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FAQ – Foire aux questions
A) ACHAT DE MONNAIES
A-1) Existe-t-il un magasin Swissmint?
Non. Vous devez commander les monnaies auprès de notre boutique en ligne ou vous les
procurer auprès d’un marchand de monnaies. Liste des marchands de monnaies
A-2) Quels sont les modes de paiement disponibles dans la boutique en ligne?
Vous pouvez choisir entre les modes de paiement suivants: Paiement par avance, PostFinance
Card, cartes de crédit (VISA ou Mastercard).
A-3) Peut-on se procurer des monnaies commémoratives anciennes auprès de Swissmint?
Seules sont disponibles les monnaies offertes dans notre boutique en ligne. Pour des émissions
plus anciennes, veuillez vous adresser à votre marchand de monnaies. Liste des marchands de
monnaies
A-4) Peut-on se procurer auprès de Swissmint des monnaies d’or et d’argent en onces
dites monnaie de thésaurisation ou monnaie-lingot (voir les explications plus loin)?
Non. On ne peut se procurer que les articles en vente dans notre boutique en ligne.
A-5) Peut-on se procurer auprès de Swissmint des pièces de monnaie en circulation, par
exemple une nouvelle pièce de cinq francs?
Swissmint livre à la Banque nationale suisse, chargée de la mise en circulation, toutes les pièces
frappées destinées au trafic des paiements. La Banque nationale ne met en circulation un
nouveau millésime que lorsque les anciens millésimes de la pièce concernée sont épuisés. Le
délai peut facilement atteindre deux ou trois ans. On peut se procurer les nouvelles pièces au
guichet de la Banque nationale; cette dernière ne fait pas d’envoi.
Néanmoins, les millésimes actuels (des deux ou trois dernières années) sont disponibles en deux
qualités de frappe auprès de Swissmint, en une série qui regroupe le jeu de monnaies et une
pièce commémorative bimétallique. On peut également se procurer le jeu de monnaies pour
nouveau-né avec médaille, auprès de notre boutique en ligne ou des points de vente de la Poste
les plus importants.
A-6) Peut-on se procurer des catalogues de monnaies auprès de Swissmint?
Non. On trouvera sur notre page des liens sous le titre «Liens intéressants pour les
collectionneurs» un lien intitulé «Catalogues actuels des pièces de monnaie suisses».
B) VENTE ET ESTIMATION DE MONNAIES
B-1) Je souhaite vendre ma collection de monnaies. A qui puis-je m’adresser?
La meilleure solution est de s’adresser à un marchand de monnaies. Liste des marchands de
monnaies
Les pièces de monnaie d’argent anciennes qui n’ont plus cours et dont les dimensions
correspondent aux pièces actuelles peuvent encore être échangées en tout temps auprès de la
Banque nationale à leur valeur nominale. Un tel échange n’est toutefois indiqué que si le cours
de l’argent est bas.
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B-2) Puis-je faire estimer ma collection par Swissmint?
Swissmint ne procède à aucune estimation. Veuillez pour ce faire vous adresser à un marchand
de monnaies. Liste des marchands de monnaies
B-3) Jusqu’à quand peut-on échanger des pièces de monnaie qui n’ont plus cours?
Lorsqu’une pièce n’a plus cours, elle peut être échangée à sa valeur nominale durant deux ans
environ auprès de la Poste, des Chemins de fer fédéraux suisses et de la Banque nationale
suisse. Puis, dans un délai de 20 ans à compter de sa mise hors cours, elle peut encore être
échangée auprès de la Banque nationale suisse. Enfin, aucun délai n’est mis à la reprise des
pièces courantes mises hors cours lorsque leurs dimensions et motifs correspondent aux pièces
qui ont cours (cf. le tarif du 7 avril 2006 pour les monnaies mises hors cours).
C) GÉNÉRALITÉS ET CONSIDÉRATIONS TECHNIQUES SUR LA MONNAIE SUISSE
C-1) A partir de quand l’euro sera-t-il la monnaie suisse?
Jusqu’à nouvel avis, la Suisse n’introduira pas l’euro.
C-2) Quand la pièce de dix francs sera-t-elle introduite?
Une pièce courante de dix francs ne verra pas le jour dans un avenir proche.
C-3) Qui décide des sujets et des motifs des pièces de monnaie courantes?
Le Conseil fédéral approuve les sujets et les motifs des pièces de monnaie courantes.
C-4) Qui décide des sujets et des motifs des pièces de monnaie commémoratives?
Le chef du Département fédéral des finances approuve les sujets des pièces commémoratives, et
le directeur de l’Administration fédérale des finances leurs motifs.
C-5) Qui décide des quantités de pièces frappées?
La Banque nationale suisse détermine les besoins en pièces de monnaie courantes. La
Confédération étant responsable des émissions, Swissmint présente une proposition au chef du
Département fédéral des finances par l’intermédiaire de l’Administration fédérale des finances. Le
chef du département autorise alors le programme de frappe. Swissmint décide des quantités de
pièces de collection.
C-6) Combien de pièces de monnaie circulent-elles?
Plus de cinq milliards totalisant une valeur nominale de plus de 2,9 milliards de francs, ce qui
correspond à plus de ’18 000 tonnes.
C-7) Les pièces de monnaie sont-elles soumises aux limitations de la masse monétaire de
la Banque nationale suisse?
Bien que des pièces de monnaie circulent pour quelque 2,9 milliards de francs, ce montant est
trop insignifiant pour que l’on doive en tenir compte dans le calcul de la masse monétaire. Les
quantités de pièces frappées sont donc déterminées par les besoins.
C-8) Pourquoi la pièce de 50 centimes porte-t-elle la valeur «½ fr.» et non «50 centimes»?
La première loi fédérale de 1850 sur la monnaie s’inspirait fortement du système monétaire
français. A l’instar du franc français, le franc suisse a été défini comme suit: «Cinq grammes
d’argent, au titre de neuf dixièmes de fin constituent l’unité monétaire suisse sous le nom de
franc» (= étalon monétaire). Le jeu de monnaies se déclinait en trois séries, qui se distinguaient
par leur couleur et leur frappe: les pièces d’argent libellées en francs de ½, 1, 2 et 5 francs, les
monnaies de billon (alliage à faible teneur en argent) de 5, 10 et 20 centimes, et les monnaies de
bronze de 1 et 2 centimes. Conformément à la définition légale, la pièce de 5 francs pesait
25 grammes d’argent, au titre de 0,900 de fin, la pièce de 2 francs 10 grammes, la pièce de
1 franc 5 grammes et la pièce d’un demi-franc 2,5 grammes (= pièces frappées à leur pleine
valeur = pièces de monnaie courantes). La dénomination «½ franc» a été reprise de la pièce
française correspondante, qui portait jusqu’en 1845 l’indication de valeur «½ FRANC» ou «DEMI-
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FRANC». Conjointement avec son sujet (Helvetia assise), elle marquait l’appartenance du demifranc au groupe des pièces d’argent.
C-9) Pourquoi la pièce de ½ fr. est-elle plus petite que la pièce de 20 centimes?
Comme évoqué au point C-8, le jeu de pièces de monnaie était composé à l’origine de trois
séries, à savoir les pièces de bronze, de billon et d’argent. La plus petite des pièces d’argent était
le demi-franc qui pesait 2,5 grammes pour un diamètre de 18 mm. Outre les pièces d’argent
frappées à leur pleine valeur (pièces de monnaie courantes), il existait des pièces de monnaie
divisionnaires (= de valeur inférieure à leur valeur nominale): les pièces de billon (5, 10 et
20 centimes) et les pièces de bronze (1 et 2 centimes). Pour ces pièces, le poids n’était pas
déterminé par l’étalon monétaire, de sorte que leur alliage et leurs dimensions pouvaient être
définis indépendamment de l’étalon monétaire. Il n’était donc pas nécessaire de frapper des
pièces de 20 centimes encore plus petites que celles d’un demi-franc, déjà minuscules.
C-10) Quel nom portent les types de caractères utilisés sur les pièces d’un franc et de
5 francs?
Les caractères utilisés pour les pièces en circulation ne correspondent pas à un type normé: il
s’agit d’écritures de fantaisie conçues spécifiquement pour les types de pièces en question. C’est
pourquoi elles ne portent pas de nom.
C-11) De quoi sont faites les pièces de monnaie suisses ayant cours légal?
La pièce de 5 centimes est en bronze d’aluminium, les autres pièces en cupronickel. Les pièces
commémoratives sont bimétalliques, en argent ou en or. Cf. les données techniques des pièces
de monnaie suisses ayant cours légal (PDF, 141 Ko).
C-12) Depuis quand nos pièces de monnaie ne sont-elles plus en argent?
Depuis 1968, les pièces en francs (de ½ fr. à 5 francs) ne sont plus fabriquées en argent 0,835,
mais en cupronickel. Seule la pièce de 5 francs de 1969 a encore été frappée en argent. La
raison du changement est à rechercher dans une hausse du cours de l’argent. La valeur en
argent des pièces de ½ fr., 1 franc et 2 francs dépassant dès lors leur valeur nominale, les
monnaies ont été fondues par des tiers pour en tirer une plus-value. Cela ne s’est pas produit
pour la pièce de 5 francs (cf. C-13 infra). La mise hors cours de toutes les pièces de monnaie en
argent a été fixée au 1er avril 1971, puis reportée au 31 mars 1972.
C-13) Est-il exact que la pièce de 5 francs de 1969 est encore en argent?
La teneur en argent de la pièce de 5 francs étant comparativement plus faible que celle des
autres pièces en argent (la pièce de 5 francs ne pesait que trois fois plus que celle de 1 franc), il
n’y avait guère de risque que la valeur de l’argent qu’elle renfermait dépasse sa valeur nominale.
En guise de préparation à un passage à des pièces en métaux non précieux, un grand nombre
de pièces de 5 francs ont été frappées en cupronickel durant les années 1967 et 1968
(33,81 millions) sans pour autant être mises en circulation. En 1969, on a frappé et mis en
circulation pour la dernière fois des pièces de 5 francs en argent (8,637 millions d’unités)
millésimées 1969. Le retrait des autres pièces en argent a provoqué un véritable engouement
des collectionneurs, auquel la pièce de 5 francs n’a pas échappé non plus. Lorsque le nombre de
pièces de 5 francs eut fortement diminué en 1969 et que le cours de l’argent se fut à nouveau
envolé après une courte baisse, la décision a été prise de passer définitivement au cupronickel
pour cette pièce également.
C-14) De quoi sont composées les pièces de billon?
Le billon est un alliage de cuivre à faible teneur en argent. D’autres métaux entrent dans sa
composition: le zinc, l’étain ou le nickel. Les pièces de billon de la Confédération (5, 10 et
20 centimes) avaient une teneur en argent de 50 à 150 millièmes. A partir de 1871, elles ont été
remplacées par des pièces de cupronickel (5 et 10 centimes) et de nickel pur (20 centimes).
Selon l’encyclopédie en ligne Wikipedia (édition en langue allemande), le mot «billon» serait un
dérivé du latin médiéval «billio», signifiant moyen de paiement.
C-15) Qu’entend-on par monnaie de thésaurisation?
Les monnaies de thésaurisation sont des pièces de monnaie également connues sous la
dénomination de monnaie-lingot et servent de placements. Elles sont frappées en grand nombre
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et négociées à l’échelle planétaire avec un modeste agio. Elles sont généralement composées
d’or à 22 carats (916,7), d’or fin ou d’argent fin, et sont frappées en onces (31,103 g) ou en
fraction d’once. Parmi les plus connues de ces pièces de monnaie de placement, on trouve le
krugerrand (Afrique du Sud: 22 carats, poids de la frappe en onces 33,930 g), l’eagle (Etats-Unis
d’Amérique: 22 carats), le maple leaf (Canada: 999,9), le britannia (Royaume-Uni: 22 carats), le
kangaroo (Australie: 999,9) ou encore le Philharmoniker (Autriche: 999,9). En Suisse, le vreneli
(frappé pour la dernière fois en 1949) présente le caractère d’une pièce de monnaie de
placement, bien qu’il ne réponde que conditionnellement aux critères évoqués.
C-16) Pourquoi Swissmint n’émet-elle pas de monnaie-lingot?
Eu égard au faible agio et aux débouchés limités, la production d’une monnaie-lingot suisse ne
serait pas rentable. De plus, l’émission de ce type de pièces est liée à d’importants risques
financiers en raison des fluctuations du cours de l’or.
C-17) Les monnaies d’or sont-elles entièrement composées d’or?
Pour autant qu’il ne s’agisse pas de pièces en métal fin, telles les monnaies de thésaurisation (cf.
C-15 supra), les monnaies d’or sont constituées d’un alliage. Un alliage est un mélange, par
exemple d’or et de cuivre, obtenu par un processus de fonte. L’alliage se distingue généralement
du métal fin par une plus grande dureté et une meilleure résistance à l’usure. L’alliage usuel des
pièces d’or suisses renferme 90 % d’or et 10 % de cuivre (or 0,900). Les pièces de monnaie
suisses en argent sont composées de 83,5 % d’argent et de 16,5 % de cuivre. Contrairement à
un alliage, un placage or ou argent (dorure ou argenture) consiste en une simple et fine couche
de métal précieux généralement apposée par galvanisation sur un métal porteur non précieux. La
teneur en métal devient infime par rapport au poids total.
C-18) Pourquoi tous les vrenelis d’or ne sont-ils pas de la même couleur, en d’autres
termes, pourquoi certains paraissent-ils plus «dorés» que d’autre?
L’alliage utilisé pour la frappe des vrenelis de même que pour toutes les autres pièces de
monnaie d’or suisses contient 90 % d’or et 10 % de cuivre. La teinte de ce matériau est plutôt
rougeâtre. En revanche, les vrenelis eux-mêmes sont de couleur jaune ou jaune-rougeâtre, ce
qui est dû au fait que les flans monétaires (dits aussi rondelles) sont oxydés avant la frappe et
décapés par la suite. Lors du processus de décapage, du cuivre est retiré de la surface, ce qui
provoque un enrichissement de cette surface en métal précieux, dans le cas présent en or. En
fonction de l’intensité du décapage, la teinte est plus ou moins jaune. Le décapage offre plusieurs
avantages: la pièce paraît plus dorée et présente une surface plus esthétique, plus résistante et
exempte de taches, tout en conservant les bonnes propriétés techniques de l’alliage d’or et de
cuivre, à savoir une grande dureté, la résistance à l’usure, l’homogénéité et la facilité de frappe.
Ces éléments étaient importants, car les vrenelis frappés à l’époque étaient mis en circulation et
donc soumis à une forte utilisation.
C-19) Qu’entend-on par «frappe médaille» et «frappe monnaie»?
Le rapport entre le verso et le recto de la pièce est donné par l’orientation du coin au moment de
la frappe. Pour ce qui est de la frappe dite médaille (frappe allemande), les deux faces de la
pièce sont frappées dans le même sens, alors que dans la frappe monnaie (frappe française), les
deux faces sont frappées tête-bêche. Le tableau de frappe précise le type de chaque émission
(cf. également D-20 infra).
C-20) Pourquoi certaines pièces de monnaie sont-elles munies d’une frappe de la tranche?
A l’origine, les pièces en métal précieux présentaient une cannelure pour éviter l’usure du métal
précieux sur le bord de la pièce (= réduction de l’épaisseur de la pièce). Plus tard, la frappe de la
tranche (inscriptions et cannelures) est devenu un moyen important d’empêcher les falsifications.
Aujourd’hui encore, le cordon reste le point faible des fausses pièces de monnaie.
C-21) Pourquoi les pièces de monnaie sont-elles dotées d’un listel?
Le listel, qui entoure l’image de la pièce de monnaie, n’est pas d’abord un élément décoratif,
mais sert à préserver l’image de l’usure. Les motifs en bâtonnets qui l’ornent protègent ainsi la
frappe.
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C-22) Qu’est-ce qu’un jeu de monnaies?
Un jeu de monnaies se compose des pièces de monnaie en circulation, en général du même
millésime, d’un pays et qui ont cours légal.
C-23) Qu’entend-on par «jeu de monnaies pour nouveau-né»?
Il s’agit d’un jeu de monnaies ayant vocation de cadeau de naissance et qui regroupe les pièces
de l’année de naissance de l’enfant, éventuellement complétées d’une médaille.
C-24) Pourquoi certaines pièces de monnaie ont-elles un bord cannelé et d’autres non?
Une pièce était et est encore dotée d’un cordon pour des raisons de sécurité. Initialement, le
cordon devait éviter qu’une pièce de monnaie en métal précieux ne s’use dans les bords. Depuis
que nos pièces de monnaie ne contiennent plus de métaux précieux, le thème de l’usure des
pièces n’est plus d’actualité. Néanmoins, le cordon reste un élément de sécurité important:
l’expérience montre que les principaux problèmes de la fabrication de fausse monnaie
proviennent du cordon. Les pièces de monnaie de faible valeur nominale n’étant guère falsifiées,
on peut renoncer à les doter d’un cordon. A partir de la pièce de ½ fr., les pièces sont cannelées,
et la pièce de 5 francs porte même une inscription qu’il est encore plus difficile de reproduire. Par
ailleurs, le cordon est une caractéristique distinctive importante pour les personnes malvoyantes.
Grâce aux cannelures, elles peuvent distinguer facilement une pièce de ½ fr. d’une pièce de
5 centimes.
D) NUMISMATIQUE SUISSE
D-1) Depuis quand le franc suisse existe-t-il sous sa forme actuelle?
Depuis 1850, c’est-à-dire au moment où la régale des monnaies est passée des cantons à la
Confédération. Toutefois, il faudra attendre la dissolution de l’Union monétaire latine (cf. infra) le
1er janvier 1927 pour que seules des monnaies suisses aient cours légal dans notre pays.
D-2) Pourquoi les premières monnaies de la Confédération ont-elles été frappées à
l’étranger?
Les premières monnaies de la Confédération ont été frappées à Paris et Strasbourg. La Suisse
ne disposait en effet d’aucun atelier performant, dont la création n’était d’ailleurs initialement pas
envisagée. Toutefois, les monnaies produites dans les ateliers français laissaient quelque peu à
désirer. Pour remédier à cette situation, la Confédération a repris en 1853 les anciens ateliers de
l’Etat de Berne au Gerberngraben. Certes, la réforme monétaire de 1850/52 a remplacé les
anciennes monnaies suisses, mais le nombre relativement modeste des nouvelles frappes ne
suffisait de loin pas à nationaliser l’ensemble de la circulation monétaire, ce qui n’était d’ailleurs
pas prévu. Le parallélisme étroit avec le système monétaire français permettait de recourir à des
frappes étrangères et d’économiser ainsi de l’argent.
D-3) Qu’est-ce que l’«Union monétaire latine»?
Un système de paiements international faisait défaut à l’essor économique mondial du 19e siècle.
Pour faciliter leurs échanges commerciaux, la France, la Belgique, l’Italie et la Suisse ont conclu
en 1865 un accord monétaire (connu sous le nom d’Union monétaire latine), qui définissait de
façon détaillée le poids, le titre, la forme et le cours des monnaies d’or et d’argent, et qui
contingentait pour chaque pays les frappes en fonction de la population. En 1866, le
gouvernement fédéral déclarait: «Le Conseil fédéral considère l’égalité des monnaies en argent
des quatre pays comme un premier pas vers la concrétisation de l’idée de système monétaire
universel». L’accord monétaire, auquel la Grèce a également adhéré par la suite, est
formellement resté en vigueur jusqu’en 1926. Depuis, seules les monnaies suisses ont cours
légal dans notre pays. En 2002, l’Union européenne a franchi une nouvelle étape vers la création
d’une monnaie commune européenne en introduisant l’euro, cette fois-ci sans participation de la
Suisse.
D-4) D’où vient le terme «Rappen»?
A l’origine, le «Rappen» était un type de pfennig de couleur sombre, répandu au 14e siècle dans
les régions du Rhin supérieur. On a cru longtemps que le terme s’appliquait aux pfennigs des
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ducs de Rappolstein du fait qu’ils portaient en effigie une tête de corbeau (en allemand «Rabe»).
On pense aujourd’hui que la couleur sombre de la monnaie est à l’origine de la dénomination,
«rapp» signifiant en ancien haut-allemand «sombre», comme dans le terme «Rappen» qualifiant
un cheval à la robe sombre (source: www.moneymuseum.com).
D-5) D’où vient le terme «franc»?
Le terme «franc» qualifiait une monnaie d’or française de 1360, qui portait l’inscription latine Rex
francorum (roi des Francs). En 1577, le franc a également été frappé en France sous la forme
d’une monnaie d’argent. Une monnaie d’argent de dix batzen frappée à Berne dès 1757, et plus
tard à Bâle, Soleure et Lucerne, était connue sous le nom de «Schweizer Franken» (en français
livre suisse). Sous la République helvétique, on a tenté d’appliquer à la monnaie le système
décimal sur le modèle du système monétaire bernois. A partir de 1799, la monnaie devait être
unifiée par le franc suisse, contenant 6,6194 g d’argent fin et subdivisé en 10 batzen ou
100 centimes. Cette réforme a toutefois échoué faute de métal fin. Sous la Médiation (1803 à
1813), la régale des monnaies a été réattribuée aux cantons. La Diète a certes tenté d’instaurer
un système monétaire unifié, mais jusqu’à la réforme monétaire de l’Etat fédéral, des francs de
divers poids, titres et frappes n’ont cessé de circuler - outre de nombreuses autres monnaies. La
Confédération a repris la régale de la monnaie en 1848 et a défini le franc en tant que monnaie
d’argent, subdivisée en 100 centimes (source: Dictionnaire historique de la Suisse).
D-6) D’où vient le terme allemand de «Fünfliber» pour la pièce de cinq francs?
L’appellation populaire «Fünfliber» trouve son origine dans la dénomination française «livre» (soit
«Pfund» en allemand). Le franc français, dérivé de la livre tournois, était de valeur sensiblement
égale à cette dernière. Pour cette raison, la pièce française de cinq francs, qui circulait en Suisse,
a été désignée dans notre pays par «Fünflivres». Ce terme s’est appliqué par la suite à la pièce
de cinq francs nationale qui était de même taille que la pièce française dont elle s’inspirait. Avec
le temps, le «Fünflivres» a pris le nom aujourd’hui courant de «Fünfliber».
D-7) D’où vient le terme allemand «Stutz» pour le franc?
«Häsch mer füf Stutz?» (t’as pas cinq francs?), ou encore «Für dä Charre z’chaufe bruchsch en
Huufe Stütz» (cette voiture est chère). Le Schweizer Idiotikon, dictionnaire commentant des
expressions anciennes ou récentes de la langue parlée et des dialectes, se borne à mentionner:
Stutz = Franken dans la langue de la rue, des soldats et des étudiants. Le Deutsches Wörterbuch
de Jacob et Wilhelm Grimm (Leipzig 1942, éditions S. Hirzel) donne pour «Stutz» - parmi d’autres
termes qui n’ont guère de lien avec l’argent - les explications suivantes: Stutz = Tausch
(échange), stutzen = tauschen (échanger), verstutzen = verprassen (gaspiller). L’argent est
notoirement un moyen d’échange, c’est-à-dire qu’il peut être échangé contre une marchandise.
On peut donc admettre que le terme dialectal «Stutz» dérive de la même expression de l’ancien
allemand pour «échange».
D-8) D’où vient le terme de «thune» utilisé en Romandie pour la pièce de cinq francs?
Au 17e siècle, la notion française de «thune» signifiait «aumône». Après la Révolution française,
la nouvelle pièce d’argent de cinq francs a été baptisée «thune» car elle servait à l’aumône. Ce
premier sens s’est aujourd’hui perdu.
D-9) Qui est Helvetia?
Helvetia est la représentation allégorique de la Suisse. Elle est un personnage de fantaisie qui
n’a jamais existé. Les figures allégoriques étaient très prisées aux 18e et 19e siècles. Alors qu’il
lui était permis de s’asseoir sur les premières pièces d’un franc, Helvetia est depuis 1874
condamnée à rester debout.
D-10) Qui est Libertas?
Libertas est la représentation allégorique de la liberté. Son profil se retrouve sur les pièces
actuelles de 5, 10 et 20 centimes, de même que sur les pièces d’or des années 1883 à 1896.
Libertas se reconnaît à ses attributs, par exemple le bonnet phrygien, ou dans le cas des
monnaies suisses, par l’inscription LIBERTAS.
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D-11) Quelle pièce de monnaie désigne-t-on par «vreneli» et d’où vient ce nom?
Le «vreneli» désigne les monnaies d’or suivantes: 20 fr. de 1897 à 1949, 10 fr. de 1911 à 1922,
et 100 fr. de 1925. La désignation «vreneli» ne s’est répandue que peu avant la Seconde guerre
mondiale et on ne la trouve imprimée pour la première fois qu’en 1943. Une explication possible
serait que la représentation d’une jeune Helvetia par Landry ressemble davantage à une
«Vreneli» (une jeune fille) qu’à la mère de la patrie. Contrairement à ce que l’on admettait
jusqu’ici, aucun lien avec sainte Vérène n’a pu être établi (pour plus de détails, voir la publication
Das Goldvreneli [289 Mo, en allemand seulement]).
D-12) Pourquoi les Tessinois appellent-ils le vreneli d’or «marengo»?
Le nom «marengo» trouve son origine dans la localité piémontaise de Marengo, un quartier
d’Alessandria. Le «marengo» originel était une monnaie d’or d’une valeur nominale de 20 francs,
pesant 6,542 g et frappée à Turin après la victoire de Napoléon Bonaparte sur les Autrichiens
dans les environs de Marengo (en 1800). La monnaie porte à l’avers un buste de Minerve et
l’inscription «L’ITALIE DÉLIVRÉE À MARENGO» et au revers la mention «20 FRANCS» et la
devise «LIBERTÉ - ÉGALITÉ – ERIDANIA». L’appellation «marengo» a été utilisée
ultérieurement en Italie pour d’autres pièces françaises de 20 francs (par ex. le napoléon), de
même que pour les monnaies d’or de 20 francs et de 20 lires frappées en accord avec le système
monétaire français et utilisées en Belgique, en Italie et en Suisse (Union monétaire latine) et
partant, pour le vreneli d’or (marengo belga, marengo italiano, marengo svizzero).
D-13) Pourquoi certains vreneli d’or de 1935 portent-ils un «L» à gauche du millésime?
Après la Seconde guerre mondiale, une forte demande s’est développée en Suisse pour les
monnaies d’or. Lors des années 1945 à 1947, plus de 20 millions de vrenelis d’or de 20 francs
ont été frappés. Contrairement à la loi monétaire de 1931, l’arrêté de 1936 fondé sur le droit
d’urgence et décrétant la dévaluation ne prévoyait plus de parité-or fixe, de sorte que l’on a muni
ces pièces du millésime 1935 pour indiquer qu’elles respectaient la teneur en or fin prescrite par
la loi monétaire. Pour distinguer les frappes de l’après-guerre de celles de 1935 et pour souligner
leur caractère commercial, le millésime 1935 a été précédé de la lettre «L» (signifiant lingot).
Ultérieurement, on a renoncé à antidater les frappes, c’est-à-dire que les pièces ne portaient plus
que le millésime réel d’émission. Le lien avec la loi monétaire de 1931 était garanti par
l’inscription «AD / LEGEM ANNI / MCMXXXI» apposée sur la tranche (conforme à la
loi de 1931). De plus, 9,2 millions de pièces ont été frappées avec le millésime 1947 (pour plus
de détails, voir la publication Das Goldvreneli [289 Mo, en allemand seulement]).
D-14) Qui a servi de modèle au «vreneli»?
Initialement, l’identité du modèle de la jeune Helvetia ne constituait pas un problème. Toutefois,
au sortir de la Seconde guerre mondiale, deux fils ont revendiqué cet honneur pour leur mère
décédée. Ainsi, le modèle du vreneli aurait été soit Françoise Kramer-Egli (1859 – 1946, de
Neuchâtel), soit Rosa Tännler (1878 – 1946, de Gadmen dans l’Oberhasli). Sur la base
d’informations documentaires, l’hypothèse Tännler semble plus crédible, car dans une lettre de
1895 au conseiller fédéral Hauser, l’artiste Fritz Landry évoquait avoir étudié pour son projet
révisé un «type de femme très pur du Hasli». Rosa Tännler était à l’époque âgée de 17 ans, alors
que Françoise Kramer-Egli avait déjà 36 ans. La jeunesse de l’Helvetia représentée plaide plutôt
en faveur du modèle Tännler.
D-15) L’effigie de la pièce de cinq francs est-elle celle de Guillaume Tell?
Le portrait figurant sur la pièce de cinq francs ne représente pas Guillaume Tell, mais un berger
d’alpage. Les premières esquisses du concepteur de la pièce Paul Burkhard sont éloquentes à
ce propos. Cf. Paul Burkhard und der Fünfliber [1248 Ko, en allemand seulement].
D-16) Que signifie l’inscription «DOMINUS PROVIDEBIT» sur la tranche de la pièce de cinq
francs?
«Dieu y pourvoira» (Genèse 22,8). Les devises religieuses étaient fort prisées depuis le MoyenÂge et se retrouvent fréquemment sur des pièces de monnaie, essentiellement sous forme de
légendes. Cf. DOMINUS PROVIDEBIT und andere Devisen (506 Ko, en allemand seulement).
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D-17) Quels végétaux décorent-ils nos pièces de monnaie courantes?
Pièces de 5 centimes: feuilles de vigne; de 10 centimes: feuilles de chêne; de 20 centimes:
rhododendrons; de ½ fr. à deux francs: feuilles de chêne et rhododendrons; de cinq francs:
edelweiss et rhododendrons.
D-18) Que signifie l’inscription INCT. sur les pièces de cinq ou deux francs?
INCT. est l’abréviation de «incidit» du verbe latin «incidere» et signifie «gravé par». Ainsi, «A.
BOVY INCT.» veut dire «gravé par Antoine Bovy» (sur les pièces de ½ fr. à deux francs) et «P.
BVRKHARD, INCT.», «gravé par Paul Burkhard» (sur les pièces de cinq francs). On trouve des
inscriptions similaires sur les pièces d’or de 25 francs de Remo Rossi: on peut y lire «HODLER
PINX», abréviation de «pinxit» (ou «peint par») du verbe latin «pingere» et «ROSSI SCULPT»,
abréviation de «sculpcit» (ou «sculpté par»), du verbe latin «sculpere».
D-19) Comment l’inscription de la tranche de la pièce de cinq francs est-elle disposée?
L’inscription qui entoure la pièce de cinq francs (lettres et étoiles en relief) est toujours
positionnée de la même façon: vue de l’effigie, elle débute en bas vers l’encolure du berger et se
subdivise en trois sections dans le sens des aiguilles d’une montre, c’est-à-dire
«DOMINUS / PROVIDEBIT / ». En ce qui concerne les pièces de cinq
francs portant des inscriptions en creux (millésimes 1985 à 1993), la position est aléatoire car
elles étaient gravées lors d’un processus séparé avant la frappe.
D-20) Une pièce d’un franc frappée tête-bêche est-elle fausse?
Depuis 1982, toutes les pièces de monnaie sont produites en frappe médaille (↑↑), c’est-à-dire
que les deux faces sont frappées dans le même sens (↑↑, frappe dite «allemande»). En
revanche, jusqu’en 1981, les pièces de ½ fr. à cinq francs étaient frappée tête-bêche, c’est-à-dire
le recto dans un sens et le verso dans l’autre (↑↓, frappe dite «monnaie» ou «française»), alors
que les pièces de 1 à 20 centimes étaient déjà produites en frappe médaille. Le changement
visait une meilleure présentation des pièces dans les jeux de monnaies (jeux de monnaies
annuels). Cf. C-19 supra.
D-21) Que signifient les treize étoiles sur la tranche de la pièce de cinq francs?
Comme en témoigne un rapport de 1889 du directeur de la Monnaie fédérale Edmund Platel, les
treize étoiles n’ont aucune signification allégorique. Il ne s’agit en effet que de signes de
remplissage. Les hypothèses suggérant que les étoiles en question représentent les treize
premiers cantons de la Confédération ou sont un symbole religieux (trois étoiles pour la Trinité et
les dix autres pour les dix commandements) ne reposent sur aucune base sérieuse.
D-22) Que signifient les étoiles sur les pièces de ½ fr., d’un franc et de deux francs?
La couronne d’étoiles représente les cantons de la Confédération. Jusqu’en 1982, elles étaient
au nombre de 22, et une étoile s’y est ajoutée dès 1983 pour le canton du Jura créé en 1979.
Depuis l’entrée en vigueur en 2000 de la Constitution fédérale totalement révisée, il n’y a plus de
demi-cantons, de sorte que la Confédération se compose non plus de 23, mais de 26 cantons
(art. 1 Cst. 1999). Toutefois, les anciens demi-cantons ne comptent encore que pour moitié au
sein du Conseil des Etats et de la majorité des cantons (art. 142 et 150 Cst. 1999), de sorte que
les 23 étoiles ne représentent plus depuis 2000 les cantons, mais les «Etats» de la
Confédération.
D-23) Poinçon «B»
Le poinçon «B» apposé sur les pièces de monnaie suisses signifie «Berne» (Monnaie fédérale).
Certaines pièces, notamment des années 1850/1851 et 1894, portent des poinçons d’ateliers
étrangers (Paris, Strasbourg, Bruxelles).
D-24) Pourquoi certaines pièces ne portent-elles pas de poinçon?
Entre 1970 et 1985, les pièces de monnaie suisses courantes ont été frappées sans poinçon. On
sait que le retrait des pièces en argent en 1968 a suscité au sein de la population suisse nombre
de vocations de collectionneur, confinant quelquefois à la passion. On collectionnait non
seulement les anciennes pièces de monnaie, mais également les nouvelles fraîchement frappées
en cupronickel. Les pièces de ½ fr. et d’un franc des années 1968 et 1969 ayant été frappées
sous deux formes (avec ou sans poinçon «B», les secondes ayant été produites à Londres pour
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pallier le manque de pièces), les deux sortes ont été collectionnées. Cette activité a provoqué
une raréfaction des pièces de monnaie courantes, raison pour laquelle on a renoncé au poinçon
«B» dès 1970 avant de le réintroduire en 1986.
D-25) Depuis quand la pièce de cinq centimes est-elle de couleur dorée?
Depuis 1981. Auparavant, elle était produite en cupronickel blanc, aujourd’hui en bronze
d’aluminium dans le but de mieux la distinguer des pièces de ½ fr.
D-26) Comment peut-on distinguer entre les première et deuxième frappes de la pièce
commémorative de 250 francs de 1991?
La tranche de la première frappe porte l’inscription «CONFOEDERATIO HELVETICA ++ 1291 –
1991++». On a ajouté à celle de la seconde frappe un point au-dessus et un autre en-dessous du
trait d’union entre les deux dates: «1291 ÷ 1991».
D-27) Depuis quand ne paie-t-on plus en monnaies d’or en Suisse?
Depuis 1936. A la suite de la crise économique mondiale, la Suisse a dévalué le franc de
quelque 30 %. La valeur matérielle des pièces d’or dépassait ainsi leur valeur nominale, et ces
pièces ont disparu de la circulation.
D-28) Quelle est la première pièce commémorative suisse?
Le succès de la souscription de l’emprunt de 1936 pour la défense nationale a conduit le Conseil
fédéral à émettre la première pièce commémorative; 200 ’000 pièces de cinq francs en argent ont
été frappées.
D-29) Depuis quand les jeux de monnaies existent-ils?
Depuis 1974.
D-30) Les pièces commémoratives des tirs fédéraux avec valeur faciale sont-elles des
monnaies ou des médailles?
Les pièces commémoratives en argent dites des tirs fédéraux, frappées durant les années 1850
à 1885 par la Monnaie fédérale sur mandat des organisateurs ne constituaient pas des moyens
de paiement légaux en dépit de leur valeur faciale de cinq francs. C’est pourquoi elles n’étaient
pas acceptées en tant qu’argent par la caisse de l’Etat (sur ordre de l’Administration fédérale des
finances; cf. Revue suisse de numismatique, 1894, p. 56). Etant donné que ces pièces
correspondaient à la pièce de cinq francs courante quant à leurs dimensions, poids et titre, en
d’autres termes qu’elles étaient frappées à leur pleine valeur selon la définition de la loi
monétaire, la population s’en est servie comme moyen de paiement sans que la Confédération
n’intervienne, ce qui a également suscité quelques plaintes des Etats associés de l’Union
monétaire latine. Par ailleurs, les comités d’organisation des tirs fédéraux de Fribourg et de
Lugano ont commandé plus de pièces que nécessaire, et ont utilisé les stocks excédentaires
pour régler leurs fournisseurs, ce qui était une bonne affaire au vu du faible cours de l’argent.
Néanmoins, la caisse de l’Etat n’était pas disposée à tolérer cette concurrence vis-à-vis de la
monnaie officielle. Dès lors, après 1885, les pièces commémoratives des tirs fédéraux ont été
émises sans valeur faciale, devenant ainsi de simples médailles. Les pièces des tirs fédéraux
n’étant pas des moyens de paiement officiels, elles ne sont pas répertoriées dans la liste des
frappes de Swissmint. Après 1934, des pièces commémoratives avec valeur faciale et durée de
validité limitée ont de nouveau été frappées; elles pouvaient être échangées à leur valeur
nominale lors de la fête de tir. Mais ces pièces n’ont pas récupéré leur ancien statut de moyen de
paiement, même officieux.
D-31) Pourquoi le répertoire des pièces commémoratives de Swissmint et divers
catalogues numismatiques ne mentionnent-ils pas la pièce commémorative de l’exposition
nationale de 1939?
La pièce commémorative de l’exposition nationale de 1939 n’est pas une pièce officielle: il s’agit
d’une frappe privée à durée de validité limitée, échangeable à l’exposition nationale (jusqu’au
30 novembre 1939) et comparable aux médailles de tir. Les matrices et la frappe ont été
effectuées par Huguenin Frères, Le Locle. La médaille se distingue de la pièce de cinq francs en
argent par un plus grand diamètre (33,5 mm au lieu de 31,2 mm) et un poids supérieur (19,5 g au
lieu de 15 g).
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E) SANTÉ ET ENVIRONNEMENT
E-1) Nos pièces de monnaie peuvent-elles provoquer des allergies au nickel?
A l’exception des pièces de cinq centimes, produites en bronze d’aluminium, toutes les pièces de
monnaie suisses courantes sont fabriquées en cupronickel (alliage de 75 % de cuivre et de 25 %
de nickel). Aucun cas d’allergie provoquée par la teneur en nickel des pièces de monnaie n’a été
reporté. Néanmoins, en cas de forte allergie au nickel, on ne peut exclure des réactions
allergiques en cas de contact fréquent avec des pièces de monnaie contenant ce métal.
E-2) Que deviennent les pièces de monnaie abîmées et souillées?
La Poste, les banques et la Banque nationale les retirent de la circulation et les confient à
Swissmint pour destruction. Pour éviter qu’elles ne soient utilisées abusivement, les pièces sont
passées à la presse et remises aux fournisseurs de flans, aux fins de récupération du métal
(recyclage). Ces derniers en tirent de nouveaux flans (appelés aussi rondelles) qui serviront à la
fabrication de nouvelles pièces.
E-3) Swissmint se préoccupe-t-elle de la sécurité au travail?
La norme OHSAS 18001 définit les critères d’appréciation des systèmes de gestion de la sécurité
au travail. Swissmint répond aux exigences dans ce domaine et peut démontrer qu’elle a intégré
à son processus d’entreprise des mesures de sécurité qui ’’se fondent aussi bien sur l’initiative
propre que sur l’autoresponsabilité et qui améliore les ‘résultats obtenus.
E-4) Swissmint est-elle engagée dans la protection de l’environnement?
Depuis 1996, la norme ISO 14001 établit à l’échelle mondiale des critères de gestion de
l’environnement, révisés une première fois en 2004. Swissmint répond aux exigences, qui portent
notamment sur une systématisation de la protection de l’environnement au sein de l’entreprise et
sur la limitation des risques et de l’impact environnemental.
F) ASPECTS JURIDIQUES
F-1) Qui peut frapper monnaie?
En Suisse, la Confédération exerce la régale (ou le monopole) de la monnaie. L’art. 99, al. 1, de
la Constitution fédérale dispose: «La monnaie relève de la compétence de la Confédération; le
droit de battre monnaie et celui d’émettre des billets de banque appartiennent exclusivement à la
Confédération».
F-2) Combien de pièces de monnaie au maximum doivent-elles être acceptées en
paiement?
En vertu de l’art. 3, al. 1, de la loi fédérale du 22 décembre 1999 sur l’unité monétaire et les
moyens de paiement, «toute personne est tenue d’accepter en paiement jusqu’à 100 pièces
suisses courantes». Dans la pratique, cette disposition n’est toutefois guère applicable.
F-3) Peut-on payer au restaurant avec des pièces commémoratives?
L’obligation d’accepter des pièces commémoratives ne concerne que les caisses de la
Confédération, c’est-à-dire la Banque nationale suisse, la Poste suisse et les Chemins de fer
fédéraux. Un restaurateur n’est dès lors pas tenu d’accepter en paiement des pièces
commémoratives.
F-4) Qui décide du maintien en circulation d’une pièce courante ou de sa mise hors cours?
Le Conseil fédéral.
F-5) Les monnaies d’argent ont-elles encore cours légal?
Les monnaies d’argent (de ½ fr. à cinq francs) n’ont plus cours légal depuis le 1er avril 1971.
Toutefois, la Banque nationale suisse les reprend encore à leur valeur nominale.
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F-6) Peut-on encore payer au moyen des pièces de bronze (un et deux centimes)?
La pièce d’un centime est hors cours depuis janvier 2007, celle de deux centimes depuis
janvier 1978.
F-7) Quelles pièces hors cours peut-on encore échanger?
Les pièces courantes sont reprises, à 100 % de leur valeur nominale, par la Banque nationale
suisse pendant 20 ans à compter de leur mise hors cours. Aucun délai n’est fixé ni pour la reprise
des pièces courantes mises hors cours dont les dimensions et motifs correspondent aux pièces
qui ont cours, ni pour l’échange des pièces de cinq francs en argent mises hors cours (cf. le Tarif
du 7 avril 2006 pour les monnaies mises hors cours).
G) FALSIFICATIONS, CONTRÔLES D’AUTHENTICITÉ
G-1) Trouve-t-on de fausses pièces de monnaie suisses courantes?
Oui, bien que leur nombre soit insignifiant par rapport à celui des vraies pièces en circulation. Les
pièces étrangères qui sont utilisées dans les automates constituent un problème plus important.
En effet, leur valeur dans leur pays d’origine ne représente souvent qu’une fraction de la valeur
des pièces suisses qu’elles remplacent.
G-2) Comment reconnaît-on les fausses pièces?
Les falsifications modernes sont souvent de bonne qualité et sont par conséquent difficilement
reconnaissables. Une frappe moins nette ou une couleur différente peuvent signaler une fausse
pièce.
G-3) Une résonance atypique est-elle un signe de falsification?
Elle peut l’être, mais souvent, les vraies pièces résonnent différemment. La prudence est de mise
lorsqu’une pièce résonne sourdement, voire pas du tout.
G-4) La Confédération couvre-t-elle les pertes dues à la fausse monnaie?
Aucune indemnité n’est versée.
G-5) Swissmint expertise-t-elle des pièces de collection?
Sur demande, Swissmint expertise des pièces suisses de valeur (frappées à partir de 1850). Les
prix pratiqués par Swissmint sont fixés par le tarif des émoluments et dépendent de la charge de
travail. Lorsqu’une pièce se révèle fausse, elle est saisie et remise à la police, qui décide de la
suite à donner.
G-6) Certaines pièces sont-elles sécurisées à l’instar des billets de banque?
Les pièces de monnaie sont bien moins souvent copiées que les billets de banque, d’une part à
cause de leur faible valeur, et d’autre part en raison des difficultés et des coûts liés à leur
production et à leur mise en circulation. Les éléments de sécurité n’ont dès lors pas la même
importance que dans le cas des billets de banque. Pour les monnaies, ces éléments sont avant
tout, outre la frappe (le relief) des deux faces de la pièce (les motifs), le cordon et l’alliage utilisé.
S’y ajoutent le poids exact et les bonnes dimensions (respectant les seuils de tolérance fixés).
Les pièces de cinq francs présentent sur la tranche une inscription en relief très difficile à copier.
Les autres pièces en francs (de ½ fr. à deux francs) présentent une tranche cannelée
généralement très problématique pour les faussaires. Pour des raisons de coûts, un projet de
renforcement de la sécurité des pièces de monnaie suisses a été abandonné en 2004, de même
qu’une série de monnaies d’urgence qui aurait permis d’échanger rapidement les pièces
concernées en cas de multiplication des falsifications (décision du Conseil fédéral du 19 octobre
2005).
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