Expert maritime qu`est ce que c`est
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Expert maritime qu`est ce que c`est
Il faut être techniquement compétent et multidisciplinaire, foncièrement intègre, c’est un métier d’expérience, on ne fait pas ça à 30 ans. Expert maritime, qu’est ce que c’est ? Vous avez un bateau de plaisance, vous êtes assuré, vous avez un accident : vous faites une déclaration à votre assureur qui va missionner un expert indépendant pour vérifier la véracité et les circonstances de l’accident, constater les dégâts, déterminer et quantifier les réparations. Cela représente 75% du travail courant. ************************** LE petit MONDE des EXPERTS Car c’est vraiment un petit monde. L'expertise n'est pas une profession "réglementée" on l’a dit. Ce n'est donc pas le cas pour l'expertise pour laquelle il n'y a ni diplôme ni agrément nécessaire. Pour le client, c'est dangereux puisqu'il n'est pas sûr que l'expert soit compétent. Pour l'expert qui s'installe dans ce nouveau métier, il sera perdu dans cette masse « compétent ou incompétent », et faire connaître son savoir faire ne sera ni facile, ni rapide. C’est le « bouche à oreille » qui fonctionne, mais donc c’est long. La compétence de l'expert s'appuie sur une formation de base, formation technique de préférence, et sur l'expérience pratique qu'il aura acquise en travaillant dans des chantiers. Ce n'est pas un métier qu'on peut exercer en début de carrière. Il faut savoir rédiger des rapports techniques, éventuellement en anglais. Il faut être à l'aise dans l'établissement d'un devis. Il faut avoir la connaissance humble car on en apprend tous les jours, il n'y a pas de cas écrit d'avance. Il faut être discret, l'expert n'a pas à propager les "bruits de ponton" comme c'est trop souvent le cas dans le nautisme. Et il doit être foncièrement honnête. Vous avez un bateau de plaisance, vous êtes assuré, vous faites des travaux importants qui modifient sa valeur d’assurance, l’expert pourra réévaluer cette valeur d’assurance. Vous voulez acheter un bateau d’occasion : l’expert va ausculter le bateau, vous dire son état, vous conseiller des remises en état, vous dire la valeur du bateau, qui sera aussi la valeur d’assurance, avec tout cela vous saurez décider si c’est un bon achat ou non. Vous achetez un bateau neuf, l’expert vous aidera à réceptionner le bateau. Vous voulez vendre votre bateau : l’expert en fera le descriptif, dira son état, y compris les défauts, de telle façon que l’acheteur saura ce qu’il achète, il sera rassuré. Votre bateau va subir des travaux importants, l’expert saura conseiller, vous ou le chantier, sur le processus des travaux et son rapport pourra attester de leur qualité surtout en vue de la revente. Pour s'établir comme expert, il suffit de se déclarer à l'URSSAF si on a décidé d'exercer ce métier en travailleur indépendant, profession libérale, ce qui est le cas le plus fréquent, certains cependant décident d'exercer ce métier en SARL. Mais ceci pour être en règle concernant la fiscalité et les charges sociales. Il n'y a dans cette déclaration aucun caractère de compétence technique. Le chantier X a besoin d’aide pour la mise au point et le développement d’un nouveau bateau, l’expert pourra être son bureau d’études à mi-temps. Enfin, Mr A n’est pas content de Mr B concernant le bateau vendu, concernant les travaux effectués, … quelque soit la raison, et Mr A assigne Mr B au tribunal. Le juge qui n’y connaît rien sur le plan technique concernant les bateaux nomme un expert judiciaire pour l’éclairer sur le plan technique au sujet de ce différent et de ce préjudice. L'expert judiciaire : là c'est différent, il faut être agréé par un tribunal, pour cela il faut déposer un dossier, justifier d'une compétence et d'une expérience reconnue, motiver son choix, démontrer quelques connaissances de la pratique et des règles à respecter (la règle du contradictoire en particulier). Il y aura une enquête de morale vous concernant, tout cela est assez long, il faudra quelques années pour y parvenir . ************************** Le métier d’expert maritime n’est pas une profession réglementée. Une profession réglementée c’est celle qui est encadrée par la loi, un pharmacien ou un docteur par exemple doit avoir le diplôme pour exercer et il doit se soumettre à un Ordre ou un Syndicat professionnel qui régente l'activité. L'indépendance de l'expert : Expert salarié par une compagnie d'assurance : par définition il n'est pas indépendant puisqu'il y a un lien de subordination employeur/employé. D'ailleurs en cas de dommage à votre bateau vous ne verrez pas l'expert de l'assurance mais un expert "local", indépendant, mandaté par l'assurance. L'expert salarié d'une compagnie d'assurance n'intervient que dans des cas bien particuliers de difficultés majeures et plutôt du genre "conflictuel". Mais l'expert "local", indépendant, mandaté souvent et répétitivement par la compagnie Y, saura t’il rester indépendant ? Pour être expert il suffit de s’estimer compétent pour le faire …. et de le faire. Si on l’exerce en profession libérale, travailleur indépendant, ce qui est le cas général, il faut simplement s’inscrire à l’URSSAF. C’est un métier très varié, à l’extérieur sur les bateaux et au bureau pour la rédaction des rapports, pour faire vivre le bureau, pour la compta. On rencontre des gens très variés, des situations très variées et inattendues, on va voir pour un problème X et on découvre un problème Y. 1 Expert maritime qu'est ce que c'est.doc de cale, commande d'inverseur défectueuse, gouvernail défectueux, etc... par exemple). Accessoirement le rapport servira à donner à l'assuré une "image" de son bateau, qu’il connaît peut être parfaitement mais qui est vu par un oeil neuf et indépendant. Il l'informera des points déficients qu'il est souhaitable de traiter s'il veut le maintenir en bon état, il aura une "liste des travaux" pour entretenir correctement son bateau. C'est le rôle de conseil de l'expert. En final le rapport donnera la valeur d'assurance du bateau qui devient une valeur "agréée à dire d'expert" c'est à dire acceptée par l'assuré et l'assureur comme base de dédommagement en cas de perte totale. Elle sert aussi de base au calcul de la prime annuelle. Cette valeur d'assurance ne doit donc pas être surévaluée puisque votre prime annuelle serait plus importante et en principe pour rien puisque la perte totale est rare. Elle ne doit pas non plus être sous-évaluée puisqu'en cas de perte totale, c'est rare mais ça arrive, vous seriez insuffisamment remboursé. Et même en cas de dommage partiel, l'assureur pourrait vous appliquer « la règle de trois » c'est à dire vous rembourser 1€ au lieu de 1,50 si vous avez déclaré une valeur de 1 000€ (et payé une prime basée sur cette valeur) alors que la valeur réelle est de 1 500€ (et vous auriez dû payer une prime basée sur cette valeur). Expert indépendant : il exerce sa profession comme travailleur indépendant, avec des clients divers, des particuliers, des professionnels, des compagnies d'assurance qui le missionnent au coup par coup. Mais l'indépendance c'est surtout dans la tête que ça se passe. Etre indépendant c'est pouvoir faire une expertise pour son voisin ou ami sans se laisser influencer par cette relation, vous faites votre expertise comme si vous ne connaissiez pas la personne en cause. C'est un état d'esprit, ça ne s'apprend pas, on est comme ça ou on ne le sera jamais, c'est en fait le résultat de l'éducation que l'on a reçue. ************************** Vous projetez d'acheter un bateau d'occasion. Vous voulez le faire expertiser pour connaître son état et sa valeur, valeur qui sera la valeur d'assurance que vous produirez pour que votre assureur vous dise quel sera le montant de votre prime annuelle et quel serait votre remboursement si votre bateau disparaissait demain, perte totale, vol, bateau qui sombre, incendie. Dans ce cas c'est vous qui allez payer l'expert. Il serait alors juste que vous soyez libre de votre choix de l'expert en fonction de ses compétences, on ne devrait pas vous imposer de prendre un expert "agréé" de la liste Y ou Z, ou alors, celui qui vous l'impose devrait payer l'expert. Les experts de cette liste sont d’ailleurs improprement appelés "agréés Assurances" ou "agréés Y ou Z". Pourquoi improprement ? Parce qu’agrément voudrait dire aussi responsabilité. Or, si vous n'êtes pas satisfait de l'expert, ce n'est pas la peine d'aller vous plaindre à Y ou Z, on vous répondra que c'est votre affaire. Il serait donc plus juste de parler d'expert "répertorié" sur la liste Y ou Z plutôt que d'expert "agréé". Si cela vous chiffonne de vous voir imposer un expert d'une liste Y ou Z, si vous souhaitez plus d'indépendance, il vous reste à changer d'assureur et d'aller en voir un moins directif plutôt que de vous voir déjà enfermer dans un carcan dicté unilatéralement par l'assureur et sans aucun indépendance. ****************** Quand vous donnez 119,60€ à votre expert, d'abord il en reverse 19,60€ au titre de la TVA qu'il a collecté pour l'Etat, il ne lui reste donc que 100€. Quand il aura payé toutes ses charges professionnelles dont les plus importantes sont les charges sociales, les frais de fonctionnement du bureau, les frais de déplacements, la Taxe professionnelle etc, il ne lui restera que la moitié environ soit 50€ de revenu. C’est ce revenu qui peut être comparé au salaire net d'un salarié. Le métier nourrit mal il ne faut pas avoir de gros besoins financiers, encore une fois, ce n’est pas un métier qu’on fait quand on est jeune et qu’on a des besoins pour soi et sa famille. Beaucoup entrent dans la profession et en sorte très vite, il y a beaucoup de turnover. ****************** Une expertise de valeur d'assurance doit se faire par une visite approfondie du bateau et un rapport qui décrit, à l'intention de l'assureur, le bateau, son état, ses équipements et leur qualité. Car il est clair que la valeur dépend de l'état du bateau, de l'importance et de la qualité de ses équipements. D'autre part il faut faire un état des lieux au départ : • faire un point zéro de l'état du bateau au moment de l'assurer, simplement pour éviter qu'on assure aujourd'hui et qu'on déclare "le lendemain" un dommage qui existait déjà. • dans le cas d'un vol par exemple, l'équipement lambda déclaré volé existait-il réellement ? ************************** LE TARIF DES EXPERTISES : Normalement ce devrait être au temps passé. Mais vous, le client, vous voulez savoir d'avance combien cela va vous coûter. Alors l'expert fait souvent un prix forfaitaire qui est fonction : • de la valeur du bateau : mais c'est du "pousse-au-vice", l'expert aurait alors tendance à surévaluer la valeur du bateau dans le but d'être mieux rémunéré. • de la longueur du bateau, mesurée en mètres ou en pieds : cela représente tant bien que mal le temps à y passer et la valeur. Pour des bateaux de série de taille moyenne (en dessous de 45/50 pieds) cette méthode n'est pas idiote. Les taux pratiqués varient puisque les prix sont libres. On peut citer 7€ HT/pied pour une expertise portant sur un seul point (l'osmose par D'autre part la description détaillée du bateau doit permettre à l'assureur d'apprécier son risque, que le bateau soit assuré en RC (Responsabilité Civile, c'est à dire, « seulement » le dommage causé à autrui) ou en dommages au bateau. Et il n'est pas rare que des modifications soient demandées pour avoir un niveau correct de sécurité (installation gaz, pompes 2 Expert maritime qu'est ce que c'est.doc exemple) à 12€ HT/pied pour une expertise complète où vous saurez tout sur le bateau et tous ses équipements. Frais de déplacement en sus. • Pour des bateaux plus grands où le nombre d'équipement croît (groupe électrogène, dessalinisateur, climatisation, congélateur, etc) il faut passer à un taux différent. • Pour des bateaux à l'unité de grande taille (25/50m) on peut y passer plusieurs jours pour l'expertise et encore quelques jours pour le rapport qui pourra faire 25/30 pages. Alors là, il faut revenir à une appréciation en fonction du temps que l'on pense devoir y passer, 500 à 700€ HT par jour ou 60 à 80 € HT de l’heure. Le temps de trajet est compté à 50% puisque c’est du temps passé mais pas en travail proprement dit. Exemples de tarif incluant visite et rapport, frais de déplacement en sus : • Expertise complète : 12€ HT/pied. • Au temps passé : o à l’heure : 68€ HT/heure, temps de déplacement à 50%. o au jour : 710€ HT/jour, temps de déplacement à 50%. • Analyse d’huile : 85€ HT/moteur. • • • • En expertise judiciaire, les prix sont très "encadrés". Le prix de l'heure de travail de l'expert, une "vacation", est généralement 45 à 70€ HT suivant la qualification, dont l’expert est le seul décideur. Les montants annexes sont précisés comme le prix d'une feuille dactylographiée, d'une photocopie, d'une photo nécessitée pour le rapport, d'un envoi par fax etc… tout cela est encadré. Compte tenu du nombre quelquefois important de copies à donner à toutes les parties et leurs avocats (300 à 700 photocopies dans des cas simples), ces montants annexes atteignent très vite 500 à 700€ HT, il faut le savoir quand on décide "d'aller au tribunal". • • ****************** Le délai de déclaration du dommage à votre assureur, généralement 5 jours (figure sur votre contrat) : si le délai est dépassé mais que cela n'induit pas un préjudice à votre assureur, celui-ci ne peut pas vous refuser sa garantie pour ce motif. • Choix de l'expert : • c'est très souvent la compagnie qui le missionne et qui le paye. • mais quelquefois la compagnie vous laisse choisir l'expert dans une liste qui vous a été remise avec votre contrat. Dans ce cas c'est à vous de le payer et vous en serez remboursé par votre assureur. Pour l'expert vous serez son client, et un client on le caresse dans le sens du poil. • • RAPPEL DES PRINCIPES en cas de dommage/assurance • • L'expert est missionné et payé par l'assureur à qui il doit rendre compte puisque c’est l’assureur qui décide en final. Rendre compte de quoi ? Des circonstances de l'accident pour que l'assureur puisse décider si cela fait bien partie des clauses du contrat, de décrire les dommages et de les chiffrer (souvent par un ou plusieurs devis de réparateur) pour que l'assureur puisse rembourser en fonction des clauses du contrat. Faire les mises en causes s'il y en a, faire l'expertise amiable contradictoire avec l'expert missionné par l'autre partie ou son assureur et donner à l'assureur les éléments qui lui permettront de finaliser la mise en cause. L'expert est le témoin, "l'oeuil" de l'assureur mais il n'a aucun pouvoir pour se substituer à l'assureur ou pour conclure à sa place. le choix du réparateur est de la responsabilité du propriétaire puisque c'est lui qui passe commande au réparateur et qui devra, en final, être satisfait de la réparation. il ne fait pas partie de la mission de l'expert, sauf s’il a été missionné en plus pour cela, de contrôler la bonne exécution des travaux de réparation. C'est l'obligation de résultat que le réparateur doit au propriétaire au titre de la garantie légale. l'expert doit détecter et prendre en compte la totalité de la réparation nécessaire, sinon il s'expose à devoir y revenir (et le réparateur aussi), ce qui coûte plus cher bien sûr. De même, l'assureur doit être prêt à prendre en compte et rembourser un complément de réparation qui n'aurait pas été vu au départ, et pour autant que son expert le constate, en soit d'accord et l'informe. Lorsque le dommage est le fait de l'assuré ou de circonstances extérieures, le remboursement n'est pas à 100 %, vétusté et franchise sont à déduire, sauf clauses particulières du contrat. Par contre, lorsque l'assuré est victime d'une tierce personne, il est remboursé à 100 % puisqu'il n'a pas à souffrir en quoi que ce soit d'un événement causé par autrui. L’assurance couvre les dommages causés par un événement de mer pas une panne moteur par exemple, ni un défaut d’entretien (vous auriez dû changer vos haubans après 15 ans, vôtre mât tombe, vous ne serez pas remboursé), ni à cause d’un « vice propre » (vôtre mât est tombé parce que vôtre épontille a flambé parce qu’elle était trop faible de construction chantier, vous ne serez pas remboursé). La licence FFV (45,60€ en 2008), obligatoire pour régater sur vôtre bateau ou un autre, inclut une assurance RC. Comme c’est une assurance de groupe, son coût, inclus dans le prix de la licence, est très faible. Elle vous garantit pour faire de la voile en régate ou simplement en promenade sur vôtre bateau. L’assurance RC ne vous couvre que des dommages que vous causez à autrui. Elle ne couvre pas les dommages de votre bateau. Si vous percutez un autre bateau, vôtre assurance remboursera ses réparations mais pas les vôtres. L’assurance « tous risques » couvre les dégâts que vous causez à autrui et aussi les réparations de vos propres dégâts. Pour un vieux bateau, compte tenu de la vétusté et de la franchise vous serez très peu remboursé pour vos propres dégâts. L’assurance RC, par la licence FFV par exemple, serait peut être suffisante. Mais en cas de perte totale (vol, incendie, bateau qui coule) vous ne serez remboursé de rien. ****************************** 3 Expert maritime qu'est ce que c'est.doc Qu'est-ce qu'un vice caché ? "Le vendeur est tenu de la garantie à raison des défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l'usage auquel on la destine, ou qui diminuent tellement cet usage, que l'acheteur ne l'aurait pas acquise, ou n'en aurait donné qu'un moindre prix, s'il les avait connus". La bonne foi n’abolit pas le vice caché. En toute bonne foi, le vendeur ne savait pas que son bateau avait ce défaut, ça n’empêche qu’il en est responsable. Il n’y a pas de vice caché en cas de vente aux enchères, alors qu’en plus, vous ne pouvez pas essayer le bateau avant l’achat, tout au plus vous aurez pu y jeter un rapide et superficiel coup d’oeuil. Vice apparent/vice caché : Le vice apparent est celui qu'une inspection du bateau avant son achat permet de découvrir. L'inspection du bateau avant l'achat est donc une obligation pour l'acheteur, il doit faire un examen attentif et complet du bateau avant de signer. L’osmose n’est pas un vice caché, c’est un défaut prévisible, inhérent au matériau, sauf bien sur s’il se révèle dans un temps anormalement court. *********************************** Le vice caché est celui qui ne peut pas être décelé lors d'un examen attentif et minutieux du bateau et qui le rend impropre à son usage. Il faut démontrer que le défaut existait avant l’achat. Il faut qu’il soit caché c'est-à-dire que l’acheteur ne pouvait pas s’en rendre compte lors de l’examen du bateau. Il faut que ce défaut rende le bateau impropre à son usage. Un défaut sans incidence sur la navigabilité ou le confort du navire n’est pas un vice caché. On ne plaide pas pour des peccadilles. Et bien sur, l'acheteur doit avoir ensuite utilisé le bateau dans des conditions normales, celles qui sont usuelles pour ce type de bateau. 4 Expert maritime qu'est ce que c'est.doc • L'EXPERTISE JUDICIAIRE : Vous êtes vraiment mécontent de la réparation que vous avez payé, ou vous pensez que vous vous êtes fait avoir par le vendeur du bateau que vous venez d'acheter. Vous avez discuté avec votre opposant mais sans résultat et vous pensez l'assigner en justice pour obtenir la réparation de votre préjudice. • Il faut savoir plusieurs choses : • La rapidité de réaction : comment pourrez vous prétendre subir un préjudice si vous réclamez 3 ans après. C'est que ce n'est pas si grave et qu'on peut s'en accommoder. • Le coût de la procédure : il va falloir prendre un avocat : obligatoire si plus de 23 000F (et il faut aller tribunal de Grande Instance), non obligatoire mais recommandé si moins de 23 000F (et tribunal d'Instance). Ne pas oublier que le talent de l'avocat a de l'importance, une affaire bien claire sur le plan technique peut se perdre sur le plan juridique ou lors de la plaidoierie. Si c'est un problème technique, comme c'est souvent le cas, le Juge va nommer un expert pour étudier le problème et l'éclairer. On va vous demander de verser une provision, assez souvent de 5 000 à 10 000F pour des expertises qu'on peut prévoir être simples et on vous demandera s'il le faut, ensuite, des compléments de provision. • L'expert facture son temps passé en expertise, son temps d'étude du dossier et de rédaction du rapport, c'est la rétribution, à des tarifs bien encadrés par les juridictions, de son travail proprement dit. S'y ajoutent les frais "administratifs" de l'expert c'est à dire les frais de déplacement, toujours à des tarifs bien encadrés et les "frais de papiers". En effet, la règle du contradictoire que l'on expliquera après implique des "frais de papiers" importants car tout ce qui est produit, convocations, informations, pré-rapport, rapport définitif, avec les PJ toujours nombreuses doit être fait en x exemplaires et pour des affaires très simples on arrive très vite à 3 à 4 000 FHT pour ces "frais de papiers". Et vous venez aussi de remarquer le "HT" car en effet l'expertise et ses frais sont soumis à la TVA qu'il vous faudra payer. Vous voyez donc qu'un affaire simple, avec une seule expertise, plus les frais, plus la TVA, va arriver très vite autour de 10 000F. S'il faut faire des analyses par des laboratoires spécialisés ajoutez encore 5 à 10 000 F. • Le montant pour lequel on se bat : ce n'est pas la peine d'aller à la guerre pour 10 000F. Il vous faudra engager 3 à 5 fois plus en frais d'avocat et d'expertise, dont vous serez remboursés ou non selon votre succès ou insuccès. Parce que de l'autre côté, votre opposant est lui aussi persuadé de son bon droit et lui aussi pense gagner. • Et vous voila avec en main la condamnation de votre opposant. Il reste à vous en faire payer. Est-il solvable ? Si ce n'est pas le cas, vous vous êtes battu et vous avez dépensé de l'argent pour rien. Il est solvable mais il a déposé le bilan entre deux, votre opposant c'est la société X qui a été liquidée. Bien sur votre opposant a recréé aussitôt la "Société Nouvelles des Établissement X" ...... • Il faut donc que cela vaille le coup. Dans certains cas le défenseur est vraiment le "méchant", c'est évident. Mais n'oubliez pas que dans bien des cas, l'un et l'autre, le demandeur et le défenseur, pensent honnêtement avoir raison, chacun pense être dans son droit, alors qui gagnera ? Le temps d'immobilisation : parce qu'en attendant vous devez laisser votre bateau votre moteur, votre... et ne plus y toucher pour préserver l'expertise qui aura lieu. Et cela jusqu'à la fin de la procédure, c'est à dire fréquemment de 6 mois à plusieurs années. Le déroulement standard d'une expertise judiciaire : • • • • • L'expert ne commencera à travailler que lorsque le tribunal l'informe que la provision a bien été versée, sinon l'expert s'exposerait à travailler et à ne jamais être rétribué, le plaignant ayant entre deux changé d'avis et n'étant plus décidé à poursuivre. L'expert convoque les parties pour la première expertise contradictoire, il doit laisser un délai "normal", (15 jours usuellement sauf urgence justifiée) entre la convocation et la date de cette expertise pour que chacun puisse prendre ses dispositions. Attention, si l'expert vient pour constater qu'il n'y a plus rien à voir parce que la réparation du dommage a déjà été faite et plus rien n'est visible après coup, alors l'expert dira au Juge, "désolé monsieur le juge mais je n'ai rien pu voir, je suis donc incapable de vous dire si la cause du dommage est X ou Y". Cela veut donc dire qu'après avoir découvert votre problème, l'objet en question, votre moteur, votre mât ou votre bateau entier, doit rester en l'état, vous ne pouvez ni le réparer ni continuer à l'utiliser si cela aggrave le dommage en question. Les parties : il en a au moins deux, le demandeur (celui qui se plaint et qui a assigné l'autre) et le défenseur. Mais il peut y en avoir plus à cause des responsabilités en cascade (le réparateur X a raté son travail parce qu'Y lui a fourni une matière défectueuse .....). Le nombre de parties pourra d'ailleurs augmenter au fur et à mesure de la progression de l'expertise qui peut mettre à jour l'implication d'autres parties. Chacune des parties peut se faire accompagner par ses conseils : o conseil juridique : c'est votre avocat. o conseil technique : c'est votre expert que vous avez choisi pour défendre votre point de vue sur le plan technique et pour être sûr que l'expert judiciaire ne fasse pas d'erreur d'appréciation technique qui pourrait fausser le jugement. Ce n'est donc pas l'expert judiciaire qui lui a été commis par le juge. Attention, le demandeur ne doit jamais considérer ou penser que l'expert judiciaire est son défenseur, il ne doit jamais penser qu'il est son client. Non l'expert judiciaire est indépendant du demandeur et du défenseur, il travaille pour le Juge, son "client" c'est le Juge. La règle du contradictoire : 5 Expert maritime qu'est ce que c'est.doc • Cette règle du contradictoire implique des "frais de papiers" importants car tout ce qui est produit, convocations, informations, pré-rapport, rapport définitif, avec les PJ toujours nombreuses doit être diffusé à toutes les parties et leurs conseils. • Si la première expertise n'est pas suffisante, l'expert convoquera les parties pour les expertises suivantes. Entre temps, l'expert demandera sans doute un complément de provision au Juge : il expliquera au Juge où il en est de ses opérations d'expertise, ce qu'il compte encore faire, le délai prévisible pour le faire. Il justifiera le travail déjà fait et il demandera un complément de provision de X francs en le justifiant par un devis, un projet de facture, que le Juge acceptera ou non. S'il accepte, le Juge vous demandera, à vous le plaignant, de verser ce complément de provision. A défaut de versement les opérations d'expertise s'arrêtent là où elles en sont, l'expert après avoir informé les parties, avec une date butoir, remet son rapport en l'état au juge, se fait payer de la provision d'origine et tant pis pour lui s'il a travaillé plus, et point final. • • Supposons que tout se déroule normalement, la provision d'origine était suffisante, une seule expertise (on dit aussi un "accédit") a suffi. Ou il en a fallu plusieurs mais le complément de provision a bien été versé, bref les opérations d'expertise se sont déroulées normalement. • L'expert va faire un pré-rapport (ou rapport provisoire) qu'il doit transmettre à chacune des parties et leurs conseils en leur demandant de faire leurs observations écrites éventuelles dans un délai raisonnable (15 jours usuellement pour une affaire simple). Ces observations écrites éventuelles, ce sont les "dires" des parties : "monsieur l'expert vous dites dans votre rapport que.... mais en fait c'est ......." Bref chacun peut apporter sa contestation ou sa demande d'éclaircissement. L'expert fait alors son rapport final où il devra faire mentionner les dires reçus et il doit y répondre sur le plan technique et cela l'amène ou non à modifier son pré-rapport pour en faire son rapport final et définitif qu'il envoie au Juge et aux parties. Il est alors possible au Juge de juger sur le plan juridique puisqu'il sait maintenant de quoi il s'agit le plan technique. • • • Le vice caché : ************************** 6 Expert maritime qu'est ce que c'est.doc