etour ückkehr eturn - Forum Voix Étouffées

Transcription

etour ückkehr eturn - Forum Voix Étouffées
R
etour
ückkehr
eturn
Sur les pas des Voix Étouffées du IIIe Reich
Auf den Spuren der von dem III. Reich verfemten Musik
The story of a European project,
dedicated to the Silenced Voices of the Third Reich
Introduction
Amaury du Closel
Amaury du Closel à l'emplacement où, dans le camp d'Auschwitz I, l'orchestre des
détenus jouait aux moments du départ et du retour du travail, comme lors de
certaines exécutions.
Depuis plus de vingt ans, un nombre croissant d’organisations explore un des aspects les plus méconnus de
l’Holocauste, celui de ses conséquences sur la création
musicale contemporaine. On connaît les enjeux : le
nazisme condamna à l’exil ou assassina, en raison de son
appartenance au peuple juif, une partie essentielle des
acteurs de la vie musicale germanique. Il exporta ensuite
cette politique dans les pays qu’il occupa, détruisant en
quasi totalité un héritage musical désertant alors l’Europe
où il s’était épanoui depuis des siècles. Cet héritage est
resté pour l’essentiel dans l’oubli le plus complet. Sa redécouverte récente et très progressive doit beaucoup aux
quelques chercheurs et interprètes qui ont le courage de
s’engager en sa faveur, contre l’indifférence et les préjugés.
Si le monde, ensemencé par l’exil de ces parias et de
leur art, est aujourd’hui l’espace dans lequel s’est redéployé cet héritage, l’Europe ne s’est – quant à elle – toujours pas remise de l’appauvrissement consécutif à ces
3
années de terreur, qu’ont occulté pour la moitié de ses
peuples plus de quarante années de communisme. Il était
paradoxal que, jusqu’à un passé récent, la réappropriation se soit déroulée à une échelle nationale, essentiellement dans la sphère musicale anglo-saxonne et que la
mise sur pied, sinon d’une organisation paneuropéenne,
au moins d’une coordination de tous les acteurs de cette
formidable entreprise d’aggiornamento musical et culturel, se soit produite avec une certaine lenteur.
Parmi les facteurs expliquant cette situation, on peut
citer le relatif isolement des uns et des autres, leur spécialisation respective – les chercheurs cherchent, les
musiciens jouent, les uns et les autres se parlent peu,
aucune politique publique ne souhaitait intervenir dans
ce domaine – et, de façon plus endémique, l’insuffisance
de leurs capacités d’intervention.
En mai 2006, la Plate-forme Culture Europe Centrale,
suscitée sous l’égide du gouvernement autrichien qui
assurait alors la présidence de l’Union Européenne,
accueillait en son sein une conférence internationale
décisive en la matière, intitulée « Face the Music/Musik.
Verfolgung. Freiheit1».
1. « Musique. Persécution. Liberté ».
4
Organisée par l’Orpheus Trust de Vienne et sa fondatrice, le Dr Primavera Driessen-Gruber, cette conférence
porta sur les fonts baptismaux la Plate-forme européenne
pour la musique persécutée par le nazisme, ayant pour but la
diffusion de la musique de ces compositeurs.
Cette réunion tenue à Vienne fit apparaître à quel
point une forme, même embryonnaire, de coordination
était indispensable, en premier lieu parce que le terrain
de recherche s’était, par rapport aux débuts de l’aventure, considérablement élargi. A l’issue de ce colloque il
apparut clairement que l’étude des conséquences de la
Shoah sur l’histoire musicale de notre continent ne pouvait plus se limiter à l’Europe occidentale d’avant 1989,
image qui, grosso modo, prévalait encore dix-sept ans
après la chute du Mur de Berlin. La conférence internationale tenue à Vienne révéla aussi que les nations
d’Europe centrale et orientale nouvellement entrées
dans l’Union Européenne étaient elles-mêmes très peu
informées de ces questions, plus occupées qu’elles
étaient à régler leur comptes avec leur passé récent
qu’avec la précédente dictature.
Deux ans après, trois des organisations fondatrices de
ladite plate-forme, le Forum Voix Étouffées de Paris, le
Concours international Verfemte Musik de Schwerin, et
5
l’organisation viennoise exil.arte, décidaient d’unir leurs
efforts pour une première collaboration, proposant une
imposante série de manifestations, non seulement dans
leurs pays respectifs, mais également dans trois nations
d’Europe Centrale : la Pologne, la Roumanie et la
République tchèque. Ce projet a reçu une subvention
de l’Union Européenne dans le cadre de l’Action 4
« L’Europe pour les Citoyens » intégrée à son programme
culturel.
Ce petit ouvrage, dont la diversité linguistique a été
voulue pour souligner son contexte européen, se veut un
reflet des multiples expériences vécues par les protagonistes de cette aventure. Il témoigne de l’engagement
quasi militant des artistes et des chercheurs qui y ont
participé. Il ouvre de nouvelles pistes de collaboration
intra-européenne, montrant à quel point l’idée des Pères
fondateurs de l’Union Européenne n’est pas restée un
vain mot. L’Europe est notre territoire, elle s’est faite sur
les cendres des œuvres qui ont jalonné notre parcours.
www.sumusnet.eu
Zusammenfassung
Seit ca. zwei Jahrzehnten ist das Thema der verfemten Musik eine
europaweite Frage geworden. Mit den Traumen, daß wegen des
Nationalsozialismus, des 2. Weltkrieges und vier Jahrzehnten kommunistischer Herrschaft dieser Kontinent in seinem östlichen Teil erlebt
hat, ist dieses Subjekt eine Selbstverständlichkeit geworden. Deswegen
war es emblematisch, eine paneuropäische Organisation zu gründen,
deren Aufgabe ist, ein aggiornamento im kulturellem und musikalischem Bereich zu verwirklichen. Der Autor des beiliegenden Beitrags
informiert den Leser über die Folgen der internationalen Konferenz
Face the Music/Musik.Verfolgung. Freiheit, die 2006 in Wien stattfand:
Gründungen einer internationalen Plattform zum Gedenken der von
dem NS-Staat verfolgten Komponisten und Interpreten und eines
europäischen Gremiums, dessen Ziel ist, verschiedene Veranstaltungen in diesem Gebiet zu organisieren. 2008 brachten das französische Forum Voix Etouffées, exil.arte Wien und der Schweriner Verfemte
Musik-Wettbewerb ein von der Europäischen Gemeinschaft subventioniertes, reichhaltiges Programm in Gang. Dieses Büchlein erzählt
dieses Epos, an dem Länder wie Polen, Rumänien und die Tschechische
Republik sich seitdem angeschlossen haben.
Abstract
In this preface, Amaury du Closel gives a historical background for
one of the lesser studied subjects in the field of Holocaust
6
7
Remembrance today – that of the consequences of discriminatory Nazi
politics on classical music. A consequent part of the Germanic music
world was assassinated or forced into exile due to their Jewish origins.
When these discriminative measures were exported to occupied territories during World War II, the result was large-scale devastation of the
European musical heritage. Today, this heritage still has not been
restored and issues surrounding this aspect of the Holocaust are rarely
raised in the public sphere. Amaury du Closel argues that this is due to
the relative isolation of key figures in the music field: “the researchers
carry out research and the musicians play”. In 2006, the pressing need
to address this aspect of the Holocaust pushed several European partners to unite and create a platform for music persecuted by the Nazis.
Retracing the history of this partnership, Amaury du Closel presents
their first collaborative project, carried out by three main actors of the
platform. This platform became a vessel that carried the message
across the European continent from Paris, France to Bucarest, Romania
in the form of concerts, workshops, lectures and roundtables open to
the general public from October 2008 to June 2009.
Chronologie
Schwerin (Allemagne) / Fridericianum
Concert-conférence (Philippe Olivier) de l’Ensemble
Voix Étouffées sous la direction d’Amaury du Closel
30 septembre 2008
Vienne (Autriche) / Jüdisches Museum
Concert des lauréats du Concours Verfemte Musik 2008
de Schwerin
7 octobre 2008
Prague (République tchèque) / Goethe-Institut
Concert des lauréats du Concours Verfemte Musik 2008
de Schwerin
8 octobre 2008
Görlitz (Allemagne) / Musiktheater Oberlausitz
Exposition Izzy Fuhrmann, réalisée par des lycéens
de Schwerin
du 1er au 12 octobre 2008
Görlitz (Allemagne) / Musiktheater Oberlausitz
Concert des lauréats du Concours Verfemte Musik 2008
de Schwerin
9 octobre 2008
9
Berlin (Allemagne) / Landesvertretung MecklenburgVorpommern
Concert des lauréats du Concours Verfemte Musik 2008
de Schwerin
10 octobre 2008
Magdeburg (Allemagne) / Staatskanzlei SachsenAnhalt
Conférence de presse franco-allemande sous la présidence du Dr. Rainer Robra, Premier ministre
de l’Etat de Saxe-Anhalt et en présence de
M. Christophe de Winter, représentant de
l’Ambassade de France en Allemagne
16 octobre 2008
Paris (France) / Centre Culturel Tchèque
Table ronde et concert de l’Ensemble Voix Étouffées
sous la direction d’Amaury du Closel
16 octobre 2008
Köthen (Allemagne) / Johann-Sebastian-Bach-Saal
Concert-conférence (Philippe Olivier) de l’Ensemble
Voix Étouffées sous la direction d’Amaury du Closel
23 octobre 2008
10
Magdeburg (Allemagne) / Gesellschaftshaus
Concert-conférence (Philippe Olivier) de l’Ensemble
Voix Étouffées sous la direction d’Amaury du Closel
24 octobre 2008
Halberstadt (Allemagne) / Rathaussaal
Concert-conférence (Philippe Olivier) de l’Ensemble
Voix Étouffées sous la direction d’Amaury du Closel
25 octobre 2008
Rostock (Allemagne) /Hochschule für Musik und
Theater
Atelier de l’Ensemble Voix Étouffées sous la direction
d’Amaury du Closel
26 octobre 2008
Rostock (Allemagne) / Hochschule für Musik und
Theater
Conférence de Philippe Olivier suivie d’un concert de
l’Ensemble Voix Étouffées sous la direction
d’Amaury du Closel
27 octobre 2008
Pirmasens (Allemagne) / Stadthalle
Concert-conférence (Philippe Olivier) de l’Ensemble
Voix Étouffées sous la direction d’Amaury du
11
Closel, à l’occasion de la commémoration de la
Reichskristallnacht
9 novembre 2008
Orléans (France) / Lycée Pottier
Conférence d’Amaury du Closel
14 novembre 2008
Neuville-aux-Bois (France) / Collège Léon Delagrange
Conférence d’Amaury du Closel
14 novembre 2008
Bucarest (Roumanie) / Institut Français
Conférence d’Amaury du Closel
26 janvier 2009
Auschwitz (Pologne) / Ecole de musique Karol
Szymanowski
Répétition publique et master-class de l’Ensemble
Voix Étouffées sous la direction d’Amaury du Closel
24 avril 2009
Auschwitz (Pologne) / Panstwowe Muzeum
Conférence de Philippe Olivier
25 avril 2009
Auschwitz (Pologne) / Ecole de musique Karol
Szymanowski
Concert-conférence (Amaury du Closel) de l’Ensemble
Voix Étouffées sous la direction d’Amaury du Closel
25 avril 2009
Bucarest (Roumanie) / Athénée Roumain
Concert de l’Ensemble Voix Étouffées sous la direction
d’Amaury du Closel
31 janvier 2009
Prague (République tchèque) / Crossroads Center
(Fondation Vaclav Havel)
Concert-conférence (Philippe Olivier) de l’Ensemble
Voix Étouffées sous la direction d’Amaury du Closel
4 mai 2009
Vendôme (France) / Greniers de l’Abbaye
Concert des Lauréats du Concours Verfemte Musik
2008 de Schwerin
8 février 2009
Vienne (Autriche) / Jüdisches Museum
Concert-conférence (Philippe Olivier) de l’Ensemble
Voix Étouffées sous la direction d’Amaury du Closel
5 mai 2009
12
13
Brno (République tchèque) / Besední dùm
Concert du Berg Orchestra sous la direction de Peter
Vrabl, précédé d’une introduction du Dr. Gerold
W. Gruber
25 juin 2009
Liste des organisations partenaires
ORGANISATION COORDINATRICE
Zentrum für verfemte Musik
Hochschule für Musik und Theater
Beim St.-Katharinenstift 8 / D-18055 Rostock
Contact : Volker Ahmels
Tél. : +49 385 – 59 12 742
FORUM VOIX ETOUFFEES
125, rue de Turenne
75003 Paris / France
Contact : Amaury du Closel
Tél. : +33 (0)6 28 51 57 74
[email protected]
www.voixetouffees.org
Österreichisches Kulturforum in Berlin
Österreichische Botschaft
Stauffenbergstraße 1 / 10785 Berlin
Tél. : +49 30 – 202 87 114
Contact : Madame Gazinsky
[email protected]
www.kulturforumberlin.at
PARTENAIRES
ALLEMAGNE
Musiktheater Görlitz Oberlausitz Niederschlesien
Demianiplatz 2 / 02826 Görlitz
Contacts: Dr. Michael Wieler
Agnieszka Mazur
Tél. : +49 35 81 – 47 47 0
[email protected]
www.theater-goerlitz.de
Concours international Verfemte Musik de
Schwerin / Jeunesses musicales MecklenburgVorpommern
c/o Konservatorium
Puschkinstr. 6 / 19055 Schwerin
Contact : Volker Ahmels
Tél. : +49 385 – 57 12 836
[email protected]
www.jeunessesmusicales-mv.de
Musikschule Johann-Sebastian Bach
Schloßplatz 4 / 06366 Köthen (Anhalt)
15
AUTRICHE
Stadtverwaltung Köthen
Marktstraße 1-3 / 06366 Köthen (Anhalt)
exil.arte
Universität für Musik und darstellende
Kunst
Lothringerstraße 18 / 1030 Wien
Contact : Prof. Dr. Gerold W. Gruber
Tél. : + 43 1 71155 3533
[email protected]
www.exilarte.at
Stadtverwaltung Halberstadt
Postfach 1537 / 38805 Halberstadt
Moses Mendelssohn Akademie
Rosenwinkel 18 / 38820 Halberstadt
Contact: Mme Jutta Dick
Tél. : +49 3941 – 606710
Jüdisches Museum der Stadt Wien
Dorotheegasse 11 / A-1010 Wien
Contact : Karl Weinberger, Michael Haas
Tél. : +43 (1) 535 04 31
[email protected]
www.jmw.at
Stadtverwaltung Pirmasens
Exerzierplatzstr. 17 / 66933 Pirmasens
Contact : Madame Sonja Maess
Tél : +49 6331 – 842353
Fridericianum Gymnasium
Goethestraße 74 / 19053 Schwerin
Czech Centre
Herrengrasse 17 / 1010 Wien
Contact : Dr. Tatjana Langásková
Tél.: +43 1 5352360-13
[email protected]
www.tschechischeszentrum.at
Goethe Gymnasium
Johannes-R.-Becher-Str. 10 / 19059 Schwerin
Freie Waldorfschule Schwerin
Schloßgartenallee 57 / 19061 Schwerin
16
FRANCE
Lycée Pottier
2 bis, rue Marcel Proust
45044 Orléans Cedex 1
Centre Tchèque
18, rue Bonaparte / 75006 Paris
Contact : Martin J. Bonhard
Tél. : +33 (0)1 53 73 00 22
www.czechcentres.cz
Collège Léon Delagrange
10, rue de Ruau / 45170 Neuville-aux-Bois
POLOGNE
Centre d'Etude et de Recherche sur les
camps d'Internement du Loiret (CERCIL )
2, cloître Saint Pierre le Puellier
45000 Orléans
Contact : Nathalie Grenon
Tél. : +33(0) 2 38 42 03 91
[email protected] / www.cercil.fr
Museum Auschwitz-Birkenau
ul. Wiezniow Oswiecimia 20
32-603 Oswiecim
Contact : Pawel Sawicki
www.auschwitz.org.pl
Oswiecim School of Music (Karol
Szymanowski)
32-603 Oswiecim
L'Académie Lyrique
9, route de Buissay / 41100 Aze
Contact : Eugenia Gusev
Tél. : + 33 (0)6 28 51 57 74
[email protected]
www.academielyrique.org
REPUBLIQUE TCHÈQUE
Crossroads
Dagmar and Václav Havel Foundation VIZE 97
Zlatá ulice (vstup z ulice Liliové)
110 00 Praha 1
www.vize.cz
Les Amis de la musique en Vendômois
40, rue de l'Ecole / 41100 Areines
[email protected]
17
ROUMANIE
Enescu Philharmony
Str. Franklin nr. 1-3 / Sector 1
Bucuresti
EST-Samuel Tastet Editeur
Splaiul Unirii 45 / Bl. M15, Sc. C, E. 4, Ap. 83
030126 Bucuresti
Contact : Samuel Tastet
[email protected]
www.est-editura.ro
National Institute of Research on the
Holocaust in Romania Elie Wiesel
Strada Vigilentei nr. 3 / Sector 5
Bucuresti
Tél. : +40-21-318 09 39
[email protected]
PARTENAIRES INSTITUTIONNELS
Ambassade de France / Berlin
Landeszentrale für politische Bildung
Jägerweg 2 / 19053 Schwerin
Délégation française auprès du Land de
Saxe-Anhalt / Magdeburg
Contact : Christophe de Winter
Tél.: +49 391 – 567 6549
www.sachsen-anhalt.de
Ambassade de France / Bucarest
Str. Amzei nr. 13-15 / Sector 1
Bucuresti
Région Centre
9, rue St Pierre Lentin
45041 Orléans Cedex 1
www.regioncentre.fr
The development
of a european awareness
Eugenia Gusev
The Project Silenced Voices of the Third Reich united 26
partner organizations from six European countries,
brought together performers, a rare musical repertoire
and experts in order to pro-actively approach Holocaust
remembrance in Europe through music. The activities of
the project concentrated on commemorating and raising
awareness about composers and music that fell victim to
the Nazi regime, in order to educate the public about the
cultural consequences of the Holocaust. The activities
carried out by the project consisted of the following
actions and events: information campaigns and press
conferences, concerts, lectures, colloquiums and round
tables, public rehearsals, workshops with beginner and
Master level music students, and workshops with teachers and students in general curriculum schools. The
events were concentrated over nineteen days in total,
with additional days for press conferences and pedagogical activities. The events took place in Poland, Romania,
France, Germany, Austria and the Czech Republic, with
19
each local partner organization hosting and organizing
the visiting partner’s event on their territory.
The impacts of this project are both short and long
term due to the sheer amount and diversity of actions
carried out by project partners. Media coverage of the
events widens the multiplier effect on the targeted public. Silenced Voices of the Third Reich not only accomplished its set goals, it created new partnerships, and
touched several generations across Europe, surpassing
cultural and religious differences. Furthermore, this
project was possible due to the active participation of old
and new European member countries with desire and
need to actively remember the Holocaust and to work
towards a lasting peace in a democratic Europe.
The goals of the Project’s Silenced Voices of the Third
Reich1 as stated in the EACEA Grant for Active European
Remembrance application for 2008-2009 were the following:
To rehabilitate the music and the memory of composers who were persecuted by the Nazis through performing their music and presenting the historical context,
that lead to their disappearance or persecution, to the
general public.
To reinstate these works in teaching repertoires of
Musical Academies and Music Schools as well as in
repertoires performed today in the classical music scene.
To adopt the subject of persecuted composers and
their music as an active teaching tool on the subject of
the Holocaust and the effect of destructive Nazi cultural
politics on European society on the whole.
To target youth in general – specifically young students in various levels of their musical training and
young students enrolled in regular schools – as well as
their teachers.
1. “Voix Étouffées du IIIème Reich” is translated into English as
“Silenced Voices of the Third Reich” in this document. Consequently,
the organization baring the same name, and the music Ensemble will
be referred to as the Forum for Silenced Voices, and the Silenced Voices
Ensemble respectively for the French equivalent of Forum Voix
Étouffées, Ensemble Voix Étouffées.
To commemorate historically relevant dates and
places linked to the events leading up to and including
the Holocaust (like the Auschwitz-Birkenau Camp in
Poland, the Synagogue of Halberstadt, Germany or the
camps of Pithiviers and Beaune-la-Rolande in France,
where Simon Laks and Alfred Tokayer, composers who
20
21
were deported respectively to Auschwitz and Sobibor,
were interned. (Their music was performed within the
Silenced Voices Project). Several significant dates were also
chosen for the events of the project. For example, the
concert in Bucharest given by the Silenced Voices
Ensemble at the Romanian Atheneum was held within
the framework of the ceremonies surrounding the
Auschwitz Commemoration Day. The concert that was
held at the Czech Cultural Center in Paris inaugurated
the European day of commemoration of musicians who
were victims of Nazism. The concert in Pirmasens,
Germany, was held on the day of the 70th anniversary of
the Night of Broken Glass. Finally, the concert in
Auschwitz was held in the framework of the ceremonies
surrounding the March of the Living commemorating the
Holocaust, only four days after the highly dubious statements of Iranian President Ahmadinejad about the
Holocaust.
To reach several generations at the same time through
lectures, round table discussions, conferences and concerts where musicians, musicologists like Prof. Philippe
Olivier and survivors or descendents of victims of the
Holocaust would be able to interact and learn from each
other’s experience and knowledge.
22
The project was conceived and carried out by three
main project partners who themselves specialize in the
performing arts: The Forum for Silenced Voices (FSV)
France; ExilArte (Austria); Schwerin Verfemte Musik
Competition (Germany) who shared their partnerships
across Europe to create a circuit of cooperation that
made this project possible. Recently, the project was
drawing to a close and the last event was held on June
25th in Brno, Czech Republic by ExilArte from Austria.
The goals of the project have been met, and even surpassed due to the work of the partner organizations and
due to the effective media campaign lead in preparation
for events. From the mere quantitative point of view, the
events organized during this tour attracted a much wider
audience than expected, especially with respect to youth.
A population of about 350 students was originally expected to take part in the various pedagogical activities
planned around the concerts. Over 1 000 were in reality
involved at some point in this framework. The general
public attending the concerts is estimated at 5 000 people. The impact of the project in the media, and its connection with other events such as the commemoration of
Reichskristallnacht (Night of Broken glass) or the
Holocaust Memorial Day amplified quite extensively the
number of people who were reached by Silenced Voices.
23
Originally estimated at 10 000 people, we assume that
this figure can easily be doubled.
The media coverage and information campaign in the
six languages of the participating countries testify to the
success and originality of the partnership that brought this
project to life. In addition to the articles dedicated to the
actual events, a preliminary media campaign brought to
light the subject of persecuted composers and attracted as
wide of a public as possible. This preliminary campaign
reached its full efficiency when the project could cross-fertilize with other events of local, national or international
importance related to the remembrance of the Holocaust.
The press conference that was held in the State
Chancellery of the Land of Sachsen-Anhalt in Germany in
the presence of the Land’s Premier, Dr. Rainer Robra, and
the Mayors of the partner cities of Silenced Voices –
Magdeburg, Köthen and Halberstadt – on the 16th of
October 2008, occurred several days after a neo-Nazi
aggression had shocked the city of Köthen. In his welcome
speech of the concert in Köthen, the City Mayor stressed
the importance of the presence of the Forum for Silenced
Voices. Once more, the concert was seen as a symbolic and
relevant way to reaffirm the importance of Holocaust
remembrance for the local authorities, and for the local
population who lived through this trauma.
24
The concerts by the prize winners of the Verfemte
Music Competition had a specific importance when put
in relation to the fact that the last regional election has
brought Neo-Nazis to the regional parliament of
Mecklenburg-Vorpommern. The collaboration of the
Verfemte Music Festival of Schwerin and the Rostock
Zentrum für Verfemte Musik, two of the major partners of
our Silenced Voices Project lead to a powerful impact of the
concerts and additional activities in the media and the
general public.
Equally important, was the ceremony and concert in
Pirmasens, Germany on the 9th of November 2008,
which was held on the day of the city’s commemoration
ceremony for the Night of Broken glass. The ceremony
included the participation of local youth, who read aloud
the names of those deported during the Second World
War from Pirmasens to concentration camps.
In Bucharest, Romania, where the subject of antiSemitism still remains very sensitive, it was the first time
that a concert dedicated to the Holocaust was organized
in the framework of Holocaust Memorial Day, and on the
very topic of composers who fell victim to Nazism. It
attracted a huge interest among a public consisting of,
25
among others, several ambassadors (France, Malta,
Greece) and high ranking diplomats (Israel, Germany,
France), famous professional musicians, the Chairman of
the Bucharest Jewish community, a survivor of the
Holocaust.
In Auschwitz, the concert helped to bridge the gap
between the camp and the city, the inhabitants of which
carry the everlasting burden of living in such difficult
surroundings. Instead of organizing the concert in the
camp itself, it was considered a better option to hold it in
the concert hall of the local Karol Szymanowski Music
School in order to create, for the first time ever, a link
between the museum and the school. Consequently, and
because of the workshop organized by the Ensemble
Voix Etouffées for the students, the concert attendance
totally surpassed expectations.
de la Musique, Vendôme in locations like the Jewish
Museum in Vienna or the Greniers de l’Abbaye in
Vendôme.
These concerts required a high level of organization
and shared responsibility between the host organization,
and the visiting organization. The young musicians
selected from an international pool of participants during the Schwerin Contest had a chance to show their talent and to improve their performance skills. This was
also an opportunity to get professional exposure and to
specialize in the repertoires that are to this day rare if not
impossible to find in the classical music scene.
Our prime targets were first, young musicians.
Verfemte Musik Contest winners were selected by the
Competition of Verfemte Musik of Schwerin, Germany,
according to their skill and mastery of works by persecuted composers. They were then welcomed to perform in
numerous locations which were part of this European
tour. Hosted by the Music Academy of Rostock and
Jeunesses Musicales Mecklenburg-Vorpommern, Les Amis
Another activity aimed at young musicians were
workshop sessions coupled with concerts by professional musicians in the Silenced Voices Ensemble. The young
musicians had the opportunity to receive personalized
help from professional musicians of the Silenced Voices
Ensemble as well as to learn more about the persecuted
composers. The students then shared the stage with the
Ensemble, by performing a few musical pieces themselves in front of an audience. Each one of these concerts
was often preceded by a public rehearsal for the musicians of the professional ensemble. The concert was
followed by either a presentation by an expert on the
26
27
subject, with musical excerpts played for the audience, or
roundtable. The roundtable discussions were managed
by Amaury du Closel and Prof. Philippe Olivier, featuring Irène Tokayer (daughter of late composer Alfred
Tokayer) and André Laks, (son of late composer Simon
Laks) whose works were performed during the concerts.
The second category of targeted public is youth in
general – who in the future will constitute the audience
in concert halls, or as specialists on the subject. Several
events were aimed at youth in general and took on the
form of concerts coupled with pedagogical work in
schools on Holocaust remembrance. In this respect, the
partner organization Verfemte Music Competition put
together an exhibit, dedicated to the persecuted Jewish
composer Izzy Fuhrmann in Görlitz with students from
various high schools from Schwerin, in addition to the
concert on October 9th, 2008 given by the prize-winners.
Pedagogical lectures were given in France or in Poland.
In France, these lectures took place in schools in Orléans
and Neuville-aux-Bois, close to the concentration camps
of Pithiviers and Beaune-la-Rolande, from where French
and foreign Jews were deported to the extermination
camps of Auschwitz and Sobibor. Music here has become
a real tool for teaching the Holocaust. In Auschwitz, the
Camp Museum asked the Forum for Silenced Voices to
28
organize a lecture on the topic of Music in Internment,
Concentration and Extermination Camps held by Prof.
Philippe Olivier for local teachers, Museum guides and
junior academics.
One of the results of the Silenced Voices Ensemble
activity in Auschwitz, and the dialogue with the
Auschwitz Museum authorities, is the conclusion that the
disappearance of the last survivors of the Holocaust
requires finding new ways of teaching the Holocaust.
Music – and especially the music of composers who suffered under the Nazi regime – is a solution.
The Silenced Voices Project was in this respect quite
grateful to several period witnesses like Mrs. Helena
Niwinska, survivor of the Auschwitz women’s orchestra,
Irène Tokayer, daughter of composer Alfred Tokayer,
André Laks, son of composer Simon Laks, Walter Arlen,
exiled composer, for their help in transmitting their
memories and experience of the Holocaust to the
younger generations.
The resulting product from this Music tour, combining materials of the documentary film and Press articles,
is the present publication in several languages. In addition to this book, the documentary filmed by Frédéric
29
Cristea will be released on DVD and made available to all
involved institutions, political leaders and educational
institutions wishing to use this material for educational
purposes. Finally, a shared website has been created and
will be used as a communication and education tool by
the entire network of partners : http://www.sumusnet.eu/.
the Music school for next year’s concert (Spring 2010). In
addition to this, the Auschwitz National Museum and the
Forum for Silenced Voices are working towards the creation of new pedagogical materials and a website using
rare archival documents : music scores, drawings by prisoners of the camp etc.
The quality of the project has attracted attention of
new partners, particularly in Eastern Europe. A new
project for 2009-2010 has already been planned.
Specifically, new events have been planed in Poland
(Warsaw, Jewish Historic Institute) and in Lithuania
(Vilna, Pax et Bonum Interfaith Festival). Future concert
dates and conferences have already been set up for preliminary dates in both cities for our next planned project
in 2009-2010 with the Forum’s partner organization,
Académie Lyrique based in Vendôme, France. The future
project is based on current partnerships that have been
solidified even further due to the already existing network of the Suppressed Music Platform.
For many members of the public in Eastern Europe,
the Holocaust remains a taboo subject, since current politics and education concentrate on moving beyond their
Soviet past. Music served as a universal language, to illustrate the consequences of Nazi cultural politics and to
open the floor for reflection about human rights and
peace. The interactive form of this project invited the
public to reflect on their country’s identity in today’s
Europe, by bridging them to a common past. This project actively inspired those who participated in the events.
The Karol Szymanowski Music school and the
Auschwitz National Museum have renewed their partnership with the Forum for Silenced Voices in 2009-2010.
Specifically, children’s music by persecuted composers is
to be integrated into the curriculum of the students of
If Europeans have something in common in the
History of the 20th century, it is certainly the Nazi terror
and the Holocaust, the memory of which is currently and
regularly questioned. In order to keep this memory alive,
this project intended to address Nazism and its cultural
consequences through music. The message of this project was and remains double: to make people listen
to some of the marvellous works that have totally
30
31
disappeared from our common culture because of the
Holocaust; to help European citizens understand that
our current European culture would be so much richer,
if we could bring these works of art back to life. All the
concerts that were held during Silenced Voices tour were
extraordinary due to the numerous informative events
that surrounded them: lectures, workshops, period witnesses, exhibitions. Reviving these forgotten works by
performing them and explaining the fate of their composers is a very practical way for the public to almost
physically and spiritually “touch” the reality of the
Holocaust when it realizes the richness of what has been
destroyed.
Another factor which was instrumental in the success
of this tour is that the organizing structures were of
mixed origins: some dealing only with music, others with
education, some with museums or archives of the camps.
Most of them had never previously never worked together. The intense networking that has been developed in
the past eight months – without mentioning the months
of preparation of the project – demonstrated an immense
goodwill from all participants. This close cooperation
helped each of them identify the needs of their counterpart, and to develop new ideas in order to help answering them. It is that clear for all the participants, that
music is a great medium to teach the Holocaust.
Crossfertilization has been here of an invaluable efficiency, and all the participant organizations are willing to
continue the project in the future: the best sign of success. These exchanges developed close relationships
between the participant individuals and organizations,
and the media coverage contributed to extensively widespread our message. All these elements concur to show
the impact of this project on the development of an
European cultural awareness among all the participants.
This revival helps the European society to have a more
concrete perception of its common values through art, and
in our case, through music. These events demonstrated also
the reality of Europe, for example when the public of the
small town of Köthen ascertained that the music of one of its
sons – Alfred Tokayer – had been brought back home for
the first time since 1933 by a French ensemble. The incredible success of the concert in Bucharest which attracted a
vast number of great Romanian musicians, who had never
previously heard the works performed in the program,
shows the importance of making the Silenced Voices Project
a permanent player of the European music scene.
The project Silenced Voices of the Third Reich was successful because it surpassed its initial goals but also
because it will leave a lasting effect on those who were
32
33
involved. Open to the general public, this project was
international as well as interfaith and has created sustainable partnerships in Western and Eastern Europe.
Résumé
Cristal. Ayant attiré environ dix mille auditeurs, un tel périple a contribué
à l’actuel développement de la conscience européenne.
Zusammenfassung
Ce texte traite du projet original conduit, au cours de la saison 20082009, par le Forum Voix Etouffées en collaboration avec divers partenaires de six pays européens en vue de la réhabilitation nécessaire des
compositeurs victimes du national-socialisme. Parmi ceux-ci figurent,
entre autres, Hanns Eisler, Simon Laks, Alfred Tokayer, Ernst Toch, Erwin
Schulhoff et Alexander Zemlinsky. Lors d’une tournée, soutenue par
l’Union Européenne, l’Ensemble Voix Etouffées dirigé par Amaury du
Closel ne s’est pas contenté de se produire en Allemagne, en Autriche,
en Pologne, en République tchèque et en Roumanie ainsi qu’en France.
Il a suscité des rencontres avec les descendants de ces compositeurs discriminés entre 1933 et 1945, comme avec des témoins de cette époque
sombre, lors de manifestations organisées – notamment – en milieu scolaire. Le moment le plus significatif de ce parcours, s’étant déroulé entre
la fin septembre 2008 et le début mai 2009, a été la venue de
l’Ensemble Voix Etouffées à l’Ecole de musique Karol Szymanowski
d’Oswiecim (Auschwitz). Partenaire de exil.arte Vienna et du concours
Verfemte Musik de Schwerin, le Forum Voix Etouffées a également
envoyé son Ensemble, dans le cadre d’un jumelage avec la Région
Centre, dans le Land de Saxe-Anhalt. Il s’est fait entendre à Pirmasens,
le 9 novembre 2008, lors de la commémoration solennelle de la Nuit de
Während der Saison 2008-2009 hat das Forum Voix Étouffées , in
Partnerschaft mit sechs EU-Ländern, ein besonderes Programm zur
Rehabilitation der von dem Nationalsozialismus verfemten und vertriebenen Komponisten organisiert. So wurden Werke von Hanns Eisler, Simon
Laks, Alfred Tokayer, Ernst Toch, Erwin Schulhoff und Alexander Zemlinsky
vom Ensemble Voix Étouffées unter der Leitung von Amaury du Closel in der
Bundesrepublik Deutschland, in Österreich, in Polen, in der Tschechischen
Republik, in Rumänien und in Frankreich aufgeführt. Im Laufe dieser
Tournee haben auch Treffen mit den Nachkommen von zwei diesen Komponisten und mit Zeitzeugen in Schulen und Gymnasien stattgefunden.
Obwohl diese Konzertreise sich vom Ende September 2008 bis Anfang Mai
2009 ausgedehnt hat, bildete sein symbolischer Höhepunkt das Gastspiel
des Ensemble Voix Etouffées an der Karol-Szymanowski-Musikschule von
Oswiecim (Auschwitz). Als Partner von exil.arte Vienna und vom Schweriner
Verfemte Musik-Wettbewerb, konzertierte auch diese Konzertvereinigung in
Sachsen-Anhalt. Am 9. November 2008 gestaltete sie in Pirmasens die musikalische Komponente eines Gedenktages zur Reichskristallnacht vom 9.
November 1938, einem schrecklichen Ereignis der deutschen Geschichte des
20. Jahrhunderts. Ca. 10.000 Zuhörer haben dieser internationalen Konzertreise beigewohnt. Deswegen ist sie ein bedeutendes Sinnbild des heutigen europäischen Gewissens.
34
35
Hanns Eisler, Simon Laks,
Erwin Schulhoff, Ernst Toch, Alfred
Tokayer und Alexander Zemlinsky
Sechs Komponisten auf dem Programm
einer europäischen Konzertreise
Gerold W. Gruber und Philippe Olivier
Amaury du Closel montre l'itinéraire des compositeurs
Simon Laks et Alfred Tokayer
lors de leur déportation vers Auschwitz et Sobibor.
Die NS-Diktatur überlebte Hanns Eisler (1898-1962),
weil er 1938 nach den Vereinigten Staaten emigrierte.
Ein authentischer « Zappelphilipp »war der streng kommunistisch orientierte Komponist, der in Wien bei
Arnold Schönberg studiert hatte und der ein erfahrener
Spezialist der politischen Agitation in Fabriken und im
Arbeitermilieu war. Deswegen wurden seine Kampflieder – u. a. Der rote Wedding – und seine Bühnenmusiken für Bertolt Brecht welweit berühmt. Eisler: der
Bürgerschrek, der auch die bittere Erfahrung des Exils
während sieben Jahren erlebte. Zu dieser Problematik
hatte sich Erika Mann, die leidenschaftliche Tochter
Thomas Manns, schon 1928 geäußert : « Alles ist ja [in
Amerika] so kompliziert: Die Deutschen treffen sich, die
36
37
Ungarn kommen zusammen, [...] die Italiener haben ihre
Gesellschaften ».
Simon Laks (1901-1983) wurde während des 2.
Weltkrieges im französischen Internierungslager
Beaune-la-Rolande inhaftiert. Der Komponist jüdischpolnischer Herkunft wurde danach nach Auschwitz
transportiert, wo er ab 1943 als KZ-Orchesterdirektor
wirkte und den Holocaust überlebte. Sein Leben und
seine Aktivitäten in Auschwitz sind dank einem Bericht,
den er nach seiner Ankunft in Paris 1945 niederschrieb,
sehr gut dokumentiert. Heutzutage kann man sich nur
schwer vorstellen, wie man Musik unter solchen
Bedingungen schaffen konnte. In seinen 1948 in
Frankreich veröffentlichten Erinnerungen an Auschwitz,
spricht Laks von « Musik aus einer anderen Welt » und
argumentiert gegen alle Idealisierung der Rolle von
Musik im KZ. So lehnt er den Mythos ab, daß Musik als
Medizin für die kranken Seelen von KZ-Häftlingen
fungierte.
Klavier. Obwohl Jazz bei ihm eine stetige Leidenschaft
war – in seiner 2. Sinfonie findet man ein Scherzo à la jazz
– wurde damals diese Musikgattung von den frühen
Anhängern der NSDAP angegriffen, sowie im Freistaat
Anhalt verpönt. Ab 1933 fand man in allen deutschen
Tanzcafés den Schild „Swing tanzen verboten!“. In diesen
Etüden zeigt Schulhoff ein breites ausländisches
Formenspektrum: Tango, Charleston, Blues und
Shimmy. Eine Art von Widerstand und Zivilcourage
gegen den damaligen spießbürgerlichen und engstirnigen « Geschmack » von manchen Deutschen, die eine
internationale Weltanschauung verachteten.
Der Tscheche Erwin Schulhoff (1894-1942), der 1935
bis 1939 Pianist beim Ostravaer Rundfunks war und der
in der bayerischen Festung von Wülzburg an
Tuberkulose starb, war ein überzeugter Marxist. 1926
schrieb Schulhoff u. a. fünf virtuose Jazz-Etüden für
Zu den vom NS-Regime verfolgten Kulturschaffenden und Interpreten gehörte auch Ernst Toch (18871964). Zwischen 1933 und 1945 wurden die Aufführungen, Einspielungen und Rundfunkausstrahlungen seiner
Werken verboten. 1933 war Ernst Toch 46 Jahre alt. Zur
Zeit der Weimarer Republik war er sehr bekannt:
Aufführungen bei den Donaueschinger Musiktagen,
Auftragswerke für den Frankfurter Rundfunk, Zusammenarbeit mit Paul Hindemith sind nur einige Stationen
seines Lebens, die von Heiko Schneider in seinem Buch
Wahrhaftigkeit und Fortschritt: Ernst Toch in Deutschland
1919-1933 (Schott Verlag) dokumentiert wurden. Nachdem die Faschisten an die Macht gekommen waren,
38
39
emigrierten Toch und seine Frau im Jahr 1935 in die
Vereinigten Staaten. Der Sturz ins Unbekannte und die
quälende Sehnsucht nach Österreich, dem Geburtsland
des Komponisten, sowie nach Deutschland prägten die
Anfänge des Auslandsaufenhalts. In Amerika schrieb
Toch Musik zu 55 Filmen, mehrere unter ihnen zum
Oscar nominiert. In der Zeit des Exils war seine
Musiksprache anders als zuvor.
Unter den Schülern von Ernst Toch gehörte der
Köthener Alfred Tokayer (1900-1943). Mit Bruno Walter,
dem weltberühmten Kapellmeister, war er durch seine
Mutter verwandt. Nachdem die Nationalsozialisten an die
Macht gekommen waren, emigrierte der Komponist und
Dirigent 1934 nach Frankreich. Im selben Jahr wurde
Tokayer staatenlos. Bis 1940 kennzeichnete er sich durch
eine rege Tätigkeit als Spezialist der « leichten Muse »
und der Filmmusik in Frankreich sowie in Großbritannien. 1940 fand Tokayer in der französischen Fremdenlegion und danach auf dem französischen Land einen
provisorischen Unterschlupf. 1943 wurde er als Jude von
Franzosen bei der Gestapo denunziert. 1943 wurde
Alfred Tokayer nach Sobibor deportiert. In dieser Hölle
wurde er grausam umgebracht. Bis 2007 galten seine
Werke als verschollen.
40
Alexander Zemlinsky (1871-1942) war Schwager
Arnold Schönbergs, Mitarbeiter von Otto Klemperer an
der Berliner Kroll-Oper – einer modernistischen
Institution, die auch zur Zielscheibe der Nazis wurde. So
wurden auch Zemlinskys Werke ab 1933 in Deutschland
geächtet. Die einzige Ausnahme war seine Oper Der
Kreidekreis, die von der NS-Zensur geduldet wurde und
Anfang 1934 in Berlin gespielt wurde. Damals verachtete
die NS-Musikkritik Zemlinskys Dominanz im Musikleben und wetterte gegen ihn, daß er das Schicksal eines
Schrekers oder eines Schönbergs nicht teilte.
Résumé
Ces brèves notices biographiques se rapportent aux six compositeurs dont les œuvres ont été interprétées au cours de la tournée
européenne de l’Ensemble Voix Étouffées au cours de la saison 20082009. On y évoque l’existence tumultueuse de Hanns Eisler et d’Erwin
Schulhoff, tous deux communistes militants ayant écrit de la « musique
de combat ». En ce qui les concerne, Simon Laks et Alfred Tokayer
furent arrêtés dans la France occupée par le IIIème Reich et détenus
dans des camps d’internement avant de vivre l’épreuve de la déportation. Si Simon Laks, d’origine polonaise, survécut à Auschwitz et à
Dachau, son confrère allemand fut assassiné à Sobibor. Ernst Toch
connut, comme Hanns Eisler, l’exil aux Etats-Unis et y écrivit notamment nombre de musiques de film. Installé en Californie, il y était le
41
voisin de Thomas Mann et de Lion Feuchtwanger. Quand à Alexander
Zemlinsky, également réfugié outre Atlantique, il fut le beau-frère
d’Arnold Schönberg. L’un de ses ouvrages lyriques, se distinguant par
un caractère post-romantique prononcé, fut néanmoins brièvement
toléré dans l’Allemagne nazie de 1934.
Abstract
In these biographical short notes, Dr. Gerold W. Gruber and Prof.
Philippe Olivier present the fates of six composers whose work was performed during the Silenced Voices of the Third Reich European tour
(2008-2009). Hanns Eisler and Erwin Schulhoff were eager communist
militants. Most of their work belongs to the German movement called
Kampfmusik. Simon Laks and Alfred Tokayer were arrested by German
authorities during the French occupation and confined in internment
camps before being deported. The Polish born Simon Laks survived
Auschwitz and Dachau. His German colleague Alfred Tokayer was killed
in Sobibor. Like Hanns Eisler, Ernst Toch was a European exiled in the
United States, where he wrote numerous music compositions for the
cinema. In California, he was neighbours with Thomas Mann and Lion
Feuchtwanger. Alexander Zemlinsky, the brother-in-law of Arnold
Schönberg, also immigrated to North America and settled in a place
close to New York. One of his operas, a post-romantic work, had only
been tolerated for a few performances in 1934 in Nazi Germany.
Une émouvante leçon de musique
Samuel Tastet
Ce dernier samedi de janvier 2009, le 31, nous y
étions donc et aussi sur le nôtre. D'autant que quelques
jours auparavant, j'eus la malencontreuse idée d’opérer un détour à l’Opéra de Bucarest où l’écoute et la
vision du Faust de Gounod furent un supplice mêlé des
plus raffinés quant à l’onctueuse et permanente maladresse qui habita cette représentation. Sans nommer
personne car aisément ils se reconnaîtront, j’ai assisté
– en fait nous étions deux et j’avais honte pour la personne qui m’accompagnait – à une descente aux enfers
bien mal nommée puisqu’il s’est agi plutôt d’une montée de remugles tels que le vomissement auditif qui
m’assaillit dura jusqu’au lendemain, voire le “sur” : ce
n’est point exagéré. Faust a eu tout faux. Asta este
comme on fatalise facilement ici. Passons.
Oui, passons, car en cette merveilleuse salle de
l’Athénée à l’acoustique prépondérante – œuvre
d’Albert Galleron, architecte français – Amaury du
43
Closel et son orchestre donnèrent un concert dont les
notes naviguent encore à ce jour sereinement en moi.
Nous sommes allés de découverte en découverte.
Hormis Hanns Eisler, que je connaissais un peu, quel
enchantement furent déjà les Chants populaires juifs de
Simon Laks portés par une soprano à l’aise et en prise :
Elsa Lévy. Retenez ce nom, car il reviendra. Quant à
nous, ces chants nous firent revenir en plein shtetl !
Alfred Tokayer nous balada sur les rives de l’enfance,
léger et aérien : ça distillait dans l’espace. Ernst Toch fut
le point d’orgue – si je puis dire – avec ces Tänze toutes
dotées d’une poésie intérieure qui ose le dire d’un monde.
L’évocation en suspens qui attend le séjour d’une écoute.
Mais revenons à Eisler avec son Septuor n° 2, Le Cirque.
Justement Charlie Chaplin dans nos têtes. Impossible de
ne point l’y greffer. L’osmose en plein vol !
Deux heures ainsi, c’est rare à Bucarest. Un public
attentif et contenu. (Oui, pas de téléphone mobile qui
sonne pendant...). De longs applaudissements mérités
dans cette salle de musique comble. De surcroît, le premier concert du l’Ensembe Voix Étouffées en Roumanie.
Hommage à l’orchestre et à son chef tant l’unisson et la
partie prenante à chaque morceau furent enlevés ! On
en redemande.
44
Finalement, Amaury du Closel – le juste enthousiaste – est en train d’ouvrir les portes de la musique
que l’on écoutera tous au XXIe siècle :
La musique des disparus.
Zusammenfassung
Am 31. Januar 2009 wohnte der in Bukarest lebende französische Verleger
Samuel Tastet dem ersten Konzert des Ensemble Voix Étouffées unter der Leitung
von Amaury du Closel in der rumänischen Hauptstadt bei. Seine Begeisterung galt
insbesondere für die jüdisch-polnischen Volkslieder von Simon Laks, die von
Amaury du Closel instrumentiert wurden, und für die Tanzsuite opus 30, die Ernst
Toch 1923 komponierte. Endlich behauptet Samuel Tastet, daß «die Musik der
Vermißter die Musik des 21. Jahrhunderts» sein wird ...
Abstract
Samuel Tastet leaves us with his colorful impressions of a concert, given by
Amaury du Closel, the Silenced Voices Ensemble and the soprano Elsa Levy in
Bucarest, Romania. He paints a wondrous picture of compositions by Simon Laks,
Hanns Eisler and Alfred Tokayer embarking the reader on a journey.
45
L'Ensemble Voix Étouffées se rend de la «alte Rampe» au camp d'Auschwitz-Birkenau.
Amaury du Closel et quelques membres de l'Ensemble Voix Étouffées avant le concert
du 25 avril 2009 à l'École de musique Karol Szymanowski d'Oswiecim (Auschwitz).
46
47
Verfemte Musik competition,
Schwerin
Volker Ahmels
Le compositeur tchèque Viktor Ullmann, détenu à Terezín, fut assassiné à
Auschwitz. Mais sa musique, notamment interprétée par les lauréats du concours
Verfemte Musik de Schwerin, est aujourd'hui vivante.
The project Verfemte Musik (Ostracised Music) is an
international instrumental and singing competition held
in parallel with a programme of concerts, lectures, presentations and exhibits. It is followed by a concert tour of
the award winners. The most recent competition took
place from the 29th of September to the 5 of October
2008 in the German city of Schwerin. At the end of the
competition, the award winners gave a concert in
Schwerin and went on a tour to Prague, Vienna, Berlin
and the French city of Vendôme. Since the first edition
of the competition, candidates from sixteen countries
came to Schwerin. The competition is organised by the
regional nonprofit organisation Jeunesses musicales of
Mecklenburg-Vorpommern.
The aim of the competition is to perform, in front of
a wide audience, music by composers who suffered under the National Socialist regime. Internationally acclaimed artists and pedagogues, some of them contemporary
49
witnesses of the Holocaust, participate in the jury.
Participants are invited to come forth in the following
categories: piano for two and four hands, chamber music
string ensembles, chamber music for wind instruments,
Kunstlied and chanson. Particularly talented young musicians and music students between the ages of 15 and 30
are accepted for the competition. The cooperation of the
organisation and the Schwerin Conservatory with two
secondary schools in the city – the Fridericianum and the
Goethe-Gymnasium – is equally very productive : its aim
is to make the new generations aware of the fate of the
musicians exiled or killed by the Nazis.
Mr. Arlen had to flee Austria after the Anschluss of 1938.
Walter Arlen wrote after his stay in Schwerin: “Die
Einladung, einen Besuch als so genannter Zeitzeuge abzustatten, wurde für mich zu einem besonderen Erlebnis. Nie hätte ich
mir träumen lassen, daß ich bei jungen Leuten, Musikern und
Nichtmusikern, soviel Anklang finden würde; daß überhaupt
Interesse für die historischen Missetaten ihrer Vorfahren zu finden wäre. Was heißt das alles? Es hieß, in meinem Falle, Schulbesuche abzustatten, Schülern in unterschiedlichen Alterstufen
meine Geschichte und meine Erfahrungen zu erzählen, Fragen
beantworten, die Zeitverbindungen auszumalen, die Unglaublichkeiten der Geschehnisse und Vorgänge zu beschreiben. Es
war jedes Mal anders. Die Reaktionen, die Fragen, das
Kopfschütteln über die Vorfälle, die Sprachlosigkeit gegenüber
der Unmenschlichkeit nahmen individuelle Farben an”.
The main focus of the 2008 Verfemte Musik event was
the world-famous pianist Artur Schnabel. For this occasion, his granddaughter Ann Mottier came to Schwerin to
participate in the event. Guests of honour and witnesses of
the Holocaust, like the guitarist Coco Schumann, also
return regularly to Schwerin and participate with the activities of Jeunesses Musicales. Verfemte Musik was equally
proud to host Irène Tokayer-Curie, who was born in
Schwerin. Her father, the composer Alfred Tokayer, was
murdered at the Sobibor concentration camp. The cellist
Anita Lasker-Wallfisch, a survivor of Auschwitz, and
Walter Arlen, a composer and former music critic of the
Los Angeles Times were equally invited by the Festival.
“Dannn kamen die Ausstellungen, die Vorträge von
Spezialisten und Fachleuten, die sich mit den Vorgängen und
Persönlichkeiten der damaligen Zeit befassten. Schließlich das
Auswählen von jungen Musikern zur Teilnahme an der
geplanten Konzertreise, die der Höhepunkt des ganzen
Wettbewerbs war. Viele Details dieser Konzertreise wären da
noch zu ergänzen: die Aufführungen im Jüdischen Museum in
Wien, in der Deutschen Schule in Prag und in dem schönen
Theater von Görlitz, der reizenden Stadt an der Neisse, an der
Grenze zu Polen. Nicht zu vergessen ist der Besuch in Terezín,
50
51
der durch die Teilnahme von Frau Eva Herrmannová1, die
selbst als junges Mädchen drei Jahre in diesem abscheulichen
Konzentrationslager verbringen musste und den Besuch um so
anschaulicher und daher umso aufwühlender gestaltete. Man
kann nur hoffen, daß die erstklassigen Aufführungen der jungen Musiker dazu beigetragen haben, den Werken der
ermordeten Komponisten neues Leben zu verschaffen. Ironie
des Schicksals, oder schicksalsvoller Blick in die Zukunft? ”
Other witnesses of the Holocaust invited to Schwerin
were Michael Chaplin, Zvi Cohen, Anna HanusováFlachová, Edith Kraus, Brigitte Medvin, Ann Mottier and
the late Paul Kling (1928-2005), H. Th. Mandl (19262007), Hana Reinerová (1921-2007), Paul Aron Sandfort
(1930-2007) and Petr Pokorny (1932-2008).
Winners of the Verfemte Music competition 2008 :
Chamber music – Strings : 1st Prize : Alexandre
Delalande, Katrin Geisenmeyer, Moritz Fentner and
Florian Koeppe. 2nd Prize : Julia Kuhn and Ingmar
Beck. 3rd Preis : Daniela Formanová, David Forman,
Rebecca Martin and Joowon Park. Chamber music –
Wind : 1st Prize : Paolo Mendes and Johann Blanchard.
2nd Prize : not awarded. 3rd Prize : Berit Schmutzler.
Song with piano/Chanson : 1st Prize : not awarded. 2nd
Preis : Claudia Rock and Clemens Kraft. 3rd Preis : Anna
Miceva and Sebastian Naglatzki, Mirjam Miesterfeld and
Gero Wiest.
Special Prize of the Schnabel Music Foundation :
Daniel Beider. Special Prizes of the Forum Voix Etouffées
Paris : Andriy Tsygichko, Julian Kuhn, Ingmar Beck,
Paolo Mendes and Johann Blanchard. Izzy Fuhrmann
Music-Prize : Jing Li, Helge Aurich, Claudia Rock and
Clemens Kraft. EMCY Prize : Paolo Mendes and Johann
Blanchard.
During concerts in Prague, Vienna, Berlin and
Vendôme in October 2008 and February 2009, the winners played works of nine composers : Alban Berg,
Bernhard Heiden, Gideon Klein, Hans Krása, Bohuslav
Martinu, Darius Milhaud, Arnold Schönberg, Erwin
Schulhoff and Viktor Ullmann. Please see for details:
www.sumusnet.eu/ schedule.html.
The next Verfemte Musik competition and festival will
be held in September and October 2010.
1. The Verfemte Musik Competition 2006 also welcomed Eva
Herrmannová, a survivor of Terezín.
52
53
Résumé
Volker Ahmels
Jeunesses Musicales Deutschland, Landesverband
Mecklenburg-Vorpommern e. V.
c/o Konservatorium Schwerin
Puschkinstraße 13 / D-19055 Schwerin
Deutschland
Tel. : + 49 385 5712836
E-mail : [email protected]
www.jeunessesmusicales-mv.de
Cette contribution présente les particularités du concours international se tenant tous les deux ans à Schwerin et nommé Verfemte
Musik Competition. Cette manifestation, organisée par les Jeunesses
Musicales de l’Etat du Mecklenbourg-Poméranie occidentale, est destinée aux interprètes et chanteurs âgés de quinze à trente ans se produisant dans des œuvres de compositeurs victimes du IIIe Reich et promis,
chez plusieurs d’entre eux, à la Shoah. Une tournée de concerts, se
déroulant dans plusieurs villes d’Europe, suit toujours le concours.
Celui-ci est également l’occasion d’un festival international auquel
participent notamment des survivants de l’Holocauste, tout comme les
descendants des compositeurs interdits par le national-socialisme.
Ainsi, le compositeur Walter Arlen fait-il état, ici, de son expérience à
Schwerin. La manifestation a, en 2008, honoré l’illustre pianiste Artur
Schnabel dont les œuvres n’ont pas pu s’imposer à cause des discriminations dont il fut l’objet. Des actions pédagogiques sont menées, lors
de chaque festival, avec deux lycées de Schwerin, cité d’où était originaire Wilhelm Gustloff, le responsable du NSDAP en Suisse, tombé en
février 1936 sous les balles d’un étu-diant juif, justement désespéré
par les mesures antisémites du régime hitlérien. L’Ensemble Voix
Etouffées s’est produit au Fridericianum, l’un de ces établissements
scolaires, le 30 septembre 2008.
54
55
Zusammenfassung
Im heutigem kulturellen Leben Europas kennzeichnet sich der
Schweriner Verfemte Musik-Wettbewerb durch seine Besonderheit: zu
den von dem NS-Regime verfemten Komponisten und ihren Werken
widmet er sich ausschließlich jede zwei Jahre. Seit ihrer Gründung hat
die von der Jeunesses Musicales Mecklenburg-Vorpommern organisierte Veranstaltung junge Kandidate aus sechzehn Nationen angezogen. Nach jedem Wettbewerb konzertieren seine Preisträger in verschiedenen europäischen Städten. Das Schweriner Ereignis ist auch ein
Festival. 2008 brachte es z. B. Werke des weltberühmten Klaviervirtuosen Artur Schnabel, eines Opfer der antisemitischen NSDiskriminierung, zu Gehör und organisierte eine Schnabel-Ausstellung.
Zeitzeugen und Nachkommen von Komponisten sind auch in Schwerin
zu Gast. In diesem Beitrag ist Walter Arlen, ein Zeitzeuge der 1938 aus
Österreich geflohen war, zitiert. Letzlich entwickelt die Jeunesses
Musicales eine rege Kooperation mit zwei Schweriner Gymnasien,
damit die jungen Generationen über die Greueltaten der NS-Regierung
zu informieren, sowie sie die Werte der Demokratie und der Toleranz
zu geben. In diesem Rahmen gastierte am 30. September 2008 das
Ensemble Voix Etouffées im Schweriner Friedericianum.
exil.arte, Vienna
Gerold W. Gruber
Der Verein versteht sich als Clearingstelle (Contact
Point) für die Koordination aller mit der Thematik des
Exils befassten Institutionen, Organisationen und
Personen. Er hat seinen Sitz in Österreich und erstreckt
seine Tätigkeit auf die Koordination und Organisation
von künstlerischen und wissenschaftlichen Projekten
und Veranstaltungen bezüglich der im gesamten Bereich
der Kunst, insbesondere der Musik, des Musiktheaters
und des Films von den Nationalsozialisten Vertriebener,
Verfemter und Ermordeter. Z. B. gastierte am 4. und am
5. Mai 2009 das Ensemble Voix Etouffées, unter der
Leitung von Amaury du Closel, beziehungsweise in Prag
und in Wien für zwei Konzerte, die von exil.arte in
diesen beiden Hauptstädten angeregt wurden.
Un jeune corniste polonais s'apprête à participer à la master-class donnée
par les membres de l'Ensemble Voix Étouffées
à l'École de musique Karol Szymanowski d'Oswiecim (Auschwitz).
Sowohl in wissenschaftlichen Tagungen als auch in
künstlerischen Veranstaltungen soll nachhaltig und
öffentlichkeitswirksam diese Thematik präsentiert werden. Der Aufbau eines internationalen Forums sowie die
58
59
Herausgabe von Publikationen soll der Verbreitung des
Wissens über die Zeit und die involvierten Personen
dienen. Der Verein führt seine Tätigkeit selbst, in
Zusammenarbeit mit anderen Vereinen und Einzelpersonen durch, regt Arbeiten an und gibt Hilfestellungen bei Dissertationen, Diplomarbeiten, Publikationen,
usw.
Am 25. Juni 2009 organisierte in Brno (Brünn) der
Verein exil.arte ein Konzert mit Werken von Erwin
Schulhoff – Doppelkonzert für Flöte, Klavier und kleines
Orchester und Drei Stücke für Streichorchester –, Pavel Haas
– Studie für Streichorchester –, Hans Krása – Ouvertüre für
kleines Orchester – und Viktor Ullmanns Streichquartett in
der Orchesterbearbeitung von Kenneth Woods. Es
spielte das 1995 gegründete Berg Orchester, eines der
frischen jungen Ensembles der tschechischen
Musikszene, unter der Leitung seines slowakischen
Chefdirigenten Peter Vrábl. Mit dem Gideon-Klein-Preis
wurde dieser Künstler ausgezeichnet. Die Solisten dieses
Konzertes, einer im Rahmen des gemeinsamen
Programms Verstummte Stimmen organisierten Veranstaltung, waren die österreichische Flötistin Ulrike Anton
und der amerikanische Pianist Russell Ryan.
60
Pavel Haas (1899-1944) stammte aus der Familie eines
Schusters. Sein jünger Bruder Hugo war ein berühmter
tschechischer Schauspieler. Pavel strebte von seiner
Kindheit an zur Musik. Er brach den Besuch des
Realgymnasiums ab und widmete sich ganz der Brünner
Musikschule, wo er sich in Harmonie, Kontrapunkt,
Musikgeschichte und Ästhetik weiter entwickelte. Im
Herbst 1919 wurde er am Brünner Konservatorium
aufgenommen, das vom Leos Janacek geleitet wurde.
Nach seinem Abschluss (1921) setzte er sein Kompositionsstudium noch ein Jahr in der Meisterklasse Janacek fort.
Fast sein ganzes Leben ist mit Brünn verbunden. Pavel
Haas war vielseitig aktiv in dortigen musikalischen
Aktivitäten. Als Komponist setzte er sich besonders durch
seine Lieder und Kammermusikproduktion durch. Die
tschechische Musikszene zwischen den beiden Weltkriegen bereicherte er auch mit Klavier- und Orchesterwerken, Chören und Kantaten. Pavel Haas schrieb auch
Bühnenmusiken zu Schauspielen und Musiken zu Filmen.
1938 krönte er sein Schaffen mit der Oper Scharlatan.
Nach der Besetzung der Tschechoslowakei durch den
NS-Staat wollte Pavel Haas emigrieren. Am 2. Dezember
1941 wurde er jedoch von der Gestapo verhaftet und
nach Terezín deportiert. Er war einer der ersten
Ghettobewohnern. Auch unter schlechten Bedingungen
61
komponierte und spielte – zusammen mit Karel Berman
und Karel Ancerl – Pavel Haas Musik. 1944 wurde er
nach Auschwitz verschleppt, wo er in den Gaskammern
ermordet wurde.
Hans Krása (1899-1944) wurde in Prag geboren. Sein
Vater war ein Tscheche und seine Mutter eine Deutsche.
Schon im Alter von sechs Jahren begann Hans Klavier in
der Konrad-Wallerstein-Sängerschule zu spielen. Als Kind
komponierte er auch kleine Stücke wie Märsche und
Fantasien in Mozart- oder Haydn-Stil. Später nahm Hans
Krása privat bei Alexander von Zemlinsky Klavierstunden.
Komposition studierte er bei dem Dirigenten und
Komponisten Gerhard von Keussler. Von der französischen Musik seiner Zeit, besonders Claude Debussy,
Maurice Ravel und Albert Roussel, war der Prager begeistert. Er bewunderte auch Darius Milhaud und Gustav
Mahler, sowie Arnold Schönbergs Werke. In den 1920en
Jahren wurde der Komponist Mitglied der Prager Gruppe
Tagblatt. Mit Künstlern wie Franz Werfel, Max Brod oder
Willi Haas traf er in berühmten Cafés zusammen. In dieser
Zeit erklangen Krásas Werke insbesondere im Ausland.
Ehefrau wurde. 1938 arbeitete Krása mit Adolf
Hoffmeister an der Kinderoper Brundibár zusammen, die
sie für den von der Gesellschaft für Musikerziehung ausgeschriebenen Wettbewerb geschrieben hatten. Wegen
der NS-Okkupation wurden die Ergebnisse danach nicht
ausgewertet und die Partitur von Brundibár wurde verloren. Hans Krása schrieb über die Vorbereitungen zu
dieser Oper: «Das größte Problem beim Planen dieser
Kinderoper war selbstverständlich das Libretto, weil man hier
die häufigen dramatischen Konflikte von erotischem oder politischem Charakter nicht benutzen kann. Den Märchenstoff
wollten weder ich noch der Dichter. Trotzdem hat der
Librettist es vermocht, ein Libretto zu schreiben, das kindlich
klar ist und ein Bild aus dem realen Leben auf die Bühne
bringt, indem es aufdringlich erklärt, daß man sich gegen das
Schlechte verbünden sollte. Diese Kinderoper beschreibt auch
einen Sängerkrieg zwischen Kindern und Leiermann».
Vom Jahr 1935 an besuchte der Komponist den
tschechisch-deutschen Theater-Klub. Hier lernte er
Eliska Kleinova kennen, die später in Terezín seine
Nach und nach wurden die Juden immer mehr unterdrückt. Hans Krása und manche anderen fanden
zeitweilig einen Aufenhaltsort im Knabenwaisenhaus der
Belgická Straße Nr. 25 in Prag. Am 10. August 1942
wurde aber der Komponist vorgeladen und mit dem
Zug Ba 67 unter der Nummer 21 855 nach Terezín
transportiert. In Terezín gehörte er vorest nicht zu den
prominenten Insassen, weil er in NS-Listen als Koch
62
63
eingetragen wurde. Später wurde er Mitglied der Leitung
der «Freizeitgestaltung», wo er für die Musik verantwortlich war. Dank seiner Position konnte er in Terezín
mit Gideon Klein, dem Bruder von Eliska Kleinova, und
mit einem deutschen Literaten in einem so genannten
«Häuschen» wohnen. Es war eine ehemalige Bäckerei im
Hintertrakt der Sudetenkaserne. Eliska Kleinova erinnert sich: «Es war dort aber so wenig Platz, daß sobald
jemand komponieren wollte, zwei andere das Häuschen verlassen mussten». In Terezín heiratete Hans Krása Eliska
Kleinova, die zwölf Jahren jünger als er war. Es war keine
Liebesehe, sondern reine Formalität. Dank Krásas
Stellung in der «Freizeitgestaltung» sollte Eliska vom
Transport gerettet werden. Als beide dachten, daß die
Gefahr vorbei war, wurde die Ehe am 18. April 1944
geschieden. Eliska ging dann sofort nach Auschwitz. Das
Ende des Krieges und des Nazi-Terrors konnte sie überleben.
Orchester. Es ist möglich, daß dieses Stück als Ouvertüre
für Brundibár geschrieben wurde, woraus sich einige
ähnliche Elemente mit dieser Kinderoper erklären
lassen. Es gibt aber keine Beweise, daß man diese
Ouvertüre in Terezín aufgeführt hat. 1944 komponierte
Krása zwei Kammermusikstücke. Sie waren seine letzten
Werke. Am 16. Oktober 1944 wurde Hans Krása nach
Auschwitz transportiert, wo er in der Gaskammer ums
Leben kam.
In Terezín komponierte Krása Drei Lieder für Bariton,
Klarinette, Bratsche und Violoncello nach Gedichten von
Arthur Rimbaud, wahrscheinlich für den Brünner
Opernbariton Walter Scholz. Diese Werke spielte man
mit anderen Stücken zusammen, anläßlich der
Eröffnung des neuen Saals im Rathausgebäude. Das
nächste Werk von Krása war die Ouvertüre für ein kleines
Zum selben Transport vom 16. Oktober 1944 gehörte
auch Viktor Ullmann (1898-1944), der 1933 in der
Tschechoslowakei Asyl gefunden hatte, nachdem er
Deutschland in Eile verlassen hatte. Ullmann, der Sohn
eines Offiziers der k. u. k. österreichisch-ungarischen
Armee und ehemaliger Assistent von Alexander
Zemlinsky am Neuen Deutschen Theater in Prag, der
Komponist der Oper Der Kaiser von Atlantis und von
zahlreichen Werken wurde also zu einem Ort des
absoluten Schreckens verschleppt. Dort wurden auch
seine Frau Elisabeth, der Dirigent Rafael Schächter, der
Schauspieler Gustav Schorch sowie seine Kollegen Pavel
Haas, Gideon Klein und Hans Krása in den Gaskammern
ermordet. Dasselbe Schicksal teilten auch Ullmanns
ehemalige Gattinnen Annie und Elisabeth und sein
Sohn Max. Vorher wurden am 8. September 1942 Viktor
64
65
Ullmann mit seiner dritten Frau Elisabeth nach Terezín
deportiert. Dort gehörte er zu den aktivsten Repräsentanten des Kulturlebens. In Terezín schrieb Ullmann
über zwanzig Werke, insbesondere die Oper Der Kaiser
von Atlantis, eine Allegorie der monströsen Macht, die
vor nichts zurückschreckt und sich schließlich selbst verschlingt. Die Oper konnte nicht mehr in Terezín aufgeführt werden. Die UA der Originalfassung fand 1993 in
Klagenfurt statt.
Résumé
L'association exil.arte est un point de rencontre servant à la coordination de toutes les institutions, les organisations et les personnes
s'occupant du thème de l'exil au temps du nazisme. Son siège se trouve en Autriche. Ses activités se rapportent à l'organisation et à la coordination de projets artistiques et scientifiques, comme à la réalisation
de manifestations relatives à la musique, au théâtre musical et aux
films laissés par les victimes du national-socialisme, qu'elles aient été
exilées, mises à l'index ou assassinées. Cette thématique est également présentée, lors de manifestations artistiques, d'une manière
durable et publique. La mise en place d'un forum international, ainsi
que la publication d'ouvrages spécialisés doivent servir à la propagation des connaissances relatives à cette époque et aux personnes
concernées par cette thématique. L'association mène elle-même son
66
activité, en collaboration avec d'autres structures et des personnes
physiques, suscite des réalisations et attribue des aides lors de travaux
de doctorat, de travaux en vue d'examens, de publications etc. Le
présent texte est, pour le public, l'occasion de se familiariser avec
Pavel Haas, Hans Krása et Viktor Ullmann, trois des compositeurs
d'Europe centrale les plus prometteurs de leur temps. Ils figurent au
nombre des victimes d'Auschwitz, après avoir été détenus à Terezín.
Leurs œuvres ont été données lors d'un concert organisé, le 25 juin
2009, par exil. arte à Brno (Brünn).
Abstract
Exil.arte aims to be a contact point for coordinating projects for
institutions, nonprofit organizations and persons dealing with this particular topic. It is situated in Austria and it organizes and coordinates
artistic, scientific and cultural projects and events concerning artists
who were suppressed, exiled or killed by the Nazis, especially in the
field of music, music theatre and film. In congresses and symposia as
well as in artistic events, the topic is presented effectively in public.
An International Forum will be developed and publications should
broaden the knowledge about the historical context and personalities
which are involved. Exil.arte organizes its activities by itself or in
cooperation with other institutions or persons, initiates projects and
offers support for dissertations, publications etc.
67
exil.arte
ao. Univ. Prof. Dr. Gerold W. Gruber
Universität für Musik und darstellende Kunst Wien
Lothringerstrasse 18
A-1030 Wien
Österreich
Tel. : + 43 1 71155 3533
E-mail : [email protected]
www.exilarte.at
«Une voie du malheur». (Theodor W. Adorno)
Holocaust education and Memory
in Transition
The story of a small nonprofit organization
and its quest for positive change
Eugenia Gusev
Introduction
Baraquements du camp d'Auschwitz.
Even though sixty years have elapsed since the
European continent was engulfed by a devastating
conflict that exterminated millions of innocent
people, it would be naïve to say that the reconciliation process is drawing to a close or that teaching
about the Holocaust has become easier. Today, we
are still reconciling with the horrors that were committed by fellow man against his own kind between
1933-1945. We are still endlessly proving that millions1 of people were systematically exterminated,
1. Holocaust Memorial Day Trust, London UK :
http://www.hmd.org.uk/genocides/victims-of-nazi-hatred/
71
in European concentration camps, even though the
Holocaust is perhaps by far one of the best documented genocides ( sadly due to the fact that these
events occurred in Europe, and relatively recently).
It would be safer to say that we are embarking on a
new phase in the reconciliation process that will
involve new pedagogical tools, new approaches and
a continued dialogue that will be adapted to integrate lessons from the past to realities of today.
While currently Holocaust education is
required in many European countries, a certain
level of backlash2 has been documented in some
old European member states3. At the same time,
new issues about how to teach the Holocaust in
former Soviet countries like Romania 4 or
Poland5 have emerged. In the older member
states, students often feel like the Holocaust is
common knowledge, and that they already know
everything they need to know about it. Countless
surveys have shown in several countries including the U.S.6 that this knowledge, for the most
part, remains superficial7 due perhaps in part to
inadequate teaching tools, or lack of training for
the teachers.8 Important changes are afoot that
will force educators and policy makers to adapt
to new methodologies and approaches.
2. Yair Auron (translated by Ruth Ruzga): Holocaust and
Genocide Issues in Education-The Pain of Knowledge,
Transaction Publishers, 2005, p. 48.
3. Germany Holocaust Education in Task Force Member
Country, report 2006.
4. Thomas Misco: Exploring Holocaust Education in Romania
after Decades of Historical Silence: An Ethnographic Study of
Educators, Students, and Community Members, IREX 2008.
Can be found on: http://www.irex.org/programs/stg/
research/07/misco.pdf
5. Robert Szuchta: Teaching About the Holocaust in Poland,
1997 : http://iearn.org/hgp/aeti/aeti-1997/holocaust-edpoland.html
6. American Jewish Committee: Thinking about the Holocaust
60 Years Later A Multinational Public-Opinion Survey MarchApril 2005, can be found on https://www.policyarchive.org/bitstream/hadle/10207/13667/AJS20holocaust.pdf
7. Gert Weisskirchen,: Introductory statement for panel
on Holocaust education, OSCE Conference on AntiSemitism and on Other Forms of Intolerance, Cordoba,
8 and 9 June 2005; CIO.GAL/96/05, 22 June 2005, can be
found on http://www.osce.org/documents/cio/2005/06/
15358_en.pdf
8. Yair Auron (translated by Ruth Ruzga): Holocaust and
Genocide Issues in Education-The Pain of Knowledge,
Transaction Publishers, 2005, p. 48.
72
73
Then, there is a case apart. Those towns and
villages, that had been chosen, for whatever
strategic reason, to serve as a location for concentration camps during the war, are undergoing an
identity struggle. Those populations are today
searching to move away from these horrible
events and to rebuild an identity that is free from
this morbid association. The specific case of the
Polish town of Oswiecim, known to most as
Auschwitz, is an important element that, on a
small scale, mirrors the problems faced by
European countries which are known to have
participated in the Holocaust. From the experience already gathered, these difficult cases are
today more receptive to positive reconciliation, or
what one renowned expert in the field, Alfred
Grosser calls „mémoire créatrice“.9
The initiative of the small, French, nonprofit
organization, the Forum for Silenced Voices10,
proved to be successful in addressing this need for
a “creative” approach to Holocaust education for
several generations of Europeans across the
European continent. This essay will bring together
the elements that can explain its success and at the
same time show the genuine need for this approach
to be adopted and shared by larger Holocaust
teaching institutions as well as by general schools.
From rejection to acceptance: Performing
music in Auschwitz by composers persecuted or
killed in the Holocaust
A concert and lecture in Auschwitz were carried out by the Forum for Silenced Voices as part
of a larger initiative, the Silenced Voices of the
3rd Reich Project. This project seeks to address
the need to teach about the neglected but equally important effects of the Holocaust on culture.
The devastating effects of Hitler’s cultural policy,
that to this day have not fully been reversed, are
often forgotten and left out of discourse, especially in relation to music11. Lead by the Forum, a
9. Alfred Grosser : La Pratique de la mémoire créatrice in
Déracinements (sous la direction d’Amaury du Closel et
de Philippe Olivier), Hermann, Paris, 2009, p. 23.
10. Forum for Silenced Voices is translated from the
French name Forum Voix Etouffées.
11. Amaury du Closel : Entartete Musik – Les Voix Étouffées du IIIe Reich, Actes Sud ,Arles, 2005, p. 3.
74
75
group of European partners in seven countries
organized 29 different events on the subject of
persecuted composers. One particular event
stood out: the concert held in Auschwitz. Much to
everyone’s surprise, this event served to reaffirm
how this type of artistic cooperation can be beneficial and that it is welcomed in places like
Auschwitz, despite the tensions and taboos that
exist here when dealing with the Holocaust. This
project is a small glimpse into how pedagogical
programs that integrate history and music are an
avenue towards constructing new, lasting bonds
and effective teaching techniques. In addition to
this, they aim to bring back the lost music and
cultural heritage to its rightful place, that is, back
to the public. It is also an example of a new generation of cultural activity that bring to light new
dynamic methods to teaching about the Holocaust – each specializing in one specific phenomenon. The result is a high-quality and captivating
event, which as practice has shown, tends to mark
those who participate. It is a valuable component
to add to basic Holocaust education, whose role
of course is, to set up a foundation and give a
clear historical background to its students. This
acupuncture-like approach to history, is a way to
76
teach using a specialized topic in order to illustrate the consequences of the whole historical
period.
The small nonprofit, French organization,
which lead the initiative, specializes in resurrecting the memory and the music which has been
forgotten and lost due to Nazi censorship. The
usual activities of this organization are classical
music concerts given by the 12-instrument chamber ensemble of specialized, professional musicians and singers. Additionally, the concerts are
often given in the framework of a larger event and
are either commented, or preceded by a lecture.
The organization also initiates school visits that
are often coupled with a concert for middle and
high school students in general as well as in specialized music schools. It also publishes books,
articles and releases recordings of rare works
such as those by Ernst Toch, Simon Laks or
Alexander Zemlinsky. Finally, it organizes a biannual Festival in Paris focusing on a specific aspect
of the Silenced Voices theme.
The event which was held in Auschwitz in
April of 2009, entered into the diapason of regular
77
activity for the Forum, but it brought unforeseen
results. Upon arrival at the Auschwitz-Birkenau
Museum that coordinated the event locally, the
Forum’s team was explained that the attitude
towards the Holocaust and specifically the camps
in Auschwitz, is quite negative. The local population was fed up with being associated with the
camps. So, while the minibus brought the team of
musicians and administrators to the Museum
from the airport, the team began their experience
in Auschwitz by first learning the real name for
this town, Oswiecim. This was the original Polish
name before Germany occupied Poland. The
identity of Oswiecim was taken hostage by history – everything that is here leads back to this horrible past. During the guided tour of the camps,
the team learned that the surrounding houses
were even rebuilt with the same materials as were
used for constructing the barracks for prisoners.
A horrible cycle of creation and destruction was
presented to the project members as the reality of
Oswiecim today, a reality that the residents were
trying to escape. It seemed almost foolish that an
organization like the Forum for Silenced Voices,
has planned a concert in the local Music school
on such a topic. They were forewarned that
results were not guaranteed, and that despite a
rigorous advertising and communications campaign, no one really knew how many people
would attend the concert and what the reaction
would be.
78
79
After this introduction, it is hard to imagine
nor to describe the enthusiasm and interest with
which the Ensemble and Forum members were
received on the night of the concert on April 25th
in the Music School of Oswiecim. The auditorium was quite full, with families of the children
involved in the concert as well as outsiders. The
concert lasted for two hours, with commentary
that was translated into Polish by the Museum’s
communication manager Pawel Sawicki. The
music teachers and the director of the school
were so satisfied with the event that the Forum
has been invited back, with bigger plans. The
Music school has never seen such a turn out for
its concerts. Next year’s project would involve the
students of the Music school learning repertoires
composed for children by certain persecuted
composers, and thus, the process of rebuilding
the European cultural heritage was engaged, perhaps in the most unlikely place.
Referring back to Alfred Grosser’s quote about
a creative memory, this experience showed the
importance of the passage from guilt to liability
by building creative memory through music. In
fact, this is exactly what occurred on April 25th in
Oswiecim. The Forum’s program went beyond
blame, and on the contrary “brought forth those elements which have been forgotten, neglected by history“12. In this case, it was music. Memory that is
based on discovery of things lost – is received and
perceived well even in places where speaking
about the Holocaust is extremely difficult.
Simon Laks. It is also no doubt due to the actual
quality of the music performance.
In the eye of the beholder
It is hard to know precisely why this operation
was this successful. It is perhaps the cocktail of
several intertwining elements like for example
that the Forum is a French organization and
coming to Poland to share the common experience was seen as positive, rather than accusatory.
It is also perhaps because the Forum performed
music by at least one composer of Polish origin –
One of the biggest obstacles for teaching about
Holocaust is denial. When Dwight D. Eisenhower
(at the time the Supreme Commander of the Allied
Forces) visited the Buchenwald concentration
camp in south-central Germany in 1945, he immediately called on all available journalists to come
and document what was left of the gas chambers,
the corpses, and barracks. He explained his action
by stating that he “made the visit deliberately, in order
to be in a position to give first-hand evidence of these
things if ever, in the future, there develops a tendency to
charge these allegations merely to ‘propaganda.’”13
His foresight has unfortunately proven to be true.
The revisionist movement took on an organized
shape in the 1960’s through various publications
and organizations which questioned the number
of those killed during the Holocaust, to the actual
12. Alfred Grosser : La pratique de la mémoire créatrice in
Déracinements (sous la direction d’Amaury du Closel et
de Philippe Olivier), Hermann, Paris, 2009, p. 23.
13. Ike and the Death Camps Dwight D. Eisenhower
Memorial Commission http://www.eisenhowermemorial.org/stories/death-camps.htm
80
81
mistreatment and targeting of Jews specifically by
the Nazis during the war.
Pierre Vidal-Naquet, in his book Les Assassins
de la Mémoire, explores the phenomenon of revisionism and points out its danger. He refers to it
as a ticking time bomb which took about thirty
years to reach its full momentum with the apparition of multiple revisionists texts. He underlines
in his book the fact that history is fragile and “we
know of it only thanks to the documents and stories
told.”14 The importance of providing structured
guidelines and expertise to Holocaust education
to accompany the sea of testimonies, pictures and
audio files can not be understated. It is also
important to bridge the gap for new generations
who have a different experience of the world than
those generations that followed immediately after
the war.
While successfully teaching the Holocaust
may be achieved in many ways, teachers have the
14. Pierre Vidal-Naquet : Les Assassins de la Mémoire,
édition revue et augmentée, La Découverte, Paris, 2005,
pp. 192-194.
82
difficult task of being vigilant about the facts and
interpretations of archival documents, photos
and testimonies that they will be using. These
objects will be more and more laid bare to interpretation as time passes. As we know from experience, not all material recovered from the Nazi
death camps is blatantly showing the atrocities
committed inside the camps – and on the contrary, is often attempting to camouflage them.
Another challenge for educators and policy
makers in this domain is the fact that the most
important proof of the Holocaust is slowly disappearing, that is to say, the material witnesses. Ten
years from now, hardly any Holocaust survivors
will be left, and the same can be said for the barracks that are disintegrating at certain preserved
concentration camp sites like that of AuschwitzBirkenau due to lack of funding15. While the
Holocaust is included in school curriculums in
most U.S. states and in most European countries,
very few indicators have been gathered to
see how effective this education is. Holocaust
15. http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/7800397.stm
83
education, as a subject, is left for the most part up
to the teacher. A plethora of teaching tools exist
and yet, no uniform approach has been established and no pedagogical guidance has been
centralized to address this question. Especially
rare are international partnerships between
Holocaust education institutions.
education that each of us needs to receive. A civil
education comprises teaching that each of us has
moral responsibility and the power to act when
we know a heinous crime is being committed
against fellow man. It is the best lesson we can
receive as a child about empathy and apathy.
The state of affairs : Holocaust Education in
Transition
Although research and educational institutions have thoroughly documented first hand testimonials by Holocaust survivors as well as all
pertinent historical documents, live witnesses are
the best testimony that history can offer because
of the way hearing a witness testimony effects our
psyche. We must acknowledge that a monumental transition in how we carry out Holocaust
remembrance and education is underway (from
material witness education, to education based
solely on documents, audio and visual). This calls
for an overall assessment of the efficiency of current educational policies regarding the Holocaust
and a new plan of action in which creative
approaches will play a larger role. Although
Holocaust education will not alone solve all the
problems of racism and anti-Semitism, it is probably one of the most important aspects of civil
According to the information gathered by the
Task Force for International Cooperation on
Holocaust Education, Remembrance and Research, out of the ten countries questioned about
their methods of Holocaust education many variations exist as to the manner in which Holocaust
education is actually administered. For example,
in the United States, five out of fifty states have
actually enacted laws requiring Holocaust education, however fourty-eight states and the District
of Columbia have the right to decide their own
social studies standards. The biggest problems
noted are lack of funding for teacher trainings,
and therefore a lack of qualifications for those
teachers who teach the Holocaust as part of a
general history curriculum16. A similar problem
84
85
was cited in the French country report, whereas
teaching the Holocaust is required on a national
level, no Holocaust teaching classes exist for
teachers themselves. The report also mentions
exclusion, although does not elaborate, of minority students from the subject, most of whom are
Muslim17. In the report for Germany, we learn
that, similarly to the United States, the curriculums are decided on a Federal basis. Sixteen
Länder decide on the content of the teaching programs in their schools, and Holocaust is mandatory in all of them. Multiple funding sources are
available for German teachers who wish to take
part in training sessions aimed at Holocaust education and seminars, on a federal, national and
private level. It is interesting to note that in the
problems section of this report the author mentions the fact that because the Holocaust permanently remains a topic of public discourse, students often feel saturated when they have to learn
about it in schools, feeling that they already know
enough. Often this also leads to the interpretation of feelings of guilt, which turn into a hostile
reaction and even denial in some cases. It is
stressed in the report that teachers must find new
ways to motivate students for studying the
Holocaust in depth; therefore, “in-service teacher
training is crucial to support the teachers.18”
Clearly, all of these problems, and others
which were not cited in the report, need real
answers and creativity when it comes to the
teaching methods employed by the teachers. It is
important to make connections to the present so
that the Holocaust is “… universally known, [and]
not as a simple episode in history of the Jewish people,
but rather as an event occupying an important place
in contemporary historical experience”. 19
16. U.S. Holocaust Education in Task Force Member
Country report 2006.
17 France, Holocaust Education in Task Force Member
Country report 2006.
18. Germany Holocaust Education in Task Force Member
Country report 2006.
19. Michel Marrus : L’Holocauste dans l’Histoire,
Flammarion, Paris, 2003, p. 8.
86
87
Conclusion
How can we really convey the horror and the
suffering of this tragic moment in history when
using simple words does not suffice? Simon Laks,
a composer and Auschwitz survivor, contemplated the phenomenon of the multitude of documentation, film, and books that exist on the subject, each speaking about the same thing, and yet
each showing a different aspect. 20 More and more
institutions turn to methods that include art and
music to convey the universality of the suffering
in order to reach its public. The experience of the
Forum does demonstrate that music can speak
louder than words and transcend national
boundaries and generations. This original example of a cross-European cooperation was possible
due to the funding of several institutions, and
most importantly thanks to the European Grant
for Remembrance and the dedicated work of the
project partners in Germany, Austria, Poland,
Romania, the Czech Republic and France.
Individual incentive and work have made the
European Platform create the Silenced Voices
Project, and it was group work that has made it
succeed.
Résumé
20. Simon Laks : Mélodies d’Auschwitz , préface de Pierre
Vidal-Naquet et postface d’André Laks, Editions du Cerf,
Paris, 2004, p. 118.
Citoyenne américaine d’origine russe, Eugenia Gusev porte ici un
regard pertinent sur la manière dont l’histoire de l’Holocauste est
enseignée – ou non – dans divers pays de l’Union Européenne, ainsi
qu’aux Etats-Unis. L’utilisation de la musique – comme d’autres arts –
est, à son avis, un moyen tout à fait judicieux pour former les nouvelles générations à ce traumatisme majeur de l’histoire mondiale du
20e siècle et les amener à défendre avec énergie la démocratie et la
tolérance. S’appuyant sur des réflexions de Pierre Vidal-Naquet et sur
le concept de « mémoire créatrice » développé par Alfred Grosser, l’auteur de cette contribution analyse l’événement qu’aura été le concert
– donné le 25 avril 2009 – par l’Ensemble Voix Étouffées sous la direction d’Amaury du Closel à l’Ecole de musique Karol Szymanowski
d’Oswiecim (Auschwitz). Il a réconcilié le public polonais avec luimême, lui a fait retrouver des éléments de l’histoire nationale et a suscité des projets nouveaux. Ainsi, en 2010, les élèves de l’Ecole de
musique Karol Szymanowski d’Oswiecim devraient retrouver
l’Ensemble Voix Étouffées autour d’un nouveau projet. Il sera consacré
aux œuvres écrites pour des enfants par des compositeurs victimes de
la folie hitlérienne.
88
89
Zusammenfassung
In dieser Studie beobachtet die amerikanische Autorin russischer
Herkunft Eugenia Gusev die Art und Weise, die Geschichte der Shoah
in verschiedenen Länder der EU, sowie in den Vereinigten Staaten zu
lehren. Ihrer Meinung nach, ist die Musik – wie andere Künste – ein
sinnvolles Mittel dieses Trauma der Weltgeschichte des 20.
Jahrhunderts für die heutigen Schüler und Gymnasiasten zugänglich
zu machen. So können sie sich für Demokratie und Toleranz zu
engagieren. In ihrem Beitrag zitiert Eugenia Gusev den französischen
Historiker Pierre Vidal-Naquet und den französischen Politologe
deutscher Herkunft Alfred Grosser, den Ehrenpräsident der Voix Étouffées-Organisation. Besonders bedeutend für sie ist das Konzert, das
das Ensemble Voix Étouffées am 25. April 2009 an der KarolSymanowski-Musikschule von Oswiecim (Auschwitz) unter der Leitung
von Amaury du Closel gegeben hat. Anläßlich dieser Gelegenheit
erlebte das polnische Publikum eine Art Versöhnung mit ihrer
Nationalgeschichte. Für 2010 wurde schon eine neue Kooperation der
Karol-Symanowski-Musikschule von Oswiecim mit dem Ensemble Voix
Étouffées vereinbart. Ihr Thema wird aus den pädagogischen Werken,
die von der Hitler-Diktatur vertriebenen oder grausam ermordeten
Komponisten für Kinder geschrieben wurden, bestehen.
photo ?
91
Des fleurs arrosées
par des larmes d’enfants
Philippe Olivier
Jeudi 23 avril 2009
Visite du camp d'Auschwitz-Birkenau sous la direction de Pawel Sawicki.
Celui-ci tient des documents relatifs à la vie musicale dans ce lieu.
Une fois sortis de l’aéroport de Katowice, les membres
de l’Ensemble Voix Étouffées s’installent à bord d’un
minibus pourvu d’une remorque dans laquelle ont été
rangés les bagages. Parmi nous se trouve Eugenia Gusev,
la représentante de l'Académie lyrique, partenaire de ce
concert donné à Auschwitz sous l'égide de la Région
Centre. Lumière de fin d’après-midi. Durant le trajet, mes
pensées – tout en ayant l’air de vagabonder – se concentrent autour de quelques questions fondamentales, relatives au mysterium iniquitatis. Comment la Pologne a-t-elle
réellement vécu la Shorbn, mot yiddish désignant
l’Holocauste ? Pourquoi l’immense majorité de ses habitants a-t-elle oublié l’enseignement de Pie XI, qualifiant
les Catholiques de « sémites spirituels » lorsqu’il reçut,
durant son pontificat ayant duré de 1922 à 1939, une délégation de pélerins belges ? Pourquoi un nombre colossal
de compatriotes de Jean-Paul II et de Lech Walesa
93
occulte-t-il encore ce génocide se rapportant à l’ensemble
du genre humain, et non seulement aux Polonais, même si
un martyr comme saint Maximilien Kolbe périt à
Auschwitz ? Autant d’interrogations obsédant une
conscience humaniste – et catholique – depuis des décennies.
Au bout d’une bonne heure, l’enceinte du camp
d’Auschwitz I est en vue. Nous sommes logés dans la maison d’hôtes du Musée national, résidence réservée aux
chercheurs, aux conférenciers et aux visiteurs invités par
cette institution. Inquiétude en pénétrant dans ce bâtiment de brique rouge construit par l’administration nazie
pour les services d’organisation et de statistiques du camp.
Les murs des chambres ont une épaisseur d’environ trois
mètres. Une fois la nuit tombée, un regard par la fenêtre
offre un spectacle sinistre : miradors, réseaux de fil de fer
barbelé, lampes diffusant une lumière menaçante.
Questions : Qui vivait au premier étage de cet édifice ?
Que s’y passait-il ? Quelles conversations y tenait-on ?
Quelles décisions y furent-elles prises ? Quelles pensées
agitaient les membres d’un peuple ayant confié son destin
à un gouvernant de rencontre, un certain Adolf Hitler ?
potage à base de blé fermenté. Une salle de billard contribue – pour certains clients – à l’agrément des lieux.
Sentiment d’une profanation, même si cet établissement
ne se trouve pas dans l’enceinte d’Auschwitz I. De même,
la grande croix dressée tout près du camp génère un
immense inconfort1. Ici, la souffrance est la souffrance. Elle
transcende les religions ou l’absence – chez les agnostiques
et les athées – de celles-ci. Pour le reste, je songe à une pertinente affirmation du cardinal munichois Michael von
Faulhaber, ayant tenu tête à Hitler durant les années noires
s’étant écoulées entre 1933 et 1945 : « Il ne pourrait y avoir –
au point de vue historique et concret – de catholicisme sans
judaïsme »2.
Sommeil agité. Comment les fleurs peuvent-elles, ici,
encore pousser alors qu’elles furent arrosées par les
larmes de tant d’enfants et d’innocents ? Je me remémore les phrases du poète lituanien Avrom Sutzkever,
l’un des rescapés de cette tragédie universelle : « Je suis
l’enfant qui emporte un brin d’herbe quand on va l’égorger. Je
suis la femme cachée dans les égouts, seule avec son premier-né
Le dîner se déroule, à cent mètres du camp, dans un
restaurant dont les exploitants proposent pizzas, pâtes et
plats traditionnels polonais dont le fameux Zurek, un
1. Jean Kahn et Philippe Olivier : Combats pour les Droits de
l’Homme – Passé, présent, futur, Hermann, Paris, 2009.
2. Hubert Wolf : Papst und Teufel – Die Archive des Vatikan und das
Dritte Reich, C. H. Beck Verlag, Munich, 2008, p. 104.
94
95
attaché son ventre. […] Je suis le vieillard chenu buriné comme
l’écorce de la noix qui, pour tromper la mort, doit paraître
vingt ans ».
Vendredi 24 avril 2009
Temps magnifique. Pensées constantes pour les
détenus ayant enduré la pluie, la neige, le froid pendant
des journées, comme durant les interminables appels du
matin et du soir. Etrangeté du comportement de certains
visiteurs, pénétrant dans l’enceinte du camps dès huit
heures. Certains d’entre eux sont très impatients. Vêtus
comme sur une plage de la Costa del Sol, parlant dans
des téléphones portables, ont-ils conscience du lieu dantesque entre tous dans lequel ils se trouvent ? « Celui qui
a vraiment quelque chose à dire est également bien capable de
se taire »3.
d’Auschwitz I. Ils imaginent – s’imaginent peut-être dans
une telle situation – leurs prédécesseurs en tenue rayée,
en train de jouer des marches, des pots-pourris et des
chansons à la mode – les Schlager allemands – à l’heure
où l’on ramenait des prisonniers s’étant écroulés
d’épuisement au travail. Au milieu de cris, d’appels au
secours et d’expressions de désespoir indescriptibles.
3. Notker Wolf : Von den Mönchen lernen, Pattloch Verlag, Munich,
2009, p. 40.
Terreur devant les tas de valises des détenus, les piles
de lunettes et les montagnes de chaussures ayant été
portées par ces malheureux venus de toute l’Europe,
conservés dans l’un des blocs du camp. Voici ma
cinquième visite à Auschwitz. Les quatre autres ont eu
lieu en compagnie de mon cher ami Jean Kahn, d’élus
alsaciens et de représentants des Cercles Charles Péguy
et Vladimir Rabi de Strasbourg, deux lieux de mémoire
et de dialogue. La visite d’aujourd’hui est très particulière : elle réunit des musiciens professionnels. Mais
les instrumentistes de l’Ensemble Voix Étouffées ne
découvrent ni violoncelle, ni flûte, ni piano parmi ces
vestiges bouleversants. Pourtant, quelques instruments
sont conservés dans les réserves du Musée national. On
y voit un violon, un accordéon et un tuba. Ils ont été
joués par des membres de l’un des orchestres du complexe d’Auschwitz. D’où viennent-ils ? Quelle fut leur
histoire ? Quelles épreuves traversèrent les musiciens
96
97
Il serait temps que ces manières soient définitivement
proscrites à Auschwitz. Les musiciens de l’Ensemble Voix
Étouffées respectent – en ce qui les concerne – un silence
fait d’émotion, d’effroi et de stupeur. Ils découvrent,
entre autres, le lieu où jouait l’orchestre du camp
chargés de les jouer ? Le spectacle de ces trois instruments est une confrontation redoutable avec la réalité de
ces usines d’extermination. Image concrète, il marque le
moment où la recherche en histoire de la musique
devient une réalité. Néanmoins, la présence de ces
instruments atteste du triomphe de la vie sur la mort. Ils
ont survécu à leurs détenteurs et sont des avertissements
adressés au monde d’aujourd’hui, comme de demain.
« Les défunts mettent en garde les vivants », pour reprendre une formule gravée sur divers monuments commémoratifs.
de la morale sur la barbarie, le retour du droit sur l’arbitraire. Pourtant, des détenus jouèrent Bach, Beethoven et
Schumann lors de fêtes privées, organisées pour les
officiers SS chargés de diriger Auschwitz.
Plus tard, des membres de l’Ensemble Voix Étouffées
travaillent leur instrument dans le bâtiment où nous
sommes logés. Ils peaufinent divers passages de Simon
Laks, Alfred Tokayer, Ernst Toch et Hanns Eisler, compositeurs au programme du concert qu’Amaury du
Closel dirigera demain à l’Ecole de musique Karol
Szymanowski d’Oswiecim, le nom polonais d’Auschwitz.
Simon Laks connut l’enfer d’Auschwitz et celui de
Dachau, avant de rentrer en France. Alfred Tokayer fut
assassiné à Sobibor. Quant à Ernst Toch et à Hanns
Eisler, réfugiés aux Etats-Unis, ils virent leurs compositions interdites par le régime hitlérien. Immense satisfaction d’entendre ces phrases instrumentales dans l’enceinte du camp d’Auschwitz I. Elles sonnent le triomphe
Les pages de Laks, Tokayer, Toch et Eisler retentissent aussi durant la répétition de l’Ensemble dans la salle
de concerts de l’Ecole de musique Karol Szymanowski.
Le lieu ressemble aux studios de la Radio de Katowice
comme à tant d’autres sites culturels édifiés durant le
régime communiste : architecture sévère et pauvreté des
matériaux. La répétition se déroule en présence de
plusieurs professeurs de l’Ecole de musique Karol
Szymanowski, comme d’un certain nombre de leurs
élèves. Ceux-ci sont très calmes et concentrés. On leur a
transmis le respect des maîtres, une valeur désormais
absente dans divers autres pays de l’Union Européenne.
Plusieurs de ces élèves bénéficient d’une master-class
collective, donnée par les membres de l’Ensemble Voix
Étouffées. Commentaires et remarques se font en anglais.
On pourvoit à leur traduction polonaise. Les œuvres
révélées par l’Ensemble sont, pour revenir à elles, des
primeurs au sens propre du terme. Elles offrent des horizons esthétiques nouveaux. Elles constituent une rupture avec les classiques nationaux, dont les portraits
ornent les couloirs de l’Ecole de musique Karol
98
99
Szymanowski : Frédéric Chopin, Henryk Wieniawski,
Stanislaw Moniuzsko ou encore le même Szymanowski,
disparu en 1937. Discussion pleine d’humour avec
plusieurs professeurs de l’Ecole de musique : Chopin
est-il français ou polonais ? L’unanimité n’est pas longue
à se manifester. Il est l’un des symboles de l’identité
polonaise. Dès lors, le nationalisme traditionnel resurgit,
tout en s’opposant à l’appartenance du pays à l’Union
Européenne. S’ensuit un débat sans fin sur la difficile
intégration de la Pologne à une dimension supranationale.
Gustav Mahler. Ambiance très concentrée, studieuse
mais passablement tendue. Les nouvelles générations
polonaises éprouvent une vive souffrance face à un passé
aussi tragique. Quelques questions suivent mon intervention. Par contre, quatre personnes m’interrogent
longuement durant la pause-café. Elles manifestent un
respect pour la France à la fois touchant et anachronique.
Elles s’inquiètent au sujet de la manière dont la Pologne
est perçue dans notre pays.
Bloc 12, camp d’Auschwitz I. Je donne une conférence sur la vie musicale dans les camps d’internement,
de concentration et d’extermination. Assurément l’exposé – jusqu’à présent – le plus émouvant de ma carrière.
L’auditoire est composé de guides des camps
d’Auschwitz, de professeurs, d’historiens et de jeunes
universitaires. Tous se réunissent régulièrement lors de
sessions de formation d’une journée. Au premier rang
est installée Mme Helena Niwinska, une dame à la fois
âgée et élégante. Vivant aujourd’hui à Cracovie, elle est
l’une des survivantes de l’orchestre féminin d’Auschwitz,
dirigé par Alma Rosé. Cette dernière était une parente de
Concert de l’Ensemble Voix Étouffées dans la grande
salle de l’Ecole de musique Karol Szymanowski. Les
auditeurs, enfants y compris, portent des vêtements de
fête. On est aux antipodes des « tenues » arborées, Salle
Pleyel ou à l’Opéra Bastille, par des auditeurs se croyant
en randonnée ou pendant des activités de bricolage.
Après que les élèves auditionnés hier après-midi se
soient fait entendre, les habitants d’Oswiecim – venus en
nombre – entendent pour la première fois des œuvres de
Simon Laks et d’Alfred Tokayer, passés tous deux – on le
sait – dans la géhenne polonaise construite par le régime
hitlérien. Moments exceptionnels, portés par la qualité
de l’exécution, les parois de bois réverbérantes de la salle
et la signification éthique de la soirée : la population
locale retrouve un art dont elle a été privée par l’histoire,
un propos artistique hautement représentatif de la
100
101
Samedi 25 avril 2009
tradition culturelle de l’Europe centrale, pétrie – entre
autres – de judaïsme et d’influences populaires multiples, passées notamment des Balkans à la Galicie.
Résurgence – néanmoins – du « phénomène [...] d’étrangeté
dans la fiction, l’imagination, la poésie comme un phénomène
beaucoup plus plein et riche que dans la vie réelle; il englobe
complètement celle-ci et comprend, de plus, autre chose encore
qui ne se présente pas dans les conditions de la vie. [...] Le
domaine de l’imagination implique, pour être mis en valeur,
que ce qu’il contient soit dispensé de l’épreuve de réalité »4.
Je me serai rendu, dans l’après-midi, à la synagogue
Lomdei Misznajot de la petite ville, un lieu de culte inauguré le 10 novembre 1998. L’heure d’un moment de
recueillement particulièrement bouleversant, à laquelle
participa un représentant ès-qualités de la prélature
polonaise. Aucune cérémonie ne s’était déroulée dans
cette synagogue depuis six décennies, puisqu’elle fut
incendiée par les nazis durant la nuit du 29 au 30 novembre 1939. Comme le dira, durant notre séjour, un prêtre
venu écouter l’Ensemble Voix Étouffées, Oswiecim « était
remplie de la présence divine avant la Seconde Guerre
Mondiale. Juifs et Chrétiens y vivaient en bonne intelligence.
Ils s’invitaient réciproquement lors de leurs grandes fêtes
respectives ». La cité disposait alors d’une dizaine de synagogues, plusieurs d’entre elles rattachées à la tradition
hassidique dont la Galicie était un centre fameux. La
plus grande Schul locale aurait comporté entre mille et
trois milles places5. La vie musicale juive était
respectable, représentée par des concerts de musique
instrumentale, de la hazanout et le chœur Szyr6.
Comment, encore, ne pas penser aux voix de ses membres éteintes pour toujours, mais honorées lors de la
soirée à l’Ecole de musique Karol Szymanowski ? Quant
au Centre culturel juif attenant à la synagogue, il est
animé par de jeunes volontaires venant – à tour de rôle –
de divers pays européens. Ici encore, les nouvelles
générations s’impliquent. Le lieu est aujourd’hui entre
les mains de Jörg Reitmaier, un ressortissant autrichien y
accomplissant un service civil. Il ira, ensuite, aux EtatsUnis pour servir dans un lieu comparable.
Je m’arrête, sur le chemin du retour, devant une maison. Sur la façade de celle-ci est apposée une plaque
4. Suzanne Ferrières-Pestureau : L’originaire dans la création,
ABC Idé, Saint-Etienne, 2008, p. 138.
5. Lucyna Filip : Juden in Oswiecim– 1918-1941, Verlag Scientia,
Oswiecim, 2005, p. 56.
6. Ibidem, p. 134.
102
103
commémorative, indiquant que des soldats de la SS y
vivaient. Certains d’entre eux croisèrent peut-être, dans
les allées des camps d’Auschwitz, Simon Laks ou
Henriette Gottlieb, une grande cantatrice wagnérienne
de confession israélite. Invitée sur la scène de Bayreuth
entre 1927 et 1930 comme Brünnhilde, elle était aussi
une exceptionnelle Rachel dans La Juive de Halévy. Les
Parisiens l’applaudirent, en 1930, au Théâtre des
Champs-Elysées sous la direction de Franz von Hoesslin.
Interdite de scène en 1934, elle vivait – encore – en 1940
à Berlin. Elle fut, ensuite, déportée vers l’est. Après avoir
pris conscience que le judaïsme n’était pas soluble dans
une certaine représentation de la germanité. La devise «
Goethe et la Torah » n’était plus qu’une illusion. Leo
Baeck, le dernier Grand Rabbin d’Allemagne au moment
de la Shoah, avait su la dénoncer.
Dimanche 26 avril 2009
Visite matinale du camp d’Auschwitz-Birkenau. Les
visiteurs sont nombreux. Des délégations israéliennes
vont et viennent. On attend l’arrivée du Premier ministre
de l’Inde. Les Juifs d’Oswiecim n’eurent pas à parvenir
d’aussi loin. Leur tombe était à la porte de leur domicile.
Pensées bouleversées en ce lieu d’extermination industrielle, le théâtre tragique de la destruction du judaïsme
104
européen et – ce faisant – d’un élément constitutif de
l’identité de notre continent. Avant de passer sous le
mirador représenté dans tant de livres, nous effectuons à
pied le chemin menant de la « alte Rampe », le premier
lieu de débarquement des martyrs, à l’entrée du camp.
Comme eux. Pawel Slawicki, muni d’une iconographie
substantielle, évoque la vie des musiciens enfermés à
Auschwitz-Birkenau. Il nous conduit devant le baraquement où vivaient les membres de l’un des orchestres du
camp. Les bouquets de fleurs offerts à la fin du concert
d’hier ne sauraient servir d’hommage. Je songe à la
grande cantatrice Ottilie Metzger-Lattermann7, probablement disparue ici. Aurait-elle pu s’imaginer, après un
récital ou une représentation lyrique, quel sort l’attendait
dans ce lieu gigantesque et balayé par les vents ?
Un lieu de silence, aujourd’hui. Un lieu de hurlements,
de cris, d’implorations désespérées, autrefois. Un lieu où la
fonction fondamentale de la musique était niée. Si, comme
l’écrit Jacques Attali, « alors que les autres religions promettent
un au-delà, le judaïsme ne promet que le droit d’espérer »8, le
7. Karl J. Kutsch et Leo Riemens : Großes Sängerlexikon, Francke
Verlag, Bern, 1987, tome 2, p. 1958.
8. Jacques Attali : Dictionnaire amoureux du Judaïsme, Plon-Fayard,
Paris, 2009, p. 95.
105
retour des œuvres de Simon Laks, Alfred Tokayer, Ernst
Toch et Hanns Eisler à Oswiecim est une manifestation
d’espoir s’adressant à tous les hommes de bonne volonté.
Nous sommes fiers d’en avoir été les premiers artisans.
Surtout quand Pawel Sawicki, un jeune Polonais d’aujourd’hui, déclare : « Jérusalem est aussi ma patrie spirituelle ».
Zusammenfassung
In diesem in Form eines Tagebuchs strukturierten Essay berichtet
Prof. Philippe Olivier über die vier Tage, die er mit Amaury du Closel
und dem Ensemble Voix Étouffées in April 2009 in Auschwitz
(Oswiecim) verbracht hat. Der Autor meditiert über die ethischen
Schwierigkeiten der dortigen Bevölkerung, sich mit der Shoa auseinanderzusetzen, sowie über ihre Bemühungen, in einem verfluchten Ort
zu leben. In dieser Stadt Galiziens gab es zehn Synagogen vor dem 2.
Weltkrieg. Damals lebten Juden und Christen friedlich zusammen. Das
Konzert, das das Ensemble Voix Étouffées am 25. April 2009 in der
Karol-Szymanowski-Musikschule von Oswiecim gab und dessen künstlerischer Inhalt aus Werken von Hanns Eisler, Simon Laks, Alfred
Tokayer und Ernst Toch bestand, bedeutete aber eine menschliche und
moralische Versöhnung mit der Vergangenheit. D. h. eine Versöhnung
mit einer Zeit, während deren die jüdische Komponente der polnischen
Identität noch nicht verdrängt wurde.
106
Abstract
In this short diary entree, Prof. Philippe Olivier recounts his memories of the four days he spent in Auschwitz with the Forum for Silenced
Voices in April 2009, as part of an EU funded European tour. His contribution is a meditation on the difficulties felt by the majority of Polish
people when coping with the highly emotional subject of the Holocaust.
He visited several locations of the city of Oswiecim – like the Karol
Szymanowski Music School or the Lomdei Misznajot Synagoge – and
the extermination camps of Auschwitz I and Auschwitz-Birkenau. In his
opinion, hearing Amaury du Closel and the Ensemble for Silenced
Voices performing music by Hanns Eisler, Simon Laks, Alfred Tokayer
and Ernst Toch contributed to alleviating the heavy taboos carried by
the inhabitants of this small city. Until this concert, the students of the
Karol Szymanowski Music School never played works of these composers because they did not know they existed. This diary equally
poses multiple spiritual and historical questions on the Holocaust.
« Ils allaient vers Auschwitz »
Un entretien avec Eva Herrmannová,
traduit du tchèque
par Jean-Gaspard Palenicek
Philippe Olivier : Vous avez, à Terezín, chanté dans
l’opéra Brundibár de Hans Krása. Avez-vous pu y rencontrer Krása, comme d’autres compositeurs ?
Le wagon commémoratif de la «alte Rampe».
Eva Herrmannová : Je suis arrivée à Terezín à l’âge de
quatorze ans, en 1943. Très vite, j’ai commencé à chanter
dans le chœur d’enfants fonctionnant dans ce ghetto. J’ai
pu, ainsi, participer à la création de Brundibár. Cela dit,
j’ignorais que des compositeurs étaient enfermés à Terezín.
J’étais trop jeune pour m’en rendre compte. Je ne connaissais ni Hans Krása, ni Viktor Ullmann, un autre des créateurs retenus là. En ce qui concerne Krása, il est venu
plusieurs fois nous écouter. Cependant, seul m’importait
de chanter. Tout le séjour à Terezín était marqué par une
grande tristesse. Le fait de pouvoir chanter me remplissait
provisoirement de bonheur. La vie musicale de ce lieu terrible était – on le sait aujourd’hui – très riche. Brundibár a
109
été représenté près de cinquante fois. Rafael Schächter1 a,
par ailleurs, monté le Requiem de Verdi auquel j’ai participé moi aussi, dans le pupitre de sopranos des chœurs.
A force d’écouter, assise, pendant les répétitions, je
l’avais appris par cœur.
Entre cinquante et soixante mille personnes sont
passées par Terezín. Les gens venaient, puis repartaient
pour une destination mystérieuse. Parmi ces individus
figuraient nombre de musiciens, comme des chanteurs
ayant appartenu aux Opéras de Berlin et de Vienne. Si,
un jour, on élabore une liste complète des musiciens de
Terezín, on verra l’ensemble exceptionnel d’artistes y
ayant été enfermé. Il y avait aussi, parmi eux, des chefs
d’orchestre, des pianistes et d’autres instrumentistes !
Comme ce fut le cas dans beaucoup de camps de concentration – de même que dans certaines prisons –, nous faisions de la musique, le soir, dans les salles qui nous servaient de logement, de façon à ce que personne ne nous
entende. Il y avait toujours un auditoire assez nombreux.
Puis, lorsque les SS découvrirent la chose, ils se dirent
qu’ils pourraient l’autoriser. C’était, pour eux, une
preuve que les Juifs se portaient bien et qu’ils passaient
leur temps à chanter pendant que les Allemands combattaient au front.
P. O. : Comment se déroulait la vie quotidienne ?
1. (1905-1944). Responsable des activités chorales au Ghetto de
Terezín, il périt à Auschwitz après avoir – entre autres – été à l’initiative de l’exécution du Requiem de Verdi à Terezin.
E. H. : Nous étions obligés de travailler. Au printemps,
en été et à l’automne, nous faisions des travaux des
champs. L’hiver, le travail était particulièrement dur. Le
soir, nous rentrions dans nos logements. Passées vingt-etune heures en été et vingt heures en hiver, plus personne
n’était autorisé à sortir. Une fois de retour des champs –
éreintés et trempés lorsqu’il pleuvait –, nous tenions nos
répétitions. À vingt ou vingt-et-une heures, tout devait
s’arrêter. Nous étions heureux, malgré la faim, malgré les
morts si fréquentes... Le fait de chanter, de donner des
concerts, d’étudier de nouvelles œuvres nous emplissait
de bonheur. Avant d’arriver à Terezín, je m’étais vue
interdire l’accès aux écoles. Je n’avais plus le droit de faire
du sport. Ainsi, pouvoir tout à coup faire partie d’un
chœur était un grand bonheur. Bien sûr, j’étais séparée de
mes parents et j’étais très triste. Mais, grâce au chant, des
amitiés pérennes se sont nouées là. La musique permettait un oubli momentané des circonstances d’alors.
110
111
Aujourd’hui Brundibár est connu de manière universelle. Presque partout dans le monde, des enfants l’apprennent et, grâce à cet opéra, découvrent les persécutions
nazies contre les Juifs. Une fois, le père d’un de ces enfants
est venu me dire que son fils avait appris plus en histoire en
travaillant sur Brundibár que tout au long de l’année scolaire. S’il s’agit d’un opéra pour enfants, c’est aussi une
œuvre très bien écrite, moderne pour son temps, brechtienne. Cet opéra n’a pas été composé pour Terezín. Il date
de 1938. Cependant, lorsque nous arrivions aux derniers
vers consacrés à la victoire des enfants – « Brundibár est
vaincu, ça y est, nous l’avons eu ! Faites sonner les tambours, car
nous avons gagné ! Nous avons gagné, car nous n’avons pas eu
peur ! » – nous étions dans un état extatique. Ces propos
m’ont donné beaucoup de force dans ma vie future.
le Requiem de Verdi. Ce piano reposait sur de vulgaires
trépieds. Que lui était-il donc arrivé pour qu’il soit dans cet
état ? Nous le déplacions souvent, ce qui ne devait pas lui
faire de bien. Pour les répétitions, nous utilisions également
un vieil harmonium, y compris pour le Requiem. Une fois,
en début de répétition, Rafael Schächter appuya la touche
du la et constata que la note était fausse. Il envoya un coup
de pied à l’harmonium, jura de façon grossière, puis sortit
de sa poche un diapason et donna le la. La répétition débuta enfin. Comme on ne disposait que d’un seul exemplaire
de la partition chant et piano du Requiem de Verdi, les uns
et les autres apprenaient leur partie par cœur.
P. O. : De quels instruments de musique disposait-on
dans le cadre de ces activités ?
E. H. : On y a – après la libération du ghetto – découvert une petite synagogue. Il s’agissait d’un coin minuscule
dans une salle. Voilà qui est évident, dans la mesure où ce
camp de concentration n’était peuplé que d’Israélites.
E. H. : Nous n’avions qu’un seul piano. L’excellent compositeur Gideon Klein2 nous accompagnait sur celui-ci pour
P. O. : La musique liturgique juive était-elle pratiquée
à Terezín ?
P. O. : On connaît désormais l’ouvrage de Joza Karas
consacré à la musique à Terezín3. La recherche continue-
2. (1901-1945). Considéré comme l’un des espoirs de la musique
européenne, ce jeune compositeur était aussi un brillant pianiste.
Déporté d’abord à Auschwitz, il décéda au camp de Fürstengrube
en Silésie.
3. Joza Karas : La musique à Terezín – 1941-1945, Gallimard, Paris,
1993.
112
113
t-elle à progresser dans le domaine des études consacrées à ce lieu ?
E. H. : Oui. Il existe aujourd’hui une documentation
très précise. Un travail en plusieurs volumes recense la
liste complète des êtres humains qui sont passés par
Terezín, qu’ils y soient morts, qu’ils aient été envoyés
ailleurs ou qu’ils aient éventuellement survécu. Voilà qui
peut aider considérablement, dans leurs recherches, les
personnes présentes parmi nous ce soir. Plusieurs d’entre elles nous ont dit, tout à l’heure, qu’elles avaient
perdu un membre de leur famille, voire leur père ou leur
mère à Terezín. Je suis évidemment très touchée par les
questions émanant de plusieurs de nos auditeurs. Ils
éprouvent le besoin – naturel – de savoir. Pour revenir,
maintenant, aux volumes concernant les Tchèques, ils
sont maintenant achevés. Ceux traitant des Juifs allemands sont en cours de publication. Par ailleurs, je vous
recommande l’ouvrage intitulé Theresienstadt 1941-1945,
écrit par Hans Günther Adler, un autre ancien détenu de
ce camp de concentration4. Le sujet y est abordé sous
tous les points de vue : la santé, les transports, la culture.
La chronologie de cet ouvrage est très précise.
P. O. : On y apprend, entre autres, que le célèbre compositeur Richard Strauss – pourtant d’une extrême mollesse à l’égard du régime national-socialiste – s’était
rendu en 1942 à Terezín afin d’y demander l’élargissement de Paula Neumann, la grand-mère de sa bru. Le
commandant de la place refusa de le recevoir5. Je
souhaiterais, désormais, aborder un autre thème : Quel
souvenir gardez-vous des contrôles de la Croix rouge à
Terezín ?
E. H. : Le ghetto était alors embelli pour l’occasion.
Les malades étaient envoyés au préalable vers Auschwitz,
surtout les personnes âgées. Ils n’en revinrent évidemment jamais. Un grand nettoyage des maisons était effectué à l’avance, principalement sur les lieux du trajet
prévus pour la visite. Il s’agissait là d’un effroyable mensonge, notamment lorsque la chose était filmée. On le
constate en regardant le documentaire réalisé, en 1944,
par Kurt Gerron et connu – en France – sous le titre
apocryphe suivant : Le Führer offre une ville aux Juifs6.
Une fois, le contrôle de la Croix rouge devait s’arrêter
4. Hans Günther Adler : Theresienstadt – 1941-1945, Mohr Verlag,
Tübingen, 1955.
5. Brigitte Hamann: Winifred Wagner oder Hitlers Bayreuth, Piper,
Munich, 2002, p. 454.
6. Amaury du Closel : Les Voix étouffées du IIIe Reich, Actes Sud,
Arles, 2005, p. 373.
114
115
dans notre pièce, là où n’étaient logés que des jeunes
gens. Une nuit, nous fûmes expulsés de cette pièce. Trois
jours plus tard, lorsque nous y revînmes, nous trouvâmes
une chambre élégante, avec des lits au lieu des planches
sur lesquelles nous dormions, et des draps blancs. La
pièce sentait bon le bois frais. De ce fait, les membres des
commissions de contrôle furent incapables de déceler ce
qui se passait réellement à Terezín.
P. O. : Jusque quand êtes-vous restée à Terezín ?
E. H. : J’y suis demeurée jusqu’au 8 mai 1945 au soir,
le moment de l’arrivée des troupes soviétiques. Je ne
saurais décrire la joie avec laquelle nous avons accueilli
celles-ci. Je fus, d’ailleurs, bien surprise de voir surgir
tout à coup, de je ne sais où, de nombreux drapeaux aux
couleurs tchécoslovaques ainsi que des panneaux de
bienvenue écrits en russe. Mes parents étaient à la maison à Opava, la ville de mon enfance. J’ai décidé d’aller
les retrouver. J’ai, à l’aide de moyens de transports
divers, mis deux jours à rentrer. Je suis arrivée chez nous
un dimanche. C’était la Fête des mères. Les gens avaient
peur de nous. Ils ignoraient ce qui se passait dans les
camps. Voir, tout à coup, d’anciens détenus les inquiétait
beaucoup. Ils craignaient des représailles éventuelles ou
la transmission du typhus et d’autres maladies.
116
P. O. : Avez-vous rencontré, à Terezín, des gens venus
d’autres camps de concentration ?
E. H. : Oui, plusieurs personnes. C’était au début de
1945, quelques mois avant la libération du camp. Ces
individus revenaient de ce que l’on appelle les Marches
de la mort. Parfois, ils arrivaient entassés dans des wagons ouverts où l’on n’aurait su dire qui était encore
vivant et qui était déjà mort. D’autres s’en retournaient à
pied. On les entendait venir, même de loin. Ils portaient
des espèces de sabots qui claquaient sur la route. Même
la nuit, nous les entendions passer. Nous attendions les
ténèbres pour nous faufiler au-dehors et leur apporter
un peu de sucre ou quelque maigre nourriture. Ils
étaient au bord de l’effondrement. C’était horrible. Ces
malheureux nous ont appris l’existence des chambres à
gaz. Nous avons enfin su où se rendaient les convois
fréquemment constitués au départ de Terezín. Ils allaient
vers Auschwitz. Plusieurs d’entre eux y ont emmené les
meilleurs musiciens, chanteurs et compositeurs enfermés dans cette ancienne ville de garnison construite par
les Autrichiens.
P. O. : Existait-il, à votre retour de Terezín, des aides
institutionelles pour vous aider à vous réinsérer ?
117
E. H. : Des comités d’aide individuelle se sont vite
formés à un niveau régional. De nombreuses aides financières furent distribuées. Le plus souvent, les gens qui
revenaient des camps avaient tout perdu. Il s’agissait de
leur fournir un petit quelque chose. Et puis, il y avait des
aides financières pour ceux qui souhaitaient quitter le
pays, notamment pour Israël. De nombreux jeunes, en
particulier, décidèrent de partir vers ce pays.
P. O. : Jean-Gaspard Palenicek, notre traducteur,
souhaite vous poser une question. Je lui passe la parole.
Jean-Gaspard Palenicek : Pourquoi étiez-vous attirée
par le communisme ?
E. H. : Je me limiterai aujourd’hui à mes jeunes
années. J’avais, au moment de mon retour, seize ans. Je
souffrais de la tuberculose. Mon principal souci était de
réussir à me faire admettre dans un lycée. J’ai, finalement, passé et obtenu mon baccalauréat en tant que candidate libre. On parlait peu, dans ma famille, du nouveau
régime. Je dois avouer que j’étais, alors, favorable au
communisme.
E. H. : Je trouvais judicieux qu’il n’y ait plus de différences sociales, que tout le monde ait les mêmes droits.
Mais j’ai commencé, assez vite, à entrer en conflit avec
cette vision du monde. Lors d’un voyage universitaire –
j’ai étudié la musicologie à l’Université Charles de
Prague entre 1952 et 1957 – j’ai effectué un périple en
bus. J’ai vu, soudain, des miradors et des tours de garde
semblables à celles de Terezín. J’en ai ressenti un choc
terrible et ai eu une réaction quasiment hystérique. Ces
tours donnaient l’impression d’appartenir à l’enceinte
du ghetto. L’un de mes camarades s’est écrié : « Si elles ne
te plaisent pas, ne les regarde pas ! » Je n’ai pas supporté ce
refoulement, alors répandu en Tchécoslovaquie. Mes
compatriotes vivaient dans la dénégation des événements
tragiques s’étant déroulés, chez nous, durant la Seconde
Guerre Mondiale. Une forme d’amnésie s’était emparée
d’eux. Je me suis emportée, j’ai tempêté contre cette
forme de censure. Je me suis adressée à ce camarade
dans les termes suivants : « Ton attitude ressemble à celle des
118
119
P. O. : Issue d’une famille à moitié autrichienne où
l’on parlait allemand, et donc membre de l’une des
minorités ethniques qui faisaient la richesse de la
Première République tchécoslovaque, vous avez notamment – entre 1991 et 1995 – dirigé le Théâtre national de
Prague. Comment avez-vous vécu, antérieurement, la
période communiste ?
Allemands ! Tu fais ce que nous leur avons reproché ! » J’étais
vraiment hors de moi. En effet, les Allemands avaient – à
cette époque – comme habitude de dire qu’ils avaient
toujours ignoré l’existence des camps de concentration
et d’extermination.
Zusammenfassung
In diesem Gespräch mit Prof. Philippe Olivier schildert Eva
Herrmannová ihr Leben in Theresienstadt (Terezín), wo sie 1943
inhaftiert wurde. Damals war sie vierzehn Jahre alt. Bis zum 8. Mai
1945 blieb sie in diesem Ghetto, wo sie zu dem von Rafael Schächter
geleiteten Chor gehörte und wo sie bei zahlreichen Aufführungen der
Kinderoper Brundibár von Hans Krása mitwirkte. Damals war die
Musik für das junge Mädchen ein wichtiger Trost, obwohl sie oft Zeugin
des zynischen Benehmens der KZ-Leitung war. Z. B. war der Besuch
einer Delegation des internationalen Rotkreuzes in Theresienstadt eine
lächerliche Farce. Nach der Befreiung von Theresienstadt durch die
Rote Armee ging Eva Herrmanová zu ihren Eltern, die in Opava lebten.
Für die ehemalige Leiterin des Prager Staatstheaters ist auch dieses
Gespräch eine Gelegenheit, über die ersten Jahre der kommunistischen Regierung in der Tschechoslowakei zu reden. Damals glaubte sie
an eine neue und demokratische Gesellschaft. Nichtsdestoweniger
blieben – bei Eva Herrmannová – die langen Schatten ihrer jüngsten
Vergangenheit gegenwärtig...
120
Abstract
Eva Herrmannová, the Head of the Prague State Theater from 1991
to 1995, was interned in Terezín in 1943, at the age of fourteen.
During her discussion with Prof. Philippe Olivier, she recounts the hardship of everyday life in a place where inmates were regularly sent to
their death by train to Auschwitz. La crème de la crème of Czech and
German-Jewish professional musicians and singers were detained in
this infamous place. She shares her memories of the performance of
Brundibár, Hans Krása’s children’s opera, where she was a member of
the choir. On the 8th of May 1945, Terezín was liberated by the Soviet
Army. The young girl went to Opava, the city where her parents were
living at this point in time. Finally, Eva Herrmannová remembers the
early years of Post-War society in Czechoslovakia and her long traumas
after being detained in Terezín, a place where a rich musical life
helped many inmates keep hope alive and survive.
Table des matières
Inhaltsverzeichnis
Contents
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Amaury du Closel
Chronologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
Organisations partenaires. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
The development of a European Awareness . . . . . . . . . . . 19
Eugenia Gusev
L'Ensemble Voix Étouffées visite le camp d'Auschwitz I.
Hanns Eisler, Simon Laks, Erwin Schulhoff, Ernst
Toch, Alfred Tokayer und Alexander Zemlinsky: Sechs
Komponisten auf dem Programm einer europäischen
Konzertreise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
Gerold W. Gruber und Philippe Olivier
Une émouvante leçon de musique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
Samuel Tastet
Verfemte Music Competition, Schwerin . . . . . . . . . . . . 49
Volker Ahmels
123
exil.arte, Vienna. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
Gerold W. Gruber
Holocaust education and Memory in Transition:
The story of a small nonprofit organization and its
quest for positive change . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
Eugenia Gusev
Des fleurs arrosées par des larmes d’enfants . . . . . . . . . . 93
Philippe Olivier
« Ils allaient vers Auschwitz » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
Eva Herrmannová (Entretien avec Philippe Olivier)
Impressum
Conception, lectorat, traductions de l’allemand vers le français et du français vers
l’allemand : Prof. Philippe Olivier ([email protected]) pour le compte du Forum Voix
Étouffées et de ses partenaires présentés dans le présent volume.
Lectorat des textes en anglais : Eugenia Gusev pour le compte du Forum Voix Étouffées
et de ses partenaires présentés dans le présent volume.
Les biographies des compositeurs ont été publiées dans la brochure exil.arte – EU Project
2008-2009, Vienne, 2009. Elles ont été rédigées par Gerold W. Gruber et Philippe Olivier.
Le texte intitulé « Ils allaient vers Auschwitz » est la version écrite d’une discussion
publique avec Eva Herrmannová. Celle-ci s’est déroulée au Centre tchèque de Paris le jeudi 31
janvier 2008, lors du concert de clôture du Festival Voix Étouffées 2008.
Les textes d’Eugenia Gusev, Volker Ahmels, Amaury du Closel, Philippe Olivier et Samuel
Tastet sont des contributions originales destinées au présent volume.
Les contributions constituant le présent volume sont publiées sous la responsabilité de
leurs rédacteurs respectifs.
Deutsschprachige Beiträge: Die Schreibweise entspricht den Regeln der alten
Rechtschreibung.
Toutes les photographies figurant dans le présent volume ont été réalisées par Eugenia Gusev.
Remerciements particuliers à Nathalie Grenon, Gernot Grohs, Nicolae Licaret, Hélène
Mouchard-Zay, M. Henri Paul, Ambassadeur de France en Roumanie, Pawel Sawicki, Samuel
Tastet et Christophe de Winter.
125
Forum Voix Étouffées
125, rue de Turenne
F-75003 Paris
France
Tél. : + 33 (0)6 28 51 57 74
E-mail : [email protected]
www.voix.etouffees.org
La maquette,
la mise en pages
& la couverture de
Retour / Rückkehr / Return
ont été réalisées par
Samuel Tastet.
La typographie
a été effectuée en
Didot et Futura.
L’impression,
confiée à
Arta Grafica
à Bucarest,
a été achevée
le jeudi 16 juillet 2009.
Vue depuis l'œilleton d'une cellule de condamné à mort
dans le camp d'Auschwitz I.