étude AGF

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étude AGF
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INTRODUCTION
Historiquement, le secteur de l’assurance se caractérise en France par :
- des acteurs structurellement fragiles,
- une rentabilité insuffisante,
- une sous-capitalisation chronique,
- une éviction progressive des risques industriels aux profit des groupe européens,
- et une concurrence effrénée des acteurs traditionnels, mais aussi des nouveaux
entrants (bancassureurs, mutuelles sans intermédiaires, VPCistes, constructeurs).
C’est ce qui explique en partie les phénomènes de concentration en vigueur depuis
quelques années.
Aujourd’hui, l’assureur traditionnel doit se recentrer quitte à délaisser des pans entiers
de ses activités passées après s’être lancé lui aussi vers d’autres eldorado comme
l’assurbanque. Cette planche de salut qui n’avait d’autre légitimité que d’améliorer les
résultats d’exploitation par celui de résultats financiers provenant de placements à
montrer toutes ses limites avec la crise financière qui a fait suite aux spéculations liées
à la nouvelles économie.
L’évolution actuelle est centrée sur la réorganisation du portefeuille d’activités autour
du métier de base, l’élaboration d’une offre « Patrimoniale Globale » pour le client et
l’amélioration des ratios de ces différentes activités en vue de la création de valeur
pour l’actionnaire.
Notre étude porte sur un groupe représentatif de ce secteur les AGF, acteur depuis
185 ans sur le marché de l’assurance française et internationale.
Compte tenu de ses 2 siècles d’histoire, ce groupe occupe t’il
une position spécifique dans le paysage de l’assurance
française ou suit-il l’évolution générale de ce secteur ?
Pour traiter de cette problématique nous analyserons dans une première partie
l’évolution du secteur de l’assurance en France (I), puis nous aborderons dans une
deuxième partie le groupe AGF (II).
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2
LE SECTEUR DE L’ASSURANCE EN FRANCE
L'assurance est généralement définie comme l'opération par laquelle une personne,
l'assureur, s'engage à exécuter une prestation au profit d'une autre personne,
l'assuré, en cas de réalisation d'un événement aléatoire, le risque, en contrepartie du
paiement d'une somme, la prime ou cotisation.
Le Commissariat Général du Plan (C G P ) rappelle quant à lui, que le savoir-faire
fondamental de l'assureur réside dans la transformation d'un ensemble de risques
individuels et aléatoires de pertes en un savoir approximativement certain de perte
mutuelle à attendre, permettant de proportionner la prime perçue à la valeur moyenne
estimée du sinistre ou du dédommagement.
Enfin, Les directives européennes distinguent deux branches principales au sein du
secteur de l'assurance : la branche vie (placements financiers (assurances vie, bons
de capitalisation, fonds de retraite) et prévoyance (perte de revenus, invalidité, décès))
et la branche non-vie (ou IARD pour Incendie Automobile et Risques Divers).
Cette distinction recoupe la distinction traditionnelle entre assurance-vie et
assurance dommages qui coïncide elle-même à peu près avec la classification
habituelle de la profession entre assurance de personnes et assurance des biens et
de responsabilité.
Il suffit, en effet, d’ajouter l'assurance santé à l'assurance vie pour aboutir à l'assurance de personnes.
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Le tableau suivant synthétise les différents segments de l'assurance.
Assurance des personnes
Assurance (dommages) de biens
Assurance vie
et des responsabilités
Assurance automobiles
· assurances en cas de décès
Assurances de dommages aux biens :
· assurances en cas de vie
· des particuliers (ex : multirisques habitation, avec
volet responsabilité)
· assurances mixtes
· ou épargne capitalisation (sans assuré parfois)
ou " tontinière " (après abus des assurances
mixtes)
· des professionnels et entreprises (ex : multirisques
commerciales et industrielles)
· agricoles (ex : multirisques avec volet dommage et
responsabilité)
Autres assurances de personnes
· protection juridique
· assurance accident (GAV : garantie accident de
Assistance
la vie)
.rapatriement des personnes et des biens
· assurance incapacité-invalidité
· assurance remboursement des frais médicaux
Assurances de la construction (branche gérée en
capitalisation )
. assurance homme-clé
· dommages à l'ouvrage
Assurances collectives
· responsabilité civile décennale
· assurances couvrant les emprunteurs (souscrites Assurances de responsabilité civile
par les banques)
· hors volet responsabilité de l'assurance-dommages,
risques professionnels et d'entreprises
· assurances souscrites par les entreprises
(responsabilité civile pollution, technologique,
(prévoyance et retraite)
mandataire social, etc.)
. indemnités de fin de carrière (engagements hors
Assurance transport
bilan)
· maritime
· aéronautique
· spatial
· assurance des marchandises
Assurance crédit
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2.1
LES SPECIFICITES DU SECTEUR
Quatrième marché mondial de l'assurance avec un chiffre d'affaires global de
plus de 1 000 milliards de francs, la France occupe aujourd'hui le premier rang
européen en assurance vie et le deuxième en assurance de dommages.
2.1.1 Le marché
Deux indicateurs permettent de mesurer le développement des marchés de
l’assurance : la densité d'assurance (primes par habitant) et la pénétration de
l'assurance (part des primes d'assurance dans le PIB).
A la lumière de ces indicateurs, l'assurance française connaît un niveau de
développement tout à fait comparable, voire supérieur à celui des autres grands
pays de l'OCDE, à l'exception du Japon et de la Suisse. Mais, alors qu'une
corrélation peut être établie dans ces deux pays entre la place de l'industrie de
l'assurance privée et le faible niveau de protection sociale publique, le résultat
français est d'autant plus remarquable que le système de protection sociale
national assure à la population une relative sécurité.
Le CGP relève que la France est en grave récession sur la couverture des divers
risques de l'entreprise et même, quoique dans une bien moindre mesure, sur celle
des particuliers.
L'assurance française occupe en effet une position très défensive sur le marché
des risques industriels sur lequel la compétition internationale est très vive. Aux
risques dont la couverture échappe à la loi du grand nombre, les acteurs français
préfèrent les risques couverts par des produits standardisés dont le prix est
l'élément de différenciation le plus important. Les acteurs ont ainsi tour à tour
éliminés de leur gamme les produits à garanties « illimitées » au profit de
couvertures plafonnées, forfaitisées (« 1er risque »).
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A tel point que le positionnement des groupes étrangers sur le marché du risque
crédit menacerait l'indépendance industrielle française selon le Commissariat
Général du Plan qui évoque le retard technique, le manque d'innovation et la
frilosité générale des acteurs français à l'égard des grands risques. En assurancevie également, les acteurs les plus innovants se situent en Grande-Bretagne. De
manière générale beaucoup d’innovations émanent des pays anglo-saxons (ex : la
multigestion, les multisupports)
Or pour le CGP, " la haute technologie de l'assurance est du côté du risque
industriel ou du risque du transport et le dynamisme d'un marché dépend
largement de la capacité durable des offreurs sur ces segments de marché. Par
ailleurs, une maîtrise suffisante de ces marchés est une des clés de la
compétitivité internationale dans la mesure où la composante assurance du
commerce international et des projets internationaux est loin d'être négligeable "
Des obstacles réglementaires et fiscaux semblent également expliquer la faible
présence des sociétés d'assurance française sur ces marchés. En particulier, les
groupes industriels français rencontrent des difficultés à implanter leurs filiales "
captives " de réassurance en France.
Au total, et en dépit de l'accroissement du poids des compagnies françaises sur le
marché de la réassurance à travers la SCOR, on observe un déplacement des
centres de décision en matière de risques industriel vers Zürich, Munich et
Londres.
Le positionnement de l'assurance française se révèle également non optimal au
regard des marchés où la densité et la pénétration de l'assurance sont les plus
élevés (Europe du Nord notamment).
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2.1.2 Un cadre prudentiel pénalisant
Les placements des cotisations ou primes versées par les assurés sont soumis à
des règles de répartition, de dispersion et de congruence, dont l'objet est de
diviser les risques et de supprimer le risque de change. Ils doivent couvrir à tout
moment, à l'actif, les engagements pris envers les assurés, dont le montant
est représenté, au passif, par les provisions techniques ou mathématiques. A
ces règles, s'ajoute le mécanisme spécifique de la réserve de capitalisation.
2.1.3 Une fiscalité Lourde
La fiscalité pesant sur les contrats d'assurance est très élevée
Les opérations d'assurance supportent une taxe spécifique, la taxe sur les
conventions d'assurance. A l'exception des contrats d'assurance sur la vie, des
indemnités de fin de carrière et de plusieurs autres garanties dans le domaine des
transports, de l'agriculture et des exportations, la taxe concerne tous les
versements de l'assuré à l'assureur pour des risques situés en France.
Elle est calculée à des taux différents selon les types de garantie retenus par les
assurés. Ainsi, l'assurance automobile est taxée à 33% dans sa composante de
responsabilité civile obligatoire comme pour la couverture des dommages ;
l'assurance incendie pour les particuliers est taxée à 18 % tandis que les autres
parties d'un contrat multirisque de l'habitation le sont à 9 %, taux de droit
commun. Les biens professionnels des industriels, commerçants et artisans
relèvent quant à eux d'un taux de 7 %, de même que les pertes d'exploitation des
entreprises.
Une parafiscalité variée
A la taxe sur les conventions d'assurance s'ajoute une parafiscalité variée,
représentant 6 milliards de francs pour la seule contribution à l'ACOSS sur les
primes d'assurance automobile et près de 3 milliards de francs pour les autres
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prélèvements. On dénombre sept catégories de prélèvements, généraux ou
particuliers, sur des contrats d'assurance de dommages, à des fins de
mutualisation nationale, sectorielle ou professionnelle de risques importants ou
de coûts collectifs.
La France est le pays qui taxe le plus lourdement les contrats d'assurance,
devant l'Allemagne, l'Italie, la Belgique, qui la suivent d'assez près, et loin devant
la Grande-Bretagne, dont le niveau de fiscalité contribue probablement au
développement de son marché de l'assurance.
Des dispositions pénalisantes
Les compagnies d'assurance-vie sont d'autant plus vulnérables que la loi du 7
janvier 1981 a fixé le montant des valeurs de rachat des contrats à des niveaux
inégalés en Europe : 95 % de la provision mathématique pendant les dix
premières années et 100 % ensuite. La loi (articles L. 132-5 et L. 132-51 du
code des assurances) permet ainsi un exercice facile de la faculté de résiliation
sans pénalité par le souscripteur qui se traduit par une option ouverte à tout
moment sur le passif de la société d'assurance et se reflète par conséquent
négativement sur les performances et la compétitivité des sociétés d'assurance
française.
Les garanties de rachat échelonnées dont sont assortis les contrats en France
expliquent en partie (outre les critères prudentiels assez stricts) la place
prépondérante des placements obligataires dans les portefeuilles d'investissement
des sociétés d'assurance française. C'est au contraire l'absence de garanties de
rachat (avec il est vrai l'existence d'importants fonds de pension) qui explique la
place
des
actions
dans
le
.
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portefeuille
des
sociétés
britanniques.
2.1.4 Des acteurs structurellement fragiles
L'accroissement de la concurrence sur tous les segments de l'assurance a laminé
les marges d'acteurs déjà structurellement fragiles.
La concentration de l'offre a contribué à diminuer cette intensification
concurrentielle au niveau national sans conduire toutefois à une amélioration
sensible de la rentabilité du secteur.
Les
garanties
« immatérielles
consécutives »
(pertes
financières
après
dommages) ou l’absence de plafond intégrés dans certains contrats et souscrits
sans grande précautions par les réseaux ont exposé les assureurs à des difficultés
financières notables.
2.1.5 Le lourd héritage des nationalisations
A la fin de Seconde Guerre mondiale, en mai 1945, le gouvernement du général
De Gaulle crée la Sécurité sociale. Cette mesure représente une perte de
marché pour les assureurs.
De Gaulle nationalise ensuite les grands secteurs de l'économie et parmi eux
l'assurance : les Assurances générales et le Phénix deviennent propriété de
l'Etat. En 1968,
les compagnies d'assurance nationalisées sont réparties en
quatre grands groupes : l'UAP, le GAN, la MGF-Mutuelles du Mans et enfin
les AGF qui réunissent les Assurances générales et le Phénix. Les AGF doivent
se forger une identité toute neuve après cette fusion.
le rapport du CGP a
souligné que la politique de nationalisation des
compagnies d'assurance a conduit à sacrifier le souci de la rentabilité et de la
solvabilité au profit d'une recherche de la part de marché et au détriment de la
spécialisation des acteurs. Les groupes publics sont en réalité devenus des
investisseurs
institutionnels,
outils
économique.
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d'une
stratégie
non
spécifiquement
Par ailleurs, la succession rapide de dirigeants, qui n'étaient pas nécessairement
issus du monde de l'assurance, a eu pour conséquence un manque de continuité
stratégique qui a pesé sur les performances et la qualité de la gestion ainsi que sur
la mobilisation des personnels et des cadres. L'UAP a ainsi connu six présidents
en vingt ans et les AGF, cinq.
A l'inverse, la continuité stratégique de la direction d'AXA (menée par C.
Bébéard) est probablement un des ingrédients de sa réussite exceptionnelle,
comme le soulignait M. Jean-Louis Bellando, Secrétaire Général de la
commission de contrôle des assurances.
2.1.6 Une rentabilité insuffisante
La concurrence que se sont livrées les compagnies a eu pour effet de laminer les
marges avec des conséquences immédiates.
Ainsi, le ratio sinistres à primes (S/P) des sociétés françaises d'assurance
dommages est devenu le plus élevé de l'espace économique européen à
l'exception de la Finlande et du Danemark, et leur taux de chargement est parmi
les plus élevés. De surcroît, la France se distingue par la rentabilité technique
négative moyenne la plus élevée de - 11,6 % sur une période allant de 1975 à
1992 couvrant diverses conjonctures.
L'effondrement des résultats d'exploitation en assurance de dommages était
devenu insupportable (près de 10 milliards de francs de pertes d'exploitation en
1992 pour l'ensemble des compagnies et encore près de 9 milliards en 1993
contre un bénéfice de 6 milliards trois ans plus tôt).
En dépit du redressement des résultats enregistré les indicateurs de rentabilité
restent médiocres au regard de la situation des opérateurs européens de
l'assurance (taux de rentabilité de 7,4 % bien inférieur aux standards
internationaux compris entre 10 et 15 %).
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Par ailleurs, la consolidation des résultats de l'assurance dommages s'est faite au
prix d'une moindre vigilance sur les marchés vie capitalisation dont les résultats
se sont significativement dégradés jusqu'en 1996. Aujourd'hui, malgré un taux de
chargement comparativement bas, le taux de rentabilité plafonne à 7,6 % contre
21 % en 1986.
S'appuyant sur une étude Sigma, le Commissariat Général du Plan relevait la
situation atypique de la France dont la rentabilité technique pour le moins
médiocre est confirmée par une rentabilité globale constamment faible, qui
devient négative de 1990 à 1994 et redevient positive à un faible niveau en 1995
et 1996, sans augmenter en 1997 et 1998.
L’effondrement des résultats d’exploitation en assurance dommages s’est révélée
au grand jour avec la chute des marchés financiers en 2000-2001. Alors que
depuis 1994 les compagnies procédaient à des baisses systématiques de leur taux
d’appel de cotisation, agressivité commerciale oblige, ce n’est que brutalement
qu’elles ont réagi avec l’effondrement de la bulle internet et par voie de
conséquence de leurs produits financiers.
Perte en capital, dépréciation des actifs, revenus obligataires moindre ont
contraint les dirigeants à tailler dans leur portefeuille d’activités, à appliquer des
hausses « presse bouton » et à recentrer les équipes et leurs réseaux sur les
métiers de base.
Si ceci ne suffisait pas les sinistres catastrophes « World Trade Center », « AZF
Toulouse », « Erika » ont ouvert une nouvelle page de l’assurance et- de
l’absolue nécessité pour les acteurs de gagner de l’argent sur leur métier.
Le principal problème de l'assurance française est donc un problème de
rentabilité apparente insuffisante, qui n'est pas sans lien avec le poids passé des
sociétés nationales, écho du passé.
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2.1.7
Une sous-capitalisation chronique
En dépit d'une part de marché et d'un chiffre d'affaires supérieurs à ceux du
groupe Allianz, la valeur boursière d'AXA-UAP (21,4 milliards de dollars)
représente moins de la moitié de celle d'Allianz (54 milliards de dollars) avant
même l'absorption des AGF par cette dernière.
Le classement boursier des sociétés nationales d'assurance en termes de
capitalisation illustre la faiblesse capitalistique du secteur de l'assurance en
France : en décembre 1997, les AGF se situaient au 15ème rang européen et le
GAN au 25ème, bien après les premiers groupes britanniques, hollandais, belges et
suisses. Ils représentent respectivement un huitième et un quatorzième de la
capitalisation d'Allianz.
L'absorption de l'UAP par AXA, celle des AGF par Allianz et celle du GAN par
Groupama traduisent d'ailleurs la faiblesse dans laquelle se trouvaient ces
groupes publics.
2.1.8 Des restructurations qui ont bousculé les agents généraux
Selon la fédération nationale des syndicats d'agents généraux d'assurance
(FNSAGA-AGEA) le nombre d'agents généraux est passé de 25.000 au début des
années 80 à 17.000 aujourd'hui, soit 50.000 personnes avec leurs collaborateurs.
Payés à la commission, les agents généraux sont des indépendants mandataires
d'un groupe d'assurances dont la stratégie affecte son activité. Or, les stratégies
de rationalisation mises en place par le groupe d'assurances à l'égard de leurs
réseaux de distribution risquent de diminuer encore le nombre d'agents généraux.
Pour autant, cette profession qui est l'une des plus anciennes dans le monde de
l'assurance est loin d'être amenée à disparaître mais les mutations en cours
nécessiteront chez les agents généraux une adaptation de leur compétence. En
réduisant régulièrement les taux de commission et en procédant à des
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regroupements d'agences, les assureurs poussent en effet les agents à optimiser
leurs techniques de marketing et à accroître leur chiffre d'affaires.
Enfin, il faut noter que la convention signée en 1997 par la FNSAGA-AGEA, la
fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) et les pouvoirs publics a
réformé l'ancien statut des agents généraux. Les compagnies d'assurance disposent en effet de la possibilité de baisser les taux de commission et d'imposer aux
candidats à la reprise d'agences des conditions de plus grande rentabilité en
échange d’une participation financière très incitative à la rentabilité de l’agence
générale et du groupe.
2.1.9 Une forte concentration
Le secteur français de l'assurance est nettement plus concentré que dans les pays
de taille comparable en Europe ou dans le monde. Ceci est certainement le
résultat de l'action de l'Etat pendant la période de nationalisation, lequel a profité
de la période où il était propriétaire de l'assurance pour entreprendre une certaine
restructuration du secteur, contrairement à l'inaction qui lui a été reprochée dans
le domaine bancaire.
La concentration de l'assurance française s'est accélérée ces dernières années.
Cette concentration a visé d'abord à répondre à l'européanisation et à la
globalisation de l'économie : face à des acteurs économiques à vocation
mondiale, des partenaires financiers globaux sont requis pour accompagner et
soutenir les stratégies mondiales des entreprises et des groupes industriels.
Les fusions ont permis en effet :
· de rechercher des synergies commerciales par complémentarité des produits,
· d’acquérir un réseau de distribution supplémentaire,
· de réaliser des économies d'échelle par la mise en commun d'un certain
nombre de services administratifs, financiers ou informatiques qui sont
générateurs de frais fixes élevés.
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2.1.10 La prise de contrôle par des groupes Européens
A la fin de l'année 1997, trois des dix premières entreprises françaises
étaient contrôlées par des compagnies étrangères ; elles représentaient 16,2
% du total des primes recueillies, toutes assurances confondues, mais
seulement 11 % dans le secteur de l'assurance-vie.
Compte tenu des barrières à l'entrée sur le marché français et de la structure de la
distribution, les assureurs étrangers désirant opérer en France ont du procéder à
l'acquisition d'entreprises françaises, de façon à bénéficier de leurs réseaux de
distribution.
La sous-capitalisation des sociétés d'assurance françaises a facilité leur tâche. Les
opérations suivantes ont ainsi été réalisées :
· août 1994 : la compagnie britannique Commercial Union rachète le groupe
Victoire ; cette opération s'est achevée par la fusion en 1996 des sociétés Sinafer
et SEV au sein d'Abeille Vie, filiale de Commercial Union ; Grâce à cette
opération, Commercial Union a pu réaliser en 1995 un chiffre d'affaires supérieur
à 20 milliards de francs ;
· 1997 : le groupe italien Generali lance une OPA sur les AGF (n° 3 français)
finalement rachetés par Allianz. Cette opération, qui s'est accompagnée de la
cession de la société Athéna à Generali, aura également pour effet une prise de
participation d'Allianz dans la COFACE ;
· 2001 : Groupama rachète le GAN et CGU ;
· 2003 : Générali rachète Le Continent et dans la foulée Zurich ;
Grâce à ces acquisitions, le poids global des assureurs étrangers sur le marché
français a continué sa progression. Après l'acquisition des AGF, Allianz est
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devenu et reste le premier intervenant étranger sur le marché français devant
Générali.
A l'inverse, à l'exception du rachat par AXA de la Royale Belge, deuxième
assureur belge, en mai 1998 il n’y a pas eu d'acquisitions françaises équivalentes
en Europe (exception faite de Groupama qui rachète la partie IARD de CGU
France). Les acquisitions françaises ont plutôt eu lieu aux Etats-Unis sous la
houlette d’AXA.
Par ailleurs, le positionnement international traditionnel de la croissance
française s'est très orienté vers le Sud et très peu vers l'Europe du Nord.
Au terme de ce panorama rapide du secteur de l'assurance en France, si l'on peut
avoir des motifs de satisfaction et estimer, comme le CGP, que les acteurs
français de l'assurance sont désormais bien aguerris au jeu de la concurrence, il
convient toutefois de ne pas perdre de vue la vulnérabilité très grande de
l'assurance française.
Cette vulnérabilité est d'autant plus préoccupante, dans le contexte actuel de
volatilité des places boursières et de baisse des taux d'intérêt, que le résultat des
sociétés d'assurance est très dépendant des produits financiers qu'elles réalisent.
Or, certains aspects réglementaires et fiscaux ont tendance à entretenir cette
vulnérabilité en constituant des distorsions de concurrence ou en déstabilisant les
flux de primes qui constituent le chiffre d'affaires des assureurs.
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2.2
L’EVOLUTION DE L’ENVIRONNEMENT
.
2.2.1 La concurrence
2.2.1.1
La bancassurance
Sur le marché français, la concurrence extérieure est jusqu'ici venue davantage
des banques ou des groupes financiers français que des assureurs européens, la
liberté d'établissement autorisée depuis juillet 1994 au sein de l'Union
européenne ayant eu un effet limité.
Au début des années 70, les groupes bancaires ont commencé à constituer des
filiales d'assurance vie et de capitalisation, dont les produits étaient distribués par
les réseaux de guichets bancaires. Le premier banquier à s'être lancé dans la
bancassurance est ainsi le Crédit mutuel de l'Est qui a créé une filiale, les
Assurances du Crédit mutuel en 1972 (ACM).
Les banques sont devenues très actives sur le marché de l'assurance vie depuis
que l'article 5 de la loi bancaire n° 84-46 du 24 janvier 1984 a étendu le champ
des opérations qu'elles sont autorisées à pratiquer. En effet, si elles ne peuvent
exercer directement une activité de production de produits d'assurance, à
l'exception des activités de caution, elles peuvent cependant créer des filiales
d'assurance (Prédica pour le Crédit Agricole, Suravenir pour le Crédit Mutuel,
etc.) ou distribuer des produits d'assurance.
Toutefois, elles ont conclu avec les compagnies d'assurance ou avec leurs filiales
d'assurance des accords commerciaux aux termes desquels elles distribuent leurs
produits par l'intermédiaire de leurs guichets, moyennant le versement de
commissions.
Elles sont ainsi devenues le premier réseau des produits d'assurance vie avec une
part de marché de 61 % en 1997. Cette évolution s'est faite au détriment des
réseaux d'agents généraux et des forces de ventes salariées.
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La Caisse Nationale de Prévoyance (filiale commune de la Caisse des dépôts et
consignations, de La Poste et des caisses d'épargne) et Predica (filiale du Crédit
Agricole) occupent sur ce marché des positions dominantes, mais on y trouve
aussi Cardif (BNP), Natio-Vie (BNP), SOGECAP (Société Générale) et les
Assurances Fédérales (Crédit Lyonnais).
Sur le marché de l'assurance dommages, le Crédit agricole a créé sa filiale
d'assurance de dommages, Pacifica, en 1989. Ont suivi le Crédit Lyonnais
(accord avec Allianz), les Banques populaires (accord avec la MAAF), la BNP
(accord avec l'UAP), la Société générale (avec les AGF et Commercial Union) et
le CCF. Les deux derniers venus, les Caisses d'épargne (avec les Mutuelles du
Mans Assurances) et le CIC (avec le GAN) disposent d'un réseau important.
Par rapport aux réseaux traditionnels, les établissements bancaires bénéficient
d'une implantation géographique remarquable. La distribution d'un produit
nouveau par un réseau bancaire se fait à coûts fixes pratiquement constants et à
coût marginal très faible. En outre, s'agissant de produits d'assurance simples et
banalisés, la compétence technique requise de la part des vendeurs est
relativement faible.
Enfin, la gestion des produits d'assurance vie est très similaire à la gestion de
produits d'épargne bancaire. En effet, les activités de banque et d'assurance
présentent une grande complémentarité : complémentarité des horizons,
complémentarité dans la sensibilité aux cycles économiques, complémentarité
des risques subis.
Les filiales vie des banques et les compagnies d'assurance partenaires des
banques jouissent ainsi de taux de chargement, très inférieurs à leur principal
canal concurrent sur ce type de produits que sont les réseaux salariés.
Le Conseil de la concurrence précise toutefois que " les avantages comparatifs
dont jouissent les " bancassureurs " par rapport aux réseaux traditionnels de
distribution de l'assurance ne constituent pas en eux-mêmes des distorsions de
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concurrence, en l'absence de discriminations en leur faveur et en l'absence de
prix prédateurs avérés. "
En matière d'assurance de dommages en revanche, les synergies sont plus
difficiles à mettre en évidence puisqu'il s'agit cette fois de métiers très différents.
La principale exigence du client concerne la qualité du service, essentielle en cas
de sinistre. Les banques ont toutefois réussi à s'implanter dans la couverture des
risques de masse grâce :
· à la séparation des processus opérationnels de gestion des ventes et de gestion
des sinistres, avec centralisation au niveau régional du traitement des sinistres
(plateformes téléphoniques) et gains de productivité associés ;
· à une gestion rapide et humanisée des sinistres, c'est-à-dire grâce à la qualité
du " back-office " géré dans une perspective d'honorer les engagements et non
pas de les discuter ;
· à la prestation de services et à la fidélisation de la clientèle.
Les " bancassureurs " ne détiennent ainsi que 8 % du marché mais affichent
l'ambition de conquérir 25 % du marché des assurances de dommages du
particulier d'ici 2005.
2.2.1.2
Les mutuelles dans l'assurance de dommages
Une des caractéristiques du marché français est la part croissante prise par les
mutuelles sans intermédiaires (MSI) sur le marché de l'assurance dommages.
Elles sont ainsi passées de 44 % du marché de l'automobile en 1987 à 50 % en
2001.
Grâce à un réseau de distribution intégrée facile d'accès, à un fonds de commerce
très solide et à des coûts maîtrisés ne supportant pas l'exigence du rendement
minimal de fonds propres, les MSI proposent en effet des tarifs inférieurs de 25 à
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30 % à ceux des sociétés traditionnelles, ce qui gêne les entreprises classiques,
françaises et étrangères.
Les sociétés d'assurance mutuelle membres du GEMA (Groupement des
entreprises mutuelles d'assurance) ont dépassé le seuil de 20 % du marché de
l'assurance dommages et de responsabilité. Elles regroupent 15 millions de
sociétaires (400 000 nouveaux sociétaires en 1997) et gèrent 120 milliards de
francs d'actifs. Leur part de marché en assurance auto est de 32 %. Leur taux
moyen de frais généraux en 1996 était de 21,8 %, très inférieur à la moyenne du
marché qui était de 26,3 %.
Toutefois, en raison de la concurrence bancassurance (positionnement très
voisin et « valeurs mutualistes »), en 2003 la croissance des mutuelles du GEMA
a été plus lente que celle du marché dans son ensemble. En effet, en assurance
dommage, leur spécialité, elle n’ont enregistré qu’une progression de leurs
encours de 5,2 % alors que le marché a progressé dans le même temps de 7,5 %.
De même en assurance vie, leur chiffre d’affaire a augmenté de 5,5%, contre une
progression de 9 % pour l’ensemble du marché. Pour 2004, le président du Gema
redoute les effets de la sécheresse, l’incertitude existe sur le nombre de
communes qui seront déclarées en état de sécheresse (Les Echos 20/21 février
2004).
La MACIF est le premier assureur français auto avec une couverture de 4,7
millions de véhicules, soit 16 % du parc automobile français.
2.2.1.3
La vente directe
L'implantation des assureurs directs en France s'est réalisée par vagues
successives depuis les années 70. Toutefois, les tentatives de certains assureurs
(Création de Direct Assurances par AXA, d'Eurofil par Commercial Union ou de
Socad par le Groupe Azur) se sont soldées par de lourds déficits. Même si
l'économie liée aux coûts de distribution permet à la vente directe de pratiquer
des tarifs de 10 % inférieurs à ceux des meilleures mutuelles sans intermédiaires,
la masse critique se situerait entre 100 000 et 150 000 contrats, chiffre dont la
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plupart des sociétés restent loin, d'autant que les investissements sont
particulièrement élevés.
La part de vente directe en France reste en conséquence faible et progresse peu
depuis une dizaine d'années. Elle ne représentait en 2002 que 3 % de l'ensemble
des assurances de dommages et 6 % des assurances vie.
Pour l’Argus de l’Assurance, qui rappelle que la vente directe représente plus de
30 % du marché de l'assurance automobile en Grande-Bretagne, la cible est
pourtant prometteuse à moyen terme. Il s'agit d'une clientèle jeune, urbaine,
habituée au téléphone et sensible au prix. Le Conseil de la concurrence rappelle
quant à lui que c'est une clientèle peu fidèle, volatile (comportement « kleenex »)
dont la sinistralité est élevée.
2.2.1.4
La grande distribution
Les spécialistes de la grande distribution, hypermarchés ou entreprises de vente
par correspondance, souhaitent profiter du large potentiel que représente leur
clientèle en lui proposant des produits d'assurance. Le CAPA estime que peuvent
prendre pied sur le marché de l'assurance et s'y enraciner les acteurs qui ont une
clientèle stable, avec une bonne relation de confiance, et qui disposent d'une base
de données bien nourrie. Toutefois, le principe consistant à proposer des produits
ciblés sur des segments de marché pour mieux fidéliser la clientèle n'est pas
facile à appliquer.
Carrefour a ainsi créé Carma, une société d'assurance IARD (incendie, accidents,
risques divers), en partenariat avec les Mutuelles du Mans en 1991. Il a toutefois
fallu attendre 1997 pour que cette filiale dégage un bénéfice de 3 millions de
francs sur un chiffre d'affaires de 370 millions de francs. En outre, pour la
première fois en 1997, Carrefour a utilisé le fichier des 1,2 million de porteurs de
sa carte de crédit Pass. Son objectif est désormais d'assurer 1 % du parc
automobile français en 2005.
19
Cofinoga applique également une stratégie de montée en gamme, le principe
étant de vendre un petit produit à faible prime (lié aux accidents domestiques par
exemple) au marketing très étudié, puis, de solliciter le client en marketing
direct.
En revanche, Ikéa n'a vendu que quelques centaines de contrats depuis que la
société a créé ses quatre produits (MRH - multirisque habitat, scolaire,
hospitalisation et individuelle accident) en 1991 en partenariat avec la Société
suisse. L'objectif pour Ikea n'est pas de dégager un bénéfice mais d'équilibrer les
coûts tout en fidélisant les clients. Sont visés en priorité les 250 000 porteurs de
la carte Family.
2.2.1.5
La Poste et le Trésor dans la distribution de produits d’assurance vie
Au sein des grands réseaux bancaires et financiers de distribution des produits
d'assurance vie, La Poste et, dans une moindre mesure, le Trésor, figurent en
bonne place en ce qui concerne le nombre de leur guichets ainsi que leurs parts
dans la collecte de l'épargne.
En effet, depuis la création de la Caisse nationale de prévoyance (CNP), les
services des administrations du Trésor distribuent, avec les services de La Poste,
les produits de la CNP. Il s'agit de produits d'épargne et de retraite ainsi que des
garanties de prévoyance.
La distribution de produits d'assurance par La Poste et le Trésor public est
néanmoins contestée par leurs compétiteurs au motif qu'elle serait de nature à
créer des distorsions de concurrence tout simplement par un maillage réseau
unique (32000 bureaux en France !).
Le Conseil de la concurrence, saisi par la Commission des finances, n'est
pourtant pas aussi catégorique et reporte à 2007 l’étude d’opportunité de faire
distribuer à La Poste des produits IARD.
20
2.2.2 Les nouvelles opportunités et menaces
Mutation de
l’assurance
maladie :
La rationalisation
des dépenses de
santé dans un
premier temps en
attendant une
réforme plus en
profondeur
Développement de
l’Epargne salariale
et PERP :
Développement de
l’épargne salariale
pour faire face au
problème de
financement du
régime de retraite
par capitalisation.
Automobile
OPPORTUNITE MENACE
FCS
Parts de marché
supplémentaires sur le
marché de la
complémentaire santé
Importance du
réseau de
distribution
Mobilisation
des
mutuelles et
instituts de
prévoyance et
de retraite
Croissance du marché mobilisation
des banques
Offre packagée
des
constructeurs
automobiles
Directives
européennes
s’imposant aux
assurés
Ex :
dépollution des
sites
industriels
« démarche à
l’américaine »
des assurés ;
mises en cause
à répétition
Risques
environnementaux
Responsabilité civile
21
frais faibles
analyse
patrimoniale
stratégie
commerciale
offensive
importance du
réseau de
distribution
Expertises
techniques
solides
Importance du
service
contentieux
juridique
3
3.1
LE GROUPE AGF
PRESENTATION DU GROUPE
3.1.1 Dates importantes
La privatisation des AGF
En juin 1996, c’est le retour au statut privé pour le Groupe AGF, l'Etat cède 51 %
de ses parts. .
La prise de contrôle d’Allianz
Le 13 octobre 1997, le groupe AGF faisait l’objet d’une offre publique inamicale
de la société Generali pour un montant de 55 milliards de francs. En novembre, à
la demande du président du groupe AGF, Antoine jean court-galignani, l’allemand
Allianz sur-enchérissait pour une contre offre de plus de 60 milliards de Francs.
Avec le rapprochement d'Athéna et d'Allianz France, le groupe AGF devient la
troisième compagnie d'assurance de France.
Changement de nom social
En 2002, Les AGF deviennent AGF, à la 3ème personne du masculin singulier.
3.1.2
La gouvernance
Les AGF se conforment aux recommandations contenues dans les rapports
VIENOT I et II ainsi qu’aux principes mis en avant par les cabinets européens de
notation.
Par ailleurs, le conseil d’administration comprend 5 administrateurs indépendants
au sens du rapport BOTTON. Et les comités suivants ont été mis en place : le
comité d’audit, le comité des conventions et le comité des rémunérations.
22
Enfin, et prenant en compte la loi sur la sécurité financière, un code de déontologie
a été établi qui met en particulier l’accent sur l’importance de la relation client et
de la nécessité de transparence.
3.1.3 Les investissements dans le développement durable
Dans son rapport annuel 2001, AGF annonçait « l’engagement dans le
développement durable », l’année 2002 a été consacrée à la structuration de sa
démarche sur ces questions.
Cet engagement s’est traduit par la ratification de différents textes répondant aux
principaux enjeux de l’entreprise :
· L’adhésion au Pacte Mondial ;
· L’adoption de Principes pour l’environnement ;
· L’association par le biais du Groupe Allianz à la déclaration de Johannesburg
des Présidents du secteur financier.
AGF est évalué selon des critères sociaux et environnementaux par les différentes
agences de notation spécialisées.
Ces dernières fondent leurs évaluations sur les informations fournies par les
entreprises (rapport d’activité, questionnaires spécifiques, dialogues direct….).
AGF s’est associé à la démarche de l’ORSE (observatoire sur la responsabilité
Sociétales des Entreprises) qui vise à renforcer le dialogue et la transparence entre
agences de notation et entreprises en proposant une charte d’engagement
réciproque.
AGF est devenu également actionnaire de l’agence VIGEO.
23
Agences de notation :
· EIRIS (Ethical Investment Research Service ) ;
· SAM (Sustainable Asset Management) ;
·VIGEO.
3.1.4 Comportement stratégique du groupe AGF
3.1.4.1
3.1.4.1.1
Orientations stratégiques du groupe
Stratégie générale
L'assurance française a connu une très forte croissance du chiffre d'affaires de1982
à 1997 ; Il est passé de 186 milliards de francs à 1 097 milliards de francs.
C'est pour l'essentiel la remarquable croissance de l'assurance-vie qui explique
cette progression. Le groupe AGF a également su profiter de cette progression.
Ainsi, alors que l'assurance vie ne représentait que 25 % du chiffre d'affaires total
des compagnies d'assurance en 1963 (3 milliards de francs sur 12), elle
représentait en 1998 plus de 49 %. Elle recueillait 70 % des flux de placements
financiers et constituait 20,8 % de l'encours total des placements financiers des
ménages. Le montant annuel moyen consacré par habitant à l'assurance vie est
ainsi passé de 1 200 francs en 1983 à 7 140 francs en 1995.
Les assurances de personnes qui incluaient, outre l'assurance vie, l'assurance santé
et l'assurance contre les dommages corporels non automobile, représentait en 1998
75 % des cotisations contre 40 % en 1982. A l'inverse, les assurances de
dommages ne constituent plus que 25 % des cotisations d'assurance contre 60 %
en 1982.
Quant à l'assurance dommages (y compris dommages corporels) marché
mature le groupe AGF a poursuivi deux objectifs, l’amélioration de la rentabilité
24
en poursuivant une politique de réduction des coûts et le développement de
l’activité à l’international : Belgique, Espagne, Pays-Bas.
L'année 2000 a été une année charnière dans le développement du groupe. Le
Groupe AGF s’est engagé dans de nouveaux métiers stratégiques :
·En développant la gestion d'actifs. Si on a assisté à une pénétration du marché de
l’assurance par le banques, inversement le groupe AGF s’est diversifié vers les
métiers de la banque avec la création de Banque AGF;
·En intégrant le nouveau monde de "la Netéconomie" et l’ouverture du portail
« OKAssurance »;
En prenant une position de leader mondial dans le domaine de l'assurance crédit et
de l'assistance, AGF poursuit son implantation sur l’ensemble des marchés de
l’assurance et son développement dans le métier de la banque avec la création du
métier « l’assurbanque ».
3.1.4.1.2
L’OPA D’ALLIANZ
Raisons du choix d’Allianz par AGF :
· Le 2ème réseau de distribution d’agents généraux (2800) après celui d’AXA-UAP ;
· 4000 conseillers financiers spécialisés dans la collecte d’épargne (gestion de
patrimoine);
· La valeur de l'image du Groupe ;
· L'ancienneté et la richesse de leurs relations ;
· Le contrat de groupe de Prévoyance et de Complémentaire Santé pour les salariés ;
· faisant référence au sein des Chambres de Commerce et d'Industrie ;
· L'innovation, la modernité et la réelle différenciation de la nouvelle gamme
Prévoyance et complémentaire Santé ;
· La diversité des solutions de gestion patrimoniale offerte par le groupe Allianz ;
·La notation 2A+ et la taille de l'acteur économique.
25
3.1.4.1.3
Le découpage stratégique et les facteurs clés de succès
Pour faciliter l’étude financière à partir des comptes consolidés nous allons
adopter le découpage stratégique suivant :
DAS
DOMAINES
FCS
DAS 1
Assurance non vie
♦
Fidélisation des clients
♦
réseau important de
distribution de l’offre
♦
Qualité du service en cas de
sinistre
♦
Gamme étendue de
produits
DAS 2
Assurance vie
♦
Stratégie patrimoniale
♦
offre sur mesure
♦
gestion
♦
méthodes commerciale de
conquête
DAS 3
Activité bancaire
♦
gamme large de produits
♦
offre adaptée et sur mesure
♦
Stratégie commerciale
« Push »
DAS 4
Autres activités
♦
Analyse du besoin
♦
Savoir faire reconnu
♦
Leader sur le marché de
l’assistance et de
l’assurance crédit
26
3.1.4.1.4
Evolution des métiers
Le groupe AGF organise désormais ses activités autour de deux
métiers :
♦
L’assurance des personnes, des biens , de la responsabilité ;
♦
Les services bancaires.
Il était légitime de se demander si dans l’avenir il n’y aurait pas qu’un seul métier
celui de l’assurbanque à l’image de celui inventé par les bancassureurs. Toute fois
on assiste depuis 2004 à une limitation de l’offre de services au niveau bancaire.
3.1.4.1.5
Les partenariats
L’ensemble des produits sont distribués par les deux réseaux salariés d’AGF, AGF
assurfinance et Génér’actif ainsi que par les agents généraux. Il y a forte
intégration verticale. Toutefois AGF développe une stratégie de partenariat avec
des sociétés de VPC (ventes par correspondance) et les banques.
En effet, pour faire face au développement des offres Assurance Dommages
émanant de banques, de grandes enseignes de la distribution ou encore de
constructeurs automobiles, AGF a décidé d’accompagner ce mouvement par le
biais d’une structure dédiée à cette activité, qui travaille en collaboration avec le
reste du groupe. L’objectif de cette structure est de rechercher et d’organiser des
partenariats pour en suite en être l’opérateur.
27
Partenariat avec le Crédit Lyonnais
Contrôlées à 95 % par AGF Holding via la holding Assurances Fédérales BV et à
5% par le Crédit Lyonnais, les Assurances Fédérales IARD ont en charge le
développement du Partenariat en assurances Dommages avec le Crédit Lyonnais.
L’accord cadre du 12 mars 1996 entre les assurances Fédérales IARD et le crédit
Lyonnais a été prolongé jusqu’au 31 décembre 2009.
Les produits concernés par ce partenariat sont essentiellement l’assurance
automobile, les Multirisques Habitations, l’assurance Santé, La Garantie des
Accidents de la Vie ainsi que l’assistance liée à ces produits.
La croissance du CA entre 2001 et 2002 a été de 17,3%.
Partenariat avec La Poste
De manière récurrente La Poste confie aux AGF la maîtrise d’œuvre pour la
conception et le développement d’enveloppes financières ARCALIS (fonds à
promesse).
Partenariat avec les 3 Suisses
CALYPSO, contrôlée intégralement par AGF Holding, est la compagnie d’AGF
en charge du Partenariat en Assurances dommages avec les 3 Suisses. Elles a été
créée en 1999.
Les produits commercialisés au titre de ce partenariat sont l’assurance
Automobile, les Multirisques Habitations, l’assurance Animaux Domestiques et la
Garantie des Accidents de la Vie.
La vente des contrats est réalisée par les plates-formes téléphoniques CALYPSO
sur la base de la clientèle des 3 suisses.
La croissance du CA entre 2001 et 2002 a été de 28,6 %.
28
3.1.4.2
Stratégie par domaine
Le groupe AGF poursuit l’amélioration de la rentabilité dans le domaine de
l’assurance non vie afin d’en faire une vache à lait.
Il développe une offre globale au niveau de la gestion patrimoniale marché en
pleine croissance par l’intermédiaire de son offre bancaire. Afin d’offrir une
offre globale et adapté aux clients dans le domaine de la gestion patrimoniale, l’
assurance vie est à partir de 2004 rattaché aux services financiers. Cela afin de
mieux faire face à la concurrence des banques.
3.1.4.2.1
Assurance non vie
Ce domaine recouvre plusieurs activités, en particulier :
Assurances des biens et responsabilités France
Avec un CA de prés de 4 milliards d ‘euros en France et une part de marché de
l’ordre de 11,5 %, AGF constitue un leader sur ce marché.
Il propose une offre de produits généraliste répondant aux besoins des particuliers,
des professionnels et des entreprises.
Sur ce marché mature, pour augmenter en France ses parts de marché AGF
développe une stratégie de partenariat pour distribuer son offre (Crédit Lyonnais,
3Suisses) et par un ensemble de plus de 2000 courtiers IART partenaires.
Cette offre est également distribuée par le réseau des agents généraux.
De plus le développement s’est poursuivi par une implantation internationale.
Le Groupe vise à améliorer sa rentabilité économique.
29
Santé et vie collective France
Historiquement les AGF ont eu une position dominante en Santé tant en assurance
individuelle qu’en assurance collective.
Assistance et assurance voyage
Le groupe Mondial Assistance, filiale d’AGF (50%) et de la RAS (50%) société
d’assurance italienne est en charge de l’ensemble des activités d’assistance et
d’assurance voyage au sein du Groupe Allianz.
Numéro 1 le Groupe Mondial Assistance a confirmé sa position de leader en 2002
et finalisé les opérations d’intégration des filiales acquises en 2001 en Thaïlande et
en Australie .
Assurance crédit
En juillet 2002, le groupe Euler a concrétisé une avancée stratégique majeure avec
l’acquisition d’Hermes, premier assureur-crédit en Allemagne. Le groupe s’appelle
Euler Hermes ; lequel est membre du Groupe Allianz et filiale d’AGF.
A partir de son métier principal, l’assurance-crédit, Euler Hermes a développé une
offre complète de services pour la gestion du poste clients des entreprises :
recouvrement et financement de créances commerciales, titrisation, caution,
notation de portefeuilles de créances commerciales.
3.1.4.2.2
Assurance vie
Le CA de l’année 2002 a été en repli de 13,3 % par rapport à 2001. Cela est du
surtout aux marchés financiers. Et par conséquent à la baisse des collectes sur les
contrats en unités de compte , multisupports ou DSK.
30
Activités bancaires
Avec son activité bancaire AGF couvre l’ensemble des métiers de la banque : elle
vise à proposer une offre globale visant la constitution et la gestion de patrimoine.
Asset Management ; Avec plus de 53 milliards d’euros sous gestion et 220
collaborateurs, il compte parmi les acteurs majeurs de la gestion d’actifs en
France. En 2002, la société à poursuivi sa stratégie auprés de trois cible principales
de clientèle :
·Les entreprises et les institutionnels ;
·Les compagnies d’assurance AGF ;
·Les particuliers au travers des réseaux AGF et de partenariats externes ;
Banque AGF ; elle inclut une gamme complète de service à destination des
particuliers, ses activités de trésorerie, ainsi qu’une fonction holding, centrée sur
ses participations dans Entenial (jusqu’en 2003) et la société de bourse Oddo ;
W Finance :établissement financier , filiale du groupe AGF, et spécialisé dans la
conception, la gestion et la diffusion de solutions patrimoniales pour le compte
d’une clientèle de particuliers haut de gamme ;
Entenial : banque spécialisée dans le financement immobilier et patrimonial ; il
intervient dans le financement des particuliers et dans les financements structurés
des entreprises. Il offre à ses clients, notamment aux professions immobilières, des
services de conseil et d’ingénierie immobilère ;
Oddo et Cie : Aux cotés des managers et de la famille fondatrice qui contrôlent
l’entreprise, AGF est un actionnaire à hauteur de 27 % depuis 1987.
31
Les deux groupes collaborent principalement dans trois domaines :
·Conseil et exécution des ordres vis à vis de AGF Asset Management ;
·Assurance vie : apport de CA à travers la gamme Fipavie et Assuractif par
l’intermédiaire de Génération Vie ;
·Gestion de portefeuille haut de gamme avec le réseau Assurfinance (offre oddo
Portefeuille).
3.1.4.2.3
Autres activités
Les autre activités comprennent les holding, les sociétés trésorerie et les sociétés
de courtage.
Le chiffre d’affaire de l’Espace Courtage a progressé de 17,9% par rapport à
l’année précédente. Il a été créée pour servir les clients apportés par les courtiers
partenaires d’AGF.
Il est composé d’AGF Courtage et d’AGF La Lilloise, filiale d’AGF basé à Lille.
Résultats par marché :
· Les grands comptes : AGF est leader en France dans la couverture des très
grandes entreprises internationale ;
· Le spatial : progression du CA entre 2001 et 2002 de 33,4%. Mais c’est une
activité cyclique et fortement dépendante des marchés des satellites, des lanceurs
et plus généralement du marché des télécommunication ;
· Entreprises et professionnels : progression de 22,5 % du CA. Les mesures de
redressement tarifaire ont permis d’améliorer les résultats ;
· Particuliers et risques auto aggravés : CA en progression de 8,7 %.
AGF la lilloise, dont le siège social est situé à Wasquehal est spécialisée dans le
courtage IART et a pour vocation de développer la souscription des flottes
automobiles et des groupements de particuliers et professionnels
32
3.1.5
Forces et faiblesses du groupe
Faiblesses
Forces
Densité du réseau de distribution : 2800
agences générales
Vieillissement des acteurs – agents généraux
ont plus de 50 ans d’âge moyen
Turn-over encore élevé dans les réseaux
salariés
Innovation produits
Chargements plus élevés que les acteurs
bancassureurs et mutuelles sans intermédiaire
Fort niveau de compétence de l’inspection
technique
Communication insuffisante, déficit d’image :
assureur traditionnel…
Réactivité stratégique forte
Portefeuille d’activités non équilibré :
beaucoup de produits dilemmes
Certification ISO 9002 : orientation vers
l’assuré
Insuffisance financière – désinvestissements
cycliques nécessaires pour générer du cash
(ex : Enténial)
33
3.1.6
Evolution du portefeuille d’activités
A terme le portefeuille du groupe devrait s’organiser autour de 4 DAS :
· L’assurance non-vie DAS 1 : pour lequel AGF poursuit l’amélioration de la
rentabilité en agissant notamment au niveau de l'activité assurance dommages
(redressements tarifaires, sélection des risques, promotion de la prévention) ;
l’objectif est d’en faire une vache à lait ;
· L’assurance santé DAS 2 : marché en croissance ; l’objectif d’AGF est de
prendre des parts de marché importante surtout en prévision de loi sur la Sécurité
Sociale ;
· Les activités bancaire et l’assurance vie DAS 3 : marché en démarrage
s’agissant du placement de l’épargne dans une perspective patrimoniale ou retraite
(loi Fillon sur le PERP); l’objectif d’AGF est de prendre des parts de marché
importante ;
· Les autres activités DAS 4 ; l’objectif d’AGF est d’occuper l’ensemble des
segments de marché et de préserver ses positions dominantes en assurance crédit et
assistance.
34
3.2
ANALYSE FINANCIERE ET BOURSIERE
3.2.1 Analyse financière
Pour appréhender la réalité financière et économique du groupe AGF en tant
qu’entité spécifique nous partirons des comptes consolidés et procèderons à
quelques retraitements.
En particulier et pour ce qui concerne le compte de résultat, les AGF ne font
apparaître que le résultat courant qui est positif puisqu’il englobe le résultat
financier. Il nous est apparu nécessaire pour rendre compte de la réalité
économique du groupe de bien différencier l’EBE et le résultat économique du
résultat courant. L’EBE et le résultat d’exploitation sont en effet négatifs pour
chacune des activités du portefeuille d’activité ce qui est symptomatique du
problème endémique du secteur de l’assurance. C’est le résultat financier qui
permet au résultat courant de devenir positif.
De plus, nous ne procèderons qu’au calcul des ratios qui nous paraissent les plus
pertinents pour caractériser les AGF et suivre son évolution compte tenu de la
problématique définie.
Enfin, pour calculer les seuils de rentabilité, nous avons considéré que seuls les
frais de gestion étaient des frais fixes.
35
3.2.1.1
Capitaux Propres 2002/2001
2000
2001
Augmentation de capital
Dividendes versés
Affectation de résultat
de l’année précédente
aux réserves
Résultat revenant à
l’entreprise consolidante
Autres
2001
2002
Augmentation de capital
Dividendes versés
Affectation de résultat
de l’année précédente
aux réserves
Résultat revenant à
l’entreprise consolidante
Autres
2002
Capital
social
Primes
844
2566
Réserves Résultat Autres CP
consolidés exercice
2284
884
(857)
(379)
2
(379)
(505)
0
2
505
5721
3
732
59
(854)
6135
732
56
844
2568
2845
732
11
71
1
(203)
(253)
83
(456)
479
(479)
0
(111)
268
(60)
(965)
5970
268
51
855
2639
36
3173
268
3.2.1.2
Bilans
BILAN PATRIMONIAL ECONOMIQUE
(APRES REPARTITION)
En M€
2002
96058
ACTIF
§
2001
93206
80390
1881
1045
72034
922
3819
759
(70)
15668
3650
(1718)
13506
(4235)
2005
(2319)
1966
2813
77646
1695
1042
70191
823
3302
659
(66)
15560
4093
(1997)
13238
(4142)
2353
1669
(2944)
3290
96058
93206
CAPITAUX PROPRES GROUPE
Cap Propres bloc majoritaire
Fonds pour risques bancaires généraux
Provisions techniques
Provisions techniques en UC
Provisions pour risques et charges
Intérêts minoritaire
Non valeurs
79187
5970
21
63198
8233
1288
547
(70)
77890
6135
21
61188
8724
1352
536
(66)
§
16871
15316
IMMO NETTES
Ecart d’acquisition
Actifs incorporels
Placements
Titres mis en équivalence
Parts des cessionnaires dans les provisions techniques
Autres actifs
Non valeurs
§ BFR
Créances nées des opérations d’assurance ou de
réassurance
Dettes nées des opérations d’assurance ou de réassurance
Créances sur la clientèle des entreprises du secteur
bancaire
Dettes sur la clientèle des entreprises du secteur bancaire
Créances des entreprises du secteur bancaire
Autre créances
Autres dettes
Comptes de régularisation de l’actif
§ PASSIF
DETTES FINANCIERES
< 1 AN : 7290
> 1 AN : 9581
37
BILAN FONCTIONNEL HORIZONTAL 2002
(avant répartition)
EN M€
• ACTIF
2002
98044
• EMPLOIS ACYCLIQUES STABLES
Ecarts d’acquisition
Actifs incorporels bruts
Placements
Titres mis en équivalence
Part des cessionnaires
Autres actifs
81323
2019
1226
72034
922
3819
1303
• BFRE
Créances nées des opérations d’assurance ou de réassurance
Dettes nées des opérations d’assurance ou de réassurance
Créances sur la clientèle des entreprises du secteur bancaire
Dettes sur la clientèle des entreprises du secteur bancaire
Créances des entreprises du secteur bancaire
Autre créances
Autres dettes
Comptes de régularisation de l’actif
16265
3789
(1718)
13866
(4235)
2012
2057
(2319)
2813
• BFRHE
Dette dividende
456
• PASSIF
• RESSOURCES ACYCLIQUES STABLES
Cap Propres
Amortissement écart d’acquisition
Amortissement actifs incorporel
Fonds pour risques bancaires généraux
Provisions techniques
Provisions techniques en UC
Provisions pour risques et charges
Provisions sur créances et autre actifs
Intérêts minoritaire
Dettes financières
98044
• TRESORERIE
T passive
256
256
38
97788
6426
138
181
21
63198
8233
1288
1141
547
16615
3.2.1.3
TSIG
CA REELS
En M€
CA assurance
(primes)
Variation
Activités Activités Activités Autres Résultat Impôts
Résultat
Exercice Exercice
assurance assurance bancaires activités Avant
exceptionnel
2002
2001
non vie
vie
impôt
9644
5486
15130
15130
16374
(115)
6
CA bancaires
CA Autres activités
(109)
(145)
(4)
39
1650
39
1650
39
1812
30
1719
21
39
16710
16710
18071
17362
(12381)
(15407)
(16084)
(280)
336
170
(1385)
(1528)
(1392)
(157)
(157)
(132)
(130)
Production totale
9529
5492
Charges d’assurance
(7272)
(5109)
(12381)
Charges ou produits nets
des cessions en
réassurance
(268)
(12)
(280)
Charges d’exploitation
bancaire
(1385)
Charge des autres
activités
15626
(109)
1650
1650
Exercice
2000
(1385)
(157)
Charges de gestion
Charges d’exploitation
(2781)
(10321)
(966)
(6087)
(237)
(1622)
(157)
(3984)
(18187)
(3984)
(18187)
(4070)
(20801)
(3723)
(21159)
EBE
(792)
(595)
28
(118)
(1477)
(1477)
(2730)
(3797)
Transferts
intersectoriels
EBE corrigé
(31)
89
10
(68)
(823)
(506)
38
(186)
(1477)
(2730)
(3797)
Autres produits
(37)
(30)
(67)
(67)
(9)
(18)
Autres produits
d’exploitation
352
61
414
414
399
371
Quote parts des
entreprises mises en
équivalence
21
52
11
89
89
92
94
Résultat d’exploitation
Produits financiers
Résultat économique
Charge d’endettement
Résultat courant
(487)
786
299
(17)
282
(423)
632
209
(7)
202
49
(1041)
1657
616
(92)
524
(1041)
1657
616
(92)
524
(2248)
3382
1134
(98)
1036
(3350)
4580
1230
(107)
1123
(51)
(72)
27
479
(66)
413
(73)
(54)
909
(54)
855
145
(181)
1087
(67)
1020
(7)
(145)
(123)
(136)
(58)
268
732
884
1
(1477)
5
Résultat exceptionnel
Impôts sur les résultats
Résultat net consolidé
Intérêts minoritaires
Résultat avant
amortissement goodwill
Dotation aux
amortissements des
écarts d’acquisition
Résultat net de
l’ensemble consolidé
(part du groupe)
49
49
(180)
239
59
(68)
(9)
282
(50)
232
202
(4)
198
49
(7)
42
(9)
(9)
524
(61)
463
(79)
(34)
(23)
(2)
(138)
153
164
19
(11)
325
39
6
6
(5)
1
1
(72)
21
(51)
INFLUENCE DE LA VARIATION DU PERIMETRE DE CONSOLIDATION
Activités d’Assurance
Activités
Bancaires
Autres
Activités
Primes
émises
Autres
prestations
P.E.B
Chiffre
D’affaires
CA publié au 31 décembre 2001
16374
246
1812,3
30
Reclassement Euler
Correction Allianz Nederland
CA revu au 31 décembre 2001
(2,3)
CA publié au 31 décembre 2001
16371 ,7
Cession AGF MAT 01/01/2001
Ogar (Afrique)
Qualis : absorption d’Okassurance (effet
rétroactif au 01/01/2001
Okassurance : absorption par Qualis
Protexia : apport de l’activité de SFR
SFR : apport de l’activité à Protexia
Hermés entrée 01/01/2001
Sortie des banques brésiliennes au
01/10/2001
Entrée d’AGF Finance Distribution par
fusion absorption dans AGF Asset
Management
Entrée de DRCM Finance et DRCM
Gestion par fusion absorption dans AGF
Asset Mnagement
Entrée de DRCM Europe par fusion
absorption dans Athéna Gestion
Changement de segmentation d’AGF
Clearing
Entrée de Traktir au 31/12/2002
Total variation de périmètre
(884,2)
(17,8)
0,7
(613,8)
38,9
(56,8)
0,4
0,4
CA pro forma au 31 décembre 2001
15758
285
1756
34
4,2
246
(0,7)
7,5
(7,5)
288,2
1812,3
34
38,9
(86)
-0,8
11,4
18,3
0,3
IMPACT DES VARIATIONS DE CHANGE ENTRE LE 31 /12 /2002 ET LE 31/12/2001
En M€
Vie&santé
Non-vie
Assistance
AMERIQUE
DU SUD
AUTRES
175,1
400,6
11 ,2
5,2
2
9,9
Assurance Activités Autres TOTAL
crédit
bancaires activités
11,4
0,8
(599 ,1)
44,7
FAITS SIGNIFICATIFS (en M€)
· Dévaluation des monnaies sud-américaines : - 599,1
· Cession d’AGF MAT au 31/12/01 : variation proforma du CA au 31/12/01 – 884,2
· Acquisition d’HERMES : + 327,1
40
(61,8)
3.2.1.4
Seuils de rentabilité
Portefeuille
d’activités
Activités
assurance non
vie
Activités
assurance vie
Activités
bancaires
Autres
activités
Production
16710
9529
5492
1650
39
Charges variables
14203
7540
5121
1385
15
Charges fixes
3984
2781
966
237
142
Marge CV
2507
1989
371
265
24
Taux de marge
0,15
0,21
0,07
0,16
0,62
13242
13800
1476
229
Seuil (CF/Marge) 26560
de rentabilité
41
3.2.1.5
Evolution des résultats consolidés par activité
Le résultat net consolidé part du groupe majoritaire s’élève en 2002 à 268 millions
d’euros en baisse de 63,4 % par rapport à 2001.
Résultat net avant amortissement goodwill
2002
2001
variations
Assurance vie (DAS2)
198
516
-61,6%
Assurance vie en France
Assurance vie hors France
Assurance non vie (DAS1)
207
(9)
232
460
56
438
- 55%
n.s
-47%
Assurance santé en France
Assurance santé hors de France
Autre assurance non vie en France
Autre assurance non vie hors de France
Assistance
Assurance crédit
20
26
3
72
13
98
54
(10)
241
79
5
69
-62,9%
+360%
-98 %
+ 0,09 %
+ 160 %
+ 4,2 %
ACTIVITES BANCAIRES (DAS3)
42
50
-16 %
Activité bancaire en France
Activités bancaires hors de France
42
0
49
1
-14,3%
n.s
Autres activités (DAS4)
(9)
(40)
-77,5%
Autres activités
Holding en France
Holdings hors de France
25
(18)
(16)
35
(76)
1
-28,5%
42
3.2.1.6
Ratios
NOM
CALCUL
CA
VALEURS
2000 : 17362
2001 : 18071
2002 : 16710
2000 : 3797
2001 : 2730
2002 : 1477
EBE
RESULTAT D’EXPLOITATION
2000 : 3350
2001 : 2248
2002 : 1041
RESULTATECONOMIQUE
2000 : 1230
2001 : 1134
2002 : 616
RESULTAT COURANT
2000 : 1123
2001 : 1036
2002 : 524
RESULTAT NETde l’ensemble
consolidé part groupe
2000 : 884
2001 : 732
2002 : 268
2002 : 0,69%
RENTABILITE ECONOMIQUE DU
GROUPE
RENTABILITE FINANCIERE DU
GROUPE
RENTABILITE FINANCIERE
CP GROUPE
RENTABILITE FINANCIERE
DU BLOC MAJORITAIRE
RE/AE
RC/CP groupe
2002 : 0,76 %
RC/CP majoritaire
2002 : 0,7%
RC/CP majoritaire(provisions
techniques)
2002 : 9 %
FOND DE ROULEMENT
2002 : 16009
BFR
2002 : 16265
TRESORERIE
2002 : (256)
CAF
2002 : 413
CAPACITE DE
REMBOURSEMENT
LIQUIDITE GENERALE
SOLVABILITE GENERALE
REMARQUES
40
2,89
5,78
AUTONOMIE FINANCI7RE
0,38
FINANCEMENT DES
INVESTISSEMENTS
1,19
43
CONSEQUENCE DES
PROVISIONS
TECHNIQUES
SUPPRESSION DES
PROVISIONS
TECHNIQUES
3.2.1.7
3.2.1.7.1
Diagnostic
Niveau AGF
· A l’exception des activités bancaires l’EBE
et le résultat d’exploitation de
l’ensemble des activités sont négatifs. Ceci s’explique par des charges de gestion
élevées pour l ‘ensemble du portefeuille d’activité et par des charges d’assurance
élevées ; c’est caractéristique du secteur assurance ;
· Alors que de 2000 à 2001 le CA assurance est stable; celui des produits bancaires
en
diminution et celui des autres activités en augmentation, les charges
d’exploitation sont en nette diminution sur cette même période. La politique de
rationalisation des coûts mis en place porte ses fruits ;
· Le résultat économique, malgré la crise boursière, est en revanche positif, compte
tenu des produits financiers et ce malgré la crise boursière. D’ou le choix fait par
les AGF de maîtriser les placements financiers et de développer une politique
d’intégration verticale dans ce domaine. On peut se demander d’ailleurs si le
métier des AGF n’est pas devenu le placement financier à partir des capitaux
collectés ;
· Quant au résultat net, il est en nette diminution, malgré l’effort de diminution des
charges ; ce qui montre l’ampleur de la crise des marchés financiers ;
· AGF a tenu à adopter pour la clôture de l’exercice 2002 une attitude
particulièrement prudente. En effet compte tenu de la dégradation des marchés
financiers, les résultats financiers ont affectés par des provisions pour des
provisions pour dépréciation d’actifs de prés d’1 Md€ (dont 481 M€ en part des
actionnaires) afin d’assainir la situation des portefeuilles actions ;
· Le groupe AGF ne possède pas dans son portefeuille d’activités de domaines
« vache à lait » ; il possède tout au plus dans chaque domaine de produits « vache
44
à lait » et deux segments vaches à lait sur lesquels il est leader mondial : assistance
et assurance crédit.
· La trésorerie négative. En effet, le fonds de roulement est insuffisant conséquence
de la baisse de résultat et d’une insuffisance de capital social. Ce qui justifie en
partie l’augmentation de capital réalisée en 2002 et la cession d’Enténial en 2003.
3.2.1.7.2
Comparaison avec la concurrence (espace européen)
Assurance vie
Sur l’ensemble du secteur, après la baisse sensible de 2001 (- 5,9 %), le secteur
assurance dans son ensemble a sur le segment assurance vie renoué en 2002 avec
une très légère croissance (1,2 %) des primes d’assurance. Cette évolution est la
résultante d’une nouvelle chute encore importante (- 28,2 % après – 9,2 %) des
affaires en unité de compte (UC), que la progression des autres contrats (+ 11,8%)
est arrivée à compenser, quoiqu’elle soit inférieure aux 17, 5 % de 2001.
Rang
2002
Rang
2001
Groupes
Evolution
202/2001
(En %)
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
1
3-10
2
4
5-28
7
6
8
11
9
12
13
14
15
18
16
17
20
19
22
CNP
Crédit agricole
Axa
BNP-Paribas
Generali
Société générale
AGF-Allianz
Groupama
ACM
Aviva
La Mondiale
Société suisse
Natexis BP
MMA-Maaf
Macif
Suravenir
Azur-GMF
MACSF
NSM
ACMN
+ 4 ,3
3
-7,5
11,9
9,9
2,1
-7,1
3,8
10
4
5,1
26,3
-10,8
-0,7
26,4
-13,3
-1,4
45
Evolution
2001/2002
(En %)
-3,9
-5,8
-13,6
0,8 -16,7
-0,1
-12,2
12,6 -8,4
3,9 -15
24,2
1,9
-13,2
8,6
-24,4
28,4
16,7
-11,8
-0,4
38,2
-5,5
41,5
Parts de marché
18,3
14,8
10,5
6,7
6,7
5,5
4,9
4,2
3,9
3,7
3,1
2,6
2,3
1,7
1,3
1,1
1,1
0,8
0,6
0,5
Le résultat technique cumulé des vingt premiers groupes vie a diminué de 47,4 %.
Combinée avec la faible progression de l’activité, cette chute ramène le rapport du
résultat aux primes à 1,7 %, contre 3,3 % en 2001. Sept groupes ont un taux
inférieur à la moyenne et cinq sont dans le rouge, dont les quatre qui ont le plus
fort taux de provisions pour dépréciation durable (PDD) par rapport aux primes :
AGF-Allianz, ACMN, MMA-Maaf et Generali. En tête, comme les deux années
précédentes, on retrouve la MACSF (8,4 %), suivie, de loin, par Groupama (5,9 %)
et Axa (4,1%).
Des provisions financières pléthoriques
Le phénomène caractéristique de cet exercice est l’importance prise par les
dotations pour dépréciation des placements et, principalement aux PDD sur
actions. Globalement elles se montent à 3 % des primes. Si elles sont nulles pour
NSM et la société générale, elles sont élevées pour les AGF et la CNP. Leur
influence sur le résultat est liée à leur taux par rapport aux primes : 15,3 % pour les
AGF, 13,2 % pour les ACMN, 6 % pour MMA-Maaf, 5 % pour Générali et plus
de 4 % pour Groupama, les ACM, la CNP et la société suisse.
Quant aux PRE : provision pour dépréciation globale de l’ensemble des
placements autres que les obligations (art 170 du décret du 30 décembre 1978),
leur augmentation a suivi à un degré moindre celle des PDD. Les PRE ne sont plus
individualisées depuis 1995.
S’agissant enfin des provisions techniques globales à fin 2002 elles augmentent
moins qu’en 2001 (4,2 % contre 7,1 %). Parmi elles, les provisions des contrats en
UC, qui étaient restées stables en 2001 se rétractent de 13,1 % et leur part dans le
total n’est plus que de 15,6 % contre 18,7 %.
46
Groupes
Dotations aux PDD en % DE
PRIMES
4,2
15,3
5
4,8
4,3
6
4,2
2,4
13,2
2
2,3
0,3
3,7
0,6
0,2
1,7
0,5
CNP
AGF
GENERALI
GROUPAMA
ACM
MMA/MAAF
SOCIETE SUISSE
LA MONDIALE
ACMN
AVIVA
NATEXIS BP
CREDIT AGRICOLE
AZUR/GMF
BNP PARIBAS
AXA
MACIF
SURAVENIR
MACSF
SOCIETE GENERALE
NSM
47
· La crise financière a écrasé les unités de comptes et minoré les résultats.
· Le marché français de l’assurance directe dommages a vu s’accélérer en 2002 la
progression de son CA avec un taux de 7 % après les 5,6 % de 2001.
Rang 2002 Rang 2001 Groupes
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
Groupama
Axa
AGF-Allianz
MMA-Maaf
Macif
generali
Azur-GMF
Maif
ACM
Crédit agricole
Société suisse
Matmut
Aviva
CNP
SMABTP
AIG
Zurich
Natexis BP
MACSF
Aréas-CMA
48
Evolution
2002/2001
en %
12,4
5,8
5
11,1
4,6
9,4
9,8
8,3
13,1
13
5,8
7,7
29,8
2,7
3,8
18
28,5
9,3
11,6
5
Evolution
2001/2000
en %
5,8
3,2
5,8
9,6
4,6
10,4
6,2
0,2
12
13,4
4,7
7,2
9,7
-0,5
11,6
25,9
3,7
20,1
0,4
7,4
Part de
Marché
En %
14,1
13,7
12,3
9,6
5,8
5,8
5,5
4,5
2,5
2,4
2,4
2,4
2,4
2,4
1,8
3.2.1.8 Sortir de la crise
1.
Réaménagement du portefeuille d’activité ;
2.
Redressements tarifaires ;
3.
Poursuivre la politique de rationalisation des coûts.
4.
Profiter des opportunités ;
Année 2003
« Nous avons réglé la crise financière en un an » s’est félicité Jean-Philippe
Thierry PDG des AGF, lors de la présentation des résultats 2003 le 16 mars
dernier.
Le résultat net consolidé est de 723 Md€. Cela est du :
· Au fait que les moins values latentes sur actions de 1,5 Md€ se sont en effet
transformées en plus-values de 300 Md€ ;
·
A l’amélioration du ratio combiné consolidé (coût des sinistres plus frais
commerciaux et de gestion rapportés aux primes) de l’ensemble des activités de
biens et de responsabilité. Il descend à 98,6 %, grâce au redressement des résultats
techniques. En France, à 103 %, il est en ligne avec l’objectif. Quant à celui de sa
filiale d’assurance crédit Euler-Hermes, il est excellent, à 78 % ;
· Au fait que l’assurance vie et les services financiers, la filiale française d’Allianz
a amélioré ses marges et la banque AGF est déjà profitable, avec un an d’avance
sur les prévisions.
A cette amélioration de la rentabilité économique dans presque toutes les branches,
s’est ajoutée :
· Une série de cessions : la banque Enténial, les activités vie au Brésil et au Chili
et la filiale bancaire Belge ; Ceci a permis à AGF de renforcer sa situation
49
financière (trésorerie passive, voir nos retraitements) par des cessions en des
termes favorables pour le groupe.
NB : Ainsi, pour Enténial le montant de l’opération a été arrêté, avec le repreneur
le Crédit Foncier, à 587 millions d’euros pour l’intégralité du capital, soit 49,56
euros par action.
· Un rajeunissement de l’encadrement supérieur.
En revanche, la hausse des dépenses de santé et le désengagement de la Sécurité
sociale ont pesé sur le ratio combiné de l’activité santé (109,2 % en 2003), déjà
jugé insatisfaisant en 2002, à 108,8%. Cette situation dégradée explique d’ailleurs
les très fortes hausses tarifaires appliquées en 2004, les résiliations et les révisions
à la baisse de garanties (refonte de la gamme).
Perspectives 2004
Rapprochement de l’assurance vie et de la banque pour faire face à la concurrence
des banques (offre patrimoniale globale).
Création d’un ensemble comprenant la Direction de la santé et celle des assurances
collectives afin de répondre aux enjeux d’un secteur en pleine mutation.
Meilleure séparation entre les réseaux de distribution et les responsables des
différents marchés.
D’une part, le groupe entend saisir les opportunités de développement liées à la
réforme du système de santé.
D’autre part, le groupe vise à renforcer la croissance de l’activité. C’est
particulièrement le cas en vie car sa progression en France (2,2 %) est inférieure à
celle du marché (9%). En assurance individuelle, le CA des agents généraux a
même reculé de 7,7 % à 548,1 Md€, et celui des courtiers de 8,1 % à 170 Md€.
50
Les ambitions de croissance de l’activité vie et des services financiers sont
comprises, pour 2004, entre 5% et 10 %, accompagnées d’une réduction des coûts
de 75 M€.
51
3.2.2 Analyse boursière
CALCUL
NOM
CAPITALISATION
BOURSIERE
BNA
RESULTAT
Cours action * nb actions
2001 : 167 931810 * 66,38
2002 : 170 170 920*46,74
RN / Nb ACTIONS
2002 :268 M€/170 170 920
2001 :732 /167 931 810
DIV/ACTION
DEVELOPPEMENT
DURABLE
Critères
Rating
Ressources humaines
Clients/fournisseurs
Actionnaires
Société civile
Rating
+
+
+
+
Cours de l’action/Bénéfice par
action
Bêta
RENTABILITE
REQUISE PAR
L’ACTIONNAIRE
RATIO DE MARRIS
EVA
2002 : 1,57
2001 : 4,36
2002 : 1 €
2001 : 2 €
(min :-/max : ++)
PER
2001 : 11 147 313 500
2002 : 7 953 788 801
Rc=Rf+B(Rm-Rf)
2001: Rm=0,3687
2002 : Rm=0,3224
2001 :Rf=0,0505
2002
: Rf=0,0493
Capitalisation boursière/valeur
comptable des CP
(ka-Rc)*AE
(0.69%-0.19)*96058
52
2002 : Notation VIGEO (AGF
est actionnaire de VIGEO)
notation en amélioration par
rapport à la précédente sur
trois aspects du
développement durable :
ressources humaines,
environnement, et prise en
compte des attentes de la
société civile.
2001 : 14, 32
2002 : 33 ,26
2001 : 0,4246 (43%)
2002 : 0 ,5243 (52%)
2001 : 0,1856 (18%)
2002: 0,1925 (19%)
Or la rentabilité obtenue en
2002 est de 9%
2001 : 1,8
2002: 1,33
L’augmentation de capital a
permis de conserver un ratio
>1 malgré la chute des cours
2002:-11623
Bêta pour 2001
2001
Janvier
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre
Octobre
Novembre
Décembre
janvier-02
Cov
Var Rm
Beta
Cours Action Ri
CAC 40
Rm
68,38
0,4241
5998,49
-10,5195
68,67
-0,4806
5367,48
-3,4659
68,34
-1,3023
5181,45
8,8504
67,45
-0,4299
5640,03
-3,2950
67,16
-2,3973
5454,19
-4,1960
65,55
-0,7933
5225,33
6,8930
65,03
-4,6748
5585,51
-16,0446
61,99 -19,1966
4689,34
-13,0151
50,09
4,2723
4079,02
6,4297
52,23
6,8734
4341,29
3,1044
55,82
-4,2458
4476,06
3,3181
53,45
-2,0206
4624,58
-3,5184
52,37
4461,87
25,6256
60,3460
0,4246 (42%)
Bêta pour 2002
2002Cours Action
Ri
CAC 40
Rm
Janvier
52,37
-0,3437 4461,87
0,0251
Février
52,19
6,1314 4462,99
5,0421
Mars
55,39
0,1264 4688,02
-4,8054
Avril
55,46
-1,6048 4462,74
-4,2149
Mai
54,57
-12,1862 4274,64
-8,8113
Juin
47,92
-16,4441 3897,99
-12,3810
Juillet
40,04
-1,8731 3415,38
-1,4397
Août
39,29
-13,9476 3366,21
-17,4903
Septembre
33,81
-13,9899 2777,45
13,4148
Octobre
29,08
18,8446 3150,04
5,6066
Novembre
34,56
-0,4340 3326,65
-7,8980
Décembre
34,41
-7,4978 3063,91
janvier-03
31,83
Cov
37,1890264
var Rm
70,9318542
Beta
0,52429232 (52%)
53
Bleu : CAC 40
Rouge : AGF
54
55
Quelques points d’analyse :
• Les courbes démontrent que l’évolution du titre AGF suit la tendance générale du
CAC 40, pris comme indice de référence du marché, au coefficient de sensibilité
près représenté par le Béta que nous avons calculé. On peut remarqué toute fois
une amplification de la baisse en octobre 2002 suite à la catastrophe AZF de
Toulouse, le groupe étant partie prenante dans la police responsabilité civile.
• On remarque en 2002 une détérioration du PER par rapport à 2001 puisqu’un
investisseur achète 33 ans de bénéfice alors qu’en 2001 il achète 14 ans de
bénéfice. Ceci du à la détérioration du cours et du résultat.
• S’agissant du ratio de Marris s’il reste supérieur à 1 en 2002 malgré la
détérioration des cours cela est du à l’augmentation de capital .
• La rentabilité financière (bloc majoritaire) obtenue en 2002 (+9%) est inférieure
à celle requise calculée selon le modèle du MEDAF (+19%).
• Enfin l’EVA qui représente la valeur ajoutée économique ou le sur-profit aucours d’une période est négative. Ce résultat n’est pas significatif compte tenu de
l’importance des provisions que érodent la rentabilité économique.
56
4
CONCLUSION
Comme l’analyse le révèle les AGF comme l’ensemble du secteur de l’assurance est
pénalisé par une rentabilité insuffisante.
La recherche permanente de nouvelles opportunités démontre ses limites. Les chiffres
le traduisent, le résultat économique est structurellement déficitaire.
La crise financière à travers les résultats de 2002 démontre à l’évidence que
l’assurbanque n’est pas pour le moment le remède à cette situation préoccupante.
Ainsi, les AGF comme l’ensemble du secteur n’échapperont pas à l’amélioration
drastique des fondamentaux lié à l’activité.
57
PLAN
1
INTRODUCTION
1
2
LE SECTEUR DE L’ASSURANCE EN FRANCE
2
2.1
Les spécificités du secteur
2.1.1
Le marché
2.1.2
Un cadre prudentiel pénalisant
2.1.3
Une fiscalité Lourde
2.1.4
Des acteurs structurellement fragiles
2.1.5
Le lourd héritage des nationalisations
2.1.6
Une rentabilité insuffisante
2.1.7
Une sous-capitalisation chronique
2.1.8
Des restructurations qui ont bousculé les agents généraux
2.1.9
Une forte concentration
2.1.10
La prise de contrôle par des groupes Européens
4
4
6
6
8
8
9
11
11
12
13
2.2
L’évolution de l’environnement
2.2.1
La concurrence
2.2.1.1
La bancassurance
2.2.1.2
Les mutuelles dans l'assurance de dommages
2.2.1.3
La vente directe
2.2.1.4
La grande distribution
2.2.1.5
La Poste et le Trésor dans la distribution de produits d’assurance vie
2.2.2
Les nouvelles opportunités et menaces
15
15
15
17
18
19
20
21
3
LE GROUPE AGF
22
3.1
Présentation du groupe
3.1.1
Dates importantes
3.1.2
La gouvernance
3.1.3
Les investissements dans le développement durable
3.1.4
Comportement stratégique du groupe AGF
3.1.4.1
Orientations stratégiques du groupe
3.1.4.1.1 Stratégie générale
3.1.4.1.2 L’OPA D’ALLIANZ
3.1.4.1.3 Le découpage stratégique et les facteurs clés de succès
3.1.4.1.4 Evolution des métiers
3.1.4.1.5 Les partenariats
3.1.4.2
Stratégie par domaine
3.1.4.2.1 Assurance non vie
3.1.4.2.2 Assurance vie
3.1.4.2.3 Autres activités
3.1.5
Forces et faiblesses du groupe
3.1.6
Evolution du portefeuille d’activités
58
22
22
22
23
24
24
24
25
26
27
27
29
29
30
32
33
34
3.2
Analyse financière et boursière
3.2.1
Analyse financière
3.2.1.1
Capitaux Propres 2002/2001
3.2.1.2
Bilans
3.2.1.3
TSIG
3.2.1.4
Seuils de rentabilité
3.2.1.5
Evolution des résultats consolidés par activité
3.2.1.6
Ratios
3.2.1.7
Diagnostic
3.2.1.7.1 Niveau AGF
3.2.1.7.2 Comparaison avec la concurrence (espace européen)
3.2.1.8
Sortir de la crise
3.2.2
Analyse boursière
4
CONCLUSION
35
35
36
37
39
41
42
43
44
44
45
49
52
57
59