ferronnerie Se diversifier pour mieux durer
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ferronnerie Se diversifier pour mieux durer
entreprise ferronnerie Risques chimiques Se diversifier pour mieux durer 28 Travail & Sécurité – Novembre 2008 date a ouvert ses portes en 2007. Ses 1 250 m2 sont entièrement dédiés à la sous-unité RD Color, qui abrite une unité de traitement pour le laquage des profils et accessoires en aluminium. C’est la première implantation d’une unité de laquage à très forte automatisation en France. RD Productions a travaillé sur ce projet avec l’entreprise Ajlit de Tarbes, dont les ingénieurs avaient pour consigne de mettre au point Une fois décapées et dégraissées, les pièces en fer forgé sont dirigées vers une cabine de poudrage automatique. © Gaël Kerbaol pour l’INRS E n octobre 2007, RD Productions fêtait ses 20 ans. Avec un savoirfaire historique fondé sur le travail du fer forgé, cette serrurerie ferronnerie familiale implantée à Bazas (33) est désormais à la tête de trois entités pour la fabrication de portails et grilles de défense en fer, PVC et aluminium. « En 1997, la direction a compris que, si l’entreprise restait sur une fabrication mono-produit, elle prenait le risque de se fragiliser, explique Didier Guiraud, adjoint à la direction. C’est donc dans une dynamique de diversification et d’innovation que l’activité PVC est née, suivie, trois ans plus tard, par la création de produits en aluminium. Aujourd’hui, le fer, qui a gardé ses adeptes, ne représente qu’un peu plus de 40 % de l’activité. » La capacité du site de Bazas est de 2 000 portails et 8 000 à 10 000 grilles de défense par mois, destinés à une clientèle de professionnels (installateurs d’automatismes, menuisiers, artisans poseurs, grandes surfaces de bricolage…). 98 % de la production sont classés hors-côte : des produits sur mesure avec finition élaborée. Le dernier bâtiment en une installation écologique adaptée aux contraintes de production. Le constructeur a conçu une machine à laquer prévue pour être intégrée dans des ateliers de menuiseries aluminium. Elle est adaptable aux petites séries et aux changements de couleurs très fréquents. Elle a une approche ergonomique des différents postes de travail. Pour son installation, RD Productions a bénéficié d’un accompagnement du conseil régional d’Aquitaine et du conseil général de Gironde. La mise en place de l’unité de laquage pour le profil aluminium permettant d’éviter d’avoir recours à la sous-traitance, elle présente un avantage en termes d’emplois et de métiers. RD Productions, qui compte 70 salariés, a mis en place une gestion © Gaël Kerbaol pour l’INRS Fabricant de portails, clôtures, grilles de défense, balcons et marquises, installé depuis vingt ans dans le Bordelais, RD Productions a créé en 2007 sa division RD Color, dont les bâtiments abritent une machine à laquer nouvelle génération. Les bénéfices se traduisent en termes de performance, de protection des salariés et de développement durable. prévisionnelle des emplois sur deux ans, visant un recrutement de 10 personnes dont une laborantine. Un exemple pour l’activité de traitement de surface © Gaël Kerbaol pour l’INRS Le fonctionnement du dispositif est le suivant : le profil brut est laqué, prédébité puis assemblé mécaniquement dans le bâtiment voisin. L’investissement matériel s’élève à 400 000 euros. « L’aluminium subit un traitement chimique dans une cellule confinée, ce qui présente l’avantage de ne pas mettre en œuvre des bacs de traitement de surface. Différents fûts permettent de stocker les produits d’attaque (un traitement acide puis un traitement basique) dont l’aspersion dans l’enceinte est assurée par un système de buses. Les vapeurs passent dans un laveur de gaz et sont rejetées à l’extérieur de l’usine, précise Julien Audoit, animateur qualité sécurité. En fin de cycle, la cabine s’incline pour récupérer les bains. Ce traitement de décapage et d’anti-corrosion permet de préparer le profil pour les étapes de laquage et de cuisson. » Le résultat : un panel de nouveaux modèles qui ressemblent à s’y méprendre aux produits traditionnels. « Ce traitement chimique Une cellule confinée inclinable est utilisée pour le traitement de décapage et d’anti-corrosion des profils aluminium. Ce traitement permet de préparer le profil pour les étapes de laquage et de cuisson. Travail & Sécurité – Novembre 2008 29 entreprise ferronnerie Se diversifier pour mieux durer installations ont été conçues de façon a réduire de façon drastique la production de déchets. » Des innovations tous azimuts Mais, comme il faut bien continuer à satisfaire les inconditionnels du fer forgé, l’entreprise 30 Travail & Sécurité – Novembre 2008 © Gaël Kerbaol pour l’INRS a également investi dans une grenailleuse grande capacité. « Cette installation impressionnante a permis de supprimer un poste sur lequel se concentraient les manutentions les plus dures et de supprimer l’utilisation de produits chimiques. L’opérateur passait les pièces au jet haute pression avec un dégraissants puis les accrochait une à une, avant un premier passage au four précédant le poudrage », affirme Didier Guiraud. La grenailleuse permet aujourd’hui d’enlever mécaniquement la couche graisseuse sur les pièUn système de rails permet de faire coulisser les profils aluminium entre les phases de traitement chimique, de laquage et de cuisson. © Gaël Kerbaol pour l’INRS novateur pourrait faire des émules, y compris dans d’autres professions. L’idée serait notamment intéressante à reprendre et à adapter dans toutes les activités de traitement de surface de petites pièces, insiste Thierry Gardère, contrôleur de sécurité à la CRAM Aquitaine. Le système est d’autant plus ingénieux que l’alimentation en produits d’attaque se fait automatiquement et n’expose à aucun moment les salariés à un risque chimique. » « Nous nous inscrivons dans une démarche de dévelop pement durable et n’employons aucun solvant, poursuit Daniel Cassagne, directeur du site. Les produits d’attaque comme l’eau de rinçage sont recyclés. D’une manière générale, nos nouvelles ces produites. Les grilles sont ensuite acheminées vers la cabine de poudrage automatique. En outre, un tel équipement permet un meilleur accrochage de la peinture et donc une meilleure tenue dans le temps. « Ces machines sont souvent rencontrées dans l’aéronautique ou l’industrie automobile. Le coût pour l’entreprise, qui a bénéficié d’un contrat de prévention, s’est élevé à 250 000 euros pour la grenailleuse et 200 000 euros pour la cabine de poudrage, ajoute Thierry Gardère. L’installation étant plus haute que la charpente existante, l’entreprise a également dû surélever la toiture. La grenailleuse produit un air chaud évacué vers l’extérieur, les calories étant récupérées en hiver. » En termes de déchets, les prévisions pour l’année à venir sont une réduction avec un passage de 5 tonnes annuelles à 400 kg. Sur la question des manutentions, l’entreprise travaille avec un ergonome sur la problématique d’accrochage des pièces. Le CHSCT, créé il y a trois ans, est très impliqué dans ces décisions. « Les évolutions récentes ont permis quelques avancées positives en termes de manutentions de charges lourdes et de gestes répétitifs. Dans l’atelier où les profils aluminium sont usinés et assemblés, des tables mobiles rotatives, équipées de tiroirs, donnent la possibilité de travailler de façon plus confortable, avec les outils à portée de main, explique Christian Cardoit, secrétaire du CHSCT. À l’heure actuelle, c’est le bruit qui nous préoccupe. Des encoffrements acoustiques rigides et souples permettent de “couvrir” certaines machines, mais les niveaux sonores sont encore élevés dans certains secteurs, à l’emballage notamment. Un travail de fond sur l’analyse des postes est en cours pour y remédier. » Grégory Brasseur