Évolution de l`artificialisation des sols et impact sur la trame verte et
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Évolution de l`artificialisation des sols et impact sur la trame verte et
Juillet 2010 Territoires de SCoT Littoraux du Nord-Pas-de-Calais Évolution de l'artificialisation des sols et impact sur la trame verte et bleue Bordereau Documentaire Organisme Commanditaire Informations du document DREAL Nord-Pas-de-Calais Titre : Territoire littoraux du Nord-Pas-de-Calais : Évolution de l'artificialisation des sols et impact sur les espaces naturels et agricoles Service Énergie, climat, habitat, logement, aménagement des territoires Statut du rapport : version 2 – rapport final Mots-clés : artificialisation des sols, trame verte et bleue, Date du document : 15/07/2010 Auteurs 44, rue de Tournai BP 259 59019 LILLE Cedex Tél : 03 20 40 54 54 Fax : 03 20 13 48 78 Yolaine Bouteiller : Rédacteur Boualem Ghoul : Cartographie et statistiques Organisme Auteur CETE Nord Picardie Département Ville & Territoire / Groupe Environnement 2, rue de Bruxelles - B.P. 275 59000 Lille cedex tel : 03 20 49 60 00 fax : 03 20 53 15 25 1/63 Juillet 2010 2/63 Juillet 2010 Table des matières 1 Introduction ............................................................................................4 1.1 La mission........................................................................................4 1.2 Les enjeux liés à l'artificialisation des sols .....................................4 1.3 La dynamique urbaine en Nord-Pas-de-Calais ..............................5 1.4 Les territoires étudiés......................................................................7 2 Les évolutions des mutations d'occupation du sol : Bilan foncier..........8 2.1 Rappel méthodologique...................................................................8 2.2 L'occupation du sol en 2005 .........................................................10 2.3 L'évolution de l'artificialisation des sols........................................12 2.3.1 Période 1990-1998................................................................12 2.3.2 Période 1998-2005................................................................12 2.3.3 Évolution des densités...........................................................13 2.4 Les milieux agricoles : premiers espaces urbanisés .....................15 3 L'impact de l'évolution de la tâche urbaine sur les milieux naturels....16 3.1 Artificialisation des sols dans les espaces naturels ......................16 3.2 La Trame verte et bleue ...............................................................17 4 Analyse par territoire.............................................................................21 4.1 La région de Flandres-Dunkerque.................................................22 4.1.1 Les enjeux du territoire..........................................................22 4.1.2 L'occupation du sol................................................................25 4.1.3 L'évolution de l'occupation du sol..........................................26 4.1.4 Les mutations d'occupation du sol........................................28 4.2 La terre des 2 Caps .......................................................................32 4.2.1 Les enjeux du territoires........................................................32 4.2.2 L'occupation du sol................................................................32 4.2.3 L'évolution de l'occupation du sol..........................................34 4.2.5 Les mutations d'occupation du sol........................................36 4.3 Le Boulonnais................................................................................40 4.3.1 Les enjeux du territoire..........................................................40 4.3.2 L'occupation du sol...............................................................42 3/63 4.3.3 L'évolution de l'occupation du sol..........................................42 4.3.4 Les mutations d'occupation du sol.........................................46 4.4 Le Montreuillois.............................................................................50 4.4.1 Les enjeux du territoire..........................................................50 4.4.2 L'occupation du sol................................................................52 4.4.3 L'évolution de l'occupation du sol..........................................54 4.4.4 Les mutations d'occupation du sol.........................................56 5 Table des cartes.....................................................................................60 6 Tables des graphiques...........................................................................61 Résumé Entre 1994 et 2004 en France métropolitaine, les espaces artificialisés ont progressé de 15%, alors que dans le même temps, la population n'a augmenté que de 5% (données IFEN). La présente étude, menée à la demande de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement du Nord - Pas-de-Calais, a pour objectif d'apporter des éléments de connaissance et d'anticipation sur le développement urbain régional à l'échelle de territoire de projet (Parcs Naturels Régionaux ou périmètre de ScoT). Elle fait suite à une première étude-pilote sur le territoire du Calaisis. Ce rapport présente les résultats obtenus pour les territoires de SCoT littoraux de la région Nord-pas-deCalais. Le travail mené est basé sur l'exploitation des données géographiques d'occupation du sol SIGALE issues de l'exploitation de photos aériennes datant de 1990, 1998 et 2005. Cet outil, développé par le Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais, permet une analyse fine du territoire. Juillet 2010 1 Introduction 1.1 La mission La caractérisation de la tache urbaine 1 est un des thèmes prioritaires relatifs au développement de l'information géographique du ministère de l'écologie, de l'énergie , du développement durable et de l'aménagement du territoire. Cette étude est menée par le CETE Nord Picardie à la demande de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement du Nord - Pas-deCalais. Elle a pour but d'apporter des éléments de connaissance et d'anticipation sur le développement urbain à l'échelle de territoires de différents SCOTs littoraux de la région. Elle fait suite à deux premières études sur le Calaisis et le territoire du PNR Cap et Marais d'Opale qui ont permis de mettre au point la méthodologie utilisée et s'inscrit dans une étude plus large à l'échelle de la région Nord-Pas-de-Calais. Les questions suivantes auxquelles cette étude tente de répondre sont : • De quelle manière ont évolué les sols artificialisés sur le territoire, d'un point de vue quantitatif et qualitatif (localisation, type d'artificialisation, forme de cette progression...)? • Aux dépens de quels espaces s'est produite cette artificialisation ? • Comment ce phénomène peut-il impacter la trame verte et bleue ? 1.2 Les enjeux liés à l'artificialisation des sols L'artificialisation des sols est lié au phénomène d''étalement urbain, processus d'extension des aires urbaines sous des formes peu denses vers des territoires situés de plus en plus loin du cœur de la ville. Ce phénomène est apparu au début des années 70 et a été rendu possible par la généralisation de l'usage de la voiture individuelle. Il est lié, entre autre, au succès de la maison individuelle : un phénomène consommateur d'espace pour le bâti mais également les espaces associés : pelouses, jardins, voiries, parking, infrastructures de transport... Au niveau national, l'IFEN a identifié les zones les plus touchées par ce phénomène : les périphéries des grandes agglomérations, le littoral et les grands corridors fluviaux et vallées où se concentrent activités économiques et population. Ce phénomène a des conséquences sociales, économiques et environnementales. Les impacts sur l'environnement sont de nature variée : destruction de milieux naturels et fragmentation de l'espace représentant une menace pour la biodiversité, dégradation de la qualité des paysages, perte de ressources naturelles et agricoles, imperméabilisation des sols pouvant accentuer les risques naturels, consommation d'énergie et émission de gaz à effet de serre accru par l'allongement des distances parcourues en voiture.... La maîtrise de ce phénomène constitue un enjeu fort de l’aménagement durable des territoires. Les conclusions du "Grenelle de l'environnement" préconisent "de limiter au maximum l’étalement urbain, de réduire la consommation d’espace, l’artificialisation des terres, la destruction des pays" et affirment que "dans les cas d’intérêt national, l'État doit être en mesure d’affirmer, plus efficacement qu’aujourd’hui, ses choix d’orientation ou d’aménagement". Connaître l'évolution de l'artificialisation des sols est donc essentiel à la planification communale et intercommunale. Entre 1994 et 2004 en France métropolitaine, les espaces artificialisés ont progressé de 15%, soit une surface équivalente à celle d’un département français. Chaque année, 60 000 ha de terres agricoles et de milieux naturels son t artificialisés. Dans le même temps, la population n'a augmenté que de 5% (données IFEN). 1 La tache urbaine représente l'espace occupé par les sols artificialisés sur un territoire donné. 4/63 Juillet 2010 1.3 La dynamique urbaine en Nord-Pas-deCalais2 L’espace régional, composé d’une mosaïque de territoires, est fortement urbanisé, périurbanisé et artificialisé (325 habitants au km2 pour une moyenne nationale de 111 h/km2). Avec plus de neuf habitants sur dix vivant dans un espace à dominante urbaine (au sens de l’INSEE), le Nord - Pas-de-Calais est aussi la région française la plus urbanisée et la plus artificialisée (près de 15 % du territoire en 2004) après l’Île-deFrance. Les zones urbaines diffuses où se mêlent habitat, activités économiques, friches industrielles et terres agricoles forment un gigantesque espace à dominante urbaine. La culture de l’habitat individuel, comme partout en France, a contribué à la très importante périurbanisation : un tiers seulement des habitants vivent dans le centre des agglomérations, alors que 51 % de la population régionale résident en périphérie, contre 35 % en moyenne en France. La pression urbaine est particulièrement forte sur le littoral et en périphérie des grandes villes, où les terres agricoles et les espaces naturels sont souvent menacés. Ainsi le profil environnemental régional distingue 3 priorités : 1. Une gestion économe de l’espace : La consommation de l’espace par l’étalement urbain a des impacts négatifs sur la qualité de l’environnement et le cadre de vie : diminution et fragmentation des espaces naturels et des paysages ruraux, banalisation des paysages, augmentation des déplacements et donc des consommations d’énergie (contribution à l’effet de serre et atteintes à la qualité de l’air), etc. La limitation de l’étalement urbain et une gestion plus économe de l’espace sont donc des enjeux majeurs pour la région. 2. Limiter l’étalement urbain en poursuivant le recyclage du foncier et le renouvellement urbain : La maîtrise de l’étalement urbain et la lutte contre le mitage du territoire passent notamment par le « recyclage » des espaces dégradés ainsi que par la reconstruction « de la ville sur la ville ». En effet, l’abandon ou le déplacement des activités économiques s’est traduit par la présence de nombreuses friches dans la région, dont une partie a déjà été requalifiée grâce à une politique volontariste. 3. Préserver l’agriculture périurbaine : Le Nord - Pas-de-Calais est une grande région agricole, avec une surface agricole utilisée qui couvre environ 70 % du territoire en 2004. En revanche, les zones naturelles ne représentent aujourd’hui que 13 % du territoire, soit deux fois moins que la moyenne nationale. Dans ce contexte, les zones agricoles, insérées au sein des zones urbaines, constituent les espaces « de respiration » qui structurent et ouvrent le paysage. Fortement imbriqués aux zones urbanisées, elles assurent des fonctions diversifiées : production agricole, maintien de la diversité des paysages, mais également usages récréatifs. La pression urbaine constitue une menace pour ces espaces. Leur préservation passe par une gestion plus économe de l’espace et le maintien de l’agriculture périurbaine. 4. Rechercher un aménagement équilibré de la zone littorale qui est soumise à de fortes pressions : Le littoral du Nord - Pas-de-Calais est la deuxième région côtière française la plus densément peuplée (près de 700 hab./km2) après la région Provence - Alpes - Côte d’Azur. Deux zones de peuplement se distinguent: la plaine littorale de Calais à Dunkerque et le sud de la Côte d’Opale, de Boulogne-sur-Mer à Berck. Le littoral présente une proportion de territoires artificialisés supérieure à la moyenne régionale, ceci jusqu’à 5 à 6 km de la côte et est marquée par la présence de grandes infrastructures (tunnel sous la Manche, autoroute A16) et d’activités industrielles (notamment la zone industrialo-portuaire de Dunkerque qui s’étale sur plus d’une dizaine de kilomètres). Néanmoins, le littoral régional comprend également une forte proportion d’espaces dits naturels, importants de par leur étendue et leur intérêt écologique. Ce caractère encore préservé et naturel de certains secteurs, ainsi qu’une accessibilité toujours plus grande, ont contribué au développement du tourisme et de la villégiature, pression supplémentaire s’exerçant sur la zone littorale. L’aménagement équilibré de cet espace littoral est un enjeu régional qui doit être traité à l’occasion de l’élaboration des SCOT et des PLU : ces documents de planification devront être à même de maîtriser l’urbanisation et l’artificialisation, notamment dans la perspective du changement climatique et d’assurer un équilibre entre les différents usages du littoral. 2 Ce paragraphe est extrait du profil environnemental régional 5/63 Juillet 2010 Carte 1: Les SCoTs en Nord-Pas-de-Calais 6/63 Juillet 2010 1.4 Les territoires étudiés Nous avons mené une analyse de l'artificialisation des sols sur l'ensemble des territoires de SCOT du littoral du Nord-Pas-de-Calais (voir carte ci-contre), soit du Nord au Sud : • la région de Flandres-Dunkerque • le Calaisis3 • la terre des 2 caps • le Boulonnais • le Montreuillois Le littoral du Nord - Pas-de-Calais est densément peuplé et caractérisé par une concentration de la population et des activités économiques dans les communes littorales : Dunkerque et sa zone industrialo-portuaire, Calais et le terminal eurotunnel, Boulogne-sur-Mer... Néanmoins, le littoral régional comprend également une forte proportion d’espaces naturels (grands massifs dunaires, Grand site des Caps Blanc Nez et Gris Nez...) , importants de par leur étendue et leur intérêt écologique : Les deux tiers des 147 kilomètres de côtes sont encore considérés comme des espaces naturels mais les falaises, les marais arrière-littoraux et les quelques 9 600 hectares de dunes sont un patrimoine fortement convoité. Le littoral est aussi un site touristique et de villégiature très fréquenté. Du nord au sud, les disparités sont importantes : le Nord est marqué par l'agglomération de Dunkerque et son port et un littoral fortement urbanisé. Situé au cœur de la région des Wateringues, l'arrière pays de la région de Flandres-Dunkerque, rural, est une zone de polders où les grandes cultures sont dominantes. 3 Ce territoire a fait l'objet d'un premier rapport « Territoire du ScoT du Calaisis : Évolution de l'artificialisation des sols et impact sur la trame verte » de décembre 2008. Seuls les principaux résultats chiffrés seront rappelés ici pour permettre une comparaison des différents territoires littoraux 7/63 Calais marque la transition entre la Flandre maritime et les collines du Boulonnais, Quelques zones humides encore préservées ponctuent un arrière pays rural entre grandes cultures et élevage. Le Boulonnais, organisé autour de l 'agglomération de Boulogne qui concentre les emplois est un secteur vallonné, caractéristique par ses paysages de bocage encore préservés. L'arrière pays et le littoral abritent une grande diversité de milieux naturels. Cette diversité est reconnue par l'existence du Parc Naturel Régional des Caps et Marais d'Opale. Le secteur de la terre des 2 Caps héberge lui le Grand Site des Caps Gris-Nez et Blanc-Nez, l'arrière pays se distingue par la présence du grand bassin carrier de Marquise. Enfin, le Montreuillois, éloigné des grands centres économiques régionaux, est un secteur touristique majeur : la population et les résidences secondaires se concentrent dans les communes littorales tandis que l'arrière-pays reste très rural et peu densément peuplé. Carte d'identité des territoires de ScoT étudiés : Superficie Habitants (INSEE 2006) Densité Nombre Nombre de d' EPCI communes Principales agglomération FlandresDunkerque 865 km² 266 639 ha 308 ha/km² 74 6+2 Dunkerque (78% de communes la population) indépendantes Calaisis 653 km² 158 455 ha 242 ha/km² 63 5 Calais Terres des 2 183 km² Caps 21 459 ha 117 ha/km² 21 1 Ambleuteuse /Wissant/Marquise – territoire sous l'influence de Calais et Boulogne Boulonnais 453 km² 141 144 ha 313 ha/km² 53 2 Boulogne-sur-Mer Montreuillois 641 km² 75 401 ha 70 4 Berck 117 ha/km² Juillet 2010 2 Les évolutions des mutations d'occupation du sol : Bilan foncier Regroupement niveau 1 Espaces artificialisés Regroupement niveau 2 Zones urbanisées 2.1 Rappel méthodologique Cette partie est détaillée en annexe 1 : note méthodologique Ce travail est basé sur l'exploitation des données géographiques d'occupation du sol SIGALE. Il s'agit d'un outil développé par le Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais à partir de photos aériennes. Il permet une analyse fine des territoires (55 catégories d'occupation du sol sont distinguées dont 25 pour les espaces artificialisés) à une échelle précise (500m²). Il existe 3 versions datées respectivement de 1990, 1998 et 2005. Les analyses cartographiques et statistiques ont été réalisées en regroupant certaines catégories d'occupation du sol SIGALE (voir note méthodologique pour le détail des regroupements). Cependant la base de 1990 ne distinguant pas exactement les mêmes catégories d'occupation du sol que les bases de 1998 et 2005, il n'a pas été possible de réaliser autant d'analyses sur la période 1990-1998 que sur la période 1998-2005. Les résultats de notre étude sont présentés globalement puis par territoire de SCoT étudié (2ème partie du rapport). Les bases de données SIGALE ayant une couverture régionale, il a été possible d'obtenir des références régionales et départementales fiables. Les données nationales sont issues de l'IFEN (à partir des Bases de données Corine Land Cover ou Terruti). La base de données d'occupation du sol SIGALE distingue 25 postes pour les espaces artificialisés, sur lesquels nous avons réalisés des regroupements pour le besoin des analyse : voir tableau ci-contre. 8/63 Catégories SIGALE 1110 URBAIN CONTINU DENSE 1121 HABITAT RESIDENTIEL 1122 HABITAT COLLECTIF HAUT 1123 HABITAT RURAL 1124 HABITAT MINIER 1213 CIMETIERES 1214 EMPRISES SCOLAIRES ET/OU UNIVERSITAIRES 1215 EMPRISES HOSPITALIERES 1216 AUTRES EMPRISES PUBLIQUES Zones Industrielles et 1211 commerciales et infrastructures 1212 de transport 1217 EMPRISES COMMERCIALES FRICHES INDUSTRIELLES 1221 AXES ROUTIERS PRINCIPAUX ET ESPACES ASSOCIES 1222 AXES FERROVIAIRES PRINCIPAUX ET ESPACES ASSOCIES 1230 INFRASTRUCTURES PORTUAIRES 1240 AEROPORTS, AERODROMES Zones de stockages, terrils, 1321 chantier 1330 1323 Espaces verts artificialisés non 1411 agricole Carrières et terrils EMPRISES INDUSTRIELLES DECHARGES CHANTIERS ZONES DE STOCKAGE ESPACES VERTS URBAINS ET PERIURBAINS 1412 JARDINS OUVRIERS 1421 GOLFS 1422 STADES, EQUIPEMENTS SPORTIFS 1423 CAMPINGS, CARAVANINGS 1310 CARRIERES 1322 TERRILS Juillet 2010 Malgré la bonne précision de la base SIGALE, certains regroupements ont été réalisés lors de la délimitation des différentes catégories du sol. Il est important de les connaître pour une bonne interprétation des résultats et pour une utilisation opérationnelle des chiffres issues de la base de données. Ainsi : Concernant l'habitat : quel que soit la catégorie, la délimitation des secteurs d'habitat comprend toujours, en plus du bâti proprement dit, les espaces attenants : jardins et voiries pour l'habitat résidentiel (voir l'exemple de photo-interprétation ci-dessous), l'ensemble de la parcelle pour l'habitat rural y compris des petits boisements attenant lorsqu'ils sont présents. Milieux naturels et agri : petit topo, sur agricole : tout ce qui est géré par l'agriculture, inclus des milieux semi-naturel à haute valeur écologique comme certaines prairies permanentes. Dans le cadre de l'étude : Les territoires artificialisés correspondent aux surfaces construites, aux zones industrielles et commerciales, aux infrastructures de transport, aux chantiers,..et aux espaces verts artificialisés ; Les espaces agricoles représentent l'ensemble des espaces exploités par l'agriculture y compris les prairies et les friches agricoles ; Les espaces naturels incluent les forêts, zones humides, et espaces ouverts autres qu'agricoles. Concernant les infrastructures de transport : Seules les plus importantes sont prises en compte : pour les routes, seules les autoroutes ou voies express à 2x2 voies ou dont la largeur dépasse 25 m sont prises en compte, ainsi que les grands échangeurs, les aires de repos et les grands rond-points. Les voies urbaines sont incluses dans l'habitat, les petites voiries rurales dans l'espace agricole. Concernant les zones industrielles et commerciales, seules les grandes emprises isolées sont incluses dans ces postes, les activités commerciales ou industrielles intégrées au tissu urbain sont comptabilisées dans le poste « habitat continu dense ». De même, bâtiment, surface de parking, voiries et dépendances vertes associés sont globalisés (voir l'exemple de photo interprétation ci-dessous). 9/63 Juillet 2010 2.2 L'occupation du sol en 2005 L'occupation du sol des territoires des Scots littoraux n'échappe pas à cette spécificité régionale du Nord-pas-de-Calais4 : Le Nord-Pas-de-Calais est une région fortement urbanisée, périurbanisée et artificialisée et une grande région agricole, ces deux grands modes d'occupation de l'espace (espaces artificialisés et espaces agricoles) laissant peu de place aux espaces de nature. Ainsi, comme le montre l'illustration n°1, les espaces artificialisés occupent 16% du territoire régional, contre 5% en moyenne en France métropolitaine, l'agriculture 73% du territoire et les milieux naturels 11%, contre respectivement 59% et 36% à l'échelle métropolitaine. • les espaces artificialisés occupent des surfaces importantes : de 11 à 16% du territoire total. La présence d'agglomérations importantes sur le littoral (Dunkerque, Calais et Boulogne ) explique évidement cette donnée, mais aussi la présence de pôles touristiques importants sur le littoral (Wissant, Wimeureux, le Touquet-Paris-Plage, Berck ...) et la présence de nombreuses infrastructures de transport. • les espaces agricoles occupent de 62% à 79% des superficies totales des territoires étudiés : l'arrière-littoral est occupé par des régions agricoles importantes, plutôt dominées par les cultures au nord et dans le Montreuillois et à dominante bocagère et tournées vers l'élevage dans le boulonnais. • les espaces naturels occupent des surfaces relativement modestes, sauf dans le Boulonnais. Les territoires au nord de Boulogne sont particulièrement pauvres en superficie d'espaces naturels : entre 6% et 9% de la superficie totale des territoires de SCoT. Ces territoires hébergent malgré tout des espaces naturels de grandes valeurs patrimoniales que ce soit les complexes dunaires des Flandres ou les marais et zones humides de l'intérieur des terres. Au sud et en particulier dans le Boulonnais, les milieux naturels sont quantitativement mieux représentés : 24% pour le ScoT du Boulonnais où les forêts occupent des surfaces importantes et 15% pour le Montreuillois. Malgré tout, ces valeurs restent largement inférieures à la moyenne nationale de 36%. Illustration 1: Occupation du sol sur le littoral du Nord-Pas-de-Calais en 2005 4 10/63 Juillet 2010 Plus précisément, les cartes d’occupation du sol mettent en évidence ces éléments de synthèse et révèlent les spécificités des différents territoires de SCot (voir fiches territoires) Superficie Superficie Population totale artificialisée (INSEE (données ?) (SIGALE 2006) 2005) Densité Densité / Surface artif surface /habitant artificialisée FlandresDunkerque 862 km² 134 km² 266 642 h 309 ha/km² 1989 ha/km² 502 m² Calaisis 653 km² 81,5 km² 158 455 h 242 ha/km² 1944 ha/km² 520 m² Terre des 2 185 km² Caps 24,9 km² 21 459 h 116 ha/km² 862 ha/km² Boulonnais 460 km² 65,7 km² 141 001 h 306 ha/km² 2146 ha/km² 465 m² Montreuillois 636 km² 71,2 km² 75 401 h 118 ha/km² 1059 ha/km² 944 m² Région Nord-Pasde-Calais 12 490 km² 1984,5 km² 4 018 648 h 321 ha/km² 2025 ha/km² 494 m² France métropole (SoeS 2008) 543 965 km² 49 960 km² (terruti 2006) 61 399 719 h 1228 ha/km² 814 m² Les densités : Cette forte artificialisation des sols reflète les densités de populations importantes sur le territoire du littoral du Nord-Pas-de-Calais. Comme le montre le tableau ci-dessous, les territoires littoraux de la région présentent des disparités importantes en terme de densité : La région de Flandres-Dunkerque, de Calais et de Boulogne qui hébergent des agglomérations importantes présentent des densités de population entre 250 et 300 habitants au km², assez proche de la moyenne régional de 321 habitants au km² et très supérieure à la moyenne nationale de 113 habitant/km². Au contraire, la terre des 2 Caps et le Montreuillois ont des densités de population bien plus faibles, proches de la moyenne nationale (autour d e110 habitants/km²). Nous avons ensuite rapporté cette densité à la superficie des zones artificialisées et calculé la surface artificialisée par habitant sur chacun des territoires. Les 3 secteurs présentant des densités de population importantes (Flandres-Dunkerque, Calais et Boulonnais) sont ceux pour lesquels la superficie artificialisé par habitant est la plus faible (autour de 500m²), de même ordre que la valeur régionale et bien en deçà des valeurs françaises. Ces chiffres révèlent que ces territoires sont aujourd'hui plutôt économes en espace au regard de la densité de population qu'ils hébergent et comparativement à la moyenne nationale. 113 ha/km² 1 161 m² En revanche, la surface artificialisée par habitant sur les territoires de la Terre des 2 Caps et du Montreuillois est très élevée, en particulier pour la Terre des 2 caps : + de 1100 m² artificialisés par habitant (950 m² pour le Montreuillois). Ces valeurs élevées s'expliquent pour la Terre des 2 Caps par la présence du bassin carrier de Marquise, cette activité économique entraînant l'artificialisation (temporaire) de très grands espaces. Le Montreuillois est un secteur très touristique, hébergeant de nombreuses résidences secondaire. Dans ce cas, c'est l'activité touristique qui peut expliquer la forte artificialisation des sols. Ainsi, sur ces deux territoires, l'activité économique explique une consommation d'espace importante. 11/63 Juillet 2010 – 2.3 L'évolution de l'artificialisation des sols le taux d'artificialisation des sols est globalement beaucoup plus rapide que celui de la population (même si on ne compare pas exactement les mêmes dates) Nous avons étudié la manière dont les espaces artificialisés avaient progressé entre 1990 et 1998 puis 1998 et 2005. Les questions étaient les suivantes : • Dans quelle proportion l'artificialisation des sols a-t-elle progressé ? • Sous quelle forme : habitat, commerce et industries, infrastructures, espaces verts, carrières... ? et où ? • Aux dépends de quels types de milieu ? Il apparaît que si tous les territoires étudiés sont concernés par l'artificialisation des sols, les taux et les formes d'urbanisation sont variables d'un territoire et d'une période à l'autre. 2.3.1 Période 1990-1998 Entre 1990 et 1998, on observe partout une progression des espaces artificialisés, entre 2,4 %et et 5% suivant les territoires sauf dans le Calaisis où la progression est presque nulle. En parallèle, les espaces naturels progressent également de l'ordre de 3 à 4% de leur superficie totale. Ces phénomènes se font aux dépens des terres agricoles qui régressent partout dans des proportions proches de 1% (sauf dans le Boulonnais où on atteint -2,1%). Les cartes et l'analyse de l'évolution de l'artificialisation des sols présentés par territoire de ScoT dans les chapitres suivant permettent de dégager les éléments suivants : – l'artificialisation du sol est principalement dûe à la construction d'infrastructures de transport structurantes (A16, terminal euro-tunnel) et dans une moindre mesure le développement du port de Dunkerque – les taux d'artificialisation des sols sont proportionnellement plus importants pour les territoires littoraux du sud de la région 12/63 Illustration 2: Évolution de l'occupation du sol 1990-1998 – territoires littoraux du Nord-Pas-de-Calais 2.3.2 Période 1998-2005 Entre 1998 et 2005, la progression des espaces artificialisés s'est fortement accentuée au niveau régional et départemental et dans le nord de l'espace littoral et s'est en revanche maintenu dans les territoires du sud. Ainsi, les taux d'artificialisation sont tous supérieurs à 5% (4,7% pour la terre des 2 Caps), ils ont en moyenne doublé par rapport à la période précédente et atteignent pour certains territoires des valeurs très élevées : Juillet 2010 +7,4% pour le territoire de Flandres-Dunkerque, +7,4% pour le SCoT du Calaisis. Ces phénomènes sont observés alors même que la population augmente peu. Cette progression s'explique principalement par : – – le développement de l'habitat, sur tous les territoires, en particulier dans l'arrière-littoral; notamment un habitat dispersé hors ZAC et assez consommateur d'espaces (grandes parcelles) Le développement des zones d'activité et commerciale, en particulier le long de l'autoroute A16. Il s'agit d'un mode de développement économique très consommateur d'espace. 2.3.3 Évolution des densités Pour tous les territoires ou presque, les superficies artificialisées augmentent plus rapidement que la population, comme le montre l'indicateur « surface artificialisée par habitant » : Surface artificialisée par habitant Évolution entre 1990 et 2005 1990 (*) 1998 (*) 2005 (*) Flandres Dunkerques 449 m² 458m² 502m² +53 m² Calaisis 501 m² 486 m² 520 m² +19 m² Terre des 2 Caps 1166 m² 1157 m² 1161m² -5m² Boulonnais 426 m² 436 m² 465 m² +39m² Montreuillois 931 m² 959 m² 944 m² + 13m² Région 462 m² 459 m² 494 m² -32m² France métropolitaine 683 m² (**) 726 m² (**) 814 m² (**) + 131m² (*) Données population INSEE 1990-1999-2006 + données SIGALE 90-98-05 / France métropolitaine (**) : données AGRESTE/terruti-lucas – 93; 99 et 2006 Les secteurs qui se « dédensifient » le plus sont les territoires de SCoT abritant des agglomérations (Dunkerque, Calais et Boulogne). Comme le montre la carte suivante (densité et évolution des populations entre 1998 et 2006 par commune), les villes « centre » perdent des habitants alors que les communes rurales de l'arrière-pays et les communes littorales en gagnent. Illustration 3: Évolution de l'occupation du sol 1998-2005 – territoires littoraux du Nord-Pas-de-Calais 13/63 La courbe d'évolution de la population ne suit pas celle de l'évolution en besoin de logement. En effet, sous l'effet du vieillissement de la population, de la baisse du nombre moyen d'enfants par femme, de la multiplication de familles monoparentales et de la dé-cohabitation plus précoce des jeunes adultes, le nombre de personnes par ménage diminue. Il est ainsi passé au plan national de 2,88 en 1975 à 2,31 trente ans plus tard. La taille des ménages diminuant, il faut de plus en plus de résidences principales pour loger la même population. Juillet 2010 Carte 2: Évolution de la population sur les communes du littoral du Nord-Pas-de-Calais 14/63 Juillet 2010 2.4 Les milieux agricoles : premiers espaces urbanisés Nous avons étudié plus finement aux dépens de quel type d'espaces s'est développée l'urbanisation : il apparaît que l'artificialisation des sols se fait essentiellement aux dépens des terres agricoles : les surfaces perdues sont importantes (près de 900ha entre 1998 et 2005 dans le Calaisis par exemple) même si cela représente des pourcentages relativement modestes de leur superficie. Les « espaces naturels » qui regroupent ici l'ensemble des espaces semi-naturels non agricoles (boisements, marais, espaces dunaires, plans d'eau, pelouses) sont relativement bien protégés règlementairement et font plus rarement l'objet d'une artificialisation. Une proportion assez faible de leur superficie est artificialisée entre 1998 et 2005 (entre 0,2% et 1,3%). En revanche, il peut s'agir de milieux présentant une forte valeur écologique potentielle comme les milieux dunaires. Globalement, les milieux naturels progressent sur tous les territoires et cette progression s'explique principalement par le reboisement de terres agricoles, en partie en peupleraies (mesures d’accompagnement de la réforme de la PAC adoptées en 1992). Concernant les espaces agricoles, on constate que les prairies permanentes régressent plus rapidement que les secteurs de culture : Pour le Montreuillois : 1,5% des prairies sont artificialisées entre 1998 et 2005 contre 0,4% des surfaces en culture. Dans le SCot de Flandres-Dunkerque, c'est 3,3% des prairies qui ont disparues entre 1998 et 2005 contre seulement 0,9% des cultures alors même que les prairies sont beaucoup plus rares que les cultures sur ce territoire. Il semble que les secteurs où les prairies résistent le mieux sont le sud des territoires littoraux, où se maintient encore une agriculture d'élevage liée à ces espaces. Ainsi, le Calaisis et le territoire de la région de Flandres-Dunkerque sont les secteurs où les prairies sont les plus vulnérables. Rappelons que les prairies permanentes jouent un rôle essentiel pour la qualité paysagère et écologique des milieux. Au-delà de leur caractère identitaire et patrimonial important, les systèmes de prairies et bocages ont une fonction multiple de protection des sols contre l’érosion, de rétention des eaux de ruissellement, de préservation contre les pollutions diffuses et d’habitat propice à la diversité de la faune et de la flore. Illustration 4: Nature des espaces artificialisés entre 1998 et 2005 sur les territoires littoraux 15/63 Juillet 2010 3 L'impact de l'évolution de la tâche urbaine sur les milieux naturels par l'artificialisation; Au contraire, sur la période 1998-2005, les espaces artificialisés y progressent même plus vite que sur le reste du territoire. Il semble donc que les espaces inventoriés en ZNIEFF de type II, ces grands ensembles naturels représentés ici principalement par des espaces ruraux d'une grande qualité paysagère (secteurs bocager, de marais, boisés) exercent une attraction particulière et que l'habitat s'y développe. 3.1 Artificialisation des sols dans les espaces naturels Pour évaluer l'impact de l' étalement urbain sur le patrimoine naturel, nous nous sommes intéressé au périmètre des ZNIEFFs, Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique. En effet, celles-ci sont issues d'un inventaire national constituant un outil de connaissance et non de protection. Seule une partie des ZNIEFF bénéficie d'une autre protection juridique même si elles doivent cependant être pris en considération dans tout projet d'aménagement. Ces zones correspondent à des secteurs du territoire particulièrement intéressants sur le plan écologique, dont l'intérêt naturel est au moins de niveau régional. A noter que l'inventaire ZNIEFF est en cours de réactualisation. On distingue deux types de ZNIEFF : ✗ les ZNIEFF de type I, d’une superficie généralement limitée, définies par la présence d’espèces, d’associations d’espèces ou de milieux rares, remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel national ou régional ; ✗ les ZNIEFF de type II qui sont des grands ensembles naturels riches et peu modifiés, ou qui offrent des potentialités biologiques importantes. Les zones de type II peuvent inclure une ou plusieurs zones de type I. La progression de l'artificialisation du sol au sein des ZNIEFFs constitue un indicateur de la pression exercée par l'urbanisation sur les milieux naturels. Illustration 5: Artificialisation dans les ZNIEFF de type 2entre 1998 et 2005 – territoires littoraux du Nord-Pas-de-Calais La figure suivante présente l'artificialisation au sein des ZNIEFF de type II entre 1998 et 2005 5. Il se dégage bien que ces territoires inventoriés ZNIEFFs ne sont pas épargnés 5 Il n'existe pas de ZNIEFF de type II dans le territoire de la terre des 2 Caps 16/63 Juillet 2010 3.2 La Trame verte et bleue ✗ Les corridors biologiques : Il s'agit des voies de communication biologique empruntées pas la faune et la flore qui relient les noyaux de biodiversité. Ils prennent des formes très variables suivant l'espèce considérée. N'ont été retenus pour l'instant que les axes constituants des corridors majeurs pour des biotopes cibles (fluviaux, zones humides, forestier, pelouses, dunes...). A noter qu'il n'est pas toujours nécessaire d'avoir une continuité parfaite pour assurer la fonctionnalité du corridor. ✗ Les espaces relais sont constitutifs des corridors biologiques. Dans cette catégorie, on retrouve : l'ensemble des zones humides non référencées en tant que cœur de nature, tous les boisements de feuillus, hors peupleraies d'une superficie de plus de 5 ha et tous les groupes de prairies de plus de 15 ha contigus. La fragmentation des territoires et des milieux naturels est aujourd'hui une des causes majeures de la perte de biodiversité au niveau mondial. Un des enjeux de préservation de la biodiversité des prochaines années est la constitution d'un trame écologique garantissant la circulation et la dispersion des espèces, mais aussi la préservation des paysages, du cadre de vie de qualité et des ressources naturelles. La Région Nord-Pas-de-Calais a été novatrice dans ce domaine et fait de la trame verte et bleue un axe prioritaire de sa politique environnementale. Elle définit les enjeux suivants : Protéger et développer les espaces naturels, restaurer la biodiversité en favorisant la circulation des espèces, offrir aux habitants du Nord-Pas-de-Calais des lieux de détente et un cadre de vie de qualité. Une première ébauche de trame verte et bleue a été élaborée pour l'ensemble de la Région Nord-Pas-de-Calais et déclinée sur le territoire du Calaisis. Les espaces suivants ont été distingués : ✗ Les cœurs de nature : il s'agit des noyaux de biodiversité, espaces exceptionnels du point de vue des caractéristiques écologiques ou de la diversité biologique. On y retrouve les ZNIEFF de type I et les sites Natura 2000. Ces territoires intègrent des espaces dont la richesse biologique est parfois limitée mais qui sont des espaces utilisés par la faune ou dont les fonctions écologiques sont nécessaires à l'intégrité de l'écosystème avec lequel ils sont en contact. La seule protection de ces espaces ne permet pas de garantir la conservation des espèces qui y vivent : des connexions permettant le déplacement et les échanges entre individus des populations animales et végétales sont indispensables. ✗ Les cœurs de nature à confirmer : il s'agit d'espace abritant des espèces patrimoniales mais pour lesquels un travail d'affinage des connaissances est nécessaire pour affiner le statut. ✗ Les espaces à renaturer : Ils sont localisés dans les secteurs fortement anthropisés et artificialisés présentant une rareté de milieux naturels et une absence ou rareté de corridors écologiques. Ces espaces connaissent fréquemment de problèmes de pérennité des ressources naturelles que ce soit l'eau ou le sol. 17/63 Le Schéma régional trame verte et bleue élaboré par la Conseil Régional du Nord-Pasde-Calais, dont les éléments principaux sont reproduits sur les cartes en deuxième partie, met en évidence la densité de la trame dans le sud de la Région (Scot de Boulogne et du Montreuillois). Au nord, cette trame est moins dense et devra sans doute faire l'objet d'une reconstitution. La figure suivante présente la progression de l'artificialisation entre 1998 et 2005 au sein de la trame verte et bleue en comparaison avec la progression globale de ces espaces sur le territoire considéré. Il se dégage que ces espaces ne sont pas épargnés par l'artificialisation qui se fait donc aux dépends de la trame verte des territoires. Juillet 2010 Dans la région de Flandres-Dunkerque et dans une moindre mesure dans la région de Calais où la trame est la moins dense, les espaces à renaturer sont très vulnérables : l'artificialisation y a progressé de 337ha ce qui représente 36% de la progression totale des sols artificialisés sur cette période. Cela met en évidence l'urgence qu'il y a à mener des actions de restauration de cette trame avant que la situation ne devienne irréversible. Ailleurs, les espaces naturels relais sont plus vulnérables : dans le Boulonnais et le Montreuillois, la progression de l'artificialisation s'est faite pour 1/3 environ dans ces espaces. Il s'agit principalement de secteurs bocagers ne bénéficiant pas de protection ni de reconnaissance particulière. Les cœurs de nature ne sont pas non plus épargnés par l'artificialisation des sols. Illustration 6: Artificialisation des sols dans la TVB des territoires littoraux entre 1998 et 2005 18/63 Juillet 2010 19/63 Juillet 2010 20/63 Juillet 2010 4 Analyse par territoire Analyse par territoire 21/63 Juillet 2010 4.1 La région de Flandres-Dunkerque humides), mais le morcellement du territoire par les infrastructures et l’urbanisation, ainsi que la dégradation du bocage, nuisent beaucoup à leur maintien. De même, les pressions de l’urbanisation, du développement industriel et portuaire et de l’agriculture intensive génèrent des modifications importantes dans les paysages. 4.1.1 Les enjeux du territoire Flandres-Dunkerque Superficie 865 km² Population 266 639 habitants (INSEE 2006) Densité moyenne Nbre de Communes EPCI Principales agglomérations 308 habitats/Km² 74 communes Le profil environnemental du Nord-Pas-Calais identifie (entre autres) les enjeux suivant pour le territoire de Flandre-Dunkerque : • le maintien des espaces naturels de grande qualité écologique, en gérant les zones de tension entre urbanisation et milieux naturels, mais aussi entre industrie et habitat ; • le développement de l’activité portuaire, un enjeu de rang national, tout en assurant la préservation du patrimoine naturel du territoire ; • l'enrayement de la régression du bocage en Flandre intérieure 6 + 2 communes indépendantes Dunkerque (78% de la population) Le territoire du SCoT de la région Flandres-Dunkerque se caractérise par la présence de nombreux sites industriels et un important maillage d'infrastructures de transports. Le port autonome de Dunkerque est le principal moteur de l’économie locale et l'urbanisation est en extension sur tout le territoire, notamment du fait du développement de l'activité industrielle. L'agriculture y est aussi très présente et occupe plus de 70% de la superficie totale du territoire. Elle est marquée par l'existence de grandes cultures (céréalières et industrielles) et de cultures de légumes (en progression). Les superficies toujours en herbes sont quant à elles peu représentées sur le territoire et en régression. L’omniprésence de l’eau figure parmi les grandes caractéristiques géophysiques de la région dunkerquoise. L’alimentation en eau potable, la maîtrise des écoulements et la prévention des inondations sont des enjeux forts du territoire. En dehors de l’espace maritime, les sites naturels sont peu nombreux et peu étendus et la pression des activités humaines se fait sentir partout. Les milieux littoraux, dunes et plages, présentent un intérêt écologique fort. Bien que faiblement boisé, l’intérieur des terres est riche d’une multitude de petits espaces naturels (en particulier des zones 22/63 Juillet 2010 23/63 Juillet 2010 Carte 3: Occupation du sol 2005 – région de Flandres-Dunkerque 24/63 Juillet 2010 4.1.2 L'occupation du sol Les territoires artificialisés occupent 16% du territoire. Ils sont principalement regroupés dans l'agglomération de Dunkerque même si l'arrière-littoral est également dense avec à la fois des bourgs secondaires assez importants (Bergues, Wormhout...) et un habitat dispersé très présent. Les zones industrielles et commerciales occupent de très grands espaces et représentent 30% de la superficie des espaces artificialisés. Elles sont principalement concentrées au niveau du complexe portuaire de Dunkerque. Les espaces naturels sont très peu représentés (seulement 6% de la surface total). Ils se concentrent principalement au niveau des massifs dunaires du littoral. Les espaces boisés sont quasiment absents. Les espaces agricoles occupent 78% du territoire, principalement sous forme de culture. Les prairies occupent moins de 10% de l'espaces agricoles et sont très dispersées en périphérie de l'habitat diffus de la campagne flamande. 9% 1%2%2% 3% 4% 1% 0% 1% 7% Zones urbanisées Zones industrielles et commerciales et infrastructures de transports Mines, décharges et chantiers Carrières et Terrils Espaces verts artificialisés non agricoles Milieux cultivés Prairies Espaces en Friches Milieux boisés Milieux humides et en eau Milieux naturels ouverts 69% Illustration 7: occupation du sol en 2005 - Scot FlandresDunkerque 25/63 Juillet 2010 4.1.3 L'évolution de l'occupation du sol Entre 1990 et 1998, les espaces artificialisés ont progressé de 2,4% sur le territoire de la région de Flandre-Dunkerque, une valeur légèrement inférieure aux moyennes régionales et départementales (2,7% chacune). Dans la même période, la population ne progressait que de 0,3%, soit moins que les moyennes régionales et départementales (1,6% et 0,9% respectivement). Au cours de cette première période, la progression de l'artificialisation des sols est dûe à: • l'aménagement du complexe portuaire de Dunkerque • la réalisation d'infrastructure de transport : A16 entre Dunkerque et la frontière belge, la LGV entre Lille et Calais, la réalisation en 1998 d'une canalisation de gaz entre le port de Dunkerque et Pitgam par RTF (ces terrains sont restitués dans la période suivante à l'agriculture puisque les canalisations sont enterrées) • l'urbanisation de quelques secteurs à proximité de Dunkerque chantiers, 20% à des zones industrielles et commerciales et 19% à de nouveaux espaces verts. L'ensemble du territoire est concerné par cette progression de l'artificialisation. Le développement de l'agglomération de Dunkerque est important avec le développement des secteurs commerciaux et industriels. L'habitat se développe partout et notamment dans les communes éloignées de Dunkerque. Ce développement de l'habitat se fait essentiellement à proximité des bourgs. Le diagnostic du SCoT met en évidence le phénomène de perte de population dans le pôle urbain de Dunkerque entre 1999 et 2006 au profit des communes de deuxième et troisième couronne, ce que reflète l'évolution de l'artificialisation des sols entre 1998 et 2005. Cette artificialisation concerne principalement la frange littoral du territoire. L'arrièrepays, en dehors des aménagements d'infrastructure, est épargné par la progression de l'urbanisation. Cette artificialisation des sols se fait principalement au dépends de l'agriculture en recul sur cette période. L'artificialisation entre 1998 et 2005 sur le territoire du SCoT de la région de FlandreDunkerque a été beaucoup plus importante qu'entre 1990 et 1998. En effet, les espaces artificialisés ont progressé de 7,4% (contre 2,4% pendant la première période). Ce chiffre est bien supérieur aux moyennes régionales et départementales (5,4% et 5,1% respectivement) et ne reflète absolument pas l'évolution de la population entre 1998 et 2005 qui diminue (-2%). 35% des espaces nouvellement artificialisés entre 1998 et 2005 sont devenus des zones urbanisées (habitats et bâtiments publiques), 26% correspondent à des mises en 26/63 Juillet 2010 Carte 4: artificialisation du sol entre 1990 et 1998 -Région de Flandres-Dunkerque 27/63 Juillet 2010 4.1.4 Les mutations d'occupation du sol Entre 1998 et 2005, l'artificialisation des sols a concerné 1080 ha. Elle se fait principalement aux dépens des territoires agricoles : 1020 ha d'espaces agricoles agricoles (1,5% de leur surface) contre 61,8 ha d'espaces naturels détruits (soir 1,3% de leur surface). Cependant, étant donnée la faible proportion d'espaces naturels sur ce territoire, ce modeste prélèvement peut être jugé important. Les prairies sont proportionnellement plus vulnérables que les grandes cultures. En effet, 3,3% des prairies présentes sur le territoire en 1998 ont été artificialisées entre 1998 et 2005 contre seulement 0,9 % pour les grandes cultures. A noter que 165 ha d'espaces déjà artificialisés, principalement des secteurs en chantier en 1998, ont été « recyclés » (0,5% de leur surface), c'est à dire ont muté vers un autre type d'espaces artificialisés. Illustration 9: Matrice de mutation 1998-2005 - Flandres-Dunkerque Illustration 8: Nature des espaces artificialisés entre 1998 et 2005 - Flandres-Dunkerque 28/63 Juillet 2010 Carte 5: artificialisation du sol entre 1998 et 2005 -Région de Flandres-Dunkerque 29/63 Juillet 2010 Carte 6: artificialisation du sol entre 1998 et 2005 et zonages d'inventaire et de protection des milieux naturels -Région de Flandres-Dunkerque 30/63 Juillet 2010 Carte 7: artificialisation du sol entre 1998 et 2005 et TVB -Région de Flandres-Dunkerque 31/63 Juillet 2010 4.2.2 L'occupation du sol 4.2 La terre des 2 Caps 4.2.1 Les enjeux du territoires Terre des 2 Caps Superficie 183 Km² Population 21 459 habitants (INSEE 2006) Densité moyenne Nbre de Communes EPCI 117 habitants/Km² Principales agglomérations 21 communes 1 Ambleteuse / Wissant / Marquise mais le territoire est sous l'influence de Boulogne et Calais La terre des 2 Caps se situe entre les agglomérations de Calais et Boulogne-sur-mer au cœur du Parc Naturel Régional des Caps et Marais d'Opale. Sous l’influence de des deux agglomérations, le territoire est soumis à la périurbanisation. Malgré l'absence de ville importante sur son territoire, les espaces artificialisés occupent 13% du territoire. Cela s'explique par le très important bassin carrier de Marquise qui occupait environ 700ha en 2005, représentant 28% des superficies urbanisées de la Terre des 2 Caps. L'urbanisation se concentre sur 3 pôles secondaires : Wissant et Ambleuteuse sur le littoral et Marquise dans les terres. Le territoire est également marqué par un habitat dispersé important. Les espaces naturels occupent des superficies modestes (9% du territoire). Ils sont représentés par les massifs dunaires du littoral et quelques bois de petite taille. L'agriculture occupe 78% du territoire, principalement sous forme de grande culture mais les prairies sont tout de même bien représentées et occupent 30% des surfaces agricoles. 8% 1% 0% 4% 1% 3%1% 5% 1% 23% La principale commune du territoire est Marquise dans l'arrière-pays qui abrite également le bassin carrier de Marquise. Il abrite les sites du Cap Blanc nez et du Cap gris nez, très touristique et de grande valeur paysagère et écologique. La terre des 2 Caps est inclus dans le Boulonnais dans le profil environnementale régional dont les enjeux sont présentés dans la partie suivante. 53% Zones urbanisées Zones industrielles et commerciales et infrastructures de transports Mines, décharges et chantiers Carrières et Terrils Espaces verts artificialisés non agricoles Milieux cultivés Prairies Espaces en Friches Milieux boisés Milieux humides et en eau Milieux naturels ouverts Illustration 10: Occupation du sol 2005 - Terre des 2 Caps 32/63 Juillet 2010 Carte 8: Occupation du sol 2005 – Terre des 2 Caps 33/63 Juillet 2010 4.2.3 L'évolution de l'occupation du sol Les territoires littoraux sont moins touchés par cette progression de l'artificialisation des sols et l'essentiel de ce phénomène est localisé à proximité ou à l'est de l'A16. Entre 1990 et 1998, 137ha de terres agricoles ou naturelles ont été consommées pour l'urbanisation, la construction d'infrastructures ou l'exploitation des carrières et les secteurs artificialisés ont progressé de 3,5%, un chiffre légèrement supérieur aux moyennes régionales et départementales (2,7% chacune), mais inférieure à la progression de la population qui était de +4,3% sur cette période. Ces mutations sont principalement le fait de la création d'infrastructure avec la construction de l'A16 qui traverse le territoire (93ha d'axes routiers créés entre 1990 et 1998) et des carrières (37ha de carrières nouvellement ouverte entre 90 et 98). Durant la même période 56,46ha de carrière ont été reconvertis en plan d'eau (pour 7,9ha) et en friches agricoles (pour 48,5ha) Comme sur le reste du territoire, cette artificialisation se fait aux dépens de l'agriculture : 96ha de culture sont artificialisés et 40ha de prairies. Entre 1998 et 2005, Les espaces artificialisés progressent de 4,7%, une valeur légèrement supérieure à la première période mais un peu moins que les moyennes régionales et départementales et nettement moins que les territoires voisins de Calais et Dunkerque. Cette valeur reflète bien la progression de la population qui est de 4,4% entre 1999 et 2006. L'artificialisation se fait essentiellement au profit de l'habitat (57% des espaces nouvellement artificialisés le sont pour l'urbanisation) et, spécificité de ce territoire, au profit de l'activité d'extraction de matériaux : 35% des espaces nouvellement artificialisés entre 1998 et 2005 sont des carrières même si la surface totale de celles-ci ne progresse que de 2,6% entre ces deux dates, car une partie des surfaces exploitées sont converties en plans d'eau ou rétrocédées à l'agriculture. Entre 1998 et 2005, 154ha sont artificialisés au profit principalement de l'habitat résidentiel et rural (90ha) et les carrières (54ha). Sur la même période, 36ha de carrières sont reconvertis en friches agricoles (pour 26,5ha) ou en plan d'eau (9,6ha). 34/63 Illustration 11: Nature des espaces artificialisés entre 1998 et 2005 - Terre des 2 Caps Juillet 2010 Carte 9: Artificialisation des sols entre 1990 et 1998 – Terre des 2 Caps 35/63 Juillet 2010 4.2.5 Les mutations d'occupation du sol Entre 1998 et 2005, l'artificialisation des sols a concerné 153 ha. Elle se fait principalement aux dépens des territoires agricoles : 146 ha d'espaces agricoles agricoles (1% de leur surface) contre 7,1 ha d'espaces naturels détruits (soir 0,4% de leur surface). Illustration 12: Matrice des mutations 1998-2005 - Terre des 2 Caps 36/63 Juillet 2010 Carte 10:: Artificialisation des sols entre 1998 et 2005 – Terre des 2 Caps 37/63 Juillet 2010 Carte 11: Artificialisation des sols entre 1998 et 2005 Inventaire et protection– Terre des 2 Caps 38/63 Juillet 2010 Carte 12: L Artificialisation des sols entre 1990 et 2005 TVB – terre des 2 Caps 39/63 Juillet 2010 4.3 Le Boulonnais 4.3.1 Les enjeux du territoire Le Boulonnais Superficie 453 km² Population 141 144 h (INSEE 2006) Densité moyenne Nbre de Communes EPCI Principales agglomérations 313 habitants/km² 53 2 Boulogne-sur-Mer (44 273 habitants en 2006) Le territoire est structuré de façon concentrique autour de l’agglomération de Boulognesur-Mer, dont l’activité (portuaire, industrielle et de services) draine près de 70 % des actifs du territoire. On distingue par ailleurs un pôle secondaire, Desvres, qui joue un rôle structurant pour les communes rurales alentours. La population se concentre principalement le long du littoral. La périurbanisation se développe autour de Boulogne et sur la basse vallée de la Liane, le long de l’autoroute A16. La pression touristique est forte : dans une région pauvre en espaces naturels, le littoral est en effet la destination privilégiée de nombreux habitants du Nord - Pas-deCalais. Le Boulonnais est reconnu pour la grande diversité de milieux naturels qu'il abrite : espaces dunaires, falaise, foret, bocage, coteau calcaire. Le territoire se distingue également par une activité agricole dynamique qui recouvre les deux tiers du territoire, tournée principalement vers l’élevage bovin. Cependant, les surfaces de prairies diminuent au profit des cultures fourragères, et notamment du maïs. 40/63 Juillet 2010 Carte 13: Occupation du sol 2005 - Boulonnais 41/63 Juillet 2010 4.3.3 L'évolution de l'occupation du sol 4.3.2 L'occupation du sol Principalement du fait de l'agglomération de Boulogne, les espaces artificialisés occupent 14% du territoire du Boulonnais. L'urbanisation se concentre donc principalement au niveau de la frange littorale, l'arrière-pays étant beaucoup plus rural, avec deux petits pôles urbains secondaires : Devres et Samer et la présence d'un habitat linéaire assez marqué. Les espaces naturels sont beaucoup plus présents que dans les territoires littoraux du nord de la région. Ils occupent 24% de l'espace et sont représentés par de grands espaces boisés dans l'arrière-pays et de grands massifs dunaires bien préservés. Les espaces agricoles occupent quand à eux 62% de la superficie totale du territoire et les prairies représentent plus de 40% de ces espaces. 10% 3% 0% 1% 4%0% 20% 1% 33% 27% Zones urbanisées Zones industrielles et commerciales et infrastructures de transports Mines, décharges et chantiers Carrières et Terrils Espaces verts artificialisés non agricoles Milieux cultivés Prairies Espaces en Friches Milieux boisés Milieux humides et en eau Milieux naturels ouverts Entre 1990 et 1998, les espaces artificialisés ont progressé de 5,1% sur le territoire du SCoT de Boulogne , soit une valeur très supérieure aux moyennes régionales et départementales (2,7% chacune) et très supérieure à la croissance de la population sur ce territoire (+2,6%). Cette artificialisation est le fait principale de la création d'infrastructures de transport, notamment la construction de l'A16 qui traverse le territoire. L'habitat progresse de manière plus modeste, principalement sur la commune de Wimereux. Comme sur les autres territoires étudiés, cette artificialisation se fait aux dépens de l'agriculture principalement. Commune de Wimereux : lotissement créé entre 1998 et 2005 : extension d'urbanisation en fonction de l'opportunité foncière. Lotissement « en boucle » sans connexion au reste de l'urbanisation (photo : google earth) Illustration 13: Occupation du sol 2005 - Boulonnais 42/63 Juillet 2010 Carte 14: Artificialisation des sols entre 1990 et 1998 - Boulonnais 43/63 Juillet 2010 Entre 1998 et 2005, les espaces artificialisés progressent de 5,5%, une valeur stable par rapport à la première période (5,1%) et proche des moyennes régionales et départementales. La nature de cette artificialisation est en revanche très différente : alors que la première période était marquée par la création de l'A16, cette période voit se développer de façon très marquée l'urbanisation liée à l'habitat qui représente 57% de la consommation d'espaces naturels et agricoles entre 1998 et 2005, et des zones industrielles et commerciales (24% des surfaces). L'urbanisation se développe sur tout le territoire. Aucun secteur n'est épargné et même les zones les plus éloignées des bassins d'emplois de Calais, Boulogne et de Saint Omer sont concernées. Il s'agit majoritairement d'opérations de petite taille. Les opérations de plus grande taille se concentrent autour des pôles urbains (Samer, Wimereux, Hardelot) Les secteurs industriels et commerciaux se développe à proximité de l' autoroute A16. Développement d'une zone commerciale et industrielle à proximité de l'autoroute A16 Illustration 14: Nature des espaces artificialisés entre 1998 et 2005 - Boulonnais 44/63 Juillet 2010 Carte 15: Artificialisation des sols entre 1998 et 2005 - Boulonnais 45/63 Juillet 2010 4.3.4 Les mutations d'occupation du sol Entre 1998 et 2005, l'artificialisation des sols a concerné 387ha. Elle se fait principalement aux dépens des territoires agricoles : 363 ha d'espaces agricoles agricoles (1,2% de leur surface) contre 24 ha d'espaces naturels détruits (soir 0,2% de leur surface). Illustration 15: Matrice des mutations 1998-2005 - Boulonnais 46/63 Juillet 2010 47/63 Juillet 2010 Carte 16: Artificialisation des sols et Trame verte et bleue : Boulonnais 48/63 Juillet 2010 Carte 17: Artificialisation des sols et zonage et protection des milieux naturels: Boulonnais 49/63 Juillet 2010 Le territoire se répartit entre deux régions agricoles : le pays de Montreuil et les BasChamps. On y distingue trois systèmes : les zones de grandes cultures intensives du plateau compris entre la Canche et l’Authie; les versants et fonds de vallées et la périphérie des zones habitées, traditionnellement occupées par des pâtures accompagnées d’une trame bocagère dense, et les sols des Bas-Champs picards voués à la polyculture - élevage. 4.4 Le Montreuillois 4.4.1 Les enjeux du territoire Le pays du Montreuillois recèle un patrimoine na turel d’une grande richesse. Du Le Montreuillois Superficie 641 km² Population 75 401 h (INSEE 2006) Densité moyenne Nbre de Communes EPCI Principales agglomérations 117 habitants/km² 70 4 Berck (44 273 habitants en 2006) Situé à l’écart des grandes agglomérations du Nord-Pas-de-Calais, le Pays du Montreuillois présente à la fois des caractéristiques d’un territoire rural, par sa densité de population, son maillage de petites communes, et des caractéristiques d’un territoire à dominante urbaine sur le littoral où la moitié de la population se concentre. Trois grands espaces se dessinent : • le littoral qui s’organise autour des deux aires urbaines mitoyennes de Berck et d’Étaples ; • un espace résidentiel comportant un pôle de services et d’emplois autour de la ville de Montreuil ; • un territoire essentiellement rural autour du pôle de services d’Hucqueliers. littoral à l’arrière pays rural, on y distingue de nombreux systèmes originaux : le complexe dunaire picard, les estuaires de la Canche et de l’Authie, les milieux humides arrière-littoraux, le plateau de Sorrus et Saint-Josse, l’ensemble valléeversants de la Course, les basses vallées de la Canche et de l’Authie. Le profil environnemental du Nord-Pas-Calais identifie (entre autres) les enjeux suivant pour le Montreuillois: • la maîtrise de l’urbanisation et de la pression foncière, qui se développe en retrait du massif dunaire au détriment des milieux naturels sensibles (prairies humides plus ou moins tourbeuses des « bas champs », prairies, bosquets, etc.), en cohérence avec les réseaux de transport et en lien avec les territoires voisins (pays des Sept Vallées notamment); • la préservation de l’abondante ressource en eau du secteur et la reconquête de la qualité des eaux souterraines ; • la protection, la mise en valeur et la valorisation des atouts environnementaux du territoire et, notamment, de ses différentes entités naturelles ; Le pays du Montreuillois constitue un pôle touristique majeur pour la région, puisqu’il représente près de 25 % de l’emploi salarié touristique régional et plus de 45 % de l’ensemble des résidences secondaires du Nord - Pas-de-Calais. La part de résidences secondaires atteint plus de 70 % dans les communes du Touquet, de Merlimont et de Camiers. 50/63 Juillet 2010 Carte 18: Occupation du sol 2005 - Montreuillois 51/63 Juillet 2010 4.4.2 L'occupation du sol Les espaces artificialisés occupent 11% de ce territoire. Ils se concentrent le long du littoral sur les communes d'Etaples, de Berck, du Touquet et dans l'arrière pays dans les fonds de vallée avec des formes urbaines très linéaires. Les espaces naturels occupent 15% du territoire. Ils sont représentés par de grands massifs dunaires sur le littoral et des zones humides en arrière-littoral. Les boisements sont très peu représentés. L'agriculture occupe 74% du territoire du ScoT et est caractérisée principalement par la grande culture. Les prairies occupent 27% de l'espace agricole et sont situées dans les fonds de vallées ou elles sont concurrencées par l'urbanisation. 8% 5% 1% 0% 1% Zones urbanisées Zones industrielles et commerciales et infrastructures de transports Mines, décharges et chantiers Carrières et Terrils Espaces verts artificialisés non agricoles Milieux cultivés Prairies Espaces en Friches Milieux boisés Milieux humides et en eau Milieux naturels ouverts 2% 9% 0% 20% 53% Illustration 16: Montreuillois 52/63 Occupation du sol 2005 - Juillet 2010 Carte 19: Artificialisation des sols dans le Montreuillois entre 1990 et 1998 53/63 Juillet 2010 4.4.3 L'évolution de l'occupation du sol Comme sur le territoire du SCoT de Boulogne, entre 1990 et 1998, les espaces artificialisés y ont progressé de 5,1%, soit une valeur très supérieure aux moyennes régionales et départementales (2,7% chacune) et très supérieure à la croissance de la population sur ce territoire (+2%). Ici encore, cette artificialisation est le fait principale de la construction de l'A16 qui traverse le territoire du Nord au Sud. L'habitat progresse de manière plus modeste, principalement sur la commune de Stella-Plage ou un grand secteur de milieux dunaire a été loti. Entre 1998 et 2006, comme dans le Boulonnais, la progression des espaces artificialisés se stabilise au même niveau que la période précédente, soit 5,2%, une valeur proche des moyennes régionales et départementales. En revanche, la population croit de manière plus importante puisqu'elle augmente de 6,9% entre 1999 et 2006. La consommation d'espace est principalement dû à la création de nouvelles zones d'habitats. Cet habitat se développe principalement sur la frange côtière (communes d'Etaples, de Berck, de Rang-du-Fliers). Dans l'arrière-pays, l'habitat se développe en continuité de l'existant dans les fonds de vallée, accentuant les forme linéaire de l'urbanisation. Illustration 17: Nature des espaces artificialisés entre 1998 et 2005 - Montreuillois 54/63 Juillet 2010 Carte 20: Artificialisation des sols dans le Montreuillois entre 1998 et 2005 55/63 Juillet 2010 4.4.4 Les mutations d'occupation du sol Entre 1998 et 2005, l'artificialisation des sols a concerné 400 ha. Elle se fait principalement aux dépens des territoires agricoles : 363 ha d'espaces agricoles agricoles (,21% de leur surface) contre 50 ha d'espaces naturels détruits (soir 0,2% de leur surface), dont 30ha d'espaces dunaires pour l'extension de zones d'habitation. Illustration 18: les mutations d'occupation du sol sur le Montreuillois entre 1998 et 2005 56/63 Juillet 2010 57/63 Juillet 2010 Carte 21: Artificialisation des sols dans le Montreuillois entre 1998 et 2005 – inventaire et protection 58/63 Juillet 2010 Carte 22: Artificialisation des sols dans le Montreuillois entre 1998 et 2005 - TVB 59/63 Juillet 2010 5 Table des cartes Index des illustrations Carte 1: Les SCoTs en Nord-Pas-de-Calais................................................6 Carte 2: Évolution de la population sur les communes du littoral du NordPas-de-Calais.............................................................................................14 Carte 3: Occupation du sol 2005 – région de Flandres-Dunkerque.........24 Carte 4: artificialisation du sol entre 1990 et 1998 -Région de FlandresDunkerque..................................................................................................27 Carte 5: artificialisation du sol entre 1998 et 2005 -Région de FlandresDunkerque..................................................................................................29 Carte 6: artificialisation du sol entre 1998 et 2005 et zonages d'inventaire et de protection des milieux naturels -Région de Flandres-Dunkerque....30 Carte 7: artificialisation du sol entre 1998 et 2005 et TVB -Région de Flandres-Dunkerque..................................................................................31 Carte 8: Occupation du sol 2005 – Terre des 2 Caps...............................33 Carte 9: Artificialisation des sols entre 1990 et 1998 – Terre des 2 Caps ....................................................................................................................35 Carte 10:: Artificialisation des sols entre 1998 et 2005 – Terre des 2 Caps...........................................................................................................37 Carte 11: Artificialisation des sols entre 1998 et 2005 Inventaire et protection– Terre des 2 Caps.....................................................................38 Carte 12: L Artificialisation des sols entre 1990 et 2005 TVB – terre des 2 Caps........................................................................................................39 Carte 13: Occupation du sol 2005 - Boulonnais.......................................41 Carte 14: Artificialisation des sols entre 1990 et 1998 - Boulonnais.......43 Carte 15: Artificialisation des sols entre 1998 et 2005 - Boulonnais......45 Carte 16: Artificialisation des sols et Trame verte et bleue : Boulonnais. 48 Carte 17: Artificialisation des sols et zonage et protection des milieux naturels: Boulonnais..................................................................................49 Carte 18: Occupation du sol 2005 - Montreuillois...................................51 60/63 Carte 19: Artificialisation des sols dans le Montreuillois entre 1990 et 1998...........................................................................................................53 Carte 20: Artificialisation des sols dans le Montreuillois entre 1998 et 2005...........................................................................................................55 Carte 21: Artificialisation des sols dans le Montreuillois entre 1998 et 2005 – inventaire et protection .................................................................58 Carte 22: Artificialisation des sols dans le Montreuillois entre 1998 et 2005 - TVB................................................................................................59 Juillet 2010 6 Tables des graphiques Illustration 18: les mutations d'occupation du sol sur le Montreuillois entre 1998 et 2005.....................................................................................56 Index des illustrations Illustration 1: Occupation du sol sur le littoral du Nord-Pas-de-Calais en 2005...........................................................................................................10 Illustration 2: Évolution de l'occupation du sol 1990-1998 – territoires littoraux du Nord-Pas-de-Calais................................................................12 Illustration 3: Évolution de l'occupation du sol 1998-2005 – territoires littoraux du Nord-Pas-de-Calais................................................................13 Illustration 4: Nature des espaces artificialisés entre 1998 et 2005 sur les territoires littoraux.....................................................................................15 Illustration 5: Artificialisation dans les ZNIEFF de type 2entre 1998 et 2005 – territoires littoraux du Nord-Pas-de-Calais...................................16 Illustration 6: Artificialisation des sols dans la TVB des territoires littoraux entre 1998 et 2005......................................................................18 Illustration 7: occupation du sol en 2005 - Scot Flandres-Dunkerque....25 Illustration 8: Nature des espaces artificialisés entre 1998 et 2005 Flandres-Dunkerque..................................................................................28 Illustration 9: Matrice de mutation 1998-2005 - Flandres-Dunkerque....28 Illustration 10: Occupation du sol 2005 - Terre des 2 Caps.....................32 Illustration 11: Nature des espaces artificialisés entre 1998 et 2005 Terre des 2 Caps........................................................................................34 Illustration 12: Matrice des mutations 1998-2005 - Terre des 2 Caps....36 Illustration 13: Occupation du sol 2005 - Boulonnais..............................42 Illustration 14: Nature des espaces artificialisés entre 1998 et 2005 Boulonnais.................................................................................................44 Illustration 15: Matrice des mutations 1998-2005 - Boulonnais..............46 Illustration 16: Occupation du sol 2005 - Montreuillois..........................52 Illustration 17: Nature des espaces artificialisés entre 1998 et 2005 Montreuillois..............................................................................................54 61/63 Juillet 2010