Fan 2 Fantasy
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Fan 2 Fantasy Septembre 2012 N°22 Dossier : R.A. Salvatore Interviews Jean Avril Brice Tarvel Steven Dupré : Hommage à Roland C. Wagner SOMMAIRE L’Édito2 Interview de Jean Avril 3 Interview de Brice Tarvel 5 Interview de Steven Dupré 6 Agenda7 Hommage à Roland C. Wagner 8 Interview de Mathieu Gaborit 11 Les conseils de lecture du Mage blanc 13 Dossier : R.A. Salvatore 19 Interview de R.A. Salvatore 25 Marion Zimmer Bradley 27 Les éditions du Chat noir 28 Interview d’Ambre Dubois 29 Interview de Vanessa Terral 31 Un jeune talent s’expose 33 L’Édito Bonjour ! Un grand auteur de la S.F. nous a quittés, mais aussi un ami. Il est donc tout naturel que ce numéro lui soit dédié. Nous remercions Sara Doke pour l’article à Roland C. Wagner. Un numéro spécial Elfe noir avec le dossier spécial et l’interview de Robert Anthony Salvatore et la sortie du 10e tome de la série l’Elfe de lune d’Élodie Tirel. Dans le prochain numéro du journal, afin de fêter nos quatre ans d’existence, vous trouverez un référendum, un mégaconcours et le lancement de l’appel à textes pour l’anthologie 2013. Rappel page Facebook du journal : http://www.facebook.com/groups/69595965808/ Le Dernier bar avant la fin du monde 35 Rédaction (ISSN : 2102-5932) Numéro 22 du 15 septembre 2012 Rédacteur en chef : Mestr Tom (proposition d’articles ou de couvertures : [email protected]) Correctrice : Lechartier Joëlle Publicité : [email protected] Journalistes : Mestr Tom Christophe Dehay Le Nain boiteux Le Mage blanc Éric Linné Lharsson Cécile Guillot Lili Chwan Mathieu Guibé Marie-Anne Sara Doke Couverture : Loïc Canavaggia Mise en page : Dario Alcide Nous contacter : [email protected] Courrier des lecteurs : [email protected] Note sur le copyright : Les illustrations des articles appartiennent aux éditeurs et aux illustrateurs. Merci de respecter les droits d’auteurs. Interview de Jean Avril Parlez-moi de vous ? J’ai 33 ans et je viens de publier mon premier roman, ce qui me classe dans la catégorie des « jeunes auteurs ». J’habite une contrée lointaine peuplée de créatures fabuleuses : le Québec. Parallèlement à mes activités d’écrivain, je travaille dans le domaine agricole et je suis designer graphique. Quel est le rapport entre tout cela ? Eh bien, il n’y en a pas ! Je m’intéresse un peu à tout, au point que c’est peut-être un problème… Quoique ça peut-être utile lorsqu’on veut écrire des romans ! contenté un peu en produisant les illustrations de mes livres ! Et si vous étiez un personnage de fantasy, quel serait-il ? Il n’y a pas vraiment de personnages que je voudrais « être ». Mais un de ceux qui m’ont le plus marqué est Cecil dans Final Fantasy IV. Le chevalier noir qui devient un paladin après avoir vaincu son propre reflet dans le miroir… un classique ! Vos auteurs préférés ? Aucun auteur ne m’a marqué au point de pouvoir dire que c’est mon préféré. Il faut avouer que je ne lis pas beaucoup (oui je sais, pour un écrivain, c’est la honte). Ce qui me parle, ce sont les grands classiques de la culture populaire comme Star Wars (la première trilogie), Indiana Jones, ou la série Lost. Ce sont des histoires qui sont accessibles, tout en ayant une certaine profondeur. J’aime les grandes aventures qui savent nous accrocher dès la preParlez-moi d’Orianor ? mière seconde, qui savent nous surprendre, et qui ne se prennent pas toujours au sérieux. J’aimerais Orianor est un monde fantastique qui mûrit bien reproduire ce genre d’esprit dans mon œuvre, dans mon imagination depuis longtemps et que même si c’est loin d’être aussi facile j’avais envie de partager. que ça en a l’air ! La genèse de la série s’est faite Pourquoi avoir choisi l’autoédisur de longues années. J’ai même tion ? incorporé dans cette histoire des éléments que j’imaginais déjà J’ai choisi l’autoédition après avoir lorsque j’étais adolescent, car j’ai lu un contrat type d’édition… Je toujours été attiré par ce genre n’aime pas l’idée de devoir céder les d’univers. Plus tard, je me suis droits de mon œuvre pour toute ma intéressé à la philosophie et à vie, ce que doivent généralement la spiritualité, et cela se reflète faire les nouveaux écrivains. également dans cette œuvre. Je Puisque j’ai une formation en trouve la symbolique de la fanart et en design graphique, j’avais tasy très riche pour représenter les compétences nécessaires pour le chemin que nous devons parlancer ma propre maison d’édition. courir afin de devenir des êtres Aussi, avec les nouvelles possibilités humains « dignes de ce nom ». qu’offrent l’internet et l’impression J’ai commencé à conceptualià la demande, les auteurs ont auser la série il y a plus de dix ans. jourd’hui plus que jamais les moyens pour garder Au début, je voulais faire une série de bandes desle contrôle de leur œuvre, tout en faisant jusqu’à sinées, puisque j’aime également le dessin. Mais, dix fois plus d’argent sur chaque livre vendu, ce qui j’ai réalisé avec l’ampleur du projet que ce n’était n’est pas négligeable ! pas réalisable. Je me suis donc tourné vers l’écriJe n’ai jamais envoyé mon manuscrit à un éditure romanesque, pour découvrir que j’aimais cela teur… Il faudrait peut-être que je le fasse sous un encore plus que le dessin ! Je me suis quand même autre nom, juste par curiosité ! Combien de tomes sont prévus ? Le plan pour la série est bien établi, mais pour l’instant il est encore difficile d’évaluer le nombre d’épisodes qui seront nécessaires pour bien rendre cette histoire. La série en entier devrait faire entre vingt et trente épisodes, si je réussis à ne pas trop m’étaler dans mes idées ! Lorsqu’il y aura un nombre suffisant d’épisodes, ils seront réunis sous forme de volumes, afin que les nouveaux lecteurs puissent lire la série sans avoir à acheter chaque épisode séparément. Avez-vous des trucs et des astuces à donner pour nos talents en herbe ? bien des intermédiaires, et donc de réduire encore plus le prix. Comment voyez-vous l’évolution de la fantasy dans le futur ? N’est-ce pas difficile de ne pas refaire ce qu’ont fait les premiers auteurs ? La fantasy prend racine dans les contes, mythes et légendes qui ont toujours accompagné l’humanité. Lorsqu’on écrit un roman de ce genre, on ne fait que donner une forme nouvelle, plus contemporaine, à un contenu qui est vieux comme le monde ! Critiquer un auteur parce qu’il utilise une idée ou un personnage qui ressemble à quelque chose de connu, c’est comme critiquer un peintre parce qu’il a mis du bleu dans son tableau, en lui disant que cela a déjà été fait ! De même qu’il existe un nombre limité de couleurs en peinture, il existe en littérature un nombre limité d’archétypes, que ce soit au niveau des idées, des personnages, des lieux, des situations… On peut trouver des nuances nouvelles et les combiner de façon unique, mais les éléments de bases ont tous déjà été utilisés par quelqu’un d’autre. Ce qui est important à mon avis n’est pas d’être « 100 % original », mais plutôt d’essayer d’écrire une histoire capable de toucher les gens, et de donner une véritable saveur à cette histoire. Je me considère moi-même comme un talent en herbe, alors je ne sais pas si je suis bien placé pour donner des conseils ! Si j’avais à donner une méthode, qui est bonne pour toutes formes d’art, c’est de séparer l’étape « création », de l’étape « analyse critique ». Une fois que le plan est bien établi, il faut se mettre à écrire comme cela vient spontanément, en accumulant les pages et en laissant place à l’improvisation. Ensuite seulement vient le temps de se critiquer sans pitié, en changeant ou enlevant ce que nous jugeons être mauvais. Mais, il ne faut pas faire les deux en même Le mot de la fin ? temps, sinon cela coupe l’élan et l’inspiration. Il faut écrire l’histoire que nous avons toujours Merci de l’intérêt que vous portez à mon œuvre rêvé de lire, en y prenant plaisir, sans trop intellec- et de votre soutien aux nouveaux auteurs ! tualiser notre procédé ou chercher à plaire à tout le Je vous donne rendez-vous pour l’épisode 2 cet monde. Au moins, même si personne ne veut nous automne ! lire ensuite, nous avons passé un bon moment en écrivant ! Quels sont vos travaux en cours ? Cette saga devrait m’occuper encore des années, alors je n’ai pas encore d’autres projets. Peut-être que si j’ai un peu de succès, je construirai un « Orianor Land » en France, comme le « Harry Potter Land » aux États-Unis. Chacun fera la visite enchaîné à la personne de son groupe qu’il aime le moins, ce sera une expérience inoubliable ! Le prix du livre reste compétitif pour une petite et jeune édition, comment est-ce possible ? J’utilise l’impression à la demande. Aussi, le fait que je sois graphiste me permet aussi d’éliminer (on me demande de quoi il s’agit, parfois). Je vais ensuite m’attaquer au scénario d’une nouvelle série B.D. Des enquêtes policières fantastiques se Qui est Brice Tarvel ? déroulant dans les années 20. Après, j’ai quelques nouvelles à écrire, puis la poursuite d’un roman de Un homme comme un autre. Ma passion dès le fantasy resté en stand-by. plus jeune âge pour la lecture et l’écriture m’a simplement fait prendre quelques chemins de traverse. Ton meilleur conseil à un auteur qui débute ? Plutôt que la sécurité, j’ai choisi la liberté, voilà Lire beaucoup, bien regarder comment sont tout. Tel un artisan, je m’efforce de faire au mieux fabriquées les histoires. Et puis écrire sans jamais mon travail d’auteur. baisser les bras, être tenace. Ne pas oublier qu’il Parle-nous des aventures de Morgane ? convient de séduire un éditeur, puis les lecteurs. Il faut trouver sa méthode de travail, après cela va J’ai toujours écrit à la fois pour les adultes et pour beaucoup mieux. la jeunesse. J’aime la diversité. Morgane est une collégienne de notre époque qui a la chance de pos- Ton livre préféré ? séder une mamie peu ordinaire. Cela lui permet Il y en a beaucoup, et dans des genres très difféde vivre de fantastiques aventures dans diverses rents. Je lis aussi bien régions de France Georges Simenon et il ne fait guère de que Philip K. Dick. doutes qu’elle aura Le titre qui me vient à franchir quelques à l’esprit, c’est Derfrontières un jour ou nières lueurs avant l’autre. Je la vois très la nuit de Serge bien se rendre au CaBrussolo. Ce roman nada, par exemple. paru chez FlammaCombien de tomes rion n’a jamais été sont prévus ? réédité en poche. Interview de Brice Tarvel La série n’est pas limitée. Elle durera en fonction de son succès, aussi longtemps que les lecteurs ne manifesteront pas de lassitude. Morgane, rousse et sorcière, rien d’étonnant, non ? Morgane possède effectivement des cheveux cuivrés, mais elle n’est nullement sorcière. Sa grandSi tu étais un personnage de l’imaginaire, qui mère affirme qu’elle ne l’est pas non plus et que serais-tu ? seules ses connaissances scientifiques et ses inventions lui permettent de lutter contre les créatures et En voilà une question singulière ! Je ne me la suis les phénomènes étranges. jamais posée. Quand j’étais jeune, j’étais fasciné par Bob Morane. En fin de compte, je me suis appli- Et si nous avions les aventures de Morgane porqué, toutes proportions gardées, à suivre l’exemple tées à l’écran, qui verrais-tu dans les rôles princid’Henri Vernes. Les voyages réels au loin en moins, paux ? car je suis un sédentaire. Aucune idée. C’est peu probable et, de toute faQu’écris-tu en ce moment ? çon, on ne me demanderait pas mon avis. Je verrais plutôt un film d’animation. Je viens de terminer un roman graphique de S.F. destiné aux ados. Un roman graphique, c’est un récit accompagné de nombreuses illustrations pour arriver à la fin ! Dans le tome 1, nous suivons deux histoires qui finissent par se croiser, mais séparées dans l’ouQui est Steven Dupré ? vrage. Dans le tome 2, les deux histoires sont toujours séparées, Je suis dessinateur et scénariste. mais regroupées. Pourquoi être Je suis flamand. J’ai 45 ans, et ça fait repassé à une lecture traditiondéjà 25 ans que je fais de la B.D. ! nelle ? C’est vrai que j’aurais pu garder Êtes-vous plutôt technique tradile système de lecture tête-bêche tionnelle ou utilisez-vous l’ordinapour le tome 2, mais cela n’aurait teur ? plus fonctionné ensuite ni pour J’aime travailler de manière tradile tome 3 ni pour les suivants. La tionnelle. Si j’ai le choix, j’opte pour lecture tête-bêche fait partie des mes crayons et mes pinceaux. Mais ces dernières extra du tome 1, haha. années, j’ai souvent dû travailler sous pression, Quelle autre série de la littérature de l’imaet combiner mon travail à la main avec les techginaire aimeriez-vous illustrer ? Quel scénario niques modernes de dessin. Je dessine d’abord tout aimeriez-vous que l’on vous propose ? au crayon, puis par ordinateur pour donner à mes crayonnés l’apparence d’un encrage traditionnel. Je lis peu de littérature de l’imaginaire. J’ai touC’est un gain de temps inouï, car je dessine environ tefois lu quelques incontournables comme Le Sei140 planches par an ! gneur des anneaux… J’ai également vu l’adaptation Interview de Steven Dupré ciné, mais malheureusement je me suis endormi avant la fin ! Ce que j’aime particulièrement, ce Midgard est un projet de longue date. J’ai com- sont les B.D. du genre, illustrées par d’autres desmencé à y travailler dans les années 90, mais per- sinateurs. sonne ne voulait l’éditer. J’ai donc transformé le Quel personnage de la littérature de l’imagiprojet en dessin animé, car je travaillais à l’époque naire voudriez-vous être ? dans le secteur audiovisuel. Malheureusement, mon producteur a fait faillite, le projet n’a hélas Aucun. Désolé de nouveau. M a jamais vu le jour et je suis retourné à la B.D… vie n’est pas parfaite, mais je C’est l’histoire d’un extra-terrestre qui débarque suis content de n’avoir pas sur Terre à l’époque des Vikings et qui doit s’adap- eu à vivre de grandes ter à leur monde pour sa propre survie. Comme aventures. Je me satisfais de j’en avais un peu marre d’écrire des histoires de 46 ma vie tranquille, à la planches, j’ai voulu faire ce que je voulais, comme maison. je voulais ! Mon choix s’est porté sur un petit forà un mat – parce que j’aime bien lire dans ce format – et Votre conseil jeune dessinateur ? avec plein de planches ! 214 planches pour le tome 1, avec une narration tête-bêche, que je considère Dess i n e , un peu comme l’introduction, comme le pilote dessine, desd’une série-télé avec quelques extra. Et environ 82 sine. Ne fais planches pour les tomes suivants. rien d’autre que desCombien de tomes sont prévus ? siner ! Parlez-nous de Midgard ? La planche ou la case Au moins six, mais j’espère en faire plus. Je dis souvent que je vais faire une histoire de 800 qui vous a donné le plus planches, mais je me demande si ça va suffire difficultés ? d e De Midgard ? Aucune. Bien sûr, il y a des planches qui me demandent plus de temps que d’autres, comme celle avec la grande case où j’ai représenté toutes les larves extraterrestres (dans Midgard — T1), mais je suis un professionnel, monsieur, donc oui ça prend du temps, mais ce n’est pas plus difficile que de dessiner un drakkar dans une tempête ou une forêt dense en pleine nuit. Vos projets pour le futur ? Pour les années à venir, j’espère pouvoir continuer à dessiner un tome de Kaamelott (avec Alexandre Astier au scénario) et un tome de Midgard par an. C’est déjà pas mal de boulot, non ? Parlez-moi de votre travail avec Alexandre Astier (sur Kaamelott) ? C’est tout simple : il m’envoie ses découpages par mail, car on se trouve à 600 km l’un de l’autre. Je fais les croquis et je les lui envoie. Il me donne ses remarques s’il en a, puis je me mets au dessin avec mes crayons, mais aussi mon ordinateur. On a tous les deux beaucoup de respect pour ce que fait l’autre. On s’entend vraiment bien après avoir collaboré sur plusieurs albums. Le prochain album de Kaamelott (tome 7) devrait paraître cet hiver ! Agenda 29-30 septembre 2012 — Salon du livre à Chasseneuil-sur-Bonnieure (16) ; 13 octobre 2012 — Les Halliennales à Hallennes-lez-Haubourdin (59) ; 18 au 21 octobre 2012 — Autres Mondes, festival de l’imaginaire du pays d’Aix : Lambesc, Les PennesMirabeau, Rognes (13) ; 3-4 novembre 2012 — ValJoly’maginaire à Eppe-Sauvage (59) ; 10-11 novembre 2012 — Salon du livre « Fantasy, aventure, contes et légendes » à Crêches-sur-Saône (71) avec la sortie de l’anthologie « Sang, tripes et boyaux » Les prochains numéros du journal Novembre 2012 : Apocalypse Janvier 2013 : Numéro spécial Zone Franche Avril 2013 : Dossier BD steampunk « princesse Sarah » Juin 2013 : La série l’épouvanteur Septembre 2013 : la mythologie dans les films Novembre 2013 : Loki Hommage à Roland C. Wagner Roland C. Wagner a rejoint les étoiles. Roland C. Wagner était un écrivain prolifique. Une cinquantaine de romans, une centaine de nouvelles, riches, variés, surprenants. La plupart des auteurs disent avoir commencé tôt. Dans le cas de Roland Wagner, on pourrait se demander s’il a un jour fait autre chose qu’écrire : des articles, de la fiction, des chansons. C’est à 14 ans qu’il débarque pour la première fois dans une manifestation de science-fiction, qu’il rencontre ses auteurs favoris, qu’il les harcèle de questions. Et il en a déjà, des textes, dans sa besace, beaucoup. Il n’a jamais arrêté. Fanzines, revues, pastiches, il commence fort avant de publier son premier texte professionnel en 1981 puis son premier roman. Roland C. Wagner était un écrivain protéiforme. Le style qu’il s’est forgé à force d’écrire, simple, percutant, d’apparence facile, est très trompeur. Roland Wagner était capable d’imiter n’importe quel auteur, il l’a prouvé à de nombreuses reprises. Mais c’est, selon lui, à l’école du Fleuve Noir, et surtout à celle de Jimmy Guieu avec lequel il a longtemps collaboré, qu’il a appris à construire une intrigue, à tenir le lecteur en haleine. Lorsqu’on lit ses textes, on découvre la richesse de son écriture, sa malléabilité, la patte extraordinaire qui était la sienne. Car son inventivité ne s’arrêtait pas à son imagination narrative, elle se développait dans ses mots, dans ses tournures, dans sa manière de tordre parfois la langue française pour construire son avenir. Cette crédille qui nous ronge, Poupée aux yeux morts ou la nouvelle Fragments du livre de la mer en sont la preuve, par exemple. Roland C. Wagner était un écrivain cohérent. L’essentiel de ses textes se rattache à ce qu’il a appelé « Histoire d’un futur ». Ses premiers romans contiennent déjà les éléments qui constitueront sa fameuse série Les futurs mystères de Paris. On y rencontre la psychosphère, on y sent les archétypes, la désunion des États-Unis, le choc de la Grande terreur primitive. Roland C. Wagner était un écrivain accessible. Généreux. Le lecteur qui l’approchait pour une dédicace était toujours accueilli avec chaleur et gentillesse, avec un jeu de mots ou une petite blague pour détendre l’atmosphère et une petite conversa- tion. Le jeune auteur timide, lui, avait droit en plus à ses conseils, à son temps, à ses mots de bienvenue, à rencontrer d’autres auteurs en sa compagnie. Roland C. Wagner n’était pas avare de sa personne ni de son temps ni de sa chaleur. Fidèle en amitié comme en aversion, il n’était pas non plus avare de ses coups de gueule. Roland C. Wagner était un écrivain engagé. Il défendait l’accès gratuit à la culture comme les droits des auteurs. Il mettait ses textes indisponibles à disposition gratuitement sous Creative Common, ou plus tard en format numérique. Il défendait la littérature populaire, il défendait la SF. Bec et ongles, avec virulence et humour, de toutes ses forces, de toute cette violence qu’il refusait, lui le pacifiste, lui le non-violent. Il défendait cet univers contre ceux qui le blessaient, qui lui faisaient mal, moins par colère que par tristesse, par besoin viscéral de partager ses passions, de les faire entendre. Roland C. Wagner était aussi un chanteur et un chansonnier, son groupe Brain Damage l’a suivi pendant vingt ans, dans le punk, dans le rock « psychodélique », dans ses délires et ses idées. Dans ses chansons, il a célébré la science-fiction, ses auteurs préférés comme Norman Spinrad ou Valerio Evangelisti, il a prolongé ses romans. Il a ainsi mis en texte et en musique les vautriens de son grand œuvre, Rêves de Gloire. Roland C. Wagner était et reste l’un des plus grands auteurs de science-fiction française, l’un de ceux dont on se souviendra. Nous avions rendez-vous avec lui en mai 2013, à la veille de la Grande Terreur, pour attendre Killer à la gare du Nord. Nous nous y rendrons sans lui. Sara Doke Roland C Wagner l’hommage à l’homme qui AF : Nous sommes tous chamboulés par sa disparition et nous avons voulu réunir les personnes avait envie d’avoir des relations avec les gens qui n’ont pas pu aller à l’enterrement de Roland . 6 septembre 2012, Anne Fakhouri et Jeanne- L’hommage devait être dans un bar car c’était RoA Debats ont organisé un hommage à Roland C. land ! Nous allons parler de lui, lire ses textes. C’est Wagner auteur de Science-Fiction décédé le 5 août notre façon de nous réunir une dernière fois autour dans un tragique accident de la route. Ses amis se de Roland. sont retrouvés au dernier bar avant la fin du monde. Jeanne est arrivée, elle a distribué les badges en GD : Peux tu Nous raconter ta première rencontre avec Roland hommage à Roland « RCW 1960 - 2061 » A l’image de Roland ils ont bu un verre et lu AF : La toute première fois ? !... On a la même des textes. C’était pour eux la meilleure façon de maison d’édition... c’était un rendez-vous de diffului rendre hommage. C’était aussi permettre à tous seur ou il a parlé de ses livres. Mais ce n’est pas un ceux qui n’ont pas pu assister aux funérailles de se souvenir impérissable. Après c’est dans des festiretrouver une dernière fois pour Roland... vals, dans un état plus ou moins net pour tous les Lorenzo, l’ami d’enfance de Roland, submergé 2... et là je m’en souviens beaucoup plus ! par l’émotion, n’a pas pu faire de discours. Natacha, sa fille n’a pas pu se déplacer... Sa meilleure amie GD : ton unique souvenir de Roland à consernous a confiait qu’elle se remet de l’accident et de ver ? la perte de son père. « Elle m’impressionne par sa force de caractère. Elle arrive a sourire et s’inquiète AF : Celle des dernières Imaginales ou il est rentré dans une colère noire contre un éditeur. Le soir de savoir comment NOUS nous allons ! » C’est Laurent Whale qui à organisé les lectures on a bu ensemble et Roland m’a fait cette réflexion, en hommage à Roland. Certains on lu des textes une reflexion de pochtron à pochtronne : « nous étions très différents et que le milieu de la SF réuspersonnels. sissait à réunir des gens très différents et qui s’aiUne soirée intimiste, humaine, avec de l’émotion, maient malgré tout et qui étaient réunis autour de des rires et de la boisson, une soirée à l’image d’un la même chose » auteur de talent parti trop tôt. Un départ et une soi- Mais aussi qu’il ai réussi a me mettre une chanrée que l’on aurait aimé n’être que de la fiction mais son de Charden dans la tête pendant 3 jours alors qu’on essayait de se remettre de notre gueule de qui n’est qu’une douloureuse réalité. bois avec Vincent Gessler allongé sur l’herbe devant le festival... GD : Et si tu gardes un seul livre de Roland ? AF : REVE DE GLOIRE, parce que c’est certainement le plus abouti et le plus pathétique au sens vrai du terme. Je reste obsédée par le fait qu’il a écrit le chef d’œuvre au sens vrai du terme. Soit l’aboutissement d’années d’écritures. Il a marqué et a été remarqué par les lecteur du milieu et il est mort juste après. Il y a une espère d’ironie du sort qui me touche en tant qu’auteur et lectrice aussi ITW Jeanne A Debat Itw Anne Fakhouri GD : Pourquoi cet hommage ? GD : Pourquoi cet hommage ? ensemble à la dédicace de Mickael Morecook et on s’était mis sagement dans la file des fans. Et puis après on a passé la soirée a parler de tout, de science-fiction. Et on est rentré, mais bourrés !!!! C’était une soirée absolument géniale ! J’oublierai jamais celle-là... le mal au crane du lendemain non plus (rires) mais c’était un mal au crane type « Roland Wagner » (rires bis). Ça a été une soirée GD : Peux tu Nous raconter ta première renabsolument délicieuse avec un homme qui avait contre avec Roland des relations avec les gens a la ois tendres et respecJD : La première fois... c’était aux utopistes de tueux et quelque soit le genre des gens. 2007 et nous avions le même rythme de clopes. GD : Et si tu gardes un seul livre de Roland ? C’était interdit de fumer das le palais des congrès et on se retrouvait chaque fois ensemble mais avec JD : REVES DE GLOIRE, évidement ! Pour une régularité d’horloge assez impressionnante ! A moi c’est là ou iles arrivé au summum. Enfin je la fin du festival on s’attendait... et c’est ainsi que dis ca mais je n’ai pas encore lu LE TRAIN DE LA l’on est devenu super copain. REALITE. Le jour ou je l’aurai lu tu peux venir me Je l’avais repéré comme étant Roland Wagner. reposer la question... mais en attendant c’est REMais lui ne m’avait pas repéré comme étant la VES DE GLOIRE nana avec qui il s’engueulait parce qu’il faisait l’andouille sur les forums ou il était ensemble ! Roland était très rentre dedans et des fois ça craquait...et je temps en temps je faisais « toc toc, là Roland tu pousses ». Et là on avait des discussions sur le thème « Non tu ne t’attaques pas personnellement aux gens quand tu n’es pas d’accord » et lui « Mais siiii ! Et puis c’est lui qui a commencé » et moi je lui répondais « mais non Roland là faut que tu arrêtes ! Parce que c’était un de mes amis, mais pas qu’à moi ! Parce que tout le monde n’a pas pu se rendre sur le lieux de ses funérailles...et on a senti ce besoin de se réunir d’une façon qu’il aurait beaucoup aimé : en buvant et en rigolant avec les copains. Ce qui est tout a fait dans son style. Je pense qu’il est d’accord. Ensuite... C’est lui qui m’a fait monté sur la scène de la salle Chayol aux utopiales pour recevoir mon 1er prix pour LA VIEILLE ANGLAISE. C’était lui le président. Pour moi, Roland c’est à la fois un mentor dans la Science-Fiction et un ami. Mais j’ai jamais bien fait le lien entre les 2. Nous n’étions absolument pas du tout dans la relation padawan. Ce n’était absolument pas son style ! C’était toujours d’égal à égal avec lui. C’était très reposant, très agréable. Un homme qui avait envie d’avoir des relations avec les gens. GD : ton unique souvenir de Roland à conserver ? JD : Un soir de 2011 nous sommes allés Retour sur les imaginales, interview de Mathieu Gaborit À l’occasion des Imaginales 2012, la rédaction velles que j’ai publiées depuis quelques années. Le s’est entretenue avec Mathieu Gaborit. projet a été initié par Jérôme Vincent à travers ActuSF. J’ai trouvé l’exercice passionnant. La nouvelle Fan 2 Fantasy : Bonjour Mathieu. Vous avez n’est pas mon format de prédilection. C’est un art récemment publié Les Chroniques du soupir (Pré de la concision et de la dramaturgie que je maîtrise aux clercs) et D’une rive à l’autre (Actu SF). Pourassez mal. Pour ceux qui me suivent, en revanche, riez-vous nous parler de ces deux ouvrages ? je pense que c’est intéressant de voir comment j’ai Mathieu Gaborit : Les Chroniques du Soupir évolué depuis mes débuts. posent une question : peut-on vivre sans magie F2F : Votre imagination est souvent décrite ? Le réenchantement du monde doit-il être une comme raffinée et poétique. D’où vous vient votre œuvre concrète ou peut-il s’affranchir du réel ? inspiration ? Je n’ai pas de réponse catégorique, je veux simplement attirer l’attention sur l’engagement d’un M.G. : De la vie, avant tout. L’inspiration est une transformation, une maauteur de fantasy. Cet enchantement qui irradie nière de s’affranchir d’un nos pages est-il un mencontexte pour qu’un détail songe, un contre-feu pour devienne une étincelle. Il fuir la confrontation avec y a quelques semaines, sur l’avant-monde ou est-ce l’autoroute, je rêvassais au précisément une lucarne volant. Les nuages qui barprécieuse pour mieux raient l’horizon ont subitedéchiffrer le réel ? Moi, ment déclenché une série auteur, j’oscille au bord d’associations d’idées qui de l’abîme. Chaque jour, ont accouché du synopsis je suis obligé de m’autoléd’un nouveau roman. En gitimer pour oser écrire, amont, il faut entretenir pour croire que mes rêves sa sensibilité au monde, feront sens pour le lecteur se rendre perméable aux et ne seront pas un artifice étincelles. Par la suite, en pour masquer le réel et le revanche, l’inspiration est rendre plus abrasif encore un véritable travail. Tu lorsque le livre se referme. parles de raffinement. Je Au fond, j’ai voulu préfère « raffinage ». Une interroger notre rapport idée, quelle qu’elle soit, se à l’imaginaire. Est-il visraffine jusqu’à l’os. Tu dois céralement narcissique, l’exprimer comme un fruit érigé comme les murs pour qu’elle livre sa vérité. d’une citadelle pour nous Il y a de nombreuses idées protéger de l’Autre ? Ou qui s’abandonnent, qui ne permet-il, a contrario, de trouvent pas leur place mieux déchiffrer l’Autre ? Je pressens un point de dans l’architecture d’un monde ou d’un roman probascule différent pour chacun d’entre nous. Un prement dit. Le travail est là : faire des choix, raffimoment où l’imaginaire n’est plus une clé sensible, ner pour mieux extraire l’essentiel. mais une prison. À nous d’être vigilants, à nous de rêver sans nous couper du monde. D’une rive à l’autre est une compilation des nou- F2F : Vous avez travaillé par deux fois avec relatives d’un éditeur, l’auteur dispose d’une liberté Amandine Labarre pour des livres illustrés. qu’il ne faut pas négliger. Qu’apporte pour vous cette combinaison visuelle A contrario, l’auteur doit savoir écouter. L’humilité n’est pas une soumission. Il faut savoir appréet littéraire ? cier les conseils d’un éditeur. Pour peu qu’il sache M.G. : Une fusion artistique, une manière de faire son métier, ses conseils permettent souvent sculpter l’étroite passerelle qui relie le mot à l’image. de dépasser les défauts de jeunesse et améliorer le Ce qui me semble fondamental, surtout, c’est la li- texte. berté des deux artistes engagés. Qu’aucun ne soit Pour l’auteur, il s’agit surtout de choisir ses badans l’imitation. Sur un projet de cette nature, l’es- tailles. Certaines idées peuvent mériter qu’on fersentiel est de voir émerger une nouvelle dimension raille et qu’on argumente pour convaincre l’éditeur à partir des deux mondes impliqués. Je suis fasciné de leur bien-fondé. Un jeune auteur est souvent par les illustrateurs. J’aurais rêvé de pouvoir dessi- intimidé, voire honoré, d’être publié et, du coup, ner et de donner corps à toutes les images que j’ai peut oublier que ses convictions sont au cœur du en tête. Avec Arcanes féériques et Faery City, j’ai eu processus créatif. C’est un équilibre à trouver, un beaucoup de chance de travailler avec Amandine. mélange de souplesse et de fermeté. C’est une femme incroyablement sensible, à fleur On peut également évoquer le désarroi de cerde peau. Je crois que nous avons trouvé un langage tains auteurs face aux contrats en vigueur dans commun. l’édition. Il ne faut pas hésiter à demander conseil autour de soi pour que le contrat respecte les deux parties. À défaut de pinailler, un auteur doit être exigeant. F2F : Un dernier mot pour nos lecteurs ? M.G. : Restez à l’écoute. Ne cessez jamais d’être attentifs au monde pour chercher l’étincelle. Je le répète comme un mantra, mais F2F : Notre journal défend les jeunes auteurs, cherchez toujours les zones d’ombre et les failles, aussi aimerions-nous un petit conseil de votre car ce sont elles qui laissent passer la lumière qui part. Pour vous, quelles sont les qualités néces- nous inspire. saires à un auteur, une fois qu’il a entamé le processus éditorial ? M.G. : Tout d’abord, en France, il faut saluer la liberté de l’auteur sur le contenu de son œuvre. Dans le cinéma ou le jeu vidéo, il est très rare que l’artiste puisse s’affranchir des contraintes imposées par le média. En littérature, excepté les exigences très Les conseils de lecture du Mage blanc Selection Bd Le Retour de Dorian Gray Tome 2 – Noir animal BETBEDER – VUKIC -Soleil La révolution est en marche ! Les rangs de celui qui s’est autoproclamé roi, Invisible 1er, grandissent. L’opération « réveil des consciences » a commencé. Londres est plongée dans l’obscurité pour permettre aux laissés-pour-compte d’envahir les quartiers riches et de prendre la place, le temps d’une nuit, des mieux lotis. Dorian Gray est désormais le son bras droit de l’homme invisible. Notre avis : Suite et fin de cette redécouverte du portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde dans cette magnifique collection « 1800 » qui revisite à sa façon les che d’œuvres du 19ème siècle. ILLIMITÉ Tome 1 – Connexion FERRE/BONNIN – KHALED- Soleil Comme toi, Sim possède un téléphone pour envoyer des SMS, surfer sur Internet, etc. Sauf que lui, les applications de son téléphone deviennent réalité ! Armure de combat, lance-roquettes ou skate antigravité ne sont plus des fantasmes ! Tu te demandes où Sim a pu trouver son téléphone ? Es-tu prêt à répondre à l’appel de l’aventure ? Notre avis : Un dessin sympathique et une aventure fantastique à cent à l’heure rempli d’homme en noir d’extraterrestre de jeunes adolescents et d’un téléphone portable. Une série à suivre. Nous vous proposerons une interview des auteurs dans le prochain numéro. MERCENAIRES T.2 - Le Seigneur des Trois Cités Scénariste : JARRY/Dessinateur : DEPLANO/Coloriste : FABRIS La meute du Griffon arrive au temple des Faiseurs pour apprendre comment relancer le sortilège qui protège le mur. Mais le seigneur du temple n’est pas disposé à les aider... sans contrepartie. Les Mercenaires doivent escorter un jeune apprenti jusqu’au royaume des trois cités. Celui-ci doit y être couronné pour succéder à son père. Pendant que les compagnons suivent leur périple à travers l’archipel, le seigneur Griffon, ramené à la vie par une Ténébreuse, lutte pour préserver son âme... L’ancien chef de meute aura-t-il assez de volonté pour s’opposer ? Notre avis : Le retour de nos héros orques à peau verte dans leur aventure épique au pays du soleil levant. Un subtil mélange de fantasy d’humour et de Chanbara Coup de coeur B.D. Entre chien et loup Tome 1 : Sais-tu ce que tu es ? Morgil et Florence Torta, aux éditions Tonkam Dans le monde de Lagan se côtoient créatures mythiques et humains. Depuis peu, l’apparition de redoutables démons trouble l’équilibre fragile de ce monde. Les humains, pris entre deux feux, décident de s’allier aux vampires pour se protéger. Malgré la crainte que les vampires inspirent, ils sont célébrés comme des héros, car ils seraient les seuls à pouvoir tuer les créatures démoniaques. Les humains en viennent même à accepter sans rechigner les sacrifices envers leurs nouveaux protecteurs. Korgan, chasseur de monstres, refuse la passivité de ses congénères et décide de chasser démons et vampires. Face à lui se dresse « le Clan », un groupe de trois vampires extrêmement puissants. Notre avis : Florence passe de l’autre côté du miroir. Nous la connaissions pour les superbes mises en couleur de la B.D. Noob et la voilà scénariste de la B.D. Entre chien et loup avec Morgil au dessin et à la couleur. Une bande dessinée épique tout en couleur (rare chez un éditeur de mangas). L’histoire est prenante et captivante et nous voyons le mot fin arriver tel un couperet qui nous arrache à ce monde ténébreux, mais envoûtant. Le dessin est superbe et l’on devine la complicité entre les deux artistes et leur totale maîtrise du thème des vampires. La série complète comportera trois tomes (nous avons hâte de lire la suite). Selection Romans Oscar Pill Tome 1 : La révélation des Médicus Eli Anderson, Albin Michel Oscar Pill, jeune adolescent, orphelin de père, incapable de réfréner ses instincts de protecteur, découvre qu’il est le fils d’un célèbre Médicus. Les Médicus, êtres humains dotés de la faculté de pénétrer les corps (humains, animaux et même végétaux), afin de les soigner et/ou de les protéger, sont sur le qui-vive et se voient contraints de recruter et de former à tour de bras tous les Médicus possibles afin d’assurer la défense des hommes contre le grand Maître des Pathologus qui s’est échappé de sa prison et a bien l’intention de s’attaquer à nouveau à eux en les détruisant de l’intérieur. Notre avis : Oscar, le rebelle au grand cœur, commence son apprentissage auprès de ses nouveaux amis et va nous entraîner dans des aventures exaltantes à l’intérieur du corps humain. Vous ne verrez plus votre corps du même œil, et plus que dans un cours d’anatomie, c’est dans une aventure intérieure que l’auteur, médecin, nous entraîne ! Jake Djones, gardien du temps Tome 1 : Mission Venise Damien Dibben, Gallimard Jeunesse. Damian Dibben est un scénariste et écrivain anglais. Pour son premier roman, premier tome d’une trilogie, il a choisi la carte du héros plein d’humour. C’est dans des aventures rocambolesques à travers le temps qu’est entraîné bien malgré lui notre héros, accompagné de jeunes compagnons nés à différentes époques. Enrôlé par l’agence d’espions qui a perdu ses parents à travers le temps, Jake part pour une première mission afin de les sauver. Notre avis : Scénariste à la base, l’auteur a écrit un roman très cinématographique avec des dialogues percutants. Une adaptation au cinéma est à prévoir. Une série au début encourageant et à l’ambition modeste, car l’histoire se bouclera en seulement trois tomes. Pour les fans d’espionnage et de récits historiques. Coup de coeur jeunesse La Maison Sans-Pareil Tome 1 : L’oiseau noir Elliot Skell, Flammarion Il y a bien longtemps, un Capitaine accosta sur les rives d’une petite ville et décida d’y fonder une grande maison qui ne ressemblerait à aucune autre : la Maison Sans-Pareil. Depuis, de génération en génération, les habitants vivent en parfaite harmonie à l’intérieur de la vieille bâtisse. Jusqu’au jour où le Capitaine est retrouvé mort. Omnia, douze ans un quart, ne croit pas à l’accident, alors elle mène l’enquête. D’inquiétantes ombres se faufilent, un mystérieux oiseau noir plane au-dessus des toits. Omnia ignore encore tout des dangers qui la guettent... Notre avis : Un premier tome très prometteur, car il est envoûtant du début à la fin. On entre dans la Maison Sans-Pareil sans jamais vouloir en ressortir tellement cet endroit est fascinant et mystérieux. La Maison Sans-Pareil est un village secret à l’intérieur d’une ville ! Les habitants de la Maison SansPareil sont une grande famille vivant en autarcie, qui n’éprouve pas le besoin de connaître le monde extérieur. Cet univers est complexe, mais entraînant ! Il y a beaucoup de personnages et les hommes ont des noms assez semblables, mais ce n’est nullement un frein à la lecture. Le lecteur se plaît à suivre l’enquête d’Omnia à travers le bâtiment. Le suspense est tenace jusqu’à la fin. Découvrez l’auteur dans son univers fantastique et mystérieux. Une série et un auteur à suivre. Luna Manannan Tome 1 : Le combat des âmes et Tome 2 : Les anneaux de la destinée Dyane, autoédité via BoD Notre avis : Une sympathique histoire de fantômes assez classique dans un univers celtique mais qui peche par son immaturité, le roman aurait mérité une au deux relectures supplémentaires avant de sortir et le style de l’auteur est encore un peu jeune. Espérons que les erreurs de débutant soient corrigés dans le tome 2 dont nous vous parlerons la prochaine fois. Azréa Tome 1 : L’ordre des fondateurs Émilie Robert, Terriciaë La planète Terre, ses hommes, son équilibre menacé par les catastrophes naturelles, une réalité. Crimes en série, sécurité nationale, fusillades, action, le quotidien de Chrystina et Mike. La maîtrise des éléments, le pouvoir de l’esprit, l’irrationnel, hors sujet. Et pourtant, lorsque le tout s’imbrique dans une affaire hors du commun, les deux équipiers et leurs amis font alors face à des réalités nouvelles, un ordre reconstruit, la réalité d’un monde que l’on croît connaître, mais où tout est à réapprendre. Notre avis : Comme souvent avec les éditions Terriciaë, la quatrième de couverture n’est franchement pas engageante. On comprend à peine de quoi il est question. Bref, passons à l’histoire. Chrys, Mike, Fabrice et Yoann sont des agents spéciaux sous les ordres de Barry (de quelle police, de quel service, de quel pays ? Bonne question, mais il semble que ce soit en France, d’où l’interrogation sur le terme « d’agents spéciaux ») qui enquêtent sur une longue série de disparitions incluant l’usage du feu. Lors d’une nouvelle affaire, l’équipe parvient à capturer Septros, l’un des grands méchants, qui s’avère être bien autre chose qu’un simple kidnappeur. Il vient d’un autre monde et, après quelques péripéties, nos héros découvrent que c’est aussi le cas de certains d’entre eux, dont Chrys qui est celle susceptible de sauver son peuple. Ils vont donc faire le voyage vers ce monde en danger… Autant le dire tout de suite, je n’ai pas du tout adhéré à l’histoire et je crois que la principale raison, c’est son traitement. On ne sait rien du cadre des policiers dans la première partie du livre (fonctions, service, compétences particulières) et le rendu de l’enquête est si pauvre que l’on ne parvient pas à se mettre dans l’ambiance, sur les scènes de crime notamment. Les recherches d’indices, de suspects, d’informations… tout est tellement survolé, sans usage des techniques policières, que l’on ne peut apprécier la chose. L’ensemble n’a aucune saveur et ne sert qu’à mettre en place des personnages stéréotypés, sans véritable profondeur, qui auraient pourtant mérité d’être plus fouillés, vu leur importance par la suite. La palme revient à Septros, dont on ne sait rien, dont le point de vue n’est jamais exposé, ce qui le rend aussi transparent qu’inutile. Il est juste là pour être le méchant. La seconde partie de l’histoire, lorsque les héros vont dans le monde d’Azréa, ne m’a pas plus convaincue. J’aurais aimé que l’auteur détaille leurs mœurs, leur société et la beauté de leurs paysages (tout juste effleurée) plutôt que, encore une fois, les personnages. J’ai été agacée de constater que les humains n’ayant jamais mis les pieds dans ce monde étranger en comprennent la langue d’entrée de jeu, sans explication particulière. Ils ne s’étonnent quasiment de rien, ne font aucune boulette pourtant facilement légitime, ce qui enlève toute saveur à ce passage. Le style de l’auteur, quant à lui, est plutôt fluide, bien que parfois maladroit et comportant quelques erreurs. La seule chose qui m’a vraiment dérangée, ce sont les personnages qui, vu la place omniprésente qu’ils occupent dans le roman, auraient mérité d’être beaucoup plus approfondis. Il ne suffit pas d’une héroïne au caractère bien trempé pour rendre l’histoire qui la concerne intéressante. Bref, vous l’aurez compris, ce roman est avant tout basé sur les personnages et leurs interactions plus que sur l’univers fantastique qu’il nous promet de découvrir et j’ai trouvé cela vraiment très dommage. Même s’il s’agit d’un tome 1 et que la suite peut décrire plus avant les mondes, il en aurait fallu plus dans cette mise en bouche pour attirer le lecteur et, surtout, ne pas lui donner cette impression d’effleurer le sujet. Coup de coeur adulte Miroir Alick, Rebelles éditions Faisant partie des meilleurs éléments de la brigade criminelle du 36, quai des Orfèvres, Axiandre Martin reçoit les honneurs après l’arrestation musclée du tueur parisien connu sous le nom de « Purificateur ». Toutefois, affectée par la mort de son coéquipier lors de cette opération, elle bénéficie d’un congé d’une semaine, mais se voit rappelée durant ses vacances. Trois corps mutilés viennent d’être retrouvés et l’affaire s’annonce étrange. Il s’agit de jeunes filles sur le point de se marier, toutes exécutées 24 heures avant la cérémonie. Bientôt les corps s’accumulent et la presse s’empare de l’affaire. Sur les traces d’un dangereux psychopathe, l’enquête la plonge alors dans un univers de démence et d’horreur dont elle sortira transformée. Notre avis : Après un prologue aussi lubrique qu’angoissant, le récit commence. Un thriller passionnant écrit à la première personne où nous suivons l’enquête d’une femme inspectrice de police, Axiandre. Au fil du récit, on retrouve une héroïne tourmentée par les aléas de la vie. L’auteur met du temps à décrire son personnage pour la rendre la plus commune possible. Ça pourrait être n’importe quelle femme. Des descriptions de lieux criantes de vérité qui font ancrer encore plus cette histoire fantastique dans le réel. Mais Axiandre Martin n’est pas la seule personne dont nous suivons la vie et les pensées. Il y a d’abord Alexandre et sa froideur ténébreuse avec une voix dans sa tête, Jassandre, sensuelle et lubrique escorte de charme, puis enfin Sebastiandre, l’enfant du placard. Un prêtre assassin qui tue tout en étant persuadé d’être l’ange rédempteur du divin… un mélange entre Emprise et Seven. Tout juste sortie d’une enquête douloureuse où elle a perdu son coéquipier, l’héroïne principale enquête sur un nouveau tueur assassinant de jeunes futures mariées de 25 ans. Ce livre présente l’une des plus grandes phrases que je n’ai jamais lues. Les points de vue des protagonistes et les histoires s’entremêlent jusqu’au feu d’artifice de la révélation finale. Un thriller angoissant et lubrique aux multiples points de vue pour public averti. Dossier : R.A. Salvatore S’il y a bien un auteur qui a su marquer la scène de la littérature fantasy ces dernières années, il s’agit bien de Salvatore. Auteur prolifique possédant une grande imagination, il a rapidement connu un grand succès aux États-Unis. Depuis quelque temps, ses œuvres sont rééditées dans leur intégralité au sein de notre beau pays. L’occasion donc de revenir un peu sur ce grand monsieur de la fantasy, qui a su rassembler de nombreux fans, ainsi que sur ses œuvres principales. Présentation de l’auteur : Robert Anthony Salvatore est un écrivain américain de fantasy, né le 20 janvier 1959, à Leominster, Massachusetts. Il y vit d’ailleurs toujours, accompagné de sa petite famille composée de sa femme, ses trois enfants, et de leurs animaux domestiques. Salvatore est un homme qui aime la littérature fantastique, l’adore même. Il a rencontré son premier amour littéraire lors de ses années universitaires, à Noël plus précisément, lorsqu’il s’est vu offrir un exemplaire du Seigneur des anneaux. Les écrits de Tolkien ont littéralement changé sa vie. C’est en effet à la suite de leur lecture qu’il changea d’orientation scolaire pour se diriger vers une licence de journalisme alors qu’il était inscrit en génie informatique. Il confirmera sa nouvelle vocation en accomplissant également une licence des arts anglais en 1982. C’est ensuite qu’il commencera doucement à écrire tout en travaillant dans divers emplois afin de subsister. C’est en 1988 qu’il verra sa première œuvre éditée chez TSR. Il s’agira de l’Éclat de cristal, une aventure se passant dans les royaumes oubliés et mettant en scène l’Elfe noir Drizzt Do’Urden. C’est d’ailleurs ce même personnage qui deviendra une entité récurrente et extrêmement populaire parmi les fans de l’auteur. Son œuvre lui amena un certain succès et lui permit de devenir écrivain à plein temps, et ce, pour le plus grand plaisir de ses nombreux fans. C’est ainsi que paraît la Trilogie de l’Elfe noir, qui lui apportera un succès sans précédent, succès qui dure encore de nos jours et qui a valu à Salvatore le statut de grand écrivain de fantasy. Ses livres se sont en effet vendus à plusieurs millions d’exemplaires sur le seul territoire américain. Cet auteur réellement passionné dispose d’un véritable et sincère attachement à la littérature, ce qui l’amène aujourd’hui à militer dans les écoles et les bibliothèques pour sensibiliser les plus jeunes à l’importance de la lecture et de l’écriture. Ses romans les plus connus se déroulent dans les Royaumes oubliés. Les couvertures de ses romans sont souvent illustrées par Ciruelo Cabral. Il a aussi travaillé sur le scénario du jeu vidéo Les Royaumes d’Amalur : Reckoning. Ses livres sont aujourd’hui traduits et distribués dans le monde entier et se vendent par millions. En dehors de sa passion pour l’écriture, Salvatore est un membre réellement actif au sein de sa ville. Il participe en effet à de nombreuses conférences littéraires où il donne tout un tas de conseils aux auteurs en herbe et aux fans. Salvatore est lui-même un véritable glouton de littérature, s’intéressant à un maximum d’auteurs aussi nombreux que variés avec des écrits provenant de Mark Twain, Geoffrey Chaucer, Shakespeare, Dante, ou même encore Sartre. Ses influences littéraires sont cependant plus ciblées, empruntant aux styles et aux idées d’auteurs tels que Ian Fleming, Arthur Conan Doyle, et bien sûr, J.R.R. Tolkien. Salvatore est également un grand fan de softball, sport qu’il pratique très régulièrement. Il organise même des tournois et se retrouve avec son équipe troisième fils de sa génération, il devait, selon les chaque dimanche afin de se détendre et jouer dans coutumes drows, être sacrifié à la déesse Lloth, le la bonne humeur. démon-araignée, et ce, dès sa venue au monde. Maintenant que nous connaissons un peu l’homme, plongeons-nous dans le cœur du sujet, je veux bien sur parler de ses écritures. Et accrochezvous, car elles sont nombreuses. S’il ne devait rester qu’un seul personnage issu de l’imaginaire de Salvatore, alors ce serait, Drizzt Do’Urden, le célèbre Elfe noir. Personnage emblématique issu de l’imaginaire de l’auteur, ce héros, car c’est ce qu’il est, a su se rebeller contre son peuple et combattre le destin funeste qui lui était promis. Il prit donc l’initiative de s’enfuir des méandres de Menzoberranzan, la ville souterraine dirigée par les Drows, ces sordides Elfes noirs. Sortant enfin des méandres d’Outreterre, le monde souterrain courant sous des continents entiers, notre jeune héros vivra de grandes et épiques aventures qui seront d’abord contées dans l’Éclat de Cristal, premier roman de Salvatore, puis dans la Trilogie de l’Elfe noir, qui retrace sa vie au sein de Menzoberranzan et sa fuite de l’Outreterre vers Féerune. De par sa constitution de Drow, Drizzt Do’Urden possède de nombreuses similitudes avec les Elfes blancs. Il est en effet grand, élancé et possède une dextérité surhumaine ainsi que bien d’autres compétences intellectuelles et artistiques. Il s’en différencie cependant grâce à une peau d’ébène et une longue chevelure blanche. Ses yeux couleur lavande sont cependant d’une grande rareté chez les Drows. Même selon les standards elfiques, Drizzt est d’une grande beauté. Mais se révèle aussi être très timide. En effet, son éducation d’Elfe noir, portée sur le maniement des armes et de la magie, ne lui a fait apprendre que peu de choses concernant les femmes et sur l’amour, sentiment peu répandu chez les Drows. Il est le troisième fils de la maison Daermon N’a’ Shezbaernon, ou Do’Urden. Étant le C’est seulement grâce à l’attaque de la maison Do’Urden par la maison Devir, rivale de longue date, qu’il échappera à cette mort. Placé ensuite sous la tutelle de sa sœur Vierna, il passera seize ans à apprendre les coutumes et la vie d’un mâle Elfe noir. Durant tout ce temps, les préceptes haineux et sournois de Lloth la déesse-araignée lui seront inculqués à coups de fouet. Son statut de mâle, considéré comme inférieur chez les Drows lui sera sans cesse rappelé durant ce long et difficile apprentissage de la vie. Drizzt comprendra bien vite qu’il n’est pas fait pour cette vie de traîtrise et de haine. C’est à son seizième anniversaire seulement qu’une lueur d’espoir va apparaître. Il va en effet faire une rencontre qui bouleversera sa vie. En effet, alors que Drizzt doit être formé comme sorcier, Zaknafein Do’Urden, son père biologique qui est aussi le maître d’armes de la maison, va se rendre compte que le jeune Drizzt possède des prédispositions exceptionnelles pour le combat. Après un test que Drizzt remporte avec succès, la Matrone Malice, grande dirigeante de la maison et mère de Drizzt, accepte que Zak le forme. Durant quatre ans, Zaknefein et Drizzt vont s’affronter dans d’innombrables joutes d’entraînement. Drizzt excelle dans le maniement du cimeterre, et atteint presque le niveau de son maître. Au-delà de ces duels, une sincère amitié se forme entre les deux Drows. Mais la despotique mère de Drizzt, Malice, souhaite faire de son fils un guerrier au cœur de pierre, un descendant digne de sa maison et de sa race. Elle souhaite faire de lui un tueur parfait, froid et sanguinaire. Craignant que le comportement laïc et amical de Zak n’influence Drizzt, elle décide donc d’envoyer ce dernier à l’académie militaire de Menzoberranzan, Melee-Magthere. aiguisé que celui des autres aspirants guerriers, le fera briller. C’est durant cette période à l’académie qu’il va rencontrer Guenhwyvar, la panthère magique qui deviendra un de ses plus fidèles compagnons. Il sortira donc de l’académie couvert de lauriers. Son talent de guerrier fera de lui un homme respecté. Il sera cependant rapidement écœuré par le sombre destin qui lui est tracé. C’est d’ailleurs la promesse de cette vie et de ses préceptes qui pousseront Drizzt à trouver le courage de s’échapper de Menzoberranzan. Il passera ainsi dix ans à errer dans les interminables et dangereux couloirs d’Outreterre, faisant la connaissance du gnome Belwar Dissengulp, avec qui il vivra de nombreuses aventures. Mais la véritable histoire de Drizzt Do’Urden ne commencera que lorsqu’il décidera de se rendre à la surface de ce monde pour tenter sa chance de vivre selon ses principes qui ne furent jamais ceux de ses compatriotes. De par son origine, Drizzt eut beaucoup L’immense talent de Drizzt est une nou- de mal à s’intégrer dans la société de la surface, velle fois largement démontré durant ses études. celle-ci ayant appris à considérer les Drows comme En effet, son art du combat, bien plus développé et des ennemis sadiques et dangereux. Il dut faire preuve de beaucoup de calme et de persévérance afin de se faire accepter. Cela lui prit plusieurs années et il dut prouver maintes fois sa valeur guerrière. Il accomplit donc de nombreux combats et dut combattre par exemple des Barghests, d’énormes chiens démoniaques. C’est après de longues pérégrinations qu’il fit la rencontre de Montolio, première personne à réellement l’accepter et lui offrant l’asile. Drizzt possède donc peu d’amis, mais ils sont tous d’une fidélité et d’un courage à toute épreuve. Peu après son arrivée à la surface, il rencontre le chef des Nains du clan Marteaudeguerre, Bruenor Marteaudeguerre, avec qui il vivra de grandes aventures telles que la reconquête de Castelmithral, prise des mains des seigneurs nains par le dragon noir Ombreflet. Il vivra avec lui encore bien d’autres périples. Enfin, il sera amené à entraîner au combat celui qui allait devenir son frère d’armes, le barbare Wulfgar de la Tribu de l’Élan. C’est avec eux qu’il vivra ses aventures les plus épiques et qu’il combattra de nombreux Orcs. Au-delà de toutes ses aventures et de son caractère bien différent de celui des autres Elfes noirs, notre héros se distingue également par son physique. En effet, même en se référant aux normes de beauté elfiques, Drizzt reste un personnage au physique très agréable. Il dispose également d’une condition physique exceptionnelle, il est très endurant, mais aussi très agile. Son style de combat, qui lui est très personnel, s’avère très spectaculaire. Au fil des ans et des combats, l’Elfe noir a développé de nombreuses parades et techniques. Sa technique de combat la plus efficace reste certainement ses fameux moulinets « danse de la mort ». La personnalité de notre héros est également assez unique. Drizzt souffre d’une légère schizophrénie qui se manifeste principalement lorsque sa vie, ou celle d’un proche, est en péril. Sa deuxième personnalité, qu’il appelle « Le Chasseur » développe davantage ses capacités guerrières, mais a tendance à le rendre impitoyable, il se transforme ainsi en véritable machine de guerre, froide et sans aucun sentiment. L’Elfe noir éprouve bien évidemment une certaine difficulté à vivre avec cette autre personnalité. Il faut tout de même souligner que c’est cette dernière qui lui a sauvé la vie, et ce, à plusieurs reprises, le sortant de situations compliquées. Bien qu’il soit donc élégant et d’une certaine façon maniéré, Drizzt est cependant souvent vêtu de vêtements simples, qui n’attirent que peu l’œil. Audelà du simple habillage, notre héros porte un équipement magique particulièrement puissant, équipement qu’il a récolté au fil de ses nombreuses aventures et pérégrinations. Il dispose ainsi d’une cotte de mailles faite de mithril, des bracelets de vélocité qu’il utilise cependant non pas sur ses poignets, mais sur ses chevilles, augmentant ainsi sa vitesse de déplacement, ce qui lui apporte un meilleur équilibre lorsqu’il manie ses sabres trop vite. De plus, il possède deux cimeterres magiques, le premier est appelé Étincelle, et le manie avec sa main gauche. C’est une lame ensorcelée, optimisée pour la parade. De son autre main, le Drow utilise Bisemort, un cimeterre magique fabriqué à partir de fer froid et qui le protège du feu, il est également très efficace contre les créatures de feu telles que les démons. Notre héros est donc ambidextre, capacité de l’Outreterre. Mais les méfaits de sa terrible race qu’il a développée dans son enfance. sont bien connus des peuples de la surface. Accompagné de sa fidèle panthère, Drizzt devra surmonDe plus, comme tout elfe qui se respecte, Drizzt ter de nombreuses épreuves avant de trouver une possède de nombreuses compétences. Il est en effet terre d’accueil. capable d’exceller dans de nombreux domaines. Il sait par exemple crocheter une serrure, sculpter ou L’Éclat de Cristal : graver. Il connaît également la calligraphie, mais Le Valbise tremble. Akar Kessell, un apprenti aussi chanter et écrire des poèmes. L’Elfe noir est sorcier, a réveillé une relique pouvant balayer la région de la surface des Royaumes. Et s’il n’y avait donc quelqu’un de doué et polyvalent. Vous l’aurez compris, Drizzt est un personnage que ça ! Les barbares mènent une attaque sanglante qui a vécu de nombreuses aventures. Mais il serait contre ses habitants, abandonnant derrière eux le ici inutile et fastidieux de vous en révéler davan- jeune Wulfgar, laissé pour mort. Recueilli par le tage. Je vous invite donc à vous procurer ses aven- Nain Bruenor et son ami Drizzt Do’Urden, l’Elfe tures et ainsi découvrir ses nombreux périples diri- noir, il pourrait bien se révéler l’ultime rempart contre l’épouvantable puissance de l’Éclat ! gés par la plume de Salvatore. Voici cependant un petit synopsis des premiers volumes de ses aventures : Les Torrents d’Argent : Un prodigieux voyage au cœur du songe, là où la magie fait briller l’aventure. Le printemps revenu, Drizzt Do’Urden accompagne le Nain Bruenor, qui part à la recherche de Castelmithral, le berceau mythique de son peuple. Wulfgar le Barbare et Régis le Halfelin sont du voyage. Les quatre amis ne sont pas au bout de leurs peines. Monstres, sorciers et assassins sont sur leur piste, et tous ont leurs raisons de vouloir la mort de nos héros. Terre Natale : L’Outreterre : terre natale du jeune prince Drizzt Do’Urden, où se dresse la vaste cité exotique de Menzoberranzan. Drizzt atteint l’âge de la maturité dans l’univers implacable de sa ténébreuse espèce : les Elfes noirs. Possédant un sens de l’honneur à toute épreuve, Drizzt fait face à un inévitable dilemme : peut-il vivre dans un monde qui rejette toute forme d’intégrité ? Terre natale est le premier Le Joyau du Halfelin : volume de La légende de Drizzt, de R.A. Salvatore, Régis est livré au Pacha Amas. Celui-ci veut se venger du Halfelin qui lui a volé son bien le plus dans l’univers épique des Royaumes oubliés. précieux : le rubis aux pouvoirs hypnotiques. Les amis de Régis, Drizzt et Wulfgar se ruent à son seTerre d’Exil : La légende de l’Elfe noir continue ! Survivra-t- cours tandis que Catti-Brie se charge de lever une il à la nuit éternelle de l’Outreterre ? Loin sous la armée pour reconquérir Castelmithral. Drizzt sera terre, Drizzt Do’Urden a fui la société corrompue de nouveau confronté à son ennemi juré, Artémis des Elfes noirs. Le jeune guerrier a soif de justice et Entreri. Quant au Halfelin, il doit affronter la pire d’amitié plutôt que de pouvoir et de violence, et il épreuve de sa vie entre les griffes du Pacha Amas. sait que sa seule chance de goûter à la liberté repose Y survivra-t-il ? dans les tunnels labyrinthiques de l’Outreterre. Mais il devra y affronter les fantômes du passé et les L’Héritage : abominations du présent… Pendant ce temps, son Les membres de la famille de Drizzt complotent impitoyable famille poursuit sa guerre fratricide. contre lui. Ils envoient un espion humain à CastelPour traquer Drizzt, sa mère enverra le seul guer- mithral, et choisissent pour cette mission Artemis Entreri, son ennemi juré ! Mais alors que Drizzt rier capable de le tuer… et de lui briser le cœur. doit sauver Castelmithral d’une invasion drow, son cœur est brisé : Catti-Brie est sur le point d’épouser Wulfgar. Terre Promise : Drizzt a laissé derrière lui les méandres obscurs Le Roi orque : La paix récemment établie entre les Nains de Castelmithral et le royaume des Orques est déjà menacée. Les tribus orques se font la guerre et Bruenor est résolu à y mettre un terme et à sauver ce qu’il a mis tant de temps à bâtir. Mais il faudra bien plus que des épées et des haches pour établir une nouvelle ère dans cette région tourmentée. Les puissants seigneurs de part et d’autre devront apprendre à se connaître et à s’estimer malgré leurs différences. Le chemin de la compréhension et du respect est long et semé d’embûches. Comme vous pouvez le constater, les aventures de l’Elfe noir sont riches et nombreuses. Mais il serait réducteur de penser que l’imagination et le talent de Salvatore s’arrêtent ici. En effet, il a écrit de nombreuses autres œuvres au sein des Royaumes oubliés, en voici quelques exemples. pagaille. Gary Leger a-t-il vraiment bien choisi le moment de son retour en Faerie ? Le Retour du tueur de dragons : En épousant Gary, Diane épouse malgré elle une incroyable vie d’aventures. Rien n’indiquait que son voyage de noces, commencé dans les brumeuses landes d’Écosse, l’entraînerait jusqu’aux terres légendaires de Faerie. Car dans ce monde, Gary n’est autre que le héros porteur de la lance magique, l’homme qui a terrassé le dragon et le seul capable de faire trembler Ceridiwen, la terrifiante sorcière. Et aujourd’hui, Gary est de nouveau appelé par ses amis elfes et lutins pour protéger une troisième fois le royaume de Faerie dont la paix est menacée par les forces du mal. Mais son plus grand défi ne consiste-t-il pas à faire de Diane une nouvelle actrice de la légende ? La Saga des lances : Une autre trilogie écrite par Salvatore. Ici, contre toute attente, le héros est un homme issu de notre monde qui se retrouve plongé dans les Royaumes oubliés. L’histoire d’un personnage banal qui deviendra un héros à la grande destinée. Le Bois aux elfes : Vous pouvez rêver de mondes mystérieux et d’exploits héroïques, imaginer des combats, des actes de bravoure… Mais vous ne pouvez pas réaliser ces désirs. C’est du moins ce que croyait Gary Leger. Jusqu’à ce qu’il fasse cette expérience inouïe, inconcevable : le voici dans l’autre monde ! Mais était-ce vraiment une bonne idée ? Traqué par une sorcière à la cruauté sans bornes, vampé par une nymphe un peu trop sexy, menacé par une horde de trolls affamés, il n’a plus qu’une envie : retourner chez lui. Oui, mais… où est la sortie ? La Dague volée : Tout a démarré à cause d’une dague volée, et d’un lutin qui voulait récupérer son trésor. Puis un dragon s’en est mêlé, ce qui n’a pas été sans réveiller la colère d’une certaine sorcière. Rapidement, les trolls ont mis leur grain de sel. Seulement, c’était sans compter sur les gnomes. Alors les elfes et les nains ont fait alliance, mais c’était déjà une sacrée L’Ombre pourpre : Un nouveau retour aux Royaumes oubliés avec cette fois-ci un jeune héros, qui par souci de vengeance, va se retrouver dans une grande aventure qui ira bien au-delà de tout ce qu’il aurait pu imaginer. L’Épée de Bedwyr : Luthien Bedwyr ignore tout des dures réalités de l’existence, il ne sait que sa contrée d’Eriador subit le joug du roi-sorcier Greensparrow. Jusqu’au jour où l’un de ses amis est assassiné. En le vengeant, il devient un hors-la-loi. Pourchassé par les cyclopes à la solde du despote, il se lie d’amitié avec un bandit de grand chemin. C’est alors qu’un vieux magicien les charge d’une étrange quête… Luthien ne se doute pas que le destin a décidé de faire de lui un personnage légendaire : la mystérieuse Ombre pourpre ! qu’ils décident de s’en emparer avant que l’armée envoyée par le despote ne reprenne la ville. Tâche d’autant plus difficile qu’ils sont confrontés à la trahison et à des alliances démoniaques. Le Roi des dragons : Bafouant le traité de paix signé entre les royaumes d’Eriador et d’Avon, le roi Greensparrow et ses cyclopes attaquent les villages frontaliers. Une nouvelle guerre est inévitable, sur terre, sur mer et dans les airs. Malgré l’aide des nains de DunDarrow, des elfes et des cavaliers d’Eradoch, l’armée de Luthiern Bedwyr manque cruellement d’effectifs face aux Gardes Praetoriens. La ruse et Le Pari de Luthien : Jouet de la destinée et des intrigues du sorcier la bravoure légendaires de l’Ombre pourpre serontBrind-d’Amour, Luthien Bedwyr a endossé la cape elles suffisantes pour terrasser le plus redoutable de l’Ombre pourpre. Défenseur des opprimés, il des adversaires — un dragon ! a conduit les habitants de Montfort à la révolte contre le redoutable Greensparrow et ses cyclopes, Voilà, le grand voyage vers les Mondes ouretranchés dans la cathédrale qui surplombe la bliés initié par R.A. Salvatore se termine sur ces cité. Mais la soif de vengeance des insurgés est telle quelques lignes. J’espère que votre voyage au sein de ces terres vous a été agréable et qu’il vous a donné envie de découvrir les nombreuses aventures prodiguées par cet auteur. Et rassurez-vous, il n’est pas près de s’arrêter de nous faire rêver. Interview de R.A. Salvatore Si vous étiez un personnage de fantasy, lequel seriez-vous ? Je serais Billy Pilgrim dans Slaughterhouse five de Kurt Vonnegut. Forcé à vivre sa vie par petits segments sans relations entre eux. Je sais que cela est fou, mais avoir la capacité de rebondir comme ça offre de nombreuses possibilités et pourrait changer la façon dont une personne voit et arrange sa vie. Si vous pouviez garder un seul de vos travaux, lequel serait-ce ? (Mon favori est The Legacy) Je choisirais Mortalis, le quatrième tome de Demon wars. Il s’agit réellement de l’œuvre la plus personnelle que j’ai pu écrire, et cela lors d’un moment difficile de mon existence. Quels sont vos projets d’écriture ? Je travaille actuellement sur la suite de The last threshold. Quel auteur vous a inspiré pour écrire ? Quel est le meilleur conseil que vous pourriez donner à un jeune écrivain ? Si vous pouvez arrêter, faites-le. Si vous pouvez renoncer, partez, si vous ne pouvez pas arrêter, alors vous êtes un écrivain. Tolkien. J’étais major de ma promotion en ma- Quelle question n’avez vous jamais posée et que thématiques scientifiques quand ma sœur m’a of- vous aimeriez poser, et quelle est sa réponse ? fert un de ses livres. Au début, je n’y apportais que peu d’intérêt, et ce jusqu’à ce que je sois enfermé Quelle est la vitesse moyenne d’une hirondelle ? chez moi pour une semaine, lors d’une tempête. (NDT : allusion au film « Sacré Graal » des Monty C’est à ce moment que j’ai réalisé que je n’étais pas Pythons). enfermé, mais parti en voyage vers les terres du Connaissez-vous la saga française intitulée milieu. Je ne m’en suis jamais remis. Luna (c’est l’histoire d’une jeune fille elfe) ? Quel est votre livre préféré ? Non, je ne connais pas. Bilbo le Hobbit, pour les mêmes raisons que celles citées plus tôt. Dans the Legacy, il y a un hymne à la tolérance clairement explicite lorsque Drizzt laisse son masque. Est-ce que la tolérance est une valeur fondamentale pour vous ? Effectivement, la tolérance est très importante pour moi. Nous cherchons tous à faire notre chemin en ce monde en cherchant continuellement des réponses qui restent souvent incomplètes. Je ne prétends pas en savoir plus que les autres, mais ce qui est sûr, c’est que je me sers de mes différences comme d’une expérience positive à apprendre aux autres plutôt que d’avoir peur. S’il devait un jour y avoir une adaptation cinématographique, qui verriez-vous dans les rôles de Drizzt et Cadderly Bonaduce ? Je ne peux pas répondre à ça ! Car si je nomme des acteurs différents, tout le monde ira dire que mes choix initiaux ne sont pas respectés. J’ai également besoin de votre réponse sur cette question fondamentale : « Pourquoi le poulet traverse la route » ? Quelle est votre propre réponse à cette question ? Tout simplement parce que la route est aux abords de Paris, bien sûr ! Vous ne pouvez pas voir Paris de loin, alors vous traversez la route pour apprécier pleinement l’endroit. Marion Zimmer Bradley Avec Pocket, redécouvrez La romance de Ténébreuse… En France, on connaît surtout Marion Zimmer Bradley (1930-1999) pour son cycle arthurien et ses dames du lac, mais cet auteur prolifique a publié une cinquantaine de romans dans des styles aussi variés que le fantastique, la fantasy, la S.F. ou la romance gothique. Son œuvre la plus conséquente est sans nul doute La romance de Ténébreuse, vaste cycle de 24 tomes, se découpant en 7 « âges », chacun marquant un changement radical dans l’histoire de la planète (qui s’appelle donc Ténébreuse). Dans un premier tome assez classique, un vaisseau spatial s’échoue sur une planète inconnue. Ne pouvant repartir, les colons décident de s’installer et de vivre sans technologie. Or, cette terre est déjà peuplée d’êtres elfiques dotés de pouvoirs extrasensoriels : les Chieris… Bien des années plus tard, les Ténébrans ont oublié la technologie et leur passé de Terriens, et se sont unis aux Chieris, donnant à certains descendants des dons et pouvoirs magiques. Pour asseoir le pouvoir que peuvent leur conférer ces nouveaux dons, ils se sont peu à peu organisés en sociétés féodales indépendantes les unes des autres. Plus tard, les Terriens referont leur apparition, venant coloniser la planète pour l’étudier, mais aussi apportant une technologie inconnue des Ténébrans. La cohabitation s’avérera difficile… À travers ces 24 tomes, Zimmer Bradley a su créer un univers unique et original et l’a fait vivre et évoluer sur des millénaires ! Dans les histoires qu’elle nous conte, on peut donc s’interroger sur notre monde : la place de la technologie, les différences et les discriminations, le rôle des hommes et des femmes dans notre société… D’ailleurs – comme dans Les Dames du Lac –, l’auteur propose une vision intéressante de la condition féminine, plus développée dans l’âge des Amazones, où des femmes désirant échapper à une société qui les a trahies ou blessées se regroupent en une guilde où elles se retrouvent libres et indépendantes. Outre les volumes écrits par Zimmer Bradley, le cycle comprend aussi six anthologies où de jeunes auteurs de l’époque ont été invités. En fait, elle a assez rapidement développé le côté fanwriting de son univers en créant Sword and Sorceress et Marion Zimmer Bradley’s fantasy Magazine occupant ainsi une fonction d’éditrice, mais aussi de conseillère face aux écrivains débutants qui lui envoyaient des textes. C’est d’ailleurs elle qui découvrira la désormais célèbre Mercedes Lackey. Ténébreuse a donc inspiré de très nombreux auteurs — novices ou confirmés —, mais son influence s’étend bien au-delà. Le serment que prêtent les Amazones a été de nombreuses fois repris par des associations ou refuges pour femmes en difficulté, servant de guide et d’appui vers la reconstruction identitaire et l’indépendance. Il a même été créé un lieu du nom de Thendara House, endroit de médiation pour les familles divorcées, hommage au roman éponyme (La maison des Amazones, en version française). La romance de Ténébreuse est donc une saga phare dans l’univers de la fantasy. Quelle merveilleuse initiative que de la publier à nouveau et de compiler plusieurs tomes en un seul volume ! phicat (artbooks). Nous sommes juste quelques bénévoles à tout gérer et nous souhaitons vraiment proposer au public des œuvres francophones origiIl y a un an naissaient les éditions du Chat noir. nales et de qualité. Le petit félin encore tremblant sur ses quatre pattes avait pour ambition d’aller puiser dans les racines Les auteurs qui vous ont donné envie d’écrire ? du fantastique afin d’inspirer des histoires sombres et modernes souvent délaissées au profit de récits Cela a commencé avec Stephen King à l’école primaire (j’avais d’ailleurs un cahier où j’écrivais plus formatés. avec une copine des histoires d’horreur). Ensuite, Nous avons pris le parti d’ouvrir la maison d’édije dirais que ma plus grande influence est Marion tion, car nous avons la conviction que la nuit, tous Zimmer Bradley. Que ses textes soient de genre les chats ne sont pas gris. Certains pelages se défantastique, fantasy, S.F. ou historique, on y trouve peignent aux couleurs de l’étrange et de la magie et toujours une certaine vision de la femme et parce sont ces ouvrages, rédigés avec cette encre orifois du féminin sacré. Plus récemment, Céline ginale et d’une plume sachant jouer avec les codes Guillaume m’a beaucoup marquée. Quand j’ai lu des genres que nous souhaitons publier… Car pour la première fois un de ses livres, je me suis dit avant d’être éditeurs, nous sommes, tout comme « si je devais écrire, j’aimerais écrire comme ça ! ». vous, des lecteurs passionnés ! Finalement, depuis, je me suis effectivement mise à Gothic, Bit-Lit, Steampunk… Traversez le voile l’ é criture, Céline est devenue une amie et j’ai même d’un coup de griffes ! pu éditer certaines de ses nouvelles ! Les éditions du Chat noir Si vous pouviez être un personnage de fantasy, lequel serait‐ce ? La fée Morgane version Zimmer Bradley. Ou, en s’éloignant de la fantasy, une sorcière (mais une gentille, de celles qui vont cueillir les plantes au clair de lune). Les livres sont sur cette page : http://editionsduchatnoir.com/livres.html Cécile Guillot, éditrice et auteure Qui est Cécile Guillot ? Eh bien, je suis une jeune femme de 30 ans, aux nombreuses activités : éditrice, auteur d’histoires fantastique, graphiste, journaliste-photographe d’un webzine métal, pour n’en citer que quelquesunes. J’aime m’investir dans plein de projets créatifs différents ! Présentez-nous Les éditions du Chat noir ? Les éditions du Chat noir ont fêté leur un an en juin. Nous sommes une association et nous publions à compte d’éditeur. Nous avons cinq collections : Griffe Sombre (fantastique), Féline (bit-lit), Black Steam (steampunk), Cheshire (YA) et Gra- Vous êtes auteur également. De quoi parlera votre prochain roman ? Je viens de sortir le premier tome de ma série Fille d’Hécate, La voie de la sorcière, un roman sur la sorcellerie et la wicca. Le prochain livre publié sera donc la suite, Le parfum du Mal. Ce volume sera plus sombre, avec une intrigue policière, mais avec toujours autant de références au paganisme et mes récits. à la magie. Parlez-moi des damnés de Dana ? Votre conseil à un jeune auteur souhaitant se Cette trilogie est un peu particulière, car l’idée faire éditer ? m’en est venue suite à un voyage que j’ai réalisé Avoir une idée originale. Faire un effort sur le en Écosse il y a quelques années. J’ai tellement été style et bien se relire pour corriger un maximum de inspirée par l’atmosphère magique des lieux qu’un fautes et de répétitions. Essayer aussi de bien pré- récit s’est imposé à mon esprit. J’ai voulu mettre en senter son texte et de respecter les règles élémen- scène le peuple picte dont l’histoire s’emmêle de taires de typographie. Cela peut sembler évident, légendes celtiques, de paysages magnifiques, de mais d’expérience, je peux vous dire que cela ne l’est personnalités guerrières fortes. pas pour tout le monde. Ensuite, ne pas se décou- Au départ, je ne pensais faire qu’un tome, mais rager. Il faut souvent du temps avant de trouver un évidemment, mes personnages en ont décidé auéditeur. trement. Le roman s’est donc transformé en trilogie ! L’auteur que vous auriez voulu éditer ? Marion Zimmer Bradley ! Les prochaines sorties de la maison d’édition ? En novembre, nous avons notre nouvelle anthologie Saisons païennes sur le thème de la roue de l’année et des 8 sabbats wiccans. En janvier, nous sortirons Les chroniques d’Oakwood de Marianne Stern. Ce roman à sketches reprend l’univers de « la demoiselle d’Oakwood », nouvelle publiée dans l’anthologie Sorcières et sortilèges. Ensuite, nous avons d’autres publications en prévision, mais nous ne pouvons encore rien vous dire ;) Interview d’Ambre Dubois Parlez-moi de vous ? Bonjour, je suis Ambre Dubois, petite belge de 33 ans, vivant sous le ciel gris du Hainaut. Depuis l’adolescence, j’éprouve une grande passion pour la littérature fantastique et plus spécialement pour les histoires de vampires que j’ai découvertes grâce aux écrits d’Anne Rice, de Fred Saberhagen et de Barbara Hambly (à la grande époque des Pocket Terreur !). La passion de l’écriture m’est venue quelques années plus tard et c’est bien évidemment autour de ces personnages sombres que j’ai décidé de baser Et si vous étiez un personnage de fantasy, quel serait-il ? Je serais sans aucun doute une prêtresse d’Avalon, proche de la nature et des esprits de la terre. Les terres celtes dégagent une telle magie qu’il est facile de comprendre que les hommes ont pu vénérer ces légendes, cette nature sauvage. Là-bas, est la recherche d’un éditeur. Cette démarche est chaque pierre semble vouloir vous raconter une particulièrement pénible à vivre, car on reçoit de nombreux refus, rarement justifiés. Il est toujours histoire. très difficile de livrer son bébé à une critique extéVos auteurs préférés ? rieure. J’en ai déjà cité quelques-uns, mais à ma liste, Les auteurs mettent souvent beaucoup d’euxparmi les plus récents, j’aimerais ajouter Laurell mêmes dans leur récit et il faut savoir prendre des Hamilton, Charlaine Harris, Mireille Calmel, Dia- distances quand on reçoit de véritables claques. Il na Gabaldon… D’une manière générale, j’apprécie est aussi important de toujours proposer son texte les récits vampiriques et les romans historiques à un éditeur dont la ligne éditoriale correspond parfaitement au récit. teintés de légendes. Il y a eu beaucoup de temps entre l’écriture du livre et son édition. N’est-il pas difficile de reprendre un ancien manuscrit ? Quels sont vos travaux en cours ? J’ai commencé l’écriture du tome 4 de mon autre série Les soupirs de Londres, ce tome clôturera l’histoire de la vampire Stella, exilée dans la capitale anglaise à l’ère victorienne. Comme j’écris à la vitesse d’un escargot, ce projet devrait m’occuper encore une bonne partie de l’année prochaine. J’ai aussi actuellement un projet d’écriture avec une autre auteure belge, Rose Berryl, nous essayons d’écrire un récit fantastique à quatre mains ! Si, c’est un peu particulier, car évidemment, depuis le temps, je me suis investie dans d’autres projets totalement différents. J’appréhendais vraiment de devoir me replonger dans cet univers. Au final, cela s’est déroulé très naturellement et, en relisant les premières lignes de mon texte, je me suis retrouvée dans l’ambiance qui m’avait fait écrire ce récit, aux côtés des personnages. Le monde celtique en général, et l’Écosse en parIl faut dire que comme je n’ai pas beaucoup de ticulier, sont-ils source d’inspiration ? Où la puichance avec les éditeurs, c’est un exercice que j’ai sez-vous ? déjà dû faire à plusieurs reprises ! Mais je suis vraiment très heureuse d’avoir pu donner vie à ce récit Oui, bien sûr, les paysages et l’atmosphère de par le biais des éditions du Chat noir ! l’Écosse ont été le choc déclencheur de ce récit, mais ce ne sont pas les seuls. J’ai lu pas mal de roLe livre nous présente une version ancienne du mans se passant à l’époque celtique ainsi que des vampire. Que pensez-vous des descriptions réouvrages sur les pictes et leurs mythologies. C’est centes du mythe ? une histoire passionnante et nous découvrons J’ai beaucoup de mal à y adhérer. Je pense que encore régulièrement des informations quant au j’ai trop été influencée par les récits des auteurs des mode de vie de cette civilisation. années 90 et par les films de la Hammer (ah, Chris- Votre récit celtique préféré ? topher Lee en Dracula c’est quelque chose !) pour pouvoir apprécier ces personnages mielleux dont J’aime beaucoup l’histoire de la fée Mélusine. les canines servent si peu ! L’intégralité du récit arthurien est aussi passionJ’ai parfois l’impression que, dans certains récits nante. Je garde un très bon souvenir des romans La bit-lit récents, le fait qu’un des personnages soit un dame du Lac et de ses suites. Dans un autre style, vampire est juste un prétexte à la vente. Pour moi, j’ai aussi beaucoup aimé la saga La reine Celte. un vampire se doit d’être un minimum sombre, Le mot de la fin ? dangereux. Le lecteur doit sentir à chaque instant qu’il représente une menace pour les humains. Merci pour cette interview et je souhaite à vos lecteurs de magnifiques découvertes littéraires ! Avez-vous des trucs et des astuces à donner pour nos talents en herbe ? S’acheter des kilos de patience ! Le plus difficile Interview de Vanessa Terral Parlez-moi de vous. Eh bien, je suis une fille de la campagne qui aime la ville, ce qui veut dire que je sais repérer le sud à l’aide du soleil et que je m’y retrouve dans le métro, même tokyoïte ! Mine de rien, ça donne un sens pratique à mes récits. Depuis toute petite, je suis fascinée par les légendes et les mythes – d’ailleurs, j’ai suivi une formation de conteuse. J’adore découvrir de nouvelles approches et interprétations du monde, des phénomènes, des superstitions, issues du folklore et de l’ésotérisme. C’est dans la mémoire collective et les croyances culturelles de l’Humanité que je puise mon inspiration, le plus souvent. Parlez-moi de L’Aube de la Guerrière. sonnages qui s’est imposé à moi. Deux semaines après que l’idée du livre a jailli, les éditions du Chat noir lançaient un appel à roman one-shot pour septembre 2012. À cette époque, je n’avais encore jamais mis de point final à un texte d’une telle taille, mais j’avais déjà publié une cinquantaine de nouvelles et je sentais que mon écriture était enfin mûre pour un projet plus vaste, vers lequel je me dirigeais de façon naturelle. J’avais un an pour créer et rédiger ce roman. J’ai envoyé un synopsis et une quatrième de couverture qui ont eu la chance de plaire au comité de lecture. Le Chat noir connaissait mon style et le genre d’ambiance que je peux créer, puisqu’il avait déjà sélectionné deux nouvelles pour leurs anthologies. La maison m’a fait confiance et je la remercie infiniment pour ça ! Lors de la phase d’imagination, plusieurs idées me tenaient à cœur et j’espère avoir réussi à les inscrire dans le livre : sortir de la dichotomie BienMal, déjà au sein des religions chrétiennes, mais aussi dans le récit lui-même. Je ne voulais pas d’un camp tout rose opposé à un autre bien sombre. Les démons ne se révèlent certainement pas des gentils dans L’Aube, mais les anges, malgré ce que Solange leur reproche, ne sont pas des pourris inflexibles. Enfin, pas tous… Combien de temps s’est écoulé entre le mot « Fin » et la sortie du livre ? Vraiment pas beaucoup, en réalité : trois mois. Les corrections orthographiques et grammaticales avaient été faites au fur et à mesure par Jessica L. Nous nous sommes dépêchés de réaliser les corrections éditoriales afin que le roman soit fin prêt pour la date de sortie prévue, c’est-à-dire le 1er septembre – et même la semaine précédente, d’ailleurs, puisqu’une dédicace en avant-première avait été organisée à la librairie L’Antre-Monde. Il y a eu un lissage avec un ou deux autres passages en correction « basique » et le livre a filé sous presse. La maison du Chat noir s’est montrée très efficace. Quels sont vos auteurs préférés ? Neil Gaiman et Lovecraft, que je considère tous Ce livre est né de deux envies : écrire un roman deux comme des maîtres du fantastique, bien que de bit-lit simple et efficace, car j’adore certaines des chacun soit inscrit dans ses propres thèmes et séries du genre, et mettre en scène un trio de per- ambiances particulièrement caractérisées. Patricia Briggs, par qui j’ai découvert la bit-lit (heureusement que ce fut elle, elle reste à ce jour mon auteur préféré dans ce genre !) et qui m’a fait me replonger dans la fantasy par ses autres romans, en particulier ceux publiés chez L’Atalante. Je pourrais aussi vous parler de Thomas Burnett Swann, de Roger Zelazny, de Nathalie Dau, d’Anthony Boulanger, de Jacques Fuentealba, d’Ambre Dubois… Ensuite, il s’agit davantage d’œuvres que d’auteurs : Les Annales de la Compagnie noire de Glen Cook, les Sherlock Holmes, Le Moine adapté par Antonin Artaud, les nouvelles fantastiques du XIXe siècle, Faust… Neil Gaiman m’a appris qu’utiliser ouvertement les mythologies dans un récit d’urban fantasy pouvait donner un résultat magnifique ; Patricia Briggs m’a montré que ce vers quoi je tendais (un récit en focalisation interne du personnage principal, lui-même se révélant une femme battante, mais pas garce dans un monde moderne habité par les légendes et les mythes) existait et fonctionnait admirablement bien. J’avoue que je n’aurais pas pensé à la première personne sans avoir lu les premières publications bit-lit de Milady. Briggs et Gaiman ont été des déclencheurs pour moi, ils m’ont permis une prise de conscience. Il me reste un dernier hommage à faire envers Pierre Dubois. Sans ses B.D. et ses Grandes Encyclopédies que j’ai dévorées maintes et maintes fois dans mon enfance, je ne sais pas quel chemin j’aurais pris. l’impression qu’ils sont un peu morts. Alors, bien qu’une suite ne soit pas prévue, je me suis arrangée pour que l’histoire continue de respirer. Après… On verra. Pourriez-vous nous donner une définition de la bit-lit ? Pour moi, la bitlit est et reste ce que Bragelonne / Milady a proposé avec ses premiers titres (Mercy Thompson, Kate Daniels, Anita Blake, Les Sœurs de la Lune, etc.), puisque la maison a inventé le sousgenre et son nom à ce moment-là. Il s’agit de la zone de croisement entre l’urban fantasy et la paranormal romance qui répond à quelques critères : – une héroïne forte qui ose remettre l’autorité en question et suivre ses propres réflexions ; – un récit au passé et à la première personne du singulier ; – un univers contemporain ou légèrement anticipé, mais reconnaissable comme le nôtre ; Si vous étiez un personnage de fantasy, qui se- – un triangle amoureux, au moins dans les premiers tomes. riez-vous ? Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? Ah, le choix n’est pas évident, surtout qu’il leur arrive tout le temps des trucs horribles… Peut-être J’ai deux projets de roman en cours. L’un est Aren, dans Le Pacte du Hob de Patricia Briggs. aussi un projet de one-shot bit-lit. Il se passe sur la Notez que ce choix ne signifie pas que je souhaite Côte d’Azur et met en scène des vampires, mais pas la mort de mon époux ! que… Disons qu’à l’aube des temps, ils étaient autre chose et que cet « autre chose » va les rattraper. Je Y aura-t-il une suite ? précise de suite qu’il ne s’agit pas là d’une reprise Lorsque j’ai proposé le projet, il était bien spéci- du mythe de Caïn et Lilith comme géniteurs de la fié qu’il devait s’agir d’un one-shot et je l’ai conçu race vampirique ! ainsi. Je veux dire, l’histoire de l’aube de Solange se Le second roman est un one-shot d’urban fantermine vraiment avec le mot « Fin ». Toutefois, j’ai tasy qui va me permettre de mettre en scène des beaucoup de mal avec les récits finis, claquemurés personnes que j’ai prises en affection – ce qui ne et calfeutrés dans l’épaisseur des pages ; j’ai toujours m’empêche pas de les torturer un peu, remar- quez… –, des créatures qui me font triper, des concepts qui me tiennent à cœur, le tout sous les projos de la Ville Lumière. Le pied, quoi ! Je continue également d’écrire des aventures d’Hélianthe Palisède, une enquêtrice paranormale en partie descendante des fées, ce qui l’entraîne souvent dans des situations inconfortables et lui offre, en revanche, des moyens d’action plus originaux que ses collègues ainsi qu’une morale élastique. Quelquesunes de ses enquêtes ont été publiées dans des fanzines et des webzines. L’idée ici est de les rassembler, d’y ajouter deux tiers d’inédits et de réaliser ce qu’on pourrait appeler un « roman fragmenté ». Si vous deviez explorer une nouvelle mythologie lors d’un prochain roman, de laquelle s’agirait-il ? Il est dur de se contenter d’une seule ! Prenez mon roman vampirique : il repose principalement sur des concepts celtes, mais parle aussi d’une divinité phénicienne. Celui qui se déroule à Paris mélange les cultures – c’est même le principe qui me plaît tant ! – et aborde le vaudou, le shinto, un mythe celte et quelques légendes amérindiennes. La diversité humaine par leurs origines, leurs milieux, tout ça jeté en melting pot… Telle est la magie des grandes métropoles, non ? Même chez Hélianthe, dont les récits se basent avant tout sur la féerie et les écrits de Maître Dubois, on trouve Astérion, un dieu grec. On parle souvent de syncrétisme vis-à-vis de mes œuvres et de la vision du monde qu’elles exposent. Ça me convient bien. Merci pour cet entretien, et de vous intéresser à mon livre et à mes univers ! Blog : http://hier-et-demain-ici-et-ailleurs.fantasyblog.fr Profil FB : http://www.facebook.com/vanessa.terral Page FB de L’Aube de la Guerrière : http://www.facebook.com/laubedelaguerriere Un jeune talent s’expose : Loïc Canavaggia Qui es tu ? Je suis un « jeune » illustrateur amateur de 34 ans originaire du midi. Je n’ai suivi aucune formation particulière dans le milieu des arts graphiques. Je suis ce que l’on appel communément un autodidacte. Je me suis essayé un temps à la bande-dessinée mais l’illustration m’est plus accessible. Mes thèmes favoris sont la fantasy et le fantastique. J’aime bien la SF également même si je ne l’aborde pas dans mes dessins. Technique traditionnel ou numérique ? Pourquoi ? Je dessine exclusivement avec les techniques traditionnelles, l’aquarelle en particulier. Néanmoins je me dirige depuis peu vers des réalisations à l’acrylique (voir la couverture). J’aime les relations physiques avec les différentes matières, le support et les odeurs que peuvent dégager les encres, peintures et autres bois de crayons. Je trouve qu’une œuvre au traditionnel a une vie. Par ailleurs, je ne dénigre pas le numérique. Ce genre de réalisation peut être spectaculaire et avoir un rendu fabuleux mais pour moi il manquera toujours un petit quelque chose, un certain relief. Le numérique reste pour moi un outil complémentaire qui me permet principalement d’apporter de petits effets à mes illustrations. Tes projets ? En ce moment, je travail sur l’illustration d’un recueil de nouvelles d’Anthelme Hauchecorne (Punk’s not dead) qui sortira en octobre 2013 chez Midgard. Par la suite, je devrai collaborer sur d’autres projets avec lui mais il est encore trop tôt pour en parler. J’ai également des projets plus personnels en tête par contre là, c’est le temps qui me fait défaut. L’illustration n’est malheureusement pas ce qui fait chauffer la marmite à la maison et je ne peux lui consacrer que les quelques heures de mon temps libre. Mais je ne désespère pas de réaliser un jour un roman illustré lorsque j’aurai trouvé quelqu’un pour tenir la plume… je n’ai aucune qualité en la matière. Le scénariste avec qui tu aimerais travailler ? Si j’avais été dessinateur de BD j’aurai adoré travailler avec Alejandro Jodorowsky ou Xavier Dorison. Maintenant, pour mes travaux d’illustrations, je n’ai pas spécialement de nom qui me viennent tout de suite en tête… Je peux juste dire que le ou la scénariste qui partage les mêmes envies graphiques que moi est bienvenu. Allez, une collaboration avec les frères Souillé serait l’extase mais bon ne rêvons pas trop. L’histoire que tu aimerais qu’on te propose ? Une histoire de Lycanthropes sombre et glauque ! Un truc bien atypique pour renouveler le genre. Le récit pourrait se situer à une époque ou dans un univers où l’on ne l’attendrait pas. J’adore le thème du Loup-garou (beaucoup moins usé que celui du Vampire). Du côté de la fantasy, une épopée sur les Dragons me plairait bien. Connaissais tu R.A. Salvatore ? Elodie Tirel ? (les deux parrains du numéro) Je ne connais l’œuvre de R.A. Salvarore qu’aux travers des illustrations du génial Todd Lockwood et je n’ai jamais eu l’occasion non plus de lire Elodie Tirel. En fait, je ne lis pas tant que ça. La raison est toujours la même ; je manque de temps. Si je devais lire régulièrement, je ne serai plus du tout productif. Si tu pouvais être un personnage de fantasy qui serais-tu ? Si je pouvais être le personnage d’un récit de fantasy je serai Hûrl, le chevalier tonnerre, sombre émissaire de Ssîn dans la BD « légendes des contrées oubliées » de Chevalier/Ségur. Sinon, un Hermite qui parle aux dragons me conviendrait tout à fait Plus tôt Lothl ou Eilistrae ? Lolthl ! Les êtres sombres, malfaisants et complexes sont tellement plus intéressants. ParaNorman Avez-vous vu ParaNorman ?! Ou L’Étrange Pouvoir de Norman, traduction malheureuse qui n’ajoute rien au titre anglais-qui-secomprend-en-français (n’est-ce pas ?)… Si vous répondez non, c’est que vous êtes réfractaire au matraquage publicitaire (du moins en France) et je vous dis : félicitations ! Mais « condoléances », car la rentrée scolaire, pour ma part, ne s’envisage pas sans une bonne dose de ce film d’animation réussi, tant sur le plan technique que sur le plan scénaristique… Vous avez compris, j’en suis fan et j’ai « trois à quatre fois » dix ans… Non, je n’ai pas le syndrome de Peter Pan, mais j’ai passé un excellent moment devant cette histoire aussi divertissante qu’intelligente ! Pour commencer, ParaNorman est une prouesse technique des studios Laika (premier film animé : Coraline), réalisée en stop-motion. Douze à vingt-quatre photos sont prises pour obtenir une seconde de film. C’est pas mal déjà, mais attendez… Afin de recréer les modifications faciales, la partie inférieure du visage du personnage est remplacée par une nouvelle expression faciale douze à vingt-quatre fois pour une seconde d’émotion ou de dialogue. Devant nos yeux, nous avons donc des personnages directement sortis de l’imaginaire qui nous entraînent dans une comédie jubilatoire et décalée qui rend hommage, tout en s’en moquant, aux séries Z, B et films cultes d’horreur du vingtième siècle. Et elle s’adresse aux enfants à partir de neuf/dix ans ! Je salue les créateurs, Chris Butler et Sam Fell, mais aussi les producteurs qui ont fait preuve de clairvoyance ? De courage ? D’un coup de folie ? Ils n’ont pas eu peur (c’est le cas de le dire !) de faire entrer des zombies dans le monde des enfants tout en utilisant l’humour pour dédramatiser. Le début annonce la couleur. Norman, un préadolescent, raconte à sa grand-mère fantôme, assise sagement sur un canapé à tricoter, le film d’horreur de série Z qui passe à la TV. Sur l’écran s’affrontent un zombie, plutôt mal en point, et sa future victime qui n’arrive pas à crier, s’enfuir et se défendre en même temps. La grand-mère de commenter « ils feraient mieux de se parler pour se comprendre ». Et la conclusion du film est lancée par mamie… Car cette comédie parle de la peur de l’autre, du rejet de la différence et de ses conséquences, autant pour le ou les bourreaux que pour la victime. Mais cela je n’en parle que si vous avez vu ParaNorman. Pour ceux qui n’ont pas encore rejoint une salle de cinéma, sachez juste que l’histoire se déroule dans une ville américaine « middle class » des années 80. Alors que cette ville fait commerce de son passé de chasse aux sorcières, Norman est rejeté, autant par ses pairs que par une partie de sa famille, pour son étrangeté. En effet, il ne cache pas son amitié pour des fantômes qu’il est seul à voir. Mais voilà que son oncle, doté du même don et marginalisé, meurt et lui confie la mission de protéger la ville de la malédiction proférée par une sorcière exécutée; il y a de cela trois cents ans. Malheureusement, et heureusement pour nous spectateurs, notre protagoniste échoue. S’ensuit alors une aventure où, accompagné de son bourreau, de son seul ami et de deux « blonds » tout droit sortis d’une émission de télé-réalité (le frère de son copain et sa propre sœur), Norman va devoir tenter de réparer son erreur et combattre les mortsvivants qui pénètrent dans la ville au coucher du soleil… Je n’en dis pas plus… Par contre, si vous avez vu ParaNorman, je ne résiste pas à rajouter que la force de cette comédie est de traiter de l’exclusion à travers les âges et les sociétés. Ainsi, Norman est rejeté en classe et méprisé par sa sœur, « incompris par son père » comme l’ont été son oncle et dans un passé plus lointain… la sorcière… Cette dernière, ancêtre de Norman et quasi-jumelle a été jugée et exécutée pour sorcellerie. Mais ne croyez pas que le temps de la chasse aux sorcières est révolu ! Certes la société où vit Norman est bien plus tolérante que la société puritaine et protestante de l’époque (le regard des morts-vivants sur les habitants de la ville est grandiloquent : pub, nourritures abondantes, vêtements sexy…). Mais les hommes, les femmes et les enfants s’échauffent comme aux temps anciens quand la peur des monstres se transforme en furie destructrice. On croirait voir revivre les habitants d’il y a trois cents ans contre les sorcières. Ironie du sort, les zombies sont les « gens bien comme il faut » d’il y a trois siècles… Par ailleurs, ceux qui sont « les rejetés » n’ont pas le monopole de la bienveillance. Norman ne prend pas le temps de comprendre les zombies qui ne lui veulent aucun mal. La malédiction de la sorcière est injuste pour la population et les zombies, lesquels font leur autocritique un peu vite, mais peut-être ont-ils eu trois cents ans pour réfléchir à leur sanction dans leur tombe ?… Certes, la fin est un chouïa téléphonée. En conclusion : ParaNorman est un formidable message aux enfants « différents ». Chris Butler, scénariste et co-réalisateur était tout comme Norman un enfant solitaire, et plus petit que ses pairs... Si vous trouvez des références aux films d’horreur, je serais bien curieuse de les connaître ! En effet, en tant que « trouillarde », je ne regarde pas de films d’horreur ou presque. Je n’ai donc relevé que : • Le mot Freak graffité sur son armoire m’a fait penser au film du même nom : un premier film dont le thème était les monstres exposés dans les foires… • Le masque du copain de Norman ressemble à celui de Jason dans un Vendredi 13… Le Dernier bar avant la fin du monde 28 août 2012, dès 16 heures : Le Dernier bar avant la fin du monde, dont le patron est Cédric Tardi, le fils du célèbre dessinateur Jacques Tardi, inaugure son deuxième sous-sol et se lance officiellement en version 1.0 en présence de tous les geeks (entendez accros) en tous genres et tous univers. Ouvert depuis mi-juin 2012, ce bar leur est dédié. Vous arrivez devant le bar, c’est une façade commune qui vous accueille… De Star Wars à Docteur Who en passant par le Prisonnier et les Lapins crétins, chaque pas vous ferez à l’intérieur vous fera changer d’univers et d’espace-temps. Les serveurs eux-mêmes ne sont pas de notre galaxie… « Être geek ne veut plus dire asocial. Aujourd’hui, les geeks sont de plus en plus communicatifs et partagent volontiers leurs passions. Le geek enfermé chez lui devant son ordinateur, c’était bon il y a 20 ans… » nous confie Cyril Grillon, le responsable communication. Le Dernier bar avant la fin du monde est un bar jeune, mais multiâges. Nous y avons ainsi rencontré une famille avec leur fils ainsi que deux femmes seniors venues pour « découvrir un nouveau monde ». « Ce bar est un rêve de gosse. Il est né de ma rencontre avec Cécric (Tardi, N.D.L.R.). Nous avons énormément investi dans la décoration, cela va nous permettre de faire des soirées à thèmes. C’est aussi devenu un lieu de tournage ! En juin, nous étions en bêta, nous pouvions encore faire des erreurs. Ce soir, nous sommes en version 1.0. Les erreurs, c’est terminé ! Nous sommes prêts pour cette grande aventure… » nous confie Cyril Grillon, le responsable communication. Geek Chic et Border-Line La soirée 1.0 était sponsorisée par la boisson Geek Chic de Border-Line. Comme nous l’explique Quentin Fechter, le responsable communication de Border-Line : « Nos boissons (cinq boissons existent, N.D.L.R.) sont une réponse aux attentes des consommateurs qui veulent une boisson soft (comprenez sans alcool, N.D.L.R.) qui ait du goût et qui soit radicalement différente des autres. Chacune de nos boissons est un personnage à lui tout seul. Geek Chic est une boisson légère et désaltérante, qui se boit très fraîche, voire glacée. Elle est parfaite pour l’été ! Elle peut aussi être utilisée en cocktail. Nous avons le cocktail Geek Chic à découvrir au Dernier bar avant la fin du monde. » Border-Line est une jeune entreprise française née il y a 2 ans en Alsace. Leurs produits sont 100 % naturels. Rencontre du 3e type Geek un jour, geek toujours ! Nous avons rencontré Mathilde, une charmante geek yop, qui a tellement l’habitude de cracher dans son yop qu’hier soir nous l’avons surprise en train de cracher dans sa bière… ah les geeks ! Nous avons aussi rencontré Princesse Camille sur son trône et son preux chevalier en baskets à ses genoux… Que la force soit avec vous, le Dernier bar avant la fin du monde ! Rendez-vous dans une autre galaxie pour de nouvelles aventures. Les magnifiques décors...