renaud - Zicazic

Transcription

renaud - Zicazic
RENAUD
RENAUD
Compte
rendu de concert
ZENITH - PARIS (75)
LE 1er FEVRIER 2003
http://www.renaud-le-renard.com
http://www.sharedsite.com/hlm-de-renaud
(site
auquel participe activement Lola du Team Zicazic)
[ Lire
aussi la Chronique (boucan d'enfer) ]
_Tel
un Renard renaissant de ses cendres, Renaud reprend goût
à la vie et à l'eau et revient à ses premières
amours : le public ! En tant que premier locataire du Zénith
parisien, il se devait d'y retourner pour y faire un " Boucan
d'Enfer " bien des années plus tard, ne serait ce
que pour le plus grand bonheur des 6500 spectateurs présents
chaque soir. Nous nous devions de passer au moins une fois assister
à son nouveau spectacle.
_Nous avions envisagé un moment
de vous livrer en aparté les impressions de Jean-Pierre
Bucolo … Les choses en ont été autrement, Titi
ayant décliné l'invitation, ce que nous comprenons
aisément, même si nous le regrettons. Les loges du
Zénith sont chargées ce soir de VIP, à l'image
de Lolita venue rendre visite à son père ou des
familles de chacun profitant de ce week-end parisien pour venir
voir qui le fils, qui le frère, qui l'ami … C'est
donc par la voie traditionnelle que nous gagnerons la salle ce
soir, profitant pleinement de la pluie et du froid ambiant qui
fait suite à la journée de neige que nous venons
d'essuyer …
_Contemplée de la fosse, la
salle est toujours aussi impressionnante ! Une marée humaine,
absolument calme, tournant la tête mécaniquement,
à gauche puis à droite, regardant un hypothétique
match de tennis dans ce Roland Garros des musiques amplifiées
… Derrière, le décor se terre dans un brouillard
synthétique. On y reconnaît " le bistrot du
Renard ", " l'hôtel de la nuit ", la placette,
la mairie-école … La sono diffuse une musique d'ambiance
à connotation celtique du plus bel effet pour faire patienter
les badauds. Le temps avance tranquillement et il est bientôt
l'heure pour le chanteur énervant de faire éteindre
les lumières du Zénith pour allumer son décor
et enflammer son public …
_A l'heure dite, ou
quasiment, la fanfare s'anime et Renaud sort de son bistrot préféré
au rythme de " Docteur Renaud, Mister Renard ". Un constat
s'impose, l'artiste évolue sur un maigre filet de voix,
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résultat annoncé du trop long duo goldo-pastaga
auquel le loubard périphérique s'est astreint …
Premier discours de l'homme à la chetron sauvage, pour
raconter ses expériences mais aussi pour chasser les derniers
démons qui le tenaillent. Premiers remerciements aussi,
mille fois, beaucoup, infiniment … Renaud se plaint d'une
laryngite et revendique un légitime grog. Il enchaîne
avec " Si t'es mon pote " et " L'entarté
", Buc délaissant pour l'occasion sa fidèle
Stratocaster 63 et ses slides magistraux pour une Telecaster plus
classique. De son côté, Michaël Ohayon enfile
une superbe ES335 pour lui donner la réplique. Arrivent
" Pochtron ", en souvenir des dernières années
de beuverie, puis " En cloque ", interprétée
en acoustique devant une marée de briquets. Le chanteur
au perfecto et au jeans noir nous joue son passage mélancolique,
s'attarde une nouvelle fois sur ses déboires sentimentaux
et envoie " La pêche à la ligne " puis
" Cœur Perdu " … Retour à des rythmes
plus joyeux et a des textes plus futiles sur " Mon nain de
jardin ", " Laisse Béton ", la chanson de
la révélation, et l'incontournable " Germaine
". Temps mort …
_Renaud se lance dans un gentil délire
sur la prétendue homosexualité de son ami Titi qui
n'a pour seul objectif de faire obtenir à l'intéressé
une ovation amplement méritée. Il salue au passage
Madame Bucolo, 87 ans, installée tranquillement dans la
salle, apprend à ceux qui ne le savaient pas encore que
c'est bien elle " La Mère à Titi " de
la chanson, s'attarde sur les Jean-Pierre qui seraient selon lui
et preuve à l'appui tous des crétins et revient
bien vite à " Petit pédé " …
Moment d'émotion avec " Baltique ", duo entre
la voix cassée de Renaud le sentimental et le piano magique
d'Alain Lanty. Suivent le tubesque " Miss Maggie " et
l'oublié " 500 conards " à l'attention
des concurrents du sempiternel et pathétique " Paris
Dakar ", celui là même qui ne part pas de Paris
et n'arrive pas à Dakar … Au passage, Renaud lance
un gentil coup de griffe à l'idole des ex-jeunes qu'est
Johnny Hallyday. Retour aux sentiments forts et au militantisme,
Renaud se fend coup sur coup de la " Ballade Nord-Irlandaise
" et du " Déserteur " pour le plus grand
bonheur de son public de paisibles activistes …
_Séquence catastrophe, il
est temps pour Renaud d'introniser " Manhattan-Kaboul "
… On craint le pire ! Plusieurs solutions possibles pour
le duo cataclysmique. Soit ne pas le chanter, ce qui serait dommage.
Soit prendre une ''gonzesse'' au hasard dans la salle, avec le
risque qu'elle chante comme un ''boudin'' … Soit faire participer
le public sur les parties d'Axelle Red ! On penche pour la troisième
solution … Pas de chance pour nous, la Calamity Jane de la
chanson populiste franco-belge s'est offert le déplacement
et vient nous claironner dans les oreilles ses couplets et ses
refrains désormais légendaires … Elle a fière
allure pourtant la jolie sirène (d'incendie) avec sa jupe-ceinture
trop longue et son micro-sucette qu'elle tête à tout
bout de champ. Elle arrive même à nous faire le coup
du larsen tant elle s'entête à brailler dedans …
Comble de désespoir, Alain Lanty lui cède son piano
pour qu'elle nous interprète un de ses morceaux personnels,
le très décousu " Je me fâche ".
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Nous aussi ! Le Zénith applaudit … Politesse ou faute
de goût ? La donzelle quitte la scène avec un ours
en peluche que Renaud a reçu d'une fan il y a quelques
instants. Les opportunistes reviennent rapidement des toilettes
où ils sont allés satisfaire un besoin naturel pendant
cet entracte impromptu …
_Retour à la musique avec
un Renaud très en verve qui se lance dans un sympathique
" It is not because you are " avant d'entonner "
Morts les enfants ". Arrive " Marche à l'ombre
" où Bucolo casse le Mi-aigu de sa Strat 63 et termine
au bottleneck sur les cinq cordes restantes … Il change pour
une acoustique et Renaud achève la première partie
de son spectacle avec " Manu ". Dans une des fenêtres
de l'hôtel de la nuit, une ombre fume pensivement une cigarette,
la tête appuyée sur une main … Déconne
pas Renaud, reviens vite !
_Deux heures d'un spectacle qui coule
comme à la fontaine du décor … Le public en
redemande, bien entendu, et du haut de ses cinquante balais, le
chanteur aux jambes arquées remet le couvert avec "
Mon bistrot préféré " et " Dès
que le vent soufflera " qui souffrira d'une première
panne de son. La salle embraye instantanément et termine
le morceau … La technique s'active sur le plateau, cherchant
infructueusement la panne. Les musiciens s'absentent, Renaud nous
quitte. Le son revient par moments. Dernier retour pour un ultime
rappel avec les guitaristes mais sans les guitares car les amplis
n'ont plus d'électricité … La basse de Dominique
Grimaldi connaît le même problème. Renaud attaque
" Mistral gagnant ", la sono déraille une fois
de plus et c'est encore la salle qui finit la chanson a-capela.
Pourtant le public s'accroche et obtient un ultime " Morgane
de toi " entre piano, batterie et chant avec une nouvelle
cassure du son en cours de route … En près de trente
ans de carrière, Renaud n'avait jamais connu pareille galère.
Son spectacle de 2 heures 40 n'en est que plus humain ! Les musiciens
saluent, Renaud remercie le staff avant que le Zénith ne
se vide calmement … La neige a fondu sous l'effet de la pluie.
Le retour n'en sera que moins acrobatique. Belle soirée
!
Fred
DELFORGE - fevrier 2003
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