EXPOSE DE GEOGRAPHIE :
Transcription
EXPOSE DE GEOGRAPHIE :
PAUMA Pierre NANNI Rémi CHAZAUD Gabin HADDOUCHE-DELANDRE Anatole HK EXPOSE DE GEOGRAPHIE : LA PLACE ET L'INTEGRATION DE L'ISLANDE DANS L'ESPACE MONDIAL . INTRODUCION : En 2010, l'éruption du volcan Eyjafjöll ébranle le monde et fait connaître un pays sous-médiatisé jusqu'alors. Peut-on dire que cette sous-médiatisation est un choix ou qu'elle est subie ? C'est la question à laquelle nous allons essayer de répondre dans cet exposé. La République d'Islande, « terre de glace » en islandais, est un état insulaire situé dans le nord de l'Océan Atlantique entre le Groënland et le Royaume-Uni. Le territoire dénombre de nombreux volcans, en raison de sa situation sur la dorsale médio-atlantique. Le pays dénombre 320000 habitants pour une superficie totale de 103000km², et présente donc une densité très faible. L'état présente également l'un des IDH les plus élevés au monde, témoignant du niveau de développement atteint par cet état au territoire réduit et à faible population. L'économie de l'Islande est principalement basée sur les services, la finance, la pêche et l'industrie, mais a été très fortement fragilisée par la crise financière mondiale de 2008. Le pays est également membre de l'ONU et de l'OTAN, et a par ailleurs déposé sa candidature d'entrée dans l'Union Européenne en 2009. Il semble donc que l'Islande occupe, par son développement et sa situation politique un rôle important dans l'espace mondial. Pourtant, l'état est dans les faits souvent à l'arrière de la scène politique mondiale. Dès lors, omment s'intègre l'Islande dans l'espace mondial ? Nous verrons d'abord quelles sont les contraintes internes et externes de l'Islande qui peuvent influencer son implantation stable et concrète dans l'espace mondial, puis nous nous intéresserons à sa situation géopolitique et son histoire, ainsi que sa situation économique. Nous verrons enfin quels sont les enjeux, aussi bien dans son rapport avec le monde que pour l'Islande elle-même, de sa situation dans l'espace mondial, et les limites de cette implantation. Plan : I] Des contraintes de divers types tendent à limiter l'intégration de l'Islande sur l'échiquier mondial. II] Cependant, son histoire récente et sa géopolitique nuancent ces propos et révèle une réelle intégration. III] Limites et enjeux de ces héritages économiques et politiques : l'influence actuelle de l'Islande. Annexes : bibliographie et sitographie. I] Des contraintes de divers types tendent à limiter l'intégration de l'Islande sur l'échiquier mondial. A) Présence d’un nationalisme pacifiste et neutraliste 1/Qui prend ses sources dans l’histoire de l’Islande et de son peuple -Découvert 320 ans av. JC par un navigateur Grec, Pythéas, qui lui donne le nom de Thulé. -Quelques moines irlandais s’y sont installés au III° siècle ap. JC, suivis par quelques vikings au IX° siècle. -Colonisation de l’île commence en 874, par des immigrants Norvégiens ou Britanniques : c’est «l’âge de la colonisation», ou «l’établissement ». -Volonté de « démarcation » islandaise très forte : 930, fondation de l’Etat libre Islandais, qui se structure autour de l’Althing, une Assemblée détenant à la fois le pouvoir législatif et judiciaire -Convertis au Christianisme par la force au Moyen-âge -Guerre civile entre les différentes familles importantes en Islande=> Fin de l’Etat libre Islandais, et début de la domination Norvégienne et Danoise => Un peuple toujours plus contraint, forcé, dominé. Sentiment accru lors de la signature de l’Union de Kalmar en 1397, qui place les trois royaumes scandinaves (Danemark, Norvège, Suède) à la tête de l’Islande. A la chute de l’union en 1536, l’Islande sera restituée au royaume de Danemark-Norvège. -Le luthéranisme est imposé brutalement à l’Islande en 1550 : la langue Islandaise est alors malmenée par les religieux. Les Islandais, notamment les intellectuels, s’opposeront à cette nouvelle humiliation. -Un peuple qui veut toujours son indépendance : vague de révolution qui débute en France en juillet 1830, et qui va déferler sur toute l’Europe, jusqu’au Danemark, et va donc concerner l’Islande. Les Islandais réclament le droit d’avoir leur propre Assemblée, au lieu d’envoyer des représentants au Danemark. Leur vœu est exaucé en 1843 par le roi Christian VIII, qui réinstalle l’Assemblée à Reykjavik. L’Islande retrouvera son statu autonome en 1874. -En 1904, l’Islande retrouve enfin son pouvoir exécutif -1918 : La situation reste compliquée : L’Islande et le Danemark sont bien deux royaumes distincts (l’Islande est devenue une monarchie parlementaire), mais les Islandais doivent reconnaître le roi du Danemark comme leur souverain. -17 juin 1944 : le Parlement proclame la République d’Islande, approuvée par référendum à 97% (98% de la population a alors voté). On peut donc dire que l’Islande est un pays à qui on a amené un peuple, qui s’est très vite forgé une identité, avec des particularités comme le fait que l’Islande est le premier pays à se doter d’un Parlement. Le fait que les Islandais constituent un peuple à part entière, combiné au fait que ce peuple à beaucoup souffert à travers les âges, qu’il est presque toujours resté sous domination Danoise, et qu’il n’ait acquis son indépendance totale qu’en 1944, constitue un des facteurs de la neutralité et de la relative distance qu’a maintenue l’Islande jusqu’à très récemment avec les autres pays du monde. 2/Qui est appuyé par un état d’esprit pacifiste =>Présence d’un nationalisme islandais, pacifiste et neutraliste, qui peut s’expliquer par cet éloignement géographique, et par son insularité (rappelons-le, l’Islande, en plus d’être loin de tout, est une île). -Elle est loin de tout, loin des menaces extérieures, donc pas besoin d’établir une armée. Elle n’en a jamais d’ailleurs établi. -L’Islande n’a jamais déclaré la guerre à personne. Cette politique a été officialisée aux yeux du monde en 1918 avec le principe l’adoption du principe de neutralité de perpétuelle en ce qui concerne la politique étrangère. -Cette politique sera fermement maintenue jusqu’en 1941, quand les Islandais signent un traité de défense avec les américains : l’Islande était passée du statut de petit pays isolé à celui d’île carrefour, dont l’emplacement était stratégique pour remporter la 2° Guerre Mondiale. Ce n’est donc qu’avec regrets que l’Islande « s’engage » (c’est un bien grand mot, elle reçoit des troupes étrangères sur son territoire, mais ne fournit pas d’armée, puisqu’elle n’ne a pas) dans un conflit international. Les Islandais s’empresseront d’ailleurs de réclamer le départ de toutes les troupes une fois la guerre gagnée. Le nationalisme et le pacifisme islandais sont donc des arguments en défaveur d’une ouverture au monde et à la mondialisation. Nous allons voir que ces facteurs ne sont pas seulement historiques, mais aussi géographiques et géologiques. B)L’Islande, un pays à contraintes 1/Contraintes géologiques et climatiques Islande = île volcanique très jeune (20 Millions d’années). Se situe en plein sur le rift atlantique qui traverse donc l’Océan Atlantique de tout son long, et qui sépare le plaque américaine et eurasienne. C’est donc une zone d’activité volcanique intense, comme on a pu l’apercevoir très récemment, ainsi que sismique (c’est un séisme qui serait à l’origine de l’éruption de 2010). L’Islande est à la fois un point chaud. Ainsi on voit par exemple que l’île s’agrandit de 2cm tous les ans, puisque les plaques Américaine et Eurasienne s’éloignent tous les ans. C’est la lave qui comble les fissures qui résultent de cet écartement. C’est un pays avec de forts reliefs (12 volcans avec une altitude supérieure à 1500 mètres, plus de 200 cratères en tout). 11% du pays est recouvert par les glaces, 25% par des champs de lave, et 3% par des lacs. Au niveau du climat, l’Islande a un climat qu’on pourrait penser polaire, mais qui est adouci car l’Islande se trouve sur le passage du Gulf Stream, qui la réchauffe considérablement. Ainsi le climat de l’Islande est océanique et froid près des côtes, et c’est un climat de toundra à l’intérieur des Terres. Il fait donc tout de même assez froid, avec des températures qui peut atteindre 20°C l’été au Sud sur les côtes (le record est de 30,5°C en 1939) -25 à -30°C l’hiver au Nord. Le Sud n’a donc pas tellement de contraintes climatiques majeurs (températures assez modérées) contrairement au Nord et à l’intérieur des Terres. Nous allons maintenant voir que ces contraintes géologiques et géographiques influent sur la répartition et les activités humaines du pays. 2/Qui influencent la géographie du pays Superficie de l’Islande : 103 125 km².Habitants : 317 900 habitants, soit une densité moyenne de 3 habitants au km², ce qui est très faible. Pas de densité => dynamisme réduit. Il n’y a donc que des petites villes, la plus grande étant Reykjavik avec 120 000 habitants. Plus d’un habitant sur trois habite à Reykjavik => le reste de l’Islande est quasiment désert mise à part Akureyri, la « capitale du Nord ». Pourquoi ? Parce qu’une grande partie du pays est difficilement habitable, du fait de l’altitude et des froids extrêmes qui sévissent au centre du pays. Un territoire difficile à maîtriser et des températures difficiles à vivre, donc. Seul 1% des terres est cultivé, là encore à cause du climat, mais aussi à cause de, notamment, la nuit quasi-permanente qui s’étend de novembre à février. L’Islande ne peut donc pas s’appuyer sur une agriculture pour pouvoir exporter et établir des relations commerciales. Eloignement géographique => L’Islande a du attendre le début du XXème siècle et la révolution navale pour pouvoir entamer de véritables relations par bateaux. Ainsi donc l’Islande est un pays à l’Histoire assez récente, si on la compare avec d’autres Etats européens. En effet les premières témoignages faisant part de la découverte de l’Islande datent de 300 ans avant Jésus Christ. Cependant, ce pays, qui a donc était colonisé, s’est rapidement forgé une identité avec ses particularités, sa culture. L’Islande est longtemps resté un pays en marge des relations internationales, du fait de son enclavement géographique d’abord, puis de son désir de neutralité. Enfin, l’Islande est un pays qui possède certaines contraintes géographiques et climatiques : elle est située au Nord, et a donc par endroits un climat assez hostile, c’est un pays volcanique, avec beaucoup de relief. De ce fait elle est peu habitée, et les terres cultivées sont rares. Elle possède donc a priori peu de ressources exportables, et un territoire pour le moins hostile, ce qui ne devrait pas faciliter son intégration dans les relations internationales, qu’elles soient commerciales ou autres. Nous allons cependant voir que l’Islande a su explorer le peu de ressources dont elle dispose, et exploiter les nombreuses mutations économiques caractéristiques du XX° siècle, afin de se rendre très utile au monde. Elle s’est enfin de plus en plus impliquées dans les relations géopolitiques internationales. II] Cependant, son histoire récente et sa géopolitique nuancent ces propos et révèle une réelle intégration. A)Géohisoire et géopolitique de l'Islande, de la seconde guerre mondiale à nos jours : une intégration progressive . 1/ La seconde guerre mondiale désenclave l'Islande. La seconde guerre mondiale est l'élement déclancheur de l'entrée de l'Islande. En effet, bien que la position géostratégique de l'île était évidente dès le départ des relations internationales, à la fin de la première guerre mondiale. C'est donc en 1940 que ce caractère se concrétise : la Royal Navy débarque suivie des Marines en 1941 pour anticiper une probable invasion. On accorde donc de l'importance à un territoire auparavant isolé. Cependant, il faut noter que ce désenclavement s'est fait à leur insu, de par la volonté des puissances mondiales. De plus, on dénombre alors 50000 soldats anglo-saxons débarqués sur une île de 126000 habitants ! Ce qui a entraîné évidemment un grand bouleversement autant économique que culturel. Un ancien Ambassadeur d’Islande en France, Sverrir Gunnlaugsson l’a résumé ainsi : "En une nuit, cette société technologiquement primitive a été confrontée au monde moderne." Ainsi grâce à ces pays, l'islande va entreer dans modernité économique et sociale ce qui a fait naître cette modernité au sein même de l'île (le désenclavement « forcé » de l'Islande a en fait conduit à son ouverture sur le monde, ouverture choisie). Le 17 juin 1944, l'Islande obtient son indépendance auprès de la couronne danoise, symbole de ce début de modernité. Néanmoins, cette indépendance reste illusoire, car la présence militaire persiste. En effet, les Etats-Unis ont pour projet en 1945 d'occuper l'Islande pendant 99 ans ! L'Islande refuse. On assiste là à un rejet de la superpuissance par une toute petite île. Cependant, il faut encore nuancer, l'Islande ne peut pas échapper à la logique de Guerre Froide. Cela aboutit aux accords de Keflavik en octobre 1946 prévoyant que la défense de l'Islande sera assuré par l'armée américaine (l'Islande n'a en effet pas d'armée, par choix). 2/ La logique de Guerre Froide implique l'Islande dans les relations internationales. La place de l'Islande sur l'echiquier mondial se révèle être un choix long et difficile. La position géostratégique de l'Islande l'implique inévitablement dans la Guerre Froide et l'oblige à s'ouvrir sur le monde au fur et à mesure que les évenements internationaux se complexifient. Cela suggère que l'intégration de l'île dans le monde a été forcée, ou en tout cas n'a pas été que le fruit de sa volonté. Dès lors, l'Islande, malgré son idéal neutraliste, doit rejoindre un camp, les USA. La question de l'OTAN est alors posée. Malgré une forte opposition nationaliste et communiste, l'Islande semble ne pas pouvoir échapper à cette évidence et rejoint l'OTAN en 1949, mais avec quelques demandes comme un refus de présence militaire en temps de paix . De même 2 ans auparavant, l'Islande a rejoint l'OCDE. A partir de là, l'opinion politique islandaise se trouve divisée en 2 visions très contradictoires : l'une nationaliste et l'autre progressiste. En 1951 sont signés discrètement des accords de défense en prolongement des accords de Keflavik. En effet malgré les vagues de contestation, la guerre de Corée fait peur et l'OTAN se trouve revalorisé dans le cadre du Pacte Atlantique. Les islandais veulent à présent une présence militaire, et le sentiment pro-américain s'affirme. 5000 soldats débarquent à la base aerienne de Keflavik de manière permanente. Se met alors en marche un processus presque irréversible de relations avec les USA. L'Islande semble alors bien ancrée dans les relations internationales. Mais les contestations reprennent, et les tentatives de coaltion échouent : celle de 1956 à 1959 le révèle. L'Islande subit les données de sa géopolitique, ce qui accentue le clivage politique existant. L'imaginaire islandais est donc très important pour comprendre les relations de l'Islande avec le monde, en particulier les Etats-Unis. L'île scandinave doit donc définir clairement la place qu'elle aimerait atteindre sur l'échiquier mondial. Ainsi, les contestations vont perdurer jusqu'en 1974 où l'on assiste à un échec de suppression des accords, toujours dans le souci de préserver leur indépendance. Cependant, les relations islando-européennes s'intensifient, en rejoignant l'AELE (Association européenne de libre-échange) en 1970 témoignant de leur volonté de mondialisation. Au final, la vie économique prospère en Islande, notamment grâce à la présence américaine, à tel point que celle-ci se retrouve mise en question. 3/ L'après-guerre froide, un affranchissement progressif de la présence américaine ? Assez logiquement, la fin de la Guerre Froide remet serieusement en cause son interêt géo-stratégique. Néanmoins, les américains décident de garder leur base sur l'île : en 1994 d'abord puis en 1996 ont lieu 2 révisions du traité de Défense, mais Washigton décide tout de même de diminuer le budget (puisque l'utilité de cette base regresse). Plus aucune menace ne pèsant sur l'Islande, sa position géo-stratégique étant réduite et les bénéfices faits par l'île grâce à la base aérienne étant négligeable (représentant 2,5% du PIB en 1990 contre 0,8% en 2005), la supression des accords semble inévitable. Ainsi, on assiste à une baisse progressive des effectifs américains (3300 en 1990 contre 1450 en 2005). Cependant, l'Islande, qui n'a rien à perdre, joue la montre. La guerre en Irak (en 2003) semble être le pretexte pour garder l'armée sur son territoire. Mais d'un autre point de vue, cela peut être perçu comme suivant la logique des relations islando-américaines. En 2006, l'inévitable a pu être évité : les accords sont supprimés et l'armée américaine quitte définitivement l'Islande après 50 ans d'occupation. Ainsi, cela semble réveler l'indépendance totale de l'Islande et sa modernité, apportées grâce en partie par les relations exterieures. En effet l'Islande en 2007 a le premier IDH mondial, ce qui suggère son fort développement, notamment économique qui s'est traduit par une émancipation presque complète de l'influence militaire, dont l'entrée dans l'Espace économique européen en 1994 y est peut-être pour quelque chose. B) L'économie islandaise, révélatrice d'une volonté de mondialisation tout en conservant ses atouts. Avec un IDH de 0,969 (2009) et un PIB par habitant de 36700$ en 2010, l'Islande fait partie des pays les plus développés du monde. D'une économie traditionnelle et peu ouverte sur le monde, l'Islande est passé dans ces 20 dernières années à une économie diversifiée et échange avec l'Europe. La croissance économique annuelle de 5% qu'elle a connu dans les années 1990 s'est néanmoins accomplie au prix d'une inflation difficilement contrôlée et d'un déficit de la balance extérieure. De plus, en dépit des recommandations de l'OMC, elle continue à n'échanger qu'en grande partie avec ses partenaires européens. Partenaires avec lesquelles les relations pourraient se compliquer, depuis que les Islandais on refusé par référendum le remboursement de dettes auprès de l'Angleterre et des PaysBas. Cela risque t-il de compromettre l'adhésion à l'UE que l'islande a demandé en juillet 2009 ? Des mutations économiques : 1/De la tradition de la pêche... La pêche a toujours constitué un complément de ressources pour ce pays que l'agriculture a difficilement mis en valeur. Dès 1400, l'Islande commence à exporter de la morue séchée (stockfish), d'abord avec l'Angleterre, puis avec la France, l'Allemagne, les Pays-Bas. A partir du XVIè siècle, la domination scandinave détourne les flux marchands vers les pays scandinaves et notamment les marchés de Copenhague et Malmö. La flotte islandaise se modernise aux XVIIIè et XIXè siècle, avec la création progressive d'une flotte à voiles (construite notamment par le Danemark). En dépits de mauvaises années et d'émigration de la main d'oeuvre, le progrès technique permet à la pêche islandaise de se développer : filets norvégiens dotés d'hameçons, utilisation du hareng comme appât, innovation de produit avec le klippfish, poisson salé de bien meilleure qualité que le stockfish en 1840, chalutiers apportés par l'Angleterre, bateaux à vapeur, puis à moteur,... Cela a été permis par le partage des eaux islandaises avec des navires étrangers : norvégiens, anglais, allemands, néerlandais, danois et français. Il y a donc apport du progrès technique par échanges avec l'Europe. En 1933, on parlait de quelques 60 000t de morue, d'eglefin et de colin préparées, et de 20 000 tonnes de harengs salé exportées, et outre l'Europe, celles-ci se commencent à se diriger au début du XXè siècle vers les Image 1 : La pêche des voiliers Français d'après Le Etats-Unis et l'Amérique Latine. La valeur d'exportation Gall, 1930 Image 2 : Port d'Isafjord, nord-ouest de l'Irlande des produits de la pêche est alors 10 fois supérieure à Annales de géographie, année 1933, numéro 238 celle des produits de la ferme. S'ensuit un exode rurale, un accroissement des villes cotières et notamment de la capitale, Reykjavik : 300 habitants en 1891, 11600 en 1911, 25217 en 1928 et 170 000 aujourd'hui hors périphérie. La pêcherie représentait en 1930 25% de l'emploi islandais. L'industrialisation de l'Islande s'est donc faite majoritairement par la pêcherie. La spécialisation dont elle a fait preuve en important la majorité des produits agricoles et finis n'est pas sans rappeler la théorie des avantages comparatifs de Ricardo. 2/L'ouverture économique de l'Islande. Jouissant d'une main d'oeuvre qualifiée, d'un avantage comparatif non négligeable (l'énergie bon marché), de nouvelles branches économiques (produits pharmaceutiques, finance, logiciels,...) et d'une politique fiscale attrayante, les s'ouvrent peu à peu aux IDE (à noter que ceux-ci on fortement baissé de 2008 à 2009 en raison de la crise financière). Cette ouverture économique est aujourd'hui croissante. On note des investissement de la part des américains dans la production d'aluminium (avec la firme Alcoa notamment, qui s'est implanté près de Kárahnjùkar, où un grand complexe de barrage hydro-électrique devrait être en construction, en partenariat avec Landsvirkjun). Les importations islandaises d'élevaient en 2009 à 242 milliards de couronnes islandaise (51 millards de dollars) et les exportations à 500 milliards de couronnes (57 millards de dollars). A noter que la balance commerciale islandaise est devenu positive en 2009 en raison de la dévaluation de la couronne islandaise qui a augmenté les exportations. En termes d'infrastructures, les flux humains circulent principalement par avions avec l'aéroport international de Keflavic. Celui-ci s'est développé avec l'arrivée des américains en 1944 et relie désormais l'Islande au reste du monde, avec plus de 210 000 passagers enregistrés en 2007. Les flux s de marchandise circulent principalement par les ports : marchandises marines par les ports de Njarðvík, Keflavic, et marchandises industrielles avec le port de Helguvik. port de helguvik. Source :almenna.com III] Limites et enjeux de ces héritages économiques et politiques : l'influence actuelle de l'Islande. A) Enjeux géopolitiques : 1/ La sécurité nationale sans la base américaine : sur qui compter ? L'Islande se retrouve donc aujourd'hui sans armée, la question de la sécurité nationale en cas de crise reste posée et constitue un enjeu majeur, enjeu politique : il faut créer une « politique de rechange » . Sur cette question s'oppose encore une fois 2 visions, 2 points de vues politiques opposés. Premièrement, les conservateurs (le plus grand parti actuel) pronent pour une conservation des relations avec les Etats-Unis, dans le cadre de l'OTAN. Ainsi, un système de rotation sur la base de Keflavik a été proposé, où differents pays membre occuperaient la base à tour de rôle, pour une durée determinée, d'autant plus que plusieurs exercices ont déjà été réalisés depuis les années 1980 (notamment en 2008 où des mirages français ont survolé la base). A cette proposition s'oppose celle des sociaux-démocrates, qui préfère favoriser l'Union Européenne, notamment par le biais de la PESD (politique commune de sécurité et de défense). Pour eux cette alternative se révèle être plus que crédible à l'Islande, grâce à son ancrage profond à l'économie européenne (dans le cadre de la EEE). Ainsi une volonté d'accéder à l'UE se fait sentir, et même l'accés à l'euro, ce qui est pour l'instant encore en suspend. L'euro aurait été un moyen peut-être plus efficace pour sortir de la crise. Pourtant, certains économistes pensent que c'est leur monnaie qui leur a permi de sortir rapidement de la recession. Mais l'Islande refuse encore aujourd'hui d'abandonner à l'UE leur souveraineté en matière de pêche, ce qui est sans doute un obstacle à l'adhésion. 2/ La « Révolution des casseroles » De plus, d'un point de vue plus politique, l'Islande a connu de forts remous depuis 2008. La crise étant mal gérée par le parti conservateur alors au pouvoir, les contestations montent de plus en plus. Le retrait de la vie politique du Premier Ministre achèva le gouvernement qui demissionna. Ainsi, un nouveau gouvernement acceda au pouvoir mêlant centristes et partis de gauche en mettant au pouvoir une femme (pour la première fois de son histoire) Jóhanna Sigurðardóttir. Des élections legislatives sont alors organisées en avril 2009 : on assiste à une victoire historique de la gauche. Cette gauche est pro-européenne ( cf ci-dessus). Néanmoins, les Islandais refusent massivement d'assumer financièrement la crise. Le peuple décide alors de chasser le gouvernement de centre-gauche qui n'est pas de cet avis pour former une Assemblée Constituante. Le but est de réecrire une constitution strictement dans l'interêt du peuple. Cependant la perte de crédibilité des hommes politiques islandais est totale, le peuple décide donc de rédiger sa constitution soi-même. 25 représentants sont alors élus démocratiquement pour s'atteler à cette tâche en novembre 2010. Cela représente donc un enjeu politique majeur. Dernière péripétie en date, la Cour-suprême a invalidé l'élection des 25 représentants en février 2011, ce qui provoque de nombreux débats. Affaire à suivre donc. B) Limites et ejeux économiques 1/Les faiblesses et les difficultés : La crise financière de 2008 a fortement touché l'Islande, et a révélé la fragilité des fondations de sa croissance : celle-ci était fondée en grande partie sur l'endettement de la population qui dopait la consommation intérieure, mais aussi les importations et ont maintenu pendant longtemps la balance commerciale déficitaire. Mais outre la baisse de la production industrielle qui a été relativement faible (-1%), la dépression de 2009 (-6,9% du PIB) est en grande partie du à la faillite des banques islandaises. Après sa privatisation au début des années 2000, le secteur financier s'est formidablement développé. Ses bilans ont dépassé jusqu'à 10 fois le PIB islandais ! Les trois plus grandes banques islandaises ont été nationalisées (Glitnir, Landbanski et Kaupthing) après leur faillite. Après l'adoption par le parlement du remboursement de la dette d'Icesave, une filiale de Landbanski (3,5 milliards d'euro), le peuple a rejeté la mesure à plus de 93% par référendum. Ce remboursement devait se faire au bénéfice de deux pays membres de l'UE, l'Angleterre et les Pays-Bas. Cela risque t-il de compromettre la demande d'adhésion de l'Islande à l'UE ? D'autant plus que le premier ministre islandais Geir Haard a demandé en 2009, le soutien financier de la Russie, pays qui a longtemps entravé la construction de l'Union européenne et qui pourrait répondre ainsi à sa perte d'influence sur l'Europe de l'est depuis la chute de l'URSS. De plus, nombre d'Islandais restent opposés à cette adhésion en raison des règlementations de la pêche imposées par l'Europe. Or, la pêche constitue souvent la principale, et parfois la seule source de revenus pour les villes (notamment Isafjördur dans le Nord-ouest du pays, 3000 habitants). De plus, la méfiance vis à vis de l'Europe reste présente dans les mémoires avec les guerres des morues qui ont opposés les britanniques, les islandais et dans une moindre mesure la RFA sur les droits de pêche. 2/ ...A la diversification de l'économie : D'après le rapport de l'OMC datant de 2000 sur l'Islande, on note que la pêcherie reste l'activité principale en Islande, garantissant 71% des importations et 10% des emplois. Cette activité a perdu en emplois cependant, du fait de la création d'un marché des quotas de pêche qui a privilégié par la suite un marché oligopolistique. La pêche relève donc aujourd'hui davantage de l'industrie que de l'artisanat. Néanmoins, l'Islande s'est modernisé, et a su tirer profit de son profil géologique : la géothermie chauffe 86% des foyers, et l'hydroelectricité est elle aussi largement exploitée. En 2009, les deux sources d'énergies ont eu une production respective de 4553,1Gw/h et 122793,3 Gw/h. Cette importante production lui permet une quasi indépendance énergétique. Elle reste néanmoins importatrice de pétrole : 16 390 barils/jour en 2008, l'énergie représentait 8,4% de ses importations. Seuls environ 10% de l'énergie qu'elle produit est utilisée. Pour en tirer profit, deux solutions : -Exporter l'électricité en Europe. Jusqu'ici, l'isolement géographique de l'Islande empêchait toute exportation d'électricité du fait des pertes importantes durant le transport. Néanmoins en mars 2011, le groupe public d'énergie Landsvirkjun a dévoilé le projet de construction d'un câble électrique sous-marin qui serait long de 1200 à 1900 kilomètres, selon s'il approvisionnait la Norvège, le Royaume-Uni, le Pays-Bas ou l'Allemagne. L'objectif d'exportation annuel est de 5TWh et pourrait rapporter jusque 320 millions d'euros annuels d'exportation. Les recherches sur la faisabilité du projet sont en cours, à suivre... -L'autre solution a été d'implanter les industries de transformation de produit consommatrices d'énergie. L'Islande est aujourd'hui le deuxième producteur européen d'aluminium, derrière la Norvège. L'aluminium représentait en 2009 34,1% de leurs exportations (les produits marins n'en constituaient plus que 41,7%). Les usines de transformation de l'aluminium font acheminer du bauxite et le transforment en aluminium, profitant de l'énergie bon marché proposée par les barrages hydroélectriques. C'est aujourd'hui une des destinations chantier du complexe hydroélectrique de favorites des IDE en Islande. Kárahnjúkar. Source : photo.com Le tourisme est également un moyen de mettre en Kárahnjúkar valeur un pays à la morphologie atypique. L'Islande accueille environ 250 000 touristes par an, ce qui constitue 10% de son PIB annuel. Bibliographie et sitographie : -Site de l'OMC : www.wto.org/ -randburg.com : http://www.randburg.com/is/portkefl/portkefl_fr.asp -Site de la CIA : https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/ic.html -Aéroport de Keflavik : http://www.kefairport.is/ -Site de l'institut statistique islandais : http://www.statice.is/ -Usines nouvelles : http://indices.usinenouvelle.com/metaux-non-ferreux/l-aluminiumislandais-se-renforce.3086 -Bibliomonde : http://www.bibliomonde.com/donnee/islande-donnees-economiques22.html et http://www.bibliomonde.com/donnee/islande-commerce-exterieur-380.html -Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_financi%C3%A8re_de_2008_en_Islande http://fr.wikipedia.org/wiki/Islande#.C3.89conomie -lemonde.fr : http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/08/l-islande-aubord-du-gouffre_1104436_1101386.html -Ambassade d'Islande : http://www.iceland.org/fr/lambassade/tout-sur-Islande/bulletinmensuel//nr/1224 -Annales de géographie, année 1933, numéro 238 : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_00034010_1933_num_42_238_10449 -LePost.fr : http://www.lepost.fr/article/2011/01/06/2362275_la-revolution-democratiqueislandaise-comme-reponse-a-la-crise.html -http://www.travelnet.is/DEF/fra/about/history.htm: chronologie de l’Islande, vérification de sources -http://www.diploweb.com/forum/islande06093.htm : article très précis sur certaines relations géopolitique (en particulier Islande/Amérique) qu’entretient l’Islande avec le monde depuis 1940 -http://www.photovoyage.org/islande/geo2.php : article expliquant simplement la géologie de l’Islande -http://planet-terre.ens-lyon.fr/planetterre/XML/db/planetterre/metadata/LOMislande.xml : article au sujet de la géologie, assez poussé celui-ci. -http://www.europa-planet.com/islande/carte_islande.htm : carte sommaire de l’Islande -http://www.routard.com/guide/islande/1476/geographie_et_climat.htm : explique sommairement le climat de l’Islande -http://www.toutelislande.fr/Plaques%20et%20volcans%20en%20Islande.html : site au sujet de la géologie de l’Islande Géopolitique de Yves Lacoste, aux éditions Larousse (2006) : pour resituer l’Islande dans le contexte géopolitique mondial (au niveau de l’OTAN par exemple)