Gestion des risques et contrôle interne des sociétés cotées
Transcription
Gestion des risques et contrôle interne des sociétés cotées
Aon Global Risk Consulting Gestion des risques et contrôle interne des sociétés cotées De la gouvernance à la communication Etude réalisée par Aon Global Risk Consulting en association avec NYSE Euronext et l’Institut Français des Administrateurs 09/10 6ème édition Aon Global Risk Consulting Préface Aon Global Risk Consulting et NYSE Euronext réalisent depuis 2004 un bilan comparatif annuel de la communication sur les risques des sociétés cotées dans leur chapitre «Facteurs de risques». Un exercice complété depuis l’année dernière par un panorama de leurs pratiques en matière de gestion des risques et par le positionnement des administrateurs sur ces sujets. Cette sixième édition s’enrichit en outre de l’étude des pratiques de communication et de gestion des risques des banques et assureurs cotés. Historiquement soumis à des cadres réglementaires plus contraignants que les corporates, leurs dispositifs sont mieux aboutis mais ils se traduisent par une communication exclusivement centrée sur les risques liés à leur cœur de métier, formatée par Bâle 2 et dans une moindre mesure par Solvabilité 2. Si l’exercice de communication sur les risques des corporates a pu connaître une relative stabilisation des pratiques ces dernières années, des évolutions semblent néanmoins se profiler. En effet, à l’occasion de la publication en octobre 2009 de la mise à jour du guide d’élaboration des documents de référence, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) soulève la question du foisonnement et du morcellement de l’information sur les risques, due par les sociétés au titre de leurs différentes obligations de publication. Ce faisant, l’AMF souligne un facteur que l’édition 09-10 de l’étude révèle, à savoir que l’enjeu auquel sont désormais confrontés les émetteurs n’est plus exclusivement celui de la pertinence ou de l’exhaustivité de l’information fournie – un palier étant constaté depuis deux ans – mais également celui de la capacité d’orchestrer, depuis le chapitre «Facteurs de risques», l’ensemble des données relatives aux risques. Le modèle de maturité dans ce domaine se complète donc d’un nouveau volet, reflétant l’aptitude des sociétés à embrasser les différentes exigences de communication sur les risques (chapitre «Facteurs de risques», annexes financières, Rapport du Président, rapport financier semestriel…) pour fournir au marché non seulement une vision cohérente d’ensemble, mais également une analyse dynamique et prospective. Ces évolutions seront plus faciles pour les émetteurs d’ores et déjà dotés de dispositifs de gestion des risques structurés et transverses, à même de fournir une vue décloisonnée et synthétique de la matière «risques». De plus, cet exercice de communication, qui a pu ces dernières années se teinter d’une certaine monotonie, semble être revalorisé par les impacts de la crise, révélant ainsi un caractère réactif et évolutif. Si les sociétés y voyaient jusque-là une contrainte réglementaire qui, dans le meilleur des cas, les incitait à structurer leurs dispositifs, elles le considèrent désormais comme une opportunité de rassurer les investisseurs. Ce contexte difficile, couplé aux évolutions réglementaires (loi DDAC du 3 juillet 2008 et ordonnance du 8 décembre 2008 transposant la 8ème directive européenne), redonne sens et valeur aux impératifs de communication, ainsi qu’à leurs sous-jacents que sont les démarches globales de gestion des risques. En effet, en confiant aux administrateurs un rôle de plus en plus prégnant dans le suivi de ces processus, ces réglementations ont engendré de nouvelles exigences en matière de gestion des risques et de contrôle interne. Néanmoins, l’analyse des impacts de ces textes montre qu’un bilan est encore prématuré, la communication ainsi que les pratiques des sociétés n’ayant connu que quelques ajustements. Ce constat s’explique par le temps d’adaptation nécessaire aux sociétés, mais également par leur attente des interprétations et clarifications du régulateur quant à certaines dispositions de ces lois. Aon Global Risk Consulting remercie vivement NYSE Euronext de sa confiance, l’IFA pour son soutien, ainsi que les entreprises et administrateurs pour leur participation à cette sixième étude. . Gilles Proust Directeur Aon Global Risk Consulting Marc Azouz Directeur associé, FIRM Aon Global Risk Consulting 3 Sommaire Gouvernance des risques des corporates et des institutions financières : bilan des pratiques et implication des administrateurs p.12 ................................................................................................................................................................. • Gestion des risques et contrôle interne des sociétés corporates • Gestion des risques et contrôle interne des banques et assureurs • Gestion des risques et contrôle interne : rôle et attentes des administrateurs Communication sur les risques et leur gestion : analyse comparative des pratiques et enquête d’opinion ................................................................................................................................................................ p. 25 • Un foisonnement des réglementations rendant l’information sur les risques omniprésente mais fragmentée • Analyse de la communication sur les risques des corporates • Communication sur les risques des banques et des assureurs cotés au sein du chapitre «Facteurs de risques» Annexe - Résultats de l’analyse des documents de référence : corporates, banques et assureurs ................................................................................................................................................................. 4 p. 44 Aon Global Risk Consulting Gestion des risques et contrôle interne : contexte réglementaire La communication sur les risques Le chapitre « Facteurs de risques » Depuis 2001, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) demande aux émetteurs de communiquer sur leurs risques dans le document de référence. Une déclinaison de l’information en cinq rubriques - risques financiers, risques juridiques, risques industriels et liés à l’environnement, autres risques, et assurances et couverture des risques - a de surcroît été préconisée en 2003. L’entrée en vigueur, le 1er juillet 2005, de la directive européenne sur le prospectus a entraîné des évolutions : l’AMF a mis à jour, en 2006, ses recommandations et les a proposées comme interprétation de l’information due au titre de la réglementation européenne. Suite aux ajustements ainsi effectués, l’inclusion de la rubrique «Autres risques» devient facultative et l’application des recommandations sur les assurances est désormais laissée à la libre initiative des émetteurs. Dans un souci d’adaptation des obligations réglementaires pour les sociétés les plus petites, c’est-à-dire celles dont la capitalisation boursière est inférieure à un milliard d’euros, l’AMF a publié en janvier 2008 - sur la base des recommandations d’un groupe de travail qu’elle avait mandaté - un guide du document de référence spécifique aux valeurs petites et moyennes. Il remplace, pour ces capitalisations, les précédentes recommandations et allège leurs obligations, à la fois en termes de présentation et de contenu. La rubrique «Facteurs de risques» peut ainsi être remplacée par une version simplifiée, ne faisant mention que des risques «pertinents et significatifs» identifiés par l’émetteur et devant surtout mettre en exergue les risques financiers (change, taux, action et liquidité). Souhaitant rappeler les éléments généraux nécessaires à une bonne rédaction du chapitre «Facteurs de risques», l’AMF a publié le 29 octobre 2009 une mise à jour du guide d’élaboration des documents de référence qui annule et remplace le guide publié le 30 janvier 2006. Dans cette nouvelle recommandation, l’AMF semble prendre note des difficultés liées au morcellement de l’information exigée sur les risques et ouvre la voie à une harmonisation croissante. Le risque de crédit, jusqu’alors exigé au titre d’IFRS 7 (voir ci-dessous) fait ainsi son entrée dans le chapitre «Facteurs de risques». Plus largement, les risques financiers feront l’objet d’un traitement qui se rapproche de celui exigé par IFRS 7. Les renvois sont également encadrés de manière plus spécifique. Ces recommandations, ne portant pas sur les documents de référence 2008, ne sont pas prises en compte dans cette étude. Le rapport semestriel Depuis le premier semestre 2008, les émetteurs sont tenus au titre de l’article 5 de la directive Transparence de publier un rapport financier semestriel incluant une rubrique sur les «principaux risques et principales incertitudes pour les six mois restants de l’année». Le régulateur introduit ainsi une nouveauté prospective en demandant aux sociétés de se prononcer sur leurs risques «à venir» et non seulement sur leurs risques potentiels ou avérés. Les annexes financières Au-delà du chapitre «Facteurs de risques», certaines normes comptables viennent renforcer le corpus réglementaire lié aux risques. La norme «IFRS 7 – Instruments financiers : informations à fournir» est d’application obligatoire pour tous les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2007. Elle régit les informations à fournir sur «la nature et l’ampleur des risques découlant des instruments financiers […] ainsi que la manière dont l’entité gère ces risques». Des informations spécifiques sont ainsi à communiquer au titre des risques de crédit, de liquidité, de taux et de change. La norme IAS 36 se concentre, quant à elle, sur les méthodes de dépréciation d’actifs. Contrairement à l’amortissement qui s’opère sur un horizon certain, les enregistrements de dépréciation sont une forme de risque (pertes de valeur sur actifs incorporels à durée de vie illimitée : certaines marques, relations contractuelles, goodwill…). La norme IAS 37 régit, entre autres, les critères d’estimation financière et les bases d’évaluation appliqués aux passifs éventuels. Ces derniers s’apparentent à des risques puisqu’ils constituent des obligations potentielles à l’égard d’un tiers qui ne sont ni probables ni certaines à la date de clôture de l’exercice, ou des obligations probables à l’égard d’un tiers pour lesquelles la sortie de ressources ne l’est pas. 5 Pratiques de gestion des risques et de contrôle interne Sociétés corporates Dans le cadre de la Loi de Sécurité Financière (LSF) du 1er août 2003, le Président du Conseil d’Administration des sociétés faisant appel public à l’épargne doit rendre compte, dans un rapport, des procédures de contrôle interne mises en place par la société. Constatant l’absence de référentiel unanimement admis dans le domaine, l’AMF a créé un groupe de place qui a publié en mai 2006 un cadre de référence ainsi qu’un guide d’application afférent, destinés à accompagner les émetteurs dans la rédaction de ce rapport. Ce cadre positionne l’analyse et la gestion des risques comme une des composantes fondamentales du contrôle interne, notamment au travers d’un questionnaire relatif à l’analyse et à la maîtrise des risques. L’adoption de la loi DDAC (1) du 3 juillet 2008 donne une assise réglementaire aux recommandations de l’AMF et à son cadre de référence, puisque le Président du Conseil doit rendre compte dans un rapport, dorénavant approuvé par le Conseil d’Administration, non seulement des procédures de contrôle interne, mais également de celles de gestion des risques. La 8ème directive européenne, transposée en droit français par l’ordonnance du 8 décembre 2008, va en outre plus loin : le Président du Conseil chargé, par la LSF, de s’assurer de la simple existence des procédures de contrôle interne, devra désormais s’engager sur l’efficacité des systèmes de gestion des risques et de contrôle interne. Par ailleurs, les sociétés sont tenues, quelle que soit leur taille de capitalisation, de se doter d’un Comité d’Audit. Cette situation n’est pas encore parfaitement stabilisée. Les deux nouvelles lois devront être davantage précisées et définies par le régulateur. Une réflexion est à mener sur les notions de «suivi de l’efficacité des systèmes de gestion des risques et de contrôle (1) interne», d’«indépendance», de «responsabilité des administrateurs», de «responsabilité du Comité d’Audit»… L’AMF vient de mettre en place un groupe de travail qui devra se prononcer sur ces questions. En attendant, l’Institut Français des Administrateurs (IFA) vient de publier, à travers son groupe de travail «Comités d’Audit et auditeurs externes» 50 recommandations pour éclairer la mise en œuvre de l’ordonnance du 8 décembre 2008. Ces recommandations se regroupent autour de cinq thèmes, dont le contrôle interne et la gestion des risques. Banques et assureurs A la différence du cadre de référence des sociétés corporates, les banques sont soumises à une réglementation contraignante de leur dispositif de contrôle interne. Le règlement du CRBF 97-02 (Comité de la Réglementation Bancaire et Financière) définit un cadre strict dans ce domaine, commun à tous les établissements de crédit et entreprises d’investissement. La directive Bâle 2 qui dépasse la simple problématique du contrôle interne contribue, néanmoins, à renforcer et à uniformiser ces pratiques. Le pilier 2 prolonge en effet le CRBF 97-02 en introduisant une exigence d’analyse détaillée des risques et des procédures de suivi et de contrôle tout en prévoyant un dialogue à ce sujet entre les institutions bancaires et leur superviseur. Les assureurs sont, quant à eux, soumis aux recommandations de l’Autorité de Contrôle des Assurances et des Mutuelles (ACAM) en matière de contrôle interne. Ce cadre s’apparente à celui des corporates avec quelques spécificités liées à leur cœur de métier. La directive Solvabilité 2, qui entrera en vigueur en 2012, imposera, via son deuxième pilier, un cadre renforcé pour les pratiques de gestion des risques et de contrôle interne. Loi portant diverses dispositions d’adaptation du droit des sociétés au droit communautaire. 6 Aon Global Risk Consulting Méthodologie Les résultats présentés dans cette étude s’appuient sur une analyse croisée de différentes sources d’information : revues documentaires, enquêtes d’opinion et entretiens qualitatifs. Analyse comparative des documents de référence et des informations réglementées des corporates, banques et assureurs cotés Tout d’abord, l’analyse des documents publics suivants d’un échantillon de sociétés cotées a été réalisée : Composition de l’échantillon • pour 100 sociétés corporates cotées du SBF 250 : analyse des documents de référence (chapitre «Facteurs de risques» et annexes financières), des Rapports du Président sur le contrôle interne et la gestion des risques et des rapports financiers semestriels, • pour les 6 banques et 6 assureurs cotés : revue des documents de référence (chapitres «Facteurs de risques») et des Rapports du Président sur le contrôle interne et la gestion des risques, • pour 51 sociétés corporates cotées au FTSE UK : analyse des documents de référence (chapitres «Facteurs de risques») et des Rapports du Président sur le contrôle interne et la gestion des risques. L’échantillon composé de 100 sociétés corporates cotées du SBF 250 est représentatif des répartitions par taille de capitalisation et par secteur d’activité de cet indice de référence : Répartition de l’échantillon corporates par capitalisation 20 % 27 % CAC40 NEXT20 MID100 11 % SMALL90 42 % En parallèle, les résultats de trois enquêtes d’opinion ont été exploités : • l’une portant sur la communication financière sur les risques et réalisée auprès des sociétés corporates du SBF 250, • la deuxième portant sur les pratiques organisationnelles de gestion des risques et de contrôle interne, réalisée auprès de sociétés corporates cotées, • la dernière portant sur les problématiques de gestion des risques, a été réalisée auprès des administrateurs adhérents de l’Institut Français des Administrateurs (IFA). Enfin, deux entretiens qualitatifs ciblés ont été menés auprès d’administrateurs afin de recueillir leur point de vue sur la gestion des risques et le contrôle interne. Dans un souci de lisibilité, les indices CAC Next20, CAC Mid100 et CAC Small90 sont désignés dans l’étude par NEXT20, MID100 et SMALL90(1). (1) Répartition de l’échantillon corporates par secteur Loisirs/Médias 22 % 11 % 9% Energie/ Matières premières/ Utilités Services 17 % 25 % 16 % Technologies de l'information Industrie Biens de consommation/ Retail L’analyse a été étendue cette année à un échantillon de 6 banques et de 6 assureurs cotés. Une comparaison a également été menée avec 51 sociétés corporates cotées au FTSE UK. CAC 40©, CAC Next 20©, CAC Mid 100© et CAC Small 90© sont des marques déposées par NYSE Euronext. 7 Méthodologie d’analyse Corporates Banques et assureurs Analyse des chapitres «Facteurs de risques» La qualité de la présentation du chapitre «Facteurs de risques» de l’exercice 2008 et des informations qui y sont délivrées est évaluée sur la base de 41 critères établis à partir des recommandations de l’AMF contenues dans le guide de préparation du document de référence 2006. Les chapitres «Facteurs de risques» des banques et des compagnies d’assurance cotées ont été évalués à partir de la même grille que les corporates, à l’exception de la rubrique «risques financiers». Dans le but de rendre compte des problématiques propres aux institutions financières(1), ces risques ont été appréciés à partir de critères spécifiques (tels que les risques de crédit, de marché, de gestion actif-passif...) et tenant compte de leur cadre réglementaire particulier (Bâle 2) et des bonnes pratiques observées sur le marché. Analyse des Rapports du Président sur le contrôle interne et la gestion des risques L’analyse des Rapports du Président sur le contrôle interne et la gestion des risques a été menée au moyen d’une grille de notation conçue en fonction du questionnaire relatif à la gestion des risques du Cadre de Référence (mai 2006). Cette analyse se focalise exclusivement sur la place de la gestion des risques au sein du contrôle interne. Analyse des rapports financiers semestriels Depuis le premier semestre 2008, les sociétés cotées publient un rapport couvrant les six premiers mois de chaque exercice et incluant une description des «principaux risques et principales incertitudes pour les six mois restants de l’année». Les rapports semestriels 2008 et 2009 de l’échantillon de 100 sociétés corporates cotées ont été évalués et comparés grâce à une grille composée de 5 rubriques et 21 critères, élaborée sur la base de l’article 5 de la directive Transparence. Analyse des informations dues au titre des normes comptables IFRS 7, IAS 36 et IAS 37 Les sociétés cotées communiquent des informations comptables au titre d’IFRS 7 – Instruments financiers : informations à fournir, d’IAS 36 – Dépréciation d’actifs et d’IAS 37 - Provisions, passifs éventuels et actifs éventuels. L’étude s’attache à l’analyse de ces informations fortement liées aux risques. Trois grilles ont été bâties à partir des dispositions contenues dans les normes. (1) Dans 8 Les Rapports du Président sur le contrôle interne et la gestion des risques des banques ont fait l’objet d’une grille d’évaluation spécifique constituée à partir du Règlement n° 97-02 du 21 février 1997 relatif au contrôle interne des établissements de crédit et des entreprises d’investissement (CRBF 97-02). Une mise en perspective : les sociétés cotées britanniques Les documents de référence (chapitres «Facteurs de risques») et les Rapports du Président sur le contrôle interne et la gestion des risques de 51 sociétés cotées au FTSE UK ont été analysés avec la même grille que celle utilisée pour les sociétés françaises. Dans la mesure où les exigences réglementaires de communication ne sont pas identiques, les comparaisons présentées sont exclusivement qualitatives. Pour l’ensemble de ces analyses, une échelle de notation similaire a été appliquée : 0 : point non traité 1 : point abordé sans toutefois répondre pleinement à la réglementation 2 : point traité conformément à la réglementation 3 : point traité au-delà du niveau requis le cadre de cette étude, le vocable « institutions financières » désigne à la fois les banques et les assureurs. Aon Global Risk Consulting Enquêtes d’opinion Deux questionnaires adressés aux sociétés cotées du SBF 250 Deux questionnaires ont été adressés aux sociétés du SBF 250. Le premier porte sur les pratiques organisationnelles et méthodologiques en matière de gestion des risques et de contrôle interne, et le second sur la perception des sociétés quant à l’exercice de communication sur les risques, le tout regroupant 43 thématiques. Le nombre de réponses obtenues est de 53. Un questionnaire adressé aux administrateurs des sociétés cotées adhérents de l’IFA Avec le soutien de l’IFA, une autre enquête a été réalisée auprès d’administrateurs afin de recueillir leur perception quant aux dernières évolutions réglementaires et à leurs responsabilités en matière de gestion des risques et de contrôle interne. Cette enquête a totalisé 32 réponses. Typologie des interlocuteurs sur la préparation du chapitre «Facteurs de risques» Typologie des interlocuteurs sur la gestion des risques et le contrôle interne Direction financière Directions Audit / Contrôle Interne 35 % 46 % Direction de la communication financière / Relations investisseurs Direction des risques et audit interne 27 % 17 % Directions Audit / Contrôle interne Direction des risques 15 % 13 % Direction juridique Direction des risques 13 % 12 % 8 % Autres Direction générale 11 % 8% Direction juridique 7% Répartition des administrateurs répondants au questionnaire par Comité 60 56 % 44 % 44 % 40 22 % 20 13 % 0 Comité des Comité des Comité Comptes Nominations des Risques ou d'Audit et des Rémunérations Autres Comités Aucun Comité Répartition des administrateurs répondants au questionnaire par secteur 60 53 % 40 28 % 20 19 % 9% 9% 3% 0 Industrie Biens de consommation/ Retail Energie/ Matières premières/ Utilités Services Loisirs/ Médias Technologie de l'information 9 Composition de l’échantillon au 28/10/09 Corporates CAC40 ACCOR AIR LIQUIDE ALCATEL-LUCENT ALSTOM CAP GEMINI CARREFOUR DANONE EADS EDF ESSILOR FRANCE TELECOM GDF SUEZ LAFARGE L’OREAL LVMH MICHELIN PEUGEOT PPR RENAULT SANOFI-AVENTIS SCHNEIDER ELECTRIC TECHNIP TOTAL VALLOUREC VEOLIA ENVIRONNEMENT VINCI VIVENDI NEXT20 AIR FRANCE - KLM CASINO GUICHARD DASSAULT SYSTEMES HERMES INTL NEOPOST NEXANS PUBLICIS GROUPE SA SAFRAN SODEXO TF1 THALES MID100 ADP ALTEN ALTRAN AREVA ATOS ORIGIN BIC BOLLORE BONDUELLE 10 BOURBON CARBONE LORRAINE CEGEDIM CIMENTS FRANCAIS CLUB MEDITERRANEE EUTELSAT FAURECIA FIMALAC GENERALE DE SANTE GUERBET HAVAS ILIAD IMERYS JC DECAUX SA KAUFMAN & BROAD LAURENT-PERRIER METROPOLE TV NEXITY NICOX NORBERT DENTRESSANGLE PAGESJAUNES PIERRE VACANCES PLASTIC OMNIUM RALLYE REMY COINTREAU RHODIA RUBIS SEB SOPRA GROUP SPERIAN PROTECTION STALLERGENES THOMSON UBISOFT ENTERTAINMENT VALEO PARROT PHARMAGEST INTERACTIVE RADIALL SAMSE THERMADOR GROUPE TOUPARGEL GROUPE Banques CAC40 BNP PARIBAS CREDIT AGRICOLE DEXIA SOCIETE GENERALE NEXT20 NATIXIS AUTRE CIC SMALL90 ALES GROUPE AVENIR TELECOM AVIATION LATECOERE CS Communication et Systèmes ETAM DEVELOPPEMENT EURO DISNEY EXEL INDUSTRIES GL EVENTS GROUPE PARTOUCHE HI-MEDIA HIGH CO GAMELOFT INTER PARFUMS NEXTRADIOTV Assurances CAC40 AXA NEXT20 CNP ASSURANCES MID100 APRIL GROUP EULER SCOR AUTRE PARIS RE Gouvernance des risques des corporates et des institutions financières : bilan des pratiques et implication des administrateurs 12 Aon Global Risk Consulting Gouvernance des risques des corporates et des institutions financières : bilan des pratiques et implication des administrateurs Les évolutions réglementaires récentes et le contexte économique actuel ont contribué à la montée en puissance des problématiques de gestion des risques et de bonne gouvernance au sein des sociétés cotées. L’analyse des Rapports du Président des émetteurs de l’échantillon ainsi qu’une enquête d’opinion sur leurs pratiques organisationnelles mettent en évidence la structuration continue des dispositifs mis en place par les corporates, face à des pratiques plus abouties et encadrées des institutions financières, banques et assureurs. Le rôle des administrateurs en matière de gestion des risques, étudié par un questionnaire spécifique et des entretiens qualitatifs, est, quant à lui, renforcé et a vocation à s’accentuer lorsque les récentes évolutions réglementaires seront pleinement assimilées par les sociétés. Gestion des risques et contrôle interne des sociétés corporates L’édition 2008 - 2009 de cette étude a révélé une structuration croissante de la gestion des risques et du contrôle interne au sein des sociétés, malgré un relatif manque d’interaction entre ces dispositifs. L’analyse comparée des Rapports du Président sur le contrôle interne et la gestion des risques d’un échantillon de 100 sociétés cotées et des réponses obtenues à un questionnaire sur les pratiques de gestion des risques, envoyé aux sociétés du SBF 250, permet de prolonger, cette année, l’examen des tendances. L’organisation et le développement des dispositifs continuent de croître mais de profondes évolutions restent encore à venir, notamment suite à l’application des récentes réglementations. Une fois passé le nécessaire temps d’adaptation et clarifiées certaines de leurs dispositions, des changements plus significatifs vont probablement émerger. Malgré les réductions de coûts liées à la crise, des sociétés de plus en plus outillées en matière de gestion des risques et de contrôle interne Existence d’une fonction Chief Risk Officer (CRO) 100 La mise en place de dispositifs structurés de gestion des risques et de contrôle interne a été renforcée par le contexte de crise financière. Malgré des politiques de réduction drastique des coûts, les investissements et les efforts liés à la définition et l’organisation des processus de gestion des risques ne semblent pas avoir été affectés. Les sociétés ont, au contraire, décidé de mettre l’accent sur ces problématiques, sans doute afin de rassurer le marché et leurs actionnaires dans un environnement économique difficile. Ainsi, la part des sociétés qui se sont dotées de structures exclusivement dédiées à la gestion des risques est passée de 67 % à 72 %. La fonction de Chief Risk Officer (CRO) qui correspond, suivant la politique de l’entreprise, à une fonction de Directeur des Risques ou à un rôle plus transverse regroupant à la fois les risques, le contrôle interne et parfois même l’audit interne a connu un réel essor entre 2008 et 2009. Plus de la moitié des sociétés ayant répondu au questionnaire ont procédé à la nomination d’un CRO, contre 29 % seulement en 2008. 45 % 71 % 50 Non Oui 55 % 29 % 0 2009 2008 13 L’analyse des Rapports du Président sur le contrôle interne et la gestion des risques confirme cette tendance. En effet, l’ensemble des points d’évaluation liés à la structuration des processus ont vu leur moyenne augmenter entre 2008 et 2009. et de plans de continuité d’activité (PCA), bien que très développée par les sociétés, fait l’objet d’une communication réduite dans les documents publiés, notamment le chapitre «Facteurs de risques». Si 68 % des sociétés déclarent s’être dotées de plans de gestion de crise, Rapports du Président sur le contrôle interne et la gestion des risques 2,5 2007 2008 2,0 2009 1,98 1,83 1,81 1,83 1,9 1,64 1,56 1,54 1,54 1,5 1,38 1,36 1,38 1,13 1,0 0,65 0,5 0,38 0,0 Existence d'une partie gestion des risques Principes généraux de gestion des risques Identification / analyse des principaux risques La quasi-totalité des émetteurs de l’échantillon (90 %) ont mis en place des dispositifs matures et 12 % parmi eux font preuve d’un avancement important : éléments organisationnels, typologie homogène, critères de recensement… Alors que 82 % des entreprises ont déployé des processus d’identification et d’analyse des risques majeurs, elles sont 72 % à disposer de procédures de gestion des risques abouties. Une part largement supérieure aux 56 % de 2008, qui s’explique principalement par les conséquences de la loi DDAC du 3 juillet 2008. Afin de rédiger le Rapport du Président désormais élargi à la gestion des risques, un nombre croissant de sociétés a choisi d’aborder les procédures de gestion des risques. Cette amélioration est cependant à nuancer car elle est la résultante d’un double effet : une partie des sociétés avait déjà mis en place les procédures mais ne les communiquaient pas de manière satisfaisante, alors qu’une autre partie a dû se structurer davantage en interne pour répondre aux nouvelles exigences réglementaires. Parmi ces processus de gestion des risques, la mise en place de plans de gestion de crise 14 Procédures de gestion des risques Surveillance des risques et de leur gestion elles ne sont que 24 % à les mentionner dans leur chapitre «Facteurs de risques». Un écart encore plus important dans le cas des plans de continuité d’activité, mis en place par 73 % des entreprises mais communiqués par 24,5 % seulement de l’échantillon, sachant que 39 % d’entre eux se limitent aux plans liés aux systèmes d’information. Le suivi, le contrôle et la mise à jour des dispositifs font toujours l’objet d’une attention significative de la part des émetteurs. En effet, 70 % d’entre eux déclarent mettre à jour régulièrement leur cartographie des risques, contre 58 % seulement en 2008. Conséquence directe de cette structuration croissante, les sociétés semblent plutôt confiantes quant à leur capacité à gérer leurs risques. Ainsi l’étude Global Risk Management Survey 2009 publiée par Aon Global montre que la perception par les sociétés de leur capacité à gérer leurs dix risques majeurs s’est paradoxalement plutôt renforcée entre 2007 et 2009. Cette évolution est sans doute à rapprocher de la généralisation et montée en puissance des approches de gestion globale des Aon Global Risk Consulting risques dans les entreprises. Néanmoins ces dernières n’appréhendent pas de la même manière leur capacité à gérer tous les types de risques : si les risques matériels et financiers leur semblent relativement bien analysés et dans une certaine mesure circonscrits, les risques intangibles - tels que la perte d’image - et fortement exogènes - tels que des changements réglementaires défavorables - leur paraissent particulièrement difficiles à traiter. Impact de la loi DDAC du 3 juillet 2008 : dans l’attente de synergies renforcées entre gestion des risques et contrôle interne L’application de la loi DDAC du 3 juillet 2008 qui prévoit que le Rapport du Président sur le contrôle interne, devenu collégial, rende également compte des procédures de gestion des risques, peut entraîner à terme des évolutions significatives dans la manière dont les sociétés agencent gestion des risques et contrôle interne. Si les entreprises ont déjà initié une certaine convergence de ces deux démarches, le phénomène ne s’est pas pour autant accéléré suite à cette dernière évolution réglementaire. En effet, compte tenu du nécessaire temps d’adaptation pour satisfaire aux exigences d’une nouvelle loi, les changements commencent à peine à poindre. La part de sociétés déclarant dans le questionnaire établir une collaboration étroite entre la gestion des risques, le contrôle interne et l’audit interne a timidement évolué de 33 % à 38 %. Il est à ce titre intéressant de relever que quasiment la moitié des sociétés interrogées (45 %) déclarent que la loi du 3 juillet a entraîné de nouvelles demandes en interne concernant la gestion des risques. Les sociétés se trouvent donc, en quelque sorte, au milieu du gué : l’impact de la loi existe aujourd’hui en interne, entraînant des évolutions de fond, mais ces dernières n’ont pas encore abouti à de véritables changements pouvant être retranscrits dans les Rapports. Par ailleurs, les sociétés ne semblent pas aujourd’hui prêtes à favoriser les synergies entre ces démarches via la création d’une structure les regroupant : le pourcentage d’entreprises dotées d’un département commun abritant gestion des risques, contrôle interne et audit est ainsi stabilisé à 33 %. Cependant, des changements davantage marqués ont été relevés dans un domaine plus aisément et immédiatement évolutif, à savoir la structure même des Rapports du Président sur le contrôle interne. Ainsi, si la moyenne obtenue par les sociétés pour l’inclusion d’une partie spécifique «gestion des risques» était de 0,65 en 2008, elle est de 1,13 en 2009, soit une progression de 42 %. Cette tendance est confirmée par le jeu des renvois, que les sociétés réalisent désormais entre les différents documents. Alors que l’AMF recommande fortement depuis plusieurs années de réaliser un renvoi du Rapport du Président vers le chapitre «Facteurs de risques», et que seules 41 % des sociétés se prêtaient au jeu en 2008, elles sont 66 % à mettre en œuvre cette pratique en 2009. Similairement, la part d’émetteurs prenant l’initiative de réaliser le renvoi inverse, à savoir du Rapport vers le chapitre, a également augmenté de 13 % à 25 %. Impact de l’ordonnance du 8 décembre 2008 : une montée en puissance progressive du Comité d’Audit L’ordonnance du 8 décembre 2008 transposant en droit français la 8ème directive européenne est également de nature à impacter les pratiques des sociétés en matière de gestion des risques et de contrôle interne. Le caractère obligatoire du Comité d’Audit ou «Comité spécialisé» dont l’une des missions est le suivi de l’efficacité des systèmes de gestion des risques et de contrôle interne renforce le niveau d’exigence dans ce domaine et contribue indirectement à structurer davantage les démarches. Les problématiques de gestion des risques et de contrôle interne ne sont plus l’apanage des seules équipes opérationnelles puisque les administrateurs, via le Comité d’Audit, sont désormais chargés de s’assurer que les risques font l’objet d’un inventaire et d’une évaluation et que les procédures de contrôle interne sont en place et contribuent à réduire ces risques. Leur implication et responsabilisation croissantes sur ces problématiques ne peuvent qu’entraîner une évolution des pratiques. Ainsi, la part des sociétés ayant mis en place un processus de gestion des risques suite à une demande formulée par le Comité d’Audit est passée de 14 % à 32 %, un pourcentage sans doute amené à continuer de progresser dans les mois prochains. De plus, 64 % des répondants au questionnaire déclarent que l’organe en charge du suivi du processus d’identification et d’analyse des risques au sein de leur société est le Comité d’Audit. Au-delà d’une structuration croissante des processus, l’ordonnance du 8 décembre 2008 va progressivement entraîner, comme l’ont souligné certaines des sociétés interrogées, une attention renforcée au reporting réalisé (délai, contenu …) et un accroissement du flux d’information circulant entre le management et les administrateurs. L’impact combiné de la loi du 3 juillet 2008 et de l’ordonnance du 8 décembre 2008 est donc porteur de nombreuses évolutions structurelles quant à l’impulsion et l’organisation de la gestion des risques, ainsi qu’à ses synergies avec le contrôle interne. Ces profondes mutations sont en cours et 57 % des entreprises interrogées affirment que la rédaction de leur Rapport du Président a été influencée par ces deux dernières évolutions réglementaires. Cette influence se limite, surtout, à l’heure actuelle, à de simples agencements (ajout d’une partie spécifique «gestion des risques» ou mention du suivi de l’efficacité des systèmes de gestion des risques et de contrôle interne parmi les missions du Comité d’Audit) traduisant certaines évolutions de fond. Des évolutions limitées qui reflètent le nécessaire temps d’«incubation» des changements demandés, mais également peutêtre une certaine difficulté à cerner les attentes du législateur. Le relatif statu quo constaté risque ainsi de perdurer jusqu’à l’assimilation des récentes publications de l’IFA destinées à éclairer la mise en œuvre de l’ordonnance du 8 décembre 2008, et des conclusions du groupe de travail mis en place par le Collège de l’AMF (prévues pour mi-2010) chargé de proposer des adaptations du cadre de référence de 2006 sur les procédures de contrôle interne et de gestion des risques. Les sociétés pourront ainsi disposer d’une interprétation claire de ces nouveaux textes réglementaires. Impact de la loi du 3 juillet 2008 et de la 8ème directive sur la rédaction des Rapports du Président Oui 43 % 57 % Non 15 Gestion des risques et contrôle interne des banques et assureurs A la différence des sociétés corporates dont les dispositifs de contrôle interne et de gestion des risques sont soumis à un cadre de référence «basé sur des principes généraux et non sur des règles contraignantes», les banques et les assureurs voient leurs pratiques organisationnelles davantage encadrées. Le dispositif de contrôle interne des banques est strictement réglementé par le règlement n° 97-02 du 21 février 1997 relatif au contrôle interne des établissements de crédit et des entreprises d’investissement (CRBF 97-02) et la directive Bâle 2, entraînant des dispositifs structurés et aboutis. Les compagnies d’assurance sont, quant à elles, soumises aux exigences de l’ACAM (Autorité de Contrôle des Assurances et des Mutuelles) en matière de contrôle interne. Par ailleurs, elles devront se conformer progressivement aux réformes de Solvabilité 2 qui seront mises en œuvre en 2012. Le deuxième pilier de la directive prévoit notamment une évaluation des procédures de gestion des risques par l’Autorité de Contrôle. Ainsi, les pratiques des assureurs tendront à terme vers davantage d’uniformité et de maturité. Une grille spécifique a été bâtie pour analyser les rapports des banques en incorporant les dispositions réglementaires du règlement CRBF 97-02. Les banques : une réglementation contraignante se traduisant par des pratiques abouties et structurées Contrairement au cadre de référence de l’AMF, reposant sur de simples recommandations, le règlement n° 97-02 relatif au contrôle interne des établissements de crédit et des entreprises d’investissement est de nature contraignante. Ce caractère obligatoire se reflète dans les pratiques des institutions bancaires en matière de gestion des risques et de contrôle interne. Les Rapports du Président révèlent ainsi des pratiques plus abouties et uniformisées. La structuration des dispositifs de contrôle interne et de gestion des risques a atteint un niveau élevé de maturité. L’analyse des rapports démontre en effet que 100 % des banques cotées respectent le principe imposé par le CRBF 97-02 de la séparation des fonctions entre le contrôle interne et l’audit interne, une pratique en cours de développement chez les corporates. Par souci de conformité, les banques font toutes la distinction entre le contrôle 16 Comparaison corporates - banques - assureurs : Rapports du Président 2,5 2,20 2,0 1,83 2,00 1,83 1,83 1,80 2,00 2,00 1,94 1,83 1,81 1,57 1,5 1,40 1,22 1,13 1,0 Corporates 0,5 Banques Assureurs 0,0 Forme et présentation générale de la rubrique Définition du périmètre de contrôle interne Principes généraux de gestion des risques permanent et le contrôle périodique au sein d’un paragraphe spécifique. Certaines décrivent même un stade plus poussé de structuration interne en détaillant chaque niveau de contrôle et son rattachement hiérarchique. Elles sont 66 % à préciser ainsi les prérogatives de l’Inspection Générale du Groupe. En dépit d’un nombre d’entités juridiques bien plus important que chez les corporates, le périmètre d’application du contrôle interne fait l’objet d’une délimitation plus claire et exhaustive chez les banques (moyenne de 1,83 pour les institutions bancaires contre 1,22 pour les corporates). Les banques mettent en place des dispositifs de gestion des risques et de contrôle interne très développés et détaillés. Contrairement au cadre de référence de l’AMF auquel se réfèrent les corporates, la réglementation applicable aux banques précise clairement les risques devant faire l’objet de procédures spécifiques. Ainsi, les Rapports du Président des banques fournissent une description poussée de cellesci. Si 84 % des banques détaillent chacun de leurs risques propres dans une sous-rubrique spécifique, nombreux sont les corporates qui se limitent encore aux procédures comptables Identification et analyse des principaux risques Moyenne Aon Global Risk Consulting et financières. Une grande partie d’entre elles (66 %) vont même jusqu’à mentionner leur cadre conceptuel de tolérance et de limite pour chaque risque. En outre, l’intégralité de l’échantillon bancaire se conforme au CRBF 97-02 en s’assurant également du respect et de la mise en œuvre effective des procédures, et non de leur seule existence. Concernant la surveillance du système de contrôle interne et de gestion des risques, 100 % des banques vérifient que leur dispositif est régulièrement mis à jour et que son efficacité est satisfaisante. Une banque se distingue même en livrant des détails sur la fréquence et les procédures de mise à jour. que ce rapport inclut désormais la gestion des risques. Comme pour les corporates, l’impact de l’ordonnance du 8 décembre 2008 se limite, pour l’instant, à préciser la gestion des risques parmi les missions du Comité d’Audit. Gestion des risques et contrôle interne - banques 2,5 2,2 2,2 2,0 2 1,8 2 1,9 1,8 1,8 1,7 1,5 Cependant, les banques n’abordent pas toutes les problématiques avec le même souci d’exhaustivité. Certains sujets font l’objet d’un traitement moins abouti. Ainsi, seules 50 % des institutions bancaires décrivent correctement la remontée des informations des opérationnels vers le Conseil d’Administration ou la Direction Générale, et une seule décrit précisément l’organisation du flux d’information et sa fréquence. Pourtant conduites par le CRBF 97-02 à constituer un système de limites aux risques, les banques se cantonnent à un niveau d’information souvent descriptif à ce sujet. Aucune ne communique sur le respect ou non de ces limites et les moyens de contrôle mis en place. En outre, les différents niveaux du dispositif de contrôle interne ne sont pas décrits exhaustivement. Compte tenu des caractéristiques des dispositifs de contrôle interne et de gestion des risques déployés, les banques livrent plus de détails sur le contrôle exercé par la hiérarchie et l’Audit Interne que par chaque collaborateur au niveau de ses opérations propres. Elles sont très peu à mentionner l’auto-évaluation comme moyen de suivi et d’amélioration du système de contrôle interne, alors que cette pratique est largement répandue chez les corporates. Les synergies entre la gestion des risques et le contrôle interne sont très développées au sein des banques. De fait, 84 % d’entre elles répondent aux exigences de la loi DDAC du 3 juillet 2008 en traitant clairement les problématiques de gestion des risques dans leur Rapport du Président. Deux banques précisent explicitement que l’intitulé du rapport a changé en vertu de la loi du 3 juillet 2008 et 1,0 0,5 0,0 Forme Définition et présentation du périmètre générale du contrôle de la rubrique interne Principes généraux de gestion des risques Identification Procédures Respect des Communication Surveillance et analyse de gestion procédures sur les risques et des risques des principaux des principaux de gestion les procédures et des risques risques des principaux de gestion procédures risques des risques de gestion des risques Moyenne générale contrôle interne Les assureurs : des degrés divers d’avancement dans la mise en place de pratiques anticipant Solvabilité 2 Les pratiques assurantielles en matière de gestion des risques et de contrôle interne sont régies par l’ACAM. Le cadre qu’elle a mis en place n’étant pas aussi contraignant et précis que le CRBF 97-02, les Rapports du Président des assureurs se rapprochent plus de ceux des corporates et sont globalement moins détaillés que ceux des banques. Cependant, face aux risques spécifiques de leur activité et dans l’attente des évolutions organisationnelles qu’introduiront les piliers 2 et 3 de Solvabilité 2 en 2012, leurs dispositifs sont souvent plus structurés et uniformisés. Un groupe de tête commence déjà à décrire des pratiques abouties qui traduisent une volonté de conformité par anticipation. La structuration des assureurs en matière de gestion des risques est satisfaisante, mais moins poussée que celle des banques. Ils sont tout de même 84 % à mentionner leur 17 référentiel de contrôle interne, comme le cadre de référence de l’AMF ou le COSO. Par ailleurs, 100 % des assureurs précisent avoir adopté la charte AFEP-MEDEF qui contribue à uniformiser les pratiques de gouvernance. De plus, les assureurs parviennent à décrire efficacement le périmètre d’application de leur dispositif de contrôle interne, et obtiennent une moyenne de 1,4 contre 1,2 chez les corporates. Le déploiement du processus de contrôle interne et de gestion des risques est disparate au sein de l’échantillon assurantiel, ce qui traduit un niveau de maturité encore hétéroclite et moins harmonisé que celui des banques, du fait des degrés différents d’évolution et d’adaptation réglementaires. Les compagnies d’assurance livrent un niveau d’information suffisant et égal à celui des banques pour certains critères. Ainsi, les objectifs du dispositif sont correctement formalisés (moyenne de 2,2) dans tous les rapports analysés. En outre, les processus d’identification et d’analyse des risques font l’objet d’un très bon rendu chez tous les assureurs, d’où une moyenne élevée de 2. Deux assureurs se démarquent même par des informations qualitatives sur la méthodologie retenue pour établir la cartographie des risques. De plus, la surveillance des dispositifs est bien structurée et décrite (moyenne de 2,2). Ces résultats témoignent de pratiques organisationnelles historiquement plus développées et intégrées chez les assureurs que chez les corporates, la notion de risque étant au cœur de leur activité. En revanche, le décalage avec les banques se fait nettement ressentir pour décrire précisément les procédures de contrôle interne et de gestion des risques. Si la note obtenue à ce critère est bonne (1,8), elle recouvre d’importantes disparités. Une seule compagnie d’assurance décrit ses procédures risque par risque (contre quatre chez les banques), et trois se limitent aux seules procédures comptables ou liées aux systèmes d’information. Sans contrainte réglementaire aussi détaillée que les banques à ce sujet, les assureurs livrent un niveau de détail inférieur et témoignent ainsi de pratiques moins abouties. Les synergies entre gestion des risques et contrôle interne représentent bien le niveau de maturité des assureurs, qui se situe entre celui des banques et celui des corporates. En effet, une seule compagnie d’assurance n’inclut pas les problématiques de gestion des risques dans son Rapport du Président. Les 18 pratiques de gestion des risques de l’échantillon assurantiel semblent globalement structurées mais une certaine marge de progression demeure ainsi que d’importantes disparités. Ainsi, 60 % des assureurs (contre 100 % chez les banques) précisent que le Comité d’Audit est en charge de la gestion des risques. Mais, ceux qui le font témoignent déjà d’une grande maturité. Deux assureurs précisent notamment que le Comité d’Audit a examiné le Rapport du Président avant qu’il ne soit soumis à une approbation collégiale. Un assureur se distingue également en précisant que le Comité d’Audit a augmenté la fréquence de revue des risques financiers depuis l’avènement de la crise. Face aux évolutions réglementaires à venir, il semble finalement que deux tendances se soient dégagées. Certains assureurs, caractérisés par un niveau avancé en matière de gestion des risques et de contrôle interne, sont capables d’anticiper les réformes de Solvabilité 2. Ce groupe de tête annonce ainsi la tendance qui devrait prévaloir avec la mise en œuvre de la directive en 2012. Gestion des risques et contrôle interne - assureurs 2,5 2,2 2,2 2,0 1,5 2 1,8 1,8 1,8 1,66 1,4 1,0 0,5 0,0 Forme Définition et présentation du périmètre générale du contrôle interne de la rubrique Principes généraux de gestion des risques Identification et analyse des principaux risques Procédures de gestion des principaux risques Surveillance des risques et des procédures de gestion des risques Moyenne générale contrôle interne Aon Global Risk Consulting Gestion des risques et contrôle interne : rôle et attentes des administrateurs Un contexte général de renforcement des exigences en matière de gouvernance des risques Le rôle des administrateurs en matière de gestion des risques et de contrôle interne a vocation à être renforcé au cours des prochaines années. La crise financière, née au cœur du système bancaire connu pour ses dispositifs de gestion des risques extrêmement développés et aboutis, a notamment conduit à des réflexions sur la nécessité de compléter les processus existants par une vision des risques consolidée et plus large, à laquelle les administrateurs peuvent significativement contribuer. Aussi un certain nombre d’initiatives se concrétisent-elles dans ce domaine, confirmant ainsi la tendance amorcée. Dans le cadre de l’intégration de l’ERM (Enterprise Risk Management) dans le rating des sociétés corporates, Standard & Poor’s a publié le 22 juillet 2009 un Progress Report dans lequel l’agence de notation crédit communique la liste des questions posées aux sociétés afin d’évaluer la maturité de leurs dispositifs de gestion des risques. Parmi sept questions, deux impliquent directement les Conseils d’Administration et le top management : «Comment une perte liée à un risque majeur impacte-t-elle les primes de résultat du top management ainsi que les prévisions budgétaires ?», «Quelles discussions liées à la gestion des risques et conduisant à la prise de décisions stratégiques ont été menées au niveau du Conseil d’Administration ou du top management ?» Ces nouvelles dimensions du rating des corporates ne peuvent être analysées en dehors du contexte actuel de bouleversements réglementaires. En effet, deux réglementations majeures sont récemment entrées en vigueur dans ce domaine en France, à savoir la loi DDAC du 3 juillet 2008 qui prévoit que le Rapport du Président sur le contrôle interne, désormais collégial, rende également compte des procédures de gestion des risques mises en place par la société et l’ordonnance du 8 décembre 2008 transposant la 8ème directive en droit français et qui rend obligatoire la mise en place d’un «Comité spécialisé», dont une des missions est le suivi de l’efficacité des systèmes de gestion des risques et de contrôle interne. Les évolutions dans ce domaine ne sont sans doute pas terminées, et de nombreux signaux forts émanent outre-Atlantique de la SEC (US Securities and Exchange Commission). Si les règles de gouvernance du New York Stock Exchange prévoient déjà une discussion des politiques de gestion et d’évaluation des risques au sein des Comités d’Audit des sociétés cotées, le Trésor Américain (US Treasury Department) envisage en outre des réformes qui exigeraient de la part des Comités des Rémunérations des institutions financières cotées de prendre en compte la robustesse et la solidité de la gestion des risques dans la politique de rémunération des dirigeants. En outre, les dernières déclarations de Mary Schapiro, Présidente de la SEC, vont encore plus loin, en évoquant de potentielles nouvelles réglementations visant à obtenir plus de transparence sur la surveillance et le suivi des pratiques de gestion des risques de toutes les sociétés cotées (institutions financières et corporates). Cet environnement en pleine évolution plaide pour réitérer, dans le cadre de cette 6ème édition, une analyse sur le rôle et les responsabilités des administrateurs en matière de gestion des risques et de contrôle interne, en combinant les résultats quantitatifs d’une enquête d’opinion réalisée via l’IFA auprès de certains de ses adhérents, et des entretiens qualitatifs avec un panel administrateurs. Panel d’administrateurs Dans le cadre de cette étude, deux administrateurs ont accepté de livrer leur point de vue sur la gestion des risques et le contrôle interne. Jean Peyrot M. Jean Peyrot est administrateur représentant l’Etat au sein du Conseil d’Administration d’Air France. Il est également membre du Comité d’Audit. Entre 1991 et 2004, il a été contrôleur d’Etat au sein d’Air France et a participé à l’ouverture de capital et à la privatisation. Guylaine Saucier Mme Guylaine Saucier fait partie du Conseil d’Administration de nombreuses grandes entreprises, dont Petro-Canada, Axa Assurances Inc., la Banque de Montréal, Areva (Présidente du Comité d’Audit) et Danone. En 2004, elle s’est vu décerner le titre de Fellow de l’Institut des Administrateurs de Sociétés et le 25ème Prix de gestion de l’Université McGill en 2005. 19 Gestion des risques et contrôle interne : des outils synthétiques et structurés comme pré-requis à une implication pertinente du Conseil Rôle du Conseil d’Administration en matière de gestion des risques et de contrôle interne 100 88 % 50 41 % 19 % 13 % 0 Promotion Définition Surveillance et suivi et alerte Autres Si la mise en place de processus de gestion des risques et de contrôle interne relève de la responsabilité de la Direction Générale et des équipes opérationnelles, les administrateurs ont, quant à eux, un rôle à jouer pour développer et appuyer ces pratiques au sein des sociétés. Ainsi, 87,5 % des administrateurs interrogés voient leur principale valeur ajoutée dans la surveillance et l’alerte. Une part qui s’explique surtout par l’impact de la 8ème directive dont la transposition en droit français a entériné le suivi de l’efficacité des systèmes de gestion des risques et de contrôle interne, au titre des missions du Comité. Quel que soit leur degré d’implication dans la surveillance et le suivi de ces systèmes, les membres des Conseils d’Administration préfèrent se limiter à une obligation de moyens et refusent de s’engager sur le résultat. En effet, leur rôle premier de supervision est déjà fortement contraint par le temps et les ressources dont ils disposent pour achever cet objectif, un administrateur ne passant en moyenne que quelques heures par mois dans une salle du Conseil. Mais surtout, ils soulignent le fait que la direction opérationnelle de la société revient, avant tout, au management. Le rôle de promotion, pourtant essentiel, n’est cité que par 18,8 % des administrateurs. Ce pourcentage reflète le degré de maturité élevé atteint par les sociétés en termes d’organisation et de structuration de leurs dispositifs de gestion des risques, ne faisant ainsi plus une priorité de ce rôle. En effet, 61 % des membres des Conseils d’Administration interrogés déclarent que leurs sociétés ont mis en place des processus globaux et récurrents de gestion des risques, une part qui atteint 75 % pour le déploiement d’exercices de cartographie des risques. Ces chiffres sont par ailleurs nettement confirmés par l’enquête auprès des sociétés, dont 88 % affirment être dotées d’un processus d’identification et de gestion des risques. Si les projets d’identification et d’évaluation des risques sont largement encouragés et généralisés, les membres des Conseils d’Administration font état de certaines difficultés pour exploiter leurs résultats, parfois trop détaillés, et regrettent ainsi que la granularité ne soit pas toujours pertinente. Ces 20 analyses restent des outils précieux mais leur format doit converger avec les contraintes de temps des administrateurs, afin que ces derniers puissent pleinement en tirer profit en analysant et assimilant l’ensemble des données fournies. Aussi cette source d’informations abondante gagnerait-elle à être complétée par une vision d’ensemble de l’exposition aux risques de la société. Les administrateurs souhaitent surtout disposer d’une analyse structurée et représentative, assimilable à un tableau de bord regroupant et hiérarchisant les risques, et également à même de dresser des tendances et évolutions. Pour ce faire, les administrateurs plaident pour une revue régulière (tous les trois mois par exemple) des résultats de la cartographie. Cette mise à jour trimestrielle n’a par ailleurs de sens que si elle donne lieu à un échange en Conseil, afin d’éviter les écueils d’une disparité des compréhensions et d’une divergence de points de vue entre administrateurs et équipe dirigeante opérationnelle. Les administrateurs s’impliquent de manière contrastée dans la définition, la mise en place et le suivi des processus de gestion des risques et de contrôle interne. Alors que 27 % s’intéressent peu à ces sujets, ils sont 33 % à considérer que leur niveau d’implication est plutôt élevé. Ce dernier pourcentage sera sans doute amené à augmenter progressivement au regard des dernières évolutions réglementaires. Aon Global Risk Consulting Conseil d’Administration et communication financière : un rôle nouveau et renforcé Mais l’intérêt porté par les membres des Conseils d’Administration aux sujets de gestion des risques et de contrôle interne n’implique pas à lui seul un suivi adéquat des processus. La composition du Conseil et de ses Comités est essentielle, plaçant la question des compétences au cœur du dispositif, et les administrateurs s’accordent pour affirmer que l’efficacité d’un Conseil est étroitement liée à l’existence d’expertises complémentaires, à la fois techniques (dont la gestion des risques) et opérationnelles. Degré d’implication des administrateurs dans les processus de gestion des risques Degré d'implication élevé 27 % 33 % Degré d'implication moyen Degré d'implication faible 40 % «Il faut beaucoup d’humilité pour être membre d’un Conseil d’Administration. Un administrateur ne dispose ni du temps, ni des ressources du management pour gérer tous les problèmes de la société. Il a un rôle primordial de supervision mais ne peut prétendre remplacer la Direction Générale.» Guylaine Saucier «Les cartographies des risques détaillées représentent une source d’information très riche pour les administrateurs. Mais ces derniers ne peuvent les interpréter et les exploiter sans une vision d’ensemble structurée et représentative de l’exposition de la société aux risques.» Guylaine Saucier «Une gestion dynamique des risques passant par la mise à jour régulière des résultats de la cartographie des risques est indispensable pour assurer un suivi efficace des risques et de l’exposition générale de la société. L’analyse des priorités d’aujourd’hui doit être complétée par l’examen des évolutions de demain.» Guylaine Saucier La communication financière est restée, pendant longtemps, l’apanage des équipes de management. En effet, d’une part, les Conseils d’Administration, via leurs Comités d’Audit, se limitent au contrôle légal et à la validation des comptes. D’autre part, les Disclosure Committees, ou «Comités de communication» à l’anglo-saxonne, sont composés dans la majorité des cas d’opérationnels. Leurs principaux objectifs sont de s’assurer que les procédures mises en oeuvre par la société sont conçues de façon à garantir que l’information communiquée est déposée dans les délais impartis mais également de s’assurer que cette information est transmise à la Direction Générale pour une prise de décision adéquate. Ces opérationnels sont souvent membres du Comité Exécutif et sont assistés d’auditeurs externes. Les administrateurs, quant à eux, font très rarement partie de ces Comités. Cependant, les dernières évolutions réglementaires modifient cette configuration et favorisent un rôle accru des administrateurs dans l’exercice de communication financière sur les risques des sociétés cotées. La loi DDAC du 3 juillet 2008 prévoit en effet que le Rapport du Président sur le contrôle interne devienne collégial, ce qui implique la responsabilité de l’ensemble du Conseil d’Administration et non plus seulement de son Président quant à l’information qui y est publiée. En outre, le Rapport doit rendre compte dorénavant des procédures de gestion des risques mises en place par la société. Les administrateurs se retrouvent désormais partie prenante du processus de communication sur les dispositifs de contrôle interne et de gestion des risques, et ils redoutent le manque de temps nécessaire à l’analyse de ce document hautement important. En effet, beaucoup de sociétés ont choisi de compléter la séance du Conseil d’Administration traditionnellement consacrée à la validation des comptes annuels par l’examen du Rapport du Président. Force est de constater que l’efficacité d’une telle pratique peut se révéler mitigée, ce regroupement se faisant souvent au détriment de l’analyse approfondie du Rapport et de sa discussion par l’ensemble des administrateurs. L’ordonnance du 8 décembre 2008, en rendant obligatoire la mise en place d’un «Comité spécialisé» dont une des missions est le suivi de l’efficacité des systèmes de gestion des risques et de contrôle interne peut avoir également un impact indirect sur l’implication des 21 administrateurs, qui peuvent désormais souhaiter légitimement donner leur point de vue sur l’information concernant ces dispositifs à la fois dans le Rapport du Président et dans le chapitre «Facteurs de risques». Impact des dernières réglementations sur le rôle des administrateurs : des évolutions encore floues mais une responsabilité croissante des Conseils d’Administration La plupart des administrateurs pensent qu’un investissement plus poussé dans le processus de communication financière sur les risques ne peut être que positif et enrichissant. Ils apporteraient un point de vue extérieur à un exercice particulièrement stratégique quant à l’image véhiculée par la société auprès du marché. Mais, tant que le Conseil d’Administration ne disposera pas d’une vision claire des risques de la société, sa contribution en matière de communication sera de fait restreinte. Une communication sur les risques de qualité et pertinente est donc étroitement liée à une bonne communication en interne, et en particulier aux flux d’information entre Direction Générale et Conseil d’Administration. Les deux dernières évolutions réglementaires majeures dans le domaine de la gestion des risques et du contrôle interne, à savoir la loi DDAC du 3 juillet 2008 et l’ordonnance du 8 décembre 2008 transposant la 8ème directive européenne en droit français sont de nature à modifier profondément le rôle des administrateurs, même si leur impact est, pour l’instant, peu visible au sein des sociétés. Ainsi, 72 % des administrateurs interrogés considèrent que la loi du 3 juillet 2008 entérinant la collégialité des Rapports du Président sur le contrôle interne et la gestion des risques n’a pas modifié leur implication dans la production/validation de ce rapport. Ils sont, en outre, 81 % à affirmer que la transposition de la 8ème directive en droit français n’a pas encore eu d’impact dans l’exercice quotidien de leur mandat. «Les membres du Conseil d’Administration font bénéficier la société de leur point de vue externe. Ils tirent de leurs expériences variées une connaissance qui ne peut qu’enrichir l’exercice de communication financière sur les risques.» Guylaine Saucier «Concernant le Rapport du Président sur le contrôle interne et la gestion des risques, le rôle d’un administrateur est triple : - s’assurer que tous les éléments indiqués dans le Rapport ont été évoqués au préalable durant les différentes séances du Comité d’Audit, - examiner l’évolution du Rapport d’une année sur l’autre, - s’assurer qu’il ne contient aucune affirmation excessive de nature à faire penser qu’un risque est totalement maîtrisé alors que ce n’est pas le cas.» Jean Peyrot La relative stabilité des pratiques reflétée par ces pourcentages s’explique par le temps nécessaire à l’assimilation et l’application correcte de ces textes, et en particulier de l’ordonnance du 8 décembre. Cette dernière est applicable «à l’expiration d’un délai de huit mois qui suit la clôture du 1er exercice ouvert à compter du 1er janvier 2009 au cours duquel un mandat au sein de l’organe d’administration ou de surveillance vient à échéance», soit au plus tôt le 1er septembre 2009 et au plus tard le 1er septembre 2010. Mais la part très faible (19 %) des administrateurs affirmant avoir subi un impact dans l’exercice quotidien de leur mandat suite à la transposition de la 8ème directive en droit français s’explique par le caractère flou de certaines obligations, au premier rang desquelles figure l’expression «suivi de l’efficacité des systèmes de gestion des risques et de contrôle interne». Les sociétés peinent aujourd’hui à interpréter et donc appliquer cette exigence. Il faudra sans doute attendre les conclusions à mi-2010 du Groupe de travail mis en place par l’AMF - à la fois pour préciser les notions d’«indépendance» et de «suivi de l’efficacité» et pour réfléchir à la composition des Comités d’Audit - pour pouvoir constater une application plus massive de cette ordonnance. Les sociétés ont pour l’instant surtout appliqué la partie claire et univoque de ce texte, à savoir la création obligatoire d’un «Comité spécialisé» ayant pour principales missions d’assurer 22 Impact des nouvelles réglementations sur le rôle d’administrateur 100 72 % 81 % 50 Non Oui 28 % 19 % 0 Loi du 3 juillet 2008 8ème directive Aon Global Risk Consulting le suivi du processus d’élaboration de l’information financière, le contrôle légal des comptes et de l’indépendance des auditeurs légaux et l’efficacité des systèmes de gestion des risques et de contrôle interne. Différentes écoles semblent se dégager dans ce domaine. En effet, si 25 % des administrateurs interrogés déclarent que leurs sociétés ont mis en place un «Comité des Risques» distinct du «Comité d’Audit», ils sont 63 % à avoir vu les prérogatives d’un Comité d’Audit déjà existant s’élargir à la gestion des risques. Les deux administrateurs interviewés ne sont d’ailleurs pas favorables à la création d’un Comité distinct. Ils estiment que le lien entre la gestion des risques et l’audit interne est si fort que les deux dispositifs ne sauraient être séparés. La mise en place d’un «Comité des Risques» ne ferait que créer des «doublons», les mêmes informations étant débattues dans les deux Comités, sans compter la restitution faite ultérieurement au Conseil d’Administration. Concernant le suivi de l’efficacité des systèmes de gestion des risques et de contrôle interne, les difficultés des sociétés à interpréter cette notion se reflètent dans le relatif éclatement des approches envisagées pour mener à bien cette mission. Une grande partie des administrateurs (38 %) met en avant le rôle accru que devra jouer l’Audit Interne pour assurer le suivi des dispositifs, notamment parce qu’il apporte un éclairage sur les principales zones de faiblesse et constitue un lien permanent entre le management et le Conseil d’Administration. Mais l’implication directe dans le suivi du système est citée par 34 % des administrateurs, qui sont par ailleurs 22 % à plaider pour une revue externe des systèmes mis en place estimant que le rôle de l’Audit Interne peut être complété et renforcé par des appuis ponctuels de la part de cabinets externes. Ces derniers peuvent amener à la fois un point de vue extérieur et un benchmark des meilleures pratiques du marché. Création d’un «Comité spécialisé» suite à l’ordonnance du 8 décembre 2008 12,5 % 28 % 25 % 62,5 % Elargissement des prérogatives d'un Comité d'Audit déjà existant à la gestion des risques Mise en place d'un Comité d'Audit Moyens de suivi de l’efficacité des systèmes de contrôle interne et de gestion des risques 34 % 38 % 22 % 19 % 20 «Le programme et le dimensionnement de l’Audit Interne sont des éléments clés pour assurer le suivi de l’efficacité des systèmes de gestion des risques et de contrôle interne.» Jean Peyrot «Je ne suis pas favorable à une distinction des responsabilités entre le Comité d’Audit et le reste du Conseil d’Administration ni à la création de statuts différents suivant l’appartenance à tel ou tel Comité.» Jean Peyrot Mise en place d'un Comité des Risques 40 lui confèrent une responsabilité à part. Quel que soit le point de vue défendu, il est évident que la responsabilité des administrateurs en général, membres ou non du Comité d’Audit, est mise en avant par les dernières évolutions réglementaires. «Pour l’instant, l’évaluation de l’efficacité du contrôle interne et la définition des indicateurs permettant d’en rendre compte posent des questions de méthodologie.» Jean Peyrot «Les dernières évolutions réglementaires ne remettent pas en cause la responsabilité collégiale du Conseil d’Administration et ce, malgré la délégation du travail sur les risques à un Comité spécialisé. On parle beaucoup du rôle du Comité d’Audit, mais en bout de ligne c’est le rôle du Conseil d’Administration.» Guylaine Saucier 0 Implication Audit directe dans interne le processus de gestion des risques Revue externe Autres La transposition de la 8ème directive européenne en droit français pose enfin la question de la responsabilité juridique du Conseil d’Administration et du Comité d’Audit en particulier. Les points de vue divergent sur cette question : si certains pensent que le Conseil ne saurait se «décharger» de ses responsabilités sur un organe, certes officialisé, mais qui n’est in fine que sa propre émanation, d’autres considèrent que les missions précises qui lui sont attribuées 23 Aon Global Risk Consulting Communication sur les risques et leur gestion : analyse comparative des pratiques et enquête d’opinion 25 Communication sur les risques et leur gestion : analyse comparative des pratiques et enquête d’opinion L’analyse de diverses publications en matière de gestion des risques, au sein ou hors du document de référence, révèle des disparités significatives entre les sociétés corporates, les banques et les assureurs. Si certaines différences sont structurelles et dues pour partie au fait que les institutions financières sont soumises à des réglementations très spécifiques impliquant des dispositifs éprouvés de gestion des risques, d’autres - plus conjoncturelles - relèvent notamment de stratégies de communication divergentes dans un contexte économique difficile qui a redonné une certaine acuité à l’exercice de communication sur les risques. Un foisonnement des réglementations rendant l’information sur les risques omniprésente mais fragmentée Depuis 2001, le cadre de la communication sur les risques s’est progressivement constitué par la superposition de nombreux textes et interventions du législateur et du régulateur. Aujourd’hui, pour satisfaire aux diverses exigences réglementaires dans ce domaine, les sociétés sont tenues de communiquer sur leurs risques et sur leurs pratiques de gestion et de suivi de ces risques (cartographie, procédures de contrôle interne, plans d’action…) dans un corpus documentaire varié : chapitre «Facteurs de risques», Rapport du Président sur le contrôle interne et la gestion des risques, rapports financiers semestriels... Par ailleurs, des informations comptables liées à ces problématiques sont également à produire dans les annexes financières pour l’information due au titre d’IFRS 7, d’IAS 36 et d’IAS 37. De fait, l’information exigée est morcelée, fragmentée entre différents supports, voire au sein d’un même document. Dans sa récente mise à jour du guide d’élaboration des documents de référence publiée le 29 octobre 2009, l’AMF prend acte des difficultés suscitées par la multiplication des sources documentaires en matière de gestion des risques. Elle ouvre notamment la voie à davantage de correspondances entre les différents supports en encourageant une pratique encadrée de renvois. Dès lors, ces derniers ne dispensent pas d’une présentation synthétique au sein des «Facteurs 26 de risques», et doivent être suffisamment précis pour permettre au lecteur de trouver l’information facilement. De telles difficultés ont été révélées par l’analyse des documents publiés par l’échantillon au titre de l’exercice 2008. Remplir les obligations de communication sur la notion de «risque» tout en permettant au marché d’appréhender globalement l’ensemble des menaces et des opportunités d’une société relève d’un exercice sensible, nécessitant à la fois exhaustivité et arbitrage. Pour surmonter ces difficultés et garantir une cohérence et pertinence de l’information délivrée, les entreprises ont développé des approches différentes, que ce soit au sein même du document de référence ou entre le document de référence et les autres rapports. Un large recours aux renvois au sein du document de référence Concernant le morcellement de l’information au sein du document de référence, deux écoles semblent se distinguer : si certaines sociétés sont adeptes de la redite d’informations, d’autres penchent plutôt pour les renvois ; une troisième catégorie va jusqu’à pratiquer un équilibre subtil entre répétitions et renvois. Cependant, dans un souci de clarté et de lisibilité, la pratique des renvois est la plus courante. Aon Global Risk Consulting Certaines sociétés affichent même clairement leur volonté de «faciliter la lecture du document et [d’]en réduire le nombre de pages». Ainsi, 66 % des sociétés ayant répondu au questionnaire affirment utiliser la méthode des renvois (une pratique qui se vérifie dans 84 % des documents de référence analysés) alors qu’elles ne sont que 34 % à avoir recours aux répétitions ou à une pratique mixte entre renvois et répétitions. Cette politique des renvois révèle souvent un souci de regroupement de l’information sur les risques, notamment au sein du chapitre «Facteurs de risques», faisant de ce dernier le réceptacle incontournable de tout élément relatif aux risques. Ainsi, dans 44 % des documents de référence analysés, les renvois sont réalisés de manière complémentaire vers d’autres parties du document de référence (annexes financières, rapport sur le développement durable…) afin de compléter l’information manquante. Le croisement entre le niveau d’information communiqué au sein du chapitre «Facteurs de risques» et la stratégie de renvois permet de distinguer des typologies de chapitres, non sans lien avec le niveau d’avancement en matière de pratiques de gestion des risques et de communication sur les risques. A titre d’illustration, les sociétés livrant peu d’informations et opérant peu de renvois laissent ainsi souvent apparaître qu’elles ne possèdent ni les outils en amont leur permettant d’organiser la gestion des risques ni ceux en aval leur permettant de communiquer sur le dispositif et ses résultats : les petites capitalisations relèvent majoritairement de cette catégorie. Les capitalisations moyennes sont dans une situation intermédiaire : si leurs dispositifs de gestion des risques sont généralement en place, certaines d’entre-elles se heurtent à l’exercice même de communication, en combinant un recours important aux renvois et un faible niveau d’informations. D’autres, en dupliquant au sein du chapitre certains éléments, déjà présents par ailleurs dans le document de référence, laissent plutôt apparaître un déficit de transversalité et des difficultés à opérer des liens entre l’ensemble des éléments communiqués ainsi qu’entre les différentes entités touchant de près ou de loin à la dimension «risques». Seules les grandes capitalisations parviennent majoritairement à livrer une quantité importante d’informations à partir du chapitre «Facteurs de risques» et à le compléter de manière ponctuelle et ciblée par le jeu des renvois, soulignant ainsi leur recul et leur capacité analytique et organisationnelle à décloisonner les informations relatives aux risques, quel que soit leur emplacement dans le document de référence. Matrice « Typologie de chapitres / profil de sociétés » Renvois réalisés à partir du chapitre "Facteurs de risques” + Type de chapitre Profil de société "Coquille vide” GR "Conformité réglementaire” Type de chapitre Profil de société + COM - GR - COM - Type de chapitre Profil de société Type de chapitre Profil de société "Pilier-pivot” ++ COM ++ GR "Auto-porteur” GR + COM + + Qualité et exhaustivité de l'information du chapitre "Facteurs de risques” GR Niveau d'avancement en gestion des risques COM Niveau d'avancement en communication 27 Des liens resserrés entre le document de référence et les autres publications Les connexions du document de référence avec d’autres publications - notamment Rapport du Président sur le contrôle interne et la gestion des risques et rapport financier semestriel sont croissantes. Conséquence directe de l’entrée en vigueur de la loi DDAC du 3 juillet 2008, les renvois du Rapport du Président sur le contrôle interne, appelé désormais rapport du Président sur le contrôle interne et la gestion des risques, vers le chapitre «Facteurs de risques» ont augmenté significativement entre 2008 et 2009 : si en 2008, 41 % des sociétés effectuaient déjà ce renvoi fortement recommandé par l’AMF, elles sont 66 % à s’y conformer cette année. Le renvoi dans le sens inverse, du chapitre «Facteurs de risques» vers le Rapport a également été renforcé : la part des sociétés le réalisant est passée de 13 % en 2008 à 25 % en 2009. Si cette tendance ne reflète pas encore une réelle synergie entre les processus, elle traduit Des émetteurs inquiets face aux risques d’erreur d’interprétation de la réglementation Si 62 % des sociétés déclarent ne pas rencontrer de difficultés particulières à gérer le morcellement de l’information sur le risque grâce aux renvois et aux répétitions, elles soulignent toutefois que cet exercice demande effectivement une «bonne coordination des intervenants en interne» et la mise en œuvre d’«une collaboration des services concernés en amont du document de référence et du Rapport du Président sur le contrôle interne et la gestion des risques». Les 38 % d’entreprises restantes considèrent, quant à elles, les solutions de renvois et de répétition peu satisfaisantes. Elles estiment ne pas réussir à communiquer «une vue claire et synthétique des risques» et mettent en avant «la charge de travail supplémentaire difficilement absorbable» surtout pour les sociétés de taille réduite. Interactions entre les documents de communication financière sur les risques 25 % 66 % Document de référence Chapitre "facteurs de risques” Annexes (IFRS 7, IAS 36, IAS 37) Rapport du Président sur le contrôle interne et la gestion des risques Procédures de contrôle interne et de gestion des risques 84 % Renvois réalisés par une minorité de sociétés 77 % Rapports financiers semestriels Renvois réalisés par une majorité de sociétés Principaux risques et principales incertitudes restants pour le second semestre % Part de sociétés qui réalisent le renvoi néanmoins des interactions croissantes, au sein d’une démarche de gouvernance globale, entre dispositifs de gestion des risques et de contrôle interne. Une part très importante des sociétés (77 %) renvoie du rapport financier semestriel et notamment du paragraphe concernant les «principaux risques et principales incertitudes restants pour le second semestre» vers le document de référence. A l’inverse, aucune société n’incite dans son document de référence à consulter la mise à jour du chapitre «Facteurs de risques» que peut constituer ce paragraphe du rapport financier semestriel. 28 Qu’elles rencontrent ou non des difficultés dans la gestion du morcellement de l’information, les sociétés font toutes état de leur inquiétude face aux nouvelles réglementations, jugées parfois comme trop théoriques et imprécises. Les sociétés craignent principalement de mal interpréter ces textes et de se retrouver ainsi en situation de non-conformité réglementaire en matière de communication sur les risques. Aon Global Risk Consulting Analyse de la communication sur les risques des corporates La communication sur les risques dans les chapitres «Facteurs de risques» L’étude des chapitres «Facteurs de risques» et d’autres publications au titre de l’information réglementée ou comptable (rapports financiers semestriels, IFRS 7, IAS 36 et IAS 37) de 100 sociétés du SBF 250 met en évidence des niveaux de communication hétérogènes. Si chaque exercice est aujourd’hui relativement bien maîtrisé par l’ensemble de l’échantillon, seules quelques sociétés établissent des connexions entre les différents supports d’information permettant ainsi d’appréhender la notion de risques dans toute sa globalité. En 2008, les sociétés cotées ont atteint un point d’équilibre entre les recommandations de l’AMF en termes de communication financière sur les risques et leurs propres exigences quant au degré d’information qu’elles souhaitent communiquer au marché. En 2009, cette tendance se confirme, avec une évolution de l’échantillon similaire à celle de l’année précédente : 5 % de progression entre 2008 et 2009 et 4,7 % entre 2007 et 2008. Même si les émetteurs s’améliorent chaque année - deux sociétés ont dépassé la barre de la moyenne de 2 en 2009, alors qu’aucune ne l’avait encore fait en 2008 et 31 % des émetteurs ont une moyenne supérieure à 1,5 - cette progression reste désormais à la marge. Confirmation du caractère éprouvé et mature de cet exercice de style La légère amélioration constatée s’explique par une double tendance : d’une part les dispersions au sein de chaque indice s’amenuisent et d’autre part le SMALL90, toujours en retrait, se rapproche des autres capitalisations en termes de performance. L’homogénéisation la plus importante a lieu surtout au sein des petites et moyennes sociétés, marquées traditionnellement par une grande disparité de la qualité de l’information délivrée dans le chapitre «Facteurs de risques». Le MID100 passe ainsi d’une dispersion de 24,3 % à 19,7 % et le SMALL90 de 34,6 % à 28 %. Ce rapprochement entre sociétés de même indice donne ainsi lieu à un nivellement par le haut des performances avec une augmentation généralisée des moyennes de chaque capitalisation. Les sociétés du SMALL90, largement en dessous des autres indices en termes de qualité de l’information délivrée en 2008, progressent de manière spectaculaire cette année. Elles évoluent presque trois fois plus en 2009 qu’en 2008 (+11,4 % de progression contre +4 %). Un effet de rattrapage comparable, mais dans une moindre mesure, à l’évolution du MID100 en 2007 (+33 % de progression), ayant entraîné à l’époque le décrochage des petites capitalisations. La quasi-stabilisation de la moyenne depuis deux ans, combinée au double effet de rattrapage évoqué ci-dessus confirme l’atteinte d’un palier en matière de communication sur les risques. Les sociétés se rapprochent de plus en plus les unes des autres et un seuil commence à se dessiner de manière claire. Ce constat d’essoufflement pourrait être remis en cause par l’application des dernières évolutions réglementaires (loi du 3 juillet 2008 et dans une moindre mesure, 8ème directive), susceptibles de creuser de nouveau certains écarts. Evolution 2008-2009 - Chapitre «Facteurs de risques» Moyennes 2009 Moyennes 2008 Moyenne 1,5 1 0,5 0 10 % 20 % 30 % 40 % Dispersion SMALL90 MID100 NEXT20 CAC40 29 Les risques juridiques et financiers toujours les mieux traités significativement à la qualité de l’information sur les risques financiers. Les émetteurs mettent en effet l’accent sur les analyses de sensibilité (hypothèses, méthodes de calcul et résultats) et font des renvois du chapitre «Facteurs de risques» vers les annexes où sont livrées ces informations détaillées dues au titre d’IFRS 7. Le contexte actuel de crise conduit également les sociétés à se concentrer sur ce type de risques et à donner des détails plus fournis dans le cadre de la communication financière afin de rassurer les marchés sur leur capacité à les gérer. Les émetteurs continuent de rencontrer, en revanche, des difficultés à communiquer de manière satisfaisante sur les risques industriels et liés à l’environnement et sur les assurances. Les moyennes (1,26 et 1,14) sont relativement plus basses que celles des autres rubriques et la progression sur les trois derniers exercices est également moindre. Cette tendance s’explique par les difficultés persistantes des émetteurs à obtenir, en interne, les informations concernant le risque industriel et lié à l’environnement. Présentation des résultats par type de risque Croissance 2007-2009 (CAGR) 8% 6% 4% 2% 0% 0,7 0,9 1,1 1,3 1,5 1,7 Moyenne 2009 30 80 64 % 60 40 20 14 % 14 % 14 % 9% 0 Financiers Juridiques Industriels Assurances et environnementaux Autres Environ un quart des entreprises (24 %) ont néanmoins bien assimilé l’exercice et atteignent une moyenne égale ou supérieure à 2. Ce groupe de tête réunit à la fois des sociétés ayant développé des bonnes pratiques en matière de communication sur les risques industriels et liés à l’environnement (souvent de grandes capitalisations du secteur Energie/Matières premières/Utilités) et des sociétés non concernées par ce type de risque, mais prenant soin de le préciser. La rubrique «Assurances» est, quant à elle, légèrement mieux traitée que l’année précédente. L’amélioration de la communication sur des éléments comme les captives est contrebalancée par la diminution de la volumétrie d’informations fournie par certaines sociétés. Trois ans après l’assouplissement des exigences de l’AMF dans ce domaine, certaines sociétés amorcent un retrait en fournissant moins de détails chiffrés sur les polices d’assurance souscrites. 10 % 0,5 Difficultés de centralisation de l’information par risque Nombre de sociétés ayant évoqué ce type de risques au titre de l'information la plus difficile à recueillir Les risques juridiques et les risques financiers restent les rubriques les mieux traitées avec des moyennes respectives de 1,60 et 1,49. Leur évolution agrégée sur les trois derniers exercices est également très importante. En 2009, la qualité de la communication sur les risques juridiques est renforcée par une description plus détaillée des litiges ainsi que de leurs conséquences financières. Cette progression s’explique à la fois par une amélioration de forme, due à une meilleure utilisation des renvois, et de fond puisque certaines sociétés passent d’une simple mention des amendes au détail des provisions pour litiges. Les sociétés continuent donc de livrer une information qualitative comme quantitative toujours plus complète sur les risques juridiques, 28 % d’entre elles ont même une moyenne supérieure ou égale à 2. Les risques financiers sont, quant à eux, globalement mieux traités grâce à une recrudescence des détails fournis sur les études de sensibilité liées aux risques de change et de taux (les moyennes respectives passent de 1,44 à 1,58 et de 1,40 à 1,48). Cette amélioration s’explique par l’impact de la norme IFRS 7 qui, trois ans après sa première application, contribue Présentation générale Assurances Risques industriels et liés à l'environnement Risques juridiques Risques financiers 1,9 Aon Global Risk Consulting Les points faibles demeurent la hiérarchisation et la quantification des risques La première porte sur le degré relativement important d’assimilation de l’exercice par les sociétés et sur leur capacité à répondre de manière formelle aux exigences de l’AMF, puisque la forme des chapitres «Facteurs de risques» est de plus en plus aboutie. Non seulement les sociétés maîtrisent la présentation formelle des risques au sein de chaque rubrique définie par l’AMF, mais elles sont également capables de mettre en exergue des risques propres à leur secteur d’activité, leur taille, leur marché… Ainsi, 80 % des sociétés communiquent de manière satisfaisante sur des risques spécifiques à leur activité et 89 % d’entre elles décrivent leurs risques en précisant les liens avec l’activité. Les deux points d’évaluation «Présentation des risques en lien avec l’activité» et «Structure et présentation des risques» cumulent à la fois les moyennes les plus élevées (1,53) et l’évolution la plus forte sur les trois derniers exercices. Cette relative aisance des émetteurs dans l’exercice d’information sur les risques peut néanmoins conduire à l’écueil d’une communication trop stable et figée, comme en témoignent les 62,4 % de sociétés qui se limitent à mettre à jour les données chiffrées de leur chapitre «Facteurs de risques» entre 2008 et 2009. Par ailleurs, les sociétés de l’échantillon sont toujours caractérisées par des pratiques insuffisantes de hiérarchisation et de quantification de leurs risques. Le point d’évaluation «Hiérarchisation et quantification des risques» obtient de nouveau la moyenne la plus basse (0,86). Parmi les sociétés interrogées dans le cadre de notre enquête d’opinion, 75 % déclarent rencontrer des difficultés à quantifier les risques, mais elles ne sont que 19 % à pointer le même problème dans le cas de la hiérarchisation. En effet, si la grande majorité des entreprises sont dotées de dispositifs d’identification et d’analyse des risques et sont en mesure de hiérarchiser leurs risques, elles ne souhaitent pas pour autant communiquer sur les résultats de leur cartographie dans le cadre d’un document public. Ce déficit de hiérarchisation est donc la résultante d’un choix, à la différence de la quantification pour laquelle rares sont les sociétés qui disposent des processus et des outils techniques leur permettant de quantifier leurs risques ou tout au moins une partie d’entre eux. En dépit d’une moyenne encore faible, l’analyse de l’évolution des pratiques de communication sur la quantification et la hiérarchisation sur Présentation des résultats par grande étape de l’ERM Croissance 2007-2009 (CAGR) 8% 6% 4% 2% 0% 0,5 0,7 0,9 1,1 1,3 1,5 1,7 1,9 Moyenne 2009 Structure et présentation des risques Présentation des risques en lien avec l'activité Hiérarchisation et quantification des risques Mesures de suivi et de contrôle des risques Difficultés rencontrées dans le cadre de l’élaboration du chapitre «Facteurs de risques» 80 Nombre de sociétés ayant évoqué le point comme la difficulté majeure rencontrée Au-delà de l’exploitation des résultats par type de risques, une analyse du chapitre «Facteurs de risques» via le prisme des grandes étapes de l’ERM (identification, évaluation et quantification, suivi et contrôle, couverture) permet de déceler trois tendances majeures. 75 % 60 40 19 % 20 6% 0 0% Identifier 0% Hiérarchiser Quantifier Présenter les mesures de contrôle Autres les trois derniers exercices révèle, en revanche, la progression la plus élevée parmi toutes les autres étapes de l’ERM (5,85 %). Il semblerait donc que les sociétés continuent à s’améliorer sur ces deux points, ce qui pourrait conduire à terme à des chapitres «Facteurs de risques» à l’information davantage hiérarchisée et quantifiée. La dernière tendance est, quant à elle, la relative stabilité de la description des dispositifs mis en place par les sociétés pour gérer leurs risques. Si les procédures de suivi et de contrôle semblent bien présentées par les entreprises (moyenne de 1,06), l’évolution agrégée de ce critère sur les trois derniers exercices demeure faible (3,95 %). Des chiffres surprenants au regard des dernières évolutions réglementaires, notamment la loi DDAC du 3 juillet 2008. Dans la mesure où le Rapport du Président sur le contrôle interne porte désormais également sur la gestion des risques, des synergies visant à enrichir le chapitre «Facteurs de risques» par la description des procédures de suivi et de contrôle auraient pu apparaître. Or, ces interactions restent l’apanage de quelques émetteurs qui ont su décloisonner les exercices pour procéder à un enrichissement de ce chapitre par la livraison d’informations poussées et détaillées sur leurs procédures de gestion. Couverture et transfert de risques 31 Les annexes financières : une contribution contrastée des obligations comptables à la communication sur les risques Au-delà du chapitre «Facteurs de risques», le document de référence contient des informations relatives aux risques, souvent communiquées dans les annexes financières. Ces données sont dues au titre de différentes normes comptables, notamment IFRS 7, IAS 36 et IAS 37. Alors que l’information due au titre d’IFRS 7 – Instruments financiers : informations à fournir (voir encadré ci-dessous) est clairement identifiée par les émetteurs comme faisant partie du volet «communication sur les risques», les données relatives à IAS 36 – Dépréciation d’actifs (voir encadré p.33) et IAS 37 - Provisions, passifs éventuels et actifs éventuels (voir encadré p.34) ne semblent pas encore considérées comme telles. Ce constat révèle un relatif cloisonnement entre les exercices et une difficulté des sociétés à dépasser la conformité comptable pour exploiter, dans le chapitre «Facteurs de risques», certains des éléments dus au titre de ces normes. La récente mise à jour du guide d’élaboration des documents de référence publiée par l’AMF le 29 octobre 2009 aménage la présentation des différents risques et préconise une plus grande intégration des informations à fournir au sein du chapitre «Facteurs de risques» avec les exigences comptables. Une tendance qui devrait ainsi se cristalliser dans les prochaines publications à venir. Venant directement compléter et enrichir les données fournies dans le chapitre «Facteurs de risques», les informations sur les risques financiers dues au titre d’IFRS 7 y sont naturellement intégrées par 84 % des émetteurs qui font un renvoi de ce chapitre vers les annexes financières, et notamment vers l’information due au titre d’IFRS 7. La norme IFRS 7 augmente les exigences du régulateur vis-à-vis des entreprises en matière de communication sur leurs risques financiers. D’une part, les catégories de risques classiques demandées dans le chapitre «Facteurs de risques» doivent être complétées par des informations sur les hypothèses retenues pour effectuer les calculs (notamment ceux de sensibilité), ainsi que des éléments qualitatifs et quantitatifs supplémentaires. D’autre part, le risque de crédit, non exigé par l’AMF jusqu’à la parution de la mise à jour de ses recommandations en octobre 2009 dans le chapitre «Facteurs de risques», doit faire l’objet d’un traitement à part entière au titre d’IFRS 7. Globalement bien traité par les sociétés avec une moyenne de 1,17, il reste néanmoins en dessous de la moyenne de la rubrique «Risques financiers» du chapitre «Facteurs de risques». Risque de crédit Eléments qualitatifs d'appréciation du risque / Forme et présentation générale 25 24 45 3 23 4 70 Garanties détenues 63 24 11 Qualité du crédit des actifs financiers échus mais non dépréciés 59 65 2 5 29 10 2 Valeur comptable des actifs financiers dont les conditions ont été renégociées 30 4 65 1 Analyse de l'âge des actifs financiers échus mais non dépréciés 31 2 67 Non traité Des synergies évidentes pour les émetteurs entre IFRS 7 et le chapitre «Facteurs de risques» Rappel sur la disposition de la norme IFRS 7 - Instruments financiers : informations à fournir La norme IFRS 7, adoptée par l’Union Européenne le 11 janvier 2006, est d’application obligatoire pour tous les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2007. «L’objectif de la norme IFRS 7 est d’imposer aux entités de fournir des informations dans leurs états financiers, de façon à permettre aux utilisateurs d’évaluer : (a) l’importance des instruments financiers au regard de la situation financière et de la performance financière de l’entité, et (b) la nature et l’ampleur des risques découlant des instruments financiers auxquels l’entité est exposée au cours de l’exercice et à la date de clôture, ainsi que la façon dont l’entité gère ces risques.» Dans le cadre de cette étude, seule la partie de la norme relative aux risques financiers est analysée : IFRS 7 s’intéresse notamment aux risques de crédit, de liquidité, et de marché. 32 6 Exposition maximale au rique de crédit Insuffisant Satisfaisant Surperformant Aon Global Risk Consulting Une approche risques au sein d’IAS 36, mais peu de connexions avec le chapitre «Facteurs de risques» De même, les moyennes obtenues par les différentes catégories de risques «classiques» (liquidité, change, taux) sont, globalement, légèrement inférieures à celles obtenues par les sociétés dans le cadre de leur chapitre «Facteurs de risques». La principale difficulté rencontrée par les sociétés réside dans l’explication des méthodes et hypothèses utilisées pour le calcul des sensibilités, ce qui constitue la principale nouveauté d’IFRS 7 par rapport aux exigences traditionnelles de l’AMF. Habitués à un exercice codifié et normé depuis des années, les émetteurs ont sans doute besoin d’un temps d’adaptation pour satisfaire à ces nouvelles exigences. Ces dernières ont, par ailleurs, contribué à améliorer les moyennes de la rubrique «Risques financiers» des chapitres «Facteurs de risques», le jeu des renvois ayant permis d’enrichir l’information de ce chapitre. Comparaison des moyennes : IFRS 7 - “Facteurs de risques” 1,8 Risque de liquidité 1,6 1,4 Risque de taux Note globale Risque de liquidité 1,2 Note globale Risque de change Risque de change Risque de crédit 1 Risque de taux 0,8 Notation IFRS 7 Notation "Facteurs de risques” Rappel sur la disposition de la norme IAS 36 – Dépréciation d’actifs L’objectif de la norme IAS 36 est de «prescrire les procédures qu’une entité applique pour s’assurer que ses actifs sont comptabilisés pour une valeur qui n’excède pas leur valeur recouvrable. Un actif est comptabilisé pour une valeur qui excède sa valeur recouvrable si sa valeur comptable excède le montant à recouvrer par son utilisation ou sa vente. Si tel est le cas, l’actif est déclaré comme s’étant déprécié et la norme impose que l’entité comptabilise une perte de valeur. La norme spécifie également dans quels cas une entité doit reprendre une perte de valeur et prescrit de fournir certaines informations.» Dans le cadre de cette étude, seule la perte de valeur d’actifs incorporels est analysée. Les sociétés maîtrisent globalement l’exercice de communication sur le risque de dépréciation des actifs incorporels. Elles sont 70 % à présenter les tests de dépréciation de manière détaillée : description qualitative des tests et des hypothèses retenues pour la détermination des valeurs recouvrables, présentation de données chiffrées sur les hypothèses retenues pour la détermination des valeurs recouvrables (notamment les taux d’actualisation)… Cette part chute légèrement lorsqu’il s’agit de communiquer clairement sur les résultats de ces tests (61 %). Les tests de dépréciation réalisés concernent, le plus souvent, le goodwill. Rares sont les sociétés qui vont présenter des pertes de valeur sur d’autres actifs incorporels à durée de vie illimitée comme certains brevets, logiciels, marques… Bien que les informations dues au titre d’IAS 36 ne soient pas complètement intégrées dans la communication sur les risques comme celles dues au titre d’IFRS 7, elles sont présentées, dans la majorité des cas, sous un angle «risques». Ainsi, 54 % des sociétés réalisent des analyses de sensibilité plus ou moins poussées. Mais, le lien entre le chapitre «Facteurs de risques» et les annexes IAS 36 n’est pas pour autant automatique. Une seule société renvoie du chapitre «Facteurs de risques» vers 33 les annexes IAS 36 et trois sociétés intègrent, dans ce chapitre, l’analyse de la dépréciation des actifs, l’une d’entre elles expliquant qu’elle a sélectionné dans les annexes financières les données qui pourraient intéresser le lecteur. Une pratique qui pourrait se généraliser si les émetteurs tentent d’établir davantage de liens et d’interconnexions entre les informations publiées. IAS 37 : une exploitation principalement comptable des informations produites Rappel sur la disposition de la norme IAS 37 - Provisions, passifs éventuels et actifs éventuels L’objectif de la norme IAS 37 est de «faire en sorte que les critères de comptabilisation et les bases d’évaluation appliquées aux provisions, aux passifs éventuels et aux actifs éventuels soient appropriés et que les notes fournissent suffisamment d’informations pour permettre aux utilisateurs de comprendre la nature, l’échéance et le montant de ces provisions, passifs éventuels et actifs éventuels.» Dans le cadre de cette étude, seuls seront traités les passifs éventuels. Les passifs éventuels décrits sont très fréquemment liés au «Droit individuel à la formation». Peu de sociétés mentionnent des événements ou obligations plus spécifiques à leur activité ou à leur situation sur le marché. La communication au titre d’IAS 37 est concentrée dans les annexes, une seule société opérant un renvoi du chapitre «Facteurs de risques» vers les annexes sur les passifs éventuels dans sa partie «Risques juridiques». Le traitement de cette information est encore exclusivement comptable et les sociétés ne la voient pas comme pouvant faire explicitement partie de leur communication sur les risques. Mais du fait de la «proximité comptable» des notions de provisions et de passifs éventuels, il est possible que progressivement les entreprises envisagent d’intégrer les passifs éventuels dans la communication sur leurs risques, tout comme elles le font pour les provisions pour litiges ou les provisions pour risques environnementaux. Exploitation des résultats - passifs éventuels Description du passif éventuel 54 11 31 4 Estimation de l'effet financier 12 63 18 7 Indication des incertitudes relatives au montant ou à l'échéance de toute sortie 65 74 Le passif éventuel correspond à une obligation potentielle à l’égard d’un tiers qui n’est ni probable ni certaine à la date de clôture de l’exercice ou à une obligation probable à l’égard d’un tiers pour laquelle la sortie de ressources ne l’est pas. Les passifs éventuels sont donc des risques du fait de leur non probabilité de survenance, ou de la non probabilité de sortie de ressources liées à leur survenance. La norme IAS 37 prévoit une communication à la fois qualitative et quantitative sur les passifs éventuels. Ces deux aspects sont traités de manière inégale par les sociétés. Elles sont 35 % à fournir des éléments descriptifs très détaillés sur les passifs (causes, explications, principaux éléments…) mais cette part chute à 25 % lorsqu’il s’agit de recenser les entreprises qui donnent une estimation financière précise du passif éventuel. Les 75 % restantes se contentent de donner quelques éléments chiffrés qui permettent d’appréhender l’impact potentiel de l’événement. 34 12 Non traité Insuffisant Satisfaisant 14 Surperformant Aon Global Risk Consulting Gestion des risques et contrôle interne des sociétés cotées au FTSE UK L’analyse des annual financial reports et des corporate governance statements de 51 sociétés cotées au FTSE UK met en évidence des divergences entre les pratiques françaises et britanniques. Un décalage qui s’explique principalement par les différences de réglementations entre les deux pays. Le cadre réglementaire de communication britannique est moins contraignant que celui applicable en France dans la mesure où les typologies de risques (à part pour les risques financiers) ne sont pas définies de manière explicite par le régulateur. En l’absence de catégories de risques pré établies, les émetteurs britanniques communiquent spontanément sur les risques propres à leur activité. Les sociétés françaises, quant à elles, ne parviennent à atteindre ce niveau de spécificité que lorsqu’elles ont dépassé l’exercice purement formel de conformité réglementaire. En revanche, le niveau de détail fourni par risque est moins avancé et plus disparate pour les entreprises britanniques. Ainsi, les risques juridiques qui font l’objet d’un traitement abouti et mature depuis trois exercices par les sociétés corporates cotées au SBF 250, sont peu développés par les sociétés cotées au FTSE UK (moyenne de 1,58 vs moyenne de 0,92). La partie «Assurances» est quasi-inexistante dans les rapports britanniques. Peu de détails chiffrés sont donnés sur les polices d’assurance, contrairement aux documents de référence français qui regorgent de précisions sur les franchises, primes et plafonds de garantie, et ce, malgré une diminution des exigences réglementaires en la matière. Concernant les risques financiers, l’information délivrée par les émetteurs britanniques est pertinente mais ne correspond pas toujours aux détails de forme et de fond exigés par le législateur français. La comparaison se révèle donc particulièrement difficile. Les procédures de suivi et de contrôle des risques, explicitement exigées dans le texte de loi britannique à la fois en matière de pratiques et de communication, sont globalement très détaillées avec une moyenne de 2,12 contre une moyenne de 1,49 pour les émetteurs français. Mais, cette description se fait néanmoins, comme dans les rapports 20-F américains, au détriment de la description du risque et de ses conséquences possibles et s’apparente surtout à une énumération à même de protéger la société d’un point de vue juridique, plus qu’à un choix de contrôles pertinents permettant une juste appréciation de l’exposition au risque par le lecteur. Les rapports des sociétés cotées au FTSE UK sont donc moins formels que les documents de référence français et évitent ainsi l’écueil d’une communication trop stable et figée qui évolue peu d’un exercice à l’autre. Mais ce manque de formalisme n’est pas seulement vertueux, il peut s’avérer parfois pénalisant lorsqu’il s’agit d’examiner chaque risque de manière plus poussée. Quant aux dernières directives européennes (transposées en France via la loi DDAC du 3 juillet 2008 et l’ordonnance du 8 décembre 2008), elles n’auront aucun impact sur les documents des sociétés britanniques puisque les différentes réglementations existant outre-Manche incluent déjà leurs évolutions. Le suivi de l’efficacité des systèmes de gestion des risques et de contrôle interne est, par exemple, déjà mentionné dans le Turnbull report (révisé en 2005) : «Reviewing the effectiveness of internal control is an essential part of the board’s responsibilities». 35 Les risques dans les rapports financiers semestriels : un exercice nouveau, au caractère dynamique, pratiqué avec aisance par un tiers des émetteurs Depuis le premier semestre 2008, les sociétés cotées publient, au titre de l’article 5 de la directive Transparence, un rapport couvrant les six premiers mois de chaque exercice et incluant une description des «principaux risques et principales incertitudes pour les six mois restants de l’année». Cette description porte sur les «éléments susceptibles d’avoir une incidence significative sur la situation financière et les résultats de l’émetteur». L’AMF préconise un simple renvoi vers le document de référence, s’il n’y a pas eu d’évolution des facteurs de risques sur le semestre. Cet exercice représente une réelle nouveauté pour les sociétés cotées, qui doivent désormais d’une part adopter une approche dynamique en mettant à jour leurs facteurs de risques tous les six mois, ce qui suppose en amont une revue, voire une mise à jour plus régulière de la cartographie des risques. D’autre part, l’exercice de réflexion prospective est accentué pour inclure dans le champ de la communication financière la notion d’incertitude, conduisant à évoquer des risques émergents et pas seulement des risques potentiels ou avérés. L’examen du contenu des rapports semestriels 2009 montre que la majorité des entreprises (88 %) tentent de répondre à ces nouvelles exigences. Mais, elles le font de manière contrastée : si 10 % des sociétés se limitent à un simple renvoi vers le chapitre «Facteurs de risques» sans explication complémentaire, elles sont 44 % à préciser qu’aucun élément ne vient modifier la description des risques contenue dans le document de référence ; elles renvoient donc vers le chapitre «Facteurs de risques» ou l’intègrent complètement ou partiellement dans le rapport semestriel. Certaines sociétés parviennent à actualiser leurs facteurs de risques en intégrant de nouveaux éléments survenus durant les six derniers mois (22 %), voire même, pour les meilleures pratiques, à se prononcer sur des risques à venir (13 %). Parmi ces derniers, les plus récurrents sont l’épidémie, les risques financiers, les risques concurrentiels suite à des fusions-acquisitions ou au changement de stratégie d’un concurrent, la remise en cause des résultats financiers initialement annoncés… Cette dernière catégorie, capable de se prononcer sur les risques émergents dans le rapport semestriel regroupe les sociétés les plus matures en matière de communication sur les 36 risques dans les documents de référence. En effet, les 13% d’émetteurs qui se démarquent par la qualité de leur présentation des risques dans les rapports semestriels ont, par ailleurs, obtenu une moyenne globale de 1,39 pour leur chapitre «Facteurs de risques», soit une moyenne plus élevée que celle de l’ensemble de l’échantillon (1,36). D’ailleurs, 50 % d’entre elles appartiennent au CAC40, indice où se concentrent les meilleures pratiques en matière de gestion des risques et de communication financière. Cette part très élevée ne fait que confirmer ce constat de maturité : la capacité à se prononcer sur des risques à venir est notamment liée à la réalisation en amont d’un chapitre «Facteurs de risques» structuré et abouti, ainsi qu’à la possibilité de s’appuyer sur un processus d’identification des risques documenté et «auditable». Mais, toutes les sociétés à la pointe en matière de communication sur les risques dans le document de référence ne mettent pas en oeuvre les meilleures pratiques identifiées dans les rapports semestriels. Parmi les dix sociétés détenant la meilleure moyenne dans le cadre de la notation de leur chapitre «Facteurs de risques», une seule fait partie des 13 % d’entreprises communiquant sur les risques à venir dans les rapports semestriels. Manque d’adaptation à un exercice nouveau ou volonté délibérée de la part de certaines sociétés de faire preuve de prudence dans un contexte marqué par la crise ? L’évolution de l’exercice durant les prochaines années permettra peut-être d’éclairer ce point. L’exercice de communication sur les risques dans les rapports financiers semestriels est encore jeune mais les pratiques évoluent rapidement. Une étude comparative des rapports publiés au premier semestre 2008 et de ceux publiés au premier semestre 2009 montre que si seulement 15 % des sociétés actualisaient les risques de leur document de référence en 2008, elles sont 22 % à le faire en 2009. Une progression semblable est à noter pour la description des risques à venir, puisque 8% des entreprises communiquaient sur leurs risques futurs en 2008, contre 13 % en 2009. Si les sociétés cotées ont eu besoin de plusieurs années de tâtonnement pour s’approprier l’exercice de communication sur les risques dans les documents de référence, elles bénéficient aujourd’hui de cet acquis pour la production de l’information relative aux risques dans les rapports semestriels. Elles apparaissent désormais en position de s’adapter plus rapidement à ce nouvel exercice, qui pourrait ainsi connaître une évolution accélérée des tendances. Comparaison des rapports financiers semestriels 2008-2009 50 % 42 % 40 % 40 % 30 % 28 % 2008 23 % 2009 20 % 15 % 12 % 10 % 13 % 10 % 9% 8% 0% Aucune information Renvoi vers les sur les risques "Facteurs de risques" sans explication Pas d'évolution par rapport au document de référence Actualisation des risques du document de référence Présentation des risques futurs Aon Global Risk Consulting Communication sur les risques des banques et des assureurs cotés au sein du chapitre «Facteurs de risques» Du fait de la nature de leurs activités et des différentes réglementations (notamment CRBF 97-02 révisé, Bâle 2, IFRS 7, Solvabilité 1, puis Solvabilité 2…) auxquelles elles sont soumises, les institutions financières ont mis en place des processus de gestion des risques structurés et formalisés. Contrairement aux simples recommandations et cadres de référence à destination des corporates, l’organisation, les dispositifs de gestion des risques et les contrôles que doivent mettre en place les banques et les assureurs (y compris les réassureurs) sont normés et codifiés de manière stricte. Ce niveau de maturité se reflète naturellement dans leur communication sur les risques. La quantité d’information livrée mais également sa qualité sont très différentes entre corporates et institutions financières. Si les rapports des banques et des assureurs sont plus fournis, ils se concentrent quasi-exclusivement sur les risques propres à leur activité, en particulier les risques financiers. Les autres risques, considérés comme peu stratégiques et éloignés de leur cœur de métier, font l’objet d’un traitement plus léger. Le cadre de communication défini par l’AMF pour le chapitre «Facteurs de risques» apparaît, à cet égard, comme plus adapté aux corporates qu’aux institutions financières, puisqu’il est articulé autour de grandes catégories de risques, pour la plupart éloignées de l’activité des banques et des assureurs. Ces derniers se réfèrent donc de manière moins formelle que les corporates au format AMF et s’attachent, en revanche, à respecter pleinement les exigences de Bâle 2 et de Solvabilité 2. Dans sa récente mise à jour du guide d’élaboration des documents de référence (29 octobre 2009), l’AMF souligne d’ailleurs les disparités d’activité et de réglementation au sein des différentes sociétés cotées, annonçant ainsi une nécessaire mise en situation de l’évaluation de la communication sur les risques selon les secteurs. La communication sur les risques financiers est donc loin d’être comparable entre les corporates et les institutions financières. L’information présentée par ces dernières est plus détaillée, développée et surtout quantifiée. Banques et assureurs : une communication moins aboutie que les corporates sur les risques non financiers Dans le cadre de leur communication sur les risques, les banques et les compagnies d’assurance produisent des chapitres «Facteurs de risques» globalement plus fournis que les sociétés corporates. Avec des développements de 44 pages en moyenne, les banques donnent une information encore plus détaillée que les assureurs (25,5 pages), alors que les corporates sont loin derrière avec 11,4 pages en moyenne. Les institutions financières ne se démarquent pas seulement par la quantité de l’information délivrée mais également par sa qualité de présentation. Ce critère obtient une moyenne de 1,5 chez les banques et de 1,8 chez les assureurs, contre une moyenne de 1,4 chez les corporates. Elles parviennent notamment à s’approprier l’exercice dans la mesure où 83 % des banques et l’intégralité des assureurs nomment leurs risques de manière spécifique, sans s’arrêter à une simple formulation générique. La moitié d’entre eux illustrent leurs risques par la présentation de scénarios. Si les institutions financières ont une information plus développée que les corporates, elles sont cependant confrontées à quelques difficultés dans le traitement des risques non liés à leur activité et à leur cœur de métier. Ainsi, en matière de communication sur les risques juridiques, les banques et les assureurs ne parviennent pas à atteindre le niveau des corporates. Ces derniers témoignent d’un niveau de maturité très élevé sur ces sujets, la rubrique «Risques juridiques» étant depuis trois ans la mieux notée de l’ensemble du chapitre «Facteurs de risques». Cet écart s’explique par la tendance des institutions financières à peu communiquer sur leurs litiges. Il s’agit là d’un problème de forme puisque les provisions pour litiges, présentes dans le document de référence, font rarement l’objet de renvois mais également d’un problème de fond étant donné l’absence de toute information sur les 37 litiges dans 50 % des documents de référence des banques notés. Les risques industriels et liés à l’environnement font l’objet d’un rendu plus dispersé. Alors que 66 % des compagnies d’assurance précisent que leur activité, avant tout financière, ne les expose pas à ce type de risques (d’où une moyenne de 1,3), la plupart des banques ne mentionnent même pas l’existence du risque. Elles ne sont d’ailleurs que deux à y faire référence. Concentrées sur les risques financiers, les institutions bancaires s’attachent peu à décrire des éléments qu’elles ne jugent pas significatifs ou susceptibles d’impacter leur activité. Quant aux dispositifs de couverture assurantielle, ils sont moins bien traités par les institutions financières que par les corporates. L’allègement des exigences de l’AMF en matière de communication sur les assurances n’a pas entraîné pour autant une diminution de la qualité de l’information livrée par les corporates. Ils donnent toujours des détails très chiffrés sur les plafonds de garantie, les franchises, les primes… Les banques et les assureurs, quant à eux, communiquent à peine sur leurs polices souscrites et ne donnent aucun élément quantitatif. Ce sont paradoxalement les assureurs qui obtiennent la moyenne la plus basse (0,6). Contrairement aux banques, ils communiquent peu sur leur politique générale de couverture, traduisant ainsi une tendance générale observée dans l’ensemble du chapitre «Facteurs de risques» : les institutions bancaires donnent généralement plus d’information qualitative que les assureurs. Le décalage entre institutions financières et corporates en matière de communication sur les risques non financiers est significatif, dans la mesure où les institutions financières présentent des dispositifs de gestion des risques matures. En effet, compte tenu des réglementations auxquelles elles sont soumises (Bâle 2, Solvabilité 1, CRBF 97-02…), elles ont développé des systèmes de gestion et de contrôle des risques très structurés. Elles se démarquent, d’ailleurs, des corporates par une communication plus complète sur les procédures de suivi et de contrôle (moyenne de 2,3 pour les banques et de 2,2 pour les assureurs), ainsi que par une présentation exhaustive de leur processus de gestion des risques, à la fois dans une partie introductive du chapitre puis déclinée risque par risque. De fait, ce décalage ne doit pas conduire à 38 conclure que les institutions financières sont devancées par les corporates, mais plutôt à constater qu’elles ont choisi de se concentrer sur les risques qu’elles jugeaient significatifs par rapport à leur cœur de métier. Comparaison corporates - banques - assurances : rubriques non financières 2 1,77 1,65 1,5 1,47 1,43 1,28 1,21 1 1,25 1,24 1,14 Corporates 0,97 Banques 0,64 Assurances 0,5 0,36 0 Présentation générale Risques juridiques La communication des banques sur les risques financiers : un équilibre à trouver entre attentes du marché et exigences de confidentialité en temps de crise L’analyse des risques financiers montre une réelle appropriation de l’exercice de communication par les banques. Elles ne se contentent pas d’un niveau d’information générique mais parviennent à fournir des données caractéristiques qui leur sont propres, notamment en décrivant les particularités de leur environnement interne de gestion des risques. Elles sont ainsi 84 % à donner des détails sur leur cadre conceptuel de tolérance et de limite au risque (moyenne de 2,17) et à évoquer leur «appétit au risque». Au-delà de la spécificité de certains éléments descriptifs, les institutions bancaires ont atteint un niveau de maturité très élevé en matière de communication sur les risques propres à leur activité, tant au niveau de la quantité de l’information délivrée que de sa qualité. Quelques disparités subsistent entre catégories de risques, dues essentiellement au degré d’adaptation à Risques industriels et liés à l'environnement Assurances et couverture des risques Aon Global Risk Consulting des contraintes réglementaires plus ou moins récentes. Les risques visés par le pilier 1 de la directive Bâle 2, à savoir les risques de crédit, les risques opérationnels, et les risques de marché obtiennent les meilleures moyennes. Le risque de crédit est le mieux noté avec une qualité globale de l’information qualitative et quantitative livrée de 2,3 et une moyenne générale de 1,36. Les banques ont eu le temps de s’approprier l’exercice et parviennent aujourd’hui à communiquer de manière très structurée et aboutie sur ce risque, même si la crise financière a montré que des améliorations étaient encore nécessaires. Dans ce cadre, les informations générales liées à l’application de Bâle 2 sont les mieux traitées : cinq banques au sein de l’échantillon de six décrivent l’approche retenue pour le traitement du risque de crédit (approche standard, approche notation interne fondation (IRB-F) ou approche notation interne avancée (IRB-A)). En outre, elles dressent des matrices d’exposition par probabilité de défaut (PD) ou le taux de perte en cas de défaut (LGD). Cependant, les techniques de réduction des risques font l’objet d’une communication moins aboutie et plus technique : 66 % des banques, par exemple, ne communiquent pas sur les sûretés personnelles et réelles permettant de réduire leurs risques nets. Certaines informations plus précises en matière de gestion du risque de crédit manquent parfois, comme l’unicité de la définition du défaut bâlois, abordée par une seule institution bancaire. critères plus poussés concernant les méthodes de valorisation ou le contrôle de cette valorisation. De même, les risques opérationnels se caractérisent par un rendu bien structuré pour se conformer à la directive, mais les précisions données sont assez variables. Si quatre banques présentent une analyse quantitative, deux d’entre elles seulement vont jusqu’à communiquer des chiffres absolus et non rapportés en pourcentages. Les autres risques, absents du pilier 1 de Bâle 2, sont décrits de manière moins exhaustive. Pour ces risques, les banques tentent de livrer un degré de détail suffisant pour garantir la confiance du marché sans pour autant donner trop d’information. Ainsi, dans le cadre du risque de liquidité, si la moitié des banques étudiées communiquent correctement sur leurs méthodes générales de suivi par des indicateurs de liquidité (note moyenne de 1,17) ou de couverture (1,50), elles ne donnent cependant pas de précisions sur le niveau de leurs réserves de liquidité ou leur plan de continuité d’activité pour faire face à un choc. D’autres risques, moins réglementés, sont écartés par l’ensemble des banques. Elles donnent en effet des informations très parcellaires sur les risques stratégiques et de réputation avec des moyennes respectives de 0,33 et 0,83. Qualité générale de l’information et moyennes des risques financiers - banques Qualité générale de l'information Les risques de marché et, du fait des innovations introduites par la directive Bâle 2, les risques opérationnels font également l’objet d’une attention toute particulière de la part des banques avec une qualité générale de l’information livrée de 2,17. Le traitement concret est en revanche moins poussé que pour le risque de crédit, traduisant ainsi, pour les risques opérationnels, une moindre adaptation à des exigences plus récentes. 2,5 Pour les risques de marché, l’information fournie à propos des reclassements de titres entre trading book et banking book est contrastée. Si les banques apportent des précisions générales satisfaisantes sur ces sujets (1,33 en moyenne), elles ne donnent pas de détails sur des 0,5 Moyenne de la rubrique 2,3 2,2 2,2 2,0 2 1,8 1,8 1,5 1,3 1,6 1,5 1,4 1,3 1,1 1,0 1 0,9 0 Gouvernance/ organisation de la gestion des risques Risque Risques Risques de crédit/ de marché opérationnels contrepartie (actions, taux change, crédit, MP) Risque de liquidité Risque structurel de taux Risque structurel de change 39 La communication financière des assureurs : une information plus formelle mais moins poussée que les banques Concernant les informations d’actualité particulièrement sensibles, comme celles liées à la crise, deux tendances semblent se dégager. La majorité des banques fait en effet le choix de limiter les détails de leur exposition pour éviter de donner des informations qui pourraient être mal interprétées par le marché, mais un petit groupe se démarque par une communication particulièrement fournie et transparente sur ces sujets. Ainsi, dans le cadre des activités de titrisation, quatre institutions bancaires sur six n’abordent pas spécifiquement les «actifs toxiques» (de type RMBS - Residential Mortgage Backed Securities - ou CMBS - Commercial Mortgage Backed Securities). Une minorité fait tout de même le choix de communiquer sur ce type d’exposition et fournit d’importantes données quantitatives. Concernant les problématiques de solvabilité, deux banques seulement rendent compte de manière détaillée du soutien apporté par l’Etat, et communiquent ainsi sur l’émission de titres super subordonnés perpétuels souscrits par la Société de Prises de Participations de l’Etat SPPE (11 décembre 2008). Dans le cas de l’exposition au risque de contrepartie sur les opérations de marché, cinq banques sur six présentent leur exposition monoline résultant des rehaussements de crédit souscrits pour améliorer la qualité de crédit de certains instruments. Une seule banque fournit des données claires en précisant le nom des assureurs monoline et en présentant une analyse quantitative. Des moyennes donc plutôt honorables (1,5 pour la titrisation et les «actifs toxiques» et 1,33 pour les expositions monoline) recouvrent en fait des pratiques antagonistes et très dispersées. Comme les banques, les assureurs excellent dans la communication sur les risques financiers. Mais, ils réservent un meilleur traitement aux risques les plus stratégiques par rapport à leur activité. L’information concernant ces risques est mieux tracée en interne et intéresse tout particulièrement les investisseurs et le marché. Ainsi, le risque de taux, occupant une position centrale dans le processus de gestion des risques, liée à la gestion actif-passif, obtient la moyenne la plus élevée (1,67). L’intégralité des assureurs cotés présentent dans leur chapitre «Facteurs de risques» une étude de sensibilité. Tous n’adoptent pas le même niveau de détail : la moitié d’entre eux se contentent de fournir une analyse chiffrée rapide, alors que l’autre moitié se distingue par des informations qualitatives complémentaires ou des données chiffrées plus précises. La meilleure pratique observée correspond à une étude séparée des activités «vie» et «non vie». Le traitement du risque de crédit est, quant à lui, moins abouti que celui du risque de taux mais il demeure satisfaisant (moyenne de 1,46). Tous les assureurs faisant partie de l’échantillon détaillent la composition de leur portefeuille d’obligations ventilé par notation des contreparties (moyenne de 2,33). En outre, cinq d’entre eux font l’effort de préciser le montant des créances détenues sur les réassureurs ou les rétrocessionnaires, et trois vont même jusqu’à les divulguer en valeurs absolues et non rapportées en pourcentages. En revanche, les informations concernant la couverture du risque de crédit demeurent limitées (moyenne de 0,33) dans la mesure où un seul assureur fournit des informations qualitatives et quantitatives sur les dérivés de crédit au sein de son chapitre «Facteurs de risques». La plupart en font état dans leurs annexes financières mais sans renvoi. Le risque sur les portefeuilles d’obligations et d’actions bénéficie lui aussi d’un rendu satisfaisant avec une moyenne de 1,33. La majorité des assureurs (84 %) présentent leur analyse de sensibilité et donnent des précisions sur la composition de leur portefeuille ou leur politique de placement. 40 Aon Global Risk Consulting Les risques considérés comme moins spécifiques par rapport à leur activité bénéficient, quant à eux, d’une analyse plus légère. La communication sur le risque de liquidité, certes moins centrale que pour les banques, est loin d’être aboutie. Si 66 % des assureurs décrivent un cadre permanent de gestion du risque ou le cas échéant le plan adopté en cas de crise (note de 1,33), peu décrivent leurs techniques précises de gestion. Répartition des notes - Risques financiers des assureurs Forme générale / Risques financiers 50 % 50 % Risque de liquidité 17 % 66 % 17 % Risque de taux 50 % 17 % 33 % 65 83 % Risque de crédit 17 % Risque de change De même, seuls trois assureurs présentent leur gestion actif-passif (ALM), une communication qui, de plus, est partielle (moyenne de 0,72). Ce risque, pourtant spécifique de leur activité, révèle ici les difficultés sous-jacentes d’organisation et de coordination de l’information. Sur les trois sociétés concernées, deux seulement dépassent la seule description générale de l’ALM pour évoquer les méthodes de gestion ou la prise en charge concrète. Les compagnies d’assurance ne fournissent pas systématiquement des détails suffisants pour décrire leurs outils de gestion. Au sein des assureurs vie, peu se livrent à une analyse quantitative de leur Embedded Value ou décrivent son mode de calcul, ce qu’ils font pourtant tous dans le reste de leur rapport. Un problème de forme qui pourrait être résolu par le jeu des renvois. Les informations relatives au suivi, à la réduction ou à la couverture de chaque risque sont insuffisantes au niveau de la forme. Si 84 % des compagnies d’assurance précisent détenir des instruments dérivés dans leur document de référence, 33 % seulement en font mention à l’intérieur même de leur chapitre «Facteurs de risques». A titre d’exemple, seuls deux assureurs font mention de techniques de réduction du risque propres au risque de change en évoquant leurs dérivés de change (moyenne de 0,33), sans pour autant révéler davantage d’éléments humains, matériels ou qualitatifs sur leur cadre spécifique de gestion. Les assureurs semblent donc se caractériser par une communication sur les risques légèrement moins aboutie que celle des institutions bancaires. 67 % 33 % 67 % 33 % Gestion actif-passif Risque actions 17 % 66 % 17 % Embedded Value (vie) 67 % 33 % Insuffisant Satisfaisant Surperformant Dans le contexte de crise actuelle, les assureurs sont moins exposés médiatiquement que les banques et par conséquent moins amenés à communiquer sur des problématiques délicates. Les données relatives aux causes de la crise sont ainsi absentes de leur communication sur les risques. Aucun assureur ne fournit, par exemple, de véritable information sur la détention éventuelle d’«actifs structurés» (RMBS ou CMBS). Seuls deux d’entre eux précisent la composition de leur portefeuille en ABS (Asset Backed Securities) sans donner plus de détails sur la part d’«actifs structurés». Le pilier 3 de la réglementation Solvabilité 2 n’étant pas encore complètement défini, les assureurs ont, pour l’instant, moins de contraintes que les banques en termes de communication sur les risques. Ne disposant donc pas d’exigences dictées par un équivalent de Bâle 2, ils se réfèrent de manière plus formelle aux recommandations de l’AMF tout en les adaptant à leurs spécificités. Toutefois, la disparité de la qualité de l’information fournie sur les risques propres à leur activité est plus importante que pour les institutions bancaires. Elle reflète surtout la composition de l’échantillon, plus diversifié que celui des banques en termes de capitalisation. 41 Le point de vue des émetteurs : une communication marquée par la crise et par les récentes évolutions réglementaires L’édition 2008-2009 de l’étude comportait, en guise de conclusion, une analyse du point de vue des émetteurs sur les pratiques de communication sur les risques. Réitérer l’exercice cette année fournit un éclairage intéressant dans un contexte particulier de crise économique et d’évolutions réglementaires marquées. L’exercice de communication sur les risques ne suscite toujours pas l’unanimité parmi les émetteurs. Il est apprécié par certains et critiqué par d’autres, mais la part des sociétés qui le jugent de manière favorable est passée de 53 % à 64 %. Inversement, 24 % des sociétés y portaient un regard critique en 2008 contre seulement 6 % cette année. Malgré cette évolution, les reproches faits à l’exercice n’ont pas changé. Il est toujours qualifié de «trop formel», «fastidieux», ne permettant pas de rendre compte de la «réalité des risques»… Mais les impacts de la crise financière se font sentir et les entreprises semblent ne plus le considérer comme un simple exercice de conformité. Elles voient désormais dans la communication sur les risques un moyen de présenter au marché leur capacité à gérer les risques et à les maîtriser, allant même jusqu’à le considérer comme un «exercice de prudence à même de rassurer les investisseurs». Contrairement à l’année dernière, peu de sociétés mettent en avant son impact favorable sur la bonne gouvernance, notamment en matière de structuration du processus de gestion globale des risques et de contrôle interne. Les sociétés semblent actuellement tournées vers l’extérieur et leur but principal est de donner au marché une image positive. Les émetteurs continuent de faire état de leurs inquiétudes quant aux dangers associés à la communication sur les risques, cette frilosité est même exacerbée par le contexte économique actuel. Ainsi, ils sont 15 % à affirmer que la communication sur l’un des risques leur a déjà été préjudiciable contre 8 % seulement en 2008. Ils mettent souvent l’accent sur le «risque d’interprétation» des données diffusées et considèrent que «l’entreprise n’est pas à l’abri d’une interprétation négative ou d’une mauvaise appréciation de certains éléments du risque par les marchés financiers ou par les parties prenantes». La crise financière semble donc avoir doublement impacté l’exercice de communication : si les sociétés craignent de plus en plus de divulguer 42 des informations confidentielles pouvant être mal interprétées par le marché financier ou les médias, ou encore exploitées par la concurrence, elles commencent, par ailleurs, à considérer l’exercice de communication sur les risques comme un véritable atout à savoir manier pour rassurer les investisseurs dans un contexte économique houleux. Bien que la légitimité de l’exercice semble renforcée, les sociétés continuent à mettre en garde contre «l’inflation réglementaire» sur le thème des risques. Elles sont 25 % à affirmer que la grande quantité d’informations transmises n’est «certainement utilisée que par très peu de personnes». Il est donc important de «se focaliser sur l’essentiel, sur ce qui est vraiment lu par les investisseurs et les analystes». Un chapitre «Facteurs de risques» trop dense ne serait finalement que très peu exploité par le marché. La charge de travail se révèle, en plus, difficile à absorber par les plus petites sociétés. La majorité des émetteurs souhaitent que les dernières évolutions réglementaires ne contribuent pas à un alourdissement de la tâche en matière de communication sur les risques et espèrent, à l’instar de l’allègement des exigences pour les valeurs petites et moyennes, une prise en compte par l’AMF et ses Groupes de Place (notamment celui sur l’impact de la 8ème directive) de leurs remarques sur les difficultés liées à la communication sur les risques. Les sociétés manifestent donc des inquiétudes face à de potentielles nouvelles réglementations qui pourraient entraîner une recrudescence des exigences en matière de communication financière. Malgré ce constat, les évolutions réglementaires et contextuelles récentes ne peuvent que redonner un nouveau souffle à un exercice qui perdait quelque peu de sa vitalité et visée première. Si les sociétés semblent, dans un contexte de crise, avoir retrouvé l’intérêt initial de la communication sur les risques, à savoir afficher une certaine transparence sur ses expositions et rassurer les investisseurs sur la capacité de la société à les gérer, elles vont également, sous l’impulsion des dernières réglementations, insuffler à l’exercice une nouvelle dynamique en l’enrichissant par l’expérience et le point de vue des administrateurs. Annexe Résultats de l’analyse des documents de référence : corporates, banques et assureurs 44 Aon Global Risk Consulting Chapitre « Facteurs de risques » : résultats détaillés Mode d’emploi La répartition des notations obtenues par les sociétés du benchmark sur la communication sur la gestion des risques est présentée comme suit : Point traité de manière satisfaisante par X % des sociétés Point non traité par X % des sociétés Point traité mais de manière incomplète par X % des sociétés Point traité au-delà des exigences par X % des sociétés Synthèse des résultats - corporates Tendance 08-09 +5 % Note globale 10 2 88 Présentation générale 19 2 79 Risques financiers 10 87 3 Risques juridiques 16 69 15 Risques industriels et liés à l'environnement 38 60 2 Assurances et couverture des risques 42 56 2 En % Insuffisant Satisfaisant Surperformant Synthèse des résultats - banques Présentation générale 83 17 Risques juridiques 67 33 Risques industriels et liés à l'environnement 83 17 Assurances et couverture des risques 50 50 Risques financiers 33 67 En % Insuffisant Satisfaisant Surperformant Synthèse des résultats - assurances Présentation générale 83 17 Risques juridiques 67 33 Risques industriels et liés à l'environnement 33 67 Assurances et couverture des risques 83 17 Risques financiers 66 17 17 En % Insuffisant Satisfaisant Surperformant 45 A propos de NYSE Euronext NYSE Euronext (NYX) est l’un des principaux opérateurs de marchés financiers et fournisseurs de technologies de négociation innovantes. Sur ses marchés en Europe et aux Etats-Unis se négocient des actions, des contrats à terme, des options, des produits de taux et des ETP (exchange-traded products). Avec un total de plus de 8000 valeurs cotées, les échanges sur les marchés au comptant de NYSE Euronext - le New York Stock Exchange, NYSE Euronext, NYSE Amex et NYSE Alternext, ainsi que NYSE Arca - représentent près de 40 % des volumes mondiaux, ce qui en fait le groupe boursier le plus liquide au monde. NYSE Euronext gère également NYSE Liffe, le premier marché dérivés en Europe et le deuxième marché dérivés mondial en valeur des échanges. Le groupe offre une large gamme de produits et de solutions technologiques, de connectivité et de données de marché à travers NYSE Technologies. NYSE Euronext fait partie de l’indice S&P 500 et est le seul opérateur boursier appartenant à l’indice S&P 100 et figurant au classement Fortune 500. Pour plus d’informations : www.nyx.com Contact : [email protected] A propos d’Aon Global Risk Consulting Aon Global Risk Consulting (AGRC) est l’entité de conseil d’Aon France dédiée à la conception et à la mise en œuvre de solutions innovantes de gestion des risques, de la gouvernance et organisation à l’identification et hiérarchisation, de la quantification et modélisation au management et traitement des risques. L’offre d’AGRC, unique, allie compétences quantitatives de premier plan et compétences organisationnelles pour répondre à l’ensemble des problématiques risques des groupes internationaux : gestion globale des risques, gestion de crise, continuité d’activité, contrôle interne, couverture des risques traditionnels (financiers, assurantiels) et émergents (climat, matières premières, CO2), mise en conformité aux règlementations telles que Bâle 2 ou Solvabilité 2. L’équipe AGRC France s’appuie sur un réseau de plus de 1500 consultants dans le monde. Gouvernance & organisation Identification et hiérarchisation Quantification et modélisation Management & traitement Le groupe Aon occupe le 1er rang mondial et européen en courtage de réassurances, le 1er rang mondial en gestion de captives et le 1er rang mondial en courtage d’assurances. Pour plus d’informations : www.aon.fr/agrc contact : [email protected] A propos de l’Institut Français des Administrateurs (IFA) L’Institut Français des Administrateurs (IFA) est l’association professionnelle de référence pour les administrateurs de sociétés de toute taille et de tout secteur. Au travers d’une réflexion sur de nombreux supports, de publications régulières, d’événements, de séminaires et de réunions d’information, l’IFA contribue à la promotion, l’identification et la définition des meilleures pratiques de gouvernance en accord avec les exigences du marché (en termes de transparence, de contrôle…). Fort de plus de 2000 adhérents exerçant leur mandat dans 4000 sociétés et d’une implantation partout en France, l’IFA propose un accompagnement au quotidien à tous les administrateurs, qu’ils soient administrateurs indépendants, administrateurs exerçant des fonctions exécutives ou administrateurs représentant l’Etat, le personnel ou les actionnaires salariés. L’IFA associe également à ses activités tous ceux qui souhaitent contribuer à son activité (secrétaires du conseil, membres de la direction générale ou de directoire…). L’IFA bénéficie d’un soutien institutionnel de premier ordre et compte aujourd’hui des membres fondateurs et associés de premier plan qui participent également à la promotion des meilleures pratiques de gouvernance. Pour plus d’informations : www.ifa-asso.com 46 09/10 6ème édition Aon Global Risk Consulting Aon Global Risk Consulting est l’entité d’Aon France spécialisée dans la conception et la mise en œuvre de solutions en gestion des risques. NYSE Euronext NYSE Euronext (NYX) est l’un des principaux opérateurs de marchés financiers et fournisseurs de technologies de négociation innovantes. IFA L’institut Français des Administrateurs (IFA) est l’association professionnelle de référence des administrateurs qui œuvre pour la promotion des meilleures pratiques de gouvernance. Aon France Société de courtage en assurances et réassurances immatriculée au Registre Unique des Intermédiaires d’Assurances sous le n° 07 001 560 SA au capital de 46 027 140 euros - 414 572 248 RCS Nanterre - Siège social : 420 rue d’Estienne d’Orves - 92705 Colombes Cedex Tél. : 33 (0)1 58 75 75 75 - Fax : 33 (0)1 58 75 77 77 - www.aon.fr - N° de TVA intracommunautaire FR 22 414 572 248 Garantie Financière et Assurance de Responsabilité Civile Professionnelle conformes aux articles L 512.7 et L 512.6 du Code des Assurances