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Le pétrole africain : source de développement ou de malédiction pour le continent par le Docteur Seydou Mariko Ecole Normale Supérieure (ENSUP) de Bamako, Mali Résumé L’article intitulé : « le pétrole africain : source de développement ou de malédiction pour le continent ? » parait tout à fait original. Dans cet article, l’on montre la part de l’Afrique dans la production mondiale de « l’or noir » c'est-à-dire du pétrole. L’article fait ressortir la consommation annuelle de pétrole d’un africain et cela comparativement à celle d’un occidental. Les grandes zones de production pétrolière en Afrique sont citées. La production journalière ou annuelle moyenne de pétrole dans chaque pays producteur africain y figure. Les réserves pétrolières du continent sont évaluées. Les prévisions de production pétrolière du continent pour les années à venir sont données. Les revenus monétaires que l’Afrique tire chaque année du pétrole sont mis en évidence. Dans l’article, les retombées positives du pétrole pour l’Afrique sont décrites. Dans le cadre de la production et de la commercialisation du pétrole, les pays avec lesquels l’Afrique entretient des relations partenariales sont évoqués. Le classement mondial des pays africains, exportateurs de pétrole en 2004 se trouve établi dans le présent article. La croissance économique que les Etats africains ont enregistré grâce à la production et à la commercialisation du pétrole est mise en exergue. Aussi, les retombées négatives du pétrole sur le continent africain sont décrites. Abstract: The article headed « African petroleum: source of development or curse for the continent? » seem to be quite original. The author shows the share of Africa in world production of “Black gold” in this item. That is to say that petroleum, is the item. The item points out African yearly petroleum consumption, compared to the one of a westerner. The great petroleum production areas in Africa are cited. The average yearly or daily petroleum production of each petroleum producing country in Africa is mentioned. The continent petroleum reserves are assessed. The petroleum production forecast of the continent for coming years is given. The money profits that Africa makes every year from petroleum are made obvious. In the item, the positive effects of petroleum for Africa are described within the framework of petroleum production and its marketing, the countries with which Africa maintains partnership relations are mentioned. The world ranking of African petroleum exporting countries in 2004 is established in the current item. The economic growth that African states have registered thanks to petroleum production and its marketing is highlighted. The negative effects of petroleum on the African continent are described. At last a general conclusion ends the item. I. Méthodologie utilisée Pour écrire cet article, des ouvrages, des communications d’hommes de sciences et de chercheurs ainsi que d’autres articles ont été lus et analysés. Les données économiques statistiques fournies par l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole, de la Banque Africaine de Développement, du Fonds Monétaire International, de la Commission des Nations Unies pour le Commerce, l’Economie et le Développement ont été exploitées et utilisées. Des lectures sur « le pétrole en Afrique » ont été faites sur l’internet. Aussi, d’autres données statistiques ont été cueillies, vérifiées, comparées, analysées, et introduites dans le présent article. Introduction Peuplée de 913 000 000 d’habitants en 2010, l’Afrique abrite 14% de la population du monde. Sa part dans la production mondiale pétrolière s’élève à 11%, mais sa consommation de « l’or noir » est fortement inférieure et ne représente seulement que 3% de l’ensemble des Revue RA N°12 Page 66 pays du monde. Grand producteur de pétrole, mais faible consommateur, cela dénote bien entendu que le continent africain connait une faiblesse de son industrialisation et très certainement, ses mannes pétrolières sont fortement drainées vers d’autres horizons du monde. I. Les zones et pays producteurs de pétrole en Afrique Aux cinq grands pays producteurs de pétrole de la partie septentrionale de l’Afrique à savoir : le Maroc, la Tunisie, l’Egypte, l’Algérie et la Lybie, à ceux-ci, nous pouvons leur adjoindre la République d’Afrique du Sud. Il est à signaler que le déséquilibre est encore plus profond entre pays du Nord et ceux du Sud, car la consommation d’énergie par africain est de l’ordre de 0,5 tonne par an d’équivalent pétrole si l’on établit un parallélisme avec les 4 tonnes en Angleterre, Allemagne, France et aux 8 tonnes par américain et par an des Etats-Unis. Les grandes zones de production pétrolière en Afrique sont les suivantes: l’Afrique du Nord, le littoral atlantique et le reste du continent. La partie Nord africaine et pétrolière comporte les Etats suivants: la grande Jamahiriya Libyenne, la République Démocratique et Populaire d’Algérie, l’Egypte et la Tunisie. Le littoral atlantique et pétrolier englobe la République de la Côte-d’Ivoire, le Nigéria, l’Angola, la Mauritanie, la Guinée Equatoriale, le Cameroun, le Congo-Brazzaville et la République Démocratique du Congo. Quant au reste pétrolier du continent, nous pouvons citer entre autres : le Tchad, l’Afrique du Sud, le Soudan, le détroit mozambicain et les bordures de la grande ile d’Afrique, c'est-à-dire les cotes malgaches. II. Les productions africaines en «or noir » Les exportations libyennes de pétrole ont commencé depuis les années 1957. Jadis, avec une production de 1,5 Mbbls /j, aujourd’hui, bien avant la rébellion, elle atteignait 2 Mbbls /j. En Algérie, si la production pétrolière était de 1,86 Mbbls :j, elle a atteint 1,925 Mbbls/j en 2004. Elle produit non seulement le pétrole, mais également le gaz naturel. Sa production journalière en « or noir » est de 445 kbep de condensats et de 250 kbep de liquide de gaz naturel. La consommation journalière en pétrole dans ce pays s’élève à 246kbbls/j. Dans le «pays des pharaons», il faut dire que la production pétrolière a connu une forte dégringolade depuis quelques années. Si dans les années 1996, sa production de « l’or noir » était 922 kbbls/j à l’heure actuelle, cela se chiffre à 620 kbbls/j, soit 302 kbbls/j1. Comparativement à ces deux voisins, il faut dire qu’en production pétrolière, la Tunisie apparait comme un parent pauvre. Depuis deux décennies, la production de « l’or noir » dans ce pays a connu une véritable descendance avec 66 kbbls/j. La production pétrolière tunisienne ne couvre pas le besoin national si bien que le pays est astreint d’importer les 20% de sa consommation en vue de pallier à son déficit pétrolier. En établissant un parallélisme entre les Etats maghrébins et ceux du littoral atlantique africain en matière de production pétrolière, certes, ces derniers connaissent une avancée significative par rapport aux premiers. En Côte-d’Ivoire, la production de « l’or noir » est récente par rapport à celle du Nigéria ou de l’Angola. L’exploitation pétrolière dans ce pays est sous la coupole des compagnies nationales et canadiennes. En 2006, la production pétrolière du pays était estimée à 89 000 barils/jour. En 2008, elle a atteint 110 000 barils/jour. On estime les réserves pétrolières de la Côte-d’Ivoire jusqu’à 100 000 000 de barils. En 2007, la première ressource financière du pays, loin d’être le café ou le cacao était exclusivement le pétrole. Sur le plan commercial, le pays entretient d’étroites relations non seulement avec l’Europe occidentale, 1 Google (Le pétrole en Afrique). Revue RA N°12 Page 67 mais aussi avec la Chine et les Etats-Unis d’Amérique. Les 50% du pétrole ivoirien sont exportés en Europe. Le reste est drainé vers les Etats-Unis d’Amérique et la Chine. Le pays a quelques usines pétrolières comme la zone industrielle de Vindi et de Youpugon. Dans le pays se construisent deux raffineries de pétrole. Il s’agit de la raffinerie pétrolière d’Abidjan qui doit couter 700 000 000 000 de francs CFA et celle de San-Pedro s’élève à 1 000 000 000 de dollars américains2. Au Nigéria, le potentiel pétrolier semble être dans l’ordre de 80 à 100 Gbbls, dont l’essentiel se situe dans quelques 200 gisements d’envergure moyenne. Le pays détient 29,32% des réserves de pétrole en Afrique. Actuellement, il a 37 200 000 000 de barils de réserves de pétrole du total des 126 847 000 000 de barils détenus par le continent africain. Le Nigéria est le seul pays de l’Afrique au Sud du Sahara dans l’Ouest africain à être membre de l’Organisation des pays producteurs et exportateurs de pétrole. Fort malheureusement, ce grand producteur africain de « l’or noir » n’a pas de compagnies pétrolières nationales. Cependant, il existe quelques compagnies nigérianes privées qui ont fait leur apparition et qui bénéficient d’ailleurs des soutiens du gouvernement fédéral3. En Afrique subsaharienne, l’Angola demeure le deuxième producteur de pétrole après le Nigéria. Connu depuis de longue date, le potentiel de « l’or noir » de ce pays est élevé. Mais, il a été peu exploité à cause de la guerre civile qui a longuement secoué le pays. En 2003, la production pétrolière angolaise était de 900 kbbls/j pour atteindre ainsi 2 Mbbls/j en 2008. En 2012, selon les perspectives, il est prévu une production de 26 Mbbls/j. En 2006, selon une étude menée par le cabinet Wood Mackenzy, le pays avait à cette date, plus de 10 000 000 000 de barils de pétrole en réserve. En Angola, dans l’exploitation pétrolière, travaille la compagnie américaine Chevron Texaco qui fait présentement une production journalière d’environ 500 kbbls. En fin 2006, l’Angola avait manifesté son désir de rejoindre les pays de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole. Le pays demeure un des principaux fournisseurs de pétrole sur le marché économique international. La production pétrolière mauritanienne est encore récente. En 2006, elle a seulement commencé. L’Offshore de Mauritanie est l’une des plus récentes provinces en Afrique à être découverte. La production pétrolière Equato-guinéenne a monté de façon spectaculaire. Dans les années 1996, elle était si maigre, mais aujourd’hui, elle de chiffre à 400 kbbls/j. Au Cameroun, les réserves pétrolières sont modestes et se chiffrent à 400 Mbbls qui se répartissent principalement dans trois zones de petite fraction du delta du Niger. Au Congo-Brazzaville, la production pétrolière a commencé dès les années 1950 et 1960 dans de petits gisements côtiers. Le pays est l’un des fournisseurs non négligeable du marché économique mondial avec ses 220 kbbls/j qui sont à 97% exportés vers d’autres horizons. La production pétrolière congolaise est à moitié réalisée par la compagnie « Total » et fort malheureusement, pendant ces dernières années, cette production a dégringolé. Par contre le Congo-Kinshasa (ex-Zaïre), actuelle République Démocratique du Congo, comparativement à ses voisins peut être considérée comme un petit producteur africain de « l’or noir » avec seulement ses 45 kbbls/j. Depuis 2010, la RDC est considérée sur l’arène économique africaine comme un futur grand producteur de pétrole. En 1997, la production gabonaise de pétrole s’élevait à 371 kbbls/j (dont 217 à Rabi). En 2003 et 2004, cette production a passé de 290 kbbls/j à 265 kbbls/j. Le pétrole namibien, comme d’ailleurs sur toute la façade Ouest du continent, est peu exploité. Cependant, la Namibie possède d’importants gisements pétroliers. 2 « Le choc pétrolier en 2011 » The economist, 3mars 2011. « Pétrole et gaz en Afrique » (2009), Banque Africaine de Développement et l’Union Africaine, Oxford University Press. 3 Revue RA N°12 Page 68 En 2011, le Ghana est devenu un pays africain exportateur de pétrole avec ses 120 kbbls/j. Quant au reste du continent, la production pétrolière est dominée par le Tchad, le Soudan et l’Afrique du Sud4. En 2003 au Tchad, elle a commencé au Sud du pays. Les trois principaux gisements pétroliers du pays produisent au total 900 Mbbls. Jusqu’en 1998 au Soudan, la production de pétrole a été faible. En 2011, elle se chiffrait à 500 kbbls/j. D’ailleurs, le pays envisage de rejoindre les pays de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole. Quant à la République Sud Africaine, elle demeure le véritable parent pauvre de la production africaine de pétrole. La quantité de pétrole produite dans le pays est insuffisante et n’arrive même pas d’ailleurs à satisfaire le besoin intérieur. Le pays produit 165 kbbls/j, soit seulement le 1/3 de sa consommation totale nationale. C’est dire que l’Afrique du sud est un potentiel importateur de pétrole. Les côtes malgaches et le détroit du Mozambique .sont des régions productrices du pétrole en Afrique. Madagascar à lui seul produit plusieurs milliards de barils de pétrole. La majorité de la production et des réserves pétrolières africaines proviennent du Nigéria, d’Angola, d’Egypte, d’Algérie, de la guinée Equatoriale, de la Libye et du Soudan. Ensemble, ces Etats produisent environ 90% de « l’or noir » du continent. Cependant, d’appréciables découvertes de gisements pétroliers sont en train d’être faites dans certains pays du continent tels qu’en Afrique du Sud, au Mozambique, en Tanzanie. « L’Afrique de l’Ouest est l’une des sources de croissance de la production de pétrole parmi les plus rapides du monde », soulignait le département de l’Energie Américaine. Aussi, dans les années à venir, le Mali, le Niger, la Mauritanie, la Somalie, le Botswana, la République Centrafricaine, le Sahara Occidental, le Mozambique, Sao Tomé et Principe, le Rwanda devraient figurer au rang des producteurs « d’or noir » du continent. Le tableau suivant nous montre l’évolution de la production de pétrole en Afrique selon les régions. Tableau N0 1 : Evolution de la production de pétrole en Afrique selon les régions de 1965 à 2005. Années 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 Millions Total des pays 0,2 1 2,3 2,3 3 3,4 3,2 3,3 4,2 de barils d’Afrique du par jour. Nord Total des pays 1,9 5,0 2,2 2,2 2,0 2,7 3 3,5 4,0 d’Afrique subsaharienne Source : Honoré LE LEUCH, 2009 Le continent noir joue incontestablement un rôle non négligeable avec ses 10% de production sur le marché mondial de pétrole. Entre 1990 et 2004, c'est-à-dire à l’espace de deux septennats, la production pétrolière africaine a été majorée de 40%, passant substantiellement de 7 000 000 à 10 000 000 barils par jour. En 2010, elle a d’ailleurs augmenté de 50%. Cette majoration de la production de « l’or noir » africain s’explique essentiellement par des mobiles non seulement économiques et aussi bien techniques. Le continent africain, avec ses potentialités de réserves mondiales de pétrole est plus que jamais au centre de toutes les attentions. Ses réserves s’évaluent entre 80 000 000 000 et 100 000 000 000 de barils. Jadis, l’Afrique produisait 9 000 000 de barils de pétrole par jour, 4 « Les prix du pétrole sautent de 2 dollars après les frappes américaines sur la Lybie » BBC Nouvelles 21 mars 2011, http// WWW BBC COUK. Revue RA N°12 Page 69 dont prés de 5 000 000 de barils étaient produits dans la seule région du golfe de Guinée. En 2020, selon les prévisions, il est prévu que le continent produira près de 15% de la production mondiale de pétrole. En 2010, si la production moyenne journalière de pétrole était de 1 979 000 barils, en 2011, elle s’élevait à 2 069 000 barils, soit une augmentation dé 90 000 barils. Le Ghana demeure le principal moteur de la croissance de 2011 soutenue par le développement pétrolier. L’approvisionnement du continent en pétrole, sur une base trimestrielle s’élève à 275 000 000 de barils par jour en moyenne5. Le tableau N0 2 nous édifie à plus d’un titre sur l’évolution de la production de pétrole en Afrique et de sa part dans le monde de 1965 à 2005. Tableau N0 2 : Evolution de la production de pétrole en Afrique et de sa part dans le monde de 1965 à 2005. Années 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 Millions 2,1 6,0 4,5 6,5 5 6,1 6,2 6,8 8,2 de barils par jour Part (en 6 11 8 9 8,1 9 9 8,9 10,9 %) de l’Afrique dans la production mondiale Source : Honoré LE LEUCH, 2009. III. Les recettes pétrolières et financières pour l’Afrique : Au Tchad, en 2011, les recettes fiscales issues de l’exploitation pétrolière s’évaluent à quelques 600 000 000 d’Euros. De 2002 à 2003, le commerce entre le continent noir et la Chine a doublé pour atteindre le cap des 18,5 milliards de dollars. Entre 1999 et 2005, c'est-àdire à l’espace de six ans, les revenus tirés de la production de pétrole étaient estimés à 2000 000 000 000 de dollars américains. En 2007, le commerce de pétrole entre l’Afrique et la République Populaire de Chine était évalué à 13 000 000 000 de dollars américains. Entre 1970 et 2008, l’Afrique a donc transféré plus de 854 000 000 000 de dollars vers les pays du Nord et cela grâce à sa production de pétrole. En 2009, le commerce de « l’or noir » a donné au continent une bagatelle financière de l’ordre de 10 000 000 de dollars par jour. En 2010, la production africaine moyenne et journalière de pétrole s’évaluait à 12 863 500 dollars américains. En 2011, elle s’élève à 13 448 500 dollars par jour6. L’Afrique tire de son pétrole des ressources financières extrêmement importantes en partenariat avec l’Europe, l’Asie et l’Amérique. Sur le plan partenarial, le continent entretient d’étroites relations avec les Etats tels que la France, la Grande-Bretagne, le Portugal, l’Allemagne en Europe ; la Chine, le Japon en Asie ; les Etats-Unis et le Canada en Amérique. Les mannes financières et pétrolières africaines servent essentiellement aux Etats d’Afrique pour leur développement économique, social et même politique. Aujourd’hui la principale question que les économistes, les sociologues et les hommes politiques africains peuvent se poser est la suivante : « sans le pétrole, que deviendra l’Afrique ? ». IV. Les impacts positifs du pétrole africain pour le continent Les ressources financières tirées du pétrole africain contribuent beaucoup pour le développement des Etats d’Afrique. Elles sont utilisées par les Etats africains pour bâtir les 5 6 Fonds Monétaire International (FMI), World Economic, 2011. Google «Le pétrole en Afrique». Revue RA N°12 Page 70 bases de son développement économique et social. Les finances pétrolières africaines sont utilisées par les dirigeants du continent pour mettre en place les infrastructures économiques qui sont les industries permettant la création de nouveaux emplois pour les milliers de chômeurs du continent, les ponts et chaussées, toutes œuvres qui contribuent inéluctablement au désenclavement intérieur du continent. Elles sont également utilisées par les responsables africains pour la construction des infrastructures scolaires, sanitaires et permettent aussi aux Etats africains la mise en place et le pilotage d’un certain nombre de programmes face aux nombreux problèmes environnementaux auxquels le continent se trouve confronter. Les programmes, les politiques sociaux de développement de l’Afrique sont en majeure partie pris en charge par les ressources financières émanant de « l’or noir » du continent. Toutes choses qui visent indiscutablement à maintenir la paix, la stabilité, la cohésion sociale et politique du continent, gages du développement multidimensionnel du continent. En résumé, l’Afrique tire de son pétrole des mannes financières extrêmement importantes qui lui permettent de planter les jalons de son développement économique et social tant souhaité par de milliers de populations qui croupissent encore dans la pauvreté et le dénuement total. Entre 2003 et 2007 les trois géants pétroliers africains ont occupé une part capitale dans les exportations mondiales de pétrole brut. Durant cette période, les exportations Nigérianes ont occupé la première place africaine avec 5, 3% des exportations mondiales de pétrole brut. Il a été suivi par la Libye avec 3,1% et l’Angola avec 2,37. Les tableaux qui suivent nous édifient sur le classement dans le monde des pays africains, exportateurs de pétrole en 2004 ainsi que l’évolution de la production de pétrole en Afrique – Pays OPEP et non OPEP. Tableau N03 : Classement mondial des pays africains exportateurs de pétrole en 2004. Rang Pays Exportations de pétrole (barils/jour) 10 e Nigéria 2 230 000 15e Algérie 1 724 000 17e Lybie 1 326 000 20e Angola 1 021 000 42e Soudan 279 100 49e République 229 700 Démocratique du Congo 50e Gabon 228 000 e 53 Afrique du Sud 217 700 58e Tchad 170 000 59e Egypte 152 600 66e Cameroun 107 400 69e Côte-d’Ivoire 85 700 e 87 Maroc 21 890 96e Bénin 8981 97e Kenya 8563 7 CNUCED d’après les données de l’OPEP-OPEC- Annuel Statistical Bulletin, 2007, Tableau 52 World crude oil exports by country 2003-2007. Revue RA N°12 Page 71 98e Ghana 8041 106 Sénégal 3889 124e Sierra Léone 431 125e Madagascar 364 e 131 Erythrée 56 132e Gambie 42 134e Libéria 23 Source : Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) ; The World Factbook, 2004. Tableau N04 : Evolution de la production de pétrole en Afrique – Pays OPEP et non OPEP de 1965 à 2005. Années 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 Pays 2 5,1 4,1 5,8 3 5,2 5,1 5 7,2 Millions africains de barils OPEP par jour Pays 0,1 0,9 0,4 0,7 2 0,9 1,1 1,8 1 africains non OPEP Total des 2,1 6,0 4,5 6,5 5 6,1 6,2 6,8 8,2 pays africains Source : Honoré LE LEUCH, 2009. L’économie des pays d’Afrique au sud du Sahara aurait accru probablement d’un taux de 6,3% dans les moments à venir si toutefois les pays exportateurs de pétrole comme le Nigéria, l’Angola, la Côte-d’Ivoire ou le Ghana avaient augmenté leur production pétrolière. Dans certains Etats comme l’Angola, premier producteur de « l’or noir » en Afrique subsaharienne et deuxième en Afrique après le Nigéria, le prix du pétrole a non seulement stimulé les investissements nationaux, aussi bien qu’étrangers. Par contre, d’autres pays africains ont certainement bénéficié de la hausse des prix de certaines matières telles que le cuivre en Zambie, l’or en Afrique du Sud, au Ghana et l’augmentation des flux de capitaux et de l’aide, atténuant l’effet des prix élevés de « l’or noir ». Selon le Fonds Monétaire international, la croissance économique des pays africains exportateurs de pétrole doit probablement passer de 6,7% cette année à 9,1% l’année prochaine tandis que l’économie des pays africains, importateurs de pétrole devrait connaitre un ralenti. En 2007, l’économie angolaise s’est accrue de 31%, soit plus du taux de croissance moyen attendu dans le pays. Cela a fait de l’économie angolaise la plus forte sur le continent africain et cela pendant trois années successives. En 2002 ce pays, après la fin d’une guerre civile qui a longuement déchiré le pays (26 ans durant) demeure sans doute le plus grand fournisseur en « or noir » de la Chine et par conséquent bénéficie de beaucoup d’investissements de la part de cette dernière dans son industrie pétrolière. De même au Nigéria, nous avons vu l’économie de ce pays accrue, passant de 5,2% en2006 à 6,4% en 2008 grâce à l’essor pétrolier de ce pays. Les perspectives de nouvelles découvertes de gisements pétroliers peuvent beaucoup aider à transformer l’économie continentale dans une importante région de production de pétrole. Une étude menée par le Fond Monétaire International sur l’émergence du golfe de Revue RA N°12 Page 72 Guinée dans l’économie mondiale n’estime que « les pays producteurs de pétrole d’Afrique dégageront entre 2000 et 2019, 350 000 000 000 de dollars de revenus grâce au pétrole, c'està-dire plus que le Produit Intérieur Brut de la Fédération de Russie. Bon nombre d’économistes estiment que le continent est loin d’avoir révélé tout son potentiel. Le développement africain de pétrole est et mérite une attention singulière en raison de sa répercussion sur les variables macro-économiques des Etats. A l’analyse, c’est un véritable boom pétrolier qui se profile à l’horizon et le « continent noir » doit être véritablement prêt pour saisir cette aubaine en vue de changer le destin de ce continent durement frappé par la pauvreté, les maladies, les guerres civiles, les calamités naturelles. V. Impacts négatifs du pétrole sur le continent africain On peut se douter à travers certains facteurs, paramètres économiques, sociaux et politiques de la capacité de l’Afrique de saisir cette opportunité, car pour le moment, le continent souffre de ce qu’on peut ainsi appeler la « grande malédiction de l’or noir » qui est un amer mélange de conflits, de corruption à grande échelle, de catastrophes écologiques, d’esprit d’entreprenariat presque sclérosé. Aujourd’hui, plus que jamais, on se pose la question à savoir si le pétrole africain a des effets répercutant sur le développement économique, social, et politique du continent. En analysant la situation géopolitique du pétrole africain d’une part, à l’évidence on se rend compte que cette ressource, malgré ses répercussions positives a crée un certain nombre de faits qui marquent et qui ont laissé des taches indélébiles au continent je plus vieux de la planète. Un des faits marquants l’Afrique sur la géopolitique de son pétrole a été certainement la rébellion angolaise de Jonas Savimbi qui avait tant perduré grâce aux soutiens logistiques et matériels apportés par des puissances étrangères. Loin d’être le seul cas, nous savons que l’Afrique demeure déchirée par des guerres civiles et rebellions telles que les cas tchadien, congolais, soudanais et libyen, qui dans la plupart des cas sont soutenues et entretenues par des puissances occidentales qui tirent leur compte dans cet imbroglio socio-économique. Dans les Etats africains, futurs producteurs de pétrole, l’on se pose réellement toute une panoplie de questions quant aux répercussions que va engendre « l’or noir » dans ces Etats. Les esprits afro-pessimistes doutent beaucoup et ne croient pas d’ailleurs si l’avènement du pétrole aura à changer positivement le visage d’antan de l’Afrique. C’est ainsi dire que le doute, l’incertitude et le pessimisme entourent le continent et son pétrole. Les plus sceptiques sont allés jusqu’à dire que : « le pétrole africain n’a fait qu’aggraver la pauvreté du continent et engendrer des conflits ». Aujourd’hui, nombreux sont les africains qui se posent assez de questions à savoir : ou va le pétrole africain, à quoi sert-il, le pétrole a-t-il un impact de développement sur l’Afrique ? D’une part, en analysant les faits dans une certaine mesure, on pense réellement que le pétrole africain ne profite point au continent et ne fait d’ailleurs qu’engendrer des remous sociaux. Conclusion En définitive, il est à signaler que l’Afrique profite réellement de son pétrole malgré les vicissitudes sociales, économiques et politiques qu’il engendre le plus souvent. Le géant potentiel pétrolier du continent lui offre annuellement des milliards de dollars et d’euros qui permettent aux Etats africains de poursuivre leur développement économique, social et politique. En dehors de l’aide que les institutions internationales et les partenaires techniques et financiers apportent au continent, le développement social, économique et politique de l’Afrique repose en grande partie sur les mannes financières qu’elle tire du pétrole. Les ressources financières pétrolières africaines vont dans le développement des infrastructures économiques et sociales des Etats d’Afrique. A travers le continent, du nord au sud, d’ouest en est, des industries, des routes, des champs d’aménagement agricole, des volets de vulgarisation pastorale, des emplois, des écoles, des centres de santé, des services sociaux Revue RA N°12 Page 73 nouveaux, des écoles, des centres de santé se créent grâce aux ressources financières que les gouvernants du continent tirent du pétrole. Ce qui nous fait d’ailleurs dire, sans le pétrole, que serait l’Afrique ? Références bibliographiques ABEYSINGHE, T. « Estimation des directs et indirects. 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