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i-préparer votre visite
DOSSIER PEDAGOGIQUE
Dossier Élève
Niveau Lycée
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SOMMAIRE
1 : PRÉPAREZ TA VISITE…
1. Présentation de Caumont Centre d’Art
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2. Qu’allez-vous voir ?
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3. Caumont Centre d’Art et l’Histoire des arts
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4. Caumont Centre d’Art dans l’Histoire d’Aix-en-Provence
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5. Une exposition à découvrir : Canaletto, Rome-Londres-Venise. 9
6. Je vous présente Canaletto
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7. Chronologie autour de Canaletto et Venise
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8. Un plan pour mieux vous repérer
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2 : DÉCOUVREZ CAUMONT CENTRE D’ART ET L’EXPOSITION :
CANALETTO, ROME, LONDRES, VENISE. LE TRIOMPHE DE LA LUMIERE.
1. La visite de Caumont Centre d’Art et de ses jardins
2. L’exposition Canaletto, Rome, Londres, Venise.
Analyse des œuvres de Canaletto et de ses contemporains
3. Le film Cezanne au pays d’Aix pour clore
le parcours artistique
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3 : QU’AVEZ-VOUS RETENU ?
1. Evocation de Caumont Centre d’Art
2. Analyse des œuvres de Canaletto
3. Questionnaire d’analyse du film Cezanne au pays d’Aix
4. Quiz
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40
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50
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AVANT DE COMMENCER
Ce questionnaire va vous guider tout au long de votre visite de Caumont Centre d’Art. Il vous
permettra de revivre au XVIIIe siècle, au temps des Lumières, et de découvrir les salles
somptueuses et les jardins à la française.
L’exposition Canaletto, Rome, Londres, Venise, le triomphe de la lumière vous entraînera ensuite
à Venise, sur les traces de ce grand peintre, avec autant de témoignages d’une époque où la
peinture permettait de découvrir Venise et des paysages inconnus.
Enfin le film Cezanne au pays d’Aix vous permettra de mesurer l’évolution de la peinture du XVIIIe
à la fin du XIXe siècle, à l’aube de l’époque moderne.
Vous devrez alors :
Comprendre ce
que vous allez voir
Observer un
paysage
ou un tableau
Analyser en
choisissant vos
réponses
Expliquer ce que
vous aurez vu
Bonne Visite !
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Caumont Centre d’Art
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I-PRÉPARER VOTRE VISITE
1. Présentation de Caumont Centre d’Art
L’Hôtel de Caumont est l’une des plus prestigieuses demeures du patrimoine aixois, au cœur du
quartier Mazarin, l’écrin architectural de cette ville d’art.
Il a été construit au XVIIIe siècle, lorsque François Rolland de Réauville, Marquis de Cabannes,
voulut ériger un hôtel particulier digne de sa charge de second Président à la Cour des Comptes
d’Aix-en-Provence, cité de premier plan du royaume de France.
La mission fut confiée à Robert de Cotte, Architecte des Bâtiments du Roi, et la construction
s’étendit à partir de 1715, sur une trentaine d’années. L’édifice typique du « baroque aixois »,
mêlant le baroque provençal influencé par l’Italie au classicisme français, devint au gré des
successions et des reventes la propriété de Pauline de Bruny qui épousa en 1796 Amable de
Seytres, marquis de Caumont. La marquise anima alors la vie artistique aixoise dans son hôtel
particulier. Elle lèguera son hôtel particulier en 1850, des figures de l’histoire locale y vécurent,
avant que ce lieu ne compte dans l’histoire de la résistance française. Devenu en 1964
Conservatoire nationale de musique, l’Hôtel de Caumont va poursuivre sa vocation d’écrin
artistique, malgré une perte de ses éléments décoratifs d’origine au XXe siècle.
Depuis 2013, Culturespaces redonne vie et authenticité à l’Hôtel de Caumont, en tant que
Caumont Centre d’Art, témoin du siècle des Lumières. Le ravalement de la façade, la
réhabilitation des espaces intérieurs, notamment les pièces évoquant Pauline, la marquise de
Caumont, permettent de créer les conditions propices à la diffusion de la culture pour tous. Ces
dossiers pédagogiques participent à la mission de favoriser l’accès aux arts et au patrimoine de
tous les jeunes publics.
La remise en état des jardins à la française, leur agrandissement, donne un lustre supplémentaire
à Caumont Centre d’Art, lieu de partage et d’échange de différents expressions artistiques. Les
beaux-arts sont au centre du projet avec les expositions temporaires, la première de celle-ci
accueillant au printemps 2015 les œuvres de Canaletto : Canaletto, Rome, Londres, Venise. Le
triomphe de la lumière.
Dans le cadre du projet artistique, scientifique et pédagogique porté par Culturespaces,
l’auditorium projettera en permanence le film « Cezanne au pays d’Aix » , une œuvre évoquant
la vie et l’œuvre du grand peintre, point final d’une visite centrée sur la découverte de grandes
étapes de l’histoire de l’art européen.
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I-PRÉPARER VOTRE VISITE
2. Qu’allez-vous voir ?
En entrant dans Caumont Centre d’Art, vous allez parcourir ces lieux imprégnés de l’atmosphère
du siècle des Lumières, jusqu’à l’entrée des grandes salles de l’exposition consacrée à Canaletto.
•
Des fiches de questionnaire permettront de montrer que vous avez bien su comprendre ce
que vous avez visité.
•
La découverte du site de l’Hôtel de Caumont, au patrimoine architectural étonnant (cour,
façade, appartements, jardins à la française) introduit le visiteur dans le monde du XVIIIe
siècle, le temps des Lumières, et lui fera revivre l’ambiance des salons aixois avec Pauline de
Caumont, une introduction à la compréhension de l’exposition temporaire et des courants
artistiques de cette époque.
•
L’exposition Canaletto, Rome, Londres, Venise. Le triomphe de la lumière, met en évidence
le maître le plus admiré de l’époque, alors que Venise est encore au centre des regards des
cercles lettrés et artistiques. Venise, Rome, mais aussi Londres vont jalonner le parcours de
celui qui incarne la peinture de ce grand siècle.
•
Le film « Cezanne au pays d’Aix » met en perspective l’approche des œuvres du XVIIIe siècle,
tant architecturales que picturales, avec l’évolution de l’art jusqu’aux portes de la modernité
marquée le génie de Cezanne. Il est approché ici de manière vivante et incarnée, à travers
la vie et la genèse de l’œuvre du grand peintre.
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3. Caumont Centre d’Art et l’Histoire des arts.
Atlante : Deux colosses furent sculptés dans le stuc par des artistes du pays, Esprit Routier et Honoré
Gastaud. Ils semblent porter l’hôtel ; l’un observe l’entrée et l’autre scrute l’escalier. Ces atlantes utilisés
depuis la Renaissance évoquaient l’Antiquité, à l’image d’Atlas portant le monde.
Blason : Les Roland de Réauville laissèrent leur marque par ces R entrelacés dans les volutes de feuilles
d’acanthe du garde-corps … Un véritable chef-d’œuvre de ferronnerie du serrurier Reynaud. Et le cerf
des Bruny est là également, sur le macaron face à l’entrée.
Classique : L’art classique va s’épanouir en France au XVIIe siècle et se poursuivra au XVIII e siècle, en
privilégiant les formes simples, une architecture géométrique et ordonnée, à la différence du baroque
qui dominera avec ses courbes et son exubérance décorative l’espace italien ou allemand. Versailles
marque le triomphe de l’art classique, de ses inspirations antiques déclinées dans les façades
(chapiteaux, pilastres encastrés, frontons), ses motifs de sculpture. La peinture de sujets mythologiques
leur répond en écho.
Cour : (des communs, cour d’honneur) : : Une fois le porche franchi, qui délimite l’espace public et
celui de l’hôtel, s’ouvre la cour d’honneur, pavée, qui recevait les équipages des carrosses venus du
cours Mirabeau et laissait entrer les familles nobles invitées aux réceptions des propriétaires. A sa droite
s’ouvre la cour des communs, invisible car close, où s’affaire toute la nombreuse domesticité. Leurs
pièces de vie, exigües, s’ouvrent sur cette cour des communs.
Fronton : Dans les temples grecs, puis romains à leur imitation, les frontons de pierre marquaient le
dessus de la façade des temples, avec souvent des frises sculptées dans leur triangle posé sur la
colonnade. Après la Renaissance et son retour à l’antique, les frontons réapparaissent en façade des
églises mais aussi dans l’architecture des façades, cependant les goûts évoluent et les frontons
perdent leur rigueur triangulaire pour devenir des arcs comme ici ou les deux formes rythment la
façade vers le ciel.
Gypseries : Les gypseries sont des ornements muraux de plâtre en relief, les « gipiers » aixois se
fournissent en matière première dans des carrières du quartier de Célony. Ils peuvent réaliser des
dessins originaux pour leur commanditaire, ou s’inspirer de répertoires de formes édités en France et en
Italie, qui diffusent des modèles inspirés du style Renaissance. Des éléments répétitifs de décors sont
parfois moulés puis collés, mais la taille directe des motifs semble dominer. À l’Hôtel de Caumont, les
gypseries sont présentes dès le hall d’entrée ; au plafond, se trouvent des cartouches- des formes de
cartes à demi déroulées- sur des thèmes mythologiques qui rappellent subtilement les armoiries des
Bruny : Diane chasseresse, accoudée à un cerf. Dans les salons du rez-de-chaussée, les gypseries sont
aussi à l’honneur. Le décor du Salon Bleu, aux cartouches sur fond bleu, est dédié à Vénus
accompagnée de ses amours. Mais elle partage aussi la vedette avec quelques dragons, chimères et
allégories, comme dans les cartouches centraux où sont symbolisées la tempérance, la prudence, la
force et la justice. Les quatre coins du plafond de ce qui fut une chambre au XVIIIe siècle arborent les
R entrelacés des Réauville. Mythologie, animaux fantastiques et allégories se retrouvent également
dans le Salon Chinois, la Grande Galerie, et le Salon des Putti avec son décor gris.
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3. Caumont Centre d’Art et l’Histoire des arts.
Jardin à la française : Les jardins à la française sont des œuvres végétales inspirées par les jardins à
l’italienne du XVIe siècle. Ils représentent la maîtrise de l’homme sur la nature. Les buis taillés dessinent
des motifs géométriques de part et d’autre des allées avec symétrie. Ces jardins furent privilégiés par le
Roi-Soleil, à Versailles, il souhaitait que l’architecture des jardins évoque sa domination sur la nature.
Ordre dorique : Dans son premier projet de 1715, Robert de Cotte impose un goût classique qui fait
autorité dans les milieux parisiens : une façade unie avec un étagement des trois ordres d’architecture,
dorique, ionique et corinthien, hérités de la Grèce et de l’architecture classique transmise par la
Renaissance. Seul l’ordre dorique apparaît encore sur la façade, sous le balcon avec des pilastres aux
chapiteaux de formes simples et évasés, ses triglyphes à trois traits verticaux qui scandent la frise,
séparant les métopes ou plaques sculptées.
Quartier Mazarin : Du nom de l’archevêque d’Aix-en-Provence Michel Mazarin, frère du célèbre
cardinal. En 1646, il décide d’agrandir la ville sur le terrain d’anciennes fortifications. Marchands
fortunés, grosse bourgeoisie, ou noblesse de robe -surtout composée de roturiers qui, au XVIIe siècle,
ont acheté une charge parlementaire les anoblissant- font construire des demeures luxueuses, ce qui
ne manque pas d’attirer à proximité bon nombre d’artisans. Loin de la vieille noblesse qui se maintient
dans le centre-ville, se constitue un emplacement privilégié qui finira par charmer les véritables nobles.
Ils deviennent majoritaires dans le quartier au début du XVIIIe siècle. Cependant l’Hôtel de Caumont se
distinguera par sa magnificence, la présence de cour d’apparat et de jardin, un plan imitant les
châteaux mais peu utilisé en milieu urbain en Provence.
Renaissance : A partir du XVe siècle la tradition antique (sciences, philosophie, sculpture et peinture) est
remise à l’honneur. Ce mouvement se dessine d’abord en Italie, au contact des vestiges antiques, de
l’apport des cultures méditerranéennes, byzantine et musulmane, qui ont reçu en héritage les textes
antiques grecs.
Rocaille : La chambre de Pauline de Caumont illustre bien ce style en vogue au XVIII e siècle, très
présent dans les appliques aux murs de la chambre et sur la console dorée sous le miroir. Les arts
décoratifs cèdent à cette mode de la volute, du motif végétal ou minéral, où rien ne semble
symétrique et tout prend des formes de « coquille » et de rinceaux. Cette esthétique rocaille participe
pleinement à la création d’une atmosphère intime et chaleureuse : tout est rondeur et préciosité.
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4. Caumont Centre d’Art dans l’Histoire d’Aix-en-Provence.
1646 : Michel Mazarin est le frère du célèbre cardinal, conseiller d’Anne d’Autriche, mère de Louis XIV.
Il décide d’agrandir la ville sur le terrain du futur quartier qui portera son nom.
1715 : La première pierre de l’Hôtel de Caumont est posée en 1715, à la demande de François Rolland
de Tertulle. Le seigneur de Réauville, marquis de Cabannes, est président à la Cour des Comptes.
Cette date marque également la mort de Louis XIV.
1718 : Mort de François Rolland de Tertulle.
1742 : Le grand escalier est construit.
1743 : De grands travaux amènent l’eau en abondance dans les jardins.
1745 : La construction initiée par François Rolland de Tertulle est poursuivie par son fils, puis sa femme et
sa belle-fille, jusqu’en 1745.
1758 : L’hôtel est vendu pour raisons financière à François de Bruny, président du Parlement de
Provence.
1767 : Naissance de Pauline de Bruny, qui deviendra Pauline de Caumont en 1796.
1772 : Jean-Baptiste Jérôme de Bruny prend possession de l’hôtel.
1796 : Mariage de Pauline de Bruny avec Amable de Seytres, marquis de Caumont, marquis
avignonnais (1764-1841).
1800 : Mort de Marie-Jean-Joseph, frère de Pauline, qui fait d’elle l’héritière de l’hôtel de sa famille, qui
prend le nom d’Hôtel de Caumont.
1850 : Mort de Pauline de Caumont, sans héritier direct.
1854 : Vente de l’hôtel particulier à Jean-Baptiste Albert de Roux. Les propriétaires se succèdent
ensuite avec peu d’intérêt pour la demeure, qui devient un immeuble de rapport divisé en ateliers et
appartements.
1880 : On ajoute un bâtiment dans la cour d’honneur pour abriter l’administration des Postes, jusqu’en
1924.
1939-1945 : Durant la Seconde Guerre mondiale, l’aixoise Hélène Ardevol y abrite de nombreux
résistants.
1964 : La famille Isenbart, dernière propriétaire, le cède à la municipalité d’Aix-en-Provence qui y
installe le Conservatoire national de musique et de danse Darius Milhaud.
1987 : Classement de la totalité de l’hôtel à l’inventaire des Monuments Historiques.
2010 : La ville d’Aix-en-Provence cède l’Hôtel de Caumont à Culturespaces.
2013 : Un vaste programme de restauration est lancé par Culturespaces, supervisé par la Direction
Régionale des Affaires Culturelles, et la Conservation Régionale des Monuments Historiques et
l’Architecte des Bâtiments de France.
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5. L’exposition … une histoire d’art.
« Canaletto, Rome-Londres-Venise. Le triomphe de la lumière».
Giovanni Antonio Canal, dit Canaletto, (Venise 1697–1768) est connu pour être le peintre de Venise le
plus important du XVIIIe siècle, celui qui a magnifié sa ville par des vues rigoureuses et empreintes d’une
lumière précise et chaleureuse.
Canaletto a créé la peinture de veduta à Venise, représentant avec une admirable exactitude mais
aussi avec poésie des vues de sa ville natale. C’est ainsi qu’il a formidablement contribué à en créer le
mythe dans toute l’Europe. Il a aussi peint dans une démarche semblable des vues de Rome et de
Londres.
Avec plus d’une cinquantaine d’œuvres, dont un choix très original de peintures, le parcours propose
une nouvelle interprétation de différents moments de sa carrière, avec une attention particulière au
processus de création. C’est la première fois que sont aussi clairement exposées les œuvres de l’artiste
à ses débuts, celles de sa période anglaise et de la dernière période de sa vie.
Les recherches engagées à l’occasion de l’exposition par la commissaire, Dr. Bożena Anna Kowalczyk,
lui ont permis d’attribuer quatre nouvelles toiles à Canaletto, toutes quatre présentées dans
l’exposition : Caprice avec ruines romaines (vers 1720-1721, collection particulière), Venise: la Basilique
Saint-Pierre-de-Castello et Venise: Entrée du Cannaregio (vers 1736, The National Gallery, Londres), et
Caprice avec une église sur une colline (collection particulière).
Avec cette exposition inaugurale, Culturespaces expérimente aussi un nouveau type d’exposition
immersif. En complément des œuvres de Canaletto, la part belle est faite aux supports numériques et
multimédia pour enrichir l’expérience du visiteur.
Commissaire général : Dr Bożena Anna Kowalczyk, spécialiste de la peinture vénitienne du XVIIIe
siècle.
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4. Je vous présente Canaletto.
Giovanni Antonio Canal est né à Venise, tout près du célèbre pont du Rialto, en 1697. Il appartient à
une famille d’artistes, son père, Bernardo Canal, est connu pour ses scènes peintes et les décors de
théâtre et c’est tout naturellement que le jeune Giovanni va aider son père et son frère Cristoforo. Il
voyage en famille pour réaliser des décors de théâtre et se rend ainsi à Rome, où il va découvrir de
célèbres peintres paysagers, un style très en vogue à cette époque.
L’Italie du début du XVIIIe siècle est inscrite au cœur du périple que les riches aristocrates et les artistes
du siècle des Lumières effectuent afin d’approfondir leur culture : c’est le Grand tour. Rome est au
cœur de toutes les attentions, on redécouvre les ruines antiques, les peintres réalisent sur commande
des scènes pittoresques. Revenu à Venise en 1720, le jeune Canaletto se lance à son tour dans ces
vedute, ces vues panoramiques très détaillées dont les riches collectionneurs vénitiens et étrangers
raffolent.
En 1723, Canaletto réalise ses premières commandes comme Venise, Le Grand Canal vers le nord-est,
du Palais Balbi au pont du Rialto, et profite de toutes les cérémonies chamarrées impliquant les
aristocrates de la ville pour peindre autant de scènes hautes en couleurs.
A partir de ces années, Canaletto est le peintre de vedute le plus courtisé et le plus cher. Les
marchands d’art et les collectionneurs veulent toujours plus de vues des divers quartiers : les
aristocrates anglais se tournent vers lui.
Canaletto s’intègre dans un atelier collectif de peinture pour le duc de Richmond, qui va devenir son
mécène le plus représentatif avec le marchand d’art Joseph Smith. Les tableaux et gravures évoluent
vers des dimensions plus modestes et sont de plus en plus précis, appréciés en Angleterre pour leur sens
du détail et leur netteté.
Le procédé de la Camera obscura ou chambre noire va lui être d’un grand secours : connu depuis
longtemps ce procédé consiste à faire entrer à travers une lentille, dans un caisson fermé, la lumière
par un petit orifice. Le paysage observé se retrouvera exactement reproduit mais à l’envers sur la face
interne du caisson : on y disposera une feuille où l’on pourra reporter tous les détails.
Malgré la qualité des vedute de Canaletto, les années 1740 marquent une phase de repli de ses
réalisations de tableaux, dans un contexte international troublé par les guerres. L’occasion lui est
donnée de partir pour Londres en 1746, où il va retrouver des mécènes parmi les ducs. Peindre palais
et demeures de campagne lui procure nombre de nouvelles commandes.
Il n’a revu Venise qu’une fois lorsqu’il se décide à rentrer dans sa ville natale en 1756 : collectionneurs
et voyageurs lui passent à nouveau des commandes même s’il n’est plus aussi admiré qu’autrefois,
comme le montre son intégration à l’Académie de Venise en 1763 ; le maître du vedutisme s’éteint en
1768 dans sa chère ville natale.
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5. Chronologie autour de Canaletto et Venise.
1697 : Naissance de Giovanni Antonio Canal à Venise.
1716 : Il aide son père dans l’atelier familial de décors de théâtre.
1720 : Voyage à Rome et découverte des maîtres de la peinture paysagère (Caspar van Wittel).
Intronisation dans la société des peintres de Venise.
1723 : Premiers tableaux de Canaletto.
1723-1726 : Commandes de tableaux de grandes dimensions par les diplomates et les nobles de
passage à Venise.
1726 : Canaletto travaille pour le duc de Richmond, l’amateur d’art Joseph Smith sera son principal
intermédiaire avec le monde anglo-saxon.
1729 : Les sujets se diversifient, les fêtes commémoratives s’imposent peu à peu, comme le montre le
Bucentaure au Môle le jour de l’Ascension.
1735 : Joseph Smith édite une série de gravures de Canaletto sur le Grand canal.
1730-1740 : Canaletto s’adapte au goût anglais, avec des tableaux de petite taille, aux détails
extrêmement précis et bien rendus, dans un paysage sans défaut.
1744 : Mort du père de Canaletto.
1746 : Canaletto part pour l’Angleterre.
1747 : Célèbres tableaux de la Tamise, du château de Windsor.
1750-1753 : Retour momentané de Canaletto à Venise.
1755-1756 : Canaletto quitte définitivement l’Angleterre.
1760 : Tableaux des quartiers de Venise.
1763 : Canaletto entre à l’Académie de Venise.
1766 : Dernières œuvres.
1768 : Mort de Canaletto dans sa maison de Venise.
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6. Un plan pour mieux vous repérer.
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II - PENDANT LA VISITE
Etape 1 : La visite de Caumont Centre d’Art.
Cour de réception et façade de prestige : le triomphe du classique.
François Rolland de Tertulle, seigneur de Réauville, marquis de Cabannes, est à la fin du règne de Louis
XIV président à la Cour des comptes, et veut ériger un monument de style parisien pour éclipser ceux
de sa province aixoise. Il achète un vaste terrain et le confie à l’architecte du roi, Robert de Cotte.
Celui-ci le divise en quatre parties égales : la cour des communs, la cour d’honneur, l’hôtel et le jardin
à la française. Dans son premier projet de 1715, Robert de Cotte impose un goût classique qui fait
autorité dans les milieux parisiens : une façade unie avec un étagement des trois ordres d’architecture,
dorique, ionique et corinthien, hérités de la Grèce et de l’architecture classique transmise par la
Renaissance.
Joseph François Rolland de Réauville, fils du commanditaire, entend bien à la mort de son père en
1718 apporter des variantes plus méridionales. Aidé d’un architecte aixois, Georges Vallon, il brise
l’ordonnance prévue, remplace les chapiteaux corinthiens par des consoles de style rocaille, amplifie
le décor, ajoute un fronton au dernier étage… Ainsi la façade de l’Hôtel de Caumont est le fruit de
deux influences : celle de Robert de Cotte, le parisien classique, et celle de Georges Vallon, l’aixois
influencé par le baroque provençal.
François de Bruny rachète cet hôtel prestigieux en 1758, ce qu’évoque le balcon ouvragé, qui
surplombe la porte d’entrée avec sa belle ferronnerie. En son centre se trouve ce gracieux cerf en
course, le motif principal des armoiries des Bruny de la Tour d’Aigues, des arcs, des carquois et des
flèches taillés dans la pierre sous le balcon. Juste au-dessus de la porte, la frise de trophées de guerre
et de navires est l’œuvre des seigneurs de Réauville qui firent construire l’hôtel, et l’occupèrent les
premiers. Elle témoigne de leur histoire, leurs ancêtres appartenaient au puissant Ordre de Malte qui
combattait les Turcs ottomans en Méditerranée.
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Cour de réception et façade de prestige : le triomphe du classique.
Façade de Caumont Centre d’Art © C. Michel
Découvrez cette cour de réception et cette façade de prestige en répondant à ces questions :
1)De quand date cet Hôtel de Caumont d’après le texte d’introduction ?
2)Observez le grand porche d’entrée et cette cour pavée, à quoi pouvait-elle servir avec de telles
dimensions ?
3) Détaillez la façade, comment s’ordonne-t-elle, du perron au toit ?
4) Quels sont les éléments de la façade qui évoquent l’art classique lui-même inspiré de la
Renaissance et de ses motifs antiques ?
5) Pourquoi les ferronneries du balcon viennent-elles rompre cette rigueur classique ?
6)Que représente ce cerf doré ? Les sculptures de la frise sous le balcon ? Le texte d’introduction vous
aidera à comprendre.
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Les jardins à la française.
Le site de l’Hôtel de Caumont est une des rares demeures urbaines aixoises « entre cour et jardin » qui,
en rappelant les châteaux au milieu de leurs parcs, permettaient à leurs propriétaires de témoigner de
leur aristocratie. Devant l’hôtel, à l’ouest, se trouve donc une cour de réception, mais au sud se
déploie un jardin clos de murs, dit « jardin haut », car il constitue une terrasse.
Dès la conception de l’hôtel de Caumont, l’architecte Robert de Cotte en avait esquissé le dessin.
Probablement inspiré des œuvres versaillaises du jardinier André Le Nôtre, le motif était régulier,
géométrique, organisé autour d’une décoration végétale stylisée, et bordé de buis et de topiaires, ces
arbustes taillés de formes variées. L’esprit était donc celui d’un jardin à la française du XVII e siècle, bien
que le goût, au XVIII e, ait évolué davantage vers le jardin à l’anglaise qui se voulait une imitation de la
nature avec ses hasards et sa fantaisie. Les jardins à la française sont des œuvres végétales inspirées
par les jardins à l’italienne du XVI e siècle. Ils représentent la maîtrise de l’homme sur la nature. Les buis
taillés dessinent des motifs géométriques de part et d’autre des allées avec symétrie. Ces jardins furent
privilégiés par le Roi-Soleil, à Versailles, il souhaitait que l’architecture de son château comme celle de
ses jardins le montrent régnant sur la nature et les hommes.
Aujourd’hui, la décoration a disparu mais un bassin circulaire entouré de quatre parterres ponctués de
buis évoque le projet de Robert de Cotte et souligne l’architecture de l’hôtel. Un mur ouvre sur la
perspective d’un autre jardin, situé en contrebas. La disposition de l’Hôtel de Caumont permettait aux
banquets du Salon Chinois ou de la Grande Galerie de s’ouvrir dans les jardins.
Dans ces jardins s’épanouissent les plantes typiques des jardins des belles demeures aixoises du XVIIIe
siècle : le laurier et le buis comptent parmi les essences les plus fréquentes. On retrouve aussi le robinier
(faux-acacia d’Amérique du Nord implanté en France par Jean Robin en 1601), le cyprès, l’if, le tilleul,
le lilas, l’érable rouge et argenté, et d’autres plantes emblématiques de la région : le chêne vert,
l’agapanthe et le micocoulier de Provence. Charme, murier, lierre et magnolia complètent cette belle
diversité de végétaux.
Le jardin haut offre une belle vue sur le jardin bas, ceint d’une double haie formée de chênes verts et
d’ifs encadrant une broderie de buis. Au-delà, la fontaine des Trois-Tritons vient fermer la perspective.
Sculptée dans de la pierre d’Estaillades, elle rend hommage à Robert de Cotte, initiateur du style
rocaille en France.
Le parterre du jardin haut est formé par une pelouse ponctuée de buis boules et dessinée en
compartiments géométriques autour d’un bassin circulaire au milieu duquel trône un rocher d’où
jaillissent des jets d’eau, comme sur les deux fontaines du Cours Mirabeau. Aux quatre parterres de
pelouse répondent les quatre buis boule, en écho à l’architecture classique des lieux. Sous le grand
marronnier se dressent des charmes, des ifs et un murier tandis que des fleurs vivaces s’épanouissent
dans des vases d’Anduze.
L’eau était un luxe, une joie de pouvoir se rafraîchir à la fontaine dite « des tritons » que l’on peut
observer dans le jardin du bas. Les Réauville, en 1743, firent réaliser de coûteux travaux pour alimenter
en eau leur hôtel. Les tritons étaient souvent sculptés par les artistes du XVIIIe siècle. Ces animaux
étaient les alliés du dieu Neptune… encore une référence à la mythologie grecque inspirée d’une
Renaissance qui avait su retrouver l’influence antique.
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Jardin bas © C. Michel
Découvrez ces jardins en répondant à ces questions :
1)Quelle est la première impression laissée par la vue de ces jardins ?
2)Observez la disposition de ces parterres, « à la française » : comment sont-ils plantés ?
3)D’après le texte d’introduction, pourquoi les a-t-on plantés ainsi ?
4) Quels sont les éléments décoratifs qui évoquent l’art classique, comme pour la façade ?
5) Quel jardin royal prestigieux cette mode des jardins veut-elle copier?
6) Quelle plante se prête idéalement à cette taille rigoureuse et géométrique ?
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Le salon de musique, un art de vivre.
Au XVIIIe siècle, c’est à Aix que l’on trouve le plus de familles nobles dans la région. Ces familles aixoises
influent grandement sur le mode de vie local, l’urbanisation, la politique et l’économie, et étendent
leur influence sur toute la province. Marseille est surnommée la « cité du négoce » tandis que Aix est la
« cité du sang bleu ». Cette pièce évoque la vie des salons du siècle des Lumières comme il ne s’en
trouvait que dans les demeures de la haute noblesse : on y recevait un cercle d’intimes pour de
savantes conversations, jouer de la musique ou évoquer les nouvelles idées des philosophes. Il s’agit ici
d’un salon de musique, comme le montre cet écrin de clavecin et d’autres instruments. Ici, les
gypseries, ces décors sculptés dans le plâtre que vous avez déjà pu observer au rez-de-chaussée, sont
passées à l’or fin. Leur délicatesse reflète bien le raffinement des arts décoratifs à la fin du règne de
Louis XIV. Le mobilier date de la période Louis XVI, un style néo-classique inspiré de l’Antiquité avec ses
lignes droites et ses cannelures qui rappellent les colonnes des temples. Il incarne plus de rigueur que
les lignes galbées du style Louis XV…
Salon de Musique © S.Lloyd
Des putti peuplent les corniches de ce salon, célèbrent les sens ! Ici ils sont quatre en tout, à chaque
angle du plafond. Il y a les astronomes qui figurent la vue avec leur lunette et leur globe, les sculpteurs
qui représentent le toucher et façonnent un joli buste féminin, les pâtissiers qui expriment le goût en
plongeant le doigt dans ce gâteau merveilleux, les musiciens qui évoquent l’ouïe en semblant nous
donner un concert.
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Le salon de musique, un art de vivre.
Découvrez ce salon illustrant la vie intellectuelle de l’époque en répondant à ces questions :
1) Quel était l’usage de cette pièce ? Que découvre-t-on comme instrument ?
2) Quels étaient les loisirs de Pauline de Caumont et de la noblesse au XVIIIe siècle ? Aidez-vous du
texte.
e
Salon de Musique © S.Lloyd
3) Que nous montrent les personnages du tableau de Pierre-Jacques Cazes, peintre français du XVIII
siècle ?
Voici un écrin de clavecin italien du XVIIIe siècle, c’est à dire le meuble qui permettait de recevoir
l’instrument. Son décor associe rinceaux d’acanthe, rubans, instruments. Son ornement est inspiré
d’Ovide et des Métamorphoses de cet écrivain antique évoquant l’amour…
Sur le dessus du couvercle, Jupiter, transformé en taureau, enlève Europe loin de ses compagnes ; sur
l’intérieur, qu’on ne découvre que lorsque l’instrument est ouvert, Akteon qui a surpris Diane au bain,
est changé en cerf… Et tout autour de la caisse s’ébattent des nymphes, des centaures… Quant à
l’extrémité du couvercle que l’on peut rabattre sur le clavier, une femme joue de l’orgue, qui fut
autrefois le joyau de ce salon.
4) Quels sont les éléments décoratifs de cet écrin à clavecin qui évoquent l’art classique ?
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La chambre de Pauline de Caumont.
La construction de cet hôtel particulier débuta en 1715, mais l’hôtel fut vendu pour raisons financières
à François de Bruny en 1758, auquel succéda Jean-Baptiste Jérôme de Bruny en 1772. Pauline était sa
fille et elle lui donna un nouveau nom, celui de son époux, le marquis de Caumont.
Chambre de Pauline © S.Lloyd
« Je vois dans vos yeux la bonté, Sur votre front la pureté,
Dans tous vos traits la dignité, Sans faste et sans froideur écrite… »
Ces vers du poète Marie-Joseph Blaise de Chénier dédiés à Pauline de Bruny traduisent l’admiration
qu’inspirait cette véritable légende aixoise. Très belle, riche et instruite, c’est une adolescente qui brille
au milieu des fastes de l’Hôtel de Caumont, jusqu’à ce qu’un marquis avignonnais l’épouse en 1796…
Amable de Seytres, marquis de Caumont, ne fait pourtant guère honneur à ce mariage : il prend la
mer quinze jours après les noces, et la délaisse dans les années tumultueuses de la Révolution
française, alors que Pauline vient de perdre son père. Elle n’aura pas d’enfants, occupera alors seule
l’Hôtel de Caumont à partir de 1800 jusqu’à sa disparition, 50 ans plus tard.
Dans cette chambre, la fantaisie d’un espace privé s’exprime par le style rocaille, qui donnera
naissance au rococo européen: la chambre de Pauline de Caumont illustre bien ce style en vogue au
XVIII e siècle, très présent dans les appliques aux murs de la chambre et sur la console dorée sous le
miroir. Les arts décoratifs cèdent à cette mode de la volute, du motif végétal ou minéral, où rien ne
semble symétrique et tout prend des formes de « coquille » et de rinceaux.
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Découvrez cette pièce illustrant la vie de Pauline de Caumont en répondant à ces questions :
Ce lit à baldaquin est dit « à la polonaise », à cause de son armature métallique qui forme un ciel de lit
en dôme, orné de feuilles d’acanthes. Il est d’époque Louis XVI, vers les années 1775-1780. Ses deux
chevets sont montés à châssis afin de permettre le changement des tissus à chaque saison. La
garniture visible ici est une réédition du XIII e siècle de la maison Braquenier ; sa fonction était aussi
décorative qu’utile, car les larges rideaux protégeaient des courants d’air l’hiver. Les lits à la polonaise
étaient souvent placés dans une alcôve ; celui-ci, aux dimensions peu communes, est monté sur
roulette pour faciliter son déplacement. C’est une pièce maîtresse de la maison, car une dame de
qualité recevait souvent en se tenant dans son lit, qui devait faire figure de mobilier d’apparat.
1) Que nous dit ce meuble de l’usage de cette pièce ? Cette chambre a-t-elle le même rôle que les
chambres modernes, d’après les autres meubles ?
2) Comparez le petit bureau et la petite commode : décrivez ce style Louis XVI et opposez-le au style
rocaille des consoles et miroirs.
Dans deux tableaux du XVIIIe siècle accrochés aux murs de cette chambre, l’amour est à l’honneur. La
Reine Artémise, attribué à Antoine Rivaltz, évoque le destin de la veuve de Mausole, rapporté par
l’écrivain antique Pline l’Ancien. Sa dévotion pour son mari défunt était telle que, comme sur ce
tableau, elle mélangeait quotidiennement ses cendres à sa boisson. Elle fit aussi édifier à sa mémoire le
Mausolée d’Halicarnasse, l’une des sept merveilles du monde.
L’épisode représenté par la deuxième œuvre, Femmes au bain, nous emmène probablement à la
cour du roi David : Bethsabée, entourée de ses servantes, se pare de ses plus beaux atours pour
rejoindre la couche du roi après que ce dernier, jaloux, ait fait périr son mari à la guerre. L’artiste, qui
appartient à l’école hollandaise, a produit ici deux nus féminins magnifiés par un drapé, dans une
atmosphère nocturne qui permet de modeler les différents volumes par les ombres.
3) En quoi ces tableaux sont-ils représentatifs de l’art classique (manière de peindre, motifs) ?
4) Voyez-vous Pauline de Caumont dans cette pièce ? Comment est-elle représentée ?
5) En quoi ce portrait évoque-t-il sa jeunesse et son histoire, racontée dans le texte d’introduction ?
6) Qu’évoquent les petits singes et les masques de la Comedia dell’arte dans les coins du plafond ?
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Etape 2 : Découverte des tableaux de l’exposition « Canaletto, RomeLondres-Venise. Le triomphe de la lumière».
Salle 1 : Canaletto, l’imaginaire au théâtre et en peinture.
La première salle de l’exposition nous présente à la fois les œuvres de jeunesse de Canaletto et le
milieu dans lequel le jeune peintre se forma : celui des décorateurs de théâtre. Il appartient à une
famille d’artistes, son père, Bernardo Canal, est connu pour ses scènes peintes et les décors de théâtre
et c’est tout naturellement que le jeune Giovanni va aider son père et son frère Cristoforo. Il voyage
en famille pour réaliser des décors de théâtre et se rend ainsi à Rome, où il va découvrir de célèbres
peintres paysagistes, un style très en vogue à cette époque. Rome est au cœur de toutes les
attentions, on redécouvre les ruines antiques, les peintres réalisent sur commande des scènes
pittoresques.
Ces scènes sont reproduites pour les décors et inspirent tout autant des tableaux en vogue à cette
époque, les capricci. Ces caprices sont autant des scènes imaginaires, créées à partir de l’observation
des ruines antiques le plus souvent ; ils apparaissent dès le XVI e siècle, pour devenir au XVIII e siècle des
paysages fictifs, très appréciés par l’aristocratie vénitienne.
L’art est au cœur de la vie vénitienne, le célèbre carnaval anime près de la moitié de l’année ! Si
Venise a perdu au XVIIIe siècle sa puissance politique et son rayonnement économique du fait du
commerce atlantique et mondial, elle demeure l’un des centres de la production artistique, avec
notamment ses opéras, et attire les aristocrates de toute l’Europe au cours de leur Grand tour italien,
un passage obligé de la culture de l’époque.
Pour découvrir cette première salle…
Observez attentivement les trois tableaux, nommés pour certains Caprices, ils nous décrivent …
Cartel n° 1 : le tableau nommé Rome, Santa Maria d’Aracœli et le Capitole est un parfait décor de
théâtre ; il résume l’art familial des Canal et signe la collaboration du père et du fils ; il dépeint la colline
du Capitole, centre de la Rome antique et de la capitale papale et baroque, avec ses palais
Renaissance.
Cartel n° 3 : l’œuvre Caprice avec ruines romaines de 1720 évoque la campagne, mais au milieu de
ruines à la parure végétale, symbole d’une époque lointaine. L’inspiration est évidemment romaine
(colonnade au lointain, frontons, chapiteaux).
Cartel n° 5 : l’œuvre Rome, l’Arc de Septime Sévère est au cœur de Rome, ici la scène est moins
imaginaire, évoquant le monument à la gloire de cet empereur soldat du second siècle de notre ère.
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Cartel n° 4 : l’œuvre Rome et Venise, Caprice architectonique dont la reproduction figure ci-dessous
est à nouveau une scène imaginaire de Canaletto : au premier plan figurent colonnes gréco-romaines,
fronton, chapiteau et monuments imaginaires, l’arrière-plan est plus réaliste avec des monuments
semblables à ceux édifiés pendant la Renaissance (église à coupole).
Rome et Venise, Caprice architectonique
1723
Huile sur toile, 178 x 322 cm
Collection particulière
Tous ces tableaux pourraient être des décors de théâtre, sur la scène où se donne à Venise les grands
opéras de Vivaldi et d’autres compositeurs, un genre musical chanté né en Italie au XVIIe siècle et
dont tu peux admirer les livrets présents dans l’exposition.
En conclusion, à votre avis… que nous indiquent ces tableaux ? Coche les bonnes cases…
Oui
Non
Ce sont des tableaux de jeunesse de Canaletto.
Canaletto est un peintre alors réaliste, qui rapporte uniquement des
vues réelles de Rome.
Ces tableaux sont souvent des capprici, des « caprices » imaginaire du
peintre.
L’inspiration est antique, romaine.
Ces tableaux s’attachent à reproduire avec réalisme les formes
monumentales.
Ces capprici sont des essais de décors de théâtre.
Ces tableaux devaient orner les salons de l’aristocratie.
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Salle 2 : Les vedute, portraits de Venise.
Le jeune Canaletto se lance dès 1720 dans ces vedute, ces vues panoramiques très détaillées dont les
riches collectionneurs vénitiens et étrangers raffolent. D’autres peintres ont ouvert la voie mais à partir
de ces années, Canaletto est sans conteste le peintre de vedute (panorama) le plus courtisé et le plus
cher. Les marchands d’art et les collectionneurs le pressent de réaliser toujours plus de vues des divers
quartiers : les aristocrates anglais se tournent vers lui.
En 1723 Canaletto réalise ses premières commandes, comme Le Grand canal vers Rialto, et profite de
toutes les cérémonies chamarrées impliquant les aristocrates de la ville pour peindre autant de scènes
hautes en couleurs.
Tous ces tableaux sont de grandes dimensions, destinés à de riches collectionneurs italiens ou anglais.
Canaletto fait des repérages en extérieur, multiplie dessins et croquis, qu’il assemble ensuite en de
grandes scènes à l’apparence réaliste, même s’il prend des libertés avec la perspective, la taille et la
disposition des monuments.
Le succès de ces tableaux est également assuré par la vie qui les anime : de multiples petites scènes
vivantes les parsèment avec toute la société vénitienne, ses riches et ses pauvres, que l’on voit mener
avec un sens scrupuleux du détail leur vie quotidienne.
Pour découvrir cette seconde salle…
Observez attentivement les tableaux, des vedute, ils nous décrivent …
Cartel n° 7 : Venise, la Place Saint-Marc. Ce tableau de la première période du peintre se veut réaliste,
la célèbre Place Saint-Marc est encombrée, une vie animée se déroule au pied de la basilique du XI e
siècle, du même nom, qui traduit l’influence byzantine (à l’origine de la ville) avec ses coupoles. La
place est délimitée par les procuraties, arcades soutenant des palais. Le campanile de 98 mètres trône
sur la place.
Cartel n°9 : Venise, le Grand Canal vers l'est, vu du Campo San Vio. Le Grand Canal est l’artère
centrale de la ville, large de 30 à 70 mètres. Il est bordé d’édifices construits du XIIIe au XVIIIe siècle,
autant de prétextes à de belles études de Canaletto qui privilégie encore le réalisme avec la scène
marine au premier plan.
Cartel n° 10 : Venise, le Fonteghetto della Farina. Nous sommes ici dans une Venise populaire, loin des
palais, avec cette vie économique toujours centrée sur l’eau et les échanges, que Canaletto
s’attache à décrire avec précision pour une scène de genre.
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Venise, le Grand Canal vers le nord-est, du palais Balbi au pont du Rialto
1723
Huile sur toile, 144 x 207 cm
©2014 © Archivio Fotografico- Fondazione Musei Civici di Venezia
Cartel n°8 : Venise, le Grand Canal vers le nord-est du Palazzo Balbi au pont du Rialto. Canaletto
peindra souvent les mêmes scènes, sous des points de vue différents : ici la belle façade du palais
Balbi (fin XVIe siècle) marque à gauche le tableau, avec en perspective tous les palais de cette partie
centrale du Grand Canal. Les contrastes du ciel tourmenté apportent de la vie et un éclairage
étonnant sur l’eau et les façades.
Cartel n° 15: Venise, le Grand Canal avec l’église San Geremia, le palais Labia et l’accès au
Cannaregio. Le canal de Cannaregio se situe au nord de Venise et du Grand Canal. L’atmosphère
paisible contraste avec celle du Grand Canal et l’église Saint Jérémie jouxte une petite place, tandis
que le palais de la puissante famille catalane des Labia domine le canal.
Cartel n° 14 : Venise, le Grand Canal avec l’église San Geremia, le palais Labia et l’accès au
Cannaregio. Cette vue comparable à la précédente permet de comprendre la méthode du peintre,
sa mise en perspective, ses arrangements avec la réalité.
Cartel n° 11 : Venise, les Îles de la lagune, vues du Campo San Pietro di Castello, avec l’Arsenal. A l’est
de Venise, l’un des îlots qui forme la ville est séparé des autres par un petit canal ; autrefois fortifié par
un château –d’où son nom- ce quartier ouvre au nord sur la lagune avec cette vue des Alpes
lointaines et se trouve proche du célèbre Arsenal où se fabriquaient les galères de la flotte vénitienne,
toute-puissante en Méditerranée. Encore un décor pour une scène populaire et recherchée par les
collectionneurs.
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Cartel n° 13 : Venise, les Îles de la lagune, vues du Campo San Pietro di Castello, avec Santa Maria
delle Vergini. C’est une variation du tableau précédent, une autre scène de la vie de Venise.
Cartel n° 12 : Venise, San Pietro di Castello. L’église importante de ce quartier rappelle qu’elle fut
longtemps l’église cathédrale de la ville, en style renaissance édifiée au XVI e siècle et dominée par un
grand campanile : ce sont autant de détails composant une belle architecture pour Canaletto.
En conclusion, à votre avis… que nous montrent ces tableaux ? Cochez les bonnes cases…
Oui
Non
Ce sont des tableaux des différentes périodes de l’oeuvre de Canaletto.
Ce sont encore des œuvres de jeunesse.
Ces tableaux appartiennent au genre des vedute, des panoramas urbains.
L’inspiration est antique, romaine.
Ces tableaux s’attachent à reproduire avec réalisme les paysages de
Venise.
Ces tableaux sont des essais de décors de théâtre.
Ces tableaux de grande taille devaient orner les salons de l’aristocratie.
Le réalisme se traduit par les détails de scènes de vie quotidienne.
La reproduction de l’architecture est fidèle à la réalité.
Canaletto aménage cependant les proportions et perspectives pour le
point de vue du tableau.
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Salle 3 : Imaginer Venise.
Au sommet de sa carrière et de sa célébrité, juste avant de quitter Venise pour l’Angleterre, Canaletto
connaît une période difficile. Malgré la qualité des vedute de Canaletto, les années 1740 marquent
une phase de repli de ses réalisations de tableaux, dans un contexte international troublé par les
guerres. Canaletto varie alors sa production, toujours destinée aux riches collectionneurs, notamment
anglais, qui l’apprécient de plus en plus. Le consul anglais à Venise, Joseph Smith, est pour Canaletto
un intermédiaire et un collectionneur providentiel. C’est pour ce public international que Canaletto va
peindre des œuvres qui allient sa connaissance de la ville et une évocation d’atmosphère, de scènes
grandioses, loin du réalisme pointilleux et de la représentation d’une Venise populaire de ses débuts.
On note un retour vers la tradition des capprici, mais cette fois avec pour cadre Venise.
Pour découvrir cette troisième salle…
Observez attentivement les tableaux, des capprici, ils nous décrivent …
Cartel n° 17 : Caprice, le Pont du Rialto selon le projet de Palladio,1744. Ce tableau du peintre se veut
réaliste, mais il s’agit d’une scène imaginaire. Le pont du Rialto a été de tout temps le point principal
de passage sur le Grand canal, mais il était fragile et en bois. Au XVIe siècle les plus grands artistes
concoururent pour un projet d’édification en pierre, et Canaletto reprend ici le projet de Palladiocélèbre architecte- et rival sur ce projet de Michel-Ange, entre autre. Ce fut finalement Da Ponte qui
l’emporta et le pont actuel (très différent de ce projet à l’architecture antiquisante) fut édifié à la fin du
XVIe siècle. Le projet de Palladio permet un tableau imposant, où la lumière éclaire fronton,
chapiteaux, dans une scène presque dénuée de vie.
Cartel n° 19 : Rome, Caprice avec le Capitole. Bernardo Bellotto peint Caprice avec le Capitole, vers
1742 ; il n’est autre que le neveu de Canaletto, accompagnant son oncle, travaillant avec lui et
demeurant à Venise lorsque celui-ci partira en Angleterre. Ce caprice reprend donc la tradition
familiale, et la source de l’influence romaine.
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Cartel n°16 : Venise, le Palais des Doges et l’escalier des Géants . Ce second tableau de Canaletto
traitant de l’escalier des géants dans le Palais des doges permet une comparaison : l’architecture
véritable y est bien mieux rendue, le réalisme s’attache aux détails (les tentures aux fenêtres), le peintre
est à la fin de sa carrière (1765) et il revisite ses thèmes favoris.
Venise, le Palais des Doges et l’escalier
des Géants
Vers 1744
Huile sur toile, 43 x 31 cm
© Collection particulière
Cartel n° 21 : Venise : l'intérieur de la basilique Saint-Marc, le Vendredi saint, de jour. Ce tableau date
de la fin de la carrière de Canaletto ; il évoque un paysage urbain particulier, l’intérieur de la basilique
Saint-Marc, avec ses mosaïques d’or d’inspiration byzantines. L’atmosphère, la lumière tamisée sont
liées à l’évolution de Canaletto, sensible aux changements de style de cette période, plus encline à
aimer des tableaux sensibles, colorés, au rendu plus vivant.
En conclusion, à ton avis… que nous montrent ces tableaux ? Coche les bonnes cases…
Oui
Non
Ce sont des tableaux des différentes périodes de l’oeuvre de
Canaletto.
Ce sont encore des vedute.
Ces tableaux appartiennent au genre des capprici, des scènes en
partie imaginaires.
L’inspiration est antique, romaine.
Ces tableaux s’attachent à évoquerVenise.
Ces tableaux sont des essais de décors de théâtre.
Ces tableaux de grande taille devaient orner les salons de
l’aristocratie.
Le réalisme se traduit par les détails de scènes de vie quotidienne.
La reproduction de l’architecture est fidèle à la réalité.
Canaletto évolue au cours de sa carrière vers des tableaux moins
panoramiques.
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Salle 4 : Venise la splendide interprétée par Canaletto.
Vers 1740 , la production de Canaletto se diversifie, les formats également et les vedute évoluent : le
paysage vénitien devient un arrière-plan, il cède la place à des scènes plus variées où les personnages
envahissent le premier plan. Canaletto s’ouvre à d’autres paysages, d’autres villes, cherche à trouver
d’autres publics alors que la production de ces grands panoramas où l’architecture prédominait
s’essouffle.
Venise l’inspire toujours et il cherche à étonner par les tableaux commémoratifs, comme ceux
représentant le Bucentaure, la barque de cérémonie du doge, lors de diverses fêtes au luxe inégalé.
Pour découvrir cette quatrième salle…
Observe attentivement les tableaux, ils nous décrivent …
Cartel n° 24 : Venise, La Piazzetta avec l’angle sud-ouest du palais des Doges. Ce tableau du peintre
se veut réaliste, il inscrit la scène sur la Piazetta, la petite place reliant la lagune à la Place Saint-Marc.
On y voit la belle façade du Palais des Doges, les colonnes de Saint-Marc et Saint-Théodore à droite.
Le peuple envahit l’espace au premier plan, pour rendre plus vivant le seul lieu de débarquement vers
Venise autrefois.
Cartel n° 27 : Venise, Le Môle vu du bassin de Saint Marc. Ici la vue est inversée, la scène est décrite
depuis la lagune, mais comme dans le tableau précédent ce n’est pas un panorama qui est montré
mais une scène de navigation maritime, les barques se côtoient autour d’une grande galère amarrée.
C’est une scène de genre, une nouvelle mode picturale.
Cartel n° 26 : Venise, la Place Saint-Marc et la Piazzetta vers le sud. Dernière vue de la Piazetta, depuis
la Place Saint-Marc. Canaletto variait sans cesse ses angles de vue, au gré des clientèles, afin de
renouveler ses propositions aux marchands de tableaux.
Cartel n° 25 : La Punta della Dogana. Ici le point de vue change, Canaletto se place à la pointe du
quartier qui fait face au palais des doges ; Dorsoduro abrite notamment la Douane de mer, qui
inspectait tout navire entrant dans la ville. Cet emplacement permet de construire une belle vue, avec
la scène désormais habituelle de vie quotidienne au premier plan et Venise en arrière-plan, au-delà du
bras de mer.
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Venise, le Bucentaure de retour au Môle, le jour de l’Ascension
Vers 1731-1732
Huile sur toile, 156,3 x 237,5 cm
Durham, © The Bowes Museum, Barnard Castle, Co. Durham, UK
Cartel n° 23 : Venise, le Bucentaure de retour au Môle, le jour de l’Ascension. Canaletto traita
abondamment ce sujet, l’un des plus demandés. Les occasions ne manquaient pas de parader pour
le doge et ces cérémonies fastueuses étaient une occasion idéale de peindre le faste de la
république de Venise. Le Bucentaure, barque du doge, est au cœur du tableau, avec la foule des
esquifs qui l’escortent ; nous sommes loin des vedute, le tableau conte une histoire, la couleur envahit
le paysage, le peintre revisite ses thèmes favoris.
En conclusion, à votre avis… que nous montrent ces tableaux ? Cochez les bonnes cases…
Oui
Non
Ce sont des tableaux datant de la maturité de l’oeuvre de Canaletto.
Ce sont encore des vedute.
Ces tableaux appartiennent au genre des capprici, des scènes en partie
imaginaires.
Le panorama vénitien inspire le tableau.
Ces tableaux sont des commandes.
Ces tableaux sont des productions qui reprennent les mêmes thèmes.
Ces tableaux de grande taille devaient orner les salons de l’aristocratie.
Le réalisme se traduit par les détails de scènes de vie quotidienne.
La reproduction de l’architecture est fidèle à la réalité.
Canaletto évolue au cours de sa carrière vers des tableaux moins
panoramiques.
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Caumont Centre d’Art
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Salle 5 : L’enthousiasme pour l’Angleterre.
Canaletto va partir pour Londres en 1746, où il va retrouver des mécènes parmi les ducs. Peindre palais
et demeures de campagne lui procure nombre de nouvelles commandes. Grâce à l’influence de
Joseph Smith, Canaletto va rapidement trouver de généreux mécènes.
« Le séjour de Canaletto en Angleterre, son contact avec de nouveaux paysages et avec la lumière
de la Tamise, le conduisent à modifier sa palette et sa touche. Une série de tableaux et de dessins
montre les nouvelles solutions adoptées pour capter l’atmosphère et l’esprit de l’Angleterre. Canaletto
peint Londres et s’attarde sur le pont de Westminster, deuxième pont sur la Tamise, alors en
construction. Il peint aussi la campagne anglaise, allant jusqu’aux lisières de l’Ecosse pour représenter
Alnwick Castle, demeure du Duc de Northumberland. »
Dr Bozena Anna Kowalczyk
Commissaire de l’exposition
Pour découvrir cette cinquième salle…
Observez attentivement les tableaux, ils nous décrivent cette découverte de l’Angleterre…
Cartel n°33 : Londres, La Cité de Westminster vue de la proximité du York Watergate.
Cartel n° 35 : Londres, La City vue de la terrasse de Somerset House.
Ces dessins du peintre à la plume, l’encre brune et lavis gris, se veulent tout aussi réalistes que les
panoramas de Venise, avec une observation très minutieuse de la vie au bord de la Tamise, le cœur
actif de la capitale londonienne. On distingue au loin l’abbaye de Westminster, le cœur monumental
de la ville. Un tableau reprend en couleur la même scène de la vue vers Westminster.
Cartel n° 36 : Caprice avec des ruines classiques et des bâtiments de la Renaissance, 1753-55 . Ce
caprice ne peut s’incarner dans aucun paysage réel, qu’il soit anglais ou vénitien, ici seules
l’imagination et la valorisation de l’architecture de la Renaissance comptent pour créer un paysage
harmonieux, même loin de l’Italie. Toute l’aristocratie européenne partage les mêmes goûts pour le
classicisme.
Cartel 31 : Warwick Castle: la Façade Est.
Cartel 32 : Warwick Castle: la Façade Est depuis la cour.
Le duc de Warwick compte parmi les admirateurs de Canaletto, invité à parcourir la campagne
anglaise et à peindre, dans divers domaines, les belles demeures des richissimes ducs et comtes
anglais. Le peintre s’adapte au goût anglais : le paysage est privé de toute scène trop populaire, les
architectures sont mises en évidence avec netteté, le panorama retrouve sa primauté mais il s’agit
d’un château et non d’une ville et de ses habitants.
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Warwick Castle, la Façade est
1752
Huile sur toile, 75 x 123 cm
© Birmingham, Birmingham Museums Trust au nom du Birmingham City Council
Cartel n° 30 : Alnwick Castle, 1752 . Ici le point de vue change, Canaletto se place de l’autre côté
d’une rivière pour peindre cette commande du comte de Northumberland. Nous sommes toujours
dans un paysage autour du château, selon le goût anglais. La lumière souligne l’architecture.
Cartel n° 29 : Londres, le Pont de Westminster vu du nord, avec le défilé du lord-maire, le 29 octobre
1746. Canaletto traita abondamment ce sujet, l’un des plus demandés. Il retrouve les fêtes qui lui
avaient valu tant de succès à Venise. Le pont de Westminster avait occupé l’attention des londoniens
car il n’y avait guère de moyens de traverser la Tamise à cette époque. Ici le Lord maire de la ville a
remplacé le doge…
En conclusion, à votre avis… que nous montrent ces tableaux ? Cochez les bonnes cases…
Oui
Non
Ce sont des tableaux datant du séjour de Canaletto en Angleterre.
Ce sont encore des vedute.
Ces tableaux appartiennent au genre des capprici, des scènes en
partie imaginaires.
Le panorama urbain inspire le tableau.
Ces tableaux sont des commandes des nobles anglais.
Ces tableaux sont des productions qui reprennent les mêmes thèmes.
Ces tableaux de grande taille devaient orner les salons de
l’aristocratie.
Le réalisme se traduit par les détails de scènes de vie quotidienne.
L e style de Canaletto s’adapte à la demande anglaise : clarté,
absence de scène de vie typique.
Canaletto évolue ici vers des tableaux plus figés dans leur
représentation.
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Salle 7 : Du dessin à la peinture.
Canaletto dessinait sans cesse, car à l’époque on ne peignait pas devant le motif, mais en atelier : les
dessins préparatoires avaient donc une importance primordiale et ils démontrent la même qualité
graphique que les tableaux. Ces relevés avaient pour but d’accumuler les points de vue et ensuite le
peintre les assemblait, selon sa propre vision, sans suivre nécessairement l’exact emplacement d’une
façade ou d’un pont. Il lui fallait créer une nouvelle réalité, obéissant à la perspective, et c’est la réalité
du tableau qui lui importait.
Pour découvrir cette septième salle… entrez vers la gauche de la salle :
Observez attentivement les dessins suivants, ils nous expliquent la technique de Canaletto :
Venise, le Campo San Giacomo di Rialto
Vers 1758-1760
Plume et encre brune, aquarelle grise sur tracé au crayon, entouré à la plume et à la règle, 24,6
x 37,2 cm
© Collection David Lachenmann
Cartel n° 46 : Venise, le Campo San Giacomo di Rialto .
Toutes les qualités du dessinateur se retrouvent dans ce dessin : sens du détail, perspective parfaite
marquée par le dallage de la place, ligne de fuite marquée par les lignes horizontales des palais,
diminution des volumes vers le fond du dessin. Le détail des personnages est la marque de Canaletto
qui inscrit toujours ses dessins achevés dans la réalité.
Les dessins représentant des scènes vues à Padoue (villa), à Rome (Arc de Constantin), Venise (palais
Foscari, Grand Canal, basilique Saint-Marc) illustrent le talent du peintre.
Dossier pédagogique. Elève Lycée
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32
En conclusion, à votre avis… que nous disent ces dessins à propos de la technique de Canaletto?
Cochez les bonnes cases…
Oui
Non
Ce sont des dessins de diverses périodes, avec une méthode inchangée.
L’intérieur de Saint-Marc montre un travail par de relevé par carrés,
progressif.
Ces tableaux appartiennent tous au genre des capprici, des scènes en
partie imaginaires.
Le dessin précède le tableau.
Ces tableaux sont faits d’abord à la plume et à l’encre.
Ces dessins sont des productions qui reprennent les mêmes thèmes.
Ces dessins peuvent être de grande taille.
Le réalisme se traduit par les détails de scènes de vie quotidienne.
Le dessin est obligatoirement fidèle à ce qu’il reproduit
Canaletto dessine à l’extérieur, mais peint dans son atelier, d’après ses
dessins.
Observez maintenant les tableaux de Rome : Le Forum avec la basilique de Constantin et Santa
Francesca Romana (cartel n° 49) ou encore Rome, le Colisée (cartel n°48) et l’Ecluse de Dolo sur le
Brenta (cartel n° 50) (une rivière coulant entre Padoue et Venise) :
Ils nous résument les principes de Canaletto : qualité de la reproduction architecturale, pittoresque des
scènes animant les petits personnages, influence de l’Antiquité, paysages urbains influencés par
l’imaginaire du peintre.
Intéressons-nous à un document exceptionnel, que l’application sur tablette tactile va vous faire
découvrir : le carnet des dessins de Canaletto, Il Quaderno Veneziano, conservé à la Gallerie
dell’Accademia, le grand musée de Venise.
Plus d’une centaine de dessins sont rassemblés dans ce carnet et ses sept parties ; les dessins de petite
taille sont réalisés avec des crayons de diverses couleurs, mais également à la plume. Les annotations
montrent qu’il s’agit d’un carnet de travail préparatoire aux nombreuses commandes de tableau que
Canaletto reçut vers 1730.
Pour terminer la visite de cette salle, retrouvons les capprici déjà étudiés à travers une série de dessins
et de tableaux…
Au centre de la salle, une curieuse boîte en bois nous invite à nous intéresser au savoir-faire de
Canaletto, c’est la Camera obscura (italien), la chambre noire ou chambre optique.
Elle nous guide vers la salle suivante pour en comprendre le fonctionnement…
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Salle 8 : La Camera obscura, ou chambre noire.
Canaletto ne pouvait manquer d’utiliser la camera obscura (italien) pour rendre avec réalisme les
panoramas vénitiens à partir d’une image reproduite fidèlement –mais inversée- sur une face de la
chambre Noire. Imaginée dès l’Antiquité, réalisée au Moyen Âge, la Chambre noire ne fut utilisée qu’à
partir du XVIe siècle. Les peintres de la Renaissance s’en emparèrent rapidement, Léonard de Vinci
notamment et ce furent les paysagistes comme Canaletto qui en firent le plus grand usage.
Mais comment fonctionne-t-elle ?
Placés au fond de cette boîte totalement obscurcie, une feuille de papier ou un autre support
reçoivent l’image du paysage qui leur fait face, au travers d’un petit orifice. La faible ouverture de
celui-ci ne laisse entrer que des rayons en ligne droite et donne une image, fidèle et inversée, du
panorama visé. La présence d’une lentille améliore le procédé et le peintre pourra reproduire ainsi
fidèlement tous les détails recherchés à partir de sa feuille.
Découvre les secrets de la Camera obscura dans cette salle…
Camera Obscura
Venise, XVIIIe siècle
Bois, verre et miroir, 38 x 24,2 x 22,5 cm
Venise, Fondazione Musei Civici di Venezia, Museo Co
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Salle 9 : Canaletto et ses successeurs.
Revenu à Venise dès 1756, Canaletto attire toujours les collectionneurs et les voyageurs, qui lui passent
à nouveau des commandes même s’il n’est plus aussi admiré qu’autrefois, comme le montre son
intégration à l’Académie de Venise en 1763 ; le maître du vedutisme s’éteint en 1768 dans sa chère
ville natale.
Bernardo Bellotto, son neveu, sut très tôt remplacer son oncle lorsque celui-ci était indisponible et se
tailla une solide réputation auprès des cours princières européennes. Fidèle à Canaletto, Bellotto n’en
produit pas moins des tableaux différents, dans l’esprit de la fin du XVIIIe siècle. On recherche plus de
vigueur et d’expression, de sentiment dans la composition. La scène prend plus d’importance que le
panorama, les personnages content une histoire, l’ensemble s’anime et se situe dans une approche
préromantique.
Francesco Guardi est le rival de Canaletto vieillissant, avec son frère. Védutiste après 1760, il produit
beaucoup de panoramas à l’atmosphère bien rendue, des tableaux contrastés, dans l’atmosphère
d’une époque en changement.
Pour découvrir cette neuvième salle…
Observez attentivement les tableaux, ils nous permettent de comparer Canaletto et ses successeurs…
Cartel n° 56 : Venise: les Fondamenta Nuove avec la lagune et l'île de San Michele. Ici Guardi peint
une scène préromantique, vue des quais du nord de Venise, en direction de l’île San Michele , qui
abrite le cimetière de la ville. L’horizon enneigé des Alpes, la lagune paisible, le thème même du
tableau et le ciel changeant donnent le ton à ce tableau nostalgique, loin des panoramas des
vedute. C’est un nouveau type de peinture qui est désormais à l’honneur.
Cartel n° 57 : Venise, Caprice avec une maison sur la lagune, 1745-1746. Bernardo Bellotto oublie
totalement Venise dans ce tableau, prétexte à une scène rurale, au bord de la lagune. La précision, le
sens du détail de Canaletto ne sont plus de mise, on privilégie l’atmosphère sombre, la mise en scène
des personnages.
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Cartel n° 58 : Venise, le Bucentaure de retour au Môle le jour de l'Ascension (1760) est une nouvelle
version du thème cher à Canaletto. La barque du doge va accoster près de son palais (le Môle
désigne le quai), Venise est en fête lors de cette commémoration religieuse, prétexte à peindre une
scène haute en couleur. On notera l’évolution du style tardif de Canaletto avec ces cieux
changeants, une atmosphère plus dramatique. Le panorama se fond dans le tableau et n’est plus
l’atout principal de l’œuvre, comme le veut la mode nouvelle.
Venise, le Bucentaure de retour au Môle, le jour de l’Ascension
1760
Huile sur toile, 58,3 x 101,8 cm
© Londres, The Dulwich Picture Gallery
En conclusion, à votre avis… que nous disent ces tableaux à propos de l’évolution de la peinture
vénitienne dans la seconde moitié du XVIIIe siècle ? Cochez les bonnes cases…
Oui
Non
Ce sont des tableaux montrant une construction inchangée depuis les
premières œuvres de Canaletto.
Guardi et Bellotto peignent des vedute dans le style de Canaletto.
Bellotto était l’élève de Canaletto, mais pas Guardi.
Les tableaux s’animent sous des cieux changeants.
Ces tableaux sont faits d’abord pour susciter un sentiment.
Ces tableaux illustrent l’apparition d’un courant préromantique.
Canaletto a évolué dans ses représentations.
Le réalisme se traduit toujours par les détails de scènes de vie quotidienne.
Le tableau se veut fidèle à ce qu’il reproduit
Canaletto évolue mais reste fidèle à ses grands sujets vénitiens.
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Etape 3 : Le film « Cezanne au pays d’Aix ».
Caumont Centre d’Art t’invite à découvrir le film retraçant la vie de Cezanne, la genèse de son œuvre
dans le pays d’Aix-en-Provence, point final d’une visite centrée sur la découverte de grandes étapes
de l’histoire de l’art européen.
Dans l’auditorium – salle de projection pouvant accueillir une centaine de personnes- est projeté tous
les jours « Cezanne au pays d’Aix », un film d’une vingtaine de minutes dédié à Paul Cezanne (18391906).
Ce film présente le parcours de l’artiste, sa passion pour Aix-en-Provence et sa région, ainsi que les
grands événements de sa vie et de sa création artistique. Paul Cezanne, grand peintre lié aux
impressionnistes et précurseur du cubisme, éprouvait un véritable attachement à sa région natale : la
Provence. Il explore la région et y peint les paysages et demeures qui marqueront sa vie.
Le film est une réalisation fidèle à l’histoire de l’artiste dans la région d’Aix-en-Provence et il comporte
une dimension scientifique grâce à la collaboration des grands spécialistes de Cezanne.
Le film « Cezanne au pays d’Aix » met en perspective l’approche des œuvres du XVIIIe siècle, tant
architecturales que picturales, avec l’évolution de l’art jusqu’aux portes de la modernité marquée par
le génie de Cezanne. Il est approché ici de manière vivante et incarnée, à travers la vie et la genèse
de l’œuvre du grand peintre.
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III : QU’AVEZ-VOUS RETENU ?
1 : PISTES D’APPROFONDISSEMENT DE LA DECOUVERTE DE CAUMONT CENTRE D’ART
Façade de Caumont Centre d’Art © C. Michel
Se souvenir de Caumont Centre d’Art
Résumez votre découverte de Caumont Centre d’Art en répondant à ces quelques questions de
synthèse :
1) À quelle période architecturale correspond cet hôtel particulier ? A quoi le voit-on sur sa façade ?
2) Quelle est la personnalité qui a marqué la vie intellectuelle et mondaine de ce lieu prestigieux ? Un
lieu lui est-il consacré ?
3) Quelles sont les parties de l’Hôtel de Caumont qui évoquent la vie sociale, festive de la noblesse de
cette époque ?
4) En quoi les décorations, les oeuvres d’art évoquent-elles la culture classique, empreinte de sources
antiques, de la noblesse aixoise au XVIIIe siècle ?
5) Que savez-vous de ce quartier Mazarin dans lequel s’insère l’Hôtel de Caumont ? Est-il en harmonie
avec lui ? Pourquoi ?
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38
Les salons de l’Hôtel de Caumont, témoins d’une vie fastueuse.
Salons de réceptions © S.Lloyd
Découvrez avec ces photos d’autres pièces, des salons de réception, qui complètent votre visite de
Caumont Centre d’Art :
1) D’après les photos, quel pouvait être l’usage de ces pièces du rez-de-chaussée ?
2) Décrivez la décoration murale. Que vous évoque-t-elle ?
3) En quoi les œuvres d’art présentes sur les murs sont-elles typiques de l’art du XVIII e siècle ?
4) L’un de salons est nommé le salon chinois, pourquoi ?
5) Le dernier salon ouvrant sur les jardins est orné de grands miroirs muraux. Pourquoi ?
6) Ce procédé n’évoque-t-il pas un grand monument royal, prestigieux, avec son jeu de glaces ?
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2 : ANALYSES ET INTERPRETATION DES ŒUVRES DE CANALETTO.
Racontez un tableau peint par le jeune Canaletto… Venise, le Grand Canal vers le nord-est du Palais
Balbi au pont du Rialto.
Canaletto est sans conteste le peintre de vedute (panorama). En 1723, Canaletto réalise ses premières
commandes.
Tous ces tableaux sont de grandes dimensions. Canaletto fait des repérages en extérieur, multiplie
dessins et croquis, qu’il assemble ensuite en de grandes scènes à l’apparence réaliste, même s’il prend
des libertés avec la perspective, la taille et la disposition des monuments.
Le succès de ces tableaux est également assuré par la vie qui les anime : de multiples petites scènes
vivantes les parsèment avec toute la société vénitienne.
Canaletto peindra souvent les mêmes scènes, sous des points de vue différents : ici la belle façade du
palais Balbi (fin XVIe siècle) marque à gauche le tableau, avec en perspective tous les palais de cette
partie centrale du Grand Canal. Les contrastes du ciel tourmenté apportent de la vie et un éclairage
étonnant sur l’eau et les façades.
Venise, le Grand Canal vers le nord-est, du palais Balbi au pont du Rialto
1723
Huile sur toile, 144 x 207 cm
Venise, © Fondazione Musei Civici di Venezia, Ca’Rezzonico, Museo del Settecento Veneziano
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40
QUESTIIONNAIRE
QUESTIONS
Réponse de l’élève
Que voyez-vous sur
ce tableau ?
Quels sont les détails
du tableau ? A
gauche, au centre,
à quoi le voit-on ?
Comment le peintre
les a-t-il dessinés?
Cette scène donnet-elle
l’impression
d’être réaliste ?
Que veut traduire
Canaletto dans ses
tableaux?
Pourquoi ce type de
tableau
est-il
recherché au XVIII e
siècle?
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41
Racontez un tableau de Canaletto peint à la fin de sa carrière…
Le Bucentaure de retour au Môle le jour de l'Ascension.
Le Bucentaure de retour au Môle le jour de l'Ascension (1760) est une nouvelle version du thème cher à
Canaletto. La barque du doge va accoster près de son palais (le Môle désigne le quai), Venise est en
fête lors de cette commémoration religieuse, prétexte à peindre une scène haute en couleur. On
notera l’évolution du style tardif de Canaletto avec ces cieux changeants, une atmosphère plus
dramatique, le panorama se fond dans le tableau et n’est plus l’atout principal de l’œuvre, comme le
veut la mode picturale nouvelle. On recherche plus de vigueur et d’expression, de sentiment dans la
composition. La scène prend plus d’importance que le panorama.
Venise, le Bucentaure de retour au Môle, le jour de l’Ascension,1760
© Londres, The Dulwich Picture Gallery
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42
QUESTIONNAIRE.
QUESTIONS
Réponse de l’élève
Que voyez-vous sur
ce tableau ?
Quels
sont
les
détails du tableau ?
Le peintre les a-t-il
dessinés comme au
début
de
sa
carrière?
Cette scène donnet-elle
l’impression
d’être réaliste ?
Quelle
est
l’évolution
de
Canaletto dans ses
tableaux?
.
Pourquoi ce type de
tableau a-t-il évolué
au cours du XVIIIe
siècle?
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43
Une initiation à l’Histoire des arts avec le thème du dessin de Canaletto.
Venise, le Campo San Giacomo di Rialto
Vers 1758-1760
Plume et encre brune, aquarelle grise sur tracé au crayon, entouré à la plume et à la règle, 24,6
x 37,2 cm
© Collection David Lachenmann
Cartel n° 46 : Venise, le Campo San Giacomo di Rialto.
Toutes les qualités du dessinateur se retrouvent dans ce dessin : sens du détail, perspective parfaite
marquée par le dallage de la place, ligne de fuite marquée par les lignes horizontales des palais,
diminution des volumes vers le fond du dessin. Le détail des personnages est la marque de Canaletto
qui inscrit toujours ses dessins achevés dans la réalité.
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CORRESPONDANCE DES DOMAINES DE L’HISTOIRE DES ARTS A ABORDER AVEC CE THEME
Arts de l’espace
Arts du spectacle vivant
Arts du langage
Arts du son
Arts du quotidien
X
Arts du visuel
DEMARCHE METHODOLOGIQUE INTERDISCIPLINAIRE
Progression de la démarche méthodologique pour l’étude des œuvres de la fiche
TÂCHE DE L’ELEVE
-Approcher le sujet de l’œuvre à l’aide de son titre.
-Trouver l’époque de création.
-Comprendre à quelle présentation l’œuvre était destinée.
-Types de matériaux utilisés.
-Faire la différence entre les éléments des différents plans.
-Trouver l’élément essentiel dans chaque plan, sans tenir compte de sa taille (près ou loin).
-Faire des liens entre des éléments de même nature quelle que soit leur situation dans l’œuvre.
-Donner un nom à chaque renseignement prélevé pour pouvoir le citer en le localisant précisément.
-Trouver un argument pour expliquer chacune des observations avec des connaissances
extérieures (Camera obscura) : citer l’élément puis l’explication.
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45
Reconnaissance d’une œuvre et d’un artiste .
Qui a peint le tableau ?
Quelques éléments pour vous aider à proposer un nom de peintre et nommer ce type d’œuvre :
Ces tableaux sont autant de scènes imaginaires, créées à partir de l’observation des ruines antiques le
plus souvent ; le genre apparaît dès le XVIe siècle, pour devenir au XVIIIe siècle une mode de
représentation des paysages fictifs, très appréciés par l’aristocratie vénitienne.
Rome et Venise, Caprice architectonique
1723, Huile sur toile, 178 x 322 cm
Collection particulière
Maintenant que ce texte et le tableau vous ont permis de reconnaître l’auteur de cette œuvre,
décrivez-la…Voici quelques questions pour vous aider :
-Que représente ce tableau ?
-Voyez-vous comment la scène a été peinte, avec quels grands ensembles?
-Quelle influence apparaît dans ce tableau ?
-Quelle impression domine dans ce tableau ? Comment le peintre la suggère-t-il ?
-À quoi reconnaît-on ce style d’une œuvre du XVIIIe siècle ? Comment la nomme-t-on ?
-En quoi le peintre est-il fidèle à sa façon de produire une œuvre personnelle ?
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Comparaison des œuvres de Canaletto.
Que représentent ces tableaux ?
Quelques éléments pour t’aider à les reconnaître :
Warwick Castle, la Façade Est depuis la cour (en haut) et Warwick Castle, la Façade Est (en bas).
Warwick Castle, la Façade est depuis la cour,1752, ©Birmingham, Birmingham Museums Trust au nom
du Birmingham City Council
Warwick Castle, la Façade est, © Birmingham Museums Trust au nom du Birmingham City Council
Dossier pédagogique. Elève (4e et 3e)
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47
Et maintenant essayons de retrouver les ressemblances et les différences dans ces deux tableaux.
Voici quelques questions pour vous aider :
-Que représentent ces tableaux?
-Voyez-vous comment la scène a été peinte, avec quels grands ensembles ?
-Quelle impression domine dans les deux tableaux ? Comment le peintre la suggère-t-il ?
-A quoi reconnaît-on le style d’une œuvre de ce peintre ?
-En quoi le peintre a-t-il adapté sa façon de peindre dans ce pays où il s’est installé pour quelques
années?
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48
3 : Questionnaire d’analyse du film « Cezanne au pays d’Aix ».
Souvenez-vous du film « Cezanne au pays d’Aix », comment l’œuvre de ce génie de la peinture estelle un pont entre l’exposition de Canaletto et l’art de notre temps?
1) Pourquoi associe-t-on Cezanne à Aix-en-Provence ?
2) Quand est-il né ? Dans une famille d’artiste ?
3) Comment peint-il, dès ses débuts, par rapport à Canaletto par exemple ?
4) En quoi se démarque-t-il déjà de la peinture de l’époque ?
5) Quelles sont ses priorités lorsqu’il peint une nature morte aux pommes ?
6) Cézanne rencontre-t-il le succès à Paris, vers 1880 ?
7) Qui va l’accompagner toute sa vie et lui servir de modèle ?
8) Comment une séquence du film nous montre-t-elle sa fréquentation du mouvement des nouveaux
peintres, les impressionnistes ?
9) Quelles sont les tendances majeures de sa peinture, lorsqu’il traduit un paysage ?
10) Quel est son paysage préféré, près d’Aix-en-Provence ?
11) Quelle scène reconstituée avec ses personnages deviendra son tableau le plus connu ?
12) Quel est le grand peintre du XXe siècle qui reconnut Cezanne comme son maître ?
13) Comment l’expliquez-vous ?
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4 : Quiz bilan.
1) Quel est le nom de l’hôtel particulier où se tient l’exposition Canaletto ?
2) De quand date la construction de ce monument ?
3) Qui commença la construction?
4) Comment se nommait la marquise, protectrice des arts, qui vécut en ce lieu au XVIIIe siècle ?
5) Comment se nomme ce quartier d’Aix-en-Provence ?
6) Comment nomme-t-on le style des jardins
7) Comment nomme-t-on le style des jardins ?
8) En quel siècle et lieu naquit Canaletto ?
9) Quel est son vrai nom de famille ?
10) Quel métier artistique pratiquait son père ?
11) Dans quelle capitale artistique italienne le jeune Canaletto fut-il influencé par les grands maîtres de
la peinture de paysages ?
12) Quand reçut-il ses premières commandes ?
13) Comment appelle-t-on ces dessins ou peintures de paysages imaginaires?
14) Comment appelle-t-on les tableaux décrivant la ville de Venise ?
15) Comment se nomme ce célèbre pont de Venise, souvent peint par Canaletto ?
16) Quand Canaletto parti-il pour Londres?
17) Comment se nomme cette célèbre place de Venise, devant la basilique, souvent peinte par
Canaletto ?
18) Comment se nomme le neveu de Canaletto, peintre lui aussi de vues de Venise ?
19) Quel est l’autre grand peintre vénitien de vedute, qui succéda à Canaletto ?
20) Quelle est la date de la mort de Canaletto ?
21) Comment nomme-t-on en français ou en latin, ce procédé qui permet de reproduire très
fidèlement les éléments d’un paysage ?
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