Examen neurologique Chat

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Examen neurologique Chat
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Chat
CONGRÈS
Examen neurologique
Particularités chez le Chat
Laurent Garosi, installé en Grande-Bretagne depuis 1997, a fait de la neurologie féline sa discipline principale, ce
dont il a fait profiter les vétérinaires félins à Riga, lors du Congrès de l’ISFM dont il était un des principaux conférenciers.
Une des clés de l’examen neurologique est de rester
concentré sur le motif de consultation et de ne pas vouloir réaliser l’ensemble des tests lors de l’examen neurologique, ce qui implique de les connaître tous. On n’utilisera donc que les éléments qui sont pertinents face à la
clinique qui se présente dans chaque cas, en se posant deux
questions : est-ce une affection nerveuse et où se situe le
trouble anatomiquement ?
Examen à distance
Dans l’allure, il faut distinguer les anomalies du moto-neurone central (c’est lui qui impulse l’élan) de celles du
moto-neurone périphérique (qui soutient le poids du
corps). Attention au stress qui peut faire adopter une
démarche près du sol à certains chats et même une plantigradie. Certaines anomalies sont subtiles et demandent
une grande capacité d’observation. Les troubles observés
par le propriétaire ne se reproduisent pas toujours à l’heure
de la consultation et les vidéos réalisées par ce dernier
© L. Garosi
Conférencier
Laurent Garosi
DVM, Dip ECVN, MRCVS
Davies Veterinary Specialists
UK
Comme souvent en clinique, il est important de commencer par observer minutieusement le comportement du
chat, sans le manipuler. On évalue ainsi son statut mental, son comportement, sa position au repos (avec les
anomalies posturales et le port de tête), sa démarche, ses
mouvements involontaires anormaux.
Une partie de l’examen neurologique s’effectue confortablement pour le chat et le
praticien, ce dernier mettant le premier sur ses genoux.
1. Principaux réflexes des nerfs crâniens chez le Chat
Tests
Réponse à la menace
Placer visuel
Nerf crânien afférent Région cérébrale
I (Optique)
Prosencéphale
Cervelet
Tronc cérébral
I (Optique)
Prosencéphale
Réflexe pupillaire
I (Optique)
Adaptation à l’obscurité I (Optique)
Réflexe palpébral
Moelle
Hypothalamus
Moelle
Tronc cérébral
V
(Trijumeau-ophtalmique
ou maxillaire)
Réponse à la stimulation V (Trijumeau-maxillaire) Prosencéphale
nasale
Réflexe
VIII (vestibulaire)
Tronc cérébral
oculo-vestibulaire
Nerf crânien efférent Effet produit
VII (Facial)
Cligne de l’œil
Aucun
Recherche le rebord
de la table
III (Oculo-moteur)
Myosis provoqué par
un faisceau lumineux
Branche sympathique Mydriase
VII (Facial)
Aucun
III (Oculo-moteur)
IV (Trochléaire)
VI (Abducens)
Clignement après
contact sur canthus
médial ou latéral de l’œil
Détourne la tête après
stimulation de la narine
Nystagmus induit par
les mouvements de
la tête
N°379 du 10 au 16 septembre 2015
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Chat
CONGRÈS
2. Processus pathologique pouvant affecter le système nerveux, avec leur localisation et leur mode d’évolution
Processus pathologique
Vasculaire
Survenue
Aigu à subaigu
(pour les hémorragies)
Inflammation/infectieux
Aigu, subaigu ou insidieux
Traumatique
Subaigu ou aigu
Stable ou amélioration
avec le temps
Toxique
Aigu
Progressif
Anomalies (anatomiques,
congénitales, etc.)
Métabolique
Chronique (parfois aigu)
Variable (souvent aigu)
Non progressif ou lentement
progressif en début de vie
Va et vient ou progressif
Idiopathique
Aigu
Non progressif ou rétrocède
Néoplasique
Chronique (parfois aigu)
Progressif
Nutritionnel
Variable (aigu ou insidieux)
Progressif
Dégénératif
Chronique
Progressif
sont souvent précieuses pour le clinicien. Par ailleurs, le
patient félin a toujours besoin d’un temps d’adaptation
et d’une pièce calme pour être observé. Ce n’est qu’après
cette phase d’évaluation à distance qu’on réalise l’examen
neurologique, liste toutes les anomalies, puis les localise, en essayant de trouver la lésion qui permet d’expliquer l’ensemble du tableau clinique.
Il arrive parfois que le chat n’autorise pas un examen
clinique neurologique et bien souvent, c’est parce que cela
ne relève pas de la neurologie!
Prendre le chat sur ses genoux
Dans son expérience quotidienne, Laurent Garosi estime
qu’il ne faut pas plus de deux minutes pour réaliser un
examen neurologique avant que le chat ne se lasse de nos
manipulations. Comme Alexander de Lahunta, Laurent
Laurent Garosi est l’auteur de nombreux articles, en ligne pour les abonnés du
JFMS et/ou membres de l’ISFM, ainsi que du récent ouvrage, Small Animal
Neurological Emergencies, ed. MANSON Publishing.
Les actes du Congrès sont en ligne pour les membres de l’ISFM : www.icatcare.org
Évolution
Non progressif voire rétrocède
(les hémorragies peuvent être
progressives sur une période
très courte)
Progressif (va et vient parfois
après le début)
Localisation
Focale et souvent
asymétrique
Focal ou multifocal
Asymétrique
ou symétrique
Souvent focal
Asymétrique
ou symétrique
Diffus et symétrique
bilatéral
Variable
Diffus et symétrique
bilatéral
Spécifique à chaque
syndrome
Souvent focal
Asymétrique
ou symétrique
Diffus et symétrique
bilatéral
Souvent diffus
et symétrique
Garosi travaille au sol (cf. photo), prenant le chat sur ses
genoux, dans une position confortable pour le patient et
le clinicien, qui permet d’enchaîner tous les points à voir.
C’est notamment pour la réalisation des réflexes des nerfs
crâniens que cette position est utile, mais également pour
les réflexes médullaires et la perception de la douleur.
Laurent Garosi a rappelé qu’il ne faut pas confondre le
réflexe de retrait quand on pince le coussinet, avec l’intégrité
de la nociception. La stimulation mécanique provoque le
retrait si le ligament fléchisseur fonctionne correctement
alors qu’au moment où la douleur est ressentie, le chat tourne
la tête vers l’endroit douloureux, voire agresse le clinicien.
La neurologie féline demande une approche amicale avec
une salle et un praticien dédiés, mais surtout une excellente connaissance des structures nerveuses pour arriver
au diagnostic (cf. tableaux n°1 et 2) après une démarche
clinique rigoureuse. L’écoute attentive du propriétaire
est une des clés du diagnostic car l’évolution des signes
cliniques est différente selon les processus pathologiques
sous-jacents et ce point permet bien souvent d’arriver au
diagnostic étiologique qui sous-tend le traitement. n
Anne-Claire Gagnon
Docteur vétérinaire
N°379 du 10 au 16 septembre 2015
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