la chirurgie esthétique en héritage
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la chirurgie esthétique en héritage
Docteur Béatrice Lafarge-Claoué LA CHIRURGIE ESTHÉTIQUE EN HÉRITAGE Comment embellir la vie avec la médecine et la chirurgie esthétique anti-déprime CHAPITRE 1 Plus qu’une famille, une dynastie Je suis née princesse au royaume merveilleux de la chirurgie esthétique où régnait Charles Claoué, mon grand-père. Dès l’enfance, mon frère et moi fûmes déclarés dauphin et dauphine par une mère possessive et autoritaire pour qui la succession ne faisait aucun doute. Serais-je reine un jour dans ce monde de la beauté ? Le désir de ce fabuleux et fascinant pouvoir de donner le bonheur alternait avec le doute et l’angoisse de ne pas en être capable. Mes premiers souvenirs remontent aux déjeuners du jeudi chez ma grand-mère Isabelle Claoué, une très grande bourgeoise d’Épinal issue d’une famille de riches industriels du textile. Blonde, très belle, c’était une dame d’une distinction raffinée. Elle avait roulé carrosse dans son enfance sans jamais travailler de sa vie. Elle a su entourer Charles Claoué, son époux, un grand bourgeois bordelais, des us et coutumes de son milieu social. Chez elle, tout était lisse, on ne prononçait jamais un mot plus haut que l’autre et les conversations qui fâchent étaient systématiquement bannies. C’est elle qui m’a gentiment accueillie lorsque, à l’âge de 18 ans, je décidais de fuir le domicile familial et les relations tempétueuses que j’entretenais avec ma mère. Très réservée, elle partageait peu ses sentiments ; il était hors de question de lui confier mes problèmes ou de discuter de choses intimes avec elle. J’ai le doux souvenir de la Fête-Dieu qu’elle avait organisée pour nous dans sa chambre, 9 PARTIE 1 un jour où ma sœur Geneviève et moi, malades, ne pouvions nous y rendre. Tout habillées de blanc, des rubans blancs dans les cheveux, nouant nos anglaises blondes, nous avons lancé des pétales de roses odorants aux pieds de la statue de la Sainte Vierge qui trônait dans sa chambre. C’était magique. Elle nous recevait donc très gentiment le jeudi, qui était alors le « jour des enfants », celui où ils étaient dispensés d’école. La discipline était extrêmement stricte et il nous était interdit de parler à table. Sages comme des images, nous attendions, sous la houlette de ma mère et de ma grand-mère, l’arrivée de leurs époux et notamment du premier d’entre eux, mon grandpère, véritable chef du clan. En retard la plupart du temps, il montait du premier étage où avaient lieu les interventions jusqu’à son appartement du quatrième. Accompagné de tout son staff, chirurgiens, assistants, aides opératoires, secrétaires, il ne nous adressait que peu la parole, préférant se tourner vers son équipe pour commenter les opérations, les problèmes ou les succès qu’ils avaient rencontrés. Nous, les enfants, le regardions, fascinés, en buvant ses paroles. Aujourd’hui, je ne me souviens plus de ses propos, mais je suppose qu’ils sont restés quelque part gravés dans mon inconscient avec l’image de ce mandarin en blouse blanche qui ne mangeait pas de viande. Je ne peux oublier l’étrange cérémonial qui accompagnait ce repas. Dès que Charles Claoué était assis, le personnel de service se pressait autour de sa place poussant une desserte roulante sur laquelle trônait son unique repas végétarien. Les autres convives étaient ensuite servis de façon plus traditionnelle. Lors de ces repas hebdomadaires, mon père, évidemment, prenait part à la conversation. Alors que Charles Claoué était ORL de formation et chirurgien esthétique de fait, comme cela se pratiquait alors, mon père, en digne fils de notre patriarche, fit son internat en chirurgie plastique à Paris, chez le Pr Morel Facio, avant d’exercer comme plasticien à l’hôpital, qu’il 10 LA CHIRURGIE ESTHÉTIQUE EN HÉRITAGE quitta au grand dam de ses patrons pour la clinique paternelle. Ma mère, médecin également, qui avait intégré l’équipe, recevait les patients et gérait le personnel. Avec son autorité de fer, cette businesswoman épaulait très efficacement Charles, son beau-père, et Bernard, son mari, jusqu’à ce qu’un double drame frappe notre famille. Charles Claoué, mon grand-père, une figure charismatique de réputation internationale Mon grand-père, un pionnier de cette branche si particulière de la médecine qu’est la chirurgie esthétique, fut à l’origine, vers les années 1940, d’une fameuse clinique de chirurgie esthétique, l’une des premières en France, dont ma famille est encore aujourd’hui propriétaire. Charles Claoué était un véritable « monument », un homme hors du commun comme on n’en voit que peu par siècle, un personnage charismatique, un grand humaniste. Médecin, intellectuel, chercheur, scientifique, philosophe, artiste, humain, proche de ses patients et capable d’intervenir bénévolement comme il s’y était engagé en prêtant le serment d’Hippocrate, c’était un être d’une trempe devenue rare. Il ne s’en vantait pas, mais j’ai retrouvé dans nos archives des petits mots de remerciement de bon nombre d’actrices célèbres et de femmes très modestes qu’il avait opérées gratuitement dans leurs 20 ans. Elles en gardaient un souvenir très ému. Il était réputé pour sa chirurgie du rajeunissement mais surtout pour ses petits nez en trompette très reconnaissables et qui étaient sa signature. J’ai personnellement rencontré dans ma vie professionnelle une femme politique importante dont il avait, trente ans plus tôt, refait le nez bénévolement alors qu’elle était encore toute jeune institutrice de maternelle et qu’elle l’avait supplié de 11 PARTIE 1 corriger cet affreux appendice qui la défigurait. Elle lui en était infiniment reconnaissante et avouait que cette transformation avait changé le cours de sa vie. Charles Claoué fut le premier à se battre pour la reconnaissance de la chirurgie esthétique en tant que spécialité « à part » qui ne doit pas être régulée comme la médecine traditionnelle, le premier aussi à affirmer son caractère thérapeutique et social indiscutable. Comment nier qu’un acte de chirurgie esthétique est thérapeutique lorsqu’il permet de sortir d’un état de douleur morale générateur de complexes inhibants et de maladies psychosomatiques, aidant ainsi le patient à retrouver confiance en lui et à s’épanouir ? Aujourd’hui, le combat de mon grandpère est reconnu dans la plupart des pays du monde sauf, paradoxalement, en France, où nous sommes à la traîne, très restrictifs et étriqués dans notre abord de cette époustouflante spécialité. Végétarien et, chose extraordinaire à l’époque chez les scientifiques, fervent pro-guérisseurs et naturopathes, il était alors président du Centre d’études biologiques et médicales. Très lié avec Mességué, il s’était mis à dos l’ordre des médecins en s’associant avec Charles de Saint-Savin, magnétiseur, pour regrouper les guérisseurs de France et créer le Groupement national pour l’organisation de la médecine auxiliaire (GNOMA). Parallèlement à sa carrière de chirurgien, il avait créé un collège d’initiation sociale qui réunissait régulièrement des journalistes afin d’aborder divers sujets sociétaux et de les diffuser dans les médias. Il fut également à l’origine de la loge Simon, une des premières loges maçonniques de France, et ce, à l’insu de son épouse, ma grand-mère. Je l’appris inopinément, par le Dr Simon. Un jour que je me lavais les mains à côté de lui, au bloc opératoire, il m’interpella et me parla de l’amitié qui le liait à mon grand-père. Il était né dans le chaudron chirurgical, 12 LA CHIRURGIE ESTHÉTIQUE EN HÉRITAGE puisque son père exerçait comme chirurgien des armées. Rappelons qu’à cette époque cette spécialité qui cherchait encore sa voie ne se pratiquait que sur les champs de bataille et les gueules cassées des soldats. Mais revenons à mon grand-père. Professeur d’anatomie et assistant du service ORL à Bordeaux quand ni la chirurgie esthétique ni la chirurgie plastique n’existaient en tant que telles, il s’est vite pris de passion pour la chirurgie du visage qu’il pratiquait à l’hôpital. Pour perfectionner sa technique, il est parti entre les deux guerres en Allemagne se former auprès d’un praticien renommé pour ses compétences maxillo-faciales, le Dr Aufricht. Puis, à la fin des années 1940, il est monté à Paris, d’où sa réputation a rapidement fait le tour du monde. On ne compte plus les stars nationales et internationales dont il a refait le nez, ce fameux nez à la retroussette qui prenait sans doute mieux la lumière. D’ailleurs, comme l’écrit Claude Lanzmann dans Le Lièvre de Patagonie, on ne parlait pas à l’époque de nez refait mais de « nez Claoué » dans les milieux artistiques. Ma mère, une battante marquée par la vie, une rebelle d’une énergie rare Ma mère était d’origine beaucoup plus modeste que son époux, Bernard Claoué. Ma grand-mère maternelle, Augusta Meunier, aux antipodes d’Isabelle Claoué, venait d’une famille pauvre du Nivernais – à la longévité exceptionnelle, puisque, lorsque j’ai été me recueillir sur leurs tombes, j’ai pu constater que mes aïeux mouraient généralement autour de leur 96e année, chose rare il y a deux siècles. L’histoire de ma famille maternelle peut rivaliser en sordide avec un roman de Zola. Mon arrière-grand-mère Stéphanie, restée seule après la dérive de son mari, qui avait 13 PARTIE 1 perdu sa boulangerie au jeu, se confina dans la contemplation de Dieu. Pour toute nourriture, elle offrait de l’eau de son à ses enfants et les surveillait si mal qu’un de ses fils tomba par la fenêtre. À la suite de ce drame, ma grand-mère maternelle fut recueillie par des religieuses et ne revit sa mère que bien des années plus tard, allongée mourante sur une civière, et en resta marquée toute sa vie. Les sœurs lui apprirent la couture et le service des petites filles riches de la pension. Elles lui inculquèrent un sens profond du devoir et du travail, et le plaisir ne faisait pas partie de son monde. Elle habitait chez nous avec son mari, au cinquième étage de l’avenue Alphand où s’entassaient donc mes grands-parents, mes parents et leurs quatre enfants, sans oublier la cuisinière, la nurse et le valet de chambre, qui dormaient, eux, au sixième étage. C’est Augusta, ma grand-mère, cette femme simple et pétrie des valeurs morales par l’éducation des sœurs, qui nous a élevés avec une tendresse inexprimée, mais un amour bien réel. C’est elle aussi qui nous accompagna, ma sœur Geneviève et moi, à Megève après notre primo-infection tuberculeuse. Quelques années plus tôt, lorsqu’elle était enceinte de mon frère, ma mère avait contracté la tuberculose à l’hôpital et sa seule chance de guérison avait été le sanatorium à Megève. Elle y envoya tout naturellement ses filles après un test positif à la maladie. Pendant deux ans, j’ai donc fréquenté l’école communale de Megève. Je n’ai pas oublié ses bancs, ses plumiers blancs dans le bois de nos tables, sa cour glacée et l’horreur de la fosse septique dans laquelle j’étais tombée, la fontaine du village qui n’a pas bougé, les champs de narcisses que je traversais après la bouillie de gruau du petit déjeuner pour rejoindre l’école, la patinoire où j’allais danser avec mes nattes, ma petite robe de velours bleu et son bonnet rond. Je garde un souvenir ému du petit village de Megève, de sa beauté et de sa simplicité. Pourtant, ce séjour a considérablement freiné ma scolarité. Incapable de lire 14 LA CHIRURGIE ESTHÉTIQUE EN HÉRITAGE et de compter correctement, j’ai été obligée de redoubler ma dixième à Sainte-Marie. Et j’ai longtemps gardé un vocabulaire et un accent mégevan, peu correct pour une petite fille du 16e. Mais revenons à cette femme d’exception que fut Madeleine, ma mère. À une époque où peu de jeunes filles passaient leur bac, elle se destinait, via HEC, à un poste de cadre commercial. Malheureusement, elle a été victime d’un terrible accident de voiture alors qu’elle était au volant. Pour cette fois, son caractère fort, autoritaire et son esprit de rébellion ont joué contre elle puisqu’elle conduisait sans permis. À cette époque, les poignées intérieures des véhicules étaient pointues et tournées vers le conducteur. Lors de la collision, la poignée a violemment percuté son œil, qui a été détruit irrémédiablement. À 18 ans, elle s’est retrouvée énucléée et totalement défigurée. Hospitalisée de nombreux mois et certaine de ne plus pouvoir exercer la profession à laquelle elle se destinait, elle a décidé de devenir infirmière. Le chirurgien maxillo-facial qui l’a prise en charge, à défaut de pouvoir réparer son visage, l’a convaincue de faire médecine en lui affirmant qu’elle en avait les capacités. Elle a fait sa médecine pendant la Deuxième Guerre mondiale et je l’ai souvent entendue raconter que ses copains externes disparaissaient du jour au lendemain. Étaient-ils partis rejoindre la Résistance, pris par la Gestapo ou tout simplement mobilisés et en route pour le front ? C’est au cours de sa première année de médecine qu’elle a rencontré mon père, dans une librairie où il lui proposa de l’aider à choisir un livre. Elle s’enfuit. Après cette première rencontre, le destin les fit se retrouver autour d’une table d’anatomie. À cette époque, persuadée qu’avec son physique elle était incapable de plaire, elle évitait les garçons, pensant ne jamais se marier, en 15 PARTIE 1 dépit des grosses lunettes noires qui masquaient le trou béant qu’elle arbore toujours en lieu et place de son œil. Mon père, lui, l’a immédiatement remarquée et s’est montré très paternaliste avec elle, ce qui lui a profondément déplu. Il est très vite tombé fou amoureux d’elle, de son caractère indomptable et de son corps superbe. Mais elle repoussait ses avances dont elle ne comprenait pas les motivations, puisque, je le répète, ce trou qui lui servait d’œil lui paraissait une barrière insurmontable. Il lui a fait une cour assidue pendant de longs mois avant qu’elle n’accepte de le croire et de partager son élan. Imposée à la famille Claoué profondément hostile à cette mésalliance entre un jeune homme bien né et une promise au physique ravagé, petite roturière sans dot de surcroît, Madeleine, à qui fut même refusée une bague de fiançailles, épousa Bernard ! Une borgne pour parler de beauté ! La suite prouva que mon père avait fait le bon choix, car ma mère s’est révélée précieuse, voire indispensable à la croissance de ce qui est encore aujourd’hui notre entreprise familiale. Elle a contribué au développement de la clientèle de son beau-père et à l’installation de son mari. Très douée sur le plan relationnel, elle faisait tout naturellement la communication de la clinique et de ses chirurgiens. Quand j’y pense, je me dis qu’elle est digne d’un personnage de tragédie. Car cette femme qui toute sa vie a parlé d’esthétique et de beauté aux femmes qui venaient se faire opérer dans la clinique familiale a elle-même vécu un drame irréparable dans son image, et ce, dès l’âge de 18 ans. Elle était défigurée, à une époque où la chirurgie esthétique ne pouvait rien pour elle, 16 LA CHIRURGIE ESTHÉTIQUE EN HÉRITAGE pourtant elle a eu le cran d’en faire son métier en expliquant aux femmes qui venaient chez elles tous les bénéfices qu’elles pourraient retirer de leur intervention. Quoi qu’il en soit, elle a beaucoup œuvré pour le développement de l’entreprise familiale. Elle a eu la présence d’esprit de faire agréer ce qui tenait encore de l’officine en tant que clinique agréée de chirurgie esthétique par le ministère de la Santé. De plus, cette ancienne élève de HEC a su, petit à petit, acheter tout l’immeuble du 12, avenue Alphand, où était basée la clinique. Un investissement inestimable pour la famille, qui se retrouvait propriétaire d’un véritable petit bijou situé dans le carré d’or parisien, et très appréciable aussi pour l’activité chirurgicale de mes aînés. Ils ont pu étendre la clinique, du premier étage à d’autres parties du bâtiment, sans que d’éventuels copropriétaires récalcitrants ne s’opposent à la transformation d’un immeuble d’habitation en clinique de chirurgie esthétique. En prime, cela garantissait un peu plus l’anonymat des stars qui venaient se faire refaire le nez chez mon grand-père. Tout a été fait pour le développement de son activité internationale. À cette époque, les patients désireux de modifier leur nez ou de perdre quelques années avec un lifting arrivaient le matin au premier étage de l’immeuble, dans ce qui est aujourd’hui l’espace consultations et secrétariat. Charles ou Bernard les opérait après que l’anesthésie avait fait effet, puis ils se reposaient une heure ou deux avant de rentrer chez eux avec un plâtre ou un gros pansement sur le visage. Cette technique ambulatoire a presque disparu pendant plusieurs décennies. Cependant, elle est pratiquée de façon quasi systématique aux États-Unis et on sent les prémices de son retour en France. Quant à la chirurgie mammaire, dont mon grand-père fut un précurseur et sur laquelle il a beaucoup publié, elle se faisait en milieu hospitalier. 17 PARTIE 1 Et puis vint le temps des deuils Notre famille vivait au rythme de mon grand-père, de ses combats, de ses défaites momentanées qu’il réussissait toujours à transformer en victoires. Désireux de promouvoir la chirurgie esthétique comme une discipline médicale obéissant à des règles différentes de celles de la médecine traditionnelle, animé par la volonté de faire reconnaître la légitimité les médecines parallèles, auteur de plusieurs livres importants, il guerroyait dans des combats médiatisés contre le conseil de l’ordre des médecins. Le tout était ponctué pour nous, les enfants, par les déjeuners du jeudi. Jusqu’au jour où, dans sa soixantième année, Charles Claoué, qui venait de prendre sa voiture, fut percuté porte Maillot par un chauffard qui avait grillé un feu, lui fracturant ainsi les côtes. Il se remit relativement bien de cet accident, mais, au huitième jour, une embolie pulmonaire, un mal qu’on ne savait pas soigner alors, le terrassa. Pour notre famille, ce fut un véritable séisme. Notre univers tournait autour de cet homme. Il était notre dieu vivant. La France entière lui rendit hommage et je me souviens encore de l’annonce au journal télévisé de 20 heures : « Une grande figure de notre chirurgie esthétique vient de nous quitter, victime d’un accident de la circulation. » Cette mort aussi brutale que prématurée marquait pour nous la fin d’une époque, même si mon père était là pour assurer la succession avec ma mère à ses côtés. La vie reprit son cours, mais quelque chose venait de se briser à jamais. Ce n’était pas encore la fin de nos malheurs. Sept ans plus tard, en août, mon père, grand amateur de courses de voiliers participait à la régate Santander–La Trinité-sur-Mer quand une tempête s’est brutalement abattue sur le golfe de Gascogne. 18 LA CHIRURGIE ESTHÉTIQUE EN HÉRITAGE De nombreux équipages furent pris dans la tourmente. Je me trouvais avec ma mère en vacances dans notre maison de Carnac quand elle a reçu un télégramme : « Bernard tombé en mer, organisons les recherches. » Je n’oublierai jamais ce jour maudit où, lorsqu’elle a pris connaissance du petit papier bleu, je l’ai vue, pour la première et seule fois de ma vie, blêmir et défaillir. Livide, elle est tombée en arrière sur le canapé comme si elle perdait connaissance. Puis, très vite, elle s’est reprise. Elle a empoigné le téléphone, a appelé un ami pour le mettre au courant du drame et lui demander de louer immédiatement un avion afin de l’aider à mener ses propres recherches en survolant au plus près la zone du naufrage.Trois semaines plus tard, le corps n’ayant pas été retrouvé, elle a loué un second avion pour lancer une magnifique gerbe de fleurs à l’endroit où il avait disparu. Animée par l’esprit de survie, elle a alors frappé à la porte du ministère de la Santé afin de réclamer un agrément pour ce qui allait devenir la clinique de chirurgie esthétique Alphand qu’elle dirigerait pendant quarante-cinq ans. La fin tragique de Bernard Claoué, cet homme de 43 ans à l’avenir prometteur dans le monde de la chirurgie esthétique, fut très difficile à assumer pour les proches, sa mère, son épouse et ses quatre enfants. La fin de mon enfance et le début de mon adolescence furent donc marqués du sceau de la mort et particulièrement de la mort des figures masculines fauchées dans la force de l’âge. Des années durant, je me réveillais en pensant à leur disparition que je trouvais injuste. J’étais proprement révoltée. J’avais beaucoup prié pendant ce mois d’août à Carnac, couru à la petite chapelle de la ville demander à Dieu de me rendre mon père, mais Dieu n’avait pas voulu m’exaucer. Pourquoi ? Et pourquoi nous avoir donné la conscience d’être pour ne plus être un jour ? J’éprouvais une violence immense de ces départs et une révolte 19 PARTIE 1 profonde à l’idée inacceptable du mien à venir. Aujourd’hui, alors qu’il s’approche, la rage s’est atténuée, mais la douleur de l’absence des mots paternels est toujours aussi présente. J’aurais aimé pouvoir garder plus longtemps sa chaleur, mais ce sont les échanges, les discussions que nous aurions pu avoir ensemble qui me manquent le plus. Après les décès successifs de Charles et Bernard Claoué, mon univers a été dominé par des femmes : ma mère évidemment, ma grand-mère Claoué et ma grand-mère Meunier, beaucoup plus simple, douce et maternelle. Je pense que cela m’a beaucoup aidée à prendre mon propre destin en main et m’a donné un regard différent, très féministe, sur les femmes. Mon père et son auréole de mystère La mort de mon père reste encore aujourd’hui pour moi nimbée de mystère, son corps n’ayant jamais été retrouvé. Des années durant, j’ai rêvé qu’il revenait. Même à l’état conscient, j’avais beaucoup de mal à me persuader de sa mort. Il avait disparu, il pouvait donc réapparaître un jour ou l’autre. Était-il sur une île ? Avait-il voulu échapper à son destin de chirurgien et fuir une vie déjà toute tracée ? Souvent, je pensais qu’il avait réussi à se sortir des flots monstrueux, qu’il était peutêtre naufragé solitaire, mais qu’il reviendrait nous rejoindre, qu’il ne pouvait pas nous abandonner. Je ne pouvais croire à sa mort et j’attendais follement son retour, qui ne vint jamais. J’ai de lui des souvenirs fragmentés, certes, mais les images gravées en moi sont très fortes. Curieusement, je ne le revois pas vraiment en tant que chirurgien, ce rôle étant très certainement dévolu à mon grand-père et les quelques années séparant leur décès ne lui ayant probablement pas permis de s’affirmer face à la 20 LA CHIRURGIE ESTHÉTIQUE EN HÉRITAGE figure charismatique du patriarche dans le cercle restreint de l’univers familial. En revanche, je le revois comme un très grand sportif, et c’est d’ailleurs en sportif qu’il a disparu. J’ai appris plus tard, par certains de ses patients qui sont devenus les miens et par nombre de ses amis, qu’il était aussi un grand intellectuel, féru de littérature, de philosophie et de spiritualité. Mais j’étais trop jeune, lorsqu’il nous a quittés, pour pouvoir échanger sur ce plan avec lui. Donc, les souvenirs les plus marquants que j’ai de lui sont les souvenirs du sportif. Je le revois lorsqu’il rentrait le matin du bois de Boulogne où très tôt, avant d’opérer, il montait quotidiennement sa jument Étoile Filante, un petit pursang arabe. C’était un petit homme, comme tous les Claoué, ce qui ne l’empêchait pas d’être imposant, surtout lorsqu’il arrivait chaussé de ses grandes bottes de cuir sombre. Mon bonheur de petite fille était de monter sur une de ses bottes et qu’il me pousse avec l’autre botte pour que je puisse le débotter. C’était un homme austère et sévère dans son éducation avec ses filles, mais je sais qu’il avait pour moi une véritable adoration. J’ai le souvenir de la fois où il avait su me protéger de ma mère, car à l’époque déjà la rivalité qui régnait entre nous était forte. Il la coupa devant moi : « Mais enfin, voyons, Madeleine, laissela tranquille. » Je pense qu’avec les années nous aurions pu développer une véritable complicité, qu’il m’aurait beaucoup appris sur notre métier, et ses mots me manquent. Il est parti trop tôt pour que la femme et le chirurgien en moi puissent discuter de choses essentielles avec lui. Une fois, une seule, il m’a parlé de beauté, ou plus exactement de ces comportements féminins qu’il jugeait exécrables, comme papillonner des cils, une simagrée qu’il détestait. Il attachait une grande importance au maintien et à la démarche, c’est la raison pour laquelle toutes ses filles ont fait de la danse ! 21 PARTIE 1 Une scolarité triste et studieuse J’ai fait toutes mes études, de la dixième que j’ai redoublée en rentrant de Megève à la terminale, à Sainte-Marie, chez les religieuses. C’était dur, mais j’y ai appris à travailler. Les sœurs, très exigeantes, nous marquaient d’un sceau indélébile. Pour moi, déjà malmenée par la mort des hommes de ma famille, leur philosophie binaire, avec d’un côté le bien, de l’autre le mal et une impossibilité totale de transgression, fut très lourde à porter. Je ne regrette pas. Cela aurait pu me casser. Au contraire, cela m’a accusé le caractère, me donnant le sens de l’effort, du travail bien fait et du sacrifice. À partir des dernières années de primaire et pendant tout le reste de ma scolarité, j’étais une petite fille et une adolescente triste. Mon grand-père était mort, j’avais perdu mon père. Ma mère, après avoir décidé sans trop nous consulter, mon frère et moi, que nous reprendrions les rênes de la clinique, ne s’occupait guère de nous et j’étais élevée par ma grand-mère maternelle. Je devais faire des études scientifiques pour lesquelles je n’étais pas douée, mais je compensais en travaillant beaucoup. À force d’application, j’ai réussi à entrer en « sciences ex » (la terminale scientifique de l’époque) au lycée Janson-de-Sailly, qui avait accepté de me prendre tout en me conseillant de faire plutôt une terminale littéraire. Je ne comprenais rien aux maths, rien aux disciplines scientifiques et, du bac jusqu’à la fin de ma médecine, j’ai dû apprendre une somme astronomique de choses par cœur, juste pour avoir mes examens. 22 LA CHIRURGIE ESTHÉTIQUE EN HÉRITAGE « La vie est un combat » : mon credo, ma philosophie Cette petite phrase que me serinait ma mère résonne toujours à mes oreilles et s’impose encore à moi aujourd’hui. Je me suis sentie souvent guerrière, bien éloignée des princesses de ces contes de fées qu’on ne m’a pas racontés. Enfant de l’aprèsguerre, je devais me comporter en soldat pour conquérir un monde d’où la douceur, la féerie et la facilité étaient bannies. En guise de baguette magique, j’ai dû manier l’effort, le courage et le travail. 23 CHAPITRE 2 Une expérience de compagnonnage formatrice et enrichissante Je devais avoir 14-15 ans quand mon père décida qu’après mon bac il m’enlèverait la petite bosse que j’avais sur le nez. C’est le Dr Jost, un plasticien brillant venu travailler à la clinique à la demande de ma mère après la tragique disparition de son époux, qui pratiqua l’intervention. Elle était décidée de longue date sans que j’en sois réellement demandeuse. Je n’ai pas souvenir d’avoir été vraiment complexée par ce défaut mineur. En revanche, j’étais une fille de devoir. Pour moi, cette rhinoplastie concluait un parcours initiatique au cours duquel je devais passer mon bac, puis le permis, puis me faire refaire le nez. J’avais l’impression que ces trois événements étaient liés et que leur accomplissement était un passage obligé pour entrer enfin dans ma vie d’adulte. Je n’eus qu’à me louer de cette intervention qui m’affina un visage auparavant triste et rude, le féminisa et me donna une sensation de mieux-être et de positif dans la vie dont je n’avais pas idée auparavant. Me regarder dans le miroir devint un plaisir et me fit comprendre que je pouvais m’aimer. À 18 ans, donc, bac et permis de conduire en poche, plâtre sur le nez, je me mets en quête de mon premier job d’été. Plus que jamais, je voulais être chirurgien esthétique et tout naturellement je cherchais un poste d’aide opératoire en chirurgie esthétique. C’était facile pour moi de descendre au bloc opératoire, je me suis donc d’abord adressée à ma mère, et Jacques Faivre, chirurgien 25 PARTIE 1 à la clinique Alphand, à qui elle en avait parlé, m’a contactée directement pour me proposer de l’assister à la clinique des Maussins pendant ce premier mois de juillet qui suivait mon bac. J’étais la fille Claoué, ce qui a certainement aidé à l’aboutissement de mes démarches. En tout cas, mon enthousiasme, mon imprégnation et mon désir fou d’apprendre ont su lever les obstacles à l’embauche de la débutante que j’étais sans aucune connaissance médicale. Qu’importe pourquoi et comment, j’ai eu la chance de travailler ce mois de juillet et les suivants avec des chirurgiens de talent qui non seulement m’acceptaient, mais qui, me semble-t-il, voulaient vraiment m’aider. Je pense qu’ils ont eu de la bienveillance à mon égard. Était-ce dû à la compassion qu’ils ressentaient pour ma famille et moi-même après les décès de mon grand-père et de mon père ou au fait que j’étais presque encore une enfant à la détermination sans faille ? Je ne peux pas trancher, c’est un ensemble sûrement. Assister des chirurgiens de talent et des équipes de pointe À la clinique Victor-Masse, où avaient déjà lieu les premières lipoaspirations (une avancée révolutionnaire dans la correction de la silhouette qui fera l’objet d’un autre chapitre), j’assistais à des interventions avec le Dr Slamia, inventeur d’une spatule pour décoller les plans avant la pose de prothèses mammaires. Ce petit homme rondouillard était un « magnifique » chirurgien, un véritable orfèvre en dépit de ses doigts brûlés par la radiothérapie à l’époque où les praticiens, ignorant encore les risques liés à cette technique, laissaient leurs mains dans les champs de rayons X lorsqu’ils faisaient des radios. J’étais bluffée par sa dextérité, mais en même temps je ne pouvais oublier ses doigts, tout boudinés, tout brûlés, qui sans doute interpellaient 26 LA CHIRURGIE ESTHÉTIQUE EN HÉRITAGE ses patientes. Depuis, j’essaie toujours de me présenter à mes consultations avec des mains parfaitement manucurées. Ma première aide opératoire a été une plastie abdominale, une intervention destinée à retendre les ventres déformés, qui m’a laissé des images à la fois cuisantes et excitantes. Le chirurgien me demandait de tenir les nœuds. Je m’explique. Lorsque le praticien referme la paroi musculaire abdominale, il le fait à l’aide de nœuds sous tension qui ont une fâcheuse tendance à glisser. D’où la nécessité de les tenir les uns après les autres avant qu’il en refasse un autre destiné à tenir le premier et à le consolider. C’est un mélange d’exercice de force et de technicité qui exige de mettre une pince et de la maintenir à l’endroit adéquat. C’est une technique simple, qui s’apprend, que je ne connaissais pas, bien entendu. Elle semblait d’autant plus difficile et compliquée qu’elle était évidente pour le Dr Slamia. Avec le recul, je pense qu’il ne savait sans doute pas que je n’avais encore jamais mis les pieds au bloc opératoire et n’imaginait pas l’étendue de mon ignorance. Il était sans indulgence, comme souvent les chirurgiens, qui sont généralement très abrupts. Pourtant, en dépit d’un petit agacement, il n’a pas voulu me dégoûter pour cette première intervention importante, effectuée sous sa houlette alors que je n’étais même pas entrée en fac de médecine. J’avais dû bien m’acquitter de ma tâche, car il m’a remerciée et même rétribuée pour mon travail. Je garde un souvenir ému, tout auréolé de bonheur, de ce mois de juillet qui signait mes premiers pas dans la vie d’adulte. Plus tard, déjà docteur en médecine, j’ai également participé aux interventions du Dr J.-P. Delbet lorsqu’il travaillait à la clinique Alphand. C’était un éminent chirurgien de l’équipe des grands brûlés de Foch qui avait travaillé en reconstruction cranio-faciale dans le service du Pr Tessier. Je lui voue une reconnaissance éternelle, car il a su, par son calme, sa douceur, me sortir de la plus grande angoisse de ma jeune vie professionnelle. 27 TABLE DES MATIÈRES AVANT-PROPOS : DESTINÉE, DYNASTIE : TU SERAS CHIRURGIEN ESTHÉTIQUE MA FILLE ............................................. 3 PREMIÈRE PARTIE ......................................................................................................... 7 CHAPITRE 1 : PLUS QU’UNE FAMILLE, UNE DYNASTIE ................................................................9 Charles Claoué, mon grand-père, une figure charismatique de réputation internationale ..............................................................................................................................................................11 Ma mère, une battante marquée par la vie, une rebelle d’une énergie rare ................13 Une borgne pour parler de beauté !..........................................................................................................16 Et puis vint le temps des deuils ......................................................................................................................18 Mon père et son auréole de mystère .......................................................................................................20 Une scolarité triste et studieuse ....................................................................................................................22 « La vie est un combat » : mon credo, ma philosophie ...............................................................23 CHAPITRE 2 : UNE EXPÉRIENCE DE COMPAGNONNAGE FORMATRICE ET ENRICHISSANTE ............................................................................................................................................................25 Assister des chirurgiens de talent et des équipes de pointe ....................................................26 Avant même d’opérer, j’ai appris les règles d’or de l’intervention chirurgicale ............35 CHAPITRE 3 : TROUVER SA PLACE DANS UN MONDE DIFFICILE EN CONSTANTE MUTATION .....................................................................................................................................39 Quand ma féminité m’apporte bienveillance et protection .....................................................40 Les embûches mortifiantes de ma qualification tardive ..............................................................42 Être une femme, un atout au plan professionnel ..............................................................................45 Chirurgien et chef d’entreprise, mon combat permanent pour sauver notre outil de travail .........................................................................................................................................................................49 Quand nos patients cherchent à nous escroquer ...........................................................................52 En proie à la rivalité des femmes ..................................................................................................................54 Pour la clinique, deux mots d’ordre : sécurité et qualité ..............................................................56 189 TABLE DES MATIÈRES CHAPITRE 4 : MON MÉTIER : UNE PASSION OÙ JE M’ÉPANOUIS ...................................59 Une vie professionnelle tout d’abord consacrée au désir de bien faire ...........................59 Et si le don était génétique ? ............................................................................................................................61 Des interventions souvent déterminantes pour les patientes ................................................62 Quand la relation aux patients nourrit ma passion pour mon métier ..............................64 La chirurgie esthétique n’est pas magie et le chirurgien ne peut pas tout .....................70 Comment définir la laideur ? ...........................................................................................................................73 Être trop belle n’est pas un cadeau ............................................................................................................74 DEUXIÈME PARTIE ..................................................................................................... 77 CHAPITRE 5 : LA CONSULTATION, COMMENT ET POURQUOI .....................................79 Déculpabiliser le patient, lui faire comprendre qu’il a le droit de s’occuper de lui ...79 Aider le patient à exprimer sa demande ................................................................................................82 La consultation, un lieu d’échange indispensable pour apprendre à connaître les patients ............................................................................................................................................................................85 Aller plus loin dans la connaissance médicale, sociale, familiale et affective du patient ....................................................................................................................................................................88 Quand la chirurgie esthétique soigne l’âme en s’occupant de l’apparence ...................90 Comprendre l’attente du patient et ne pas lui donner de faux espoirs ..........................93 CHAPITRE 6 : UN MÉTIER QUI BOUGE ET SE TRANSFORME ..............................................97 Une patientèle plus diversifiée et plus exigeante .............................................................................97 Des demandes plus étendues .....................................................................................................................100 Des patients plus avertis et plus exigeants .........................................................................................101 Mes patientes du bout du monde et leur courage admirable .............................................103 Laura et son nez typé ........................................................................................................................................106 Des demandes qui varient selon l’origine des patientes ..........................................................108 Ma patiente indienne et gourou ................................................................................................................110 Le mimétisme physique, nouvelle forme d’intégration ..............................................................110 Des normes, toujours plus nombreuses et plus contraignantes .........................................111 Une exigence nouvelle pour des résultats naturels .....................................................................113 L’avènement d’une chirurgie douce .........................................................................................................114 Les nouveaux critères de beauté ..............................................................................................................115 L’émergence de chirurgie esthétique intime .....................................................................................116 190 LA CHIRURGIE ESTHÉTIQUE EN HÉRITAGE La médecine esthétique y vient aussi .....................................................................................................117 Restaurer les virginités .......................................................................................................................................118 CHAPITRE 7 : LE BOOM DES PROTHÈSES MAMMAIRES ........................................................121 Quand la chirurgie des seins influe sur le comportement .....................................................122 Quand les maris et les amants s’en mêlent .......................................................................................124 Pourquoi je n’ai jamais posé de prothèses PIP ................................................................................127 Prothèses mammaires et santé ...................................................................................................................128 Les femmes, leurs seins et leurs chirurgiens ......................................................................................129 L’avantage des prothèses en gel de silicone .......................................................................................130 L’avenir de l’augmentation mammaire passe-t-il par la graisse ? Le lipomodelage ..........................................................................................................................130 TROISIÈME PARTIE ...................................................................................................133 CHAPITRE 8 : L’ÉPOPÉE DE LA LIPOSCULPTURE ..........................................................................135 Nous opérions presque en cachette, comme des faiseuses d’ange ................................135 Les grandes dates de la lipoaspiration ...................................................................................................137 Une technique révolutionnaire mais perfectible .............................................................................138 Des améliorations rapides et constantes du matériel et du savoir-faire .......................141 Quand la liposuccion favorise l’amincissement ................................................................................143 Une utilisation accrue pour améliorer nos techniques chirurgicales ...............................144 Des résultats qui varient selon les sensibilités individuelles .....................................................147 La tonicité cutanée, arbitre des plus belles réussites ...................................................................149 Des complications rares ...................................................................................................................................151 La contention, passage obligé après l’intervention ........................................................................152 CHAPITRE 9 : LES HOMMES, DES PATIENTS INATTENDUS MAIS AGRÉABLES .......155 Les hommes et l’esthétique, un phénomène de société .........................................................155 Des patients très faciles ....................................................................................................................................156 Une très grande fragilité en préopératoire ........................................................................................159 Une peau plus épaisse .......................................................................................................................................160 Une demande de rajeunissement naturel ...........................................................................................161 Une demande croissante de chirurgie de la silhouette .............................................................162 La chirurgie intime n’est pas en reste .....................................................................................................164 191 TABLE DES MATIÈRES La greffe de cheveux, meilleur traitement de la calvitie .............................................................165 La microgreffe, une technique bien maîtrisée ...................................................................................166 CHAPITRE 10 : PRÉVENIR PLUTÔT QUE RÉPARER : LE DÉFI DE L’ANTIAGING .................................................................................................................................................... 169 Les antioxydants, des armes de choix contre le vieillissement .............................................169 Les progrès de la génétique ..........................................................................................................................170 Une meilleure connaissance de la cosmétologie ...........................................................................172 Les formidables vertus des cellules graisseuses ...............................................................................173 Les cellules-souches de graisse et leur incroyable potentiel ..................................................174 La graisse et ses limites .....................................................................................................................................176 Les bonnes indications ......................................................................................................................................178 Le PRP (plasma riche en plaquettes) ou la beauté du vampire ..........................................179 Les fabuleuses avancées de la médecine esthétique ...................................................................180 La toxine botulique et ses indications ....................................................................................................184 CONCLUSION ...........................................................................................................185 192