Tourisme Littoral - Benmahieddine Réda
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Tourisme Littoral - Benmahieddine Réda
Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE MINISTERE DE L‘AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET DE L’ENVIRONNEMENT STRATEGIE NATIONALE DE GESTION INTEGREE DES ZONES COTIERES EN ALGERIE TOURISME LITTORAL EN ALGERIE Phase 1 BILAN ET DIAGNOSTIC Rapport N° 1 Reda BENMAHIEDDINE Juillet 2012 A Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 SOMMAIRE 1. INTRODUCTION ..........................................................................................................5 1.1. CONTEXTE DE L’ETUDE .........................................................................................................5 1.2. ORGANISATION DU RAPPORT .................................................................................................6 2. LE CONTEXTE INSTITUTIONNEL, STRATEGIQUE ET REGLEMENTAIRE DU TOURISME EN ALGERIE ...................................................................................................................7 2.1. LE CADRE LEGISLATIF ET REGLEMENTAIRE .............................................................................7 2.2. LES DIFFERENTS ACTEURS DU TOURISME EN ALGERIE ..........................................................10 2.3. LA STRATEGIE NATIONALE DU TOURISME TEL QUE DECLINEE PAR LE SDAT 2025 ..................13 3. LES FLUX TOURISTIQUES DANS LES ZONES COTIERES EN ALGERIE : UN PROCESSUS ACCELERE DE LITTORALISATION ...............................................................................19 3.1. L’OFFRE TOURISTIQUE DANS LES COMMUNES COTIERES : UNE CAPACITE D’HEBERGEMENT DIFFICILE A MESURER ...............................................................................19 3.2. LA FREQUENTATION TOURISTIQUE .......................................................................................25 3.3. FREQUENTATION DES PLAGES : DES IMPACTS A MAITRISER ...................................................29 4. LES ZEST : DES RESERVES FONCIERES POUR AMORCER LE DEVELOPPEMENT TOURISTIQUE DU LITTORAL .......................................................................................31 4.1. TERRITORIALISATION DU FONCIER TOURISTIQUE BALNEAIRE : UNE DISPARITE DANS LA LOCALISATION DES ZEST SUR LE LITTORAL ALGERIEN .........................................................31 4.2. LES PLANS D’AMENAGEMENT TOURISTIQUE (PAT) : .............................................................37 5. LES IMPACT DU TOURISME SUR LES ZONES COTIERES: NECESSITE D’UN TOURISME DURABLE ................................................................................................................40 5.1. 5.2. 5.3. 5.4. 5.5. LE TOURISME ET L’URBANISATION ........................................................................................40 IMPACTS SUR LA BIODIVERSITE TERRESTRE ET MARINE .........................................................40 MITAGES DES TERRES AGRICOLES ET AGRESSION DES ESPACES FORESTIERS ........................41 LES IMPACTS SUR LES RESSOURCES EN EAU ........................................................................41 DECHETS SOLIDES ET LIQUIDES ...........................................................................................41 6. LES ENJEUX ET LES DYSFONCTIONNEMENTS : VERS UN TOURISME DURABLE .....................42 2 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 LISTE DES TABLEAUX TABLEAU 1: PRINCIPALES DISPOSITIONS DU CADRE JURIDIQUE (LOI 03-01). ............................................................................... 7 TABLEAU 2: PRINCIPALES DISPOSITIONS DU CADRE JURIDIQUE (LOI 03-03). ............................................................................... 8 TABLEAU 3: PRINCIPALES DISPOSITIONS DU CADRE JURIDIQUE (LOI 03-02). ............................................................................... 8 TABLEAU 4: DECRET EXECUTIF ET CIRCULAIRES 9 TABLEAU 5: UNE TABLE D’EVALUATION POUR UN DEVELOPPEMENT DURABLE (SOURCE SDAT ALGERIE).......................................... 15 TABLEAU 6: REPARTITION DE L’OFFRE D’HEBERGEMENT PAR TYPE DE PRODUITS (MTA - 2009) ..................................................... 20 TABLEAU 7: REPARTITION DE LA CAPACITE D’ACCUEIL PAR WILAYA (SOURCE MTA 2011)............................................................ 21 TABLEAU 8: REPARTITION DES ARRIVEES ET DES NUITEES HOTELIERES PAR WILAYA (2007/2011) SOURCE MTA ............................. 27 TABLEAU 9: NOMBRE D’ESTIVANTS, SAISON ESTIVALE 2011(SOURCE MTA 2011)..................................................................... 29 TABLEAU 10: REPARTITION DES ZEST PAR WILAYA (SOURCE MTA 2011).............................................................................. 31 TABLEAU 11: LES 22 ZEST PRIORITAIRES (SOURCE MTA) 32 TABLEAU 12: TAUX D’OCCUPATION DES ZEST (SOURCE MTA 2011)..................................................................................... 36 LISTE DES FIGURES FIGURE 1 : POLES D’EXCELLENCE TOURISTIQUE (SOURCE SDAT)......................................................................................... 17 FIGURE 2 : CAPACITE D’HEBERGEMENT (SOURCE MTA 2011) 20 FIGURE 3 : CARTE DE LA CAPACITE D’HEBERGEMENT PAR WILAYA (2011) ............................................................................... 22 FIGURE 4 : 32 ZEST SONT SITUEES A L’INTERIEUR DE L’AIRE METROPOLITAINE D’ALGER (AMA) – SOURCE SDAM ALGER .................. 23 FIGURE 5 : L’AIRE METROPOLITAINE D’ORAN : UNE PLAQUE TOURNANTE DU NOUVEAU POLE D’EXCELLENCE TOURISTIQUE NORD OUEST – SOURCE SDAM ORAN 24 FIGURE 6 : EVOLUTION ANNUELLE DU NOMBRE DE NUITEES (SOURCE MTA 2011) ...................................................................... 27 FIGURE 7 : FREQUENTATION TOURISTIQUE 2007- 2011 28 FIGURE 8 : FREQUENTATION DES PLAGES (PERIODE ESTIVALE 2011)...................................................................................... 30 FIGURE 9 : REPARTITION DES 174 ZEST A TRAVERS L’ALGERIE (SOURCE SDAT) ..................................................................... 32 FIGURE 10 : SITUATION DES 22 ZEST PRIORITAIRES (SOURCE MATE)................................................................................... 34 FIGURE 11 : URBANISATION DES ZONES TOURISTIQUES (ZEST- ALGER EST)............................................................................ 35 FIGURE 12 : OCCUPATION DES ZEST EN ZONE COTIERE (2011)............................................................................................ 36 FIGURE 13 : EXEMPLE DE LA ZEST AIN HAMADI – WILAYA DE CHLEF (80% DE LA ZEST EST OCCUPEE PAR DES TERRES AGRICOLES FAISANT TRAVAILLER PLUS D’UNE CINQUANTAINE D’EXPLOITANTS)......................................................................................... 37 3 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 LISTE DES ACRONYMES ET ABREVIATIONS Sigle Abréviation ANDT APW APC DAT ONAT DPM PQT POT AMA AMO STEP LFC VRD MTA PAT SDAT ZEST MATE CAR/PAP GIZC PNE ou Désignation Agence Nationale de Développement Touristique Assemblée Populaire de Wilaya Assemblée Populaire Communale Direction du Tourisme et de l’Artisanat Office national de l’animation, de la promotion et de l’information touristique Domaine Public Maritime Plan Qualité Tourisme Pôle Touristique d’Excellence Aire Métropolitaine d’Alger Aire Métropolitaine d’Oran Station de Traitement et d’Epuration Loi de Finance Complémentaire Voirie et Réseaux Divers Ministère du Tourisme et de l’Artisanat Plans d’Aménagement Touristique Schéma Directeur d’Aménagement Touristique Zones d’Expansion et Sites Touristiques Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement Centre d’Activité Régionale/Programme d’Actions prioritaires Gestion Intégrée des Zones Côtières Plan National de l’Eau 4 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 1. 1.1. NTRODUCTION CONTEXTE DE L’ETUDE Le présent rapport a été écrit dans le cadre de la stratégie nationale de la Gestion Intégrée des Zones Côtières (GIZC) initiée par le Centre d’Activité Régionale/Programme d’Actions prioritaires (CAR/PAP) et le Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement (MATE). Cette approche GIZC entend appréhender de façon globale les liens qui existent entre les ressources côtières, leurs utilisations et les impacts du développement sur l’économie et l’environnement, elle vise à faciliter un dialogue à la fois horizontal et vertical, via des processus participatifs. Le tourisme occupe une place particulière dans la démarche de planification de la GIZC, en effet l’essor du tourisme dans les zones côtières, exerce des pressions sur les ressources environnementales et culturelles et affecte des fois de manière négative sur ces espaces à la fois fragiles et convoités. Un effort considérable doit être engagé par l’Algérie pour intégrer le volet durabilité dans le processus de développement touristique en zone côtière. C’est par rapport à ce processus GIZC que s’inscrira ce document. A cet égard il convient de noter qu’en Algérie les problèmes de durabilité en zones côtières sont causés principalement par la littoralisation qui est le résultat de deux processus majeurs qui interagissent mutuellement, le premier est un processus d’urbanisation et de métropolisation en particulier, le second est un processus lié au développement de l’activité touristique, principalement balnéaire. Il s’agit par la stratégie nationale GIZC, dans sa composante tourisme de promouvoir une approche qui favorise l’utilisation durable des ressources dans les zones côtières en se concentrant sur la planification et la gestion du tourisme durable, à travers notamment : Participation à la conservation de la biodiversité des zones côtières ; Promotion d’une approche de gestion participative parmi les acteurs du secteur du tourisme; Enrichissement de la capacité opérationnelle des institutions et des responsables du développement du tourisme ; Renforcement de la sensibilisation à l’importance de la durabilité et d’une gestion intégrée dans la planification des activités touristiques en zone côtière. 5 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 1.2. ORGANISATION DU RAPPORT Ce rapport est la synthèse des différentes informations collectées, il est aussi le résultat d’une analyse critique du bilan du secteur du tourisme en zones côtières, il est organisé en plusieurs parties : Contexte réglementaire, stratégique et institutionnel du tourisme en Algérie, cette partie vise à mettre en exergue : o Les dysfonctionnements et les incohérences que pose la mise en œuvre du cadre réglementaire ; o L’adéquation de la stratégie nationale du tourisme avec les prescriptions du protocole GIZC ; o Le cadre institutionnel et le processus de mise en cohérence entre les différents secteurs et les différents intervenants au niveau des zones touristiques ; o La nouvelle stratégie de développement du tourisme tel que cela est décliné par le SDAT national et les SDAT des Wilayas côtières, le cas échéant. Les flux touristiques dans les zones côtières : en analysant les capacités d’accueil et d’hébergement, la fréquentation touristique et la fréquentation des plages. Cette partie permettra de territorialiser et de mesurer la pression qu’exerce le tourisme sur le littoral, les rapports de cause à effet seront également traités pour desceller les facteurs qui impulsent ce phénomène (attractivité, atouts et potentialités…etc.). Les Zones d’Expansion et Site Touristique (ZEST) : qui sont l’outil privilégié pour le développement du tourisme en Algérie, il s’agit à cet effet de comprendre : o Leur répartition géographique et les capacités foncières offertes ; o Les Plans d’Aménagement Touristique (PAT), comme outil de mise en valeur des périmètres aménagés des ZEST destinés à recevoir des investissements à caractère touristique ; o Les problèmes de gestion et de préservation des ZEST ; Les impacts du tourisme sur le milieu : ce bilan est à la fois une description des impacts ressentis mais aussi une tendance qui se manifeste de plus en plus. Ce rapport sera conclu par les principaux enjeux et dysfonctionnements identifiés, afin d’inscrire le développement touristique du littoral algérien dans une approche de durabilité. 6 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 2. LE CONTEXTE INSTITUTIONNEL, STRATEGIQUE ET REGLEMENTAIRE DU TOURISME EN ALGERIE Cette partie est consacrée à l’analyse des stratégies actuelles du développement touristique en confrontant les textes réglementaires, le cadre institutionnel et stratégique avec les exigences du tourisme durable dans la zone côtière tel que cela est prescrit par le protocole GIZC. En effet, cinq lois ont été promulguées entre 1999 et 2003 toutes consacrées aux différents aspects d’exploration, de fonctionnement, d’organisation et de développement du tourisme, s’ajoute à ce cadre réglementaire, la stratégie nationale du tourisme qui vient d’être outillée par l’élaboration du SDAT, comme on le verra plus en détail ci après. 2.1. LE CADRE LEGISLATIF ET REGLEMENTAIRE Le cadre législatif principal est défini par la loi n° 03-01, du 17 février 2003, relative au développement durable du tourisme et la loi n° 03-03, du 17 février 2003 relative aux zones d’expansion et sites touristiques. Les aspects liés à la durabilité et aux modes de gouvernance du littoral sont régis de manière implicite ou explicite par les dispositions contenues dans plusieurs articles de ces lois tel que présenté dans les tableaux ci-dessous. Tableau 1: Principales dispositions du cadre juridique (loi 03-01). Dispositions juridiques Principales dispositions - Article 02 La présente loi a pour objet la création d’un environnement favorable et incitatif pour : Au titre de la Loi 03 -01 sur le développement durable Du tourisme -la contribution à la préservation de l’environnement, l’amélioration du cadre de vie et la valorisation du potentiel naturel, culturel et historique - Article 05 Article 08 Le développement des activités touristiques obéit aux règles et principes de protection des ressources naturelles et des potentialités culturelles et historiques, et ce à l’effet de sauvegarder leur originalité et de garantir la compétitivité et la durabilité de l’offre touristique. Les administrations publiques de l’état, les collectivités territoriales, ainsi que les organismes publics doivent dans le cadre de leurs compétences respectives, intégrer la promotion touristique dans leurs politiques sectorielles. 7 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 Tableau 2: Principales dispositions du cadre juridique (loi 03-03). Dispositions juridiques Article 01 Principales dispositions Au titre de la Loi 03 -03 sur les zones d’expansion et sites touristiques La loi a pour objectif : - l’utilisation rationnelle et harmonieuse des espaces et ressources touristiques en vue d’assurer le développement durable du tourisme, Article 05 Le développement et l’aménagement des ZEST doivent être compatibles avec les législations relatives à la protection de l’environnement et du littoral. Les ZEST sont classées zones touristiques protégées et sont soumis, à ce titre aux mesures de protection particulières ci après : -la préservation des ZEST contre toutes les formes de pollution de l’environnement et la dégradation des ressources naturelles et culturelles. Article 10 Tableau 3: Principales dispositions du cadre juridique (loi 03-02). Dispositions Principales dispositions juridiques Au titre de la Loi 03 -02 fixant les règles générales d’utilisation et d’exploitation touristique des plages Article 02 Article 07 Article 8 Articles 9 Article 12 Article 15 La présente loi a pour objectifs : la réunion des conditions d'un développement harmonieux et équilibré des plages répondant aux besoins des estivants en matière d'hygiène, de santé, de sécurité et de protection de l'environnement, L'état naturel des plages doit être protégé. Toute exploitation des plages doit s'effectuer dans le strict respect de la vocation de cet espace. L'exploitation des plages et la promotion des activités touristiques dans ces espaces Doivent être conformes aux règles de santé et de protection de l'environnement. L'ouverture d'une plage au public est interdite lorsque son exploitation est de nature à dégrader une zone protégée ou un site écologiquement sensible. Il est interdit de jeter les déchets domestiques et/ou industriels et/ou agricoles au niveau des plages et de leur proximité. Sans préjudice des dispositions de l'article 23 de la loi n° 02-02 du 22 Dhou El Kaada 1422 correspondant au 5 février 2002 relative à la protection et à la valorisation du littoral, la circulation routière ainsi que le stationnement des véhicules au niveau des dépendances des plages sont réglementées. En plus de ces textes, il existe une série de décrets exécutifs qui ont une relation avec le tourisme dont les principaux sont les suivants : 8 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 Tableau 4: décret exécutif et circulaires Décrets et circulaires Décret exécutif n° 07-23 Décret exécutif n° 07-86 L’ordonnance n° 66-62 Décret exécutif n° 98-70 Décret exécutif n°05-457 Décret n° 80- 77 Décret n°88-214 Décret exécutif n°06-325 Principales dispositions Fixer les modalités de rétrocession ou de concession des terrains situés à l’intérieur des ZEST Fixant les modalités d’établissement du plan d’aménagement touristique des ZEST Relative aux zones et sites touristiques portant création de l’agence nationale de développement du tourisme et fixant ses statuts fixant les normes et les conditions de classement en catégories des établissements hôteliers portant création de l’Office national de l’animation, de la promotion et de l’information touristique (ONAT) portant création et organisation de l’Office national du tourisme fixant les règles de construction et d’aménagement des établissements hôteliers. Les lois relatives au tourisme étant relativement récentes, plusieurs textes n’ont pas encore été promulgués. Plusieurs décrets d'application sont en préparation par le Ministère du Tourisme et de l’Artisanat (MTA), en particulier celui relevant du nouveau statut et des prérogatives de l’Agence Nationale de Développement Touristique (ANDT), essentiellement en termes d’une gestion plus déconcentrée des Zones d’Expansion et Sites Touristiques (ZEST). Il ressort de l’analyse du cadre réglementaire que la problématique de durabilité est prise en charge, du moins sur le plan législatif, d’ailleurs au même titre que la mise en conformité avec la loi 02-02 relative à la protection et à la valorisation du littoral (voir article 05 et 25 de la loi 03-03 et l’article 15 de la loi 03-02). Cependant le vrai défi qui s’annonce aux autorités compétentes c’est la mise en œuvre de cette approche de durabilité dans la mise en tourisme en Algérie, puisque les lois ne sont pas assez explicites et ne répondent pas aux multitudes de cas pratiques que les acteurs du tourisme rencontrent sur le terrain. Plusieurs incohérences sont à souligner : - La réglementation ne prescrit pas l’obligation de faire une évaluation environnementale dans le cadre du processus d’aménagement des ZEST afin de déterminer leur capacité de charge, - La loi 03-03 prévoit un seul Plan d’Aménagement Touristique par ZEST, cependant plusieurs ZEST ont une superficie qui dépasse 500 ha, l’aménagement d’un seul tenant d’un tel périmètre enclenchera un grand processus d’artificialisation du littoral, notamment dans les espaces qui sont toujours à leur état naturel, - La réglementation ne précise pas les mécanismes qui permettront l’implication des collectivités locales dans le processus d’approbation des projets touristiques, afin de porter et d’approprier ces projets au niveau local dans le cadre d’une démarche participative, - La réglementation n’explicite pas les dispositions concernant le mode d‘arbitrage en cas de conflit d’usage du sol avec les autres secteurs, - Il n’est pas précisé aussi, comment maitriser les effets d’entrainement, notamment la spéculation foncière et le détournement très fréquent du foncier touristique, notamment par l’urbanisation. 9 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 2.2. LES DIFFERENTS ACTEURS DU TOURISME EN ALGERIE Il s’agit là, d’identifier les acteurs et de définir leur rôle, à cet effet il est à noter que d’un point de vue institutionnel le secteur du tourisme est encadré de la façon suivante (voir le schéma) : Les activités du tourisme concernent le développement de ce secteur sur initiative publique ou privée en milieu rural ou urbain et sur des aires délimitées officiellement par l'État à l'instar des ZEST. Elles sont donc l'affaire de plusieurs acteurs et leur développement est de la responsabilité directe ou indirecte de plusieurs organes sous la tutelle du MTA, des autorités locales (Wali) et des collectivités locales (APW et APC). A coté d'actions initiées et encouragées par les services de l'État, une partie du secteur se développe de manière informelle par le secteur privé en dehors de tout contrôle. Par ailleurs les principaux acteurs concernés sont: (a) Le Ministère du tourisme et de l’artisanat (MTA); Il est de création récente et a été chargé, de toutes les activités liées au développement du tourisme et de l’artisanat en général. Ce mandat est assuré au niveau central, à travers plusieurs directions, notamment : 1) La Direction du Plan Qualité Tourisme et de la Régulation, chargée : • D’initier et de proposer la stratégie relative au plan qualité tourisme et à la régulation; • De veiller à la mise en place des instruments du plan qualité tourisme et à la promotion de la destination touristique Algérie et d’en assurer le suivi; • D’initier et de proposer les mécanismes de développement des activités touristiques conformément à la politique nationale de développement du tourisme; • D’initier et de proposer toutes actions tendant à favoriser le partenariat et la collaboration entre les professionnels du tourisme; 10 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 • De veiller, en concertation avec les secteurs concernés, à la facilitation touristique; • De délivrer les autorisations réglementaires et les agréments relatifs aux activités et professions touristiques; • D’assurer le secrétariat technique des commissions d’agrément et d’homologation réglementaires des professions et activités liées au tourisme. 2) La Direction de l’Aménagement Touristique, chargée : • D’initier et de proposer la stratégie relative au développement et à l’aménagement touristique; • De proposer les mesures visant l’exploitation rationnelle du foncier touristique destiné à l’investissement en coordination avec les secteurs concernés; • De veiller à la mise en œuvre des règles édictées par le schéma directeur d’aménagement touristique. 3) La Direction de l’Evaluation et du Soutien des Projets Touristiques, chargée : • D’initier et de proposer la stratégie de soutien et d’accompagnement des projets touristiques; • D’étudier, d’évaluer et de se prononcer sur la faisabilité des projets d’investissement touristique; • D’orienter et de promouvoir les investissements touristiques et de proposer toutes mesures en vue de leur encouragement; • De définir les conditions et critères de localisation; • De s’assurer de la conformité des projets d’investissement touristique avec les plans d’aménagement touristique; • De tenir un fichier national, régional et local des projets liés au tourisme; • De suivre, de soutenir et d’accompagner les projets touristiques retenus. (b) Au niveau décentralisé, ce sont les Directions du Tourisme et de l’Artisanat de Wilaya (DTA), qui sont chargées : • D’établir le plan d’actions annuel relatif aux activités touristiques, • De veiller au développement durable du tourisme à travers la mise en valeur de toutes les potentialités locales, • D’encourager l’émergence d’offres touristiques diversifiées et de qualité, • De mettre en œuvre les programmes et les mesures de promotion et de développement des activités de tourisme et de thermalisme et d'en évaluer les résultats, • De contribuer, avec les secteurs concernés, à la promotion du partenariat national et étranger, notamment dans les domaines de l’investissement et de la formation des ressources humaines, • D’orienter et de suivre, en liaison avec les organismes concernés, les projets d’investissement touristique, • De veiller à la conformité des activités touristiques et à l’application des règles, normes et standards de la qualité édictée en la matière, 11 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 • De contribuer à l’amélioration des prestations touristiques notamment celles ayant trait à l’hygiène, la protection de la santé et la sécurité liées à l’activité touristique, • De veiller à la satisfaction des besoins et des aspirations des touristes en matière de bien-être, de détente et de loisirs, • D’assurer le suivi de la mise en œuvre des opérations de soutien au titre du fonds d’appui à l’investissement, à la promotion et à la qualité des activités touristiques, • D’animer et d’encadrer les services extérieurs, les espaces intermédiaires et le mouvement associatif œuvrant dans le tourisme au niveau local, • De contribuer à l’élaboration du plan annuel et pluriannuel de développement du tourisme dans la wilaya, Les organismes sous tutelle qui sont concernés, à différents degrés, par le développement du secteur touristique sont: (c) L’Agence Nationale de Développement du Tourisme (ANDT): créée par le décret exécutif n°98-70 correspondant au 21 février 1998, c’est une EPIC, placée sous la tutelle du ministère du tourisme et de l’artisanat, l’agence est chargée de la dynamisation, de la promotion et de l’encadrement des activités touristiques. Elle est chargée notamment : - De veiller à la protection et à la préservation des ZEST, - De procéder à l’acquisition des terrains nécessaires à l’implantation des infrastructures touristiques, - De procéder aux études et à l’aménagement des terrains destinés aux activités touristiques, - De veiller, en liaison avec les institutions et les organismes concernés à une gestion rationnelle des espaces et équipements d’intérêt commun…, L’agence est tenue à rétrocéder à titre onéreux, ou de concéder les terrains aménagés au profit des investisseurs ou promoteurs, conformément à un cahier des charges Il est à noter également que l’arrêté du 31 Janvier 2008 préconise la création de plusieurs annexes de l’agence nationale de développement du tourisme (Annaba, Alger, Oran, Ghardaia…), cependant la création de ces annexes n’est pas encore concrétisée à ce jour (mises à part les deux antennes d’Oran et de Annaba mais faiblement encadrées). Deux autres offices sont sous tutelle du MTA, chargés de l’animation et de la promotion du tourisme, il s’agit de : L’office national de l’animation, de la promotion et de l’information touristique (ONAT) L’office national du tourisme (d) Autres acteurs concernés ou impliqués : Il s'agit: Des autorités locales représentées par le Wali qui dans le cadre de la décentralisation est le principal ordonnateur des budgets d'équipement des différents secteurs 12 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 d'activités. Il est assisté par un Comité Technique de Wilaya dans la sélection de projets. La coordination de la programmation et de l'exécution des activités et la répartition des responsabilités au niveau de chaque wilaya se fait à ce niveau, selon les allocations budgétaires octroyées à chaque département (DTA,…), Les collectivités locales et territoriales représentées par les Assemblées Populaires de Wilayas (APW) et Assemblées populaires de communes (APC). Celles-ci sont faiblement impliquées dans les programmes des investissements touristiques. Les associations professionnelles du tourisme qui pourraient jouer un rôle important dans la professionnalisation des produits touristiques durable, dans la vulgarisation et dans l’adoption de l’approche GIZC. L’analyse des différents acteurs du tourisme en Algérie, permet de dégager plusieurs constats : 1. Une gestion plutôt centralisée du foncier touristique : L’ANDT est le principal acteur de la promotion touristique et à moindre degré les directions du tourisme de wilaya. A ce titre il est à noter que l’ANDT ne possède pas les moyens de sa politique, particulièrement des structures décentralisées qui sont portant prévues par la réglementation (mises à part les deux antennes d’Oran et de Annaba,). Le détournement du foncier est l’une des conséquences de cette gestion centralisée des ZEST, 2. Un faible niveau d’encadrement au niveau local (wilayas, communes) 3. Des prérogatives confuses entre l’ANDT, la direction du tourisme et la wilaya, particulièrement concernant la concession et la gestion des futurs aménagements touristiques au niveau des ZSET. 4. Une faible implication des collectivités locales et des associations relevant de la société civile, 2.3. LA STRATEGIE NATIONALE DU TOURISME TEL QUE DECLINEE PAR LE SDAT 2025 Jusqu’en 1966, le tourisme Algérien n’a vécu que sur l’héritage colonial et aucune réalisation nouvelle, n’est venue enrichir ce patrimoine. Les deux milles lits hérités par l’Algérie étaient concentrés dans 03 pôles : - Région Ouest d’Alger (Moretti, Sidi Fredj et Tipaza) ; - Région d’Oran (les Andalouses) ; - Région Est (Hamadites, Seraidi et Kala…) Dans la période 1967-1979 le gouvernement entreprend des études qui tendent à dégager d’autres sites touristiques, une politique du développement touristique est déclarée par l’ordonnance du 26 mars 1966 et le décret du 04 avril 1966. La politique s’est traduite par l’adoption d’une stratégie privilégiant la construction d’unités de type complexe touristique et balnéaire destinés à une clientèle essentiellement étrangères. Cette stratégie n’a malheureusement pas permis d’aboutir aux résultats escomptés en raison du surcoût et des retards consécutifs dans la réalisation. A partir de 1980 l’accent a été mis sur la promotion du camping, des unités thermales et climatiques légères. L’ENET fut chargée de l’établissement des plans d’aménagement touristique, le décret n° 88-232 du 05 novembre 1988 a délimité 174 ZET, dont 160 sont localisées sur le 13 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 littoral, soit 92% du nombre total des ZET. Peu de projets ont été concrétisés en raison de la grande crise économique et de la nouvelle orientation politico-économique de l’état. La capacité d’accueil n’a pu atteindre que 48 302 lits en 27 ans, dont 13327 balnéaires. Cette situation du tourisme, dans laquelle se trouve le pays depuis un certain nombre d'années, n'a pas donné beaucoup de latitude aux décideurs en matière de rattrapage du retard accumulé. A ce titre, la stratégie nationale actuelle a donné la priorité absolue à l’augmentation du nombre de lits et les efforts d'investissement privé ont été concentrés principalement sur ce point alors que celui de la durabilité vient en seconde priorité. Les autorités ont réagis avec des programmes ambitieux de développement du tourisme, notamment dans le cadre de promouvoir la destination Algérie et du Plan Qualité Tourisme (PQT). L'effort des planificateurs dans le secteur du tourisme a essentiellement porté sur l'augmentation de « l'offre » par l’accroissement de la capacité d’hébergement, mais très peu sur la gestion de la «demande» basée sur une politique incitative à l'économie, le renforcement institutionnel, la mise à niveau des capacités humaines, et la formation et l'organisation des usagers et leur responsabilisation. C’est une situation, compréhensible en cas d'urgence mais qui ne peut pas s'ériger en règle. Il convient de noter également que ce secteur commence à connaitre un développement notable durant ces dix dernières années, il est amené à jouer un rôle plus important à l’avenir dans le développement socio-économique au niveau des zones côtières. Cette importance a été reconnue par les autorités Algériennes qui ont décidé d’amorcer le développement futur du secteur sur la base d'un nouveau Schéma Directeur de Développement Touristique (SDAT). Ce schéma constitue le cadre stratégique de référence pour la politique touristique de l’Algérie, il : affiche sa vision du développement touristique national aux différents horizons à court terme, moyen terme et long terme (2025) dans le cadre du développement durable, afin de faire de l’Algérie un pays récepteur ; définit les instruments de sa mise en œuvre et précise les conditions de sa faisabilité. Le Schéma Directeur d’Aménagement Touristique « SDAT 2025» est une composante du SNAT 2025 lequel montre comment l’État compte assurer, dans un cadre de développement durable le triple équilibre de l’équité sociale, de l’efficacité économique et de la soutenabilité écologique à l’échelle du pays tout entier pour les vingt ans à venir. Le Schéma Directeur d’Aménagement Touristique «SDAT 2025» est de ce fait un instrument qui traduit la volonté de l’État de valoriser le potentiel naturel, culturel et historique du pays et de le mettre au service de la mise en tourisme de l’Algérie afin de la hisser au rang de destination d’excellence dans la région euro méditerranéenne. En effet le SDAT décline la nouvelle stratégie en Cinq dynamiques, à savoir. 1. 2. 3. 4. 5. Promouvoir une économie alternative et de substitution aux hydrocarbures Dynamiser sur les grands équilibres, Effet entraînant sur les autres Secteurs Combiner durablement promotion du Tourisme et Environnement Valoriser le patrimoine naturel, historique, culturel et cultuel Valoriser l’Image de l’Algérie Ces Cinq dynamiques sont le levier de la mise en tourisme du pays organisée autour d’un nouveau concept du tourisme algérien. Elles tendent : A la valorisation de la destination Algérie pour accroître l’attractivité et la compétitivité de l’Algérie; Au développement des pôles et villages touristiques d’excellence par la rationalisation de l’investissement et le développement ; 14 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 Au déploiement d’un plan qualité tourisme(PQT) pour le développement de l’excellence de l’offre touristique nationale intégrant la formation par l’élévation professionnelle, l’éducation, l’ouverture aux Technologies de l’Information et de la Communication(TIC) et le positionnement sur de nouvelles niches touristiques conformes aux nouvelles tendances mondiales; A la promotion de la transversalité et de la cohérence dans l’action par l’articulation de la chaîne touristique et la mise en place d’un partenariat public – privé; A la définition et la mise en œuvre d’un plan de financement opérationnel pour soutenir les activités touristiques et les promoteurs – développeurs et attirer les investisseurs nationaux et internationaux. Le SDAT entre durabilité et gouvernance : L’un des objectifs affichés par le SDAT est d’intégrer la notion de durabilité dans toute la chaîne du développement touristique (conjonction du social, de l’économique et de l’environnemental), en combinant durablement promotion du Tourisme et Environnement. A ce titre le SDAT propose une table d’évaluation pour un développement durable, comme le montre le tableau ci-dessous : Tableau 5: Une table d’évaluation pour un développement durable (Source SDAT Algérie) LES PRINCIPES DU DEVELOPPEMENT DURABLE Solidarité temps dans le Eviter de reporter les problèmes sur les générations futures (diminution de matières premières, de la ressource en eau, pollution des sols, surconsommation de l’espace,…) Précaution Pointer en amont les risques potentiels Transversalité, globalité, interdépendance Associer les acteurs compétents et les acteurs concernés Prévention Adapter le projet en fonction des contraintes Responsabilité Prendre la mesure des conséquences du développement envisagé Solidarité l’espace dans Réduire les inégalités d’accès (aux ressources énergétiques, aux transports collectifs, au confort sonore, à la desserte en eau et en assainissement,…) Subsidiarité Vérifier l’adéquation entre échelle et solutions (utilisation rationnelle des ressources énergétiques locales, hiérarchisation des infrastructures,…) Réversibilité Anticiper les évolutions (besoins en énergie, déplacements, eau, collecte et traitement des déchets…) 15 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 Le SDAT précise que l’une des faiblesses majeures du tourisme en Algérie est due à une gouvernance, une organisation et une culture inadaptées au tourisme moderne Un mode de gouvernance inadapté au Tourisme moderne. Une absence d’outils d’évaluation et de suivi de l’évolution du tourisme au niveau national et international. Des procédures de délivrance des visas et les formalités d’entrée excessives. Les carences de gouvernance selon le SDAT se manifestent à travers : Dans la réalité, l’Agence Nationale de Développement Touristique ’’ANDT’’ n’a pas la maîtrise du foncier et demeure peu territorialisée: Il n’existe pas de guichet unique pour les porteurs de projets qu’ils soient opérateurs ou investisseurs. Les Directions du Tourisme des wilayas n’ont pas de stratégie de développement touristique à l’échelle de leur territoire. Leur rôle de contrôle, de suivi et d’accompagnement des porteurs de projet est limité. Manque de visibilité pour les autres partenaires/acteurs en matière de gestion et de stratégie touristique. Pas de réelle logique de coopération. Généralement les agences de voyages sont sous-traitantes de prescripteurs européens que sont les grands tours opérators (TO). Le SDAT et le tourisme en zone côtière Le SDAT préconise de se positionner de manière offensive sur le segment littoral méditerranéen au niveau des wilayas suivantes : Annaba, Jijel, Bejaia, Boumerdès, Alger, Tipasa, Mostaganem, Ain-Temouchent, Tlemcen. Les principales thématiques et actions préconisées par le SDAT pour le tourisme littoral sont : Les thématiques Les actions Le farniente autour du soleil, de la mer, du sable et des jeux La structuration des animations: clubs enfants, événements divers Le produit Plage Les activités sportives L’approche l’environnement de Les services à population locale touristique la et L’offre nautique Beach volley, foot, fun board, scooter, kayak de mer.... La constitution de clubs: voile, plongée, pêche, planche... Sentiers de découverte dunaires Constitution de CPIE (centres d’interprétation et l’environnement) Maisons thématiques (oiseaux, poissons, flore, insectes...) Organisation de Classes vertes d’enseignement à L’offre restaurants Les commerces (souvenirs, équipements plages, vêtements...) Les garderies gratuites Les postes de secours Constitution de ship chandler Offre accastillage Ports à secs Zones commerciales Club house, location de bateaux... 16 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 Il s’agit de ne pas aller au tout tourisme, de concentrer les efforts sur certains sites et certaines filières. En partant de ces différents objectifs et critères, le SDAT 2025 définit sept pôles touristiques d’excellence (POT), dont 03 ont comme vocation principale le tourisme balnéaire : 1) Le Pôle Touristique d’Excellence Nord-Est (POT N.E) : Annaba, Tarf, Skikda, … 2) -Le Pôle Touristique d’Excellence Nord-Centre (POT N.C) : Alger, Tipasa, Boumerdès, Tizi Ouzou, Bejaia…. 3) -Le Pôle Touristique d’Excellence Nord-Ouest (POT N.O) : Mostaganem, Oran, Ain Temouchent, Tlemcen, … Figure 1 : Pôles d’excellence touristique (Source SDAT) Le processus de planification du tourisme est un processus itératif complexe qui doit être basé sur une connaissance aussi précise que possible du potentiel et sur les besoins de tous les secteurs usagers du littoral et leur évolution. Le processus de planification nécessite aussi un travail de concertation, de larges consultations et un arbitrage lors de la validation et approbation des différents SDAT des wilayas côtières et des PAT des différentes ZEST. Le rôle d'arbitre du ministère du tourisme est primordial à ce sujet dans le cadre de la nouvelle vision. De ce fait, une politique de développement durable du tourisme ne peut pas être conçue sans une stratégie claire en matière de mécanismes de mise en œuvre et sans une connaissance approfondie de la réalité du terrain et une analyse des interactions avec les autres secteurs usagers. Enfin une vision prospective du développement du tourisme, sans opter pour des scénarios pessimistes, garder dans l'esprit les défis futurs que représentent les différents aléas. Il faut donc opter pour des scénarios réalistes de développement afin d’éviter un sur-équipement de la côte, au regard de la capacité de charge acceptable. 17 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 Le bilan de cette stratégie confirme quelques insuffisances, en effet quelque soit son niveau de conceptualisation, une stratégie ne peut réussir que par sa mise en œuvre selon un processus régulier renversant les tendances indésirables et concrétisant les résultats satisfaisants, l’efficacité de mise en œuvre reste tributaire des règles méthodologiques, des techniques méthodiques, des moyens logistiques et de la clarté de la vision. En Algérie l’application de la stratégie du développement touristique, y compris celle liée à la durabilité du milieu est un enjeu de taille. Un enjeu lié aussi au faible niveau d’encadrements des directions du tourisme et des collectivités locales, qui leur incombent d’appliquer les démarches exécutoires pour atteindre les objectifs escomptés. A ce titre il convient de noter aussi que : - Il n’existe pas de protocoles claires concernant l’arbitrage dans les cas de conflits d’usages du sol, précisément avec les activités nécessitant la proximité de la mer (secteur de la pêche, les stations de dessalement, …). - La procédure de planification du secteur touristique n’est pas respectée puisque un maillon essentiel manque entre la stratégie déclinée par le SDAT national et l’outil opérationnel de mise en tourisme qui est le PAT. Ce maillon manquant en l’occurrence le SDAT de wilaya est supposé: Faire l’évaluation des espaces touristiques nécessitants des études EIE, Préciser les espaces touristiques fragiles qui devront faire l’objet d’une évaluation de capacité d’accueil, Prescrire des directives strictes en termes de développement touristique durable, pour les zones classées ou à classer comme aire marine et/ou terrestre protégée, Analyser la chaîne de valeur du secteur touristique. Préciser la vocation de chaque ZEST (tourisme familial, tourisme de masse…) 18 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 3. LES FLUX TOURISTIQUES DANS LES ZONES COTIERES EN ALGERIE : UN PROCESSUS ACCELERE DE LITTORALISATION Le littoral Algérien comporte 14 wilayas côtières et 125 communes littorales, le linéaire côtier est estimé à plus de 1200 km dont une partie est artificialisée, soit par l’urbanisation, soit par d’autres activités tel que le tourisme. Afin de cartographier et de mesurer la pression que le tourisme exerce sur les différents espaces côtiers en Algérie, nous avons utilisé principalement 03 indicateurs, à savoir, la fréquence touristique, les capacités d’hébergement, et la fréquentation des plages. La littoralisation qui est une tendance lourde en Algérie, est actuellement le résultat d’une urbanisation massive du littoral, néanmoins dans les années à venir le tourisme constituera un autre levier de ce processus, dont il convient d’anticiper les effets sur la durabilité du milieu, au risque d’avoir un développement touristique non durable et de nouvelles formes de menaces sur le littoral. 3.1. L’OFFRE TOURISTIQUE DANS LES COMMUNES COTIERES : UNE CAPACITE D’HEBERGEMENT DIFFICILE A MESURER D’une façon générale les capacités d’accueil en Algérie sont très faibles comparés aux autres pays méditerranéens, le secteur du Tourisme en Algérie souffre d’insuffisances au plan de l’hébergement. Le nombre de lits actuellement étant de 90.000. Selon le MTA ce nombre sera renforcé à l’avenir de prés de 70.000 lits supplémentaires une fois la réalisation des 700 projets d’investissements privés d’un coût de 4 milliards de dollars finalisée". Cependant une grande part de l’offre d’hébergement ce concentre au niveau des wilayas côtières, deux facteurs expliquent cette situation : La prédominance du tourisme urbain (au niveau des villes côtières) et balnéaire, comme filières dominantes en Algérie, L’attractivité exercée par le littoral, en effet toutes les métropoles du pays se situent sur cette espace géographique, en conséquence c’est le lieu par excellence du tourisme urbain et d’affaire. L’offre touristique en Algérie reste largement dominée par le tourisme urbain, plus de 64% de l’offre globale d’hébergement est urbaine, secondée par le balnéaire avec plus de 18%, cependant il est difficile de dissocier les deux types d’hébergement, sachant que la pluparts des grandes villes, se situent sur le littoral. 19 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 Tableau 6: Répartition de l’offre d’hébergement par type de produits (MTA - 2009) Répartition par type de produits (2009) Type de produis Nombre de lits Urbain 57419 Balnéaire 16551 Saharien 10635 Thermal 3757 Climatique 332 Total 88694 Source : Direction Plan Qualité-MTA L’analyse de la répartition des différentes formes d’hébergement touristique met en évidence deux logiques complémentaires : la littoralisation et la recherche d’une certaine proximité aux rivages sableux. Au-delà, elle montre qu’il existe un relatif déséquilibre entre les différents espaces. En effet pour ce qui est du nombre de lits offerts par les hôtels seulement 04 wilayas (Alger, Annaba, Oran, Béjaia) disposent d’une capacité d’accueil de plus de 4000 lits, et une seule wilaya dispose d’une capacité d’hébergement de plus de 10 000 lits en l’occurrence Alger, mais une grande proportion des lits hôteliers est inadaptée à la demande internationale. On peut supposer que l’offre touristique des hôtels correspond généralement au tourisme urbain (une forte concentration au niveau des 03 métropoles du pays). Figure 2 : Capacité d’hébergement (source MTA 2011) 20 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 Pour ce qui est de l’hébergement au niveau des autres structures (hors hôtellerie) cela tend plus vers une configuration d’un tourisme balnéaire, nécessitant la proximité des rivages sableux. La répartition géographique de ce type d’offre montre que les wilayas disposant de plus de 8000 lits sont Boumerdes, Béjaia, Mostaganem et Tipaza. Tableau 7: Répartition de la capacité d’accueil par wilaya (Source MTA 2011) Wilaya Nombre d'hôtel Tlemcen Ain Témouchent Oran Mostaganem Chlef Tipaza Alger Boumerdes TiziOuzou Bejaia Jijel Skikda Annaba El Tarf Total 676 Nombre de lits aux Hébergement (autres hôtels structures) 45 3311 12 Nombre de lits (autres structures) 2625 17 2286 21 6452 143 5636 14 5636 16 / 34 8783 12 601 22 6203 9 2714 30 8770 153 18954 4 1500 17 3169 35 15421 60 1393 - 61 4.022 42 16.817 52 2124 27 5.879 31 2.027 24 8.2 40 4048 8 1.29 20 1615 17 2350 51900 290 - 89.926 21 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 La capacité d’hébergements hôteliers est fortement liée au processus de métropolisation, une forte corrélation est observée entre le rang de la ville dans l’armature urbaine et le nombre de lits offerts par les hôtels. Figure 3 : Carte de la Capacité d’hébergement par wilaya (2011) L’hébergement touristique est une condition sine qua non du développement de la fréquentation touristique. La capacité d’hébergement mesure le volume potentiel de la fréquentation, et permet d’estimer le nombre d’emplois. Rapportée à l’habitant, elle mesure la pression sur la société, due à l’infrastructure d’hébergement (occupation de l’espace, altération du paysage, coût du logement, accès à la côte). Cet indicateur, croisé avec des données sur l’origine des investissements, permettrait une évaluation de l’engagement du pays dans son développement touristique. Pour des raisons pratiques d’analyse, nous avons classé le littoral Algérien en quatre types de bassins, en essayant de faire ressortir les caractéristiques intrinsèques de chaque espace. Premier Type de Bassin : Dans cet espace, les métropoles se situent carrément sur le littoral, regroupant les wilayas d’Oran, de Annaba et d’Alger 22 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 Une forte pression s’exerce sur cette zone qui est le résultat combiné du processus de métropolisation et du développement touristique. Historiquement c’est les espaces les plus dynamiques et les plus convoités d’un point de vue touristique. Ce territoire connaît une forte dégradation de son environnement. L’analyse du taux d’accroissement fait ressortir un report d’urbanisation des communes des centres historiques des métropoles vers les communes périphériques, particulièrement balnéaires, ce phénomène est accentué par l’attractivité touristique de ces communes et la prolifération des résidences secondaires. L’artificialisation du littoral est une tendance lourde dans ce territoire. Figure 4 : 32 ZEST sont situées à l’intérieur de l’Aire Métropolitaine d’Alger (AMA) – Source SDAM Alger 23 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 Figure 5 : L’aire métropolitaine d’Oran : une plaque tournante du nouveau pôle d’excellence touristique Nord Ouest – Source SDAM Oran Pour ce type de bassin l’impact du nouveau maillage autoroutier comme élément structurant du territoire se traduira dans les années à venir par une augmentation significative des flux vers les zones balnéaires jusqu'à maintenant épargnées ou faiblement convoitées, la réduction des distances-temps améliorera l’attractivité et l’accessibilité des zones touristiques et permettra d’accentuer la fréquentation venant à partir des grands bassins de vie économique et sociale à savoir : D’Alger vers Tipaza et Boumerdes (la deuxième Rocade Sud ouverte en 2010-2011), D’Oran vers Mostaganem (Autoroute EST-Ouest et pénétrante projetée vers Mostaganem), D’Annaba vers El Tarf (Autoroute Est-Ouest). Deuxième type de bassin : Cet espace regroupe les wilayas dont la façade des grandes villes est maritime, à savoir ; les wilayas de Skikda, Jijel, Boumerdes, Ain Témouchent, Béjaia, Mostaganem et Tipaza. Cette zone de l’espace côtier se caractérise par une concentration de l’offre touristique à proximité des communes chefs lieu de wilaya et leurs périphéries, le littoral des autres communs restes faiblement urbanisé. Cette zone connait une forte demande touristique, mais «contrariée» par de faibles capacités d'accueil. Troisième type de bassin : Cet espace regroupe les wilayas dont la façade des grandes villes est à l’arrière pays, à savoir ; les wilayas de Chlef, Tlemcen et El Tarf, Cette zone se caractérise par la concentration de l’offre touristique dans les villes de l’intérieur, qui ne font pas partie du domaine littoral tel que prédéfinit par la loi 02-02 et borner par le cadastre littoral. Comptabiliser l’offre touristique de ces wilayas dans le balnéaire peut fausser l’analyse, il faut cependant utiliser des données par communes côtières, qui malheureusement ne sont pas disponibles. 24 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 3.2. LA FREQUENTATION TOURISTIQUE Afin d’appréhender le niveau des flux touristiques internationaux en Algérie, il est opportun d’utiliser l’indicateur développé par le plan bleu indiquant le nombre d’arrivées pour 100 habitants. Il ressort de l’analyse de cet indicateur que l’Algérie est en deca de la moyenne calculée au niveau du bassin méditerranéen qui est de l’ordre de 45 (l’indicateur est égale à 2 pour l’Algérie en 1997), reflétant le faible niveau des flux touristiques dans notre pays. Les 4 pays méditerranéens de l’Union européenne totalisent à eux-seuls 82 % du nombre total d’arrivées de touristes internationaux en 1997, en Méditerranée. La France et l’Espagne ont plus de 100 touristes internationaux pour 100 hab. En Afrique du Nord, le Maroc, la Tunisie et l’Egypte sont les principales destinations. L’indicateur est égal à 11 touristes pour 100 hab au Maroc. La Tunisie, avec 46 touristes pour 100 hab. « Source: Plan Bleu 1999» Cependant cet indicateur connaît une forte croissance pour la période 1997-2011, en passant de 2 en 1997 à 6.5 en 2011 (le nombre d’arrivées de touristes internationaux comptabilisés qui est de l’ordre de 2394887 touristes en 2011 comprend à la fois les étrangers et les Algériens résidents à l’étranger), 25 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 Les flux touristiques en Algérie ce concentrent sur le littoral suivant la tendance de la capacité d’hébergement évoquée précédemment. Le critère utilisé qui est le nombre de nuitées, est une donnée fondamentale dans la description de l’activité touristique. Elle permet d’apprécier le taux de remplissage des hébergements, la durée moyenne de séjour, les consommations induites et les pollutions et les dépenses journalières, etc. Le nombre de nuitées par habitant indique la pression des touristes sur un territoire donné (encombrement, bruit, …, etc.). Cet indicateur, croisé avec les recettes du tourisme, donne un aperçu de la richesse apportée par le tourisme, par rapport à la population locale. En fonction des données disponibles, l’indicateur utilisé dans cette analyse est le nombre de nuitées dans les hôtels et établissements assimilés (H&A), à noter également que le nombre d’arrivés est auto corrélé au nombre de nuitées, sa indique pratiquement les mêmes tendances. Globalement le nombre de nuitées dans les wilayas côtières est passé de 2 416 711 nuitées en 2007 à 3 042 819 nuitées en 2011. Ce qui correspond à un taux de croissance annuel moyen de 5,92%. Si ce rythme de progression se maintient, la capacité d’hébergement devrait atteindre 4 655 513 lits en 2020, 26 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 Figure 6 : Evolution annuelle du nombre de nuitées (source MTA 2011) Sur le plan de la répartition géographique, Alger se positionne en première place en termes de nuitées avec 771 288 nuitées enregistrées en 2011, soit 25 % du total des nuitées enregistrées dans les wilayas côtières. En incluant son aire métropolitaine à savoir Tipaza et Boumerdes, il ressort que 42 % des nuitées se concentrent dans l’aire métropolitaine Algérois, accentuant d’avantage la pression qui s’exerce sur ce territoire déjà très convoité et très fragile. La région de Annaba arrive en 2ème rang avec 356317 nuitées ce qui correspond à une part de 11%, par contre la deuxième métropole du pays en l’occurrence Oran vient en 8ème position, c’est un fait très marquant. Sachant que la configuration générale de la capacité d’hébergement, ne diffère pas de celle des nuitées. Tableau 8: Répartition des Arrivées et des Nuitées hôtelières par wilaya (2007/2011) Source MTA 2007 2008 2009 2010 2011 Wilaya Arrivées Nuitées Arrivées Nuitées Arrivées Nuitées Arrivées Nuitées Arrivées Nuitées Chlef 24 485 32 436 27 200 37 327 27 766 38 058 28 849 39 380 31 365 43 584 Bejaia 188 534 274 818 209 708 299 212 207 908 251 649 217 350 269 553 226 691 301 137 Tlemcen 152 310 228 094 159 814 237 716 164 737 305 747 169 157 240 332 164 850 227 980 Tizi ouzou 122 254 220 213 127 013 225 455 132 739 279 190 126 949 251 159 143 471 261 064 Alger 313 525 545 563 310 271 492 322 317 933 622 239 333 010 732 282 359 561 771 288 Jijel 43 338 73 405 45 290 78 078 49 394 84 247 53 308 89 760 57 567 97 323 Skikda 30 553 65 237 36 351 87 185 40 569 98 253 46 855 99 975 60 641 118 384 Annaba 155 267 255 573 149 992 260 916 168 275 305 864 184 313 351 296 200 398 356 317 Mostaganem 28 845 40 744 31 009 43 606 32 549 46 042 35 200 50 156 37 851 54 278 Oran 80 131 88 870 92 691 114 388 95 366 118 466 97 973 122 657 100 587 126 865 Boumerdes 74 162 119 151 89 477 138 763 92 766 141 566 96 464 145 852 100 162 150 821 El Tarf 26 529 58 817 30 301 60 830 33 125 64 531 35 161 73 661 36 318 82 803 Tipaza 196 377 356 734 117 048 248 629 138 081 288 335 159 654 327 884 181 251 355 617 27 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 A.Timouchent 17 437 57 056 20 565 TOTAL 1453747 2416711 1446730 66 727 23 083 71 148 2391154 1524290.5 2715335 26 522 1610765 82 753 28 911 95 358 2876700 1729623.5 3042819 En termes de dynamique de croissance des nuitées entre 2007 et 2011, presque toutes les wilayas ont connu une croissance importante, la seule wilaya qui fait l’exception c’est Tipaza, dont le nombre de nuitées a baissé, passant de 356 734 en 2007 à 355 617 nuitées en 2011. Notons enfin la remarquable performance réalisée par les deux wilayas de Skikda et de Ain Témouchent. Cette tendance est appelée à changer si les investissements touristiques se concrétisent au niveau des différentes ZEST. A souligner également que les données relatives aux résidences secondaires et celles dites « chez l’habitant » sont quasiment inexistantes. Le tourisme « chez l’habitant », qui prend de plus en plus d’ampleur, demeure encore non réglementé et non visible. Cette formule est réalisée sans encadrement juridique et surtout sans incidence financière sur les communes littorales concernées. L’absence de données relatives à ces deux types de tourisme empêche par conséquent une analyse complète et objective de la situation « source Profil de durabilité : La destination touristique pilote en Algérie : la zone côtière de Tipasa » Figure 7 : Fréquentation touristique 2007- 2011 Globalement il ressort que : Les flux touristiques sont faibles comparativement aux autres pays méditerranéens, l’Algérie est plus un pays émetteur de touristes que récepteur, Ce qui est un paradoxe en soi si l’on compare notre pays à la majorité de ceux du pourtour méditerranéen réputés accueillir d’importants flux de touristes étrangers dépassant largement le nombre de leurs concitoyens qui préfèrent passer leurs vacances à l’étranger. Les flux importants des touristes ce concentrent d’avantage dans les métropoles du pays et leur aires métropolitaines, et aussi au niveau des grandes villes côtières, le tourisme est une activité fortement et inégalement territorialisée et l’intensité de ses impacts se différencie selon les lieux, 28 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 Des flux plus importants se dirigent vers d’autres wilayas, jusque là très peu solliciter, il y’a lieu de préparer le territoire en conséquence, En manque d’informations précises, il est difficile d’apprécier les flux touristiques au niveau des stations balnéaires et ceux relevant du tourisme d’affaire et urbain, cependant le nombre de séjours moyen se rapprochant plus de la physionomie d’un tourisme urbain et d’affaire. 3.3. FREQUENTATION DES PLAGES : DES IMPACTS A MAITRISER En plus de la pression qui s’exerce sur le littoral par les touristes et les différentes infrastructures hôtelières, il est important aussi de faire ressortir la fréquentation des plages par les estivants, qui peut être plus nuisible, du fait que c’est directement la zone côtière qui est convoitée notamment par rapport à: o La forte fréquentation des plages, o La forte concentration dans l’espace et dans le temps. La lecture des statistiques montre qu’Oran est la première destination pour les estivants en Algérie avec plus de 20 000 000 d’estivants (saison estivale 2011), secondée par Tipaza qui enregistre une très forte fréquentation avec plus de 17 000 000 d’estivants, faisant partie de l’aire métropolitaine d’Alger, une pression importante subit le littoral de cette wilaya. Quant à la fréquentation des plages pour les autres wilayas elle ne dépasse pas 10 000 000 d’estivants, elle est estimée à 8.6 millions de visiteurs pour la wilaya de Mostaganem enregistrée en 2011, 9.4 millions pour Boumerdes, 2.16 millions pour la wilaya de Chlef. Quant à Annaba 2,8 millions de vacanciers ont fréquenté ses plages. Le nombre de concessions de parcelles de plages a, aussi, augmenté, passant de 369 en 2009, à 382 en 2010 (+13). La couverture des plages par des postes de la Protection civile a été renforcée et a été portée à 369 en 2010, contre 316 en 2009. Quant aux postes de la Gendarmerie nationale au nombre de 205 en 2009, ils ont été renforcés par 10 nouveaux postes en 2010, soit un total de 215. Tableau 9: Nombre d’estivants, Saison estivale 2011(Source MTA 2011) Wilaya Nombre Total de plage Plages autorisées Plages interdites Nombre d’estivants Tlemcen 25 8 17 4461530 Ain Témouchent 29 19 10 7409660 Oran 34 33 0 20100295 Mostaganem 48 21 27 8607660 Chlef 31 26 5 2166948 Tipaza 59 43 16 17068300 Alger 85 64 21 3029100 Boumerdes 41 27 14 9466400 Tizi Ouzou 12 7 5 2178365 Bejaia 45 34 11 8042000 Jijel 50 21 29 6195560 Skikda 41 19 22 6114315 29 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 Annaba El Tarf Total 27 25 552 20 16 358 7 10 194 2854860 2585480 100280473 La réglementation Algérienne, (la loi 03-02, fixant les règles générales d’utilisation et d’exploitation touristiques des plages) prévoit de doter chaque plage ouverte à la baignade par un plan d’aménagement qui constituera entre autre un levier pour le développement durable au niveau des plages et des zones côtières. Pourtant les statistiques montrent qu’une grande partie des concessions de plages sont accordées aux exploitants sans que ces dernières fassent objet d’un plan d’aménagement tel que prescrit par l’article 04 et l’article 18 de la loi 03-02, Figure 8 : Fréquentation des plages (période estivale 2011) Les plages sur-fréquentées subissent des dégradations qui menacent non seulement leur intégrité physique, mais aussi leur avenir en tant que site touristique. La croissance des flux touristiques deviennent un véritable défi dans l’avenir pour les sites qui sont appelés à recevoir ces flux. Parce que l’accroissement de la demande touristique va se traduire aussi par l’accroissement de la consommation des ressources naturelles, des nuisances et des différentes pollutions. 30 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 4.LES ZEST : DES RESERVES FONCIERES POUR AMORCER LE DEVELOPPEMENT TOURISTIQUE DU LITTORAL 4.1. TERRITORIALISATION DU FONCIER TOURISTIQUE BALNEAIRE : UNE DISPARITE DANS LA LOCALISATION DES ZEST SUR LE LITTORAL ALGERIEN Conformément à la loi 03-03 une Zone d'Expansion Touristique (ZET) est toute région ou étendue de territoire jouissant de qualités ou de particularités naturelles, culturelles, humaines et créatives propices au tourisme, se prêtant à l'implantation ou au développement d'une infrastructure touristique et pouvant être exploitée pour le développement d'au moins une sinon plusieurs formes rentables de tourisme. Les ZEST en Algérie constituent des réserves foncières importantes pour la mise en ouvre d’une réelle relance économique du secteur touristique permettant aux investisseurs nationaux ou étrangers de réaliser des structures touristiques, le décret n° 88-232 a délimité 174 ZEST. En 1966 le nombre était de 06. Une forte concentration des ZEST sur le littoral En effet, 160 ZEST des 174 sont concentrées sur le littoral et sont à vacation balnéaire. Tableau 10: Répartition des ZEST par wilaya (Source MTA 2011) Wilaya Nombre de ZEST Superficie (Ha) El Tarf Annaba 5 5 5010 2436,00 Skikda 9 2082 Jijel 19 4232 Bejaia 14 1254,50 Tizi Ouzou 8 1973 Boumerdes 11 4738 Alger 13 2737,75 Tipaza 22 1950 Chlef 10 1691,5 Mostaganem 16 4724,8 Oran 9 1727 Ain Temouchent 10 Tlemcen Total 9 160 1901 549,05 37006,60 Les wilayas qui ont le plus grand nombre de ZEST décrétées sont les wilayas de Tipaza qui vient en tête avec 22 ZEST, suivie par Jijel avec 19 ZEST et Mostaganem avec 16 ZEST, mais sans autant avoir la plus grande superficie en termes de réserves foncières, A noter que la wilaya d’El 31 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 Tarf vient en première position en termes de superficie avec plus de 5010 hectares, mais seulement avec 05 ZEST, soit des ZEST d’une surface de plus de1000 hectares. Figure 9 : Répartition des 174 ZEST à travers l’Algérie (Source SDAT) Parmis les 174 ZEST, 22 ZEST prioritaires ont été identifiées, dont 19 se situent sur le littoral. Ces 22 ZEST étaient lancées en 2002, bien avant la promulgation de la loi 03/03 relative aux zones d’expansion et sites touristiques. Wilaya Tlemcen Ain Temouchent Oran Mostaganem Tipaza Alger Boumerdes Tableau 11: Les 22 ZEST prioritaires (Source MTA) ZEST Superficie Ha S/aménageable Moscarda 15,56 15,56 Bouzedjar 400 114,06 Madagh 180 55,75 Cap Ivi Ramdane Plage Oued Bellah Colonel Abbes Zeralda Ouest Les Dunes/La Fontaine 883 182 131 150 356 102,10 166,00 18,34 54,54 91,40 87 44,81 Zemmouri Ouest 406 108,80 32 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 Tizi-Ouzou Bejaia Jijel Skikda Annaba El Tarf Total Azeffoun Sidi Khelifa Aokas Agrioun 25 637 61 32 17,26 42,20 20,06 22,25 El Aouana 167 97,09 El Marsa 112 83,34 Baie Ouest De Chetaibi Oued Begrat 328 21,62 1375 137,00 La Messida 565 45,00 19 ZET 6092 ,56 1257,18 Les 22 ZEST prioritaires visent à créer une capacité globale de 52 915 lits, répartie sur plusieurs type d’habergement : Structures d’hébergement - 10 Hôtels 5* 4 450 Lits - 19 Hôtels 4* 9 330 Lits - 15 Hôtels 3* 4 820 Lits - 08 Hôtels 2* 2 300 Lits - 16 appart-hôtels 7 906 Lits - 3312 villas, résidences et Bungalows 20 815Lits Total 49 621 Lits Structures sportives et de remises en formes 04 centres de thalassothérapie et balnéaires --------- 1800 lits. 03 complexes Hôteliers sportifs et de loisirs ------- 1494 lits. 10 centres sportifs et de remises en forme. 33 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 Figure 10 : Situation des 22 ZEST prioritaires (Source MATE) 07 ZEST des 22 ZEST prioritaires font l’objet d’actions d’aménagement immédiates, à savoir : ZEST D’EL AOUANA (Wilaya de Jijel - n°5) ZEST D’AGRIOUN (Wilaya de Bejaia - n°6) ZEST DES DUNES- LA FONTAINE (Wilaya d’Alger - n°11) ZEST DE ZERALDA OUEST ( Wilaya d’Alger - n°12) ZEST DE COLONEL ABBES (Wilaya de Tipaza - n°13) ZEST DE OUED BELLAH (Wilaya de Tipaza - n°14) ZEST DE BOUEZDJAR (Wilaya d’Ain Temouchent - n°18) Il convient de noter que la concrétisation du programme des différentes ZEST, sans prise en considération de la durabilité du milieu, porte un double risque : o Accentuation du processus de métropolisation, 03 ZEST des 07 se situent sur Alger et son aire métropolitaine o Un facteur d’attractivité et de polarisation, aggravant la situation de littoralisation, 34 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 L’Algérie est entrain de perdre son potentiel foncier : En 1988 le nombre de ZEST classées était estimé à 174, depuis le temps plusieurs ZEST ont vu leur limite et leur superficie changées (voir par exemple le décret exécutif n° 09-66 du 11 Safar 1430 correspondant au 7 février 2009 modifiant l’annexe du décret n° 88-232 du 5 novembre 1988 portant déclaration des zones d’expansion touristique) , une situation préoccupante qui résulte de l’urbanisation et du détournement du foncier touristique vers d’autre types d’occupation, le plus souvent en contradiction avec les exigences de durabilité, cette urbanisation est souvent illicite puisqu’elles empiètent sur les espaces protégés par la loi et réservés pour des aménagements touristiques. La wilaya d’Alger a perdu presque 50% de son foncier touristique, l’inflation démographique et l’exode rural ont engendré cette situation. L’exemple de Ain Taya (Serkouf) est édifiant, où toute la superficie de la ZEST a été urbanisé. Figure 11 : Urbanisation des zones touristiques (ZEST- Alger Est) Le tableau suivant montre le niveau d’occupation des ZEST et les pertes du foncier enregistrées, plus de 6000 Ha ont été occupées au niveau du littoral entre 1988 et 2011, soit 20% du total des réserves foncières (voir carte). 35 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 Figure 12 : Occupation des ZEST en zone côtière (2011) Dans d’autres cas les ZEST sont occupées par des infrastructures relevant des autres secteurs, tels que les stations de dessalement, les STEP, l’activité de pêche…etc. il y’a là un arbitrage à faire concernant le conflit d’usage du sol au niveau des espaces côtiers. Wilaya Alger Jijel Boumerdes Tipaza Tlemcen Oran Skikda Annaba Bejaia Tizi Ouzou Ain Temouchent Chlef Mostaganem El Tarf Tableau 12: Taux d’occupation des ZEST (Source MTA 2011) Superficie Restante (Ha) Nombre de Taux ZEST 13 19 11 22 9 9 9 5 14 8 Superficie (Ha) 2737.75 4232 4738 1950 549.05 1727 2082 2436 1254.5 1973 10 10 1901 1691.5 16 5 160 4724.8 5010 37006.6 d’Occupation 58% 42% 37% 19% 39% 19% 17% 14% 12% 11% 9% 9% 7% 2% 21% 1562.38 3150.44 3408.57 1456.29 428.5 1505.35 1673.74 2187.18 1134.34 1832.67 1799.5 1567.2 4485.79 4902.5 31094.45 36 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 Les conflits d’usages et la concurrence entre les différents secteurs pour l’appropriation du foncier littoral et la gestion des parties proches de la mer est plus complexe que jamais. Dans cet esprit une question fondamentale mérite d’être posée concernant la valeur économique et le niveau d’intégration de la population locale générés éventuellement par le développement du secteur touristique en substituant à l’activité agricole qui domine actuellement plusieurs périmètres de ZEST comme activité économique motrice. A cet égard, il est à rappeler que Les périmètres des zones classées ZEST dons beaucoup de cas, correspondent à des plaines littorales très fertiles et généralement irriguées, faisant travailler une grande partie de la population locale de ces communes côtières/rurales dans le secteur agricole. Figure 13 : Exemple de la ZEST Ain Hamadi – Wilaya de Chlef (80% de la ZEST est occupée par des terres agricoles faisant travailler plus d’une cinquantaine d’exploitants) 4.2. LES PLANS D’AMENAGEMENT TOURISTIQUE (PAT) : Les activités touristiques sont : o des activités économiques fortement capitalistiques. Le tourisme c’est avant tout des investissements immobiliers ce qui pose la question de la disponibilité du foncier, de la réglementation urbanistique, des conditions juridiques de propriété, du montage des opérations immobilières, des financements longs, des risques… o des activités avec de fortes retombées en emplois ce qui nécessite des acteurs formés, o des marqueurs de qualité de vie pour les habitants. Le marché domestique algérien est important. Beaucoup d’Algériens passent leurs vacances en Tunisie en particulier. C’est autant de perte sèche pour l’Algérie, o des secteurs qui contribuent à fabriquer de l’identité, à souder un pays, à retisser de l’histoire (l’artisanat, la culture…). Afin de valoriser ces actifs, le MTA a financé un ensemble de Plans d’Aménagement Touristique (PAT) conformément à la loi 03-03 relative aux ZEST, qui sont actuellement soit en cours de 37 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 lancement (28 PAT), soit en cours d’étude (13 PAT). A ce titre il convient de signaler que le processus d’approbation et de validation de ces PAT est assez ambigu puisque la réglementation ne définit pas clairement les procédures d’approbation. Le PAT fait partie des outils réglementaires pour concrétiser la nouvelle vision touristique, il vise le développement rationnel et durable des zones d’expansion et sites touristiques (ZEST), c’est un d’instrument d’aménagement et d’exploitation de ces espaces à travers la mise en valeur des périmètres aménagés destinés a recevoir des investissement à caractère touristiques. L’article 12 de la loi n° 03-03 stipule que l'aménagement et la gestion d'une zone d'expansion et d'un site touristique doivent intervenir conformément aux prescriptions du plan d'aménagement touristique élaboré par l'administration chargée du tourisme dans un cadre concerté, et approuvé par voie réglementaire. Selon l’article 13 de cette même loi ; le plan d'aménagement touristique, cité à l'article 12 cidessus, s'inscrit dans le cadre des instruments d'aménagement du territoire et de l'urbanisme. A ce titre, le plan d'aménagement touristique vaut permis de lotir pour les parties constructibles. La Loi de Finance Complémentaire (LFC) de 2011, consolide d’avantage cette volonté de promotion et d’encourageant de l’investissement touristique, il est stipulé que les conditions et modalités de concession des terrains relevant du domaine privé de l’état destinés à la réalisation de projets d’investissement notamment touristique sont modifiées et allégées, en effet pour les besoins de projets d’investissement et sous réserve du respect des instruments d’urbanisme en vigueur, les terrains relevant du domaine privé de l’état disponibles sont concédés sur la base d’un cahier des charges, de gré à gré au profit d’entreprises et établissements publics ou de personnes physiques ou morales de droit privé. La concession de gré à gré est autorisée par arrêté du wali : après avis favorable de l’Agence Nationale de Développement du Tourisme (ANDT), sur des terrains relevant d’une zone d’expansion touristique ; et après accord du ministre du secteur compétent. Les nouveaux dispositifs stipulés dans le cadre de la loi de finance complémentaires de 2011 prévoient aussi des abattements sur les redevances des terrains concédés. C’est par rapport à tout ce contexte que le PAT prend son intérêt, afin de doter l’Algérie des structures touristiques, de loisir et d’animation nécessaires pour valoriser les immenses potentialités qu’elles recèlent. Cela aura certainement un impact positif sur le développement économique, que se soit en termes de : Création d’emploi direct ou indirect ; Création d’effets d’entrainement positifs sur les autres secteurs, notamment tertiaires (agence de voyage, restauration, artisanat, commerce…) ; Dotation des collectivités locales de nouvelles ressources budgétaires à travers les différentes fiscalités induites. Enfin il est important de souligner que les PAT aboutiront à un document réglementaire permettant de dégager les différents lots qui seront concédés aux investisseurs. Le dossier d’exécution des VRD permettra par la suite d’engager la viabilisation des terrains, une tache qui incombe à l’Etat représenté par l’ANDT. 38 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 Comme évoqué précédemment, plusieurs ZEST seront dotées de Plans d’Aménagement Touristique (PAT), qui sont en cours d’élaboration, cela dit plusieurs insuffisances sont à retenir : 1. Les bureaux d’études locaux n’ont pas développé d’expertise spécifique dans le domaine du tourisme et proposent généralement des schémas d’aménagement touristiques de ZEST qui ne sont pas liés à une réelle réflexion sur la stratégie de développement touristique de la zone et de la région. En effet, un plan d’aménagement touristique devrait s’appuyer entre autre : sur un concept clair de positionnement touristique de la zone, sur l’importance de s’inscrire dans un contexte de durabilité du milieu, sur une estimation de la fréquentation touristique potentielle, sur un dimensionnement et une répartition des équipements, sur une volonté d’attirer les investisseurs en proposant plusieurs modalités d’investissements et non pas en les limitant en ne proposant que des ilots de 1,5 à 3 ha. sur un planning détaillé et un phasage des investissements. 2. Il n y’a pas eu de réelles études concernant la capacité de charge touristique, permettant de fixer une densité exprimée en nombre de lits/hectare, en fonction du contexte de chaque ZEST (biodiversité, sensibilité du milieu…), 3. La priorité est donnée à la création des lots qui s’étendaient sur des superficies de 1,5 à 3 hectares, la problématique de la gestion des espaces communs et très peu abordée. 4. Une procédure d’approbation qui favorise les retombées économiques et sociales (emploi, …) des projets touristiques. 5. Une grande problématique de gestion des espaces communs et publics, au jour d’aujourd'hui, il n’est pas encore définit à qui incombe cette tache qui inclue : a. La collecte des déchets solide, b. La réhabilitation et la maintenance des réseaux divers (AEP, Assainissement, éclairage public, la voirie…), c. La gestion des espaces verts, d. ….. 39 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 5.LES IMPACT DU TOURISME SUR LES ZONES COTIERES: NECESSITE D’UN TOURISME DURABLE Le tourisme est un facteur de subversion des équilibres existants, cela se manifeste à travers plusieurs aspects qu’il faudrait impérativement maitrisés, sachant que le processus de la mise en tourisme est engagé via le développement accéléré des différentes ZEST : 5.1. LE TOURISME ET L’URBANISATION Les communes littorales ont une forte croissance démographique et une forte densité bien au dessus du reste du pays, ces zones exercent une attractivité résidentielle très supérieure à la moyenne nationale. Ce qui est exprimé par des taux d’accroissement élevés. Pour cette population il s’y ajoute durant la période estivale la masse des flux touristiques et les estivants. Une autre forme de pression incessante et croissante généré par le tourisme qui est la pression foncière et immobilière qui se traduit par des désorganisations de la forme urbaine, surtout par une urbanisation linéaire empiétant sur le Domaine Public Maritime DPM, conduisant à l’artificialisation du littoral. 5.2. IMPACTS SUR LA BIODIVERSITE TERRESTRE ET MARINE Par une fréquentation excessive, en particulier les zones de dunes, les espaces boisés et les sites les plus attractifs, notamment par la surcharge observée sur certaines plages. Les principales sources d’impacts recensées par les différents rapports sont : les piétinements, l’extraction du sable pour la construction, l’eutrophisation des eaux, notamment des zones humides littorales, etc. La végétation peut aussi être endommagée par les activités touristiques : Le campement, le piétinement, et le traçage des chemins peuvent mener à la dégradation de la couverture végétale, accentuant l’érosion et le lessivage des sols. L’ampleur des dégâts dépend de la vulnérabilité et de la pression exercée sur l’écosystème. Le piétinement peut aussi avoir un effet négatif sur le système racinaire de certaines espèces, La cueillette permanente des fleurs, plantes, et autres champignons peut modifier la répartition des espèces. Le fait de couper volontairement les jeunes arbres pour stabiliser les sentiers, de tailler des mâts de tente ou de faire du feu peut être désastreux pour l’écosystème. La suppression des jeunes arbres modifie la structure d’âge de la communauté de plantes et le nombre d’arbres arrivant à maturité diminue. Dans les zones maritimes (eaux côtières, plages et rivages, eaux du large) de nombreuses activités touristiques se déroulent dans ou à proximité d’écosystèmes fragiles. L’ancrage de bateaux, la plongée sous-marine, la pêche sportive, le nautisme, et la navigation de plaisance font partie des activités pouvant cause une dégradation directe des écosystèmes marins, et avoir un impact non négligeable sur la protection des côtes et des pêcheries. 40 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 Une attention particulière doit être accordée aux ZEST qui abritent des sites classés ou qui devront être classés comme aires marines et terrestres protégées, une cohabitation qui doit être prise en charge à travers un tourisme responsable et durable. 5.3. MITAGES DES TERRES AGRICOLES ET AGRESSION DES ESPACES FORESTIERS Plusieurs ZEST se situent sur des plaines littorales, qui sont caractérisées par des terres agricoles très fertiles et souvent irriguées, les meilleurs terrains pour l’aménagement sont les meilleurs terrains pour l’agriculture. La concrétisation des différents projets touristiques au niveau des ZEST induira automatiquement la disparition de ces terres (déclassement des terres agricole) Le tourisme est souvent tenu pour responsable de l’utilisation pour son développement d’espaces naturels intacts, comme les forêts qui souvent agressées. Le développement des stations touristiques soumit d’ailleurs les forêts à une pression constante. Tout cela mène à la dégradation des sols et à la perte de biodiversité. 5.4. LES IMPACTS SUR LES RESSOURCES EN EAU Les incidences spatiales des programmes de développement touristiques induiront dans l’avenir une forte consommation d’eau, qui risque d’accélérer le processus de rabattement des aquifères côtiers, un processus de dégradation de la ressource est déjà constaté, causé par l’urbanisation et les autres activités économique. L’industrie du tourisme fait en règle générale une trop grande consommation d’eau pour les hôtels, les piscines, et la consommation en eau des touristes eux-mêmes. Ceci peut donner lieu à des pénuries d’eau et à une baisse ou dégradation des réserves, tout en générant simultanément une plus grande production d’eaux usées. Cette situation peut être plus délicate si elle n’est prise en charge par le Plan National de l’Eau (PNE), surtout pour un pays comme l’Algérie qui fait fasse un sérieux stress hydrique. La quantité d’eau consommée par touriste peut ainsi atteindre 350 litres par jour, soit deux fois la consommation d’un Algérien. 5.5. DECHETS SOLIDES ET LIQUIDES Le tourisme a tout intérêt à maintenir la qualité de l’environnement puisqu’elle constitue pour ce secteur une ressource essentielle. Un environnement propre et sain est vital pour le succès du tourisme. Le tourisme a un impact sur l’environnement. Il est un grand consommateur de ressources naturelles telles que le sol, l’eau, le pétrole, l’électricité, et la nourriture, et génère des quantités importantes de déchets et de rejets. Plus les flux touristiques sont importants plus la quantité de déchets solides et liquides est importante. Les rejets d’eaux usées peu ou pas traitées dissémine des agents pathogènes réellement dangereux pour la santé humaine. Effectuer ces mêmes rejets dans l’eau de mer ne résout rien puisque la salinité de l’eau empêche la dégradation naturelle des déchets organiques par les bactéries ; Les rejets d’eaux usées et de déchets apportent à l’eau des éléments nutritifs, accélérant le phénomène d'eutrophisation. Cette situation est plus inquiétante, si le problème de gestion des ZEST n’est pas prie en charge efficacement (gestion des STEP des ZEST, maintenance du réseau…). 41 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 6.LES ENJEUX ET LES DYSFONCTIONNEMENTS : VERS UN TOURISME DURABLE Le tourisme est une activité contributrice du développement économique confrontée au défit de la durabilité. Il constitue une part fondamentale de l’économie des territoires, pour conclure ce rapport il ressort que l’activité touristique en zone côtière fait fasse à plusieurs enjeux et présente plusieurs dysfonctionnements : Une mise en œuvre délicate de la stratégie du tourisme durable en Algérie : le processus de développement touristique est caractérisé par une faible évaluation environnementale qui ne prend pas en charge l’appréciation de la capacité de charge et d’accueil touristique, d’ailleurs qui est le principal outil pour s’inscrire dans des seuils de durabilité acceptables en termes de fréquentation touristique. D’autant plus que la réglementation ne prévoit pas des mesures fiscales pour favoriser le tourisme durable. Un problème de gouvernance et la limite de l’action sectorielle: souvent les réserves foncières des ZEST sont sollicitées par d’autres secteurs (pêche, urbanisme, hydraulique…). La mise en cohérence de l’action sectorielle est primordiale pour solutionner les conflits d’usages et de concurrence au niveau des zones côtières. Une tendance vers un tourisme de masse : plus d’une cinquantaine de PAT sont lancés ces dernières années pour la mise en tourisme des ZEST sans que l’Algérie ait un retour d’expérience réel, puisque aucun projet touristique intégré au niveau des ZEST n’a été concrétisé à ce jour. Un problème de gestion des sites et des zones touristiques : l’analyse institutionnelle a montré que se point décisif n’est pas encore résolu, à la date d’aujourd’hui il n’existe aucune entité qui est chargée de gérer les ZEST après concrétisation des différents projets touristiques. Une mise en œuvre délicate de la stratégie touristique : La contrainte majeure de la mise en tourisme en Algérie réside principalement dans la mise œuvre de la stratégie, les démarches exécutoires ne sont pas clairement définies. Le cheminement du processus de planification n’est pas respecté : les Plans d’Aménagement Touristique (PAT) sont élaborés avant que les SDAT de Wilayas soient achevés, à rappeler que ces les SDAT de wilayas qui définissent la vocation et les grandes orientations pour les PAT. Un faible encadrement au niveau des directions du tourisme de wilayas, notamment par rapport à l’importance d’adopter l’approche d’une gestion intégrée et durable du littoral dans les projets touristiques. La valeur économique et l’intégration des populations locales : Le développement touristique des ZEST se substituera t’il au secteur agricole en matière d’intégration de la population locale (emploi direct et indirect) et créera t’il la valeur économique escomptée? En effet le passage d’une économie basée sur l’agriculture dans les zones côtières rurales vers une économie basée sur le tourisme, est un enjeu majeur. Cette transition doit être réfléchie par rapport à deux éléments déterminants : o La valeur économique escomptée par le tourisme et sa capacité à substituer à l’agriculture qui domine actuellement plusieurs ZEST comme activité économique principales dans les zones rurales. 42 Stratégie Nationale relative à la Gestion Intégrée des Zones Côtières en Algérie / Tourisme littoral en Algérie /MATE-PAP RAC/ 2012 o L’intégration de la population locale, qui actuellement laboure les terres agricoles à l’intérieure des ZEST (nécessité d’encadrement, de sensibilisation, de préparation…) Une gestion difficile du foncier touristique : les réserves foncières sont détournées par l’urbanisation anarchique, plus de 20% des superficies ont été perdues entre 1988 à 2011. Une procédure de validation des outils d’aménagement touristique non formalisée par la réglementation : Cette procédure d’approbation n’est pas seulement un processus administratif mais une démarche permettant d’approprier et de porter le projet par les différents acteurs, en effet Le décret portant Plan d’Aménagement Touristique ne prévoit pas une procédure d’approbation des PAT, ce qui créé une confusion dans l’implication des collectivités locales dans l’appropriation du projet. Les plages sur-fréquentées subissent des dégradations qui menacent non seulement leur intégrité physique, mais aussi leur avenir en tant que site touristique. La croissance des flux touristiques deviennent un véritable défi dans l’avenir pour les sites qui sont appelés à recevoir ces flux. Parce que l’accroissement de la demande touristique va se traduire aussi par l’accroissement de la consommation des ressources naturelles, des nuisances et des différentes pollutions. Conclusion Dans tous les cas de figure l’urbanisation reste la principale source de nuisance et d’atteinte à l’environnement dans les espaces côtiers en Algérie, c’est une tendance lourde, cependant le tourisme est appelé à se développer d’avantage dans les années à venir, il y’a là une opportunité à saisir dans le cadre d’un développement durable du tourisme basé sur une approche GIZC. 43