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Décembre 2012 Recherche-Action LA MISE EN PLACE D’UN PARCOURS ATTENTIONNÉ À DESTINATION DE L’AIDANT DU MALADE D’ALZHEIMER Sous la direction du Professeur Olivier BEAUCHET Groupe n°6 Cécile VIELA (chef de projet) Guillaume GRANOTIER Dany GRIMAUD Delphine LECLERE Antoine ROBLES 2 REMERCIEMENTS Nous tenons à remercier Monsieur le Professeur Olivier BEAUCHET, notre Directeur de recherche, pour son écoute attentive et la qualité de son accompagnement. Nous remercions aussi Madame Marie-Emmanuelle Le COCGUEN, Directrice de la formation initiale, et Fanny SORRENTINO, Responsable de projet, pour leurs conseils et leur soutien. Nos remerciements vont également à nos interlocuteurs de la CNAMTS : Madame Marie-France BEGOT-FONTAINE, Directrice de cabinet à la Direction déléguée aux opérations (DDO), Messieurs J.-L. TOURE et P. GABACH, Médecins-conseils de la CNAMTS, pour leur appui et leurs précieuses indications. Nous adressons aussi un grand merci à nos interlocuteurs de la CPAM de la Loire, pour leur implication et leur vif intérêt quant à notre projet : Madame I. DUMONT (Directrice de la Santé), Madame E. BOYER (Responsable du Service des DAM), Madame N. LARNAUD (Responsable du Service des Statistiques) et Madame M. PELLICIER (Responsable administrative du Centre d’examens de Santé de Saint-Etienne). Nous adressons, pareillement, toute notre reconnaissance au Docteur VERMOREL (Directeur-adjoint pour le Handicap et le Grand Age à l'ARS Rhône-Alpes) pour son aide à l’élaboration du kit de communication, ainsi qu’à Monsieur REYNE (Directeur chargé des Personnes Agées au Conseil général de la Loire) et Madame GAUTHIER (Responsable de l’action sociale au Conseil général) pour leurs indications quant au rôle du Conseil général. Enfin, nous tenons à remercier Madame BOUCHE DENEUVILLE, Présidente de l’association France Loire Alzheimer, pour son regard sur la situation des aidants dans le département de la Loire. 3 SOMMAIRE INTRODUCTION………………………………………………………..…………………….5 PARTIE 1 – L’ASPECT THEORIQUE DU PARCOURS ATTENTIONNE …………...10 I- L’INTERET DE LA MISE EN PLACE D’UN PARCOURS ATTENTIONNE ENVERS L’AIDANT…………….…………………….………..…………………….…………..…….10 A/ les éléments de contexte………….……………..…………………………………………10 1- Eléments chiffrés sur le critère d’inclusion de reconnaissance en ALD ……………………10 2- Eclairages sur la situation des départements de la Loire, du Maine-et-Loire et du Gers …..15 3- La maladie d’Alzheimer, une maladie de l'individu mais aussi de son entourage …………18 B/ Une multitude d’acteurs pour un déficit d’information envers l’aidant …………………....20 1- Le constat du « mille-feuille » de l’offre de services d’aide aux aidants …………………..21 2- Un panorama synthétique des principaux acteurs ayant vocation à intervenir localement..22 3- A la recherche d’une nouvelle cohérence : les suites du Plan Alzheimer 2008-2012 ………28 II- UN TERRAIN D’ACTION POSSIBLE : LA MISE EN PLACE D’UN PARCOURS DE SOIN …………………………………………………………………………………………..36 A/ La légitimité de l’assurance maladie à intervenir dans la mise en place d’un parcours attentionné à destination des aidants des malades d’Alzheimer ………………………………36 1- Le concept de parcours attentionné ………………………………………….…………...37 2- Le rôle de la CNAMTS dans la mise en œuvre de parcours attentionnés…………………..38 3- Bilan général……………………………………………………………………………….47 B/ La place du médecin traitant dans le parcours attentionné ………………………………...48 1. Le médecin traitant point d’entrée du parcours de soins …………………………………...48 2. Cette visite longue est aujourd’hui effective suite à la publication au J.O du 21 février 2012 de la Décision du 20 écembre2011…………………………………………………………..49 Partie II – LA PHASE DE MISE EN ŒUVRE DU PARCOURS ………………………..52 I – Les étapes de la conception du parcours et l’impact des échanges avec les acteurs ………52 A / Une hypothèse initiale de parcours………………………………………………………...53 1- Schéma général du parcours attentionné Alzheimer………………………………………...54 2- Les éléments de questionnement préalable ………………………………………………...55 B/ L’hypothèse initiale de parcours à l’épreuve de la rencontre des acteurs………………….57 1. Les acteurs à compétence nationale : les éléments de cadrage de la CNAMTS……………58 2. Les acteurs à compétence locale : l’éclairage particulier de la CPAM de la Loire sur les paramètres de terrain………………………………………………………………………...…64 II - Les solutions retenues …………………………………………………………………..…74 A/ Le parcours retenu ………………………………………………………………………….75 1. Le schéma …………………………………………………………………………………...75 2. La description du parcours ………………………………………………………………….75 B/ La communication auprès du médecin traitant et par le médecin traitant comme levier du parcours……………………………………………………………………………………...…78 1. Une évaluation médicale de l’état d’épuisement …………………………………………..79 2. Informer l’aidant des possibilités de soutien ………………………………………………..83 C/ L’évaluation de l’efficacité du parcours envers l’aidant …………………………………...92 PARTIE III –L’ANALYSE CRITIQUE……………………………………………………93 I- Un positionnement central mais incomplet de l’Assurance maladie ……………………….93 II- Un positionnement discuté par les partenaires …………………………………………….96 III- Les freins au projet, des questions en suspens……………………………………………..96 CONCLUSION………………………………………………………..……………………...99 BIBLIOGRAPHIE…………………………………………………………………………..101 4 La mise en place d’un parcours attentionné à destination de l’aidant du malade d’Alzheimer INTRODUCTION : Le maintien à domicile est un objectif de prise en charge de la maladie d’Alzheimer. Cet objectif met en lumière la relation de dépendance du patient Alzheimer à un proche nommé «aidant naturel», qui est souvent le conjoint1. Il en découle que le choix du maintien à domicile, suivant une démarche de proximologie tendant à conforter l’exercice de la solidarité au sein du cercle familial, suppose l’accompagnement concomitant du patient et l’aidant. Il est cependant manifeste que la législation de santé publique n’ait que récemment commencé à mesurer l’importance de l’aidant dans l’environnement immédiat du patient, afin de limiter certains impacts de la maladie et retarder le placement en institution. Si le Rapport Ménard (2007) dit «Plan Alzheimer 2008-2012» mentionne la nécessité d’apporter un soutien accru aux aidants, notamment sous l’angle de leur suivi sanitaire, leurs besoins doivent mieux être pris en compte suivant les stades de la pathologie2. En effet, les études montrent que l’aidant familial est exposé à des risques de fragilisation3, du fait d’un âge avancé exposant à un risque de cumul de maladies chroniques. Une intervention médicale au profit de l’aidant est ainsi préconisée, en vertu d’une consultation qui serait donnée par le médecin traitant du patient déclaré en ALD 154. 1 Le groupe précédent de recherche-action a pu noter dans le rapport rendu en 2011 que la maladie d’Alzheimer est en grande partie corrélée au problème de la dépendance des personnes âgées : « 57% des malades d’Alzheimer sont dépendants pour au moins une activité de la vie quotidienne et inversement 88% des personnes dépendantes ont une maladie de type Alzheimer ». Parallèlement, le profil de l’aidant familial est esquissé à partir d’une étude menée en 2006 par l’association Alzheimer Europe : « 51% des aidants sont les conjoints », ce qui permet d’expliquer le fait que la plupart ait plus de 65 ans. 2 Le Plan Alzheimer énumère certains moments difficiles pour l’aidant au cours des stades de la maladie : « l’annonce du diagnostic, l’organisation de la prise en charge et la gestion des crises ». 3 Les manifestations de la fragilité ont été mises en évidence par une enquête menée par la Fondation Médéric Alzheimer, à laquelle se réfère le groupe antérieur de recherche-action : états anxio-dépressifs, fatigue, troubles du sommeil, isolement social… 4 Le Plan Alzheimer fait en ce sens référence à un objectif de santé publique consistant à « permettre à 70% des aidants des patients en ALD de bénéficier de cette consultation ». Il n’est pas précisé si la consultation intervient uniquement au moment de la mise en ALD 15 ou annuellement à compter de ladite déclaration ALD. Il est toutefois nécessaire que la médecine 5 Ce nouveau regard porté sur le statut et les besoins de l’aidant acquiert une approche globale, au regard de la nécessité d’améliorer la coordination des dispositifs l’accompagnant au quotidien dans son rôle. L’enrichissement récent de l’offre de services d’aide à l’aidant5, que proposent dans le cadre départemental les secteurs sanitaire, social et médico-social, n’a pas conduit à ce que l’aidant soit assuré de la bonne connaissance des structures existantes. L’enjeu pour l’Assurance Maladie consiste alors à construire à moyens constants un parcours attentionné qui puisse renforcer la coordination de l‘ensemble des aides à partir des besoins spécifiques de l’aidant, selon des circuits de l’information incitant ce dernier à optimiser son droit à être accompagné par la société. Forte de son expérience en matière de parcours destinés à certaines situations de vie spécifiques, en particulier ceux qui prennent pour point d’entrée la consultation médicale6, la branche maladie a vocation à agir en prévention sur les comportements de l’aidant familial face à l’offre de services. L’idée-même d’un accompagnement personnalisé à compter du fait générateur – la mise en ALD 15 du patient par le médecin, présenterait l’intérêt de proposer une re-déclinaison des services d’aide existant au plan départemental, en relation directe avec l’ensemble des partenaires en présence associés au parcours. S’il ressort de l’analyse faite sur questionnaire un besoin fort d’information émanant de la population aidante, l’Assurance Maladie est appelée à bâtir un nouveau « service global7 » contribuant à mieux configurer les relations entre les dispositifs d’accompagnement, dans l’intérêt de l’aidant. Une première phase d’expérimentation a été menée à cet effet, au moyen de l’étude comparée d’enquêtes d’opinion auprès de la population aidante de deux libérale soit sensibilisée aux problématiques de l’aidant, en étant formée à mieux évaluer la souffrance. 5 Il est à noter que la multiplication des structures d’accompagnement s’est accompagnée de disparités entre les départements, suivant un jeu d’acteurs pouvant localement mener à l’hypertrophie de l’un d’entre eux. 6 Les parcours conçus pour le passage en invalidité et la prévention de la désinsertion professionnelle ont notamment retenu l’attention, en vue d’ébaucher les contours d’un nouveau parcours pour l’aidant du malade Alzheimer. 7 Aux termes de la Convention d’objectifs et de gestion 2010-2012, il est question d’ « enrichir [la] politique de développement de parcours attentionnés en offrant à l’assuré aux moments clés de sa vie un service global portant sur les dimensions administrative, sociale ou médicale», selon une démarche de gestion clairement affirmée de gestion du risque. 6 départements – le Gers et le Maine-et-Loire)8, aux structures démographiques divergentes. Il importait de vérifier que son degré de connaissance, quant aux aides proposés dans le cadre de la prise en charge à domicile de la maladie d’Alzheimer, présentait des insuffisances, de sorte à cerner les éléments de fait susceptibles d’être généralisés en vue d’identifier un parcours valable au plan national. Compte tenu d’un taux de participation de 29%, l’analyse croisée des résultats de l’enquête a permis de constater un déficit d’information : 1) 34% des aidants ayant répondu ne connaissent pas les aides auxquelles ils ont droit, notamment en ce qui concerne les dispositifs leur offrant une aide spécifique (formations France Alzheimer, structures de répit, séjours de détente, service d’écoute et d’assistance…) ; 2) Sur les aidants qui connaissent les aides, moins de 5 % ont eu l’information par leur organisme d’Assurance Maladie (CPAM, RSI et MSA), ce qui pose la nécessité d’améliorer la transmission de l’information par l’intermédiaire d’un seul acteur communiquant clairement identifié. Par ailleurs, l’étude a confirmé l’ampleur de l’enjeu sanitaire se présentant à l’Assurance Maladie: « l’âge des aidants se situe pour la plupart au-delà des 70 ans ». Il a ainsi pu être relevé implicitement que toute intervention au profit de la population aidante devrait s’intéresser prioritairement à cette classe d’âge, vu la cumulation des facteurs de situations à risque. Partant enfin du constat que les aidants familiaux souhaitent à hauteur de 62% pouvoir bénéficier d’un dispositif d’accompagnement sur l’offre existante de services d’aide, les contours d’un prochain parcours attentionné ont pu être proposés selon les axes principaux suivants : 1) Procéder à un repérage en amont des aidants qui, en l’état actuel, ne sont identifiables que par le biais de la connaissance de l’aidé, à l’occasion du passage en ALD 15 assuré par l’Echelon local du Service médical (ELSM); 2) Établir et actualiser au plan départemental l’offre de services à l’attention des malades et leurs aidants, en informer ces derniers à travers des réunions 8 Une des difficultés qui a été invoquée à l’occasion de l’élaboration des questionnaires a été le fait que les aidants ne sont détectés que par le biais de la connaissance de l’aidé. 7 collectives et les envois périodiques de documentation, assurer éventuellement un suivi individualisé pour les cas les plus compliqués. Aussi, suite aux observations et préconisations émises par les élèves de la 50ème promotion, la mise en place d’un parcours attentionné apparaît comme une réponse possible aux attentes de l’aidant familial. L’objectif de cette nouvelle recherche-action est, à cet effet, de formaliser une phase préfiguratrice d’un parcours attentionné Alzheimer au sein de trois CPAM localisées dans les départements du Maine-et-Loire, de la Loire et du Gers. Il s’agit d’établir un mode opératoire préfigurateur de parcours attentionné, permettant d’évaluer l’intérêt de ce parcours. Ce projet est désormais en interface avec la création de la Visite longue (VL) inscrite à la NGAP en février 2012, et des projets menés également sur le département du Maine-et-Loire, dont la mise en œuvre du dispositif Maison pour l’autonomie et l’intégration des personnes atteintes d’Alzheimer (MAIA) départemental, et la cohorte observationnelle du malade d’Alzheimer et de ses proches (COMAP) qui se déroule actuellement dans les régions Pays-de-laLoire et Rhône-Alpes9, dont la finalité consiste à identifier les déterminants médico-psychologiques, socio-économiques et environnementaux du couple « patient-aidant » associés à l'institutionnalisation du malade Alzheimer. La population ciblée par le parcours attentionné Alzheimer est l’aidant informel, âgé de plus de 65 ans, ayant le même domicile que le malade : le proche, qui est en général le conjoint ou éventuellement l’enfant âgé10. 9 La COMAP est dirigée par Monsieur le Professeur Bruno FANTINO, du service de gérontologie clinique au CHU d’Angers. 10 La cible initiale imaginée était celle du conjoint aidant âgé de 65 ans et plus, vivant au domicile du malade. Cependant, l’analyse des statistiques fait apparaître une surreprésentation des femmes parmi les malades d’Alzheimer, avec 73,2% de femmes en 2010. Compte tenu de l’espérance de vie à la naissance (84,7 ans pour les femmes et 78 ans pour les hommes en 2010), le veuvage s’avère plus fréquent chez les femmes. Et, dans un couple, la femme est généralement plus jeune que l'homme. De plus, la surreprésentation des tranches 80-84 et 85-90 ans parmi les malades d’Alzheimer (âge moyen du malade de 82 ans) souligne la nécessité de prendre en compte la situation des femmes âgées n’ayant plus de conjoints. Un certain nombre d’entre-elles bénéficie de l’aide de leurs enfants (ou proches) et partage le même domicile de ces derniers (soit l’enfant est venu vivre chez le parent soit l’inverse). Aussi, il est proposé d’élargir la cible des aidants en allant au-delà des seuls conjoints, tout en fixant une limite dans le cadre de notre 8 Dans le cadre de notre étude, les critères d’inclusion ont été retenus comme suit : 1) La déclaration en ADL 15 ; 2) Vivre à domicile avec un aidant familial principal ; 3) Avoir un aidant principal âgé de 65 ans et plus ; 4) Avoir déclaré un médecin traitant. Par opposition, certains critères de non-inclusion tiennent lieu de limites : 1) Être placé dans une institution comme un EHPAD ; 2) L’intervention à domicile de professionnels du secteur médico-social en lien avec la maladie d’Alzheimer. Il apparaît alors nécessaire de commencer l'étude en partant d’un diagnostic global qui combine les éléments théoriques susceptibles de justifier le projet de parcours (Partie I). Sur ce fondement, il convient de confronter les hypothèses de parcours aux circonstances de terrain, de sorte à tenter d’identifier un mode opératoire préfigurateur (Partie II), dont la déclinaison des modalités concrètes ne doit pas faire l’économie d’un premier regard critique (Partie III). étude, à savoir de retenir comme critère d’inclusion de l’aidant une domiciliation sous le même toit que le malade. 9 PARTIE 1 – L’ASPECT THEORIQUE DU PARCOURS ATTENTIONNE Les travaux du précédent groupe de recherche-action ont conduit à postuler que l’Assurance Maladie dispose d’un champ d’intervention potentiel pour se positionner en tant qu’opérateur majeur de l’accompagnement des aidants des patients souffrant de l’Alzheimer. En application de la conclusion, il convient d’établir un diagnostic qui puisse théoriquement proposer une analyse, portant à la fois sur le bien-fondé du projet de parcours (I) et sur l’examen de la compétence de la branche Maladie en cette matière (II). I- L’INTERET DE LA MISE EN PLACE D’UN PARCOURS ATTENTIONNE ENVERS L’AIDANT Les éléments de contexte, procurés par les tendances statistiques (A) et l’état de l’offre de services d’aide disponible localement (B), justifient la mise en place d’un dispositif spécifique orienté vers l’aidant. A/ Les éléments de contexte : 1. Les éléments chiffrés portant sur le critère d’inclusion de reconnaissance en ALD : Il est constaté une progression exponentielle du nombre de malades d’Alzheimer : de plus en plus de personnes atteignent et atteindront un âge où la prévalence des affections chroniques incapacitantes et handicapantes est élevée. Parmi ces affections, la maladie d’Alzheimer (MA) est la principale cause de perte d'autonomie et d’indépendance. La MA se caractérise par la perte progressive de la mémoire, des fonctions cognitives et s’accompagne de troubles du comportement. Le nombre d’individus ayant une MA dans la 10 prochaine décennie va progresser de manière exponentielle en raison du vieillissement de la population et de l’amélioration du diagnostic. Les chiffrages officiels du nombre de malades d’Alzheimer en France s’avèrent rares et relativement anciens. Ils témoignent de la difficulté d’opérer un chiffrage précis des malades d’Alzheimer. Toutefois, en 2011, on estimait à 855.000 le nombre de personnes atteintes de la MA. Selon cette même source, 225.000 nouveaux malades apparaissent chaque année11. Dans une approche prospective de court terme, il est estimé pour 2020 entre 1,3 et 2 millions de malades compte tenu de la progression de l’espérance de vie12. Pour notre recherche, les éléments chiffrés sur le critère d’inclusion de reconnaissance en ALD se limiteront à ceux du régime général au niveau national et aux trois départements étudiés. La base de données statistique de la CNAMTS relative aux ALD constitue la principale source d’informations. Seule l’analyse des ALD 15 reconnues par le régime général sera abordée. Le régime général couvrant à lui-seul près de 80% de la population, le chiffrage est donc suffisamment représentatif. De plus, la construction d’une phase préfiguratrice de parcours attentionné Alzheimer – avec l’aide des CPAM du Maine-et-Loire, de la Loire et du Gers, est réputée s’effectuer à l’appui des reconnaissances en ALD 15, correspondant au champ de la «Maladie d’Alzheimer et autres démences ». 1.1 Le nombre de personnes reconnues en ALD 15 au sein du régime général13 : En 2010, l’ALD 15 concerne 252.978 personnes dont 73,2% de femmes et 26,3% d’hommes (Tableau I). Le nombre de patients reconnus en ALD 15 a augmenté de 4,58 % entre 2009 et 2010, le taux de progression s’inscrivant 11 Rapport de l’Assemblée Nationale sur la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées, 2005. 12 Estimation basse : rapport de l’Assemblée nationale précité ; estimation haute : site internet INSERM, dossier Alzheimer. 13 Données 2010 de la CNAMTS. 11 dans une tendance constante au regard des années précédentes (+ 5,48% entre 2008 et 2009). Total du nombre d’ALD 15 au sein du régime général (extraits 2008, 2009 et 2010)14 Tableau I : répartition et taux de personnes en affection de longue durée au 31 décembre N pour le régime général, caractéristiques d'âge et de sexe Maladie d'Alzheimer et autres Taux de Effectif prévalence % homme % femme pour 100.000 démences âge moyen Taux de décès (%) effectif au 31/12/2010 252 978 437 26,3 73,7 82,9 12,0 241 882 421 26,2 73,8 82,7 11,6 229 313 403 26,1 73,9 82 effectif au 31/12/2009 effectif au 31/12/2008 L’âge moyen est de 82,9 ans. L’analyse des tranches d’âge de la population française montre un fort accroissement du nombre de personnes en ALD 15 à compter de 65 ans. Les 65 ans et plus représentent 96,48% des malades. Les tranches 80-84 et 85-90 ans sont les plus représentées15. La durée de reconnaissance en ALD 15 peut être importante (Tableau II). Ainsi, l’ancienneté de l’ALD est très variable puisqu’au 31 décembre 2010, 16,4% des bénéficiaires avaient moins d’un an de reconnaissance en ALD, 31% de 1 à 2 ans, 21,1% de 3 à 4 ans, 24,8% de 5 à 9 ans, 4,6% de 10 à 14 ans, et 2% plus de 15 ans16. 14 Se référer au site de la CNAMTS : Statistiques et publications/ Données statistiques / Affection de longue durée/ Prévalence. 15 Cf annexe N°1- total des ALD 15 par sexe et tranches d’âge et des premières demandesSource CNAMTS 16 Tableau CNAMTS sur la répartition des affections de longue durée selon l’ancienneté de l’ALD au 31 décembre N. 12 Répartition des affections de longue durée selon l’ancienneté de l’ALD au 31 décembre N pour le régime général (extraits 2008, 2009 et 2010)17 Tableau II : répartition des affections de longue durée selon l’ancienneté de l’ALD au 31 décembre N Maladie d'Alzheimer et 10 à 14 15 ans et ans plus 24,8 4,6 2,0 20,9 25,2 3,9 2,1 22,1 24,5 3,3 2,2 < à 1 an 1 à 2 ans 3 à 4 ans 5 à 9 ans au 31/12/2010 16,4 31,0 21,1 au 31/12/2009 16,8 31,2 au 31/12/2008 17,2 30,8 autres démences Le nombre de « nouveaux cas » d’ALD 15, pour la seule branche de maladie du régime général (hors autres régimes de sécurité sociale18), était en 2008 de 48.721 nouveaux cas, soit une augmentation de 2,38% par rapport à 200719. 17 Se référer au site de la CNAMTS : Statistiques et publications/ Données statistiques / Affection de longue durée/ Prévalence. 18 Le tableau ci-dessous, issu du rapport 2011 de la DRESS sur l’état de santé de la population en France, propose un chiffrage concernant l’ensemble des régimes de Sécurité sociale au-delà du régime général : Nouveaux cas d’ALD entre 2000 et 2009, quel que soit le régime de Sécurité sociale : Nouveaux cas d’ALD entre 2000 et 2009 15. Maladie d’Alzheimer et autres démences Taux d’augmentation annuelle (en %) 2004 2005 2006 2007 2008 2009 50 963 53 640 53 288 60 294 61 222 63 219 + 5,25 -0,65 + 13,14 + 1,53 + 3,26 Hors régime général, il est intéressant de noter que, tous régimes de sécurité sociale confondus, le nombre de « nouveaux cas » d’ALD 15 suit le même mouvement. En 2009, il y a eu selon la même source 63.217 nouveaux cas, soit une augmentation de 3,26% par rapport. 94% des nouveaux cas de maladie d’Alzheimer concernent une population âgée de plus de 69 ans. 19 Tableau de 2009 de la CNAMTS sur les nouveaux cas d’ALD entre 2000 et 2008. 13 1.2 Projections pour 2017 sur les nouveaux cas de reconnaissance en ALD 15 Les taux annuels d’évolution des nouveaux cas d’ALD 15 sont assez hétérogènes entre 2005 et 2008. Il a été décidé de calculer une projection à partir des données de la CNAMTS et d’une estimation basse, proche du taux de 2008, à savoir un taux estimé à 2% (Tableau III). La projection conduirait à avoir d’ici 2017 près de 63.873 nouveaux cas d’ALD 15 reconnus par la CNAMTS. Tableau III : Projection des nouveaux cas d’ALD 15 du régime général pour 2010-2017 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 56.718 57.852 59.009 60.189 61.393 62.621 63.873 + 2% + 2% + 2% + 2% + 2% + 2% + 2% 15. Maladie d’Alzheimer et autres démences Taux moyen estimé d’évolution annuelle 1.3 Nombre de nouveaux cas d’ALD (1ère demande) entre 2004 et 2010 au sein du régime général20 : Le nombre de « nouveaux cas » d’ALD 15 pour la seule branche de l’Assurance Maladie du régime général était en 2010 de 55.606 nouveaux cas, soit une augmentation de 16,85% par rapport à 2007. Nouveaux cas d’ALD entre 2004 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 43.219 42.702 41.133 47.587 48.721 49.991 55.606 -1,20% -3,67% +15,69% +2,38% +2,61% +11,23% et 2010 15. Maladie d’Alzheimer et autres démences Taux d’augmentation annuelle 20 Tableau de 2009 de la CNAMTS sur les nouveaux cas d’ALD entre 2000 et 2008 (extraits). 14 2. Eclairages sur la situation des départements de la Loire, du Maineet-Loire et du Gers : Les départements de la Loire, du Maine-et-Loire et du Gers sont au 16ème, 33ème et 90ème rang respectivement en nombre de personnes reconnues en ALD 15 avec respectivement 4.217, 2.537 et 695 personnes en 2010 (Tableau IV). La Loire conserve la première place des 3 départements avec 845 nouveaux cas d’ALD, puis le Maine-et-Loire avec 563 cas et enfin le Gers avec 140 cas. Répartition du nombre d’ALD 15 par département au sein du régime général21: Tableau IV : Répartition des personnes en affection de longue durée au 31/12/2010 pour chacune des 30 affections de la liste selon le département Rang Département ALD 15 Rang Département ALD 15 01 Nord 9 817 51 Dordogne 1 979 02 Bouches-du-Rhône 8 562 52 Tarn 1 911 03 Paris 7 945 53 Eure 1 886 04 Hauts-de-Seine 7 835 54 Haute-Vienne 1 871 05 Alpes-Maritimes 6 816 55 Ain 1 829 06 Gironde 6 448 56 Yonne 1 789 07 Rhône 6 433 57 Allier 1 751 08 Yvelines 5 916 58 Aude 1 717 09 Var 5 676 59 Martinique 1 690 10 Hérault 5 403 60 Eure-et-Loir 1 651 11 Haute-Garonne 4 947 61 Vosges 1 579 12 Seine-Maritime 4 924 62 Landes 1 543 13 Val-de-Marne 4 798 63 Charente 1 521 14 Loire-Atlantique 4 787 64 Savoie 1 508 15 Pas-de-Calais 4 553 65 Cher 1 462 16 Loire 4 217 66 Loir-et-Cher 1 451 17 Isère 4 214 67 Lot-et-Garonne 1 395 18 Essonne 4 192 68 La Réunion 1 366 19 Bas-Rhin 4 143 69 Aube 1 332 2A Finistère 4 087 70 Aveyron 1 319 2B Seine-et-Marne 4 008 71 Ardèche 1 316 21 Moselle 3 590 72 Vienne 1 248 22 Pyrénées- 3 509 73 Guadeloupe 1 226 21 Se référer au site de la CNAMTS : Statistiques et publications/ Données statistiques / Affection de longue durée/ Prévalence. 15 Atlantiques 23 Val-d'Oise 3 485 74 Corrèze 1 216 24 Seine-Saint-Denis 3 462 75 Orne 1 173 25 Gard 2 992 76 Ardennes 1 128 26 Calvados 2 928 77 Hautes-Pyrénées 1 101 27 Ille-et-Vilaine 2 885 78 Deux-Sèvres 1 058 28 Morbihan 2 878 79 Indre 1 051 29 Charente-Maritime 2 636 80 Tarn-et-Garonne 1 046 30 Meurthe-et-Moselle 2 630 81 Nièvre 1 030 31 Haute-Savoie 2 574 82 Lot 996 32 Oise 2 546 83 Haute-Loire 980 33 Maine-et-Loire 2 537 84 Mayenne 964 34 Indre-et-Loire 2 477 85 Jura 924 35 Haut-Rhin 2 412 86 Ariège 913 36 Loiret 2 382 87 Haute-Saône 811 37 Puy-de-Dôme 38 Aisne 2 321 39 Côtes-d'Armor 40 Marne 41 Saône-et-Loire 42 Sarthe 2 194 43 Vaucluse 44 2 334 88 Alpes-de-HauteProvence 763 89 Haute-Marne 715 2 276 90 Gers 695 2 271 91 Meuse 667 2 260 92 Territoire de Belfort 613 93 Cantal 602 2 132 94 Creuse 496 Somme 2 112 95 Hautes-Alpes 454 45 Pyrénées-Orientales 2 100 971 Corse-du-Sud 447 46 Drôme 2 056 972 Haute-Corse 443 47 Manche 2 051 973 Lozère 310 48 Vendée 2 018 974 Guyane 130 49 Côte-d'Or 2 004 976 Mayotte 0 50 Doubs 2 000 Il convient de préciser, par ailleurs, que la population départementale représente, au 1er janvier 2010, 747.215 habitants pour la Loire, 784.225 pour le Maine-et-Loire et 188.540 pour le Gers. 16 Estimation de population au 1er janvier 2010, par département, sexe et grande classe d'âge22 Départements Ensemble (femmes, hommes) 0 à 19 20 à 39 40 à 59 60 à 74 75 ans et ans ans ans ans plus Total 32 Gers 39.338 36.083 54.669 33.422 25.028 188.540 42 Loire 182.321 177.473 196.338 113.875 77.208 747.215 206.164 198.954 204.922 103.559 70.626 784.225 49 Maine-etLoire Les classes d’âge les plus concernées par la maladie d’Alzheimer (60 ans et plus) représentent 191.083 pour la Loire (soit 26% de la population), 174.185 pour le Maine-et-Loire (soit 22% de la population) et 58.450 habitants pour le Gers (soit 31% de la population). A titre indicatif, la confrontation des données démographiques de l’INSEE et de la CNAMTS (Tableau V) fait ressortir un ratio du nombre d’ALD 15 par rapport à la tranche d’âge de la population de plus de 60 ans de 2,20% pour la Loire et, 1,45% pour le Maine-et- Loire et 1,19% pour le Gers. Le Gers est un département plus vieillissant que les deux autres, mais avec un nombre d’ALD 15 proportionnellement inférieur. Vu leur structure de population, le nombre d’ALD 15 apparaît comparable entre la Loire, dont le taux est plus important avec une population plus âgée, et le Maine-et-Loire. Tableau V : Répartition du nombre d'ETM (1ère demande) pour chacune des 30 affections de la liste selon le département 22 Année Département ALD 15 2010 Loire (42) 845 2009 766 2008 748 Se référer au site de l’INSEE : thème population. 17 2010 563 2009 504 2008 471 2010 3. Maine-et-Loire (49) Gers (32) 140 2009 133 2008 120 La maladie d’Alzheimer, une maladie de l'individu mais aussi de son entourage Plusieurs constats peuvent être faits concernant l’impact de la maladie d’Alzheimer (MA) sur l’entourage et plus particulièrement sur l’aidant. La MA est une maladie de l’individu qui impacte fortement l’entourage proche du malade et l’organisation des soins médico-sociaux. En effet, pour pouvoir vivre à leur domicile, les malades de la MA bénéficient d’aides plus ou moins étendues et plus ou moins organisées. Ces aides peuvent être qualifiées d’informelles lorsqu’elles sont apportées par l’entourage – le conjoint, les enfants, les voisins, ou d’aides formelles lorsqu’elles sont fournies par des professionnels du champ sanitaire et social. La notion d’aidant informel vise, selon une définition communément admise, « les personnes qui viennent en aide, à titre non professionnel, en partie ou totalement, à une personne en perte d'autonomie et dépendante de son entourage, pour les activités de la vie quotidienne en raison d'une maladie d'Alzheimer »23. Il faut aussi souligner la situation particulière de l’aidant informel : En pratique, malgré l’existence d’aides formelles, le maintien à domicile repose en bonne partie sur l'aidant principal qui est le plus souvent un conjoint âgé. Une difficulté est, de ce fait, apparue ces dernières années et est liée au 23 L’aide aux aidants : l’apport de la recherche médico-sociale, in Les Actes du Colloque, Paris, Fondation Médéric Alzheimer, 2003. 18 vieillissement du proche lui-même affecté par des comorbidités le faisant entrer dans la spirale de l’incapacité et du handicap. Corrélativement à la progression exponentielle du nombre de malades d’Alzheimer, le nombre d’aidants informels suit la même tendance. On estime à plus 2.400.000 les personnes concernées par la maladie d’Alzheimer d’un proche. Il s’agit donc d’un véritable problème sociétal. Les difficultés partagées du couple malade-aidant sont à relever : le malade et l’aidant informel sont confrontés aux mêmes difficultés. Parmi celles-ci, se dégagent les caractéristiques suivantes : a. Un défaut d’information, de coordination et d’intégration des actions La prise en charge médico-sociale de la MA a progressé via les divers plans nationaux Alzheimer mais il persiste toujours un déficit d’information du malade, de son entourage proche et des professionnels. A ce déficit s’ajoute un défaut de relation (coordination et intégration des actions) entre les acteurs du secteur médico-social spécialistes et non spécialistes (médecin de soins primaires). b. Maladie d’Alzheimer, pathologies chroniques et vulnérabilité du couple « patient-aidant » Parce que les malades ayant une MA sont âgés ainsi que leurs aidants lorsqu’il s’agit de leur conjoint, l’état de santé du couple malade-aidant se caractérise par une accumulation de pathologies chroniques et aiguës qui est à l'origine d'une vulnérabilité. La vulnérabilité peut se définir comme un état médico-social instable rencontré à un moment donné de la vie d’une personne. Il s’agit d’un processus dynamique qui résulte, sous l’action des pathologies et/ou du vieillissement générant des déficiences, d’une réduction des réserves physiologiques à l’origine d’un défaut d’adaptation au stress qu’il soit médical, psychologique ou social. La vulnérabilité aboutit à un équilibre médico-social précaire pouvant être rompu par tout événement stressant, même d’allure bénigne. La vulnérabilité expose au développement d’incapacités temporaires ou 19 permanentes potentiellement réversibles par des interventions préventives et curatives adaptées. Son évaluation peut se faire via différentes échelles validées et standardisées. c. L’évaluation de vulnérabilité du couple malade-aidant Diagnostiquer une MA repose sur une série d’examens cliniques et paracliniques spécifique d’une maladie neurologie. Interpréter isolément les résultats de ces examens ne permet qu’une prise en charge de la MA à l’échelle d’un individu malade. Puisque la MA est une maladie qui dépasse largement le cadre du malade, il est important d’évaluer l’aidant et l’environnement du couple patient-aidant pour proposer une solution de prise en charge adaptée. Les enquêtes HSMHSA (2008), réalisées par l’INSEE et le Ministère de la Santé, révèlent que 80% des patients Alzheimer bénéficient d’une aide informelle. L’aidant cohabitant, qui est souvent le conjoint, répond à hauteur de 3 heures par jour pour un tiers des cas et de 4 à 12 heures par jour pour les deux tiers restant, soit significativement plus que les aidants de personnes âgées de 75 ans ou plus non-démentes. Cette évaluation gérontologique doit être standardisée et adaptée à la compétence du professionnel concerné, ainsi qu'au temps qu’il a à disposition pour la faire, permettant une analyse précise de la situation et le ciblage d’actions adaptées. B/ Une multitude d’acteurs pour un déficit d’information envers l’aidant Les conclusions faisant suite aux paramètres statistiques voient leur importance majorée, au regard de l’état actuel et des perspectives de l’offre de services d’aide aux aidants. 20 1. Le constat du « mille-feuille » de l’offre de services d’aide aux aidants : L’enrichissement récent de l’offre de services d’aide à l’aidant, dans le cadre des secteurs sanitaire, social et médico-social, montre que la société se saisit de la maladie d’Alzheimer comme un fait social à part entière. Dans le Plan Alzheimer pour 2008-2012, il a été constaté une diversité des structures et des dispositifs ayant pour objet ou pour effet d’accompagner l’aidant. L’acception large des acteurs qui interviennent à cet effet peut être à la fois source de risques, en termes de visibilité et d’information, mais aussi de gisements de coordination et d’intégration au sens de la philosophie de la loi HPST24 : L’important est de parvenir à une coordination clairement identifiée des réponses existantes, à savoir les Centres locaux d’information et de coordination (CLIC), les équipes Allocation personnalisée pour l’autonomie (APA), les Services sociaux (Centres communaux d’action sociale, Département), les Services de soins infirmiers à domicile (SSIAD), les Services polyvalents d’aides et de soins à domicile (SPASAD), les réseaux gérontologiques, les plates-formes de soins et services pilotées par les infirmiers libéraux. Il faut veiller à y associer une information des familles assurée par les CCAS, les Caisses de retraite, les Mairies, les services du Conseil général, les Mutuelles, les services de soins à domicile, les points info famille25. In fine, l’idée de « mille-feuille » pour caractériser cette offre de services, s’étend à l’ensemble des acteurs ayant vocation à apporter une solution de prise 24 La loi HPST (2009) présente l’intérêt de mettre en avant la nécessité de décloisonner les secteurs sanitaire, social et médico-social dont découlent les acteurs de l’aide aux aidants, contre la logique de séparation qui prévalait entre d’un côté le système hospitalier (loi du 31 décembre 1970) et de l’autre le secteur social et médico-social (loi du 30 juin 1975). L’objectif n°2 du Plan Alzheimer en décrit les effets néfastes : « Les dispositifs d’aide et de soins ont été juxtaposés sans que soient clairement définis les champs de compétence de chacun des acteurs ni les modalités de communication et de partage d’information. Au choc de l’annonce de la maladie s’ajoute alors l’absence de réponse coordonnée, le manque d’interlocuteur stable pour répondre aux nombreuses questions ». 25 Objectif n°2, mesure n°4 du Plan Alzheimer sur les Maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades Alzheimer (MAIA). 21 en charge au titre du Système de santé, de la Protection sociale, des Collectivités territoriales et du tissu associatif. De l’articulation des finalités guidant leurs interventions propres (soin, information, accompagnement…), l’on voit poindre un enjeu de qualité de service autour et à partir des besoins de l’aidant. La circulation de l’information sur la situation personnelle de l’aidant, notamment sous l’angle médical et économique, présente en ce sens un axe soutenant cette orientation. 2. Un panorama synthétique des principaux acteurs ayant vocation à intervenir localement : Sur le plan départemental, un partage des compétences entre les acteurs est observable en fonction de typologies localement diverses. Les structures et les dispositifs proposés varient d’un département à l’autre en termes de statut, de dénomination ou d’importance. La comparaison entre les départements du Gers et du Maine-et-Loire a par exemple mis en évidence le rôle plus affirmé du médecin traitant en matière d’information aux aidants dans le premier cas26, rôle qui pourrait être corrélé aux questions d’accessibilité à l’offre de soins. Indépendamment des différenciations locales soutenant l’offre, il est possible d’identifier une configuration générique à partir des acteurs principaux de l’aide aux aidants. Plusieurs déclinaisons de l’offre sont à privilégier : le soin, l’information et l’accompagnement. 2.1 Les acteurs du parcours de soins coordonné du malade : la connaissance potentielle de l’aidant : Le parcours de soins coordonné concernant le patient mis en ALD 15 est potentiellement pourvoyeur d’informations au stade du diagnostic. Si l’entrée en ALD 15 faite par le médecin traitant ne permet de détecter l’aidant dans les bases du Service médical, les services de la médecine hospitalière spécialisés 26 Dans le rapport du groupe précédent il a été noté que, « dans le département du Gers, où une part plus importante de l’échantillon connait l’APA, 38,9% a eu l’information par son médecin traitant, devant le Conseil Général (30,5 %) qui est pourtant l’organisme payeur. Ce résultat semble montrer le rôle central des médecins traitants dans l’accompagnement, y compris administratif, des malades d’Alzheimer et de leur famille. » (p47). 22 dans les consultations mémoire (CM2R) et intervenant pour demande d’avis ou pour soins itératifs, peuvent être une source d’information. Labellisée par la circulaire du 16 avril 2002, l’offre diagnostique proposée en milieu hospitalier sur la coordination des services de neurologie et de gériatrie s’est renforcée27. Une enquête menée par la Fondation Médéric Alzheimer (2006) estime que près de 30% des centres mémoire ont développé une consultation médicale pour les aidants, donnant lieu à une réorientation vers un médecin libéral et, en parallèle, vers une association de familles28. Dans le prolongement du Plan Alzheimer 2008-12, la circulaire du 20 octobre 2011 précise que les consultations mémoire ont une compétence en matière de « soutien des patients et des aidants », et que la fiche de liaison remise au médecin traitant du patient inclut une évaluation du fardeau de l’aidant en y incluant sa santé. 2.2 Les acteurs de l’information à travers la coordination de l’action gérontologique : un déficit d’information envers l’aidant : Le droit à l’information de l’aidant a, par ailleurs, été affirmé par la loi du 2 janvier 2002 à travers l’article L.312-1 (11e) du Code de l’action sociale et des familles29, dans l’idée de soutenir le maintien à domicile par un effort de coordination des réponses apportées par les professionnels qui puisse élargir le champ de l’information. La logique d’intervention repose sur une démarche 27 En 2011, on dénombre 469 consultations mémoire pour le premier niveau de diagnostic dit de proximité et 28 centres mémoire de ressources et de recherche (CM2R) pour le second niveau de diagnostic réservé aux troubles complexes nécessitant un examen approfondi et à vocation (inter) régionale. L’objectif de maillage territorial défini par le Plan Alzheimer 2008-12 est atteint : une consultation mémoire pour 15.000 habitants de plus de 75 ans. 28 Haute Autorité de Santé (HAS), Recommandation de bonnes pratiques de février 2010 sur la « Maladie d’Alzheimer et maladies apparentées : suivi médical des aidants naturels », Argumentaire (point 8). 29 L’article du Code (11e) mentionne « Les établissements ou services, dénommés selon les cas centres de ressources, centres d'information et de coordination ou centres prestataires de services de proximité, mettant en œuvre des actions de dépistage, d'aide, de soutien, de formation ou d'information, de conseil, d'expertise ou de coordination au bénéfice d'usagers, … ». Une assise légale est notamment donnée aux CLIC en tant que services sociaux et médico-sociaux. 23 territoriale, permettant de cibler les réponses en fonction des besoins de la personne30. Sur le plan local, les services se sont structurés autour des Centres locaux d’information et de coordination (CLIC)31, relevant du Conseil général et ayant vocation être intégrés dans les Maisons départementales de l’Autonomie, ainsi que les réseaux de santé gérontologiques. Il s’agit, dans le premier cas, de lieux d’accueil généralistes de proximité, compétents pour les questions liées à la prise en charge et l’accompagnement des personnes âgées, et qui peuvent proposer l’évaluation des besoins32. Dans l’autre cas, l’action s’inscrit dans une exigence de continuité des soins de la prise en charge à domicile, contribuant au soutien de l’aidant. L’effectivité du droit à l’information semble limitée du fait du constat d’un déficit d’information concernant l’aidant33. Le Plan Alzheimer 2008-12 considère que les acteurs compétents suivent une logique de cloisonnement dans leurs domaines d’intervention34, entre des CLIC principalement sociales et des réseaux essentiellement orientés vers la prise en charge sanitaire. De leur côté, les associations comme France Alzheimer ou la Fondation Médéric Alzheimer peinent à rentrer en contact avec la population aidante pour donner de l’information sur l’offre de services d’aide. L’objectif n°2 du Plan prend la mesure du défi à relever, à l’occasion de la structuration des Maisons pour l’autonomie et l’intégration des personnes atteintes d’Alzheimer (MAIA) : 30 Alain Colvez, dans la revue Gérontologie et Société n°132 (2010), établit un lien consubstantiel entre coordination et territoires. « L’approche territoriale est également un atout intéressant pour essayer de résoudre… la fragmentation des prestations entre un grand nombre d’institutions […] C’est par la coordination que l’on pourra potentialiser l’apport de la technicité de plusieurs secteurs professionnels, parvenir à une intégration des services et offrir un suivi dans le temps ». 31 Le Plan Alzheimer 2001-05 avait initialement proposé un objectif de maillage de 1000 CLIC pour 2006. En 2005, le programme de développement des CLIC a été figé à 500. 32 Dans les faits, l’exigence de coordination gérontologique territoriale posée par le cahier des charges des CLIC, en tant qu’ultime niveau de développement, a été peu suivi par les Conseils généraux. 33 Le rapport fait par le précédent groupe de recherche-action (2011) constate, après analyse simple des questionnaires, que 34% des aidants ayant répondu ne connaissent pas les aides auxquelles ils ont droit, notamment en ce qui concerne les dispositifs leur offrant une aide spécifique (formations, structures de répit, séjours de détente, services d’écoute et d’assistance…) 34 Alain Colvez, dans la revue Gérontologie et Société n°132 (2010), souligne en ce sens le risque de « fragmentation des coordinations » concernant les systèmes de coordination : « tous ne cohabitent pas sur un même territoire, mais dans chaque territoire, il y a presque toujours plusieurs systèmes en concurrence ». 24 … mettre fin au désarroi des familles qui ne savent à qui s’adresser et qui sont perdues dans cette multitude de dispositifs mal articulés et cloisonnés. 2.3 Des acteurs de l’accompagnement se heurtant à une certaine méconnaissance de l’aidant : L’intervention des professionnels de l’accompagnement au profit de l’aidant, participe du mouvement de reconnaissance de leurs besoins spécifiques, dont a récemment fait mention le Conseil de la CNSA35. Les attentes de la population aidante, outre la nécessité d’une information accessible, ont été identifiées à l’occasion d’une récente enquête BVANovartis : … la préservation de la santé des aidants, leur formation aux gestes essentiels de soins, l’amélioration des relations avec les professionnels, la médiation familiale lorsque le dialogue entre les proches ou avec la personne aidée est difficile notamment dans les périodes critiques (décision d’entrée en établissement), la prévention de l’isolement social des aidants36. Les services d’accompagnement destinés à l’aidant se sont successivement développés, notamment sous l’effet du Plan Alzheimer 2008-12. Leur structuration met en lumière une pluralité dans l’objet d’intervention et une complexité dans le partage des compétences. 2.3.1 Le constat du développement inachevé d’un dispositif d’aides aux aidants en matière d’accompagnement : En l’état actuel, comme a pu apprécier l’Inspection générale des Affaires sociales en 2011, Les réponses sont aujourd’hui émergentes, peu construites et surtout hétérogènes : initiatives de « formation » des aidants, financées par la CNSA via des conventions avec les associations dont France Alzheimer ou 35 Dans le rapport 2011 de la Caisse nationale de Solidarité pour l’autonomie (CNSA), il est préconisé « un équilibre entre la reconnaissance des aidants en tant qu’acteurs de l’aide aux côtés des professionnels et leur reconnaissance en tant que destinataires d’un soutien et de mesures spécifiques de prévention et d’accompagnement » (p28). 36 Rapport IGAS du Groupe « Société et vieillissement » de Juin 2011, dans la partie « aider les aidants familiaux » (3.3). 25 développées par les départements portées ou non par les CLIC, les caisses de retraite vieillesse ou les associations ; plateformes d’aides au répit des aidants offrant des accueils de jours ou des hébergements temporaires mais aussi expériences de «baluchonnage» à la française [pour la garde à domicile] ; consultations santé des aidants dans les consultations mémoire du Plan Alzheimer ; aides des associations bénévoles etc...37 Sur le plan départemental, le champ de l’accompagnement des aidants est investi par une pluralité d’acteurs donnant à voir le dynamisme des initiatives locales. Destinés à mieux vivre les difficultés quotidiennes en partageant les expériences, les groupes de paroles sont par exemple mis en place par le Conseil général, dans le cas de la Loire-Atlantique, ou bien par une association bénéficiant d’un partenariat avec la CARSAT, en Seine-Maritime. Du reste, la mise en œuvre du Plan Alzheimer 2008-12 a été l’occasion d’affirmer le rôle des nouvelles Agences régionales de santé (ARS) en matière de régulation de l’offre de répit en établissements sociaux et médico-sociaux, de déploiement des plateformes de répit et de répartition des crédits CNSA prévus pour la formation des aidants familiaux. Le tableau suivant récapitule pour l’année 2011 l’atteinte des objectifs assignés : Plan Alzheimer 2008-12 Services d’accompagnement Résultats obtenus fin 2011 Mesure n°1 sur le Accueil de jour prévu pour prévenir 11.000 places sur 1.730 développement et la l’épuisement et l’isolement des aidants accueils de jour diversification des Hébergement temporaire en internat si 5.600 places structures de répit la vie à domicile est momentanément perturbée (situation de crise…) Plateforme de répit innovante 68 plateformes proposant aux aidants les solutions de prise en charge plus adaptées aux besoins pour : - l’accueil de jour ou la garde de nuit ; - l’hébergement temporaire ou le répit à domicile ; - l’accueil familial ; 37 Rapport IGAS du Groupe « Société et vieillissement » de Juin 2011, dans la partie « aider les aidants familiaux » (3.3). 26 - les séjours de vacances - les activités culturelles, physiques ou artistiques ; - les ateliers de réhabilitation ou de stimulation sensorielle. Mesure n°2 sur la Formation dispensée à raison de 14 6.000 aidants formés depuis consolidation des droits heures par an pour informer et 2009 et de la formation des sensibiliser l’aidant au terme de 605 actions de aidants - de France Alzheimer, sur le formation fondement d’une convention passée avec la CNSA ; - d’opérateurs locaux (CLIC, associations) selon appels à candidature lancés par les ARS Source : Dossier de presse du Palais de l’Elysée (2012) à l’occasion du 4e anniversaire du Plan Alzheimer. L’adaptation de certains objectifs aux besoins semble sujette à débat, ainsi de France Alzheimer qui a pu exprimer ses inquiétudes sur le déficit de places d’accueil de jour et en hébergement temporaire38. 2.3.2 Le constat d’un besoin d’information concernant les soutiens aux aidants : Le premier besoin des aidants principaux étant d’accéder à l’information sur les aides existantes, le déficit d’information par défaut d’orientation ou par méconnaissance est une tendance qui a des effets sur le recours aux structures d’accompagnement : La multiplication depuis ces dernières années… des structures d'accompagnement conduit paradoxalement à une méconnaissance des aides autant au niveau des aidants que des professionnels du secteur sanitaire et social39. Prenant acte du besoin d’accompagnement émanant de la population aidante, le Plan Alzheimer 2008-2012 officialise la volonté des pouvoirs 38 « Un nouveau plan sera nécessaire », Le Quotidien du médecin, 06-02-2012. Cf. Rapport du groupe précédent de recherche-action (p14), qui précise plus loin que « les dispositifs offrant une aide plus spécifique aux aidants sont ceux les moins connus » (p72). 39 27 publics d’impulser une dynamique d’intégration des services. L’ambition est de promouvoir une nouvelle stratégie de soutien consistant à … construire un véritable parcours de prise en charge et d’accompagnement en se plaçant du point de vue de la personne malade et de sa famille, afin d’organiser le système autour de leurs besoins40. 3. A la recherche d’une nouvelle cohérence : les suites du Plan Alzheimer 2008-12 : En ce sens, le dernier Plan Alzheimer porte l’idée du parcours personnalisé proposant une réponse continue et adaptée à chaque situation, qu’épouse la logique de décloisonnement de la réforme HPST : la prise en charge de la maladie d’Alzheimer ne doit pas souffrir d’un écartèlement entre questions sanitaires et problèmes sociaux et médico-sociaux. Un des objectifs structurants de la prise en charge à domicile est la définition d’actions de soutien à l’aidant, en témoignent les missions des Maisons pour l’autonomie et l’intégration des personnes atteintes d’Alzheimer (MAIA) et rôle de suivi que la médecine de ville pourrait développer à partir de la relation de soin concernant le patient en ALD 15. Le schéma suivant matérialise la recherche de cohérence de l’offre, en partant du postulat qu’il doit exister une interaction entre la coordination gérontologique dans sa version intégrative et la médecine de ville, au moins pour la gestion des situations de fragilité, de sorte à ce que la continuité de la prise en charge ait un impact positif sur l’aidant. 40 Objectif n°2 du Plan Alzheimer 2008-2012. 28 Source : Dossier de presse du Palais de l’Elysée (2012) pour le 4e anniversaire du Plan Alzheimer. 3.1 La généralisation des Maisons pour l’autonomie et l’intégration des personnes atteintes d’Alzheimer (MAIA) : les balbutiements du potentiel intégratif Au sens des circulaires du 6 juillet 2009 et du 13 janvier 2011 (complétée par la circulaire du 10 janvier 2012), la labellisation de « portes d’entrée uniques » nommées MAIA repose sur une prise en charge décloisonnée contribuant à améliorer le bien-être des aidants au moyen d’une meilleure orientation dans l’offre de services41. La finalité d’intégration des services, dans la mesure où il importe de construire un mode d’organisation des acteurs tendant vers une co-responsabilisation, a fait l’objet d’une consécration législative confortant le pilotage des ARS42, et est affirmée comme suit : 41 Un objectif de 155 MAIA opérationnelles pour fin 2012 est prévu, sachant que la couverture totale du territoire requiert environ 500 MAIA d’ici 2014. La circulaire du 13 janvier 2011 pose le principe que la répartition du nombre de MAIA sur le territoire, et des financements associés, est effectuée au prorata du nombre de personnes recensées et traitées en ALD 15 suivant les données 2007. 42 L’article 78 de la loi n°2010-1594 du 20 décembre 2010 de Financement de la Sécurité sociale pour 2011 a donné une base légale aux MAIA, en instituant un article L.113-3 du Code de l’action sociale et des familles qui se distingue en droit de l’article L.312-1 du même code pour différencier la fonction de coordination (dans sa modalité intégrative) dans un régime plus souple que l’autorisation, ainsi qu’un article L.1431-2 du Code de la santé publique sur la compétence des ARS en matière de gestion de la délégation de crédits CNSA alloués aux 29 Les MAIA ont pour objectif principal de favoriser une meilleure articulation entre les structures de soins, d’information et d’accompagnement dans une perspective d’intégration de l’ensemble des acteurs qui participent à la prise en charge des malades souffrant de la maladie d’Alzheimer, à leurs aidants ou, plus largement, à toutes les personnes âgées en lourde perte d’autonomie. En particulier, ces maisons constitueront un guichet d’entrée unique pour les malades et leur entourage43. Loin de superposer un dispositif à un autre, les MAIA décloisonnent le secteur médico-social et le secteur sanitaire et organisent leur coopération, selon un processus établi afin que tous les partenaires recensés sur un territoire partagent des référentiels et aient des pratiques communes… Il s’agit, à travers un processus «d’intégration», de développer une réelle coopération par la coresponsabilisation des acteurs et des financeurs sanitaires et sociaux44. La montée en charge du dispositif MAIA succédant à une période d’expérimentations, la coordination gérontologique territoriale prend localement appui sur un acteur « porteur» du projet poursuivant un but non lucratif45, et est supposée produire un continuum de l’offre disponible destiné à faciliter l’accès et la circulation de l’information. En l’état actuel, le recul semble faible pour juger du degré d’intégration promu à la lumière des expérimentations : MAIA et de pilotage des appels à candidature pour le compte de la CNSA. L’IGAS a relevé la persistance d’un débat au sujet de la coordination gérontologique (2011) : doit-elle relever des ARS au motif de l’égalité entre les territoires ou doit-elle plutôt mettre en jeu la responsabilité des Conseils généraux pour des raisons d’efficience dans le financement avec d’autres structures, avec l’idée avancée d’un fusion avec les MDPH, dont certaines ont entamé un rapprochement avec les CLIC, sous l’appellation de « Maisons départementales de l’autonomie » ? 43 Circulaire du 6 juillet 2009, Annexe 2. 44 Circulaire du 13 janvier 2011 (littéralement reprise par la circulaire du 10 janvier 2012). 45 Le cahier des charges national des MAIA issu du décret n°2011-1210 du 29 septembre 2011 liste, les acteurs éligibles à la qualité de porteur du projet : les acteurs sanitaires (réseaux de santé…), médico-sociaux (EHPAD, SSIAD, CLIC…), sociaux (MDPH, services du Conseil général…), ou constitués en groupement. Parmi ces porteurs potentiels, le Plan Alzheimer 2008-2012 semble particulièrement appuyer le rapprochement des MDPH avec les CLIC, à travers la création des Maisons départementales de l’Autonomie : « pour les départements qui le souhaitent, les expérimentations [du dispositif MAIA] pourront prendre comme base la Maison départementale des personnes handicapées, pour expérimenter la viabilité de la création de maisons départementales de l’autonomie ». A l’occasion de la généralisation des MAIA, la Maison Loire Autonomie du Conseil général de la Loire a été désignée pour installer le dispositif MAIA pour fin 2011dans le département concerné. 30 1) L’impact de la MAIA sur les parcours des individus irait dans le sens d’une fluidification à raison du recours à un nombre plus réduit de services, avec un recul du nombre d’organismes contactés par la personne ou ses aidants avant d’arriver à l’un des partenaires MAIA estimé en moyenne de 3,2 à 1,3 entre 2009 et 201046 ; 2) Il a pu être constaté, après six mois d’observation dans les sites expérimentaux, que des points de fragmentation sectoriels dans l’offre de services – aux logiques territoriales propres, sont susceptibles de heurter le bon fonctionnement d’une MAIA en l’absence de pilotage assuré par un promoteur monovalent ou prépondérant47 ; La lettre du Plan Alzheimer 2008-12 intègre la définition d’actions de soutien aux aidants dans les missions du dispositif. Conceptuellement, la MAIA présente l’intérêt de proposer l’intervention de gestionnaires de cas dans l’hypothèse où l’aidant peine à faire face à des situations complexes comme les crises48. Il s’agit de prendre le relais de l’aidant en suppléant à la fonction de coordination qui lui échoit en vertu de la responsabilité familiale, par un accompagnement individualisé et intensif, envisageant dans son intérêt une orientation vers les structures de soutien et l’application de solutions de répit ou d’hébergement temporaire. La recherche d’intégration est manifeste, vu l’effort de construction d’un réseau intégré de partenaires dont il semble que le plus important soit le médecin traitant, dans l’intérêt de mettre en œuvre le plan de soins et d’aides du patient Alzheimer : … un coordonnateur sera désigné en fonction de la situation de la personne atteinte et de son entourage. Celui-ci sera chargé, en liaison avec le médecin traitant, de la mise en œuvre des premières recommandations formulées à la consultation mémoire, de l’évaluation multidisciplinaire et du passage de l’équipe APA si celle-ci est demandée. Il sera ensuite consultable par la personne malade et les aidants pour les soutenir durant les différents temps de la prise en charge : mise en place de soins et de services à domicile, 46 Rapport d’activité 2011 de la Caisse nationale de Solidarité pour l’autonomie (CNSA), p61. Olivier Dupont, dans la revue Gérontologie et Société n°132 (2010), considère que la phase d’expérimentation n’a pas permis d’atteindre la coresponsabilité. « Nous constatons deux points principaux de fragmentation : entre le sanitaire et le médico-social d’une part, entre le libéral et l’hospitalo-institutionnel d’autre part ». 48 En 2011, on estime que 142 gestionnaires de cas complexes interviennent dans 65 MAIA. Le plan Alzheimer prévoyait de porter leur nombre à 1000 d’ici à 2012. 47 31 temps de répit de l’aidant,… Il assurera un lien permanent entre les différents professionnels intervenant auprès du patient49. 3.2 La contribution de la médecine de ville : implications pour l’Assurance Maladie Si le dispositif de coordination invoque une liaison nécessaire avec la médecine de ville par association à la mise en œuvre du plan de soins et d’aides faisant suite à l’annonce de la maladie50, l’implication des médecins généralistes dans la relation de soins avec les patients Alzheimer est essentielle pour appréhender la situation de l’aidant. La branche Maladie a ainsi vocation à accompagner ce phénomène. 3.2.1 L’importance croissante du rôle des médecins généralistes : l’élargissement de la relation de soins avec le patient à l’entourage aidant. Comme l’a suggéré le Conseil de la CNSA, l’intervention du professionnel de santé en tant que tiers a l’avantage d’ouvrir vers l’extérieur des relations parfois exclusives entre l’aidant et le patient. L’acteur de l’accompagnement du diagnostic, par son approche biopsychosociale du patient, a vocation à apprécier au-delà du soin les éléments affectifs et relationnels de l’entourage, de sorte à détecter les situations de fragilité mettant en péril la qualité de la prise en charge sous l’angle sanitaire. 49 Objectif n°2, mesure n°4 du Plan Alzheimer sur les Maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades Alzheimer (MAIA). 50 Il semble que la liaison repose sur un postulat d’interaction entre la coordination gérontologique et la médecine de ville : la mise en œuvre du plan de soins et d’aide, élaborée par le médecin généraliste au profit du patient en ALD 15 en tenant compte de la situation de l’aidant, fait appel à des compétences de coordination. En ce sens, la Recommandation de bonnes pratiques de la HAS sur l’annonce et l’accompagnement du diagnostic (2011) dispose expressément « qu’il revient au médecin traitant de présenter le plan de soins et d’aides et d’en assurer la mise en place en collaboration avec le médecin ayant établi le diagnostic et les structures de coordination : réseaux, centres locaux d’information et de coordination (CLIC), maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades Alzheimer (MAIA), … » notamment. Dans ces cas précis, le médecin peut être secondé par les professionnels de la coordination : un gestionnaire de cas complexes dans le cadre d’une MAIA, un coordonnateur de réseaux de santé ou de CLIC. 32 L’attention portée à la santé de l’aidant, en tant que co-soignant conditionnant l’efficacité de l’intervention médicale destinée au patient, est affirmée par le Plan Alzheimer 2008-12. Le médecin traitant du patient a une compétence en matière de suivi de l’aidant, justifiée par la nécessité de prendre en considération son vécu dans la construction du plan de soins et d’aide, en coordination avec le confrère spécialiste en charge du diagnostic, et à l’occasion du suivi standardisé qui intervient chaque année pour le patient : Le médecin traitant réalise le suivi médical de la personne atteinte, en lien étroit avec l’aidant. Il a établi un rapport de confiance et de proximité avec ce dernier et connaît ses difficultés. Il est donc le plus à même de repérer la souffrance de l’aidant, de l’évaluer, et d’en référer au médecin traitant de l’aidant si ce n’est pas lui51. Prendre en compte la santé de l’aidant dans le cadre d‘une consultation annuelle dédiée – autonome du suivi standardisé réalisé chaque année au domicile du patient en présence de l’aidant qui permet incidemment d’évaluer son état de santé, était une proposition de nature à conforter la reconnaissance de ses besoins spécifiques. Une Recommandation de bonnes pratiques émise par la Haute Autorité de Santé (2010) présente l’intérêt d’inciter le médecin traitant de l’aidant – qui n’est pas nécessairement celui du patient, à inscrire en l’absence d’aménagement de la convention médicale les problématiques sociales et médico-sociales dans un suivi médical habituel hors ALD 15 : Il est recommandé que le médecin généraliste de la personne ayant une maladie d’Alzheimer propose à l'aidant naturel une consultation annuelle dédiée s’il est aussi le médecin généraliste de ce dernier. S’il ne l’est pas, il l’incite à consulter son propre médecin généraliste et formalise la démarche en lui remettant un courrier destiné à ce dernier, dans le respect des règles déontologiques et du secret médical. [Une question de droit apparaît sur l’applicabilité de la majoration de coordination] Il est recommandé que le contenu de la consultation annuelle comporte une évaluation globale de l’état de santé de l’aidant naturel, une évaluation de 51 Objectif n°1, mesure n°3 du Plan Alzheimer sur l’amélioration du suivi sanitaire des aidants naturels. 33 son «fardeau» dans ses composantes médico-psycho-sociales […] que le médecin généraliste recherche une souffrance, des troubles anxieux et/ou dépressifs, des troubles du sommeil, etc., […] que le médecin généraliste s’assure du bon niveau d’adéquation entre les besoins de l’aidant naturel et du patient et les moyens mis en place (aides médico-sociales et financières). Si nécessaire, le médecin généraliste oriente l’aidant naturel vers d’autres professionnels (assistante sociale, etc.), des structures de proximité pour compléter cette évaluation (centre communal d’action sociale, maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades Alzheimer, centres locaux d’information et de coordination, réseau gérontologique, etc.) et des associations de patients ou de familles de patients52. Si l’idée de consultation dédiée faite par le médecin traitant de l’aidant a plutôt reçu une acception subsidiaire au regard du suivi standardisé relevant du médecin traitant du patient, l’importance accrue des généralistes dans la prise en charge de l’Alzheimer a été mise en évidence récemment par le Professeur Joël Ménard, lequel transpose l’enseignement de ses recherches relatives à la prise en charge d’une maladie chronique proche : Les généralistes, chargés de l’annonce du diagnostic et de la mise en place de l’accompagnement, parfois à l’aide de spécialistes, deviennent la cheville ouvrière du parcours de soin. Et pour apaiser certaines de leurs réticences, par exemple leur hésitation à annoncer au patient un mauvais diagnostic ou leur malaise à délivrer des informations sur l’aide sociale, à coordonner les soins ou à affronter les troubles du comportement, une visite longue (VL) est en passe d’être créée. « Il faut donner le temps au médecin d’aller au domicile du patient, pour considérer avec les aidants tous les problèmes. Cela permettra d’évaluer l’autonomie, de prévenir l’iatrogénie médicamenteuse, de repérer un épuisement de l’aidant et d’informer sur la coordination des soins dans les Maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades Alzheimer (MAIA) », explique le Professeur Ménard53. 52 Haute Autorité de Santé (HAS), Recommandation de bonnes pratiques de février 2010 sur la « Maladie d’Alzheimer et maladies apparentées : suivi médical des aidants naturels ». 53 « Pour un rôle majeur des généralistes dans la maladie d’Alzheimer », Le Quotidien du médecin, 30-09-2011. 34 3.2.2 Un terrain d’intervention potentiel pour l’Assurance Maladie dans le cadre de l’accompagnement des professionnels de santé : Afin de permettre d’inscrire les patients dans un parcours de soin intégré, de nature à améliorer par ricochet la qualité de vie des aidants, l’implication des médecins généralistes est essentielle. A ce stade, l’Assurance Maladie est appelée à intervenir pour en tirer les conséquences utiles : 1) La branche Maladie, du fait de l’intervention médicale inhérente au parcours de soins du patient en ALD 15, constitue un point d’entrée possible pour diriger l’aidant vers les structures et les dispositifs qu’il ne connaît pas nécessairement. L’intégration de l’aidant, dans l’appréciation médicale de l’environnement habituel du patient, suppose que le médecin bénéficie d’un accompagnement en matière d’évaluation de la souffrance et de sensibilisation de l’aidant ; 2) L’Assurance Maladie a vocation à contribuer à l’effort d’intégration de l’offre de services d’aides, en facilitant le rôle et la mise en relation de la médecine de ville avec les dispositifs de coordination existants (MAIA), et en agissant éventuellement comme catalyseur des acteurs compétents au niveau départemental au moyen de l’approche partenariale qui caractérise son expérience en matière de parcours attentionnés ; 3) L’Assurance Maladie semble l’acteur le plus à même de matérialiser l’engagement de la collectivité envers les difficultés ressenties par les aidants, en reconnaissant leurs besoins spécifiques et la nécessité de les mettre en relation avec les dispositifs adaptés, et en contribuant à définir une nouvelle répartition entre l’aide formelle apportée par la solidarité et l’aide informelle, estimées à respectivement 2,7 et 4,9 milliards d’euros.54 Dans l’attente de la généralisation du dispositif MAIA, la perspective du partenariat intégré sur les territoires conduit l’Assurance Maladie à considérer 54 Alain Paraponaris, « Coûts économiques et sociaux de l’aide informelle. Résultat et perspectives », cité dans le dossier de presse du Palais de l’Elysée (2012) à l’occasion du 4e anniversaire du Plan Alzheimer. 35 sa contribution potentielle pour contribuer à encourager l’intégration de l’offre de services d’aide et faciliter le rapprochement avec la demande en accompagnement, dans le respect du Plan Alzheimer 2008-2012. Dans la mesure du champ de compétences qui lui est assigné55, un parcours attentionné destiné aux aidants informels des patients Alzheimer, présenterait un intérêt en ce qu’il viserait à promouvoir un degré supérieur de coordination entre les acteurs. II. Un terrain d’action possible : la mise en place d’un parcours attentionné La légitimité de l’Assurance Maladie à intervenir dans la mise en œuvre d’un parcours attentionné destiné aux aidants des patients Alzheimer est soulignée, tant par l’expérience des parcours existants qui ciblent certaines problématiques tenues pour analogues (A), que par le fait que le médecin traitant se situe au cœur du dispositif envisagé (B). A/ La légitimité de l’assurance maladie à intervenir dans la mise en place d’un parcours attentionné à destination des aidants des malades d’Alzheimer : L’Assurance Maladie a été à l’origine de plusieurs parcours attentionnés à destination de publics cibles divers. Le succès de ces expériences, en ce qui concerne le passage en invalidité et la prévention de la désinsertion professionnelle notamment, met en exergue sa légitimité à intervenir dans la mise en place d’un nouveau dispositif adapté à la situation particulière des aidants des malades d’Alzheimer. Les enseignements tirés de la mise en œuvre 55 L’accompagnement des professions libérales de santé impliquées dans le suivi des patients Alzheimer et leurs proches, c’est-à-dire la médecine générale essentiellement, constitue le champ d’intervention potentiel privilégié de l’Assurance maladie. La mise à disposition partielle des moyens en accompagnement social, qu’assurent les travailleurs sociaux du Conseil général et du Service social de la CARSAT, pourrait éventuellement le compléter selon le modèle de parcours attentionné propre à l’Assurance Maladie. 36 des précédents parcours sont, à ce titre, suffisamment significatifs pour concevoir un nouveau mode opératoire. Pour la mise en œuvre du parcours attentionné à destination des aidants des malades d’Alzheimer, il convient de rester dans le périmètre de l’Assurance Maladie, et de ne pas empiéter sur le champ de compétence des différents acteurs existant. Le parcours n’a vocation qu’à la subsidiarité par rapport à la contribution des autres acteurs, c’est-à-dire une meilleure coordination entre les dispositifs existants, à moyens constants. 1. Le concept de parcours attentionné : La Convention d’objectifs et de gestion (COG) 2006-2009 de la branche Maladie fixait pour priorité aux CPAM, le développement d’offres de services selon une logique de parcours clients et de services dédiés à certaines populations. Le concept de ces offres de services se décline en quatre points : - Il s’agit de mesures d’accompagnement pour les publics confrontés à une situation de vie spécifique ou encore difficile (précarité, situation de santé, situation administrative…) ; - Ces offres visent à faciliter l’accès aux services (simplification administrative, développement des télé-services, dispositif d’information) mais aussi à améliorer les circuits de travail internes et optimiser les relations avec les partenaires ; - Ces offres sont un levier essentiel pour appuyer et faciliter la mise en œuvre de la politique de gestion du risque tant auprès des assurés que des professionnels de santé ; - Les résultats sont attendus sur l’ensemble des enjeux de performance : satisfaction des publics, efficience, prévention et maîtrise des risques. On observe par ailleurs un certain nombre de traits communs entre les différents parcours attentionnés : une identification proactive des assurés au moment du fait générateur (comme la déclaration de grossesse) ; un premier envoi de courrier avec une invitation à une réunion collective ou un entretien individuelle ; la tenue de cette réunion co-animée avec des partenaires (CAF, CARSAT…) ou de l’entretien avec un conseiller, au terme desquels sont remis de la documentation générale ; l’envoi de cette documentation aux personnes 37 ne s’étant pas rendu à l’entretien ; des envois complémentaires éventuels en fonction de l’évolution de la situation de l’assuré (après la naissance par exemple) ; enfin un suivi plus personnalisé dans certains cas difficiles par un service spécialisé (assuré par exemple par les assistantes sociales du Service social de la CARSAT). Au-delà du service rendu, notamment en termes de simplifications administratives, et de personnalisation de l’offre, la démarche des parcours attentionnés s’inscrit pleinement dans la stratégie de gestion du risque, et ce par une démarche proactive et préventive. 2. Le rôle de la CNAMTS dans la mise en œuvre de parcours attentionnés : Plusieurs parcours attentionnés ont été mis en place par la CNAMTS : parcours maternité, parcours pour le passage en invalidité, la prévention de la désinsertion professionnelle ou bien la perte d’un proche… Le succès de ces parcours destinés à répondre aux besoins spécifiques d’un public cible particulier, pourrait souligner toute la pertinence d’un parcours attentionné à destination des aidants des malades d’Alzheimer. Dans l’intérêt d’en tirer les enseignements utiles à notre projet, deux parcours attentionnés tenus pour proches de la problématique de l’aidant Alzheimer méritent d’être détaillés : le parcours relatif au passage en invalidité, d’une part, et celui de la prévention de la désinsertion professionnelle, d’autre part. 2.1. Le parcours « passage en invalidité » : 2.1.1 Le contenu du parcours : Afin d’accompagner un public spécifique à un moment difficile de sa vie, l’Assurance Maladie a créé en 2009, une offre de service adaptée à l'attention des assurés lors du passage en invalidité. 38 Le processus de mise en invalidité est long, administrativement et médicalement complexe, et parfois déstabilisant face à une certaine incertitude sur l’avenir et au « deuil » d’une situation passée. Des difficultés peuvent survenir tout au long de la démarche de demande de pension d’invalidité : au moment de la consultation médicale, pour compléter les documents administratifs, pour gérer un projet de vie notamment lorsque le montant de la pension est faible. Devant le constat d'un parcours complexe pour l'assuré, et face au besoin important d’informations au regard d’une situation de vie particulièrement difficile, l'Assurance Maladie a décidé de développer une offre de service globale avec pour objectifs d’accompagner l’assuré dans ses démarches et de faciliter l’acceptation de son changement de statut. Cette offre de service se compose : - d’une information complète sur le dispositif (plaquette d’information) ; - d’une aide personnalisée à la constitution du dossier (aide téléphonique, rendezvous individuel) ; - d’un accompagnement spécifique et global au moment du passage en invalidité (réunion d’information collective). Comme le montre le schéma organisationnel simplifié, plusieurs acteurs sont impliqués : les services de la CPAM (la relation client, le service Invalidité, le Service social et le Service prévention), le Service social de la CARSAT, la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), l’employeur, le médecin traitant et le médecin-conseil. 39 40 2.2.2 : Retours sur la mise en œuvre du parcours : Dans la manière dont le parcours invalidité a été vécu sur le terrain du Maine-et-Loire56, il s’avère que ce parcours fonctionnerait correctement sur le plan local. La CPAM d’Angers a anticipé le parcours à partir de 2005 au titre de l’invalidité : les réunions d’information, les plaquettes, les rendez-vous étaient des outils déjà utilisés. Il n’y a donc pas eu de difficultés particulières dans la mise en œuvre de ce parcours en 2009, car l’organisation mise en place correspondait à celle préconisée par la CNAMTS. A titre d’illustration, la CPAM du Maine-et-Loire et la CARSAT Pays-de-la-Loire ont organisé six réunions d’informations collectives en 2011, cinq à Cholet et quatre à Saumur. Le taux de participation s’élève à 40 %. Après plusieurs années de mise en place, les services voient dans ce dispositif une réelle plus-value pour l’assuré en termes d’unité de l’information délivrée à l’assuré : « CPAM+CARSAT ». Ces réunions sont surtout utiles pour les bénéficiaires d’une pension d’invalidité qui seront prochainement éligibles au départ en retraite, et donc en âge de percevoir une pension de retraite versée par la CARSAT. Le Service social de la CARSAT peut ainsi expliquer les démarches que les assurés devront accomplir d’ici plusieurs mois et organiser les rendez-vous individuels pour la suite. Le Service social de la CPAM peut informer les assurés des conséquences du passage à la retraite sur la pension d’invalidité. Néanmoins, l’organisation des réunions collectives pose des difficultés : cela nécessite une organisation importante en termes de logistique, notamment pour la réservation de salles auprès des communes, la disponibilité des équipes pour intervenir, le coût des locations. Ce volet du parcours est « assez lourd », d’autant plus que la CPAM a neuf parcours attentionnés à gérer en 2012. Concernant les rendez-vous individuels prévus par la CNAM pour compléter les dossiers de demande d’invalidité, ceux-ci ne sont pas 56 Une communication téléphonique est intervenue avec la personne en charge du parcours attentionné à la CPAM du Maine-et-Loire. 41 effectifs dans la réalité : les assurés se déplacent directement à l’accueil pour demander des renseignements. Le Service social intervient dans quelques cas, mais s’attache surtout à une démarche de prévention de la désinsertion professionnelle. 2.2 Le parcours « prévention de la désinsertion professionnelle » : 2.2.1 Le contenu du parcours : La mise en place du parcours attentionné relatif à la prévention de la désinsertion professionnelle (PDP), en 2010, s’inscrit dans les suites du Protocole national de collaboration institutionnelle signé en juillet 2006 entre l’AGEFIPH, la CNAMTS et la MSA, dont l’objectif est de renforcer et optimiser le partenariat territorial pour le maintien dans l’emploi des personnes handicapées. La prévention de la désinsertion professionnelle s’inscrit dans le cadre : - Des politiques publiques développées pour promouvoir l’employabilité des personnes et notamment des salariés les plus exposés au risque de précarité et de la politique de gestion du risque AT-MP ; - De la politique de gestion du risque des branches Maladie et ATMP : la prévention de la désinsertion professionnelle permettra la maîtrise des indemnités journalières en limitant l’allongement des arrêts de travail. La prévention de la désinsertion professionnelle vise à éviter que des salariés ayant un problème de santé perdent leur travail, en les accompagnant le plus tôt possible. Plusieurs types de publics sont concernés par le parcours : - les assurés pris en charge en maladie ou en invalidité ; - les assurés victimes d’un accident du travail, de trajet ou d’une maladie professionnelle ; 42 - les assurés handicapés tels que définis par l’article L.5212-13 du code du travail, les assurés en voie de reconnaissance de la qualité de « travailleurs handicapés ». La démarche présente trois objectifs : - Aider les personnes confrontées ou susceptibles d'être confrontées à un problème d'emploi du fait de leur état de santé, à se maintenir dans leur poste, leur emploi, leur entreprise ou dans la dynamique de l'emploi ; - Aider les assurés qui n'ont pu conserver leur emploi du fait de la maladie, de l'invalidité, de l'accident du travail, de la maladie professionnelle ou du handicap, à retrouver les conditions nécessaires à un retour à l'emploi ; - Aider les entreprises à prévenir le risque de désinsertion professionnelle en les accompagnant dans leur évaluation des risques et en les aidant dans la mise en œuvre d'actions correctives permettant d'améliorer les conditions de travail et de faciliter le maintien dans l'emploi des salariés. La méthode adoptée consiste à profiter du temps disponible en arrêt de travail pour : - Favoriser la rencontre pendant l’arrêt le plus précocement possible ; - Evaluer la situation socioprofessionnelle de la personne, repérer les difficultés éventuelles et, dans l’affirmative, prévoir d’accompagner individuellement et/ou collectivement les salariés dans un projet de retour à l’emploi ; - Favoriser la cohérence des parcours de maintien dans l'emploi, en facilitant l'articulation entre les différents acteurs du maintien dans l'emploi. 43 Le schéma organisationnel simplifié recense les principaux acteurs qui interviennent autour du salarié57 selon une distribution précise des compétences (Tableau VI) : 57 Schéma extrait d’un diaporama réalisé par la CARSAT de Normandie. 44 Tableau VI : La distribution des compétences entres les acteurs du parcours PDP ACTEUR IMPLIQUE LE SALARIE L’EMPLOYEUR COMPETENCE - A besoin de conseil et de soutien - Prévient les risques professionnels pour améliorer les conditions de travail du salarié - Organise les visites médicales de reprise et favorise la mise en relation salarié/médecin du travail - Met en œuvre l’adaptation des postes de travail ou les solutions de reclassement interne LE MEDECIN DU TRAVAIL ET SON EQUIPE PLURIDISCIPLINAIRE - Intervient en entreprise pour détecter les risques professionnels - Est à la disposition du salarié pour réaliser une visite de pré-reprise - Conseille sur des adaptations du poste de travail ou des solutions de reclassement interne - Réalise les visites médicales et se prononce sur les restrictions d’aptitude au poste de travail LE SERVICE MEDICAL (ELSM) PRES DE LA CPAM - Est informé par la CPAM des arrêts de travail - Se prononce sur l’opportunité médicale de l’arrêt de travail - Oriente vers le Service social CARSAT pour une évaluation globale et vers le médecin du travail en vue de la visite de pré-reprise LE SERVICE SOCIAL DE - Prévient la désinsertion professionnelle des assurés LA CARSAT fragilisés par la maladie ou le handicap en proposant une offre de service personnalisée ou collective par : LE RESEAU ENTREPRISE o Une évaluation globale de sa situation o Une information adaptée o Un accompagnement - Employeur, encadrement, RH, service social - Collectif de travail, DP, CHSCT - Médecin du travail, SAMETH LE RESEAU MEDICAL - Médecin traitant ou spécialiste - Médecin du travail - Médecin conseil - Médecin MDPH 45 Compte tenu de la pluralité des acteurs, le dispositif repose sur la mise en place de cellules internes de coordination de la Prévention de la désinsertion professionnelle dans les CPAM, ELSM, CARSAT, composée de référents. L’objectif est de coordonner les actions des services de l’Assurance Maladie pour construire une offre de service efficiente, harmonisée et la plus réactive possible face aux problématiques des assurés présentant un risque de désinsertion professionnelle. 2.2.2 Retours sur la mise en œuvre du parcours à la CPAM du Maine-etLoire58 : En 2011, les médecins-conseils du Maine-et-Loire ont remonté 2.685 signalements au Service social de la CARSAT, soit +5,5% par rapport à 2010. Les 2.685 signalements concernaient 7.039 assurés sociaux confrontés à cette problématique. Sur ces 2.685 signalements, certains ont été traités directement par les assistantes sociales des CARSAT et 104 dossiers ont fait l’objet d’une étude en cellule locale. Pour les assurés repérés comme présentant un risque de désinsertion professionnelle, le dispositif de la PDP représente une réelle plusvalue : toutes les démarches entreprises par les assistantes sociales (ou autres acteurs) sont transparentes pour l’assuré social, qui est au contact d’un unique interlocuteur : l’assistante sociale. Ce dispositif nécessite toutefois la coordination d’une multiplicité d’acteurs, pouvant présenter certaines lourdeurs en termes de partenariat et des limites en matière de circulation des données personnelles induites par la protection du secret médical. De plus, ce dispositif ne fonctionne que pour les assurés qui sont identifiés : il reste donc à résoudre le problème de l’identification des assurés potentiellement à risque. 58 Echange téléphonique avec un référent PDP de la CPAM du Maine et Loire. 46 3. Bilan général : L’étude des deux parcours attentionnés montre que les CPAM occupent une place centrale dans les dispositifs d’accompagnement, dont la proximité avec la problématique de l’aidant Alzheimer présente une perspective de transposition. En effet, les CPAM détiennent dans leur système d’information, les informations relatives aux assurés – montant des indemnités journalières, durée de l’arrêt de travail, domicile, médecin traitant, consommation de médicaments, etc…, nécessaires pour étudier leur profil et effectuer les ciblages sur la base de plusieurs critères. En fonction du public cible, des recherches sont effectuées et les assurés peuvent ainsi être contactés. Ce sont les CPAM qui ont mis en place les premiers parcours attentionnés : aujourd’hui, neuf parcours sont gérés par les CPAM. La branche Maladie a donc l’expérience et la légitimité pour être pilote du parcours attentionné relatif aux aidants des malades Alzheimer. Concernant les aidants des malades d’Alzheimer, la présence des CPAM en tant que pilote du dispositif se justifie également par le fait que l’information à la base de l’étude est d’ordre médical et nécessite une relation avec les médecins généralistes par l’intermédiaire des Délégués de l’Assurance Maladie (DAM). Le Service médical a également toute sa place dans ce dispositif. Mais ce rôle incontournable de l’Assurance Maladie dans la mise en œuvre des parcours attentionnés, notamment à destination des aidants des malades d’Alzheimer, est aussi justifié par la place centrale du médecin traitant dans le dispositif. 47 B. La place du médecin traitant dans le parcours attentionné : Le médecin traitant est au cœur des dispositifs de prise en charge des patients en ce qui concerne les soins primaires. C’est le premier professionnel de santé a même de constater la dégradation de l’état de santé de son patient et de rédiger une demande de protocole d’accord en ALD. Ce rôle et ses évolutions sont largement décrits dans le cadre conventionnel. La création de la Visite longue (VL) à la NGAP permet d’assoir la légitimité de son intervention auprès du malade d’Alzheimer et de l’aidant. 1. Le médecin traitant point d’entrée du parcours de soins La convention médicale de 2011 réaffirme le rôle spécifique du médecin traitant. Aux termes de l’article 12.1, le médecin traitant : – assure le premier niveau de recours aux soins ; – contribue à l’offre de soins ambulatoire ; – participe à la prévention, au dépistage, au diagnostic, au traitement et au suivi des maladies ainsi qu’à l’éducation pour la santé de ses patients ; – oriente le patient dans le parcours de soins coordonnés ; – informe tout médecin correspondant des délais souhaitables de prise en charge compatibles avec l’état de santé du patient ; – rédige le protocole de soins en tenant compte des propositions du ou des médecins correspondants participant à la prise en charge du malade ; – favorise la coordination par la synthèse des informations transmises par les différents intervenants et veille à l’intégration de ces synthèses dans un dossier médical personnel ; – apporte au malade toutes les informations permettant d’assurer une permanence d’accès aux soins aux heures de fermeture du cabinet. Le médecin est ainsi le point d’entrée du parcours de soins du malade et a un rôle d’intervention en santé publique au moyen de la prévention et de l’éducation du patient. La convention médicale envisage des évolutions, et place le médecin traitant au cœur de la coordination entre différents acteurs de santé afin d’assurer, selon l’article 16 de cette même convention : 48 … d’une part, la fonction de synthèse médicale et de prise de décision sur les orientations et les changements de prise en charge, assurées par le médecin traitant ; d’autre part, l’accompagnement médico-social de la personne et des aidants familiaux, à la fois soignant et social, qui garantit la vigilance et la circulation de l’information, ainsi que l’aide pour les démarches administratives. Cet accompagnement peut être assuré selon le type et le niveau de besoin, par différents professionnels de santé ou encore par une structure pluri professionnelle. Cette réflexion est en cours d’évaluation concernant les nouveaux modes de rémunération menées sur la base de l’article 44 de la loi no 2007-1786 du 19 décembre 2007. Sa légitimité est renforcée en ce qui concerne son rôle dans l’amélioration de la prise en charge de certaines pathologies chroniques59 et dans son rôle auprès de l’aidant. Il y a ici une prise en compte des préconisations du Plan Alzheimer 2008-2012. Ainsi, l’article 27.2 de la convention indique-t-il clairement que : Les patients atteints de maladies neuro-dégénératives, et tout particulièrement ceux atteints de la maladie d’Alzheimer, nécessitent un suivi attentif et une évaluation périodique de leur pathologie. Une consultation réalisée au domicile du patient et en présence des aidants naturels apparaît nécessaire pour mieux appréhender la situation du patient dans son environnement habituel et mieux répondre à ses besoins et à ceux de son entourage. Les parties conviennent de la nécessité de valoriser ce rôle du médecin traitant et entendent favoriser la création d’une visite longue et complexe valorisée à hauteur de 2V et dénommée Visite longue (VL). 2. Cette visite longue et complexe est aujourd’hui effective suite à la publication au J.O. du 21 février 2012 de la Décision du 20 décembre 2011 de l'Union nationale des caisses d'assurance maladie relative à la liste des actes et prestations pris en charge par l'assurance maladie : 59 Se référer à l’article 27.2 de la convention médicale. 49 Le texte de la NGAP à l’article 15.2.3 sur la consultation réalisée au domicile du patient atteint de maladie neuro-dégénérative par le médecin traitant, prévoit que : La visite longue et complexe, réalisée par le médecin traitant au domicile du patient, en présence des aidants habituels, concerne les patients en ALD pour une pathologie neuro-dégénérative identifiée, particulièrement ceux atteints de la maladie d'Alzheimer et de la maladie de Parkinson. Cette visite est dénommée VL. Elle peut être tarifée une fois par an et/ou en cas de modification de l'état de santé du patient ou de son environnement nécessitant de réévaluer l'adéquation entre les besoins du patient et des aidants naturels et les moyens mis en place. Au cours de cette visite, le médecin traitant : ― réalise une évaluation gérontologique comprenant notamment l'évaluation de l'autonomie et des capacités restantes, l'évolution des déficiences (cognitives, sensorielles, nutritionnelles, locomotrices), l'évaluation de la situation familiale et sociale ; ― assure la prévention de la iatrogénie médicamenteuse ; ― repère chez les aidants naturels d'éventuels signes d'épuisement physique et/ou psychique ; ― informe le patient et les aidants naturels : ― sur les coordinations possibles avec d'autres intervenants ; ― sur les structures d'aide à la prise en charge : accueil de jour, hébergement temporaire, réseaux et associations ; ― sur la possibilité de formation pour les aidants naturels ; ― sur la possibilité d'une protection juridique du patient ; ― inscrit les conclusions de cette visite dans le dossier médical du patient. La Visite longue (VL) concerne les patients présentant une ALD exonérante et une maladie d’Alzheimer diagnostiquée, vivant à domicile. Elle est tournée vers le malade. Mais elle se déroule au domicile du patient en présence de l’aidant naturel et il est clairement inscrit une action envers les aidants. 50 Il s’agit en effet pour le médecin traitant de : - Repérer et prévenir un épuisement ou une souffrance excessive : troubles du sommeil, troubles anxieux ou dépressifs… parfois source de maltraitance pour le patient Alzheimer. Si nécessaire, proposer une consultation dédiée, réalisée par le médecin traitant de l’aidant qui surveillera tout particulièrement son état psychique, son état nutritionnel, et son niveau d’autonomie et mettra en place les mesures adéquates ; - Informer et sensibiliser l’aidant aux différentes structures d’aide et de conseil : accueil de jour, hébergement temporaire et plateformes de répit. Ces données sont disponibles sur le site du Plan Alzheimer 20082012. Il s’agit de présenter le soutien individuel ou collectif des aidants organisés par les associations de patients et les plateformes de répit, les formations de courte durée proposées par les associations de patients (France Alzheimer) et l’ARS. - Sensibiliser le patient et l’aidant à l’intérêt de la carte d’urgence. Cette carte nominative mentionne le diagnostic de la maladie et les coordonnées des personnes à contacter : aidants, professionnels de santé. Le médecin traitant propose cette carte au patient et la renseigne avec son accord et en sa présence. La carte a été élaborée, à l’origine, dans le cadre du Plan Alzheimer par un groupe d’experts associant des professionnels de santé spécialistes de la maladie et des représentants de l’Association France Alzheimer. Elle était éditée et distribuée par l’Association France Alzheimer avec le soutien du Ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports. Le ministère de la santé a réactualisé cette carte début 2012. La Visite Longue, cotée 2V, permet par la revalorisation tarifaire de la visite réalisée à domicile auprès du patient Alzheimer, de positionner comme légitime l’action du médecin traitant, y compris auprès de l’aidant. Elle apparaît donc comme un bon levier pour impliquer les médecins traitants. Ainsi, le médecin traitant a vocation à être un acteur majeur dans le modèle projeté de parcours attentionné. 51 Partie II - La phase de mise en œuvre du parcours Le diagnostic global vient donc confirmer le postulat selon lequel l’Assurance Maladie a un champ d’intervention potentiel légitime pour contribuer à accompagner les aidants, dans le respect des compétences qui lui sont assignées : une problématique de santé publique, étayée par les données chiffrées, à laquelle l’état de l’offre de services d’aide ne permet pas d’apporter une réponse satisfaisante, ainsi qu’une expérience en parcours attentionnés que la branche peut raisonnablement envisager de transposer sous certaines conditions dans le domaine de l’accompagnement des aidants. Au stade de la conception du parcours, il est possible de poser les hypothèses de parcours permettant de dessiner les contours d’un futur mode opératoire. Leur confrontation aux circonstances de terrain, au fil des rencontres avec les acteurs compétents de l’Assurance Maladie, doit permettre de pouvoir arrêter les solutions tenant lieu d’armature du projet de parcours. I – LES ETAPES DE LA CONCEPTION DU PARCOURS ET L’IMPACT DES ECHANGES AVEC LES ACTEURS La formulation des hypothèses de parcours faisant suite au diagnostic doit stratégiquement tenir compte de leur possibilité de discussion, auprès des acteurs de la branche Maladie qui sont appelés à émettre une opinion d’orientation. L’idée implicite consiste à enrichir le projet de parcours (A), dont on entend sélectionner les composantes susceptibles de généralisation, par des paramètres empiriques conditionnant la recevabilité du projet (B). 52 A - Une hypothèse initiale de parcours : L’objectif initial de la recherche-action est de formaliser une phase préfiguratrice de parcours attentionné au profit des aidants des malades Alzheimer, au sein de trois CPAM volontaires situées dans les départements de la Loire, du Maine-et-Loire et du Gers. Ce mode opératoire préfigurateur a pour objet d’évaluer l’intérêt du parcours, de le réadapter et de le généraliser à l’appui de configurations locales génériques. Ce projet est en interface avec la création récente de la Visite longue (VL), inscrite à la NGAP depuis février 201260, et des projets menés concomitamment : - dans le département du Maine-et-Loire, dont la mise en œuvre du dispositif portant sur la Maison Autonomie Intégration Alzheimer (MAIA) ; - la Cohorte Observationnelle du Malade d’Alzheimer et de ses Proches (COMAP) qui se déroule dans les régions Pays-de-la-Loire et Rhône-Alpes, dans le but d’identifier les déterminants médicopsychologiques, socio-économiques et environnementaux du couple « patient-aidant » associés à l'institutionnalisation du malade Alzheimer. 60 L’article 15.2.3 de la NGAP porte sur la « consultation réalisée au domicile du patient atteint de maladie neuro-dégénérative par le médecin traitant », c’est-à-dire la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson. 53 1. Le schéma général du parcours attentionné Alzheimer Consultation mémoire (CM) Diagnostic maladie d’Alzheimer Médecin traitant (MT) Déclaration ADL15 Caisse primaire assurance maladie (CPAM) − Aidant principal : Age>75 ans − Lieu de vie domicile : Oui − Stade de la maladie : Légère à sévère Courrier MEDECIN TRAITANT (Visite longue) Courrier AIDANT AIDANT - Information sur aides (CLIC - Association France Alzheimer) - MALADE ALZHEIMER Epuisement Information aides - Evaluation Gérontologique standardisée - Limitation prescription psychotropes Les lignes directrices du parcours initialement proposé sont les suivantes : - L’entrée du parcours est envisagée à partir de l’identification de l’aidant grâce aux données issues des systèmes d’information de l’Assurance Maladie, c’est-à-dire les bases du service médical et des services administratifs ; - Un recrutement de 100 aidants naturels a été retenu dans le cadre d’une expérimentation en deux temps, après un retour d’évaluation sur une première cohorte de 50 aidants. Ce recrutement doit se faire auprès de trois caisses d’Assurance Maladie (CPAM de la Loire, du Maine-etLoire et du Gers) ; - La sensibilisation est réalisée à l’aide d’un courrier destiné à l’aidant. Ce courrier doit permettre d’alerter l’aidant sur l’existence d’une Visite longue, à l’occasion de laquelle le médecin traitant du malade d’Alzheimer doit s’intéresser à l’état de santé de l’aidant et à ses besoins d’information. Ce courrier est aussi le support d’information concernant 54 les associations existantes et les aides possibles. L’idée est d’inciter l’aidant à se rapprocher des structures d’aide et du médecin traitant du malade qu’il accompagne. - Le médecin traitant du malade, par courrier ou par mail, est informé de la campagne de sensibilisation portée auprès de l’aidant. Les modalités de la Visite longue pour le malade et pour l’aidant lui sont précisées. 2. Les éléments de questionnement préalable Dans le prolongement des hypothèses émises en vue de déterminer une première ébauche de projet de parcours, certains éléments de questionnement sont apparus utiles à la réflexion. 2.1 Concernant le recrutement de l’aidant - Le constat initial : l’information connue concerne le malade et non l’aidant L’information concernant l’entrée en ALD est communiquée par le médecin traitant du malade au Service Médical, via la rédaction du protocole ALD 15. Elle est saisie dans le système d’information. Si le protocole ALD 15 permet de connaître le malade, il ne permet toutefois pas d’identifier l’aidant. - Les sources d’information concernant le nom de l’aidant Le Service Médical près de la Caisse Primaire n’a pas connaissance de cette information. Il est donc nécessaire d’y remédier en cherchant d’autres sources afin de cibler les aidants. Les services hospitaliers de consultation mémoire (CM2R), associations, certains professionnels de santé libéraux (pharmaciens d’officine, infirmiers libéraux…) peuvent chacun représenter une source de recrutement61. 61 Les sources de recrutement susmentionnées, pouvant être interprétées comme étant alternatives aux requêtes, présentent le risque de contrarier la finalité d’un point d’entrée générique de parcours touchant le maximum de personnes. Les informations à remonter à la CPAM ne permettraient d’établir par agrégation qu’une liste partielle des aidants, car elles 55 Dans l’optique d’une généralisation, il importe de rechercher un moyen de systématiser la collecte de l’information pour atteindre le maximum de bénéficiaires potentiels. Du point de vue du patrimoine informationnel que détient chaque CPAM, certaines questions se posent : - Dans la mesure où l’identification de l’aidant suppose le croisement d’informations détenues par le Service Médical et par les services administratifs (sur les éléments d’adresse), quelles requêtes faut-il réaliser à cet effet ? Des requêtes sur les personnes domiciliées au même domicile qu’un malade en ALD 15 seraient-elles suffisamment fiables pour repérer l’aidant ? Une autorisation de la CNIL est-elle requise à cet effet ? - Une autre solution serait envisageable : la collecte de l’information à partir du remplissage manuel par le médecin traitant du pavé sur les « informations concernant la maladie » dans le protocole ALD 15. 2.2 Concernant la sensibilisation du médecin traitant du patient La sensibilisation peut être envisagée par deux moyens, cumulatifs ou non : - Un courrier ou un mail adressé respectivement à l’aidant et au médecin traitant du malade d’Alzheimer, serait de nature à attirer l’attention sur la possibilité de recourir à la Visite longue pour s’intéresser à l’aidant. - Cette sensibilisation pourrait davantage passer par les Délégués de l’Assurance maladie (DAM), à l’occasion d’une visite auprès du même médecin traitant. Elle s’inscrirait dans le cadre de la dépendent du recours aux structures de prise en charge par les aidants. Seuls les aidants recevant déjà une aide, et donc étant déjà identifiés comme tels, seront recensés dans cette liste. Or le parcours vise aussi largement l’ensemble des aidants ne connaissant ou ne recevant pas l’aide des structures et services existants. Par exemple, le domaine associatif, pour lequel le poids en termes d’adhérents est faible, ne possède pas une liste étendue des aidants. 56 promotion de la VL, avec une attention plus particulière à porter à l’aidant. 2.3 Concernant les modalités d'évaluation du parcours à la suite de la Visite longue Il paraît souhaitable de réaliser deux types d’enquête suite à la VL : - La première enquête viserait l’aidant à travers un questionnaire de satisfaction, afin d’évaluer l’impact de l’information donnée, en vérifiant par exemple le recours aux associations et structures d’aide. - La seconde enquête consisterait en un questionnaire rempli par le médecin traitant sur son ressenti quant à l’efficacité de la VL. Le questionnaire d’évaluation serait réalisé avec la précaution qui s’impose afin d’éviter de donner l’impression de porter une appréciation sur la qualité de la pratique médicale. B - L’hypothèse initiale de parcours à l’épreuve de la rencontre des acteurs: A la lumière des premiers jalons posés par les hypothèses de parcours et les éléments de questionnement qui leur sont associés, la recevabilité du projet de parcours suppose une part de négociation auprès des acteurs étant éventuellement appelées à le porter. En effet, la modélisation du projet de parcours suppose que l’Assurance Maladie soit en mesure de s’approprier la démarche proposée, en l’adaptant à sa stratégie d’offre de services et aux circonstances de terrain. L’organisation de rencontres a permis de recueillir de la part de la CNAMTS les éléments de cadrage nécessaires, ainsi que les réflexions surgissant à la lumière des réalités locales62. 62 Dans les faits, la CPAM de la Loire est l’interlocuteur privilégié du groupe de rechercheaction. 57 1. Les acteurs à compétence nationale : les éléments de cadrage de la CNAMTS Le point de vue de la CNAMTS a permis de reconstituer les données de cadrage enserrant le projet de parcours. Un accord de principe, prévoyant la remise ultérieure d’un cahier des charges63, a été donné au groupe de recherche-action pour mettre en application le dispositif envisagé par la CNAMTS. 1.1 - Les Médecins-conseils de la CNAMTS64 (Docteurs J.-L. Touré et P. Gabach) D’après les Médecins-conseils de la CNAMTS, le projet de parcours attentionné s’expose à plusieurs freins : - Concernant le ciblage des aidants par indication de leur nom dans le protocole ALD Les Médecins-conseils ont émis des réserves liées au contexte actuel de révision des protocoles ALD 15. La révision des ALD 15 par le Service Médical est une procédure longue et lourde qui peut prendre cinq ans. Le surcroît de travail auquel doivent faire face les Services Médicaux rend inenvisageable cette hypothèse : les informations concernant les aidants supposent de nouvelles saisies manuelles par les agents du Service Médical. Si les saisies manuelles étaient intégrées dans les systèmes d’information, il serait nécessaire de créer une nouvelle chaîne informatique pour isoler ces protocoles. Or, cette opération serait complexe, longue et coûteuse. Par conséquent, au lieu d’identifier les aidants à l’aide de la déclaration apposée sur le protocole ALD 15, il est préférable de privilégier une identification reposant sur des requêtes informatiques à partir des bases de l’Assurance Maladie. 63 64 Cf annexe n°2- Note de cadrage à destination de la CNAMTS. Rencontre dans les locaux de la CNAMTS en date du 16 mars 2012. 58 - Concernant l’articulation du projet de parcours avec la Visite longue telle que celle-ci est entendue par la CNAMTS Il n’existe pas en l’état de consultation dédiée à l’aidant indépendamment du malade. La CNAMTS rappelle que la création de la Visite longue (VL) permet de corriger cette carence grâce à la présence requise de l’aidant. La CNAMTS souhaite qu’au moment de la visite, le médecin fasse le lien avec l’aidant pour qu’il lui transmette toute l’information utile. Le but de la VL est notamment d’anticiper une dégradation de son état de santé et de le rediriger à temps vers les bons spécialistes, afin de prévenir les coûts d’une hospitalisation inopinée. Cette VL serait en outre une première étape vers une différenciation de la tarification des médecins traitants. - Concernant l’évaluation de la Visite longue La nouvelle Visite longue donnera lieu à des négociations avec les syndicats de médecins, qui s’y opposeront probablement. En effet, du point de vue des représentants, le dispositif présenterait le risque de permettre à la CNAMTS de porter une appréciation sur l’activité des médecins. Le bon usage de la visite longue suppose, par ailleurs, d’approfondir la problématique des échelles d’évaluation à transmettre aux médecins traitants, ce qui pose la question des critères à retenir pour l’évaluation. Si l’Assurance Maladie est présentée comme l’acteur facilitateur, l’opérateur n’apparaît pas en première ligne pour proposer une échelle d’évaluation de la VL à destination de l’aidant : - Cette échelle d’évaluation est issue des Recommandations de bonnes pratiques de la Haute autorité de Santé (HAS) datant de février 2010 et de décembre 2011. Sur ces bases la CNAMTS a aussi élaboré un Mémo sur la Visite longue qui précise les traits principaux de la VL. - Un document de l’INPES donne aussi la trame de la VL, et indique les thèmes que le médecin doit aborder. Ces documents peuvent donc constituer une référence pour la mise en œuvre de la VL auprès de l’aidant, par le médecin traitant du malade. 59 - Concernant le courrier envoyé à l’aidant Il serait utile d’adopter un langage prudent et d’écrire à la fois à l’aidant et au malade65. Le but est d’éviter que l’aidant qui ignore éventuellement l’état de santé de son proche ou bien le malade qui ignore parfois la gravité de son état de santé, se trouvent brutalement confrontés à cette réalité à la lecture du courrier adressé. - Concernant l’articulation avec le dispositif MAIA issu du Plan Alzheimer 2008-2012 Il a été utile de préciser que notre parcours n’avait pas vocation à empiéter sur le rôle des MAIA, mais plutôt d’établir un lien entre l’Assurance maladie et l’aidant, puis de renvoyer ensuite aux MAIA le soin d’orienter les aidants vers les aides qui leurs correspondent. 1.2 – Le point de vue de la Direction déléguée aux Opérations (DDO) de la CNAMTS (Madame M-F Bégot-Fontaine, Directrice de cabinet)66 La rencontre avec Madame M.-F. Bégot-Fontaine a permis de confirmer la légitimité de l’Assurance Maladie à intervenir dans le suivi de l’aidant. Sur le fondement de la convention médicale de 2011, la visite longue (VL) s’intéresse à la situation de l’aidant dans l’intérêt de la prise en charge de la maladie d’Alzheimer. Si le dispositif représente un point d’entrée pour diriger l’aidant dans un parcours, l’Assurance Maladie a vocation à tirer profit de ses relations avec les professionnels de santé pour faciliter sa mise en œuvre. En tant qu’acteurs de l’accompagnement, les Délégués de l’Assurance Maladie (DAM) nouent notamment un dialogue privilégié avec les médecins généralistes. 65 Le point de vue de la Direction déléguée aux opérations (DDO) va dans ce sens : la même précaution s’impose quant à la rédaction du courrier à destination de l’aidant. Afin que ces courriers ne heurtent pas la sensibilité des malades et des aidants, il est préférable de s’adresser à la CPAM volontaire pour expérimenter, pour qu’elle s’assure du respect d’un langage approprié à ce type de courriers. 66 Rencontre dans les locaux de l’EN3S en date du 21 mars 2012. 60 Certaines précisions ont été apportées sur les limites du positionnement de l’Assurance Maladie. Ne disposant pas du dossier médical de l’aidant, il ne s’agit pas de se substituer au médecin traitant dans l’intervention envisagée. Il ne s’agit pas non plus d’assumer certaines responsabilités que les associations de patients peuvent prendre en charge, comme en matière d’information aux familles67. L’expérimentation menée avec une CPAM volontaire doit pouvoir respecter les préconisations suivantes : - Sur les modalités d’identification de l’aidant en tant que catégorie statistique Il est nécessaire d’établir une liste des aidants. L’Assurance Maladie ne disposant pas du dossier médical de l’aidant, il n’est possible de détecter ce dernier que par le biais de la connaissance de l’aidé, dont l’état de santé est retracé dans les bases du Service médical. Cette réalité constitue une difficulté de taille. Afin d’y pallier, il est envisagé de procéder à un requêtage, en croisant les données administratives avec les informations médicales, afin de connaitre la liste des malades Alzheimer reconnus en ALD 15. Cette opération doit intégrer un ensemble de contraintes : - Sur le plan juridique, la protection légale du secret médical suggère de prendre les précautions nécessaires sur les possibilités de rapprochement. En l’état, une déclaration faite auprès de la CNIL permet d’exploiter la synergie des informations administratives et médicales sous réserve de leur anonymisation. La question consiste à déterminer si le croisement des données s’inscrit dans un dispositif couvert par la déclaration et dont on effectue une évaluation – ce qui serait le plus probable, ou s’il s’agit dans la négative d’un nouveau dispositif supposant d’élargir la déclaration. 67 Le thème de l’élaboration des plaquettes de promotion sur l’offre de services d’aides aux aidants, et de l’actualisation qui doit en découler périodiquement, a été particulièrement visé. 61 - Sur le plan technique, il importe de déterminer le niveau pertinent de croisement des fichiers. En fonction de la localisation des données dans les bases informatiques, au niveau local ou régional, les ELSM ou bien les DRSM seraient les interlocuteurs à privilégier. La prise en considération des contraintes induites par le requêtage suggère de les confronter aux limites de la méthode, dans la mesure où les patients Alzheimer n’ont pas nécessairement d’aidants. Des solutions alternatives sont donc à étudier : l’envoi de courriers aux malades ou le rapprochement avec les associations de patients en vue d’affiner la connaissance du public aidant. Il serait dans ce cas intéressant de recenser le nombre d’aidants du département concerné par l’expérimentation, avec l’aide des associations locales compétentes68. - Sur la méthode à suivre pour atteindre le public aidant Une fois établie la liste des aidants, il appartient à la CPAM d’envisager les modalités de mise en relation avec l’aidant, soit directement soit par le biais du médecin traitant du patient avec l’appui du service en charge des statistiques. L’échange avec les aidants peut se faire par courrier ou par voie électronique, en utilisant les adresses électroniques qui figurent dans leurs comptes « ameli », pourvu que l’on procède à une estimation au préalable des charges à prévoir (frais d’affranchissement…). Les campagnes effectuées périodiquement par les DAM auprès des généralistes peuvent inclure un argumentaire spécifique sur l’aidant dans le cadre de la mise en œuvre de la visite longue (VL) : 68 L’intérêt de la démarche réside dans le fait que l’Assurance Maladie serait en mesure d’établir une liste de médecins traitants à accompagner, à partir de celle concernant les aidants. Il est suggéré que chaque association enrichisse l’information à remonter à la CPAM en demandant à chaque aidant d’indiquer le nom de son médecin traitant (pourvu que ce soit le même que celui du patient malade d’Alzheimer), dès lors que le même aidant se fait connaître. Une limite tient toutefois au fait que l’information est nécessairement incomplète car elle dépend du recours des aidants aux structures associatives. Recours qui reste faible dans les faits : l’association France Loire Alzheimer par exemple, couvre un public d’environ 200 adhérents dans un département qui comporte 13.741 malades. 62 - Il s’agirait de remettre aux médecins traitants ayant une certaine volumétrie de patients en ALD 15 la liste des aidants, assortie d’une sensibilisation à l’importante que la Visite longue doit accorder à l’aidant, et du profil-type de l’aidant au niveau local. Puis de vérifier à l’occasion de la prochaine vague de visites faites par les DAM l’impact de la Visite longue sur l’aidant ; - Si nécessaire, l’envoi d’un courrier ou d’un mail de sensibilisation aux mêmes médecins traitants voire aux autres médecins susceptibles d’intervenir dans l’annonce et l’accompagnement de la maladie, serait envisageable dans un second temps. Sachant que le discours des DAM sur la visite longue est orienté par un Mémo récent de la CNAMTS69, il est possible de convenir avec la CPAM expérimentatrice que les DAM développent un argumentaire particulier sur l’aidant auprès des médecins, en valorisant les échelles d’évaluation de leur état de santé. -Sur l’évaluation de l’impact de la visite longue sur l’aidant Une insistance particulière a été portée sur la nécessité de co-construire l’évaluation du dispositif avec la CPAM, c’est-à-dire avec les DAM et les médecins-conseils du Service médical. Il a été recommandé de construire et de valider le questionnaire visant à mesurer auprès du public aidant et/ou des médecins l’impact de la visite longue avec les DAM et le Service médical. En effet, il convient d’établir un bilan partagé entre les DAM et les médecins-conseils sur la réception et/ou la plusvalue de la visite longue sous l’angle de l’aidant, de sorte à réadapter le projet de parcours proposé si nécessaire. 69 Cf annexe N°3-memo visite longue CNAMTS février 2012 63 2. Les acteurs à compétence locale : l’éclairage particulier de la CPAM de la Loire sur les paramètres de terrain Les relations fréquentes avec la CPAM de la Loire ont, par ailleurs, conduit à privilégier une expérimentation éventuelle dans ce département. Il résulte des réunions successives, que les services administratifs compétents70 ont fait part de leurs précieuses suggestions à prendre en compte au regard des circonstances locales. Les thèmes suivants ont permis de prendre connaissance des questionnements qu’une CPAM volontaire peut avoir au stade de l’expérimentation d’un parcours attentionné 71. 2.1 Les discussions relatives au point d’entrée du parcours Deux modalités sont envisageables concernant le point d’entrée du parcours : 1° Le médecin traitant du patient, identifié au moyen d’une requête informatique ; 2° Le Centre d’examens de Santé (CES), s’appuyant sur les possibilités de signalement que le Service social de la CARSAT centralise. Le pari du point d’entrée générique touchant le plus de bénéficiaires potentiels conduit à privilégier la médecine de ville, ce qui est de nature à conforter le rôle de l’Assurance Maladie. - La requête ciblant les médecins traitants ayant dans leur patientèle des malades d’Alzheimer et par conséquent des aidants potentiels : Le Docteur Beauchet explique que la cohorte COMAP est en cours d’exploitation avec l’appui de la Direction régionale du Service médical (DRSM) de la région Rhône-Alpes. L’expérimentation vise à permettre à certains médecins traitants de réaliser des Visites longues auprès des patients 70 Nous avons notamment rencontré la Directrice de la Santé (Madame I. Dumont), la Responsable du Service des DAM (Madame E. Boyer), la Responsable du Service des Statistiques (Madame N. Larnaud), la Responsable administrative du Centre d’examens de Santé de Saint-Etienne (Madame M. Pellicier) à l’occasion des réunions des 2 mai, 1er juin et 21 juin 2012, pour lesquelles nous tenons à exprimer nos remerciements. 71 Eléments de conclusion tirés des réunions des 1er juin et 21 juin 2012 (avec la présence téléphonique du Docteur O. Beauchet) dans les locaux de la CPAM de la Loire. 64 malades d’Alzheimer. A cette fin, une requête a été lancée. Il semble possible d’en extraire une partie sous la forme une « sous-requête », pour les besoins de notre projet de parcours. Cette « sous-requête » croiserait le nom des médecins traitants avec le nombre de patients atteints d’Alzheimer déclarés en ALD 15. Le but est de déterminer les médecins traitants ayant dans leur patientèle des malades d’Alzheimer déclarés en ALD 15. Cette démarche démontre que cette requête est techniquement simple et faisable. Le Docteur Beauchet tire les conclusions de l’expérience, en indiquant qu’aucun des médecins traitants participants n’a refusé de réaliser des Visites longues. Cela s’explique par le fait que les médecins récoltaient déjà auparavant un certain nombre d’informations sur leurs patients, mais sans aucun formalisme. Désormais, on les rémunère pour renseigner des fichiers avec des informations que les médecins collectent spontanément. Les Délégués de l’Assurance Maladie (DAM) ont objecté que certains médecins ne remontaient pas les informations à l’occasion de leur activité, et ne renseignaient pas les bases informatiques de l’Assurance Maladie. Pour y remédier, les DAM pourraient rappeler aux médecins qu’ils visitent l’obligation de renseigner les fichiers informatiques. Dans la mesure où les médecins traitants savent qu’ils recevront deux fois par an une visite des DAM et qu’ils seront rémunérés pour renseigner des fichiers avec les informations qu’ils récoltaient déjà, cette pratique devrait se raréfier. Il convient de s’interroger quant au choix des médecins traitants pour expérimenter. Il importe, selon Madame Dumont, de se fonder sur les résultats de la requête pour sélectionner une dizaine de médecins comportant dans leur patientèle un certain nombre de malades d’Alzheimer, et de ne pas tester le dispositif sur des médecins choisis au hasard. Pour que l’efficacité du dispositif soit maximale, il doit être testé sur les médecins les plus concernés, dépassant un seuil significatif de patients en ALD 1572. 72 Le seuil de significativité pourrait s’établir à dix patients malades d’Alzheimer par médecin traitant. S. Pin Le Corre et D. Somme révèlent, dans les données issues du Baromètre Santé Médecins généralistes 2009 (INPES), que 30,7% des médecins généralistes interrogés déclarent avoir accompagné plus de dix patients atteints de la maladie d’Alzheimer lors de 65 Madame Dumont signale qu’un médecin généraliste volontaire issu de la Commission paritaire locale des médecins de la Loire a accepté de se prêter à une phase de « pré-test »73. Il serait possible de l’interroger sur le parcours, en amont de la tenue d’une réunion avec les DAM qui viserait à déclencher l’expérimentation du parcours et de ses composantes. Sur le plan du champ de la requête, l’estimation des cas d’Alzheimer déclarés en ALD 15 dans le département de la Loire s’élève à 4.217 personnes reconnues en 2010, soit 845 nouveaux cas par rapport à l’année 200974. Sur ces 4.217 malades, certains sont cependant en établissement même si les familles n’ont pas nécessairement signalé leur changement de domicile. S’il apparaît nécessaire d’exclure les malades en établissement de la requête, le nombre d’aidants ciblés sera nécessairement inférieur à 4.217 personnes. La difficulté touche au fait de savoir si les malades ont été placés en EHPAD (même si la CNAMTS n’exclut pas d’étendre la VL aux malades résidents en EHPAD75). Pour le savoir, il faudrait effectuer une autre requête consistant à croiser la notion de résidents en EHPAD avec la liste des malades d’Alzheimer. La CPAM dispose d’ailleurs à cet effet d’une liste des résidents en EHPAD76. Il reviendrait éventuellement à la DRSM de réaliser cette requête. Toutefois, il serait sans doute nécessaire de déclarer la requête à la CNIL avant de la réaliser : le délai d’attente précédant l’aboutissement de cette formalité étant de deux mois, la mise en œuvre du projet de parcours risque d’être retardée. Pour contourner cette difficulté, nos interlocuteurs proposent d’élargir notre sujet à l’aidant quel que soit son âge : ces aidants sont majoritairement âgés de 60 ans et plus. Ce choix serait justifié pour des raisons techniques, tenant à la difficulté d’isoler dans une requête les aidants de plus de 65 ans, en excluant les aidants jeunes sur le plan informatique. Ce parti pris ne changera pas forcément en pratique la mise en œuvre de la VL : il suffira au médecin traitant l’année précédente, ce qui permet d’avoir une estimation sur le volume de médecins à accompagner. 73 La phase de pré-test n’a pu être menée. 74 D’après les études de la CNAMTS pour l’année 2010. 75 Conformément à la circulaire CNAMTS CIR-6/2012, point VII. 76 Tous les 6 mois, les EHPAD donnent la liste de leurs résidents dans une base de données qui appartient aux fichiers du service administratif de la CPAM. 66 d’opérer une évaluation de l’état de santé des aidants calibrée en fonction de l’âge du patient, qui sera forcément plus poussée quand l’aidant sera âgé. Le DAM rappellerait au médecin traitant que la VL doit être plus longue pour les aidants de plus de 65 ans. Il est donc envisagé de contourner ces difficultés techniques et juridiques en demandant deux requêtes distinctes : - l’une concernant l’identification des médecins traitants les plus concernés, c’est-à-dire ayant dans leur clientèle plus de 10 patients atteints d’Alzheimer et déclarés en ALD, en intégrant les patients résidant dans les EHPAD, - l’autre ayant le même objet et excluant les patients résidant dans les EHPAD. - Une proposition alternative de parcours faisant intervenir le Service social de la CARSAT et impliquant davantage le tissu associatif en amont de la prise en charge Les contraintes induites par les possibilités de requêtage sur les fichiers suggèrent aussi de rechercher des solutions alternatives en vue d’identifier les aidants. Dans cette perspective, il est concevable d’envisager un rapprochement partenarial avec les multiples acteurs intervenant localement dans le champ de l’accompagnement des aidants. A l’appui de l’expérience menée récemment à Saint-Etienne par le Centre d’examens de santé (CES), en matière de suivi sanitaire des aidants ayant recours aux services d’aide, il ressort des discussions qu’un autre projet de parcours-type de prise en charge est envisageable sous certaines conditions77. 77 Même si le Centre d’examens de Santé (CES) agit pour le compte de la CPAM, ce point d’entrée éventuel tend à minorer l’importance de la médecine de ville, et par la même à reléguer l’Assurance Maladie dans un rôle indirect ou supplétif. Cette situation risque de jouer à rebours de l’idée d’un parcours touchant le maximum de bénéficiaires potentiels. Compte tenu du faible nombre d’aidants potentiels, les résultats semblent incertains face à l’enjeu de santé publique. 67 La proposition alternative de parcours attentionné ferait intervenir de façon centrale le Service social de la CARSAT, dans la mesure où celui-ci dispose d’une connaissance du maillage associatif et local propre à rassembler les informations relatives aux aidants, et des moyens d’accompagnement afférents78. L’intervention fait en ce sens écho à l’implication de la branche vieillesse dans l’autonomie des personnes âgées, laquelle est susceptible d’être couplée à la prise en charge de certaines pathologies, au moyen de partenariats conclus localement avec les Centres d’examens de Santé (CES)79. Il reviendrait à la CARSAT de recruter les aidants par tous les moyens de signalements émanant des services auxquels les personnes concernées ont eu recours (antenne locale de France Alzheimer, Maison départementale de l’autonomie…). Les aidants se verraient proposer le bénéfice d’un suivi sanitaire au sein du Centre d’examens de Santé (CES) de leur ressort géographique, comprenant plusieurs réunions et un bilan de santé. Il est concevable d’articuler l’hypothèse de parcours avec la Visite longue, dans la mesure où l’intervention médicale du CES peut se prolonger par l’implication du médecin traitant de l’aidant. La procédure appelée « suites d’examens de santé » permet à l’aidant de bénéficier d’une consultation gratuite auprès de son médecin traitant, lequel s’est nécessairement vu adresser au préalable une copie du compte rendu médical retraçant les résultats de son « examen périodique de santé ». Il suffirait d’inclure au courrier envoyé par le médecin du CES une note de recommandation sur l’utilité et la nécessité de la Visite longue pour l’aidant. 78 Les moyens d’accompagnement social présentent l’intérêt d’aider l’aidant, au-delà du soin, dans la mise en relation avec la médecine de ville, la recherche de solutions de répit et d’accueil et les démarches administratives (MAIA). Dans certains domaines, ces moyens peuvent cependant varier d’un département à l’autre : les groupes de parole ont été mis en place soit par une association bénéficiant d’un partenariat avec la CARSAT, comme dans le cas de la Seine-Maritime, soit par le Conseil général dans d’autres départements tels que la Loire-Atlantique ou la Loire (à travers un CLIC). 79 Le Chapitre 3 de la COG 2009-2013 conclue entre l’Etat et la CNAV, relatif à la politique d’action sociale de la branche, énonce un principe de détection des risques applicables aux situations de fragilité. Il dispose en effet expressément que les plans d’autonomie des personnes (PAP) ont vocation à « mieux intégrer les priorités nationales de lutte contre la maladie d’Alzheimer… en mettant en place des modalités de détection et/ou de signalement » (point 3.2.2). L’intervention du Service social doit plus largement s’inscrire « en synergie avec les aides et prestations dont [le retraité en situation de fragilité] peut par ailleurs être bénéficiaire, dans le cadre notamment de l’Assurance Maladie et des programmes nationaux de santé publique ». 68 L’impact de la procédure aménagée est d’autant plus grand que le médecin traitant concerné a fait l’objet d’une campagne des Délégués de l’Assurance maladie (DAM) visant à promouvoir la Visite longue. L’information relative à l’identité du médecin de l’aidant à accompagner serait fournie par le CES, à l’occasion de « l’examen périodique de santé »80 voire, en amont de l’action de santé, par les structures détectant les aidants au stade du signalement81. A ce stade, les paramètres suivants sont à prendre en considération : - La faible volumétrie du recrutement, qui dépend du recours aux structures et de l’implication des aidants ayant recours aux structures: l’expérience stéphanoise révèle l’existence d’un fort ratio d’encadrement, avec la mobilisation de trois professionnels pour un public comportant entre-autres treize aidants âgés de plus de 60 ans. - Une fonction de filtrage qui échoit à l’examen périodique de santé, dans l’intérêt de cibler les situations médicales dont la complexité laisse supposer que le recours à la visite longue peut avoir une plus-value : le bilan de santé préalable permettant d’avoir une première approche de l’aidant, se pose alors, la question des critères médicaux et socio-médicaux étant laissés en seconde instance à l’appréciation du médecin traitant pour déterminer l’opportunité de la visite VL. La perspective d’une généralisation au niveau national suppose que les relations partenariales liant le Service social s’adaptent aux circonstances locales, notamment en fonction de la présence ou non de Centres d’examens de Santé dont la couverture territoriale demeure partielle. Le tableau suivant82 80 Une copie du compte rendu médical faisant suite à «l’examen périodique de santé » étant adressée au médecin traitant de l’aidant, le médecin du CES a nécessairement demandé à l’aidant le nom de son médecin traitant, qu’il suffirait de transmettre aux services de la CPAM. 81 Au stade de la remontée des signalements, il est concevable que le Service social de la CARSAT transmette parallèlement à la CPAM l’information relative à l’identité du médecin traitant de l’aidant : les structures impliquées dans les signalements pourraient demander à l’aidant se faisant connaître d’indiquer le nom de son médecin. 82 Source : Résumé des échanges ayant eu lieu dans les locaux de la CPAM de la Loire en présence de Madame I. Dumont, Directrice de la Santé, et de Madame M. Pellicier, 69 permet de synthétiser les déclinaisons du projet de parcours-type, selon le critère de l’état de l’offre existante de services d’aide et du maillage territorial des CES pour le suivi sanitaire : NATURE DES RELATIONS PARTENARIALES CONCLUES AVEC LE SERVICE SOCIAL DE LA CARSAT Pour identifier les aidants, le Service social de la PHASE N°1 : CARSAT s’appuie sur les services locaux d’aide à LE REPERAGE EN AMONT l’aidant, en sus des aidants que le Service social peut DU PUBLIC AIDANT AYANT connaître directement soit du fait de leur démarche RECOURS AUX spontanée soit du fait de leur implication lourde auprès STRUCTURES CONCERNEES d’un proche dépendant : (REMONTEES DE - Antenne locale de France Alzheimer (comme France SIGNALEMENTS) Loire Alzheimer…); - Maison départementale de l’autonomie (ex-CLIC de Saint-Etienne…) ; - Service APA du Conseil général ; - Services de soins infirmiers à domicile ; - Services d’aide à domicile ; - Centres hospitaliers de consultation mémoire ; -… PHASE N°2 : LA MISE EN PLACE D’UNE ACTION EN SANTE AU a) En présence d’un Centre d’examens de Santé, la CARSAT assure partiellement l’animation de séances collectives ayant lieu successivement dans Responsable administratif du CES de Saint-Etienne (1er juin 2012) et des réflexions envisagées en vue d’une généralisation éventuelle. 70 PROFIT DES AIDANTS les locaux du CES, et comprenant notamment : (PRIVILEGIANT LES - la sensibilisation à la santé dans un cadre PARTENARIATS AVEC LES collectif CES) difficultés vécues au quotidien et la prise de favorisant l’expression sur les conscience des besoins en santé ; - la réalisation d’un examen périodique de santé (EPS) gratuit au profit de l’aidant, dont l’issue peut se prolonger par un examen de Santé réalisé par le CES. Ce dernier permettrait à l’occasion d’une consultation médicale d’apprécier les problèmes médicaux non connus que l’EPS a révélés, et de sensibiliser le médecin traitant de l’aidant quant à l’utilité et à la nécessité de la visite longue, dès lors que le même médecin assure la prise en charge du patient en ALD15 et qu’une campagne DAM a été ciblée en amont ; b) En l’absence de Centre d’examens de Santé, un partenariat est à étudier entre le Service social de la CARSAT et la CPAM, de manière à envoyer l’aidant repéré vers son médecin traitant, sensibilisé au préalable par une campagne des DAM quant à l’utilité et la nécessité de la Visite longue pour l’aidant. Et ce, dans la mesure où le même médecin assure la prise en charge du patient ALD15. 2.2 Les problématiques de coûts relatives à la périodicité de la VL et à la majoration pour coordination Les documents de la CNAMTS posent le principe que la Visite longue a lieu annuellement, sauf si un changement dans la situation du patient tel qu’une 71 hospitalisation justifie que la VL soit facturée plusieurs fois par an83. Le discours des DAM doit permettre d’éviter un risque prévisible de surfacturation de la VL. Seule une modification avérée de la situation médicale ou environnementale du malade doit autoriser une nouvelle facturation au cours de la même année. Le médecin traitant du patient n’étant pas forcément celui de l’aidant, la question de la coordination médicale est également un élément de questionnement, et ne doit pas être exclu dans l’intérêt de la continuité des soins apportés à l’aidant. Il appartient à la CNAMTS de se prononcer sur l’applicabilité de la majoration pour coordination des tarifs, de sorte à anticiper les coûts induits par la VL en cette matière. 2.3 De l’opportunité d’intégrer le projet de parcours dans le programme de visites des DAM : La CPAM de la Loire estime qu’il serait nécessaire d’interroger la Caisse nationale afin de connaître la latitude laissée aux Caisses primaires pour évoquer la VL et le projet de parcours attentionné à l’occasion des prochaines campagnes des DAM. Un calendrier annuel fixe, en effet, de manière précise les domaines à aborder. Elle se propose alors de demander à son correspondant de la Caisse nationale des informations quant à l’articulation de la VL avec les dispositifs préexistants. 2.4 La documentation délivrée aux DAM et que les DAM délivreraient aux médecins traitants : Trois types de documentations sont évoqués : - La documentation relative à l’état d’épuisement de l’aidant : 83 Conformément à la circulaire CNAMTS CIR-6/2012, point VII, qui rappelle l’article 15.2.3 de la NGAP sur les conditions à respecter pour déroger au principe de la visite annuelle: - modification de l’état de santé du patient, suffisamment importante pour justifier une réévaluation médical, - changement de l’environnement du patient nécessitant une réévaluation de « l’adéquation entre les besoins du patient et des aidants naturels et les moyens mis en place ». 72 A ce titre, le Docteur Beauchet propose l’utilisation d’une grille d’évaluation de l’état d’épuisement du patient, légèrement amendée par rapport à celle qui est déjà élaborée dans un autre programme de recherche. Madame Dumont évoque aussi la possibilité de revoir ce document avec l’aide du médecin volontaire de la Commission paritaire locale, afin d’en faire avec lui une sorte de « pré-test » qui porterait également sur les premiers éléments de la VL. - La documentation relative au contenu de la Visite longue : Les documents de la CNAMTS remis après la première rencontre sur la Visite longue n’ont manifestement pas été validés. Il serait donc nécessaire de demander à la CNAMTS l’autorisation d’expérimenter l’utilisation des documents de l’INPES et le Mémo sur la VL84. Après discussion et lecture de la fiche de l’INPES, seul le Mémo est considéré comme directement utilisable et susceptible d’être remis aux médecins par les DAM. Il est alors proposé que les DAM s’appuient sur les documents de l’INPES et de la HAS pour préparer leurs visites, mais ne remettent aux médecins que le Mémo de la CNAMTS et les deux fiches suivantes : - La grille d’évaluation de l’état de santé du patient, inspirée de celle de la cohorte COMAP85 ; - La documentation recensant sous forme de plaquette les services et structures existantes à destination des malades et de leurs aidants : Avec l’aide du Service social et du CLIC de Saint-Etienne86, la CPAM de la Loire semble être en capacité de recenser et d’établir une liste par secteur géographique les différentes structures. Il en 84 Se référer à l’annexe 4 Cohorte observationnelle du malade Alzheimer et de ses proches (COM) : déterminants médico-psychologiques, socio-économiques et environnementaux de l’institutionnalisationMaladie Alzheimer. Recherche observationnelle dirigé par le Pr Bruno FANTINO. 86 A compter d’octobre 2012, le CLIC de Saint-Etienne intègre la Maison Loire Autonomie du Conseil général. 85 73 résulte qu’il ne serait pas nécessaire de recueillir auparavant l’adhésion et la participation du Conseil général (CG) à l’élaboration d’un projet de plaquette. La CPAM sollicite cependant notre groupe de recherche pour concevoir une plaquette provisoire qui serait utilisée à l’occasion d’une phase d’expérimentation. II - LES SOLUTIONS RETENUES En partant de nos hypothèses initiales de parcours, les rencontres ont permis de clarifier les rôles respectifs des acteurs et leurs interactions. Si l’ensemble des questionnements n’est pas levé, il est possible de construire un modèle de parcours prenant appui sur les éléments de cadrage et sur les préconisations de la CPAM de la Loire (A). La modélisation envisagée présente l’intérêt de prévoir les supports utiles à la communication (B) et à l’évaluation du dispositif (C), en vue d’une généralisation éventuelle. 74 A. Le projet de parcours issu de la prise en compte des circonstances de terrain 1- Le schéma modificatif portant modélisation du projet de parcours : 2- La description du parcours : 2.1. L’arbitrage en faveur du recrutement automatisé ou global Les schémas envisagés initialement laissaient la possibilité de trois modes de recrutements des aidants : 75 1. Le recrutement par l’intermédiaire des associations locales compétentes, les CLICS et les Centres de consultation mémoire en milieu hospitalier ; 2. Le recrutement par le signalement du Service social de la CARSAT, en coopération avec le Centre d’examens de santé (CES) relevant de la CPAM ; 3. Le recrutement par le procédé de la requête informatique effectuée par le Service médical sur les médecins traitants les plus concernés par les malades en ALD 15. La sélection par les associations locales et les CLICS est a priori à écarter. La rencontre d’associations et du Conseil Général de la Loire permet de penser que ces acteurs connaissent peu d’aidants compte de leur faible niveau de couverture. Il reste cependant la possibilité d’obtenir une sélection d’aidants par le biais des Centres de consultation mémoire. Leur intervention suppose d’engager des partenariats avec les CPAM. Le recueillement des listes parait long et précoce, car il intervient aussitôt après le diagnostic de la maladie d’Alzheimer. L’intervention du Service social de la CARSAT reste possible à la marge. Elle est déjà effective87. Elle permet de renforcer le parcours pour les aidants sélectionnés. Cependant, rappelons que le volume de personnes accompagnées est faible – pas plus d’une dizaine. De plus, l’intervention du Service social se heurte à une difficulté supplémentaire : la CARSAT et le CES disposent d’informations sur le médecin traitant de l’aidant et non pas du patient. Sachant que la Visite longue est conçue pour être effectuée par le médecin traitant du patient, l’intervention du Service social et du CES suppose donc qu’un support spécifique soit conçu pour recueillir ces nouveaux éléments. Cependant, c’est davantage la question du volume de personnes visées qui amène à s’interroger sur l’opportunité d’inscrire la CARSAT et le CES dans le parcours, en vue d’une généralisation touchant le maximum de bénéficiaires. 87 Voir supra sur les modalités. 76 A ce stade de la recherche, l’hypothèse d’une requête du Service médical sur les médecins traitants les plus concernés par les patients en ALD 15, est privilégiée. C’est manifestement la seule la plus à même de permettre une automatisation du recueillement des données, rendant recevable le projet de parcours. De plus, l’hypothèse est techniquement faisable : elle suppose l’écriture d’une requête informatique comprenant l’identification du malade en ALD 15 et son rattachement à un médecin traitant. A partir de ce résultat, le médecin traitant ayant un certain nombre de patients significatifs en ALD 15 est ciblé. Une seconde requête, permettant d’exclure les patients résidant en maisons de retraite, est également souhaitable puisque le projet de parcours s’intéresse aux aidants des patients vivant à domicile. La discussion autour de l’autorisation de la CNIL n’a pas en l’état aboutie. Cependant, si l’autorisation posait problème, il pourrait être convenu de ne pas demander cette seconde requête car le ciblage du médecin traitant reste pertinent du point de vue réglementaire88. Le rôle central de l’Assurance maladie est renforcé par ce choix, car c’est au moyen des données détenues par l’Assurance Maladie sur la connaissance des malades qu’il est permis d’atteindre le médecin traitant et, par ricochet, l’aidant. C’est aussi le seul point d’entrée qui permette l’obtention de volumes significatifs de patients, de médecins traitants et d’aidants. Ce choix place ainsi le médecin traitant comme acteur au centre du dispositif envisagé. 2.2 Le rôle pivot du médecin traitant dans le projet de parcours La difficulté du recrutement de l’aidant à partir des informations détenues par l’Assurance Maladie conduit à imaginer un point d’entrée du projet de parcours différent de ce qui a pu être initialement choisi. Dans la mesure où le 88 La VL n’exclut pas les patients en maison de retraite, le discours du D.A.M reste légitime – voir discussion supra. 77 requêtage privilégie l’identification du médecin traitant du patient Alzheimer, et non pas l’aidant, le médecin traitant est un point d’entrée confirmé. Les modalités de sélection ne peuvent véritablement être choisies qu’une fois la requête rendue effective. Il a été proposé qu’un médecin ayant moins de cinq patients serait exclu, afin de ne pas obérer l’anonymisation des données. Le ciblage sera également déterminé en fonction des volumes prérequis d’aidants. Une alternative aux requêtes informatiques est aussi possible. Il peut être envisagé que les DAM rencontrent les médecins traitants de manière systématique au sujet de la Visite longue. Il convient toutefois d’attendre la position de la CNAMTS à ce sujet pour inscrire notre action dans le calendrier de travail des DAM. Toute l’attention se concentre alors sur la qualité du discours porté. Un simple courrier parait insuffisant pour accompagner la mise en place d’une nouvelle cotation (VL) qui s’intéresse à l’aidant. L’intervention des DAM est donc retenue. Cette intervention suppose que soient définie de façon suffisamment complète les caractéristiques de la VL, sa fréquence, et son intérêt en ce qui concerne la situation de l’aidant. B- La communication auprès du médecin traitant et par le médecin traitant comme leviers du projet de parcours Une fois identifié, le médecin traitant recevrait la visite d’un DAM. Le contenu de la visite doit être à la fois précisé et motivé. La finalité doit être de sensibiliser le médecin traitant à l’utilité de la Visite longue pour l’aidant. Deux axes sont déterminés par la NGAP : l’évaluation de l’état d’épuisement, d’une part, et l’information de l’aidant sur les possibilités de soutien, d’autre part. Les outils de cette communication doivent également être construits. 78 1- L’appréciation médicale sur l’état d’épuisement de l’aidant : Dans cette finalité, plusieurs outils sont à disposition. Le premier a déjà été mentionné : il s’agit d’un document établi par l’INPES89, ultérieurement complété et transmis fin juin 2012 à l’ensemble des médecins90. La question se pose alors de savoir si les éléments contenus et communiqués sont en l’état suffisants ou bien doivent être complétés pour les besoins de notre projet. - Premières observations : le document s’appuie sur le contenu de la Visite longue La description du contenu de la Visite longue semble être en corrélation avec le Mémo de la CNAMTS, sur certains items. De ce fait, nous pouvons en déduire que le Mémo peut faire l’objet d’une diffusion sans contrainte. Ce document ne place pas l’aidant au cœur du dispositif et évoque plutôt le rôle de la VL pour le malade91. L’attention portée à l’aidant est uniquement contenue aux points 3 et 4 des modalités pratiques et du contenu relatif à la Visite longue92 : 1. Évaluation gérontologique ; 2. Prévention de l’iatrogénie médicamenteuse 3. Repérage des signes d’épuisement chez les aidants 89 Voir supra. La modification et la transmission sont intervenues après nos échanges avec la CPAM de La Loire 91 « Cette visite est l’occasion d’aider le patient à exprimer ses besoins, ses difficultés, ses émotions, ses souffrances mais aussi les activités qu’il réalise sans difficultés. Elle doit lui permettre de mieux anticiper l’avenir, de participer davantage aux décisions qui le concernent en lui permettant d’envisager de nouveaux projets compatibles avec l’évolution de son handicap. En amont de cette visite, les avis des différents intervenants professionnels peuvent être recueillis et rapportés au patient et à son entourage. Les conclusions de cette visite intéressent les médecins spécialistes ainsi que les autres intervenants ; elles seront notées dans le dossier médical du patient et pourront faire l’objet d’une transmission (par téléphone ou courrier) au neurologue ou au gériatre, ainsi qu’aux autres professionnels participant à la prise en charge du patient. Elles pourront également, servir de base aux évaluations successives ». 92 Voir Mémo CNAMTS : « La Visite Longue pour maladie d’Alzheimer » – Avril 2012. 90 79 4. Information sur les coordinations, les structures d’aide et de prise en charge, le soutien aux aidants et sur la protection juridique du patient. La visite longue (VL), réalisée par le médecin traitant au domicile du patient, est l’occasion de mieux situer celui-ci dans son cadre de vie habituel, et de vérifier l’adéquation entre ses besoins, ceux de son entourage et les moyens mis en place. Elle permet à chacun d’eux de participer activement aux décisions concernant sa prise en charge thérapeutique et médico-sociale . Le document évoque le rôle assigné aux aidants : Il s’agit de repérer sur quoi et en quoi l’aidant est impliqué dans la vie de tous les jours, et particulièrement là où il est compétent, où il souhaite continuer de faire et où il pourrait être relayé. Cela peut être aussi bien un besoin d’aide pour aller se promener que pour faire sa toilette. A titre d’exemple, « Qu’est-ce que vous êtes prêt à faire ? » ; « En quoi vous sentez-vous à l’aise, compétent ? » ; « Si vous deviez ne garder qu’une chose, que garderiez-vous ? » ; « Les activités qui relèvent du soin ou plutôt de l’occupationnel ? ». L’état de santé de l’aidant est aussi questionné dans ce document : Des questions simples permettent d’apprécier la situation actuelle de l’aidant, tant physique que psychologique. Sa fatigue peut être évaluée grâce à une échelle visuelle analogique de type « douleur » ou une échelle verbale simple. A titre d’exemple, « Qu’est-ce qui vous fatigue le plus ? » ; «Sur une échelle de 0 à 10, « 0 » signifiant pas fatigué du tout et « 10 » extrêmement fatigué, quelle note donneriez-vous à votre fatigue en ce moment ? » De même, son état psychologique et sa vie sociale sont à explorer. Par exemple : « Avez-vous parlé de la maladie à quelqu’un de votre entourage ? » ; « Avez-vous arrêté des activités de loisirs auxquelles vous teniez ? » ; « Qu’est- ce qui vous fait plaisir en ce moment ? » ; « Vous sentez-vous triste, sans aucun moment de gaieté dans la journée ? » Une grille d’évaluation est proposée : 80 Évaluation de la souffrance des aidants naturels dans le maintien à domicile des personnes âgées Notation : 0 = jamais, ½ = parfois, 1 = souvent 0 ½ 1. 1 - Le fait de vous occuper de votre parent entraîne-t-il : - des difficultés dans votre vie familiale ? - des difficultés dans vos relations avec vos amis, vos loisirs, ou dans votre travail ? - un retentissement sur votre santé (physique et/ou psychique) ? 2 - Avez-vous le sentiment de ne plus reconnaître votre parent ? 3 - Avez-vous peur pour l’avenir de votre parent ? 4 – Souhaitez-vous être (davantage) aidé(e) pour vous occuper de votre parent ? 5 – Ressentez-vous une charge en vous occupant de votre parent ? Score : ……… + ……… + ……… + ……… + ……… + ……… + ……… = / 7 Total : … 0 à 1,5 : fardeau absent ou léger ; 1,5 à 3 : fardeau léger à modéré ; 3,5 à 5 : fardeau modéré à sévère ; 5,5 à 7 : fardeau sévère. Le test de mini-Zarit peut également aider à objectiver l’épuisement de l’aidant. Il est également prévu l’hypothèse selon laquelle que le médecin de l’aidant n’est pas celui du malade. Un lien reste alors à faire : Si l’aidant ne va pas bien, ne pas hésiter à faire le lien avec le médecin traitant de l’aidant. Souvent les aidants familiaux (conjoint, enfants ou autre personne proche) ne prennent pas de temps pour eux, ni pour se distraire, ni pour s’occuper d’eux. Par exemple, « Voulez-vous que j’appelle votre médecin traitant et que je lui en parle ? Je vous donne un courrier pour votre médecin. » - Les apports du document communiqué par l’INPES : pour une grille d’évaluation adaptée aux besoins du projet de parcours 81 Ce document dense communiqué par l’INPES ne distingue pas les problématiques relatives au malade de celles plus spécifiques qui concernent les aidants. Concernant les outils proposés, la grille d’évaluation de l’INPES comporte des limites. Le Docteur Beauchet précise qu’elle ne permet pas une évaluation gérontologique simple de l’aidant. Or, grâce au travail mené auprès de la cohorte COMAP actuellement en cours, nous avons à disposition un outil plus complet. Au regard de ces limites, il nous paraît opportun de réaliser une documentation directement opérationnelle sur le terrain, que le médecin est susceptible d’utiliser. La grille que nous proposons présente quant à elle de multiples avantages. Cette grille s’appuie à la fois sur l’échelle de mesure du fardeau « mini-Zarit » et sur une évaluation de la mémoire93. Elle a été revisitée pour répondre aux besoins du projet de parcours. Tout d’abord, elle présente l’avantage de mettre à jour les connaissances des médecins non gériatres. La grille peut être présentée comme un élément de formation continue utile pour des médecins traitants non spécialistes de la problématique du grand âge. Cet outil pourrait également constituer un moyen de contrôle de la bonne réalisation de la Visite longue à l’instar des dispositifs conventionnels. Ce point est à aborder avec précaution. Elle ne pourrait pas, par exemple, faire l’objet d’une appréciation par les médecins-conseils faisant suite à la facturation d’une VL. Ces outils d’évaluation ont été discutés avec les représentants de la CPAM, auxquels la grille d’évaluation a été transmise. Il est projeté de tester cette grille auprès d’un médecin volontaire membre de la Commission paritaire locale en amont de la phase d’expérimentation. Les conséquences de ce diagnostic sont différentes, selon que le médecin traitant est commun au patient et à l’aidant ou s’il n’est pas celui de l’aidant. Le 93 Cf Annexe 4 . 82 médecin traitant du patient qui ne serait pas celui de l’aidant, lorsqu’il observe des problèmes médicaux chez ce dernier, est sensibilisé à la nécessité d’une consultation dédiée. Il est en position d’indiquer à l’aidant de se rapprocher de son médecin traitant et, si besoin, de lui délivrer un courrier pour cette consultation dédiée. La question de l’utilisation de la majoration de coordination pourra se poser. La VL s’articule enfin autour de l’information de l’aidant. 2- Informer l’aidant sur les possibilités de soutien Il s’agit de permettre au médecin traitant d’orienter l’aidant vers les différentes structures de soutien et de répit qui lui sont destinées94. La question de la capacité du médecin à remplir ce rôle est particulièrement sensible. En effet, le médecin doit être en mesure de délivrer une information fiable et actualisée sur l’offre de structures d’accompagnement dont peut bénéficier l’aidant. Dans le contexte de la Loire, il peut être fait un constat de complexité quant à l’état de l’offre de services, qui reste difficile à appréhender en raison de sa diversité95. Les Agences régionales de santé (ARS) sont en cours de rassemblement de l’information sur l’offre territorialement disponible. 2.1 L’état de l’offre de services d’aide sous l’angle des Agences régionales de Santé - une approche à partir de la consultation de l’offre disponible sur les sites des ARS : La comparaison entre les sites des ARS permet de montrer que les informations relatives à la maladie d’Alzheimer sont globalement hétérogènes et difficiles à trouver96. L’information consultable est davantage tournée vers la maladie d’Alzheimer que vers les aidants familiaux, sachant que la thématique 94 Se référer à la partie I. Sur le plan national, l’exemple de l’information délivrée en ligne par les sites est révélateur de cet état de complexité. 96 Par exemple, chaque ARS a structuré son site différemment : les rubriques ne sont donc pas toutes présentées de la même manière. 95 83 de l’Alzheimer n’apparaît pas clairement98. Circonscription administrative de l’ARS Accessibilité de Supports d’information pour les aidants l’information sur le site de l’ARS Île-de-France Facilement - mise en ligne d’un guide complet pour les malades et les familles97 Pays-de-la-Loire Assez facilement - Répertoire des services aux aidants sur les aides existant dans la région, du type formation ou groupes de parole, avec un outil de recherche consistant en une liste déroulante, sélectionnant le public, la nature de l’action, les promoteurs, les coordonnées… (en cours d’enrichissement) - Lien vers France Alzheimer : carte de France interactive permettant de visualiser l’offre de services par région, département et ville : EHPAD, consultations mémoires, accueils de jours, MAIA… Nord-Pas-de-Calais Peu facilement - coordonnées du référent Alzheimer La quantité et la qualité des informations varient d’une région à une autre : certaines ARS n’abordent pas du tout la thématique. En revanche, d’autres mettent à disposition des usagers des informations construites et utiles. Le tableau suivant tente de montrer cet état de fait, établi par comparaison entre plusieurs ARS : 97 Cf annexe n°5 Guide Alzheimer – ARS Ile-de-France 98 En ligne, il faut rechercher dans plusieurs onglets avant de trouver la thématique, sachant que le type d’onglet varie également selon les sites régionaux. 84 - L’évolution prévisible concernant le rôle des ARS dans la prise en charge des aidants Alzheimer : l’exemple de la région Rhône-Alpes99 L’ARS Rhône-Alpes marque sa volonté d’inscrire la prise en charge du couple « malade-aidant» de l’Alzheimer dans le prochain Programme Régional de Santé, diffusé à l’automne 2012. A ce jour, l’ARS Rhône-Alpes a organisé la prise en charge du malade d’Alzheimer par territoires : trente territoires ont été identifiés en fonction du centre hospitalier compétent pour la prise en charge du malade. Les différents acteurs qui interviennent sur un territoire donné dans la prise en charge du malade (Conseil général, professionnels de santé, services d’aide à domicile, etc…) ont établi des règles de fonctionnement en signant une charte. Des fiches actions sont également élaborées pour améliorer le fonctionnement des acteurs entre eux. Les rencontres régulières entre l’ARS, la CARSAT, l’association France Alzheimer et les autres acteurs (associations, CLICS…), ont mis en évidence le fait que personne n’anticipe la prise en charge de l’aidant. L’ARS ainsi que l’ensemble des acteurs impliqués font également le constat qu’il est difficile de mobiliser les aidants sur des actions de communication, d’accompagnement et de formation. A titre d’exemple, en Rhône-Alpes, 70 formations en 2011 seulement ont eu lieu pour les aidants alors que la région compte environ 20.000 malades d’Alzheimer. A ce titre, l’ARS a organisé en octobre 2012, des ateliers de réflexion pour dégager des actions et des expérimentations afin de mieux accompagner et repérer l’aidant. Ces ateliers ont regroupé 40 à 45 personnes issues d’institutions et de disciplines différentes : France Alzheimer, des associations d’usagers, des professionnels de santé, les services à domicile, la CARSAT, la médecine du travail, etc… Le contenu des ateliers était le suivant : quelle définition de l’aidant, quels sont les points de rupture pour l’aidant ? Des 99 Une réunion téléphonique en date 28 juin 2012 est intervenue avec Monsieur Vermorel, Directeur-adjoint pour le Handicap et le Grand Age au sein de l'ARS Rhône-Alpes. 85 comparaisons sont réalisées entre un panorama d’expériences réalisées dans d’autres pays et une analyse du travail réalisé en France sur ce sujet. L’ARS réalisera prochainement une plaquette d’informations relatives à l’offre de service sur la région à destination des aidants. Ce support de communication sera élaboré conjointement avec la CARSAT, le Conseil général et les partenaires qui le souhaiteront. L’objectif est de pouvoir remettre aux aidants un document d’information simple. Si le contenu reste à définir précisément, le document pourrait être remis par les médecins qui effectuent la Visite longue, les pharmaciens, les services d’aide à domicile… La diversité, caractérisant au plan local l’état de l’offre de services d’aide, ne doit pas faire l’économie d’une réflexion sur l’organisation type, dont il faut tenir compte dans le projet de parcours. 2.2 Le rôle des associations d’aide aux aidants : une possibilité de soutien qui suppose l’information préalable de l’aidant L’association France Alzheimer a été mentionnée à plusieurs reprises en tant qu’opérateur prépondérant d’aide aux aidants100. Il convient de revenir sur ses missions pour illustrer le vaste champ de ses actions. Les missions de l’association s’adressent en premier lieu aux familles de malades, pour … les sortir de leur solitude par des partages d’expérience et des échanges avec d’autres familles dans les groupes de paroles ; leur apporter du réconfort par une écoute au quotidien, un accueil téléphonique, un réseau de soutien ; les accompagner par une information lors de soirées débat animées par des professionnels, mais aussi par des cessions d’informations animées par des binômes psychologues et bénévoles. L’association exerce également des missions auprès des intervenants sociaux-médicaux, en contribuant par exemple à élargir les connaissances des professionnels en leur apportant un regard sur le vécu familial du couple patient-aidant. Enfin, auprès des institutions, elle accompagne des projets, tels 100 Dans le contexte de la Loire, l’antenne de France Alzheimer est France Loire Alzheimer. 86 que le financement d’interventions de musicothérapeutes pour les accueils de jour, et participe à des réunions de travail en rapport avec la maladie d’Alzheimer et les aidants. France Alzheimer travaille étroitement avec de nombreux partenaires tels que le Conseil Général101. La rencontre avec les représentants de l’association France Loire Alzheimer et du Conseil Général de la Loire sur l’offre proposée dans de département de la Loire102, confirme les difficultés de recrutement des aidants et la dispersion des informations sur les structures et les offres à l’attention des malades d’Alzheimer et leurs familles. Il est rappelé que les malades Alzheimer sont estimés à 13.741 personnes dans la Loire, dont 75% ont plus de 80 ans et 70% sont des femmes. S’agissant des actions en faveur des aidants, il est confirmé que celles-ci relèvent davantage du ressort des associations telles que France Alzheimer. Une difficulté surgit du fait de la multiplication des filières proposant des services dans les domaines suivants : la formation, l’information, les groupes de parole, les entretiens individuels avec des psychologues, les partenariats avec des accueils de jour et les cafés mémoires. 2.3 La configuration ligérienne des autres acteurs locaux intervenant dans la prise en charge de l’aidant familial. En plus de l’association France Loire Alzheimer, le contexte de la Loire permet d’identifier les acteurs à compétence territoriale pour lesquels le Plan Alzheimer 2008-2012 a souligné la nécessité d’établir un partenariat intégré sous l’égide des MAIA. Le Conseil général de la Loire, qui a choisi de construire la Maison Loire Autonomie, a été désigné pour installer le dispositif MAIA pour fin 2011 dans le département103. Les recherches ont permis de proposer le panorama suivant, par rapport à la configuration d’acteurs sur laquelle vient se greffer le projet de parcours : 101 Cf ci-dessous. La rencontre est intervenue le 5 juin 2012, à l’occasion d’une soirée-débat portant sur le thème « Que faire après le diagnostic ? », avec la Présidente de l'association France Alzheimer de la Loire, Madame Bouche Deneuville, ainsi que le Directeur chargé des Personnes Agées au Conseil général de la Loire, Monsieur Reyne. 102 103 Deux services sont prévus : un à Saint-Etienne et un autre à Roanne. 87 - Le réseau de santé « Amadis 104 » a été mis en place pour optimiser la prise en charge ambulatoire, les relations entre médecine de ville/structures de soins et la coordination sanitaire et sociale. Sa finalité est d’optimiser la prise en charge à domicile des personnes âgées (au-delà des malades Alzheimer) uniquement dans les situations les plus complexes. Le réseau est sollicité soit par le médecin traitant, soit par le Conseil Général, soit par un service de soins infirmiers à domicile. - La Maison Loire Autonomie du Conseil général, qui inclut le pilote MAIA, reprend à partir d’octobre 2012 les attributions des huit CLIC qui sont des espaces d'accueil, d'information et d'orientation pour les retraités, les personnes âgées et leurs proches, les professionnels. Une difficulté est à noter, résultant de la limite d’âge puisqu’elle ne concernera que les patients Alzheimer âgés de plus de 60 ans. - Une plateforme d’accompagnement et de répit des aidants, en cours de création avec l’aide de l’ARS. Différents services d’accueil de jour seront offerts, et des professionnels de santé interviendront sur des périodes courtes. - Le Service social de la CARSAT, qui propose des « chèques sortie plus » pour accompagner une personne âgée en voiture ou à pied, et finance des groupes de parole dans les CLIC. - Les services du Conseil général de la Loire : la politique du Conseil général vise, en plus de gérer les prestations sociales105, à définir une offre de service et une structure d’information pour placer les personnes âgées au centre des dispositifs. Il existe un schéma départemental intégrant la volonté de développer un dispositif et une filière de prise en charge des malades Alzheimer. 104 105 « Avenir Maintien à Domicile Innovant Stéphanois ». L’Aide Sociale à l’Hébergement et l’Allocation Personnalisée d’Autonomie. 88 Suite au premier contact avec le Conseil Général de la Loire106, il s’avère que la gestion de l’APA est une piste susceptible de mieux identifier les aidants : 1) Lorsqu’une demande d’APA est faite, c’est-à-dire qu’un dossier administratif a été rempli, accompagné du certificat médical du médecin traitant, un membre de l’équipe médico-sociale se rend à domicile pour évaluer la perte d’autonomie. Par la suite, les travailleurs sociaux présentent un dossier, qui indique en pratique l’identité de l’aidant familial, devant une commission. 2) Toutefois, cette piste est à écartée du projet de parcours, en raison notamment du fait que les indications sur l’aidant sont manuscrites, aucun enregistrement informatique n’est donc effectué à ce jour, et les bénéficiaires de l’APA ne sont pas forcément des malades Alzheimer. Par ailleurs, le Comité Départemental des Retraités et Personnes âgées (CODERPA) du Conseil général de la Loire comporte une commission d’aide aux aidants qui a décidé d’effectuer une enquête sur l’étude de cette population (âge, sexe…) et sur le type d’aide qu’ils apportent aux malades ainsi que sur leur connaissance des structures de répit. La création d’un site internet à destination des aidants est envisagée. La diversité des structures et des missions des acteurs locaux en présence apparait comme un obstacle au conseil donné par le médecin traitant à l’aidant à l’occasion de la Visite longue. Une hypothèse avait été émise, lors des échanges avec la CPAM de la Loire, consistant à donner au médecin une plaquette sur l’état de l’offre du département, et la remettre ensuite à l’aidant en l’assortissant d’explications. Elle suppose une phase de recherches préalables sur les liens des différents sites et les numéros d’appels départementaux, et une présentation formalisée de l’offre de services auprès des aidants dans le département concerné. 106 Notre groupe a rencontré le 20 juillet 2012, Madame Gauthier, qui est chargée de coordonner les actions d’aide aux aidants sur le département de la Loire. 89 Cependant, cette plaquette suppose une actualisation permanente et donc l’identification de l’interlocuteur en capacité de suivre cette information. Les ARS avancent sur ce sujet. Les CPAM peuvent s’appuyer sur leurs informations dans quelques régions actuellement. En ce qui concerne le département de la Loire, l’ARS est montée en charge pour la conception d’un support. 2.4 Implications sur le projet de parcours L’éclatement des aides apparaît évident, y compris dans le document de l’INPES qui cite les différents structures et les rappelle aux médecins, mais les laisse manifestement seuls face à leurs choix. Il s’agit davantage d’une information générale à destination du médecin traitant pour lui donner un minimum de connaissance des modes de soutien, que de lui apporter un outil fonctionnel d’orientation. Parmi les sites Internet référencés, certains ne renvoient à aucun numéro de téléphone d’interlocuteurs107. 107 Il est ainsi, par exemple, préconisé au médecin traitant de : Proposer une formation pour l’aidant organisée principalement par France Alzheimer (http://www.francealzheimer.org) ou par des associations labellisées par les ARS, la formation des aidants permet d’acquérir les attitudes et les comportements adaptés aux situations quotidiennes. Essentielle au mieux vivre à domicile, cette formation facilite une entraide et un soutien mutuel entre les familles participantes. Proposer de participer à des réunions d’information et d’aide aux aidants. De nombreuses réunions sont organisées dans les structures diagnostiques et médico-sociales ainsi que par les associations. Pour vérifier l’adéquation entre les besoins du patient, ceux de son entourage et les moyens mis en place, appuyez-vous sur des structures : Les MAIA, maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades d’Alzheimer. Pour les cas complexes, un gestionnaire de cas organise une prise en charge renforcée et intensive par des professionnels spécifiques ; Les centres locaux d’information et de coordination (CLICS) ; Les réseaux gérontologiques ; Les centres mémoire et les centres mémoire de ressources et de recherche (CMRR) ; Les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) ; Les centres médico-psychologiques (CMP). Pour répondre aux besoins de répit de l’aidant, il existe des structures qui leur permettent de « souffler » quelques heures en offrant par ailleurs une prestation thérapeutique aux personnes malades pendant une ou plusieurs demi-journées : Les accueils de jour ; 90 La difficulté de remettre un document d’appui au médecin comportant plusieurs contacts possibles et régulièrement actualisé a déjà été évoquée. Il paraît alors utile de ne donner qu’un seul point d’entrée à l’information, sous la forme d’un numéro d’appel unique. Ce point d’entrée permettrait la prise en charge de l’aidant et l’orientation vers les soutiens locaux. Les Services sociaux de la CARSAT ou du Conseil général pourraient endosser ce rôle de relais. Ce choix n’a pas fait l’objet d’une validation avec nos partenaires (CPAM, CARSAT, et Conseil général). Il sera abordé dans la partie III comme évolution nécessaire du parcours108. Cependant, pour le département de la Loire, ce numéro nous a été donné par le Conseil Général, et le profil général de la plaquette a fait l’objet d’une proposition à la CNAMTS. Un document directement opérationnel pour le médecin traitant est alors proposé par notre groupe de travail. Ce document décrit en quatre pages le parcours, et permet au médecin d’utiliser la grille d’évaluation de l’état d’épuisement de l’aidant lors de sa visite. Une partie de ce document comportant un numéro de contact unique serait remis à l’aidant. Cet imprimé serait ensuite conservé dans le dossier patient. Les plateformes d’accompagnement et de répit, qui offrent également des prestations de soutien pour les Aidants et/ou les couples. La mise en place des MAIA, solution clé du Plan Alzheimer, a pour objectif d’accueillir, d’orienter et d’offrir à toute personne âgée en perte d’autonomie la bonne prestation (service, soin ou prestation financière), au bon moment, par le bon acteur. Il s’agit ainsi de répondre au désarroi des familles qui ne savent pas à qui s’adresser et sont souvent perdues dans de nombreux dispositifs mal articulés et cloisonnés. Sur son territoire, la MAIA organise le travail en commun de tous les acteurs sanitaires, médico-sociaux et sociaux sur la base de partenariats. Sans créer de nouvelle structure, elle permet ainsi aux professionnels de sécuriser leurs actions et d’en améliorer la pertinence et l’efficacité, sur la base d’une évaluation partagée des besoins de la personne. Pour répondre aux besoins de soutien psychologique et de resocialisation de l’aidant et de la personne malade : La maladie risque de désocialiser le couple constitué de la personne malade et de son aidant principal. De nombreuses propositions se multiplient comme les séjours de vacances, les sorties culturelles et conviviales, les café ou bistrots mémoire. Il est également possible d’orienter les familles vers des groupes de parole ou des groupes de pairs : des associations France Alzheimer, des associations dans certaines régions, comme par exemple Artz (Action Culture Alzheimer) ou Culture et Hôpital, etc. » 108 Voir partie III. 91 Ce document est proposé à la validation de la CNAMTS (annexe 6) L’évaluation de l’efficacité de l’intervention du médecin traitant envers l’aidant se posera. Cette sensibilisation a-t-elle permis à l’aidant de recevoir une attention médicale particulière ? L’aidant s’est-il saisi des opportunités de soutien du réseau associatif et du dispositif de Maison Loire autonomie (qui porte le projet MAIA) dans le contexte de la Loire ? C- L’évaluation de l’efficacité du parcours envers l’aidant : La réflexion sur les questionnaires s’articule autour du fait qu’il ne s’agit pas ici d’évaluer une pratique médicale mais bien de déterminer si la solution retenue autour du médecin traitant et de la Visite longue est opérationnelle, et s’il n’y a pas lieu de recourir à un acteur supplémentaire pour appuyer notamment la transmission de relais entre les structures. Des questions simples ont été retenues. L’exploitation en sera facilitée. Le temps réservé pour le compléter sera également très court : - Combien avez-vous réalisé de visites longues ? - Lors de ces visites, avez-vous découvert des pathologies chez les aidants ? - A la suite de votre visite, quelles prises en charge de ces pathologies ont été mises en œuvre ? Les questions d’évaluation seraient remises au médecin traitant par le DAM et récupérées six mois après (avec proposition d’aide au remplissage dans la négative), afin d’avoir un retour. A cette évaluation serait également associée une requête sur le nombre de VL facturées avant et après la visite du DAM. 92 PARTIE III – L’ANALYSE CRITIQUE Il s’agit ici de s’interroger sur les choix opérés par le groupe au sujet de la construction des parcours attentionnés et de se demander s’il n’existe pas d’autres alternatives complémentaires. La problématique de l’aidant est en effet un sujet qui met en jeu de nombreux acteurs, dont on connaît les problèmes d’identification et de coordination. I- Un positionnement central mais incomplet de l’Assurance maladie : Avant même l’évaluation (mesure d’impact) de ce premier modèle de parcours, la question de la nécessité de recourir aux travailleurs sociaux, soit du Conseil général soit de la CARSAT, voire même du C.C.A.S, se pose. Il apparaît en effet que l’aidant peut ne pas saisir les informations communiquées par le médecin traitant et ne pas appeler alors le contact téléphonique qu’il lui indique. Les assistantes sociales de la CARSAT et du Conseil général sont à même de prendre le relais. Lors d’une rencontre avec la CPAM de la Loire, il avait été envisagé le recours aux travailleurs sociaux de la CARSAT comme point d’entrée du parcours (voir supra). Ce recours serait-il encore pertinent au sein même du parcours ? Rappel de l’organisation actuelle : Il convient de préciser que les Conseils généraux regroupent deux catégories de travailleurs sociaux : - ceux qui font de la polyvalence de secteurs, c’est-à-dire qui répondent à tout type de demande sociale, - ceux dédiés à l’APA. S’agissant des CARSAT, le champ d’intervention des travailleurs sociaux est beaucoup plus large : on peut citer à titre d’exemple les thématiques de la désinsertion professionnelle, de la retraite, du retour à domicile après une hospitalisation, etc … 93 Aujourd’hui les travailleurs sociaux APA des Conseils généraux et de la CARSAT sont contactés soit par les médecins généralistes, soit par les services d’aide à domicile, qui jouent un rôle d’alerte très important. A ce jour, les MAIA sont sollicitées par les travailleurs sociaux des CARSAT et des Conseils généraux dédiés à l’APA, uniquement pour des cas complexes. La majorité des situations sont donc gérées par le Conseil général ou la CARSAT. En effet, les travailleurs sociaux APA du Conseil général et de la CARSAT sont impliqués à plusieurs titres auprès des aidants et des malades d’Alzheimer. Cependant, ils interviennent chacun pour des publics identifiés. Concernant les travailleurs sociaux du Conseil général : ils interviennent pour les familles dont le malade est inscrit en GIR 1 à 4. Selon les Conseils généraux, l’évaluation du degré de dépendance est réalisée par les travailleurs sociaux APA du Conseil général ou par des équipes pluridisciplinaires (infirmières, assistants sociaux, etc …). Leur rôle consiste à : - évaluer les besoins du malade et de l’aidant à domicile, - proposer un plan d’aide à la famille : portage de repas, aideménagère, etc …, - participer au financement de travaux d’adaptation de domicile ou orienter les familles vers des organismes gestionnaires de subventions, tels que PACTARIM pour le financement de travaux dans la maison, - s’assurer du suivi du plan d’aide élaboré pour une durée limitée. Cette mission de suivi est assurée différemment selon les moyens des Conseils généraux. S’agissant des travailleurs sociaux des CARSAT : ils interviennent pour les familles dont le malade est inscrit en GIR 5 à 6, ce qui correspond à un degré de dépendance moindre. Peu de malades d’Alzheimer sont aujourd’hui inscrit en GIR 5 à 6. Le rôle des travailleurs sociaux des CARSAT est 94 identique à celui des Conseils généraux. La seule différence repose sur la catégorie de GIR dont relève le malade. Les CARSAT peuvent déléguer par convention, l’évaluation des besoins des familles à des structures évaluatrices. Celles-ci sont chargées de réaliser le plan d’aide et de le transmettre à la CARSAT. Un suivi annuel est obligatoire. Mais celui-ci est assez aléatoire compte tenu de la charge de travail des travailleurs sociaux. De plus, si les familles ne sont pas présentes pour faire des rappels, le suivi annuel n’est pas réalisé. S’agissant des CCAS : dans certaines communes, il peut y avoir des conventions entre CCAS, Conseil général ou CARSAT afin de réaliser des évaluations de besoins. Le choix d’une intervention renforcée des travailleurs sociaux du Conseil général, une évolution probable du parcours : La grande majorité des malades d’Alzheimer sont inscrits en GIR 1 à 4, et relèvent donc de la compétence des Conseils généraux. Même si quelques malades d’Alzheimer sont aujourd’hui en GIR 5 ou 6, certains Conseils généraux n’hésitent pas à les inscrire précocement en GIR 4 car l’évolution de leur degré de dépendance est prévisible. Il paraît donc logique que le médecin traitant oriente les aidants et malades vers les travailleurs sociaux APA des Conseils généraux, qui ont vocation à être bientôt regroupés dans les Maisons de l’autonomie (d’où le numéro de téléphone communiqué dans le kit de communication). La question d’une intervention renforcée des travailleurs sociaux se pose en fait pour les aidants dans l’incapacité de se saisir de l’information communiquée lors de la V.L. Cette intervention serait rendue possible par des échanges de données entre l’Assurance Maladie et le Conseil général. A partir de requêtes, l’Assurance Maladie transmettrait une liste de personnes ayant bénéficié d’une V.L et le Conseil général croiserait cette information avec celle des contacts pris auprès des travailleurs sociaux. Ces derniers, alertés par l’absence de demande de l’aidant, seraient alors en capacité de les contacter. La 95 viabilité de ce modèle n’a pas été discutée, ni au niveau des partenaires, ni au niveau des possibilités d’autorisation de requêtage éventuelles de la CNIL. Dans cette organisation, le rôle des MAIA demeure uniquement pour les cas complexes. II- Un positionnement de l’Assurance Maladie discuté par les partenaires Lors du congrès de Gérontologie de NANTES, le 14 septembre 2012, les membres du groupe de recherche-action présentant la proposition de parcours ont été interrogés sur le positionnement des MAIA et sur le fait qu’elles semblent tenues à l’écart. Les informations communiquées aux aidants par le médecin traitant ne visent pas à écarter les MAIA. Leur mission ne vise pas à repérer les malades et leurs aidants mais à assurer la prise en charge des cas complexes. De surcroît, les MAIA rencontrent actuellement des problématiques de refonte de leurs structures et de changement de politique concernant le risque dépendance. C’est pourquoi, elles n’ont pas été sollicitées en premier lieu dans notre projet de parcours. III - Les freins au projet et des questions en suspens : Deux freins majeurs peuvent être identifiés : - Tout d’abord le sujet est sensible : Le parcours s’appuie sur le rôle central du médecin et sur une nouvelle cotation des actes de soins. Le discours n’est pas simple : un positionnement nécessaire de la CNAMTS à chaque étape du projet est requis. Le parcours modélisé n’a pas fait l’objet d’une mise en application, même à titre expérimental par un ou plusieurs médecins de la circonscription de la Loire. Cette absence de mise en application n’a permis de valider ni l’efficacité des outils donnés aux médecins, 96 ni celle des futures Maisons de l’autonomie, ni les apports de l’intervention des médecins traitants auprès des aidants. Le temps de réalisation des outils, notamment du kit de communication, a été long. De plus, fin novembre, la plaquette n’a été encore validée ni par la CNAMTS, ni par la CPAM de la Loire. - Les modalités de ciblage : Le groupe de travail n’a pas pu résoudre la question des requêtes. Cependant ce choix de point d’entrée n’a pas été écarté car aucun refus catégorique n’y a été opposé tout au long de la recherche. Des informations recueillies tardivement permettent de mieux comprendre l’inertie rencontrée et la difficulté semble être en passe d’être levée. En effet, à l’occasion de nos stages d’encadrement, il a été possible de discuter de manière informelle de cette question du requêtage dans un tout autre contexte, qui soulève néanmoins des problématiques proches : celui des programmes de prévention en santé que certaines Caisses d’Assurance Maladie expérimentent actuellement. La responsable de l’un de ces programmes a accepté de retracer les raisons pour lesquelles la caisse a renoncé à requêter au sujet de la consommation de soins et de médicaments des assurés adhérents. Tout s’explique par un refus de la CNIL. Au départ, les responsables avaient l’intention d’utiliser le NIR de l’assuré pour reconstituer l’ensemble de sa consommation de soins et de médicaments, afin de mieux cibler ses besoins. La CNAMTS souhaitait toutefois auparavant solliciter de la CNIL une autorisation de requêtage nationale, qui concernerait toutes les CPAM de France en vue d’une généralisation ultérieure éventuelle du dispositif de prévention. Le refus de la CNIL portait sur l’utilisation du NIR à d’autres fins que la stricte liquidation des dossiers relatifs aux assurés. Ce refus n’était pas le premier : auparavant, le projet Sophia de lutte contre le diabète s’était vu refuser l’autorisation d’utiliser le NIR des assurés à des fins de requêtage. La CNIL justifie son refus par l’exigence préalable d’un décret en Conseil d’Etat autorisant cette utilisation. 97 Dans ce contexte, on comprend dès lors qu’au regard des refus antérieurs de la CNIL, notre projet de parcours attentionné se soit heurté aux mêmes problématiques. Son aboutissement est vraisemblablement subordonné à l’autorisation accordée par un décret en Conseil d’Etat de croiser le NIR identifiant les patients avec les noms des médecins traitants, dans le cadre de programmes de prévention. Un premier décret (n°2012-1200 en date du 29 octobre 2012109) a effectivement été publié mais ne concerne que les organismes d’Assurance Retraite obligatoire en vue de lutter contre les fraudes, et non les Caisses d’Assurance Maladie. Il faut attendre le 9 novembre 2012110 pour voir enfin paraître le décret (n°2012-1249) relatif à la prévention à destination des Caisses d’Assurance Maladie et services médicaux, qui autorise ce type de requêtage. 109 Cf annexe n°7 - Décret n°2012-1200 du 29 octobre 2012, autorisant la création d’un traitement de données à caractère personnel relatif à la gestion des fraudes au régime général de l’assurance retraite. 110 Cf annexe n°8 - Décret n°2012-1249 du 9 novembre 2012, autorisant la création de traitements de données à caractère personnel pour la mise en oeuvre de programmes de prévention et d’accompagnement en santé des assurés sociaux. 98 Conclusion Le parcours attentionné tel qu’imaginé initialement s’appuyait sur la sélection des aidants naturels âgés de plus de 65 ou 75 ans. Il proposait ensuite que le médecin traitant intervienne pour leur apporter l’information nécessaire et réalise le diagnostic d’épuisement de l’aidant. La réalité de terrain, c'est-à-dire la faible connaissance des aidants par les différents acteurs de la dépendance, a mis en évidence que la recherche des aidants via ces acteurs, ne permettait pas d’obtenir une action significative et précoce à destination de ce public. L’impossibilité de connaître les aidants via les bases du système d’information des CPAM (qui ne connait que le malade) a été très vite un autre obstacle. Afin de pallier cette difficulté, le groupe a suggéré que le médecin qui remplit le protocole ALD du malade, y indique de manière manuscrite dans la case « observations générales » le nom de son aidant. Cette suggestion a trouvé un écho défavorable dès notre première rencontre avec le service médical de la CNAMTS. Nous avons alors orienté notre point d’entrée vers le médecin traitant, grâce aux échanges menés à la CPAM de la Loire. L’idée est ici de se concentrer sur le médecin traitant ayant une patientèle significative de malades en ALD15. La pertinence de ce changement s’appuie sur une nouvelle cotation à la N.G.A.P : la Visite Longue. Cet acte prévoit en effet, qu’au cours de la visite réalisée au domicile du patient atteint d’Alzheimer une attention particulière soit portée à l’aidant. Le Médecin traitant devant, à cette occasion, évaluer l’état d’épuisement de l’aidant et l’informer sur les structures de soutien les plus adaptées à ses besoins. Les échanges avec les acteurs ont permis aussi de vérifier qu’il y avait une véritable attente envers le médecin traitant. Le médecin entre en effet au domicile du couple aidant/aidé. Il connaît par conséquent sa situation matérielle, psychologique, environnementale. Par ailleurs, il ressort de manière évidente qu’apporter une aide à l’aidant c’est aussi aider le malade en évitant une institutionnalisation précoce. Il y a là un souci de solidarité envers les aînés mais aussi la volonté de limiter les coûts de 99 prise en charge de cette dépendance, qui ne cesse de croître avec le vieillissement de la population. L’Assurance Maladie est ici pleinement légitime. Elle est d’abord l’interlocuteur privilégié du médecin. Elle est ensuite au cœur de nombreux parcours attentionnés et possède ici un véritable savoir-faire. Elle dispose aussi d’une force de frappe : les Délégués d’Assurance Maladie au regard de leur rôle de sensibilisation auprès des médecins, notamment au sujet de l’intérêt de la Visite Longue. Notre attention s’est focalisée de ce fait sur la communication portée par ces délégués auprès du médecin traitant du malade d’Alzheimer. La CNAMTS et L’INPES ont réalisé des documents sur lesquels nous nous sommes appuyés pour réaliser, sous la forme d’une pochette, un kit de communication que le Délégué d’Assurance Maladie pourrait remettre lors de sa visite au médecin. Notre Directeur de recherche nous a également suggéré de réaliser une grille d’évaluation de l’état d’épuisement de l’aidant qui serait remise par le délégué au médecin. La refonte en cours des institutions (MAIA, CLIC), a été un frein à l’élaboration d’une plaquette récapitulant les différents acteurs. Plaquette que l’ARS Rhône-Alpes semble au final fin 2012, en capacité de réaliser. Dans l’attente de cet outil, nous avons préféré inscrire un numéro de téléphone unique, point de relais pour l’aidant, sur le kit de communication. Ce choix ne peut être validé que par l’expérimentation et les mesures d’impact du parcours. Quels seront les besoins des médecins traitant face aux questionnements de l’aidant ? L’aidant se saisira-t-il de l’information ? Des relais supplémentaires sont-ils nécessaires ? Les Maisons de l’autonomie seront-elles en capacité d’apporter leur soutien à la démarche ? Toutes ces interrogations ne pourront être résolues qu’après une phase d’expérimentation. 100 BIBLIOGRAPHIE Ouvrages et rapports (par date de parution) : • L’aide aux aidants : l’apport de la recherche médico-sociale, in Les Actes du Colloque, Paris, Fondation Médéric Alzheimer, 2003. • Rapport de l’Assemblée Nationale sur la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées, 2005. • MENARD Joël, Plan Alzheimer 2008-2012, 2007. • Enquête HSM-HSA du Ministère de la Santé et de l’INSEE sur la santé et la protection sociale (ESPS), 2008. • Baromètre Santé Médecins généralistes 2009 (INPES). • TOURNEMIRE Lucile, GALIAY Guillaume, LE CHARLES JeanBaptiste, KARST Sabine, PLISSON Claire, Rapport Recherche-Action EN3S, « Maladie d’Alzheimer et aide aux aidants », sous la direction des Professeurs O. Beauchet et B. Fantino, décembre 2011. • DRESS, Rapport sur « l’état de santé de la population en France, suivi des objectifs annexés à la loi de santé publique », 2011. • CNSA, Rapport d’activité, 2011. • MOREL Annick, VEBER Olivier, Ministère des solidarités et de la cohésion sociale, rapport IGAS, Société et vieillissement du groupe n°1 sur la prise en charge de la dépendance, partie aider les aidants familiaux, juin 2011. • PARAPONARIS Alain, Coûts économiques et sociaux de l’aide informelle. Résultat et perspectives, in Dossier de presse du Palais de l’Elysée à l’occasion du 4e anniversaire du Plan Alzheimer, 2012. Articles • COLVEZ Alain, Territoires gérontologiques, contraintes, défis et controverses, in Gérontologie et Société n°132, 2010, • DUPONT Olivier, Pour un rôle majeur des généralistes dans la maladie d’Alzheimer, in Le Quotidien du médecin, 30-09-2011, • DUPONT Olivier, Un nouveau plan sera nécessaire, in Le Quotidien du médecin, 06-02-2012. Textes juridiques : Lois et codes : • Loi de 2005 n°2005-102 pour l’égalité de droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, JO du 12 février 2005. • Loi n°2009-879 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires, JO du 21 juillet 2009. 101 • Loi n°2010-1594 de Financement de la Sécurité sociale pour 2011, JO du 20 décembre 2010. • Code de la santé publique, 2012. • Code de l’action sociale et des familles, 2012. Décrets • Décret n°2011-1210 du 29 septembre 2011 relatif au cahier des charges des maisons pour l'autonomie et l'intégration des malades d'Alzheimer. • Décret n°2012-1200 autorisant la création d’un traitement de données à caractère personnel relatif à la gestion des fraudes au régime général de l’assurance retraite, JO du 29 octobre 2012. Circulaires et recommandations : • Circulaire DGAS/DSS/DHOS n°2009-195, relative à la mise en œuvre du volet médico-social du plan Alzheimer et maladies apparentées 2008-2012, JO du 6 juillet 2009. • HAS, Recommandation de bonnes pratiques sur la Maladie d’Alzheimer et maladies apparentées : suivi médical des aidants naturels, février 2010. • HAS, Recommandation de bonnes pratiques sur la maladie d’Alzheimer : dispositif d’annonce du diagnostic et d’accompagnement, avril 2012. • Circulaire interministérielle n° DGCS/SD3A/DGOS/2011/12 du 13 janvier 2011 relative à la mise en œuvre de la mesure 4 du Plan Alzheimer : déploiement des maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades d’Alzheimer (MAIA). • Circulaire n° DGOS/DGS/DSS/R4/MC3/2011/394 du 20 octobre 2011 relative à l’organisation de l’offre diagnostique et de suivi pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées. • Décision du 20 décembre 2011 de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie relative à la liste des actes et prestations pris en charge par l’assurance maladie. • Mémo CNAMTS, la Visite Longue pour maladie d’Alzheimer, avril 2012. • Circulaire CNAMTS CIR-6/2012 du 2 mars 2012 relative à la décision UNCAM du 20 décembre 2011 concernant la Liste des Actes et Prestations (LAP) et modifiant la NGAP et la CCAM (V26). 102 • Nomenclature générale des actes professionnels (NGAP) restant en vigueur depuis la décision UNCAM du 11 mars 2005, version du 23 novembre 2012. Contrats et conventions d’objectifs et de gestion • Convention d’objectifs et de gestion 2009-2013 entre l’Etat et l’Assurance vieillesse, chapitre 3 relatif à la politique d’action sociale de la branche. • COG 2009-2012 entre l’Etat et l’Assurance Maladie - Risques Professionnels. Sites Internet : -www.carsat-bfc.fr/Cram/PDF_communiques/Comm_Alzheimer.pdf - www.carsat-normandie.fr_aides_service_social - http://www.solidarite.gouv.fr/espaces,770/personnes-agees,776/informationspratiques,1329/espaces,770/personnes-agees,776/dossiers,758/aide-adomicile,886/les-centres-locaux-d-information,6832.html - http://clic-info.personnes-agees.gouv.fr/clic/construirePageLogin.do - http://ars.paca.sante.fr/Maisons-pour-l-autonomie-etl.117210.199.html?tipUrl=http%3A%2F%2Fars.paca.sante.fr%2FMaisonspour-l-autonomie-et-l.117210.0.html - http://www.alzheimer-conseil.fr/blog-maison-de-retraite/2009/01/selectiondes-premieres-maisons-pour-lautonomie-et-lintegration-des-maladesdalzheimer-maia/ - http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/Des-maisons-pourmieux-orienter-les-malades-d-Alzheimer-_NG_-2010-09-20-604498 - http://www.legifrance.gouv.fr - http://www.francealzheimer.org - http://www.insee.fr/fr/ - http://www.ameli.fr/l-assurance-maladie/statistiques-etpublications/index.php/affectiondelonguedurée/prevalence. 103 ANNEXES ANNEXE n°1 : Total des ALD 15 par sexe et par tranche d'âge et des premières demandes et total des nouveaux cas (première demande) d’ALD 15 par an par sexe et par tranche d'âge ANNEXE n°2 : Note de cadrage du Docteur Beauchet ANNEXE n°3: Mémo Visite Longue – CNAMTS ANNEXE n°4 : Grille d’évaluation du Docteur Beauchet ANNEXE n°5 : Guide d'aide à l'orientation des malades et des familles – ARS Ile-deFrance (extraits : page de garde et sommaire) ANNEXE n°6: Kit de communication ANNEXE n°7: Décret n° 2012-1200 du 29 octobre 2012 autorisant la création d’un traitement de données à caractère personnel relatif à la gestion des fraudes au régime général de l’assurance vieillesse ANNEXE n°8 : Décret n° 2012-1249 du 9 novembre 2012 autorisant la création de traitements de données à caractère personnel pour la mise en œuvre de programmes de prévention et d'accompagnement en santé des assurés sociaux 104 ANNEXE n°1: Total des ALD 15 par sexe et par tranche d'âge Tableau II : Répartition des 30 affections de la liste par sexe et par tranche d'âge au 31/12/2010 - données régime général ALD 15 Hom me Fem me Total 0-4 5-9 1014 1519 1 22 74 86 76 14 61 58 36 135 144 1 2024 2529 3034 3539 4044 4549 5054 71 122 161 231 274 72 60 92 116 151 148 131 214 277 382 55-59 60-64 65-69 463 911 1901 2903 195 394 911 2095 469 857 1822 3996 70-74 75-79 80-84 85-89 90-94 95 et + 6347 12579 17857 15495 5558 1505 3467 9515 24829 46660 56790 27644 13217 6370 15862 37408 64517 72285 33202 14722 Tableau II : Répartition des 30 affections de la liste par sexe et par tranche d'âge au 31/12 N- données régime général (extraits 2008, 2009 et 2010) ALD 15 Homme Femme Total ALD 15 Homme Femme Total 04 1 5-9 1014 87 70 157 Tableau II : Répartition des 30 affections de la liste par sexe et par tranche d'âge au 31/12/2009 - données régime général 15202535404530-34 50-54 55-59 60-64 65-69 70-74 75-79 80-84 19 24 29 39 44 49 92 73 82 124 179 224 293 420 869 1857 2799 6309 12525 17047 67 82 72 82 138 151 207 415 901 1964 3401 9663 25081 45696 159 155 154 206 317 375 500 835 1770 3821 6200 15972 37606 62743 85-89 1 44 27 71 04 Tableau II : Répartition des 30 affections de la liste par sexe et par tranche d'âge au 31/12/2008 - données régime général 1015202530354045505-9 55-59 60-64 65-69 70-74 75-79 80-84 85-89 14 19 24 29 34 39 44 49 54 1 0 1 76 44 120 92 75 167 91 80 171 72 68 140 107 80 187 137 80 217 192 145 337 217 140 357 293 219 512 422 391 813 920 945 1865 1688 1807 3495 2707 3406 6113 6175 9546 15721 12197 24902 37099 16027 44190 60217 14684 55094 69778 13279 49622 62901 90-94 95 et + 4122 21942 26064 1533 13465 14998 90-94 95 et + 3828 21189 25017 1344 12519 13863 Source : site CNAMTS (Statistiques et publications/ Données statistiques / Affection de longue durée / Incidence) 105 Total des nouveaux cas (première demande) d’ALD 15 par an par sexe et par tranche d'âge Tableau II : Répartition des 30 affections de la liste par sexe et par tranche d'âge au 31/12 N- données régime général (extraits 2008, 2009 et 2010) ALD 15 Homm e Femm e Total ALD 15 Homme Femme Total Tableau II : Répartition des 30 affections de la liste par sexe et par tranche d'âge au 31/12/2010 - données régime général 10 20 25 35 4045500- 5153055-59 60-64 65-69 70-74 75-79 80-84 85-89 90-94 44 49 54 4 9 19 34 14 24 29 39 4 22 22 96 212 430 707 1666 3300 4386 3 5 13 33 67 223 491 850 2477 6205 3 9 35 55 163 435 921 1577 4113 9505 3637 1271 328 10619 11493 4897 2112 15005 15130 6168 2440 Tableau II : Répartition des 30 affections de la liste par sexe et par tranche d'âge au 31/12/2009 - données régime général 1015202530354045505560657075900-4 5-9 80-84 85-89 14 19 24 29 34 39 44 49 54 59 64 69 74 79 94 4 1 5 3 5 8 13 11 24 33 31 64 70 76 146 197 176 373 681 410 827 681 807 1488 1569 2388 3957 3028 5962 8990 95 et + 3939 9813 13752 3115 10427 13542 95 et + 872 3593 4465 340 1965 2305 90-94 95 et + Tableau II : Répartition des 30 affections de la liste par sexe et par tranche d'âge au 31/12/2008 - données régime général ALD 15 Homme Femme 0 4 59 1014 1519 2024 2529 3034 3539 4044 6 1 4 5 19 10 4549 38 29 5054 5559 6064 6569 7074 7579 8084 67 80 201 211 379 395 700 852 1564 2430 3075 6101 2948 9670 1 3 9 13 7 9 29 67 147 412 774 552 994 176 440 Source : site CNAMTS (Statistiques et publications/ Données statistiques / Affection de longue durée / Incidence) Total 85-89 948 9626 3577 286 1 858 12 574 4341 2 144 764 106 ANNEXE n° 2: Note de cadrage TITRE RECHERCHEACTION Parcours attentionné Alzheimer : Mise en place d’une phase de préfiguration au sein de Caisse primaire d’assurance maladie PROMOTEUR Ecole nationale supérieur de la sécurité sociale (EN3S) INVESTIGATEURS – – VERSION – JUSTIFICATION Constat : − − − − − ème Elèves 51 promotion Sous la direction du Pr. Olivier BEAUCHET, Service de Gérontologie Clinique, Centre Mémoire Ressources Recherche, CHU d'Angers Version n°1 – 19 février 2012 Maladie d’Alzheimer : maladie de l’individu, de son entourage et de la société. Forte croissance du nombre de personne atteintes dans la prochaine décennie (transition démographique et épidémiologique liées au vieillissement, amélioration du diagnostic précoce, uniquement des traitements symptomatiques spécifiques), (cf annexe 1 statistiques). Prise en charge de la maladie qui a progressé via les divers plans nationaux Alzheimer mais il persiste toujours : Un déficit d’information : Qui : malade Alzheimer, son aidant proche informel et des professionnels du secteur médico-social Quoi : • Maladie d’Alzheimer, • Aides accessibles (quoi, qui, comment et quand) • Etat de santé de l’aidant proche Un défaut manque de relation entre les acteurs du secteur médicosocial spécialistes et non spécialistes (médecin de soins primaires) Mauvaise communication sur l’existence de nombreux dispositifs anciens et nouveaux accessibles aux malades et aidants Besoin d’une démarche coordonner et intégrer pour la mise en place d’un plan de soins médico-social adapté. Recherche-Action EN3S année 2010-2011 : − − − Parcours attentionné Alzheimer une solution pour une prise en charge intégrée Déclaration ADL 15 : Acte déclencheur du parcours attentionné La CPAM : acteur déclencheur et catalyseur de la prise en charge Population cible : Aidant proche (conjoint âgé > enfant) et médecin de soin primaire Recherche-Action EN3S année 2011-2012 : − − 3 acteurs clefs : médecin de soin primaire (acteur de terrain), Centre local d’information et de coordination (centre relai) et consultation mémoire (centre de compétence) Covariables : Stade de la maladie, typologie de l’environnement proche du malade (entourage familiale) et situation économique du couple Malade 107 aidant proche 3 catégories de malades Alzheimer : Les connus déclarés et non déclarés, les non connus. OBJECTIF − Formaliser une phase préfiguratrice d’un parcours attentionné Alzheimer au sein de deux CPAM (Maine-et-Loire, Loire) CRITÈRES DE JUGEMENT − − − Nombre de couples aidants/malades et médecins traitants informés. Nombre de consultations médicales aidants. Nombre d'aidants ayant pris contact avec CLIC et association Alzheimer Départementale. MÉTHODOLOGIE / SCHÉMA DE LA RECHERCHEACTION Schéma ci-dessus : Consultation mémoire (CM) Diagnostic maladie d’Alzheimer Médecin traitant (MT) Déclaration ADL15 − Aidant principal : Non/Oui, si oui : Age − Lieu de vie domicile : Non/Oui − Stade de la maladie : Légère à sévère Caisse primaire assurance maladie (CPAM) Courrier AIDANT - Convocation pour bilan santé - Information CLIC - Information Association France Alzheimer CRITÈRES D'INCLUSION DES SUJETS − − − CRITÈRES DE NON − − INCLUSION DES SUJETS Courrier MEDECIN TRAITANT AIDANT - Faire bilan santé - Information CLIC MALADE ALZHEIMER - Limitation prescription psychotropes Déclaration ADL15. Vivre à domicile avec un proche. Aidant âgé de 65 ans et plus. Vivre en institution. Intervention à domicile en lien avec maladie d’Alzheimer. INTERVENTION − Envoie courrier aux aidants et Médecins traitants NOMBRE DE SUJETS − 100 DURÉE DE LA RECHERCHE − 6 mois PERSPECTIVES − Amélioration de la prise en charge médico-sociale de la maladie d’Alzheimer 108 ANNEXE n°3 : Mémo Visite Longue - CNAMTS La visite longue pour maladie d’ALZHEIMER Février 2012 Une nouvelle lettre clé : VL pour « visite longue et complexe» est introduite dans la nomenclature générale des actes professionnels. Cette visite à domicile est destinée aux patients exonérés du ticket modérateur au titre d’une affection de longue durée (liste des 30 maladies exonérantes) et souffrant de pathologies neurodégénératives : maladie d’Alzheimer ou maladies apparentées, maladie de Parkinson… Elle permet de mieux le situer dans son cadre de vie naturel et de vérifier le bon niveau d’adéquation entre les besoins de l’aidant naturel, du patient et les moyens mis en place. Ce mémo présente la VL dans le cadre de la maladie d’Alzheimer. Modalités pratiques dans le cas d’une maladie d’Alzheimer La VL concerne les patients présentant une ALD exonérante et une maladie d’Alzheimer diagnostiquée, vivant à domicile. Elle se déroule au domicile du patient en présence de l’aidant naturel. Tout personne proche du patient et lui apportant une aide est considérée comme un aidant naturel. Par définition, l’aidant naturel n’est pas un professionnel de santé. Toutefois, une personne isolée ne doit pas se trouver exclue du dispositif en raison de son isolement. Elle est réalisée une fois par an, à l’initiative du médecin traitant, en accord avec le patient, et en concertation avec les autres intervenants. La VL peut être exceptionnellement renouvelée dans l’année en cas de modification notable de la situation du patient ou de faits nouveaux pouvant retentir sur sa santé ou celle de son aidant : changement de domicile, maladie ou décès du conjoint, signalement de maltraitance… La VL est cotée 2V. Ses conclusions sont inscrites dans le dossier médical du patient. 109 Au cours de cette visite, le médecin traitant : réalise une évaluation gérontologique du patient, assure la prévention de la iatrogénie médicamenteuse, repère chez les aidants naturels d’éventuels signes d’épuisement physique et/ou psychique, informe le patient et les aidants naturels • sur les coordinations possibles avec d’autres intervenants, • sur les structures d’aide à la prise en charge : accueil de jour, hébergement temporaire, réseaux et associations, • sur la possibilité de formation pour les aidants naturels, - • sur la possibilité d’une protection juridique du patient, Le contenu de la visite longue dans le cas d’une maladie d’Alzheimer • L’évaluation gérontologique Réaliser l’évaluation de l’autonomie, des capacités restantes, des déficiences (cognitives, sensorielles, nutritionnelles, locomotrices…) et de la situation familiale et sociale. Faire le point sur les structures et les professionnels qui interviennent auprès du patient et le cas échéant, suggérer des interventions complémentaires. • La prévention de la iatrogénie médicamenteuse Privilégier les solutions non médicamenteuses autant que possible : intervenir sur la qualité de vie, la cognition, l’activité motrice, le comportement (cf § 3.5. guide médecin ALD 15). Rechercher les prescriptions de psychotropes au long cours : neuroleptiques et benzodiazépines puis, conformément aux recommandations, mettre en place des protocoles de réduction / suppression qui seraient nécessaires pour ces médicaments (cf. § 3.4. Guide médecin ALD 15 et http://www.hassante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/synthese_bzd_-_version_finale_2008.pdf) Veiller à la bonne observation des avis de la commission de transparence sur les médicaments de la maladie d’Alzheimer (octobre 2011) : • • Prescrire pour 6 mois. Si le patient répond au traitement en atteignant les objectifs fixés et s’il n’a pas subi d’effet indésirable grave et/ou altérant sa qualité de vie, le traitement pourra être poursuivi jusqu’à un an. • Au-delà, prendre la décision de renouveler ou d’arrêter le traitement en réunion de concertation pluridisciplinaire. http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_594403/quelle-place-pour-les-medicaments-antialzheimer-dans-la-prise-en-charge-des-patients 110 Identifier les autres traitements médicamenteux éventuels (vasodilatateurs, nootropes, …) qui n’ont pas d’indication dans la maladie d’Alzheimer (cf § 3.4. Guide médecin ALD 15) et plus globalement veiller à l’amélioration de la prescription chez le sujet âgé selon les recommandations de la HAS. http://www.hassante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/traceur_has_fichesynth_sujetage.pdf • Actions envers les aidants et les patients Repérer et prévenir un épuisement ou une souffrance excessive : troubles du sommeil, troubles anxieux ou dépressifs… parfois source de maltraitance pour le patient Alzheimer. Si nécessaire, proposer une consultation dédiée, réalisée par le médecin traitant de l’aidant qui surveillera tout particulièrement son état psychique, son état nutritionnel, et son niveau d’autonomie et mettra en place les mesures adéquates. http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2010-03/maladie_dalzheimer__suivi_medical_des_aidants_naturels_-_synthese.pdf Informer et sensibiliser l’aidant aux différentes structures d’aide et de conseil : • Accueil de jour, hébergement temporaire et plateformes de répit. Ces données sont disponibles sur le site du plan Alzheimer* • Soutien individuel ou collectif des aidants organisés par les associations de patients et les plateformes de répit • Formations de courte durée proposées par les associations de patients (France alzheimer) et ARS. * http://www.plan-alzheimer.gouv.fr/-les-acteurs-du-plan-alzheimer-pres-.html http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2010-03/maladie_dalzheimer__suivi_medical_des_aidants_naturels_-_synthese.pdf • Un annuaire national des dispositifs d’accompagnement et de prise en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et des dispositifs d’aide aux aidants familiaux est disponible sur le site : www.fondation-mederic-alzheimer.org. Informer sur le dispositif de la désignation de la personne de confiance et la protection juridique du patient : guide pratique sur les aides légales et sur le mandat de protection future. http://www.solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/Aides_legales_gestion_du_patrimoine_et_protection_pers onne-2.pdf http://www.justice.gouv.fr/art_pix/1_gt_mandatprotectionfuture_200604_bd.pdf Sensibiliser le patient et l’aidant à l’intérêt de la carte d’urgence. Cette carte nominative mentionne le diagnostic de la maladie et les coordonnées des personnes à contacter : aidants, professionnels de santé. Le médecin traitant propose cette carte au patient et la renseigne avec son accord et en sa présence. Elle est téléchargeable sur le site du ministère : http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/carte_urgence_Alzheimer.pdf. Ce lien est également accessible sur le site AMELI à la page des ALD et sur le site AMELI santé sur la page « maladie d’Alzheimer » 111 ANNEXE 4: Grille d’évaluation 112 − 113 ANNEXE n°5 : guide d'aide à l'orientation des malades et des familles – ARS Ilede-France (extraits : page de garde et sommaire) Guide téléchargeable au lien suivant : http://www.ars.iledefrance.sante.fr/L-ARS-d-Ile-de-France-publie-u.129507.0.html − − 114 ANNEXE n°6: Kit de communication − Plaquette : format : à déterminer (Page de couverture) − Charte graphique : fonds gris clair et inscriptions en bleu − Au centre : logo gris clair AM avec un message « …………………………………………. » Titre : Devenir aidant d’un malade d’Alzheimer La santé progresse avec vous Maladie L’Assurance 115 − 1ère page intérieure : Le médecin traitant point d’entrée du parcours de soins : l’élargissement de la relation de soins avec le patient à l’entourage aidant. Votre intervention en tant que médecin traitant, a l’avantage d’ouvrir vers l’extérieur des relations parfois exclusives entre l’aidant et le patient. En tant qu’acteur de l’accompagnement du diagnostic, par votre approche biopsychosociale du patient, vous pouvez apprécier, au-delà du soin, les éléments affectifs et relationnels de l’entourage, de sorte à détecter les situations de fragilité mettant en péril la qualité de la prise en charge sous l’angle sanitaire. L’attention portée à la santé de l’aidant en qualité de co-soignant, conditionnant l’efficacité de l’intervention médicale destinée au patient, est affirmée par le Plan Alzheimer 2008-12. Vous avez une compétence en matière de suivi de l’aidant, justifiée par la nécessité de prendre en considération son vécu dans la construction du plan de soins et d’aide, en coordination avec le confrère spécialiste en charge du diagnostic, et à l’occasion du suivi standardisé annuel de votre patient. Tout personne proche du patient et lui apportant une aide est considérée comme un aidant naturel. Par définition, l’aidant naturel n’est pas un professionnel de santé. Toutefois, une personne isolée ne doit pas se trouver exclue du dispositif en raison de son isolement. 116 2ème page intérieure La création de la visite longue à la NGAP permet d’asseoir la légitimité de votre intervention auprès du malade d’Alzheimer et de l’aidant Cette visite à domicile est destinée aux patients exonérés du ticket modérateur au titre d’une affection de longue durée (liste des 30 maladies exonérantes) et souffrant de pathologies neurodégénératives : maladie d’Alzheimer ou maladies apparentées, maladie de Parkinson… Elle permet de mieux le situer dans son cadre de vie naturel et de vérifier le bon niveau d’adéquation entre les besoins de l’aidant naturel, du patient et les moyens mis en place. Modalités pratiques dans le cas d’une maladie d’Alzheimer La VL concerne les patients présentant une ALD exonérante et une maladie d’Alzheimer diagnostiquée, vivant à domicile. Elle se déroule au domicile du patient en présence de l’aidant naturel. 117 Sur la base de votre initiative, vous réalisez une fois par an la VL. La VL peut être exceptionnellement renouvelée dans l’année en cas de modification notable de l’état de santé du patient ou de faits nouveaux pouvant retentir sur sa santé ou celle de son aidant : changement de domicile, maladie ou décès du conjoint, signalement de maltraitance Vous cotez 2V pour la VL Vous inscrivez vos conclusions dans le dossier médical du patient Au cours de cette visite, en qualité de médecin traitant, vous : - réalisez une évaluation gérontologique de votre patient, - assurez la prévention de la iatrogénie médicamenteuse, - repérez chez les aidants naturels d’éventuels signes d’épuisement physique et/ou psychique, - informez votre patient et les aidants naturels • sur les coordinations possibles avec d’autres intervenants, • sur les structures d’aide à la prise en charge : accueil de jour, hébergement temporaire, réseaux et associations, • sur la possibilité de formation pour les aidants naturels, • sur la possibilité d’une protection juridique du patient, A remettre à l’aidant Numéro de téléphone de la maison de l’autonomie de chaque département 118 − Feuillet « volent » entre la 1ère et 2ème page : Grille d’évaluation de l’état de santé de l’aidant VISITE LONGUE POUR MALADIE D'ALZHEIMER Evaluation de l'AIDANT Mesure du fardeau (charge de travail et ses répercussions sur l'état d'esprit) de l'aidant principal PROPOSITIONS DE CONDUITE À TENIR Score à l'échelle de la mini Zarit (/7) : ¦__¦ Non Oui, Si oui: Aide ménagère IDE Télé-alarme Aménagement domicile APA Connu du CLIC Non Oui Présence d'aides formelles Aidant informel conjoint Age (années) un score > 3,5 indique un fardeau au moins de stade modéré, il est alors proposé de (ré)évaluer les aides en place au domicile et/ou de faire une (ré)évaluation de l'état de santé de l'aidant. Portage repas ¦__¦__¦__¦ Evaluation du MALADE ALZHEILMER et/ou de L'AIDANT Mesure de la mémoire APPRENTISSAGE Mesure de l'AUTONOMIE pour les Actes de la Vie Quotidienne Test de la mémoire RAPPEL Mesure de l'INDÉPENDANCE pour les Actes de la Vie Quotidienne Mesure de troubles de l'équilibre et/ou de la marche Mesure de la thymie Mesure des maladies chroniques Score échelle partie 1 (/3) : ¦__¦ Score échelle (/4) : ¦__¦ Score échelle partie 2 (/3) : ¦__¦ Score échelle (/6) : ¦__¦ La personne évaluée a-t-elle des antécédents de chutes ? Non Oui, si Oui : < 1 an ; 2 fois sur une période de 12 mois, signes de gravité (fracture et/ou traumatisme crânien et/ou séjour au sol > 1 heure et/ou incapable de se relever seul) Quel est le sentiment actuel de la personne évaluée ? Très malheureux Malheureux Ni l’un ni l’autre Heureux Très heureux La personne évaluée prend t-elle un traitement médicamenteux ? Non Oui, si Oui : Nombre classes thérapeutique différentes/jour : ¦__¦__¦ Psychotropes, si oui : Antidépresseurs Neuroleptiques, Anxiolytiques Si absence d'aide, il est alors proposé de prendre contacte avec le CLIC. Si l'âge de l'aidant informelle est > 65 ans, il est alors proposé de faire évaluation gérontologie de l'aidant telle que celle recommandée cidessous. PROPOSITIONS DE CONDUITE À TENIR Si le score total au test de mémoire <4 (/6) et/ou à l'échelle d'autonomie <3 (/4), il est alors proposé de recherche une atteinte des capacités intellectuelles. Si le score à l'échelle d'indépendance est <4 (/6) et/ou s'il existe des antécédents de chutes répétées plus ou moins accompagnées de signes de gravité, il est alors proposé de faire une (ré)évaluation de l'équilibre et de la marche. Si le sentiment est au moins malheureux, il est alors proposé de (ré)évaluer l'état thymique. Si le nombre de classes thérapeutiques est >5 et/ou si la personne prend au moins deux psychotropes, il est alors proposé de (ré)évaluer le traitement. 119 Page de couverture : Renvoyer sur un numéro de PSF dédiée pour les PS ou espace PRO 120 − ANNEXE n°7 : Décret n° 2012-1200 du 29 octobre 2012 autorisant la création d’un traitement de données à caractère personnel relatif à la gestion des fraudes au régime général de l’assurance vieillesse Publics concernés : organismes relevant de la branche vieillesse du régime général ; assurés sociaux. Objet : création d’un traitement de données à caractère personnel dénommé « système national de gestion des fraudes ». Entrée en vigueur : le texte entre en vigueur le lendemain de sa publication. Notice : le décret autorise la mise en place d’un système national de gestion des fraudes commises au préjudice des organismes de la branche retraite du régime général. Ce système national, composé d’un outil de gestion des alertes (OGEDA) et d’une base nationale de signalement des fraudes (BNSF), a pour finalités l’amélioration de la gestion de ces fraudes et leur signalement aux autres partenaires (autres organismes de protection sociale, services fiscaux, inspection du travail, etc.). Il vise également à offrir une meilleure connaissance des risques de fraude (cartographie des risques) et à permettre la production de statistiques. Références : le décret peut être consulté sur le site Légifrance (http://www.legifrance.gouv.fr). Le Premier ministre, Sur le rapport de la ministre des affaires sociales et de la santé, Vu le code de la sécurité sociale, notamment ses articles L. 114-9, L. 114-10 et L. 114-16-1 ; Vu la loi no 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, notamment ses articles 27 et 29 ; Vu l’avis du conseil d’administration de la Caisse nationale d’assurance vieillesse en date du 21 mars 2012 ; Vu la délibération de la Commission nationale de l’informatique et des libertés en date du 12 avril 2012 ; Le Conseil d’Etat (section sociale) entendu, Décrète : Art. 1er. − Est autorisée la création, par la Caisse nationale d’assurance vieillesse des travailleurs salariés, d’un traitement de données à caractère personnel dénommé « système national de gestion des fraudes ». Le système national de gestion des fraudes est composé d’un outil de gestion des alertes et d’une base nationale de signalement des fraudes avérées. 1o L’outil de gestion des alertes a pour finalité la collecte des informations à contrôler dans le cadre de la lutte contre la fraude au régime général de la branche vieillesse, afin d’améliorer le ciblage des actions de contrôle ; 2o La base nationale de signalement des fraudes répond à quatre finalités : a) La gestion des fraudes avérées au régime général de la branche vieillesse, afin de renforcer le suivi des actions de contrôle et de prévenir la récidive ; b) L’élaboration d’une cartographie des risques de fraudes. Cette cartographie vise une meilleure prévention et détection des fraudes par la mise en place d’une démarche de ciblage des dossiers à contrôler ; c) Le signalement des fraudes avérées. A cet effet, sont transmises : – les informations mentionnées à l’article 3 du présent décret, aux agents de l’Etat ou des organismes de protection sociale mentionnés à l’article L. 114-16-3 du code de la sécurité sociale ; – les informations mentionnées à l’article 3 du présent décret, après anonymisation, à l’autorité compétente de l’Etat en application de l’article L. 114-9 du code de la sécurité sociale ;. . d) La production du rapport de synthèse prévu à l’article L. 114-9 du code de la sécurité sociale. Art. 2. − I. – L’enregistrement dans le système national de gestion des fraudes par les organismes chargés de la gestion du risque vieillesse du régime général est déclenché par le constat d’agissements tels que la production de fausses déclarations, de documents falsifiés ou contrefaits, ou l’omission intentionnelle de déclaration d’un changement de situation, visant à : 1o Obtenir ou tenter d’obtenir indûment le versement de toute prestation ou allocation servie par l’organisme concerné ; 121 2o Faire obtenir ou tenter de faire obtenir indûment le versement de toute prestation ou allocation servie par l’organisme concerné, même sans en être le bénéficiaire. II. − Sont enregistrées dans l’outil de gestion des alertes les informations à contrôler issues du régime général de la branche vieillesse et des services de l’Etat ou organismes mentionnés à l’article L. 114-16-3 et au deuxième alinéa de l’article L. 114-16-1 du code de la sécurité sociale. Les informations à contrôler concernent les tentatives de fraude et les fraudes, suspectées ou avérées, émanant d’assurés, de leurs ayants droit, d’employeurs, de mandataires ou de tout autre tiers, ou d’agents du régime général de l’assurance vieillesse. III. − Sont enregistrées dans la base nationale de signalement des fraudes les fraudes avérées commises au préjudice de l’assurance vieillesse quels qu’en soient les auteurs : les assurés, leurs ayants droit, les employeurs, les mandataires ou tout autre tiers, les agents du régime général de l’assurance vieillesse. Seuls sont regardés comme avérés et peuvent être enregistrés dans cette base les faits constitutifs d’une fraude constatés par un agent de contrôle agréé et assermenté au sens de l’article L. 114-10 du code de la sécurité sociale. Art. 3. − I. – Les catégories de données à caractère personnel et d’informations contenues dans l’outil de gestion des alertes sont, en fonction de la nature des informations recueillies : 1o Les données d’identification des personnes physiques ou morales auteurs de la fraude présumée, qui comportent : a) Le numéro d’inscription au répertoire national d’identification des personnes physiques (NIR) ; b) Le nom de famille, et, le cas échéant, le nom marital ou d’usage, et les prénoms ; c) La date et le lieu de naissance ; d) Pour les personnes morales : la raison sociale, l’identifiant SIRET ; e) L’adresse de résidence ou l’adresse du siège social ; 2o Les informations décrivant les caractéristiques de la fraude présumée, qui comportent notamment : a) La prestation concernée ; b) La période à laquelle les faits se rapportent ; c) La date de découverte des faits ; d) Le domaine de risque ; e) Le type de fraude ; f) La nature du ou des documents en cause ; g) L’évaluation du montant du préjudice subi ou évité ; h) L’identification des tiers concernés (en particulier en tant que victime, témoin des faits, complice ou coauteur potentiel) lorsque cette information est utile aux besoins de l’enquête. II. – Les données à caractère personnel et les informations contenues dans la base nationale de signalement des fraudes sont : 1o Les données d’identification des personnes physiques ou morales auteurs de la fraude, qui comportent : a) Le numéro d’inscription au répertoire national d’identification des personnes physiques (NIR) ; b) Le nom de famille, et, le cas échéant, le nom marital ou d’usage, et les prénoms ; c) La date et le lieu de naissance ; d) Pour les personnes morales : la raison sociale, l’identifiant SIRET ; e) L’adresse de résidence ou l’adresse du siège social ; 2o Les informations décrivant les caractéristiques de la fraude, qui comportent : a) La prestation concernée ; b) La période à laquelle les faits se rapportent ; c) La date de découverte des faits ; d) Le domaine de risque ; e) Le type de fraude ; f) La nature du ou des documents en cause ; g) Le montant du préjudice subi ou évité ; 3o Les informations relatives aux actions engagées par le régime général de l’assurance vieillesse et aux décisions prises : a) La nature de l’action engagée ; b) L’autorité saisie ; c) La mention « procédure en cours » ou « clôturée » ; d) S’il y a lieu, les mentions « classement sans suite », « non-lieu » ou « relaxe ». 122 Art. 4. − I. – Les utilisateurs de l’outil de gestion des alertes et de la base nationale de signalement des fraudes sont les agents individuellement habilités par le directeur de chaque organisme chargé de la gestion du risque vieillesse du régime général. II. – Sont destinataires des données contenues dans la base nationale de signalement des fraudes au régime général de l’assurance vieillesse : 1o Les agents de l’Etat ou des organismes de protection sociale mentionnés à l’article L. 11416-3 du code de la sécurité sociale individuellement habilités par le directeur de l’organisme ou de l’administration concernée ; 2o L’autorité compétente de l’Etat, après anonymisation des données, en application du premier et du troisième alinéa de l’article L. 114-9 du même code. Art. 5. − I. – Les données enregistrées dans l’outil de gestion des alertes sont conservées trois ans. II. – Les données enregistrées dans la base nationale de signalement des fraudes sont conservées : 1o Un an pour les dossiers classés sans suite par l’organisme ou ayant fait l’objet d’une décision de non-lieu ou de relaxe à compter de la date de cette décision ; 2o Un an pour les dossiers classés sans suite par le procureur de la République sauf s’ils font encore l’objet d’une procédure de sanction administrative ; 3o Trois ans, à compter de la date de clôture de la procédure par l’autorité judiciaire ou de la date de la décision administrative prise en application de l’article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. III. – Les données de la base nationale de signalement des fraudes sont ensuite archivées pour une période de cinq ans à l’exception des dossiers classés sans suite. IV. – Les informations relatives à l’identification des agents ayant accédé à l’outil de gestion des alertes et à la base nationale de signalement des fraudes, ainsi que les dates et heures de ces accès, sont conservées trois ans. Art. 6. − Les personnes physiques ou morales dont des données personnelles font l’objet d’un enregistrement dans la base nationale de signalement des fraudes sont informées individuellement de cet enregistrement par courrier du directeur de l’organisme chargé d’un régime obligatoire d’assurance vieillesse. Lorsque des mesures conservatoires sont nécessaires, notamment pour prévenir la destruction de preuves relatives à l’alerte, l’information de cette personne intervient après l’adoption de ces mesures. Les droits d’accès et de rectification prévus aux articles 39 et 40 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée s’exercent auprès de la Caisse nationale de l’assurance vieillesse. Art. 7. − La ministre des affaires sociales et de la santé est chargée de l’exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française. Fait le 29 octobre 2012. JEAN-MARC AYRAULT Par le Premier ministre : La ministre des affaires sociales et de la santé, MARISOL TOURAINE 123 ANNEXE n°8 : Décret n° 2012-1249 du 9 novembre 2012 autorisant la création de traitements de données à caractère personnel pour la mise en œuvre de programmes de prévention et d'accompagnement en santé des assurés sociaux Le Premier ministre, Sur le rapport de la ministre des affaires sociales et de la santé, Vu le code de la sécurité sociale, notamment son article L. 162-1-11 ; Vu la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, notamment le IV de son article 26 et son article 27 ; Vu le décret n° 2005-1309 du 20 octobre 2005 modifié pris pour l'application de la loi n° 7817 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés ; Vu l'avis du conseil central d'administration de la Mutualité sociale agricole en date du 16 juillet 2012 ; Vu l'avis du conseil de la Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés en date du 19 juillet 2012 ; Vu la délibération de la Commission nationale de l'informatique et des libertés en date du 19 juillet 2012 ; Le Conseil d'Etat (section sociale) entendu, Décrète : Article 1 Pour l'application des dispositions de l'article L. 162-1-11 du code de la sécurité sociale, les organismes gestionnaires des régimes obligatoires de base de l'assurance maladie sont autorisés à mettre en œuvre des traitements de données à caractère personnel dont la finalité est d'effectuer les opérations relatives à la gestion de programmes de prévention et d'accompagnement des assurés sociaux ainsi que de leurs ayants droit et, à cet effet : 1° D'effectuer des opérations relatives à l'identification, la sélection et la sollicitation des assurés sociaux et de leurs ayants droit qui sont éligibles aux programmes mentionnés au premier alinéa du présent article ; 2° De mettre en œuvre ces programmes et d'assurer un suivi des services offerts aux personnes qui y ont adhéré. Article 2 I. ― Les traitements autorisés par l'article 1er du présent décret peuvent porter sur les catégories de données suivantes : 1° En ce qui concerne les assurés sociaux et leurs ayants droit, éligibles à ces programmes : a) Les données d'identification, notamment le nom de famille, le nom d'usage, les prénoms, le sexe, la date et le lieu de naissance ; b) Le numéro d'inscription au répertoire national d'identification des personnes physiques (NIR) ; c) L'adresse postale, les numéros de téléphone et l'adresse électronique ; d) L'organisme de rattachement ; e) Les informations relatives à l'étendue des droits au remboursement de soins ainsi que, le cas échéant, au bénéfice de l'exonération du ticket modérateur, de la couverture maladie universelle ou de la couverture maladie universelle complémentaire ; f) Les données relatives à la santé, à la consommation de médicaments ou de produits de santé ainsi qu'aux hospitalisations et aux soins en établissements de santé, dans la mesure strictement nécessaire à la mise en œuvre des dispositions du 1° de l'article 1er du présent décret ; 2° En ce qui concerne les personnes ayant adhéré à l'un des programmes de prévention et 124 d'accompagnement mentionnés à l'article 1er du présent décret, les données mentionnées aux a à e du 1° du présent article ainsi que : a) Les données d'identification du médecin traitant, son adresse postale, ses numéros de téléphone et son adresse électronique ; b) Les données relatives à la situation familiale ; c) Les données relatives à la situation professionnelle ; d) Les données relatives aux habitudes de vie ; e) Les données relatives à la santé, à la consommation de médicaments ou de produits de santé ainsi qu'aux hospitalisations et aux soins en établissements de santé ; f) Les données relatives aux actions mises en œuvre dans le cadre des programmes mentionnés à l'article 1er du présent décret ; 3° Les données d'identification des professionnels de santé intervenant dans le cadre des programmes mentionnés à l'article 1er du présent décret qui peuvent comporter : a) Les données d'identification ; b) L'adresse postale, les numéros de téléphone et l'adresse électronique ; c) La profession et, le cas échéant, la spécialité ; d) Les programmes dans le cadre desquels ils interviennent. Article 3 L'adhésion aux programmes mentionnés à l'article 1er du présent décret résulte du consentement exprès de la personne éligible ou de son représentant légal. Cette personne peut à tout moment se retirer des programmes auxquels elle a adhéré sans avoir à présenter de justification. Article 4 I. ― Seuls les praticiens-conseils des organismes gestionnaires des régimes obligatoires de base de l'assurance maladie et les personnels placés sous leur autorité sont habilités à accéder, dans le respect des règles relatives au secret médical et dans la stricte mesure où elles sont nécessaires à l'exercice des missions qui leur sont confiées, aux données identifiantes mentionnées à l'article 2 du présent décret lorsque ces dernières sont associées à une pathologie diagnostiquée. II. ― Les professionnels de santé intervenant dans le cadre de ces programmes peuvent, dans le respect des règles relatives au secret médical, être destinataires des données mentionnées à l'alinéa précédent pour les patients à la prise en charge desquels ils participent. Article 5 I. ― Les données à caractère personnel mentionnées à l'article 2 du présent décret sont conservées pour une durée qui ne saurait dépasser : 1° Trois ans à compter de la date de la dernière proposition d'adhérer au programme pour lequel le traitement de données est autorisé, pour les données relatives aux personnes sollicitées qui n'y ont pas adhéré, à l'exception des données mentionnées aux a, b et d du 1° de l'article 2 du présent décret, qui peuvent être conservées pendant dix ans ; 2° Trois ans à compter du décès ou de la demande de retrait du programme, pour les données relatives aux personnes qui y ont adhéré, à l'exception des données mentionnées aux a, b et d du 1° de l'article 2 du présent décret, qui peuvent être conservées pendant dix ans ; II. ― Par dérogation aux dispositions du I du présent article, et en vue d'opérer des traitements statistiques, les données à caractère personnel peuvent être conservées au maximum cinq ans pour un échantillon représentatif de personnes éligibles non adhérentes et de personnes éligibles adhérentes à un programme mentionné à l'article 1er du présent décret, à compter, respectivement, de la dernière proposition d'adhésion ou bien du décès ou de la demande de retrait de ce programme. La durée mentionnée à l'alinéa précédent peut être portée à quinze ans lorsque le programme est destiné à l'accompagnement de personnes atteintes d'une maladie chronique. 125 Article 6 Les droits d'accès, de rectification et d'opposition prévus aux articles 38 à 40 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée s'exercent auprès du directeur de la caisse de rattachement des personnes concernées. Article 7 En application des dispositions du IV de l'article 26 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée, le responsable de chacun des traitements de données autorisés sur le fondement du présent décret adresse à la Commission nationale de l'informatique et des libertés, préalablement à sa mise en œuvre, un engagement de conformité aux dispositions du présent décret dans les conditions fixées à l'article 8 du décret du 20 octobre 2005 susvisé. Article 8 La ministre des affaires sociales et de la santé est chargée de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française. Fait le 9 novembre 2012. Jean-Marc Ayrault Par le Premier ministre : La ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine 126 TABLE DES MATIERES INTRODUCTION ……………………………………………………………5 PARTIE 1 – L’ASPECT THEORIQUE DU PARCOURS ATTENTIONNE ……………………………………………………………10 I - L’INTERET DE LA MISE EN PLACE D’UN PARCOURS ATTENTIONNE ENVERS L’AIDANT………………………………10 A/ les éléments de contexte ………………………………………………......10 1- Eléments chiffrés sur le critère d’inclusion de reconnaissance en ALD …10 1.1 Le nombre de personnes reconnues en ALD 15 au sein du régime général ……………………………………………………………...11 1.2 Projection pour 2017 du nombre de nouveaux cas de reconnaissance d’ALD…………………………………………………………… ...14 1.3 Nombre de nouveaux cas d’ALD (1ère demande) entre 2004 et 2010 au sein du régime général………...………………………………....14 2 - Eclairages sur la situation des départements de la Loire, du Maine-etLoire et du Gers …………………………….……………………………15 3 - La maladie d’Alzheimer, une maladie de l'individu mais aussi de son entourage …………………………………………………………………18 B/ Une multitude d’acteurs pour un déficit d’information envers l’aidant………………………………………………………………………..20 1- Le constat du « mille-feuille » de l’offre de services d’aide aux aidants …………………………………………………………..………..21 2- Un panorama synthétique des principaux acteurs ayant vocation à intervenir localement :……………………………………………………………….22 2.1 Les acteurs du parcours de soins coordonné du malade : la connaissance potentielle de l’aidant ……………………………..22 2.2 Les acteurs de l’information à travers la coordination de l’action gérontologique : un déficit d’information envers l’aidant..…………23 2.3 Des acteurs de l’accompagnement se heurtant à une certaine méconnaissance de l’aidant ….…………………………………………………………..25 3- A la recherche d’une nouvelle cohérence : les suites du Plan Alzheimer 2008-2012 …………..……………………………………………………28 3.1 La généralisation en cours des Maisons pour l’autonomie et l’intégration des personnes atteintes d’Alzheimer (MAIA) : les balbutiements du potentiel intégratif……………………………….29 3.2 La contribution de la médecine de ville : implications pour l’Assurance Maladie ………………………………………………..32 127 II- UN TERRAIN D’ACTION POSSIBLE : LA MISE EN PLACE D’UN PARCOURS DE SOIN ………….………………………………………….36 A/ La légitimité de l’assurance maladie à intervenir dans la mise en place d’un parcours attentionné à destination des aidants des malades d’Alzheimer …………………………………………………………………..36 1- Le concept de parcours attentionné ……………………………………….37 2- Le rôle de la CNAMTS dans la mise en œuvre de parcours attentionnés…………………………………………………..……………38 2.1 Le parcours « passage en invalidité » …………................................38 2.2 Le parcours « prévention de la désinsertion professionnelle »…...…42 3- Bilan général……………………………………………………………….47 B/ La place du médecin traitant dans le parcours attentionné ……………………………………………………..……………..48 1- Le médecin traitant point d’entrée du parcours de soins ……………..48 2- Cette visite longue est aujourd’hui effective suite à la publication au J.O du 21 février 2012 de la Décision du 20 décembre 2011 de l'Union nationale des caisses d'assurance maladie relative à la liste des actes et prestations pris en charge par l'assurance maladie ……......………….49 PARTIE II – LA PHASE DE MISE EN ŒUVRE DU PARCOURS ...….52 I – LES ETAPES DE LA CONCEPTION DU PARCOURS ET L’IMPACT DES ECHANGES AVEC LES ACTEURS ………………...52 A/ Une hypothèse initiale de parcours……….………………………………..53 1- Schéma général du parcours attentionné Alzheimer………………………………...…………………….......................54 2- Les éléments de questionnement préalable ………………………………55 2.1 Concernant le recrutement de l’aidant…………………………...….55 2.2 Concernant la sensibilisation du médecin traitant du patient…….…56 2.3 Concernant les modalités d'évaluation du parcours à la suite de la Visite longue……..……………………………………………………..57 B/ L’hypothèse initiale de parcours à l’épreuve de la rencontre des acteurs…………………………………………………………………………57 128 1- Les acteurs à compétence nationale : les éléments de cadrage de la CNAMTS……………………………………………………………………..58 1.1 Les Médecins-conseils de la CNAMTS.......…...............................58 1.2 Le point de vue de la Direction déléguée aux Opérations (DDO) de la CNAMTS…………………………………………………………………..60 2- Les acteurs à compétence locale : l’éclairage particulier de la CPAM de la Loire sur les paramètres de terrain…………………...……………………….64 2.1 Les discussions relatives au point d’entrée du parcours.................64 2.2 Les problématiques de coûts relatives à la périodicité de la VL et à la majoration pour coordination….......................................................71 2.3 De l’opportunité d’intégrer le projet de parcours dans le programme de visites des DAM..........................................................................72 2.4 La documentation délivrée aux DAM et que les DAM délivreraient aux médecins traitants………………….………………………….72 II - LES SOLUTIONS RETENUES ………..……………………………..74 A/ Le parcours retenu ………………………………………………………...75 1- Le schéma …………………………………………………………….75 2- La description du parcours ………………………………………...…75 2.1 Le choix d’un recrutement automatisé ou global …………….….75 2.2 Le rôle pivot du médecin traitant……………………………...……77 B/ La communication auprès du médecin traitant et par le médecin traitant comme levier du parcours……………………………………………….……78 1- Une évaluation médicale de l’état d’épuisement……………………..79 2- Informer l’aidant des possibilités de soutien ………………................83 2.1 L’état de l’offre de services d’aide sous l’angle des Agences régionales de Santé……………………………………………………83 2.2 Le rôle des associations d’aide aux aidants : une possibilité de soutien qui suppose l’information préalable de l’aidant…….……...…86 2.3 La configuration ligérienne des autres acteurs locaux intervenant dans la prise en charge de l’aidant familial…………...………………87 2.4 Implications sur le projet de parcours……………………………..90 C/ L’évaluation de l’efficacité du parcours envers l’aidant ………………….92 129 PARTIE III –L’ANALYSE CRITIQUE…………………………………...93 I- UN POSITIONNEMENT CENTRAL DE L’ASSURANCE MALADIE MAIS INCOMPLET…...................................................................................93 IIUN POSITIONNEMENT DISCUTE PAR LES PARTENAIRES………………………………..............................................96 III- LES FREINS AU PROJET, DES QUESTIONS EN SUSPENS……………………………………………………………………96 CONCLUSION………………………………………………………………99 BIBLIOGRAPHIE…………………………………………………………101 ANNEXES……..……………………………………………………………104 130 Membres de l’équipe GRANOTIER GUILLAUME GRIMAUD DANY LECLERE DELPHINE ROBLES ANTOINE VIELA CECILE Projet de parcours attentionné à destination des aidants des malades Alzheimer Directeur de recherche : Docteur BEAUCHET OLIVIER Mots clefs : parcours, parcours attentionné, malade Alzheimer, aidant, aidant naturel, dépendance, visite longue, assurance maladie, délégués d’assurance maladie (D.A.M), médecin traitant, MAIA, CLIC, centres de consultation mémoire. Ce travail est en relation avec une première recherche menée par des élèves de la 50eme promotion de l’EN3S. L’état des lieux dressé dans ce premier document permet d’établir la difficulté pour les aidants naturels de connaître et de s’orienter dans les dispositifs d’appui à la prise en charge des malades d’Alzheimer vivant à domicile. Le rapport suggère la création d’un parcours attentionné à destination de ces aidants piloté par l’Assurance Maladie. L’étude menée en 2012, dessine les contours de ce parcours, après avoir réinterrogé les éléments de contexte sur le plan national et plus particulièrement sur le département de la Loire, champ de la recherche. La préfiguration de ce parcours place le médecin traitant et les CPAM au cœur du dispositif. Elle prend appui sur la Visite Longue, cotation inscrite à la N.G.A.P depuis début 2012. Les échanges riches et successifs avec la CNAMTS et les services de la Direction de la Santé de la CPAM de la Loire ont orienté le parcours vers l’entrée jugée la plus opérante: le médecin traitant, et ce, grâce au discours porté par les Délégués d’Assurance Maladie. Les outils de communication ont été établis par le groupe. Les échanges avec les partenaires habituels de la dépendance ou du grand âge sont encore à approfondir. Plus généralement, ce parcours reste en attente d’une expérimentation sur un territoire. 131