EXPOSE DE GEOGRAPHIE :

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EXPOSE DE GEOGRAPHIE :
PAUMA Pierre
NANNI Rémi
CHAZAUD Gabin
HADDOUCHE-DELANDRE Anatole
HK
EXPOSE DE GEOGRAPHIE :
LA PLACE ET L'INTEGRATION DE L'ISLANDE
DANS L'ESPACE MONDIAL .
INTRODUCION :
En 2010, l'éruption du volcan Eyjafjöll ébranle le monde et fait connaître un pays
sous-médiatisé jusqu'alors. Peut-on dire que cette sous-médiatisation est un choix ou
qu'elle est subie ? C'est la question à laquelle nous allons essayer de répondre dans cet
exposé.
La République d'Islande, « terre de glace » en islandais, est un état insulaire situé dans le
nord de l'Océan Atlantique entre le Groënland et le Royaume-Uni. Le territoire dénombre
de nombreux volcans, en raison de sa situation sur la dorsale médio-atlantique.
Le pays dénombre 320000 habitants pour une superficie totale de 103000km², et présente
donc une densité très faible. L'état présente également l'un des IDH les plus élevés au
monde, témoignant du niveau de développement atteint par cet état au territoire réduit et
à faible population. L'économie de l'Islande est principalement basée sur les services, la
finance, la pêche et l'industrie, mais a été très fortement fragilisée par la crise financière
mondiale de 2008. Le pays est également membre de l'ONU et de l'OTAN, et a par ailleurs
déposé sa candidature d'entrée dans l'Union Européenne en 2009. Il semble donc que
l'Islande occupe, par son développement et sa situation politique un rôle important dans
l'espace mondial. Pourtant, l'état est dans les faits souvent à l'arrière de la scène politique
mondiale. Dès lors, omment s'intègre l'Islande dans l'espace mondial ?
Nous verrons d'abord quelles sont les contraintes internes et externes de l'Islande qui
peuvent influencer son implantation stable et concrète dans l'espace mondial, puis nous
nous intéresserons à sa situation géopolitique et son histoire, ainsi que sa situation
économique. Nous verrons enfin quels sont les enjeux, aussi bien dans son rapport avec le
monde que pour l'Islande elle-même, de sa situation dans l'espace mondial, et les limites
de cette implantation.
Plan :
I] Des contraintes de divers types tendent à limiter l'intégration de
l'Islande sur l'échiquier mondial.
II] Cependant, son histoire récente et sa géopolitique nuancent ces
propos et révèle une réelle intégration.
III] Limites et enjeux de ces héritages économiques et politiques :
l'influence actuelle de l'Islande.
Annexes : bibliographie et sitographie.
I] Des contraintes de divers types tendent à limiter
l'intégration de l'Islande sur l'échiquier mondial.
A) Présence d’un nationalisme pacifiste et neutraliste
1/Qui prend ses sources dans l’histoire de l’Islande et de son peuple
-Découvert 320 ans av. JC par un navigateur Grec, Pythéas, qui lui donne le nom de Thulé.
-Quelques moines irlandais s’y sont installés au III° siècle ap. JC, suivis par quelques
vikings au IX° siècle.
-Colonisation de l’île commence en 874, par des immigrants Norvégiens ou Britanniques :
c’est «l’âge de la colonisation», ou «l’établissement ».
-Volonté de « démarcation » islandaise très forte : 930, fondation de l’Etat libre Islandais,
qui se structure autour de l’Althing, une Assemblée détenant à la fois le pouvoir législatif
et judiciaire
-Convertis au Christianisme par la force au Moyen-âge
-Guerre civile entre les différentes familles importantes en Islande=> Fin de l’Etat libre
Islandais, et début de la domination Norvégienne et Danoise
=> Un peuple toujours plus contraint, forcé, dominé. Sentiment accru lors de la signature
de l’Union de Kalmar en 1397, qui place les trois royaumes scandinaves (Danemark,
Norvège, Suède) à la tête de l’Islande. A la chute de l’union en 1536, l’Islande sera
restituée au royaume de Danemark-Norvège.
-Le luthéranisme est imposé brutalement à l’Islande en 1550 : la langue Islandaise est
alors malmenée par les religieux. Les Islandais, notamment les intellectuels, s’opposeront
à cette nouvelle humiliation.
-Un peuple qui veut toujours son indépendance : vague de révolution qui débute en
France en juillet 1830, et qui va déferler sur toute l’Europe, jusqu’au Danemark, et va
donc concerner l’Islande. Les Islandais réclament le droit d’avoir leur propre Assemblée,
au lieu d’envoyer des représentants au Danemark. Leur vœu est exaucé en 1843 par le roi
Christian VIII, qui réinstalle l’Assemblée à Reykjavik. L’Islande retrouvera son statu
autonome en 1874.
-En 1904, l’Islande retrouve enfin son pouvoir exécutif
-1918 : La situation reste compliquée : L’Islande et le Danemark sont bien deux royaumes
distincts (l’Islande est devenue une monarchie parlementaire), mais les Islandais doivent
reconnaître le roi du Danemark comme leur souverain.
-17 juin 1944 : le Parlement proclame la République d’Islande, approuvée par référendum
à 97% (98% de la population a alors voté).
On peut donc dire que l’Islande est un pays à qui on a amené un peuple, qui s’est très vite
forgé une identité, avec des particularités comme le fait que l’Islande est le premier pays à
se doter d’un Parlement. Le fait que les Islandais constituent un peuple à part entière,
combiné au fait que ce peuple à beaucoup souffert à travers les âges, qu’il est presque
toujours resté sous domination Danoise, et qu’il n’ait acquis son indépendance totale qu’en
1944, constitue un des facteurs de la neutralité et de la relative distance qu’a maintenue
l’Islande jusqu’à très récemment avec les autres pays du monde.
2/Qui est appuyé par un état d’esprit pacifiste
=>Présence d’un nationalisme islandais, pacifiste et neutraliste, qui peut s’expliquer par
cet éloignement géographique, et par son insularité (rappelons-le, l’Islande, en plus d’être
loin de tout, est une île).
-Elle est loin de tout, loin des menaces extérieures, donc pas besoin d’établir une
armée. Elle n’en a jamais d’ailleurs établi.
-L’Islande n’a jamais déclaré la guerre à personne. Cette politique a été officialisée
aux yeux du monde en 1918 avec le principe l’adoption du principe de neutralité de
perpétuelle en ce qui concerne la politique étrangère.
-Cette politique sera fermement maintenue jusqu’en 1941, quand les Islandais
signent un traité de défense avec les américains : l’Islande était passée du statut de petit
pays isolé à celui d’île carrefour, dont l’emplacement était stratégique pour remporter la 2°
Guerre Mondiale.
Ce n’est donc qu’avec regrets que l’Islande « s’engage » (c’est un bien grand mot, elle
reçoit des troupes étrangères sur son territoire, mais ne fournit pas d’armée, puisqu’elle
n’ne a pas) dans un conflit international. Les Islandais s’empresseront d’ailleurs de
réclamer le départ de toutes les troupes une fois la guerre gagnée.
Le nationalisme et le pacifisme islandais sont donc des arguments en défaveur d’une
ouverture au monde et à la mondialisation. Nous allons voir que ces facteurs ne sont pas
seulement historiques, mais aussi géographiques et géologiques.
B)L’Islande, un pays à contraintes
1/Contraintes géologiques et climatiques
Islande = île volcanique très jeune (20 Millions d’années). Se situe en plein sur le rift
atlantique qui traverse donc l’Océan Atlantique de tout son long, et qui sépare le plaque
américaine et eurasienne. C’est donc une zone d’activité volcanique intense, comme on a
pu l’apercevoir très récemment, ainsi que sismique (c’est un séisme qui serait à l’origine
de l’éruption de 2010). L’Islande est à la fois un point chaud. Ainsi on voit par exemple
que l’île s’agrandit de 2cm tous les ans, puisque les plaques Américaine et Eurasienne
s’éloignent tous les ans. C’est la lave qui comble les fissures qui résultent de cet
écartement.
C’est un pays avec de forts reliefs (12 volcans avec une altitude supérieure à 1500 mètres,
plus de 200 cratères en tout). 11% du pays est recouvert par les glaces, 25% par des
champs de lave, et 3% par des lacs.
Au niveau du climat, l’Islande a un climat qu’on pourrait penser polaire, mais qui est
adouci car l’Islande se trouve sur le passage du Gulf Stream, qui la réchauffe
considérablement. Ainsi le climat de l’Islande est océanique et froid près des côtes, et c’est
un climat de toundra à l’intérieur des Terres. Il fait donc tout de même assez froid, avec
des températures qui peut atteindre 20°C l’été au Sud sur les côtes (le record est de
30,5°C en 1939) -25 à -30°C l’hiver au Nord. Le Sud n’a donc pas tellement de contraintes
climatiques majeurs (températures assez modérées) contrairement au Nord et à l’intérieur
des Terres.
Nous allons maintenant voir que ces contraintes géologiques et géographiques influent sur
la répartition et les activités humaines du pays.
2/Qui influencent la géographie du pays
Superficie de l’Islande : 103 125 km².Habitants : 317 900 habitants, soit une densité
moyenne de 3 habitants au km², ce qui est très faible. Pas de densité => dynamisme
réduit. Il n’y a donc que des petites villes, la plus grande étant Reykjavik avec 120 000
habitants. Plus d’un habitant sur trois habite à Reykjavik => le reste de l’Islande est
quasiment désert mise à part Akureyri, la « capitale du Nord ». Pourquoi ? Parce qu’une
grande partie du pays est difficilement habitable, du fait de l’altitude et des froids
extrêmes qui sévissent au centre du pays. Un territoire difficile à maîtriser et des
températures difficiles à vivre, donc.
Seul 1% des terres est cultivé, là encore à cause du climat, mais aussi à cause de,
notamment, la nuit quasi-permanente qui s’étend de novembre à février. L’Islande ne peut
donc pas s’appuyer sur une agriculture pour pouvoir exporter et établir des relations
commerciales.
Eloignement géographique => L’Islande a du attendre le début du XXème siècle et la
révolution navale pour pouvoir entamer de véritables relations par bateaux.
Ainsi donc l’Islande est un pays à l’Histoire assez récente, si on la compare avec d’autres
Etats européens. En effet les premières témoignages faisant part de la découverte de
l’Islande datent de 300 ans avant Jésus Christ. Cependant, ce pays, qui a donc était
colonisé, s’est rapidement forgé une identité avec ses particularités, sa culture. L’Islande
est longtemps resté un pays en marge des relations internationales, du fait de son
enclavement géographique d’abord, puis de son désir de neutralité. Enfin, l’Islande est un
pays qui possède certaines contraintes géographiques et climatiques : elle est située au
Nord, et a donc par endroits un climat assez hostile, c’est un pays volcanique, avec
beaucoup de relief. De ce fait elle est peu habitée, et les terres cultivées sont rares. Elle
possède donc a priori peu de ressources exportables, et un territoire pour le moins hostile,
ce qui ne devrait pas faciliter son intégration dans les relations internationales, qu’elles
soient commerciales ou autres.
Nous allons cependant voir que l’Islande a su explorer le peu de ressources dont elle
dispose, et exploiter les nombreuses mutations économiques caractéristiques du XX°
siècle, afin de se rendre très utile au monde. Elle s’est enfin de plus en plus impliquées
dans les relations géopolitiques internationales.
II] Cependant, son histoire récente et sa géopolitique
nuancent ces propos et révèle une réelle intégration.
A)Géohisoire et géopolitique de l'Islande, de la seconde guerre mondiale à nos
jours : une intégration progressive .
1/ La seconde guerre mondiale désenclave l'Islande.
La seconde guerre mondiale est l'élement déclancheur de l'entrée de l'Islande. En effet,
bien que la position géostratégique de l'île était évidente dès le départ des relations
internationales, à la fin de la première guerre mondiale.
C'est donc en 1940 que ce caractère se concrétise : la Royal Navy débarque suivie des
Marines en 1941 pour anticiper une probable invasion. On accorde donc de l'importance à
un territoire auparavant isolé. Cependant, il faut noter que ce désenclavement s'est fait à
leur insu, de par la volonté des puissances mondiales. De plus, on dénombre alors 50000
soldats anglo-saxons débarqués sur une île de 126000 habitants ! Ce qui a entraîné
évidemment un grand bouleversement autant économique que culturel. Un ancien
Ambassadeur d’Islande en France, Sverrir Gunnlaugsson l’a résumé ainsi : "En une nuit,
cette société technologiquement primitive a été confrontée au monde moderne."
Ainsi grâce à ces pays, l'islande va entreer dans modernité économique et sociale ce qui a
fait naître cette modernité au sein même de l'île (le désenclavement « forcé » de l'Islande
a en fait conduit à son ouverture sur le monde, ouverture choisie).
Le 17 juin 1944, l'Islande obtient son indépendance auprès de la couronne danoise,
symbole de ce début de modernité. Néanmoins, cette indépendance reste illusoire, car la
présence militaire persiste. En effet, les Etats-Unis ont pour projet en 1945 d'occuper
l'Islande pendant 99 ans ! L'Islande refuse. On assiste là à un rejet de la superpuissance
par une toute petite île. Cependant, il faut encore nuancer, l'Islande ne peut pas échapper
à la logique de Guerre Froide. Cela aboutit aux accords de Keflavik en octobre 1946
prévoyant que la défense de l'Islande sera assuré par l'armée américaine (l'Islande n'a en
effet pas d'armée, par choix).
2/ La logique de Guerre Froide implique l'Islande dans les relations internationales.
La place de l'Islande sur l'echiquier mondial se révèle être un choix long et difficile. La
position géostratégique de l'Islande l'implique inévitablement dans la Guerre Froide et
l'oblige à s'ouvrir sur le monde au fur et à mesure que les évenements internationaux se
complexifient. Cela suggère que l'intégration de l'île dans le monde a été forcée, ou en
tout cas n'a pas été que le fruit de sa volonté.
Dès lors, l'Islande, malgré son idéal neutraliste, doit rejoindre un camp, les USA. La
question de l'OTAN est alors posée. Malgré une forte opposition nationaliste et
communiste, l'Islande semble ne pas pouvoir échapper à cette évidence et rejoint l'OTAN
en 1949, mais avec quelques demandes comme un refus de présence militaire en temps
de paix . De même 2 ans auparavant, l'Islande a rejoint l'OCDE.
A partir de là, l'opinion politique islandaise se trouve divisée en 2 visions très
contradictoires : l'une nationaliste et l'autre progressiste.
En 1951 sont signés discrètement des accords de défense en prolongement des accords
de Keflavik. En effet malgré les vagues de contestation, la guerre de Corée fait peur et
l'OTAN se trouve revalorisé dans le cadre du Pacte Atlantique. Les islandais veulent à
présent une présence militaire, et le sentiment pro-américain s'affirme. 5000 soldats
débarquent à la base aerienne de Keflavik de manière permanente.
Se met alors en marche un processus presque irréversible de relations avec les USA.
L'Islande semble alors bien ancrée dans les relations internationales.
Mais les contestations reprennent, et les tentatives de coaltion échouent : celle de 1956 à
1959 le révèle. L'Islande subit les données de sa géopolitique, ce qui accentue le clivage
politique existant. L'imaginaire islandais est donc très important pour comprendre les
relations de l'Islande avec le monde, en particulier les Etats-Unis.
L'île scandinave doit donc définir clairement la place qu'elle aimerait atteindre sur
l'échiquier mondial.
Ainsi, les contestations vont perdurer jusqu'en 1974 où l'on assiste à un échec de
suppression des accords, toujours dans le souci de préserver leur indépendance.
Cependant, les relations islando-européennes s'intensifient, en rejoignant l'AELE
(Association européenne de libre-échange) en 1970 témoignant de leur volonté de
mondialisation.
Au final, la vie économique prospère en Islande, notamment grâce à la présence
américaine, à tel point que celle-ci se retrouve mise en question.
3/ L'après-guerre froide, un affranchissement progressif de la présence américaine ?
Assez logiquement, la fin de la Guerre Froide remet serieusement en cause son interêt
géo-stratégique. Néanmoins, les américains décident de garder leur base sur l'île : en
1994 d'abord puis en 1996 ont lieu 2 révisions du traité de Défense, mais Washigton
décide tout de même de diminuer le budget (puisque l'utilité de cette base regresse).
Plus aucune menace ne pèsant sur l'Islande, sa position géo-stratégique étant réduite et
les bénéfices faits par l'île grâce à la base aérienne étant négligeable (représentant 2,5%
du PIB en 1990 contre 0,8% en 2005), la supression des accords semble inévitable. Ainsi,
on assiste à une baisse progressive des effectifs américains (3300 en 1990 contre 1450 en
2005).
Cependant, l'Islande, qui n'a rien à perdre, joue la montre. La guerre en Irak (en 2003)
semble être le pretexte pour garder l'armée sur son territoire. Mais d'un autre point de
vue, cela peut être perçu comme suivant la logique des relations islando-américaines.
En 2006, l'inévitable a pu être évité : les accords sont supprimés et l'armée américaine
quitte définitivement l'Islande après 50 ans d'occupation.
Ainsi, cela semble réveler l'indépendance totale de l'Islande et sa modernité, apportées
grâce en partie par les relations exterieures. En effet l'Islande en 2007 a le premier IDH
mondial, ce qui suggère son fort développement, notamment économique qui s'est traduit
par une émancipation presque complète de l'influence militaire, dont l'entrée dans l'Espace
économique européen en 1994 y est peut-être pour quelque chose.
B) L'économie islandaise, révélatrice d'une volonté de mondialisation tout en
conservant ses atouts.
Avec un IDH de 0,969 (2009) et un PIB par habitant de 36700$ en 2010, l'Islande fait
partie des pays les plus développés du monde. D'une économie traditionnelle et peu
ouverte sur le monde, l'Islande est passé dans ces 20 dernières années à une économie
diversifiée et échange avec l'Europe. La croissance économique annuelle de 5% qu'elle a
connu dans les années 1990 s'est néanmoins accomplie au prix d'une inflation difficilement
contrôlée et d'un déficit de la balance extérieure. De plus, en dépit des recommandations
de l'OMC, elle continue à n'échanger qu'en grande partie avec ses partenaires européens.
Partenaires avec lesquelles les relations pourraient se compliquer, depuis que les Islandais
on refusé par référendum le remboursement de dettes auprès de l'Angleterre et des PaysBas. Cela risque t-il de compromettre l'adhésion à l'UE que l'islande a demandé en juillet
2009 ?
Des mutations économiques :
1/De la tradition de la pêche...
La pêche a toujours constitué un complément de ressources pour ce pays que l'agriculture
a difficilement mis en valeur. Dès 1400, l'Islande commence à exporter de la morue séchée
(stockfish), d'abord avec l'Angleterre, puis avec la France, l'Allemagne, les Pays-Bas. A
partir du XVIè siècle, la domination scandinave détourne
les flux marchands vers les pays scandinaves et
notamment les marchés de Copenhague et Malmö. La
flotte islandaise se modernise aux XVIIIè et XIXè siècle,
avec la création progressive d'une flotte à voiles
(construite notamment par le Danemark). En dépits de
mauvaises années et d'émigration de la main d'oeuvre,
le progrès technique permet à la pêche islandaise de se
développer : filets norvégiens dotés d'hameçons,
utilisation du hareng comme appât, innovation de
produit avec le klippfish, poisson salé de bien meilleure
qualité que le stockfish en 1840, chalutiers apportés par
l'Angleterre, bateaux à vapeur, puis à moteur,... Cela a
été permis par le partage des eaux islandaises avec des
navires étrangers : norvégiens, anglais, allemands,
néerlandais, danois et français. Il y a donc apport du
progrès technique par échanges avec l'Europe.
En 1933, on parlait de quelques 60 000t de morue,
d'eglefin et de colin préparées, et de 20 000 tonnes de
harengs salé exportées, et outre l'Europe, celles-ci se
commencent à se diriger au début du XXè siècle vers les Image 1 : La pêche des voiliers Français d'après Le
Etats-Unis et l'Amérique Latine. La valeur d'exportation Gall, 1930
Image 2 : Port d'Isafjord, nord-ouest de l'Irlande
des produits de la pêche est alors 10 fois supérieure à
Annales de géographie, année 1933, numéro 238
celle des produits de la ferme. S'ensuit un exode rurale,
un accroissement des villes cotières et notamment de la capitale, Reykjavik : 300
habitants en 1891, 11600 en 1911, 25217 en 1928 et 170 000 aujourd'hui hors périphérie.
La pêcherie représentait en 1930 25% de l'emploi islandais.
L'industrialisation de l'Islande s'est donc faite majoritairement par la pêcherie. La
spécialisation dont elle a fait preuve en important la majorité des produits agricoles et finis
n'est pas sans rappeler la théorie des avantages comparatifs de Ricardo.
2/L'ouverture économique de l'Islande.
Jouissant d'une main d'oeuvre qualifiée, d'un avantage comparatif non négligeable
(l'énergie bon marché), de nouvelles branches économiques (produits pharmaceutiques,
finance, logiciels,...) et d'une politique fiscale attrayante, les s'ouvrent peu à peu aux IDE
(à noter que ceux-ci on fortement baissé de 2008 à 2009 en raison de la crise financière).
Cette ouverture économique est aujourd'hui croissante. On note des investissement de la
part des américains dans la production d'aluminium (avec la firme Alcoa notamment, qui
s'est implanté près de Kárahnjùkar, où un grand complexe de barrage hydro-électrique
devrait être en construction, en partenariat avec Landsvirkjun).
Les importations islandaises d'élevaient en 2009 à 242 milliards de couronnes islandaise
(51 millards de dollars) et les exportations à 500 milliards de couronnes (57 millards de
dollars). A noter que la balance commerciale islandaise est devenu positive en 2009 en
raison de la dévaluation de la couronne islandaise qui a augmenté les exportations.
En termes d'infrastructures, les flux humains circulent
principalement par avions avec l'aéroport international de
Keflavic. Celui-ci s'est développé avec l'arrivée des
américains en 1944 et relie désormais l'Islande au reste
du monde, avec plus de 210 000 passagers enregistrés en
2007. Les flux s de marchandise circulent principalement
par les ports : marchandises marines par les ports de
Njarðvík, Keflavic, et marchandises industrielles avec le
port de Helguvik.
port de helguvik. Source :almenna.com
III] Limites et enjeux de ces héritages économiques et
politiques : l'influence actuelle de l'Islande.
A) Enjeux géopolitiques :
1/ La sécurité nationale sans la base américaine : sur qui compter ?
L'Islande se retrouve donc aujourd'hui sans armée, la question de la sécurité nationale en
cas de crise reste posée et constitue un enjeu majeur, enjeu politique : il faut créer une
« politique de rechange » .
Sur cette question s'oppose encore une fois 2 visions, 2 points de vues politiques opposés.
Premièrement, les conservateurs (le plus grand parti actuel) pronent pour une
conservation des relations avec les Etats-Unis, dans le cadre de l'OTAN. Ainsi, un système
de rotation sur la base de Keflavik a été proposé, où differents pays membre occuperaient
la base à tour de rôle, pour une durée determinée, d'autant plus que plusieurs exercices
ont déjà été réalisés depuis les années 1980 (notamment en 2008 où des mirages français
ont survolé la base).
A cette proposition s'oppose celle des sociaux-démocrates, qui préfère favoriser l'Union
Européenne, notamment par le biais de la PESD (politique commune de sécurité et de
défense). Pour eux cette alternative se révèle être plus que crédible à l'Islande, grâce à
son ancrage profond à l'économie européenne (dans le cadre de la EEE).
Ainsi une volonté d'accéder à l'UE se fait sentir, et même l'accés à l'euro, ce qui est pour
l'instant encore en suspend. L'euro aurait été un moyen peut-être plus efficace pour sortir
de la crise. Pourtant, certains économistes pensent que c'est leur monnaie qui leur a permi
de sortir rapidement de la recession.
Mais l'Islande refuse encore aujourd'hui d'abandonner à l'UE leur souveraineté en matière
de pêche, ce qui est sans doute un obstacle à l'adhésion.
2/ La « Révolution des casseroles »
De plus, d'un point de vue plus politique, l'Islande a connu de forts remous depuis 2008.
La crise étant mal gérée par le parti conservateur alors au pouvoir, les contestations
montent de plus en plus. Le retrait de la vie politique du Premier Ministre achèva le
gouvernement qui demissionna. Ainsi, un nouveau gouvernement acceda au pouvoir
mêlant centristes et partis de gauche en mettant au pouvoir une femme (pour la première
fois de son histoire) Jóhanna Sigurðardóttir. Des élections legislatives sont alors organisées
en avril 2009 : on assiste à une victoire historique de la gauche.
Cette gauche est pro-européenne ( cf ci-dessus).
Néanmoins, les Islandais refusent massivement d'assumer financièrement la crise. Le
peuple décide alors de chasser le gouvernement de centre-gauche qui n'est pas de cet
avis pour former une Assemblée Constituante. Le but est de réecrire une constitution
strictement dans l'interêt du peuple. Cependant la perte de crédibilité des hommes
politiques islandais est totale, le peuple décide donc de rédiger sa constitution soi-même.
25 représentants sont alors élus démocratiquement pour s'atteler à cette tâche en
novembre 2010. Cela représente donc un enjeu politique majeur.
Dernière péripétie en date, la Cour-suprême a invalidé l'élection des 25 représentants en
février 2011, ce qui provoque de nombreux débats. Affaire à suivre donc.
B) Limites et ejeux économiques
1/Les faiblesses et les difficultés :
La crise financière de 2008 a fortement touché l'Islande, et a révélé la fragilité des
fondations de sa croissance : celle-ci était fondée en grande partie sur l'endettement de la
population qui dopait la consommation intérieure, mais aussi les importations et ont
maintenu pendant longtemps la balance commerciale déficitaire. Mais outre la baisse de la
production industrielle qui a été relativement faible (-1%), la dépression de 2009 (-6,9%
du PIB) est en grande partie du à la faillite des banques islandaises. Après sa privatisation
au début des années 2000, le secteur financier s'est formidablement développé. Ses
bilans ont dépassé jusqu'à 10 fois le PIB islandais ! Les trois plus grandes banques
islandaises ont été nationalisées (Glitnir, Landbanski et Kaupthing) après leur faillite. Après
l'adoption par le parlement du remboursement de la dette d'Icesave, une filiale de
Landbanski (3,5 milliards d'euro), le peuple a rejeté la mesure à plus de 93% par
référendum. Ce remboursement devait se faire au bénéfice de deux pays membres de
l'UE, l'Angleterre et les Pays-Bas. Cela risque t-il de compromettre la demande d'adhésion
de l'Islande à l'UE ? D'autant plus que le premier ministre islandais Geir Haard a demandé
en 2009, le soutien financier de la Russie, pays qui a longtemps entravé la construction de
l'Union européenne et qui pourrait répondre ainsi à sa perte d'influence sur l'Europe de
l'est depuis la chute de l'URSS.
De plus, nombre d'Islandais restent opposés à cette adhésion en raison des
règlementations de la pêche imposées par l'Europe. Or, la pêche constitue souvent la
principale, et parfois la seule source de revenus pour les villes (notamment Isafjördur dans
le Nord-ouest du pays, 3000 habitants). De plus, la méfiance vis à vis de l'Europe reste
présente dans les mémoires avec les guerres des morues qui ont opposés les britanniques,
les islandais et dans une moindre mesure la RFA sur les droits de pêche.
2/ ...A la diversification de l'économie :
D'après le rapport de l'OMC datant de 2000 sur l'Islande, on note que la pêcherie reste
l'activité principale en Islande, garantissant 71% des importations et 10% des emplois.
Cette activité a perdu en emplois cependant, du fait de la création d'un marché des quotas
de pêche qui a privilégié par la suite un marché oligopolistique. La pêche relève donc
aujourd'hui davantage de l'industrie que de l'artisanat. Néanmoins, l'Islande s'est
modernisé, et a su tirer profit de son profil géologique : la géothermie chauffe 86% des
foyers, et l'hydroelectricité est elle aussi largement exploitée. En 2009, les deux sources
d'énergies ont eu une production respective de 4553,1Gw/h et 122793,3 Gw/h. Cette
importante production lui permet une quasi indépendance énergétique. Elle reste
néanmoins importatrice de pétrole : 16 390 barils/jour en 2008, l'énergie représentait
8,4% de ses importations.
Seuls environ 10% de l'énergie qu'elle produit est utilisée. Pour en tirer profit, deux
solutions :
-Exporter l'électricité en Europe. Jusqu'ici, l'isolement géographique de l'Islande empêchait
toute exportation d'électricité du fait des pertes importantes durant le transport.
Néanmoins en mars 2011, le groupe public d'énergie Landsvirkjun a dévoilé le projet de
construction d'un câble électrique sous-marin qui serait long de 1200 à 1900 kilomètres,
selon s'il approvisionnait la Norvège, le Royaume-Uni, le Pays-Bas ou l'Allemagne. L'objectif
d'exportation annuel est de 5TWh et pourrait rapporter jusque 320 millions d'euros
annuels d'exportation. Les recherches sur la faisabilité du projet sont en cours, à suivre...
-L'autre solution a été d'implanter les industries de
transformation de produit consommatrices d'énergie.
L'Islande est aujourd'hui le deuxième producteur
européen d'aluminium, derrière la Norvège. L'aluminium
représentait en 2009 34,1% de leurs exportations (les
produits marins n'en constituaient plus que 41,7%). Les
usines de transformation de l'aluminium font acheminer
du bauxite et le transforment en aluminium, profitant de
l'énergie bon marché proposée par les barrages hydroélectriques. C'est aujourd'hui une des destinations
chantier du complexe hydroélectrique de
favorites des IDE en Islande.
Kárahnjúkar. Source : photo.com
Le tourisme est également un moyen de mettre en Kárahnjúkar
valeur un pays à la morphologie atypique. L'Islande
accueille environ 250 000 touristes par an, ce qui constitue 10% de son PIB annuel.
Bibliographie et sitographie :
-Site de l'OMC : www.wto.org/
-randburg.com : http://www.randburg.com/is/portkefl/portkefl_fr.asp
-Site de la CIA : https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/ic.html
-Aéroport de Keflavik : http://www.kefairport.is/
-Site de l'institut statistique islandais : http://www.statice.is/
-Usines nouvelles : http://indices.usinenouvelle.com/metaux-non-ferreux/l-aluminiumislandais-se-renforce.3086
-Bibliomonde : http://www.bibliomonde.com/donnee/islande-donnees-economiques22.html et http://www.bibliomonde.com/donnee/islande-commerce-exterieur-380.html
-Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_financi%C3%A8re_de_2008_en_Islande
http://fr.wikipedia.org/wiki/Islande#.C3.89conomie
-lemonde.fr : http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/08/l-islande-aubord-du-gouffre_1104436_1101386.html
-Ambassade d'Islande : http://www.iceland.org/fr/lambassade/tout-sur-Islande/bulletinmensuel//nr/1224
-Annales de géographie, année 1933, numéro 238 :
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_00034010_1933_num_42_238_10449
-LePost.fr : http://www.lepost.fr/article/2011/01/06/2362275_la-revolution-democratiqueislandaise-comme-reponse-a-la-crise.html
-http://www.travelnet.is/DEF/fra/about/history.htm: chronologie de l’Islande, vérification
de sources
-http://www.diploweb.com/forum/islande06093.htm : article très précis sur certaines
relations géopolitique (en particulier Islande/Amérique) qu’entretient l’Islande avec le
monde depuis 1940
-http://www.photovoyage.org/islande/geo2.php : article expliquant simplement la géologie
de l’Islande
-http://planet-terre.ens-lyon.fr/planetterre/XML/db/planetterre/metadata/LOMislande.xml : article au sujet de la géologie, assez poussé celui-ci.
-http://www.europa-planet.com/islande/carte_islande.htm : carte sommaire de l’Islande
-http://www.routard.com/guide/islande/1476/geographie_et_climat.htm : explique
sommairement le climat de l’Islande
-http://www.toutelislande.fr/Plaques%20et%20volcans%20en%20Islande.html : site au
sujet de la géologie de l’Islande
Géopolitique de Yves Lacoste, aux éditions Larousse (2006) : pour resituer l’Islande dans
le contexte géopolitique mondial (au niveau de l’OTAN par exemple)