
L R1i , R 2i =−
2
+R
1
i
−ci
bRi1 −d +β i2R i1 −ci
bRi2 −d
ˆri can b e found by solving the ab ove maximization problem.
The remaining
part of the solution is similar to theothercase.
90
Chapter 2: Double banking competition and lending technology
Chapitre3Concurrence bancaire et v
créditAu coursdes deux dernières décennies, le secteur bancairea connu u
évolutionsans précèdenten ce qui concerne les innovations financières.
La
titrisationdes crédits est considérée comme une des innovations qui a eu le plus
grand impact sur le secteur bancaire. Traditionnellement,lorsqu’une banque
octroie un crédit à un emprunteur, elle est obligée de le garder dans son bilan
jusqu’à sa maturité. Ainsi, le crédit est un actif illiquide pendant cette pério de
et les fonds investis ne sont récupérables qu’au terme de la période. Or, latitrisatio
les crédits oc-troyés aux petites et moyennes entreprises (European Commission 2
92
Chapitre3:Concurrencebancaireet ventredecrédit
Fig. 3.1 – Titrisation dans le secteur bancaire (Source : Duffie 2007)
Fig. 3.2 – Marché des ventes de prêts aux États-Unis (Source : LPC)
Chapitre 3 : Concurrence bancaire et ventre de crédit
93
2008, Duffie 2007 ). Il a fallu attendre jusqu’au milieu des années quatre-vingtdix pour que son usage soit généralisé.
Lafigure 3.1 montrelacroissance de
la titrisation dans le secteur bancaire. Parallèlementà la croissance de la titrisation des portefeuilles de crédits comme les CDO et
laMBS,
«single name
loan sale »aégalementaugmenté.Selonune étudemenée par Reuters / Loan
Pricing Corporation,la cession de prêt ( loan sales ) a augmenté passant de8
milliards de dollars en 1991 à 342 milliard de dollars en 2007 (Figure 3.2 ). Par
ailleurs, selon Cournède et al. (2008
en prenantcomme
),
indicateur,
la prop ortion des crédits titrisés dans l’ensemble des crédits, le fort développement
de la titrisation est égalementavéré.L’explosion de la titrisation est à la fois
en terms absolus et relatifs (Figure 3.3 ). La p ortée de la crise financière qui
s’est déclenchée à l’été 2007 atteste bien du développ ement considérable de cet
outil ausein dusecteurbancaire, dansla mesureoùla titrisationajoué unrôle
crucial tant dans le déclenchementde la crise que dans sa diffusion.
Certains
régulateurs, professionnels, ou économistes jugent cette croissance énormede
la titrisation comme un le signe d’un changement ma jeur du modèle d’affaire
du secteur bancaire : le passage du modèle d’ « originate-to-hold
d’» à celui
« originate-to-distribute » (Buiter 2007).Or, cette utilisation massive de la titrisatio
solution au problèmed’asymétrie d’information entre investisseurs et emprunteurs
94
Chapitre3:Concurrencebancaireet ventredecrédit
Fig. 3.3 – Proportion de crédits titrisés (Source : Cournède et al. 2008)
nécessaire car elle donne aux banques une incitation à pro duire l’information
sur les emprunteurs (Diamond & Ra jan 2001). Dés lors qu’une banque vend
sescrédits, elle aurait doncmoins d’incitation à controller des emprunteurs.
Ce problème d’aléa moral pourrait réduire la qualité des crédits titrisés.
Par ailleurs, une banque connaît mieux la qualité de ses crédits qu’un in-
vestisseur externe parce qu’elle collecte plus d’information sur les emprunteursduran
d’information(aléa moral et selection adverse), le marché secondaire du crédit ne de
Chapitre 3 : Concurrence bancaire et ventre de crédit
95
afin d’analyser la motivation de la titrisation et de montrercomment les marchés secondaires du crédit (marché de titrisation et de cession de prêts) peuvent
être actifs malgré la présence d’asymétries d’information. En particulier, nous
montrerons que cette utilisation massive de la titrisation chez les banques est
liée à l’augmentationde la concurrence dans le secteur bancaire. En effet, durant la pério de au cours de laquelle
y eut
il une augmentation sp ectaculaire
de la titrisation, le secteur bancaire a égalementconnu une évolution considérable de son cadre concurrentiel suite à un mouvement de lib éralisation et
de dérèglementation ponctué par le « Riegle-Neal
Act » de 1994,
«GrammLeach-Bliley Act » de 1999 aux États-Unis ou l’adoption de la licence unique
pour les institutions bancaires europ éennes en 1993. Ces mesures ont levé les
barrièresà l’entréedans le secteur bancaire qui restait jusque là très segmenté
géographiquement et réglementéet elles ont donc augmenté la concurrence
entre banques (Voir par exemple, Bo ot & Schmeits (2006)).
Il nous sembleexister un lien entreces deux tendances marquant l’évolution
du secteur bancaire : une augmentationde la titrisation, et une augmentation
de la concurrence ; même s’il est difficile d’isoler ce lien d’autres facteurs. Or,
il existe très peu d’études qui analysent ce lien. La motivation principale dece chap
suivante dans une optique de concurrence in-tertemporelle.Avant d’introduire notr
96
Chapitre3:Concurrencebancaireet ventredecrédit
1. Motivationde laventedu crédit
Dans cette section,
nous allons présenter lesdifférentesjustificationsde
titrisation ou de cession de prêts présentésdans la littérature.
Parmi l’ensembledes justifications, nous discuterons ici les quatre arguments qui sont les
plus utilisés. Ces arguments ne sontpas incompatibles entreeux : 1) le transfert du risque de crédit ; 2) l’arbitrage de réglementation relative aux fonds
propres ; 3)la réduction du coût associé à l’octroi de crédit ; 4) l’allégement de
lacontrainte de liquidité face àla concurrence.
1.1. Le transfert du risqueLa motivation la plus évoquée dans la littérature
chez les régulateurs du secteur bancaire est la gestion du risque de crédit. Les
banques utilisent la titrisation afin de transférer le risque de crédit auxautres
intermédiaires financiers qui veulent assumer ce risque et/ou qui sont perçus
comme capables de porter plus de risques grace à plus de capacité de gestion
du risque ou de diversificationcomme les grandes banques d’investissement,les
compagnies d’assurances, les gérants d’actifs, les investisseurs institutionnelsou les
prêteurs initiaux (originators) à produire l’informationsur les emprunteurs et peut agg
Chapitre 3 : Concurrence bancaire et ventre de crédit
97
d’information sachantque l’acheteurdu crédit est moins informé que le prêteur initial.Afin delimitercette exacerbationdu problème d’information et
d’accroître l’évaluationexterne sur la qualité de crédits susceptibles d’être
cédés et de trouver acheteurs,
plusieurs moyens ont été développ
Il s’agit
és.
notamment des techniques de rehaussement du crédit (credit enhancement ),à
savoirles mesures qui garantissent la qualité des crédits titrisésou qui garantissent de couvrir une partie de la perte en cas de défaut.
Le moyen le plus
courantest lacombinaisondu tranching et dela conservationdes trancheles
plus risquées (first-loss position ). La titrisation consiste à émettre les titres en
contrepartie d’un po ol de crédits. ces titres sont classés en tranches hiérarchisées selon un principe de sub ordination. Ainsi, en cas de défaut de paiements
sur le po ol de crédits, la perte est absorb ée par les tranches dans l’ordre de
subordination. Ainsi la tranche la plus sub ordonnée, donc la plus risquée est
la tranche « equity »(Aglietta 2008, Brunnermeier 2009, DoHellwig
dd 2007,
2008). Cette tranche est également app elée « first-loss position »en ce sens que
c’est la tranche sollicitée au premier pour couvrir les pertes. Puis viennent
les tranches « mezzanine », « senior »et enfin « super senior ». Ce pro cessus
permet de concentrer le risque dans la tranche equity. Le fait qu’une banque-
prêteuse initiale garde cette tranche dans son bilan peut être ainsi considérécomm
d’uti-lisation de la titrisation visant à transfert du risque dépend du degré d’utilisa-
98
Chapitre3:Concurrencebancaireet ventredecrédit
banques - prêteuses initiales conservent le risque de crédit corresp ondant aux
p ertes esp érées des pools des crédits sous-jacents. Chen et al. (2007) ont montré
ème
avec un échantillonde crédits titrisés aux États-Unis
trimestre,2001)
(2
un
résultat similaire selon lequel
les banques assumentplus de risque en conservant dans leur bilan les tranches corresp ondant à la « first-loss position ». Par
ailleurs, plusieurs étudesontsuggéréqu’il
existait une garantieimplicite lors
de la titrisation des encours de carte bancaire et de crédits hyp othécaires aux
États-Unis tandis que la garantie explicite est prohib é (Gorton & Pennacchi
1995 , Gorton & Souleles 2006 , Higgins & Mason 2004). Selon Drucker & Puri
(2007), afin d’accroître la négo ciabilité des crédits,
lesbanquesont durciles
conditions d’octroi de ceux-ci (loan covenants ), à savoir les conditions qu’un
emprunteur doit remplir et resp ecter afin d’obtenir un crédit et de continuer
à avoir une relation de crédit. Ce durcissementa touchétout particulièrement
les catégories des crédits dontle risque est difficile à mesure de l’extérieur.
Ces résultats nous suggèrent qu’une partie imp ortante du risque reste chez les
prêteurs initiaux (originators ) même après la titrisation et que la motivation
du transfert du risque par la titrisation est peut-être limitée.A contrario,plusrécemme
equity.2 Certaines analyses argumentent qu’une proportion des tranches equityest v
2007). L’ac-2Voir the Financial Times, p.43, le 16 dec. 2005. Il ont décrit que cet phénomène étaitno
Chapitre 3 : Concurrence bancaire et ventre de crédit
99
cord de Bâle en 1988 a généralisé ces mesures de réglementationdu ratio de
fonds propres au sein despaysles plus industrialisés en adoptant une contrainte
de capitalisation basée sur le risque ( Gorton & Winton 2004 ).
Dans le premier accord de Bâle, la mesure du risque reste très fruste fondée
sur la nature juridique des emprunteurs. Dans l’accord Bâle 2 au contraire la
mesureaurisque decrédit aétéconsidérablement sophistiquée par l’adoption
dans les métho des les plus avancées des modèles internes des banques de gestio
des risques. Les banques ont largement anticip é la mise en œuvre de Bâle 2, ce
quiexplique la deuxième motivation de la titrisation serait donc l’arbitrage de
réglementation sur le ratiode fondspropres. Selonl’accord deBâle, les prêts
apparaissantdans le bilan oblige les banques à provisionnerdes capitaux selon
l’application des différents régimes de Bâle. Ces disp ositions réglementaires
visent à emp êcher les banques de prendre des risques excessifs dans l’activité de
crédits en jouantsur l’effet de levier. Or, sachantque le capital est plus coûteux
que la dette, détenir obligatoirement une part de capital est un coût asso cié
à l’o ctroi d’un crédit pour les banques. Dans cette situation, se débarrasser
des crédits de son bilan par la titrisation est un moyen de réduire le coût lié
à l’o ctroi du crédit. Les études empiriques ont montré que l’introduction de
cette réglementation a un effet sur la titrisation (Calomiris & Mason 2004,Carlstrom
faillite afin que le créancierconnaisse la situation financière de son débiteur par l’a
100
Chapitre3:Concurrencebancaireet ventredecrédit
En général,lorsqu’une banque titriseles crédits,
elle les sort de sonbilan
puis crée un «special
purpose vehicle (SPV) »pour loger les crédits à vendre
(offloading ). Ce SPV émet des titres en contrepartie du cash-flow produit par
les intérêts de crédits logés. Ainsi, juridiquementle défaut de paiementou de
faillite concerne ce SPV non pas la banque ayanttitrisé le crédit. Selon Gorton
& Souleles (2006 ), un SPV est construit de manière à minimiser ce coût de
faillite. Par exemple, il pré-définit les rép onses à certains événements comme
le défaut de paiement pour que la solution puisse être trouvée sans recourir
à la pro cédure judiciaire. Gorton & Souleles (2006) ont argumenté que ces
mesures peuvent être une source de baisse du coût de de
l’o crédit,ce
ctroi
qui constitute une autre motivation à la titrisation.
La crise dite des «Subprime »aamplementillustré le fait que cette réduction du coût du créditétait
illusoire, les banques à l’origine des crédits titrisés ayantdû réintermédierles
SPV (ou conduits).1.4. L’allégement de la contrainte de la liquidité Un
bancaire. Dans le cas des États-Unis, la réglementation Q (interdiction de larémunéra
de l’augmentation de la concurrence pour les dépôts alors même que lesbanques on
Chapitre 3 : Concurrence bancaire et ventre de crédit
101
développ er à partir du milieu des années quatre-vingt-dix (Parlour & Plantin
2008 ).Cet argument explicite l’effet de l’accroissement de la concurrence sur la
titrisation, bien que la concurrence ne soit pas explicitement mo délisé chez
(Parlour & Plantin 2008 Nous
).
nous prop osons de combler cette faille:
La
suite de ce chapitre et le chapitre suivant prop osent à cette fin deux modèles
théoriques qui explicitement tiennent compte de la concurrence bancaire afin
d’analyser son effet sur la titrisation.
2. Le marché secondaire de crédit et protection
de la rente informationnelle3
La titrisation est souvent considérée comme le seul marché de ventedu
crédit. Bien que le marchédu crédit titrisé constitue la plus grosse part des
marché de ce typ e, il existe un autre marché où le crédit est vendu. Il s’agit du
marché des cessions de prêts (loan sales ). Ce marché est un marché secondaire
du crédit syndiqué (syndicated loans)4.Le crédit syndiqué est un crédit octroyé par
2009b) qui sera présenté dans le26 ème International Symposium on Money, Banking and Finance(O
ducrédit syndiqué.
102
Chapitre3:Concurrencebancaireet ventredecrédit
marché secondaire du crédit syndiqué qui est le marchéde gré à gré. Au début,
les transactions étaient faite sur une base de négo ciation individuelle. Mais, au
cours des quinze dernières années, ce marché secondaire s’est sp ectaculairement
développ é. Dans cette section nous allons suggérer une explication théorique
5
sur la croissance de ce marchésecondaire du crédit syndiqué.
2.1. Croissancedu marchésecondairedu créditetasy-
métrie d’informationEn 2005, le marché(primaire) du crédit syndiqué a att
dollars aux États-Unis et il représentaitun tiers du financementdes entreprises
côtés. Bien que le chiffre absolu semble très élevé, il faut noter que le taux de
croissance du marché primaire des crédits syndiqués est resté assez mo deste
alors que le marchésecondaire de ces crédits à lui explosé. La figure 3.2 présente
le volumede transaction des crédits syndiqués dans le marchésecondaire aux
États-Unis.Celui-ci n’était que de 8 milliard de dollars en 1991 alorsqu’il
a
dépassé 300 en 2007 et a atteint 342 milliard de dollars 6 . Ce qui donne une
croissance annuelle de 27% enmoyenne. Le marchéprimairedu crédit syndiqué
a eu quant à lui une croissance annuelle 14% en moyenne entre 1991 et 2003(Yago &
obtenir une description sur l’évolution. Néan-moins, il ya un chiffre qui nous permet de comparer avec
Chapitre 3 : Concurrence bancaire et ventre de crédit
103
Enprésence d’asymétried’information, les banques auront plus d’incitation de
vendre les crédits de basse qualité en gardant ceux de hauteConsiqualité.
dérons un marchésecondaire du crédit dans lequel
il existe une asymétrie
d’informationentrela banque (vendeur) et l’investisseur (acheteur).
Dans ce
marché secondaire du crédit, les crédits de haute qualité seraientsous-évalués
car les investisseurs ne peuvent pas les distinguer des crédits de basse qualité
etqu’ils évaluent tous les crédit à la valeur moyenne.
Ainsi, lors de la vente
du crédit sur le marchésecondaire,
un détenteur de crédit de haute qualité
doit-il payer un coût de dilution informationnelle à la Myers & Ma 7jluf (1984).
Ce coût corresp ond à la différence entre la valeur moyenne des crédits sur le
marché et la véritablevaleur du crédit. Une banque détenant un crédit de
haute qualité n’a pas d’intérêt à le vendretandis qu’un détenteurd’un crédit
de basse qualité a intérêtà vendre son crédit. Le marchésecondaire du crédit
devraitdoncêtre unmarchéde lemon oùseulsles créditsàbasse qualitésont
mis en vente.Or, si l’on admetque seuls les crédits de basse qualité soit mis en ven
cemarché secondaire, les investisseurs devraient réagir de manière rationnelle
enayantconscience de ce problème de la selection adverse. En conséquence, le
prix du crédit sur ce marché devrait refléter simplement le risque des créditsde ba
decrédits vendus sur le marché secondaire. Le marché secondaire du crédit separt
104
Chapitre3:Concurrencebancaireet ventredecrédit
Fig. 3.4 – évolution du marchésecondaire du crédit selon le catégorie
(Source : LPC )« distressed »tandis que les crédits vendus à prix supérieur à 90% de
faciale sont app elés la catégorie « par »8 . Jusqu’au début des années 90, le
segment«distressed »areprésentéuneproportionimportanteavecplusde50%de la part
qualitédes crédits mis en vente. Il existe donc une apparente contradiction entre cett
Chapitre 3 : Concurrence bancaire et ventre de crédit
105
2.2. Concurrence et conservationde l’avantageinformationnel
Dans cette section, nous tenterons d’expliquer cette contradiction entrela
théorie et les faits. Nous prop osons une explication de l’amélioration de la
qualité du crédit sur le marchésecondaire à partir d’une analyse théorique
basée sur un mo dèle de concurrence imparfaite.
En particulier,nous allons
développer un mo dèle théorique selonlalequel
vente du crédit est présentée
comme un moyen pour les banques ayant les crédits de haute qualité de garder
leur avantage informationnelle inhérente à l’activité d’o
de crédits
ctroi àla
p ério de suivante, dans une optique de concurrence intertemporelle.
Nous considérons un environnement où la décision de ventedu crédit est
observée de l’extérieur. Ceci est une hyp othèse adaptée p our la vente de crédit
des grandes entreprises, ce qui sont souvent le cas pour les crédits syndiqués
et pour la cession de ces prêts. En général, la mise en vente d’un crédit et la
cotation du prix ainsi que les données de transaction dans le marché secondaire
sont largement do cumentés dans les Newsletters du marché comme par exemple
Bank Letter or Gold Sheets en premier ( Dahiya et al. 2003 , Yago & McCarthy
2004).Parailleurs,laLoan Pricing Corporation (LPC) etlaLoan Syndicationsand Tradin
ou conserver.Dans cet environnement, lorsqu’il existe une asymétrie d’information
106
Chapitre3:Concurrencebancaireet ventredecrédit
emprunteur était une information disp onible uniquement pour la banque (informationprivée)mais la décision de participation au marché secondaire révèle
cette information privée aux concurrents potentiels. Or, dans un environnement
concurrentiel, un avantage informationnel
permet à la banque d’extraire une
rente informationnelle en limitant l’effet de concurrence pure en prix (Ra jan
1992, Sharp e 1990, von Thadden 2004).
Mais, la décision du vente de crédit génère une fuite d’information privée
à l’extérieur. Ainsi, Si cette information est capté par un concurrent potentiel,
l’avantageinformationnel d’une banque interne se réduit ou disparaît et celle-ci
aura moins (ou pas) d’avantage comp étitif dans la concurrence
Donc,
future.
lorsqu’ilexiste une concurrence dans le marchéprimaire du il
crédit,
existe
un arbitrage entrepayer un coût de dilution informationnelle sur le marché
secondaire du crédit et garder la rente informationnelle pour la concurrence
du futur sur le marché primaire du crédit. Nous montreronsqu’il
existe un
équilibre où non seulement les crédits de basse qualité mais aussi lescrédits de
haute qualité sont mis en vente.2.3. La littérature liéeNotreanalysemontrequ
dans le marché primaire du crédit. Ce faisant, cetteanalyse contribue à la littérature
Chapitre 3 : Concurrence bancaire et ventre de crédit
107
marché secondaire du crédit.
D’ailleurs,Guptaet al. (2008 ) ont mené une
analyse empirique sur le lien entreles deux marchés en étudiant quels sontles
effets de la décision de la mise en vente d’un crédit dans le marchésecondaire
sur la déterminationdu prix de ce crédit dans le marché primaire.
Ils ont
montré que p our les crédits que la banque anticip e une plus grande liquidité
dans le marché secondaire,
les banques appliquent un taux de prêts moins
élevés en termes de l’écart avec le taux de référence (le spread ).
Notre analyse est liée également à deux typ es de littérature théorique. Un
premier typ e de littérature liée à notre analyse est celui de la concurrence entre
deux agents différemment informés (Engelbrecht-Wiggans
1983,
etRal.
a jan
1992, Sharp e 1990, von Thadden 2004). Conformément à leur
nous
analyse,
montronsqu’une banque qui est plus informée (banque internedans notre modèle) peut extraire (au moins partiellement) une rente informationnelle même
dans une relation de concurrence face à un concurrentmoins informé (banque
externe dans notre modèle).Le second volet de la littérature est celui qui aborde l’
d’un agent ayant une information privéeface à la fuite d’information. L’impact
du passager clandestin concernant la pro duction d’information sur le compor-
tement des agents informées sont bien développée dans la littérature sur lamicros
visant à limiter la révélation d’information privée lorsqu’il est exposé àla concurren
108
Chapitre3:Concurrencebancaireet ventredecrédit
secondaireducréditlorsqu’il n’existe pas de concurrence sur le marché primaire
de crédit en tantque référence. Nous étudierons ensuite le marchésecondaire
decrédit lorsque la concurrence sur le marchéprimaire de crédit est effective
et analyserons l’impact de laconcurrence sur le marchéducrédit sur lemarché
de lacession de prêt.Enfin, Nous conclurons.
2.4. EnvironnementConsidérons une économie à deux périodes composée de
preneurs et d’investisseurs. Ils sonttous neutres au risque et maximisentleur
rendementespéré.2.4.1. EntrepreneursIl existe deux entrepreneurs dans l’économ
deux pro jets consécutifs, un par période. Chaque pro jet nécessite un investissementde taille normalisée à 1. Les entrepreneurs doivent rechercher un
financement externe pour des pro jets d’investissement car ils ne disposent pas
de capitaux propres. Soit deux types d’entrepreneurs, θ ∈ {G, B }. Un entre-
preneur est de type G avec la probabilité de ν. Le type d’un entrepreneur estinchang
laprobabilité pθ, auquel cas il génère un rendement Y. S’il échoue, le rendementest 0
Chapitre 3 : Concurrence bancaire et ventre de crédit
PG
ν
1− ν
Y
G :1
1 − PG
0
PB
Y
B:1
1 − PB
Pér io d e1
109
, 1
Y
, 1
0
0
Pér io d e2
Fig. 3.5 – Déroulement des pro jets
figure 3.5 reprend ces éléments. On suppose que :1> pG > pB >0 (A1)
[νpG + (1 − ν) pB]Y −1 >0 (A2)
Définissons ¯p = νpG + (1 − ν) pB . (A2) signifie que le rendement net espéré
d’un pro jet en première période est positif. En l’occurrence, le financement
d’un projet en première période est a priori rentable même sans connaître sontype
d’aucune information sur le type de chaqueentrepreneur. Mais, une fois qu’une ban
110
Chapitre3:Concurrencebancaireet ventredecrédit
Les banques sontsoumis à un facteur d’escompte δ lorsqu’ellesgardentun
crédit dans leur bilan jusqu’à l’échéance. 1− δ p eut être considéré comme un
coût d’opp ortunité lié à l’immobilisation des fonds pendant l’investissement
(Gorton & Pennacchi1995,Parlour & Plantin 2008 ).
Ce coût capte l’idée
que la banque préfère récup érer les fonds p our qu’elle puisse les redéployer
sur d’autres pro jets rentables ou capte le coût nécessaire pour respecter le
ratio de fonds propres. 1− δ p eut donc être interprété comme le facteur du
coût d’immobilisation des fonds ou « celui du coût d’illiquidité ». Celui-ci peut
égalementêtre interprété comme la facteur de la prime de liquidité dans la
mesure où il constitue une somme dont les banques bénéficier par liquider un
crédit, lequel aurait été perdu autrement. Dans la suite, nous l’app ellerons le
coûtd’illiquidité ou la prime de liquidité selon lecontexte.
2.4.3. InvestisseursIl existe de nombreux investisseurs, qui ont une une dotation in
rieure à 1, dans le marché secondaire du crédit. Les investisseurs sont supp osés
être suffisamment nombreuxtandisqu’il n’existequedeux banques qui vendent
leur crédits. Les investisseurs ne disposent donc aucun pouvoir de négociationsur le
leur projet. La(Les) banque(s) ayant offert un financement apprend (apprennent) le ty
Chapitre 3 : Concurrence bancaire et ventre de crédit
En t= 1:
111
lesdeuxbanques évaluentlaqualité desclientsavecleur infor-
mation privée (le typ e des clients) ou l’information publique (échec ou succès
dans la première période). Pour les entrepreneurs dont le pro jet est jugé reni
i
table, les banques offrent un tauxR
2 àleur(s)ancien(s) client(s)etQ pour
i
celui(ceux)de son concurrent. En effet,Q
peut être considéré comme un taux
visant à capter la clientèle du concurrent jugée de bonne Les
qualité.
entrepreneurs ayantobtenudeux offres choisissentleur banque.
Les entrepreneurs
n’ayant obtenu qu’une offre l’acceptent.
Les pro jets sont lancés et leur rendement sont réalisés. Enfin, leur remboursement est fait. Pour la simplicité, nous avons supp osé que la vente de crédit
n’est p ossible que dans la première pério de. Cela nous p ermet de concentrer
notre analyse sur l’effet de l’intro duction du marché secondaire de crédit sur la
concurrence futur sur le marché du crédit. On p eut intro duire la p ossibilité de
la vente de crédit en deuxième p ériode mais ceci ne pro duit aucun effet dans
notremodèle.2.5. Benchmark : vente de crédit sans concurrence
le marché du créditAvant d’analyser l’effet de la vente de crédit sur la concu
secondaire.Supposons que le marché primaire du crédit soit un monopole local sel
112
Chapitre3:Concurrencebancaireet ventredecrédit
dans un Étatautre quecelui où elle a son siège.
Le marché primaire du crédit à chaque période est supposé en monop ole.
Les banques n’ontaucune décision stratégique à prendre quant au marché
primaire du crédit et elles appliquent le prix de monop ole à leur client captif.
En première pério de,
RM
1 =
Y . En deuxième p ério de, les banques n’offrent un
crédit que si leur client est de typ e G dans la mesure où elles apprennent le
type de leur client pendant leur relation avec lui en première pério de. Comme
le marché du crédit est en monop ole, le taux de crédit en deuxième pério deà
leur client est RM2 = Y s’il est de type G.Supp osons maintenant qu’il existe un march
banques peuvent vendre leurs crédits avant leur maturité.
Les acheteurs sont
suffisamment nombreuxde sorte que le marchésecondaire des crédits est en
concurrence parfaite. Notons que les banques ontl’information sur la qualité
de leur crédit au moment de la décision de vente. Ainsi, pour la banque,
la
valeur espérée d’un crédit octroyé à un projet de type θ (θ ∈ {G, B }) est le
cash-flow que la banque espère percevoir :Vθ = pθR1Lacontraintede participation d’un
en vente dont ils disposent. Nous allons analyser deux cas opposés : lecas des symé
Chapitre 3 : Concurrence bancaire et ventre de crédit
113
la symétrie d’information offre un cadre utile pour montrer sur quoi l’asymétrie
d’information joue.
2.5.1. Le marchésecondaire ducrédit en l’informationsymétrique
Lorsque les investisseurs connaissent parfaitement le typ e de chaque crédit,
leur contrainte de participation peut s’écrire comme suit:
P ≤V θ où θ ∈ {G, B}
(3.2)
D’où, le lemme suivant.Lemme 1 Al’équilibre,les deux typesde créditssont misen
tient comptecorrectement de risque du crédit (fair price).Un crédit de typeθ
est vendu au prix P ∗ = Vθ .Démonstration. A partir de ( 3.1) et ( 3.2), le prix d’équ
est tel que δVθ ≤ P ≤ Vθ où θ ∈ {G, B }. Comme les investisseurs sont supposés
suffisamment nombreux, la banque détient tout le pouvoir de négo
Il ciation.
en résulte P ∗ = Vθ . Les deux types de crédit sont mis en vente dans l’équilibre
au fair price.2.5.2. Le marché secondaire du crédit sous l’asymétrie d’infor
permettent de signaler le type de son créditaux investisseurs.Dans cet environnem
114
Chapitre3:Concurrencebancaireet ventredecrédit
inchangée. Par contre, la valeur d’un crédit mesurée par un investisseur n’est
plus Vθ , car l’investisseur n’est pas en mesure de distinguer le type de crédit. Ainsi, applique-t-il
un seulprix aux crédits en se basant sur la qualité
moyenne du pool de crédits mis en vente qu’il anticip e. Selon (3.1), la décision
desbanquesconcernant la participation dans le marchésecondaire des crédits
est la suivante : Les deux types P≥δV
G
Seul le type B y participent siδVG >P ≥ δVB
Aucun type ne P <δV
B
L’investisseur prend en compte cette contrainteet la probabilité du succès
anticip ée d’un crédit ( ˜p) est ainsi une fonction du prix comme suit:
˜p=  ¯p P≥δVGpB if δVG >P≥δVB0 P<δVB (3.3)
(3.3) amène la valeur anticip é d’un crédit, notée ( ˜p), une fonction du prix
comme suit : ˜V (P)= ¯V P≥δVGVB if δVG >P ≥δVB0 P<δVB (3.4)où ¯V = ¯pR1.
Chapitre 3 : Concurrence bancaire et ventre de crédit
115
(b) l’équilibreséparateuroùseuls les créditsde type B sontvendus au
prixP ∗ =V B .
2. Lorsque δV
équilibre séparateurest possible.
G > V̄ , le seul
Démonstration. On peut le démontrer de la même manière que le lemme 1à
partir de la contrainte de participation des banques ( 3.1 ) et celle des investisseurs ( 3.5 ) ainsi que le fait que les investisseurs sont suffisamment nombreux
de sorte que la banque détient tout le pouvoir de négo ciation.
Nous obtenons le résultat classique d’ Akerlof
(1970) avec deux typ es de
marchand. L’intuitiondu Lemme 2 est la suivante:
Lorsqu’une banque vend
ses crédits, elle économise le coût d’illiquidité
(1 récup
− δ)V érant ses fonds.
θ en
Ceci constitue une motivationà vendreses crédits. Or, dans une situation où
ilexiste une asymétrie d’information entre vendeurdu crédit etacheteur,
la
banque doit payerun coût de dilution informationnelle
(V à savoir la
G − Ṽ),
différence entre la véritable valeur du crédit et la valeur anticip ée par les investisseurs.Comme ˜V est ¯V dansle meilleurcas, cecoût esttoujours positif pour
un crédit de typ e G. Vendre un crédit de ce typ e implique un « trade-of »entre
obtenirune prime de liquidité et payer un coût de dilution informationnelle.
La banque ayant le crédit de typ e G compare les deux afin de décider si elle
vend son crédit de type G.Désignons ∆G le coût de dilution informationnelle. Nous
suit :Proposition 1 À prime de liquidité 1−δ donnée, si l’asymétrie d’informatione
116
Chapitre3:Concurrencebancaireet ventredecrédit
Démonstration. Cecidécoule directement de la condition selon laquelle l’équilibre séparateurexiste, c’est à dire
V̄.
G >δV
2.6. Ventede créditet concurrence sur le marchédu créditJusqu’à présent, nous avons analysé le comp ortement des banques sur le
marchésecondaire ducrédit lorsqu’iln’existepas de concurrence dansle marchéprimaire ducrédit. Dans cette sous-section, nous analyserons l’impact de
l’introduction de la concurrence sur le comp ortement des banques sur le marché secondaire du crédit. Nous supp osons dans cette sous-section que les deux
banques se font concurrence pour attirer les entrepreneurs sur le taux de crédit
pour chaque p ériode.Avant d’analyser la fuite d’information sur le marché secondair
nous allons montrercomment l’information obtenueàl’issue d’une relation
clientèle permet la rente dans un environnement d’une concurrence dynamique.
Nous considérons d’ab ord le cas où le marché secondaire de crédit n’existe pas
afin de nous concentrer sur la rente informationnelle ( §2.6.1 ). Ensuite, Nous
traitons un environnement où il existe un marché secondaire du crédit(§2.6.2).2.6.1.
crédit (lending relationship) pendant la première période. Elle
Chapitre 3 : Concurrence bancaire et ventre de crédit
117
ne prop ose un crédit que
son
si client de la première p ério de est de type G.
Rapp elons queR
2 est le taux qu’une banque offre a son client de typ e G.
ii. La politique del’offreducréditsur les clientsdu concurrent
Ence qui concerne le(s) client(s) de son concurrent,
la banque externe n’a
pas d’information exacte sur son (leur) typ e. La décision sur l’offre d’un crédit
dépend exclusivement du résultat de la p erformance de la première pério de,
laquelle est publiquement observable.
Nous supp osons par exemple
existe
il
un credit bureau auqueltoutesles histoiresde défautdes emprunteurssont
recensés. La banque estime le typ e de l’emprunteur par révision bayesienne.
Un emprunteur qui a réussi (s ) (échouéresp
(f ), ectivement) est de typeG
avec la probabilité :Pr[G | s] = νpGνpG + (1−ν) pB (3.6)
Pr[G | f] = ν (1 − pG)ν (1 − pG) + (1 − ν)(1 − pB) (3.7)
On peut vérifier facilement que Pr [G | s] > Pr [G | f] tantG quep
>p B . La
banque donc applique les deux différents taux en fonction du résultat de la
première pério de. Désignons Q2η le taux prop osé aux anciens clients du rival
qui a le résultat η dans la première période (η ∈ {s, f }) dans la première
période.La séquence de la concurrence est comme suit. D’abord, les deux banques
n’a pas d’équilibre en stratégie pure mais un équilibre unique en stratégiemixte. H
118
Chapitre3:Concurrencebancaireet ventredecrédit
Lemme3
1. Il n’existepasd’équilibre en stratégiepure.
2. Ilexisteun équilibreuniqueen stratégiemixteoù la banqueexterne réalise
un profit espéré nul
tandis que la banque interne réaliseun profitespéré
positif sur les emprunteurs de typeI (G,
G,Πη)= Pr[G1 |η] −1.
Démonstration. Voir Annexe.La banque interne a l’information exacte sur le type de s
première pério de alors que l’information disponible de la banque externe est
moins précise. La banque interne peut utiliser sa capacité de parfaitement
distinguer le type G du type B afin d’a juster sa politique de l’offre du crédit.
Cecirend la banqueexterne plus grand problème de la selection En
adverse.
conséquence, la banque interne exploite son avantageinformationnel contreson
concurrent (la banque externe) afin d’extraire une rente de son ancien client
de type G.2.6.1.2. Concurrence dans la première périodeNous calculons d’abor
client est de type G pendant la premièrepériode et que le résultat de première périod
Chapitre 3 : Concurrence bancaire et ventre de crédit
119
donc : ΠI(G)
=p
G ΠI
(success, G) + (1 −p
G )Π I (f ail, G)
νpG + (1 − ν)p
B
=p G
−1
νpG
ν (1 −pG ) + (1 − ν) (1 −p
B)
+(1 −pG )
−1
ν (1 −pG )
= 1ν−1 (3.8)
ΠI (G) peut également être considéré comme la valeur espéré de la rente informationnelle que la banque interne peut extraire en seconde pério de lorsqu’elle
apprend que son type est de G pendant la première p ério de.
Au début de la première pério de, il n’existe pas d’asymétries d’information
entre les deux banques. Ainsi, elles se concurrencentseulement sur le taux de
crédit en première pério de. Notons que nous avons deux firmes dans l’économie.
Le partage du marché p our la première pério de entre les deux banques est
présenté comme suit :µi =2− µj =  0 if Ri1 > Rj1,1 if Ri1 = Rj1,2 if Ri1 < Rj1. (
Le profit total espéré d’une banque i (i ∈ {A, B}) estΠi(R1) = µi ¯pR1 −1 +ν 1ν − 1=
120
Chapitre3:Concurrencebancaireet ventredecrédit
2.6.2. Équilibre en présence d’un marchésecondaire du crédit
Nous intro duisons maintenant le marché secondaire du crédit dans cet environnement concurrentiel sur le marché primaire du crédit. Nous développ erons,
en particulier, un mo dèle dans lequel il existe un arbitrage entre une extraction
de la rente informationnelle sur le marché primaireet un coûtde ladilution
d’information sur le marchésecondaire lors qu’une banque vendses crédits. La
relation clientèle avec un entrepreneur permet aux banques d’avoir une information privée, qui peut servir d’avantage informationnel lors de la concurrence
en deuxième pério de avec une banque externe. Considérons maintenant la décision de cette banque sur la decision de ventede son crédit.
Comme nous
avons résumé dans la prop osition 1, lorsque l’asymétrie d’information dans le
marché secondaire du crédit est imp ortant, la banque
a le crédit
qui de type
G n’a un intérêtà vendreson crédit, car le coût de dilution informationnelle
est plus élevé que la prime de liquidité qu’elle peut obtenir. Or, cette décision
sur la vente d’un créditsur lemarchésecondaire révèleinintentionnellementle
typ e de l’entrepreneur avec lequel la banque entretient une relation de crédit.
Cette fuite d’information privée peut réduire ou supprimer l’avantage informa-
tionnel d’une banque interne. Dés lors qu’une concurrence est introduite sur lemarch
price. Par contre, un déten-teur du projet de type G décide strategiqument son choix
Chapitre 3 : Concurrence bancaire et ventre de crédit
121
sion quant à la vente de crédit sur le marché secondaire de crédit révèle ainsi la
qualité du crédit. Dans notre mo dèle, cette révélation d’information est parfaite
sans bruit pour la simplicité. Cette fuite d’information supprime l’avantage informationnel de la banque interne lors de la concurrence en deuxième pério de.
Elle a un effet négatif sur le profit en seconde p ério de car celui-ci est basé sur
la renteextrait de l’information privée.
La concurrence en deuxième pério de
devientune concurrence en prix pure, ce qui fait disparaître la renteinformationnelle de la banque interne qu’il était possible d’extraire lorsqu’il n’existait
pas un marché secondaire de crédit.2.6.2.2. Decision sur la vente de créditL’i
pact sur le comp ortement des banques sur le marché secondaire du crédit. En
particulier, elle mo difie la contrainte de participation des banques.
Dorénavant, la valeur esp éré de la rente informationnelle doit être pris en compte. La
contrainte de participation de banque dép end donc du type du crédit. S’agis-
sant pour un type G, la contrainte de participation devient :P ≥ δVG − 1ν −1 = VG −
des banques qui ontun crédit de type B reste inchangée, car il n’y a pas de rente in
122
Chapitre3:Concurrencebancaireet ventredecrédit
d’un crédit que les investisseurs anticip
Parent.
un raisonnement analogueà
celui de la sous-section 2.5, la valeur anticip ée d’un crédit par les investisseurs
( ˜V ) peut s’écrire comme suit:
1. when δV G( 1ν − 1) >
B ,δV
˜V (P ) =
¯

P≥ δV G ( ν1 −1)

 V
VB if δVB ≤P <δV G −( ν1 −1)
0 P< δV
B
2. when δVG −(1ν − 1) ≤ δVB,˜V (P) =  ¯V if P ≥ δV
B
0 if P< δV
B
On obtient la proposition suivante :Proposition 2 1. Lorsque δVG −(1ν − 1) ≤ ¯V , ce
libre de pooling où les deux types de créditssont vendu∗au
= V̄.
prixP
2. Lorsque δVG −(1ν − 1) > ¯V , ce sous-jeu admet un équilibre séparateur où
seuls les crédits de type B sont vendus au prix P ∗ = VB .Par rapp ort au lemme 2, la p
condition d’existence de l’équilibre de pooling.2.6.2.3. Concurrence en première
noSsignifie “pas de vente”.) :Πi(=  µi(¯pRi1 −ν) if s= Sµi ([νδpG + (1−ν)pB]Ri1 − 1)
Chapitre 3 : Concurrence bancaire et ventre de crédit
123
On obtient deux prop ositions suivantes:
Proposition 3 LorsqueGδp
−p̄≤ νp̄ ( ν1 −1), nous avons un équilibre de pooling
où les deux types de crédits sont vendu. La part du marchéet le taux de prêt
ν
∗
∗
en première période sontµ
1 =1 etR 1 = p̄ .
Démonstration. Ceci découle directement de la prop osition 2 et de l’équation
(3.11).Prop osition 4 Lorsque 0 < δ pG − ¯p≤
p̄
ν
1
ν
−1 ,la concurrencesur le marché
du crédit conduit à une émergenced’un équilibrede poolingoù les deux types
decréditssont vendualors que seules lescréditsde type B auraientvendu sans
concurrence sur le marché du crédit.Démonstration. Ceci découle directement du
L’intro duction de la concurrence sur le marché du crédit rend l’information
privée précieuse. L’information privéeprotège les banques contre une concurrence pure en prix et ainsi leur permet de réaliser un profit p ositif. Lorsque
la décision sur la vente de crédit révèlel’information privée(la qualité de leur
clients), les banques tiennent compte de la rente future de l’information pri-vée. C
plus liquide. Dans notre modèle, les firmes bénéficientde cet effet par une réductio
124
Chapitre3:Concurrencebancaireet ventredecrédit
partir de ( 3.11le),taux d’intérêt qui
donneun profit nulquand les banques
ne vendent pas leur prêts de typ e G s’écrit:
R1 =
1
ν δp
G + (1 − ν)p
B
Notons que le taux d’intérêt d’équilibre de la première pério1∗de
= estR
ν¯p
. D’une part, un marché des ventes de prêts plus liquide avec une qualité
moyenne plus élevéeréduit le taux d’intérêt.
Cet effetest capturépar le dénominateur de chaque taux (R ∗1
p̄dansR 1∗est toujours plus élevé que
1).etR
ν δ pG + (1 − ν ) pB dans R1 . Une étude empirique de Gupta et al. (2008) illustre
cet effet positif de l’amélioration de la liquidité dans le marché secondaire sur
le taux de prêt sur le marché du crédit.D’autrepart, l’autre effet surle taux des prêtse
de chaque taux. Le comp ortement de recherche de rente informationnelle par
les banques dégrade le bien être des firmes de typ e G à la seconde pério de.
Cep endant, cette extraction de rente est prise en compte par la réduction du
taux d’intérêt à la première pério de et cela comp ense la réduction du bien être
à la seconde période. L’effet global peut être positif.3. ConclusionDans ce ch
considéré un modèle de concurrence à deux période dans lequelles banques acquièr
Chapitre 3 : Concurrence bancaire et ventre de crédit
125
crédits de haute qualité à cause de l’asymétrie d’information. Tel est le cas si
la rente informationnelle qu’une banque peut extraire de son clients est plus
élevé que le coût dedilution informationnelle qu’elle doit payer.Ainsi, le marché secondaire du crédit peut devenir un marché liquide où les crédits de haute
qualité et ceux de basse qualité co existent.
La concurrence sur le marché du
crédit augmente la qualité de créditmisen vente.
Cette analyse suggère ainsi une nouvelleexplication sur la croissance du
marché secondaire du crédit et en particulier sur la croissance exp onentielle du
catégorie « par »à partir du milieu des années quatre-vingt-dix. Notre analyse
prop ose une rép onse selon laquelle le développement massif du marché secondaire du crédit de ce type depuis cette pério de est lié à une augmentation de
la concurrence sur les marchés du crédit suite à une série de mesure de la lib éralisation financière qui ont été intro duites depuis les années quatre-vingt-dix,
lesquelles ont levéles barrières de protection contre la concurrence.
Dans notre analyse, nous utilisons un simple mo dèle de duop ole. Ce choix
est lié à des raisons de commo dité analytique mais également au fait que les
résultats ainsi obtenus restent robustes dans le cas d’une extension à un mo dèle
d’oligop ole. En ce qui concerne l’extraction de la rente, tant qu’une banque
interne unique peut acquérir plus d’information privée sur les emprunteurs, lenom
environnement où il existe unproblème de selection adverse tandis que nous n’avo
126
Chapitre3:Concurrencebancaireet ventredecrédit
introduire le coût de pro duction d’information. Nous allons analyser la relation
entre la titrisation et la concurrence en mettant l’accentsur l’incitation à la
pro duction d’information sur des entrepreneurs (monitoring ou screening) et
leur impact sur l’efficience du marchédu crédit.
Chapitre 3 : Concurrence bancaire et ventre de crédit
127
Annexe
A. Démonstration dulemme3
Nous développ erons une démonstration en suivant la démarche de Hauswald & Marquez (2006), von Thadden (2004 ).
Absence d’équilibre en stratégie pure
La démonstration se fait «A contrarioConsidérons
».
d’ab ord les entrepreneurs qui ont le résultat η dans la première pério de. La banque externe considère Pr [G | η] comme sa probabilité de succès en deuxième période. Désignons
∗
Q2η = 1Pr[G|η]. Notons le taux d’intérêt d’équilibreQ
. Nous pouvons considérer
troisdifférentscasdefigure :(i) Q∗ < Q2η : Ce cas ne peut être un équilibre. Car la ba
réalisesûrement unprofit négatif. Ellen’offre jamaisun tauxinférieurà
Q2 η .(ii) Q ∗ = Q2η : Si c’est une stratégie connue, la banque interne p eut réalis
un profit plus élevé en remp ortant tous les entrepreneurs de typ e G en
offrant un taux R=Q2η− ( est une valeur petite et positive). Ceci ne
peut donc être un équilibre.(iii) Q2η ≤ Q∗ ≤ Y : Si c’est une stratégie connue, les de
GDéfinissons FI (R2; θ, η) la distribution de l’offre de la banque interne auprèsdes e
128
Chapitre3:Concurrencebancaireet ventredecrédit
Désignons égalementF
E (Q2; η) la distribution de l’offre de la banque externe
auprès des entrepreneursqui ont le résultat η.
La banque interne n’offre jamais un crédit à un entrepreneur de typ e B.
En conséquence, FI 2(R
; B, η) = 0 pour tous lesLa
η. banque externe n’offre
jamaisun crédit au taux inférieur2ηàQ
, car tous les entrepreneurs de typ eB
changent leurbanque dans tous les cas, ce qui induit une probabilitéde succès
du pool des candidats à la banque externe dans le meilleur des cas à Pr [G | η].
La banque internequi connaît cette contraintede la banque externe n’offre
pas non plus de crédit à un taux inférieur
ce quid’ailleurs luipermet
2η,àQ
de réaliser un profit positif sur les crédits aux entrepreneurs
Par ailleurs,
G.
aucune de deux banques n’offre un crédit au taux sup érieur à Y , le rendement
maximal d’un pro jet. Nous pouvons donc conclure que le support commun de
l’offre par les deux banques est Q2η,Y sur un projet qui ont le résultat η.
FI (R2; G, η) et FE (Q2; η) sont continue sur Q2η , Y par l’argument stan-
dard de Engelbrecht-Wiggans et al. (1983).Notons qu’une stratégie mixte se comp os
le profit espéré est le même. En conséquence, le profit esp éré doit être constant
sur l’intervalle Q2η,Y . Face à la banque informée, la banque non informé ne
peut réalisé un profit positif. Le profit espéré d’un projet qui a le résultat η enpremièr
Chapitre 3 : Concurrence bancaire et ventre de crédit
Comme Pr [G | η] <¯π
1,
η est toujours positif.
129
130
Chapitre3:Concurrencebancaireet ventredecrédit
Chapitre4Securitization and the inte
competition 11. IntroductionIn the previous chapter, we
nancial intermediationbased on the informational asymmetry has difficultyto
explain the recent exp onential growth of securitization in banking sector. Af-
ter having presented the rationale for securitization and loan sales by banks in1Ce c
2009), 17ème International Tor Vergata Conference on Bankingand Finance on “Emerging Markets, C
2000.131
132
Chapter 4: Securitization and the intensity of competition
the literature, we have presented a mo del in which the growth in loan sales is
considered as a result of the changesin banks’ bahaviourinloan sales market
for the purp ose of better resisting increases in loan market competition. This
chapter will present an analysis which relates securitization and loan market
comp etition. In particular, we develop a novel explanation about increases in
securitization according to whichan increase in securitization is interpreted
as a resp onse of banks to fiercer competition in loan markets. More precisely,
we showthat banks can strategically use loan securitization to soften the effect of the loan market comp etition, suggesting that securitization might bea
consequence of increasing comp etition. Incidentally,
we also show that under
certain conditions, securitization increases banks’
profits but worsens overall
loan quality and loan market efficiency.For this purp ose, we consider a simple duopo
banks comp ete for b orrowers over two perio ds, inspired by Bouckaert & Degryse (2004), Gehrig & Stenbacka (2007). Contrary to their mo dels and to our
mo del in Chapter 3 in which information acquisition is automatic and given, in
this chapter, banks strategically cho ose the intensity of information acquisition
on their borrowers during the first period (monitoring). Information acquiredby the fir
that there exists between the relationship bank and the outside bank.In turn, ex ante
Chapter 4 : Securitization and the intensity of comp etition
133
this makes p oaching more profitable, which in turn mitigates ex ante comp etition. As banks know that they can poach their rival’s borrowers in a future
round of competition, the ex ante market share becomes less imp ortant.
We will show that loan p ortfolio securitization can be used asto
a to ol
signal that they reduce the intensityof
monitoring.The intuitive argument
runsas follows. We refer to loan securitization as selling the cash-flowthat
will be generated by (a fraction of ) the loan p ortfolio. This operation reduces
the first period payoff generated by monitoring the pro jects and there isa
level of securitization which renders monitoring with securitization is no longer
profitable. As such, securitization of this fraction of the loan portfolio can be
considered as signaling the withdrawal of monitoring.
Securitization makes
banks better off in terms of their profit whereas it may have a negative effect
on overall loan market efficiency. It is because reduced monitoring incurs a loss
associated with not controlling investment pro jects in the first period anda
loss asso ciated with less precise public information, which entails the financing
of low quality pro jects that might otherwise be rejected in the second period.
Our study is obviously related to the literature on loan securitization. We
have already presented rationales on the securitizations. However,there are
few articles that explicitly analyze the link between loan market competitionand se
their borrowers when there is informationalasymmetry between loan selling banks
134
Chapter 4: Securitization and the intensity of competition
formationalasymmetry between loan sellers and buyers as explained in their
models, but from the intention to soften comp etition in the future.
Secondly, this chapter is related to the literature concerning the link between relationship banking and loan market comp etition.
Peterson & Ra jan
(1995 ) show that banks have a greater incentive to develop their relationship
with new b orrowers when loan markets are less comp etitive and more concentrated. Bo ot & Thakor (2000) show that banks may refo cus on relationship
lending to survive in the face of interbank comp etition because this allows
banks to shield their rent better. However, we show that relationship banking
orientation can increase ex ante comp etition to capture more new clientele so
as to extract rentin the future, in turn reduceing overall
profit.We hence
add a dynamic p ersp ective to the link b etween relationship banking and loan
market comp etition.Our analysis also contributes to the literature on the strategic us
mation in imp erfectly comp etitive credit markets. Hauswald & Marquez (2006)
analyze banks’ strategic use of information acquisition as a barrier to entry.In
our environment with comp etition over multiple periods, banks strategically
reduce information acquisition to mitigate the consequences of entry. In a rela-ted en
chapter proceeds as follows. Section 2 presents the generalenvironment of the mode
Chapter 4 : Securitization and the intensity of comp etition
135
2. Environment
Consider a two-perio d duop oly mo del with two banks, say A and B. They
comp ete in two subsequent p eriods over loan rates (Bertrand price comp etition) byoffering short-term loan contracts.The lending rate can differ across
periods.2.1. BorrowersBorrowers have two consecutive investment projects th
outlay of 1 in each perio d. They have to find external
fundingasthey have
no funds of their own. These can b e of two typ
θ es:
∈ {G, B}.Borrowers
know their own type, which is, however, not known to the banks. In p erio d 1,
a type θ pro ject yields Y with probability of pθ , and 0 otherwise. We assume
the following 1>pG> pB > 0. (A1)
In perio d two, a type G always succeeds, and a type B always2 fails.
We
assume that controlling a pro ject allows borrowers to derive positive private
b enefit that the lender cannot extract (Holmstrom & Tirole 1997). As a result,
under limited liability, the type B borrowers will undertake the project inthe second
themathbecomes(evenmore)tedious.
136
Chapter 4: Securitization and the intensity of competition
where ν denotes the prior probability of a typ e p
G.:=
Define¯
νp
G + (1 − ν)p
B.
(A2) implies that G (B, resp ectively) makes ex ante p ositive (negative, resp.)
net return. Making a loan in the first p erio d is ex ante efficient (A3), whereas
making a loan to a pro ject that fails in p erio d 1 is never profitable (A4). (A1)
– ( A4 ) are the informations known to the public.
2.2. BanksBanks initially have no specific information ab out the b orrowers’
typ e.
The first perio d results are publicly observableby
(say,
a credit bureau in
which the default record of borrowers are registered and which are accessible
to banks) Banks can use this information to evaluate the typ e of b orrowers by
Baysian revision. On the other hand, banks can pro duce private information by
monitoring. During the first perio d, the initial lender can learn its b orrowers’
type, at a cost c > 0. It is a relationship-sp ecific information
the lending
of
bank, which is neither verifiable by others nor transferable to others (soft
information). If the b orrower is of typ e G, the monitoring bank can raise
the probability of success by ∆p > 0 (say, by preventing the borrower from
mismanaging the project). We assume pG+∆p =1 for simplicity. Banks decidestrategi
the first period, and it is not observable by others partiesincluding banks. As a conse
Chapter 4 : Securitization and the intensity of comp etition
137
Fig. 4.1 – Timing
average, the heterogeneity and private character of switching costs render poaching a rival’s b orrowers to be profitable. A fraction of high quality borrowers,
whose switchingcost is low, will havean incentive to switch their bank if the
loan rateoffer made byoutside banks is moreattractive.
The assumption ab out the switching cost is quite natural
to the extent
that borrowers’ satisfaction or dissatisfaction ab out a bank can be different
dep ending on the individual preference to the banks’ and
services,
borrowers
can only measure themexactly once they havehad a relationship.
Switching
costs may capture the direct cost of closing an account with one bank and
opening it elsewhere ; the cost associated with a different application procedure
with other banks ; but also the loss of relationship benefit between the borrower
and his former bank.32.4. TimingThe sequence of the game is described as foll
loan in the case of success.3See Kim et al. (2003), Stango (2002) for empirical evidence on sw
138
Chapter 4: Securitization and the intensity of competition
Borrowers learn their switching cost. Eachbank makes a loan offer for secondi
i
i
period pro jects to his own borrowers,R
2, and his rival’s borrowers,Q
2.Q 2 is
the poaching rate whereby bank i tries to attract entrepreneurs b elonging to
its rival’s first-p eriod clientele. If borrowers receive an offer from b oth banks,
they decide whether they continue their relationship with the first-perio d bank
or change their bank. The rest is similar to the first p erio d. The timing is summarized in Figure 4.1.3.
Baseline model : Exogenous Choice o
toringIn this section, we characterize the outcome of comp etition when banks
havenochoice overtheir monitoring decision. We analyze the two1)cases:
the case where banks do not havemonitoring technologyand haveno private
information, on the one hand ; 2) the case where banks always monitor their
client and obtain privateinformation, on the other. These two extreme cases
offer useful benchmarks to analyze the role of acquiring private information
through monitoring in the context of dynamic comp etition.3.1. Comp etition w
market shares, (µA, µB ). Let RA (resp ectively QA ) be the
Chapter 4 : Securitization and the intensity of comp etition
139
interest offered by bank A to b orrowers within its clientele (resp ectively, within
bank B ’s clientele). Analogously, denote bank B’s strategy
R B ,Q Bby.
Loan contract ofering:
As a bank has no private information ab out its own
clientele nor ab out its rival’s clientele, its offering decision exclusively depends
on the default record in the first perio d. This bank never offers a loan contract
to the unsuccessful b orrowers in the first p erio d due to ( A4).
Borrowers’ decision on switching : Borrowerslearntheir switchingcost s atthe
end of perio d 1. The type G borrowers that succeeded in perio d 1 (successful
typ e G) will have an offer from b oth banks.
Asuccessfultyp e G borrower in
bank i switches wheneverY − Ri2 < Y − Q−i2 − s,
This yields a switching thresholds = Ri2 − Q−i2The type B b orrowers that succeede
an offer from both banks. However, they do not change their bank b ecause of
their switching cost. Given the limited liability, their expected payoff is always0 irre
profitable from (4.2) when the rival has no private information.
140
Chapter 4: Securitization and the intensity of competition
3.1.2. First-perio d Equilibrium
At the beginning of the first perio d, no banks have private information and
thus they only compete with the first-p erio d loan rate. As a result, first p eriod
market shares ob eyµA = 1 − µB



 0
1
=
2



1
ifR
A
1
>R 1B ,
ifR
A
1
=R 1B ,
ifR
A
1
<R 1B .
Using ( 4.1 ) and ( 4.2 ), bank A’s overall (discounted) profits can b e rewritten
as a function of first-p erio d interest rate policies:
ΠA = µA ¯pRA1 −1 +δ µAπA/A + (1 −µA )π A/B ,
= µA ¯pRA1 −1 +δ ν 13¯s − (1 − ν)pB + A/B
δπ
,
(4.3)
where δ is the banks’ common discount rate. Analogously B’s profit is rewritten
as : ΠB = µB ¯pRB1 −1+δ ν13¯s− (1−ν)pB +δπB/A.Undercutting is no longer profitable w
weassume simply c=0. We will soften this assumption in the following section.
Chapter 4 : Securitization and the intensity of comp etition
141
3.2.1. Second-perio d Competition
Loan Contract Ofering : Given that a bank has private information ab out
the type of its own clients, it makes an offer only to the G-type pro jects. On
the other hand, its offering decision for its rival’s clients always dep ends on
the default record in the first perio d as is in the previous case.
Borrowers’ Decision on Switching : The type G borrowers that failed in period
1 (unlucky typ e G) receive an offer from their own bank,
and they cho ose
to remain. The typ e B borrowers that succeeded in p erio d 1 (lucky typ e B)
receivean offer from the outside bank, and they will accept it and change their
bank.As a consequence,anoutsidebank faces problem
adverse
of
selection
than would be the case were they comp ete without private information.
The
type G borrowers that succeeded in p erio d 1 (successful typ e G) will have an
offer from both banks and make the same decision on switching as they do in
the ab ove case. Following a similar calculation to the one given in the above
subsection (See App endix A for details), we can write the exp ected profit per
borrower on bank i ’s clientele when bank i monitors as :¯πi/i =ν49¯s, (4.7)
¯πj/i =ν19¯s − (1 − ν)pB. (4.8)3.2.2. First-period EquilibriumGiven that both ban
142
Chapter 4: Securitization and the intensity of competition
From ( 4.9) and ( 4.10 ), it follows that a bank will undercut its rival’s interest
∗
offer as long asR
1 > R̄ 1, where
1
( ¯p + ν ∆p)
R̄ 1∗ − 1+δ ν s̄ + (1 − ν)p
=0.
B
3
This yields equilibrium rate
R̄ 1∗ and profits Π̄∗ as follows;
1
¯R ∗1 = 1 − δν
B
3 s̄ + (1 − ν)p
,
p̄ + ν∆p
¯Π∗ = δ ¯π i/j = δ ν1
9s̄ − (1 − ν)p
B .
(4.11)
(4.12)
3.3. Private Information and Dynamic Competition
First of all, consider the exp ected overall profit up on the perio d-1 loan rate,
(4.3 ) and ( 4.9 ). It is noteworthy that the sensitivity of the initial market share
on p erio d-2 profit is higher when banks compete with each other with private
information (i.e., when they monitor during the first p erio d) than when they
have no private information. In other words,δ ν13¯s + (1 −ν)pB >δ ν13¯s − (1 −ν)pB
problem when banks try to poach rival’s clients. Each bank would take allthe lucky B
Chapter 4 : Securitization and the intensity of comp etition
143
banks monitor,
the winner’s curse problem becomes imp ortant and poaching
becomes less profitable. This makes the first-p eriod market share more important, and thus banks bid more aggressively in the first-p erio d comp etition and
waste more profit. As a result of this aggressive comp etition in the first perio d, banks can make even less profit than they would have by means of private
information through monitoring.
This mitigation of the winner’s curse problem is representedin the second
term of ( 4.13) ; i.e. , the difference b etween the profit when banks do not monitor and the profit when banks monitor in the first p erio d.
Π∗ − ¯Π ∗ = δ (1 − ν ) pB1∆ps̄
− δν
9
(4.13)
However,it is noteworthythat there exists another countervailing effect when
banks do not monitor. Monitoring bybanks increases the success probability
of typ e G b orrowers, which ameliorates the quality of the applicant
in p o ol
the second p erio d since the poaching bank will offer loans only to borrowers
that succeeded in p erio d 1. The absence of monitoring prevents banks from
b enefitting from this positive effect. Accordingly, the average quality
the
of
b orrowers that succeeded in perio d 1 is lower when banks do not monitor.
This effect is captured in the second term of (4.13).Whicheffectisdominatingdepen
themitigationofthewinner’scursealwaysdominatesthepoolworseningeffect.In
144
Chapter 4: Securitization and the intensity of competition
this case, banks can collectively makemore profit when they have no private
information.4.
Endogenous
Choice on Monitoring without
Securitization
In this section, weendogenize the banks’
choice on monitoring.
For this
purp ose, we intro duce the monitoring cost, c (> 0). Just after the b orrowers’
choice on banks and banks’ loan granting, each bank can cho ose whether it
wishes to monitor its borrowers or not. We will characterize subgame perfect
Nash equilibria (SPNE) by meansof backward induction asin the previous
case. The difference from the previous case lies inthefact that another strategic
variable is added. Dep ending on banks’ choice on monitoring
i ), we can(shave
four different scenarios :S = (sA, sB ) ∈ {(M, M) , (M, noM ) , (noM, M) , (noM, noM )}
where  M is monitoringnoM is no monitoringWe restrict our attention to symmetri
ν) pB + c¯p + ν∆pEquilibrium profit (4.12) is unchanged, which implies that lemma 1
Chapter 4 : Securitization and the intensity of comp etition
145
4.1. Equilibrium withMonitoring
Monitoring by both banks is an equilibrium if and only if no bank has an
incentiveto deviate from monitoring.
We show in the App endix B that this
arises if and only ifit holds that
c < ν∆p
R̄ 1∗
+δ
period 1 (private) gain
i/i
¯π
−π i/i
(4.14)
perio d 2 (private) gain
< ν ∆p ¯R ∗1 + 4δν
∆ps̄ + (1 − ν)p
B
9
(4.15)
Condition ( 4.14 ) has a straightforward interpretation.
It states that monitoring is an equilibrium wheneverthe private value
monitoring
of
covers the
cost c. The private value of monitoring (right-handside) comprises the first
perio d gain from increasing average repayment, and the gain that proprietary
information delivers in second period competition.The following result summarizes
racterized by ¯R∗1, ¯Π∗ if c< ¯c0 where¯c0 = ν∆p¯p 1− δ ν13¯s + (1 −ν) pB + ¯p +ν
(private) gain (4.16)> ν∆pR∗1 +δ ν49∆p¯s + (1 −ν) pB (4.17)
146
Chapter 4: Securitization and the intensity of competition
Mo ni to ri ng eqbr.
0
No monitoring eqbr.
c0
c̄0
c
Mi x ed st ra t eg y eqbr.
Fig. 4.2 – Equilibria without securitization
Proposition 2 No monitoring by both banks can be an equilibrium
is that
characterized by (R∗1, Π∗) if c> c0 wherec0 = ν∆p¯p 1− δ ν 13 ¯s − (1 − ν) pB +δν
4
∆ps̄ + (1 − ν)p
B
9
Proof. Follows from (4.5) and (4.17).4.3. Characterization of Equilibria As c
bria up on monitoring cost c, which is presented in Figure 4.2. It is noteworthy
that, for ν < ˆν , banks always make more profit in a no-monitoring equilibrium,
whereas it is not always attainable. In particular, a no-monitoring equilibriumis never
SecuritizationInthissection,wewillanalyzetheeffectoftheintroductionofsecuriti
Chapter 4 : Securitization and the intensity of comp etition
147
Securitization
Assumethatatdate t =0 + , eachbank securitizes its loans.
That is, a
fraction τ ∈ [0, 1]
of the revenue of each loan go es to outside investors,
ata
fair price (viz, equal
to the exp ected valuethe
of loans).This implies that
there is no informational
opacityin loan sale market:
in other words,
there
is no informational asymmetry between loan sellers (banks in our mo del) and
loan buyers. This can be considered as an extreme assumption because several studies on securitization emphasize informational
asymmetry in the loan
sale market (Hakenes & Schnab el Parlour
2008, & Plantin 2008We
). simply
intend to show that the result that our analysis pro duces is not related to
informationalasymmetry.Securitizationarises before themonitoringdecision.
We will demonstrate that securitization softens thecondition for the existenceofthe no-monitoring equilibrium. Accordingly, weconsider the equili-
brium without monitoring.If the bank obtains a fair price, it does not affect its profi
nitoring. Sp ecifically, given no monitoring the bank sells a fraction
the τ of
revenues for the price P τ,RA1 = ¯pτRA1 , and its profit is written byΠA = µA P τ,RA1 +
ˆRA1 −1 −c +δ ¯πA/A − πA/B+ δπA/B.Straightforward algebra delivers the following co
148
Chapter 4: Securitization and the intensity of competition
Mo ni to ri ng eqbr.
0
cs
No monitoring eqbr.
c0
c
c̄0
ext ensi on of no mo ni to ri ng
zo eqbr.
ne
Fig. 4.3– Equilibria with securitization
no-monitoring equilibrium :˜∆dev = ν∆p (1 − τ) R∗1 +δ ν 49∆p¯s + (1 − ν)p
B
−c <0
(4.18)
This yields c > ν∆p (1 − τ) R∗1period 1 (private) gain +δ ν 49∆p¯s + (1 − ν)p
period 2 (private) gain B(4.19)
It is noteworthy that the securitization reduces the perio d-1 private gain received from deviation to monitoring compared to the case withoutsecuritization
(4.17 ). Accordingly, no-monitoring equilibrium is more easily attained. Accordingly, bysecuritization banks renounce publicly a part ofthe private gain
that they could obtain if they were to deviate to monitoring in period 1. Assuch, secu
could be an equilibrium without securitization for the monitoringcost cs < c < c0. On
Chapter 4 : Securitization and the intensity of comp etition
149
Prop osition 3 Securitization can lead to the emergence of the no-monitoring
equilibrium while no monitoring couldnot bean equilibrium without securitization when cs < cc<¯
0.
As such,banks, byengaging in securitization, signal that they reduce or withdraw monitoring of their first-perio d borrowers. This reduces informational
asymmetry b etween the first-perio d relationship bank and the outside bank,
which makes poaching in the future more profitable. As a result, it can soften
initial comp etition for the initial market share.
6. Securitization and LoanMarketEfficiency
Eventhough securitization increases banks’ profit by softening initial competition in the loan market, it worsens loan market efficiency.
Consider the
difference between the wealth created by a bank loan when banks do not monitor ; i.e., equilibrium with securitization and the wealth created by the bank
loan when banks monitor their loan portfolio ; i.e., equilibrium without secu-
ritization.∆W = W noM −WM = c− [ν∆pY + δν (1 − pG)Y ] < 0. (4.20)In not monitorin
hand, monitoring permits the financing of unlucky G typeprojects that might otherw
150
Chapter 4: Securitization and the intensity of competition
4
loan market efficiency.
Similar to the our result,
Hakenes & Schnab(2008
el
),
Morrison (2005 ),
Parlour & Plantin (2008 ) showed that securitization reduces banks’ incentive
to monitor their borrowers and is harmful in terms of so cial welfare. However,
the decrease in the monitoring incentive in their mo del is derived from informational asymmetry between loan selling banks and buyers. In our mo del, the
reduction of the incentiveto monitor is not derived from the moral hazard or
from the informational asymmetry between loan sellers and buyers as explained intheir mo dels but is motivated by an intention to soften competition in
the future.7.
Concluding RemarksInthischapter,weanalyzedthemotivati
shown that loan securitization can be used as a strategic to ol to soften loan
market comp etition. In a two-period loan market competitionwhere
mo del
banks strategically decide whether they acquire information ab out borrowers,
the strategic decision of banks to acquire information prevents future comp e-
tition by increasing informational asymmetry between the relationship bankand exte
overall profit to the detriment of overall loan market efficiency.4There is some empirical e
Chapter 4 : Securitization and the intensity of comp etition
151
App endix
A. Solving the Game in the Second Period
1. Comp etition with Public Information Based Lending
We can write per-b orrower exp ected profit on bank i ’s clientele when bank
i has only public information asπi/i = ν pG ¯sRi2−Qj2 Ri2 −1
1
ds − (1 − ν)p
B,
s̄
πj/i = ν pG Ri2−Qj20 Qj2 −1 1¯sds,
where π i/i (π j /i , respectively) is the profit of bank i (j , respectively) on the
perio d-1 clientele of bank i when i has no private information. Now we consider
the best response of each bank.BRi Qj2 = argRi2 maxπi/i : Ri2 = 12 Qj2 + ¯s +1 ,BRj R
152
Chapter 4: Securitization and the intensity of competition
2. Comp etition with private information based lending
We can write p er-b orrower exp ected profit on bank i ’s clientele when bank
i monitors as¯π i/i = ν¯
s
i
Ri2 −Qj2R 2
−1
i
1
ds
s̄
j
¯π j /i = ν (pG + ∆p)R2−Q 2
0Q
j
2
−1
1
ds − (1 − ν)p
B
s̄
The similar calculation yields¯πi/i = ν 49 ¯s,¯πj/i = ν 19 (pG + ∆p) ¯s − (1 − ν)p
B
= ν 19 ¯s − (1 − ν) pBB. Conditions for No Profitable Deviations Note th
continuation payoff as a function of first perio d market share (µA , µB ) and
information distribution. For instance, if only bank A monitors, second periodprofits a
+ (1 − ˆµA) ¯πA/B, (4.21)
Chapter 4 : Securitization and the intensity of comp etition
153
andoverall profit for the deviating bank is written as
A
A/A
A/B
Π̂A = ˆµ
+(1 − ˆµ
A p̄R̂ 1 −1 +δ ˆµ
Aπ
A ) ¯π
A/B
=ˆµA p̄R̂ 1A −1 +δ πA/A − ¯π
A/B
+ δ¯π
.
(4.22)
(4.23)
Now, given B’s equilibrium offer in p erioR̄d1∗),one(
A’s market share is given
by5 ˆµ A =

0


12
if R̂ 1A > R̄ ∗
1,
if
1if
R̂ 1A = R̄ ∗
1,
(4.24)
R̂ 1A < R̄ ∗
1.
A/B
From ( 4.23) and ( 4.24 ), one easily sees
Π̂A that
> Π̄∗ = δ¯π
if and only
if ¯p ˆRA1 −1 +δ πA/A − ¯πA/B > 0 and ˆRA1R 1∗
≤¯
. Anecessary and sufficient
conditionfortheabsence ofprofitabledeviation is thus
¯p ¯R∗1 −1 +δ πA/A − ¯πA/B < 0. (4.25)
Now, using (¯p + ν∆p) ¯R∗1 −1 −c +δ ¯πA/A − ¯πA/B = 0,condition (4.25) can be rew
¯πA/A − πA/B < 0.5Here, we implicitly assume that borrowers’ acceptance behavior (even out-of-eq
154
Chapter 4: Securitization and the intensity of competition
Using the equilibrium interest offer
p̄R1∗ −1 +δ πA/A −π A/B
=0,
we get the equivalent condition
A/A
ν ∆pR1∗+δ ¯π
−π A/A −c < 0.
(4.26)
Conclusion générale
Au cours de cette thèse nous avonsanalysé le lien entrela concurrence
bancaire et l’évolutionrécente du secteur bancaire.
Nous nous sommes,
en
particulier,consacrés au credit scoring età la ventede crédit(titrisation et
cession de prêts). En prenant appui sur les évolutionset les faits empiriques
des dernières décennies, nous avonsmené une série d’analyse théorique. Nous
avonstraité trois questions principales à travers les différents chapitres : Quelle
est la relation entre la concurrence bancaire et ces innovations ? Quels sont les
impacts de cette relation sur la pro duction d’information des banques (l’évaluation de la qualité des emprunteurs ou le contrôle sur ceux-ci) ? Quelles sont
les conséquences sur l’efficience du secteur bancaire?1. Principaux Rés
entre la technologieclassique basée sur la relation clientele à long terme (relations
156
Conclusion générale
que la technologie du crédit scoring peut chasser la technologie basée sur la
relation clientèle même
cettedernièreestplus
si
efficient que la premièresur
un des secteurs du crédit.
Cecipeut se réaliser lorsque la banque utilisant le
crédit scoring peut réaliser un profit suffisamment élevé dans l’un des deux
secteurs. Cette banque peut mener alors une concurrence plus agressive sur le
marché de dép ôts en pratiquant une subvention croisée entre les deux secteurs
de crédit afin de collecter plus de fonds, ce qui lui p ermet d’avoir pouvoir du
marchédans les marchésdu crédit. La double concurrence ne garantit donc
pas le choix d’une technologie plus efficiente.
Nous avons ensuite ab ordé de les asp ects stratégiques liés à l’information
privée dans la concurrence. Nous avons étudié la stratégie des banques pour
conserver cet avantage informationnel en emp êchant l’information privée d’être
diffusée (Chapitre 3). Nous avons, en particulier, appliqué cette analyse pour
expliquer la croissance du marché de la cession de prêts. Dans un mo dèle de
concurrence bancaire à deux p ério des où les banques p euvent acquérir l’information privée sur leurs emprunteurs à travers la relation prêt (lending relationship ), nous avons démontré que les banques peuvent modifier leurs com-
portements sur le marché secondaire du crédit lorsqu’il existe une concurrencesur le
révéler l’information privée à ses concurrents potentiels sur le marché ducrédit, cette
Conclusion générale
157
positive en termes d’allocation de resources (l’allocation des fonds aux pro jets
rentables), les banques peuvent ne pas avoir une incitation à pro duire l’information (Chapitre 4).
Nous avons développ é cette idée en menant une étude
sur la motivation de la titrisation par les banques. Nous avons montré que la
titrisation du crédit peut être utilisée comme un moyen stratégique visantà
adoucirla concurrence sur le marché ducrédit. Nous avons considéré un modèle de concurrence sur le marché du crédit à deux pério des où les banques
peuvent stratégiquement choisir le degré d’acquisition d’information sur leurs
emprunteurs. Nous y avons montré que l’acquisition d’une information peut
allegerla concurrence future en accroissantl’asymétrie d’information entre la
banque interne et les banques externes concurrents. Mais, parallèlement,cette
stratégie exacerb e la concurrence ex ante visant à l’obtention de la plus grande
part de marché. Dans cet environnement, la titrisation peut être utiliser par
une banque comme un moyende signaler à ses concurrentsqu’elle va baisser
l’intensitédu monitoring ou même y renoncer afin d’adoucir la concurrence ex
ante . Dans ce cadre, nous avons démontré que la titrisation p eut augmenter
collectivementle profit des banques dans leur ensemblesmais au détriment de
l’efficience du marché.Nous allons maintenant présenter quelques pistes pour des
différentes.Lesdeuxtechnologies,latechnologiebaséesurlarelationclientèle(relations
158
Conclusion générale
adverse lié à la performance de chaque technologie.
Une première voie serait d’intro duire des asymétries d’information entre
les banques. Comme nous l’avons analysé dans les chapitre3
si une
etdes
4,
technologies est plus performante pour distinguer les emprunteurs de haute
qualité deceux de basse qualité,
elle a undouble avantage.
D’une part,cet
avantage p ermet à la banque disp osant de la meilleure technologie d’augmenter
le rendement lié à l’o ctroi du crédit. D’autre part, sa meilleure performance fait
subir à ses concurrentsle problème de la selection adverse. Dans notre analyse,
le premier effet est explicitementprisencompte tandisquele deuxième effet
n’était pas explicitement mo délisé. Il s’agit donc d’une p ossibilité d’approfon-
dissement de nos travaux.Une deuxième voie p our l’intro duction de l’asymétrie d’in
le mo dèle de double concurrence est de tenir compte d’une asymétrie d’information entrebanques et investisseurs(fournisseurs de fonds). Les investisseurs
peuvent distinguer facilement l’effort de la banque sur l’o ctroi du crédit dans
lamesureoùles informationsdansle credit scoring sontfacilementaccessibles
à l’extérieur puisque cette information est souvent recensée et collectée par le
fournisseur externe de l’information (credit bureau). Par contre, le prêt basésur la rel
technologie basée sur la relation de prêts implique une sorte d’arbitrage àsavoir don
Conclusion générale
159
le cas où les banques octroient un crédit puis le vendent à un investisseur
externe. Notre cadre est également applicable au choix entre la pro duction
d’information interne et la pro duction externe par une agence de notation.
Nous pourrions envisager que ce cadre puisse être utilisé p our une analyse
concernant l’utilisation de l’information pro duite par l’agence de notation sur
leprocessusdetitrisation.2.2. Titrisation et cycle du crédit
Dans le chapitre 4, nous avons analysé l’effet de titrisation sur l’efficience
en termes de qualité du crédit. Par ailleurs, nous avonsvu, dans le premier chapitre, que la disp onibilité du crédit peut être une autre mesure de l’efficience
du secteur bancaire. Parlour & Plantin (2008 ) ont analysé l’effet de titrisation
sur la disp onibilité du crédit. L’instabilité de la disponibilité du crédit p eut
être considérée indésirable dans la mesure où elle p eut provo quer une instabilité financière. En ce sens, il serait probablement pertinent d’étudier l’effet
de l’intro duction de la titrisation sur le cycle du crédit dans la mesure où la
criseditedes “sub-prime” montreque l’utilisation massivedela titrisationa
alimenté un bo om du crédit, puis contribué à l’assèchement brutal du crédit
(credit crunch).La question concernant le cycle du crédit a été abordé dans la littér
oùla décision stratégique active peut intervenir.Par ailleurs, il existe une littérature
160
Conclusion générale
tion de savoir pourquoi les banques changent leur condition d’o ctroi du crédit
(lending standard ) comme Ra jan (1994), Ruckes (2004), ils ont montré que le
changement dans les conditions d’odu
ctroi
crédit peut avoir un effet sur la
disp onibilité du crédit, ce qui amène un b oom de crédit ou un assèchement de
crédit. Ce serait intéressant d’analyser l’impact de l’intro duction de la titrisation sur la décision concernant les conditions d’o
ductroi
crédit des banques
afin d’examiner si la titrisation contribueà l’amplification du cycle.
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Résumé: Cette thèse s’intéresse à deux innovations financières ma jeures intervenuesdanslesecteur bancaireau coursdes dernièresdécennies : la titrisation etle
credit scoring.
Plus particulièrement,
nous prop osons trois analyses théoriques portant sur i) le lien entre la généralisation de l’emploi de cesoutils et l’intensification
de la concurrence bancaire ; ii) l’impact de l’utilisation de ces outils sur la fonction de
production d’information des banques (le monitoring et le screening ). Les principaux
résultats de ces travaux sont les suivants : 1) Le princip e de concurrence ne garantit
pas l’adoption de la technologie la plus efficiente lorsque deuxbanques différenciées
suivant leur technologie d’o ctroi de crédit, relation de prêt ou credit scoring, se font
une double concurrence à la fois sur le marché du crédit et sur le marché des dépôts;
2) Les banques p euvent utilis er la c ession de prêts afin de ne pas révéler l’information privée qu’elles ont pu collecter surleurs clients au travers dela relationclientèle
lorsque la détention d’informations privées est susceptible de pro curer un avantage
concurrentiel
futur dans le contexte d’une concurrence intertemporelle;
3) La titrisation peut être mobilisée de manière stratégique en vue d’atténuer la concurrence
sur le marché du crédit. Plus préci sément, la titrisation p eut être employée par une
banque comme un moyen de signaler àses concurrents qu’elle va diminuer l’intensité de son moni toring afin d’atténuer le problème de sélection adverse
se pose
qui
à eux. Ce faisant, les banques parvie nnent à augmenter leur profit d’ensemble, mais
audétriment del’efficience dumarché.
Mots-clés: Concurrence bancaire, titrisation,credit scoring, asymétrie d’information, mo dèle “Originate-to-distribute”, production d’information
—————————————————————— —————
Abstract : This thesis focuses on two ma jor financial
innovations that have
taken place during the last decades in the banking sector :securitization and credit
scoring.More sp ecifically,
we develop three theoretical
analyses ontherelationship
b etween intensification in banking comp etition and the increasing use of these to ols
on the one hand,
and the impact of such use on the banks’
information pro duction
function (namelyscreening andmonitoring) onthe otherhand.
The main results
of the analyses are the following.
Firstly, greater comp etition do es not warrant the
choice of the most efficient technology when two banks di fferentiated by their loan
granting technology,
the one being based on the classical
relationship lending and
the other on credit scoring, comp ete for dep osits as well as for loans (double banking
comp etition).
Secondly,banks can re sort to loan sales markets in order to avoid
revealing the private information they have collected ab out their clients during the
lending relationship when private information provides a comp etitive advantage in
the future comp etition.
Thirdly, securitization can be used as a strategic to
tool
soften loan market comp etition.
More precisely,banks can use securitization asa
to olto signaltheir intention to lower the intensity of their monitoring,
in order to
reduce the problem of adverse selection to their comp etitors. Although it can make
banks collectively better off by increasing overall profit, this result is achieved to the
detriment of the overallloan market efficiency.
Keywords: Banking com p etition, securitization, credit scoring, informational
asymmetry,
financialinnovation,“Originate-to-distribute”
mo del,information production