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(Priorité au discours prononcé) Notes pour l’allocution de Jean Simon Président mondial, Rio Tinto Alcan – Métal primaire Déjeuner des chefs d’entreprise du Carnaval de Québec Québec, le 6 février 2012 Notes pour une allocution de M. Jean Simon, président mondial Rio Tinto Alcan – Métal primaire Dans le cadre des Déjeuners des chefs d’entreprise du Carnaval de Québec Québec Le 6 février 2012 Monsieur Alain Winter, Président de l’édition 2012 du Carnaval de Québec, Monsieur Luc Paradis, Président de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec, Distingués invités de la table d’honneur, Mesdames, Messieurs, C’est un plaisir pour moi d’être des vôtres aujourd’hui et de prendre la parole dans le cadre des Déjeuners des chefs d’entreprises du Carnaval de Québec. Cette association entre la Chambre de commerce et d’industrie de Québec et le Carnaval remonte déjà à une quinzaine d’années. Elle souligne l’implication de la communauté d’affaires de la grande région de Québec dans le succès de cette fête. Ce Carnaval est un événement qui connaît un rayonnement mondial. Il représente une vitrine extraordinaire de ce que nous sommes, de notre manière de vivre et de notre savoir‐faire. Je salue tous les artisans du Carnaval de Québec. *** 2 Nous avons besoin de ces grands événements qui mettent le Québec sous les projecteurs. De la même manière, le Québec a besoin de grandes industries qui nous intègrent dans les principaux courants de l’économie mondiale. L’industrie de l’aluminium joue ce rôle. Nous produisons de l’aluminium au Québec depuis plus de cent ans. L’industrie de l’aluminium fait partie de nous; elle a été un des déclencheurs de l’éveil l’industriel du Québec au début du XXe siècle. Et nous sommes reconnus mondialement comme étant parmi les meilleurs. En fait, quiconque aujourd’hui veut bâtir une nouvelle aluminerie viendra d’abord au Québec et fera appel à l’expertise développée ici. Telle est l’envergure de notre renommée. Cette personne trouvera à Québec, à Montréal et au Saguenay des ingénieurs capables de concevoir les usines les plus modernes. Elle pourra voir du Saguenay‐Lac‐Saint‐Jean et tout au long du Saint‐Laurent jusqu’à la Côte‐Nord des technologies qui sont des années en avance sur ce que l’on voit ailleurs dans le monde et qui évoluent à une vitesse extraordinaire. Elle rencontrera dans toutes nos régions un réseau de fournisseurs et d’équipementiers de classe mondiale chez qui s’approvisionner. 3 En Inde, en Russie ou au Moyen‐Orient où l’on construit de nouvelles alumineries, nous retrouvons des gens d’ici sur tous ces chantiers. L’industrie québécoise de l’aluminium est elle aussi une extraordinaire vitrine de notre savoir‐ faire. D’abord par sa taille, elle associe à son développement des centaines d’entreprises de toutes les régions du Québec Ensuite par sa renommée, elle ouvre des portes à l’étranger pour des entreprises de tous les secteurs. Et enfin, par l’envergure de ses investissements en recherche et développement, elle stimule l’innovation dans notre économie. L’industrie de l’aluminium est un formidable atout pour le Québec et le Canada. Et Rio Tinto Alcan en est la figure de proue. *** Ma présence devant vous revêt aujourd’hui un caractère spécial. Il s’agit en effet de ma première allocution à titre de président de Rio Tinto Alcan – Métal primaire mondial, soit pour l’ensemble de nos marchés : l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Afrique et le Moyen‐Orient. Depuis cinq ans, j’occupais les mêmes fonctions pour l’Amérique du Nord, qui sont maintenant occupés par Étienne Jacques, qui est ici avec nous aujourd’hui. 4 Je vous souligne ce fait pour une raison précise : il me permet d’affirmer haut et fort que le Québec et le Canada sont au cœur de la stratégie mondiale du développement futur de Rio Tinto Alcan. C’est chez nous que se construit et se développe le futur de l’aluminium. *** C’est donc dire que même si la situation économique mondiale est préoccupante à court terme, nous demeurons confiants face à l’avenir. En effet, au cours des dernières années, Rio Tinto Alcan a pris les bonnes décisions pour composer avec une économie en montagnes russes et se positionner comme la meilleure entreprise d’aluminium au monde. Aujourd’hui : Je vous expliquerai comment notre entreprise a navigué depuis 2008, dans cet environnement économique volatile. Puis nous regarderons les projets de Rio Tinto Alcan, principalement au Québec et au Canada. Et enfin nous tournerons notre regard vers l’avenir pour nous intéresser aux perspectives à long terme de l’industrie de l’aluminium. *** 5 Avant de nous intéresser aux soubresauts de l’économie mondiale, et afin d’avoir une compréhension commune de notre présence au Québec et au Canada, je vous propose une brève visite guidée de Rio Tinto Alcan. Notre entreprise compte plus de 8 300 employés au Canada, dont plus de 7 000 sont au Québec, principalement au Saguenay‐Lac‐St‐Jean, et plus de 800 au siège social de Montréal. Au Québec : Nous sommes propriétaire de 5 usines d’électrolyse, soit les usines Alma, Grande‐Baie, Laterrière, Arvida et Shawinigan. Nous sommes également actionnaires de deux autres alumineries : Alouette, à Sept‐Îles et ABI, à Bécancour. L’ensemble de la production de ces alumineries représente une production de 1.5 M tm Nous possédons aussi une usine d’alumine, l’usine Vaudreuil, située au Complexe Jonquière. C’est le plus grand centre de produits chimiques inorganiques au Canada avec une production annuelle de 1,5 million de tonnes d’alumine. Nous détenons 6 centrales hydroélectriques qui produisent environ 2 000 Mw annuellement et qui nous permettent de répondre à 90 % de nos besoins en énergie. L’Usine Dubuc est une usine hautement spécialisée et développe un portfolio de produits à haute valeur ajoutée pour l’aéronautique et l’aérospatial. Nous exploitons également une usine de traitement de la brasque, qui offre une solution environnementale aux usines du Québec Au Saguenay ‐Lac‐Saint‐Jean, nous exploitons un réseau ferroviaire de plus de 140 km de long et un port en eau profonde. Chaque année, 150 navires de partout dans le monde accostent à nos installations et nous transportons par rail plus de 7,5 millions de tonnes de matières premières. 6 Nous retrouvons aussi dans cette région le CRDA, le Centre de recherche et développement Arvida, l’un des plus importants centres de R et D privés au Canada. Dans ses laboratoires, 200 scientifiques et techniciens mettent au point les technologies les plus innovantes. Le CRDA travaille en étroite relation avec deux autres centres de recherche situés dans les Alpes françaises et en Australie. Nous avons aussi noué des partenariats avec plusieurs universités au Québec, dont l’Université Laval, pour approfondir encore nos connaissances. Entre autres, le centre de recherche est un membre actif : ‐ du REGAL – Centre de recherche regroupant des universités québécoises participantes, dont le directeur actuel est Monsieur Daniel Larouche de l’Université Laval ‐ du CURAL : Centre universitaire de recherche sur l’aluminium de l’UQAC, basé à Chicoutimi ‐ du COREM : Consortium de recherche minérale, situé à Québec ‐ du CTA : Centre des technologies de l’aluminium, basé à Chicoutimi Enfin, nous pouvons également compter sur un service d’ingénierie qui nous aide à poursuivre des investissements de l’ordre de 200 millions de dollars annuellement en amélioration de nos équipements dans toutes nos usines québécoises. Ailleurs au pays, nous avons une autre usine majeure à Kitimat au nord de la Colombie‐ Britannique. Cette usine est elle aussi appuyée par des installations hydroélectriques, qui appartiennent à Rio Tinto Alcan et qui produisent la totalité de ses besoins en électricité. On y retrouve également un port en eau profonde. Mises ensemble, nos installations canadiennes produisent 1,7 million de tonnes d’aluminium par année. Nos usines québécoises représentent quant à elles près de 90 % de notre production canadienne. 7 Rio Tinto Alcan est le premier producteur d’aluminium au pays, tandis que l’industrie canadienne de l’aluminium est la troisième en importance au monde après celles de la Chine et de la Russie. Voilà en peu de mots un portrait de notre entreprise. *** Voyons maintenant dans quel environnement elle a évolué depuis 2008. Nous pouvons dire que depuis trois ans, nous en avons vu de toutes les couleurs. Ici, nous avons été relativement épargnés par la crise qui a éclaté en 2008. Mais à l’échelle du monde, ce fut un tremblement de terre dont le Québec et le Canada réalisent encore mal l’ampleur. Cette crise était si grave que pour la première fois depuis 1945, elle a entraîné une contraction majeure de l’économie mondiale. Souvenons‐nous qu’au pire de la crise, au premier trimestre de 2009, la production industrielle mondiale était en baisse de 16 %. Entre septembre 2008 et mars 2009, les marchés boursiers ont perdu 50 % de leur valeur. Dans le marché de l’aluminium, dans un intervalle de 6 mois, la demande a chuté de 30 %, les prix sont passés de 3 400 $ la tonne à 1 300 $ la tonne, et les inventaires ont plus que doublé. L’industrie de l’aluminium a été durement frappée parce que les secteurs qu’elle dessert principalement, c’est‐à‐dire les transports et la construction, étaient à l’épicentre du séisme. 8 À preuve : Aux États‐Unis, les mises en chantier ont fait un plongeon de 70 % en 2009 par rapport au sommet de 2006. Entre mai 2007 et janvier 2009, la production de voitures a chuté de 70 % aux États‐Unis et de 50 % en Europe. Devant cette situation, Rio Tinto Alcan a mis en place un programme de réduction des coûts à travers toutes ses usines dans le monde. Nous avons dû prendre des décisions d’affaires difficiles, au Québec comme ailleurs. En effet, nous avons réduit notre production mondiale d’aluminium de 11 % et celle de l’alumine de 6 %.1 Au Québec, nous avons devancé la fermeture de l’usine d’électrolyse de Beauharnois en Montérégie. Cette usine utilisait la technologie Söderberg, appelée à disparaître de toutes les usines d’électrolyse au Québec d’ici la fin décembre 2014, conformément à la nouvelle réglementation environnementale. Nous avons également fermé notre usine d’Anglesey en Angleterre et réduit la production de notre Usine Soral en Norvège. Ces décisions nous ont permis de traverser cette crise, tout en préservant notre capacité d’investir dans le développement de nos meilleures usines. Ainsi, à la fin de l’année 2010, alors que nous voulions tous croire que les beaux jours étaient revenus, Rio Tinto Alcan annonçait des investissements majeurs de 1,2 milliard de dollars au Saguenay‐Lac‐St‐Jean. Mais l’éclaircie aura été de courte durée. 1 Source : http://www.riotintoalcan.com/FRA/media/35_media_releases_1667.asp 9 Dès la fin du premier trimestre de 2011, nous avons recommencé à entendre parler de difficultés en Grèce puis, chaque mois, la crise de l’endettement semblait se propager à d’autres pays d’Europe. Aux États‐Unis, la reprise restait anémique et même les pays émergents voyaient leur croissance ralentir. Le prix de l’aluminium qui avait pris du mieux, à près de 2 775 $ la tonne, à la fin du mois d’août, allait perdre presque 30 % avant la fin de l’année. Vous conviendrez avec moi que qu’il ne s’agissait pas d’une situation rassurante. La question qui se pose maintenant est la suivante : sommes‐nous devant le scénario pessimiste évoqué par certains économistes? Celui de la trajectoire en W ? L’économie tombe en 2008‐2009, remonte en 2010 et retombe en 2011 ? Sauf que cette fois les gouvernements, qui ont déjà combattu une récession, n’ont plus autant les moyens de stimuler l’économie et doivent au contraire mettre en place des mesures pour redresser les finances publiques. Est‐ce que c’est ce que nous réserve l’avenir ? Il est encore tôt pour le dire, ou pour le prédire. Mais une chose est certaine, ce que nous pouvons faire, c’est agir avec détermination pour se mettre en position de force et être prêts à rebondir dès que la reprise sera au rendez‐vous. Dans cette perspective, Rio Tinto Alcan a annoncé au mois d’octobre dernier une restructuration de ses activités à l’échelle mondiale. 10 Treize sites ont été touchés. Six usines en Australie et en Nouvelle‐Zélande ont été regroupées, transférées dans une nouvelle division appelée Pacific Aluminium. Elles sont actuellement en vente. Pour sept autres sites nous analysons différentes options. La logique qui nous anime est celle‐ci : nous misons sur nos installations les plus performantes, les plus modernes, celles qui présentent le plus fort potentiel de développement à long terme pour être ainsi l’entreprise ayant le groupe aluminium le plus performant au monde. Nos usines canadiennes n’ont pas été touchées. Cette décision, c’est un vote de confiance sans précédent de la direction de Rio Tinto Alcan envers le Québec, le Canada et le savoir‐faire de nos employés dans le domaine de l’aluminium. À la fin de l’année 2011, après l’annonce de la restructuration du groupe aluminium, comme pour affirmer cette vision de développement, Rio Tinto Alcan annonçait des investissements jamais vus de 3,3 milliards $ à Kitimat. Mais cette même année 2011 nous réservait encore des surprises. Le 29 décembre, nous avons fait face à une défaillance électrique majeure à notre usine de Shawinigan. Pendant plusieurs heures, les employés et les cadres ont fait l’impossible pour rétablir le courant. L’aluminium en fusion, si on arrête de le chauffer, il va figer rapidement. C’est ce qui est arrivé. L’aluminium a figé dans 280 de nos 560 cuves. L’usine a été amputée, d’un seul coup, de la moitié de sa capacité de production. Heureusement, cette histoire s’est bien terminée, puisque vendredi dernier, nous annoncions le rétablissement de la pleine capacité de production de l’Usine Shawinigan. Il faudra quelques mois et plus de 200 personnes supplémentaires pour redémarrer complètement l’usine. 11 Mais 48 heures après cet arrêt survenu à Shawinigan, c’est à Alma que nous avons fait face à une autre crise. L’usine d’Alma est une usine moderne qui a amorcé ses opérations en 2000 et qui représente une portion importante de notre production au Québec. D’octobre à décembre, nous avons mis tous les efforts nécessaires pour renouveler le contrat de travail des quelque 800 employés syndiqués de cette usine. Notre réalité est celle d’un marché mondial. Nous avons besoin de flexibilité dans la gestion de nos installations pour préserver notre position concurrentielle et faire face aux soubresauts de l’économie. Le syndicat d’Alma, quant à lui, réclame un plancher d’emplois et peu ou pas de sous‐traitance. C’est le nœud de la mésentente. Lorsque le syndicat d’Alma nous demande un plancher d’emploi, il nous demande de renoncer à la flexibilité à laquelle nos autres usines et nos compétiteurs ont accès. Dans les dernières semaines de 2011, l’accumulation d’événements préoccupants et l’imminence d’un conflit de travail, nous ont contraints à déclencher un lockout pour protéger nos employés et nos équipements. Aujourd’hui, à la lumière de tous ces événements, c’était vraiment la seule décision responsable à prendre. Depuis un peu plus d’un mois maintenant, la production de l’usine Alma a été réduite des deux tiers et elle est opérée par nos cadres. Nous avons été 16 ans sans conflit de travail et nous avons négocié avec succès des dizaines de conventions collectives avant leur échéance. 12 Je demeure préoccupé par cette situation et les impacts qu’elle générera dans le futur pour l’Usine Alma et pour la région. *** Voilà donc dans quel environnement nous avons évolué au cours des trois dernières années. Il importe de voir ceci : pendant que l’économie mondiale nous balançait entre l’inquiétude et l’espoir, Rio Tinto Alcan a su contrôler ses coûts, se déployer autour de ses meilleurs actifs, et préserver sa capacité d’investir dans l’avenir. En 2010 et 2011, malgré les difficultés économiques, nous avons annoncé des projets de développement de 4,5 milliards de dollars ici, au Québec et en Colombie‐Britannique. Si nous avons pu faire cela, si nous avons pu tout à la fois faire face au présent et préparer l’avenir, c’est parce que nous faisions partie d’un groupe mondial aux reins solides qui s’appelle Rio Tinto. Quand on voit les événements et les investissements qui se sont produits après, il est incontestable que le passage d’Alcan dans le giron de Rio Tinto en 2007 a solidifié nos assises. Ainsi, non seulement nous avons pu traverser sans trop de mal trois ans de vents contraires, mais nous sommes engagés dans des projets de développement d’une envergure sans précédent dans l’histoire de l’industrie canadienne de l’aluminium. Nous avons deux projets en particulier qui sont d’une formidable ampleur et j’aimerais vous en parler. À Kitimat, nous sommes en train de construire l’aluminerie la plus moderne de la côte pacifique. L’usine existante sera rajeunie et utilisera désormais la technologie AP40. La production sera augmentée de 50 % et les émissions de gaz à effet de serre seront réduites de moitié. 13 Cette aluminerie ultramoderne, qui entrera en service en 2014, nous aidera à répondre à la demande en provenance des différents marchés d’Asie. Et lorsque des projets d’une telle envergure sont mis en branle, l’expertise des Québécois est incontournable. Actuellement, plus de 200 personnes s’activent, ici, au Québec au niveau de l’ingénierie du projet de Kitimat. L’autre formidable projet de développement se déroule au Saguenay‐Lac‐St‐Jean. Il s’agit de la construction d’une usine pilote utilisant une technologie exclusive à Rio Tinto Alcan appelée AP60. Il s’agit d’un projet de 1,2 milliard de dollars qui ne représente rien de moins que le futur de l’industrie de l’aluminium. Je m’arrête trois minutes et je vous invite à visionner une vidéo qui nous présente ce projet. (la vidéo est lancé) C’est au cours de l’année 2012 que nous allons atteindre la phase la plus intense des travaux de construction de l’usine pilote AP60. Déjà, on en parle de partout dans le monde de l’aluminium et on viendra de partout pour la voir. Les travaux avancent comme prévu et la première coulée d’aluminium sera effectuée au début de l’an prochain. 14 Depuis un an et pour l’année à venir, c’est l’équivalent d’un million de dollars par jour qui est investi dans ce chantier. À l’heure actuelle, sur le chantier, les équipes s’affairent à compléter la structure et le revêtement des salles de cuves. On travaille également au montage de la structure d’acier du centre de coulée. Pendant ce temps, avec des partenaires de Rio Tinto Alcan, nous sommes en train de fabriquer des conducteurs, des machines de service, des convoyeurs d’alumine, des machines de scellement, et j’en passe. Ce que je veux illustrer ici, c’est que la construction de cette usine est une opération à grand déploiement qui implique des milliers de personnes et des centaines d’entreprises. Le Québec et la région du Saguenay‐Lac‐Saint‐Jean reçoivent une bonne part des retombées et nous en sommes très heureux. En effet, 71 % des contrats octroyés jusqu’à maintenant ont été accordés à des entreprises québécoises. Sur un projet de 1,2 milliards de dollars, ce n’est pas peu dire ! Mais un projet pareil a des retombées partout. Ici, par exemple, dans le parc industriel de Québec, l’entreprise ECL Services est à l’œuvre. Je salue d’ailleurs la présence de M. Edgar Caillier, directeur général ECL, Québec qui est ici aujourd’hui. ECL, c’est plus de 700 employés dans le monde, dont plus de 80 à Québec. Cette entreprise a acquis une réputation internationale dans la fabrication d’équipements pour les alumineries. C’est l’une des nombreuses entreprises du Québec qui seront propulsées encore plus loin sur la scène internationale par leur implication dans cette usine de nouvelle génération. 15 Plus de 200 autres entreprises du Québec sont aussi engagées dans ce projet, dont Canmec, Charl‐Pol, Mecfor pour n’en nommer que quelques unes et qui sont représentées ici aujourd’hui. Avec la technologie AP60, le Québec devient le centre d’excellence de la conception et de la fabrication des usines d’aluminium les plus performantes au monde. Cette expertise définira de nouveaux standards. Elle sera exportée aux quatre coins du monde. Elle permettra à nos entreprises de génie‐conseil et à nos réseaux de fournisseurs et d’équipementiers de vendre leur savoir‐faire partout sur la planète. L’industrie de l’aluminium au Québec, c’est beaucoup plus que la production de lingots. C’est le développement d’un savoir‐faire exclusif dont les retombées économiques bénéficient à toutes les régions du Québec. *** En plus des projets de Kitimat et de l’usine pilote AP60, nous avons d’autres projets. Ainsi, nous avons un important projet de développement énergétique qui va nous permettre d’améliorer notre capacité installée. Depuis 2008, nous travaillons à une extension de notre centrale hydroélectrique Shipshaw. Elle sera munie d’un nouveau groupe turbine alternateur d’une capacité de 225 mégawatts. La mise en service est prévue cet automne. Actuellement, 170 personnes sont à l’œuvre sur ce chantier. Et je suis très fier de vous confirmer aujourd’hui que le Québec et ses régions ont obtenu 91 % des retombées de ce projet de plus de 225 millions de dollars. Puis, nous évaluons la suite des choses. 16 L’usine pilote AP60 est la phase 1 de l’implantation de cette technologie. Deux autres phases sont envisagées, pour un potentiel total de 460 000 tonnes par année. Nous étudions aussi d’autres options au Québec, notamment à l’aluminerie Alouette, mais aussi à l’étranger. Si tous nos projets devaient se réaliser, c’est près de 2,5 millions de tonnes d’aluminium qui seront produites au Canada, avec une énergie propre et renouvelable. *** Nous ne savons pas encore quand ces nouveaux projets de développement pourront être lancés car notre calendrier de développement sera évidemment tributaire de l’économie mondiale. À court terme, certaines inquiétudes vont persister, mais à moyen et à long termes, les perspectives de l’industrie de l’aluminium demeurent très favorables. Nous savons également que pour faire face à la compétitivité, nous devons demeurer flexibles parce que l’économie ne sera plus jamais celle que nous avons connue. La demande d’aluminium primaire devrait augmenter de 5,8 % par année d’ici 2020. Sur un horizon de 20 ans, la demande mondiale devrait tripler. Pour répondre à une telle croissance anticipée de la demande, l’industrie mondiale de l’aluminium devrait démarrer tous les 9 mois un complexe aussi grand que toutes nos usines du Saguenay‐Lac‐Saint‐Jean mise ensemble. Cette croissance de la demande d’aluminium proviendra surtout des pays émergents. Dans chaque pays comme la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil où le niveau de vie s'élève, on voit se répéter un même phénomène : l’utilisation de l’aluminium augmente. 17 C’est carrément mathématique. L’augmentation de l’utilisation de l’aluminium a une corrélation directe avec l’augmentation du PIB par habitant. Car l’aluminium est associé à la vie moderne. De l’aluminium, on en trouve dans les trains, dans les avions, dans les automobiles, dans les constructions modernes et dans une foule de biens de consommation qui sont associés à un niveau de vie de pays développé. Par exemple, dans les pays développés, comme chez nous, la consommation d’aluminium est de 20 kilos par personne par année. En Inde, c’est 1 kilo par personne par année. Au Brésil et en Indonésie, c’est 5 kilos. En Chine, c’est 10 kilos. Comme je vous l’ai déjà mentionné, la relation entre le niveau de développement et la quantité d’aluminium consommée est directe. Et l’incertitude économique qu’on voit à court terme ne change rien à ces tendances lourdes à long terme. La demande d’aluminium va augmenter car l’aluminium est associé au progrès. Et la roue du progrès va continuer à tourner. 18 Bien sûr, nous ne sommes pas les seuls à voir cette équation. D’autres pays augmentent leur production d’aluminium. La Chine représente déjà 43 % de la production mondiale. Et nous devons réaliser que près de 95 % de toutes les nouvelles alumineries qui vont se construire dans le monde d’ici 2020, seront en Chine, en Inde ou au Moyen‐Orient. Mais nous saurons tirer partie de cette situation car les besoins de la Chine, par exemple, sont si grands, que ce pays va demeurer un importateur net d’aluminium. Pour Rio Tinto Alcan, la Chine et les pays émergents sont davantage des clients que des concurrents. Il y a une autre raison qui appuie la croissance de la demande mondiale d’aluminium : ce métal est une solution aux défis du monde d’aujourd’hui. L’aluminium est le métal par excellence de la nouvelle ère économique du développement durable. L’aluminium est recyclable à l’infini. Des études ont démontré que, de tout l’aluminium produit dans le monde depuis la découverte du procédé d’électrolyse, il y a à peu près 120 ans, 75% est encore en utilisation aujourd’hui. De surcroît, l’aluminium, parce qu’il est léger et résistant, est une solution dans le domaine des transports. Un kilo d’aluminium de plus dans une automobile, c’est 20 kilos de gaz à effet de serre de moins sur la durée de vie d’un véhicule. Or, partout dans le monde, de nouvelles lois entrent en vigueur pour réduire les émissions de CO2. Nous sommes ainsi à l’aube d’une révolution dans le domaine des transports qui passe par une utilisation accrue de l’aluminium. L’industrie de l’aluminium peut donc envisager l’avenir avec optimisme. *** 19 En conséquence, la présence au Québec et au Canada d’une industrie comme celle de l’aluminium, aussi forte et aussi dynamique que celle que nous avons doit tous nous réjouir. Cette industrie à l’avant‐garde mondiale procure des emplois qui sont parmi les mieux rémunérés du secteur manufacturier. La production d'aluminium représente une injection annuelle de plus de 4 milliards de dollars dans l'économie du Québec et de ses régions. L’industrie de l’aluminium représente à elle seule 11 % de toutes les exportations québécoises. Le secteur de l'aluminium permet également au Québec de développer une grappe industrielle de rang mondial. En amont, c’est un réseau de plus de 4 000 fournisseurs et équipementiers. En aval, c’est plus de 1 000 entreprises de transformation. Et c’est sans compter des investissements massifs en recherche et développement. *** En conclusion, Rio Tinto Alcan et l’industrie de l’aluminium contribuent puissamment au développement de nos régions, au renforcement de notre économie, à la renommée du Québec et à notre marche vers le développement durable. Au cours des dernières années, malgré un contexte économique particulièrement difficile, Rio Tinto Alcan s’est redéployé et s’est tournée vers l’avenir en lançant chez nous des projets d’une envergure historique. Ce choix témoigne d’une vision claire : Rio Tinto Alcan est ici pour rester et pour grandir. Merci à tous et bonne fin de carnaval. 20