Evaluation finale du PMT5 - Agence Sanitaire et Sociale de la
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Evaluation finale du PMT5 - Agence Sanitaire et Sociale de la
Evaluation formative finale du plan multisectoriel de prévention du VIH/SIDA/IST de la NouvelleCalédonie (PMT5) Commanditaire Agence sanitaire et sociale de N.C Contacts: Dr Bernard Rouchon Directeur de l’Agence sanitaire et sociale de N.C Gwendal Boursicot Chef de projet du Programme Agence sanitaire et sociale de N.C R a pp or t f i n al Ja nv ier 2 01 4 Dr Nadine SANNINO Référence : 2013_05 [email protected] 06 84 81 62 04 EFECT 74 Bis Cours Gambetta – 13100 Aix en Provence EURL au capital de 8000 euros SIRET 497 935 320 00026 Commanditaire Agence sanitaire et sociale de N.C : Dr Bernard ROUCHON, Directeur de l’Agence sanitaire et sociale de N.C Gwendal BOURSICOT, Chef de projet du plan Évaluation Dr Nadine SANNINO, Médecin de santé publique, Gérante d’ EFECT, consultante sénior en évaluation de programmes et politiques de santé publique 2013_05_Rapport_PMT5_NC_15_01_14 2 Remerciements Nous remercions les personnes suivantes, qui ont accepté d’être interviewées (ordre alphabétique), ainsi que l’équipe de l’ASS NC, en particulier Gwendal BOURSICOT, pour l’organisation de ces rencontres. Mme Nadège BALOCHE, Educatrice Sanitaire de la Province Nord Dr François BAUR, CHN de Poindimié Mme Betty BOLLIER, ESPAS CMP, Nouméa Mme Lisié BOULA, assesseur coutumier de l’aire de Dréhu, institutrice spécialisée, Lifou Mme Carine BRILLET, directrice, Association Solidarité Sida, Nouméa Dr Bruno CALANDREAU, Président, Conseil de l’Ordre des Médecins de Nouvelle Calédonie Dr Erik CAMUS, chef de service, gynécologie obstétrique, CH Magenta, Nouméa Mme Danièle CONTE, Secrétaire du bureau de l’association « Femmes et violences conjugales », Nouméa M. Philippe CORSENAC, épidémiologiste, en charge de la gestion et de l’analyse de l’enquête de prévalence sur les IST, ASSNC Dr Isabelle DEFREMICOURT, responsable de la coordination médico-préventive, Direction de l’action communautaire et de l’action sanitaire de la Province des Iles Loyauté (DACAS Province des iles), Lifou Dr Pascale DOMINGUE –MENA, Adjoint au service des actions sanitaires et de la prévention, Direction des Affaires Sanitaires et des problèmes de société de la province Nord Direction Provinciale des Affaires Sanitaires et Sociales, Koné Dr. Françoise DROETTO, ex responsable de l’ESPAS CMP, CDAG Dr Philippe EONO, médecin coordonateur du pôle de sante publique de la DPASS, Nouméa Mme Marie-Pierre FAVORY, ESPAS CMP, Nouméa Mme Marjorie FERAL, sage-femme, CMS de Wé, Lifou Mme Anne-Laure FONTAINE, IDE, CMS de Xepenehe, Lifou Dr. Pascal FRISON, épidémiologiste, surveillance des maladies transmissibles, Communauté du Pacifique – Secrétariat M. Arnaud FUENTES, Co-président, Comité de Promotion de la Santé Sexuelle (CP2S), Nouméa M. Claude GAMBEY, Directeur de l’Action Communautaire et de l’action sanitaire- Direction de l’action communautaire et de l’action sanitaire de la Province des Iles Loyauté (DACAS Province des iles), Lifou Mme Catherine GLEDHILL, consultante sanitaire et sociale en mission pour l’ASSNC sur le PMT5 Dr Anne-Claire GOURINAT, Institut Pasteur de Nouvelle Calédonie, Nouméa Mme Déborah GUIBERT, Educatrice Sanitaire de la Province Nord Dr. GUILBOT, médecin généraliste à LA FOA M. Jean-Paul HELLOA, psychologue scolaire, Alliance Scolaire, Nouméa Dr Thierry JUBEAU, médecin conseil, CAFAT Pasteur Marie-Claire KAEMO, Béthanie, Wé, Lifou Dr. Flore LACASSIN, infectiologue, CH Magenta, Nouméa M. Frédéric LACELLE, IDE du Rectorat Dr. Sylvie LAUMONT, trésorière, Conseil de l’Ordre des Médecins de Nouvelle Calédonie Dr. LAVALIER, groupe CALEDOBIO, Nouvelle Calédonie Mme Anne LECALLONNEC, IDE, CMS de Xepenehe, Lifou Mme Cécile LECERF, sage-femme, CMS de Koné/Voh M. Thierry LE FEVRE, Chef de service, Service de Prévention et de Promotion de la santé Direction Provinciale des Affaires Sanitaires et Sociales, Nouméa Mme Fabienne LE GUEN, sage-femme, CMS de Wé, Lifou Dr. Catherine LEHMANN, ESPAS CMP, Nouméa Mme Anne LE MARTELOT, sage-femme, DPASS, Nouméa Dr. Brigitte LEQUES, Centre de Conseil Familial (CCF), Nouméa M. Yannick LEROY, IDE, CMS de Xepenehe, Lifou Dr. Carine LOPEZ, CMS de Wé, Lifou Mme Agnès MATHEVON, directrice, Association HOMOSPHERE, Nouméa 2013_05_Rapport_PMT5_NC_15_01_14 4 Mme Fatou Leity MBODJ-BLOT, docteur en sociologie, Nouméa Dr Martine NOEL, Médecin Inspecteur de Santé Publique, Veille Sanitaire et Contrôle sanitaire aux frontières à la DASS-NC ; Activité bénévole de consultation et formation dans le cadre de l’Association Solidarité Sida, Nouméa Mme Virginie NICOLINI, permanente d’accueil, Association Solidarité Sida, Nouméa M. Patrice NICOT, exploitation des bases de données de surveillance sanitaire, DASS-NC, Nouméa M. David MARCON, Chef de service des actions sanitaires et de la prévention, Direction des Affaires Sanitaires et des problèmes de société de la province Nord Direction Provinciale des Affaires Sanitaires et Sociales, Koné Dr. Isabelle MONCHOTTE, vice-présidente, Association Solidarité Sida, Nouméa Mme Benoite MONEY, Aide soignante, CMS de Xepenehe, Lifou Mme Joane PAÏDI, co-présidente, Comité de Promotion de la Santé Sexuelle (CP2S), Nouméa Mme Alice PANOUE, chef du service des femmes et de la formation insertion professionnelle et emploi, Province des Iles Loyautés, Lifou Mme Hélène PHILIPPON, impliquée dans l’accompagnement des jeunes, tribu Hanawa, Lifou Mme Marie PROUCHANDY, directrice, Comité de Promotion de la Santé Sexuelle (CP2S), Nouméa Dr. Christian REBOUL, CMS de Xepenehe, Lifou Mme Carine SARAZIN, Educatrice Sanitaire de la Province Nord Mme Marie-Hélène SIO, présidente de l’Association MELENG THEI EÖ, Lifou Dr. Georges SCHLUMBERGER, médecin généraliste, Koné Mme Erika SCHOUENE, Educatrice Sanitaire de la Province Nord Mme Delphine SIRE, éducatrice pour la santé et coordinatrice des actions scolaires en santé sexuelle au SPPS Mme Dominique SOLIA, présidente, Association Solidarité Sida, Nouméa M. Olivier TESTEMALLE, président, Association HOMOSPHERE, Nouméa Dr. Rémi TETEFORT, Service de gynécologie et obstétrique, CH Magenta, Nouméa 2013_05_Rapport_PMT5_NC_15_01_14 5 Mme Izane VALLET, Responsable de l’association « Femmes et violences conjugales », Nouméa M. Wamo WADRENGES, IDE à la retraite, CMS de Xepenehe, Lifou Mme Marianne WANAKAEN, IDE, CMS de Xepenehe, Lifou M. Ian WANUYEKI, Epidémiologiste (Spécialiste de la surveillance du VIH et des IST), Communauté du Pacifique – Secrétariat Mme Thérèse WAMITAN, Infirmière coordonatrice, Vice Rectorat, Nouméa M. Jacques WAIA, Directeur, DPAS SUD, Nouméa Mme Eugénie XOWIE, mouvement des femmes de l’église protestante, Lifou M. Jacob XOWIE, Directeur de l’école pastorale de Béthanie, Lifou Nous remercions également chaleureusement Pierre, Marie, Alain, Jean-Paul, Christian, Jacques, Elise, Marcel, bénéficiaires, Solidarité Sida, Nouméa Marie, Marie-Hélène, Christine, Rose, Emmanuella, Eugénie, MaÏta, Simone, élèves pasteur de Béthanie, 1ère ou 3ème année, Lifou Jimmy, Mae, Domer, Weinane, daniel, Simon, Joel, Frédéric, Thierry, Quanune, élèves pasteur de Béthanie, 1ère ou 3ème année, Lifou Jérémy, Alphonse, et les jeunes de Lifou ayant accepté de nous rencontrer 2013_05_Rapport_PMT5_NC_15_01_14 6 SOMMAIRE Gl os s a ir e ........................................................................................ 9 1 In t r od uc t io n .......................................................................... 10 1.1 La Nouv elle-Calédonie ................................................... 10 1.2 La lutt e contre le VIH et les IST en Nouv elle-Calédonie ....... 11 1.3 La commande............................................................... 12 2 Ob j ec t ifs e t m é t ho d ol o gi e de l’ év a l ua ti o n ................................ 13 2.1 Finalités et objectifs de l’év aluation ................................. 13 2.2 Champ de l’évaluat ion ................................................... 13 2.3 Quest ions év aluativ es .................................................... 14 2.4 Méthode et conduit e du projet ........................................ 14 3 P ré s e n ta t i on du P M T5 ............................................................ 19 3.1 Le projet d’origine ........................................................ 19 3.2 Le PMT5 « deuxième période » ....................................... 23 4 P a n ora m a d es pr in ci pa ux a c te u rs d u P M T5 .............................. 25 4.1 L’ASS de NC................................................................. 25 4.2 Les acteurs inst itutionnels ............................................. 26 4.3 Act eurs associatifs et privés ........................................... 30 4.4 Les laborat oires ........................................................... 33 4.5 Les services hospitaliers spécialisés ................................. 34 4.6 Les professionnels libéraux ............................................ 34 4.7 L’église ....................................................................... 34 4.8 Le Service Médical Interent reprises du Travail (SMIT) ......... 35 5 Ana lys e pa r a x es .................................................................... 36 5.1 Les actions de prév ention .............................................. 36 5.2 Le dépistage ................................................................ 44 5.3 Prise en charge ............................................................ 48 5.4 Les const ats transv ersaux .............................................. 49 2013_05_Rapport_PMT5_NC_15_01_14 7 5.5 La dimension d’efficience du programme .......................... 55 6 En s yn t h ès e : r é p on s e a ux q ue s ti o ns é v a lu a ti ve s ..................... 56 6.1 Quels sont la pertinence et l’impact du P MT5? ................... 56 6.2 Quelle est l’efficacit é/effectivit é du PMT 5? ........................ 57 6.3 Quelle est la pérennité du PMT5? .................................... 58 7 R ec o mm a n da t io ns .................................................................. 59 7.1 Pour améliorer l’efficacit é du plan ................................... 59 7.2 Pour améliorer la coordination du programme .................... 63 7.3 Pour optimiser l’action globale de l’ASS-NC ....................... 65 7.4 Pour connaît re et améliorer l’efficience du plan ................. 65 8 An n ex es ................................................................................ 66 8.1 Annexe 1 : Référentiel d’év aluation ................................. 66 8.2 Annexe 2 : Références disponibles ................................... 68 8.3 Annexe 3 : list e des documents consult és ......................... 69 8.4 Annexe 4 : Grille d’entret ien ........................................... 72 2013_05_Rapport_PMT5_NC_15_01_14 8 Glossaire ASSNC Agence Sanitaire et Sociale de Nouvelle Calédonie CCF Centre de Conseil Familial CDAG Consultation de Dépistage Anonyme et Gratuite CHN Centre Hospitalier Nord CHT Centre Hospitalier Territorial de NC COMISSE Commission Santé, Social, Environnement CMS Circonscription Médico-Sociale CPS Secrétariat de la Commission du Pacifique Sud CP2S Comité de Promotion de la Santé Sexuelle DACAS Direction de l'Action Communautaire et de l'Action Sanitaire Province des Iles Loyauté DASS-PS Direction des Affaires Sanitaires et Sociales et des Problèmes de Société Province Nord DPASS Direction Provinciale de l’Action Sanitaire et Sociale de la Province Sud IDE Infirmier Diplômé d’Etat IGH Infection Génitale Haute IST Infections Sexuellement Transmissibles IVG Interruption Volontaire de Grossesse HAS Haute Autorité de Santé MG Médecin Généraliste NC Nouvelle-Calédonie OPAS Observatoire de l'action sociale et médico-sociale de la province Sud PVVIH Personnes Vivant avec le VIH SMIT Service Médical Inter Entreprise du Travail SPSS Service de Prévention et de Promotion de la Santé de la Province Sud STS Service de Transfusion Sanguine du CHT TROD Test Rapide à Orientation Diagnostique dits tests à résultats rapides 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 9 1 Introduction 1.1 La Nouvelle-Calédonie Avec 245 580 habitants au recensement de 2009 répartis à 66,67% dans la Province du Sud (Nouméa), 26,33% dans la Province du Nord et 7% dans la Province des Iles Loyautés, la population de Nouvelle Calédonie (NC), est jeune (34,4% de moins de 20 ans) et connait un taux d’accroissement de 1,63%1. La Nouvelle-Calédonie collectivité d’outre mer (COM), possède une organisation administrative unique, due aux Accords de Matignon (1988) puis aux changements de statut de l'archipel depuis les Accords de Nouméa, le 5 mai 1998. La loi organique (16 février 1999) qui en a découlé a permis d'organiser l'évolution de la structure institutionnelle. Elle possède son propre gouvernement et 33 communes réparties en 3 provinces administratives2. Les Provinces sont autonomes dans la gestion de leur budget et dans leur implication pour la mise en œuvre de leurs compétences. Chacune possède son Assemblée, les trois Assemblées se regroupant en un Congrès, compétent pour régler les affaires communes à l'ensemble du territoire, en assemblée délibérante. Le congrès élit les membres du gouvernement et légifère en votant des lois de pays. Il est également habilité à prendre en charge les transferts de compétences de la France vers le territoire. Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a le pouvoir exécutif et réglementaire. Le sénat coutumier veille sur le respect des coutumes locales. Le Haut Commissaire est le représentant de l’état français en NC. Sous sa responsabilité, œuvrent les représentants des ministères dont les compétences régaliennes demeurent en NC : • La Justice, le maintien de l’ordre et la sécurité civile (prison, police, gendarmerie, douanes) • La défense. La santé est une compétence dévolue au Gouvernement. Il en est à présent de même pour l’Education depuis le transfert de la tutelle, de l’enseignement secondaire et supérieur, en janvier 2012, anciennement dévolue à l’Etat Français au même titre que le « primaire». 1 http://www.isee.nc/tec/popsociete/popsociete.html 2 www.gouv.nc 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 10 1.2 La lutte contre le VIH et les IST en Nouvelle-Calédonie La lutte contre le Sida s’est organisée Nouvelle-Calédonie dès 1984 avec l’apparition des premiers cas cliniques. La Commission Territoriale alors constituée a progressivement évolué vers un Comité de Lutte Contre le Sida (association loi 1901), en 1992, suivi, en 1994, de la mise en place d’un comité de pilotage (COPIL) et d’un comité technique (COTEC). Depuis 1991, des plans successifs ont été élaborés pour définir les orientations et activités de lutte contre le VIH. Comme son nom l’indique, le Plan Multisectoriel de Prévention V (PMT5), porté par l’Agence Sanitaire et Sociale de Nouvelle Calédonie (ASS NC), est le 5ème (2008-2013) depuis 1991, et arrive à son terme. Il comporte un objectif global de prévenir la croissance de la transmission du VIH/SIDA et des IST en Nouvelle-Calédonie et repose sur 5 axes stratégiques déclinés aujourd’hui en 7 grandes priorités d’action. Sa définition résulte de l’évaluation du plan précédent. Ce plan s’appuie sur une dynamique forte, impliquant de nombreux partenaires3 institutionnels et associatifs réunis au sein de groupes de travail (CLUSTERS) et en comités techniques (COTEC), sous la coordination de l’ASS-NC. Il existe également une importante recherche d’implication d’acteurs de terrain (CMS, CDAG, Associations, médecins généralistes,..). Une évaluation à mi-parcours a donné un virage important à la prévention et prise en charge des IST, plus largement que le seul VIH4, au regard de la prévalence estimée des IST. Ainsi, à l’intérieur de ses priorités, la seconde période du PMT55 comporte des enjeux: • Développer les actions de proximité et élargir le partenariat : lycées professionnels, populations vulnérables, détenus, femmes, communautés. • Moderniser la communication (sms, internet,..) • Établir des passerelles avec les plans de prévention des conduites addictives et des violences. • Faire adopter l’approche syndromique des IST. 3 Le PMT5 en quelques mots, http://www.ass.nc/lespace-professionnel/sexe/le-pmt-5 4 Evaluation formative à mi-parcours de réalisation du PMT5, Dr Joel LADNER, 2010 5 Feuille de route 2011-2013 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 11 1.3 La commande À l’approche du terme du PMT5, et dans la perspective de construire le PMT6, l’ASS NC a souhaité lancer une évaluation, et la confier à un prestataire externe, indépendant. Cette mission a été confiée à la société EFECT, après consultation. Après avoir rappelé les objectifs et la méthodologie de l’évaluation, présenté le programme et ses principaux acteurs, les résultats, conclusions et recommandations issus de l’évaluation externe sont développés dans le présent rapport. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 12 2 Objectifs et méthodologie de l’évaluation 2.1 Finalités et objectifs de l’évaluation Dans le but d’adapter les stratégies pour le PMT6, au terme de cinq ans de mise en œuvre du programme, l’ASS-NC souhaite disposer d’une évaluation de type « formative », c'est-à-dire intégrée à un apprentissage, afin de se situer par rapport au chemin parcouru et à venir. Les objectifs généraux de l’évaluation sont de : • Mesurer les résultats observés pour chacun des objectifs définis du PMT5, dans les 7 domaines prioritaires, à savoir : o La communication autour du VIH/SIDA et des IST pour grand public, o L’éducation à la santé sexuelle envers des groupes cibles, o La promotion du dépistage VIH, o La prévention et actions vis-à-vis des IST, o La facilitation de l’accès au préservatif, o L’amélioration la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH, o La formation des professionnels de santé et de la population civile sur les divers thèmes liés au VIH/SIDA/IST. • Se prononcer sur l’impact effectif et potentiel (à termes) des processus initiés par les actions et le fonctionnement du PMT5. • Élaborer des préconisations/recommandations en vue de l’amélioration du plan 2.2 Champ de l’évaluation Le champ de l’évaluation concerne le plan multisectoriel territorial dans sa totalité. D’un point de vue populationnel, sont concernés les différentes populations cibles et les partenariats stratégiques et opérationnels du plan. Entrent donc dans ce champ, de manière interactive : • Les politiques poursuivies par l’Etat, le Pays (Santé), les Provinces. • Les actions développées par le champ associatif et la société civile. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 13 • 2.3 La mobilisation du secteur libéral et hospitalier de la santé (médecins, infirmiers et pharmaciens). Questions évaluatives Ces dernières, formulées par l’ASS-NC, déclinent les objectifs de l’évaluation et précisent les critères d’évaluation utilisés : • Quelle est la pertinence du PMT5? : il s’agit d’interroger les fondements de la démarche programmatique et d’analyser la raison d’être du plan, à partir d’une confrontation aux besoins de la (des) population(s) visée(s) et son effet sur les comportements pour maitriser la propagation des IST et du VIH en NC, résultat ultime du plan. En d’autres termes, il s’agit d’analyser la théorie d’action déployée pour répondre à l’analyse de situation et le rôle propre de chaque acteur public, privé, associatif, communautaire, politique, dans l’atteinte des résultats escomptés. • Quelle est l’efficacité/effectivité du PMT5? : Il s’agit également d’analyser le processus du plan, en termes de déploiement des réalisations prévues, qualitativement et quantitativement au regard du plan opérationnel. L’analyse des conditions de l’obtention de ces résultats avec la même importance que les résultats eux-mêmes comporte un intérêt majeur dans l’élaboration d’une stratégie générale d’action, comme attendue. • Quelle est l’efficience du PMT5 ? Il s’agit d’apprécier le coût du PMT5 au regard de ses réalisations et préciser l’existence de coûts inutiles, le cas échéant • Quelle est la pérennité du PMT5 ? Il s’agit d’apprécier le degré d’implantation, d’appropriation des priorités et stratégies du plan par les groupes et acteurs concernés et les conditions de la pérennisation des acquis. • Quel est l’impact du PMT5 ?: Il s’agit d’essayer d’objectiver les effets du plan sur l’évolution de l’incidence des IST et du VIH à partir des données disponibles Ce questionnement a permis de concevoir le référentiel de l’évaluation à l’appui de la mise en œuvre de la démarche (Annexe 1). 2.4 Méthode et conduite du projet La constitution d’un dispositif d’évaluation Les consultants ont travaillé en partenariat étroit avec le groupe projet (constitué du directeur de l’ASS-NC et de la coordinatrice du plan au sein de l’ASS-NC). Les premiers résultats ont été présentés et discutés au sein d’ateliers de travail composés des 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 14 partenaires des CLUSTERS, élargis à des acteurs ressources ou à des acteurs dont l’implication future dans le programme est souhaitée. Une présentation des principales conclusions et pistes de travail a été également réalisée auprès de Madame Cécile ROSCO, collaboratrice en charge du secteur santé du cabinet de Madame Sylvie ROBINEAU. Figure 1 : Dispositif d’éval uation Discute les résultats en vue de l’appropriation des recommandations COMMANDITAIRE ASS-NC CA de l’ASS-NC GROUPE PROJET REFERENT SEMINAIRE Suit l’évaluation, valide les outils et les rendus EFECT GROUPE PLENIER Produit GROUPES de TRAVAIL THEMATIQUES Utilisent les premières conclusions pour l’ajustement du programme note de cadrage référentiel guides d’entretien et d’animation de réunions Rapport intermédiaire Présente Rapport final Déroulement de la démarche En 44 jours, la prestation s’est déroulée en 4 phases. Figure 2 : Schéma récapitu latif de la démarch e d’éval uation PHASES LIVRABLES Phase 1: Lancement Note de cadrage RESTITUTIONS Réunion ASS-NC (Visioconférence) Analyse documentaire Phase 2: Préparatoire Référentiel et outils Guides d’entretien Echange ASS-NC Discussion -Validation (Mail, téléphone) Entretiens en NC Phase 3: Opérationnelle Rapport intermédiaire – Support power point Restitution ASS-NC Participation aux ateliers de travail, discussion par axes Phase 4: Conclusions et recommandations Rapport final Restitution Plénière ASS-NC 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 15 La phase 1 consacrée au lancement de la mission a permis l’immersion du consultant dans le sujet et sa bonne appropriation des enjeux liés aux spécificités du territoire, ainsi que la discussion et la validation du déroulement de la mission (modalités des échanges, méthodologie et calendrier de l’évaluation) avec le groupe projet. La phase 2 appelée « préparatoire » a permis de compléter la première phase et de parfaire la connaissance et la compréhension du programme, de ses enjeux, de son déploiement. Concrètement elle a consisté à : • Analyser l’ensemble des données, études et documents déjà disponibles. • Finaliser le référentiel d’évaluation qui se conçoit comme la formalisation d’un cadre d’analyse en cohérence avec les questions évaluatives, les critères et descripteurs/indicateurs qui en découle et les sources d’informations nécessaires pour y répondre (ainsi que les outils mobilisés pour leur recueil). • Finaliser les outils de recueil de données, dont les guides d’entretien reprenant les axes du questionnement évaluatif, avec des approfondissements spécifiques au type d’interlocuteur. La planification des rendez-vous pour les rencontres à mener en Nouvelle Calédonie avec les acteurs du programme a été assurée par la coordinatrice du plan, Gwendal BOURSICOT. La phase 3 appelée « opérationnelle » a consisté en la conduite d’entretiens avec les acteurs du programme et à leur analyse en lien avec les éléments déjà collectés. Il s’est agi de comprendre et d’analyser : • L’opinion des partenaires sur l’acceptabilité du programme, son pilotage stratégique, son déploiement, sa conduite opérationnelle et les articulations entre acteurs; • La stratégie et les enjeux en présence. Une restitution/discussion en ateliers de travail thématiques s’est tenue aux termes de cette phase. La phase 4 a permis de produire les résultats de l’évaluation en : • Analysant de manière descriptive les différents axes d’investigation. • Répondant aux questions évaluatives par la mise en perspective de l’ensemble des informations obtenues au cours de l’évaluation • Établissant des recommandations opérationnelles, susceptibles d’améliorer le dispositif de coordination du programme et son déploiement sur tout le territoire 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 16 en prenant en compte l’analyse par province et les références disponibles dans ce domaine (Annexe 2) • Une présentation en groupe plénier a été réalisée par le consultant le 4 décembre 2013. Recueil de données Bilan informationnel Il s’agit d’une part de documents spécifiques au plan et transmis par le chef de projet: • Échantillon de comptes rendus de CLUSTERS et COTEC; • Bilans antérieurs et rapports d’activités; • Résultats des différentes enquêtes disponibles; • Éléments de contexte relatifs au système de santé et à la socio démographie; • « Plan d'action global » et feuille de route annuelle; • Rapports d’évaluation antérieurs Ces documents ont été complétés lors de la phase opérationnelle par des éléments remis par les personnes auditionnées (rapports spécifiques d’activité, données de surveillance actualisées,...). La liste des documents consultés figure en Annexe 3. Réalisation des entretiens Plusieurs types d’entretiens ont été menés avec des objectifs spécifiques. • Les entretiens de cadrage Sous la forme d’une visioconférence inaugurale, avec le directeur de l’ASS-NC et le chef de projet du plan, ces entretiens ont permis : o D’aborder plus précisément les éléments de contexte relatif à la conception du programme, à sa structure actuelle, aux choix des axes effectués, à leur articulation ainsi qu’aux constats déjà dressés par l’ASSNC. o D’établir la liste des documents et données se rapportant au programme, à transmettre par l’ASS-NC et précédemment évoqués. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 17 • o De lister les partenaires à interviewer en phase opérationnelle. o De discuter du calendrier général de la prestation et de la conduite de mission; Les entretiens visant le recueil de données proprement dit : Ces entretiens ont été menés en Nouvelle-Calédonie, de manière individuelle ou groupale, au moyen d’une grille de recueil semi-directive dont les axes étaient déclinés en profondeur selon les interlocuteurs (Annexe 4). Ils ont concerné : • L’équipe projet du PMT5 • Environ 100 acteurs, partenaires professionnels, associatifs ou personnes de la société civile (la liste des personnes interviewées figure au début de ce rapport). 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 18 3 Présentation du PMT5 3.1 Le projet d’origine Bref historique La construction du PMT5 connait les spécificités suivantes: • Il s’est adossé à l’évaluation du PMT4 (octobre 2006, Pascal FRISON, EPICENTRE) dont il a intégré les constats et recommandations, à savoir la confirmation de la pertinence des axes stratégiques, un impact probable du plan (épidémie VIH « contenue ») mais la mise en évidence de facteurs de vulnérabilité justifiant une vigilance soutenue (circulation d’IST peu documentée et amplification de facteurs de prise de risque dans la sexualité : alcool, cannabis). L’évaluateur invitait à reconsidérer les points faibles rappelés ci-après: o Pour la coordination intersectorielle : absence de coordination territoriale opérationnelle, intersectorialité à renforcer. o Pour l’Information, la Motivation et la Communication : insuffisance de politique, de coordination des interventions, insuffisance de communication des services offerts, obstacles socio-culturels. Certains groupes de personnes particulièrement vulnérables ont difficilement accès à l’information et nécessitent la mise en place d’actions de proximité. o Pour l’accès au préservatif : taux d’utilisation des préservatifs encore insuffisant et inéquitable (inégalités d’accès), insuffisance de coordination en matière de distribution. o Pour l’accès au dépistage : forte inéquité du dispositif de CDAG entre le sud, le nord et les îles, faible promotion du dispositif, qualité du dispoitif en direction des femmes enceintes. o Pour la prise en charge des IST curables : faible utilisation de l’approche syndromique. o Pour le système d’information relatif aux IST : absence de système d’information formalisé de surveillance active, système passif de déclaration insuffisamment exhaustif (laisse échapper de très nombreux cas). 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 19 o Pour la prise en charge sociale des personnes vivant avec le VIH : insuffisance de prise en charge des aspects non médicaux de la prise en charge des PVVIH. • Il a été entièrement animé par l’ASS-NC, avec la mise en place de sa mission de prévention et promotion de la santé en 2006. • Il a disposé d’un nouveau dispositif de gouvernance : • o le COPIL crée au démarrage de la lutte contre le VIH ne s’étant pas réuni depuis 2004, il a été remplacé par le Conseil d’Administration de l’ASSNC, composé d’élus du Gouvernement, du Congrès et des Provinces. o Le COTEC rassemble de façon permanente autour du directeur de l’ASSNC un représentant des services et collectivités de la NC (DASS, DPAS, DACAS, DASSPS, CH-NC, IPNC, Vice-Rectorat, section VIH/IST de la CPS) ainsi qu’un représentant des associations de lutte contre le SIDA (en pratique deux associations : Solidarité Sida et CP2S). Il a pour rôle de suivre les différents projets et réalisations du PMT5 et de tenir informé le CA. Le rythme prévu de réunion était tous les deux mois. Il repose sur une importante mobilisation partenariale : environ 80 personnes institutionnelles et associatives ont été réunies sous la forme de 18 ateliers thématiques lors d’un séminaire de 4 jours en septembre 2007. La totalité des propositions issues de ces ateliers ont été intégrées dans le plan stratégique opérationnel. Cette mobilisation a donné naissance aux CLUSTERS par la suite. Finalité et objectifs du PMT5 initial 5 axes stratégiques structurent les orientations d’actions du programme pour atteindre sa finalité : « réduire la croissance de la transmission du VIH/SIDA et des IST en NC » : • La prévention de la transmission du VIH/SIDA • Le contrôle des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) • La prise en charge des personnes vivant avec le VIH/SIDA (PVVIH) • La surveillance épidémiologique • La coordination multisectorielle Les axes regroupent 7 domaines prioritaires d’action, auxquels correspondent des objectifs spécifiques. Un important travail de déclinaison opérationnelle de ces objectifs, attribuant des responsabilités de mises en œuvre aux principaux acteurs institutionnels et associatifs a été effectué au moment de l’écriture programmatique, précisant 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 20 également la cible, le budget prévisionnel, le calendrier. Une réflexion sur les indicateurs pouvant concourir à l’impact et à l’effectivité des actions a été menée. Le lecteur se reportera à ce document cadre6 pour plus de précisions. Le budget prévisionnel mentionné par activité comportait un montant de référence pour la ressource humaine nécessaire à la mise en œuvre de l’activité de « 400 000 FCFP mensuels, charges incluses». La budgétisation des campagnes de communication média comme celle des outils et supports de communication s’est basée sur les coûts engagés par expérience dans le cadre d’autres thématiques. Environ 70 millions de francs CFP annuels (2/3 en financement de contrats d’objectifs et de moyens et 1/3 pour la coordination et la communication) ont été budgétés, auxquels s’ajoutent les ressources allloueés par les Province, et qui ne sont pas valorisées. Il y est stipulé en page 9 de ce document, « en filigrane de toutes les stratégies, que l’ambition de ce plan est de promouvoir l’éducation à la santé sexuelle et affective, de même qu’à contribuer à réduire le nombre de grossesses non désitées ainsi que les violences dont sont victimes les femmes calédoniennes». A partir de ces éléments, le consultant a reconstitué une théorie d’action pour analyser la structure programmatique, l’évolution et la mise en œuvre du plan jusqu’à la période actuelle sur laquelle porte l’évaluation externe. Les objectifs ont été « traduits » en résultats attendus pour faciliter la réflexion relative à l’efficacité du PMT5. La figure suivante présente cette théorie d’action et son recentrage entre 2010 et 2013 (2ème période). Les réalisations (définies comme la part « productive » des activités) ne sont pas détaillées du fait de leur important volume. Les différentes couleurs utilisées dans la figure illustrent que ces réalisations peuvent être portées par des acteurs différents. Les flèches (et leur nombre) reliant ces réalisations aux résultats intermédiaires 1 ne correspond pas à la réalité du nombre d’interventions prévu à l’origine et représentent seulement les liens devant exister entre l’action et le résultat. Notons qu’initialement, des résultats relevant de l’action règlementaire comme la prévention de la transmission sanguine du VIH étaient intégrés à la logique globale. Enfin, des groupes prioritaires étaient définis : les hétérosexuels et homosexuels à partenaires multiples, les personnes vivant avec le VIH, les travailleurs du sexe professionnels et occasionnels, les jeunes, la population générale, notamment les jeunes femmes (<25 ans) et les jeunes hommes (<30 ans). 6 Document de présentation du « Plan Multisectoriel 2008-2013 de prévention contre le VIH.SIDA et les IST », ASS-NC, 2007 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 21 Proposition de définition de la théorie d’action initiale du PMT5 (Conversion des objectifs en résultats attendus) et recentrage 2010-2013 (EFECT 2013) Résultats intermédiaires 1 Réalisations Résultats intermédiaires 2 Amélioration des connaissances et des comportements positifs dans les groupes prioritaires et la population générale, les jeunes Renforcement du counselling/CDAG accessible géographiquement Amélioration de la prévention de la transmission sexuelle Renforcement de la connaissance, disponibilité, accessibilité des préservatifs Amélioration de la sécurité transfusionnelle Amélioration de la prévention de la transmission sanguine Résultats intermédiaires 3 « Limitation» de l’augmentation de la prévalence du VIH/SIDA Finalité Priorités 2ème période Amélioration des pratiques invasives et dans les établissements de soins Réduction de la transmission mère-enfant du VIH Amélioration de la prévention de la transmission mère-enfant Amélioration du dépistage précoce et du traitement syndromique des IST Amélioration de la prévention des IST Renforcement des connaissances des professionnels de santé sur les dispositifs d’accès aux soins Amélioration de la prise en charge des IST Amélioration de la prise en charge nutritionnelle des PVVIH Renforcement de l’éducation du patient et la PEC psychosociale Facilitation de l’autonomie financière des PVVIH Renforcement de l’accès au soutien économique aux PVVIH Création de l’environnement favorable à la protection des droits Renforcement de la surveillance épidémiologique de routine Amélioration de la prise en charge psychosociale Amélioration de la QVPVIH Amélioration de la prise en charge socioéconomique Amélioration de la prise en charge juridique Renforcement du système d’information de routine épidémiologique Optimisation du rôle du COTEC Renforcement du suivi, de la coordination de la mise en œuvre et de l’évaluation du programme Réduction de la croissance de la transmission du VIH/SIDA et des IST en NC Amélioration de la prise en charge médicale Renforcement de la surveillance sentinelle des IST/VIH/SIDA Renforcement de la mise en œuvre d’études épidémiologiques VIH/IST en population générale et groupes spécifiques Renforcement des mesures de prévention et de contrôle des IST curables Renforcement de la réactivité et du suivi du COTEC Evaluation/mesure de l’épidémie et de l’impact des mesures VIH/IST Amélioration de la coordination, harmonisation de la réponse institutionnelle et opérationnelle Optimisation du plan de communication territorial 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 22 3.2 Le PMT5 « deuxième période » L’évaluation intermédiaire Suite à l’évaluation intermédiaire du PMT5 en 20107 les principales recommandations allaient dans le sens de l’accélération de la lutte contre les IST (au-delà du VIH), considérée comme la priorité N°1 du PMT5, de l’élar gissement des actions d’éducation sexuelle aux communautés et groupes à risque (au-delà du milieu scolaire), de l’affirmation de la politique de dépistage du VIH, du renforcement de la collaboration avec la médecine libérale, de l’intensification du recours au préservatif dans certaines populations vulnérables, de la mutualisation des actions d’éducation au sein de l’ASSNC et de la production des travaux épidémiologiques. Les 7 priorités suivantes, ont été retenues pour structurer la démarche de mise en œuvre avec l’ensemble des partenaires (en soulignant l’évolution de la formulation depuis le plan initial présenté dans le document cadre): • La communication autour du VIH/SIDA et des IST pour le grand public, • Les actions de proximité auprès de groupes cibles pour un changement de comportement en santé sexuelle, • La formation des professionnels de santé et de la population civile sur les divers thèmes liés au VIH/SIDA/IST, • La promotion du dépistage du VIH et IST, • La facilitation de l’accès au préservatif, • L’amélioration de la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH, • La surveillance de routine, études et évaluations systématiques des actions menées Une feuille de route8 a fixé en partenariat les activités (et par là les réalisations) à mettre en œuvre prioritairement pour les deux années qui allaient suivre. Moyens et outils Pour coordonner et fédérer la démarche de concertation multisectorielle (santé dont les nombreuses actions de terrain initiées par les Provinces, l’Education, le 7 Evaluation formative à mi-parcours de réalisation du PMT5, Dr Joel LADNER, 2010 8 Feuille de route 2011-2013 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 23 Rectorat, les associations), le dispositif de coordination du plan repose sur un chef de projet (à temps plein) et une consultante extérieure (à mi-temps). Le directeur de l’agence, médecin, joue également le rôle de référent médical du plan. Le cadre organisationnel et fonctionnel de cette coordination repose sur toujours sur les CLUSTERS et COTEC, tandis que le CA de l’agence pilote le plan. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 24 4 Panorama des principaux acteurs du PMT5 4.1 L’ASS de NC L'agence sanitaire et sociale de la Nouvelle-Calédonie est un établissement public créé par délibération du congrès de la Nouvelle-Calédonie à la fin de l’année 2009 afin de permettre l'allocation directe d'une partie de la taxe sur les alcools et tabac au financement des structures hospitalières (l’autre partie de la taxe étant gérée par la CAFAT). Dans le courant de l'année 2006, l'ASS-NC a entamé le développement de sa mission de promotion de la santé et de prévention, complémentaire de la mission de surveillance de l’état de santé des populations confiée à la DASS, ce qui a permis d’atteindre l’unicité de gestion de ses équipes spécialisées (prévention et soins). Le président du conseil d'administration de l’agence est un membre du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, également chargé d'animer et de contrôler le secteur de la santé, des affaires sociales, de la solidarité et du handicap. Chaque thématique des programmes de prévention et de promotion de la santé menée par les équipes de professionnels de l’ASS-NC a été déterminée en fonction des priorités de santé publique définies par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, validées par le congrès et les instances provinciales et autres, siégeant au conseil d’administration de l’ASS-NC. Aujourd'hui, l'ASS-NC comprend, outre une équipe de direction, des cellules fonctionnelles thématiques porteuses de programme d’actions sur : le Rhumatisme Articulaire Aigu, les addictions, les pathologies de surcharge, le dépistage des cancers, l'hygiène bucco-dentaire, le VIH/SIDA et depuis la fin 2009, le Baromètre Santé. En dehors de ces actions directes, l'agence intervient dans d'autres programmes de santé tels que la tuberculose, l'hygiène-environnement, par subventions aux collectivités ou associations. Chaque programme a été élaboré avec la volonté d’un processus de concertation multisectorielle avec l’ensemble des partenaires susceptibles d’être impliqués dans sa mise en œuvre. L’ASS-NC a également constitué un fonds documentaire, représentant à la fois l’argumentaire à l’appui du lancement des programmes et les informations majeures à la disposition des acteurs. 9 http://www.ass.nc 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 25 4.2 Les acteurs institutionnels La DASS La Direction des Affaires Sanitaires et Sociales de Nouvelle-Calédonie (communément appelée DASS-NC) est une direction des services du gouvernement de la NouvelleCalédonie. En application avec la loi organique du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie et les arrêtés du 22 février 2001 et du 16 février 2006, fixant les attributions et l'organisation de la direction des affaires sanitaires et sociales de la Nouvelle-Calédonie, le gouvernement de Nouvelle-Calédonie a investi la DASS-NC de la mise en œuvre de la politique de la Nouvelle-Calédonie en matière10 : • de protection sociale, • d'hygiène publique, • de santé et de prévention de la santé, • de contrôle sanitaire aux frontières, • de protection judiciaire de l'enfance et de la jeunesse, • d'hospitalisation publique Dans le cadre de ses attributions, la DASS-NC, au sein de son Service des Actions de Santé (SAS), exploite des données issues des déclarations obligatoires des maladies infectieuses (DO), du registre du cancer, de la surveillance épidémiologique mais centralise également des données de santé issues d’autres sources (mortalité, maladies chroniques, consommations, démographie populationnelle et professionnelle, offre de soins, données comptables, données environnementales…). Elle produit annuellement un fascicule synthétisant ces informations (« Situation sanitaire en Nouvelle-Calédonie) et des exploitations trimestrielles. Les données utiles pour le PMT5 concernent : les DO de VIH, syphillis, condylomes et hépatites, la surveillance syndromique des IST, les données d’activité de dépistage du VIH (CDAG et hors CDAG). Les Provinces Elles disposent de deux ou trois axes d’interventions en lien avec ce plan : les interventions en milieu scolaire, la gestion des CMS, les actions de type communautaire (le cas échéant). 10 http://www.dass.gouv.nc 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 26 Province Nord : L’engagement volontaire de la Province en matière de prévention est ancien. Avec ses 7 éducateurs sanitaires, la Province Nord mène des actions en milieu scolaire et vise aujourd’hui le déploiement d’actions de proximité en tribus, avec une approche communautaire. En matière de prévention en milieu scolaire, il existe un programme d’éducation à la santé, initialisé dans le primaire en 2007 et étendu en 2009 dans le secondaire, où la santé sexuelle est abordée, en classes de CM2, 3ème et terminale. Le programme couvre actuellement pratiquement 80% des élèves. En 3ème, le support utilisé est le Théâtre Forum, en partenariat avec une troupe de comédiens (Pacific et Compagnie), d’une durée de 2 heures suivies d’une deuxième séance de 2 heures de discussion autour des sujets émergents. Dans les autres niveaux, des supports spécifiques sont utilisés (« Comment on fait les bébés » en CM2, « jeu questionsréponses,…) mais le thème de la sexualité est abordé également dans les interventions traitant du respect et des addictions. Il existe par ailleurs 15 CMS (et 3 infirmeries). Des visites médicales aux enfants sont assurées par les médecins des CMS. Un Centre de la Mère et de l’Enfant (CME) existe également à Poindimié. Les sages-femmes des CMS s’impliquent en coopération avec les éducatrices sanitaires dans des interventions auprès des jeunes ou de la population. Il existe quelques actions en partenariat avec les associations comme Homosphère. Province Sud : La DPASS, qui représente une des 14 directions de la Province dispose d’une cellule « évaluation et prospective » pour analyser les besoins et proposer des orientations d’actions. Son bureau opérationnel en matière de prévention est le Service de Prévention et de Promotion de la Santé (SPPS). Ce dernier est composé d’une équipe de 19 personnes (psychologues, éducateurs, secrétaire, assistante dentaire, diététicienne) et d’un responsable de service. Il intervient en milieu scolaire, en soutien de projets aux enseignants, en partenariat avec les associations actives (CP2S, Homosphère et Solidarité Sida) et les ressources internes à la DPASS dont l’ESPAS CMP et le CCF. Afin d’homogénéiser les pratiques d’intervention au regard du nombre important d’intervenants, le SPPS a centralisé les demandes des collèges et lycées (protocole), mis en place depuis 2008 et anime une cellule de coordination qui se réunit les mercredi après-midi. Outre les intervenants directs, y participent également la sage femme itinérante du SPPS, un documentaliste de lycée, 2 professeurs de SVT, 4 IDE du Vice Rectorat. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 27 Les interventions, d’une durée de 2 fois 2 heures, visent principalement les classes de 4ème dans la mesure où l’augmentation des demandes et la baisse du personnel ont nécessité de recentrer les interventions. Le SPPS a néanmoins essayé de maintenir les actions en 3ème (2h) et développé une démarche pour le secondaire (« ateliers libre adhésion » en fonction du souhait des élèves). En 4ème, le support utilisé (théâtre forum, « jeux créatifs »), invite les élèves à créer et jouer une histoire en lien avec le thème de la sexualité, les contenus étant repris par les intervenants pour l’animation de la séance suivante. La couverture actuelle des élèves par le SPPS est de 78,5%, soulignant qu’un établissement mène ses actions directement (minimisant ainsi la couverture calculé sur les établissements où le SPPS et/ou ses partenaires directs sont intervenus). Les demandes des établissements privés ont été plus longues à émerger que celles du public mais en 2012, un seul établissement sur la totalité des établissements de la zone géographique couverte ne semble pas s’être manifesté11. Le SPPS a mis en place un système d’enquête d’opinion des élèves pour réajuster son intervention chaque année. Il existe une réflexion pour l’intégration des parents dans les projets du service pour la suite. Il existe par ailleurs 10 CMS dont 2 à Nouméa, qui comportent (hors Nouméa) des sages-femmes. Deux autres ressources sont importantes pour le PMT5 : • L’ESPAS CMP, qui est le plus gros centre de dépistage anonyme et gratuit du VIH en NC, autour duquel l’approche préventive a été développée, ainsi que le counselling et les traitements syndromiques. Il fait référence en la matière. Il réunit 3 médecins, 5 IDE, 2 éducatrices, 2 secrétaires, 1 psychologue en vacations. Il traite également les personnes atteintes de tuberculose et dispense des soins de médecine générale. L’équipe mène des actions de prévention de proximité, et intervient en milieu scolaire sous la coordination du SPPS. • Le Centre de Conseil Familial (CCF) a été crée en 1992, et dispose d’un médecin, d’une psychologue et d’une assistance sociale. Il se situe au sein du Centre de Santé de la Famille qui regroupe également la PMI, le centre médicoscolaire et un dentiste. Le CCF reçoit principalement des femmes pour la prise de contraception et pour les demandes d’interruptions de grossesse et est unique en Province. Il est excentré du cœur de ville. Province des Iles Loyautés: L’engagement de la Province porte principalement sur l’accès aux soins et les ressources propres dédiées à la prévention y sont très faibles, reposant officiellement sur une seule personne, le médecin de prévention. Des partenariats sont établis avec le champ associatif (CP2S principalement) pour intervenir dans les classes de 4ème dans tous les établissements scolaires, avec la compagnie de théâtre Pacific et Compagnie. Il 11 Bilan de la cellule de coordination Action Prévention Sexualité, 2012. SPPS de la Province Sud. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 28 existe 5 CMS pour les 3 Iles. Les 3 sages-femmes des CMS s’impliquent également fortement dans l’éducation de la population et elles tiennent des permanences écoute dans les établissements scolaires. Le service de la formation et de l’insertion professionnelle de la Province qui existe depuis 2012 s’occupe plus spécifiquement de la condition féminine. Il réunit de façon hebdomadaire les associations de femmes actives dans les Iles. Le milieu scolaire Jusqu’en 2012, le partage des responsabilités s’effectuait entre l’Etat français pour l’Enseignement public secondaire avec un Vice-recteur à la vie scolaire et le Gouvernement et les Provinces pour l’enseignement primaire. Depuis 2012, l’enseignement privé primaire et secondaire et enseignement public secondaire sont transférés au Gouvernement. L’Education La direction de l’enseignement (DENC) est un service du Gouvernement, sous la responsabilité du ministre de l’Education de la NC, en charge de la définition des programmes pédagogiques, pour le public comme pour le privé. De ce fait, une utilisation par les enseignants de matériel pédagogique doit être agrée par la DENC, conseillers pédagogiques, inspecteurs et directeur. Mais chaque Province possède sa propre Direction de l’Education, qui œuvre en toute indépendance des autres directions provinciales. Il n’y a pas de lien hiérarchique avec la DENC mais des liens opérationnels. Les directions de l’Education gèrent le personnel enseignant, le personnel des cantines restant sous la responsabilité des mairies. Dans la Province du Sud, un Bureau de la Protection de l’Enfance (BPE) a été mis en place en mai 1999, à l’intérieur de la Direction de l’Education. Il poursuit ses missions dans trois axes : le suivi en milieu scolaire des enfants présentant des troubles de l’apprentissage ou un handicap, la protection de l’Enfance, et la santé. Ce dernier secteur recouvre à la fois l’accueil en milieu scolaire des enfants présentant des problèmes de santé nécessitant un protocole de soins et à la fois la coordination des interventions favorisant la prévention (visites médicales, toute action de prévention). Il existe une centaine d’écoles pour lesquelles le BPE peut intervenir et ce modèle n’existe pas dans les autres Provinces. Le Vice rectorat Le service de santé connait la particularité en NC de ne pas avoir de médecins de santé scolaire (partenariat médical avec des médecins des dispensaires ou des libéraux), mais des infirmières rattachées hiérarchiquement aux directeurs d’établissements (33 équivalents temps plein portés par 39 infirmières pour les 40 établissements publics du 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 29 secondaire). De ce fait, il existe une infirmière par établissement sauf pour les petits établissements où une infirmière s’occupe de deux établissements. Ceci donne une connaissance importante des enfants et des adultes qui les entourent. Les 4 infirmières de l’enseignement catholique travaillent avec celles du Vice-rectorat. Les regroupements infirmiers ont lieu 3 fois par an. Le suivi des élèves et l’éducation à la santé sont les deux responsabilités essentielles et complémentaires à l’école. Le suivi de l’état de santé inclut la détection de tout problème pouvant avoir un effet sur les apprentissages. L’éducation à la santé dont le but est la prévention des conduites à risque est prise en charge par les équipes éducatives dont font partie intégrante les infirmiers. Les missions des infirmières du Vice Rectorat sont d’organiser et de coordonner la santé scolaire au sein des Cellules Vie Scolaire (CVS) c'est-à-dire d’impulser, de coordonner et d’harmoniser les actions en direction des élèves, et de réaliser les liens avec les Institutions Sanitaires du Territoire12. Les enseignements des écoles religieuses Il existe trois enseignements privés religieux en NC : l’Alliance Scolaire Evangélique (ASEE), la Fédération de l’Enseignement Libre Protestant (FELP) et le Direction Diocésaine de l’Enseignement Catholique (DDEC). Les programmes pédagogiques sont ceux de la DENC et du Vice-Rectorat : les inspecteurs sont les mêmes. 4.3 Acteurs associatifs et privés Solidarité-Sida NC Crée en 1996, l’association a pour principale vocation d’accompagner les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) et les personnes concernées dans le but premier d’améliorer leur qualité de vie et de lutter contre les discriminations. Cette aide et ce soutien se traduisent par des actions d’accompagnement personnalisé, ponctuel ou régulier, et par des recherches d’aides financière, administrative, sociales, juridiques. Solidarité Sida a été à l’origine de la création du numéro vert dont la gestion par l’association a été arrêtée au regard des disponibilités humaines requises et qui a évolué vert le numéro de SOS écoute gratuit et territorial, porté par l’OPAS. Le deuxième axe de travail de l’association est le volet médical, avec consultation de dépistage anonyme et gratuit (qui cible préférentiellement les jeunes de 15 à 25 ans et les partenaires de patients PVVIH) et le suivi des personnes traitées. Au cours de ces consultations est entreprise une 12 Bilan annuel 2012 des activités des infirmeries scolaires des établissements secondaires publics. Vice-Rectorat. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 30 recherche active des IST syndromiques dans le but de les traiter. Le troisième volet d’actions est la prévention, avec des interventions visant « l’augmentation des savoirs et des compétences pour permettre de faire des choix éclairés et responsables13 ». Ces actions se déclinent en différents types : actions de proximité, informations et sensibilisations, interventions en milieu scolaire depuis 2009 sous la coordination du SPPS, participation à des émissions radio (DJIIDO) et à des stands, organisation des journées mondiales de lutte contre le SIDA, conception d’outils d’information (revue, site, facebook), facilitation de l’accès aux préservatifs. Sur ce dernier point, SS-NC a également le rôle de centrale d’achat des préservatifs. Homosphère Crée en décembre 1998, avec pour priorité de lutter contre l’isolement social des personnes homosexuelles et contre les discriminations et l’homophobie, l’association a évolué vers la mise en place d’un pôle « prévention » aux côtés d’un pôle militant qui poursuit ses objectifs premiers. L’existence d’une ligne d’écoute, d’une activité de veille sur les sites de rencontres et les activités de terrain placent l’association en situation de repérage de besoins qui orientent les actions de proximité. Parmi elles, citons la démarche du dépistobus en Province Nord. Par ailleurs, Homosphère participe à des émissions radio (DJIIDO) et télévisées, anime des forums et intervient en milieu scolaire, sous la coordination du SPPS. Comité de Promotion de la Santé Sexuelle Dans la continuité du Comité de Lutte Contre le Sida (CLCS) crée en 1992, le CP2S, crée en 2010 après restructuration interne, a pour champ d’action la santé sexuelle. Ceci signifie qu’au-delà des missions d’accompagnement à l’élaboration de stratégies dans le cadre de la prévention, de l’amélioration du dépistage, de la prise en charge des IST, le CP2S œuvre contre les discriminations sur la sexualité, appréhende les situations à risques pour la santé sexuelle (conduites addictives) et vise que « chaque être humain puisse vivre sa sexualité de manière libre, éclairée et épanouie, dans le respect des autres et de soi-même »14. L’essentiel des activités de l’association s’inscrivent dans la prévention primaire avec un relai de la communication territoriale, la tenue de permanences en direction de publics prioritaires (partenariat Homosphère, Province Nord), des essais d’action en milieu universitaire, en maison de quartiers, la création d’un espace écoute jeunes (qui comporte la possibilité d’une consultation de counselling et de dépistage) l’animation de 13 Bilan d’activités 2012 de l’Association Solidarité Sida. 14 Rapport d’activité annuel du CP2S, de janvier 2012 à mars 2013. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 31 débats autour de films pour les jeunes en foyers de travailleurs, des interventions en milieu scolaire en Province Sud et Province des Iles, la facilitation de l’accès aux préservatifs, la participation à des émissions radio (DJIIDO) et la création de support de communication web (site et facebook). Les interventions en milieu scolaire sont coordonnées par le SPPS pour la Province Sud. En 2012, des efforts de formation de l’équipe à la conduite de ces différentes interventions ont été engagés Autres associations Femmes et violence conjugale L’association comporte deux axes principaux de travail : l’écoute et la prévention de la violence conjugale. Elle est la seule association traitant de ce sujet, la seconde association étant orientée vers la violence sexuelle. La primoécoute qui correspond à l’appel de personnes concernées (femmes le plus souvent mais hommes parfois) ou de proches de la victime débouche sur un accompagnement et une orientation en toute neutralité et confidentialité. Après l’écoute initiale, le lien est conservé pendant plusieurs mois pour le suivi Les intervenants ont été formés par l’ESPAS CMP aux stratégies de counselling et des voyages ont été effectués en métropole pour observer le fonctionnement des plateformes nationales. L’association travaille étroitement avec le seul lieu d’hébergement de NC pour ces situations (le foyer Béthanie) qui comporte 30 places d’accueil d’urgence, avec enfant. Des accueils sont possibles en appartement si la personne travaille. Les aspects préventifs des violences conjugales comportent des interventions auprès de publics variés (en insertion, à l’école de la deuxième chance, à la chambre de l’agriculture….). L’action de l’association est territoriale mais elle demeure basée à Nouméa en l’absence de fonds ayant permis son développement en Province Nord. Associations d’usagers, associations de femmes Depuis l’application de la loi paritaire en 2004 et la mise en place de l’Observatoire de la Condition Féminine en 2006, soutenues par la volonté des femmes de participer à égalité avec les hommes dans tous les domaines du développement économique, un Guide éducatif sur les droits des femmes et sur l’égalité entre les sexes a été conçu et publié par le Gouvernement pour apporter un éclairage sur leur caractère universel, l’adaptation du statut coutumier de la femme kanak, la solidarité entre les citoyennes de notre Pays et les femmes du monde entier15. Ceci a relancé le rôle de la mission aux 15 http://www.gouv.nc/portal/pls/portal/docs/1/10434003.PDF 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 32 droits des femmes que chaque province avait mis en place dans les années 1988, après les accords de Matignon. Les femmes calédoniennes sont très organisées sous la forme de nombreuses associations, soit d’orientation culturelle (dans chaque tribu), soit dans le cadre du mouvement des femmes de l’église évangélique. Ces associations s’inscrivent dans des fédérations, réunies en Conseil des femmes et sont très actives. 4.4 Les laboratoires Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie L’IPNC16 est un organisme privé à but non lucratif, dont les objectifs et les activités sont, à la base, ceux de tous les Instituts Pasteur: la recherche sur les maladies infectieuses transmissibles, la surveillance épidémiologique et biologique des maladies infectieuses en réponse aux besoins de santé publique des autorités locales et internationales, la formation et l’enseignement. L’IPNC connaît la double particularité d’être hébergé par l’hôpital territorial de Nouméa (CHT) et de mener des activités de services. Son activité est tournée vers les principales problématiques infectieuses du Territoires, à savoir : • La tuberculose, leptospirose, pneumococcies : endémiques en NC, • La dengue, grippe épidémiques (mais aussi certaines émergences épidémiques comme l’hépatite A en 2005 par exemple), ou constituant une menace potentielle (grippe aviaire H5N1, Chikungunya, virus Ross river qui montre une certaine activité en Australie) ou le paludisme, d’importation, provenant principalement du Vanuatu, dont le tiers des cas surgissent pendant la période des grandes vacances scolaires de janvier-février • Les maladies infectieuses à forte prévalence : RAA avec cardiopathies rhumatismales chroniques et autres formes d’infections streptococciques (cutanées notamment), IST, L’IPNC réalise des antigénémies P24, la numération lymphocytaire CD4 et la charge virale plasmatique pour le suivi de l’infection (le seul laboratoire en NC). Il réalise des sérologies de dépistage et joue le rôle de confirmation de séropositivité par western blot. 16 Institut Pasteur de Nouvelle Calédonie 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 33 Laboratoires privés d’analyse médicale Il existe 10 laboratoires d’analyses médicales privés en NC dont 7 regroupés au sein du groupe CALEDOBIO, qui couvre également le Nord et les Iles Loyautés (CMS) par son implantation et le circuit de rapatriement des prélèvements sanguins. Une partie des dépistages VIH est effectuée par les laboratoires privés de Nouvelle-Calédonie. 4.5 Les services hospitaliers spécialisés Gynécologie-obstétrique : il existe un service spécialisé au CHT, sur le site de Magenta, avec une équipe de 50 sages-femmes. Le responsable du service s’est impliqué, antérieurement, dans des démarches de prévention en milieu scolaire. Des relations ont été formalisées avec l’ESPAS CMP pour améliorer le suivi des patientes traitées pour IGH et des données sont échangées. Des relations sont établies également avec les CMS pour le suivi des sorties de l’hôpital. Infectiologie : le service spécialisé en infectiologie du CHT, également sur le site de Magenta constitue le service de référence en Nouvelle-Calédonie pour la prise en charge des PVVIH. 4.6 Les professionnels libéraux La Nouvelle Calédonie compte un peu plus de 300 médecins généralistes inégalement répartis sur le Territoire (la densité médicale de la Province Sud (Nouméa) équivaut à environ 1,5 fois celle de la Province Nord et 2,5 fois celle de la Province des Iles). Il existe 10 gynéco obstétriciens et 3 urologues. Enfin, il existe des sages-femmes libérales sur tout le territoire, trés impliquées dans le suivi gynécologiques des femmes. 4.7 L’église L’église est très présente sur le territoire, qu’il s’agisse de l’église catholique ou protestante, plus ancrée dans les Iles. Chacune connait une organisation propre et les calédoniens se rendent à l’office très régulièrement. Les pasteurs sont formés à l’école de Béthanie de Lifou. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 34 4.8 Le Service Médical Interentreprises du Travail (SMIT) Le SMIT a pour mission d’assurer le suivi de médecine du travail des salariés du régime CAFAT pour les entreprises qui ne possèdent pas leur propre service (service financé sur l’enveloppe accidents du travail de la CAFAT). Le principe est d’éviter toute altération de l’état de santé du travailleur du fait ou à l’occasion de son travail mais à l’occasion de ces visites, des dépistages et orientations sont pratiqués sur tous les registres. 15 médecins travaillent dans le service (dont 10 à temps plein) sous la responsabilité d’un médecin chef, ainsi qu’une infirmière et onze auxiliaires médicales. Chaque médecin intervient pour des grosses et petites entreprises mais est autonome dans sa pratique. Il existe une réunion de service mensuelle. Le SMIT possède deux centres mobiles pour les salariés de brousse et un centre fixe et reçoit chaque année environ 90 000 travailleurs salariés. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 35 5 Analyse par axes Le parti a été pris, au regard de l’étendue et de la densité des informations analysées, de présenter cette partie par priorités, lesquelles ont été réunies par grandes typologies, au regard de leur objectif commun. Les chapitres suivent le même plan, dans le but de faciliter la réponse aux questions posées à l’évaluation, à savoir : la présentation synthétique des données qualitatives ou quantitatives disponibles décrivant à la fois la situation et l’effet potentiel des actions entreprises, l’analyse de la perception des acteurs (besoins, réponses déployées, difficultés perçues). 5.1 Les actions de prévention Qu’elles visent la sensibilisation, le transfert de connaissances ou l’adoption de comportements favorables à la santé, ces actions s’inscrivent dans la dimension préventive primaire. Elles regroupent la communication, les actions en milieux scolaires et les actions de proximité, qui s’adossent et s’évaluent à partir du même type de données. Les données chiffrées Données de surveillance du VIH (MDO/DASS-NC, septembre 2013) En cumulé, entre avril 1986 et septembre 2013 (soit une période de 27 ans), 413 nouvelles séropositivités (SIDA inclus) ont été diagnostiquées en NC. L’âge moyen au diagnostic a progressivement augmenté au fil du temps passant de 29,7 ans dans la période initiale (1986-1990) à 41,5 ans dans la période 2006-2010. L’année 2011, seule, montre une moyenne plus basse à 35,7 ans. Les femmes sont plus jeunes que les hommes (33,3 ans versus 36,9 ans). La proportion d’hommes, depuis le début de l’épidémie, est plus importante (sex-ratio : 2,7). Dans 79,1% des cas, lorsque les facteurs de risques sont connus (281/355) la transmission du VIH est sexuelle. Les hommes ayant des rapports avec des hommes (homosexuels et bisexuels) constituent le groupe le plus fréquent aujourd’hui et depuis 2006, après une période où ce risque avait diminué (1990 à 2005). En deuxième lieu sont concernées les personnes hétérosexuelles à partenaires multiples puis les partenaires de personnes séropositives. Soulignons que le risque est inconnu pour 8,7% des personnes diagnostiquées positives. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 36 Aujourd’hui en NC parmi les 413 personnes qui y ont été dépistées séropositives, 199 y sont suivies et 134 traitées. Chaque année, environ 10 cas sont découverts hors NC et 6 cas locaux (60% de cas découverts hors NC). Enquête de prévalence des IST (ASS-NC, 2012) Il s’agit d’une enquête transversale menée du 15 août au 31 décembre 2012 dans les cabinets de médecine libérale et les CMS, visant l’estimation des 3 principales IST (Chlamydia, Gonococcies, Syphilis) auprès de la population générale de la NouvelleCalédonie âgée de 18 et 49 ans. L’échantillon final se compose de 608 personnes et a permis de donner les principaux résultats suivants: • Pour les 3 IST, la prévalence est plus élevée lorsque le niveau d’études est bas, et que les personnes ne sont pas mariées. Notons également que le risque ou la fréquence sont plus importants chez les plus jeunes, et notamment les 18-25 ans. • Par IST Table au 1 Prés ent ation s ynthétique des principaux résulta ts de l’enquê te de prévalen ce d es IST menée par l’ ASS -NC en 2012 Chlamydiae Prévalence totale Populations exposées 9% Mélanésiens: plus Prévalence risque par âge ou 18-25 ans:19% Risquex8 (Province Nord, Province Sud) Risquex2 pour tous Gonocoques 3,5% Résidents PN et PS 18-33 ans: Risquex8 Risquex2 Syphillis 3,5% 18-25 ans :Risque x2,5 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 37 Activité des infirmeries scolaires des établissements secondaires publics (source Vice-Rectorat), dernières tendances: A partir de leur activité, les infirmières des établissements scolaires renseignent le logiciel SAGESSE (Système Automatisé de Gestion de la Santé en Etablissement) qui permet de suivre l’état de santé des élèves. Ainsi, les constats suivant sont retenus, en termes de tendance : • Augmentation des grossesses connues au lycée entre 2009 et 2012 (de 37 à 64). • Augmentation des tests de grossesse entre 2010 et 2011, passant de 196 à 303 (soit une fois et demie) dont un tiers réalisés au collège. • Augmentation de la contraception d’urgence chez les mineures sans accompagnement parental. • Augmentation des demandes d’IVG entre 2010 et 2012 (passant de 44 à 51) dont les deux tiers chez des mineures. Les enquêtes qualitatives Ces dernières visent des objectifs différents. Parmi les plus significatives : Enquêtes analysant la représentation des préservatifs Plusieurs types d’enquêtes ont été menés en population afin de comprendre la perception du préservatif. Parmi elles, citons : L’enquête télépho nique menée par le FASS/L E à la demande de l’ASS-NC sur le préservatif fém inin (mars 2013), mais qui co ncer ne également le préservatif masculin • Public: échantillon de 219 personnes en population générale, âgées de 20 à 49 ans, les ¾ étant des femmes, ayant 1 partenaire dans 90% des cas. • Principaux résultats : o Le préservatif masculin (PM) est connu, contrairement au féminin (PF). o Le PF très peu utilisé, tandis que le PM constitue un « réflexe » dans 54% des cas. o Le rôle des médias apparait important pour faire connaître le PF. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 38 Une o Les 2 types de préservatifs sont plutôt connotés négativement dans l’usage. o Leur rôle est compris (protection, contraception). enq uête (Solidarité qualitative avait Sida/ESPAS-CMP) été menée mettant en en 2000 évidence la sur le faib le préservatif féminin accep tabilité et le nécessaire apprentissage dans l’usage, notamment du côté des professionnels • Public: 84 femmes de tous âges (70% avaient moins de 35 ans) • Principaux résultats : o L’intérêt du préservatif féminin est admis pour les célibataires de moins de 35 ans, au regard de l’autonomie procurée. o Son acceptabilité est limitée. o Son utilisation nécessite un apprentissage pour la femme mais avant tout pour les professionnels. Enquêtes analysant communication l’ « impact » des campagnes de L’approche de la mesure de l’impact repose sur un dispositif d’enquêtes appelées « Omnibus » et constitué: • De 800 personnes de plus de 18 ans, interrogées en face à face. • De 58% de couples avec ou sans enfant, (les 18-20 ans représentent 5% de l’échantillon et les 20-29 ans représentent 23%) Ce dispositif d’enquête a connu plusieurs applications : • Mesure de l’impact de la Journée mondiale de lutte contre le Sida, 2009 (Homosphère/TNS), rapportant les principaux résultats suivants : o La campagne a été « vue » (86%), grâce à la multiplicité des supports (presse, bus, TV, ..), o Le message a été compris (90%), o Mais ¾ des répondants déclarent ne pas prendre de risque, o Les moins de 20 ans sont plus nombreux à déclarer vouloir changer de comportement (23% versus 6% pour l’ensemble) 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 39 • Analyse des représentations et de l’usage du préservatif masculin (Omnibus 2010, volet « préservatifs ») o 90% sait que le préservatif protège des IST et 93% connait le danger qu’elles représentent. o 42% sait que le préservatif protège des grossesses. o 94% dit que son accès est facile. o Caillou Kaoutchou est le plus cité (81%). Diagnostic terrain « Santé Sexuelle » (CLCS, ASS, 2010 Fatou Leïty MBODJ-BLOT) Cette enquête qualitative a été menée auprès de 4 populations cibles (femmes regroupées en associations de femmes; jeunes non scolarisés et jeunes travailleurs; population vivant en squats, versus des étudiants universitaires, initialement pensés comme la population de référence) • Principaux résultats : o Du côté des publics : Les moyens de contraception ou de protection sont connus mais pas toujours maitrisés dans le fonctionnement. Il existe des peurs quant à leurs effets sur la santé. La priorité en matière de « protection » est la grossesse: si elle existe, il n’y a pas de place pour « l’autre » protection. Le préservatif masculin est mal accepté par les hommes (il coupe le plaisir) et les femmes se plient à cette perception. Les couples échangent peu sur la sexualité. Les lieux ne sont pas toujours propices au recours au préservatif. « IST » est un terme peu évocateur pour ceux qui ne sont pas allés à l’école. Les symptômes des IST sont peu connus sauf quand on a été concerné. Il n’existe pas de crainte de contracter une IST. Le SIDA est une maladie lointaine…ils se sentent peu concernés. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 40 Les connaissances anatomiques sont limitées. Il existe des prises de risques sexuels sous l’emprise de l’alcool et du cannabis. Les personnes soulignent le fossé existant entre eux et les professionnels, du fait de la culture. o Du côté des professionnels : Un malaise est ressenti, le tabou (parler des questions sexuelles) existe parfois de leur côté. Ils constatent que « leur message de prévention ne passe pas »… Les réponses déployées et les constats Selon la typologie des actions En termes de communication grand pub lic Malgré la feuille de route 2011-2013 très structurée et élaborée par la coordinatrice du PMT5 au sein de l’ASS-NC, en partenariat avec les différents acteurs impliqués dans le plan, et selon plusieurs axes de travail, la principale action engagée repose sur la « semaine de la santé sexuelle ». Cette campagne a lieu une fois par an. Elle est thématique, c'est-à-dire se centre sur un message, vise préférentiellement un public, et est déclinée en affiches publicitaires, en parutions presse (reprenant les affiches), en spots TV et radio. Tous les acteurs relaient cette campagne le plus intensément possible, sur le terrain. D’autres actions, davantage inscrites dans la durée, correspondent à la typologie des actions de communication grand public, comme les émissions radio auxquelles participent de nombreux acteurs et qui sont décrites dans le chapitre 4 qui présente sommairement l’activité de chacun. En termes d’actions en milieu sco laire Soulignons qu’il s’agit de l’axe le plus développé : 80% des jeunes collégiens du Territoire, grâce à l’action des trois Provinces ont été concernés par les interventions thématiques (sexualité, addictions principalement). Si les niveaux (classes bénéficiant des interventions), comme les méthodes, diffèrent sensiblement, la principale interrogation se pose en 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 41 termes d’adéquation de l’intervention au regard d’un public qui est déjà dans la consommation pour les addictions et sait beaucoup de choses pour la sexualité. Les enfants du primaire sont inégalement vus sur le Territoire, l’engagement des Provinces étant différent. Seule la Province Nord porte une stratégie d’intervention systématique dans le primaire, sur la base de son programme d’éducation à la santé en milieu scolaire, généralisé depuis 2007 à toutes les écoles. En termes d’action de pr oximité Trois types de démarches ont été engagés : Une démarche récente vise la construction des relations « de fond » qu’il faut engager dans la durée pour qu’elles puissent être, à leur tour, porteuses d’actions : il s’agit des liens que l’équipe de coordination du programme développent avec l’église protestante, « à la source », avec de jeunes pasteurs en formation à l’école de Béthanie (Lifou), dans le but de réfléchir avec eux sur les modalités possibles de leur implication dans la stratégie générale d’action. Quelques actions singulières s’installent dans la durée comme les points écoute portés par les associations (CP2S, Homosphère) ou les professionnels de santé dans les établissements scolaires (IDE, sages-femmes), la permanence de bus en Province Nord (Homosphère), les interventions en milieux festifs, .. De nombreuses actions demeurent ponctuelles, en direction de publics variés, tous potentiellement concernés (jeunes travailleurs en foyers, étudiants, femmes,..). Perception des acteurs En termes de communication L’insuffisance de prise en considération des différentes ethnies est globalement soulignée, avec le constat d’une insuffisance d’approche socio-anthropologique, et une insuffisance des dispositifs d’enquête visant une compréhension en profondeur. L’adéquation des termes employés dans la communication est questionnée par un grand nombre au regard des représentations du public. Au-delà, le choix des thèmes dans les messages à promouvoir est interrogé et notamment l’absence d’utilisation de la communication sur les conséquences des IST en matière de stérilité, au regard de l’importance potentielle du problème. Le fait de parler de « santé sexuelle » permet d’appréhender la communication et les actions de proximité différemment, de prendre en compte plus de déterminants, 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 42 d’impliquer de nouveaux acteurs, et se présente comme une méthode d’intervention plus adaptée mais qui ouvre sur des axes de travail pour lesquels l’ampleur de la tâche est évoqué par certains acteurs au regard des moyens. Globalement, le temps consacré à la médiatisation est considéré comme trop court (« une » semaine) et l’on regrette l’absence de « cycle » de messages (plusieurs thèmes abordés dans le temps « cycliquement », c'est-à-dire de manière répétée). Enfin, si la communication constitue « un » axe de l’action globale, elle doit être en cohérence avec d’autres actions, notamment la sensibilisation des professionnels au préalable et, peut-être, recourir à de nouveaux supports, très utilisés par les plus jeunes (Face book, sms). En termes d’actions en milieu sco laire Les acteurs sont confrontés en pratique, pour assoir leur intervention, au sentiment que les « pré-requis » (anatomie) ne sont pas apportés par les enseignants. Par ailleurs, certains acteurs soulignent l’intérêt que pourraient revêtir les synergies dans l’approche entre les programmes addictions et IST, tous deux portés par l’ASS-NC. En termes d’actions de p roximité En dehors du milieu scolaire, les acteurs font le constat de publics insuffisamment visés, comme : o Le public en réinsertion (accroitre le recours au dépistage et la protection chez les PVVIH). o Le public vivant en squats, les étudiants, les jeunes travailleurs, les jeunes déscolarisés. o Les employés d’usines (Nord). Les acteurs regrettent que le partenariat ne soit pas établi régulièrement avec certains « professionnels leviers » : o Religieux, dont le rôle est considéré comme majeur, o Personnes « relais » dans le champ associatif (Mouvement des femmes, Mouvement des jeunes, très organisés..) o Associations de lutte contre la violence (femmes): type de lien à déterminer….un temps pour tout 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 43 5.2 Le dépistage Le dispositif Dès 1992, la Commission Permanente du Congrès du Territoire a mis en place un dispositif de Consultation pour le Dépistage Anonyme et Gratuit (CDAG) du VIH17. Cette délibération a été remplacée par la délibération N°154/CP du 16 avril 2004 qui précise les conditions de la formation en vue de l’agrément des professionnels, ainsi que les conditions d’exercice de ces CDAG. L’extension du dispositif aux libéraux (médecins, sages-femmes) a été mise en œuvre en 2006 pour favoriser l’accessibilité géographique au dépistage du VIH. Depuis 2005, 117 professionnels (environ 2/3 médecins et 1/3 sages-femmes) ont été spécifiquement formés à l’accueil et au conseil et agrées par le Médecin Inspecteur de la Santé. Ils sont répartis sur l’ensemble du territoire. En 2012, au gré des mouvements et/ou des non renouvellements de leur agrément, 69 professionnels de santé sont en activité de CDAG18. • En Province Sud : 25 médecins (8 libéraux et 17 dans le secteur public et 18 sages-femmes (11 libérales et 7 dans le secteur public) • En Province Nord : 6 médecins (2 libéraux et 4 dans le secteur public et 16 sages-femmes (2 libérales et 14 dans le secteur public) • En Province des Iles: 1 médecin du secteur public et 3 sages-femmes du secteur public également. Mais évidemment, le dépistage du VIH/Sida peut être réalisé indépendamment de l’activité CDAG. Les données chiffrées « Activité sérologique » du VIH en NC (DASS-NC) • Les données exploitées par la DASS-NC au 16 septembre 2013 montrent une relative stabilité du nombre total de tests sérologiques annuels réalisés depuis 2006 (13709 en 2012, hors STS). L’évolution du dispositif CDAG en 2006 a provoqué une augmentation de 12% du nombre de tests réalisés au profit de l’activité des laboratoires privés avant d’observer la stabilité actuelle. • IPNC conserve le plus fort taux de résultats positifs (3 fois plus que les laboratoires privés) mais il faut souligner que ce dernier reçoit les prélèvements 17 Délibération N°211/CP du 30 octobre 1992 18 Liste des professionnels agréés en 2012 – DASS-NC 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 44 de l’ESPAS-CMP d’une part et réalise toutes les confirmations de positivité des tests de laboratoires d’autre part. • En 2011, 2270 tests correspondent à l’activité des CDAG, soit, rapportés aux 13709 tests réalisés en 2012, environ 16,5% de l’activité sérologique totale, dont près de 60% à l’ESPAS-CMP. • Soulignons donc que 11439 tests ont été réalisés hors CDAG (83,4%). Activité spécifique des CDAG • • • 19 En 2011 : o 2410 personnes ont été reçues en CDAG et 2270 ont bénéficié d’un test de dépistage du VIH/Sida o 1749/2270 sérologies totales (77%) ont été réalisées en Province Sud et parmi elles, 60% proviennent de l’ESPAS CMP. 40% de l’activité (985 CDAG/2410) provient des libéraux formés mais les tendances suivantes sont observées : o En termes de nombre de participants rapporté au nombre total de professionnels agréés, on note, depuis 2009, une tendance à la diminution de cette proportion à 56% pour les médecins et 45% pour les sages-femmes en 201219, quel que soit le secteur d’appartenance. o En 2012, dernière année d’exploitation, cette tendance est plus marquée pour le secteur libéral chez les médecins, tandis qu’elle affecte les deux secteurs pour les sages-femmes. o Ces éléments arguant en faveur d’une concentration de l’activité CDAG hors CMP sur un petit nombre de professionnels libéraux. Profils des consultants (2010) : o 73% proviennent de Nouméa et Grand Nouméa. o 98% des consultants sont résidents de NC. o A l’ESPAS CMP: tendance à la diminution de fréquentation des communautés mélanésiennes. o Autres CDAG: 55% origine mélanésienne. Source : données de la DASS-NC 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 45 o 35% consultent pour prise de risque…moins d’un mois à moins de 3 mois après le plus souvent (très peu dans les 48h) o Score de risque élevé pour 46,5% (1057/2270) des consultants, et le comportement à risque est le premier motif de consultation, loin devant le début d’une relation. o La population est jeune : 78,4% a moins de 35 ans mais surtout 43% (1039 /2410) des consultants ont de 15 à 24 ans. Parmi eux 63,5% (660/1039) sont de jeunes femmes. o 64% = les 2/3 ont de 15 à 29 ans Les constats Malgré la volonté d’adaptation du dispositif, le déploiement hors « centres » de la Consultation de dépistage Anonyme et Gratuite demeure difficile. Le dépistage du partenaire reste une difficulté. La perception des acteurs Le dépistage du VIH en CDAG L’accès à l’agrément des professionnels et son maintien sont considérés comme « lourds » (formation « longue » pour des libéraux, échec possible, délai d’obtention de l’agrément, renouvèlement,…) et le contenu de la formation ne correspond pas à « tous ». Au démarrage, la promotion de la liste agréée s’est avérée impossible (le Conseil de l’Ordre territorial n’avait pas donné son accord), avec, pour conséquence, une visibilité du dispositif restée faible pour le public, en particulier en libéral. Seul l’affichage à l’entrée des lieux de CDAG a été permis, demeurent peu visible et évocateur pour le public. Parmi les difficultés identifiées : o Les formations des professionnels travaillant en CMS en « « brousse sont peu porteuses, du fait du turn over important de ces derniers. o Il n’existe pas réellement d’animation ni de suivi auprès des libéraux formés (et il faut du temps pour se sentir « à l’aise »). o Il existe un problème de fond dans l’adhésion des professionnels et dans l’appropriation de leur rôle actif en matière de dépistage, des IST et du VIH. En effet, les entretiens menés dans le cadre de l’évaluation du PMT5, y compris auprès des professionnels eux-mêmes, convergent pour stipuler que : 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 46 • Le VIH « n’existe pas » pour les MG en NC. • La plupart des médecins de dispensaires se reposent sur les sages-femmes pour l’activité de dépistage. • Le dépistage VIH n’est que peu proposé aux urgences (tandis que celui des hépatites l’est). La solution des TROD Les TROD apparaissent dans le paysage néocalédonien tandis qu’ils sont utilisés en métropole depuis plusieurs années, ciblant les populations les plus exposées (hommes ayant des relations avec des hommes, migrants d’origine subsaharienne, personnes qui se prostituent, grands multipartenaires et consommateurs de drogues). Le principe est d’aller à la rencontre des individus dans les lieux qu’ils fréquentent et de leur proposer de réaliser un test rapide à orientation diagnostique du VIH. Ce test consiste en une seule piqure au bout du doigt et peut être réalisé par du personnel non médical20. Les entretiens mettent en exergue les points suivants : • Les TROD ne détectent que les anticorps et donc, les contaminations récentes, sans séroconversion, y échappent. • Leur mise en pratique ne doit pas dispenser d’une consultation de prévention, ceci supposant la formation des professionnels à leur utilisation. La consultation de prévention concerne TOUTES les IST. • Ils soulèvent la question de leur adaptation aux barrières socioculturelles (les mélanésiens auraient peur de la prise de sang, la démarche est plus confidentielle,…). • Ils ne règleront pas la difficulté actuelle à dépister le partenaire. La question des IST plus généralement Les médecins ne « pensent pas » aux IST, ne les recherchent pas voire parfois n’examinent pas les patients malgré le signalement de symptômes. En général, ils ne connaissent pas la prévalence des IST. Ils sont donc assez peu concernés, y compris dans les domaines spécialisés comme la gynécologie ou l’urologie (en libéral), soulevant la question de la place de la prévention dans les pratiques professionnelles. 20 http://www.inpes.sante.fr/30000/actus2013/034-flash-test-vih.asp 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 47 Par ailleurs, ils ressentent eux-mêmes des difficultés pour en parler, et renvoient un « jugement » de comportement, d’après les usagers. Enfin, ils méconnaissent l’évolution des techniques comme en témoigne la prescription de dépistages avec des tests non sensibles comme la « sérologie » à Chlamydiae. 5.3 Prise en charge Le VIH D’après les usagers comme les professionnels, le traitement du VIH est assez optimal en NC, plus facile qu’en métropole, et les manques portent sur: • Le manque de confidentialité : le numéro d’anonymat donné pour le suivi à l’hôpital stigmatise, à l’inverse de l’effet recherché à l’origine, du fait du faible nombre de situations, et par là, de numéros attribués dans les salles d’attente. • L’insuffisance de prise en compte de l’impact psychologique de la maladie et de sa prise en charge : o Au moment de l’annonce, qui peut se faire par téléphone, résultant de la probable « banalisation » médicale face à la chronicité actuelle de la maladie. La personne peut ainsi rester très longtemps dans un désarroi le plus total malgré un traitement médicamenteux irréprochable. o Cette insuffisance de prise en considération de la dimension psychologique peut être ressentie plus tard, au cours du reste de la vie….. Les patients soulignent l’importance du « soutien », tel que l’apporte Solidarité Sida aux usagers et qui doit se distinguer du travail psychothérapeutique à, proprement parlé, les deux contribuant à l’acceptation de la maladie, différemment. En effet, durant les premiers mois qui suivent l’annonce, les patients ont besoin d’être écoutés sans jugement, d’avoir des réponses très pragmatiques aux implications que comporte le fait d’être séropositif (on en vit ? on en meurt ? où prend-on ses médicaments ? comment çà évolue ?) et accompagnés dans l’acceptation de la maladie mais également dans les démarches à réaliser. Ce soutien contribue à la bonne observance du traitement et n’est pas nécessairement réalisé par un médecin. • Les patients font état des arrêts de travail au démarrage de leur traitement, liés à l’importante fatigue qui l’accompagne et pour lesquels le motif signifié par les soignants est la « dépression ». Ceci est durement vécu et jugé un peu inadapté. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 48 Ils soulignent qu’il serait préférable de pouvoir bénéficier d’un statut temporaire spécifique. • Malgré une évolution considérable dans l’acceptation sociale de la maladie, les usagers expriment qu’il reste difficile de parler librement de la séropositivité, sans qu’il soit possible de faire clairement la part entre leur propre réticence et celle de leur entourage, et/ou de la société civile. IST hors VIH Les médecins n’y pensent pas en routine et ne connaissent pas l’approche syndromique. Ce concept, par ailleurs, ne rallie pas les infectiologues ni l’ensemble des médecins qui considèrent cette approche décalée au sein d’un système de santé « sophistiqué ». Les constats du service de gynéco-obstétrique du CH de Magenta vont à la fréquence importante d’infections génitales hautes (IGH) comme les abcès tubo-ovariens, les salpingites, péritonites, pelvipéritonites, chez de jeunes femmes (16 à 30 ans), sources potentielles de stérilité. La fréquence importante de ces problèmes a nécessité d’établir un protocole comportant des critères de gravité et un algorithme décisionnel pour l’hospitalisation en fonction de ces derniers. Le traitement de ces infections après la phase aigue soulève des problèmes d’observance pour la population concernée et de traitement du partenaire. Des procédures de suivi du traitement basées sur la collaboration entre le service et l’ESPAS CMP ont été mises en place avec une amélioration de l’observance, au moins pour les femmes (80% sont suivies d’après les données recueillies au cours des entretiens), le traitement des partenaires demeurant difficile à réaliser. Rappelons que les syphilis secondaires et congénitales ne sont pas rares en NC. Autres IST La question des condylomes n’est que peu évoquée et les liens non établis avec le dépistage des cancers du col de l’utérus 5.4 Les constats transversaux Quelle que soit le type d’action, l’évaluation fait état des constats suivants 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 49 Des déterminants des comportements insuffisamment pris en compte Les échanges avec la société civile ont mis en évidence des aspects socioculturels importants dans la population mélanésienne : • L’équilibre de la communauté est actuellement fragilisé et, y domine, selon les lieux (Nouméa, Iles, Nord) : o Soit une organisation sociétale encore « traditionnelle », doublement régie par la coutume et la religion (dont la place est importante dans l’approche) ; o Soit la disparition des repères structurants, culturels ou familiaux, avec une évolution de la structure sociofamiliale proche de celle de la métropole. • La violence, qui n’est parfois pas comprise comme telle. Elle correspond à des émotions (pulsions) peu intériorisées et la tolérance des femmes est parfois très importante. • Le tabou sexuel : « on n’en parle pas », par « respect » (entre frère et sœur, entre cousin et cousine, entre homme et femme,..). Les femmes ont peur d’être (mal) jugées si elles parlent de sexe. Il est préférable de séparer garçons et filles pour en parler. • La représentation de la maladie (« boucan ») et le besoin de confidentialité pour engager une démarche de soins. • Les « mots »utilisés dans nos approches, qui ne disposent parfois pas de traduction littérale. • L’importance accordée à la parole, qui est portée par l’homme. Avec la tradition orale, il existe un espace à l’interprétation. • Les us et coutumes ne sont pas codifiés, et les principes coutumiers diffèrent selon les aires, malgré des aspects communs. • Les hommes sont réceptifs aux religieux et aux coutumiers. • Les femmes âgées ont de l’importance (parole de sages). • Les modes de vie qui ne donnent pas toujours le « temps » à l’acte sexuel. • Des représentations et des émotions qui dominent chez les jeunes adolescent(e)s (constat de professionnel de terrain) : la honte, le manque de connaissance, le manque de confiance, la peur de prendre la parole.. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 50 Plus généralement • Le rôle de l’alcool, du cannabis, des autres drogues : fléaux qui touchent également les personnalités jusqu’ici « référentes » dans l’environnement coutumier des mélanésiens. • La méconnaissance/ignorance anatomique et physiologique du corps, à ne pas sous-estimer. • L’absence de conscience de la prise de risque. • Le relâchement provoqué par la trithérapie du VIH qui rend la maladie « chronique » (et non plus mortelle) et la banalise. • Des aspects sociétaux plus universels, l’évolution des pratiques sexuelles? (bisexualité?) Tous ces éléments constituent autant de facteurs pouvant conditionner l’adoption (ou non) des démarches préventives menées, quelle qu’en soit la modalité. Des leviers stratégiques insuffisamment utilisés pour ancrer les démarches de prévention (constat commun aux autres programmes évalués de l’ASS) Ces leviers peuvent se situer : • Dans l’environnement social et culturel des personnes: églises, diacres, associations de femmes et de jeunes, petits chefs de clans, commisses, ligues sportives, secteur associatif en général. Les entretiens avec la société civile et les religieux ont confirmé que cela est possible. • Dans l’organisation partenariale : il existe des temps « clés » des organisations qui ne sont pas utilisés en tant que ressources. Mais ceci suppose en premier lieu une bonne identification de ces derniers. Par exemple, les réunions mensuelles des médecins du travail du SMIT, les réunions de l’Association Médicale, les réunions des directeurs d’établissements scolaires…. • Dans les méthodes d’intervention : bien que visant parfois le renforcement des compétences psychosociales, les interventions restent informatives. La réflexion pourrait s’engager sur les choix des démarches promotionnelles de la santé. Des articulations qui se rôdent avec le temps mais nécessitent de poursuivre la clarification des accords partenariaux Sur le fond 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 51 L’ASS est (à présent) reconnue dans son rôle stratégique, porteuse du programme et des orientations de la politique « Pays ». L’énoncé du « fil conducteur », garant de la globalité de l’intervention et du cadre commun de référence, est attendu, notamment par les Provinces. Mais ces attentes ne concernent pas la conception des actions ou des outils. D’ailleurs, il existe une bonne adhésion des partenaires dans le choix des actions arrêtées mais les méthodes sont parfois remises en question. Cette « pleine indépendance technique» souhaitée, dans la conduite des actions, si elle porte sur la méthode et la couverture géographique, est un facteur de l’hétérogénéité de mise en œuvre au niveau du Pays. Elle soulève des interrogations de fond (équité, qualité de l’intervention) et pose (à nouveau) la question de l’articulation des différentes interfaces déjà mise en exergue par les évaluations portant sur les autres programmes, et du cadre organisationnel nécessaire au bon fonctionnement du partenariat institutionnel en particulier : • Articulation Provinces/ASS-NC : La compétence « santé » de part la Loi organique relève de la NC mais les Provinces, dans la proximité, se sont mobilisées de longue date sur le sujet, de manière volontaire. Jusqu’à présent, les articulations se sont cherchées au coup par coup autour d’actions et il n’existe pas de définition claire de la mise en œuvre de cette complémentarité, ni politiquement, ni administrativement. Malgré l’évidente volonté d’un travail commun, ceci ne facilite pas l’épanouissement de la coordination recherchée. • Articulation Éducation/Provinces/ASS-NC : Malgré la volonté de coopérer de l’Éducation et la complexité du partage des responsabilités autour de l’école (entre les Provinces, la NC, le Vice Rectorat et les mairies selon qu’il s’agit du programme scolaire, du personnel ou des locaux), les coopérations ont jusqu’ici buté principalement, en amont, sur la nécessité d’avoir, pour tous mais en particulier pour l’Éducation, l’aval officiel de leurs élus ou de leur ministère pour s’engager dans le programme. Ainsi, la DENC comme le Vice Rectorat ne peuvent s’engager dans l’évolution des programmes pédagogiques et prioriser un thème spécifique dans les supports s’il ne s’agit pas d’une orientation clairement donnée par leur Ministre de l’Éducation. Les principaux facteurs pouvant expliquer le caractère incomplètement opérationnel de ces interfaces sont : • L’absence, dans le dispositif de dialogue institutionnel et politique, d’une instance ou d’un « temps spécifique » permettant à l’ASS-NC d’assoir pleinement son action et son positionnement en matière de promotion de la santé et de prévention, et de se positionner comme animateur légitime des décisions qui en résultent. • En effet : 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 52 o Le Conseil d’Administration de l’ASS-NC n’a actuellement pas prévu d’y inclure les ministres garants de l’intersectorialité, indispensables à l’aboutissement des orientations stratégiques du programme. o Il n’existe aucune autre instance ou moment spécifique permettant de formaliser l’engagement opérationnel des Provinces et autres secteurs indispensables à l’atteinte de l’objectif poursuivi, en amont des actions (engagement stratégique des institutions, au-delà de l’accord politique qui demeure indispensable). Dans la mise en œuvre du partenariat et son suivi: Le sens et le rôle du « programme » en tant qu’outil support à la convergence des actions vers un but commun ne sont pas toujours compris. De ce fait, certains acteurs ne repèrent pas en quoi ni comment ils s’inscrivent dans cet ensemble, ni même en quoi consiste cet ensemble. La complexité de la structure actuelle du plan est une explication possible à cette difficulté : • Le fil conducteur est peu lisible malgré la cohérence existante des choix. • Figurent au même niveau: des principes, des objectifs intermédiaires et finaux, des actions, ne favorisant pas la bonne compréhension du déploiement de la démarche. Ceci est renforcé par l’absence actuelle d’existence et d’exploitation d’un tableau de bord global du programme, qui ne peut être nourri que par la mutualisation de l’information relative aux actions menées, soit, à minima, par les 3 Provinces, l’Éducation, le Vice Rectorat, les associations et l’ASS-NC. Le temps disponible de l’équipe de coordination est considéré comme insuffisant. L’élaboration des supports se veut partenariale comme en attestent les CR des réunions de travail, où le processus de concertation est visible, et perçu comme tel mais il est parfois regretté que les compétences des partenaires ne soient pas suffisamment prises en compte. D’ailleurs, la dynamique est appréciée pour sa dimension pluraliste et collégiale mais elle comporte : • Trop de réunions, trop d’informations, trop de sollicitations pour une grande partie des acteurs • Les associations ne se sentent pas toujours « à l’aise » ni considérées comme de vrais partenaires 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 53 • o Aspects pratiques bloquants: les heures de réunions ne permettent pas aux présidents de participer (à noter cette limite pour la participation des libéraux, des hospitaliers) o Opacité du budget total engagé sur le programme o Vécu de mise en concurrence entre associations o Sentiment de ne pas être pris en considération dans certains choix (communication) ou sur le plan de la compétence technique Sur le terrain, peu de liens sont perçus entre les acteurs et intervenants autour du thème. Analyse du déploiement des actions L’analyse des informations disponibles montre qu’actuellement, la lecture globale du programme manque de précision dans la mesure où les informations statistiques d’activité ne sont pas mutualisées. On ne peut de ce fait parler d’analyse du programme territorial à travers les données disponibles. En particulier, il n’est pas possible d’analyser le déploiement : Selon la zone géographique Selon le public ciblé Selon le lieu d’intervention Selon le type d’actions conduites Du fait de l’absence de tableau de bord exhaustif, la plupart des acteurs pointent l’absence de vision globale sur la totalité des actions qui s’engagent en faveur des mêmes objectifs, énoncés par le programme et la coordination des interventions n’est pas toujours optimale, notamment en milieu scolaire. La continuité des efforts, année après année n’est pas lisible. Ainsi, les décisions du comité de pilotage ne peuvent s’adosser à des éléments communs et objectifs. Articulation avec les autres démarches portant sur la même thématique Les trois provinces disposent de programmes d’intervention propres qui nécessitent de mieux formaliser les articulations entre un cadre global (le Pays) et les spécificités provinciales, qui tiennent aux populations mais également à l’engagement politique et volontaire de chacune. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 54 Articulation avec les autres programmes et dispositifs de l’ASS-NC Une interface potentielle existe mais… • Pour les partenaires, l’articulation entre PMT5 et programme addiction n’est pas visible et la séparation des programmes peu pertinente. • L’articulation avec le programme de dépistage du cancer du col reste à construire. • L’articulation avec le réseau périnatal constitue peut-être l’axe de travail commun à tous les programmes et fondamental en promotion de la santé 5.5 La dimension d’efficience du programme Elle traite de l’adéquation des ressources aux objectifs. Elle est nécessaire mais difficile à appréhender. Le plan est très vaste, et ambitieux. Chaque axe est, en soit, un programme. L’animation doit être ajustée et/ou les objectifs revus à la baisse, à moyens constants, et ceci réinterroge l’articulation avec les Provinces dans la coordination du plan. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 55 6 En synthèse : réponse aux questions évaluatives 6.1 Quels sont la pertinence et l’impact du PMT5? Les IST, un problème de insuffisamment documenté santé publique dont le périmètre demeure De nombreuses données « informatives » sur le sujet existent et pourraient permettre de dresser l’état des lieux mais actuellement elles sont éparpillées, parfois insuffisamment précises (résultats d’enquêtes portant sur les publics les moins concernés) et surtout insuffisamment mises en perspective (en particulier la confrontation des travaux quantitatifs et qualitatifs) pour assoir un diagnostic, déterminer les orientations de travail et surtout les prioriser : • En termes de communication (pour les professionnels et le public), • En termes d’action de proximité. L’exercice rapide d’analyse croisée des éléments disponibles mené durant le temps de l’évaluation permet de retenir que: • Les prises de risques sexuels continuent de concerner plus particulièrement : o Les hommes (homo ou bisexuels) de 30 à 39 ans, comme en témoigne l’existence de l’épidémie VIH même peu active, lesquels ne semblent pas fréquenter les CDAG (d’après l’analyse des profils des consultants). o Les jeunes de 15 à 24 ans comme en témoignent de manière convergente les statistiques des CDAG, l’étude de prévalence des IST, les statistiques d’activité des infirmeries du Vice Rectorat, auxquelles pourraient s’ajouter les données témoignant de la fréquence des infections génitales hautes, des grossesses extra-utérines et des Interruptions volontaires de grossesses dans cette tranche d’âge. (données hospitalières et celles du CCF). Les entretiens menés durant cette évaluation convergent également pour souligner ces constats. Les éléments de relâche observé à l’égard de l’infection à VIH comme les constats d’une protection qui ne se fait pas au niveau espéré dans une population jeune et sexuellement active, concourent à rappeler que le potentiel épidémique est toujours présent. Par le seul fait que le problème touche fortement la santé de la jeunesse (« potentiel » de la Nouvelle Calédonie), les IST ainsi que l’ensemble des conséquences qui s’y 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 56 rattachent (IGH, GEU, IVG, hépatites, condylomes, cancers du col, arthrites réactionnelles,..) continuent de constituer un problème de santé publique pour le territoire. La pertinence du thème est renforcée par et au regard des conséquences possibles sur la fertilité. Un plan pertinent sur le principe mais dont les objectifs d’action et les méthodes doivent être plus finement déterminés Le choix des axes stratégiques constituant le plan aujourd’hui (prévention et dépistage en particulier) ne sauraient être remis en question au regard des besoins précédemment décrits mais les données doivent être réunies et plus finement analysées pour mieux orienter les actions du PMT et surtout les prioriser. En effet, cette pertinence « de principe » est arguée par les résultats des données chiffrées en même temps que ces mêmes résultats, stables ou s’aggravant dans le temps (grossesses non désirées, IVG), suggèrent l’ajustement des actions, en termes d’objectifs, de cibles et de méthodes, en intégrant des facteurs jusqu’ici peu considérés. Les études qualitatives déjà existantes ainsi que les éclairages apportés par la présente évaluation suggèrent en effet d’intégrer dans les approches, dont les contenus restent actuellement très « informatifs », une plus grande compréhension des croyances, de la culture et des éléments de l’environnement de vie qui se comportent comme des facteurs pouvant majorer le risque. En d’autres termes, l’amélioration de la pertinence pourrait résulter de la prise en considération de déterminants se situant dans l’environnement culturel du sujet ou très en amont dans son développement psychosocial, visant la promotion de la santé (transversale à tous les programmes de prévention). En l’absence d’évolution, la direction des efforts vers les actions à mener demeurera difficile à conserver. 6.2 Quelle est l’efficacité/effectivité du PMT5? Des faiblesses dans la cohérence d’ensemble du plan Bien qu’actuellement identifiés, d’importants leviers stratégiques ne sont pas intégrés « en routine » (Education, Religieux, Libéraux en particulier,..) à la structure porteuse du plan. Les partenariats commencent seulement à se nouer « sur le fond », ne permettant pas de se prononcer en termes d’effets mais présentant des aspects encourageants pour la perspective. Les ressources humaines engagées sur le plan (qui correspond à plusieurs programmes en réalité), mobilisées par l’animation du plan, ne pouvaient jusqu’ici se consacrer à nouer de nouveaux liens. Ces partenariats présentent un 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 57 caractère transversal à tous les programmes de l’ASS-NC dans les coopérations recherchées. De même, les lieux possibles de mobilisation des différents publics, (jeunes non scolarisés, squats, maisons de quartier, centres de formations, entreprises, associations de femmes….) sont déjà connus et listés mais les actions demeurent soit inexistantes, soit ponctuelles. Enfin, les relations synergiques entre les programmes addictions et IST au sein de l’ASS-NC, sont insuffisantes au regard de la proximité des problématiques pour le sujet. Une hétérogénéité de mise en œuvre des actions au niveau du Pays La mobilisation est importante dans les trois provinces, notamment en milieu scolaire, ce qui, au regard de l’analyse de la situation, est un élément fort du plan. Mais, l’existence de méthodes d’intervention différentes soulève la question de l’équité de l’offre pour un programme « Pays ». Ces différences d’action, qui soulève les questions relatives au cadre stratégique et fonctionnel du partenariat avec les Provinces, portent à la fois: o Sur l’âge de la cible o Dans le partenariat établi/recherché avec l’Education o Dans les stratégies d’intervention: méthode utilisée et notion de « couverture » recherchée. Par ailleurs, les « pré-requis » à apporter par les enseignants (anatomie) dans ce cadre sont inégalement apportés, soulignant l’importance de l’articulation avec l’Education. 6.3 Quelle est la pérennité du PMT5? L’intersectorialité, l’interprovincialité et la coordination territoriale constituaient des lignes directrices hautement encouragées par les évaluations précédentes. Le PMT5 se caractérise avant tout par une importante dynamique partenariale et une mobilisation exemplaires, inscrite dans la durée, depuis le premier plan. Son étendue témoigne également des nécessités d’une programmation stratégique au regard d’un domaine où la mobilisation, multisectorielle par essence, demande une forte coordination. Il s’agit, de plus, d’un « plan » c'est-à-dire du regroupement de ce qui pourrait être poursuivi en plusieurs programmes (3 à minima). Il en résulte une construction complexe et actuellement peu lisible, et la conception du PMT6 pourrait intégrer les pistes de recommandations suivantes, dont une partie sont, en réalité, transversales aux différents programmes de l’ASS-NC. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 58 7 Recommandations 7.1 Pour améliorer l’efficacité du plan R1 : Distinguer plan et politique générale de santé relative au thème traité « Les plans ont rarement vocation à couvrir l’ensemble de l’action publique sur un domaine ou un thème. Lors de l’étude du périmètre du plan il est particulièrement utile de distinguer explicitement ce qui doit être traité dans le plan (et pourquoi) de ce qui relève des dispositions « habituelles ». Ce questionnement permet de s’interroger sur l’opportunité du plan, et sa « valeur ajoutée » et d’anticiper la question de son éventuel renouvellement »21 R2 : Travailler la cohérence d’ensemble R2-1 Travailler sur le fond pour garantir la durée Le but est de définir les rôles que peuvent jouer chaque type de ressources à son niveau et dans son périmètre d’attribution, d’intéresser et non d’attendre des implications qui ne pourront pas venir. Il s’agit de disposer d’une « lecture » la plus exhaustive possible du cadre organisationnel dans lequel s’inscrit le plan et qui est commun à de nombreux programmes portés par l’ASS-NC. En d’autres termes, ceci suppose de comprendre les relations et les articulations qui pourraient être portées par les acteurs selon leur proximité avec le public, leur lieu d’action, leur statut et leur volonté. Cette recommandation suppose de travailler dans plusieurs directions : • 21 Bien connaître le cadre structurel, ce qui signifie refaire connaissance entre ressources existantes et, sans susceptibilité, différencier : o Celles qui sont pérennes et peuvent porter des actions pérennes dans leurs missions (institutions principalement mais également secteur sanitaire) o Celles qui fonctionnent sur projets et peuvent décider de s’inscrire dans les orientations prises par le plan (associations principalement). Sur ce dernier point, l’ASS-NC et ses partenaires financiers pourraient organiser des appels à projet pour rendre explicites les demandes et améliorer la couverture de l’ensemble du Pays. source :recommandations pour l’élaboration, le suivi et l’évaluation des plans nationaux de santé. DGS 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 59 • Construire les différents types de partenariats: o Avec les associations o Avec les libéraux (médecins et laboratoires) : Se rapprocher de l’Association Médicale de NC (AMNC) qui organise une réunion trimestrielle et convenir avec le groupe CALEDOBIO de communiquer par l’intermédiaire de la News Letter diffusée 2 à 3 fois par an Se rapprocher des syndicats des professions libérales Se rapprocher des Gynécologues (10) et urologues (3) libéraux o Avec les médecins des CMS qui globalement demeurent tournés vers le soin et n’offrent pas de prévention ne serait-ce que secondaire (Dépister) o Avec les sages-femmes libérales, CMS et hospitalières o Avec la médecine du travail o Avec les médecins hospitaliers (gynéco-obstétriques, infectiologies, urgences,..) o Avec les usagers o Avec les institutions (recommandation suivante) R2-2 : Faciliter les synergies interinstitutionnelles constituant le cadre structurel sur lequel s’adosse le plan et au delà, l’intervention toute entière de l’ASS-NC et de ses partenaires • Poursuivre l’évolution du CA actuel de l’ASS vers une instance représentative de l’intersectorialité. La représentation des ministères dont l’implication est indispensable à la bonne conduite des actions de prévention et promotion de la santé portées par l’ASS et ses principaux partenaires: Éducation, Affaires Économiques Environnement (pont avec la justice pour Addictions), ainsi que le représentant politique du Vice Recteur doit être effective pour garantir l’intersectorialité dans l’action, sur le terrain. Le directeur de l’ASS doit pouvoir directement y rapporter les propositions émises par une Instance stratégique ? (ci-dessous) Le CA doit pouvoir s’engager sur des priorités. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 60 • Discuter de l’intérêt de créer une instance nouvelle (Comité de gestion ou comité stratégique politique), intermédiaire entre le CA et les groupes techniques propres à chaque programme (clusters), ou un « temps spécifique » à l’intérieur du dispositif existant, pour définir opérationnellement l’engagement respectif pris politiquement. Cette instance animée par le directeur de l’ASS pourrait être composée des directeurs des directions provinciales, de la DENC, Vice Recteur … R2-3 : Réviser la structure du plan, en formalisant la théorie d’action et en priorisant les axes et actions au regard de leur impact prévisionnel sur le résultat final souhaité La structure du plan doit expliciter les hypothèses. Ce point ne va pas nécessairement remettre en question les axes stratégiques actuels mais s’attacher « au bon ordre des choses », en faisant la part des axes de travail qui interviennent chronologiquement en premier (notion de « pré-requis » ou conditions pour les suivants) et/ou présentent un impact potentiel plus fort dans les résultats attendus. Ceci suppose donc également qu’au delà de la formulation d’objectifs, les résultats attendus soient énoncés, ce qui permet en outre un meilleur suivi/évaluation de la démarche (meilleure adéquation des indicateurs qui s’attacheront à l’application du processus dans un premier temps, et à la mesure du résultat secondairement, ce dernier n’ayant de sens que si la mise en œuvre a été effective). Concrètement ; Simplifier l’écriture : « Sortir » le règlementaire du plan : cela signifie que ce périmètre ne constitue pas une plus value recherchée par le plan mais suppose que les résultats de l’action règlementaire sont bien atteints. Ordonner chronologiquement les résultats souhaités : les constats suggèrent de travailler à la sensibilisation des professionnels en tant que pré-requis pour certains objectifs poursuivis comme la facilitation au dépistage. Raisonner l’action en résultats souhaités R2-4: Adopter une écriture modélisée du programme sous la forme d’une « théorie d’intervention » Ceci comporte l’avantage de faciliter la compréhension de la démarche programmatique et le rôle joué par chacun des acteurs ainsi que sa place et comporte à ce titre un intérêt en termes de communication. Chacun doit comprendre l’importance majeure de son action mais également renoncer à croire que de sa seule action dépend le résultat : le programme est là pour permettre de 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 61 lire la pluralité des interventions, la synergie et la continuité qui sont indispensables à l’atteinte du résultat, notamment en matière de changement de comportement, à termes. La disparition de la vision d’une multitude d’actions indépendantes au profit d’une convergence d’actions participe de l’adoption d’une culture commune de santé publique. Il s’agit donc plus d’ajustements que de remise en question profonde, qui privilégie la cohérence de l’existant à la nouveauté des actions. R3: Déterminer les résultats poursuivis par chaque type d’intervention Définir le plus petit dénominateur commun d’interventions à conduire sur l’ensemble du territoire pour rendre probable les effets recherchés, toute action « supplémentaire » ne pouvant qu’être bénéfique à la population. Il n’est pas possible de viser le changement comportemental par la seule utilisation d’actions de sensibilisation (communication). Le changement de comportement est visé d’une part par la somme d’interventions existantes dans les différentes sphères qui composent la vie de l’individu (communication et actions de proximité) mais également par des actions d’accompagnement à l’adoption de stratégies personnelles. Ces derniers résultats peuvent correspondre aux interventions menées en milieu scolaire, à conditions qu’elles se déroulent au moment « opportun » (âge en regard des problématiques visées) et recourent à des méthodes efficaces ou prometteuses selon l’état des connaissances en la matière22 (techniques utilisées, fréquence des interventions, leviers mobilisés,..), qui devront cependant être ajustées aux spécificités culturelles du Pays. R4 : Retravailler l’approche avec une bonne compréhension de l’environnement socio-culturel de la Nouvelle-Calédonie Au regard du potentiel contre-productif du langage, il apparait important que dans la construction même des actions, quelles qu’elles soient, un travail de coopération s’installe avec la société civile directement (recours à des focus group d’usagers plus fréquents) et des ressources disposant d’une bonne compréhension de la culture et des règles sociétales importantes pour les personnes vivant en Nouvelle-Calédonie. Ceci est vrai quel que soit l’axe du plan : prévention, dépistage, soins R5 : Associer la notion de cibles aux résultats attendus Pour la sensibilisation (communication « de masse ») • 22 La cible « professionnelle » et en particulier sanitaire, libérale et publique, dans les CMS, fera l’objet de communication spécifique, éventuellement doublée Lamboy Béatrice, « Synthèses de connaissances sur les interventions de prévention auprès des jeunes : enjeux et méthodes », Santé Publique, 2013/N°1 Suppl. S1, p. 9-11. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 62 d’action de proximité (visites). Le but, à termes, est d’ouvrir à la dimension préventive, de faire comprendre et admettre les spécificités culturelles et de connaître les ressources œuvrant dans le domaine et les actions existantes dans le cadre du plan, auxquelles les professionnels peuvent se référer s’ils ne souhaitent pas être acteurs. • La cible populationnelle : les conclusions renforcent l’idée de considérer le risque comme potentiel pour le « tout venant » avec cependant des cibles prioritaires qui sont les jeunes et des cibles stratégiques qui sont les femmes R6 : Réfléchir à la mise en place une cellule d’analyse des données quantitatives et qualitatives • Centralisant les données issues des différentes sources informatives sur la problématique, qualitatives et quantitatives • Analysant ces données, selon à minima les propositions suivantes : o Pour les MDO et l’activité des CDAG : réaliser des croisements selon des critères communs: tranches d’âges quinquennales (à définir), sexe le cas échéant, provinces (domicile), niveau de risque, caractéristiques socioéconomiques (scolarisés, emploi..) o Exploiter en routine et selon ces mêmes critères (âge, sexe, provinces à minima) : Les données relatives aux accidents d’exposition, infections génitales hautes, stérilités, avortements, GEU, autres ? Recueillies en milieu hospitalier (public et privé), services et urgences, milieu scolaire (Vice Rectorat), Centre de Conseil Familial, Réseau périnatal 7.2 Pour améliorer la coordination du programme R7: Travailler au sens et à la définition de la coordination • Déterminer les champs communs et spécifiques d’intervention entre l’ASS, les Provinces, l’Éducation et le Vice Rectorat (s’adosser à l’existant et définir ce qui est possible, à quelles conditions) : déterminer les objectifs communs à décliner sur l’ensemble du Pays selon un principe d’équité (il existera une part d’engagement variable par Provinces qui doit être la moins préjudiciable possible) • Énoncer le programme commun et communiquer largement sur ce dernier. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 63 • Définir le fonctionnement global du dispositif de pilotage et de coordination au sein du programme, son animation • Réfléchir à ce que pourrait être une déclinaison provinciale d’un programme territorial. R8 : Orienter les groupes de travail thématiques, à minima à partir des points faibles mis en évidence dans la présente évaluation en désignant un co-animateur de l’ASS-NC pour le groupe Pour tous les types d’intervention, intégrer la couverture des manques constatés dans la prise en compte de la culture mélanésienne • Pour la communication, être attentif au choix des mots et ce qu’ils représentent. Se rapprocher de l’Académie des Langues Canaques. • Pour les actions de proximité, étudier la faisabilité de construire un tissu associatif et sociétal actif en particulier pour développer les actions en tribu : associations de femmes, commisses, églises,.. • Pour les actions en milieu scolaire, privilégier le travail sur les choix communs d’intervention: élaborer le cadre de référence pour les outils et interventions (en s’adossant aux publications déjà existantes sur ce thème, concevoir des outils d’analyse de la qualité des outils), qui laisse ouverte la créativité des outils tout en harmonisant les objectifs • Pour le dépistage : o Viser les pré-requis avant de faire évoluer à nouveau le dispositif : sensibiliser les professionnels au lieu de créer de nouvelles formations pour agréer de nouveaux professionnels o Pour les TROD, s’ils constituent une opportunité pour remobiliser les professionnels, doivent être considérer comme une stratégie complémentaire pour laquelle il convient de bien définir : Les risques: fausse ré-assurance, oubli des autres IST Les publics et les lieux : Partenaires de personnes séropositives? Actions de proximité s’il existe des barrières au dépistage habituel? R9 : Rendre visible au sein de l’ASS-NC le pôle d’expertise en promotion et éducation à la santé • Organiser la réflexion sur les méthodes et outils existants sous l’égide de l’ASSNC, correspondant au cadre de référence, avec l’accord des partenaires, au sein 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 64 d’une pédagothèque mise à la disposition des professionnels sur le site (modalités d’accés) • Faire le lien avec les pratiques internationales dans le domaine et nourrir les groupes de travail sur le sujet R10 : Organiser le suivi et l’évaluation du programme Mettre en place des outils permettant de suivre les réalisations, au regard du prévisionnel, par provinces, publics et types d’intervention, en intégrant les données des principaux partenaires 7.3 Pour optimiser l’action globale de l’ASS-NC R11 : Impulser l’élaboration d’actions de promotion de la santé (commune à plusieurs programmes) Orienter les actions beaucoup plus précocement et de manière transversale aux différents programmes de prévention, avec pour cible la petite enfance voire la périnatalité afin d’y intégrer un travail de proximité parental R12 : Rendre visible les articulations interprogrammes 7.4 Pour connaître et améliorer l’efficience du plan R13 : Budgéter le PMT6 par axes et résultats attendus, pour la période quinquennale programmatique en prenant en compte les contributions de chacun et les aléas en cas d’arrêt des financements, et suivre dans le temps, annuellement. 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 65 8 Annexes 8.1 Annexe 1 : Référentiel d’évaluation Question évaluative Pertinence des axes de travail Quelle est la pertinence du PMT5? Descripteurs/données à collecter pour renseigner les critères Critères Sources de données / mode de recueil • • Théorie d’action • Caractérisation des besoins : quantification et directeur de l’ASS perception sur le territoire, évolution • Méthodes d’intervention • Références disponibles sur la question de la prévention primaire, secondaire et tertiaire Identification de besoins non couverts • Caractéristiques territoriales • Comportement des publics visés • Opinion des partenaires • Déploiement géographique et Entretiens avec la coordination du plan et le • Documents cadres • Analyse documentaire de CR, rapports d’activité • Tableau de suivi du programme de l’ASS • Entretiens avec les partenaires du programme • Données sociodémographiques, épidémiologiques par public • Données d’activité • Etudes et travaux • Analyse documentaire du programme entre 2008 et 2013 Quelle est l’efficacité/ effectivité du PMT5 ? Déploiement des réalisations du plan • Par priorités • Par publics cibles (typologie) • Par lieux d’action (contexte) • Données relatives aux instances de pilotage et des • Entretiens avec les partenaires du programme groupes de travail thématiques • Entretiens avec la coordinatrice de l’ASS • Données relatives aux modes de gestion et d’animation du programme • Données relatives à la perception des partenaires • Difficultés/facteurs favorisants 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 66 • Données relatives à l’appréciation du pilotage des stratégies mises en œuvre, perception du caractère fédérateur du programme • Données relatives à la pluralité des partenariats mis en œuvre autour de chaque axe stratégique Quel est la pérennité duPMT5? Appropriation du plan • • Modalités de partenariat avec les acteurs locaux • Entretiens avec les partenaires du programme concernés par la thématique • Entretiens avec les pilotes de l’ASS • Déploiement (question précédente) • Entretiens avec les partenaires • Entretiens avec des groupes d’usagers • Etudes, travaux • Données épidémiologiques • Entretiens pilotes • Entretiens acteurs partenaires • Bilan financier Données relatives aux réticences perçues (difficultés d’intégration dans le contexte, réticence des partenaires et/ou des professionnels et/ou de la population, échec d’expérience...) • Partenariats non aboutis • Compréhension et visibilité de la démarche • Quel est l’impact du PMT5 ? Quelle est l’efficience du PMT5 ? Effets sur les résultats souhaités Adéquation ressources résultats Existence d’une formulation des résultats attendus (théorie d’action) • Données d’opinion des partenaires • Données de perception des usagers (enquêtes) • Données d’activité et de surveillance • Ressources financières mobilisées • Ressources humaines mobilisées • Rapprochement de la question précédente 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 67 8.2 Annexe 2 : Références disponibles Si la notion de référentiel d’analyse évoque la démarche explicite de l’approche évaluative adoptée par les consultants et présentée dans l’annexe précédente, plusieurs types de références (conceptuelles, règlementaires et stratégiques) doivent également être prises en compte. Ces références qui formalisent les avancées des connaissances dans les principes de l’approche à mettre en œuvre dans le domaine de la santé sexuelle constituent également un socle relativement universel dans le regard porté sur l’action publique dans ce domaine. Ces références sont les suivantes. • Charte d’Ottawa, 1986 • INPES o « Les dispositifs efficaces en matière de prévention et d’aide à distance en santé : principaux résultats d’une synthèse de littérature ». Viêt Nguyen-Thanh, Béatrice Lamboy, département Évaluation et Expérimentation, Inpes, 2012 et dossiers thématiques o Lamboy Béatrice, « Synthèses de connaissances sur les interventions de prévention auprès des jeunes : enjeux et méthodes », Santé Publique, 2013/N°1 Suppl. S1, p. 9-11. • Numéro thématique de la revue trimestrielle du HCSP : « Prévention et Santé Publique », ADSP, Juin 2013, La Documentation Française • Conseil National du Sida : prise en charge des personnes vivant avec le VIH, 2013 • Apprendre la santé à l’école – Brigitte SANDRIN-BERTHON – Edition ESF – Collection Pratiques et enjeux pédagogiques - 1997 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 68 8.3 Annexe 3 : liste des documents consultés Classement par rubriques, sens chronologique Etudes, enquêtes, évaluation • Enquête d’acceptabilité du préservatif féminin – décembre 1999-Janvier 2000 • CR enquêtes groupes spécifiques 23/09/2008 • CR enquêtes groupes spécifiques 13/11/2008 • Questionnaire enquête gay. 2008 • Enquête Gay NC. Document de travail. Février 2009 • Étude OMNISCOPE Comité de lutte contre le Sida / Radio Djido. Octobre 2009 • Consultations d’éducation thérapeutique pour les personnes vivant avec le VIH : Analyse de la perception des professionnels après 16 mois (mars 2009-Août 2010) • Rapport d’étude omnibus (mars 2010) • Baromètre santé sexuelle en NC 2010 • Le VIH-SIDA en NC : situation épidémiologique au 7 octobre 2010, DASS NC : power point • Le VIH-SIDA en NC : situation épidémiologique au 7 octobre 2010, DASS NC : rapport • Diagnostic Terrain sur la santé sexuelle auprès de quatre populations cibles dans Nouméa et Grand Nouméa. Rapport et recommandations. Février 2010. • Evaluation formative à mi parcours du PMT5. 2010 • Diagnostic terrain sur les représentations de l’homosexualité en Province Nord et Îles. Présentation finale – 06/02/2011 Fatou Leïty Mbodj • Santé sexuelle des jeunes en Nouvelle-Calédonie- Mars 2011 • Procédure et protocole d’enquête de rentabilité-acceptabilité-faisabilité de la recherche des IST chez les personnes asymptomatiques en consultation CDAG VIH-SIDA (au 25/08/11) • Evaluation de l’impact des campagnes de communication « Caillou Kaoutchou » et anti-tabac. Rapport d’étude. 11/10/2011 • Ppt d’enquête de représentation des préservatifs mars 2013 • Résultats de l’enquête IST en CDAG chez les personnes asymptomatiques (partie quantitative) SAS DASS NC . 19/04/2012 • Analyse enquête IST chez les asymptomatiques en CDAG Partie quantitative – SAS – DASS NC 19/04/2012 • Compte-rendu de l’enquête sur la recherche d’IST chez les patients asymptomatiques en CDAG (rédigé par le SAS – DASSNC – 26/04/12) • Enquête prévalence IST 2012 de la Nouvelle-Calédonie : résultats d’analyse 19/06/2013 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 69 • Diagnostic de terrain paroissiens 09/05/2012 • Evaluation de la campagne santé sexuelle 2012 (rapport, version du 8/04/2013) • Synthèse de l’analyse des comptes rendus de l’enquête qualitative auprès des hommes de 25 à 45 ans- Mai 2013 • Power point : Dépistage biologique systématique des IST curables Asymptomatiques, étude de faisabilité 2011 Comptes rendus • CLUSTER DISTRIBUTION DE PRESERVATIFS : • Compte rendu de la réunion du 22 Août 2008 • Rappel des activités prévues dans le PMT5 (p.85-86) 2008 • CLUSTER “Extension du dispositif de CDAG aux IST” CR du 01/10/2010 • CLUSTER DEPISTAGES VIH/SIDA ET IST : • Compte rendu de la réunion du 12 Août 2008 • Rappel des activités prévues dans PMT5 (p.78-84 et 95-98) : 2008 • Cluster TESTS RAPIDES VIH/SIDA : 29/08/2012 • CLUSTER DEPISTAGES – FORMATIONS : Compte rendu de la réunion du 08 Octobre 2008 • Compte rendus COTEC du 8/02/2011. Présentation des évaluations • CR COTEC du 5/05/2011 • CR COTEC 20/05/2011 • CR COTEC du 7/07/2011 • CR COTEC du 13/07/2011 • CR COTEC du 20/05/2011 • CR COTEC 24/02/2012 • CR COTEC exceptionnel 29/08/2012 • CR COTEC du 30/11/2012 • CR COTEC du 24/02/2012 • CR COTEC du 30/11/2012 • Annexe 4 : proposition de coordination 06/05/2011 • CR réunion surveillance épidémio 13/08/2008 • CR surveillance syndromique août 2008 • Feuille de route 2011-2013 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 70 • Présentation (bilan et perspectives 2011-2013) pour atelier PMT5 8 avril 2011 Activités • Rapport 2008 et perspectives 2009 : Les activités de prévention menées dans le cadre du PMT5 et coordonnées par l’ASS-NC • Evaluation de la gestion centralisée des préservatifs- Association Solidarité Sida-NC 2012 • Bilan CDAG 2009 • Bilan CQV mai 2009 • Bilan de la consultation Qualité de Vie. Septembre 2009 • Présentation consultation qualité de vie : bilan après 6 mois d’activité. 15 septembre 2009 • Bilan CQV septembre 2009 (externe) • Bilan CQV septembre 2009 (interne) • Bilan CQV juillet 2010 • Rappel du projet initial consultation qualité de vie 15/09/2009 • Bilan du Projet de Promotion en santé sexuelle et de prévention des infections sexuellement transmissibles (IST/VIH) auprès de l’Eglise Evangélique Protestante de la Nouvelle-Calédonie 2011 – 2012 et projet global (1/05/2012) • Bilan de la semaine santé sexuelle 2012 • Programme de prévention du VIH SIDA et des IST (présentation, bilan) 2009 • Programme de prévention du VIH SIDA et des IST (présentation, bilan) 2010 • Programme de prévention du VIH SIDA et des IST (présentation, bilan) 2011 • Programme de prévention du VIH SIDA et des IST (présentation, bilan) 2012 • Stratégie 2011-2013 : proposition de partenariat. Janvier 2012 Autres • Courrier-bilan Haussaire 2006 • Courrier-bilan Haussaire 2007 • Prise en charges des IST curables : recommandations de la NC. 2013 • Présentation programme par l’ASS NC 2012 • Courrier signé « Martine » de CR approche syndromique 23/01/2009 (Martine Noël DASSNC) • Les perspectives 2013 en santé sexuelle : Gwendal Boursicot Mars 2013 – extrait document faisant partie du bilan ASSNC annuel • Perspectives 2010 écrit par Gwendal Boursicot avril 2010 - extrait document faisant partie du bilan ASSNC annuel 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 71 • Perspectives 2011 écrit par Gwendal Boursicot mars 2011 - extrait document faisant partie du bilan ASSNC annuel • Document appelé « VIH » : mai 2010 écrit par Gwendal Boursicot – point au président du CA de l’ASSNC 8.4 Annexe 4 : Grille d’entretien Introduction : présentation de la démarche et de l’expérience d’EFECT en évaluation de programmes et en Nouvelle Calédonie 1. Présentation de votre fonction actuelle, de votre éventuelle précédente fonction, de votre implication dans le PMT5 La conception du PMT5 Le diagnostic 2. Avez-vous participé au processus de concertation multisectorielle à la base du programme du programme d’action du PMT5? Si oui, depuis quand (par rapport au démarrage en 1991) ? Qu’avez-vous pensé de cette démarche ? 3. Selon vous, la démarche de diagnostic mise en œuvre a-t-elle permis de repérer les véritables besoins du territoire en matière de prévention des IST/VIH? De promotion de la santé sexuelle ? De spécificités selon les groupes/populations cibles ? Quels sont les manques que vous identifiez ? 4. Selon vous, les priorités et axes stratégiques du PMT5 ont-ils réellement été établis sur la base de ce diagnostic ? 5. Les publics cibles ont-ils été associés à l’élaboration de ce diagnostic ? Si oui, sous quelle forme et avec quelle pertinence ? Les axes stratégiques et objectifs d u PMT5 6. Qu’avez-vous principalement retenu des axes poursuivis ? La formulation de ces axes et objectifs vous semble-t-elle suffisamment claire et explicite ? 7. Que pensez-vous d’un élargissement de l’approche à la santé sexuelle affective et reproductive ? 8. Que pensez-vous du contenu et fonctionnement actuel : 9. a. Des actions de communication ? Quelles évolutions suggèreriez-vous ? b. De l’organisation du dispositif de dépistage ? Quelles évolutions suggèreriez-vous ? c. Des pratiques préconisées suggèreriez-vous ? d. Des formations ? d’approche syndromique ? Quelles évolutions Quels manques identifiez-vous en termes d’intervention ? 10. Quelle continuité percevez-vous avec l’action de l’Agence Sanitaire et Sociale en faveur de la promotion de la santé et de la prévention depuis 2006 ? 11. Quelle cohérence percevez-vous : a. Entre ce programme et les autres programmes portés par l’ASS de NC ? (notamment conduites addictives et violence ?) b. Avec les autres actions sur le même thème, ou avec les mêmes publics ? 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 72 L’animation, la coordina tion et le pilotage du P MT5 12. Êtes-vous impliqué dans les groupes de travail du PMT5? Si oui, à quel niveau ? Si non, pourquoi ? 13. Que pensez-vous du fonctionnement adopté en cluster et COTEC (organisation)? 14. Quelle perception avez-vous du fonctionnement : a. La méthode et la fréquence de l’animation ? b. Le processus de prise de décision vous semble-t-il clair ? collégial ? c. À votre connaissance, toutes les actions financées par l’ASS de NC ont-elles fait l'objet de décisions explicites de la part du COTEC ? 15. Selon vous, le PMT5 bénéficie-t-il d’un pilotage stratégique ? Comment et par qui est-il assuré ? Comment percevez-vous le rôle du Chef de projet ? Du directeur de l’ASS-NC ? 16. Selon vous, les montants financiers dégagés pour le PMT5 sont-ils à la hauteur des besoins ? Si non, quels manques avez-vous identifiés ? 17. Quels sont les facteurs que vous identifiez et qui sont utiles à la coordination du PMT5 ? En quoi ces éléments favorisent-ils la bonne couverture du territoire pour les actions ou l’atteinte des différents publics ? 18. Quels sont les facteurs que vous identifiez et qui sont utiles à la mobilisation des partenaires? Quels sont les manques ? Les impacts du PMT5 19. Le développement, en 2006, par l’ASS de NC de sa mission de promotion de la santé et de prévention a-t-elle modifié l’implication des partenaires dans la politique de santé en NC (mobilisation de nouveaux vs retrait d'anciens) ? 20. Le virage adopté lors de l’évaluation à mi-parcours du PMT5 (plus largement « IST ») a-til permis selon vous d’améliorer les effets recherchés à longs termes ? 21. Les pratiques professionnelles se sont-elles améliorées grâce au PMT5 ? Qu’en est-il de l’impact du PMT5 sur la dynamique associative ? sur la dynamique en milieu scolaire ? hors milieu scolaire ? en milieu « libéral » ? (médecins, pharmaciens) 22. En quoi le PMT5 est-il un outil performant de prévention des IST/VIH en NouvelleCalédonie ? 23. Sur quoi vous appuyez-vous pour formuler votre opinion sur les effets du PMT5 ? Le bila n et les perspectives 24. Quel bilan faites-vous de la mise en œuvre du PMT5 (points forts et points faibles) ? 25. Quelles suggestions amèneriez-vous pour la suite du programme ? a. En termes de fonctionnement ? b. En termes de nouvelles interventions ? d’atteintes des publics ? c. En termes de facteurs d’adhésion des acteurs ? d. En termes d’évaluation ? 2013-05 – Evaluation formative finale du PMT5 en NC – Rapport final – Janvier 2014 73